‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 3)Chapitre 24 sur 221 · V. GRIMPEREAU. (DR..Z · texte numérisé non relu

V. GRIMPEREAU. (DR..Z

CRIQUET. Acrydium. ins. Genre le l’ordre des Orthoptères établi par i Geoffroy, et correspondant à la dé- : nomination latine de Gryllus de Fai bricius. Duméril le désigne aussi sous . le nom français d’Acridie. Il appari tient ( Règn. Anim. de Cuv. ) à la famille des Sauteurs , et a^pour caractitères , suivant Latreille : antennes i filiformes , insérées entre les yeux à • quelque distance de leur bord interne ; bouche découverte ; palpes point t comprimés ; pâtes propres à sauter ; Uarses à trois articles ; une pelote eni lre les crochets.

Les Criquets proprement dits s'éloignent des Pneuinores par leurs pieds j postérieurs plus longs que le corps, rit par leur abdomen solide et non véfîiculeux; ils diffèrent des Tluxales par leurs antennes et par leur tête u )voïde ; les différentes parties de leur c :orps présentent quelques autres particularités curieuses que nous allons ? .uccessivement passer en revue.

La tête , très-développée, supporte il les antennes assez courtes ét composées d’une vingtaine d’articulaj1 ions; des yeux à réseaux Ovales , h iaillans, situés sur les côtés , et trois \ aetits yeux lisses placés en triangle m mr son sommet ; la bouche se coiti- ( aose d’une lèvre supérieure grande , arge , légèrement échancrée à son i aord antérieur ; de mandibules fores , tranchantes , irrégulièrement lentées ; de mâchoires terminées par rois dents , et supportant à la fois les 'alettes qui les recouvrent entièrenent, et une paire de palpes filifor—

1 ! nés composés de cinq articles ; enfin l’une lèvre inférieure, large, avancée, bifide à son extrémité , à divisions égales y et donnant insertion à '*'■ leux palpes filiformes de quatre arides ; le prothorax, de même largeur que le corps , présente quelquefois à ' sa partie supérieure des espèces de

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carènes se prolongeant transversalement sur les côtés en de légères «adressions qui paraissent être les ihaices des divisions naturelles de cette partie ; la poitrine du mésothorax et du méta thorax , ou plutôt le stërnuril est large , aplati et très-différent de celui des Sauterelles , chez lesquelles il a l’apparence de deux lames triangulaires foliacées ; les élytres sont coriaces j étroites , et aussi longues que les secondes ailes ; celles-ci , recouvertes par les premières, sont fort amples, réticulées , pliées longitudinalement à la manière d’un éventail , et colorées souvent en bleu ou en rouge très-vif; les pâtes ont des longueurs inégales ; les quatre antérieures sont de grandeur moyenne , mais les postérieures acquièrent des dimensions considérables , et sont propres au saut ; T abdomen èst remarquable par l’absence d’une tarière saillante chez la femelle, et par un organe particulier situé de chaque côté toiit près de la base , au-dessus des ciiissëS des pâtes postérieures , et Sdr le premier segment nommé médiaire par Latreille. Cet organe , qui Së montre à l’extérieur par ütiè ouverture OYalaire assez profonde qui eSt fermée en partie par une membrane , a été décrit par Degéer, par Olivier , et , dâris ces derniers temps ( Mém. du Mus.

d’Hist. nat. T. vin, p. 122),' par Latrdillë , qui compare directement cet appareil à celui des Cigales, et lè considère comme une poche pneumatique formant un véritable instrument acoustique. Quoi qu’il en soit , les sons aigus et interrompus que font etilèndre les Criquets paraissent être dus essentiellement au frottement alternatif de la face interne des cuisses postérieures contre la surface supérieure des élytres. Degéer ( Mém. T. 111 ) a décrit et représenté avec soin les organes générateurs de ces Insectes. Les femelles ne tardent pas à pondre après l’accouplement; leurs œufs sont tantôt déposés contre quelques tiges de Gramcn, et alors une matièëe écumeuse qui se durcit ensuite , les enveloppe et les

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protège ; tantôt ils sont enfoncés en terre. Les larves, les nymphes et l’Insecte parfait se nourrissent de diverses Plantes, et sont très-communs dans les prairies et dans les champs.

Il n’est personne qui ne connaisse les ravages considérables que les Criquets de passage occasionent partout où ils s’arrêtent, et les voyageurs ont sauvent parlé de leurs dévastations dans le Levant et en Afrique.

Le midi de l’Europe a plus d’une fois éprouvé de semblables dégâts ; la France même en fut témoin à plusieurs reprises. D’Ombres -Firmas rapporte, dans une Notice, que la Provence fut ravagée à certaines époques , et surtout pendant les années i6i3 , 1720 et 1721, par des troupes innombrables de Criquets ; leur nombre fut aussi très-grand en 1819. Pendant cinq semaines on enterra chaque jour trente-cinq à quarante quintaux de ces Insectes qui alors étaient à l’état de larve ou de nymphe.

Dans les contrées où les espèces de Criquets sont grosses et nombreuses , par exemple en Barbarie , les habitans les font rôtir, et les considèrent comme un excellent manger. Ils les conservent dans la saumure après leur avoir arraché les ailes et les ély— très*

Ce genre est très-nombreux en esèces ; nous citerons le Criquet tridule , ylcrydium Stridulum , Oliv., ou le Criquet à ailes rouges de Geoffroy (Hisl. des /ns. T.i , p. 3g3, n. 3 ). 11 est figuré par Roësel ( Ins. T. il, tab. 21 , fig. 1 ) , et par Schæffer{Êlem. ins., tab. 1 5, , et Icon. Ins.., - tab. 27, fig. 10,11 ). 11 peut être considéré comme le type du genre. On le trouve dans presque toute l’Europe.

