‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 29 sur 103 · GON · texte numérisé non relu

GON

Résine Tacamaque. y. Cai.opbyllum et Tacamaqué.

RÉSINIER. BOT. Kom vulgaire et de pays du Bitiseta Americanu. f . Gomart.

RÉSlJNlTE.am.Ce nom s'emploie adjectivement pour désigner, dans les minéraux, les variétésqui, comme le Ouaiiz ou le Silex, se distinguent par un éclat qui se rapproclie de la Résine fraîchement cassée.

RESPIRATION. Tous les animaux placés au milieu d'un fluide subtil, qui forme autour du globe une couche épaisse, et qu'on nomme air atmosphérique, ont besoin, pour l'entretien de leur existence, d'en attirer à chaque instant une certaine quantité dans l'intérieur de leur corps. L'air, ainsi inspiré, est bientôt expulsé; car il se passe entre ce Huide elles organes des animaux une action intime et réciproque par Ie(iuel l'air perd ses propriétés vivifiantes; d'oCi il s'ensuit (|ue pour entretenir l'influence salutaire que ce fluide exerce sur l'économie, il est nécessaire qu'il soit renouvelé sans cesse. Les animaux qui en sont privés meurent plus ou moins rapidement. Cependant un grand nombre d'entre eux, vivant toujours au fond de l'eau, sembleraient au premierabord devoir être soustraits à l'influence de l'air, et par conséquent faire exception à la loi générale. Mais il n'en est pas ainsi; car le liquide dans lequel ils sont plongés absorbe et tient en dissolution une certaine quantité d'air, qu'ils peuvent facilement en séparer, et qui suffit pour l'entretien de leur existence ; aussi leur est-il impossible de vivre dans del'eau purgée d'air. Les végétaux sont dans le même cas ; tout être organisé, en un mot, a besoin pour l'entretien de sa vie, d'agir d'une manière particulière sur l'air atmosphérique ; il périt plus nu moins promptement lorsqu'il en est privé. La Respiration, car c'est ainsi qu'on nomme l'acte important dont il est ici question, est une fonction que l'on peut donc regarder comme étant commune à tous les êtres organisés, et il est permis de dire que partout oii il y a vie, l'air est nécessaire. Lorsque la Respiration d'un animal est arrêtée, on voit les différentes fondions vitales s'éteindre plus ou moins promptement, il survient un étal de mort apparente qu'on appelle asphyxie et qui ne tarde pas à être suivi de la mort réelle.

L'air est donc indispensable à la vie ; mais ce Huide n'est pas un corps homogène; la chimie y démontre l'existence de principes très-différents, et qui, par conséquent, peuvent ne pas agir de la même manière dans l'acte respiratoire. Outre la vapeur d'eau dont l'atmosphère est toujours plus ou moins chargée, l'air fournit par l'analyse 21 parties de gaz oxygène sur 79 d'azote. On y trouve aussi une petite quantité d'acide carbonique ; mais la présence de ce gaz parait être en quelque sorte accidentelle. On a donc cherché si ces gaz différents jouent le même rôle dans la Respiration,

ou bien si c'est à l'un d'eux qu'appartient plus spécialement la propriété d'entretenir la vie.

On savait depuis longtemps qu'un animal ne peut respirer une quantité donnée d'air que pendant un temps limité, après lequel cet air ne suffit plus aux besoins de la vie, et on avait soupçonné que ce changement était dû à l'absorption d'une portion de ce fluide. Mayow fit un grand nombre d'expériences trèsingénieuses pour constater ce fait; mais ce ne fut que vers l'année 1777, époipie à laquelle Lavoisier publia son premier Mémoire sur ce sujet, que l'on découvrit que la quantité d'oxygène contenue dans l'air atmosphérique diminue pendant la Respiration et (lue lorsque ce fluide en est totalement dépouillé, aucun animal ne peut y vivre. En effet, les animaux qu'on y plonge alors périssent aussi promptement que si on les privait complètement d'air. C'est donc l'oxygène qui donne à l'air atmosphérique la propriété d'entretenir la vie.

On a fait un grand nombre d'expériences pour déterminer combien, dans un temps donné, l'air perd de son principe vivifiant, l'oxygène, par la respiration de l'Homme. Suivant Menzies, la perte s'élève à 590 centimètres cubes dans l'espace d'une minute, et par conséquent à 830 décimètres cubes dans vingt-quatre heures. D'après Lavoisier et Séguin, elle n'est que de 733 décimètres cubes, ce qui coïncide à peu près avec le résultat que Lavoisier a obtenu des expériences dont ils'occupait, lorsqu'unemort prématurée vinll'enlever. Les recherches que sir II. Davy a faites sur ce sujet diffèrent peu par leurs résultats de celles du chimisie français. Il a calculé que 318 centimètres cubes d'oxygène sont consumés dans une minute, ce qui fait pour vingt-quatre heures 743 décimètres cubes. Une coïncidence aussi grande doit faire regarder cette évaliia- 1 tion comme étant une approximation très-grande de la vérité.On peut donc conclure <iu'un Homme consume plus de 750 décimètres cubes d'oxygène par jour; or, ce gaz ne formant que les 21/100 en volume de l'air atmosphérique, il s'ensuit que l'Homme emploie pour les besoins de sa respiration pendant cet espace de temps 3 mètres 3 décimètres cubes de ce Huide.

Par l'acte de la Respiration, tous les animaux dépouillent l'air d'une cerlaine quantité d'oxygène; mais les changements chimiques qu'ils déterminent dans la , composition de ce Huide, ne se bornent pas là. L'oxy- ; gène qui disparait est remplacé par un gaz nouveau ! qui est l'acide carbonique. Ce fut en 1737 que Rlack, en soutïlant à travers de l'eau de chaux, reconnut que l'air qui sort des poumons de l'Homme contient de l'acide carbonique. La production de ce gaz n'est pas un phénomène moins général parmi les êtres animés, que l'absorption de l'oxygène; c'est toujours un des produits de la respiration des animaux.

On a fait beaucoup de recherches pour connaître la quantité d'acide carbonique ainsi produit. Menzies considère le volume de ce gaz comme étant représenté exactement par celui de l'oxygène consumé. Les expériences de Crawford, de Dalton, de Thompson, d'Allen et de Pepys, s'accordent avec celles de Menzies; mais d'autres observateurs ont obtenu des résultats différents. Lavoisier trouva, dans sa première expérience sur uu

Cochon d'Inde, que l'oxygène consumé élail à l'acide carbonigue formé comme 20 esl à 1G,5, et dans sa seconde comme 20 est à 17,3. Mais il parait que, dans ses rccheiclies ullérieures, la proportion d'acide carbonique fui beaucoup moindre. Dans les expériences de sir H. Davy, la diminution de l'oxygène était également plus considérable que la production de l'acide carbonique; enfin Berlhollet, ainsi que plusieurs autres physiologistes, obtinrent aussi des résultats qui confirmèrent ces derniers faits.

Le rapport entre l'absorption de l'oxygène et la production de l'acide carbonique varie considérablement dans les différentes classes d'animaux. La plupart des Vertébrés à sang chaud paraissent présenter des phénomènes à peu près semblables à ceux qu'on a observés chez l'Homme; mais il n'en est pas de même chez les Poissons, par exemple; l'oxygène qu'ils absorbent, ainsi que l'ont prouvé Humboldt et Provençal, n'est jamais entièrement représenté par. la quantité d'acide carbonique produit, ce dernier ne s'élève au plus qu'aux quatre cin(|uièmes du premier, et souvent n'est même que la moitié de celui-ci. Chez les Papillons, celte différence est encore plus grande, comme l'a constaté le célèbre Spallanzani. On voit donc que tantôt la quantité d'oxygène qui disparait est représentée exactement par celle de l'acide carbonique produit, et que d'autres fois l'exhalation de ce gaz est moins active que l'absorption de l'oxygène : à moins toutefois qu'oji ne suppose (|ue le volume de l'acide carbonique formé soit toujours le même, et que dans ce dernier cas, la différence dépend seulement de l'absorption d'une portion de ce gaz par la surface pulmonaire. Si les choses se passent ainsi, plus la proportion d'acide carbonique mêlé à l'air que respire l'animal sera grande, plus cette dilférence entre la quantité d'oxygène qui disparait et celle de l'acide carbonique qui le remplace, devra être également considérable. Mais cela n'a point lieu; car, si l'on place un animal dans un vase renfermant une quantité déterminée d'air, on voit que c'est dans le commencement de l'expérience, c'est-à-dire lorsque l'acide carboni(|ue produit par sa Respiration est le moins abondant, que la diminution dans le volume du gaz est le plus marquée.

