V. ce dernier mot
Les fausses pâtes s’observent sous l’abdomen et à son origine ; elles sont terminées par deux lames ou deux filets. Ces appendices sont tantôt des auxiliaires de l’appareil locomoteur, tantôt des parties accessoires des organes de la respiration ; d’autres fois ils réunissent ces deux usages , et dans la plupart des cas, ils servent tous , ou du moins plusieurs d’entre eux , à soutenir les œufs. L’abdomen, qui fait suite au thorax et qui termine le corps , a été désigné improprement sous le nom de queue ; il varie singulièrement par sa forme , ses proportions et ses usages; dans tous les cas, il contient l’extrémité du canal intestinal et est pourvu d’appendices particuliers dont nous avons indiqué les fonctions. Nous ne parcourrons pas les nombreuses modifications qu’il éprouve , et nous renverrons cette étude à chacun des ordres et à chacune des familles.
Le système nerveux a beaucoup d'analogie avec celui des Arachnides et des Insectes : il se compose d’un cerveau plus large que long , et dont la face supérieure est quadrilobée. De cette masse encéphalique , partent des filets nerveux pour les yeux et les antennes , et postérieurement deux cordons allongés, embrassant l’œsophage, se réunissant au-dessous de lui en un renflement ou ganglion médian , qui fournit des nerfs aux mandibules, aux mâchoires, etc. , et qui , en arrière , donne naissance à la continuation ou au système médullaire proprement dit. Ce système médullaire se compose de ganglions plus ou moinsnombreux, ui sont réunis entre eux au moyen ’une paire longitudinale de nerfs.
Les organes des sens, la vue, le toucher , T’ouïe, l’odorat et le goût existent évidemment; mais il 11’y a que les trois premiers pour lesquels 011 ait démontré l’existence d’appareil pro-
|re remplir ces fonctions; le sens e 1 orne offre même encore quelques doutes quant à son siège.
Les Crustacés ont une circulation double qui s’effectue à l’aide d’un cœur , sorte de ventricule pulmonaire situé sur le dos , et d un vaisseau vential qui peut être considéré comme le ventricule aortique. Le sang qui a îespiré se rend dans le vaisseau vential , qui le distribue à toutes les parties du corps , d’où il revient au vaisseau dorsal qui le renvoie aux branchies. Le cœur varie dans sa forme et dans ses proportions. La respiration est une fonction très-dévcloppée, et pour laquelle il existe des organes spéciaux nommés branchies; ce sont des sacs pyramidaux , foliacés ou hérissés de filets et de panaches , dont la position est très-variable ,. qui, par exemple, sont fixés tantôt à la base des pâtes ambulatoires , tantôt aux appendices extérieurs de la bouche , d autres fois à l’extrémité postérieure et inférieure du corps ; souvent aussi elles remplacent les pâtes, et servent en même temps à la locomotion et à la respiration.
Les Crustacés sont tous carnassiers; leur système digestif se compose d’une bouche assez compliquée , à laquelle on voit succéder un canal intestinal , généralement droit et court , et auquel on distingue l’œsophage qui a
§eu de longueur , l’estomac qui offre es différences remarquables dans son développement , et qui , dans le plus grand nombre, est muni d’un appareil crustacé , sur lequel Geoffroy Saint-Hilaire a fixé d’une manière toute spéciale l’attention des anatomistes. A la suite de l’estomac, le canal intestinal se rétrécit et poursuit directement son trajet vers l’anus situé à l’ extrémité de l'abdomen. Audessous de l’estomac et du cœur, on observe dans le plus grand nombre des Crustacés le foie, organe souveuL très-volumineux dans certains temps de l’année; il sécrète la bile qui est versée ensuite dans l’intestiu. Les fonctions génératrices sont analogues
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à ce qu’on trouve ordinairement ailleurs; les sexes sont séparés , à l’exception peut-être d’un ordre , celu des Entomostracés chez le plus gt an< nombre desquels on n’a pu encor découvrir de sexes distincts.
Les males ont des canaux déferen
qui aboutissent à deux verges, les-
quelles sortent du thorax derrièr la dernière paire de pâtes; les femelles ont deux vulves s’ouvrant tantôt sur la troisième pièce sternale et tantôt à la base même des pâte qui correspondent à ce segment sternal, et qui, par conséquent, sont 1 troisième paire.