Le Criquet émigrant , Acr. migratorium, Oliv. , vulgairement la Sauterelle de passage ou le Criquet de passage de Degéer ( Mém. sur les Ins. T. ni, p. 466, n. 1 , pl. 23 , fig. 1 ), représenté par Roësel. ( loc. cit., tab. 24 ) et par Schaeffer {Icon. Ins., tab. i4, fig. 4, 5 ). On le trouve dans l’Orient , en Barbarie , en Égypte; il

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vole en troupes innombrables , et dévaste toutes les contrées qu’il parcourt ; c’est à cette espèce que se rapportentles dégâts observés en Provence et dans d’autres pays, V. l’Encyclopédie méthodique. (aud.)

CRISIE. Crisia. tolyp. Genre de l’ordre des Cellariées dans la division des Polypiers flexibles , à Polypes placés dans des cellules non irritables, confondus avec les Cellaires par Lamarck. Yoici son caractère : Polypier phytoïde , dichotome ou rameux, à cellules à peine saillantes , alternes , rarement opposées avec leur ouverture sur la même face. Les Crisies, placées par les naturalistes parmi les Cellaires et les Sertulaires , en diffèrent par la forme des cellules, leur situation , et par plusieurs autres caractères tellement tranchés, que l’on peut s’étonner avec raison que des zoologistes célèbres aient réuni dans le même genre des Polypiers aussi disparates que le Cellaria salicornia et le Crisia ciliala ou toute autre espèce. Dans la première , les cellules sont éparses sur toute la surface ; dans la seconde , elles sont alternes , trèsrarement opposées à l’ouverture sur la même face, ce qui fait paraître les cellules situées de la même manière, quoique leur position soit différente. Toutes les Crisies présentent des formes analogues entre elles , et qui rendent les Polypiers de ce groupe faciles à distinguer ; leur substance est en général calcaire, avec des articulations plus ou moins cornées. La couleur varie peu dans les Crisies desséchées; c’est un blanc plus ou moins sale , quelquefois très - pur , d’autres fois tirant sur le jaune ou le violet. La grandeur ordinaire est de quatre à six centimètres ; dans quelques espèces, elle est environ d’un décimètre; nous n’en connaissons pas au - dessus de cette hauteur. Les Cellaires ne sont jamais parasites sur les Ilydrophytcs , tandis que la plupart des Crisies semblent se plaire exclusivement sur ces Végétaux qu’elles embcllisscntdeleurs petites touffes

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blanches et crétacées ; on les trouve à toutes les époques de l’année dans les mers tempérées de l'hémisphère boréal ; elles sont rares dans les climats froids ainsi que dans les mers équatoriales ; au-delà du tropique du capricorne, elles se représentent de nouveau , mais avec trois cellules sur la mêmeface ; très-peu se rapprochent de celles d’Europe; leur existence i dans tous les lieux paraît dépendre i de celle de la Plante marine sur lauelle elles se fixent. Elles ne sont aucun usage ni dans les arts ni dans l’économie domestique. Nous avons remarqué qu’il se trouvait une grande quantitéde ces productions animales dans la Mousse de Corse de quelques pharmacies, sans que sa qualité en fût altérée.

Crisie ivoire , Crisia ebiirnea , Lainx. , Hist. Polyp. , p. i58, n. 224; i Ellis Coral., p. 54 , tab. 21 , fîg. a , A. Joli petit Polypier remarquable par ! le blanc nacré de ses articulations -séparées les unes des autres par un I petit disque noirâtre; il forme des ! touffes nombi-euses sur les Hydropliyï tes et les Polypiers des mers d’Europe.

Crisie velue, Crisiapilosa, Lamx. , PP- 1 3g , n. 246; Cellulariapilosa , Pall. lElench., p. 72, n. 29. Sa tige est droite, dichotorne, formée de cellules alternes , obliques , unilatérales , avec l’ouverture garnie d’un ou de deux poils longs et flexibles. Elle est assez commune sur les productions marines de la Méditerranée.

Crisie flustroïde , Crisia Jlus- . troïdea , Lamx. , p. i4i , n. 2Ô2 ; Ellis * Corail. , p. 1 19 , tab. 38 , fig. 7 , g, n. Frondescente , plane, tronquée aux extrémités , couverte de cellules allongées avec deux petites dents au bord antérieur. Pallas la cite comme une variété delà Cellulaire aviculaire, quoiqu elle en diffère beaucoup par sa ramification, son port, ainsi que par les cellules sur deux rangs au moins dans la Crisie flustroïde. Elle couvie de ses petites houppes des productions marines de tout genre; nous en avons même trouvé sur des

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Homards auxquels elles donnaient un aspect fort singulier.

Crisie a trois cellules , Crisia tricyttara , Lamx. , p. i42 , pl. 3, fig- 1, a, n, c. Belle espèce à articulations obliques, composées de deux ou trois rangs de cellules oblongues. Elle n’est pas rare sur les Plydropliytes des mers australes qui renferment d’autres espèces analogues à celles-ci, mais inédites et très -différentes de celles d’Europe.

