‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 4)Chapitre 147 sur 282 · tome xv · texte numérisé non relu

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mosc, paraît être le résultat de l’électricité , et est entièrement analogue à celle que Porrett a obtenue par l’emploi direct de 1 électricité galvanique. Ce physicien, dit Dutrochet, ayant séparé un vase en deux coin— partimens par un diaphragme de vessie , remplit d’eau l’un de ces compartimens, et n’en mit que quelques gouttes dans l’autre. Ayant alors placé le pôle positif de la pile dans le compartiment rempli d’eau, et le pôle négatif dans celui qui était à peu près vide, l’eau fut poussée au Ira vêts des parois de la vessie dans le compartiment vide, et elle s’y éleva à un niveau supérieur à celui auquel elle fut réduite dans le compartiment primitivement plein. Ce fait paraît (out-à-fait analogue à ceux dont l’observation vient d’être rapportée.

Dutrochet fit une autre expérience qui le mit sur la voie pour établir la théorie nouvelle qu’il a proposée sur l’ascension des fluides clans les Végétaux. Il pensa qu’en vertu de Ja force d’endosmose, il pourrait peutêtre faire monter un liquide dans un tube. Voici comment il fit cette expérience. Il prit un tube de verre ouvert à ses deux bouts ; son diamètre intérieur était de deux millimètres , et sa longueur de trentedeux centimètres. Au moyen d’une ligature il fixa autour de l’extrémité inférieure l’ouverture d’un cæcum de poulet rempli avec une solution d’une partie de gomme arabique dans cinq parties d’eau. Le cæcum fut plongé dans l’eau de pluie, et le tube maintenu élevé verticalement audessus. Bientôt le cæcum devint lurgide , c’est-à-dire qu’il se gonfla , et le liquide qu’il contenait ne tarda pas à monter dans l’intérieur du tube.

Cette ascension s’opéra avec une vitesse de sept centimètres par heure ; et, quatre heures et demie après , le liquide, parvenu au sommet du tube, déborda par son ouverture et s’écoula au -dehors. Cet écoulement, après avoir duré pendant un jour et demi , s’arrêta ; cl bientôt après le

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liquide commença à baisser dans le tube , par suite de l’alteration qu’avaienl éprouvée le liquide contenu dans le cæcum et le cæcum lui-même.

Cette expérience fut ensuite répétée avec un tube de cinq millimètres de diamètre intérieur, et présenta les mêmes résultats.

L’auteur a fait l’application des principes qui découlent de ces expériences à la statique des fluides dans les Végétaux. Selon lui, l’ascensiou de la Sève est le résultat de l’endosmose. C’est elle, dit-il , qui produit en même temps la progression de la Sève par impulsion et sa progression par adfiuxion. Nous allons exposer le mécanisme de ces deux modes de progression. Les spongioles des racines sont les organes dans lesquels la Sève ascendante reçoit l’impulsion qui la porte vers les parties supérieures du Végétal. Ces organes , siège exclusif de l’absorption de l’eau, sont très- turgides , et ne le deviennent plus par le seul effet de leur capillarité, quand, ayant subi une certaine dessiccation à l’air libre , elles sont ensuite replongées dans l’eau. Ceci prouve que leur état turgide dépend de l’endosmose et non de la simple capillarité. Environnées d’eau, les spongioles l’introduisent sans cesse dans l’intérieur des cellules qui composent spécialement leur tissu. Cette eau , sans cesse introduite par l’endosmose et accumulée avec excès dans les organes qu’elle rend turgides, ne trouve point, comme dans les feuilles, un moyen d’évacuation par l’évaporation. Dès-lors il en doit résulter un mouvement d’impulsion qui chasse l’eau dans les tubes ascendans de la racine et de la tige. L’eau, sans cesse affluant dans les spongioles par l’effet de l’endosmose, chasse vers les parties supérieures l’eau précédemment introduite. Telle est la cause de celle pression considérable à laquelle est soumise la Sève ascendante de la Vigne dans ses canaux, pression supérieure à celle de l’atmosphère , ainsi que l’ont prouvé les expériences

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de Haies, répétées par Mirbel Chevreul. Cet état de pression de Sève existe, quoique d'une manièi moins marquée, dans tous les Vég taux. Passons actuellement à la pre gression de la Sève par adfluxio* Supposons une tige coupée et ploij gée dans l’eau par sa pattie infé rieure , les cellules et les vaisscaq situés à la surface des feuilles , pei dant par l’évaporation une partie cb fluides qu’ils contiennent, l’endoj mose sans cesse active de ces orgi nés remplit le vide par l’introdui tion des fluides empruntés aux c»

ganes voisins , et cette action , q* opère 1-adfluxion de la Sève vers IJ feuilles, s’étend de proche en procl jusqu’à la base de la tige qui tremj dans l’eau. L’endosmose des feuillu et en général des parties molles herbacées du Végétal qui , comme 1 feuilles, demeurent turgides, tec sans cesse à introduire dans les pi tiles cavités organiques, les fluid fournis par les tubes dont les extr mités ouvertes plongent dans l’ea Ainsi c’est par une sorte de succit ( si toutefois U est permis de se serv de cette expression inexacte ) qi l’eau du vase est déterminée à moi ter dans les tubes de la tige, <| peuvent être, et qui souvent s»

très-probablement inertes dans cel circonstance.

