‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource]Chapitre 105 sur 232 · TRON · texte numérisé non relu

TRON

LAITEUX, bot. crypt. Famille établie par Paulet pour tous les Champignons qui laissent échapper unehumeur laiteuse , dequelquegenre qu'ils soient. Il mentionne des Laiteux biiquetés , poivrés , cerclés , Moulons, zones, Chevilles , pointus , etc. Il faut remarquer que le Mouton, loin d'être doux , est précisément l'Agaric meurtrier de bulliard. (b.)

LAITIER, bot. phan. L'un des noms vulgaires des Polygales , que des botanistes français ont proposé pour désigner ce genre dont aucune espèce n'est cependant laiteuse, (b.)

LAITIER, min. On donne ce nom, dans les forges , à une matière vitreuse , opaque et brunâtre, plus fusible et moins pesante que la fonte, et qui recouvre celle-ci clans le creuset, à mesure que la fusion s'opère.

Elle est formée de Chaux, de Silice, d'Alumine; d'un peu d'oxide de Fer , et quelquefois d'un peu d'oxide de Manganèse. Par analogie , les minéralogistes ont donné le nom de Laitier des volcans aux Obsidiennes, et à <3es laves vitreuses de couleur noire ou brunâtre , qui avaient l'apparence •des Laitiers de forge. (g. dee.)

LAITON, min. V. Cuivre.

LAITRON. Sondais, bot. than.

Genre delà famille des Synanlhérées, Chicoracées de Jussieu , et delà Syngénésie égale , L. , établi par Tour-

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nefort qui y réunissait des Plantes séparées ensuite par Vaillant sous des noms génériques que l'on a cru devoir remplacer par ceux de Ficridîum et d' Urosperrnum. Jr. ces mois.

Cependant Linné, n'adoptant point les distinctions opérées par Vaillant, plaça d'abord le Picridium parmi les Sonchus , mais plus tard il l'en éloigna , et commit une erreur plus grave en unissant ce Picridium au Scorzonera. Le, genre Sondais , très-voisin du Lactuca , puisqu'il n'en diffère que par ses fruits dépourvus de col, est ainsi caractérisé par Cassini : involucre campanulé, composé de folioles imbriquées, appliquées, oblongues-lancéolées , obiuses, un peu membraneuses sur les bords ; réceptacle légèrement concave , tantôt absolument nu , tantôt alvéolé ou garni de papilles; calathide dont les fleurons sont nombreux, en languette et hermaphrodites; ovaires obovales , comprimés , toujours dépourvus de col , quelquefois munis d'une bordure sur chacune des deux arêtes , surmontés d'une aigrette légèrement plumeuse.

Ce genre se compose d'une trentaine d'espèces , en général très-lactescentes , pour la plupart indigènes du bassin de la Méditerranée. Quelques-unes sont répandues et communes dans toute l'Europe ; tels sont les Sonchus arvensis et oleraceus, L. On trouve dans les Alpes , les Pyrénées et les Vosges , deux belles espèces remarquables par leurs calathides de fleurs bleues ou lilas. Cefontles Sondais alpinus etP/umieri , L. Lesîles Canaries en nourrissent une espèce {Sondais fruticosus, Willd.) dont la tige est ligneuse et les (leurs d'un jaune doré , grandes et disposées en larges corymbes au sommet des Rameaux. On la cultive en Europe ou il faut avoir la précaulion de la tenir d;ms les serres d'orangerie pendant l'hiver. (g..n.)

LAITUE, moee. Nom vulgaire et marchand du Murex saxali/is , espèce du genre Rocher. F", ce mot. (b.)

LAITUE. Lactuca. bot. phan.

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Gcuic de la famille des Synanthéi rées , Chicoracées de Jussicu , et de lia Syngénésie égale, L. , aiusi cairactérisé par II. Caseini : involucre j presque cylindracé, composé de fol lioles imbriquées, appliquées, les i extérieures ovales, les intérieures feblougues; réceptacle plane et sans ; appendices ; calathidc composée île i demi-fleurons nombreux et hermaphrodites; ovaiies comprimés, orbiiculaires ou elliptiques, quelquefois munis d'une bordure sur les deux

• arêtes , toujours pourvus d'un col

• articulé par sa base, d'abord court et gros, terminé par un bourrelet, puis long et grêle , surmonté d'une aigrette légèrement plumeuse. Vaillant a le premier fait connaître le caractère essentiel de ce génie , lequel ré-

: side dans le fruit piolongé supérieurement en un col , caractère qui le disi tingue principalement du Sunckus i dont il est très-voisin.

Les Laitues sont au nombre d'une vingtaine d'espèces, indigènes des i climats tempérés de l'hémisphère boi réal. Une d'entre elles est employée à ■ des usages assez importans pour que : nous devions en donner ici une hisi toirc a bi égée.

La Laitue cultivée, Lacluca sa- . /ii'a , L. , est une Plante herbacée, anrrtielle, ayant la lige dressée, cylindrique, épaisse, Simple inl'érieurement , ramifiée supérieurement.

Ses feuilles inféiieures .sont sessiles , embrassantes, obovales, oblongues, arrondies au sommet , ondulées sur les bords; les supérieures sont graduellement plus petites , cordiformes et denticulées. Les tleurs sont d'un jaune pâle, petites, nombreuses et disposées en corymbes. Cette espèce n'a encore été rencontrée nulle part à l'étal sauvage.. Quelques botanistes pensent qu'elle est le résultat de la culture de certaines espèces f Lactuca quercina ou Lactuca virusa ) qui, de vénéneuses el narcotiques, i sont devenues , à la longue , douces | et salubres, surtout dans leurs parties qui ne contiennent point de suc laiteux où semble résider le prin-

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cipe vircux. Cette opinion est vraisemblable, car les variétés que la culture a fait naître sont extrêmement nombreuses , et prouvent combien cette Plante est sujette aux dégénérescences , et comme il est difficile de reconnaître son véritable type.

Les cent cinquante variétés de Laitue cultivée peuvent être rapportées à trois races principales qui se perpétuent par leurs graines.

