‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 3)Chapitre 6 sur 221 · V. Armoracia et Cochlearia. (b · texte numérisé non relu

V. Armoracia et Cochlearia. (b

CRAN et CRON. min. Syn. de Craie et de Faihun. V. ces mots, (b.)

* CRAN CHIE. Cranchia. moll.

Leach a divisé les Céphalopodes Décapodes en deux #familles , les Sépiolidées et les Sépiacés ; dans les Sépiolidées il propose deux nouveaux genres, Sépiole et Crancliie. Ce dernier genre, qu’il dédie à Cranch , voyageur- naturaliste anglais qui a montré le plus grand zèle pour la zoologie, est caractérisé de la manière suivante : nageoires terminales, rapprochées et libres à leur sommet; les pieds ordinaires iuégaux ; la paire su-

fiérieure très-courte ; la deuxième et a troisième graduellement plus longues ; le cou réuni au sac postérieurement et de chaque côté par des brides épaisses. Les deux espèces qui viennent des mers de l’Afrique occidentale , sont : ’

Le Crancuie rude , Cranchia scabra , Leach ( Noua Miscell. Zool.

T. iii , p. 137 , et Journ. de Phys. , mai J 8 1 8 , p. 3g5), figuré dans le

CRA 11

même recueil , juin 1818, fig. 6. Le sac est couvert de petits tubercules.

Le Cranchie tacheté , Cranchia maculata , Leach ( loc. cil., fig. 3).

Celle-ci a le sac lisse , maculé de taches ovales ou rondes. (d..h.)

* CRANDANG. bot. phan. Syn. de Limon à Java. (b.)

CRANE, zool. Ce mot, dans son acception la plus restreinte , signifie seulement la boîte osseuse de l’encéphale; mais comme la face est immédiatement continue au Crâne, comme tous les os antérieurs du Crâne font partie de la face , et comme tous les os de la face , sans exception , s’articulent avec ceux du Crâne , même dans plusieurs genres de Mammifères, par exemple, les intermaxillaires dans l’Aie-Aie , les Cachalots; comme enfin le mot Crâne en zoologie s’entend de la totalité de la charpente osseuse de la tête , c’est dans toute l’extension de ce dernier sens que nous allons en traiter ici.

Le Crâne proprement dit renferme les organes encéphaliques ou cérébraux et l’organe de l’ouïe; la face est le siège des orgaues de la vue , de l’odorat et du goût; et dans tous les Animaux pourvus de mufles, de l’organe spécial du toucher. Plus les organes des sens sont développés , plus la proportion de la face au Crâne grandit ; et plus les organes cérébraux se développent, plus la proportion du Crâne à la face augmente.

Comipe le volume des organes cé- 1 rébraux avait été pris pour mesure de l’intelligence, attendu qu’en général , dans les Mammifères et les Oiseaux , l’amplitude de la capacité du Crâne représente le volume de l’encéphale , on avait pris le rapport que l’aire de la capacité du Crâne offre avec l’aire de la face , pour mesure proportionnelle de fintejligence des Animaux. C’est Cuvier qui avait proposé cette dernière mesure. En général , le Crâne et la lace se balancent ainsi par la réciprocité de leurs développemens ; mais ce n’est pas une règle absolue. Ainsi chez

CRA

plusieurs Phoques et Dauphins , le Crâne et le cerveau, proportions garde'es , sont presque aussi développés que chez l’Homme , et cependant la face n’y en a pas moins elle-même un très- grand excès de développement. Nous dirons plus loin pourquoi nous n’admettons pas cette mesure des aires comme généralement et absolument exacte. Nous allons d’abord démontrer la fausseté de celle qui était précédemment employée.