Diverses circonstances influent sur la quantité d'acide carbonique produit par la Respiration ; il en seia question par la suite; mais il faut rechercher auparavant d'où provient ce gaz. Conduits par l'analogie remarquable qui existe entre les phénomènes de la combustion et ceux que présente la Respiration, Lavoisier, et depuis lui, la plupart des physiologistes ont clé conduits à penser que l'oxygène qui disparait se combine dans l'intérieur des poumons, avec du carbone provenant du sang et se convertit ainsi en acide carbonique. En effet, les expériences de la chimie prouvent que, lors de la combustion du charbon dans l'air atmosphérique, la quantité d'oxygène qui disparait est remplacée par un volume égal d'acide carbonique, et (|uc la combinaison qui donne naissance à ce gaz est accompagnée d'un dégagement considérable de calorique. Dans la Respiration, on voit également une certaine quantité d'oxygène disparaître et être

remplacée par une (|uantité d'acide carbonique que souvent représente exactement celle de l'oxygène consumé. Il était donc naturel de croire que ces phénomènes ajialoguesétaientproduits par les mêmes causes, et que, dans la Respiration, la production de l'acide carbonique était due à la combustion d'une portion du carbone du sang par l'oxygène de l'air inspiré. Cette théorie semblait aussi expliquer un autre phénomène non moins curieux, celui de la chaleur animale; mais quelque séduisante qu'elle paraisse au premier abord, elle ne peut se maintenir aujourd'hui qu'un grand nombre de faits authentiques prouvent sa fausseté. En effet, si la production de l'acide carbonique n'était qu'un phénomène chimique dépendant de la combinaison de l'oxygène inspiré avec du carbone provenant du sang, un animal à qui on ferait respirer des gaz qui ne contiennent point d'oxygène, ne devrait plus en produire; or le contraire a lieu, ainsi que le prouvent des expériences nombreuses. Spallanzani, dans ses recherches importantes et variées sur la Respiialion , a observé ce fait chez un grand nombre d'animaux différents. 11 a constaté que des Limaçons, des Chenilles, des Papillons, des Poissons, des Lézards, des Salamandres et des Grenouilles, plongés dans du gaz hydrogène pur, exhalent une quantité plus ou moins considérable d'acide carbonique. Malgré l'évidence des conclusions qui se déduisent naturellement de ces expériences, la plupart des physiologistes n'en ont pas tenu compte, et ont continué à regarder la production de l'acide carbonique comme étant le résultat de la combinaison directe de l'oxygène inspiré avec du carbone |>rovenant du sang qui circule dans les poumons. Ceux même qui doutaient de la vérité de cette théorie ne regaidaieut pas l'exhalation de l'acide carbonique comme étant mieux démontrée; mais d'autres recherches, dans lesquelles on a eu soin de varier les conditions d'expérimentation de manière à ne laisser aucun doute sur la nature du phénomène de la Respiration, confirment les faits observés par Spallanzani, et paraissent avoir décidé complètement la <|uestion. D'après les expériences de Milne-Edwards, ù qui est dii en grande partie cet article, on voit que la présence de l'oxygène dans l'air respiré n'est pas nécessaire ù la production de l'acide carboni(|ue, non-seulement chez les animaux des classes inférieures, sur les<|uels Spallanzani a expérimenté, mais aussi chez les Mammifères.Ayaiit placé un jeune Chat dans une quantité déterminée de gaz hydrogène pur, il observa que l'animal continua pendant un certain temps (20 minutes à peu près) à exécuter des mouvements respiratoires, et il trouva, par l'analyse, que le gaz qui avait ainsi servi à la Respiration contenait de l'acide carbonique eli assez grande quantité. Mais bien que celte expérience prouve qu'il y a eu exhalation de ce gaz, d'où on peut conclure que le même phénomène a lieu dans la Respiration naturelle, il ne s'ensuivrait pas que la totalité de l'acide carbonique qui se produit alors fût le résultat de l'exhalation, si ce fait n'était constaté par d'autres expériences. On voit par quelques observations de Spallanzani, mais surtout par les recherches plus récentes de Milne-Edwards que les

Grenouilles, placées dans des conditions favorables, exlialcnl dans le gaz hydrogène aulant d'acide carbonique que lorsqu'elles respirent librement l'air atmosphérique pendant le même espace de temps. Or, la présence de l'oxygène n'étant point nécessaire à la production d'une quantité d'acide carbonique égale à celle qui est fournie pendant la Respiration dans l'air atmosphérique, on doit conclure que ce gaz est exhalé par la surface respiratoire et ne résulte pas de la combustion du carbone du sang dans l'intérieur des poumons, par l'oxygène inspiré, ainsi que l'ont pensé beaucoup de physiologistes.

On a vu plus haut que l'oxygène seul avait la propriété d'entretenir la vie, et que l'air dépouillé de ce principe, ne contenant plus que de l'azote, faisait périr plus ou moins promptement les animaux qui le respirent. On a conclu de là que l'azote était entièrement passif dans la production des pbénomènes de la lîespiration, et n'avait d'autres usages que de diminuer l'activité de l'oxygène en éloignant ses molécules. En effet, dans les expériences de plusieurs physiologistes, la quantité d'azote contenu dans l'air a été trouvée la même avant et après que ce Huide eut servi à la Respiration, u Nous nous sommes assuré, dit Lavoisier, que réellement il n'y a ni dégagement, ni absorption d'azote pendant la Respiration. " Les expériences d'Allen et Pepys, qui ont été faites avec toutes les précautiotis nécessaires, et toute l'exactitude que permet la grande perfection des procédés eudiométriques , leur oui également donné ce résultat; cependant il n'en a pas été de même dans d'autres recherches également bien conduites. Priestley trouva que non -seulement l'oxygène de l'air respiré était diminué, mais que l'a- j 2ole l'était aussi. Le même fait a été observé par sir i H. Davy ; selon ce chimiste habile, la quantité d'azote ([Ui disparait ainsi est à peu près le sixième de celle de l'oxygène absorbé. Henderson, Pfaff, Humboldt et Provençal, etc., ont obtenu des résultats analogues. D'un autre côté, le phénomène contraire a été observé ]>ar plusieurs expérimentateurs. Berlhollet trouva que la proportion d'azote, au lieu d'êlre diminuée, était un peu augmentée. Le même fait avait déjà été annoncé l>ar Jurine, et a été également observé par INyslen et par Dulong. Enlîn dans les expériences de Spallanzani et d'Edwards, ces trois résultats se sont iirésenlés tour à tour; tantôt la quantité d'azote était diminuée, tantôt elle n'avait subi aucun changement; d'autres fois au contraire elle était considérablement augmentée. Ces faits, en apjiarence contradictoires, mais tous également bien constatés, semblent au premier coup d'oeil difiBciles à concevoir. En effet, comment supposer qu'un animal placé dans des conditions à peu près semblables absorbe quelquefois de l'azote, d'autres fois n'agisse point sur ce gaz, ou enfin en exhale une quantité qui peut même être très-considérable? Cependant, comme on le verra bientôt, ces résultats ne s'excluent nullement, et peuvent, par la théorie nouvelle qu'Edwards a donnée de ces phénomènes, être facilement expliqués d'après les lois générales de l'organisation.

