‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 3)Chapitre 34 sur 221 · V. Marteau. (b · texte numérisé non relu

V. Marteau. (b

CROKER. pois. (Garden.) Synde Perça undulata , L. V. Sciêne.

* CRONARTIUM. bot. crypt [Mucèdinêes .) Fries a donné ce nom à un genre qu’il a séparé des Erineum dont il diffère par ses fiiamens simples, cylindriques , non cloisonnés, égaux dans toute leur étendue. Ce genre , qui a pour type 1 'Erineum asclepidium de Funck, ne paraît pa3 devoir être séparé des vrais Erineum dont il diffère à peine. (ad. b.)

CRONION.bot. phan. (Dioscoride.) Syn. de Pied-d’Alouette. y. Dauphi- NELLE. (b.)

CROQUE-ABEILLES, ois. Syn.

vulgaire de Mésange charbonnière , Parus major, Lath. y. Mésange.

(dr. .z.)

CROSSANDRE. Crossandra. bot phan. Le docteur Salisbury a propose^ d’établir sous ce boni un genre particulier formé du Ruellia infundibu liformis. y. Ruellie. (a.r.)

CROSSOPETPE. min. Nom donn«J par Gmelin à l’Harmotomc. y. ci mot. (g. DEL.)

CROSSOPHYTON. bot. phan Syn.de Leontopodium. V. ce mot. (b.

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CROSSOSTYLE. Crassostylis. bot.

HAN. Genre de la Polyandrie Moogynie , L. , établi par Fors ter 'Nova Généra y 88, t. 44), et que ussieu , dans son Généra Plantarum , placé parmi les Plantes incertae se- !is , en indiquant toutefois ses affiniis avec lesSalicariées.A oicises caracires : calice tétragone à quatre diviions , persistant et inséré au sommet ; e Povaire ; corolle périgyne , compo- .ée de quatre pétales onguiculés et ilternes avec les divisions du calice; itlamines au nombre de vingt ou eniron , à filets soudés et formant un anneau urcéolé qui porte aussi de 1 etits filets stériles et alternes avec les tamines; ovaire unique, portant un lyle persistant et un stigmate à quare lobes divisés eux-mêmes en trois parties; le fruit est une baie liémiphérique, striée, uniloculaire etconenant un grand nombre de graines rès-petites et attachées à un placenta entrai. On n’a pas encore de description de la Plante sur laquelle ce ; enre a été fondé. Forster (/oc. cil.) t* mentionne sous le nom de Crosso- »tylisbiflora,e.\. l’a découverte dans les lies de l’océan Pacifique. (g.. N.)

CROTALAIRE. Crotalaria. bot.

' HAN. Famille des Légumineuses, et Jiadelphie Décandrie, L. Ce genre, :onnu des botanistes antérieurs à ' [ournefort, ne fut bien établi que par :e père delà botanique française. Dilen et Linné l’ont ensuite adopté et mt ainsi fixé ses caractères : calice di- . isé en trois segmens profonds dont 'inférieur est légèrement trifide, ou , :e qui revient au même , partagé , seon Lamarck, en cinq découpures négales; étendard de la corolle sou- • rent beaucoup plus long que les ailes îtla carène; celle-ci est très-recouraée , obtuse ou arrondie antérieurement, et terminée en pointe; toutes es étamines réunies avec une fissure 1 latérale, monadelphes , quoiqu’on ait placé ce genre dans la Diadelpnie pour ne pas l’éloigner de ses voisins naturels ; légume enflé , ovale , cylindrique, pédicellé, uniloculaire et ne

contenant qu’un petit nombre de semences réniformes. Les Plantes de ce genre sont des Arbres ou des Arbrisseaux à feuilles quelquefois simples , le plus souvent ternées , rarement digitées , munies de stipules distinctes du pétiole ; leurs fleurs sont disposées en épis , soit terminaux , soit axillaires, ou opposés aux feuilles.

Thunberg ( Prodr. FL capens. prœf.

