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que nous avons examinées , et du défaut absolu de renseignemens dans les ouvrages des voyageurs.
C'est à Humboldt qu’est due la découverte de ee genre encore peu connu, soit dans son organisation, soit dans ses mœurs. Humboldt nous apprend seulement que les Lagothriches vivent par bandes nombreuses, qu’ils paraissent d’un naturel trè — doux, et qu’ils se tiennent le plus souvent sur leurs pieds de derrière.
Spix , qui depuis a retrouvé ce genre au Brésil, et qui l’a décrit sous le nom de Gastrimargus , ajoute que le son de leur voix ressemble à un claquement , et qu’ils sont très-gourmands. C’est à celte dernière remarque quese rapporte le nom de GaS' trimargus , que nous n’adopterons pas. INous préférons à tous égards celui de Lagothrix , qui est à la fois et le plus ancien et îe plus convenable , et qui , malgré une assertion tout-à-fait erronée de plusieurs auteurs allemands , n’a jamais été appliqué à l'Hypoxauthe par les naturalistes du Musée de Paris.
Le Lagothriche de Humboedt , Lagothrix Humholdtii , Geoff St.- H i 1 . , Ann. du Mus. T. xix , a été décrit pour la première lois par Humboldt sous le nom de Caparro, birnia Lagothricha. 11 est haut de deux pieds deux pouces et demi; son pelage est uniformément gris , les poils étant blancs avec l’extrémité noire. Le poil delà poitrine est beaucoup plus long que celui du dos, et de couleur brunâtre ; celui de la tête est au contraire très-court et de couleur plus claire que le reste du pelage. La queue est plus longue que le corps. C’est sans doute par erreur que Humboldt , auquel nous empruntons ces détails , ajoute que les ongles sont tous aplatis. Cette espèce habite les bords du Rio Guaviarc , et paraît se trouver aussi près de l’embouchure de l’Orénoquc.
Le Giwson , Lagothrix car/ us , Geoff. St.— Hil- , est d’un gris olivâtre sur le dessus du corps et la partie supérieure des membres, et
d’un brun plus ou moins cendré suii la tête, la queue, les parties inférieures du corps et la portion inférieure des membres. Sa taille est ur peu inférieure à celle du Caparrojî Cette espèce habite le Brésil. On doi ji très- probablement lui rapporter 1« Gastrimargus olivaceus de Spix ( loà cit., pl. ‘2Ü), et sans doute aussi ui jeune Lagothriche que possède b Muséum , et dans lequel le gris olivâtre est remplacé sur le dos par b gris argenté, et le brun , principale»
ment sur la tête, par le noir.
Le Lagothriche enfumé, Logo, thrix infumatus ; Gastrimargus infà malus , Spix, loc. cit., pl. 29. Cett espèce , qui ne nous est connue qi par la description et la figure de Spii et que Temminck regarde comme u.
double emploi , est tout entière d’ui brun enfumé , et habite le Brésil.
§ I. Sapajous à queue enlièremeu velue.
Celte seconde section ne renferm qu'un seul genre, celui des Sajoi] ou Sapajous proprement dits, Cebs des auteurs modernes, qui, par queue entièrement velue et beaucou moins forte que dans les genres pu cédens, tient le milieu entre la pi< mière section des Sapajous , et le prr mier des genres du groupe des Géi pilhèques , celui des CallithrichesJ
f Les Sajous on Sapajous propre ment dits , Cebus.