Les Crustacés sont ovipares o ovovipares , le développement des œufs étant plus ou moins prompt tantôt ils sont attachés, immédiatement après la ponte, à des appendices garnissant la face inférieure de l’abdomen , et connus sous le nom de fausses pâtes , ou bien à des feuillets particuliers , ou bien encore ils se trouvent enveloppés dans une enveloppe membraneuse , sorte de matrice externe adhérant au corps de l’Animal ; tantôt ils sont contenus quelque temps dans le corps de la mère et y éclosent; d’autres fois enfin , e ce fait paraîtra bien extraordinaire ils semblent se conserver desséchés pendant un grand nombre d’années à la manière de certaines graines , ei n’éclore que lorsque les circonstances favorables à leur développenien sont réunies..
Les Crustacés, avons -nous dit sont carnassiers et se nourrissen principalement de matière animale en décomposition ; on les rencontre sous toutes les latitudes. On ne possède encore que très- peu de données sur leur distribution géographique. Voici ce qu’en dit accidentellement LatreiLle ( Mémoire sur la géographie des Insectes , Mémoires du Mus. d’Hist nat. ) : ce Quoique les Animaux de la classe des Crustacés]:
soient exclus de mon sujet , voie néanmoins quelques observations générales à leur égard , et qui compté
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tenl ce travail : i° les genres Lithode, Coriste, Galathée, Iiomolc et Phronyme, sont propres aux mets d’Europe ; 2° ceux a’Hépate et d’ilippc u’out encore été* trouvés que dans l’océan Américain ; 3e du même et des côtes de la Chine et des Moluques viennent les Limules ; 4Q les .genres Dorippe et Leucosie habitent particulièrement la Méditerranée et les mers des Indes-Orientales; 5° cel- : les-ci nous donnent exclusivement les Oiithyes, les Matutes , les Ranines , les Albunées, les Thalassines ; 6° les autres genres sont communs a toutes les mers; mais les Ocypodes ne se trouvent que daus les pays chauds. Les Grapses les plus grands .viennent de l’Amérique méridionale . et de la Nouvelle-Hollande. »
Les lieux d’habitation des Crustacés sont très-variés : les uns , et c’est ! le plus grand nombre, habitent les ■ mers , et vivent à des profondeurs considérables, ou bien sur la plage • entre les rochers; les autres se reno contrent dans les eaux douces ; plusieurs sont terrestres et se creusent des lei’riers assez profonds.
Les auteurs ont long-temps varié sur 1 le rang que devaient occuper les Crust. lacés dans la série des êtres créés; mais i la plupart sont tombés d’accord pour
Îl les placer à la suite des Animaux vertébrés; personne ne s’était occu- L pé de signaler leurs points de contact il ['avec cette dernière classe, lorsqu’un célèbre anatomiste , Geoffroy Saint- Hilaire, entreprit un travail spéciaï lement destiné à faire connaître l’analogie intime qui existe entre le système solide extérieur des Crustacés , ides Arachnides et des Insectes, et le squelette des Animaux vertébrés. Ce travail est d’une telle importance , et les résultats qu’il comprend intéressent si vivement les entomologistes , que nous croyons indispensable d entrer à son égard dans tous les développemens nécessaires à l’intelligence du sujet. Nous les extrairons d uu travail qu’il a présenté à l’Académie des sciences , dans la séance
du 26 août 1822. On n’a pas oublié que dès l’année 1820 Geoffroy Saintllilaire a commencé la publication de ses recherches sur le système solide des Animaux articulés , en déclarant que les Insectes ( c’est-à-dire les Arachnides , les Insectes proprement dits, et plus particulièrement les Crustacés ) vivent au-dedans de leur colonne vertébrale comme les Mollusques au sein de leur coquille; véritable squelette pour ces derniers , sorte de squelette contracté. Cette proposition , toute nouvelle et directement opposée aux idées reçues, ne pouvait être admise ou même contestée que lorsque son auteur aurait fait part des motifs sur lesquels était basée sa conviction personnelle; que lorsqu’il aurait fourni les diverses preuves à l’appui de son opinion :
adopter plus tôt ses idées ou entrer à leur égard dans une discussion, eût été en même temps prématuré et peu convenable. Le professeur Geoffroy Saint - Hilaire , dont' le nom se rattache à un si grand nombre de travaux importuns, 11e pouvait interpréter autrement celle espèce de réserve que les savans ont eue à son égard , et il paraît en avoir saisi le véritable motif, puisque c’est par de nouvelles observations qu’il interroge aujourd’hui leur silence. Il a compris que pour faire admettre la présence d’une vertèbre dans les Insectes , il fallait, avant tout , l’étudier là où elle existe pour tout le monde ; aussi a-t-il entrepris , sur sa composition , un travail tort curieux qu’il est d’abord indispensable de faire connaître.
