‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 4)Chapitre 170 sur 282 · SI N · texte numérisé non relu

SI N

proportion que celles de l’Homme; des callosités sur les fesses.

3°. Les Guenons. Mêmes caractères que les Babouins ; mais la queue aussi longue ou plus longue que le corps.

Ces trois groupes appartiennent à l’ Ancien-Monde, et forment une section très - naturelle, distincte de la section des Singes du Nouveau-Monde par trois caractères que Buffon expose ainsi qu’il suit : « Le premier de ces caractères, dit l’illustre auteur de l’histoire naturelle, est d’avoir les fesses pelées , et des callosités naturelles et inhérentes à ces parties ; le second , c’est d’avoir des abajoues , c’est-à-dire des poches en bas des joues où elles peuvent garder leurs alimens ; et le troisième d’avoir la cloison des narines étroite , et ces mêmes narines ouvertes au-dessous du nez comme celles de l’Homme. »

Tels sont les caractères que leur grande généralité rend très-remarquables : communs , à quelques exceptions près , à tdus les Singes de l’ancien continent, ils manquent chez ceux du Nouveau-Monde, se divisent en deux groupes distingués de la manière suivante :

4°. Les Sapajous. Cloison des narines épaisse; les narines ouvertes sur les côtés du nez et non pas en dessous ; fesses velues et sans callosités ; point d’abajoues; queue prenante. Ces derniers caractères se retrouvent constamment dans toutes les espèces; mais nous devons rappeler ici à l’égard des premiers une exception très-remarquable que nous avons signalée dans nuire article Sapajous (pr. ce mot); c’est qu’un des genres de ce groupe, auquel nous avons donné le nom d Eriode , a les narines plutôt inférieures que latérales, et se rapproche beaucoup, sous ce rapport, des Singes de l’Ancien- Moude.

5°. Les Sagouins. Mêmes caractères que les Sapajous, mais la queue non prenante.

Les détails assez étendus que nous venons de donner, nous permettent

sus

i passer rapidement sur une classiation proposée il y a quelques ânes par Geoffroy Saint-Hilaire (Taeeau des Quadrumanes, Ann. du us. T. xvm), qui ne diffère, i mine ou va le voir, de celle de iffon que par quelques modificams rendues nécessaires par les ogres de la science. Geoffroy, à vxfemple de Buffon , divise d’abord • ; Singes en deux sections princib les : les Singes de l’Ancien-Monde, ?il embrasse sous le nom de Catarü inins ( Singes à narines ouvertes iférieurement ) ; et les Singes amé- :ains , qu’il nomme Platyrrhinius inges à nez large et à narines ouïtes latéralement). Cette deuxième c;tion est à son tour subdivisée, et mn prend trois groupes secondaires :

les Singes à queue prenante ou i ilopilhèques : ce sont les Sapajous ; Buffon; 3° les Géopitbèques (Sinss de terre) : ce sont les Sagouins de t;ffon, moins les Ouistitis; 5° les vclopithèques , ou Singes à ongles nurs. Le seul genre Ouistiti com- >'Se ce troisième et dernier groupe , ne Buffon réunissait au précédent, mis qui présente une foule de cautères distinctifs de la plus haute j portance; c’est ce que nous avons •miré avec tout le détail nécessaire faisant leur histoire générique ".Ouistiti), et nous ne revienronspas ici sur ce sujet. Seulement us rappellerons une remarque à , [tielle nous avons été conduit par uamen de l’organisation des Arc- 'iihèques : c’est que le nombre et nportance des caractères qui les ■arent de tous les autres Singes , ) it tels que, bien loin de former une iple section des Platyrrhinius et un > upe de même valeur que celui des opithèques ou des Hélopithèques ,

! levra , dans une classification vraint naturelle, devenir l’une des isions primaires de la grande fai le des Singes. C est ce que înona le tableau méthodique suivant, -ssé selon les principes que nous f ons d’exposer , et dans lequel s avons indiqué d'une manière

succincte et comparative les caractères de la famille et de ses divisions principales.

Singes. Caractères généraux de la famille. — Formes générales se rapprochant plus ou moins de celles de l’Homme. Fosses orbitaires dirigées en avant , et séparées des fosses temporales par une cloison osseuse complète comme chez l’Homme. Incisives au nombre de quatre à chaque mâchoire. Ongles des doigts tous de même forme , à l’exception de ceux des pouces qui sont plus aplatis que les autres. Deux mamelles pectorales. Pouces des mains antérieures ordinairement plus courts que ceux des mains postérieures , quelquefois même rudimentaires et non apparens à l’extérieur.

