RAT
Rat des Palétiviebs (Main.), le Ciabier.
R\T Paimiste (Main.), im Écureuil.
Rat Pennade (Mam.), une Cliaiive-Soiiris.
Rat de Pharaon (Mam.), la Mangouste.
Rat de pont (Mam.), l'Écureuil gris.
Rat Pourceau (Mam.), le Cobaye.
Rat PDAivT (Mam.), l'Ondalra.
Rat sablé (Mam.), le Hamster.
Rat Sactedr (Mam.), la Gerboise et la Gerbille.
Rat sauvage (Mam.), le Diilelplie quaireœil.
Rat deScytbie (Mam.), le Polatouche.
Rat de Surinam (Mam.), le Pbalanger.
Rat de Tartarie (Mam.), le Polalouclie.
Rat-Taupe (Mam.), l'Aspalax et le Batliiergue.
Rat de terre (Mam.), le Géomys.
Rat verdatre (Mam.), l'Agouti.
Rat veui.e (Mam.), le Lérot.
Rat volant (Mam.), diverses Chauves-Souris et les Polatnuches.
Rat voyageur (Mam.), les Campagnols et autres Rongeurs sujets aux émigrations.
Rat Zibeth ou Zibetbin (Mam.), l'Ondatra, etc.
RATA. pois. (I)elaroche.) Synonyme lyUranoscopus scaber, L. ^. Uranoscope.
RATANHIA ou RATAMAH. bot. Racines de plusieurs espèces du genre Kravieiia, que les Péruviens emploient en médecine, surtout contre les diarrbées. f-'. Krabérie.
RATATE ou RATE. ois. Noms vulgaires du Grlmpereau commun.
RATE.zooL. Ce viscère fait partie de l'appareil digestif; mais ses usages ne sont pas encore bien connus. Il existe dans tous les animaux vertébrés; mais dans les Oiseaux il est déjà moins développé que dans les Mammifères; chez les Reptiles et les Poissons, il devient souvent presque rudimenlaire. Dans l'Homme, la Rate occupe l'hypocondre gauche, et se trouve placée entre le rein, le diaphragme et rcslomac. Sa forme est à peu près prismatique, et il est recouvert par une tunique fibro-celluleuse. Son tissu est hrun-rougeàtre, spongieux; il paraît avoir de l'analogie avec celui des organes érectiles. En effet, un nombre très-considérable de vaisseaux sanguins s'y distribuent et communiquent librement avec les cellules dont ce viscère est composé. Dans les autres animaux vertébrés, le volume, la forme et même la position de la Raie varient beaucoup. Dans les Mammifères carnassiers il est en général étroit, longel prismatique; chez les Ruminants, il est le plus souvent large et mince ; enlin dans le Marsouin et le Dauphin ce viscère est formé de sept petits corps arrondis et parfaitement distincts, tandis que dans les autres Mammifères il est unique. Le volume de la Rate diminue aussi ; car dans les deux animaux dont il vient d'être parlé, les sept Rates réunies n'égalent point en grosseur celle d'un autre Quadrupède. Dans les Oiseaux cet organe est en général très petit et ovalaire; enfin dans les Reptiles et les Poissons, sa forme varie considérablement. La position de la Rate, relativement à l'estomac, et les relations de ses vaisseaux sanguins avec cet organe, présentent aussi de grandes différences à mesure que l'on descend de l'Homme vers les Pois-
sons. Ainsi dans la Grenouille on la trouve au milieu du mésentère, près du rectum, tandis qu'en général elle est rapprochée de l'estomac.
RATEAU. concH. Espèce du genre Huître, r. ce mol.
RATEAU. BOT. Tiomyiilsairedu Bisserula Peliciniis, L., et de la Luzerne.
RATEL. Mellivora. MAM. Tous les auteurs placent dans le genre Glouton , Gulo, un animal du cap de Bonne- Espérance, dont Storra fait le type de son genre Mellivora. Ce Ratel, décrit par Sparinann et par Lacaille sous le nom de Blaireau puant, est le l^iverra Mellivora de Linné, le Giilo Capensis de Desmarest. Ses caractères génériques ne diffèrent point de ceux du Glouton; seulement le système dentaire présente quelques dissemblances. K. Glouton.
RATELAIRE. BOT. L'un des noms vulgaires de l'Aristoloche Clématite.
RATEPENADE ou RATTEPENNADE. pois. L'un des noms vulgaires du Raya Pastinaca. V. Raie.
RATEREAU, RATILLON. OIS. Noms vulgaires du Troglodyte.
RATHKÉE. Ralhkea. bot. Genre de la' famille des Légumineuses, établi par Schumacker.qui lui a imposé les caractères suivants : calice campanule, à quatre divisions, dont la plus grande semi-bifide; corolle papillionacée, à étendard ovale, échancré, bicalleux à sa base et réfléchi; ailes ovales, dressées et conniventes; carène falcato-semi-orblcnlalre et obtuse ; dix étamines monadelphes, dont les filaments sont soudés en tube ouvert sur un côté; disque annulaire; ovaire pédicellé et multiovulé. Le fruit est une gousse pédicellée, un peu comprimée, lomenlacée, noueuse, monoliforme, à trois ou cinq articulations inonospermes; semences ovales et comprimées. La seule espèce connue jusqu'ici, est un arbuste de trois pieds environ d'élévation; ses feuilles sont imparipinnées, composées de six à huit paires de folioles alternes, ovato-oblongues, obtuses, mucronées, à stipules lancéolées, marcescentes; rameaux axillaires, garnis de trois à six fleurs plus courtes que les feuilles, d'un jaune assez vif et strié de rouge. De l'Afrique tropicale.
RATHKIA. ACAL. Genre proposé par Brandt, pour un démembrement du genre Océanie de Pérou et Lesiieur, que Cuviera réuni aux Cyanées et Lamarck aux Dianées.
RATIBIDA. BOT. Ce genre, formé par Rafiînesque dans la familledesSynanlhérées,n'a étéconservéquecomme section du genre Obeliscaria, de Cassini.
RATIER. OIS. L'un des noms vulgaires de la Cresserelle. T. Faucon.
RATILLON. pois. L'un des noms vulgaires de la Raie bouclée jeune, f^. Raie.
RATISSOIRE. coNCH. Espèce du genre Lucine. ^. ce mot.
RATIVORE 00 MANGEUR DE RATS. rept. Espèce du genre Boa.
RATOFKITE. min. Fischer a donné ce nom à une Chaux Buatée, terreuse et mélangée, qu'il a trouvée sur les bords de la Ratofka , près de Véréa, gouvernement de Moscou. Suivant le professeur John, elle est composée de : Chaux flualée, 49; Chaux phosphatée, 20;
Il A r
Fer pliosiihalé,ô,75; Chaux miirialéc, 2; Eau. 10; matières élrangères, 6,25.
RATON. Procyon.KMS. Genre de Carnivores planligrades, formé par Slorr aux dépens du grand genre Uisus. de Linné, el aujourd'hui adopté par tous les naturalistes. L'organisation des Ratons est généralemenl très-semhlahle à celle des Ours et des Coatis, entre lesquels ils se trouvent placés par leurs rapjjorts naturels; et l'on peut dire qu'ils remplissent presque entièrement l'intervalle, déjà fort étroit, qui sépare l'un de l'autre les genres Ursiis et Nasua. Presque tous les détails qui ont été donnés dans les articles OrRS et Coati, étant ainsi également applicables aux Ratons, l'on se bornera à donner ici en peu de mois les traits caractéristiques du genre Piocjon, sans entrer dans des détails inutiles et par conséquent déplacés. Les caractères du genre peuvent être exprimés de la manière suivante: six incisives à chaque mâchoire, les inférieures sont toutes très-petites, tandis qu'à la mâchoire supérieure celles de la paire latérale sont assezgrandes et en forme de canines; les canines sont fortes et comprimées; molaires tuberculeuses.au nombre de six de chaque côté et à chaque mâchoire, savoir : à la supérieure trois fausses molaires qui grandissent successivement depuis la première jusqu'à la troisième; une carnassière assez semblable à celles des Chats, mais beaucoup plus épaisse, et deux màchelières à cinq luhercules, dont la dernière est la plus petite; inféricurenienl il y a quatre fausses molaires, dont la troisième est bilohée, et deux màchelières assez semblables à celles qui leur correspondent à la mâchoire supérieure. Membres assez courts, pentadactyles; ongles forts et aigus; queue peu allongée, et tenant le milieu entre celle des Coatis, qui est à peu près de même longueur que le corps, et celle des Ours, qui est tout à fait rudimenlaire; tète triangulaire, large, terminée par un museau tîn, mais beaucoup moins allongé que celui des Coatis; oreilles courtes, de forme ovale; langue douce; yeux de grandeur moyenne et à pupille ronde; mamelles ventrales, au nombre de six. Il est à ajouter que, quoique appartenant au groupe des Plantigrades, les Râlons n'appuient sur toute la plante du pied que lorsqu'ils sont en repos. Dans la marche, ils relèvent ordinairement le talon, comme le fout aussi plusieursautres genres.