T. n) a séparé de ce genre plusieurs espèces linnéennes, et en a constitué le genre Hafnia que Willdenow a adopté , en y faisant entrer le Crotalaria perfoliata , L. , et le Borhonia cordata d’ Andrews. Quoique nous admettions avec plusieurs auteurs ce nouveau genre ( K. Rafnie ) , il est difficile de se ranger à l’avis de Willdenow relativement à la première de ces deux Plantes. Le Crotalaria perfoliata , L., Plante de la Caroline , ne doit pas être intercalé au milieu d’un groupe de Plantes toutes indigènes du cap de Bonne-Espérance, et doit rester un Crotalaria tant qu’on ne sera pas fixé sur la place qu’il occupe , soit dans le genre Sophora , selon Walter, soit parm i 1 esPodalyria , d’après Michaux.

Aiton en a aussi fait le type de son genre Baptisia. D’un autre côté , l’é tablissement d’un nouveau genre aux dépens des Crotalaria a encore été proposé par Desvaux ; il l’a nommé Neurocarpum et l’a formé avec le Crotalaria Guianensis , Aubl. , et le Crot. elliptica , Poiret. Enfin , T Limbe r g a encore distingué comme genre particulier le Crotalaria cordifolia , L., et lui a donné le nom d ’Hypocalyptus obeordatus ; c’est cette Plante que Bergius avait appelée Spartium sophoroides.

La distinction de ces divers genres laisse encore dans celui des Crotalaires un grand nombre d’espèces. On en compte aujourd’hui plus de quatrevingts , répandues dans les contrées voisines des tropiques, mais elles sont plusfréquen tes dans l’Amérique méridionale, les Indes-Orientales et le cap de Bonne-Espérance, que dans les autres régions; quelques-unes remontent assez haut dans P hémisphère boréal ,

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puisqu’elles se trouvent en Chine ou dans les Etats-Unis du nord de l’Amérique. Aucune n’etant remarquable par ses usages économiques , il nous suffira d’exposer ici une description abrégée des deux Plantes qui par la beauté de leurs fleurs méritent d’être plus particulièrement distinguées.

La Crotalaire a tueurs purpurines , Crotalaria purpuréa , Venten., Malm. T. n , tab. 66 , est un Arbrisseau originaire du cap de Bonne-Espérance , qui par l’agrément et la belle couleur de ses fleurs se distingue facilement de ses congénères. Il fleurit vers le milieu du printemps , et on le rentre dans l’orangerie à l’approche de l’hiver. Ventenat observe que cette Plante a beaucoup d’affinités avec le Crotalaria cordifolia , L. , mais qu’elle s’en distingue essentiellement par son légume renflé ; il incline donc à séparer celle-ci, comme l’a fait Thunbcrg, et à adopter son genre Hypocalyptus.

La Crotalaire arborescente , Crotalaria arborescens , Lamck. , est un Arbrisseau indigène, comme le , précédent, du cap de Bonne-Espéi’ance , et que Bory de Saint-Vincent a retrouvé à l’Ile-de-France; il ressemble assez au Baguenaudier par ses fleurs jaunes , et au Cytise des Alpes par son feuillage. On le cultive au Jardin des Plantes de Paris ainsi qu’une autre belle espèce, le Crotalaria juncea , L. , à laquelle une tige effilée , des feuilles lancéolées et couvertes d’un duvet argenté et de grandes fleurs d’une vive couleur de Soufre , donnent un aspect fort élégant. (g. .N.)

CROTALE. Crotalus. rept. opii.

Vulgairement Serpent à sonnettes.

INom auquel répond à peu près celui qu’ont adopté les naturalistes; ce nom, tiré du grec, signifie dans cette langue unecresselleou tout autre petit instrument faisant du bruit par percussion. Ce genre appartient à la famille des Venimeux à crochets isolés de Cuvier, et à celle des Hélérodermes de Duméril. Scs caractères sont :

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des plaques transversales simples sous le corps et sous la queue, dont l’extrémité est garnie de plusieurs grelots vides , ayant leur substance pareille à celle des écailles , emboîtés lâchement les uns dans les autres et se mouvant en causant un certain bruit u’on a comparé à celui produit par u parchemin froissé ou deux grossesplumes d’Oiseau frottées l’une contre l’autrç. — De tous les Serpens, les Crotales passent pour être les plus dangereux par leur morsure, dont l’effet n’avait pas besoin d’être exagéré pour être encore des plus terribles. J1 est heureux que la nature n’ait pas joint à ce puissant moyen de destruction la grande agilité des Boas ; les Crotales seraient devenus alors un véritable fléau dans l’ensemble de la création.