Le Carrelet , Pleuronectes rhombeus , dont la vertèbre est composée de matériaux distincts , a présenté à l’auteur des conditions tres-favorables , et une manière d’être qui , d’une part , lie ce Poisson aux Animaux des classes élevées , et le fait tenir de l’autre à ceux des séries inférieures. C’est principalement de cette espèce de Poisson qu’il sera ici question.
Geoffroy distingue dans une verte-
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brcdeux parties essentielles, le noyau et les branches Latérales. Le noyau vertébral , que les analomisies appellent corps de la vertèbre , et que l’auteur nomme cycléal, n’est pas toujours plein comme on le remarque dès le jeune âge chez l’Homme et les autres Mammifères; dans son principe il est tubulaire, c’est-à-dire qu’il constitue une sorte d’anneau qui , se remplissant à l’intérieur parune suite de couches concentriques , s’oblitère de jour en jour, et ne laisse
f)l us enfin , dans certains Poissons seuement, qu’un trou qui le perfore au centre. — Les branches latérales sont supérieurement les lames vertébrales qui , par leur réunion , constituent le canal vertébral , et inférieurement les côtes, qui tantôt réunies forment un véritable canal , et tantôt libres deviennent flottantes par une de leurs extrémités. Le système médullaire , situé au-dessus et le long des corps vertébraux , et le vaisseau aortique placé au-dessous, et dirigé dans le même sens , avaient besoin de 3i otecteurs , et ce sont les branches atérales qui , en haut et en bas , les eur fournissent. Ici Geoffroy Saint- Hilaire a cru devoir établir des distinctions qui n’avaient pas encore été faites , et créer de nouveaux noms pour des parties dont l’étude avait été en général fort négligée. Supérieurement le système médullaire est recouvert par deux tiges osseuses qu’il nomme individuellement périal.
Chez les Mammifères où la moelle épinière est d’un certain volume, les périaux qui correspondent aux lames vertébrales s’étendent dans toute leur longueur autour de la tige médullaire, et constituent par leur réunion le canal propre de la vertèbre.
Il en est tout autrement si on examine les vertèbres de la région postabdominale des Poissons. La moelle épinière, étant en ce lieu réduite à l’état d’un filet grêle , ce ne sont plus les périaux dans toute leur longueur , mais seulement une partie d’eux-mêmes qui la cloisonnent; cependant une dimension ne se perd
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point qu’elle ne donne lieu à l'augmentation dans un sens opposé , et en vertu de cette loi invariable , les périaux des Poissons , au lieu d’etre épais et courts , comme dans les Mammifères , sont grêles , prodigieusement longs , et soudés entre eux dans la plus grande portion de leur étendue. Les périaux ne sont pas les seules pièces qui se montrent à la partie supérieure du cycléal. Lorsqu’il arrive que la moelle épinière occupe un grand espace , les périaux ne suffisent plus pour l’entourer ; alors ils s’écartent , et on distingue de nouvelles pièces au nombre de deux de chaque côté , et portant individueliementlenom d 'épiai. Les épiaux sont , s’il est permis de s’exprimer ainsi , des protecteurs auxiliaires pour la moelle épinière toutes les lois que celle-ci est très-développée ; ils ont pour usage de la recouvrir et de lui constituer une enveloppe ; c’est ce qui a lieu constamment dans le crâne. Si , au contraire, la tige médullaire, très-peu développée, ne réclame pas leur secours , ils sont employés à des usages secondaires assez variés. On les voit, dans ce cas, sei-vir de baguette aux nageoires dorsales, se désunir et se superposer de manière que l’un, après avoir monté Sfir l’autre, devient quelquefois extérieur, tandis que le second se maintient au-dedans. Ce changement de place n’a cependant rien de réel, et chacune des pièces conserve l’une à l'égard de l’autre des relations invariables. Voulant exprimer à la fois , d’une part , l’origine et la destination commune de ces pièces, lorsqu’elles appartiennent à un appareil au-dedans duquel s’exécutent les plus importans phénomènes de la
vie, et d’autre part , leur variation et
leur isolement pour le cas oh l’une de ces pièces se sépare et se distingue de congénère , Geoffroy ne s’est pas
sa
borné aux dénominations simples qui précèdent , il leur a joint une
préposition significative qu’on devrai ajouter au nom principal , lorsque lc»2 pièces seront disposées en série uni-jf
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nue. On remarquera donc alors audessus du cycléal , non pas le périal et Pépiai qui, étant doubles et en re- . gard , constituent quatre pièces , mais bien le mé/a-périal et le cyclopérial, auxquels feront suite le proepial et Yen-épial.