Laitue pommée , Lactuca saliva cap/la/a. Ses feuilles inférieures sont ti ès-nombreuse? , pressées les unes contre les autres el formant une tête arrondie comme dans le Chou; celles qui occupent l'intérieur étant étiolées , sont blanches ou légèrement jaunâtres, tendres et très-aqueuses.

Laitue frisée , Lactuca saliva crispa. Elle a des feuilles découpées , crépues sur les bonis, et ne formant pas une tête arrondie comme dans les variétés de la première race.

On regarde comme une variété de la Laitue frisée la Plante cultivée ■ aux enviions du Mans, sous le nom de Lailue-Epinard ou Lai:ue-Chicorée, qui est appelée par quelques botanistes , Lacluca /aciuiata ou patmata.

Laitue romaine, Lactuca saliva longifulia. Ellcse reconnaît facilement àoes II. s allongées , non bosselées ni ondulées , dressées, et formant un assemblage oblong peu compacte.

Les usages culinaires des Laitues sont si vulgaires qu'il serait oiseux de les indiquer. C'est un aliment Irèsra fraîchissant qui convient surtout aux tempéramens robus'es. Quoique étiolée e'. remplie de sucs aqueux et innocens , la Laitue jouit cependant de propriétés narcotiques assez marquées. L'eau distillée de Laitue est souvent prescrite par les médecins dans les potions anodines et calmantes. La culture des Laitues demande quelques soins. Elles craignent le froid el veulent une terre meuble , chaude et amendée avec du terreau de couches. Afin de retarder le développement de la lige , et pour favoriser l'étiolcmeut des feuilles inté-

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rieures , les jardiniers les serrent avec un lien de paille.

Parmi les autres espèces de Laitues qui croissent en France , on remarque le Lactuca sylvestris , De Caud. , Flor. Franc. , Plante qui vient dans les lieux incultes ainsi que le Lactuca virosa , et qui jouit comme celles-ci de propriétés narcotiques assez dangereuses. Le Lactuca perennis, L. , est une belle espèce à fleurs bleues ou violettes que l'on trouve dans les champs cultivés.

On a étendu le nom de Laitue, à des Plhnlcs qui n'en sont pas; ainsi l'on appelle quelquefois vulgairement :

Laitue d'Ane , les Cardères et divers Chardons.

Laitue d'Anguiixes , les Ulves à exp'a'n'si dûs linéa iras , .1 in tçsiinalispar^ liculièrement dans certains étangs saumâlres des salines de France.

Laitue de Brebis , les Mâches ou Valérianelles.

Laitue de Chèvre, les petites espèces d'Euphorbes ou Tithymales.

Laitue de Chien , le Chiendent ou le Pissenlit vulgaire.

Laitue de Cochon ou de Porc , l'Hypochéride fétide.

Laitue de Grenouilles, le Potamot crépu.

Laitue de Lièvke , le Lailron commun.

Laitue marine , les Ulves à expansions larges, et quelquefois les Euphorbes des rivages, ou la Criste, Crithmum.

Laitue de muraille , le Sisjmbrium Irio , des Prenanthes et des Laitrons. (b)

* LAITUES, bot. piian. Adanson, dans ses Familles des Plantes , nommait ainsi la première des dix sections qu'il a établies dans les Synanthérées. Cette section correspond aux Chicoracées de Vaillant et de Jussieu. V. ce mot. (g..n.J

* LAK. bois. V. Elope.

* LAKHBY. bot. phan. V. Dattier.

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* LAKINIA. bot. phan. Même chose que Babela au Bengale. V. Babela. (b.)

LAKTAK. mam. On ne sait quel est le Phoque du Kamtschatka , qui ne se pêche pas au-dessous du 56e degré , qui a plus de douze pieds de long , quipèse au moins huit cents livres, et que Kraschenninikow a mentionné sous ce nom. (b.)

* LALAN. bot. phan. (Rumph.j Marsden écrit Lallang. Syn. malais de Saccliarum spicatum et de Rap/tis triuialis , Lour. Espèce du genre Sucre, (b.)

LALÉ. bot. phan. Le Fritillaria imperialis , L., quand il fut introduit en Europe, était désigné chez les fleuristes flamands , suivant Daléchamp , par ce nom turc qui signifie aussi la Tulipe, (b.)

*LALE-VIBSIT.bot. phan. (Fiacourt.) Paraît être le Poivre blanc, fort commun à Madagascar. (b.)

* LALTA. bot. phan. (Rumph.) L'un des noms de pays du Terminalia Catalpa. (b.)

* LALLANG. bot. phan. (Marsden.) V. Lalan.

LALO. bot. phan. V. Baobab.

C'e>t aussi la même chose que V Hibiscus escu/entus et que Calalou. V.

ce mot et Ketmie. (b.)

* LALONDA. bot. phan. (Flaconrt.) Jasminée indéterminée de Madagascar, (b.)

LAMA. mam. Pour Llama. V. ce mot et Chameau.

" LAMA. rot. phan. La Plante épineuse de l'Inde et de l'Arabie qui produit du Mastic, mentionnée par Pline sous ce nom, ne peut être reconnue, (b.)

LAMAN. bot. phan. V. Brèdes.

*LAMANDA. rept. opu. Le grand Serpent de Java , brillant des plus riches couleurs , mentionné sous ce nom par Séba , paraît devoir être un Python. (b.)

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LAMANTIN. Manatus. mam. Geuîre de Cétacés herbivores , caractérise [par l'existence de chaque côté et à chaque mâchoire de neuf molaires.

ILes supérieures sont à peu près carrrées , les inférieures un peu plus allongées; mais toutes ont leur couuonne formée de deux collines transiversalcs qui présentent trois mame- <-ons ; en outre chaque dent a deux ) petits talons, qui sont , à la mâchoire 'Supérieure , de grandeur à peu près tigale , tandis qu'à l'inférieure, l'un lieux, le postérieur, est très-consillérable, le second venaut au contraire à disparaître presque entièrement. Il n', a ni incisives ni canines. iiiU reste, ce système de dentition ivarie beaucoup avec 1 âge. Ainsi les mamelons, etensuiie les collines ellesmêmes , s'usent par la mastication , et 11 n'en existe plus de traces chez les imdividus avancés en âge. Les molaires antérieures viennent même à (Omber, et c'est, suivant Cuvier, à mesure que les postérieures acquièrent du développement. Ainsi beaucoup d'individu» ont seulement trenee-deux molaires, ce qui explique le weu d'accord des zoologistes sur le nombre des dents du Lamantin , et concilie très-bien bcaucoupd'ohscrvaiJons qui paraissaient contradictoires.