Leurs habitudes sont tranquilles et leur démarche est lente; ils ne dont usage de leur venin que pour se procurer la nourriture nécessaire , n’attaquant jamais sans y être poussés par le besoin ou par des provocations réitérées. Les Crotales habitent exclusivement l’Amérique , depuis le midi des Etats-Unis jusque vers le milieu du Brésil ; les parties les moins peuplées de la Caroline surtout sont la patrie de prédilection de ces Animaux; et c’est là qu’on en rencontre le plus. C’est encore là que notre savantetancien ami, l’illustre Bose, dont les recherches ont presque épuisé l’histoire naturelle de ce pays, a parfaitement observé leur histoire ; nous ne pouvons mieux faire , ainsi qu’on l'a fait ailleurs, que de citer textuellement ce qu’en a dit ce naturaliste, en ajoutantà cette citation la mention de l’ouvrage utile où nous l’avons puisée ( V- Dict. de Déterville,T. vin, p. 474 etsuiv. ). «Le nombre des grelots de la queue des Crotales varie non -seulement dans toutes les espèces , mais même dans beaucoup d'individus d’une même espèce. Cesonldes pyramides tronquées à quatre faces, dont deux , opposées, sont beaucoup plus courtes que les autres, et qui s’emboîtent réciproquement , de manière qu’on ne voit que

e tiers de chacune. Cet emboîtement i lieu par le moyen de trois bourrelets circulaires , répondant à autant ■ le cavités de la pyramide supérieure^

: le manière que la première pyramide

• qui tient à la chair, n’a que deux cavités, et que la dernière, celle qui

l’ sst à l'extrémité, n’en a pas du tout.

• C’est par le moyen de ces bourrelets die diamètres inégaux, que les grelots ■se tiennent sans être liés ensemble , 3t qu’ils peuvent se mouvoir avec

1 bruit dès que l’Animal agite sa queue. i(Ces pièces, excepté la première, ne {.tenant point à l’Animal , ne peuvent i recevoir dé nourriture; aussi ne croissent-elles pas ; la dernière, c’est-àdire la première formée, est toujours : fermée et plus petite. De l’accrois^ i.'Semeui des dernières vertèbres de la queue , dépend la grandeur de la dernière pièce des grelots puisque ces .pièces se moulent primitivement sur elles. Il est très-probable qu’il s’en | produit tous les ans par suite de la un ue. J’ai observé un assez grand .nombre de Crotales de différentes esjpèces dans la Caroline, et je crois avoir remarqué que si le nombre des, ^sonnettes varie dans la même espèce .de même âge , c’est parce qu’elles sont ^sujettes à se séparer par accident. Il ( est très-certain pour moi , d’après mes ' observations et le dire des babitans du pays, que les Ciotales ne perdent et ne renouvellent pas leurs sonnettes chaque année , et qu’on peut touî jours, par le moyen du calcul, trou- ! ver le nombre de celles qui manquent, puisque toutes croissent dans une i proportion régulière. Un individLi que je possède dans ma collection , com pa ré à pl us ieurs a u très pl us gra nds et plus petits, m’a, prouvé qu’un ‘ Crotale qui a six grelots , dont le der-

Inier est entièrement fermé à son extrémité, doit avoir cinq ans. C’est celte fermeture du dernier grelot qui annonce l’intégrité du nombre de ceux produits depuis la naissance de 1 1 Animal. On dit que le bruit de ces sonnettes s’entend à plus de soixante pieds, et cela se peut pour quelques espèces; mais je ne l’ai jamais pu cn-

