‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 4)Chapitre 162 sur 282 · S IL · texte numérisé non relu

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Quartz, h chacune des principales variétés minéralogiques peut être assigné un gisement général particulier.

L’une des dispositions les plus remarquables et les plus ordinaires des véritables Silex ( Silex corné et pyromaque), est de se présenter au milieu des assises des terrains de Calcaire de -Sédiment, en masses irrégulières, ibranchues, arrondies, qui se lient plus ou moins à la gangue qui les enweloppc, et qui sont disposées en li- gnes parallèles entre elles et aux assises calcaires. La Craie blanche ofFi e tun exemple connu de tout le monde de cette manière d’être des Silex ( P'. Craie) que l’on observe aussi, mais moins fréquemment, dans le Calcaire jurassique, dans les marais des terrains d’eau douce , et jusque dans lies Gypses des formations tertiaires.

■L’observation démontre que les fori mes arrondies de la plupart des Silex ,

• ainsi disposés en lits , ne sont pas dues au frottement, et que ces corps ! n’ont pas préexisté aux sédimeps qui ttl-les enveloppent -, leur formation est donc a u moins contemporaine du défi; pot au sein duquel ils se trouvent. ([.'Mais comment ces nodules, d’une siubstance très-peu soluble, dont les i molécules ne semblent pas avoir été : rapprochées par agrégation , peu- Kvent-ils s’être introduits au milieu (d’une substance étrangère déposée i: ividemment par voie de sédiment? La -Silice, dissoute dans certains véhicules , a-t-elle filtré à travers le tissu 1 les Roches pour venir remplir des rcavités préexistantes ou remplacer pies corps organisés ainsi que la strucure de ceux-ci que l’on reconnaît ‘dans beaucoup de Silex, pourrait )0i ter à le faire croire? La Silice 1 ’.-t-elle été à l’état gélatineux , comme emblent l’indiquer certains pbénonènes relatifs aux Agalhes , aux Silex ubanés, aux couches contournées des errains oolitiques, à quelques lits ainces de Silex pyromaques observés b ans la Craie blanche , qui ont éprou- I é, sans se rompre, plusieurs- in- | fl exions , et surtout aux Meulières et ux Calcaires siliceux dans lesquels

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on observe des feuillets çt lames minces couvertes d’aspérités fines et de mamelons qui , comme le dit Brongniai t , ressemblent à des membranes d’une matière glaireuse dessérchée? Sans vouloir choisir entre les opinions différentes qui ont été émises à ce sujet , et sans croire pouvoir résoudre définitivement la question très-compliquée de la formation des Silex, nous rapporterons seulement plusieurs faits qui sont de nature à l’éclairer et à démontrer que , sur ce point , comme sur un grand nombre d’autres, il faut bien se garder dans les sciences d’observation de vouloir bien expliquer par une seule cause des faits eu apparence analogues ; car douter d’une manière absolue de la possibilité de la dissolution aqueuse de la Silice, parce que les observations démontrent sa viscosité et vice versa, et ne pas croire que, réduite à une ténuité extrême, les molécules siliceuses , disséminées dans une pâte sédimenteuse de nature étrangère , n’ont pas pu se réunir , et pour ainsi dire se conglomérer après coup , c’est se mettre égalelement en contr 'fiction avec les faits. On sait , en , que dans les fabriques de faïence où l’on fait une pâte avec de l’Argile et une cei taine quantité de Silex pulvérisé, si on laisse celte pâte pendant plusieurs jours sans l’employer, le mélange qui était intime cesse de l’être, et que les particules siliceuses s’attirent mutuellement et se groupent autour du centre. N’a-t-il pas pu en être de même de la Silice qui a formé les Silex de la Craie -, d’abord déppsée par voie de sédiment avec les particules calcaires , le départ n’a-t-il pas pu s’opérer après coup sans qu’il y ait eu ni dissolution ni filtration, et des masses gélatineuses , organisées comme le sont les Médusaires , n’ont-elles pas pu laisser leur place à la Silice, ce qui s’accorde encore assez bien avec la forme irrégulière des Silex et leur disposition en lits continus. Il est de toute évidence encore que , dans la transformation de certains!,

