II. Corselet sans tubercules mo
biles.
f Corps très-aplati , deux fois au moins plus large que haut.
Genre : AcanthociNe.
Lamie Charpentier , Lamia (Edilis , Fabr.; jl canthocinus (Edilis, Oliv. , ibid., pl. 9, fig. 5g, A, B, c , d. Cette espèce a le corps d'un gris cendré , avec des points et deux bandes transverses brunes sur les étuis , et quatre petites taches jaunes disposées en une ligne transverse sur le corselet. Il est commun dans le nord de l'Europe, et se trouve rarement en France.
ff Corps non déprimé , à peu près aussi haut que large; longueur totale ne surpassaut point trois fois la largeur; élytres beaucoup plus larges à leur base que le corselet et diminuant vers leur extrémité; pâtes for-
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tes ; antennes au moins aussi longues que le corps.
Genre : La.mie , Lamia , Fabr,.
Lamie triste , /,. tristis, C. tristis, Oliv., ibid. , pl. 9 , f. 62. Elle a un peu plus d'un pouce de long ; son corps est noir , avec une légère leiule cendrée ; les élytres sont grises, cliariuées , avec deux taches très-granes , noires sur chaque. On la trouve dans le midi de la f rance et en Autriche sur le Cyprès. Le genre Pogonochère (Pogonoc/iert/s , Meg. ) ne se distingue pas des Lamies par des caractères assez tranchés ; l'espèce qui lui sert de type est la Lamia àispida, Cerambys hispidus, Fabr . , Vogonocherus hispidus , Meg.
fff Corps non déprimé; longueur totale ayant au moins quatre fois la largeur du corps ; élytres presque aussi larges à leur extrémité qu'à leur base; pales grêles, beaucoup plus minces que celles des Lamies.
Genre : MoitoCHA.yLE(]Honoc/iamus, Meg.).
Lamie Cordonnier , L. Su/or, Oliv. , ibid. , pl. 3 , fig. 20 , a , b , c ; Monochamits S//tor,Meg. Longue de près d'un pouce ; élytres parsemées d'un grand nombre de petites taches d'un gris jaunâtre formées par un duvet. Elle se trouve communément, en Suisse.
f fff Corps de même que dans la division précédente ; cliaqueceil divisé en deux par la base des antennes ,de sorte que l'Insecte semble eu avoir quatre.
Genre : Tétraope ( Tetraopes , Sch.).
Lamie Tornator , L. Tomator, Fabr. ; Tetraopes Tornator, Sch. ; Ceramb. Tornator , Oliv. , Entom., 4, 67, p. 100, i58, t. 8 , f. 5a; Cer. tetrophtalmus, Forst. Elle est longue de quatre lignes, rouge avec qua Ire points noirs sur le corselet et autant sur chaque élytre , les pâtes et les antennes sont noires. Elle se trouve dans l'Amérique du nord.
f f-j-ff Abdomen ovale; antennes plus courtes que le corps.
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Genres : V.\.nMÈKE(Parmcna, Meg.) ( et Dobcadion (Dorcaclion , Sch.).
Nous ne connaissons pas les caracitères qui distinguent le genre Pari mena élu genre Doicadion. L'espèce ( qui sert de type au premier est la Lal mia fasciata de Villers, et parmi les i Dorcadions , celui qui est le plus (Commun en France est :
La Lamie fuligineuse, Lfuligi- I nator ,Fabr., Latr. ; Cer.fuligiuator , 1 Oliv. , ibid. , pl. 4 , f. 21 , a , b , c, d ; . Dorcadion fuliginator, Sch. — Noir ;avec la tête et le corselet chagrinés et lies cintres cendrées. Cette dernière i couleur passe au brun dans une vai riété qui habile les lieux élevés ; alors «chaque élytre offre deux lignes blani chaires longitudinales. Cette espèce i est commune aux environs de Paris.
Quoique le genre Saperde ne soit pas très-bien caractérisé, on l'a conservé. V. ce mot. (g.)
LAMIER. Lamium. bot. puan.