Généralement semblables aux Ours parleur organisation, les Râlons leur ressemblent aussi à beaucoup d'égards par leurs habitudes. A la vérité, ils passent pour être plus agiles que les Ours, et l'on affirme qu'ils montent aux arbres avec assez de promptitude. Ce dernier fait ne doit nullement surprendre, puisque les Ratons sont d'une taille de beaucoup inférieure à celle des Ours, et qu'ils sont ainsi beaucoup plus légers. Leur régime diététique est aussi le même ; ils vivent également de substances animales et de substances végétales. Enfin ils leur ressemblent encore par leur intelligence très-développée, et n'en diffèrent guère que parce qu'ils sont très- timides et craintifs. A l'aspect d'un Homme, un Raton s'enfuit aussitôt, et se relire dans le coin le plus obscur de sa loge ; souvent même il s'élance contre ses barreaux et témoigne la plus vive
y DICT. DES SCIEISCES
frayeur. L'Ours qui, de même que le Raton, ne possède que des armes peu puissantes, ne redoute rien, parce que sa grande taille et sa force en compensent la faiblesse. D'autres Carnassiers, tels que le Chat et le Lynx, aussi petits que le Raton, fuient à l'approche de l'Homme, mais fuient en menaçant, parce qu'ils ont confiance dans l'excellence de leurs armes; mais le Raton, à la fois mal armé comme le premier et faible comme le second, ne trouve en lui-même aucune ressource : il ne songe qu'à la fuite el non à la défense.
Raton Laveur. Procyon Lotor. C'est l'espèce la plus connue, celle que Linné nommait Ursus Lolor, et que Buffon a décrite et figurée sous le nom de Raton (t. vu, pi. 45). Il a quelques rapports avec les Renards par sa taille et la coloration de son pelage; et il leur ressemblerait également par ses formes générales, sans les différences de proportion de ses pattes beaucoup plus courtes. Ses poils sont blanchâtres au milieu, noirs à la racine et à la pointe; d'oii résulte pour l'ensemble du pelage une teinte grisâtre tirant plus ou moins sur le noir. La queue présente sur un fond roussàlre, quatre ou cinq anneaux noirs. Ledessousdu corps, les oreilles, les pattes sont blanchâtres, et la face est aussi de celte même couleur, à l'exception d'une bande noire, qui commence en avant et un peu en dedans de l'œil, et descend sur les joues en se portant obliquement en arrière. Celte espèce habite l'Amérique septentiionale, où elle est connue des Anglo-Américains sous le nom de ^accoon. Quelques auteurs pensent qu'elle habite aussi l'Amérique méridionale , et lui rapportent l'Agouarapopé du Paraguay. Les mœurs du Raton Laveur sont peu connues; mais on a remarqué qu'il a l'habitude de tremper dans l'eau tous les aliments qui lui sont offerts avant de les manger; d'où les noms &Uisus Lotor et de Ralon Laveur qui lui ont été donnés.
Raton Crabier. Buff., Suppl.. vi, pi. 32; Procyon cancriforus, Geoff. St.-Hil. Il habite l'Amérique méridionale, et particulièrement la Guiane. 11 se distingue principalement du précédent par son poil généralement plus court, par ses pattes brunâtres, par sa queue plus longue, et où l'on dislingue ordinairement huit ou neuf anneaux noirs; enfin par sa tache oculaire plus pelile, mais placée sur tout le pourtour de l'œil, et réunie, sur le chanfrein, à celle du côté opposé.
Ratopi d'Herkandez. Procyon Hernandezii, Isis, n» g. p. 510, 18Ô1. Pelage gris-brunâtre, passant à la teinle noirâtre, avec des taches blanches; les extrémités sont fauves; museau brun, avec une bandelette blanche, qui traverse obliquement la région oculaire; intérieur des oreilles blanc; queue brunâtre, annelée de cercles noirs. Du Mexique.
RATONCULE. bot. Synonyme de Myosurits. y. ce
RATONIE. Ralonia. bot. Sous ce nom, De Candolle (Prodrom. Syst. f^eget., i, p. 618) a établi un nouveau genre qu'il a placé, parmi les genres trop peu connus, à la suite de la famille des Sapindacées. Voici les caractères qu'il lui a imposés : calice petit, persistant . à cinq sépales. Fleurs inconnues. Fruits comprimés, un peu coriaces, indéhiscents ou à peine déhis-
cen(s, Inlociilairfis, obcordiformes, légèreinenl stipilés, glabres, Icrminés par un style Irès-coiirt , bifide au sommet; graines solilaires el dressées dans chaque loge, supportées par un fiinieule épais. Le Ratonia Domiiigensfs, DC, loc. cit., est un arbre ou un arbrisseau glabre, à feuilles alternes, dépourvues de stipules, à trois paires de folioles opposées, obovées, oblongues, obtuses, très-entières, portées sur un pétiole aptère, terminé en une pointe molle. Les Heurs forment des panicules terminales, divisées en grappes peu nombreuses et allongées. Cette plante croit dans la partie espagnole d'Haïti, où les habitants la nomment Raton.
RATTE. MAM. La femelle du Rat, d'oii l'on a appelé :
Ratte coEETTE, le Campagnol.
Ratte a courte queue, le Campagnol.
Ratte a grande queue, le Mulot.
Ratte rous.se, divers petits Rats des champs, etc.
RATTULE. lialtutns. lyr. Genre institué par Lainarck au.\ dépens des Trichodes de MUller, et que , dans sa classification des Infusoires, Ehrenberg place parmi ses Poly troques nus. Ses caractères consistent dans la forme d'un corps plus ou moins allongé, aminci postérieurement en une queue simple, glabre dans toute sa surface, muni de cils mobiles seulement à l'extrémité antérieure. Les Rattules sont peu nombreu.x; on n'en trouve guère plus de cinq ou six espèces, parmi lesquelles : le Raltule cercarioïde, Rattulus cercarioidcs, E.; Trichoda Claviis, MUller, /«/'., tab. 19, fig. 1G-18;EncycI.Vers.,pl. 15,flg. '2ô; Tiichoda Delpnis,Mm., tab. 30, fig. 8-9; Encycl., pi. 15, tig. 51,02; le Rattule Lunaire, Rattulus Lunaris, Lam.; Trichoda Lunaiis, MUll., tab. 29, fig. l-ô; Encycl., pi. 15, fig. 11 13; le Rattuie petit Rat, Rattulus Musculus, Lam.; Trichoda Musculus, MUll., tab. 30, fig. 5 7; Encycl., pi. 15, fig. 28-30; le Rattule Robin, Rattulus togatus, ham.; Forticcllalor/ata,Nti\\.,tsb. 42,fig. 8; Encycl., pi. 22, fig. 15; le Rattule Lyncée, Rattulus Lyncviis, Lam.; Trichoda,i\ti\\., tab. 32, fig. 1-2; Enc, lab. 16,fig. 37, 38.LeRald'eaudeJoblot(pl. 10, fig.4) paraît aussi devoir entrer dans ce genre. Toutes ces espèces se trouvent dans les eaux croupissantes.
RATTDS. MAM. ^. Rat.
RATZÉBURGIE. Ratzebiiryia. bot. Genre de la famille des Graminées, établi par Kunlh avec les caractères suivants : épillets à deux Heurs, dont l'inférieure neutre, unipaléacéc, et la supérieure hermaphrodite; deux glumes dont l'inférieure un peu convexe, réticulato scrobiculée, avec le sommet membraneux, proéminent, bilobé et denté sur ses bords ; la supérieure est presque aussi longue, mais planiuscule ; deux paillettes mutiques , dont la sujiérieure petite el trilobée; deux squaramules en forme de sabre el bilobées ; ovaire sessile et glabre; deux styles terminaux, couronnés par des stigmates plumeux. 11 n'y a encore qu'une seule espèce de Raizéburgie qui soit bien connue; c'est une Graminée de l'Inde, que l'on trouve parmi les gazons; elle est couchée et stolonifère; ses chaumes sont simples el monostachydes; les épillets sont linéaires, comprimés parallèlement cl inclinés dans une direction contraire à celle du véritable rachis.
RAUHKALK et RAUCHKALK. min. Le premier de ces noms allemands, qui veut dire Calcaire rude, a été donné à un Calcaire compacte magnésifèrc, rude au toucher; el le second, qui signifie Calcaire gris de fumée, a été appliqué au Calcaire gris-noirâtre et légèrement bitumineux, du Thiiringerwald.
RAUHWACKE. min. Les Allemands ont donné ce nom à \\\\ Calcaire compacte celluleux ou caverneux, d'un gris-noirâtre et chargé de Bitume, <|ui forme des couches subordonnées dans le Zecbstein; il est intimement lié avec le Calcaire fétide el le Calcaire ferrifère. Ses cavités sonl souvent tapissées de cristaux de carbonate de Chaux.
RAUIA. liOT. Pour Ravia. l' . ce mot.
RAUSSINIA. bot. Nom donné par Necker au genre Pachira d'Aublet. F. ce mot.
