GYN
CYN
lion, leur donnent, pour saisir et cm poignet’ des objets même plus volumineux, une adresse et une facilité au moins égale À celle des autres Singes pourvus de plus longs doigts. Le pouce de derrière est constamment plus long que celui de devant ; les ongles sont allongés et ployé s en gouttière, ce qui en fait des armes puissantes , et des crochets propres à déchirer et même à déterrer les racines dont ils se nourrissent. La queue variablcd'une espèce à l’autre pour la longueur, mais invariable dans la même espèce, a cela de commun dans toutes qu'elle est toujours relevée en arc dans l’étendue de trois ou quatre pouces. Delà cette attitude particulière de la queue des Mandrills et Drills, qui l’ont courte et tout entière redressée, et de celle des Babouins proprement dits , laquelle , n’étant pas moindre que les deux tiers de la longueur du corps , retombe droite et sans mouvement au-delà de la partie recourbée.
La tête des Cynocéphales, d’où est venu leur nom , est la partie caractéristique de lepr physionomie, même sur le squelette; elle manque de front. Le frontal, coudé à angle presque droit sur le plande l’orbite, forme la voûte de cette cavité , et se projette brusquement en arrière, presque dans le même plan que le pariétal. Celui-ci arrive presque sans coui bure à l’occipital qui , n’ayant pas de partie horizontale, coupe aussi brusquement le vertex en arrière, que le frontal en avant. Il en résulte que le vertex est presque plat dans cet intervalle et entre les deux lignes temporales. Ces deux lignes sont en général plus écartées l’une de l’autre dans les Cynocéphales que dans les autres Singes adultes. Dans l’Hamadryas surtout , elles restent parallèles , depuis les crêtes sourcilières jusqu’à la crête occipitale , de sorte que le vertex de cette espèce adulte représente un plan régulièrement quadrilatère, dont la longueur et la largeur sont à peu près celles de tout le crâne; dans les autres Cynocéphales, ce plan repré-
sente un triangle dont le sommet esa plus ou moins tronqué en arrière ii l’occipital; il résulte de cet élargisse-* ment des pariétaux que, nonobstant la petitesse de l’angle facial et l’énor me développement delà face (/^. Cka ne), l’aire du crâne est encore supérieure quelquefois d’un quart à faire»
de la face. Cette aire du crâne a mêmë une proportion encore plus avantageuse, si on la compare au volume dq l’Animal. Les crêtessourcilières , plus avancées que dans aucun autre Animal , donnent à ces Singes un aii»
de férocité tout particulier. La pro-* jection rie la face eu avant dépend surtout de l’agrandissement des palatins et de l’énorme renflement des os»
maxillaires en deux côtes proéminen-j tes tout le long du nez. Ce renflement agrandit l’espace du sinus nasal cl du cornet correspondant. Car nonobstant l’assez petit développement de la partie etlimoïdale de l'organe* de l’odorat , sa partie maxillaire est plus prédominante que chez la plupart des Mammifères. Le devant dq cette énorme côte reçoit l’alvéole dq la canine supérieure. L’ouvertura des narines est très - dilatée ; dans quelques espèces , elles sont séparées en dessus par une échancrure. Lf»
langue , douce , est très-extensible; lé goût paraît très-actif chez ces Aui-»
maux. Le palais, par ses nombreuses rugosités et le volume de ses nerfs cl de ses vaisseaux que représente b grandeur des trous palatins «et incisifs , doit aussi en être le siège. Leur; lèvres sont peu proéminentes , mai; fort mobiles. Nous avons vu des Ba bouins, buvant avec un verre , l appuyer sur la lèvre inférieure projetée en cuiller pour le recevoir. Les pau4 pières ressemblent à celles del Honn me ; la pupille est ronde et l’iris brun. La conque de l’oreille diflère de la nôtre par le grand développement du j
lobule et par l’allongement en pointe i aartie supérieure. Leurs mains, f
de la pa
comme celles de tous les Singes , joins sent de la même organisation et de la même sensibilité tactile que celles oc l’Homme.
CYN
L'appareil de la génération , par excessif développement des organes rie la volupté et surtout par le déveoppemeni du tissu dans lequel paraît ésider la cause mécanique et sensiive du plaisir, mérite une considération particulière. Ces organes , dont te but définitif est la reproduction, ■ut cependant en réalité dans l’exiseience des Animaux supérieurs, des Iaramifères surtout, un effet plus , «médiat, qui mérite toute l’atten- ;on du physiologiste et du philoso- : he. Des métaphysiciens moroses ont Donné contre l’usage continu que . Homme fait de la volupté ; ils ont pposé à cette continuité , comme n exemple à suivre, la longue connence de la plupart des Animaux ui ne se livrent à l’amour qu’à des jppoques dont la durée n’occupe qu’un space de quelques jours dans l’année; t dont les femelles, le but de la génération atteint, c’est-à-dire une fois icondées , repoussenL les approches .es mâles. Ils ont attribué à une ( épravation de l’esprit les jouissances ontinuées de l’Homme dont la com- ,igue partage encore les plaisirs ,
■ iut en portant dans son sein les i uits de leur amour. Et des méde-
■ ns ont considéré, par rapport à la i mme enceinte, cette continuation •?es jouissances à peu près de la mêjtt e manière. Pour nous , pensant que ■est toujours un devoir de dire la tîrité, en dut-on abuser, et que
histoire de la nature est l’exposition B3 ce qui est, nous allons remplir ce savoir etdire ce qui existe réellement.
