KEN
Inïdes. La corolle, qui manque dans nn assez grand nnmlire de genres, se compose de deux, cinq, ou d'un plus grand nombre de pélales, lanlôl plans, lanlot creux, irréguliers et brusquement onguiculés à leur base. Ces pétales sont décrits comme des nectaires par Linné et les auteurs qui ont suivi son sysli^me. Les élaniines sont en général en nombre Indéterminé, libres et attacliées ii une sorte de proéminence qui fait sulle au pédoncule et porte également les ovaires. Les antlières, à deux loges, sont continues aux filets. Les pistils sont monospermes, uniloculaires, tantôt réunis en grand nombre et formant ime sorte de capitule, tantôt polyspermes, au nombre de deux à cinq, libres ou soudés entre eux par leur côté interne; très-rarement ils sont solitaires par sulle d'avortement. Chaque ovaire porte un style souvent persistant, prenant même quelquefois beaucoup d'accroissement; il naît conslamment, non du sommet de l'ovaire, mais latéralement. Le stigmate est simple. Les fruits sont, tanlôt des akènes réunis en capitules globuleux ou ovoïdes, dont le style persistant se prolonge quelquefois en une longue <iueue barbue; d'autres fois, ce sont des capsules allongées, au nombre d'une à cinq, uniloculaires et polyspermes, s'ouvrant par une seule suture longitudinale, ou soudées ensemble de manière à former une capsule pluriloculaire; très-rarement les fruits sont cbarnus. Les graines, solitaires ou atlacbées sur deux rangs à la suture interne de chaque capsule, offrent un embryon très-petit, ayant la même direction que la graine, et renfermé dans la base d'un endosperme charnu, quelquefois très-dur.
Les Kenonculacées sont en général des plantes herbacées, le plus souvent vivaces, quelquefois sous -frutescentes; leur racine est fibreuse ou fascieulée; leurs feuilles, alternes dans tous les genres, excepté dans les Clématites, sont en général plus ou moins découpées en lobes nombreux et quelquefois très-fins; leur pétiole est dilaté et engainant à sa base. Un certain nombre d'espèces a des feuilles parfaitement simples et entières, qui peuvent être assimilées aux prétendues feuillessimples des Buplèvres et des Acacies de la Nouvelle -Hollande, c'est-à-dire que ce sont des phyllndes ou pétioles dilatés; les fleurs sont hermaphrodites , quelquefois très-grandes et de couleurs très-brillantes. Toutes les plantes de cette famille sont plus ou moins acres et vénéneuses.
Dans le premier volume du Systema naturale Fegelabiliiim, le professeur De Candolle déciit cinq cent neuf espèces appartenant à cette famille. De ce nombre, cent dix-neuf croissent en Europe, soixante-huit dans le bassin de la Méditerranée, trente et une en Orient, soixante-deux en Sibérie, dix-neuf dans l'Inde, vingt-quatre à la Chine et au Japon, dix-huit à la Nouvelle-Hollande, huit au cap de Bonne-Espérance, six aux Canaries, quatre aux Antilles, soixante-quatorze dans l'Amériiiue septentrionale, six au Mexique, trenledeux dans l'Amérique méridionale, auxquelles il faut ajouter cinq espèces nouvelles décrites par Auguste de Saint-Hilaire dans sa Flore du Brésil; enfin dixhuit espèces sont communes à l'ancien et au nouveau continent. Les genres de la famille des Kenonculacées sont assez nombreux; on peul les disposer de
la manière suivante, ainsi que l'a proposé le professeur De Candolle :
I"; tribu : Clématidées.
PréHoraison valvaire ou induplupiée; pétales nuls ou plans; fruits monospermes ou indéhiscents, souvent terminés par une queue plumeusc; graine pendante; feuilles opposées.
Clemalis, L.; Naiavelia, DC.
Il" tribu : Anémohées.
Préfloraison du calice et de la corolle imbriquée; pétales nuls ou plans; fruits monospermes, indéhiscents, terminés à leur sommet en queue ou en une pointe courte; graine pendante; feuilles radicales ou alternes.
Thalictium, h. \ Anémone, L.; Hepatica, Dill.; Hydiastis, L.; Knowllonia, Salisb.; Adonis, L.; Hamadryas, J.
111" tribu : Renoncïi.ées.
Préfloraison du calice et de la corolle imbri(|uée; pétales bilabiés ou munis à leur base inlcrne d'une trèspetite écaille; fruits monospermes et indéhiscents; graine dressée; feuilles radicales ou alternes.
Myosurus , L.; Ceratocephalus , Mœnch; Ttanunculiis, L.; Ficaria, Dill.; Casalea, St.-Hil.; Aplianostemma, St.-Hil.
IV" tribu : Helléborées.
PréHoraison du calice et de la corolle imbriquée pétales nuls ou irréguliers, nectariformes; calice péta lol'de, quelquefois irrégulier; capsules uniloculaires polyspermes, s'ouvrant par une suture longiludinale
Callha, L.; Trollius, L.; Eranthis, Salisb.; Helle borus, L.; Coptis , Salisb.; Isopyrum, L.; Gandella L.; Niijella, L.; Aquilegia, L.; Delphiniiim, L.; Aco niliim, L.
A la suite de ces divers genres, on place les Aclœa, Zanthorhiza et Pœonia , qui diffèrent des quatre tribus précédentes par quelques caractères. Quant au genre Podophyllum, que Jussieu avait placé dans la famille des Kenonculacées, le professeur De Candolle en a fait le type de sa famille des Podophyllées. f^. ce mot.