Camper observant que,, dans l’Homme, le degré de proéminence du front coïncidait assez ordinairement avec le degré des facultés intellectuelles , et que dans les diverses espèces d’IIomme cette proéminence du front diminuait avec l’ensemble de leurs facul tés, exprima la quantité de cette proéminence par l’angle que la ligne tangente au point le plus saillant du front et aux incisives supérieures, fait avec une autre ligne qui partage en deux le plan passant par les trous auditifs extérieurs et le bord inférieur de l’ouverture antérieure des narines. Cette mesure ne pouvait qu’exprimer à peu près , dans l’Homme même , la proportion du volume du cerveau ; car elle suppose les contours extérieurs du Crâne parallèles à ses contours intérieurs. Or, dans l’Homme , il arrive chez certains individus que ce parallélisme est loin d’exister. Les sinus frontaux creusés dans l’épaisseur du coronal , en se propageant quelquefois outre mesure , causent une saillie des contours extérieurs , derrière laquelle le cerveau se trouve fort reculé. Dans les Animaux l’angle facial devient bien plus infidèle. Par exemple , dans l’Eléphant , chez les Mammifères, etcliez les Oiseaux, dans la Chouette et le Hibou, à qui le volume de leur Crâne et la proéminence de leur front faisaient attribuer une certaine supériorité d’intelligence , la table intérieure du Crâne est écartée de l’externe d’une quantité qui équivaut au quart , ou même sur le front , à la moitié du diamètre total du Crâne. Or, on voit que pour que la ligne faciale représentât le volume du

CRA

cerveau, il faudrait la conduire du bord de l’intermaxillaire à travers la face , de manière à ce qu’elle fût tangente au point le plus saillant en avant du contour intérieur du Crâne.

Mais dans ce trajet une grande partie de la face se trouverait éliminée , et l’on ne pourrait rien conclure du résultat , puisqu’une partie de l’un des termes du rapport serait ainsi retranchée. L’angle facial doit donc être exclu comme mesure proportionnelle de l’intelligence des Animaux. Il ne doit plus servir qu’aux artistes pour mesurer, d’après nos idées sur le beau, le degré de majesté de la figure humaine, et la mettre en proportion avec la supériorité de nature ou de génie attribuée aux Hommes et aux divinités que la politique et ld religion exposent aux adorations et aux respects du peuple.

Si le volume de l encépliale, ou, ce qui est la même chose, des organes cérébraux, donnait une mesure proportionnelle de l’intelligence, le rapport qu’a proposé Cuvier entre l’aire du Crâne, dans scs contours intérieurs, et l’aire delà face, ne serait pas encore une expression constante de cette mesure. Mais nous avons fait voir (R,ech.

anat. et phys. sur le svst. nerveux , et Mém.spéc. sur ce «ujet , Journ. compl.

du Dict. des Sc. médic. , 7 septembre 1822) que ce n’était pas le volume hydrostatique de l’encéphale, mais l’étendue des surfaces que développe ce volume qui était la mesure la plus approximative des facultés intellectuelles dans tous les Animaux. Or, comme le nombre et la profondeur des sillons et des replis dont se creuse le cerveau sont tout-à-fait indépendans de l’amplitude du Crâne ; et , comme un cerveau plus petit , mais plissé, peut, selon le nombre et la profondeur de ses plis , offrir quatre , huit ou dix fois plus de surfaces qu’un cerveau double , mais dont les contours forment des courbes régulières, on voit que l’aire du Crâne ne peut point offrir de données pour le calcul qu’on se propose. En outre , dans les Poissons comme dans les Reptiles, ja-

CRA

mais. l’encéphale ne remplit le Crâne; il n’en occupe pas ordinairement plus delà moitié ou au plus les trois quarts. Dans la Tortue européenne, par exemple ^ . les planches de notre Anat.

et Physiolog. des syst. nerv.), l’aire de la coupe ventrale de l’encéphale est presqu’un tiers plus petite que l’aire de la cavité cérébrale , et dans les Poissons , soit osseux , soit cartilagineux ,1a disproportion est constamment plus grande encore. L’aire du Crâne ne peut donc ici servir de mesure au cerveau, ni conséquemment aux facultés intellectuelles. Le rapport de l’aire du Crâne à l'aire de la face ne pourrait donc être appliqué qu’à des Animaux où les contours de l’encéphale ont des courbes régulières, c’està-dire où l’encéphale n'a point d’anfractuosités et où la péripliéi'ie de la cavité cérébrale représente justement le volume de l’encéphale; tel est le cas de la plupart des Rongeurs , des Edentés, etc. , chez les Mammifères , et de tous les Oiseaux.

