V. Hermelle. (aud
SABELLE. Sabella. annel. Linné a employé le premier ce nom pour établir un genre de son ordre des Vers teslacés, auquel il donnait comme caractère essentiel d’être con tenu dans un tube formé par un agglomérat de grains de sable; de-là est résulté une très- grande confusion de la part des auteurs , et particulièrement Je Gmelin , qui-, dans }a treizième édition qu’il a donnée des Systèmes de Linné, a grossi la liste des espèces de tous les tubes formés par l’agglutination de corps étrangers, sans aucun examen de l’Animal , de manière qu’on y reconnaît des fourreaux de lames d’insectes du genre Frigane , et des tubes ayant appartenu à des Annelides de genres fort différens. Les auteurs modernes, au milieu de ce désordre, ont divergé d’opinion ; les uns ont passé complètement sous silence le genre Sabelle de Linné; les autres l'ont dispersé parmi les Amphitritcs , et dans d’autres genres , en sorte qu’il s’en faut beaucoup que le genre Sabelle dont il est ici question, soit l’analogue de celui de Linné.
Savigny, en adoptant la dénomination de Sabelle (Système des Annel., édition royale, in-folio, p. 69 et 76), en a fait un genre de l’ordre des Serpulées et de la famille des Ampbitrites, ayant pour caractères distinctifs : bouche exactement terminale ; deux branchies libres , (label liformes ou pectiuiformcs , à divisions
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garnies , sur un de leurs côtés , d’un double rang de barbes ; les deux divisions postérieures imberbes , également courtes et pointues ; rames ventrales portant des soies à crochets jusqu’à la septième ou la huitième paire inclusivement; point d’écusson membraneux. Les Sabelles ont de grands rapports avec les Serpules; comme elles , elles ont des rames ventrales de deux sortes; mais elles en diffèrent par les deux divisions postérieures des branchies, par un plus grand nombre de soies à crochets, et par l’absence d’un écusson membraneux. Elles avoisinent aussi les genres Hermelle , Terebelle et Amphiclène ; mais on peut les en distinguer à leurs rames ventrales qui , ainsi que nous l’avons dit, sont de deux sortes, tandis que, dans ces derniers genres , elles ne sont que d’une seule sorte, et portent toutes des soies subulées ou des soies à crochets.
Les Sabelles , suivant les observations de Savigny, sont des Annelides à corps linéaire, droit, rétréci seulement vers l’anus qui est petit et peu saillant, composé de segmens courts et nombreux qui constituent sous le ventre autant de plaques transverses, divisées , à l’exception des huit à neuf premières , par un sillon longitudinal. Le premier segment, tronqué obliquement d’avant en arrière pour l’insertion des branchies, saillant et fendu à son bord antérieur, ne forme , avec les huit ou neuf anneaux suivans , qu’un thorax étroit , court, sans aucun écusson membraneux, et que distingue seulement la grandeur, ou mieux encore la forme particulière de huit ou neuf paires de pieds qu’il porte. Ces pieds sont nuis au premier segment, mais au second et à tous les suivans , ils sont ambulatoires et de trois sortes; les premiers pieds ont la rame dorsale petite et munie d’un faisceau de soies subulées, sans rame ventrale ni soies à crochets; lcsseconds pieds et ceux qui suivent, jusques et compris les hui-
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d’une rame dorsale à laisceau de soies subulées , et à rame ventrale garnie d’un rang de soies à crochets ; enfin les neuvième ou dixième pieds, et tous les suivans , compris la dernière paire, ont une rame venlrale pourvue d’un faisceau de soies subulées, et une rame dorsale garnie d’un rang de soies à crochets. Les soies subulées sont tournées en dehors , un peu dilatées et coudées vers la pointe qui est finement aiguë : ces soies à crochets sont très-courtes, minces, à courbure élevée , très-arquée et terminée inférieurement par une longue dent. — Les branchies, au nombre de deux , sont portées par le premier segment; elles sont grandes, ascendantes, opposées face à face , profondément divisées, à divisions nombreuses, minces, linéaires ou sélacées , disposées, sur le bord supérieur du pédicule commun , en éventail ou en peigne unilatéral ; elles paraissent obscurément articulées et garnies sur leur tranchant interne d’un double rang de barbes cylin- > driques et mobiles qui répondent aux articulations et sont elles mêmes faiblement annelées. La division postéi ieure de chaque branchie consiste en un filet imberbe, séparé plus profondément que les autres , et situé plus inférieurement; ces deux filets sont à peu près égaux , courts et pointus. — La bouche est exactement antérieure , peu saillante , transverse, et située entre les branchies qui lui fournissent intérieurement une lèvie auxiliaire membraneuse, avancée, plissée et bifide en dessous : il n’existe point de tentacules.