Dans ce genre , les membres sojij forts, robustes et allongés, principl lement les postérieurs ; aussi les jous sautent-ils avec une agilité marquable. Les pouces antériei sont peu allongés , peu libres dal leurs mouvemens, et peu oppo-abl aux autres doigts; absolument com chez les Hurleurs et les Lagotbi icb< Les ongles sont en gouttière et p»
aplatis ; la queue est à peu près dej longueur du corps; quelquefois ci est entièrement couverte de 1oü| poils; quelquefois, au contraire, partie terminale ne présente plus dessous que des poils très- com I
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|>arce qu’ils se trouvent usés par l’acion répétée du frottement. Du reste, aniais elle ne présente une véritable eallosité. L’hyoïde a sa partie centrale largie , mais ne fait aucune saillie; a tète est assez ronde; la face est large et courte , et les yeux sont trèsolumineux et très-rapprochés l’un le l’autre, principalement dans la >artie profonde des cavités orbitaires, 'ouverture des fosses nasales est ;arge, mais peu étendue de haut en ias ; le palais est aussi assez large , et es arcades dentaires sont à peu piès jarallèles , soit à l’une , soit à l’autre mâchoire; les molaires sont de grandeur moyenne, au nombre de six de
Ihaque côté et à chaque mâchoire , oinme chez tous les autres Sapajous, dépendant Geoffroy Saint - Hilaire a rouvé sur un individu très-vieux , jppartenant au Cebi/s variegatus , ept molaires à la mâchoire supé- ' ieure ; anomalie très-remarquable, k'uisque c’est, avec celle que nous wons nous-même observée et indi- 1 liée chez un Atèle, la seule jusqu’à ce jour connue. Les incisives sont i ingées sur une ligne presque droite ;
■ elle delà paire intermédiaire sont un eu plus grosses à la mâchoire supérieure, etc’estl’inverse à l’inférieure; is canines sont très-fortes chez tous
I-s vieux individus. Enfin, la boîte ir élira le est très-volumineuse ; elle st en effet très-large et en même ;mps très-étendue d’avant en arrière;
; trou occipital est assez rentré sous i base du crâne. Ces conditions or- • aniques sont 1res - différentes de elles que nous avons eu à signaler ans les genres précédons; cependant :s rapports qui unissent entre eux >us les Sapajous, sont bien réels et e peuvent être révoqués en doute;
• eut-être même serait-il possible de ■ assurer de ce fait par l’examen des ran.es eux-mêmes , surtout si , au eu de se borner à l’étude des crânes es adultes, on embrassait dans son ; xamen les crânes de tous les âges, •es observations faites sous ce point e vue nous ont fait apercevoir de ombreuses ressemblances entre la
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tête des Sajous adultes et celle des jeunes Atèles ; et de plus , entre celle des Atèles adultes et celle des jeunes Hurleurs. Il semblerait ainsi, que le même type crânien , se reproduisant chez tous les Sapajous, nous apparût dans un premier degré de développement, chez les Sajous; dans un second, chez les Atèles (et aussi chez les Eriodes elles Lagothriches) ; et enfin , dans un troisième et dernier chez les Hurleurs.
Les Sajous sont des Animaux pleins d’adresse et d’intelligence; ils sont très-vifs et remuans, et cependant très-doux, dociles et facilement éducables. Chacun a pu se convaincre de ces faits par ses propres observations , ces Singes étant maintenant extrêmement communs dans toutes nos grandes villes. Userait donc toutà-fait inutile de nous étendre sur les qualités que peut développer en eux l’éducation, et c’est ce que nous ne ferons pas. Ce qui serait vraiment intéressant , ce serait de donner quelques remarques sur leur intelligence, telle qu’elle est naturellement , et non pas telle que l’Homme l’a faite. Malheureusement nous ne trouvons, dans les ouvrages des voyageurs, aucun, fait digne d’être cité; tous se bornent à nous dire que les Sajous sont intelligens , et n’ajoutent aucun détail. INous essaierons de suppléer en partie à leur silence , en rapportant une observation que nous avons faite nous-même sur un individu , vivant en domesticité, il est vrai, mais n’ayant reçu aucune espèce d’éducation. Lui ayant donné un jour quelques noix , nous le vîmes aussitôt les briser à l’aide de ses dents, séparer avec adresse la partie charnue , et la manger. Parmi ces noix , il s’en trouva une beaucoup plus dure que toutes les autres; le Singe ne pouvant réussir à la briser avec ses dents , la frappa fortement et à plusieurs reprises contre l’une des traverses en bois de sa cage. Ces tentatives restant de même sans succès , nous pensions qu’il allait jeter avec impatience la noix , lorsque nous le