Ce qui constitue l’individualité ou la nature particulière de chaque Animal, c’est le nombre des facultés qu’il possède, le degré do perfection de chacune d’elles , et leur combinaison harmonique sous le rapport du nombre et de la perfection. Chacune de ces données et l’ensemble qui eu résulte varient à l’infini, comme on sait, d’une espèce à l’autre. De-là cette diversité de structure et de proportions réciproques dans les organes des sens et du cerveau, organes dont l’activité en exercice constitue ces facultés. Et comme le développement de ces organes produit nécessairement le degré d’amplitude de la cavité osseuse qui les contient, on voit ’i abord quelle doit être la diversité des Crânes parmi les Animaux vertébrés. Or, nonobstant celte diversité dans la configuration des têtes osseuses , et dans la proportion de leurs parties, il esL à peu près démontré aujourd hui que le nombre de leurs élémens ou pièces osseuses primitives est uniforme, et qu’à travers la diversité de formes cl de fonctions qui

CRA i3

d’une classe à l’autre déguise ces élémens osseux , et même les transporte d’un organe à un autre , chacun de ces élémens conserve invariablement avec les autres les mêmes rapports de situation ; et qu’il s’anéantit plutôt que de perdre son rang dans le système pour enjamber en avant ou en arrière , à droite ou à gauche de sa position ordinale. C’est surtout Geoffroy Saint-Hilaire ( Ann. etMém. du Muséum et Philos, anat. T.i et 11 ) qui a analysé la multitude de toutes ces combinaisons de formes et de nombres auxquelles sont assujettis les os de la tête des Vertébrés dans leur état adulte. Comme nous l’avons déjà dit ( art. Anatomie, § i ) , il reconnut qu’en remontant pour tous les Animaux vertébrés le plus près possible de la formation de l’être , quel que fut le nombre d’os définitifs dont se compose le Crâne de l’adulte, ce nombre est identique pour tous dans les premiers temps de la vie; que la diminution ultérieure du nombre , des os dans les Mammifères etsurtout dans les Oiseaux, n’était qu’apparente , et dépendait, de la réunion deux à deüx , trois, à trois, ou même davantage , de pièces voisines ; que , par l’effet de ces réunions , des os pairs devenaient des os symétriques : tel est, par exemple , le frontal de l’Homme adulte comparé aux frontaux de l’enfant ou bien aux frontaux de la plupart des Mammifères; que ces réunions ne confondaient pas seulement des os situés sur la ligne médiane , comme les frontaux que nous venons de citer , mais confondaient aussi des os collatéraux à droite ou à gauche de cette ligne; tel est, par exemple, le temporal de l'Homme où se trouvent soudés le tytnpanal , le rocher, la caisse , le mastoïdien , le slyloïde , etc. Il en conclut donc que les variations dans le nombre clés os définitifs du Crâne chez les cliffércus Vertébrés adultes dépendaient du degré d'ossification propre à chacun d’eux , et que , selon l’extension de ce degré, un plus grand nombre de

i4 CRA

pièces se réunissaient , et qu’ainsi un plus petit nombre en restait définitivement isolé.