Telles sont les parties que Geoffroy ' Saint-Hilaire a distinguées au-dessus du corps de la vertèbre, et que les anatomistes avaient confondues sous ! le nom de lames vertébrales : Irès-vi- • sibles dans certains Poissons, elles ne sont pas moins distinctes dans les 'Mammifères 5 seulement il faut les t étudier dans l’état de foetus , et avant > qu’elles ne se soient confondues en se soudant. Ceci conçu , il devient très-aisé d’acquérir la connaissance des pièces situées au-dessous du cyc cléal ; elles sont en même nombre , et se comportent dans bien des cas de la même manière que les précédentes.
'Supérieurement , c’était la moelle pépinière qui devait être protégée par les appendices de la vertèbre; ici, c’est «le système sanguin , auquel viennent > Rajouter quelquefois les organes de ia digestion et ceux de la respiration, j qui réclament la même assistance.
I.Les deux pièces qui s’observent d’abord et qui s’appuient sur le cy- :hléal , portent chacune le nom de pa- ■ raal ,• les paraaux se conduisent exacement comme les périaux. Dans les vertèbres post-abdominales des Puisions , et en particulier du Carrelet, le >araal de droite est soudé au paraal le gauche et constitue un anneau •jour le vaisseau sanguin. A la partie intérieure du corps, au contraire, ou
1 existe un système sanguin très-déeloppé , un canal intestinal, etc.,
Is s’écartent et forment ce qu’on vait désigné sous le nom d e côtes, et
•'arliculièrement sous celui de côtes er/ébrales ; c’est alors que , ne pouant se réunir par leur sommet, les araaux sont suivis et aidés par (leux ièces désignées par les anatomistes 3 us le nom de côtes sternales , et que reoffroy nomme individuellement ataal. Les cataauxsont aux paraaux,
2 que les épiaux étaient supérieure-
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ment aux périaux; ils sont des auxiliaires protecteurs du système sanguin , respiratoire et digestif; ils ont, en ouü’e , cet autre point de ressemblance, que, devenant dans plusieurs circonstances inutiles pour cet usage, ils passent à des fonctions secondaires, font partie des nageoires anales, constituent des aiguillons extérieurs , etc.
Dans ce cas , Geoffroy ajoute les mêmes prépositions employées pour la partie supérieure; ainsi, lorsque les pièces seiont rangées en séries , ou trouvera au-dessous du cy cléal lecycloparaaL et le méta-paraal , puis 1 ’encataal et le pro-cataal. Tels sont les rapprochemens curieux et bien dignes d’intérêt /que Geoffroy haint- Hilaire a d’abord eu pour but d’établir.
Il nous était indispensable de le suivre dans tous ces détails , afin qu’abordant avec lui l’étude de la vertèbre chez les Crustacés, nous nous trouvions avec un égal avantage sur son terrain et plus à portée de saisir sa manière de voir. Quiconque, n’adoptant pas celte route, entreprendrait la comparaison immédiate des Animaux vertébrés et des Crustacés , sous le rapport de leur système solide, ne devrait point se flatter d’avoir saisi les idées fondamentales de l’auteur , et encore moins se permettre de porter à leur égard le moindre jugement. 1
Les Crustacés vivent au-dedans de leur colonne vertébrale , c’est-à-dire que leur cycléal n’étant pas entièrement plein comme dans les hauts Animaux vertébrés, ou n’étant pas rempli de couches concentriques qui ne laissent au plus qu’un trou à peine perceptible , comme dans les Poissons, se trouve contenir chez eux le cordon nerveux , le vaisseau sanguin, les viscères, les muscles, etc., et constitue par cela même un anneau très-ample , dont le diamètre égale la largeur tout entière de l’Animal.