Genre de la famille des Labiées et de la Didynamic Gymnospermie , établi par Linné et ainsi caractérisé : calice tubuleux à dix stries, à cinq dénis inégales cl très-aiguës; corolle dont le tube est long , évasé à son orifice , la lèvre supérieure entière , en forme de voûte , et recouvrant les étamines , la lèvre inférieure à trois lobes , deux latéraux plus petits et comme appendiculés , celui du milieu plus grand , un peu concave et échancré;
auatre étamines didynames, à anîères velues; ovaire quadrilobc , surmonté d'un style bifide à son sommet.
Une quinzaine d'espèces de Lamiers ont été décrites par les auteurs. Èllcs se trouvent toutes dans l 'hémisphère boréal : une croît dans l'Amérique septentrionale, et les autres en Europe et dans l'Orient. Parmi celles qui sont très-communes en France , dans les champs, les haies et les lieux ombragés, la plus remarquable est le Lamium album , vulgairement nommé Ortie blanche, que l'on employait autrefois en médecine contre les scrophulcs, la
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leucorrhée, etc. Les Abeilles se plaisent particulièrement à butiner sur ses fleurs. Les autres espèces françaises , Lamium ampkxicaule , L. maculatum, sont des Herbes à petites fleurs rougeset presque sans agrément.
LAMINAIRE. Laminaria. bot.
cuypt. {Hydrophyles.) Ce genre , type de notre famille des Laminariées, lut d'abord distingué sous le nom de Laminarius par lioussel dans sa Flore du Calvados , mais si mal caractérisé qu'on pouvait le considérer comme douteux. Stackhouse l'adopta sans le mieux définir , en lui donnant le nom de Giganlea qui ne pouvait être admis. C'est Lamouroux qui le constitua définitivement en lui assignant d'abord pour caractères : racines fibreuses , rameuses. Celle définition n'élanl pas suffisante, Agardh la reforma de la sorte : fronde fibreuse , munie de racines cl stipitée, membraneuse ou coriace; fructification en graines pyriformes, disposée dans les lames de la fronde. Nous adopterons de tels caractères en y ajoutant que les frondes sont dépourvues de côtes , ce qui éloignera des Laminaires proprement dites les Laminaria jlgarum , esculeu/a et cos/ata des auteurs, outre plusieurs autres que nous possédons et dont nous formerons le genre Jgarum. V. ce mot à l'article Laminai'.iÉes. Le Fucussaccharinus des auteurs est le type de ce genre, dans lequel se rangent beaucoup des plus considérables Hydrophytcsdela merci dont nous connaissons un grand nombre d'espèces qui seront incessamment décrites et figurées dans un travail auquel nous mettons la dernière main en ce moment, et qu'avait projeté feu notre ami et collaborateur Lamouroux. Les Laminaires peuvent être réparties provisoirement en trois sous-genres qui devraient peut-être constituer par la suite autant de genres difl'érens et dont presque toutes les espèces sont
Propres aux mers septentrionales de hémisphère boréal ; plusieurs y sont communes aux côtes du nouveau et
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de l'ancien continent. Ce sont des Plantes coriaces , d'un vert foncé ou roussâtre, muqueuses à leur surface et remplies d'un principe gélatineux et sucré qui se manifeste en cfflorescences farineuses et blanchâtres à la surface de la fronde quand on les dessèche sans avoir la précaution de les laver dans l'eau douce avant de les préparer. Toutes demeurent long-temps hygrométriques après la dessiccation.
f Fistulaires. Racines fibreuses; stipe Jistuleux , entièrement vide. Ce sous-genre forme le passage aux Macrocystes ou les pétioles de Chaque feuille, qui ne sont que des frondes partielles , peuvent être également considérés comme des stipes fîsluleux , et de même absolument vides.