Les Kenonculacées forment un groupe extrêmement naturel, dans la série des Dicotylédones polypétales. Quelques ressemblances extérieures se remarquent entre la fleur des Renoncules et celle des Alisina, qui appartiennent aux Monocotylédones. Cette ressemblance est surtout très-grande entre le genre Cazalea de Saint-Hilaire, dont la corolle n'est formée que de trois pétales qui simulent les trois sépales colorés des Alisma; mais ces derniers s'en distinguent facilement par leurs étamines périgynes, et surtout par la structure de leur embryon. Les rapports des Kenonculacées avec les Papavéracées, bien que ces deux familles ne puissent pas être éloignées, ne sont pas tels qu'il ne soit très-facile de les distinguer sur-le-champ. La structure des ovaires est surtout la différence la plus sensible. Les Kenonculacées se rapprochent davantage des Dilléniacées, qui en diffèrent totalement par leur port.
RENONCULE. lianunculiis. moll. Espèce du genre Cône.
RENONCULE. Jianunculus. bot. Type de la f;imille dos Renoiiculaci'ps, et l'un des genres de celte famille les plus nombreux en espèces. Les Renoncules sont des plantes herbacées, vivaces, très-rarement annuelles; leur racine est fibreuse ou fasciculée; leur tige est quelquefois rampante, portant des feuilles alternes, simples ou diversement lobées, un peu engainantes à leur base. Les Heurs sont blancbes. jaunes ou rouges, diversement disposées; le calice est régulier, formé de cinq sépales caducs; la corolle se compose de cinq pétales plans, onguiculés à leur base, où ils portent intélieuremcnt une petite fossette glanduleuse dans les espèces à fleurs blancbes, et une petite lame dans celles à Ueurs jaunes. Les étamines sont fort nombreuses; les pistils, également en grand nombre, forment une sorte de capitule globuleux on ovoïde. Les fruits sont de petits akènes comprimés, munis vers leur sommet d'une petite pointe latérale, nus ou couverts de tubercules. Les espèces de ce genre sont extrêmement nombreuses. Le professeur De Candolle (5)'s/. nat. f^eg.. 1. p. 2.31 ) en décrit 153 espèces qui sont dispersées dans presque toutes les contrées du globe. Sur ce nombre, on en compte quarante-quatre dansl'Europe tempérée et septentrionale, vingt-sept dans les régions méditerranéennes, neuf en Sibérie, trois au Japon, neuf à la Nouvelle Hollande, deux aux îles Maurice et de Masca reigne, trente-deux dans les diverses parties de l'Amérique, et douze qui sont communes à l'ancien et au nouveau monde.
f Fleurs blanches.
RElï0^c^LE a feuilles d'.4comt. Ranunciilus aconilifoUus, L., Sp. Cette belle espèce, qu'on cultive abondamment dans les parterres sous le nom de Bouton d'argent, croît naturellement dans presque toutes les régions montueuses de l'Europe. Ses tiges s'élèvent à une hauteur de deux à trois pieds, surtout dans les jardins; elles sont rameuses, dressées, glabres ou légèrement pubescentes; ses feuilles sont pétiolées, divisées en trois à sept lobes palmés, incisés et dentés; les fleurs sont blanches, de grandeur moyenne, terminant les ramilîcalions de la tige; leur calice est étalé. C'est surtout la variété à fleurs doubles qu'on cultive dans les jardins; elle aime une terre fraîche et un peu ombragée, et se multiplie en éclatant la racine; elle craint en général le froid, et il faut la couvrir d'un peu de litière pendant les grands froids de l'hiver.
C'est à cette section qu'appartiennent toutes ces jolies espèces qui nagent à la surface des étangs et des ruisseaux, où elles étalent leurs feuilles lînement découpées, et leurs fleurs blanches à fond doré; telles son! les Ranunciilus ai/iiatilis, R. panthotrix, etc. Dans les hautes chaînes des Alpes et des Pyrénées, on trouve encore un grand nombre d'espèces à fleurs blanches, comme les Ranuncvlus Pyrenœxis, R. angustifolius, R. amplexicaulis et R. parnassifolius, qui ont les feuilles simples; les Ranunciilus /llpeslris, R.glacialis, R. Seyuierii, R. rulœfolius,elc.,inn ont les feuilles profondément lobées.
tt Fleurs jaunes.
Renoncdle bulbeuse. Ranunculus bulbosus , L.,
Rich., Bot. méd., 2, p. 615. Très-commune dans les
9 DICT. DES sciences KAT.
pelouses un peu humides et les lieux incuUcs, celle espèce est eu outre vivace; sa lige est haute d'environ un pied, renflée en forme de bulbe à sa base, et dressée; les feuilles sont pétiolées, Iripartites; chaque division est elle-même partagée en trois lobes cunéiformes. Irilobulés et dentés. Les fleurs, solitaires au sommet des divisions de la tige, ont leur calice poilu et fortement réfléchi.
REnoNcciE ACRE. RoTiunculus acris, L., Rich.. Bot. méd., 2, p. 210. C'est celte espèce dont on cultive dans les jardins une variété à fleurs doubles sous le nom de Bouton (l'or. Elle croît communément dans les prés et les bois; ses tiges, hautes d'environ deux pieds, sont cylindriques, lisses, un peu glauques; ses feuilles sont pétiolées, profondément incisées en trois ou cinq lobes digilés,aigus,divisés et dentés. Les fleurs sont solitaires au sommet des rameaux qui sont cylindriques et non striés. Le calice est poilu et étalé; les pétales sont obcordés. La variété à fleurs doubles se cultive très-communément dans les jardins.
Renoncble SCÉLÉRATE. Ranuuculus sceleratus, L., Rich., Bot. méd., 2, p. 617. Rien de plus commun que celle espèce dans les endroits tourbeux, sur le bord des mares et des étangs. Elle est annuelle; ses tiges sont dressées, épaisses, cylindriques, striées et (îstnieuses, Irès-ramifiées dans leur partie supérieure. Les feuilles radicales sont glabres, pétiolées orbiculaires. à trois ou cinq lobes subcunéiformes, obtus, incisés, à dents arrondies et obtuses. Les feuilles caulinaires sont sessiles, lancéolées, irrégulièrement incisées; les supérieures sont tout à fait entières. Les fleurs sont Irèsj petites et très-nombreuses. C'est sur cette espèce que Loureiro avait fondé son genre Hecatonia.