RAUVOLFIE ou RAUWOLFIE. Rauvolfia. bot. Genre de la famille des Apocynées el de la Penlandrie Monogynie,L., ayant pour caractères: un calice monosépale, persistant, à cinq divisions profondes; une corolle monosépale, régulière, infundibuliforme, ayant son limbe à cinq divisions égales, el la gorge garnie de poils; cinq étaraines presque sessiles, incluses ou légèrement saillantes, allongées, terminées à leur sommet par un prolongement du filet en forme de petite corne, el à deux loges. Les ovaires, au nombre de deux, réunis et soudés par leur côté interne, sont presque globuleux, appliqués sur un disque hypogyne et annulaire; les deux styles sont également soudés dans toute leur longueur, et se terminent par un stigmate très-gros, presque cylindrique, un peu concave inférieurement, convexe el comme bilobé supérieurement. Le fruit est un drupe globuleux, accompagné par le calice, à deux nucules monospermes, qui paraissent chacun comme à deux fausses loges, par le grand développement du trophosperme qui forme une fausse cloison. La graine est recourbée sur elle-même, el le trophosperme s'insère dans sa partie concave. Ce genre se compose d'un assez grand nombre d'espèces, toutes originaires des diverses contrées de l'Amérique méridionale. Ce sonl des arbrisseaux ou de simples arbustes lactescents, à feuilles très-entières, souvent verticillées i)ar trois ou quatre; les fleurs sont petites et forment des sortes de corymbes.
RAVAGEUSES. ARACHN. Vaickenaer (Tabl. des Aranéides) a donné ce nom à une section des Théraphoses, qui correspond au genre Missulène ou Ériodon. f^. ce dernier mot.
RAVAPOU. BOT. L'arbre du Malabar, que Rhéede avait ainsi appelé, avait été placé par Linné dans le genre Nyctanthcs, sous le nom de N^clanthes hirsiita; mais Jussieu pense qu'il appartient au genre Guettarda, de la famille des Rubiacées.
RAVE. MOLi. Nom vulgaire et marchand du yoluta Pyrum, L., type du genre Turbinelle. F. ce mot.
RAVE. Râpa. bot. Espèce du genre Chou. On a encore appelé :
Rave de Genêt, VOrobanche major.
Rave de Saint-Antoine, le Raniinculus hulbosus.
Rave du Brésil, l'Igname.
Rave de juif, le Raifort cultivé.
RWE SAUVAGE, le Raphafius liiipltanislnnji , lo Cdiiipaniila Tiapuncutus et \e Phyteiima spicata.
Rave de terre, le Cyclamen Europenni, elc.
RAVENALA. bot. Adanson avait étaljli ce genre dans la famille des Musacées, sur l'indication donnée par Sonnerat, d'un arhre de Madagascar. Depuis le gen?e d'Adanson a été réuni à VUrania. V . Uranie.
RAVENELLE oc RAVENAILLE. eût. On nomme ainsi vulgairement le Baphanus Raphanislrvm et le Cheilanllnis Cheiri. V. Raifort et Giroflée.
RAVENSARA. (Sonn.) Ayalophylliim. (Juss.) bot. riimie appartenant à la Dodécandric Monogynie, L., et qu'on peut caractériser de la manière suivante : les fleurs sont enveloppées chacune d'un petit calicule monosépale et entier. Le calice est court, formé de six .sépales; les élamines, au nombre de douze, ont leurs filets très-courts, dont six sont attachés au calice et six à la base des sépales; les anthères sont arrondies. L'ovaire est libre, globuleux, surmonté d'un style simple (|ue termine un petit stigmate également simple. Le fruit est globuleux, arrondi, de la grosseur d'une noix, coriace, indéhiscent, à six loges qui paraissent inonospeniies. En général ce genre est rapporté ù la famille (les Laurinées,mais il est fort douteux qu'il y appartienne; son calicule extérieur, qui peut être considéré comme un calice, et qui lui donne alors un périanthe double, et surtout son ovaire et son fruit évidemment à six loges, (|uoiqu'on l'ail décrit comme uniloculaire, l'éloignent de la famille des Laurinées. Une seule espèce compose ce genre, c'est le Jiaveiisara aroiiintico, Sonnerat, Voy., 2, lab. 127; Arjolophyllum aiomaticrivi , Lamk., III., tab. %'i'S; Evodia Rnveiisaia, Gœrlner, tab. lOô. C'est un grand et gros arbre qui croît naturellement ù Madagascar, et qui, par son porl et ses feuilles coriaces et persistantes, ressemble beaucoup à un Laurier. Ses feuilles sont alternes, elliptiques, acuminées, entières, très-glabres, portées sur de courts |)étioles. Les fleurs sont pelites, dioïques; les mâles forment de petites panicules axiUaires, tandis que les femelles sont solitaires. Toutes les parties de cet arbre, mais particulièrement ses fruits, ont une odeur piquante et une saveur aromatique un peu acre, fort analogues à celles du Giroflier. Ces fruits sont une des quatre épices fines. On les trouve dans le commerce sous les noms de Noix de Girofle ou Quatre-Épices. Le Ravensara est aussi cultivé à l'IIe-de-France et à Mascareigne.
RAVET. INS. Nom vulgaire du Blatla Americana. r. Blatte.
RAVIA. rot. Le genre ainsi nommé par Nées d'Esenbeck et Martius, dans leur Travail sur le groupe des Fraxinellées, a été réuni par Auguste Saint-Hilaire au genre Go///jea, dans la famille des Ru tacées. /^.Galipée.
RAVIER. ROT. (Paulet.) Groupe de Champignons établi par Micheli, mais qui n'a point été conservé dans les méthodes publiées postérieurement.
RAVONET. BOT. F. Raifort.
RAY-GRASS. bot. V. Ivraie.
RAYON. BOT. Dans le capitule d'une plante de la famille des Syiianlhérécs, on nomme Rayon l'ensemble des corolles nu fleurons autour du disque.
RAYON DE MIEL. coNCii. Nom vulgaire et marchand du y en us Corbi's, L.
RAYON-VERT. rept. Espèce du genre Crapaud.
RAYONNANTE, min. De Saussure a traduit par ce mot le nom allemand de Slrahlstein ([ue Werner donnait à l'Amphibole-Actinote. On a aussi appliqué ce nom ii d'autres minéraux qui se présentent comme l'Actinote en cristaux aciculaires et radiés. Ainsi l'on a nommé :
Ravonnaivte en godttière, le Sphènc canaliculé.
Rayonnante vitredse, l'Épidote aciculaire du Dauphiné.
RAYONS, pois. ^.Nageoires.
RAYONS MÉDDLLAIRES. bot. On nomme ainsi des lames de tissu cellulaire que l'on trouve soit dans le liber soit dans le corps ligneux des végétaux; ces lames sont comprimées dans le sens de l'épaisseur du tronc, et dirigées du centre à la circonférence ; sur une coujie horizontale, elles paraissent comme les lignes horizontales d'un cadran, tandis que dans le sens longitudinal, ce sont en quelque sorte des taches allongées, qui coupent les fibres ligneuses.
RAYONS DU SOLEIL. coNCB. et moll. Nom vulgaire et marchand du Telliiia variegata et du Murex Hippocastanum, L.
RAYURE JAUNE PICOTÉE. iNS. Geoffroy désigne ainsi la Phalœna atomaria de Linné. A'. Phalène.
RAYURE A TROIS LIGNES. iNS. Nom donné par Geoffroy à la Phalène Irijjle raie, Phalœna plagtala, L., Phalœna duplicata, Fabr. r. Phalène.
RAZINET. BOT. (Gaiidel.) L'un des noms vulgaires du Sedum reflcxuin, dans l'Occitanie.
RAZON. Novacula. pois. On a aussi écrit Rason. Genre de l'ordre des Acanthoptérygiens, de la famille des Labroïdes, si nombreuse en esiièces variées des plus belles couleurs, mais si difficiles à distinguer. Les Razons sont fort semblables aux Labres pour les formes, mais leur front descend subitement vers la bouche par une ligne tranchante et presque verticale, formée de l'elhinoïde et des branches montantes des intermaxillaires. La peau est couverte de grandes écailles; leur ligne latérale est interrompue; leur mâchoire arinéi' d'une rangée de dents coniques, dont les mitoyennes plus longues, et leur palais est pavé de dents hémisphériques. On les avait d'abord placés parmi les Coryphœnes dont ils n'ont même pas l'aspect général, ni les coecums nombreux, ni les petites écailles molles, et seulement à cause du tranchant de leur front, encore que cette forme n'afl'ecte pas les mêmes parties exactement dans les Coryphœnes, où elle tient à la crête interpariétale. On y voit au reste la raison qui mérita les noms qu'on a donnés à ces Poissons, que de tout temps on a comparés à des rasoirs. L'espèce la plus connue est le Razon de la Méditerranée. Encycl. Pois., pi. .55, fig. 127, Novacula viitgaiis, très-bien figuré dans Salvien, 217, et dans Rondelet, 140. C'est un très-beau Poisson rouge, rayé de bleu, et dont la chair est estimée. Entre les autres espèces du genre, on peut encore distinguer pour leur élégance le Rasoir bleu, Encycl., pl. ô4, fig. 132, le Cinq- Taches, Encycl., pl. ôô, fig. 120. et le Perroquet. Cor}-
Il E B
phœna Psillacus, t., qui est l'un dos plus beaux Poissons des mers de la Caroline.