Voici , d’après les principes précédons , la composition du Crâne dans tous les Animaux vertébrés en procédant d’avant en arrière : i° le premier sphénoïde formant la partie antérieure du sphénoïde humain résulte de deux paires de pièces latérales , l’une supérieure , savoir les Ingrassiauxou ailes d’Ingrassias ; l’autre inférieure , les Bertinaux ou cornets sphénoïdaux de Berlin. Ces deux paires de pièces latérales flanquent à droite et à gauche une pièce médiane dite entosplrénal; les deux frontaux forment l’arc supérieur de la cavité médullaire de cette sorte de vertèbre ; 2° le second sphénoïde a pour base l’hypospliénal flanqué également de deux paires de pièces latérales , l’une en haut, l’autre en bas. La paire supérieure résulte des ptéréaux ou grandes ailes du sphénoïde ; la paire inférieure des ptérigoïdaux ou apophyses ptérigoïdes externes. Les deux pariétaux forment l’arc supérieur de la cavité médullaire de cette autre vertèbre. La cavité du système sanguin'de ces deux vertèbres est fermée inférieurement par les deux palatins pour la première, et par les hérisseaux ou apophyses ptérigoïdes internes pour la seconde. L’on voit , d’après l’ordre de connexion de ces parties osseuses rattachées ainsi à deux systèmes de pièces similaires ou de vertèbres, que l’étude de la face est inséparable de celle du Crâne, puisque plusieurs os de la face sont des dépendances de l’une ou de l’autre de ces deux premières vertèbres crâniennes ; 3° l’occipitai humain résulte de trois paires de pièces osseuses , étagées l’une sur l’autre , et dont l’inférieure repose sur une pièce unique et médiane dite basilaire ou sous-occipitale. Cette pièce impaire répond à l’cntosphénal delà première vertèbre crânienne, à l’hyposphénal de la seconde. C’est donc l’analogue du corps d’une vertèbre. Les deux pièces de la paire inférieure restent

CRA

écartées l’une de l’autre vers la ligne médiane ou leurs bords internes plus ou moins échancrés circonscrivent la moelle allongée , et forment la plus grande partie du trou occipital ; ce sont les occipitaux latéraux ou cx-occipitaux. Les pièces de la paire intermédiaire sont au contraire juxla-posées sur la ligne médiane, et complètent supérieurement le trou occipital. Ce sontles occipitaux supérieurs ou sur-occipitaux ; enfin les pièces de la paire supérieure ou troisième paire, soudées aussi pal’ leurs bords internes, ont reçu le nom d’interpariélal parce qu’elles se trouvent plus ou moins engagées entre les pariétaux. Or , il y a un l’apport constant entre l’étendue en surface de ces os, et le développement de parties encéphaliques déterminées. Ainsi , par exemple , les occipitaux latéraux et les occipitaux supérieurs de la troisième vertèbre grandissent les premiers comme les lobes latéraux ; les seconds comme le lobe médian du cervelet. Les interpariétaux ou troisième paire d’occipitaux grandissent comme les lobes optiques ou tubercules quadrijumeaux; les pariétaux représentent le développement des deux lobes postérieurs de chaque hémisphère cérébral ; voilà

fiourquoi ils sont plus grands dans Homme que dans tout le reste des Vertébrés. Les frontaux paraissent en rapport avec le lobe antérieur des hémisphères cérébraux. Ils le sont aussi avec les lobes olfactifs et les narines. Voilà pourquoi ils sont queluefois plus développés ailleurs que ans l’Homme, quoique le cerveau soit, alors seulement, plus petit. Mais à mesure que chaque appareil encéphalique diminue, et surtout que l’ensemble de l'encéphale ne se compose plus que. des lobes correspondans aux nerfs des sens , des os qui faisaient partie du Crâne dans les Mammifères, par exemple, et dont la face interne était contiguë à une partie encéphalique, cessent aussi à mesure de faire partie delà boîte cérébrale, et deviennent tout-à-fait libres en dehors pour servira d’autres usages. Tels