On sait que l'absorption et l'exhalation sont deux fonctions dont les résultats sont diamétralement oppo-

sés, mais qui peuvent cependant s'exercer simultanément et dans les mêmes parties. Partout où l'une des deux existe, on doit même supposer l'autre. Quelquefois elles se contrebalancent, mais en général l'une prédomine sur l'autre. Les cavités séreuses offrent des exemples frappants de surfaces présentant en même temps ces deux ordres de phénomènes; le péritoine, qui forme un sac sans ouverture, est le siège d'une exhalation continuelle, et cependant, dans l'étal de sanlé, il ne s'y fait aucun amas de liquide, car l'absorption y est aussi active que l'exhalation. Mais lorsque par une cause quelconque réi|uilibre entre ces deux fonctions vient à être rompu, et qye l'exhalation prédomine de beaucoup sur l'absorption, il en résulte un amas de sérosité qui constitue une maladie appelée Hydropisie ascile.

Tout dans les poumons tend à favoriser ces deux ordres de phénomènes; aussi voit-on ces organes être le siège d'une absorption des plus actives et fournir en même temps par l'exhalation des produits non moins abondants. Les injections faites sur le cadavre montrent déjà la grande facilité avec laiprelle les liquides poussés dans les vaisseaux pulmonaires passent à travers leurs parois et se répandent dans les cellules de ce viscère, et font voir que le phénomène opposé, c'està-dire le passage des licpiides des bronches dans les vaisseaux pulmonaires, n'est pas plus difficile. En effet, si on pousse une injection peu consistante (de l'eau colorée, par exemple) dans l'artère pulmonaire, elle passe en partie dans les veines et en partie dans les ramifications des bronches. Il en est de même lorsqu'on fait pénétrer l'injection par la veine. Enfin on peut également faire parvenir l'injection dans les vaisseaux sanguifls du poumon en la poussant dans les bronches. Ces faits montrent la facilité extrême avec laquelle les liquides passent par imbibition des vaisseaux dans les cellules du poumon et vice versa.

Sur l'animal vivant, ce phénomène est également marqué; aussi suffira-t-il de rapporter un ou deux exemples pour montrer cette vérité dans tout son jour.

En faisant sur des Chevaux des expériences, dirigées d'ailleurs vers un autre but, Mllne-Edwards et Vavasseur ont injecté dans l'espace d'une heure plus de vingt litres d'eau dans les poumons d'un de ces animaux sans produire d'accidents graves; aussitôt après on le tua et on trouva que les poumons ne contenaient pas sensiblement plus de liquide que dans l'état ordinaire. L'eau avait donc été absorbée.

L'expérience suivante de Fodéia montre aussi combien est rapide l'absoiption qui se fait à la surface pulmonaire. Immédiatement après avoir injecté une solution d'hydrocyanate de potasse dans les bronches d'un Chien, il ouvrit le thorax et extirpa le cœur. Cette opération ne dura que vingt-deux secondes, et cependant ce court espace de temps avait sufli jiour que la présence de ce sel fiit manifeste dans le sang des cavités gauches du cœur.

Les vapeurs répandues dans l'atmosphère sont également absorbées par les parois des cellules aériennes des poumons. Linning a constaté qu'en vingt-quatre heures il avajl augmenté en poids de huit onces, sans

avoir pendant ce temps fait usage d'aucun aliment, mais seulement en respirant un air chargé de brouillards épais.

L'exlialalion dont ces organes sont le siège est également bien démontrée. Si on injecte, comme l'a fait Magendie, une dissolution de camphre dans l'ahdomen d'un animal, bientôt après, non -seulement le sang qu'on tire de ses vaisseaux en contient une certaine ijuantité, mais aussi l'air expiré en est chargé. Il en est de même, lorsque au lieu de camphre on fait usage d'une dissolution de phosphore dans l'huile; alors l'animal exhale à chaiiue expiration, une certaine quantité de celle substance sou» la forme d'une vapeur blanche et abondante. Enfin en injectant de l'hydrogène dans les veines d'un Chien, Nyslen a constaté que ce gaz est exhalé par la surface pulmonaire.

La vapeur d'eau qui' à chaque expiration s'échappe des poumons est un des phénomènes les plus apparents de la Respiration, surtout lorsque, par l'action réfrigérante de l'air ambiant, elle est condensée aussitôt après sa sortie de la bouche et qu'elle forme ainsi un nuage épais. Celte exhalation a reçu le nom de transpiration pulmonaire, et a lîxé de bonne heure l'attention des physiologistes. On chercha d'abord à reconnaître la proportion d'eau qui se dégage des poumons de l'Homme à l'état de mélange avec l'air expiré. Haies a évalué à six cent trenle-(iuatre grammes la perte de poids que l'on éprouve par la transpiration pulmonaire pendant vingt-(iuatre heures. Lavoisier et Seguin ont été conduits, par une suite d'expériences curieuses, à regarder la quantité d'eau ainsi exhalée, comme étant plus grande. Voici comment ils ont procédé dans ces recherches. Après avoir déterminé la perle totale du corps dans un temps donné, ils ont cherché quelle part y prenait la transpiration pulmonaire; dans celle vue, ils renfermaient tout le corps de l'individu soumis à l'expérience, dans un sac de toile cirée, qui offrait une ouverture destinée à s'adapter à la bouche. Au moyen de cet appareil, il élail facile d'isoler les effets de la transpiration pulmonaire des autres causes de la diminution de poids qu'éprouve le corps pendant la durée de l'expérience ; et ils parvinrent ainsi à constater que, terme moyen, la quantité de vapeur exhalée par les organes de la Respiration, pendant vingt-quatre heures, est de vingt-huit onces quinze grains. Wenzies et Abernelthy portent celle quantité de six à neuf onces seulement. Enfin Dallon chercha également à éclaircir ce point en calculant la quantité d'eau susceptible de porter au degré d'humidité extrême, à la température du corps, la masse d'air qui s'échappe des poumons. 11 conclut ainsi que le maximum d'eau que l'air expiré pendant l'espace de vingt-quatre heures peut tenir en suspension est environ d'une livre et demie ; approximation qui se rapproche beaucoup des résultats obtenus par Haies et Lavoisier. Les travaux récents de Magendie font voir que celte exhalation peut être augmentée à volonté chez un animal en injectant de l'eau dans ses veines et par conséquent en augmentant la masse des liquides en circulation. L'exhalation d'une certaine quantité d'eau est donc un des phénomènes de la Respiration; mais cette quantité varie suivajil différentes

circonstances, parmi lesquelles on doit ranger en première ligne, l'élat de pléthore plus ou moins grand du système vasculaire.

On voit donc, d'après ces fails, que l'absorption et l'exhalation ont lieusimullanément à la surface de l'organe respiratoire, et il sera facile alors de se rendre compte de ce qui se passe dans l'acte de la Respiration relativement à l'azote. >' Dans les expériences, dit Edwards, ofi l'on obtient, d'une part la diminution de la quantité d'azote, et de l'autre l'augmentation de ce gaz, il y a deux manières d'envisager ces résultats. Dans la première la quantité d'azote qui disparaît serait due uniquement à l'absorption, et l'augmenlation de la quantité de ce fluide uniquement à l'exhalalion; de manière qu'une seule de ces fonctions s'exercerait à la fois. Dans la seconde les deux fonctions d'absorjjtion et d'exhalation s'exerceraient en même temps, et l'on ne verrait dans les résultats que les différences de leur action. Ainsi, lorsqu'un animal respire dans l'air atmosphérique, les deux fonctions seraient simultanées; d'une part, il absorberait de l'azole; d'autre part, il en exhalerait; et du rapport des quantités absorbées et exhalées proviendraient nécessairement trois résullats différents, suivant la constitution des individus et les circonstances où ils sont placés. Lorscjue l'exhalation prédomine sur l'absorption, on n'a pour résultat de l'expérience que de l'exhalation; lorsque l'absorption prédomine, la différence sera de l'absorption; lorsque enfin ces deux fonctions ont lieu dans la même proportion, on ne voit les effets ni de l'une, ni de l'autre, cl l'azote expiré est égal à l'azote inspiré. »