Laminaire Trompette, Laminaria buccinalis , Lamx. , Fucus buccinalis , L.,Turn.,/'#6\ , pl. 139, dont le stipe énorme , fistuleux , vide , acquiert souvent plusieurs toises de longueur , et plusieurs pouces de diamètre; aminci vers sa base, il.se renfle en s'allongeant. La fronde ou lame qui s'y insère est allongée, pinnée ou pinnalifide, épaisse , coriace, noirâtre, avec ses divisions ou pinnules , aiguës. Nous possédons cependant un échantillon où ces pinnules élargies vers l'extrémité y sont obtuses.
Jetés à la côte, les stipes , en s'y desséchant , sont quelquefois comme de gros tubes cornés qui imitent la forme de trompettes ou plutôt de cornets à bouquins. Cette Plante, qui se trouve sur les côtes de la pointe méridionale de l'Afrique, y fut remarquée par les navigateurs dès l'époque où l'on doubla le cap de Bonne -Espérance ; et les anciens botanistes l'appelaient Trombœ marinas , J. B. H. , 3 , p. 88 , ou Arundo indien fluitans ,C. B. P. 19.
Laminaire Ophiure , L . Ophiura, N. , espèce des plus remarquables, rapportée de Terre-Neuve par des bateaux de pêcheurs et que Lapylaie a appelée longicruris , nom qui nous parait inadmissible , parce que le stipe de ce Laminaire ne saurait être comparé à une cuisse. Sa lame ou
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fronde serait à peu près celle de la Sucrière , si elle n'était beaucoup inoins ondulée et plus mince , étant comme du parchemin; elle acquiert jusqu'à six ou huit pieds de long sur quatre à huit pouces de large. Son stipe fistuleux, absolument vide, de six lignes à dix-huit de diamètre , est cylindrique , ridé , noirâtre, souvent long de quatre pieds, et ressemblant à une Couleuvre.
-ff Saccharines. Racines fibreuses, rameuses; stipe solide, corné , devenant comme ligneux.
* Fronde constamment simple et entière.
La Laminaire Sucrière, Laminaria saccharina , Lamx., Fucussaccharinus , L. On a confondu sous ce nom plusieurs espèces fort distinctes , et généralement toutes celles de la section qui nous occupe. Mais quand ou examine ces Végétaux avec attention , les différences deviennent frappantes. La véritable Laminaire Su^ crière est la plus commune sur nos côtes atlantiques où nous l'avons observée depuis le cap Finistère , en Galice, la baie de Saint- Jean-de-Luz et Biarils, au rocher de Cordouan , Belle- Ile et les côtes de Bretagne , enfin jusqu'à celles du Calvados et de Picardie. On la retrouve sur les côtes d'Angleterre et jusqu'en Noryrège.
Son stipe arrondi, de la grosseur du doigt, court parallèlement à la longueur de la lame, qui est membraneuse, un peu coriace , d'un roux verdâtre, ovoïde, oblongueou sublinéaiie , atteignant jusqu'à six et neuf pieds de long , lancéolée , aiguë , fort ondulée , même frisée sur les bords , arrondie ou même subcordée au point d'insertion sur ce stipe. Nous eu connaissons trois variétés principales : a. La Laminaire Sucrière à fronde obronde , très-large par rapport à sa longueur. /S. Celle qui est oblongue , mais non absolument linéaire, y - Celle qui est linéaire et foit étroite. Il en existe encore une variété à. monstrueuse et qui présente sur l'une de ses pages vers le ocutre et
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1 longiludinalement une superfélation i ondulée , crépue , implantée sur l'une ides faces de la lame.
Laminaire longipéde, L. longi- }pes, N. Confondue avec la précédenite , elle a sou slipe bien plus long sur 1 lequel la lame s'implante eu s'allon- ] géant de manière à être aussi aiguë ]par en bas que par son extrémité suîpëiicurc. Sa substance est d'ailleurs (beaucoup plus mince, et comme un I fragile parchemin. Elle acquiert la i même longueur, demeure toujours iplus étroite et se trouve, mais beaucoup plus rarement, sur nos côtes l atlantiques. Nous en devons au savant Merlens des échantillons rei cueillis dans les mers du Kamtschatka. Laminaire cornée, JLaminaria
■ cornea , N. Toujours confondue avec la Sucrière, n'est jamais aussi laige ,
■ dépasse fort rarement plus de deux
■ pieds de longueur, a sa fronde arroni die vers sou insertion sur le stipe , et . Sa substance est très-épaisse , dure et
comme delà corne quand elle est desséchée ; elle est aussi moins mucilagineusc, plus verte , très-dure , à peine ou point ondulée, et sa solidité fait que des Flustres se fixent plus volontiers à sa surface. Nous en connaissons trois variétés : a. entière, plus petite et la plus commune; /S.