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vîmes avec éternuement descendre vers un endroit de sa cage ou se trouvait une bande de fer, frapper la noix sur cette bande, et en briser enfin la coquille. Cette observation nous paraît digne d’êli'c citée ; car elle prouve d’une manière incontestable que notre Sajou, abandonné à lui-même et sans avoir jamais reçu aucune éducation, avait su reconnaître que la dureté du fer l’emporte sur celle du bois , et par conséquent, s’étaitjélevéà un rapport, à une idée abstraite. — Les Sajous, comme les autres Sapajous , vivent eu troupes sur les brandies élevées des Arbres , ce qui n’empêche pas qu’ils ne soient monogames. Ils se nourrissent principalement de fruits , et mangent aussi très-volontiers des Insectes, des Vers , des Mollusques et même quelquefois de la viande. Les femelles ne sont pas sujettes à l’écoulement périodique: elles ne font ordinairement qu’un seul petit qu’elles portent sur leur dos, et auquel elles prodiguent les soins les plus empressés. C’est à tort qu’on a dit que ces Animaux ne se reproduisent pas dans nos climats; Buffon prouve par plusieurs exemples la possibilité de leur reproduction en France. Quelques espèces ont été désignées par les voyageurs sous les noms de Singes-Musqués et de Singes-Pleureurs; le premier de ces noms leur vient d’une forte odeur musquée qu’ils répandent principalement dans la saison du rut, et le second , de leur voix devenant, lorsqu’on les tourmente , plaintive et semblable à celle d’un enfant qui pleure. Le plus souvent ils ne font entendre qu’un petit sifflement doux et flûté ; mais quelquefois aussi, principalement quand ils sont excités par la colère , la jalousie , ou même la joie, ils poussent des cris perçans et qu’on a quelque peine a supporter, tant leur voix est alors forte et glapissante.
Ce genre, auquel tous les auteurs donnent aujourd'hui le nom de Cebus, autrefois commun a tous les Sapajous, est principalement répandu dans le
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Brésil et la Guiane. Il nous paraît II démontre qu’il renferme un assez* grand nombre d’espèces, malgré l’opinion de quelques auteurs; mais ilj nous paraît non moins certain quet plusieurs de celles qu’ont admises les»
auteurs modernes, ne sont réellement que de simples variétés. Il n’estt point de genres dont l’histoire offre»
autant de difficultés sous le rappor# de la détermination de ses espèces, ou, pour mieux dire, un tel travail est absolument impossible dans l’état présent delà science, quel qua soit le nombre des individus que possèdent toutes les collections, et de ceux mêmes que nous pouvons observer vivans. On peut dire que rien n’est plus rare que de voir deux sujet! absolument semblables , et qu’il existe presque autant de variétés quq d’individus, tant les couleurs du pe-j lagesont peu constantes. Bien plus [ l’examen que nous avons fait il y a quelques mois de deux Sajous du
Brésil, L’un adulte, l’autre encor*
jeune, nous a convaincu que non-
seulement la couleur, mais aussi L disposition des poils , varie d’une mai nière remarquable par l’effet de| développemens qu’amène l’âge. Cet deux individus ressemblent par leu* tête, l’un au Sajou brun, et l’autrj au Sajou cornu , et cependant ils api pardonnent très-certainement- à 11 même espèce. Or, s’il en est ainsi»
n’est-on pas porté à croire que le»
jeunes individus du Cebus fatuelliA ou des autres espèces caractérisé»
par la disposition des poils de h-:* I tête, ont pu donner lieu à quelqiu I double emploi? Quant à nous, nous I ne doutons pas qu’il n’en soit ainsiln cependant , ne pouvant encore le de i montrer, et ne possédant pas tous k ■ élémens nécessaires pour la solutio I detelles questions, qous préseuterot I ici une indication succincte des espt!
ces admises par les auteurs.
Le Sajou bhun, lîuff. T. xv; Cdj bus apella , Erxl., Geoffr. St.-llp Ami. du Mus. T. xix; Sîmia apell\