Telle est en abrégé la théorie no’ velle que Dutrochel propose po* expliquer l’ascension des fluides s veux des racines vers les parties s périeures de la Plante. C’est u hypothèse nouvelle ajoutée à tout celles que l’on a déjà omises sur sujet- important. Mais elle ne no paraît pas plus propre que les auti à expliquer à elle seule tous les pli nomènes de cette fonction dont mécanisme nous semble encore pf connu. S’il nous était permis d’ém* tre une opinion sur ce point enert obscur de la physiologie des Véfjj taux, nous dirions que l'ascensii de la Sève ne nous paraît pas dépt»

dre, ainsi que l’ont voulu la plupir des physiologistes, d'une cause sia"

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Me et unique , mais qu’elle est le remit il de plusieurs actionscorabinées.

Ainsi l’extrême ténuité des tubes lans lesquels la Sève se meut , nous )araîl être dans la condition des luoes capillaires, et dès- lors nous ne . /oyons pas comment on pouirait raisonnablement refuser aux tubes végétaux une propriété qui est si évidente et si générale dans les tubes nertes. Mais qu’on le remarque bien, tous n’admettons pas, comme cerains auteurs , que la capillarité soit unique cause de l’ascension des luides lymphatiques absorbés par i es racines. Il en est de même de action exercée par les feuilles. Nul monte que par l’évaporation qui a fiieu par leur surface et par le vide i ;ui en résulte incessamment, la Sève ae soit puissamment appelée vers les •arties supérieures de ia Plante. Et i ailleurs ici , comme dans la plupart 1 es autres fonctions des Animaux et i- es Végétaux, nous sommes bien Percés d’admettre une force inconnue , puissante, active, résultat de ' organisation et de la vie qui préside ces fonctions , qui en est l’agent i: nmédiat et indispensable , et que i on désigne sous le nom de force ■litale. Mais indépendamment de ces i ifférentes causes qui résident dans î : Végétal lui-même, qui sont le ré- «iltat de son organisation, de son Itat de vie, plusieurs circonstances intérieures et accessoires tendent cussi à faciliter cette fonction; telles >nt entre autres la température,

■ action de la lumière et du fl» e

■ ectrique. Ainsi on sait qu’en généd une température chaude favorise

i; ngulièrement le cours de la Sève, f endant l’hiver l’Arbre est gorgé de i. tes qui sont dans un état tationiire. Le printemps, en ramenant la tiajeur, détermine aussi l’ascension ■es sucs. La lumière et le fluide élecique ont aussi une influence marquée sur les phénomènes de la marte de la Sève. Tout le monde a (•-marqué que, quand l’atmosphère este long-temps chargée d’élecli i- ! W,1 Végétaux acquièrent un rié-

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veloppement plus rapide et plus considérable , ce qui annonce nécessaitement que la Sève a un cours plus prompt et plus puissant.

Nous venons d’exposer la marche que la Sève suit en montant des racines jusqu’au sommet des différentes parties du Végétal. Anivésdans les feuilles, les fluides lymphatiques s’y répandent et y éprouvent différentes élaborations qui les convertissent en sucs nourriciers. Ainsi ils perdent une assez grande quantité d’eau par le moyen de la transpiration ; eau qui, dans le |>lus grand nombre des cas, se répand en vapeurs dans l’atmosphère à mesure qu’elle se forme , et qui , dans d’autres } s’amasse sous la forme de petites goulteleltes. La Sève rejette aussi, par le moyen des feuilles, des substances gazeuses, comme de l’oxigène ou de l’acide carbonique, ce qui forme Y expiration végétale. Mais d’un autre côté elle se trouve dans les feuilles mise en conlact avec l’air atmosphérique, et y éprouve un changement encore peu connu , mais analogue à celui que le sang éprouve dans le tissu des poumons. C’est apiès avoir subi ces élaborations diverses, qui exercent une influence bien marquée sur la composition intime et par conséquent sur son mode d’action, que la Sève, ayant acquis toutes les qualités propres à 1a nutrition et suivant une marche inverse, descend des feuilles vers les racines.