plus longue, plus verte, moins dure et ayant sa fronde comme étranglée aux deux tiers de sa longueur. Turner a Gguré cette variété comme l'un des deux états de son Laminaria saccharina. y. La Monstrueuse, qui porte une superfélation crépue, mais peu distincte et ordinairement sur l-'un des côtés de la fronde.
Laminaire de Lamouroux , L.
Lamvuruuxii , N. Au premier coupd'œil facile à confondre avec les espèces î et 3, mais bien plus petite, ne dépassant guère dix -huit pouces àdeux pieds, ayantson slipeallongé , sa fronde lancéolée , elliptique , également atténuée vers son insertion et vers sa pointe. Elle n'est que legèrdr ment crépue sur ses bords. Elle nous a été communiquée par Lamouroux, qui l'avait fort bien distinguée sans
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lui donner de nom particulier, et par Chauvin , botaniste fort distingué de Cacu , qui l'avait reçue de Terre-' Neuve.
Nous connaissons encore dans cette section les Laminaria latifolia et fascia d'Agardh. ; Lurea , N. , P/iyltitis , Turn. ; S/aci/tousii , N. [P/iyllicis , Stack.) , Dermatudea , Lapyl. , viridissima , N . , vittata , N . , Sarniensis , N. , etc.
'* Frondes simples dans leur jeunesse, se divisant et se palmant dans l'état adulte.
Laminaire papyrine, Laminaria papyrina, N.,à fronde entière, ovoïde , oblonguc, aiguë, d'un beau vert, se partageant^ sou extrémité en deux, trois ou quatre divisions aiguës, peu profondes , ayant son stipe un peu comprimé , très-court et d'un beau vert pâle. Celte espèce, fort mince et transparente, paraît être le L.
debilis d'Agardh, nom inadmissible, car cette Plante n'est pas plus débile qu'une autre ; sa longueur est de trois à huit et dix pouces , sa largeur d'un à cinq ou six. La figure 4 de la Laminaire g de ûiilen paraît convenir à son état de jeunesse. Nous l'avons trouvée dans la baie de Cadix , et reçue de Corse où la recueillit Souleirol, officier du génie, botaniste trèshabile.
Laminaire digitée, L. digitata, Lamx. , fucus digitattis , L. , Turn. , Fuc. , pl. i52. Sa fronde est d'abord cordée, très-entière et d'une consistance cornée , épaisse, brunâtre. Elle se divise très-profondément par son extrémité. Son stipe csl court. File devient généralement brune ou noire en se desséchant. Cette espèce est commune sur nos côtes. Lapylaie nous en a communiqué des échantillons recueillis à Terre-Neuve.
Laminaire palmée , L. palmata , N. . confondue avec la précédente et habitant avec elle nos côtes. Elle devient beaucoup plus grande , sa couleur est plus verte , son stipe est toujours très-long, souvent de la grosseur du pouce et égal à la fronde qui
190 LAM se divise en une multitude de lanières , et qui se réfléchit des deux côtés vers l'insertion de manière à présenter une dilatation considérable et à se réfléchir par les côtés sur le stipe.
Nous en possédons un échantillon venu de Valparaiso sur la côte de l'Amérique méridionale.
Laminaire conique, L. conica, confondue encore avec la L. digitata; elle a sa fronde conique et rétrécie vers l'insertion sur le stipe qui est plus long que chez cette Plante , mais plus court que dans la précédente.