CRA

sont, par exemple, dans les Poissons el les Reptiles, le temporal , le mastoïdien , la caisse et le rocher, etc. Alors ces os dont nous n’avons point parlé plus haut parce qu’ils ne font pas arlie nécessaire du Crâne , et que , ans les Reptiles et les Poissons , ils deviennent partie intégrante de la face ou des mâchoires, non-seulement ne s’élargissent plus en une meme et commune surface , comme dans l’Homme et les Mammifères voisins , mais jouent librement les uns sur les autres par des articulations plus ou moins mobiles : de-là deux ou trois bras de levier ajoutés à la mâchoire inférieure dans les Ophidiens; à cette mâchoire et à l’opercule dans les Poissons. Enfin, pour en revenir à la mesure des facultés intellectuelles par une proportion anatomique prise sur les parois du Crâne, nous dirons que plus il y a d’os employés à former ces parois , et plus larges sont les surfaces pour lesquelles chacun de ces os intervient , plus grand paraît être le développement de la masse encéphalique , et surtout l’organe cérébral contigu à chacune de ces surfaces , ou , ce qui revient au même, la faculté ou le talent dont cet organe est le siège. Nous avons vu chez Geoffroy Saint-Hilaire un assez grand nombre de cerveaux d’Animaux moulés en plâtre coulé dans leurs Crânes. Sur ces plâtres sont représentés en couleur les espaces par les-

auels les difl’érens os interviennent ans les parois intérieures du Crâne.

On ne peut prévoir les résultats de cette méthode d’observation ; mais il est évident néanmoins qu’on n’eu pourra tirer aucune donnée en rapport avec les accroissemens de surface de chaque partie encéphalique par le plissement de ses circonvolutions. Or , nous avons démontré que c est à la quantité de ce plissement et à 1 excès relatif des surfaces développées par ces plis, que tiennent et le nombre et la perfection individuelle de ces facultés (F", notre Anatomie et Physiologie comparative de tous les systèmes nerveux ).

CRA i5

Nous avons décritles pièces constamment intégrantes du Crâue dans les classes de Vertébrés ; nous avons vu que les os intercalaires de la deuxième et de la troisième vertèbre céphalique avaient , par rapport au cerveau, des rapports de voisinage variables.

Mais malgré ces variations, ils restent constamment dans les mêmes connexions ordinales ; voici cet ordre : le mastoïdien s’interpose entre l’occipital latéral en arrière , le temporal et la caisse en avant ; en dedans de la caisse est le rocher; en dehors, le tympanal ou cadre du tympan ; en avant la portion écailleuse du temporal s’unit au pariétal en haut, et au sphénoïde en bas.

Dans les Reptiles et les Poissons , commenousle dirons plus bas, le temporal et le mastoïdien ne faisant plus partie des parois delà cavité cérébrale, les deux vertèbres encéphaliques postérieures se louchent sur tous les points de leur contour > excepté à l’endroit de l’intercalation du rocher.

Le repoussement de cet os en dehors du Crâne, disperse sur le côté de la tête, dans les deux dernières classes , toutes les pièces osseuses qui dans les deux autres étaient accumulées autour ou dans l’intérieur de l’organe de l’ouïe.

Les os de l’organe de l’ouïe qui , dans l’Homme et la plupart des Mammifères, sont le plus profondément situés en apparence et le moins susceptibles de dislocation , sont donc, comme on va voir , précisément ceux qui en subissent le plus.

Les appendices inferieurs de la première vertèbre encéphalique sont , comme nous avons vu, les palatins.

Les appendices inférieurs de la seconde , sont les apophyses ptérigoïdes internes : dans les Mammifères, les seuls palatins ne sont pas continus avec la base de la première vertèbre ou le premier sphénoïde. Toutes les autres dépendances de cette première vertèbre et de la seconde leur iont soudées. Tout cela forme chez eux , soit le sphénoïde unique , soit 1rs deux sphénoïdes ; et ces dépendances

16 CRA

ont alors des dimensions d’autant plus courtes que la face est plus petite, par rapport au Crâne. C’est sur ces appendices inférieurs, savoir les palatins et les apophyses ptérigoïdes internes et externes', que la face appuie en bas; en haut, elle repose sur les frontaux, et entre deux, sur l’entosphénal ou le corps même du premier sphénoïde.