Crisie élégante, Crisia elegans , Lamx. , Gen. Polyp. , p. 6 , tab. b5 , fig. 4, 7. Sa tige se ramifie et se courbe avec grâce , caractère rare parmi les Crisies , en général presque pierreuses et roides ; ses articulations sont peu distinctes et composées de cellules lyrées. Elle se trouve au cap de Bonne-Espérance.

Ce genre offre encore la Crisie ciliée, Lamx., p. 1 58. Mers d’Europe.

— Crisie raboteuse , Lamx.,p. 109.

Mers d’Europe. — Crisie épineuse , Lamx. , p. i4o. Mers du Japon. — Crisie rampante , Lamx. , p. i4o.

Mers d’Europe. — Crisie aviculaire, Lamx.,p. i4i. Europe. — Crisie ternée , Lamx. , p. i42. Mers d’Ecosse. — Crisie plumeuse, Lamx., p. i42. Mers d’Europe.

Les collections renferment encore beaucoup de Crisies non décrites.

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CRISITE. bot.phan. PourChrysitrix. P', ce mot.

CRISOCOME. bot. piian. Pour Chrysocome. V. ce mot.

CRISOGONE. bot. piian. Pour Chrysogone. Tr. ce mot.

CRISONIÜM et CRISSONIUM.

BOT. PIIAN. K. CRESSE.

CRISPIïE. min. (De Lamétherie.) V. Titane.

* CRISSAN. bot. piian. Nom javanais d’une Cypéracée ou Graminée de l’Inde, qui est le Carex Aniboinica de Rumph et Sc/tœnus paniculalus de Burman. (11.)

CRI£jTA. bot. piian. Ce mot, qui en lafm signifie crête, a été employé,

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soit seul, soit avec des épithètes, pour designer diverses Plantes. Le Crista de Cæsalpin était le Melampyvum p intense et le Pedicularis tuberosa.

Linné appelle ainsi un Cœsalpinia.

Crista Galli encore est un Rliinanthe et un Sainfoin , etc., etc. (b.)

CRISTAIRE. Cris/aria. bot.

phan. Genre de la famille des Malvacées et de la Monadelphie Polyandrie , proposé par Ca vanilles et adopté par Persoon et Pursh, qui y ont chacun ajouté une espèce nouvelle. Voici les caractères de ce genre : son calice est simple , à cinq divisions profondes , lancéolées et aiguës ; sa corolle est formée de cinq pétales onguiculés à leur base; les étamines sont trèsnombreuses et monadelphes ; l’ovaire est arrondi, déprimé, multiloculaire , surmonté d’un grand nombre de styles qui correspondent chacun à une loge.

Le fruit se compose d’autant de capsules uniloculaires, iéniforrrtés, rapprochées lés unes cdntre les autres latéralement , qu’il y a de stylés ; chacune d’elles est percée d’un trou sur ses deux côtés et surmontée de deux ailes membraneuses redressées.

Ce genre est fort voisin des Sida et des Aiwda. Il se compose de trois espèces originaires du Chili ét du Péi’ou. L’urie , CHstaria glaucopliylla , est figurée par Cavanilles ( Icon . , ô , p? n , t. 4i8). Une seconde a été décrite et figurée avec soin par L’Héritier ( Stirpes , 1, p. 119, t. 57).

Sonnerat, dans son Voyage aux Indes , a décrit et figuré ( vol. 2 , p. 247 , t. i4o ) sous le nom de Cristaria Coccinea le Combretum purpureitm , Willd. pr. CoMBRET. (A. R.)

CRISTAL. MIN. Mot tiré du grec Krustallos , dont le sens est Eau congelée,- c’était le nom que les anciens donnaient à la variété incolore de Quartz-Hyalin , qu’ils regardaient comme provenant d’une eaü qui avait subi une forte congélation. C’est par l’effet d’une semblable comparaison ue dans les arts on applique aujoür- ’hui le même nom à cette espèce de

Verre blanc, très-pesant, dont on fait des vases, et que l’on emploie à la garniture des lustres. Anciennement le mot de Cristal rappelait l’idée d’un certain corps régulier, savoir d’un prisme hexaèdre terminé par deux pyramides à six faces; dans la suite , le même nom a été appliqué par extension à tous les autres corps naturels, qui se montraient aussi sous des formes géométriques. E. Cristallisation. (g. DEL.)

CRISTALLINE, bot. fhan. L’un des noms vulgaires du Mesernbryanthemum crista/linum , L. (b.)

CRISTALLISATION et CRIS- TALLOGRAPHIE. min. Parmi les différeDs modes d’équilibre auxquels parviennent les molécules homogènes des corps inorganiques pendant l'acte de leur solidification , et qui donnent lieu à ces nombreuses variétés de texture observées dans les individus d’une même espèce minérale , il en est un sur lequel influent particulièrement les forces d’attraction dé-

f)endantes de la forme de ces molécues , et qui réunit à un ensemble de propriétés remarqeables l’avantage de poùvoir être défini d’une manière géométrique. Telle est en effet la condition générale à laquelle cet équilibre est assujetti, que les particules similaires dont le solide est l’assemblage sont toutes situées parallèlement les unes aux autres, en même temps qu’elles sont espacées symétriquement entre elles. Leurs faces homologues , leurs axes correspondaus, sont tournés dans le même sens , et leurs centres de gravité sont alignés sur des plans suivant un certain nombre de (directions fixes

Cette agrégation régulière des particules intégrantes d'un corps est ce qu’on nomme Cristallisation : elle se manifeste à nos yeux par des caractè- I res qui la distinguent nettement de l’agrégation irrégulière et confuse.