Renoncule Flammule. Ranunculus Flammula, L., Rich., Bot. méd., 2, p. 617. Cette espèce, que l'on nomme vulgairement Petite Douve, est vivace; elle croît trèscommunément sur le bord des mares et des ruisseaux. Ses liges, traçantes inférieurement, sont rameuses , légèrement pubescentes, portant des feuilles simples, lancéolées, aiguës, rélrécies en pétiole à leur base, légèrement et inégalement dentées dans leur contour. Les fleurs sont assez petites, solitaires et terminales.
Ces diverses espèces, et plusieurs autres du même genre, comme les Ranunculus replans, R. auri'comus, R. Tliora, R. arvensis, etc., sont remarquables par l'àcrelé de leurs différentes parties. Les fruits encore verts paraissent être l'organe où cette âcreté esl le plus intense ; elle est due à un principe volatil, qui se détruit en grande partie, et souvent même en tolalilé, par la dessiccalion ou l'aclion de la chaleur. C'est ainsi que ces plantes, qui, fraîches, seraient extrêmement nuisibles aux troupeaux, peuvent leur servir de nourriture lorsqu'elles ont été desséchées. Appliquées sur la peau, les feuilles confuses des diverses espèces citées précédemment, en déterminent non-seulement la rubéfaction, mais bientôt la formation d'ampoules, et par conséquent la vésication. Iniroduit à l'intérieur, le suc de la Renoncule acre occasionne une vive inflammation des organes de la digestion; et si la dose a été un peu considérable, c'est alors un véritable
poison acre qui peut donner lieu aux accidents les plus graves et même à la mort.
RENOivctiLE DES JARDINS. Hamiticxilvs ÀsiitticHS, L. Celte belle espèce est celle que l'on cultive si abondamment dans les jardins, où ses fleurs semi doubles offrent un si grand nombre de variétés. Sa racine se compose d'une touffe très-serrée de petits tubercules allongés, cbarnus, courts, que l'on désigne vulgairement sous le nom de griffe. La tige, liaule d'environ un pied, est pubescente, simple ou légèrement rameuse dans sa partie supérieure; les feuilles radicales, longuement pétiolées, sont pubescentes, découpées en trois lobes incisés ou simplement dentés; celles de la tige sont alternes et comme formées de trois folioles pétiolées, partagées en trois lobes incisés. Les fleurs sont jaunes dans l'espèce sauvage, mais elles varient aisément de couleur par la cuKure; elles sont grandes, terminales; leur calice, d'abord étalé, est ensiiile réfléchi, et leurs fruits, en mûrissant, forment une sorte d'épi cylindrique. Cette plante, originaire de l'Afrique septentrionale et de l'Asie mineure, présente dans les jardins un nombre prodigieux de variétés, qui peuvent se rapporter à deux races principales, savoir, les Renoncules pivoines et les semi-doubles. Les premières ont leurs fleurs entièrement pleines et très-grandes; les secondes ont les fleurs moins grandes, et ofl'rpnt à leur centre les étamines et les pistils qui leur forment un cœur violacé-noirâtre. On dit que ce sont les Croisés, qui, à leur retour de la Palestine, ont les piemiers apporté en Europe quelques pieds de cette Renoncule; mais elle ne commença à se répandre dans les jardins que vers la fin du xvii« siècle. A cette époque, le sultan Mahomet IV, qui avait le goût de la culture des fleurs, était le seul qui possédât la Renoncule asiatique à Heurs doubles, dans ses jardins de Constantinople; on raconte qu'il était encore plus jaloux de la possession exclusive de ses Heurs que de celle de ses femmes. Cependant quelques Européens établis à Constantinople se procurèrent ù prix d'argent des graines de ces fleurs, et les répandirent en Europe, au grand regret de Sa Hautesse. Aujourd'hui le nombre des variétés est prodigieux; on multiplie les semi-doubles de graines, et les pivoines par les petites griffes qui se forment à côté des anciennes. Les Renoncules deman- «lent une terre légère et un peu humide. Leurs racines doivent être retirées de terre après la floraison, et conservées dans un lieu sec jusqu'au printemps suivant.
RENOKCULÉES. BOT. L'une des tribus de la famille des Renonculacées. y. ce mot.
RENONCULIER. BOT. Variété à fleurs doublesdu Merisier.
RENOUÉE. Polfgonum. bot. Genre qui sert de type à la famille des Polygonées, et que Linné a rangé dans roctandrie Trigynie. U offre les caractères suivants ; les fleurs sont hermaphrodites; leur périanthe est simple, à trois ou cinq divisions profondes et imbriquées; les étamines varient de trois à huit; leurs filets sont libres; l'ovaire, sessile au fond du calice, est triangulaire ou globuleux, à une seule loge contenant un seul ovule dressé; le style est très-court, quelquefois presque nul, terminé par deux ou trois stigmates ublus; le
fruit est un akène triangulaire ou un peu comprimé, souvent accompagné parle calice qui est persistant; il contient une graine qui le remplit en totalité et qui se compose, outre son tégument qui est très-mince, d'un endosperme farineux ou corné, sur l'un des côtés duquel est roulé l'embryon qui est grêle, cyliudri(|ue, recourbé, et dont la radicule est en général opposée au hile. Ce sont des plantes annuelles ou vivaces, rarement sous-frutescentes; quelques-unes naissent dans le voisinage des eaux ou nagent à leur surface. Les feuilles sont alternes, simples, terminées inférieurement par une oclirea ou gaine slipulaire, membraneuse, qui embrasse la tige. Les fleurs sont généralement petites, roses, disposées en épis simples, quelquefois en grappes rameuses ou en capitules.
