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Bruguière les sépara dans les planches de l'Encyclopédie, et sans le caractériser , indiqua ce groupe aux zoologistes; Lamarck l'adopta dans le Système des Animaux sans vertèbres , et lui donna des caractères génériques qu'il reproduisit dans les Annales du Muséum. En publiant l'Extrait du Cours, ce célèbre naturaliste n'apporta aucun changement tlans la composition du genre , et n'adopta pas le Loripes de Poli. Le premier et le seul démembrement a été proposé sous le nom de Fimbria, par Megerle, et ensuite sous celui de Coibcille par Cuvier dans le Règne Animal ; ce genre avec cette dernière dénomination a été généralement adopté des conchyliologues , et entre autres de Lamarck, Férussac, etc.
Le démeinbi cuient des Corbeilles était le seul qu'on pouvait faire en l'appu\ant sur de bons caractères, cai , malgré la variabilité des caractères extérieurs des coquilles des Lucines, il est impossible , du moins dans l'état de nos connaissances, d'en faire plusieurs coupes génériques; et c'est sans douted'après cette analogie, pour ainsi dire forcée, qui lie les espèces de ce genre, que Lamarck , et plus récemment encore Blainvillc, y ont réuni le Loripède de Poli. Effectivement, la 'J'c//i//alaclca, L\n., qui sert de type au savant zoologiste napolitain , présente tous les caractères extérieurs des Lucines , ce qui porte à croire que celles-ci ont les mêmes caractères zoologiqucs que celles-là, ce qui est indiqué et par la charnière et parles impressions des muscles ou du manteau.
Blain ville, dans son article Mollusque, ne s'est pas contenté de réunir ce seûl genre aux Lucines; il y a ajouté les Amphidesmes , et replacé les Corbeilles que Cuvier en avait séparées; quant à ces dernières, peutêtre est-ce en juger trop prématurément, puisqu'on ne connaît point l'Animal, et que les coquilles n'ont qu'un seul trait de ressemblance, 1 existence des dents latérales à la chainièiC; il suffit de comparer les
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caractères de ces deux genres pour se convaincre de leurs différences; quant aux Amphidesmes, elles nous paraissent rapprochées des Lucines d'une manière plus forcée encore; outre qu'elles ont le ligament intérieur comme quelques Lulraires ou Laviguans de Cuvier, et celles entre autres qui se rapprochent de la Galcinelle d'Adanson, caractères que ne présentent jamais les Lucines , quoique quelques-unes aient le ligament très-enfoncé entre des nymphes saillantes qui le cachent en partie audehors ; les Ampidesmes n'ont pas non plus les impressions musculaires des Lucines , et l'impression du manteau est profondément sinueuse, ce qui annonce l'existence de grands siphons et d'un pied lamelliforme plutôt semhlable à celui desïellines qu'à celui des Lucines. Nous nous abstenons donc d'admettre ce changement , considérant avec le plus grand nombredesconchyliologues modernes que les Lucines forment à elles seules un groupe naturellement caractérisé par l'impression des muscles et le défaut de pli irrégulier, ce qui les distingue des Tellines , par le ligament extérieur, l'impression des muscles et du manteau , ainsi que la disposition des dents cardinales, ce qui les sépare des Amphidesmes, et enfin par la forme des crochets des dents cardinales , la position et ia constance des dents latérales, ce qui , joint aux autres caractères, les éloigne des Corbeilles. Ce genre est caractérisé de la manière suivante : coquille suborbiculaire , inéquilatérale , à crochets petits , pointus , obliques; deux dents cardinales divergentes dont une bifide, et qui sont variables ou disparaissent avec l'âge; deux dents latérales dont une est quelquefois avortée , la postérieure plus rapprochée des cardinales ; deux impressions musculaires très-séparées dont la postérieure forme un prolongement en fascie ; l'impression du manteau est simple; ligament extérieur. Si l'on veut admettre le Loripède de Poli comme une véritable Lucine , alors on
pourra caractériser l'Animal de la manière qui suit : corps orbiculaire , symétrique, comprimé, enveloppé par un manteau sinueux sur les bords, entièrement fermé, si ce n'est inférieurement et en arrière ou il se termine par une assez long tube, unique; appendice abdominal fort allongé, flagelliforme ; les branchies à demi réunies en un seul lobe de chaque côté ; bouche sans appendices labiaux.