Ceci admis , les résultats suivans en découleront naturellement : i° l’épaisseur de cet anneau ou la solidité
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du tube vertébral sera toujours en raison inverse de l’étendue de sa circonférence; 20 le tube vertébral se trouvant rejeté a u-dehors sur la limite du derme, en sera immédiatement revêtu; 3° les muscles ne s’opposant pas au contact immédiat, puisqu’ils sont renfermés dans le cycléal, ce tube osseux s'unira et se confondra avec le tube épidermique; 4° les volumes respectifs des deux tubes osseux et épidermique pourront varier graduellement en raison directe ou en raison inverse l’un de l’autre :
ainsi que le tissu dermoïque soit plus abondamment nourri que le tissu osseux , et acquière en proportion plus d’épaisseur, on aura les enveloppes solides et de consistance cornée des Coléoptères ; qu’au contraire, le tissu osseux prédomine sur l’épidermique, il en résultera le test résistant des Crabes , des Homards , etc. ; 5° enfin tous les organes restant concentrés dans le tube vertébral , aucun autre tube ne sera nécessaire au-dehors, et il ne devra plus exister de doubles pièces qui fassent la fourche en dessus et en dessous du cycléal, ou qui, en se réunissant, constituent des cloisons pour enfermer le système médullaire et le système sanguin.
— Si donc les autres parties de la vertèbre , qu’on se rappellera avoir été distinguées dans les Poissons en périaux et épiaux situés en haut, et en paraaux et cataaux placés en bas , se retrouvent chez les Crustacés , elles ne seront plus que des dépendances fort peu importantes du cycléal, ne pouvant être appropriées qu’au mouvement progressif. Or, l’observation fait apercevoir dans la classe des Animaux articulés , sur le dehors de chaque tube vertébral , ou de chaque anneau , une double série de pièces que tout le monde sait être des appendices locomoteurs , et que Geoffroy considère comme les analogues de celles qui viennent d’être nommées. La manière de voir de l’illustre auteur de l’Anatomie philosophique, se réduit donc à considérer chaque anneau d’un Auimal articulé
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comme un corps de vertèbre creux „ et chaque paire de pâtes qu’il supporte comme les appendices de cei corps vertébral qui , ici , passent aux usages secondaires de la locomotion , j tandis que dans les Animaux élevés , ils se réunissent le plus souvent pour fi former des anneaux protecteurs du cordon nerveux , du système sanguin, etc. On pouvait cependant opposer ùjî ces résultats un fait plausible : les 11 appendices vertébraux des Poissonajj et leurs nageoires dorsales ou anales»
s’élèvent verticalement; au contraire, 1 les pâtes des Insectes qu’on leur compare , sont étendues horizontalement.
Est-ce bien là ce qu’indique le principe des connexions? Geoffroy Saint-d Hilaire a prévu cette objection ; pounH y répondre, il établit qu’il n’est pagH inhérent aux Animaux que leur thorax soit transporté en présentant toujours la même surface au sol. Per-* sonne n’ignore que les Pleuronectea nagent étant posés sur leurs flancs , d’où il arrive que quelques-unes de leurs nageoires qui , dans d’autres Poissons, sont dirigées verticalement} se trouvent chez eux étendues hori-f zontalement. Il se demande alors sd ces Insectes ne sont pas , sous le rapt port de la station, des Animaux sem-i blables aux Pleuronectes , c’ea£-à-dir<; s’ils n’étendent pas de la même matl nière à droite et à gauche les moyen!) dont ils disposent pour leur transport!
Geoffroy pense doue que les Crustaù cés ( car c’est toujours cette class»
u’il entend donner pour exemple } ans la position ou nous les voyons ne marchent pas , comme il non* semble, sur le ventre, mais sur L) côté , convertissant ainsi l’un de leurjj flancs en face ventrale , et l’autre eu face dorsale ; dès-lors on conçoit contt inent ils rendent horizontales (le portant à droite et à gauche ) les paitr ties qui dans les Poissons sont génd râlement verticales. La queue 11e fa!
pas exception , et il est aisé de voit qu’elle est elle-mcme horizontal* Observons d’ailleurs que la positif du corps, relativement au sol, cj très- variable chez les Animaux artjj
| culés; la plupart marchent à la manière des Crabes, des Araignées et des Scarabées , et convertissent , suivant l’expression de Geoffroy, l’un I de leurs flancs en face ventrale ; mais on en trouve un assez grand nombre qui affectent des positions toutes dif- I fërentes. Nous nous bornerons à fournir quelques exemples bien connus ,
! sans avoir la prétention de précéder Geoffroy dans l’usage qu’il pourrait en i faire à l’appui de sa manière de voir.