Ses divisions sont des lanières minces et très-profondes. La figure de cette espèce est à peuprès celle d'un éventail ouvert dont les branches seraient séparées. Elle est moins fréquente que les autres sur nos côtes.
Nous possédons encore dans cette section les Laminaria flabelliformis , grande espèce rapportée des Malouines par Lesson ; bi/idans et trijidans , ]N., de Terre-Nenve ; Delisei , N. , du même pays, espèce fort belle et dont nous devons la connaissance au savant et modeste lichénographe de Yire, etc., etc.
*** Frondes constamment divisées.
Laminaire bironcinée , L. biruncinata , N. Cette belle espèce, découverte récemment par Durville sur les côtçs du Chili, à la Conception, a son stipe plein , court , de la grosseur d'une plume d'Oie; sa laine est cornée, épaisse , oblongue , obtuse, et produit sur les bords des pinnules nombreuses, roncinées, inégalement dentées.
Laminaire des buveurs, Laminaria potatorum, Lamx. , Fucus polatorum,, Lab. , Nov.-Hol. T. n , pl.
257 , Tum., Fuc. , pl. a4a (ligure excellente). Cette espèce, dont nous devons un échantillon magnifique à la générosité du savant Labillardière , est d'une consistance cornée; ses frondes sont extrêmement épaisses, divisées irrégulièrement jusqu'à leur base. Ses expansions solides deviennent assez larges et sont assez solides pour que les sauvages de la Nouvclle-
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Hollande en fassent des vases pour y conserver et transporter de l'eau. Elle aétéohservée au cap de Van-Diémen.
Les autres espèces de cette section qui nous sont connues sont les Laminaria Corium , N., de Valparaiso; Laminaria radiata , Agardh, Fucus radiatus , ïurn. , Fuc, pl. i54 ; Laminaria reniformis , Lamx. , Ess. , pl. 22 , t. 1 , f. 3. Du cap de Bonne- Espérance , etc.
fff Cépoides. Racines bulbeuses.
La plupart des espèces de ce sousgenre avaient été confondues sous le nom de Fucus bulbosus.
Laminaire bulbeuse , Laminaria bulbosa, Lamx. ; Fucus bulbosus , L. , à stipe comprimé, épais , fort allongé, simple, pai tant d'un bulbe creux, souvent énorme, se dilatant en une fronde conique , fl.tbelliforme, profondément divisé en lanières fort longues, linéaires. Cette espèce ne commence guère à se trouver qu'à partir du golfe de Gascogne pour s'élever vers le nord. Elle devient fort grande. Son stipe, très-allongé et uni, outre son énonnité, la dislingue suffisamment de la suivante. Nous en connaissons deux variétés : a. à lanières larges d'un pouce au moins; fi. à lanières plus nombreuses , fort étroites , larges d'une à trois lignes au plus , et moins coriaces.
Laminaire de Turner , Laminaria Turneri, N. ; Fucus bulbosus , Turner, Fuc-, pl. 1 55 . Confondue avec la précédente , elle en difl'ère cependant beaucoup par son bulbe bien plus gros et déformé , son stipe court, trèsdilaté, ailé ou lobé marginalement au point d'en être entièrement difforme, et par sa fronde en éventail irès-ouvert , se réfléchissant latéralement des deux côtés et plus large que longue. Elle est rare; on ne la trouve guère en France qu'aux environs de Cherbourg ; mais elle devient plus abondante sur les bords des îles con-- Tenucs dans l'angle formé par la Normandie et la Bretagne , ainsi que sur les côtes d'Angleterre.
Laminaire ponctuée , L. punc/a-
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•ta, N., ou b'revipes? Agardh. Nous aivons découvert cette espèce sur les LCÔles de Belle-Ile, au sud de la Breta- .gne, dans lelé de 1800. Bonnemaison I paraît l'avoir retrouvée sur celles de iQuimpcr flans le Finislère. Sa racine test un petit bulbe semblable à une ( Ciboule ; sou stipe est fort court , déjpassanl rarement une à trois lignes (de longueur. La fronde est d'abord i ovoïde , plus ou moins large et amini cic aux deux extrémités ; elle se divise avec l'âge en deux ou trois lanières.