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tendre à plus de douze ou quinze pieds, encore était-ce celui d’un individu que j’avais attaché par le cou à un arbre et qui se débattait avec une grande violence. Dans l’état de marche ordinaire , le bruit est si faible , qu’il faut être sur l’Animal et même prêter l’oreille pour l’entendre. — L’odeur des Crotales est très-mauvaise et se sent souvent de fort loin; elle est principalement due à la décomposition des Animaux qu’ils ont mangés, décomposition qui est singulièrement accélérée par le venin dont ces Animaux ont été. imprégnés. J’ai, remarqué que ceux qui avaient le ventre vide ,-ne transmettaient qu’une bien plus faible odeur , analogue à celle de la Couleuvre à collier , et qui est fournie par les glandes voisines de l’anus. Lorsqu’ils sont morts, ils se décomposent eux-mêmes très-rapidement, et l’odeur aminoniaco-putride que leur corps exhale est si fétide , qu’il faut un grand courage pour en approcher, et qu’il est presque impossible de les remuer sans se trouver mal. — Les Serpens à sonnettes peuvent vivre long-temps ; on en cite qui avaient quarante à cinquante sonnettes , c’est-à-dire quarante à cinquante ans, et huit à dix pieds de long; mais on n’a cependant à cet égard que des notions fort confuses.

Dans les pays où il y a un hiver , en Caroline , par exemple, ils se terrent pendant les froids comme les Ser pens d’Europe , tandis qu’à Cayenne on les trouve toute l'année en activité. — C’est aux dépens de petits Quadrupèdes, tels que les Lièvres, les Ecureuils, les Rats, etc., d’Qjseaux qui cherchent leur nourriture sur la terre et de divers Reptiles, que vivent les Serpens à sonnettes, lis se tiennent ordinairement contournés en spirale dans les lieux dégarnis d’herbes et de bois, le long des passages habituels des Animaux sauvages, surtout dans ceux qui conduisent aux abreuvoirs : là ils attendent tranquillement que quelque victime se présente ; dès que celle-ci se trouve à leur portée, ils s’élancent sur elle avec la rapidité d’un

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trait , et lui versent leur poison dans les veines. Rarement un Animal surpris par un Serpent à sonnettes cherche-t-il à fuir : il est comme pétrifié de terreur à son aspect , et va même , dit-on , au-devant du triste sort qui l’attend. De ce fait exagéré, découle naturellement l’opinion ou l’on est généralement, en Amérique comme en Europe, qu’il suffit qu’un Serpent fixe un Ecureuil ou même un Oiseau placés sur un arbre , pour les charmer, c’est-àdire les obligera descendre et à venir Se faire avaler. Lorsqu’on met des Animaux dans une cage où il y a de ces Serpens , ils sont saisis d’une frayeur mortelle , s’éloignent le plus u’ils peuvent de lui , mais ne perent point leurs facultés physiques :

il est, au reste, rare que dans ce cas les premiers les acceptent pour nourriture ; ils se laissent assez ordinairement mourir de faim , lorsqu’ils sont réduits en captivité. — Tous les Animaux , excepté les Cochons qui s’en nourrissent, craignent les Serpens à sonnettes; les Chevaux , et surtout les Chiens , les éventent de loin , et se

fardent bien de passer auprès d’eux.

e me suis amusé plusieurs fois à vouloir violenter mon Cheval et mon Chien pour les diriger vers un de ces Serpens; mais ils auraient été plutôt assommés sur la place que de s’en approcher. Ils sont cependant assez souvent leurs victimes , ainsi que i’ai eu occasion de m’en assurer. C’est principalement dans les temps orageux et lorsque l’atmosphère est fort chargé d'électricité , enfin lorsque le temps est lourd et cbaud, qu’ils sont le plus dangereux. Mais l’Homme en devient facilement le maître, lorsqu’il peut les apercevoir de loin et prendre ses précautions. D’abord ils ne l’attaquent jamais ; en second lieu ils ne sont point craintifs, se laissent approcher , et par conséquent on peut choisir une position avantageuse, et les tuer d’un seul coup de Mton donné sur l’épine du dos. Je les redoutais si peu , que j’ai pris en vie tous ceux que j’ai rencontrés et qui n'étaient pas