Ces caractères sont : une structure laminaire à l’intérieur, dans plusieurs sens à la fois , et à l’extérieur une configuration polyédrique qui est

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oujours en rapport avec la structure nterne. D’autres indices non moins mrs de cet arrangement compassé les molécules d’un corps, se joignent <ux caractères précédens , ou même > suppléent à leur absence dans certains ;as. Telles sont les actions diverses -iju’éprouvent les rayons lumineux fans leur passage à travers les interstices de ces molécules, suivant les • ;ens différons dans lesquels ils les pénètrent, actions dont nous étudierons I es effets en détail dans un article à j oart , en même temps que nous mont irerons leur parfait accord avec les phénomènes imporlans que nous al- I ons exposer. ( V, Réfraction dou- ; BLE. )

Tout Cristal, c’est-à-dire tout corps ij^ue la Cristallisation a marqué de son empreinte, est susceptible d’être divi- ? »é mécaniquement ou de se séparer j par la percussion en une multitude de I âmes planes parallèles entre elles. Ce nmode particulier de division ou de réassure , que l’on désigne communément parlenom de clivage , se répète ; ivec plus ou moins de facilité dans ! >jn certain nombre de directions , en s iorte que si l’on considère isolément l ;es différens sens de clivage , on peut s 5e figurer le Cristal comme étant dans i ffiacun d’eux un assemblage de larmes planes superposées les unes aux ititres , tandis qu’au contraire, si l’on i égard à tous les sens de clivage à la i mis , on peut se représenter le même i Cristal comme une succession de ’ouches ou d’enveloppes polyédriques qui se recouvrent mutuellement Jepuis le centre jusqu’à la surface, ^uant à la forme extérieure, clleesL toujours celle d’un polyèdre , soit régulier, soit simplement symétrique , : est-à-dire terminé par des faces égaes et parallèles deux à deux. Quelquefois elle ressemble à celle du solide intérieur , ou de celte espèce de noyau central que détermine l’cn- >emble des plans de clivage; mais le nus souvent elle en diffère , et elle éprouve dans la même espèce , c’est- '-dire dans une série de Cristaux composés de molécules iden t iques, des va-

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nations assez grandes, soumises toutefois à certaines règles que nous ferons bientôt connaître.

Mais avant de passer à l’examen de ces résultats générauxdéduitsde l’observation des formes extérieures , considérons le Cristal en lui-même , ou relativement à sa structure polyédrique , et pour nous rendre facilement compte de cette structure , prenons pour exemple le cas le plus simple et le plus ordinaire , celui dans lequel le clivage a lieu dans trois directions seulement. INous supposons donc le Cristal divisibledans ces trois sens , suivant des plans parfaitement lisses que nous nommerons avec Haüy joints naturels , parce qu’ils passent entre ses lames composantes. Ces joints ne sont pas le produit immédiat de l’opération mécanique que subit le corps. Ils préexistaient dans le Cristal encore intact, et le clivage ne fait réellement que les mettre à découvert.

On est donc conduit à se représenter la matière de ce Cristal comme naturellement divisée par trois séries de plans parallèles en petits parallélipipèdes, tous de la même forme , et c’est ce que l’observation directe paraît confirmer. En effet, si nous frappons avec un marteau sur ce Cristal, nous le verrons se partager aussitôt en fragmens réguliers d une figure constante, qui seront par exemple des rhomboïdes de cent cinq degrés environ, si le Cristal appartient au Spath d’Islande. Ces rhomboïdes , à leur tour, se sépareront en d’autres rhomboïdes plus petits , lesquels se subdiviseront ultérieurement en fragmens toujours semblables , et en poursuivant l’opération de la même manière nous finirons par obtenir des corpuscules rliomboïdaux qui échapperont à nos sens par leur extrême petitesse.

Au-delà de ce terme apparent, uniquement relatif à l’imperfection de nos organes , l’analogie nous porte à continuer par la pensée les mêmes divisions successives. Mais il fautbien que ces divisions aient des bornes réelles si la matière est physiquement composée d’atômes , comme le suppo-

sent toutes nos théories. Allons jusqu a celte limite, et nous aurons, en dernière analyse, décomposé le Cristal en rhomboïdes élémentaires dont tel était l’assortiment dans le Cristal entier , que leurs faces se trouvaient de niveau dans le sens des plans de clivage , en sorte que nous pourrons nous représenter ce Cristal comme étant un assemblage de rhomboïdes égaux et juxtaposés par leurs faces.

Cette manière de concevoir la structure des Cristaux comme une agrégation de particules réunies entre elles

f)ar des plans, paraît la plus simple et a plus naturelle lorsqu’on ne considère que le résultat sensible de l’espèce d’anatomie que nous venons d’exécuter , et qu’on fait abstraction des données particulières que peut fournir la physique sur la constitution moléculaire des corps. En effet, elle suppose que les choses sont en elles-mêmes telles qu’elles s’offrent à nos observations, et l’on ne peut, par conséquent, lui refuser une sorte de réalité apparente ; aussi a-t-elle été admise (au moins hypothétiquement) par Haüy , comme base de ses explications théoriques des phénomènes de la Cristallisation, et comme fondement de toutes ses déterminations cristallographiques , auxquelles elle ne peut d’ailleurs rien ôter de leur certitude, ainsique nous le prouverons dans le cours de cet article.