Les espèces, fort nombreuses, ont été réparties en
sept sections dont plusieurs ont été considérées comme
des genres distincts par quelques botanistes.
t Endosperme farinacé.
I" section.— Bistorta.
Fruit triangulaire, plus grand que le calice; huit étamines; trois styles très-longs; tige simple, terminée par nu seul épi de fleurs; plantes vivaces. Cette première section renferme huit espèces, dont six sont originaires des montagnes de l'Inde et deux seulement de celles d'Europe, savoir : Polygonxim vivipanim et Polygonum Bistorta. Cette dernière espèce, connue sous le nom de Bistorle, croît dans les montagnes de presque toute l'Europe; on l'a aussi trouvée dans l'Améri(|ue septentrionale, le Japon et la Sibérie. Sa racine, (pii est charnue. allongée, de la grosseurdu doigt, brunâtre à l'cxlérieur, rosée intérieurement, présente le singulier caractère d'être deux fois coudée sur ellemême, d'oii lui est venu le nom de Bistorle (Radix bistorta). Sa saveur est astringente, surtout quand elle est fraîche; elle contient du tannin, de l'acide gallique, et une petite quantité d'acide oxalique. C'est un médicament tonique et astringent.
1I<' section. — Amelygoncm.
Fruit lenticulaire, acuminé, à angles arrondis, recouvert par le calice; étamines de cinq à sept; style bifide; fleurs en épis denses; plantes annuelles. On ne compte que quatre espèces dans cette section, où l'on remarque le Poljgonum orientale, connu sous le nom de grande Persicaire. C'est une espèce qui s'élève à six et même huit pieds de hauteur, et dont les fleurs, d'un beau rose, forment de longs épis pendants, disposés en une sorte de panicule. On la cultive dans les jardins comme plante d'ornement.
111= section. — Aconogonon.
Fruit à trois angles aigus; fleurs en grappes paniculées ou en capitules. Plantes vivaces. Quatorze espèces, dont une seule indigène ( Potygonum alpintim, L.), composent celte section.
U'c section. — Fagoptrcm.
Fruit triangulaire, beaucoup plus long que le calice; fleurs en grappes paniculées, à huit étamines et trois stigmates. Plantes annuelles. Cette section a été considérée, par Tournefort, comme genre particulier, sous le nom de Fagopyrum. Elle ne se compose que de trois espèces, parmi lesquelles se distingue le Sarrasin,
Polyyonum Fagopyrum, L., vulgairement Blé noir. f^. Fagopvrïb.
•ff Endosperme corné.
V"' section. — Tiniaria.
Fruit irianfïulaire, plus petit ([ue le calice; élamines ordinairement an nombre de liuit; trois stigmates; fleurs en grappes, en panicules ou capitulées. Plantes annuelles. On trouve liuit espèces dans cette section, dont deux seulement ( Polygonum Convolvttlus et Polygonum dumelorum, L.) sont indigènes.
VI« section. — Persicaria.
Fruit comprimé ou à trois angles arrondis, plus petit que le calice; de <|uatre à huit élamines; deux ou trois stigmates; Beurs en épis ou en capitules. Plantes annuelles, rarement vivaces. Cette section, dans la- <|uelle on compte cinquante-trois espèces, renferme des plantes qui croissent dans toutes les contrées du globe. Parmi les espèces indigènes, on remarquera \es Polygonum amphibinm, qui nage à la surface des eaux dormantes; Polygonum Peisicaria, très-commun sur le bord des étangs, ainsi que le Polygonum Hydropiper dont la saveur acre et piquante lui a fait donner le nom de Poivre d'eau, et surtout le Polygonum linclorium, qui paraît desliné à procurer à l'Europe les moyens de ne plus redouter les entraves à la circulalion de l'indigo préparé dans les colonies d'outre-mer. Vll= section. — Avicularia.
Fruit très-pelit, triangulaire, couvert par le calice; ordinairement huit élamines et trois stigmates sessiles. Plantes annuelles ou sous-frutescenles, à tiges grêles et couchées, et à Ueurs axillaires. Parmi les dix sept espèces qui forment cette section, on remarquera le Polygonum aviculare , L., connu sous le nom de Traînasse, si communie long des murs et dans les rues; le Polygonum equiseliforme , Sibth., qui croît en Grèce et en Egypte, que l'on a retrouvé récemment en Corse; et le Polygonum maritimum qui, sur les bords de la mer, remplace le Polygonum aviculare.
KENSSELyERI.i. bot. Ce genre, proposé par Beck, dans la famille des Aroïdées, ne diffère pas du genre Peltandra, précédemment établi par RafBnesque. ^'. Pel-
TANDRE.
REMJMNEETRENULlTE.TÎeMM/mo.MOLL.Cegenre, établi par Lamarck, a été reporté dans le genre Pénérople. A', ce mot.
RÉOPHAGE. Reophax. MOLi. Genre proposé par Monlfort, pour une Coquille multiloculaire microsco- |)ique de la Méditerranée; cette Coquille a élé placée par d'OrbJgny dans le genre Nodosaire.
REPANDRA. BOT. Le genre établi sous ce nom, par Lindiey, est rentré comme sous-division dans le genre Disa. y. ce mot.
RÉPARÉE. BOT. L'un des noms vulgaires de la Poirée ou Bette.
REPERIT. ois. L'im des noms vulgaires du Roitelet.
RÉPIDOLITE. Miin. Kabell donne ce nom à un minéral de Scbwarzenstein, que l'on avait d'abord assimilé au Talc chlorite, et qui cependant en diffère non-seulement par sa composition, mais par d'autres caractères dépendant de la forme et de la lumière. Il est cristallisé en tables hexagonales, avec des lamelles
triangulaires accolées; il est d'un vert émeraude par tiansparence. Son analyse donne : Silice 33; Magnésie 35; Alumine 13; protoxyde de Fer G; Eau 13. La Répidolite est ordinairement associée au Grenat et à l'Asbeste.