RAZOUMOFFSKYNE. MIN. Substance terreuse, molle, happante à la langue, d'un blanc de neige et quelquefois d'un vert-pomme, que l'on trouve à Kosemlilz en Silésie, avec la Pimélile et la Clirysoprase. Elle a Mé analysée par John qui en a obtenu : Silice. 30; Alumine, 10,88; Potasse, 10,37; Eau, 20; oxyde de Nickel, 0,73; oxyde de Fer, Chaux et Magnt'sie, 2. Mais suivant Dobereiner, ce serait un silicate d'Alumine, de Chaux et de Nickel. On voit que la délermination de celte subslance laisse beaucoup à désirer.
UAZOUMOWSCKYA. bot. Le genre ainsi nommé et proposé par Necker, dans lequel il plaçait les espèces de Guis qui n'ont que trois parties à la fleur, n'a pas été confirmé.
RAZUMOVIA. BOT. (Sprengel.) Synonyme de Calomérie. ^. ce mot.
RÉA. Hea.BOT. Genre de la Famille des Synanihérées, irihu des Chicoracées, institué par Berlero ou plutôt par De Caisne, pour quelques Chicoracées à tige ligneuse, que le premier a observées et recueillies dans l'île de Juan-Fernandez, dépendante du Chili. Les caracl(>res distinctifs des liea sont : capitule multitlore; involucre imbriqué; réceptacle ou plan ou concave, dépourvu de paillettes, alvéolé, à bords subfîmbrillifères; akènes écliancrés à la base et au sommet, comprimés, ou le plus souvent trigones, avec les angles ailés; aigrette composée de poils nombreux, inégaux, fragiles, denticulés, blanchâtres ou blonds, ne dépassant pas l'iiivolucre. Toutes les espèces <le Réa sont ligneuses et forment de petits arbres de dix à vingt pieds d'élévation, dont la lige et les rameaux, terminés par des bouquets de feuilles du centre desquelles s'élève une large panicule, ne rappellent aucune des formes des végétaux européens; le tronc est occupé par un canal médullaire d'une largeur différente, suivant les espèces, et que la moelle en vieillissant et se rétractant, finit par laisser creux ; l'écorce est lisse, verdàtre; l'épiderme qui recouvre les jeunes rameaux est privé de lenticelles.
Réa de Bertero. Bea Beiteiona , De Caisne. Ses feuilles sont arrondies-cordées ou pinnées, à une ou deux paires de folioles ovales-obtuses; celles qui se prolongent vers l'extrémité de la lige sont linéari-lancéolées, et diminuent d'autant plus de longueur qu'elles se rapprochent plus de la panicule terminale qui est rameuse, composée de capitules portés sur de longs pédoncules penchés. Les écailles extérieures de l'involucrc sont ovales et foliacées; les intérieures sont lancéolées, submembraneuses; le réceptacle est nu; l'aigrette est blanchâtre, aussi longue que le tube de la corolle.
RÉACTIFS. On désigne par cette expression tous les corps, quel que soit leur état, susceptibles d'apporter quelque changement dans la nature d'un composé et d'y produire une combinaison nouvelle. C'est sur l'emploi savamment dirigé des Réactifs que repose entièrement la pratique si difficile de l'analyse chimique.
RÉALGAR. MIN. L'un des noms de l'Arsenic sulfuré rouge. K. ce mot.
RÉAUMURIE. Beaununia. bot. Cerne de la famille
des Ficoïdées. et de la Polyandrie Pentagynie, L., offrant un calice raonosépale. à cinq divisions profondes et incombantes latéralement, accompagné exlérieurement de plusieurs petites feuilles linéaires. Corolle régulière, de cinq pétales aussi longs que le calice, munis à leur base interne de deux appendices membraneux, étroits, finement découpés à leur partie supérieure; élamines nombreuses, libres, hypogynes, ayant les anthères globuleuses et à deux loges, s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal; ovaire libre, comme pyramidal, surmonté de cinq styles et devenant une capsule à cinq loges qui s'ouvre en cinq valves. Ce genre se compose d'une seule espèce, Rcaunui ria vermiculala, L.; Lamk., III.. tab. 489, fig. 1. C'est un petit arbuste d'un à deux pieds de hauteur, dont les tiges rameuses sont couvertes de Irèspetlles feuilles linéaires, étroites, courtes et charnues; les fleurs sont blanches, solitaires et terminales. Celte plante croît dans toutes les régions méridionales du bassin de la Méditerranée, c'est-à-dire en Egypte, en Barbarie, en Sicile, etc. Une seconde espèce rapportée à ce genre, sous le nom de Reainnuria hypericoides, L., est une plante encore fort douteuse, puisque, pour Marschall, ce n'est qu'une simple variété de la précédente; pour Labillardière c'est un Hypericum qu'il nomme allernifolimu; et pour Willdenow enfin, elle forme un genre particulier qu'il nomme Beaumalix hypericoides.
REBBE. BOT. Synonyme vulgaire de Betterave.
REBÈTRE, REBLETTE, REBLOT. ois. Noms vulgaires du Troglodyte. F. Sylvie.
RÉBIDE. Rebis. eot. Genre de la famille des Giossulariées, institué par Spach, qui le caractérise de la manière suivante : Heurs hermaphrodites ou dinïqucs par avortemenl; calice campanule, à segments étalés et dressés, plus courts que le tube ou tout au plus d'égale longueur, avec le sommet infléchi; nectaire petit, adné au calice et dépourvu d'écailles; pétales insérés à l'orifice du calice, très-petits, un peu arrondis, anguleux à leur hase; élamines insérées au tube du calice, trèscourtes, portant des anthères ellipti(|ues, échancrées à leur base, réluses au sommet ou bien couronnées par une glandule concave; ovaire soudé ou libre au sommet; style non divisé ou bien bifide; stigmates au nombre de deux et subglobuleux. Les Rébides ont été détachées du genre Ribcs, et sont toutes originaires de l'Amérique; elles constituent des arbustes de faible élévation, non épineux, garnis de feuilles glanduleuses ou pubérules,de fleursjaunesou rougeâtres, ordinairement accompagnées de bractées membraneuses.
RËBLE ET RIÈBLE. BOT. Synonymes vulgaires de Galium Àparine, L., ou Grateron. /''. Gaulet.
REBOUILLIA. BOT. {Hépaliqiies.) Raddi a fondé sous ce nom un genre particulier aux dépens des Marchantes; il a pour type le Marcliaiitia hemisphœrica, qui ne paraît pas différer suffisamment des autres Marchantes pour être considéré comme un genre distinct. f^. Marchante.
REBOULEA. BOT. Le genre institué sous ce nom, dans la famille des Graminées, par Kunth (Gram., i, 541, t. 84), ne diffère pas du genre Eatonia, précédemment publié par Raffinesque. F. Éatonie.
REBROUSSÉ. Retioversus. bot. On dit des rameaux (|ii'ilssoiil Rebroussés, lorsqu'ils ont leur direction vers 1.1 lerre, direction que l'on observe dans une variété lie Frêne, dans le Gincko, etc., clc. Il ne faut pas conlundre, comme on le fait trop souvent , les rameaux Kebroussés avec les rameaux pendants; ce dernier terme doit être réservé pour les rameaux du Saule pleureur, (|ui naissent dressés et qui par l'effet de leur poids ou de leur grande mollesse retombent à partir d'une cerlaine distance de leur origine.
REBROUSSES, bot. L'un des noms vulgaires de VjEvidium elalinuiii, Champignon qui croit sur le Sapin où il forme des pustules disposées sur deux séries longitudinales de la nervure moyenne des feuilles de 1'^bies pectinata.
RECCllIE. Beccliia. bot. Genre établi par Mocino et Sessé dans leur Flore inédite du Mexi(|ue et publié par Ue Candolle (Sj-st. nat., i, p. 411). Il fait partie de la famille des DJIléniacées et offre pour caractères : un calice formé de cinq sépales égaux et étalés; une cololle de cinq pétales alternes et plus longs, rétrécis à leur base et denticulés à leur sommet; dix étamines; deux ovaires globuleux, glabres, terminés chacun par un style court, qui porte un stigmate capitulé; le fruit n'est pas connu. Le Recchia Mexiiaiia, seule espèce (|ni compose ce génie, est un arbuste rameux, dont les i.imeaux sont volubiles, les feuilles alternes, ovales, «iblongiies; les Heurs jaunes, disposées en petites grappes.
RECEPTACLE UE LA FLEUR, bot. C'est le point d'uii naissent les diverses parties de la Oeur, et qu'on désigne plus généralement sous le nom de Toius. l^. ce
RÉCEPTACLE COMMUN DES FLEURS, bot. C'est la partie sur laquelle s'insèrent les diverses Ueuis qui composent un capitule, dans la famille des Synanthélées et dans quelques autres familles. /'. CLiN\iiiTHEet
POORANTHE.
RÉCEPTACLE DES GRAINES. BOT. /'oj. Tropiio- SPERUE.
RÉCEPTACULAIRE. Receptaculuiis. bot. Mirbel ilésigne ainsi le style, quand au lieu de s'attacher sur l'ovaire, cet organe est implanté sur un réceptacle plan.