Test ainsi que Cuvieravail lui-même, ■ ans son Règne Animal , caractérisé os genre par l'existence de treuteiieuv dénis seulement. Un autre l'ait

rès-remarquable, et que l'analogie -•ouvail faire soupçonner, c'est que le •ainantin u'estpas, à toutes les périodes de sa vie, privé d'incisives. Suivant les observations de Blainville et ce Cuvier, on en trouve deux petites 1 l'une et à l'autre mâchoire. Les meraircsantérieurs , véritables nageoires , sa l'on découvre néanmoins sans pei-

c sous la peau qui les enveloppe , les iinq doigts composés chacun de trois i ha langes, sont terminés par quelques inglcs plats et arrondis, et qui ont ;insi une ressemblance grossière avec peux de l'Homme. Ces ongles sont irdinairemcnt au nombre de quatre , pouce n'étant pas onguiculé.; mais

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on en trouve fréquemment trois et même deux seulement, tandis que surquelques individus il en existerait, au contraire, jusqu'à cinq. Les membres postérieuiselle bassin paraissent manquer entièrement. C'est en vain que Ùaubenton en a cherché les vestiges dans un fœtus qu'il a disséqué; et aucun squelette 11e les présente non plus, quoique l'analogie dut portei à croire qu'on les trouverait de même que chez le Dugong. Le coips, de forme oblongue, et qu'on a plusieurs fois comparé à une outre, est terminé par une queue plate , large, comme tronquée, et dont la forme rappelle celle d'un éventail. La tête est terminée par un museau charnu, où l'on voit veis la partie supérieure , les narines très petites et dirigées en avant. La lèvre supérieure, écbanciée à sa partie médiane, est garnie de poils roides et assez abwidans. L'œil est très-petit; il n'y a point de conque auditive , et le trou auriculaire ne s'aperçoit que difficilement ; la langue est étroite et assez petite. Les mamelles font pectorales, 01 dinaiicment peu visibles:

elles deviennent, au contraire, trèsproéminentes au temps de la gestation et de l'allaitement. Buflbn avait «lit, on ne sait trop sur quel fondement, que la vulve n'est pas située:

comme dans les autres Animaux audessous, mais au-dessus de l'anus.

Mais Cuvier a constate qu'il n'y a à cet égard aucune, anomalie. Quant à l'organisatiou intérieure, tout l'appareil digestif est bien celui d'un Herbivore; les intestins sont boursoufflés, et l'estomac est divisé en deux parties et en deux petites poches aveugles.

Enfin les dents sont , comme on a pu le voir par notre description , tout-àfait appropriées au régime végétal , et tellement, qu'elles sont presque entièrement semblables à celles de certains Pachydermes. Le col n'a que six vertèbres, comme l'a dit Uaubenton , et encore ces vertèbres sont-elles très-courtes. Il y a seize paires de cotes; mais deux seulement s'unissent au sternum.

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Les mœurs des Lamantins ne sont pas moins curieuses que leur organisation. Ces êtres mitoyens , placés au-delà des limites de chaque classe , suivant l'expression de Buflon , ne sont point encore, comme les Dauphins et les Baleines, des Animaux véritablement marins. On ne les trouve pas dans la haute mer, mais seulement au voisinage des îles et des côtes, et vers l'embouchure des fleuves, où ils remontent même quelquefois jusqu'à des distances considérables. La plupart des voyageurs affirment qu'ils resteut constamment dans l'eau : il paraît cependant qu'ils viennent à bout de se traîner à terre. Ils vont ordinairement en troupes , serrés les uns contre les autres, les jeunes étant placés au milieu. Ils n'ont aucune défiance , du moins dans les contrées ou ils n'ont point encore appris à redouter la puissance de l'Homme. Ils se laissent approcher, toucher même sans aucune crainte, levant la tête hors de l'eau , et il faut , dit-ott , les frapper très-rudement pour qu'ils prennent le parti de s'éloigner. La chair de ces Animaux ressemble, suivant plusieurs voyageurs , à celle du Bœuf, suivant d'autres à celle du Veau; leur graisse est pareillement très-bonne. Aussi la pêche du Lamantin se fait-elle très-fréquemment.

« Pour le prendre , dit un voyageur qui a vu cette pêche sur les côtes de Saint-Domingue , on tâche de s'en approcher sur une nacelle ou un radeau , et on lui lance une grosse flèche attachée à un très-long coi'deau ; dès qu'il se sent frappé, il s'enfuit, et emporte avec lui la flèche et le cordeau à l'extrémité duquel on a soin d'attacher un gros morceau de lic'ge ou de bois léger pour servir de bouée et de renseignement. Lorsque l'Animal a perdu par cette blessure son sang et ses forces, il gagne la terre; alors on reprend l'extrémité du cordeau ; on le roule jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que quelques brasses; et à l'aide de la vague on tire peu à peu l'Animal vers le bord , ou bien on achève de le tuer dans

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l'eau à coups de lance. » L'attachement de ces Animaux pour leurs compagnons fournit alors un spectacle touchant; ils cherchent à délivrer le blessé du harpon , et on en a vu souvent suivre constamment le cadavre de leur mère ou de leur femelle , pendant qu'on le traînait vers le rivage.

On conçoit combien la pêche de ces Animaux est rendue facile par leur peu de défiance. Aussi les pêcheurs exerces peuvent-ils en un jour se procurer un très-grand nombre d'individus.