I Trois sortes d’organes con- I mrent à la génération , comme uvicr l’a surtout fait remarquer le i eraier. L’ordre successif de leur • cercice, indépendamment de toute instruction prématurée, met en jeu l' abord les organes du plaisir qui •nt réellement les excitateurs de tous j s autres. Or, entre les organes de la f, dupté et les organes essentiellement i producteurs (c’est-à-dire sécréteurs) 1 existe une loi de balancement qui , * ms le plus grand nombre des Aniîl aux , est à l’avantage des derniers.
CYN 255
Chose meme extraordinaire, la production est d’autant plus abondante dans la nature que la conscience de son acte et du plaisir qui l’amène, est moindre. Au contraire, à mesure que la conscience de la vie s’anime et se personnalise pour ainsi dire davantage dans les Animaux, à mesure la faculté reproductrice diminue, et celle du plaisir augmente avec ses organes; l’Animal vit davantage pour lui-même; ses actes, dans leurs motifs et leurs effets, lui deviennent plus
Eersonnels ; il se complaît même dans eaucoup de ces actes, sans autre résultat que l’émotion intérieure qu’il en éprouve. Néanmoins il n’est pas libre dans l’exercice de ces actes. La sollicitation toujours pressante de ses besoins le force à les satisfaire. Et certes cette existence de lubricité, le plus souvent stérile pour la multiplication de l’espèce, était dans les lois de la nature, puisque le Créateur a, dans les Singes en général et surtout dans les Cynocéphales , donné aux organes du plaisir le même excès de prédominance qu’il a donné ailleurs à ceux de la production. Tout le monde sait que chez l’Homme, le sens de la volupté réside surtout au gland, et dans la Femme au clitoris , organes d’une structure particulière , dont le tissu, connu sous le nom d’Erectile ( V. ce mot), se retrouve partout où la sensibilité tactile doit être plus exaltée.
Ce tissu , dans l’Homme , développe pourtant beaucoup moins de surfaces que dans la Femme; et l’expérience prouve assez que l’étendue de ces surfaces mesure assez bien l’énergie du plaisir. Or, chez les Cynocéphales, la peau des fesses et de presque tout le pubis, par l’excès de développement de scspapdles nerveuses et de son réseau vasculaire, qu’alimentent d’innombrables vaisseaux sanguins, est tout entière transformée en tissu érectile dans toute la perfection delà structure de ce tissu. Et comme dans l’espèce humaine ce même tissu s’est développé autour de la bouche , où les lèvres peuvent aussi frémir sous l’impression de volupté qu’elles pro-
256 CYN
CYN
pagent , qu’on juge delà susceptibilité lascive des Cynocéphalcsdont toute la peau de la lace est transformée en ce tissu, qui n’existe chez nous qu’au pourtour des lèvres et encoie à un moindre degré. Chez eux, le tissu érectile des joues ne diffère pas de celui de la légion génitale ; et comme sous ce tissu érectile des joues , dont l’intensité de couleur surpasse celle qui existe jamais au gland de l’Homme ou delà vulve de la Femme, se développent ces immenses narines dont l’activité est pour ainsi dire la sentinelle du plaisir, que l’on juge par quels emportemens de lascivité doivent être sans cesse entraînées toutes ces espèces! Que l’on en juge par ce plus vif aiguiilonnement au plaisir qu’excite chez l’Homme la sensibilité accrue de la peau voisine des organes génitaux ou de ces organes mêmes, lorsqu’elle est atteinte de dartres qui n'en développent néanmoins que médiocrement le tissu vasculaire! Quand on a vu des salles de dartreux dans un hôpital , on sait que la décence y est presque aussi difficile à maintenir que dans une ménagerie de Singes en présence d’une Femme. Or , dans ces salles les deux sexes sont séparés ; et comme l’exercice même des organes les rend plus propres à agir , que l’on pense combien, parla satisfaction toujo ut s libre et facile de leurs désirs, les besoins doivent prendre plus d’empire chez les Cynocéphales, par l’effet même de cet exercice! Aussi les femelles recherchent et provoquent les mâles après la conception comme avant. Chez elles, le développement du tissu érectile excède par rapport à leurs mâles la proportion de ce même tissu dans la Femme par rapport à l’Homme. Les deux pâ'ires de lèvres sont tout-à-fait déplissées par l’accumulation du tissu érectile , et saillent des deux côtés de la vulve comme deux bourrelets dont le volume va en diminuantdu côté du clitoris. Chaque mois la turgescence du tissu érectile, par un périodisme de fluxion qui ne diffère de la menstruation de la Femme que par son excès, développe ces