RÉCEPTACUHTE. Receptaculites. polyp. foss. Del'rance a signalé un corps assez singulier auquel il a donné ce nom ; il est composé de deux couches distinctes; la corticale se compose d'un réseau à loges carrées ou en losange, ou ovalaires; à l'angle des loges il y a ordinairement un petit trou qui pénètre toute ré|)aisseur. Ces corps, qui sont d'une forme conique, irrégulière, à base plus ou moins large, paraissent appartenir à la classe des Polypiers. A Chimay, dans un terrain ancien.
RECEVEUR A. bot. Ce genre, indiqué dans la Flore du Brésil, doit rentrer dans le genre Hypericuiii, dont les caractères généraux ne sauraient le détacher.
RECHINÉ, rois. Espèce du genre Coryphœne. K. ce mot.
RECISE. BOT. (Cbomel.) Synonyme do Getuu iirha-
UECLAMEUR. ois. Espèce du genre Merle, y. ce mot.
RECLU MARIN. POLVP. L'on a quelquefois donné ce nom au Hponyia Dumunula, à cause du Pagure Ilerinite qui habite souvent les Coquilles que ce Polypier recouvre. Bosc dit que c'est une Ascidie qu'on appelle ainsi.
RÉCOLLET. OIS. L'un des noms vulgaires du Jaseur. V. ce mot.
RECTANGIS. BOT. Nom donné par Du Petit-Thouars (Hist. des Orchidées des îles Australes d'Afrique, tab. 55) à une plante des iles de France et de Mascareigne qui, suivant la nomenclature linnéenne, doit recevoir celui iVAntjrœcum rectum.
BECTEMBRIÉES. Recteiubriœ. bot. Brown et De Candolle ont donné ce nom à l'une des deux grandes divisions suivant lesquelles ils ont partagé la famille des Légumineuses. Elle renferme toutes celles qui ont la radicule droite, circonstance qui est toujours liée avec une forme particulière de la graine.
RECTIDENT. bot. Synonyme d'Orlhodon. r. ce mot.
RECTIFLORE. Recliflonis. bot. On dit que la calathide est Rectiflore quand tous les Heurons qui la composent sont parallèles à son axe.
RECTOPUYLLIS. bot. Nom donné par Du Petit- Thouars {Hist. des Orchidées des îles Australesd'Afrique, tab. 95) à une plante de Madagascar, qui, suivant la nomenclature linnéenne, doit être nommée Bulbopliylluiii erecCum.
RECTRICES. OIS. Nom que portent les plumes composant la queue, et qui servent en quelque sorte de gouvernail pour la direction de l'Oiseau dans l'exercice du vol.
RECTUM. looL. y. Intestin.
RECURViKOSTRA. ois. (Linné.) Synonyme d'Avocetle. y. ce mot.
REDOU, REDOUL ET REDOUX. BOT. Synonymes vulgaires de Coiiaria myrtil'olia, L. y. Coriaire.
REDOUTÉE. Redutea. but. Ce genre de Malvacées, établi par Vcntenat (Jard. Cels., t. ii), adopté par Kuiilb, doit être, selon Adrien De Jussieu (l'Hur. Bras, merid., i, p. 251), réuni au Fiigosia dont il offre tous les caractères, y. Fugosie.
REDOWSKIA. bot. Cbamisso et Schlectcndal (Linnœa, i, p. 33, tab. 2) ont décrit et figuré sons le nom de RedowskiaSopliice/'olia, une Crucifère formant un genre nouveau, mais que ces auteurs n'ont pu ni suffisamment caractériser, ni classer, attendu l'état incomplet des silicules et des graines de cette plante qui avait été cueillie dans l'Asie boréale et occidentale par Redowski. Cette plante a une racine épaisse et vivace, qui offre à son collet les débris des anciens pétioles et des anciennes tiges; de ce collet s'élèvent deux ù trois feuilles et autant de petites tiges portant les Heurs. Les feuilles radicales sont péliolées, pinnées, à segments piiinatifides; elles ressemblent aux feuilles du Sisymbriiiiit Sofjhia, et elles sont couvertes de poils blancs, très-courts, qui leur donnent un aspect farineux. Les tiges portent quelques feuilles simplement pinnées, et sont surmontées de fleurs pédicellées, blanches, qui forment plusieurs grappes disposées en une sorte de corymbe. Le calice est à quatre sépales ov.iles, oblus,
OU
Ijlaiichûlres sur les bords et poilus. La corolle est du double |)lus grande que le calice, formée de pétales égaux, onguiculés, dont le limbe est obové et entier. Les étamines sont courtes, à filets non dentelés et glabres; lasilicule, non mûre, est glabre, renflée, presque globuleuse, atténuée à sa base, surmontée d'un style long d'une demi-ligne et d'un stigmate bilobé.
RÉDUPLICATIF. liedujilicalivtis. bot. On nomme estivation Réduplicative celle dans laquelle les parties ou les lobes d'un verticille se toucbent par leurs bords qui sont repliés au deliors.
RÉDV\E.Jie(luvius. ins. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Uéléroptères, famille des Géocorises, tribu des Nudicolles, établi par Fabricius aux dépens du grand genre Ciniex de Linné, et adopté par tous les entomologistes, avec ces caractères : corps allongé; tête longue, petite, portée sur un cou ordinairement fort distinct, ayant souvent un sillon transversal, qui la fait paraître comme bilobée. Yeux arrondis; deux petits yeux lisses et apparents; antennes longues, sétacées, très-grêles, ordinairement de quatre articles. Labre court, sans stries, recouvrant la base du suçoir; bec court, arqué, de trois articles dont le deuxième est plus long que les autres; ce bec est découvert à sa naissance; son extrémité est reçue dans une gouttière du dessous du corselet, qui dépasse peu ou point la naissance des cuisses antérieures; suçoir composé de quatre soies roides, très-fines, écailleuses et pointues. Corselet triangulaire, très- distinctement bilobé; le lobe antérieur ordinairement plus petit et séparé du second par un sillon profond. Écusson triangulaire; élytres de la longueur de l'abdomen au moins; jambes dépourvues d'épines terminales; tarses fort courts, de trois articles. Abdomen convexe en dessous, ses bords souvent relevés, composés de six segments dont le dernier recouvre l'anus ; ce dernier organe chez les femelles est sillonné longitudinalement. Ce genre se distingue des Zélus et des Ploières parce que ceux-ci ont le corps linéaire et les quatre pattes postérieures très-longues et filiformes. Le genre Nabis s'en éloigne parce que son corselet n'est point bilobé; les Iloloptiles en sont distinguées parce que leurs antennes n'ont que trois articles; enfin les Pétalocheires s'en distinguent fort bien parleurs pattes antérieures dilatées d'une manière extraordinaire. Les Réduves se nourrissent des sucs des autres insectes, ils les sucent avec leur bec aigu. Quelques espèces emploient des ruses pour surprendre leur proie; ainsi on voit souvent dans les maisons, le Uédnve masqué et surtout sa larve, couverte d'ordures et se tenant immobile dans un coin de muraille; elle attend, ainsi déguisée, que quelque insecte, trompé par son apiiarence, s'approche d'elle, croyant ne voir que de la poussière ou un corps inanimé, et elle se jette sur lui. Quelquefois elle s'approche doucement de sa victime, afin de ne pas l'effrayer et ne saute dessus que quand elle est arrivée à une distance convenable. Lepelletier de SaintFargeau et Serville pensent qu'elle fait la guerre aux Punaises des lits. La piqûre des Réduves est très-douloureuse pour l'Homme. On connaît un trèsgrand nombre d'espèces de ce genre, mais peu sont propres à l'Europe, les plus grandes habitent l'Amérique,
l'Afrique et l'Asie. Un général, elles font entendre un petit bruit causé par le frottement de l'articulation de la tête avec le corselet.
Rëdbve masqbé. Reduvius personatus, Fab., Latr. ; Cimea; personatus. Lin.; la Punaise Mouche, Geofp., Ins. Paris, i, 9-3. D'un brun noirâtre, sans taches. Taille, huit lignes. Commun en France et à Paris.
RÉÉVESIE. Beevesia. bot. Genre de la famille des Stcrculiacées, établi par Lindiey, avec les caractères suivants ; calice clavato-campanulé; son limbe est inégalement partagé en trois ou cinq divisions; corolle composée de cinq pétales hypogynes, dont les onglets arrivent à la hauteur du tube du calice; ils sont calleux au sommet, avec les limbes inégaux et étendus ; tube staminal allongé, soudé avec le carpophorc, urcéoléau sommet qui est ample, libre, à cinq divisions trianthérifères; anthères exlrorses,adnées,à deux loges divariquées et dont les valves sont disposées transversalement; ovaire stipité, soudé avec le tube staminal, à cinq loges dilatées, renfermant chacune un ovule attaché ))resi|ue perpendiculairement à l'angle central; cinq styles courts et réunis; stigmates simples; capsule ligneuse, à cinq angles, à cinq loges portant au milieu les cloisons, ce qui les rend bipartites ; deux semences superposées dans chaque loge, ovato-globuleuses, avec un test coriace et lisse, un ombilic ventral.