Les expériences d'Allen et Pepys et d'Edwards ne laissent aucun doute sur la justesse de celle dernière vue. Ils ont placé l'animal dans l'impossibilité d'absorber de l'azote, en lui faisant respirer de l'oxygène presque pur, cl ils ont obtenu pour résultat une exhalation d'azote qui surpassait de beaucoup le volume de l'animal. Mais craignant que celte grande production d'azote ne fût due à la Respiration de l'oxygène pur, ils ont répété l'expérience en plaçant l'animal dans un air factice composé d'oxygène et d'hydiogène dans les mêmes proportions que l'air atmosphérique, et dans ce cas ils ont obtenu un double résultat qu'il est facile de prévoir. D'une part, il y a eu exhalation d'un volume d'azote supérieur à celui de l'animal, et de l'autre absorption d'une quantité considérable d'hydrogène. Il est bon d'observer ici que, dans ces expériences, l'animal ne paraissait ressentir aucune gêne, et que sa Respiralion ne différait en rien de ce qu'elle eût été dans l'air atmosphéiique. Plusieurs circonstances sont susceptibles d'influer sur les rapports de ces deux fonctions, l'absorption et l'exhalation, et de faire prédominer l'une ou l'autre; mais ce n'est pas ici le lieu de les examiner.

D'après ces faits, on arrive à celte conclusion générale, que la Respiration, rclativemenl aux changements qu'elle apporte dans l'air, se compose de quatre phénomènes principaux :

1" L'oxygène qui disparaît est absorbé par la surface pulmonaire et ensuite porté en tout ou en partie dans la circulation;

5" L'acide carbonique produit esl exhalé parlepoumuu el provient en tout ou en partie du sang et des liquides en circulation.

ô» L'azote est al)sorl)é en certaines proportions varial)les suivant plusieurs circonstances;

4" Ce 0az est exlialé par la surface pulmonaire et provient en tout ou en partie de la masse du sans.

En résumé on voit, comme l'a dit Edwards, que la Respiration n'est pas un procédé purement chimique, une simple combustion dans les poumons où l'oxygène de l'air inspiré s'unirait au carbone du sang pour former de l'acide carbonique qui serait expulsé aussitôt; mais une fonction composée de plusieurs actes: d'une pari, l'absorption el l'exhalation, attributs de tous les êtres vivants; d'autre part, l'intervention des deux parties constituantes de l'air atmosphérique, l'oxygène et l'azote.

Si l'on voulait maintenant approfondir davantage cette question, et chercher ce que deviennent l'oxygène et l'azote absorbés, ainsi que les sources de l'acide carbonique et de l'azote exhalés, il est probable que l'on trouverait que les premiers sont employés soit à rendre aptes à l'assimilation les particules nutritives déposées dans l'épaisseur des organes, soit à agir d'une manière directe sur ces organes eux-mêmes, et que les derniers sont les produits excrémentitlels de la nutrition. Mais les faits manquent pour lendre plausible une opinion quelconque à cet égard ; aussi doit-on s'abstenir d'insister sur ce point, et se borner à dire qu'il serait d'un haut intérêt d'examiner expérimentalement celte question.

On a déjà observé que les phénomènes respiratoires ne sont pas toujours identi(|ues chez le même animal, et que diverses circonstances exercent une influence très marquée, tant sur les proportions des gaz exhalés et absorbés, <iue sur l'étendue de la Respiralion. La première circonstance dont on doive tenir compte dans l'apprécialion des phénomènes de la Respiration, c'est la température.

Chez tous les animaux qui n'ont pas une température propre, le froid tend à diminuer considérablement l'étendue de la Respiralion. Pour s'en convaincre, il suffit de placer pendant l'été un certain nombre de Grenouilles dans une quantité déterminée d'air atmosphérique, et de noter la durée de leur vie; puis de répéter la même expérience pendant la saison froide, car on trouve alors des différences énormes. Les mêmes différences se rencontrent aussi lorsqu'on examine l'air qui a servi à la Respiration, sous le rapport de ses allérations chimiques. Les expériences suivantes d'Edwards ne laissent aucun doute à cet égard. Trois Grenouilles placées au mois de juin, la lempéialure élanl de 27° centigrades, dans \in vase contenant 74 centilitres d'air atmosphérique, ont produit, en vingt-quatre heures, r)34 centilitres d'acide carbonique, tandis que d'autres, au mois d'octobre, à une température de 14», placées absolument dans les mêmes circonstances, ont fourni seulement 244 centilitres de ce gaz.

Les jeunes animaux à sang chaud qui, dans les premiers temps de leur existence, ne produisent pas assez de chaleur pour conserver leur température, ainsi que

le font les adultes, et qui, sous ce rapport, se rapprochent des animaux à sang froid, sont soumis à la même influence et présentent des différences semblables. C'est ce que prouve clairement l'expérience suivante de Le Gallois, rapportée par Edwards (Infl. des agents physiques), u La section de la huitième paire produit, entre autres phénomènes, une diminution considérable dans l'ouvcrlure de la glotte. Elle est telle chez les Chiens nouveau-nés ou âgés d'un à deux jours, qu'il entre très-peu d'air dans les poumons, et cette (luantité esl si petite, que, lorsqu'on fait l'expérience dans les circonstances ordinaires, l'animal périt aussi promptement que s'il était privé d'air. 11 vit environ une demi-heure. Mais si l'on fait la même opération sur des animaux de même espèce et de même âge, engourdis par le froid, ils peuvent vivre toute une journée. «

Enfin les animaux hibernanls, offrant aussi, pendant leur engourdissement, une analogie frappante avec les animaux à sang froid, présentent des phénomènes absolument semblables.

Si maintenant on examine l'inHuence de la température sur les animaux à sang chaud, qui conservent leur chaleur propre à peu près au même degré pendant tout le cours de l'année, on pourrait, au premier abord, croire que la chaleur et le froid produisent sur eux des effets inverses de ceux qui viennent d'être exposés. C'est en effet ce qui semble résulter de la première série d'expériences rapportées par Edwards, tableaux 55 et 54, dans lesquelles des Bruants placés, au mois de janvier, dans des vases contenant 1 litre 17 d'air atmosphérique et renversés sur le mercure, vécurent, terme moyen, 2 heures 2' 25", tandis c|ue d'autres individus de même espèce, placés exaclement dans les mêmes circonstances, aux mois d'août et de septembre, ne vécurent qu'une heure 22'. Une autre série d'expériences faites dans le même but et de la même manière, excepté que les vases étaient renversés sur une forte dissolution de potasse pour ahsorber l'acide carbonique à mesure de sa reproduction, a fourni des résultats semblables et tout aussi évidents. Si, au contraire, on jette les yeux sur une autre suite d'expériences faites par le même auteur dans un but différent (tabl. 63 el 64), on voit que, dans ce cas, l'influence de la température a déterminé, dans l'étendue de la Respiration, les mêmes modifications (lue chez les animaux à sang froid. En effet, des Moineaux, aux mois de mai et de juin, ont vécu, terme moyen, 1 heure 58', et aux mois d'octobre et de novembre, des Oiseaux de la même espèce ont prolongé leur existence pendant 2 heures 1', toutes les circonstances étant d'ailleurs les mêmes, excepté la température.

Mais si l'on cherche à se rendre raison de ces différences dans les résultats de l'expérience, on verra que cette contradiction n'est qu'apparente, et disparaît lorsqu'on rapporte ces phénomènes ù une loi plus générale. Si l'on veut examiner quelle influence la température exerce sur la mesure des divers phénomènes respiratoires, c'est-à-dire sur la proportion de l'oxygène et de l'azote absorbés, comparée à celle de l'acide carbonique et de l'azote exhalés, on verra qu'il résulle de nombreuses expériences faites par Edwards sur des

Grenouilles et des Oiseaux, dans les deux saisons opposées de l'élé el de l'hiver, (|ue la porlion d'acide carbonique exhalé est plus grande en été qu'en hiver, et vice versa. En effet, en prenant la quantité d'oxygène qui disparaît pour unité de mesure, on obtient de ces expériences :

Sur des Grenouilles :

Ojc^ijg. absorbé. Ac. carb. ezit.