Les Amphipodes, qui constituent un ordre dans la classe des Crustacés, sont toujours placés sur le côté ; leurs appendices ont par cela même une direction verticale , et si nous avons 1 bien conçu l’opinion de l’auteur , ces ' Animaux présenteraient l’état normal, puisque le côté sur lequel ils sont couchés, et qui pour lui n’est autre chose ; que la face ven traie , dans le Pleuronect :e, par exemple, repose immédia tement ; sur le sol. Les Phronimes , les Chevrettes ( Gammarus ) , les Talitres , les üorophies sont dans ce cas. L’Acldyie du Dytique, espèce d’un genre louveau que nous avons établie dans raclasse des Arachnides (Ménr. de la vioc. d’Hist. natur. T. i) , est , à cause le son organisation singulière, placée ur le flanc , du moins à l’époque où r ious l’avons observée.
D’antres Animaux articulés sont out-à-fait renversés , et convertissent • éellement leur dos en face ventrale.
- j-eoflroy Saint -Hilaire ne négligera i ans doute pas ces observations, lorsque, dans un Mémoire suivant qu’il ’ nnonce , il étudiera la position relaive des organes à l’intérieur du corps, ’lusieurs Crustacés de l’ordre des ’ Irancbiopodes présentent cet entier «inversement; les Apus , les Bran- 1 dupes , etc., nagent presque consamment sur le dos. Tout le monde 1 ait que plusieurs Insectes Hexapodes,
1 ï Notonecte en particulier, se trouent dans le même cas.
Les rapports qui existent entre les •rus lacés et les classes voisines, tel-
que les Annelides , les Arachnides i t les Insectes , ont été signalés depuis wg temps par les classificateurs. Les
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anciens naturalistes plaçaient les Crustacés entre les Poissons et les Mollusques; Linné les,ré unissait aux Insectes qui comprenaient également les Arachnides , et il les rangeait avec celles-ci dans une division particulière désignée sous le nom d’Aptères.
Brisson revint à la classification ancienne ; il distingua les Crustacés des Insectes , les plaça à la suite des Poissons ; mais il leur associa les Myriapodes et les Arachnides. Dans la Méthode de Fabricius , les Crustacés firent de nouveau partie des Insectes , et ils constituèrent le quatrième ordre sous le nom d ' Agonata. Latreille (Précis des caractères généraux des Insectes ) établit trois ordres : le premier sous le nom de Crustacés , le second sous celui d’Entomostracés, et le troisième sous celui de Myriapodes. Plus tard. Cuvier, se fondant sur des caractèresanatomiques, effectua un changement motivé ; il transporta d’abord ( Tableau élémentaire de l’hist. nat.
des Aniin.) les Crustacés à la tête de la classe des Insectes, et peu de temps après (Leçons d’ Anatomie comparée), il établit d’une manière distincte et nullement arbitraire la classe des Crustacés.
Si nous jetons maintenant un coupd’œil sur les divisions qui ont été établies dans les Crustacés constituant une classe ou simplement un ordre , nous verrons qu a mesure que la science a marché, elles ont augmenté dans une proportion considérable.
Linné partageait les Crustacés en trois genres : les Crabes , Cancer, qu’il subdivisait en Brachyures ( queue courte) et en Macroures ( queue longue) , les Cloportes , Oniscus , et les Monocles , Monoculus. Fabricius , profitant des observations de Daldorff, a divisé ( Entom . Syst. Suppl.) les Crustacés eu trois ordres: i« les Polygonata , composés des genres Oniscus et Monoculus de Linné ; 2" les Kleistagnaita , comprenant les Crabes Brachyuresdr mêmeauteuret une portion des Limules de Millier; 3® les Exdchnata , embrassant la division des Crabes Macroures de Linné. Cu-