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trop gros pour pouvoir être conservés dans l’esprit de vin. Lorsqu’ils sont saisis par la tête, ils ne peuvent, comme les autres Serpens, relever leur queue et l’entortiller autour des bras de l’agresseur, et par conséquent faire usage tleleur force pour se dégager. Ils sont au reste très-vivaces. Tyson en disséqua un qui vécut quelques jours après qu’on lui eut arraché la plupart des viscères et que sa peau eut été déchirée ; ses poumons, qui étaient composés de petites cellules, et terminés par une grande vessie , demeurèrent en fiés jusqu’à ce qu’il fût expiré. J’ai fait des observations analogues sur ceux qui sont tombés entre mes mains.

— Quoique les plaies que produit un Serpent à sonnettes soient de plus d’un pouce de large , sa morsure , dit-on , se sent à peine ; mais au bout de quelques secondes , une enflure, accompagnée d’élancemens , se développe autour du membre ; bientôt elle gagne tout le corps, et souvent au bout de quelques minutes , l’Homme ou l’Animal blessé n’existe déjà plus. Les derniers degrés de l’agonie sont extrêmement douloureux : on éprouve une soif dévorante qui redouble si l’on cherche à l’étancher; la langue sort de la bouche et acquiert un volume énorme ; un sang noir coule de toutes les parties du corps , et la gangrène se montre sur la blessure. Malgré la violence de ces symptômes et la rapidité des progrès du mal , on guérit souvent de la morsure des Crotales; mais il faut pour cela que les crochets n’aient point pénétré dans une artère , et pas trop près du cou. Je crois pouvoir déduire d’une observation qui m’est propre , que souvent dans ce cas on meurt asphyxié par suite de l’enflure des organes de la respiration ; et qu’alors l’opération de la bronchotomie pourrait sauver le malade. — Le poison des Crotales se conserve sur le linge , même après qu’il a été mis à la lessive ; et on a des faits qui constatent la mort de personnes dont les

f (laies avaient été pansées avec ce inge. Il se conserve sur la dent de

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Animal après qu’il est mort. On cite u’un homme fut mordu à travers ses .ottes et mourut. Ces bottes f uron t su cessivement vendues à deux autres permnesquimoururentégalcmcnt, par- 3 que l’extrémité d’un des crochets venin était restée engagée dans le air.» — On emploie communément outre la morsure des Crotales trois îovens qui consistent dans la succion t la ligature au-dessus de l’endroit nord u si la chose est possible , dans ns caustiques et dans les médicamens internes. Ces derniers viennent ordiairemenl trop tard et sont d’un faite secours dans un cas oh les accidens tn succèdent avec une telle promp- ; tude , qu’on cite des exemples oh es Hommes mordus ont péri en peu e minutes. Les caustiques peuvent roduire un meilleur effet d’abord, îais leur emploi est bien douloureux t peut augmenter le mal pour peu ue le ravage ait commencé. Les âasseurs se servent de la poudre de :ur fusil allumée sur la plaie, après woir dilaté celle-ci au moyen d’une t lanfication. La succion paraît ce u il y a de plus efficace , mais on ouve rarement quelqu’un qui veuille rodiguer ce secours dans le préjugé h l’on est que le venin du Crotale - ;t mortel de quelque manière qu’il arvienne dans le corps. C’est une reur , et il paraît que non - seulelent le venin des Serpens n’est danpreux qu’autant que des morsures introduisent dans la circulation , *ais qu’il en est de même de tous les rus dont l’absorption est le résultat 3 morsures. Ainsi nous avons vu ailly , officier de santé en chef de un des corps d’armée dont nous isions partie en Espagne , sucer s plaies laites à une dame par un hien évidemment enragé , avaler icme le résultat de la succion pour issurer la malade qu’il parvint à uérir d’abord moralement , et n’en as éprouver le moindre malaise, b ailly poussa le courage jusqu’à rendie de la salive qui découlait des sncives de 1 Animal hydrophobe qui lourut peu de jours après, attaché