Eu été 1,000 706

En hiver 1,000 081

Sur des Oiseaux ;

Oxyg. absorbé. Ac.carb.exh.

En été 1,000 9G0

En hiver 1,000 787

Tout ce qui précède relativement à l'acide carbonique est aussi applicable à l'azote. De même que pour l'exhalation de ce gaz, une température, soit basse, soil élevée, ne paraît exercer aucune influence sensible sur les proportions de l'azote exhalé et absorbé, lorsque cette température ne se continue pas pendant un laps de temps assez considérable; mais quand l'un de ces extrêmes de température se maintient pendant longtemps,comme il arrive dans l'une des deux saisons opposées, l'été et l'hiver, on voit alors survenir des modifications importantes dans les proportions d'azote absorbées et exhalées pendant la Respiration. Les expériences nombreuses d'Edwards, faites avec le plus grand soin, prouvent clairement que, pendant l'hiver, l'absorption de l'azote prédomine sur l'exhalation d'une manière presque constante, et que pendant l'été c'est le contraire qui a lieu. Ces recherches ont été faites sur des Oiseaux adultes, de jeunes Mammifères, des Grenouilles, etc.

L'inlUience de l'âge sur les phénomènes généraux de la Respiration peut se faire sentir de deux manières, en moditiant ou son étendue ou les proportions de ses produits. Dans la jeunesse, les mouvements respiratoires sont plus rapides, la circulation est i>lus accélérée, et la nutrition plus active que dans l'âge adulte; aussi aurait-on pu croire que l'étendue de la Respiration, c'est-à-dire la quantité d'air employée pour l'entretien de la vie dans un temps donné, était également plus grande à celle époque de l'exislence ; mais les expériences d'Edwards ont fait voir que le contraire avait lieu; et cela ne doit pas surprendre, puisque, sous d'autres rapports, les animaux à sang chaud, dans les premiers temps de leur vie, se rapprochent des animaux à sang froid, et que chez ces derniers l'étendue de la Respiration est bien moindre que chez ceux qui jouissent d'une température propre.

Quant à l'influence que l'âge exerce sur les quantités proportionnelles des divers produits de la Respiration, on ne possède que peu de faits propres à éclairer ce sujet. Despretz a fait des recherches comparatives sur les altérations chimiques de l'air produites par la Respiration d'animaux de différents âges et de diverses espèces; mais les détails de ces expériences n'ont pas été publiés. Quatre expériences de ce physicien ont produit les résultats suivants :

Ortjg. ahiort

Lapins adultes 1,000

Lapins de quinze jours 1.000

Chiens de cinq ans 1,000

Chiens de quatre à cinq semaines 1,000

au

D'après ce tableau, il paraîtrait que, dans le jeune i àge,la quantité d'acide carbonique exhalé est moindre, I comparativement ù celle de l'oxygène absorbé, que dans : l'âge adulte. Mais on ne peut placer une entière confiance dans ce résultat, car on ne connaît pas l'époque : de l'année à laquelle ces diverses expériences ont été faites, et on a vu plus haut que les saisons exercent une I influence très-marquée sur ces phénomènes.

En étudiant l'influence des mouvements musculaires j sur la Respiration, il est essentiel de distinguer l'exer- ! cice modéré de la fatigue qui peut en être la suite. En j effet, les expériences de Lavoisier tendent à prouver ! que, pendant l'état d'excitation qui accompagne l'action musculaire, l'activité de la Respiration est augmentée, tandis que, d'après les recherches de Proul, on ' voit qu'un exercice violent et que la fatigue tendent à I diminuer la quantité d'acide carbonique exhalé, et pro- ! bablement aussi celle des autres gaz absorbés ou exha- [ lés pendant l'acte respiratoire.

Pendant le sommeil, l'étendue de la Respiration est également diminuée, comme on peut le voir par les expériences d'Allen et Pepys.

La nourrilure lend, d'après Prout, à produire l'augmentation dans la quantité d'acide carbonique |)roduil, tandis que rabstincnce exerce une influence conlraire. Il en est encore de même pour le régime végétal; Fyfe a constaté que l'usage presque exclusif d'aliments de cette nature, tend à produire une diminution notable dans la quantité absolue d'acide carbonique exhalé, et par conséquent dans l'étendue de la Respiration. L'usage exclusif d'aliments tirés du rèjine animal ne produit pas toujours les mêmes effets. L'influence des liqueurs spiritueuses détermine une diminution trèsgrande dans la quantité d'acide carbonique produite, et cela, principalement un certain temps après leur ingestion dans l'estomac. Fyfe a également observé qu'un traitement mercuriel exerce une influence du même ordre.

Si l'on cherche maintenant l'expression générale de tous les phénomènes dont il vient d'être question, on verra qu'en résumé toutes les causes qui paraissent tendre à diminuer l'énergie des fondions vitales, déterminent une diminution soit dans l'étendue de la Respiration, soit dans la proportion relative de l'acide carbonique exhalé. D'un autre côté, les circonstances qui augmentent la force de l'animal produisent un changement correspondant dans l'activité de la fonction respiratoire. On a vu, 1° qu'en général la Respiration est bien moins étendue dans les animaux des classes inférieures que dans ceux d'un ordre plus élevé; 2» qu'à des époques rapprochées de la naissance, l'activité de cette fonction est moins grande que lorsque l'animal est dans toute sa force, et qu'il est parvenu à l'âge adulte; 3» que le sommeil exeice une influence

du même ordre; 4» qu'il en est de même de la faligue, de l'abslinence, de l'usage continu de certains aliments, de l'abus des liqueurs spiritueuses, etc.; 5» enfin, que 1,1 clialeur augmente l'étendue de la Respiialion, tandis que le froid diminue l'aclivilé de celle fonclion.

Or, pendant le sommeil, tous les actes par lesquels la vie se manifeste sont moins énergiques que pendant la veille. 11 en est de même lorsqu'on éprouve de la faligue, que l'on ne fait pas usage d'aliments dont la quantité et la nature sont ap|rtopriées aux besoins ou que l'on abuse de Ii(|ueurs spiritueuses. Dans l'exlrèmc jeunesse, les animaux sont plus faibles qu'à l'âge adulle. Enfin le froid, comme chacun le sait, produit une sorte de torpeur plus ou moins profonde, non-seulement chez les animaux, mais aussi dans les végétaux, et si l'on attribue à celle action l'inBuence que cet agenl exerce sur les phénomènes de la Respiration, on pourra faire cesser les contradictions apparentes, signalées plus haut dans les résultats des expériences faites sur les Oiseaux pendant l'hiver et l'été. En effet, dans celles où l'on a trouvé que l'étendue de la Respiration était plus grande pendant l'été, ces recherches avaient été faites comparativement en décembre et en janvier d'une part, et en août et septembre de l'autre. Or, dans ce cas, les Oiseaux qui avaient servi aux dernières expériences, avaient éprouvé, pendant toute la durée de l'été, l'inQuence continue d'une haute température, el. comme une foule de faits le prouvent, cette continuité delà chaleur exerce une influence débilitante des plus marquées. Les animaux <|ui ont été expérimentés aux mois de décembre et de janvier étaient soustraits depuis quelque temps à l'action de cette cause, et pouvaient ne pas avoir encore éprouvé l'influence d'un froid assez intense et assez continu pour produire chez eux une tendance à l'engourdissement. H est aussi une autre circonstance qu'il n'est pas indifférent de noter ici; c'est que pendant rexi)érience où ces animaux consument dans un temps doux plus d'air en hiver qu'en été, ils étaient placés tout à coup dans de l'air à 20 degrés, ce qui pouvait produire en eux une certaine e.xcilalion. Dans la série d'expériences oti les résultats furent opposés, on voit au contraire que les Oiseaux dont la Respiration était la plus active, subissaient l'intluence des mois de mai el de juin, c'est-à-dire que les froids de l'hiver avaient cessé, et qu'il régnait depuis quel- (jue temps une température douce, sans que des chaleurs longtemps continues aient pu encore énerver ces animaux. Il paraît donc bien probable que ces différences dans les résultats d'expériences dont l'exactitude ne peut être révoquée en doute, dépendent des effets divers produits par la chaleur, suivant qu'elle est modérée ou de peu de durée, ou qu'elle est très-forte et continuée pendant longtemps, ou en d'autres mots, suivant que la température, quelle qu'elle soit, a exercé une influence fortifiante et excitante sur l'animal ou bien qu'elle tend à l'affaiblir ou à l'engourdir. En adoptant celte manière de voir, ces différences s'expliquent facilement, et la loi qui exprime la nature de l'influence de l'âge, du sommeil, des mouvements, de la faligue, de ralimentalion,elc., devient également applicable aux modifications de la Respiration déler-