Les Sabelles se construisent un tube coriace ou gélatineux , fixé verticalement, ouvert à un seul bout, et généralement enduit à l’extérieur d’une couche de limon.
Ce genre renferme un assez grand nombre d’espèces que Savigny a groupées en trois tribus. .
f Branchies égales , flabelliformes ; portant chacune un double rang de digitations, et se roulant en entonnoir.
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La b A belle INDIENNE , Sabella in dica, Sav. Très-belle espèce rapportée par Péron de la mer des Indes , dont le tube est coriace, épais, d’un /brun-noir, sans enduit sablonneux à l’extérieur.
La Sabelle magnifique, Salella magnjica , Sav., ou la Tubularia magntfica de Shnw ( Trans. Linn. Soc.
T. v, p. 228, tab. 9, et Miscell.
Zool. T. xii , tab. 45o ) , qui ne diffère pas de l’ A mphitrite magnijica de Lamarck , originaire de la Jamaïque.
ff Branchies égales , flabelliformes , à un simple rang de digitations,
se roulant en entonnoir.
La S ab elle Pinceau, Sabella Penicillus , Sav. , ou le Penicillus marinus de Rondelet (Hist. des Pois., part. 2 , p. 76 , avec une figure ). On | la trouve sur les côtes de l’Océan.
La SabelLe Eventail , Sabella flabellata, Sav. , ou la Tubularia Penici/lus d’Othou Fabricius { Faun .
GroenL, n° 44g?). Des côtes de l’Océan.
La Sabelle queue df. Paon, Sabella pavonina , Sav. , ou la Sculopendra plumosa tubiphora de Bas ter ( Opusc. subs. T. 1 , lib. 2 , p. 77, tab. 9 , fig. }, qui ne diffère pas de la Tubularia Penicillus d e M u 1 ! er ( Z uol. Dan., part. 3 , p. i3 , t. 89 , fig. 1 , a) et de Y /l mphitrite Penicillus de Lamarck.
Savigny regarde encore comme faisant partie de cette tribu l’ Amphitrile InfunilibuLum de Montagu [Trans. Soc. Linn. T. ix, t. 8), et peut- j être aussi Y A mphitrite vesicu/usa du même auteur [lac. ci/. T. xr. tab. â), ainsi que la Tubularia Fabricia d Othon Fabricius [lue. cil., n° 45o).
f-J-j- Branchies en peigne à un seul II côté et à un seul rang, se contour- Il uanl en spiialc.
La Sabelle unispibai.f. , Sabella IM uuispira, Sav. etCuv. (Règu. Anim.), j ou le Spirographis SpaUanzanii de H Yiviani ( Phosph . mar. , p. 1 4 , tab* Il
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4 et 5); commune sur les côtes de l’Océan et delà Méditerranée.
La Sabelle :pobte-van , Sabella venlilabrum , Sav., ou la Cora/lina tubularia melitensis d' El lis (Corail in . , p. 107, pl. 35) qui est la même espèce que le Sabella Penicil/us de Linné ( 12e édit.), ou V Amphitrite ven'tilabrum , de Gmelin et Lamarck. Elle est originaire de la Méditerranée.