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dans la niche oh l’héroïque docteur l'avait placé afin d’observer le cours de la cruelle maladie que ce Chien avait communiquée à plusieurs autres Animaux sur lesquels il s’etait d’abord jeté. On recommande contre la morsure des Crotales le Prenanlhes alba , une espèce d’Hélianthe , la Spirée trifoliée , le Polygala Seneka , avec les Aristolochia serpentaria et anguicida. Palisot - Beauvois ajoute u’on peut aussi se servir utilement e l’écorce pilée des racines de Tulipier : en général les médicamens purgatifs, sudorifiques, ou appliqués en cataplasme et en fomentation au plus haut degré de chaleur supportable , peuvent soulager , guérir même; mais parmi les personnes blessées qui échappent à la mort, il en est peu qui ne conservent des traces profondes de l’accident qui menaça leur vie. Bosc affirme que des taches jaunes sur la partie intéressée, des enflures , de grandes douleurs et une faiblesse périodique , en perpétuent le pénible souvenir. Les effets de la morsure des Crotales sont fort prompts , avons-nous dit; si l’on s’en rapporte aux expériences faites par plusieurs personnes et insérées dans divers recueils scientifiques, des Chiens y ont succombé en quinze secondes.

Cependantl’effetordinaire se prolonge de dix minutes à trois heures. Un Crotale contraint à se mordre lui-même a succombé en douze minutes. Par l’action du poison, non-seulement ces Serpens s’approprient la possession de leurs victimes , mais encore ils en accélèrent la décomposition , ce qui hâte l’opération digestive dans l’estomac de l’Animal , lequel , de même que les autres Serpens , ne mâche pas sa proie , mais l’avale tout entière. — Les Crotales ne montent pas aux Arbres ; ils ne se replient pas avec cette grâce flexible qui sied si bien aux Couleuvres; ils rampent presqu’en ligne droite , et pas assez vite pour atteindre un Homme à la course ; dans leur position habituelle et lorsqu’ils se tiennent en embuscade, ils se contournent en spirale. Un assez gros in-

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dividu vivant que nous avons eu occasion d’observer, et qu’on a conservé quelque temps à Bordeaux d’où on le conduisit à Paris, se blotissait habituellement de la sorte , et dressait quelquefois la partie supérieure de son corps jusqu’à la moitié de la longueur en ligne droite , tenant sa tête horizontalement, pour observer avec une sorte de gravité ce qui se passait autour de lui. — On prétend qu’avant la découverte de l’Amérique , les Crotales étaient pour les Sauvages des objets de respect et d’adoration , parce qu’ils détruisent les autres Reptiles. Depuis que la civilisation a pénétré dans cette partie dumondeetconquis àla culture le sot que couvrirent si long-temps d’impénétrables forêts , les naturels ont partagé pour les Crotales J 'horreur qu’ils inspirent aux Européens ; plusieurs hordes en mettent la tête à prix ; les colons leur font une guerre active, et le nombre en diminue considérablement. On n’en voit même plus de gros dans les environs des villes et des habitations. Il était autrefois commun d’en rencontrer qui dépassaient six ou huit pieds de longueur; ils ont aujourd’hui rarement le temps d’atteindre à cinq.

Les Sauvages mangent leur chair.

Dans les contrées où l’hiver se fait ressentir, les Crotales s’en gourdissent.

On les rencontre alors dans les trous, dans les cavernes et sous les couches épaisses que forment les Spliaignes dans les marais ; ils y sont presque toujours réunis en certaine quantité , et même avec des Crapauds qui n’en ont rien à craindre , saisis qu’ils sont du froid qui leur est commun.

A Cayenne, les Crotales ne s'engourdissant jamais , sont dangereux toute l’année. Châteaubriant rapporte que ces Animaux sont sensibles aux effets de la musique, et qu’il a vu dans le Haut-Canada , sur les bords de la rivière Génésje, un naturel apaiser la colère de l’un de ces Serpens avec les sons de sa flûte ; le Crotale charmé finit mênjte , selon l’auteur d’ Attala , par suivre le Sauvage. — Telle

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est l’indolence habituelle des Crotales quand le besoin ne les presse pas , ou que la grosseur d’un Animal met celui-ci au-dessus du volume qu’ils peuvent avaler, qu’on a vu des voyageurs les heurter involontairement du pied sans en être mordus. Ils attendent, ainsi qu’il a été dit, des