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Végétaux en Silice, les molécules organisées ont pour ainsi dire été remplacées une à une; les formes les plus délicates, l’organisation intime des tissus , ont été conservées , et les cavités les plus petites, telles que celles des trachées, n'ont pas été remplies ( bois de Palmiers, tiges de Graminées, capsules de Cliara ou Gyrogonites), et, dans ces divers cas, on ne peut guère supposer que la Silice était dissoute dans un liquide ou à l’état visqueux, puisque tous les vides alors seraient pleins. On peut encore mieux croire que la production des matières siliceuses et leur introduction à la place des Végétaux et Animaux dont elle conserve les formes et le tissu, aient été opérées par une action ignée; on sait bien qu’en Islande les eaux bouillantes du Geyser déposent sur les bords de l’ouverture par laquelle elles sortent de terre une très-grande quantité de Silice qu’elles contenaient, et qu’il se forme sur ce point des Pierres entièrement semblables auGacholong, au Silex nectique et aux Meulières ; mais peut- on penser que les eaux dans lesquelles nos Meulières des environs de Paris ont été formées élaient de la nature de celles du Geyser, si, comme tout porte à le croire, elles nourrissaient des L*yrnnées , des Planorbes et plusieurs espèces de Plantes. Un autre fait qu’il importe de ne pas oublier, c’est que dans une de ces cavités tapissées de cristaux de Quartz, que l’on rencontre souvent au milieu du Marbre de Carrare, on a trouvé près d’un kilogramme d’eau siliceuse dans laquelle étaient libres de petites masses gélatineuses qui, à l’air, ont bientôt pris la dureté et l’aspect de la Calcédoine. Guillemin a aussi fait connaître dernièrement une variété de Quartz qu’il a découvert à Tortczais ( Allier ), dans un Grès auquel il sert de ciment, ou au milieu duquel il se trouve en petits amas et veinules. C’est une sorte de Résinite ( P', ce mot) qui renferme naturellement o, n de son poids d’eau , et qui en absorbe encore o,i4.

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U a la propriété de se dissoudre dans la Potasse caustique à la chaleur de ioo°, et l’analyse que l’on en a faite n’indique la présence d’aucune matière alcaline.

Quelques auteurs pensent que les diverses opérations qui ont donné lieu à la formation des Silex ne sont pas suspendues, et que les mêmes causes agissent encore journellement pour produire même dans la Craie de nouveaux dépôts siliceux. Notre col- 1 ahorateur Bory , dans son Voyage souterrain, ou Description du plateau de Maëslricht, exprime positivement cette opinion pages 206 et 209 du même ouvrage; il cite une localité très- remarquable hors de la porte de Halle, aux environs de Bruxelles, ou l’on peut pour ainsi dire assister à celte opération de la nature : là , sous l’ancien fort de Monlerey, au point ou la grande route coupe un banc de Sable exploité pour les besoins journaliers de la capitale, cc on voit l’eau chargée des particules constitutives du Silex , fil t rer goutte à goutte et se durcir dans la profondeur du Sable même , en corps comparables pour leur forme à des tronçons de branchages , à des fragmens de bâtons plus ou moins gros.... On reconnaît dans la cassure de ceux-ci que la matière siliceuse dont ils sont formés a été déposée autour de corps étrangers, tels que des brins de chevelus de racines quelconques profondément pénétrantes, des morceaux de coquilles ou des parcelles de sable un peu plus grossières que leurs voisiues, agglutinés en petits canons , racines , débris ou amas qui, encroûtés dans la pierre nouvelle, identifiés avec elle en conservant seulement leur forme primitive, demeurent les noyaux toujours reconnaissables de Silex modernes. »

On cite encore comme une preuve de la formation récente du Silex, ce que rapporte Tiebra (Journal des Mines , n° 2a ) d’un Sdex de neuf pouces de long sur quatre pouces de large, et au milieu duquel ou trouva en le brisant une vingtaine de petites

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aièces d'argent du seizième siècle.

IJour déduire une conséquence de ette observation , il faudrait être tien certain que le Silex qui en fait objet n’avait pas une cavité commu- , niquant à l’extérieur par une ouverure qui aurait servi à introduire les , pièces de monnaie.

Les plus anciens peuples , et quelques peuples sauvages actuels , ont su irer parti de la dureté des Silex pour •m faire des instrumens tranchans.

; Depuis la moitié du seizième siècle environ, plusieurs variétés de Silex , nais principalement le Silex pyroma- : lue j sont employés pour faire des 1 lierres à fusil. La France est l'un des oays où celle fabrication est des plus ibondanles , et les principales fabriques sont dans les dépat temens de Yonne et du Cher. Le Silex employé ■:sl blond, jaunâtre, et appartient à a formation crayeuse. Les ouvriers labiles nommés caillouteurs choisisent parmi les pierres ceux qu’ils apicllent Cailloux francs , et ils rejeient les Cailloux dits Grainchus qui te se prêtent pas à la taille. Cette 'pération se fait au moyen de diffésens marteaux et avec tant de rapide qu’un bon ouvrier peut faire iraille pierres en trois jours , mais il mporte essentiellement que les Silex mployés aient encore leur eau de arrière , sorte d’humidité qu’ils perent peu de temps après avoir été à air et sans laquelle ils ne peuvent lus se laisser casser d’une manière onvenable.

Les Silex cornés et pyromaques ont encore employés à faire des ierres à lisser, et réduits, sous un moulin, en poudre très-fine, ils eneut dans la composition de la faïence ■ ne.