bourrelets en énormes protubéranceti animées alors, selon les espèces, d’uiJ rouge pourpré ou d’un bleu foncé. Ceèflj couleurs subsistent toujours dans leffi deux sexes, mais à un plus haut de^ || gré chez les femelles durant la mensfl truation , à la peau des fesses, du pm bis; et chez les Mandrills , à celle de* joues. Ce tissu érectile et les couleur] qui l’animent , ne se développent qu” i l’approche de la puberté. On conçoï jj quel changement dans la physiono* inie , cette révolution amène pour la éspèces à visage peint , indépendant ' mentdes changemens de la charpen te osseuse de la tête. Avant cette épa que, toutes ces espèces sont à pe»
près également dociles et susceptible d’affection pour leurs gardiens ; leur agitations ne sont alors que de la tuui bulence , sans empreinte de méchan ceté. Mais une fois pubères, les Cy nocéphales paraissent ne plus vivr que pour exercer sans cesse leur lui bricité et leur méchanceté. Désormai ils fontle malsansnécessité,sansavoi à le prévenir et sans le but d’en profileîjj Haïssant par instinct tout ce qui es” vivant, leur cruauté sans objet estu nouveau démenti des causes finales»
puisqu’elle n’a pas sa raison, comnl poui les Carnivores, dans la nécessi^
de se nourrir du sang ou de la chai
de scs victimes. Mais ce qui n’est pfl moins étonnant, ce besoin de mi faire se suspend par la plus légèii| cause. Des transports de la colère oij de la jalousie la plus brutale conto| vous , un Cynocéphale va passrt brusquement à l’expression d’un sert timent affectueux , bientôt remplaq par un accès de haine. Cette mobililj d’émotions , cette démence d’idécjJ leur est commune avec les Guenoni et surtout les Macaques. Mais lertj excès de lubricité n’appartient qui* eux. Nous en avons dit la cause.
l’aspect d’une Femme que par 1 odqj rat ils savent même reconnaître sort* voile où elle est invisible, toi t
un
leur devient étranger.
Du
geste ,
regard , de la voix , il semble qu’ils l| possèdent, qu’ils en jouissent, ht :
un Homme , par l’apparencê d une c|*j
CYN
se, excite leur jalousie, leur emtement n’a plus de mesure. — Au aut de femelles, et si leur cage est ez grande pour qu ils se mettent rs de la portée du châtiment, ils oandonnent sans frein à la masturion. Cette provocation au plaisir vient, pas plus chez eux que dans :ie espèce , d’un excès de semeniccumulée. L’impression excitante ide seulement dans le tissu érec- . Nous avons vu des Macaques saillir rs femelles plus de vingt fois en une ire, et quelquefois avec assez peu précaution et d’adresse pour que i ait pu s’assurer qu’il n’y avait pas i jaculatiou. Il est donc évident que is leurs jouissances réitérées , les nces de fécondation doivent être i es pour les femelles. Néanmoins , lobstantl’abus auquel le degré d’in- .igence qu’ils possèdent pourrait les rainer, nous ne savons pas qu’on ibservé entre les mâles cette déprai on dont nous avons parlé au sujet
■ Cobaïes ( V. ce mot), et qu’on rit jusqu’ici attribuée uniquement Homme. Avec cette violence d’ap- : t vénérien et cette inépuisable fa-
1 !t é de le satisfaire sans cesse , on
■ çoitquels risques courentles Fem-
■ dans les contrées habitées par .'Singes, et ou ils acquièrent en lift é le complet de leur développe-
f|Nt. Sous les ardeurs du Tx'opique > embrase leurs sens , et au milieu j ie végétation qui leur fournit la | rriture de leur choix , que ne peu- : t-ils pas oser et faire d’après les nples qu’ils nous donnent quoique ifs dans nos climats ou presque
- meurent de phthisie ? Il y a des nples asseznoinbreux de Femmes, Isont enlevées et conservées plurs années parmi eux, en les rrissant avec le plus grand soin, utre que chaque espèce paraît ciricritc dans des régions distinctes ,
- un même climat chaque troupe Etablie dans un canton ou elle ne ’c l’établissement d’aucune.autrc; en défend même le territoire cônes Hommes; s’il en paraît quelî-uns, l’alarme est jetée : les Cy~