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iiôi al de tous les Animaux qui se sont soumis à l’esclavage ; le Chien même, auquel dans cet état l’on se plaît à accorder tant de qualités, ne présente au fait qu’un raffinement de bassesse et de servilité. Le Dindon de nos basse-cours n’a que l’abattement qui naît de la captivité; sa fierté, son courage naturel reprennent de l’ascendant lorsqu’il s’agit de résistera de fatigantes importunités , de co nbattre des rivaux, de défendre une couvée; quoiqu’il soit moins passionné en apparence que le Coq , sa colère et son amour s’expriment néanmoins avec plus d’énergie par l’altération de ses traits : toutes les parties nues de la tête et du cou se gonflent et se colorent du plus vif incarnat, la caroncule du front s’alloirge et retombe sur le bec, les plumes se hérissent , les ailes s’abaissent , la queue enfin se relève et s’étale. Le Dindon domestique ne parvient jamais à une taille aussi élevée, à une corpulence aussi grande que le Dindon sauvage. Comme son éducation forme une branche essentielle de l’économie rurale , elle a été l’objet de nombreuses recherches d’améliorations ; en général on trouve qu’il est avantageux de ne point renfermer ces Oiseaux, mais bien de les tenir sous des hangars ; de ne donner à chaque mâle que cinq ou six femelles et d’obtenir de chacune d’elles deux pontes par année , l’une au mois de février , l’autre au mois d’août ; de ne laisser que douze à quinze œufs à chaque couveuse, et de la bien surveiller après le trentième jour d’incubation , car il arrive souvent que par excès de tendresse elle tue les Poussins en voulant faciliter leur sortie delà coquille; il faut également la garantir de l’apprôche du mâle qui a la cruelle habitude de briser les œufs, sans doute pour empêcher la couvaison et ranimer dans les femelles l’amour qui fait toujours place à la tendresse maternelle. Les Poussins sont extrêmement délicats ; ils exigent beaucoup de soins; on doit les placer après leur naissance dans un endroit dont la température soit élevée de
vingt-cinq degrés environ, et leur donner pour premier aliment de la mie de pain à laquelle on ajoute pai la suite du jaune d’œuf cuit ou dur et des feuilles d’Ortie hachées. Au bout d’un mois, ils peuvent accompagner leur mère à la pâture , mais il faut ne les laisser sortir que par un temps convenable , car le froid , la grande chaleur, l’bumidité et la rosée leur occasionent des maladies auxquelles souvent ils succombent. On donne vulgairement aux femelles le nom de Dinde ou de Poule d’Inde.
Dindon sauvage , Meleagris sylvestris , Yieill. Tout le plumage d’un brun foncé avec les plumes clu cou, de la gorge, du dos et les scapulaires bordées de reflets azurés ; un pinceau de crins sur la poitrine ; pieds d'un gris rougeâtre; ongles et bec noirs; iris rouge brun. Taille, quarante-six à quarante-huit pouces. De l’Amérique septentrionale. Le plumage de cette espèce, réduite à la domesticité ( Meleagris Gallo - Pauu , L. , Buff, pl. enl. 97), est très-varié; tantôt il est noir, tantôt blanc; souvent orné débandés alternatives blanches et grises avec des reflets assez éclatans.
Sa taille est de trente-huit à quarante pouces.
Dindon oeillé , Meleagris ocel/ata , Cuv.. Mém. du Muséum, T. vi , pl. 1, Teram., Ois. color. pl. uî.
Toutes les plumes des parties supé- I rieures et inférieures d’un vert bronzé , terminées par deux bandes contiguës, l’une noire, l’autred’un bronze doré; petites tectrices alaires d’un vert d’émeraude , bordées d'un noir velouté ; tectrices secondaires d’un cuivreux doré sur toute la partie extérieure ; rémiges d’un brun bronzé, bordées de blanc et coupées de lignes obliques et étroites de celle couleur; quatorze rectrices légèrement étagées, ce qui arrondit la queue ; tectrices caudales supérieures brunes , vertlri* culées de noir, terminées par une tache œillëed’un bleu bronzé éclatant qu’entoure un cercle noir velouté ; I®1 pointe est large et d’un beau rouge cuivreux ; pieds rouges ; ongles et er-