Êrovocations réitérées pour s’élancer, lesser et épuiser leur venin dans une occasion dont il ne doit résulter que la mort , inutile pour eux , d’un Animal trop considérable. On dirait que, soigneux de conserver leurs provisions mortelles pour s’assurer quelque repas proportionné à la capacité de leur estomac , les Crotales avertissent , avant de frapper, l’Homme dont la vie ou le trépas sont indillerens à leur appétit. Provoqués par celui qui les rencontre, ils se roulent; et , prêts à s’élancer , ils attendent une nouvelle insulte ; pour peu que cette insulte se fasse attendre , ils s’éloignent en rampant doucement presque en ligne droite ; l’attaque est-elle réitérée, ils se roulent de nouveau, agitent leurs grelots avec rapidité , retirent leur cou qui s'aplatit ainsi que la tête ; bientôt leurs yeux étincellent, leurs joues segonflent, les. lèvres se contractent, enfin une large gueule s’ouvre et montre les redoutables crochets dans lesquels ces Reptiles placent leur confiance ; ils agitent aussi la langue, et semblent observer l’effet que produisent de telles démonstrations de colère. Ce n’est qu’à la dernière extrémité que le Crotale s’élance pour mordre , mais ce n’est qu’à coup sûr qu’il frappe l’agresseur ; jamais il ne hasarde son attaque, et dès qu’il se décide à mordre, il blesse et répand son venin . — Comme les autres grands Serpens, les Crotales sont ovipares; cependant- on assure qu’ils n’abandonnent pas leur progéniture éclose. C’est une opinion commune dans quelques-unes des Antilles , qu’ils fa dévorent; mais cette erreur tient à la manière dont au contraire ils la protègent. Bcauvois a vu, et d’autres personnes ont vu également, de vieux Crotales surpris,

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rrctcr tout-à-coup, ouvrir leur t uche le plus possible et y recevoir i irs petits hâtés de s’y réfugier. Ce fait f : irrécusable, attesté par un homme 1 que Beauvois, mais n’en est pas . )ins fort extraordinaire; il a donné ■ u au préjugé des colons à l’égard de voracité des Crotales. — Le nombre -s espèces de ce genre se monte à it selon Latreille. Le voyage de : îmboldt l’a grossi de deux nouilles. On divise ces espèces en deux étions selon qu’elles ont la tête garfî en dessus d’éeailles semblables à : les qui recouvrent le corps , ou i e la tête est couronnée de plaques

i lieu d’écailles.

f Tête couverte d’écailles.

f je Boiquira, Crotalus horridus, L., b nel. , Syst. Nat. , xm, i , pars m , 1080; Encycl. Seip., p. i, pl. 2, f.

(C’est le Caudisona ternjica , Laur. , < nph. , np 2o5; le Boicininga de Pim et MarcgraafF, le Teuhtlacot- :mhqui de Hernandez, enfin l’un j.-; plus redoutables Crotales par ptivité de son venin. Son nom t xicain signifie reine des Serpens ,

ii ’ allusion à sa puissance. Il atteint quatre à six pieds de longueur;

1 e suite de grandes taches noires losange , bordées de jaunâtre , rè- ! e le long du dos. Le reste des teinest d’un cendré brunâtre. p. 166,

i Le Crotale a queue noire , Cro- I us atricaudatus. C’est à Bosc que naturalistes doivent la connaisse de cette espèce qui n a pas été . servée depuis qu’il l’a découverte, us nous bornerons conséquemment ipéter ce qu’il en rapporte : « Deux : fies brunes , dit-il , se voient à l’exmité postérieure du corps; le dos d’un gris rougeâtre ponctué de in , avec des lascies de la même I ate , irrégulières , anguleuses ou : jvronnées, transversales, et d’aus taches plus claires , latérales; une e fauve règne le long du dos, la sue est noire.» Cette espèce a de trois uatre pieds de long. p. 170, E. 26.