Mais, à considérer la chose sous le point de vue de la physique, il répugne aux notions que nous avons des effets généraux de l’attraction moléculaire, et de la variété des combinaisons auxquelles elle donne naissance, que la forme polyédrique puisse convenir à la fois aux élémens des corps simples et à cette multitude d’élémens composés de différens ordres qui résultent du concours de leurs affinités mutuelles, et qui ne sont probablementque des aggrégats de parties simples en équilibre autour d’un centre.

Il estplus conforme aux lois de la mécanique de se représenter ces élémens comme des corpuscules sphéroï-

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daux , ayant des pôles de diverse force, ou , si l’on veut, des axes différens , qui déterminent les directions de plus grande ou de moindre affinité. Il importe donc de remarquer ici que la division par plans , qui est un des caractères essentiels des Cristaux, n’entraîne pas nécessairement l’existencè de molécules polyédriques juxtaposées parleurs faces, et que les joints naturels qu’ils présentent sont moins la conséquence immédiate de la forme des molécules que de la manière symétrique dont elles sont espacées entre elles, en sorte que l’on conçoit que ces joints subsisteraient encore si toutes les molécules, sans changer de place , étaient réduites à leurs centres de gravité.

Il résulte en effet de la disposition en quinconce et du parallélisme des élémens d’un Cristal, que sa masse est traversée par des fissures planes dans une infinité de sens , suivant lesquels les élémens se tiennent avec des degrés de force plus ou moins considérables.

Yient-on à rompre leur équilibre par un effort extérieur , ils tendent alors à se séparer en couches régulières dans les directions de la moindre cohérence.

Ce qu’on nomme joint naturel n’est donc rien autre chose qu’un plan mené dans l’une de ces directions , et qui touche à la fois dans des points correspondans toutes les molécules des diverses files ou rangées dont se compose une même laine. Par conséquent, les petit-; solides qui résultent de la combinaison des différens joints naturels, etqu’on suppose donner les véritables formes des molécules, ne représentent réellement que des polyèdres circonscrits à ces molécules, mais qui peuvent eu tenir lieu comme élément de la structure et comme caractère spécifique, parce qu’ils sont invariablement liés avec elles par leurs dimensions.

L’explication précédente de la structure des Cristaux et de leur constitution moléculaire , laisse un plus grand nombre de chances aux proportions variées des combinaisons

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•himiques , et permet d'entrevoir la ; possibilité d’une relation entre la ’ composition atomistique et la forme i .cristalline , telle qu’elle paraît résulter des curieuses recherches de Mit- Mcherlich. En eft'et , que l’on suppose ( deux sels dont la formule de composition soit la même, ou qui renferment des nombres égaux d’atomes de | pase et d’acide. Si l’acide est de même nature dans les deux sels , et si les 1 aases.qui les différencient sont d’ailkeurs chimiquement équivalentes, ou i l u moins très-voisines par leurs afli- : nités , on concevra sans peine que ces i démens, dont les uns sont identiques, ] es autres analogues , étant en pareil nombre de part et d’autre , se réunissent entre eux de la même manière , et produisent par leur assori iment des molécules complexes de forme à peu près semblable, dont l ies forces de cohésion soient peu dif- Iccrentes. Dans ce cas les deux sels (devront préscnler des Cristaux du i nêine genre , qui seront très-rapproc '.liés parles mesures de leurs angles. Oes molécules isomorphes de nature i diverse pourront même cristalliser P ensemble , ou les unes au milieu des autres , comme si elles étaient de la hnême espèce , et ce mélange pourra : ivoir lieu en toutes proportions sans [{qu’il en résulte dans la forme du i nixte des variations sensibles.

Ce que nous avons dit de la diffes ’ence de force avec laquelle les lames l’un Cristal adhèrent les unes aux .utres, suivant la direction qu’elles mt dans l’intérieur delà masse, donne ieu à distinguer les clivages , ou les oints naturels sensibles , en divers irdres d’après le degré de netteté ou 1 le facilité avec lequel on peut les obcnir; mais remarquons auparavant jue dans un Cristal le même clivage :st souvent multiple , ou se répète m plusieurs sens avec une égale ncteté. Ce cas est celui des clivages pa-

tvdlèles aux faces du rhomboïde de la Dhaux carbonatéc, de l’octaèdre du Spath fluor , du cube de la Galène, :lc. En général , lorsque le nombre les clivages également nets est suffl-

sant pour qu’il puisse résulter de leur combinaison un polyèdre complet, ce solide est toujours une forme simple , régulière ou symétrique, c’est-à-dire terminée par des faces égales, semblables et semblablement placées par rapport à un point ou à un axe central. Le clivage le plus apparent , soit simple, soit multiple, que présente une substance cristallisée , lorsqu’elle est pure et transparente , est son clivage principal ou du premier ordre:

tel est celui qui donne les faces du rhomboïde ordinaire de la Chaux carbonatée. Mais ce même rhomboïde laisse quelquefois apercevoir des clivages secondaires parallèles à ses bords supérieurs ou à son axe, et beaucoup moins sensibles que le premier. Lorsque les joints naturels d’un ordre élevé ne se montrent ainsi qu’accidentellement , et le plus souvent sous l’influence d’une substance étrangère régulièrement interposée entre les couches du Cristal , on les désigne par le nom de joints surnuméraires. Si le clivage principal n’a lieu que dans une ou deux directions seulement , auxquels cas il ne peut plus produire par lui-même de forme simple et complète -, il se combine alors avec des clivages de différens ordres , et le noyau résultant de leur ensemble est composé d’autant de sortes de faces , distinguées par leurs figures et par leurs positions , qu’il y a d’ordres différens de clivages. Dans ces cas , on observe fréquemment une grande inégalité d’éclat entre les divers joints naturels, dont quelques-uns ne peuvent plus s’obtenir d’une manière continue, et ne se reconnaissent qu’à la coïncidence des reflets qui partent d’une multitude de petites lames parallèles , et que l’on voit briller dans les fractures du Cristal , lorsqu’on le présente à une vive lumière.