Ier groupe : les Catarrhinins ou Singes de l’Ancien-Monde. — Cloison des narines étroite ; narines ouvertes au-dessous du nez. Cinq molaires de chaque côté et à chaque mâchoire.

Presque toujours des abajoues et des callosités. Queue de longueur variable , mais jamais prenante ; quelquefois entièrement nulle. Ongles aplatis. Ce groupe renferme plusieurs genres qui ont été décrits aux mots Cynocéphale , Guenon , Macaque et Orang.

IIe groupe : les Hélopithèques et Géopitbèques de Geoffroy Saint-Hilaire. — Cloison des narines large; narines ouvertes sur les côtés du nez (excepte dans notre genre E /iodes).

Six molaires de chaque côté et à chaque mâchoire (i) ; ce qui porte le

(i) Nous n’avons pas besoin de pre'venir qu’on trouve souvent un moindre nombre de molaires, soit chez les jeunes sujets qui n’ont pas encore toutes leurs dents , soit chez de trèsvieux sujets qui en ont déjà perdu quelquesunes : c’est ainsi que l’on voit fréquemment des Singes du second groupe ayant cinq molaires comme ceux du premier et. du troisième. I- est au contraire un fait très-rcmaïquablc, et sur lequel nous devons appeler l’attention de nos lecteurs. que celui de l’existence de sept molaires de chaque côté à la mâchoire supérieure, observé par Geoffroy Saint-Hilaire chez un Sajou l rès-adulte ( Leçons sur les Mammifères ). Nous avons noits-mcme tout récemment trouvé sept

444 SLN

nombre total des dents à trente-six.

Jamais d’abajoues ni de callosités.

Queue longue, tantôt prenante, tantôt non prenante. Ongles aplatis (excepté dans notre genre Eriudes).

Ce groupe se subdivise en deux sections : i° les Hélopithèques ou Sapajous , caractérisés par leur queue prenante ; 2° les Géopilhèques ou Sagouins, dont la queue est lâche et non prenante; plusieurs genres décrits aux mots Sapajous et Sagouins, et qui tous appartiennent au Nouveau-Monde.

IIIe groupe : les Arclopithèques.

— Cloison des narines large; narines ouvertes sur les côtés du nez. Cinq molaires de chaque côté et à chaque mâchoire (comme chez les Singes de l’ancien monde). Point d’abajoues ni de callosités. Queue longue, non prenante. Ongles très-longs , comprimés, pointus. Un seul genre dont toutes les espèces sont américaines.

Tr. Ouistiti.

Il n’entre pas dans notre plan de présenter dans cet article un tableau de l’organisation des Singes. L’histoire de chacun des genres de celte famille si remarquable a été traitée avec tout le soin que réclamait la haute importance du sujet ; et les détails anatomiques qui ont été donnés sur plusieurs d’entre eux ne nous permettent pas d’aborder ici l’une des questions les plus intéressantes que l’histoire naturelle offre à la méditation du philosophe , la comparaison des organes de l’Homme avec ceux du Singe. Qu’il nous suffise donc d’ajouter ici, comme résumé de tout ce qui a été dit dans d’autres articles, que la ressemblance extérieure qui existe entre ces deux êtres ne saurait peut-être , quelque grande qu’elle soit , donner une idée exacte du degré de ressemblance qui existe entre les organes intérieurs de l’un et de l’autre. On sait que Galien ,

molaire» aux deux mâchoires, mais sur un seul côté étiez un Alèle ( V . ce mot dans l’article Sapajou). Ces deux exceptions sont les seules connues.

SIN

ne pouvant étudier l’organisation de» l’Homme sur l’Homme lui-même puisa dans de profondes connais4 sances anatomiques sur le Singe, des lumières que les préjugés superstî tieux de ses contemporains semblaient lui avoir interdites pour jamais, et que, prenant confiance en»

de tels résultats, il n’hésita pas à en» déduire la physiologie de l’Homme.