Sa consistance à demi-pap\ racée et membraneuse la rend remarquable , ainsi que sa couleur jaunâtre , sa transparence et l'aspect ponctué qvic lui donnent les fructifications éparses sur toute sa surlace. Elle ne dépasse guère dix à quinze pouces de long, sur deux à cinq de large.
La Laminaria- Belvisii d'Agardb , Ulva balbosa, Beauv.,Oware et Ben., pl. iâ, appartient à cette section. (E.)
* LAMINARIÉES. BOT. CRYTT.
[Hydropliytes.) Nous proposons ici l'établissement de cette nouvelle famille parmi les Hydrophytes , aux dépens des Fucacées où elle avait été comprise , et dont elle diffère beaucoup par l'orgnnisation des Plantes que nous pronosonsd'y comprendre. Leur conlexturc place les Laminariées entre les Fucacées et les Ulvacées , elle est bien plus simple que dans les premières et fort semblable à celle des secondes; elle consiste en des corpuscules infiniment petits , intercalés dans un réseau librillaire qui les contient , et parmi lesquels déplus gros scdcvcloppent en propagulesou gongyles épai s, jamais, comme dans les Fucacées, réunis en tubercules distincts , groupés en quelque partie que ce soit de l'expansion , et surtout aux extrémités.
Toutes sont caulescenlcs , et se fixent contre les rochers aux lieux les plus battus des vagues par des racines bien caractérisées, enlaçantes, souvent très-fortes et comparables , pour l'aspect et la consistance, à celles de beaucoupdePhauérogames. Les liges , ordinairement très- solides, présentent
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dans certains genres une complication fort digne d'examen ; on y reconnaît une substance corticale bien distincte, une substance cornée qui en se desséchant acquiert une dureté considérable et qui très-llexible durant l'état de vie est évidemment formée, comme le bois , de couches concentriques, enfin au centre, une substance médullaire dont la couleur et la consistance est très-différente de celle du reste de la tige. Nous avons examiné ces parties soigneusement avec le microscope , elles sont cependant encore vasculaires et nous n'y avons pu distinguer de trachées.
La fructification paraît consister en corpuscules généralement très -petits, dispersés dans le réseau ponctué des frondes, lesquelles, disposées en forme de lames, deviennent dures ou cornées par la dessiccation.
C'est parmi les Laminariées qu'on rencontre toutes les espèces dont quelques peuplades maritimes tirent ne grossiers alimens. Elles sont plus ou moins mucilagineuses et sucrées , et reprennent l'apparence de la vie après une longue dessiccation ; quelques-unes remouillées répandent une odeur de Violette et de Thé fort sensible ; la plupart se dissolvent en gelée, lorsqu'on les laisse tremper trop longtemps. Elles sont transparentes, et acquièrent en général les plus grandes proportions parmi les Végétaux de la mer. Il est des espèces qui atteignent à dix , à vingt , et même à plusieurs centaines de pieds de longueur. Nous n'en connaissons aucune qui se trouve entre les tropiques.
Les espèces simples que nous avons observées sont toutes de l'hémisphère boréal où elles croissent depuis le 3o
i 1 1 cri 11 •» 11 nr\° n r* r/l . Ioj , . . ■ 1 . . ■ . > •
] usqu a 11 700 nord; les espèces rameuses son 1 propres à l'hémisphère austral , oii elles se rapprochent davantage du tropique, pour s'étendre jusqu'aux pointes les plus méridionales des trois conlinens du sud. On a peine à concevoir comment les Laminaires qui forment le type de cette famille, ont pu être placées, par Agardh , entre les Furccllaircs et les Zomires qui sont
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lesPadines de Lamouroux ; ce6 deux genres en sont peut-être les plus éloignés de tous ceux dont se compose la classe des Hydrophytes.