RÉPLICATIF. Replicalivus. bot. Les feuilles sont dites Réplicatives quand elles sont repliées transversalement en deux, le sommet venant à toucher la base.
REPRISE. Sedum Telephium. bot. Espèce du genre Orpin. f. ce mot.
REPRODUCTION, zool. ^. Organisation.
REPSl.ME. Repsimus. iNS. Coléoptères penlamères; ce genre, de la famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides, a élé établi par Leacli; il a beaucoup de rapport avec le genre Anoplognallie; mais les cuisses et les jambes des mâles sont très- renflées, et dans les deux sexes le clypeum est demi-circulaire.
Repsime bronzé. Repsimus œneus, Leacli ; Melolonlha œnea, Fab. Il est d'un noir-bronzé brillant; SCS élytres n'ont pas de points; le dessous du corps est d'un brun bronzé, velu, avec les côtés de l'abdomen tachetés de blanc; les pattes sont d'une nuance plus claire. Taille, sept pouces. De la Nouvelle-Hollande.
REPTATION. zooL. C'est à proprement parler l'alliue des Serpents, et non de tous les Reptiles, comme le nom de cette classe d'animaux pourraitle faire supposer. En effet, les Grenouilles et les Reinettes sautent, les Crapauds, les Salamandres et de lourds Sauriens se traîj lient; les véritables Lézards courent, les Crocodiliens marchent, les Sinicoïdiens glissent, les Tritons et les Chéloniens nagent, les Serpents seuls conséquemraent rampent dans l'étendue du mot, et parmi les Insectes les chenilles rampent aussi, ([uoiqu'elles aient des pattes. Cette allure consiste à rapprocher successivement une portion du corps en remplacement de la précédente qui s'est déplacée en avant. Elle peut s'exercer sinueusement ou en ligne droite. Les Mollusques gastéropodes rampent exactement sur le ventre.
REPTILES, zooi.. On a fait connaître à l'article Erpétologie ce qui concernait la branche des sciences naturelles qui traite des Reptiles, et les diverses classifications qu'on a imaginées pour en faciliter l'élude; il reste à considérer les animaux qui font le sujet de l'Erpétologie sous les rapports de leur organisation en général, du rôle qu'ils jouent ou qu'ils remplirent dans le vaste ensemble de la création. « C'est surtout dans la production des Reptiles, dit Cuvier, que la nature semble s'être jouée à imaginer les formes les plus bizarres, et à modifier, dans tous les cas possibles, le plan général qu'elle a suivi pour les animaux vertébrés; l'absence de plumes et de poils est la particularité qui les singularise peut-être le mieux. » Aussi est-ce d'après cette considération que Blainville propose de substituer le nom de Nudipellifèresà celui de Reptiles. Il n'en est pas non plus qui couve des œufs. ou qui nourrisse une progéniture pour laquelle presiiue tous témoignent une indifférence complète. Ils sont privés de mamelles et conséquemment de lait. Ils ont le sang froid quoique rouge, et ceci tient principalement à la manière dont, chez eux, s'exerce la respiration. » Les Repliles, dit Cuvier, ont le cœur disposé de manière qu'à chaque
contraction il n'envoie dans les poumons i|uUine portion du sang qu'il a reçu des diverses pailiesdu corps, et que le reste de ce Huide retourne aux organes sans avoir respiré; il en résulte que l'action de l'oxygène sur le sang y est moindre que dans les Mammifères et surtout que dans les Oiseaux. Comme c'est la respiration qui donne la chaleur au sang et à la fil)re la susceptibilité de l'innervation, outre que les Reptiles ont le sang froid, leur force musculaire est peu développée; aussi n'exercent-ils guère que des mouvements dej-eplation ou de natation; et, quoique plusieurs sautent et courent vite dans certaines ciixonstances, leurs habitudes sont généralement paresseuses, leur digestion lente, leurs sensations obtuses, et, dans les pays froids ou seulement tempérés, ils s'engourdissent presque tous durant l'hiver. « Leur cerveau, proportionnellement très-petit, n'est pas aussi nécessaire qu'il l'est chez les Mammifères ou chez les Oiseaux, à l'exercice des facultés animales et vitales; ils continuent d'agir durant un temps assez considérable quand on le leur a enlevé. On connaît l'expérience de Keddi, qui, ayant extirpé cet organe à une Tortue de terre, celle-ci vécut encore pendant six mois sans qu'elle eût éprouvé d'autre accident que la perte de la vue. On sait aussi que des Grenouilles mâles à qui l'on avait coupé la tête durant l'accouplement, n'ont pas cessé de poursuivre l'acte de la génération en fécondant jusqu'à la lin les œufs que produisaient les femelles. Entin des Salamandres, auxquelles on avait fait la même opération ou coupé les pattes, ont reproduit ces parties d'elles-mêmes, comme les Lézards et les Orvets reproduisent leur queue quand celle-ci vient à leur être enlevée par quelque accident.