L'intelligence du Lamantin , son instinct social et doux , font avec ses formes grossières un contraste véritablement bien remarquable, et qui a frappé tous ceux qui lui ont donné quelque attention. «Ces Animaux, a dit Buflbn , quoique informes à l'extérieur , sont à l'intérieur très-bien organisés , et si l'ou peut juger de la perfection d'organisation parle résultat du sentiment ,cfs Animaux seront peut-être plus parfaits que les autres àl'intérieur. » Au resteles voyageurs , toujours amis du merveilleux, ont encore exagéré l'intelligence déjà si étonnante du Lamantin , sans doute pour avoir cru trop facilement à de faux récits ; mais d'autres ont encore été plus loin. En se rappelant tout ce qu'on a débité sur l'existence des Hommes marins , en songeant au nombre de ceux qui ont dit avoir vu de ces êtres merveilleux ,à la manière pleine d'assurance, au ton de vérité dont ils le soutiennent, il est difficile de se persuader que le seul désir de tromper ait donné naissance à toutes leurs assertions.

Demaillet, dans le but de prouver l'origine aquatique de l'espèce humaine , a particulièrement dans son ouvrage intitulé TelLiamed , rassemblé un grand nombre de témoignages attestant la vérité de semblables récits. Il est bien prouvé maintenant que ces fables ont leur source, quelques-unes dans de coupables supercheries, mais la plupart dans quelques ressemblances grossières de l'Homme avec les Lamantins et avec

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.certaines espèces voisines , comme le Dugong. Les longs poils de la lèvre supérieure, qui de loin pouvaient être pris pour des cheveux; la forme des ongles; surtout les mamelles situées sur la poitrine , et à peu près arrondies comme chez la Femme ; l'habitude qu'ont ces Animaux d'élever hors de l'eau la partie antérieure de leur corps; sans doute aussi leur peu de défiance, leur douceur , leur intelligence, ont suffi pour faire attribuer les formes humaines à des Animaux si peu semblables à l'Homme; confusion qui peut paraître bien étonnante , mais qui n'en est pas moins certaine ( V. Cuvicr , Oss. Foss. T.

iv ). Qu'on lise la description d'un de ces Hommes marins, quelle que soit la manière dont on ail exagéié les ressemblances , on retrouvera

f>resque toujours, avec de l'attention, es caractères d'un Lamantin ou d'un Dugong. Au reste, et nous faisons cette remarque sans chercher à excuser une erreur aussi grossière , prenant ces Animaux pour de véritables Poissons à cause de leur séjour habituel dans la mer, on ne pouvait manquer d'être vivement surpris de leur voir des poils , des ongles , des mamelles ; et si l'Homme les éleva jusqu'à lui, c'est surtout parce qu'il les voyait sortir ainsi des limites de leur classe. Le nom de Poisson-Femme, donné en plusieurs lieux au Lamantin , prouve la vérité de cette remarque. Le nom de Lamantin lui-même tire peut-ètie sa source de la même origine : ce mot est dérivé par corruption , comme l'a montré liuffon , I du nom de Manati ou Manatc que les

■ Galibis et les Caraïbes, babitans de la Guiane et des Antilles, donnaient dan< leur langue au Lamantin d'Amérique. De ce nom , en y réunissant l'article , les iSègies des îles

I françaises d'Amériqueont fait Larna-

■ nati , puis Lamanti. Quant au nom I de Manali lui-même , il paraît avoir i été emprunté des Espagnols , et doni né au Lamantin , à cause de ses ou- ; gles qui donnent à la terminaison de • ses nageoires quelque ressemblance

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avec une main, ressemblance qui a dû nécessairement païaître fort singulière chez un Animal que l'on considérait comme un Poisson. Les noms de Bœuf, de Vache et de Veau marins ou t aussi été donnés en divers lieux au Lamantin , de même qu'au Dugong.

Nous pensons que ces dénominations doivent tenir à la remarque qu'on aura faite de quelques ressemblances grossières dans les formes plutôt qu'à la similitude du régime entre ces Kuminans et le Lamantin. En effet, à moins que le genre de nourriture d'un Animal ne présente quelque singularité, le vulgaire le remarque à peine, et, au contraire, tout ce qui frappe ses yeux ne manque pas de fi\er son attention. Il est bien certain d'ailleurs nue quelques peuples ont trouvé de la ressemblance entre la tête du Bœuf et celle du Lamantin , et même au point d'avoir attribué à l'un des cornes semblables à celles de l'autre. On sait enfin, d'un autre côté, que les Phoques, Animaux carnassiers, ont aussi, et même beaucoup plus généralement, reçu les mêmes noms.

On a beaucoup hésité sur la place

3ue doivent occuper les Lamantins ans la série animale. Presque tous les zoologistes sont seulement tombés d'accord sur un point, sur la nécessité de la réunion du Lamantin et du Morse , quoique celuici soit quadrupède et carnassier. Ce rapprochement , contraire à tous les rapports naturels , semblait si heureux , et on était tellement persuadé de sa justesse, que Rai, plaçant le Morse paimi les Carnassiers ,à*ia suite des Chiens , crut devoir y placer aussi le Lamantin; que Klein alla jusqu'à affirmer qu'on devait s'être trompé en refusant à ce Cétacé des pieds de derrière ; et que tous les auteurs systématiques, et Linné lui-même, dans quelques-unes des éditions de son SystemaNaturœ. placèrent ensemble, dans un même genre , le Lamantin, le Dugong et le Morse. Lacépède fut le premier qui sépara enfin ces trois Animaux , dont il fitavec juste raison

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des gcnves particuliers, et Cuvicr, adoptant les trois genres Morse , Dugong cl Lamantin de Lacépèdc , en établit en outre , sous le nom de Stellère, un quatrième comprenant l'Animal de Stcller d'abord confondu aussi avec les Lamantins. De celte manière, le genre Lamantin reste composé de deux espèces seulement dont l'une habite l'Amérique méridionale , et la seconde l'Afrique.

Le Lamantin d' Amérique, Cuv., Manafus a/nericanus , Desrnar. ; le grand Lamantin des Antilles, Buff.; le Manale de quelques auteurs. Cuvicr a fait connaître avec détail l'ostéologie de cette espèce dans son grand ouvrage sur les Ossemeus Fossiles. Elle se trouve répandue dans une partie du littoral de l'Amérique méridionale ; elle a quelquefois plus rie vingt pieds de longueur, et pèse huit, milliers. Jl y a un peu moins du quart de la longueur totale entre l'insertion des nageoires et le museau.