Les genres qui composent celte belle famille sont au nombre de six qui peuvent être répartis , ainsi qu'il suit, en deux sections:
f Supportées par des tiges ramifiées.
Durvillée, Du/vil/œa,^.; Lessonie, Lessonia, N.; Macrocyste, Macrocjstis , Agardh.
•ff Supportées par des stipes simples.
Agare ,' Jgarum, N.; Laminaihe, Laminaria , Lamx. ; Iridée , lui— dœa , N.
Les genres Durvillée et Agare n'ayant pas été décrits dans ce Dictionnaire où nous ne traitions pas des Hydrophytes inarticulées du premier ordre quand noire savant confrère Lamouroux s'y occupait de cette partie de la science , nous allons y suppléer maintenant.
i°. Durvillée, Duruillœa. Ce genre véritablement extraordinaire et dont l'espèce unique est fort importante à connaître puisqu'elle fournit un excellent aliment aux habitans des côtes occidentales de l'Amérique du sud , sera dédié à Durville, officier de marine très-distingué et naturaliste fort instruit, qui réunissant , comme par une soi te de miracle , les connaissances nécessaires pour faire plus utilement que ne l'ont jamais pu faire d'autres marins, un voyage de découverte , mérite que son nom ne soit pas attacbéà quelque "Végétal vulgaire, démembré, peutêtre à tort, de quelque autre genre.
Nous le caractérisons : expansion coriace, se divisant en lanières subulées, tubuleuses , recouvertes d'un épiderme distinct , et remplies par une moelle cellulcuse de nature particulière fort différente de la substance de la Plante , et assez semblable à celle de certains gros Scirpes des malais. Nous n'en connaissons qu'une seule espèce, Durvillœa utilis , N.
(V. planches de ce Dictionnaire),
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Fucus antarcticus de Cbamisso; elle est gigantesque. Le Gentil , dans la relation de son voyage , l'avait déjà mentionnée(T. n, pl. 3), elnous avait appiis que les marins espagnols qui la nomment l'orro , reconnaissaient les approches des côtes du Chili , à ses masses flottantes. Léman , dans l'excellent Dictionnaire de Levraull, en avait fait une Laminaire (T. xxv, p. 189), ayant avec beaucoup de sagacité discerné l'analogie qu'elle présentait avec ces Plantes. La racine ne nous est pas suffisamment connue, elle retient la Durvillée à de grandes profondeurs dans la mer. Une expansion épaisse, aplatie mais très-forte , en part pour se diviser en lanières cylindriques , qui atteignent plusieurs brasses de longueur, se fourchent plusieurs fois de manière à rappeler la figure en très-grand du Fucus Loreus de nos côtes , ont jusqu'à deux et trois pouces de diamètre à leur base , ou se voient aussi quelques petites expansions aplalies, s'amincissent vers leur extrémité qui est pointue. En les voyant flotter on dirait des Serpens ou les bras de quelque énorme Céphalopode. Leur couleur est d'un olivâtre tirant sur le brun , et devient noire pour peu qu'on ne les dessèche pas avec précaulion. Leur épiderme , qui paraît fort poli , se recouvre avec i âge d'un, réseau particulier noii âlre qui j'en détache, etpreseute alors tellement l'aspect d'une Hydrodyctie , que préparé à part, un botaniste exercé y pouirait être trompé. Sous cet épiderme est la substance même de la Plante formée de globules pressés dans une mucosité coin pacte , lesquels son l con ten us dans une multitude de fibres confervoïdes, transparentes, entrecroisées, qu'un grossissement de cinq cents fois rend seul bien visibles au microscope; cette substance a d'une à trois lignes d'épaisseur, selon le dianièire des rameaux. La moelle centrale blanchit à mesure qu'elle se dessèche , mais les alvéoles qui la forment, pénétrées d'eau , sont alors à peine visibles, tandis qu'elles le deviennent beau-
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• :oup dans la dessiccation. En consiidéranl la coupe, soit transversale , iioit horizontale, du Durvillœa utilis, un dirait, à la couleur près , celle de Ua tige du Scirpus lactistris de nos contrées. On vend sur tous les marchés , depuis Lima au Pérou , jusîijil'à la Conception au Chili, les ranneaux ou lanières de cette singulière l.-iaminariée ; les habitons la viennent acheter, comme un légume, afin Me s'en nourrir. Lesson , digne compagnon de Durville, nous en a communiqué ries échantillons recueillis uux Malouiues. Quand elle est bien préparée pour l'herbier, elle y prend une couleur de noisette foncée, fort agréable et un peu luisante; replongée dans l'eau elle y reprend l'apparence de la vie , au point de pouvoir , •Être parfaitement étudiée en tout .'cmps , mais elle ne tarde pas à s'y ilissoudrc en une gelée d'un goût un «en fade, cependant assez agréable , •et qu'on sent devoirêtre nourrissante.