On se rappelle également que Bufl’on, dans son article sur la nomenclature et la classification des Singes, l’un des plus beaux ornemens de son»

grand ouvrage, ne craignit pas de»

dire que, sous le rapport physique ,

« les Quadrumanes remplissent le grand intervalle qui se trouve entrq l'Homme et les Quadrupèdes. » Nous»

ne pouvons développer ici cette conclusion ; mais nous ne pouvons nou^ dispenser d’appuyer sur ce résultat remarquable des méditations du naturaliste philosophe; résultat qui, d’une haute importance par luimême , semble prendre encore ui} nouveau degré d’intérêt au miliei^ des débats psychologiques qui se sont élevés dans ces derniers temps. El effet, quelle arme plus puissante erifi faveur des spiritualistes qu’une tel!

ressemblance physique entre deuj»

êtres si différens sous le rapport mo-| ral et intellectuel? Et (pour nou^ servir des expressions qu’emploie ^ en discutant la grande question quq nous venons d’indiquer, le profond et éloquent auteur de la Connaissance de Dieu et de soi-même) est-il une route plus directe pour arriver à ces conséquences, que « soust les mêmes apparences sont cachée divers trésors, et que l’inlelligencd n’est pas attachée aux organes ? »

D’autres remarques intéressante^ peuvent encore être déduites de 1 étude des Singes, faite sous un point de vue général. En indiquant les rapports qui les rapprochent de l’ Homme, nous avons insisté sur les ressemblances, et nous avons en quelque sorte fait abstraction des différences. Revenons maintenant sur ces différences, et considérons les Singes

SIN

mime des êtres semblables à l’IIoine dans tout ce qu’il a d’organes esntiels à la vie, mais qui, dans leurs ,ganes accessoires , présentent des îodificatious plus ou moins graves, 'est seulement en examinant ces modifications , c'est en cherchant, )tnme Geoffroy Saint-Hilaire l’a fait premier , à nous rendre compte 2 l’influence physiologique qu’elles auvent et doivent exercer , que nous ouïrons concevoir les habitudes des nges, et comprendre comment des : nîmaux , si voisins de l’Homme par 'essentiel de leur organisation , se ouvent contraints à des allures si îfférentes ; comment ils sont en aelque sorte entraînés vers les ranches des arbres, leur véritable omicile , puisque là seulement ils mvent trouver repos et sûreté.

• Ce qui doit d’abord arrêter notre : tenlion chez le Singe , c’est la conrmation de ses extrémités. Des ngts profondément divisés , et surut le pouce séparé des quatre derers doigts et opposable dans son ’.tion ; voilà ce que nous trouvons 1 1 arrière comme en devant ; et il est ême à remarquer que lorsqu'il y a ie exception à ce caractère, elle lorte toujours sur les mains antéeures et non sur les postérieures, marque qui n’est pas sans impornce , mais sur laquelle nous ne îvons pas nous arrêter ici, l’ayanl ijà présentée avec quelque détail ms notre article Quauhumanes. Au ed de derrière, nous ne trouvons autre exception au caractère géné- 1 de la famille que celle que prénte le Gibbon syndaclyle, qui a :ux doigts réunis et enveloppés sous s mêmes tégumcns dans une grande irlie de leur longueur , et quelques pèccs de l’ancien monde , telles que r Mangabeys, qui sont demi-palmés, incipalemcnt en arrière, la peau s’ént prolongée entre les doigts bcau- ■up pl us loin qu’elle ne le lait comunément. Mais ces anomalies, fort trieuses et sans aucun doute trèsgnes de l’attention du zoologiste, ont qu'une très -faible influence

SIN 445

physiologique , et n’empêchent pas que le Gibbon syndaclyle et les Mangabeys n’aient en arrière comme en avant de véritables mains. Or, quels doivent être les effets de cette transformation des pieds de derrière en véritables mains ? C est ce que nous allons examiner, en considérant successivement ces parties comme constituant les organes principaux du toucher, et comme appartenant aux appareils de la locomotion et de la préhension.

Les quatre mains du Singe sont couvertes , dans la paume , d’une peau fine, très-délicate, entièrement nue, et organisée comme chez l’Homme. Nul doute que ces parties ne soient le siège d'un toucher trèsdélicat : l’anatomie indique ce fait, et l’observation le démontre. De plus, les mains postérieures , à cause de leur pouce très-opposable, peuvent, aussi bien que les antérieures, saisir les objets , les embrasser dans tout leur contour, et explorer tous les points de leur surface; ce que les unes et les autres font d’autant mieux, que tous leurs doigts, profondément divisés , peuvent être rapprochés ou écartés à la volonté de l’Animal. Ainsi , non-seulement le Singe jouit d’un . toucher délicat comme l’Homme, mais, comme lui aussi, il peut palper les objets; et il le peut d’autant mieux , qu’il possède quatre mains au lieu de deux. Cette remarque, dont la vérité ne saurait être contestée, tire quelque intérêt de l’opinion célèbre d’Helvétius suivant laquelle l’Homme serait redevable , à la conformation de ses mains, de son immense supériorité sur les Animaux. Plusieurs philosophes se sont donné la peine de réfuter longuement cette opinion, que son auteur étayait de quelques rapprochemens plus ingénieux que justes , mais qu’il cherchait en vain à établir sur une base solide : car qui ne voit que si l’on admettait le système d’Helvétius , on serait conduit nécessairement et d’une manière inévitable, à cette absurde conséquence, que le

SIN

roi de la nature devrait cire le Mandrill ou le Pou go pourvus de quatre mains, et non pas L’Homme qui n’en possède que deux?