Ce qui précède suffit pour donner une idée de l’importance dont peut être la considération de la structure cristalline , relativement à la distinction des espèces minérales. Cette Structure est une sorte d’organisation

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constante pour chaque espèce, mais variable d’une espèce à l’autre par des différences que l’on peut apprécier avec une exactitude rigoureuse.

La détermination de cette structure est en effet toute géométrique, puisqu’elle se réduit à celle du solide de clivage , ou de cette espèce de noyau polyédrique que l’on peut concevoir inscrit dans chaque Cristal , et qui est donné par la réunion de ses principaux joints naturels. On arrive à la connaissance de ce solide , en partie

f>ar l’observation directe des plans qui e terminent, en partie par l’étude delà forme extérieure , qui est le second caractère essentiel du Cristal. A la vérité cette forme est sujette à varier dans les différens Cristaux d’une même espèce ; mais cette variation est soumise à des lois qui la restreignent dans de justes limites , de manière qu’à chaque solide de clivage corîespond un ensemble de formes qui lui est propre. Toutes ces formes ont avec lui, et conséquemment entre elles, des relations qui permettent de les déduire les unes des autres. On peut regarder leur noyau comme une unité à laquelle on les ramène , ou comme une sorte de moyen terme qui sert à les comparer plus aisément.

Venons maintenant aux résultats généraux d’observation qui sont relatifs aux formes extérieures des Cristaux. Sous ce rapport, la Cristallisation peut être considérée de deux manières : ou géométriquement, en ce qui concei’ne les relations mathématiques des différentes formes entre elles, ou physiquement, en ce qui concerne les causes de leurs variations dans la même espèce. Nous traiterons en premier lieu de la Cristallisation considérée géométriquement , la seule qui intéresse la minéralogie proprement dite. On sait tout ce que cette belle partie de la science doit aux profondes recherches de l’abbé Haüy , que l’on peut regarder, à si juste titre , comme le fondateur de la Cristallographie. Présenter l’histoire de nos connaissances en ce genre , c’est pour ainsi dire faire une analyse

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complète des travaux de ce savant illustre , dont la vie tout entière a été consacrée au perfectionnement de son ingénieuse théorie. Nous nous bo ruerons à résumer ici rapidement , et dans l’ordre qui paraît le plus naturel , les résultats de ces importa ns travaux, en renvoyantle lecteur, pour les développemcns nécessaires , au Traité de Cristallographie, publié en 1822*, où ces résultats ont été exposés avec tout le soin convenable. Nous parlerons ensuite des différens points de vue sous lesquels ce sujet intéressant a été envisagé par quelques minéralogistes, et principalement par ceux de l’école allemande.

Examinons d’abord quels sont les faits généraux donnés par la simple observation des Cristaux naturels. Le premier consiste dans la diversité des formes sous lesquelles la même substance peut s’offrir. La Chaux carbonatée , par exemple, prend, suivant les circonstances, la forme d’un rhomboïde, celle d’un prisme à six pans , celle d’un dodécaèdre à triangles scalènes, celle d’un autre dodécaèdre à faces pentagonales, etc. Le Fer sulfuré cristallise tantôt en cube , tantôt eu octaèdre régulier, souvent en dodécaèdre, dont les faces sont des pentagones , ou en icosaèdre à faces triangulaires. On rencontre quelquefois le même Minéral sous des formes du même genre , mais distinguées entre elles par la mesure de leurs angles.

Ainsi la Chaux carbonatée présente un certain nombre de rhomboïdes dont les uns sont aigus et les autres obtus. Ces variations remarquables que subissent les formes des Cristaux originaires d’une même espèce , ne se font point au hasard , ni par nuances insensibles. Il y a constance dans les!

angles de chacune des formes en par-’ ticulier , comme il est aisé de le reconnaître sur les. individus semblables qui proviennent de diverses localités ; et si l’on compare entre ellesdes formes du même genre , mais dissemblables , on trouve toujours entre leurs angles des différences appréciables et constantes.

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Celle invariabilité dans les inclinaisons des faces des Cristaux est un second fait d’observation , de la plus haute importance en Cristallographie, et qui a été constaté pour la première lois par les travaux de Rome de 1 Jsle. Il fournit au minéralogiste un caractère d’une grande précision , et qui a sur tous les autres l’avantage d’êlre ■ comme un point fixe au milieu des ; diverses causes qui altèrent soit la

• composition , soit la symétrie des i Cristaux. Mais ou sent que, pour en

faire usage, il est indispensable d’a-

• voir des moyens de mesurer les angles des Cristaux avec beaucoup d’exactitude. On emploie à cet effet des instrumens nommés Goniomètres , et qui

-sont de deux sortes : les uns prennent i l’ouverture de l’angle que l’on cheri che en s’appliquant immédiatement sur les faces du Cristal. Les autres en » donnent indirectement la valeur , à i l’aide de la réflection d’un objet loin-

• tain et linéaire sur ces mêmes faces ,

! lorsqu’elles sont miroitantes. Nous i ne dirons rien ici de la manière d’opéi rer avec ces inêtrumens , dont la description se trouve dans la plupart des t traités de minéralogie d’une publica- : tion récente. De même , dans l’exposé

qui va suivre , nous nous abstiendrons de définir autrement que par leur simple dénomination , les divers solides dont nous aurons à parler , parce qu’ils sont tous décrits et figurés avec soin dans les ouvrages de Cristallographie.