Comme il n'est pour ainsi dire pas de formes qui soient communes à tous les Reptiles, et que les habitudes sont la conséquence des formes, ces habitudes varient considérablement, non -seulement selon les ordres, les familles et les genres, mais encore selon les espèces. Elles sont en général solitaires, Irisles et suspectes; aussi les Reptiles inspirent en général une horreur profonde, d'ailleurs motivée par le venin dont plusieurs sont munis. La plupart de ces animaux sont ovipares; il en est néanmoins qui produisent des petits vivants. Les uns ont quatre pattes, d'autres deux seulement, devant ou derrière. Les Serpents n'en ont pas du tout. Ceux-ci ont le corps couvert d'écaillés, ceux-là d'une boîte ou de boucliers osseux, les Batraciens l'ont nu avec la surface de la peau muqueuse. La plupart ont une queue, d'autres en manquent absolument. Ils vivent sans cesse dans l'eau, ou seulement selon leur âge et à certaines époques de développement, ou bien ils fuient l'humidité, se plaisant aux rayons du soleil le plus ardent. Quand la moindre lumière fatigue le Protée et que l'ombre est favorable à beaucoup d'espèces, la plus vive clarté semble ranimer divers Lézards. Outre qu'il en est qui marchent, rampent, sautent ou nagent, il en est qui voltigent. On en connaît de fort venimeux et de parfaitement innocents, de féroces et de familiers, de carnivores et d'herbivores, d'agiles et de lourds, d'élégants et d'horriblement laids, de bons à manger et d'autres dont la chair
répugne; les uns naissent sous des formes qui ne feront que se développer en giandissant, sans s'altérer beaucoup; d'autres, sans (|u'ils cessent jamais d'être des Reptiles, sont sujets à des mues ou changemenls de peau, comme on en voit dans les Chenilles; tandis que quelques-uns, passant par des métamorphoses aussi complètes que celles des Insectes, sont pour ainsi dire des Poissons durant une partie de leur existence.
Ou a déjà fait remar(|uer que le nombre des Reptiles augmente vers l'équateur, où l'élévation de la température supplée pour eux à la chaleur <|iii ne leur vient point de la circulation; ils y sont d'ailleurs incomparablement plus grands et plus agiles; ceux qui ont du venin l'y possèdent dans toute l'énergie qui est propre à ce singulier moyen de nuire. C'est vers le tropique septentrional et jusqu'à la ligne que se voient les Crocodiliens, les Tupinambis et les Boas, véritables géants entre les races rampantes. Là sont aussi les Cérastes et les Najas, les plus redoutables des Vipères. C'est toujours dans les zones chaudes, soit à la surface des terrains arides, soit dans la bourbe des marécages, soit enfin dans l'étendue des mers tièdes, qu'on rencontre les plus grands des Chéloniens. Il parait qu'il n'en existe ni d'eau ni de terre au-dessus du 46o nord.
C'est parmi les Chéloniens, les Crocodiliens, les Sauriens et les Batraciens qu'on compte les Reptiles fossiles les plus reconnaissables. Les couches les plus anciennes, qui en offrent des débris, appartiennent à cette formation de Calcaire compacte, que plusieurs géologues ont appelé Jurassique ou Calcaire à cavernes. La formation des Schistes métallifères en présente aussi. La Craie surtout .en contient de parfaitement caractérisés. Le Calcaire à Cérithes n'a guère offert encore que quelques restes de TorUies; mais il y en a fréquemment dans les Gypses des environs de Paris. Les côtes de la Manche et l'Angleterre, où on les recherche depuis quelque temps avec zèle, ont fourni les espèces les plus remarquables, qu'on crut d'abord leur être propres , mais qu'on commence à retrouver en plusieurs autres lieux de l'Europe. Plusieurs sites de la Belgique, le plateau de Saint-Pierre de Maéslricbt entre aulies, et les Schistes calcaires d'OEningen en Souabe, en renferment des espèces très-curieuses. Le Ptérodactyle est de ce dernier site. K. du reste les articles MososMiRE, Crocodile, Icbtbyosaijre, Piésio- SADRE, Ptérodactyle, etc.
RÉPUBLICAIN. OIS. Espèce du genre Gros-Bec. K. ce mot.
REQUEURIA. bot. PourRiqueria. >■'. ce mot.
REQUIEM. POIS. Premier nom que, dans les anciens voyages, on donnait au ^5?/«/j(s C'a; c/ia/ïas, dont l'apparition autour d'un nageur ne laissait aucun espoir, et équivalait à un Requiem. La prononciation en a fait Requin. F. ce mot.
RÉOUIÉNIE. Reqitienia. bot. Genre de Légumineuses établi par le professeur De Candolle (Ami. des Se. nat., 4, p. 91, et Mém. Légum., vi), et qui a pour type le Podalyria obcordata, Lamk., 111., tab. 327, fig. S. Voici ses caractères ; le calice est persistant, mais non accrescent, à cinq divisions aiguës et presque égales; la carène obtuse se compose de deux pétales
liliies. les étamiries monadelplies ont leuraiidropliore rendu supérieiiremciil; le slyle est filiforme, pres(|uc dioil; le fruit ovoïde, comprimé, monosperme, terminé par la base du style qui est persistante. Outre l'espèce mentionnée plus haut, ce genre en possède une seconde, Feqiiienia sphœrosperma, De Cand., Mém. Lég.. tab. 38. Ce sont deux arbustes originaires d'Afri- (|ue, ayant des feuilles simples, obcordécs, niucronées, penniverves, munies de deux stipules; des Heurs très-petites, groupées aux aisselles des feuilles. Ce genre est très-distinct du Podolyria; il se rapproche davantage des genres ylnth}'llis,Uallia et Heylamlia.
REQUIN. POIS. Espèce de Squale, type du sous-genre Carcharias. V. Sqoale.
RÉSEAU. REPT. Espèce du genre Typhlops. V. ce mot.
RÉSEAU BLANC, cosca. Nom vulgaire et marchand (lu Venus iigiina, L.