'Le Dur issus, Crotalus Durissus ,

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L., Gmel. , loc. cit. , p. 1081 ; Encycl. Serp., p. 2, pl. 3 , fig. 4, sous le nom de Muet; Caudisona Durissus , Laurent., Ampli. n° 204. Cette espèce, qui habite jusqu’au quarante - cinquième degré de latitude , est la plus répandue dans l’Amérique septentrionale.

C’est elle qu’on y appelle par excellence le Serpenta sonnettes et sur laquelle Bosc a principalement observé les moeurs des Crotales. Les plus gros individus qu’il ait vus ne dépassaient pas cinq pieds ; l’un d’eux avait dans son estomac un Lièvre tout entier. Ce Serpent a aussi été l’objet des recherches deCatesby , de Kalrn et de Beauvois ; il se tient souvent près des eaux où il nage avec la plus grande facilité , en distendant sa peau et la gonflant d’air. Sa couleur est d’un gris jaunâtre, avec plus de vingt bandes noires irrégulières et transverses sur le dos.

Cette espèce a souvent été confondue avec la première , et le nom de l’une a été donné indifféremment à l’autre, p. 170, 172, E. 21 , 3o.

Le Drynas , Crotalus Dry nas , L., Gmel., lue. cit., p. 1081; Encycl.

Serp. , p. 2 , pl. 1, f. 2 ( sous le nom de Teuthlaco ); Caudisona Drynas , Laurent. , Ampli. , n° 206. Latreille pense avec raison que le synonyme de Séba, rapporté à ce Serpent , convient au Bruyant. Son corps est tout blanc, avec quatre rangées longitudinales de taches ovales d’un brun clair, p. i65,e. 5o.

Le Camard, Crotalus Simus, Latr. , Séba, Mus. T. 11, tab. 45. Mal i propos regardé comme un Serpent de Ceylan, où il n’y a point de Crotales, par ce dernier auteur qui a induit si souvent les naturalistes en erreur parla quantité de fausses indications dont il a trop souvent accompagné le grand nombre d’assez bonnes figures que nous lui devons. Sa taille n’atteint que celle du Boiquira , dont les couleurs en losanges noirs qui régnent sur son dos le rapprochent ; mais il a le museau tronqué d’une manière fort remarquable avec treize taches noires en forme de chevrons

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bordes de gris sur les flancs ; le ventre est blanc, p. i63,e. 19.

Les Crotales a losange , Crotalus rhombifer, p. , E. a3 , Bruyant, Crotalus strepitans , Daud. , et sans tache, Latr., Cauc/isona orientales , Laur. , Amph. , n° 207, P. i64, e. 28, sont les autres espèces de cette division.

ff Tète couverte de plaques.

Ee Millet , Crotalus miliarius , L., Gmel. , loc. cit. , p. 1080, Encycl.

Serp.,p. 1 , t. 1, f. 1 (d’après Catesby, T. 11, tab. 24). Ce Crotale est fort connu dans quelques parties de l’Amérique septentrionale sous le nom de Vipère de la Louisiane, que ses morsures cruelles ont rendu effroyablement célèbre. On le regarde comme le plus dangereux de tous; on prétend que nul être n’a survécu trois heures à l’effet meurtrier de ses crochets, et le Millet est d’autant plus à craindre que , fort petit et n’excédan t pas un pied et dem i de longueur , il se glisse inaperçu près de ses victimes. D’autres fois il se tient roulé sur les troncs des Arbres abattus au milieu des lieux marécageux , où il guette les Grenouilles dont il fait sa nourriture habituelle. Il ne s’épouvante de la présence d’aucun Animal , et ne se sauve pas à l’aspect de l’Homme souvent exposé à poser sa main au lieu même où se blottit le Millet , ou à s’asseoir dessus. Ses couleurs rappellent , par leur variété et leur disposition , mais en petit, celles dont s’embellit la robe du Boa Devin. On le trouve depuis la Caroline jusque dans les régions désertes qui s’étendent à l’ouest delà Nouvelle-Orléans.

* CROTALINE. rept. oph. Espèce du genre Couleuvre. V . ce mot.

* CROTALOPHORE. rept. oph.

I Séba et Gronou. ) Syn. de Crotale.

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