La Sabelle volutifÈhe, Sabella volutacornis , Sav. , ou l 'Amphitrite volutacornis de Monlagu ( Trans . Soc. Lin/i. T. vu, la b. 7, fig. 10, p. 84) de Lamarck et de Leach ( Encycl .
Prit. Suppl. T. I , p. 45 1 , tab. 26 , fig. 7). On la trouve dans l’Océan.
On possède dans la collection du Muséum d’Iiist. nat. de Paris quelques autres Sabelles qui n’ont pas encore été décrites.
Si on réunissait les espèces désignées de toutes parts sous le nom de Sabelle , on pourrait en augmenter considérablement le nombre; mais ce serait mal à propos , car plusieurs d'entre elles sont trop imparfaitement connues pour qu’on puisse les déterminer exactement , et d’autres iont évidemment partie de genres très-différens. C’est ainsi que ia Sabel/a alveolata' de Linné appartient au genre Hermelle , et ses Sabella chrysodon et granulala au genre Amphiclène; la Sabella lumbricalis d’Othon Fabricius est une Civ mène , etc.
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* SABETHES. ins. Robineau-Desvoidy désigne sous ce nom (Mém.
de la Soc. d’Plist. nat. de Paris, T. 111 , p. 4o3) un genre de Diptères de la famille des Némocères , tribu des Culicides, formé sur deux espèces de l’Amérique méridionale , et ne différant des Cousins proprement dits que parce que leurs jambes et leurs tarses intermédiaires sont dilatés et ciliés et que leurs palpes labiaux sont courts. L’une de ces espèces a été décrite par Fabricius et par Viedemann (Dipt. exol.,p. 36 et 3q) sous le nom de Culex longipes ; c’est le Sabethes longipes de Robineau-Des-
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voidy. Cet Insecte est long de quatre lignes , noir, à reflets luisans et cuivrés ; ses pieds sont allongés , surtout les jambes postérieures; on le trouve dans l’Amérique méiidionale. L’autre espèce , que Robineau nomme Sabethes locuples , est de la même longueur, d’un bleu violet métallique; son abdomen a des taches latérales triangulaires argentées. Ses pieds sont grêles, avec la jambe et le tarse des intermédiaires dilatés et fortement ciliés. On le trouve au Brésil. (g.)
* SABIA. bot. PfiAN. Un genre nouveau de la Penlandrie Monogynie , L. , a été établi sous ce nom , par Colebrooke [Trans. Sociel. Linn.
Lond., vol. 32, p. 255, tab. 1 4) qui lui a assigné pour caractères essentiels : corolle à cinq pétales lancéolés, persistans; cinq étamines dressées; drupe supérieure reniforme , à une seule gi aine dont l’embryon estspiral, dépourvu de périsperme. Ce genre ne se compose que d’une seule espèce décrite et figurée par Colebrooke sous le nom àeSabia lanceolata. Elle est native du pays de Silhet dans le Bengale où elle fleurit en octobre , et donne des graines mures en mai. Sa tige est arborescente, sarmenteuse, {luxueuse, garnie de feuilles alternes, portées sur de courts pétioles , lancéolées, aiguës , entières et glabres. Les fleurs sont nombreuses , petites , verdâtres, avec une légère teinte de rouge. Elles sont disposées en corymbes terminaux et axillaires formant une longue panicule. Chaque fleur offre un calice divisé profondément en cinq segmens ovales , aigus et persistans ; la corolle est à cinq pétales lancéolés , aigus , étalés , persistans. Les cinq étamines ont leurs filets aplatis et larges à la base , subulés au sommet, plus courts que les pétales et insérés à la base de ceux-ci. Les anthères sont rondes. L’ovaire arrondi porte un style court et un stigmate simple. Le fruit est une drupe réniforme, pulpeuse , d’un bleu obscur , de la grosseur d’un ha-