Le Silex Meulière, qui a reçu ce om à cause de l’usage principal que on en fait, constitue la dernière «rmation d’eau douce des environs 3 Paris ; c’est à sa dureté et au grand ombre de cellules qu’il présente l’est due sa propriété fie faire d’ex- :llentes meules de moulin. C’est ■incipalement auprès de la Ferté-

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sous-Jouarre , et sur les territoires des villages des Mollièrcs et des Trous, entre Limours et Versailles , que sont les principales exploitations; on fait, dans le premier lieu, des meules de six pieds de diamètre dont le prix est quelquefois porté à i ?.oo fr. la pièce, et on en expoite en Angleterre et jusqu’en Amérique. Le plus souvent les meules sont composées de plusieurs pièces parallélipipédiques nommées carreaux, et réunies par des cercles de fer. On cite bois du bassin de Paris les carrières de Bierie à meules d’Houlbec , près Pacy-sur- Eure ; celles de Cinq-Mars-la-Pile , sur la Loire, près Tours; celles de la Fermeté-sur-Loire ( département de la Nièvre), qui paiaissent appartenirà la même formation que celle des environs de Paris. Beudant cite dans les sables de Blocksberg , en Hongrie , des Meulières analogues aux nôtres; et on en a reconnu également de semblables dans l'Amérique septentrionale (Etat d’Indiana). Malgré ces citations, la Meulière lacustre paraît être une formation locale peu répandue dans la nature.

Comme nour . ^vons indiqué au commencement de cet article, lorsque l’on trouve dans les anciens auteurs le mot Silex suivi d’un nom spécifique, c’est ce dernier mot qu’il faut chercher dans le Dictionnaire pour en connaître l’histoire, (c. P.)

SILICATES. CHiM. et min. On donne ce nom aux combinaisons en proportions définies de la Silice avec les bases salifiables. Ces combinaisons sont très-nombreuses dans le règne minéral , et comprennent la plupart des substances dont les anciens minéralogistes faisaient une classe à part sous le nom de Pierres ou de substances terreuses. Suivant Berzelius , il existe des Silicates dans lescjuels l’Oxigène de la Silice est égal à celui de la base : ce sont des Silicates simples ; d’autres dans lesquels l’Oxigène de la Silice est deux , trois et six fois celui de la base : ce sont les Bisilicates , les T ri si lier» tes et

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les Sesilîca les ; enfin il on est quelques-uns dans lesquels l’Oxigèoe de la base est double ou triple de celui de la Silice. Les Silicates sont trèsabondans dans la nature ; non-seulement on en trouve de simples, mais encore de doubles, de triples et même de quadruples. La plupart des Silicates ne peuvent être fondus que lorsqu’on les traite par la Potasse caustique : ils dounent alors une matière soluble dans les Acides. La solution étant évaporée presqa’à siccité si l’on jette de l’eau sur le résidu et que l’on filtre, on obtient la Silice sous forme de poudre blanche.

(g. DEL.)

SILICE, chim. et min. Placée autrefois parmi les Terres , elle est considérée maintenant comme un Acide, d’après les analogies fondées sur les nombreuses combinaisons avec les bases salifiables. La Silice , telle qu’on l’obtient par les procédés chimiques , est en poudre blanche , rude au toucher; elle est infusible sans addition ; mais jointe à d’autres Terres , et surtout aux Alcalis , elle fond avec plus ou moins de facilité. La Silice est soluble dans l’eau , mais en très-petite proportion ; car ce liquide n’en dissout pas un millième de son poids. Calcinée avec de l’Hydrate de Potasse, elle donne une matière qui attire l’humidité de l’air , et se résout en un liquide qu’on nomme Liqueur des Cailloux. La Silice se trouve cristallisée dans la nature; car elle existe parfaitement pure dans le cristal de Roche ou Quartz hyalin limpide. En s’unissant aux bases salifiables, elle donne naissance aux Silicates, sortes de combinaisons qui forment la plus grande partie des Minéraux dont se compose la nombreuse classe des Pierres (g. del.)

SILICICALCE. min. Le Minéral auquel de Saussui'e a donné ce nom est une Pierre qui présente à la fois les caractères des Silex et ceux de la Chaux carbonatée. On voit qu’il se t'approche beaucoup des Silex calcij’ppes ou Calcaires .siliceux. • (a. R.)

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SILICIUM, ciiim. Corps simple qui produit la Silice par sa combinaison avec l’Oxigène, et qui, d’après ses propriétés, doit être placé auprès du Bore et du Carbone. Il est d’un brun de noisette sombre et dépouivu de l’éclat métallique; on ne le rencontre dans la nature qu’à l’état de corps brûlé. V . Silice. (g. del.)

SILICULE. bot. than. V . Si-

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