2°. Agaue, Agarum. Le caractère Lie ce genre consiste dans une ou plusieurs nervures très- saillantes , qui 'oarcourent la fronde ou lame dans "oute sa longueur , tandis que les •jamiiiaires proprement dites sont [totalement énervées, et conséquem- •ment plus rapprochées des Dlvacées iJont elles ne diffèrent réellement |[ue par leur tige ou stipe souvent ^orné? et par leurs racines si renia rnuables. De telles nervures, qu'on ne retrouve aussi caractérisées que Haus certains l''ucus proprement dits , Idénotent une organisation qui tend |i i se compliquer, mais la fiuctilipation n'en devient guère plus dis— Jiincte. Le nom d' 'Agarum, que nous l'vons conservé à ce genre , était «■celui d'une de ses espèces , chez les llgologues qui l'avaient emprunté de Ifnelque langue du Nord ou il désigne les Algues marines mangeables.
ITous les Agares sont des Plantes ooréales; ou n'en a trouvé encore aucune au-dessous du cinquantième ilcgré de latitude nord , si ce n'est quelques échantillons épars de l'esculentum qui ont été découverts par le
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respectable colonel Dudresnay, explorateur zélé des Hydrophytcs de la côte de Saint-Paul-de-Léon en Bretagne. Deux sous-genres doivent être établis pourrépartir six ou huit espèces qui peuvent exister dans ce genre.
f Stipe nu entre l'insertion de la fronde et de la racine.
* Lame entière munie de plus d'une nervure.
Agaue a cinq côtes , Aga'rum (jitinquecostatum , N. ; Laminaria costata , Agardh ; /•i/ci/s costatus , Tue— ner, Fuc, pl. 226. Nous ne connaissons celte élégante espèce que par la planche de Tu rner qui lui donne un stipe comprimé, s'éiendant en une lame linéaire à peu près de la forme de notre Laminaire cornée , mais parcourue dans toute sa longueur par cinq nervures très-prononcées. Un seul échantillon en a été rapporté en Europe par Menzics qui le recueillit sur les côtes occidentales de l'Amérique du Nord, On n'en saurait trop recommander la recherche aux voyageurs qui visiteront les mêmes lieux.
** Lame criblée de trous , munie d'une seule nervure.
Agaiie cbibrelse , Agarum cribrosum , N. ; Laminaria Agarum, Lanix. ; J ucus Agarum, Turri., Fuc, pl. 75; llor. Dan., tab. l54a. 11 existe peut-être deux espèces sous ce nom, du moins nous possédons dans notre collection des échantillons qui , avec les caractères communs donnés à l'espèce qui nous occupe, ont un faciès fort diiférent. Les uns ont leur fronde ou lame ronde, très-ondulée ou crêpée sur les bords , avec la consistance plus épaisse, et les trous qui la criblent inégaux et anguleux. Les autres ont leur fronde oblongue , moins coriace, proportionnellement plus allongée, plus verte, et sont percés de trous louds tellement réguliers , quoique inégaux en grandeur, qu'on dirait ceux de ces gros cribles de parchemin dont on se sert dans certai- . nés fermes pour tamiser des graines nourricières. L'une et l'autre variétés