; minée par la température. Les observations inléressanles de Cuvier sur les rapports qui existent toujours entre l'énergie des mouvements musculaires et l'étendue de la Respiration, sont pleinement confirmées par \ les diverses recherches dont il vient d'être parlé, et la ; conclusion à laquelle ce savant est arrivé, peut être regardée comme étant pour ainsi dire l'expression générale ou le coiollaire de ce que l'on sait relativement à l'influence de ces diverses condilions sur les phénomènes respiratoires.

11 est une autre cause qui parait exercer une influence assez marquée sur les phénomènes de la Respiration ; c'est la pression barométrique. Proul a observé ! que toutes les fois que, dans ses expériences, la quantité d'acide caibonique produit dans un temps donné, était beaucoup au-dessous du terme moyen, et que toutes les autres condilions étaient sensiblement les mêmes, la pression barométrique était considérablement dimij nuée. Ce physiologiste s'en étonna beaucoup, mais cela s'explique facilement, puisque la production de ce gaz est due à l'exhalation, et que la pression doit diminuer cette exhalation, ainsi que les expériences de Milne- Edwards tendent à le prouver ( f^. Recherches expér. sur l'Exhalation pulmonaire. Annales des Sciences naturelles, t. IX ). Il paraîtrait aussi (|ue les variations diverses que Proiit a remarquées dans la quantité d'acide carbonique exhalé lieimeut, du moins en partie, à celle influence, car, dans les tableaux qu'il a publiés, on voit que le maximum el le minimum correspondent presque toujours à desvariations correspondantes dans la pression baromélri(|ue.

Tels sont les phénomènes généraux de la Respiraliou considérée dans le règne animal. Il reste à voir maintenant quels sont les organes destinés à cette fonclion importante, et comment elle est modifiéedans les divers ordres d'animaux.

Dans les animaux dont l'organisation est la plus simple, la Respiration n'est pas localisée;celle fonction n'est l'apanage d'aucun appareil spécial, mais s'exerce dans toutes les parties en contact avec l'élément dans leiiuel il vil. C'est indistinctement dans toutes les parties de la surface extérieure ou cutanée que la Respiration a lieu, et les animaux qui sont dépourvus d'organes spéciaux destinés à cet usage, n'en sont pas moins soumis à la même loi que les animaux des classes plus élevées; comme eux ils absorbent l'oxygène el meurent lorsqu'on les prive du contact de ce gaz. Spallanzaiii, [ ([ui observa le preinier ce fait sur des Vers de terre, I a été naturellement conduit à examiner si la surface ■ cutanée agit aussi sur l'air, chez les animaux pourvus de poumons ou d'organes analogues. Dans cette vue, il } enleva les poumons chez les Limaçons, et les plaça j dans une quantité déterminée d'air. Ces animaux, ainsi ; privés de l'appareil spécial de la Respiration, vécurent assez longtemps, et absorbaient toujours du gaz oxygène, quoiqu'en bien moindre quantité <|ue lorsqu'ils avaient leurs poumons. En expérimentant sur des larves de certains insectes et sur des Poissons, il obtint un résultat analogue. Humboldt et Provençal, dans leur beau travail sur la Respiration des Poissons, rapportent des expériences qui confirment pleinement

Il E S

ce dernier fait. Les Quadrupètles ovipares sonl pourvus (le poumons doiil le volume est très considérable; cependant Spallanzani, en comparant les altérations de l'air, produites par des individus de cette classe chez lesquels il avait extirpé ces organes, et par d'autres qui étaient intacts, a trouvé que la surface cutanée contribue encore d'une manière puissante à la production des phénomènes de la Respiration.

Les expériences d'Edwards sur les Batraciens prouvent aussi que l'air exerce sur la peau de ces animaux une iniluence très -marquée, car ce physiologiste a constaté que, dans certaines saisons, il suffit d'empêcher cette Respiration cutanée pour faire périr des Grenouilles qui, du reste, pouvaient respirer librement. Dans les animaux à sang chaud, l'appareil spécial de la Respiration acquiert une importance si grande, que la peau ne parait plus concourir que d'une manière peu notable à l'exercice de cette fonction. L'expérience démontre cependant qu'elle exerce encore, sous ce rapport, une certaine influence. C'est ainsi ([u'après avoir interrompu la Respiration chez de jeunes Mammifères, par l'occlusion de l'organe spécial de la Respiration, Edwards a observé qu'on abrège encore l'existence de ces Animaux, en empêchant l'action de l'air sur la peau.

Plusieurs physiologistes ont cherché si, chez l'Homme, la peau agit aussi dans la production des changements chimiques que la Respiration détermine dans la composition de l'air atmosphérii|ue. Le comte de Milieu est le premier qui ait fixé l'attention sur ce sujet. Étant plongé dans un bain chaud, il observa qu'un grand nombre de bulles d'air s'élevaient conlinuellenu'nt de la surface de son corps; il parvint à recueillir une demipinte de ce gaz qui, d'après l'analyse, paraissait contenir une grande quantité d'acide carbonique. Ces essais imparfaits, répétés par Ingenhouz, Priestley, Jurine, etc., n'ont pas toujours donné les mêmes résultats; mais plusieurs physiologistes ont constaté que l'air atmosphérique est plus ou moins vicié par le contact prolongé de la peau. Dans les expériences de Jurine, la quantité d'acide carbonique ainsi dégagée était souvent très- considérable. Abernetihy, qui a également fait des recherches sur ce sujet, a obtenu un résultat analogue. U parait donc évident que la peau de l'Homme, quoique ne remplissant que des fonctions peu importantes dans le travail respiratoire, exhale, dans la plupart des circonstances, une certaine quantité d'acide carbonique.

Lorsque la fonction de la Respiration se concentre plus ou moins complètement dans un appareil spécial, l'existence des communications décrites entre ces organes et toutes les autres parties du corps devient nécessaire, afin que l'oxygène absorbé puisse réagir immédiatement sur chacune d'elles. Pour parvenir à ce but, la nature emploie deux méthodes différentes : tantôt l'appareil respiratoire se répand lui-même dans l'épaisseur de tous ses organes, et l'air circule dans toutes les parties du corps; tantôt ce sont les liquides nourriciers (pii traversent cet appareil, y absorbent l'oxygène nécessaire à l'entretien de la vie, se distribuent ensuite dans toutes les parties du corps, y por-

tent le stimulant qu'ils ont reçu de l'air atmosphérique, et se chargent de l'acide carbonique produit par le travail de la nutrition pour le rejeler au dehors lorsqu'ils reviennent de nouveau vers la surface respiratoire. Dans le premier cas, l'appareil respiratoire est formé par un système de vaisseaux aèrifères qu'on nomme trachées, et dans le second par des branchies ou des poumons.

Les Insectes occupent un rang assez élevé dans l'échelle des êtres, et ont besoin d'une Respiration trèsactive; ils sont cependant dépourvus de système vasculaire, et les liquides nourriciers ne sauraient éprouver une action assez intime de l'air atmosphérique, si la surface du corps était la seule partie en contact avec ce fluide; aussi ces animaux sont-ils pourvus d'une infinité de canaux qui portent l'aii' dans l'intérieur de leur corps, et lui permettent ainsi d'agir sur les parties les plus profondément situées. Ces canaux, qu'on nomme trachées, communiquent direclement au dehors, et présentent dans leur structure, diverses pai'ticularités curieuses, qu'on trouvera indiquées à l'article Insecte.