Toute la peau est grise, légèrement chagrinée ; quelques poils isolés se voient en divers points, et surtout vers la commissure des lèvres et à la face palmaire des nageoires où ils sont un peu plus abondans.

Le Lamantin du Sénégal, Adans., Manatus Scnegalensis , Desmar. Cette espèce se trouve dans presque toutes les rivières de la côte occidentale d'Afrique. La plupart des caractères qui lui ont été attribués appartiennent également au Lamantin. d'Amérique , ou sont erronés. Adanson seul nous a donné une description exacte dont nous e\trairons les détails suivans : la longueur du Lamantin du Sénégal n'excède pas huit pieds , et son poids huit cents livres ; sa couleur est cendrée-noire; l'iris est d'un bleu foncé , et la prunelle noire. Les femelles ont deux mamelles plutôt elliptiques que rondes , placées pires de l'aisselle; la peau est un cuir épais de six lignes sous le ventre , de neuf sur le dos et d'un pouce et demi sur la tête. Les nègres Oualofcs ou Yolofcs appellent cet Animal Lereou.

Cuvicr a trouvé d'autres caractères

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dans la tète osseuse moins allongée à proportion de sa largeur que dans le Lamantin d'Amérique, dans la fosse nasale plus large; les orbites plus écartées ; les fosses temporales plus larges et plus courtes; les apophyses zygomatiques du temporal beaucoup plus renflées ; enfin dans la partie antérieure de la mâchoire, courbée, et non droite comme dans l'autre espèce.

On n'a point encore bien distingué d'autres espèces de Lamantins. Cependant deux crânes récemment trouvés sur les côtes de la Floride orientale , et déciits (Journ. Ac. Se. Nat.

Philadelphie , vol. 5 ; et Fauu. Améric.) par Harlan , sembleraient indiquer une nouvelle espèce , que ce zoologiste propose de nommer Manatus latiroslris , dans le cas où son existence se trouverait confirmée ultérieurement. Quant au grand Lamantin de la mer des Indes , de Buffon , il n'est autre que le Dugong ; son Lamantin du Kamlschalka est ie Stellère; et, suivant Cuvier, son petit Lamantin d'Amérique ne serait qu'un double emploi du grand Lamantin des Antilles.

Lamantins fossiles. Des ossemens fossiles de Lamantins se trouvent répandus en as>ez grande abondance sur divers points de la France.

Renou , professeur d'histoire naturelle à Àugcrs , en a particulièrement découvert un grand nombre dans le département de Maine-et-Loire, dans les couches de Calcaire coquillier situées près rie la rivière de Layon. Ordinairement mutilés, et quelquefois même un peu roulés , ces ossemens ont été trouvés avec d'autres débris d'Animaux marins, de Phoques et de Cétacés. Ils consistent en des fragmens de membres, de vertèbres, de côtes et de tête. Cuvier, qui les a décrits et figurés dans son ouvrage sur les Osscmcns Fossiles, ou il démontre qu'ils appartiennent à un Lamantin différent des espèces aujourd'hui connues , a fait connaître aussi plusieurs autres fragmens tiouvés aux environs de Bordeaux ,

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d'Étampcs , de Mantes , à l'île d'Aix i et dans quelques autres localités :

I lui-même en a découvert quelquesuns à 1 .1 m v. juin eau « 11 est doue bien certain, dit Cuvier en terminant l'important Mémoire auquel nous avons emprunté ces détails sur les Lamantins fossiles, qu'un Animal du genre des Lamantins, genre aujourd hui propre à la zône lorride , habitait l'ancienne mer qui a couvert l'Europe de ses coquillages à une époque postérieure à la formation de la craie, mais antérieure à celle où se sont déposés nos Gypses, et oii vivaient sur notre sol les Paléothéi iums elles génies leurs contemporains.»

(is. o. st. -H.) LAMARCKEA. dot. ni an. Le professeur Richard , dans les Actes de la Société d'Histoire Naturelle de Paris, lit en l'honneur du célèbre auteur de la Flore Française, de l'Histoire des Animaux sans vei tèbres , etc., un genre de Solanées qu'il nomma Marckea. C'est le même genre que Pcrsoon et Poiret appellent Lamaixkea. y. Makckea. D'un autre côté, le professeur Kceler, séparant te Cynosurus aureus des autres espèces du même genre , en a fait un genre nouveau sous le nom de La/narckea ; mais ce genre a été nommé (.'hrysurus purPersoon. (a. h.)

LAMARKIA. bot.ciiypt. {Hydrophyles.) Le génie formé sous ce nom par Olivi, est devenu le Spungudiurn de Lamouroux. V. ce mot. (jj.)

LAM BARDE, rois. (Risso.) Le Squale Roussette à Nice. (b.)

LAMBDA, ins. Ce nom d'une lettre grecque a élé imposé à une Noctuelle sur les ailes de laquelle on en reconnaît la ligure dans deux taches noires. (n.)

L A M B E R T I E. Lambcrtia. bot.

khan. Genre de la famille des Protéacées et de la Tétrandrie Monogynic , L. , établi par Smi'li et aujourd'hui adopté par tous les botanistes modernes. 11 se compose de jolis Arbustes à rameaux verticillés , portant

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des feuilles alternes , le plus souvent très - entières ; des fleurs réunies' en capitules terminaux solitaires , composés de sept fleurs , environnés d'un iuvolucre dont les folioles sont colorées. Chaque fleur est composée d'un calice tubulcux , à quatre divisions recourbées ej tordues en spirale, portant chacune une é (aminé. L'ovaire est environné de quatre écailles hypogyncs, distinctes ou soudées en une petite gaîne. Cet ovaire est à une seule loge et contient deux ovules ; le stigmate est allongé , subulé. Le huit est un follicule uniloculaire, coiiace cl presque ligneux , cunéiforme et quelquefois terminé par deux pointes à son sommet ; il contient fies graines membraneuses sur les bords. Toutes les espèces de La/nbertia croissent à la Nouvelle-Hollande. Plusieurs sont cultivées dans les jardins; telle est surtout la suivante :