Sous le rapport de leurs usages dans la station et la locomotion , les pieds postérieurs du Singe ne paraissent point au premier abord modifiés d’une manière désavantageuse par la présence d’un pouce opposable : car ce pouce opposable n’a par lui-même d’autre effet que d’élargir la base de sustentation à la volonté de l’Animal ; circonstance qui ne peut être qu’avantageuse dans la station, et qui pourrait même à peine devenir nuisible dans la course. Mais une modification d’une telle importance entraîne nécessairement d’autres modifications ; et quelques-unes de celles-ci sont réellement désavantageuses sous le point de vue qui nous occupe. Tout dans le pied du Singe est disposé de manière à faciliter la préhension : c’est à cet effet que tout est sacrifié dans son organisation. Ainsi, pour citer un exemple, les mains postérieures, sans être susceptibles de pronalion et de supination comme les antérieures, jouissent d’une assez grande liberté de mouvement qu’augmente encore la laxité de l’articulation du genou et de l’articulation coxo-fémorale. Cette mobilité, très-favorable pour les actes de la préhension , nuit nécessairement à la solidité de la station, et rend la marche moins assurée. Aussi les Singes, qui pour la plupart sautent avec une extrême agilité, à cause de la force et de la longueur considérables de leurs membres postérieurs , marchent-ils lentement et d’une manière lourde et en quelque sorte contrainte , soit qu’ils marchent à quatre pieds , comme le font la plupart d’entre eux, soit qu’ils essaient de marcher à deux , comme le font les Orangs. Nous avons parlé ailleurs du mode de progression de ces derniers, qui, ainsi que nous l’avons dit, ne sont exactement ni bipèdes ni quadrupèdes . Mammifères et ÜRANG), et dont la station

SIN

habituelle n’est ni entièrement ver-* ticale comme celle de l’Homme , 'ni horizontale comme celle de la plupart des Mammifères. Ce sont , et on peu 1 en dire à peu près autant de la plu*l part des Singes, des êtres pour les«l quels il n’est point à terre d’allur»

entièrement facile et commode, et, par conséquent , auxquels leur orga-* nisation interdit de vivre constamment sur le sol, et impose la néces-* sité de chercher un autre domicile.

Ce domicile , c’est sur les branche!

des arbres que les Singes le trouvent.

A terre tout leur était obstacle : ici loul leur devient ressource. On comprend donc pourquoi les Singes vivent su* les arbres : c’est parce que là seulement ds sont à l’aise, là seuleraen «Ci ils peuvent mettre à profit tous lea moyens de leur organisation : exemple remarquable d’où l’on voit comment toutes les habitudes d’un être J se déduisent de son organisation, el I en sont véritablement un résultal f nécessaire. Doués d’une très-grande énergie musculaire, pourvus démembres postérieurs longs et très-robustes , les Siuges sautent de brancha en branche avec une incroyable agilité, et leurs quatre mains remplis* sent l’usage de crochets à l’aide des-l quels ils se suspendent et se fixent ou il leur plaît. Mais ce n'est pas tout : la plupart des Singes ont reçu de la nature quelques autres organeé dont ils usent avec grand avantage j en ce qu’ils peuvent aider ou suppléer les mains , et prévenir ainsi ht fatigue que toute action musculaire long-temps prolongée entraîne né-J cessairement à sa suite. Un très-r grand nombre de Singes du Nou-j veau-Monde, les Ilélopithèques oq Sapajous, ont une queue longue, fortement musclée , qui peut s’en rouler autour des corps et les saisir; | tels sont principalement les Ilur- J leurs et les Atèles dent la queue , nue (1 et calleuse en dessous dans son quart I ou son cinquième terminal , jouit f d’une force si grande, qu elle peut»

suppléer entièrement les mains lors- I qu’il s’agit d’assurer la station de y

SIN

'Animal. Che2 d’autres, tels que les iajous, la queue, velue dans tonte on étendue , devient beaucoup plus aible , et ne peut plus qu’aider à 'action des mains , et non lui supdéer. Chez tous les autres Singes elle :st également velue , et , devenant >lus i a i b 1 e encore, elle n’a plus que les usages tout-à-fait secondaires ou peine entièrement nuis ; tels sont les Arctopithèques , les Géopithèques et ous les Singes de l’Ancien-Monde, [ue la nature a ainsi privés d’un insi umeut puissant de préhension, mais uxquels, comme nous allons le voir, lie a accordé de bien précieux délommagemens. Les Arctopithèques , pii non-seulement ont la queue non irenante, mais qui eu même temps [ l’ont que des mains mal conformées