La face se divise en autant de régions osseuses qu’elle contient d’organes de sens : îP sur la ligne médiane, la région nasale ; 2° en bas, la palatine; 3U latéralement , l’oculaire.

Comme tous les Animaux vertébrés diffèrent moins entre eux par le nombre ou le développement proportionnel de leurs sens que parle nombre et le développement de leurs organes intellectuels ou cérébraux, et comme, ainsi que nous l’avons vu , chaque organe, soit sensitif, soit intellectuel ou cérébral , est en rapport avec un certain nombre de pièces osseuses qui en dépendent, nous ne trouverons pas dans la combinaison des os de la face les mêmes différences de nombre apparent , que nous avons vues au Crâne.

. i°. La cavité osseuse de l’odorat se compose en haut de l’ethmoïde , dont la pièce la plus constante es.t la lame verticale, de la partie du frontal où s’articulent les os propres du nez, de ces mêmes os; en dehors, des maxillaires et de leurs cornets, et quelquefois de l’inlermaxillaire ; en bas, de l’intei maxillaire , du maxillaire et du palatin antérieur. L’ethmoïde et ses cornets, elles parties des autres os voisins qui interviennent dans la cavité osseuse de l’odorat, croissent en îaison de la prédominance de ce sens; mais c’est surtout suivant l’axe longitudinal de la tête que se fait cet accroissement; de-là la longueur de la face dans les Chiens, les Cochons , les Rumiuans, etc.

2°. La cavilé palaliue ou du goût , formée en haut, par les palatins en arrière , les maxillaires au milieu , et les intermaxillaires en avant , est limitée en bas par les branches de la mà-

CRA

choire en avant et en dehors, en arrière par l’hyoïde qui lui - même est réellement une dépendance du Crâne auquel, même dans l’Homme quelquefois, il est articulé par une chaîne de trois osselets dont l’apophyse styloïde, articulée ou soudée au rocher, est le supérieur. Selon que cet organe est plus dominant , la partie inférieure de la face , savoir les maxillaires inférieurs et supérieurs , s’allonge davantage ainsi que les intermaxillaires; la région nasaie peut être alors presque avortée. C’est ce qui s’observe pour la partie supérieure de celte région chez les Orangs , les Macaques et les Cynocéphales , parmi les Quadrumanes; les Gallinacées , chez les Oiseaux , etc.

3°. La cavité oculaire varie dans les Mammifères plus que dans les trois autres classes. Tantôt elle est fermée de toulesparts excepté en avant , c’est le cas de l’Homme etdes Quadrumanes. Tantôt elle n’a de parois qu’en dedans , c’est le cas du plus grand nombre des Mammifères. Mais ici , à la différence des autres sens, la perfection de l’organe ne répond pas au nombre d os qui sont en rapport avec lui par leurs surfaces. Tout le monde connaît la construction de l’orbite de l’Homme ouvert en avant, de manière que les bords de cel te ouverture sont à peu près dans le même plan, et que les plans des deux orbites ne sont inclinés l’un sur l’auti e que de quatre ou cinq degrés : trois os contribuent à ses bords, le frontal, le maxillaire etle jugal. Sept os forment ses parois, le froutal , l’elhrnoïde , le lacrymal , le palat in, le maxillaire , le j ugal e t 1 e sp lien oïde; les axes des deux orbites formen t un angle d’environ quarante-cinq degrés.

Dans les Singes, les orbites, composées et dirigées comme dans l’Homme, ont mêmel’anglede leursaxes encorcplus petit. Maisà partirdesChauvc-Soui is, en allant paVles Carnassiers aux Rongeurs, Pachydermes , jusqu’aux Cétacés chez les Mammifères ; chez tous les Oiseaux , Reptiles et Poissons , 1 augle que forment les axes des orbites va toujours eu s’agrandissant , de sort