Lamuehtie élégante, Lambertla' elegans , Smith, Lin, Traus. , 4, p.

ai4, t. 30. Cette jolie espèce est originaire de la côle orientale de la Nouvelle-Hollande; elle croît aux environs de Port-Jackson , dans les lieux découverts et rocailleux. Elle peut s'élever à la hauteur de cinq à six pieds; ses rameaux sont courts, ordinairement tei nés , ainsi que ses feuilles qui sont étroites , allongées , cuspidées au sommet, coriaces, persistantes, très- entières , glabres et luisantes à leur face supérieure , tomenteuses et ferrugineuses inféiieureineut , à bords rélléchis. Les fleurs sout rouges , réunies au nombre do sept dans un iuvolucre écailleux et imbriqué. Le fruit est cunéiforme et terminé par deux cornes écartées l'une de L'autre. Cette espèce Ueurit en général au mois d'aviil. On la cultive en terre de Bruyère ; elle doit être abritée dans 1 orangerie.

Elle se multiplie facilement de boutures.

Une autre espèce de ce genre est remarquable par ses iuvoluercs constamment unillores. Rob. Brown l'a nommée pour cette raison Lambcrti a utiijlora. (a. h.)

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LAMBICHE. ois. Syn. vulgaire de la Guignette dans les Vosges et sur les bords de la Moselle. V. Chevalier. (dr..z.)

LAMBIN. MAM. L'un des noms vulgaires du Paresseux. V. Bradype.

LAMBIS. moll. Nom sous lequel les marchands désignent particulièrement une espèce de Ptérocère , Plerocera Lambis de Lamarckj ils donnent aussi le nom de Lambis de la grande espèce au Strombus latissirnus , Lin., de Lambis ailé de ea moyenne espèce au Strombus Gigas , Lin., de Lambis marbré au Strombus lentiginosus , L. , et enfin de Lambis NON AIEÉ DE EA GRANDE ESPECE

au St/ombus lucifer, L. (d..h.)

LAMBRUS et LAM BRUSQUES .

bot PHAN. De Lambrusca, par corruption de Labrusca. Noms vulgaires , dans certains cantons du Midi, de la Yigne sauvage. • (b.)

* LAME PROLIGÈRE. Lamina proligera. bot. crypt. ( Lichens. ) Acharius, en donnantlenomde Lame proligère à un organe mince , coloré, caduc par vétusiéj lisse, que l'on observe dans les apothécions scu- (elloïdes, dont il forme le disque, a semblé croire qu'il remplissait dans les Lichens le rôle que le placenta remplit dans les Phanérogames. Quoiqu'il ne soit pas prouvé que la Lame proligère renferme exclusivement les gongyles reproducteurs, il est certain néanmoins que la nature a pris un soin extrême de sa conservation. Nos observations particulières nous ont prouvé, contre l'opinion d' Acharius, que la Lame proligère n'était pas seulement dans les fruits scutcllés , mais qu'elle pouvait s'observer aussi dans les apothécions de tous les genres de Lichens sous des formes trèsvariées. Elle est nue dans les Lécidées, les Opégraphes et les Gyrophores , entourée et défendue des chocs extérieurs par un périthécion dans les Vcrrucariées , et par une marge dans les Lécanores , les Parmélics , etc.

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Elle constitue quelquefois l'apothécion tout entier comme dans les Entographes, les Héléi ographes , les Opégrnphes et les Lécidécs , mais elle n'eu fait qu'une partie dans la plupart des autres genres. Cet organe serait, suivant nous, une sorte d'ovaire stérile , la nature n'ayant pu atteindre son but entièrement, et les hommes qui étudient les êtres organisés savent très-bien que la nature a ses ébauches. Ce qui fortifie cette assertion, c'est que les autres parties de la Plante paraissent en être dépendantes et avoir pour fonction principale, celle de concourir à sa conservation. Le thalle la reçoit dans la jeunesse et la préserve de tout frottement ; la marge des sculelles , le périthécion des Verrucaires, ne paraissent pas avoir d'autre rôle que celui d'empêcher les chocs extérieurs , et l'on remarque que cet organe , renfermé quelquefois dans une double enveloppe, va toujours chercher la lumière en déterminant dans l'apothécion une dilatation plus ou moins complète. Acharius ne reconnaît de Lame proligère que quand cette dilatation est complète , comme cela a lieu dans les fruits sculellés ou patellulés; tel n'est point notre avis.

On peut regarder l'apothécion d'une Pyrénule, par exemple, comme une scutelle non déhiscente, et en effet, supposez que la nature en dilate le sommet, alors Je périthécion devient le corps de la scutelle et le nucleumde la Lame proligère; il en est de même pour tous les genres à apothécion globuleux , et cette théorie peut aussi s'appliquer aux fructifications linéaires. On conçoit, d'après cette explication, que le nom de Lame proligère n'est plus convenable; nous attendons pour le changer que de nouvelles observations aient confirmé et fortifié notre opinion. La Lame proligère existe dans tous les apothécions scutelloïdes verruculeux , et dans notre genre Plectocarpon qui appartient à notre groupe des Parmélies, ordre des Sliclées. V. Nucleum et Plectocarpon. («A» F.)

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LAMELLE. Lamella. bot. On donne particulièrement ce nom aux appendices pétaloïdes qui naissent sur certaines corolles : par exemple , dans le Laurier-Rose , les Lychuides, plusieurs Borraginées , etc. .

Le mot à&Lamulla est aussi employé par les auteurs de Mycologie , pour designer la partie des Champignons qu'on a nommée en fiançais feuillet, parce qu'elle y est disposée comme les feuillets d'un livre. F. Feuillet et Agaric. (g..n,)

LAMELLIBRANCHES. moll.

C'est à Blainville que l'on doit la création de cette nouvelle dénomination pour rassembler en une seule division tous les Animaux mollusques, dont les branchies par patres trèslarges et en lnmcs aplaties , sont placées entre le corps et le manteau; presque tous les Concbifères ou Coquilles bivalves doivent rentrer dans cette division dont nous reparlerons à l'article Mollusque auquel nous renvoyons. (B..H.)