Rëévesie tuyrsoïde. Beevesia Ihyrsoidea, Lindiey. C'est un arbre de moyenne élévation, dont les feuilles sont alternes, pétiolées, lancéolées, acuminées, trèsentières et glabres. Les Heurs sont blanches, rassemblées en coiymbe terminal; le calice est tomenteux. De la Chine.
RÉFLÉCHI. Beflexus. bot. Un organe est considéré comme Réfléchi lorsque sa partie inférieure étant parallèle à l'axe, la partie supérieure se trouve déjetée au dehors.
RÉFLEXINE. BOT. Bridel a proposé ce nom comme français, pour désigner son genre Anacamptodon. V . ce mot.
RÉFRACTAIRES. MiK. On api)elle ainsi les substances minérales qui demeurent infusibles à l'action du chalumeau.
RÉFRACTION DOUBLE. Le phénomène de la double Réfraction de la lumière, dans son trajet à travers les milieux cristallisés, se lie intimement à l'étude de la minéralogie; car il n'est presque point d'espèce minérale qui n'ofl^re, au moins dans quelques-unes de ses variétés, une structure cristalline; et le phénomène dont il s'agit, résultant de cette structure particulière, se montre toujours en rapport avec les diversités qu'elle |)résente. Son observation, faite avec précision, fournit au naturaliste-physicien d'excellents caractères qui s'ajoutent à ceux que donnent le clivage et les formes exléiieures, et qui peuvent même suppléer à leur absence dans un grand nombre de cas. Le rayon de lumière que l'on introduit dans l'intérieur d'un cristal transparent, est, suivant l'heureuse expression de Biot, une sorte de sonde très-déliée, au moyen de laquelle on interroge sa structure moléculaire, et l'on i)arvient souvent à reconnaître jusqu'aux plus légères variations dans sa composition chimique.
On sai( que le phénomène de la double Réfraclion consisle en ce que le faisceau lumineux qui traverse nu cristal transparent, se partage généralement en deux autres faisceaux qui suivent des routes difFérenles, et donnent ainsi deux images des objets vus au travers du cristal, lorsque leur séparation est sensible. Mais cette bifurcation de la lumière n'est pas le seul fait remarquable qu'offre la double Réfraclion ; chacun des deux faisceaux dans lesquels se divise le faisceau incident, jouit de propriétés optiques qui ne sont pas les mêmes tout autour de sa direction, cl qui établissent par conséquent des différences entre ses côtés. On distingue dans un pareil faisceau quatre côtés différents, situés deux à deux dans des plans qui se croisent à angles droits, et dont les opposés jouissent des mêmes propriétés, tandis que ceux qui sont dans des plans différents ont des propriétés contraires; de là le nom de polarisation donné par Malus à cette singulière modification qu'éprouve la lumière directe lorsqu'elle traverse un milieu cristallisé.
C'est Uuygens qui a reconnu le premier la loi (jue sulL la double Réfraclion dans le Spath d'Islande et dans tous les cristaux dits à un axe: Fresnel en donna de|)uis une expression plus générale, qui convient à toutes sortes de cristaux, soit à un, soit à deux axes; mais ce célèbre physicien ne se borna pas à faire connaître la loi expérimentale du phénomène. Le premier il essaya d'en donner la théorie mécanique, et il vit bientôt qu'il ne pourrait découvrir la véritable explication de la double Réfraction, sans expliquer en même temps le phénomène de la polarisation qui l'accompagne constamment; c'est à quoi il est parvenu dans un Mémoire inséré au tome vu de ceux de l'Académie des sciences, et ce résultat est l'une des preuves les plus convaincantes que l'on puisse faire valoir en faveur de son hypothèse sur la nature de la lumière.
Dans la vuede faciliter l'intelligence des phénomènes optiques, il est bon de donner une idée de cette nouvelle théorie qui repose sur deux ordres de considérations mécaniques : les unes relatives à la nature de l'équilibre moléculaire dans les milieux cristallisés, les autres à la nature particulière des vibrations lumi-
On a déjà dit (art. Cristallograpoie) en quoi consiste cette agrégation des particules intégrantes d'un corps qui constitue la Cristallisation régulière. Ce qui la caractérise, c'est la manière symétrique dont ces molécules similaires sont espacées les unes par rapport aux autres, et le parallélisme exact de leurs lignes ou faces homologues. Ce parallélisme toutefois ne doit pas être considéré comme un résultat constant et nécessaire de toute cristallisation ou agrégation régulière (le molécules semblables; et il serait facile d'imaginer d'autres arrangements moléculaires , qui conservelaient à la masse tous les caraclèrcs d'une structuie homogène ; mais on a dû se borner au cas le plus .simple, qui est en même temps celui de la presque totalité des substances naturelles. Dans l'article précédemment cité, on a établi les caractères des principaux genres déstructure cristalline, ou, pour parler le langage des minéralogistes, des principaux systèmes de
cristallisation observés dans le règne minéral, sur les différences que présentent les espèces de ce règne dans leur clivage ou dans leurs formes extérieures; maison lient aussi les faire dériver de la considération des axes (le cristallisation, auxquels conduit l'examen des conditions générales de l'équilibre moléculaire.
Dans tout assemblage de molécules en é(|uilibre, .si l'on suppose qu'une de ces molécules se déplace infiniment peu, elle éprouvera aussitôt une résistance de l'élasticité du milieu environnant, et elle sera repousséc soit dans la direction même de son déplacement, soit dans une autre direction. Pour qu'elle tende à revenir à sa première position en suivant la ligne même de son déplacement, il faut que les forces partielles qui la repoussent de droite et de gauche, dans chaque plan passant par celte ligne, soient égales entre elles. Or, le calcul jirouve que dans tout système de points matériels en é(|uillliie, Il y a toujours, pour chacun d'eux, trois directions rectangulaires pour lesquelles cette condition est remplie ; et de plus ces directions sont les mêmes pour toutes les molécules du milieu, lorsqu'il est cristallisé. Ce sont ces trois directions fixes que Fresnel appelle les axes il'élasticité du milieu, cl que l'on doit considérer comme les véritables axes de cristallisation.
Si l'on prend ces trois axes pour axes de coordonnées du milieu, et que l'on représente par o", 6', C les forces élastiques qui se développent suivant ces trois directions rectangulaires, «, b, c seront les trois demiaxes d'une surface, ayant pour centre l'origine des coordonnées, et dont chaque rayon, élevé au carré, mesurera la force élastique du milieu, décomposée suivant sa direction. Ceci est encore un résultat du calcul; de plus, il y a toujours deux plans diamétraux qui coupent cette surface suivant un cercle; ils passent par l'axe moyen, et sont également inclinés sur chacun des autres axes. Les deux directions normales à ces plans jouent un rôle remarquable dans les phénomènes de double Réfraction. Si l'on coupe un cristal peipendiculaii'emenl à l'une de ces direclions, le rayon de lumière qui tombe à angles droits sur la surface, n'éprouve ni double Réfraclion ni dévialion en pénétrant le cristal. On donne à ces deux directions le nom (i'^txes (le [iéfraction ou d'Axes optiques, pour les distinguer des axes d'élasticité ou de cristallisation.
Maintenant les différentes valeurs des demi -axes a, b, c établissent entre les systèmes de cristallisation des différences qui sont en rapport avec les propriétés optiques correspondantes. Lorsque ces trois axes sont égaux entre eux, la surface dont les rayons servent à déterminer les élasticités du milieu, est celle d'une sphère, et chacun de ces rayons jouit de la propriété qui caractérise les axes optiques; on a le système de cristallisation du cube, pour lequel la double Réfraction est nulle dans toutes les directions. Si deux des axes de cristallisation sont égaux, la surface d'élasticité devient alors une surface de révolution autour du troisième axe; les deux plans diamétraux circulaires se confondent en un seul, et il en est de même des deux axes optiques : c'est le cas des crislanx à un axe , qui ajipaillenneiil au système de cristallisation du
thomboule, ou à celui du piisnie à base carrée. EuSn, quand les (rois axes decristallisalion sont inégaux, on a le cas des cristaux à deux axes , qui appartiennent aux systèmes de cristallisation des parallélipipèdes, dont les faces ne peuvent être rapportées à une seule ligne centrale. Dans ce cas, les phénomènes optiques qui ont lieu autour des deux axes, peuvent offrir des différences en rajiport avec la diversité des formes fondamentales des cristaux, ainsi que Biot Ta reconnu dans la double Réfraction du Pyroxène diopside comparée à celle de la Topaze.