CRA

que , mêmechez beaucoup de Reptiles et de Poissons , ces deux axes se trouvent sur le prolongement d’une même ligne transversale. Tels sont entre autres les Caméléons qui peuvent , ainsi que la plupart des Cétacés , voir à la fois deux points opposés de l’espace. Dans la plupart des Mammifères , l’orbite n’est formée que par le frontal , le maxillaire et le jugal ; la projection des organes de l’odorat et du goût, en avant des orbites , a entraîné dans ce sens l’ethmoïdc , le palatin , la partie dentaire et caverneuse du maxillaire , et le lacrymal , en même temps que, par la diminution des parties encéphaliques correspondantes, le sphénoïde s’est trouvé rentré et reculé. Les seuls os qui alors appartiennentà l’œil sont donc les trois qui forment les bords de l’orbite dans l’Homme; et même dans les Oiseaux, beaucoup de Reptiles et de Poissons , le maxillaire n’entre plus dans l’orbite par aucune de ses faces ni même de ses bords. Mais alors le lacrymal intervient ordinairement , de sorte que trois os continuent d’encadrer le globe de l’œil.

Mais si dans les Reptiles et les Poissons , les os dont nous venons de parler, s’écartent l’un de l’autre sur la plus grande étendue de leui'S bords, pour former des fentes , des trous , des cavités nouvelles , ou bien agrandir d’autres cavités que celles de l’œil , lesjos annexés invariablement à cet organe reçoivent des développemens proportionnés au volume et à l’énergie d’action de cet organe , chez la plupart des Animaux de ces deux classes. Déjà , dans les Oiseaux de haut vol surtout, il se développe sur l’arcade orbitaire du frontal un os aplati , très-saillant dans les Falco, et que l’on a nommé, à cause de sa position, os palpébral ou susorbitaire.

Dans la plupart des Reptiles et des Poissons osseux, chaque frontal est divisé en trois parties toujours distinctes, nommées antérieure, intermédiaire et postérieure d’après leur or- «h e de position d’avant eu arrière. Sur

CRA 17

le frontal intermédiaire des Reptiles , se développe, en formant un ressaut, l’os susorbitaire ou palpébral , déjà cité dans les Oiseaux. Cet os manque aux Poissons, mais chez la plupart des Osseux, depuis il jos nasal et le cornet inférieur, jusqu’au frontal postérieur , s’étend au-dessous de l’œil un arc de pièces osseuses dont le nombre est de six dans la Morue ( V. Cuvier , Règn. Anim. T. rv, pl. 8, fig. 5).

Ces os surnuméraires dans le Crâne , et plusieurs autres dont il sera question ailleurs , et qui existent, soit isolés, soit en différens points du squelette, n’ont évidemment pas d’analogues, et dérogent , il faut le dire , à la loi de l’unité de composition du système osseux.

4°. La cavité auditive éprouve encore plus de variations que celle de l’œil , au point qu’elle finit par s’effacer tout-à- fait, et que ses os se projettent dans un même plan tout en conservant leurs rapports ordinaires.

Cette cavité se prolonge de dehors en dedans au travers du cadre du tympan ou tympanal , et delà caisse où se trouvent articulés l’un sur l’autre, dans l’ordre suivant, le marteau, l’enclume, le lenticulaire et l’étrier. Le marteau s’articule sur le tympanal par l’intermédiaire de la membrane du tympan, et l’étrier sur le rocher par l’intermédiaire de la membrane de la fenêtre ovale. La cavité de ce sens se termine dans le rocher qui en est la partie nécessaire et fondamentale. C’est à quoi se réduit la cavité auditive dans la plupart des Reptiles, en y comprenant toutefois un ou deux des osselets de l’ouïe dans quelques Reptiles, les Batraciens par exemple. Tous ces osselets subsistent néanmoins à leur place dans les Sauriens et les Oiseaux (Phil.Anat.pl. î , fig, 7, io et n).

Dans beaucoup de Mammifères , le mastoïdien agrandit encore la cavité auditive par la communication delà caisse avec les cellules dont il est creusé ; et dans les Oiseaux de proie nocturnes , tout le pourtour du Crâue est véritablement un immense développement des cavités auditives par la

Page 1