Chez la plupart des animaux pourvus d'un appareil circulatoire, c'est dans une partie déterminée de leur corps que s'exécute principalement le travail respiratoire. C'est dans un organe spécial que le sang vient recevoir l'intluence vivifiante, qu'il porte au loin dans les parties les plus éloignées. L'appareil spécial de la Respiration, quelles que soient les modifications qu'il présente chez ces animaux, est toujours disposé de manière à offrir, sous un volume comparativement petit, une surface très-étendue, sur laquelle viennent se ramifier les vaisseaux portant le sang qui doit être soumis à l'action de l'air. Suivant qu'il est destiné à agir sur l'air à l'état de gaz, ou lorsque cet élément est dissous dans l'eau, il présente des différences importantes : dans le premier cas, il est presque toujours formé de cavités dans lesquelles s'introduit l'air ambiant; dans le second, c'est ordinairement la surface extérieure d'une partie, en général saillante, qui agit sur le liquide qui l'environne, et en sépare les principes nécessaires à l'entretien de la vie. Telles sont les différences essentielles entre les poumons et les branchies, noms qu'on a donnés à ces deux modifications de l'organe respiratoire. Les poumons n'existent que dans les trois premières classes des animaux vertébrés et chez quelques Mollusi|ues; les Poissons, la plupait des Mollusques, les Crustacés, etc., sont au contraire pourvus de branchies.

Ces derniers organes sont des corps saillants qui, en général, ont la forme de lames ou de ramifications, et sont tantôt exposés au dehors, tantôt logés dans une cavité spéciale. 11 serait inutile d'énumérer ici les diverses variétés qu'ils présentent, car quelle que soit leur forme et leur position, leurs usages sont toujours les mêmes, et consistent à séparer de l'eau, avec laquelle ils sont en contact, les parties de l'air nécessaires à la Respiration, et qui se trouvent dissoutes dans ce liquide. (A'. Crustacés, Mollusques, Pois-

)r(S.) Les poumons chez tous les

à Respiration

aérienne, sont les organes spéciaux de celle fonction; ils sont essentiellement composés de vésicules ou cellules membraneuses sur les parois desquelles viennent se ramifier les vaisseaux sanguins, et dont la cavité est en communication avec l'air atmosphérique, au moyen de canaux formés de cartilages et de memhranes. Chez les Reptiles, la structuie de ces viscères est très simple; un canal, nommé tracliée-aiiére, après un court trajet, s'ouvre dans la cavité d'un ou de deux sacs dont les parois intérieures sont divisées par des feuillets membraneux en cellules polygones, qui elles-mêmes sont subdivisées, d'une manière analogue, en cellules plus petites. Des vaisseaux, dont il sera parlé dans une autre occasion, font circuler le sang dans ces organes, et rapportent ce liquide au cœur après qu'il a subi l'action de l'air. La forme et la grandeur relative des poumons varient beaucoup; ils sont logés de chaque côté de la colonne vertébrale, et se prolongent plus ou moins loin dans la cavité tlioracique; enfin ils communiquent avec l'air ambiant au moyen de la trachée-artère dont l'ouverture supérieure est placée au fond de l'arrière-bouche. Les poumons des Oiseaux et des Reptiles présentent des différences nombreuses et qui sont en rapport avec l'importance relative de leurs fonctions daivs ces deux classes d'animaux; chez les Oiseaux, la Respiration est très-étendue, aussi présenlent-ils les conditions les plus favorables pour l'action de l'air sur la surface respiratoire, de même que dans les Reptiles c'est au moyen d'une Irachée-artère <iue la communication est établie entre les cavités de ces viscères et l'air extéiieur. Le canal est cylindrique, d'une longueur proportionnée à celle du cou de l'animal; son extrémité supérieure s'ouvre au fond de l'arrièrebouche; enfin, parvenu à la partie inférieure du cou, il se bifurque pour se rendre aux deux poumons, et prend alors le nom de bronches. Une série de cerceaux cartilagineux, articulés entre eux, donnent à ce conduit toute la solidité nécessaire, et permettent des mouvements variés de torsion et de flexion, sans que son diamètre en soit changé. En général, du moment où les bronches pénètrent dans les poumons, ils ne présentent plus d'anneaux cartilagineux. Ces viscères euxmêmes forment de chaque côté de la colonne vertébrale une masse conique composée de rameaux aérifères, de cellules et de vaisseaux sanguins. Les bronches ne s'y terminent pas toutes; plusieurs de leurs rameaux aboutissent à la surface du i)Oumon, et l'air inspiré ne pénètre pas seulement dans ces organes, mais passe ainsi dans de grandes cellules qui communiquent les unes avec les autres, le conduisent dans toutes les parties du corps, et forment une sorte de poumon accessoire. Les poumons proprement dits occupent la partie supérieure du thorax: les cellules membraneuses existent non-seulement dans tout le tronc, mais accompagnent les principaux vaisseaux, s'étendent aux membres, cl s'enfoncent dans les muscles, les os, etc. L'air pénètre ainsi dans toutes les parties du corps, et se trouve une seconde fois en contact avec le sang.

Il n'en est pas de même chez les Mammifères. Les poumons de ces animaux sont renfermés dans une membrane particulière, et l'air qu'ils contiennent ne

peut s'en échapper qu'à travers l'ouverture par laquelle il est entré. Ces organes ne sont pas logés dans une cavité qui leur est commune avec les viscères abdominaux. Une cloison musculaire nommée tliaphraynie partage le tronc en deux portions :1a cavité inférieure ou abdomen renferme les organes de la digestion , la supérieure ou thorax est spécialement destinée ù contenir le cœur et les poumons. Les canaux aériens, ainsi que chez les Oiseaux, servent pour deux usages : la voix se forme à l'origine ou à la fin de leur tronc commun, et ils livrent passage à l'air atmosphérique qui entre dans les poumons et en sort alternativement. Le laijiix, organe spécial de la voix, forme l'ouverture supérieure du conduit aérifère; il est placé entre l'arrière-bouche et le pharynx, et communique au dehors par l'intermédiaire de la bouche et des fosses nasales. La trachée-arlère, qui en est la continuation, descend le long du cou, au-devant de l'œsophage, pénètre dans la poitrine, et bientôt s'y bifurque pour former les bronches qui se portent aux deux poumons, et se divisent en autant de branches primitives que ces organes ont de lobes. Parvenus dans chacune de ces divisions du poumon, les canaux aériens s'y ramifient presque à l'infini. Des anneaux cartilagineux ceignent ces canaux, et constituent en quelque sorte leur charpente; mais les dernières divisions des bronches en sont dépourvues et ne sont formées que par la memhrane muqueuse qui tapisse l'intérieur de ces conduils.et qui se continue avec celle de l'arrière-bouche. Les ramuscules bronchiques ne se résolvent pas en tissu cellulaire, comme l'avaient pensé quelques anatomisles, mais paraissent conserver leur structuie propre jusque dans leurs dernières divisions qui sont arrondies et fermées à leur extrémité.

La forme des poumons, qui est celle d'un cône à base tronquée, est déterminée par la disposition de la cavité qui les renferme. En général, chacun de ces viscères est divisé en lobes distincts par des scissures profondes, qui s'étendent jusqu'aux bronches, ou en lobules par des scissures légères. Chez l'Homme, le poumon droit présente trois lobes, et le gauche deux. Chez un grand nombre d'autres Mammifères, on en trouve quatre à droite et deux ou trois à gauche. La substance de ces viscères est formée par les dernières divisions des bronches et des vaisseaux sanguins; les cellules qu'on y voit n'offrent aucune forme régulière. On n'est pas d'accord sur leur nature; quelques anatomisles les regardent comme étant formées par l'entrelacement et les anastomoses multipliées des dernières ramuscules des arlères et des veines pulmonaires; d'autres pensent que ce sont des sortes de vésicules formées par la terminaison en cul-de-sac de la membrane bronchique. Quoi qu'il en soit, il paraît que leur volume augmenle considérablement par les progrès de l'âge. Ces cellules qui, par leur réunion, forment un lobule, communiquent toutes entre elles; mais chacune de ces subdivisions du poumon est entourée d'une couche mince de tissu cellulaire, et ne communique pas avec les lobules voisins.