LAMELLICORNES. Lamellicôïnes. INS. Dernière famille de l'ordre des Coléoptères, section des l'en tanières. C est une de celles qui renferment les Insectes lesplus nombreux et les plus grands , et le trait eutomologiqlie le plus saillant qui la distingue des autres est d'avoir les antennes terminées en une massue , soit feuilletée , c'est-à-dire composée d'articles en forme de lames disposées en éventail ou à la manière des feuillets d'un livre, s'ouvranl et se fermant de même; soit eu peigne et dont les feuillets sont perpendiculaires à l'axe, ou bien composées d'articles cupulaires et emboîtés ; le premier ou l'inférieur de la massue étant en forme d'entonnoir, tronqué obliquement et renfermant conceutriquement les autres.

La tète des Lamellicornes se prolonge en avant, cl cette partie avancée est ce qu'on appelle Chaperon ; plusieurs des Insectes que cette famille comprend sont remarquables parleur taille, les éminenecs en forme de cornes, de tubercules, que pré-

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sentent, dans les mâles, la tète, le corselet, ou ces deux parties simultanément; leur corps est, en général, ovale ou ovoïde; les antennes soulordinairementcomposées de neuf à dix articles, et insérées dans une cavité sous les bords de la tète ; les yeux s'étendent plus en dessous qu'en dessus, ils sont peu saillans; la bouche varie , niais la lèvre est le plus souvent couverte par le menton qui est grand et corné; les deux premiè"res jambes , et souvent d'autres , sont dentées au côté extérieur et propres à fouir; les articles des tarses sont toujours entiers. Les Lamellicornes se uourrisseut , soit de matières végétales décomposées , comme les fientes, le fumier, le tan, etc., soit de feuilles et de racines des Végétaux , soit cnûn du miel des fleurs ou des liqueurs exsudées par les Arbres; ceux qui vivent de matières végétales altérées ont presque tous une teinte Doirc ou brune ; quelques-uns sont même nocturnes; les autres recherchent la lumière; ils sont ornés de couleurs métalliques ou variées, et très-agréables. Leur démarche est en général lourde et leur vol souvent étourdi comme celui des Hannetons.

Le canal alimentaire des Lamellicornes se compose en général d'un œsophage très-court qui se dilate aussitôt en un jabot de formes trèsvariées suivant les genres ; d'un ventricule cbylifique plus ou moins lon^, ayant quelquefois sur toute sa suriace des papilles conoïdes ou claviformes, ou des traces deplissures, et étant toujours replié sur lui-même un nombre de fois plus ou inoins grand , suivant sa longueur relativement à celle de l'Animal entier. 11 donne toujours attache à quatre vaisseaux hépatiques de longueur Irèsvariable, et il finit par un intestin grêle, filiforme et terminé par un coecum plus ou moins distinct. Les larves des Lamellicornes ont un es- Jomac cylindrique, entouré de trois rangées de petits cœcums; un intestin grêle très-court; un colon énormément gros , boursoutHé, et un ree-

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tum médiocre. Les trachées de l'Insecte parfait sont presque vésiculaires.

Les larves des Insectes de cette famille se ressemblent presque toutes.

Leur corps est long , prer-quo demicylindrique, ch'afn'u j mou et ride; il est blanchâtre , divisé en douze anneaux , et l i têle est écailleuse et munie de foi les mandibules. Ces larves ont six pieds écailleux bruns ou ronssâlres : de chaque coté du corps on voit neuf stigmates^ l'extrémilé postérieure du corps de ces larves est courbée en dessous , plus épaisse , et de couleur bleuâtre ; elles se tiennent cachées dans la terre ou dans le tan des Arbres; et ces dernières se nourrissent de cette matière ou du terreau ; d'autres vivent d'ex crâniens-et. de fumier; un grand nombre se nourrit des racines de divers "Végétaux , et nous est quelquefois très-nuisible en attaquant ceux que nous cultivons et employons, ou en les déracinant. Ces larves se font toutes, dans leur séjour, une coque ovoïde avec la terre ou les débris des matières qui leur ont servi de nourriture , et qu'elles lient ensemble avec une matière glutineuse qu'elles font sortir de leur corps. Quelques-unes de ces larves ne se changent en nymphes qu'au bout de trois ou quatre ans.

Dans le Gênera Crtist. et Ins. de La treille , ces Insectes formaient plusieurs familles ; dans ses Familles Naturelles du Règne Animal , ce savant auteur a divisé les Lamellicornes en deux tribus. Ce sont, les Scarabéides qui répondent aux Lamellicornes ou Pétaloccres de Duméril, et les Lucauides ou Serricornes Priocères du même. /"'". Scarabéides et Lucanides. (G.)

* LAMELLINE. Lamellina. inf.

Nous proposerons sous ce nom significatif de sa figure un genre de Microscopiques, dans l'ordre des Gymnorlés ; il se compose d'Animaux invisibles à l'œil nu, dont les caractères consistent' dans l'aplatissement

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dn corps qui est homogène, plus ou moins approchant de la forme d'un cari é long,' tronqué aux deux extrémités , de manière à présenter quatre angles droits. Ce seraient de véritables Bacillaires, s'ils n'étaient pas beaucoup plus larges et membraneux, et si des mouvemens sinueux sur la longueur n'y indiquaient une reptation sensible. Le Monas Lamellula, Miill., Inf., p. 7, tab. 1 , f: ib, 17, Ericycl. Vers Œil: , pl. 1 , fig. 8, fait partie de ce genre, ainsi que les deux êtres singuliers représentés par Johlot, part, a, p. 55, f. 2, M. etc., p. 18, pl. 5, fig. 11. 1,. Tous vivent dans les infusions végélales; ou dirait de petites Iair.es de verre vivantes; la première se trouve aussi dans l'eau de mer gardée. Le Gamium pulvinatum de Miiller appartient aussi à ce genre. (b.)