RÉSÉDA. Jtesctia. bot. Ce genre est le type de la famille à laquelle il a donné son nom, celle des Résédacées. Ses caractères consistent en un calice persistant, à quatre, cinq ou six divisions très-profondes et un peu inégales; une corolle formée d'un égal nombre de pétales, alternes avec les divisions calicinales, généralement composés de deux parties : l'une inférieure, entière et concave, l'autre supérieure, divisée en un nombre plus ou moins considérable de lanières inégales et obtuses. Les étamines varient en nombre de quatorze à vingt six; elles sont libres et liypogynes; en dehors des étamines, se trouve un disque annulaire, glanduleux, saillant, déjelé dans sa partie supérieure en une sorte de languette obtuse cl glanduleuse; c'est en dehors et à la base de ce disque que sont insérés les pétales. Le pistil, légèrement slipité à sa base, paraît formé de la réunion intime de trois carpelles et se termine supérieurement par trois cornes portant chacune un stigmate sessile. L'ovaire est à une seule loge, ouverte à son sommet entre la base des trois cornes; il contient un assez grand nombre d'ovules attachés à trois tropliospermes pariétaux, qui offrent le caractère remarquable de ne pas correspondre aux stigmates. Le fruit est une capsule plus ou moins allongée, ouverte naturellement à son sommet, uniloculaire et polysperme. Les graines, souvent réniformes, se composent d'un tégument assez épais, d'un endosperme mince et chainu, recouvrant un embryon recourbé en forme de fer à cheval. Les espèces de ce genre sont des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, à feuilles alternes, souvent munies de deux glandes à leur base. Les fleurs, généralement jaunes et petites, sont disposées en épi simple et terminal.
RÉSÉDA ODORANT. Rcseda odorata, L. Plante vivace dans sa patiie, qui est l'Africiue septentrionale, mais annuelle dans nos jardins où on la cultive très-abondamment, à cause de l'odeur suave que répandent ses Heurs. On peut, en l'ébourgeonnant et l'empêchant de fleurir la première année, en l'abritant du froid dans une serre, en former un petit arbuste qui dure pendant six ou huit ans.
Réséda des teinturiers. Reseda liitcola, Lin. Cette espèce, vulgairement connue sous les noms de Gaude
et d'Herbe à jaunir, croit communément en France, dans les lieux incultes. Ses tiges sont droites, simples, hautes de deux à trois pieds ; ses Heurs sont petites, et formant un long épi terminal. La décoction de cette plante est employée dans la teinture en jaune.
RÉSÉDA MARIN, polyp. Nom vulgaire du Piimnoa lepudifera. V. Primsoa.
RÉSÉOACÉES. hescdaceœ. noT. C'est le nom donné par Tristan à la famille dont le Réséda est le type, et qui contient, outre ce genre, VOchradenus de Delille qui n'en diffère que par un fruit légèrement charnu. Les caractères de cette famille doivent donc être les mêmes que ceux tracés pour le genre Réséda (;'. ce mot). Tristan plaçait cette famille entre les PassiHorées et les Cistées, mais néanmoins plus près de ces dernières. Dans ses CollccUinea botanica, tab. 22, John Lindiey a donné de la Heur du Réséda une explication d'où il résulte que lecalice serait un involucre commun, chaque pétale une fleur stérile, et le disque un calice propre, environnant une fleur hermaphrodite composée des étamines et du pistil. D'après cette manière de voir, les Résédacées se rapprocheraient des Eupborbiacées, qui ofl'renl une disposition à peu près analogue.
RESEDELLA. BOT. Le genre proposé sous ce nom, par Weeb et Berthelot, dans leur Flore des Canaries, a été considéré comme ne point différer sufiisamment du genre Oligomeris de Cambessède, pour ne pas lui être réuni, f . Oiigoméride.
RESINARIA. BOT. Le genre formé sous ce nom par Commerson, est une espèce de Badamicr ([ue Linné a décrite sous le nom de Terminalia Benzoin.
RÉSINES et GOMMES -RÉSINES. Par leur composition et leurs propriétés chimiques, les Résines se rapprochent beaucoup des huiles volatiles; elles semblent même être le résultat de l'épaississement de celles-ci par l'absorption de l'oxygène, phénomène que présentent plusieurs huiles volatiles, et notamment l'huile de Térébenthine. Elles sont solides à froid, fusibles au feu, mais moins que la cire, inflammables par l'approche d'un corps en igiiition en répandant beaucoup de noir de fumée, s'électrlsant par le frottement avec une grande facilité, plus ou moins odoranles, insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool, l'éther et les huiles volatiles, susceptibles de combinaisons avec les Alcalis, et pouvant les saturer à la manière des acides faibles. Non-seulement les végétaux, mais encore quelques animaux ou produits d'animaux fournissent des substances douées de toutes ces propriétés. AinsileMusc,leCastoréum,laBile,lesCantliarides,etc.. contiennent abondamment des matières résineuses, qu'il est facile de séparer par l'analyse chimique. La prédominance de l'huile volatile sur la substance résineuse fixe, fait que certaines Résines restent toujours fluides, ou plutôt conservent une consistance analogue à celle du miel. Telles sont, par exemple, les Térébenthines de Pins et autres Conifères, celle de Chio obtenue d'une espèce de Pistachier, les matières improprement nommées Baume de la Mecque, Baume de Copahu, etc. II sera question de cette classe de substances dans un article spécial, y. Térébentoines.