Pour concevoir les causes mécaniques de la bifurcation de la lumière, et se rendre raison des principales circonstances de la marche des deux faisceaux dans les milieux cristallisés, il faut maintenant emprunter à la physique quelques considérations sur la nature des rayons lumineux. Or, voici celles qui servent de base à la théorie de Fresnel, et que l'on peut envisager comme n'étant autre chose qu'une exacte traduction des faits. Suivant cet illustre physicien, la lumière se iMopage dans l'espace et à travers tous les milieux transparents, non par un mouvement de transport, mais par un mouvement de vibration, à la manière du son ; et ce qui caractérise les rayons lumineux et les distingue des rayons sonores, c'est <|ue les vibrations des particules lumineuses ne s'exécutent pas dans la direction même des rayons, ou suivant la ligne de propagation de la lumière, mais transversalement, dans une direction perpendiculaire aux rayons, ou parallèle à la surface des ondes. Si ces oscillations transversales ont lieu constamment suivant une même direction, ou perpendiculairement à un même plan, passant par la direction du rayon, ce rayon est dit polarisé, et ce plan fixe est ce qu'on nomme alors son plan de polarisation. La lumière ordinaire diffère de la lumière polarisée en ce qu'elle offre la réunion et la succession d'une foule de systèmes d'ondes polarisées suivant toutes les directions. Mais à l'instant où un tel faisceau de lumière ordinaire pénètre dans un milieu doué de la double Réfraction, il est modifié par l'action de ce milieu, les différents mouvements vibratoires de ses ondes se décomposent suivant deux directions rectangulaires ti.xes, et par conséquent tous les systèmes d'ondes primitifs sont remplacés par deux systèmes, polarisés à angles droits, distincts et séparés l'un de l'autre par une différence de vitesse. Ce sont ces deux systèmes d'ondes, ou ces deux faisceaux composants, qui donnent naissance au phénomène de bifurcation dans l'intérieur du cristal, parce que leur différence de vitesse entraine nécessairement une différence de Réfraction. On sait, en effet, que la lumière ne se dévie, en passant d'un milieu dans un autre, que par suite du changement que sa vitesse a subie.
A l'aidedeces notions fort simples sur la constitution des milieux cristallisés et sur la nature de la lumière, il est facile d'établir les princi|ies généraux de la marche des deux rayons dans les cristaux à un axe, tels que les rhomboïdes de Chaux carbonatée. Lorsqu'un faisceau de lumière pénètre un rhomboïde de Spath d'Islande, dans une direction oblique à l'axe de ce rhomboïde, il se partage en deux autres faisceaux, dont l'un,
que l'on nomme le rayon ordinaire, est polarisé dans le plan delà section principale du rhomboïde, c'est-àdire dans un plan mené par ce rayon parallèlement à l'axe; et l'autre, qu'on nomme le rayon extraordinaire, est polarisé dans un plan perpendiculaire à la section principale. Dans le premier rayon, les vibrations lumineuses s'exécutent perpendiculairement à cette section, et par conséquent à l'axe du rhomboïde. Or, d'ajirès la structure cristalline propre aux rhomboïdes, toutes les rangées de molécules perpendiculaires à l'axe ne peuvent développer que des élasticités égales; elles agissent donc de la même manière pour modifier le rayon ordinaire, quelle que soit l'obliquité du rayon incident, et partant ce rayon ordinaire doit se propager dans l'intérieur du cristal avec la même vitesse dans tous les sens; il reste ainsi soumis à la loi de la Réfraction ordinaire. Il n'en est pas de même du second rayon ; ses oscillations s'effectuant dans le plan même de la section principale, et toujours perpendiculairement au rayon, leur direction sera variable par rapport à l'axe, selon l'obliquité différente du rayon lui-même; il y aura donc aussi variation dans les élasticités développées par le rayon, et par suite dans sa vitesse de propagation. Cette vitesse sera seulement constante pour toutes les directions du rayon qui sont perpendiculaires à l'axe; c'est-à-dire que la loi de la Réfraction extraordinaire s'assimile à celle de la Réfraction ordinaire, lorsque le rayon incident ne sort pas du plan perpendiculaire à l'axe du rhomboïde. En effet, les oscillations se font constamment alors dans le sens de l'axe, et les files de molécules parallèles à l'axe développent toutes des élasticités égales, comme les files perpendiculaires; ces élasticités sont seulement plus fortes dans les files parallèles, lorsque le cristal possède la double Réfraction répulsive, et plus faibles lorsqu'il est doué de la double Réfraction attractive.
Toutes ces conséquences de la théorie se vérifient avec la plus grande facilité sur les cristaux naturels. Si l'on prend un cristal prismatique de Chaux carbonatée limpide, et qu'on le place par une de ses bases sur un papier marqué d'un point d'encre, en regardant ce point par la face supérieure, et dirigeant le rayon visuel perpendiculairement à cette face, on ne verra qu'une seule image; mais si le rayon visuel s'incline soit d'un côté, soit de l'autre, on verra paraître à l'instant deux images dont l'écartement sera constant pour une même inclinaison, i|uel que soit le plan d'incidence, et qui toutes deux seront contenues dans ce même plan avec le rayon direct. Si, au lieu de placer le cristal sur une de ses bases, on le pose sur une de ses faces latérales, et qu'on observe par l'autre, on n'auia encore qu'une seule image pour l'incidence perpendiculaire, et des images doubles pour les incidences obliques; mais, dans ce dernier cas, l'écartement des images variera avec la position du plan d'incidence : il n'y aura que deux positions de ce plan, dans les(|uelles il contiendra à la fois les deux images, savoir : quand il sera parallèle à l'axe, ou quand il lui sera perpendiculaire; enfin, dans le cas de perpendicularité, on remarquera que le sinus de Réfraction extraordinaire et le siuus
d'incidence, seront dans un rapport constant, quelle c|ue soit l'inclinaison du rayon direct.
On peut aussi reconnaître par l'observation que lorsque les rayons sont parallèles à l'axe, non-seulement ils suivent tous deux la même direction, mais ils parcourent le cristal avec la même vitesse , et qu'au contraire leurs vitesses de propagation diffèrent le plus, dans le cas de perpendicularité ù l'axe, quoiqu'ils suivent encore la même route. On sait que l'on juge en général de la vitesse d'un rayon lumineux parle brisement qu'il éprouve à son entrée et à sa sortie du cristal sous des incidences obliques.
Quant à la loi mathématique qui détermine la direction du rayon réfracté extraordiuairement dans les cristaux à un axe, loi qui a été découverte par Huygens, et confirmée par les expériences de Wollaslon et de Malus, non-seulement Fresnel est parvenu à la déduire de sa théorie , mais il en a donné une expression plus générale, qui convient aux cristaux à deux axes; et de plus il a fait voir, le piemier, que dans ces cristaux les vitesses des deux rayons étaient variables, ou, en d'autres termes, qu'aucun d'eux ne suivait la loi de la Kéfraclion ordinaire. Lorsque le faisceau lumineux, étant perpendiculaire à la ligne moyenne, c'est-à-dire à la ligne qui divise en deux parties égales l'angle aijju des axes, tourne autour de cetle ligne, la vitesse du rayon ordinaire reste constante, et celle du rayon extraordinaire éprouve les plus grandes variations possibles; et réciproquement, loisque le faisceau lumineux tourne autour de la ligne qui divise en deux parties égales l'angle obtus des axes, le rayon ordinaire couserve la même vitesse, et la Réfraction extraordinaire passe du maximum au minimum.
On a vu que chacun des deux rayons dans lesquels se divise un faisceau lumineux qui traverse un cristal doué de la double Réfraction, a subi une modiâcalion particulière dont on a assigné la cause mécanique, et à laquelle on a donné le nom de polarisation. En effet, il manifeste, à sa sortie du cristal, des propriétés qui le distinguent essentiellement de la lumière ordinaire. Ou'un faisceau de lumière directe tombe perpendiculairement sur l'une des faces d'un rhomboïde de Spath d'Islande, une partie de ce faisceau, savoir ; le rayon ordinaire, continuera sa route directement, conformément à la loi de la Réfraction simple; l'autre partie, le rayon extraordinaire, suivra une roule différente. Maintenant, si l'on fait tomber le rayon ordinaire perpendiculairement à la surface d'un second cristal dont la section principale soit parallèle à celle du premier, ce rayon restera simi>le et suivra la loi de la Réfraction ordinaire. Si la section principale du second cristal est perpendiculaire à celle du premier, le rayon restera encore simple, mais il ne continuera point sa route en ligne droite, et deviendra rayon extraordinaire. Si les deux sections principales sont inclinées, le rayon se bifurquera, mais les intensités des deux nouveaux rayons, ordinaire et extraordinaire, seront inégales. De même, si l'on reçoit le rayon extraordinaire du premier cristal sur la surface d'un second cristalqu'onluiprésenteperpendiculairement, ce rayon lestera siniplcetexti-aordinaire quand les sections prin-
cipales sei'ont parallèles; il restera encore simple, mais se comportera comme un rayon ordinaire, quand les deux sections seront à angles droits ; et enfin, dans les positions intermédiaires, il se divisera d'une manière inégale. Dans tous les cas de cette nature, où un rayon polarisé reste simple ou bien se divise inégalement, un rayon de lumière ordinaire se diviserait toujours en deux faisceaux d'égale intensité.
C'est à Biot qne l'on doit la distinction des deux sortes de Réfraction extraordinaire auxciuelles il a donné les noms de double Réfraction attiuctive et de double Réfraction répulsive. 11 a remarqué que dans certains cristaux, comme ceux du carbonate de Chaux, du phosphate de Chaux, de la Tourmaline, de l'Émeraude, le rayon extraordinaire est toujours éloigné de l'axe par la Réfraction plus que le rayon ordinaire, tandis que dans d'autres substances, telles que le Cristal de Roche, la Topaze, les sulfates de Chaux et de Baryte, le rayon extraordinaire se trouve toujours plus rapproché de l'axe. Ces différences sont constantes pour les mêmes substances, en sorte qu'elles peuvent fournir des caractères propres à les distinguer les unes des autres.