Ou ne connaît pas encore un trèsgrand nombre d'espèces vivantes appartenant à ce-genre ; il est beaucoup plus nombreux en espèces fossiles, et les environs de Paris en offrent plus à eux seuls que tous les autres terrains tertiaires connus si on en juge d'après les collections et les ouvrages publiés jusqu'aujourd'hui ; nous en avons décrit et figuré vingtdeux espèces dans notre Description des Coquilles fossiles des environs de Paris , et nous les avons partagées en plusieurs groupes dont les caractères peuvent également convenir aux espèces vivantes.
Nous proposerons plusieurs changemens en les soumettant toutefois aux conchyliologues , c'est de replacer dans le genre qui nous occupe plusieurs Coquilles que les auteurs rangent habituellement parmi les Vénus de Linné ou les Cythérées de Lamarck. Ce sont pour les espèces vivantes les Cythérées à boid rose et tigérine, et pour les fossiles celle que dernièrement Basierot a nommée Cytkerea leonina dans son Mémoire sur les Fossiles des environs de Bordeaux, et une autre espèce encore inédite de la même localité qui a beaucoup de rapport avec la précédente. Si nous examinons ces espèces avec tout le soin nécessaire et comparativement avec les Lucines, nous leur trouverons tous les caractères de ce genre , des coquilles aplaties, orbiculaires , rayonnantes, qui n'ont jamais plus d'une ou deux dents à la charnière ; une dent latérale plus éloignée que dans les Cythéiées qui présentent toujours une grande impression mus-
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culaire , antérieure , eu forme de languette , uue impression du manteau simple sans la sinuosité plus ou moins profonde qui se remarque dans les Cythérées au côté postérieur, et qui indique dans ce genre l'existeuce des siphons; enfin l'intérieur de la coquille parsemé de points enfoncés , entourés d'un cercle plus ou moins régulier, caractère qui se retrouve dans presque toutes les Lucines , et qui tient probablement à une organisation particulière du manteau; les Coquilles qui présentent toutes un caractère appartenant si essentiellement aux Lucines ne peuvent on aucune manière rester parmi les Cythérées. La seule objection que l'on pourrait faiie, c'est que les quatre espèces que nous proposons de restituer a ux Lucines n'offivn t jamais qu'une dent latérale au lieu de deux qui caractérisent oïdinairement les Lucines ; mais cette anomalie dans ces espèces ne saurait être un obstacle pour ne pas admettre leurs rapports naturels , puisqu'elle a lieu assez fréquemment pour d'autres espèces qu'on n'a pas moins rangées dans le genre. Nous citeronspour exemple le Lucina edptttula qui n'a ni dents cardinales ni dents lalciales; nous pourrions ajouter \eLucina JfJcnardi, espèce fossile qui est dans le même cas, et plusieurs autres. Si ces espèces restent parmi les Lucines, lorsqu'à la rigueur elles eu présentent moins les caractères, pourquoi celles que nous proposons d'y introduire n'y seraientelles pas admises?
Le Lucina carnaria , Lamarck , ne peut rester parmi les Lucines, elle n'en présente pas les caractères; elle a bien plutôt ceux des Tellines parmi lesquelles on la reportera indubitablement lorsqu'on l'aura examinée avec quelque soin ; ce qui l'éloigné au premier abord de ce genre est l'impression sinueuse du manteau qui a une échancrure très-profonde; ce qui l'en éloigne encore, c'est qu'elle csi~dcpourvuc de l'impression musculaire , linguiforme , antérieure ; enlin elle 0 sur le côté l'inflexion ou le