La plupart des Gommes-R(!sines sont produites par des vt?sélaux qui croissent dans les contrées les plus chaudes du globe, et qui appartiennent, en général, aux familles chez lesquelles la présence d'un suc propre, laiteux, contenu dans des réservoirs ou appareils sécréloires particuliers, est un des caractères les plus remarquables. Ce suc |)ropre découle des plantes, soit par des fissures naturelles, soit par des incisions qu'on leur pratique, et, en s'épaississant, il constitue une substance désignée sous le nom de Gomme -Résine. La nature des Gommes-Résines est fort diversifiée, et se complique de plusieurs principes immédiats, qui font considérablement varier leurs qualités physiques. Ainsi il en est qui renferment beaucoup d'huile volatile et sont très-odoranles; telles sont les Gommes- Résines des Ombellifères. D'autres contiennent une grande quantité de Résine et peu de Gomme; et réciproquement il y en a où la Gomme, la Bassorine, l'Amidon, la Cire, divers Sels, etc., existent en fortes proportions. Ces substances immédiates étant les unes solubles seulement dans l'eau, les autres dans l'alcool, leur mélange, en proportions diverses, donne naissance à des Gommes-Résines qui sont plus ou moins solubles dans ces véhicules; mais en général l'eau ne les dissout pas complètement; elle forme avec elles une sorte d'émulsion qui doit son opacité à la Résine, à l'huile volatile et à d'autres substances insolubles qui, à l'état d'une division extrême, restent suspendues dans l'eau au moyen de la gomme. L'alcool pur n'ayant d'action que sur les matières résineuses et sur l'huile volaille, n'en dissout qu'une partie. L'alcool faible, au contraire, les dissout presque complètement, surtout lorsqu'on favorise la dissolution par la chaleur; c'est donc le menstrue dont il convient de faire usage dans la purification des Gommes-Résines, de préférence au vinaigre que l'on employait autrefois. On fait un grand usage en médecine de plusieurs Gommes-Résines, principalement de celles où domine un principe volatil, qui a ordinairement des propriétés anti-spasmodiques trèsprononcées; tel est V^ssa fœticla. D'autres sont employées comme fondantes et résolutives, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur; enfin, il en est qui sont d'une nature tellement caustique, que l'on s'en sert comme vésicatoires. On les fait entrer dans la composition des préparations onguentaires et emplasiiques. Quelques Gommes -Résines répandent, en brûlant, une fumée blanche, épaisse, et très-aromatique ; elles sont la base des clous ou trochisques odorants, et on les emploie dans les fumigations.
Résine Alouchi. Bonastre (Journal de pharmacie, t. X, p. 1) a examiné une Résine nommée Alouchi, dont l'origine botanique est inconnue, mais qui a des ressemblances si grandes avec la Résine Caragne, qu'on la suppose produite par un arbre du même genre, probablement r/c!CO Aracouchini d'Aublet, Icica heterophylln, DeCand.
Résine Animé. On désignait autrefois sous ce nom insignifiant, diverses substances résineuses, provenant d'arbres exotiques et qui jouissaient à peu près des mêmes propriétés, c'est-à-dire qu'elles étaient en larmes jaunâtres ou blanchâtres, huileuses, d'une odeur
très-agréable, solubles dans l'huile et l'esprit de vin très-reclifié. Mais les anciens pharmacologistes ne se sont guère entendus sur les objets qu'ils ont décrits sous les noms à' Animé oriental, Animé noir. Animé du Mexique, Animé supérieur, etc. Ces noms se rapportent, en effet, à la Résine Copal, au Bdellium, et à diverses substances dont la nature est inconnue. Le mot de Résine Animé devrait donc disparaître de la nomenclature. Cependant il est encore employé par quelques auteurs de matière médicale, qui l'appliquent à la Résine de Courbaril, Hymœnea Courbant, l. V. Hï-
MÉNÉE.
Résine Assa foetida. f . Ass* foetida.
Résine BoELLitM. A'. Bdeli.icm.
Résine de ia bile. Les substances désignées sous ce nom par les chimistes, et retirées des biles de l'Homme, du Bœuf, de l'Ours, du Porc, etc., sont principalement formées, selon Chevreul, d'Acides oléi(|ue et margarique, de Cholestérine, de principes colorants, et d'un l)rincipe amer qui abonde surtout dans la bile du Porc.
Résine Cacoibod ou Chibou. Elle découle des incisions faites à l'écorce et au fruit du Bursera gummifera. Ce suc est limpide, d'un jaune ambré et se concrète facilement par la simple exposition à l'air. Cette Résine jouit d'une odeur pénétrante particulière, mais qui se rappioclie néanmoins de celle de la Résine Élémi.
Résine Caragne. Substance résineuse, oléagineuse, tenace, en morceaux de la grosseur d'une noix, diversement comprimés, durs, mais paraissant avoir joui d'une certaine mollesse, d'une couleur noir-verdâtre, opaque, et d'une odeur forte qui est analogue aux odeurs mélangées de Pin et de Tacamaque. On faisait autrefois quebjue usage de cette Résine qui était apportée du Mexique et de l'Amérique septentrionale. Elle découle de l'arbre qui a été nommé Amyris Carana par Humboldt { Relation du voyage, 2, p. 421 et 435), et qui a été réuni, avec doute, au genre Icica par Kunthet De Candolle.
Résine Copal. y. Copal.
Résine élastique. F. Caobtcuocc.
Résine ÉLÉMI. P'. Élémi.
Résine Épinette. On nomme ainsi le suc qui découle de VAbies Canadensis et que l'on nomme vulgairement Baume du Canada. 11 est jaunâtre, transparent et présente tous les caractères de la Térébenthine pure.
Résine Galbanum. y. Galbaniim.
Résine de Gaïac. F. Gayacine.
Résine de Gobart. y. Résine Cacdibou.
Résine jaïne. F. Poix-Résine.
Résine de Highate. Substance résineuse, jaune ou brunâtre, très-fragile, facilement fusible en matière limpide, qui se trouve en assez grande abondance à la colline dont elle porte le nom, située près de Londres. C'est une variété de Succin ou un Copal fossile.
Résine DE Jalap. K. Jalap.
Résine Laque. K. Laque.
Résine liquide. C'est le Baume de Copahu. ^. CopaaiER et Liqbidambar.
Résine Mastic l-'. Mastic et Pistachier Lentisqde.
Késine de l\ Mecque on Bacme de Jddée. f. Abiyris. Résine Olampi. Même chose que Résine Animé. Résine Opicm. ''. Opium.
Résiné Opopanax. f^ . Opopanax.
Réslne Sagapencm. y. Sagapenum. Résine Sandaraque ou Résine de vernis. A'. Sandaraque.
Résine Sang-Dragon. V. Ptérocarpe et SangDra-