Dans l'article Minéralogie ont été indiqués les principaux moyens que le naturaliste peut employer pour reconnaître si une substance est douée de la double Réfraction : le plus simple consiste à chercher si elle produit le phénomène de la double image lorsqu'on regarde un objet à travers deux faces opposées, ce qui doit toujours avoir lieu si la face tournée vers l'œil n'est ni parallèle ni perpendiculaire à un axe de Réfraction; et encore, dans ces derniers cas, la double Réfraction n'est-elle nulle que pour les incidences perpendulaires. Ce phénomène de la double image ne s'observe toutefois à travers des faces parallèles que quand la double Réfraction est très-énergique, comme dans le Spath d'Islande et dans le Soufre. Dans les autres cristaux, tels que ceux de Topaze et de Quartz, la bifurcation des rayons a toujours lieu dans les mêmes circonstances, mais si faiblement, qu'il faudrait des plaques très-épaisses pour la rendre sensible. C'est pour cela que l'on taille alors ces cristaux de manière que la face de sortie soit inclinée sur la première; car alors les { deux rayons ne sortant plus dans des directions parallèles, finissent toujours par se séparer, si on les suit assez loin.
On trouvera dans le même article un autre procédé à l'aide duquel on peut déterminer si un corps possède la double Réfraction, sans être obligé de le tailler ni d'opérer sur des plaques épaisses. Le moyen consiste à faire usage d'un appareil composé de deux lames de Tourmaline. Il est fondé sur une propriété remarquable, que Biot a découverte dans celte substance, et qui paraît tenir à ce que sa structure n'est pas parfaitement homogène. Ce physicien a observé que la Tourmaline, taillée parallèlement à son axe, exerce la double Réfraction quand elle est mince, et la Réfraction simple quand elle est épaisse ; mais celle qu'elle conserve dans ce dernier cas est la Réfraction extraordinaire. En conséquence de celte propriété, si l'on a une plaque à faces parallèles, dont l'épaisseur excède quelques cen-
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lièmes de milliinèlie, el qu'on l'expose perpendiculai- ] rcinenl à un rayon de lumière ordinaire, loule la lumière transmise se trouve polarisée dans un seul sens. Aussi, lorsqu'on présente cette i)Iaque à un rayon polarisé, dont le plan de polarisation est perpendiculaire à son axe, elle le transmet entièrement; mais si ce plan esl parallèle ù l'axe, elle arrèle le rayon en totalité. Il suit de là que si l'on superpose deux plaques semblables, de manière que leurs axes soient croisés à auffles droits, le point de croisement est toujours opaque, i|uelle que soit l'espèce de la lumière incidente; car la seconde plaque arrête nécessairement les rayons que la première a transmis; mais si l'on place entre ces plaques une lame d'une autre substance douée de la double Réfraction, le rayon transmis par la première plaque se divisera dans cette lame en deux faisceaux polarisés en sens contraire, et par conséquent il y aura loujours des rayons disposés de manière ù être transmis par la seconde plaque. Cependant il y aura des cas où la division du rayon en deux faisceaux diversement polarisés, n'aura pas lieu si le plan de la lame n'est pas oblique à son axe de Réfraction; mais on pare à celte difiSculté en faisant mouvoir la lame sur ellemême, en même temps qu'on l'incline légèrement entre les deux Tourmalines.
On a vu que la double Réfraction est nulle lorsque la direction du rayon incident est parallèle à l'axe de cristallisation, ou lorsqu'elle lui est perpendiculaire. Aussi une plaque de Spath d'Islande à faces parallèles, taillée dans le sens de l'axe ou dans le sens perpendiculaire, donne toujours des images simples lorsqu'on ap|)lique l'une de ces faces contre l'œil, de manière à ne recevoir que les rayons qui suivent la direction de la normale; mais si la seconde face de la plaque esl inclinée sur celle que l'on tourne vers l'œil, les images ne restent simples que dans le cas où celle dernière face est perpendiculaire à l'axe de Réfraction. De lu le moyen que l'on emploie pour reconnaître la direction de cet axe, el pour la distinguer des aulres directions dans lesquelles la Réfraction double peut aussi disparaître : la première est la seule qui puisse donner des images simples à travers des faces prismatiques.
Lorsqu'on présente un cristal à un rayon polarisé par une face taillée perpendiculairement à un axe de Réfraction, on observe autour de cet axe des phénomènes de coloration qui peuvent aider à reconnaître la classe à laquelle le cristal appartient. Si le cristal est à un axe, on aperçoit une multitude d'anneaux colorés concentriques, partagés par une grande croix noire dont les branches vont en s'évasant à partir du centre. Si la substance possède deux axes, on peut aussi observer des anneaux colorés autour de chacun d'eux, mais ils ne sont plus partagés régulièrement en quatre (|uadrans par une croix noire; ils sont seulement traversés par une ligne droite centrale, ou par des lignes courbes qui ne passent point par le centre.
RÉGALEC. Regalecus. pois. Genre de l'ordre des Acanlhoplérygiens, et de la famille des Ta;nioïdes, caractérisé par de petites pectorales et nue première dorsale à rayonssimples,peuétendue,uneseconde régnant sur presque toul le long du corps; mais les Régalées
manquent d'anale ainsi <|ue de caudale, et leurs ventrales tlioraci(iues se réduisent à de très -longs filets. On ne connaît encore que trois espèces de ce genre, dont l'une, qui était le Gymnetrus Hussein àe Shaw, se trouve dans les mers de l'Inde; la deuxième, /{e^a/ecus lanceolalus, a été formée par Lacépède, d'après une peinture chinoise bariolée d'or el de brun ; la troisième est la plus remarquable, en ce que les pêcheurs du Nord l'ont appelée Roi des Harengs [Jiex Halecum), parce qu'on la trouve parmi les troui)es innombrables de ces Poissons, dont probablement elle se nourrit. H paraît qu'elle atteint aux grandes dimensions, et qu'il en existe de vieux individus qui ont jusqu'à dix pieds et plus de long. Celte espèce, dont le corps s'amincit en queue pointue, presque Uagelliforme, a sa première dorsale peu élevée, et ses longues ventrales terminées chacune par un disque membraneux. On la trouve surtout dans les mers de Norwége. 11 ne faut pas confondre ce Poisson avec la Chimère arctique, à laquelle on a aussi donné le nom vulgaire de Roi des Harengs.
REGALEOLUS. ois. Dans Aldrovande, c'est le Roitelet qui esl aussi appelé Reijillus.
RÉGIME. liOT. Dénomination vulgaire, adoptée dans la plupart des voyageurs, des spadiccs de Palmiers; c'est ainsi que l'on dit un Régime de Dattes. On a étendu ce nom aux Rananes.
RÉGINE. REPT. Espèce du genre Couleuvre.;^', ce mol.
RÉGLISSE. Glycrrihiza. bot. Genre de la famille des Légumineuses el de la Diadelphie Décandrie, L., composé d'enviion huit à neuf espèces qui, presque toutes, croissent dans les régions méridionales de l'Europe; une seule (Glycynltizn lepMota, Nutta!) habile l'Amérique septentrionale. Ce sont des plantes vivaces, à racines très-longues, rampantes el cylindriques, d'une saveur douce el sucrée. Leurs feuilles sonj imparipinnées; leurs fleurs ordinairement violacées ou blanches forment des épis axillaires. Leur calice est nu, tubuleux,à cinq lobes aigus, disposés en deux lèvres ; l'une supérieure bilobée, el l'autre inférieure à trois divisions. La corolle est papilionacée; son étendard esl ovale, lancéolé, dressé, la carène esl composée ordinairement de deux pélales non soudés, droits el aigus; les élamines sont diadelphes; le style est filiforme. Le fruit consiste en une gousse ovoïde, oblongue, comprimée, uniloculaire, contenant nne à quatre graines.
Parmi les diverses espèces de ce genre, il en est une surtout tort intéressanle, c'est la Réglisse glabre, Gl/cxirhiza ijlabra, L.; Rich., Bol. Méd., 2, p. 557. Celle espèce croît dans les provinces méridionales de la France, en Esi)agne, en Ualie, etc.; c'est sa racine qui est connue et si fréquemment employée en médecine sous le nom de racine de Réglisse. Elle esl longue, cylindrique, de la grosseur du doigt, brunâtre extérieurement, d'un jaune intense à l'intérieur; sa saveur est très-douce et sucrée, surtout quand elle est récente. D'après l'analyse qui en a été faite par Robiquel, la racine de Réglisse se compose : l» d'Amidon; 2» d'Albumine; ô" de Ligneux; i" de phosphate et de malate de Chaux el de Magnésie; 5" d'une matière réslneu.sc un peu Acre; 0» d'une matière sucrée, parliciillèje, qu'on nomme Glycyrrhizine; 7" d'une aiiln- nialièie