1t également impropres à la préhenion , grimpent sur les arbres et s’y tiennent à la manière des Ecureuils 'V. Ouistiti); ce qui leur devient lossihle en raison de leur extrême jgèreté et de la forme acérée de mis ongles changés en de véritables rifles. A insi toutes ces petites espèces arviennent, en mettant à profit des îoyens d’organisation en quelque arte étrangers à la famille des Singes, se procurer le même domicile que ;urs congénères, et vivent, comme :s autres Quadrumanes , sur les ;ranches élevées des arbres. Enfin, comme si la nature eût voulu nous îontrer par combien de voies elle eut arriver au même but, tout en renfermant dans les étioites limi- :3 d’une même famille), c’est un oisième genre de modifications qui ient , chez les Singes de l’Ancienlonde, suppléer à l’action des mains >rsque le repos devient nécessaire, liez ces Singes la tubérosité scia t i— ue est terminée inférieurement par ne surface large, et recouverte à extérieur d’une peau nue, épaissie et dleuse , qui , lorsque l’Animal s’ased ) supporte tout le poids du corps H ms qu’il en résulte pour lui aucune K ligue. Pour faire concevoir toute ! importance de cette modification en I iparence de peu de valeur, il suffit

SIN 447

de rappeler une observation faite récemment par Geoffroy Saint-Hilaire :

c’est que tandis que les Singes de l’ancien monde sont presque continuellement assis, ceux du nouveau , qui tous sont, dépourvus de callosités , ne s’asseoient jamais ou presque jamais , et se bornent, lorsqu’ils veulent reposer , à s’accroupir en plaçant sous eux leur queue sur laquelle ils s’appuient quelquefois. Une autre remarque , qui tend encore à faire comprendre l’importance de ce caractère , c’est sa grande généralité :

i’Osang roux est le seul Singe de l’Ancien-Monde chez lequel nous n’avons pu le trouver. Les callosités existent en effet , malgré les assertions de Buffon , chez le Doue, ce que tous les naturalistes ont pu vérifier depuis quelques années, et chez le Chimpanzé (Tioglodyte ou Orang noir), quoique le contraire se trouve affirmé dans tous les ouvrages , même les plus modernes. Les callosités du Chimpanzé n’ont été vues que par le seul Audebert qui les a indiquées dans la figure qu’il a donnée de ce Singe, mais qui n’y a fait aucune attention. Elles existent cependant réellement, ainsi que nous nous en sommes assuré par un examen attentif; et si on ne les a pas décrites jusqu’à ce jour, et si tous les auteurs modernes s’accordent à nier leur existence, c'est sans doute parce que les parties environnantes étant à peu près nues comme elles et cTe même couleur , les callosités sont beaucoup moins apparentes que chez les autres Singes ou elles se trouvent environnées de poils épais et de couleur différente.

Ainsi la queue prenante des Hélopithèques, les ongles pointus et acérés des Arctopithèques, les callosités des Singes de l’Ancien-Monde , quelque différentes que soient anatomiquement de telles modifications, ont en définitive de mêmes effets physiologiques. Quant aux Géopithèques, rien de semblable n’existe chez eux; aussi restent-ils moins long-temps que leurs congénères sur les bran-

ches des arbres, et sont-ils souvent contraints par la fatigue à descendre à terre et à venir se cacher dans les broussailles. Cependant la nature leur a aussi accordé quelque dédommagement et quelque secours contre les attaques des Hélopitlicques , plus robustes et plus agiles qu’eux, et toujours disposés à les tourmenter lorsqu’ils les rencontrent. La plupart des Géopithèques sont nocturnes, tandis que les Hélopithèques sont diurnes : ils ont donc d’autres heures de repos et d'éveil que ceux-ci , et par conséquent ne sont que rarement exposés à être rencontrés par eux.

Tels sont particulièrement les Sàkis.

D’autres, tels que les Callitriches , beaucoup plus rapprochés des Sapajous par leur organisation , et diurnes comme eux, n’ont plus les mêmes moyens d’éviter la rencontre de leurs ennemis. On concevrait même difficilement comment ces Singes , les plus petits et les plus faibles de tous après les Ouistitis, ont pu, quoique ne possédant aucun moyen particulier de se dérober aux recherches de leurs

Page 1