LAMELLIROSTRES.ois.(Cuvier.) Famille d'Oiseaux qui renferme la plupart des Palmipèdes , et dont le caractère principal consiste en un bec épais, revêtu d'une peau molle plutôt que d'une corne. (DR..Z.)

LAMELLOSODENTATI. ois. (IIliger.)Syn. de Lamellirostres. V. ce mot. ■ (b.)

LAMENTIN. mam. Pour Lamantin. F~. ce mot. (B.)

LAMEO. pots. (Risso.) Le Requin à Nice. y. Squale, (b.)

* LAMIAIRES. Lamiariœ. ins.

Tribu de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères , famille des Longicornes , établie par Latreille (Fam.

Natur. du Règn. Anim.), et ayant pour caractères : dernier article des palpes ovalaire et rétréci en pointe vers le bout; tête verticale.

Cette tribu renferme les genres Acrocinc , Acanthocine , Lamie , Pogonochère , Monochance, Tétraope, Parmène, Dorcadion et Saperde. F*\ ces mots et Lamie. Le genre Gnoma de Fabricius est une réuuion de Lamies , de Saperdes et de Callidies à corselet plus long et cylindrique.

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LAMIASTRUM. bot. phan. (Heisler.) Syn. de Galeopsis Galeobdolon , L. V. Galéopside. (b.)

LAMIE. Lamia. pois. Espèce du genre Squale , devenue lype de l'un des sous-geures établis par Guvier.

/^.Squale. (b.)

LAMIE. Lamia. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Télramères , famille des Longicornes, tribu des Lamiaires, établi par Fabricius aux dépens du grand genre Cerambyx de Linné. Ce genre a été partagé depuis Fabricius eu plusieurs sous-genres basés sur des caractères très-secondaires et tirés pour la pluart de la forme et des proportions u corps. Latrcille , dans tous ses ouvrages , s'était servi de ces genres pour établir des divisions dans les La mi es de Fabricius. Ce n'est que dans ces derniers temps (Familles Natur,. du Règn. Aniin. ) qu'il a adopté quelques-uns des nombreux genres formés par Thunberg, Megerle et Scbonherr; mais comme son ouvrage (loc. cit.) ne présente que les caractères des familles , qu'il ne fait u'énumérer les genres qui entrent ans chacune d'elles, et que la plupart des auteurs qui les oui établis ne l'ont fait que dans leurs collections , nous les considérerons comme n'étant point encore publiés et nous ne les présenterons que comme divisions du genre Lamie.' Les caractères essentiels du genre Lamie , dans toute l'extension que nous lui donnons ici, sont : labre très-apparent, s'avançant entre les mandibules; palpes filiformes, terminés par un article ovalaire ou presque cylindrique; antennes quelquefois sélacées, quelquefois compo-ées d'articles très-courts , presque grenus , avec la base environnée par les yeux qui sont allongés en forme de reins; tèle verticale; corselet épineux ou rugueux, plus ou moins long; corps cylindrique dans quelquesuns , aplati dans d'autres. Ces Insectes se distinguent des Prioues par la forme du labre qui est très-petit

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et peu apparent dans ceux-ci ; ils s'éloignent des Callichromes et des Cerambyx par leur tête qui est verticale tandis qu'elle est penchée en avant dans ceux-ci , et que le dernier article de leurs palpes est plus grand et en forme de cône renversé.

Ces Insectes avaient été placés par Linné avec les Cerambyx; les caractères que Fabricius leur a assignés en lesenséparant, neles distinguent presque pas du genre précédent .ainsi que de ceux des Saperdes et des Gnomes qu'il a aussi établis. Tous ces Coléoptères ont la languette en forme de cœur, avec une cchancrure plus ou moins profonde au milieu du bord supérieur. Les mâchoires sont pareillement terminées par deux lobes dont l'intérieur plus petit , en forme de dent. Le tube digestif des Lamies a bien plus d'étendue que dans les autres Longicornes. Léon Dufour (Ann. des Scienc. Natur. T. iv, p.

1 1 2 , pl . 6 , fig. 3 ) dit qu'il a quatre fois la longueur de l'Insecte (Lamia Textor) ; il n'a pas trouvé de jabotdistinctde l'œsophage quiatteinlàpeine le commencement du corselet ; le ventricule chylifique en est séparé par un bourrelet prononcé, siège d'une valvule; il égale en longueur la moitié de tout le tube alimentaire ; il est cylindroïde et se replie en deux grandes circonvolutions maintenues par des brides trachéennes excessivement multipliées ; sa surface externe est couverte de points papilliformes que la loupe rend à peine sensibles et dont la saillie varie suivant le degré de contraction de l'organe; l'intestin grêle est filiforme ; il su renfle en un cœcum allongé ; le rectum, distinct de ce dernier par une contracture valvulaire, est long dans la femelle et renfermé dans un étui qui lui est commun avec l'oviducte ; il est coudé à son origine , et ce coude est maintenu par deux brides musculaires distinctes , destinées sans doute à faciliter ou à régler ses mouvemens lorsque l'oviducte s'allonge pour la ponte.

Les Lamies font entendre , comme tous les Longicornes , un bruit aigu

»86 LAM produit par le frottement des parois intérieures du corselet contre la base du mésolhorax. Les larves de la plupart des espèces vivent dans le bois à la manière de celles des autres Longicornes; c'est là, et surtout dans les chantiers , que l'on trouve l'Insecte parfait. Quelques espèces, qui composent le genre Dorcadion , se tiennent constamment à terre, et Latreille pense que leurs larves vivent dans les racines de divers Végétaux.

Ce genre est très-nombreux en espèces; elles sont répandues dans toutes les parties du monde , et surtout dans les pays boisés , entre les tropiques.

L'Amérique méridionale en fournit beaucoup à corps aplati; ceux qui ont le corps plus ou moins cylindrique appartiennent à l'ancien continent.

I. Corselet ayant de chaque côté un gros tubercule mobile, enfoncé et terminé par une épine; corps toujours très-aplali , avec les antennes très-greles , fort longues , et les deux pieds antérieurs ordinairement très-allongés.

Genre : Acrocine. V. ce mot.

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