Le principe de la constance des angles dans chacune des formes diverses d’un Minéral , semble annoncer que leurs variations ont été soumises à des règles d’après lesquelles toutes ces formes sont liées entre cllos dans la même espèce. Aussi , quelque disparates que soient au premier abord les Cristaux d’une substance , lorsqu’on les rapproche l’un de l’autre au hasard, on s’aperçoit aisément, en les comparant tous ensemble avec attention , qu’ils ne sont en réalité que des modifications les uns des autres , et qu on peut les ordonner en une série qui rende sensible le passage graduel

de l’une des formes regardée comme primitive ou fondamentale à toutes les autres qui, relativement à elle , sont les formes secondaires ou les dérivées. Les modifications qui caractérisent chacun des termes de cette série , consistent dans le remplacement des bords ou des angles de l’un des termes précédons ,par des facettes qui d’abord très-petites , et n’altérant que faiblement la forme à laquelle elles s’ajoutent, augmentent peu à peu d’étendue aux dépens des faces primordiales , jusqu’à ce que celles-ci disparaissent entièrement, auquel cas on obtient un solide tout nouveau , qui n’a plus rien de commun avec le premier. Dans la succession des formes intermédiaires, composées de deux ordres différens de faces, toutes celles qui se rapprochent de l’une des deux extrêmes, portent plus particulièrement son empreinte : on dit alors que cette forme est dominante dans le Cristal , et l’on comprend sous le nom de modifications toutes les facettes additionnelles qui mènent à l’autre forme par leur extension progressive.

On voit d’après cela que l’ensemble des formes cristallines qui se rencontrent dans la même espèce, se partage en formes complètes , sans modifications , et en formes dominantes avec modifications, offrant les passages des premiers solides les uns aux autres.

Les facettes qui modifient une forme dominante quelconque, sont assujetties dans leur disposition générale à une loi, à laquelle Haüy a donné le nom de loi de symétrie , et qui consiste en ce que les bords ouïes angles solides de cette forme qui sont identiques entre eux , reçoivent tous à la fois les mêmes modifications , tandis que les bords ou angles qui diffèrent , ne sont pas semblablement modifiés. De plus, les facettes particulières qui modifient telle arête ou tel angle solide , sont en rapport avec le nombre et la figure des faces qui concourent à la formation de cette arête ou de cet angle solide. Si ces faces sont égales et semblables, ou

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bien la modification est simple , et alors elle résulte d’une seule facette également inclinée sur chaque face , ou bien elle est multiple et se compose alors de plusieurs facettes également disposées à l’égard des mêmes faces.

Au contraire , si ces dernières sont inégales et dissemblables, la modification est simple et différemment inclinée sur chacune d’elles.

La loi que nous venons d’exposer est extrêmement importante, en ce qu’elle permet de circonscrire nettement et pour ainsi dire d’embrasser d’un seul coup-d’œil l’ensemble des variétés de formes , sous lesquelles un Minéral peut s’offrir. Il suffit en effet de connaître une seule des formes simples ou dominantes de la série, pour être en état de reproduire la série tout entière , par une gradation de passages d’un terme à l’autre, et en épuisant toutes les combinaisons possibles de facettes modifiantes , lesquelles combinaisons sont toujours en nombre très-limité, et dépendent du degré de symétrie qui règne entre les parties du type fondamental. On comprend sous le nom de Système de Cristallisation , toutes les formes qui peuvent ainsi se déduire les unes des autres et coexister dans la même espèce minérale. Il y a six principaux systèmes de Cristallisation , que nous distinguerons entre eux par leurs formes fondamentales , c’est-à-dire

Ear celles que l’on emploie comme ases de la dérivation de toutes les autres , et que l’on choisit ordinairement parmi les plus simples, telles que les prismes ou les octaèdres. Le choix de la forme fondamentale est d’ailleurs parfaitement arbitraire , puisque les rapports de symétrie qui servent à établir la dérivation, sont réciproques entre toutes les formes dominantes, ainsi qu'on le verra par les développemens dans lesquels nous allons entrer au sujet de chaque système.

I. Système de Cristallisation du cube , ou de l'octaèdre régulier.

La forme fondamentale de ce sys-

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tème ayant tous scs angles identiques ainsique tous ses bords, la modification qui atteindra l’un des angles ou des bords , devra se répéter sur tous les autres. Nous nous bornerons à considérer ici les formes complètes qui résultent de chaque espèce de modification , supposée parvenue à sa limite : r" modification par une face sur .tous les angles du cube; forme dérivée: octaèdre régulier. Ce dernier solide , modifié de la même manière , reproduirait le cube. 2°. Modification pay une face sur tous les bords ; forme dérivée: dodécaèdre rhomboidal. 5°.