C’est ce qui constitue la Sève descendante ou nutritive dont nous devons maintenant étudier les phénomènes

Une foule d’expériences et de faits bien constatés ont prouvé l’existence d’un double mouvement en sens opposé de la Sève dans les Végétaux.

La Sève, que nous avons vu monter par les couches ligneuses les plus voisines de l’étui médullaire, redescend ensuite par l’aubier et l’écorce des parties supérieures du Végétal jusque vers les racines. Ce mouvement descendant est prouvé par l’expéricncc et par les phénomènes seu-

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siblos de la végétation. Si l’on fait au trône d’un Arbre dicolylédon une forte ligature , on verra se former au-dessus de cette ligature un bourrelet circulaire qui deviendra de plus en plus saillant. Celte expérience prouve: i° qu’il y a accumulation de fluides nutritifs au-dessus de la ligature, et que par conséquent ces fluides descendaient des parties supérieures vers les inferieures ; 2° que ces fluides cheminaient par la partie externe du Végétal, puisqu’il n’y a que les couches extérieures sur lesquelles puisse s’exercer la pression de la ligature; 5° enfin que la Sève ascendante ne monte pas par les couches externes du Végétal, sans

Suoi le bourrelet circulaire se serait éveloppé au-dessous et non audessus de la ligature.

ha Sève descendante i enferme les matériaux nutritifs de la Plante. Duirochet pense que ce sonl les trachées qui sont destinées à rapporter les fluides nourriciers des feuilles et à les répandre dans les différentes parties du Végétal , et à leur fournir les principes nécessaires à leur nutrition et à leur développement. L’existence de la Sève descendante est encore prouvée par l’examen attentif du phénomène du bourrelet annulaire qui se forme au-dessus d’une ligature. Toute ia partie de la tige placée au-dessous du bourrelet cesse de s’accroître, et l’on ne voit aucune nouvelle couche ligneuse se développer, d’ou il résulte nécessairement que c’est la Sève ascendante qui fournit les principes nécessaires à son accroissement. Eu effet , à mesure que la Sève élaborée descend ainsi du sommet du Végétal vers la racine en traversant l’écorce et les. couches d’aubier, elle dépose , dans l’intervalle qui sépare ces deux organes , une matière tluide visqueuse qui , par les progrès delà végéta lion, s’organise et se convertit insensiblement en une nouvelle couche d’aubier et d écorce.

C’est cette matière que l’on a désignée sous le nom de Cambium , et qui joue uii rôle' si important dans

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l’accroissement en diamètre des Vé- } gétaux dicotylédons.

Indépendamment de la Sève des- !

cendante , on trouve dans certains Végétaux des sucs colorés d’une na- j ture particulière suivant chaque Yé-1 ^ gétal, et qu’on désigne sous le nom t de sucs propres; tels sont les sucs t blancs et laiteux des Euphorbes, des J Figuiers, le suc jaune des Chéli— doines, le suc rouge des Sanguinaires , les sucs gommeux et résineux qu’on observe dans un si grand nombre de Végétaux. La plupart des physiologistes ont confondu ces sucs propres avec la Sève descendante, mais ils en sont fort distincts, et paraissent être plutôt le résullatd’une sécrétion particulière, mais dont le principe et le mécanisme ne sont point encore parfaitement connus.

Dans nos climats tempérés, le mouvement progressif de la Sève se fait à deux époques différentes de l’année.

Indépendamment du iriouvement ascensionnel de la Sève au printemps, nous voyons vers la fin de l’été un nouveau mouvement s’opérer dans la marche des fluides qui se répandent entre le bois et l’écorce. C’est ce qui constitue la Sève d'août ; aussi à cette époque peut-on greffer les Arbres en écusson , parce que l’écorce Se trouve eu quelque sorte détachée de l’aubier par une nouvelle couche de cambium. De Siussure a observé que ni la chaleur, ni le froid, ui 1 état actuel de l’atmosphère, ne retardent ni n’avanceut l’époque de ce mouvement, ce qui semble démontrer que, de même que pour la Sève du printemps , la cause de ce mouvement est tout-à-fait intérieure. Ces deux périodes , distinctes dans la marche des lluides nourriciers , ne se remarquent pas dans les régions intei tropicales oü la Sève est continuel- i lemeut eu mouvement. Aussi les Ar- '|li lires de ces pays ne peuvent-ils pas iu être greffés en écusson. Dans les Ar- jft lires de nos climats, ld Sève du prin- fit temps correspond avec l’évolution des bourgeons , et celle d’août avec la formation des bourgeons qui doi-

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