Modification par deux faces sur tous les bords ; forme dérivée : hexatétraèdre , ou solide composé de vingtquatre triangles égaux et isoscèles , offrant l’aspect d’un cube dont les six faces sont recouvertes de pyramides droites quadrangulaires. 4P. Modification sur les angles par trois faces tournées vers celles du cube ; forme dérivée : solide composé de vingt-quatre trapézoïdes égaux et semblables.

On n’en connaît qu’un seul dans la nature ; c’est celui que l’on nomme plus particulièremeut Trapézoèdre , et que reproduit le dodécaèdre rhomboidal par une modification simple sur tous ses boi'ds. 5°. Modification sur les angles par trois faces tournées vers les arêtes du cube ; forme dérivée: solide composé de vingt-quatre triangles égaux et isoscèles, offrant l’aspect d’un octaèdre régulier, dont les faces sont surmontées de pyramidesdroites triangulaires. On voit que le même solide se déduirait de l’octacdre, par une modification double sur tous ses bords. 6°. Modification sur les angles par six faces, disposées deux à deux au-dessus de celles du cube ; forme dérivée : solide composé de quarante-huit triangles scalènes, offrant l’aspect d’un dodécaèdre rhomboidal, dont les faces sont recouvertes de pyramides droites quadrangulaires.

Telles sont toutes les modifications symétriques , dont le cube est susceptible. Ainsi, les sept formes suivantes, le cube , l'octaèdre régulier , le dodé-

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•aècîre rhomboïdal, le trapézoèdre , es deux espèces de solides à vingtjuatre triangles isoscèles, et enfin le olide à quarante-huit triangles scaèncs, sont les seules formes simples rui composent le premier système de Cristallisation. Ce sont du moins celes qui remplissent dans leur dérivaion mutuelle toutes les conditions de a loi de symétrie que nous avons exlosée plus haut. Il est encore d'autres ormes qui ont, avec les précédentes ,

' les rapports évidens , et qui se renontrent avec plusieurs d’entre elles ! .ans la même espèce , mais qu’on ne ieut faire rentrer dans le système du ube , qu’en ajoutant une condition ouvelle à cetLe loi de symétrie. Ces ormes s'obtiennent par la séparation e quelques-unes des premières en eux solides semblables, ayant chaun la moitié du nombre des faces de i forme entière, et se trouvant l’un . l’égard de l’autre dans une position mversée. C’est ainsi que l’octaèdre riginaire du cube peut être considéré irarne une réunion de deux tétraèdres •guliers ; l’hexatétraèdre, comme un ;semblage de deux dodécaèdres à ces pentagonales symétriques, etc.

es deux nouveaux polyèdres , savoir tétraèdre régulier et le dodécaèdre plans pentagones , peuvent être pris mr les types de deux systèmes semdaires , qui ont leur existence proe dans la natui’e , et que nous allons sayer de développer ici en peu de ots.

a. Système du tétraèdre régulier.

: 1 Ce solide fondamental ayant , come le cube , tous ses bords égaux , et us ses angles identiques , admet t ireillement six espèces de modifica- : >ns symétriques. La première a lieu j ur une seule face sur les bords ; elle i oduit un cube. La seconde a lieu ■ ! ir deux faces sur les bords ; son ré- ’ Itat est un dodécaèdre à triangles / aux et isoscèles , offrant l’aspect un tétraèdre dont les faces sont sur- \ ontées de pyramides droites , trianl ilaires. On obtiendrait ce solide par 1 suppression de la moitié des faces ■’ i trapézoèdre. La troisième modifi-

cation a lieu par une seule face sur les angles; elle reproduit le tétraèdre régulier dans une position inverse, et par conséquent de sa combinaison avec les faces primitives doit résulter un octaèdre régulier. La quatrième modification a lieu sur les angles par trois faces tournées vers celles du tétraèdre; elle conduit en général à un dodécaèdre à faces trapézoïdales, et dans un cas particulier au dodécaèdre à plans rhombes. La cinquième modification a lieu sur les angles par trois faces tournées vers les arêtes ; elle reproduit le dodécaèdre à triangles isoscèles , donné par la seconde modification , mais dans une position inverse ; et de la combinaison de ces deux formes semblables résulte le trapézoèdre. Enfin , la sixième modification a lieu sur les angles par six facettes disposées deux à deux au-dessus des faces primitives. Son résultat est un solide à vingt-quatre triangles isoscèles , analogue à celui que nous avons nommé plus haut hexatétraèdre. Telles sont les formes simples qui peuvent êti'e dérivées du tétraèdre par des modifications symétriques.

Parmi les espèces minérales connues, deux seulement se rapportent à ce système , savoir : le Cuivre gris et le Zinc sulfuré.

b. Système du dodécaèdre pentagonal.

Ce solide, qui est la moitié do l’hcxatétraèdrc , est terminé par douze pentagones semblables , ayant chacun quatre côtés égaux, et un cinquième plus grand que les quatre autres et qu’on peut considérer comme la base du pentagone. Le dodécaèdre pentagonal régulier , ou celui dans lequel tous les côtés des peulagones seraient égaux, n’existe point parmi les Cristaux naturels ; on n’y connaît même qu’un seul dodécaèdre symétrique , quoiqu’on puisse aisément en concevoir une infinité d’autres diffère ns par la mesure de leurs angles. Ce solide a six grandes arêtes dont chacune sert de base à deux pentagones voisins , et qui sont identiques entre elles; clles*sont situées

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