Chaiiue poumon est enveloppé par une membrane séreuse appelée plèvre, qui, ayant la forme d'un sac

sans ouveituro, tapisse éfjaleinenl la surface externe de ces viscères et la face interne du thorax. D'après celte disposition, la surface interne des plèvres, qui est lisse et humectée pai' de la sérosité, est continuellement en rapport avec elle-même; ses deux feuillets, glissant l'un sur l'autre, facilitent les mouvements du jmuinon, et diminuent le frottement qui en résulte.

Lorsque les organes respiratoires sont extérieurs, comme cela se voit pour les branchies de certains Mol lusques, de quelques Crustacés, etc., les mouvements généraux de l'animal, ou ceux des parties auxquelles ces organes sont fixés, suffisent pour le renouvellement de l'eau nécessaire à l'entretien de la vie; mais quand les branchies sont logées dans une cavité intérieure, ou qu'il existe des poumons (organes qui offrent toujours cette disposition), le renouvellement plus ou moins rapide du liquide ambiant dans l'intérieur de cette cavité, devient indispensable, et il est effectué à l'aide de divers moyens mécaniques.

Dans les Crusiacés décapodes, les parois de la cavité respiratoire étant immobiles, c'est à l'aide d'organes spiraux que le renouvellement de l'eau s'opère, ainsi qu'on peut le voir dans l'ouvrage que Milne-Edwards a publié, conjointement avec Audouin, sur l'analomie, la physiologie et la zoologie de ces animaux.

Dans les Poissons, où les branchies sont logées dans la bouche, celle cavité pouvant au contraire se dilater et se resserrer, c'est par ce moyen que la partie mécanique de la Respiration est effectuée. 11 en est de même chez la plupart des animaux vertébrés à respiration aérienne; aussi, pour donner irne idée du phénomène, peul-on se borner à le décrire chez les ftlammifères.

La cavité qui loge les poumons, occupe la parlie supérieure du tronc et offre à peu près la forme d'un cône dont la base est tournée vers l'abdomen et le sommet vers le cou; la colonne vertébrale en arrière, les cotes sur les parties latérales, et le sternum antérieurement, en forment la charpente osseuse. Les côtes sont de deux sortes, 1» les côtes vertébrales qui s'articulent avec les vertèbres; 2° les côtes slernales qui, soudées ou articulées avec les côtes vertébrales par une extrémité, se fixent au sternum par l'autre. Chez l'Homme, ces dernières (au nombre de sept) sont cartilagineuses, et par celle circonstance ont été appelées cartilages des cotes. Les côles vertébrales, au contraire, sont osseuses et plus nombreuses; on en compte douze de chaque côté. Les arcs costaux jouissent d'une certaine mobilité, et les espaces qu'ils laissent entre eux sont remplis par des muscles destinés à les rapprocher. Le diaphragme, cloison musculaire qui s'attache à la partie inférieure du sternum, aux dernières côles et à la colonne vertébrale, forme la base du cône que représente cette cavité. Lorsque ce muscle est dans l'état di; repos, sa face tboracique est convexe, en sorte que la cavité de la poitrine est bien moins grande qu'elle ne semblerait devoir l'être d'après l'étendue de sa charpente osseuse.

La cavité tboracique est exactement remplie par les viscères qu'elle renferme, et ses parois, en s'écartant, tendent à produire le vide entre elles et la surface des

poumons. Or, les cellules de ces organes communiquant librement avec l'air extérieur, ce fluide, à raison de sa pesanteur, s'y précipite et les dilate à mesure que la cavité qu'ils remplissent augmente de capacité. C'est donc des mouvements du thoiax que dépend l'inspiration ou l'entrée de l'air dans les poumons. Mais quels sont les muscles qui déterminent l'agrandissement de la cavité tboracique?

L'agent qui contribue le plus à dilater la poitrine est sans contredit le diaphragme; dans son état de relâchement, ce muscle forme une voûle dont le sommet s'élève assez haut dans la cavité de la poitrine. En se contractant, il refoule les viscères abdominaux, et sa parlie centrale tend à se mettre au niveau de ses points d'attache. Dans une inspiration ordinaire, le diaphragme agit presque seul, et n'est aidé que faiblement parles relevures des côtes; ces muscles portent les arcs osseux en haut et en dehors, et augmentent ainsi l'étendue de la cavité tboracique. Ce sont surtout ceux qui se fixent d'une part à la partie supérieure du thorax, et de l'autre à la colonne vertébrale ou à la tête, qui agissent de la sorte. Parmi eux on doit ranger en première ligne les scalènes, les surcoslaux. etc. Enfin, dans une forte inspiration, les muscles de l'épaule et du cou concourent également A rendre les mouvements des côtes plus étendus, et par conséquent à augmenter la dilatation de la poitrine.

Les agents mécaniques qui sont mis en jeu pour produire l'expiration ne sont pas tous placés au dehors du poumon, comme cela a lieu pour les mouvements inspiraloires, car ce viscère , d'après les dispositions de son organisation, y contribue également. En effet, outre la contraclion des tuyaux aériens, déterminée par les fibres musculaires qui les enlourent, chez <|nelques animaux, les poumons sont doués d'une force élastique par laquelle ils tendent ù revenir sur euxmêmes. Pour se convaincre de ce fait, il suffit d'ouvrir largement le Ihorax d'un animal de celte classe; on verra alors les poumons s'affaisser aussitôt. Ce phénomène ne peut être attribué à la pression atmosphérique, puisque la cavité de ces organes, communiquant librement avec l'extérieur, l'élasticité de l'air qu'ils renferment contrebalance celte action. C'est au contraire de la force élastique du tissu des poumons qu'il dépend, car, si avant d'ouvrir le thorax, on fixe dans la trachée un tube qui communique avec la parlie supérieure d'un réservoir à moitié rempli d'eau et de la partie inférieure duquel part un tube recourbé, qui devient vertical et s'élève au-dessus du niveau de l'eau contenue dans le réservoir, la force avec laquelle le poumon revient sur lui-même, lors de l'ouverture du thorax, en refoulant dans le réservoir l'air qu'il contient, suffit pour élever l'eau dans le tube vertical, et pour le maintenir à une hauteur assez considérable. On peut en conclure que, dans la Respiration ordinaire, dès (jue les muscles inspirateurs cessent d'agir, l'élasticité des poumons tend à produire l'affaissement de ces organes, et par conséquent à resserrer les parois du thorax. C'est principalement sur le diaphragme que cette influence est évidente. En effet, la force élastique des poumons tend à attirer ce muscle vers l'intérieur

de la cavUé Ihoracique, de la même manière que lorsqu'il se coniracte, il enlraîne après lui la surface inférieure de ce viscère. Aussi, lanl que le Ihorax n'est pas ouvert, ce muscle, dans son état de repos, est-il tendu avec force et forme-t-il une voûte dont le sommet s'élève dans la poitrine; mais aussitôt qu'en ouvrant largement les parois de celle cavité, on fait cesser l'attraction exercée par les poumons, il devient flasque et cesse de former une voûte comme dans l'état naturel.

L'élasticité des côtes qui, élevées dans l'acte de l'inspiration, tendent à s'abaisser et à reprendre leur première position, contribue aussi à diminuer la cavité du thorax. Mais dans une forte expiration, d'autres agenls servent aussi à produire ce résultat. Les muscles du bas-ventre, qui sont les antagonistes du diaphragme, en comprimant les viscères abdominaux, les refoulent en bas par la contraction de ce muscle, lors de l'inspiration, les repoussent vers la poitrine, et diminuent ainsi l'étendue de cette cavité. Tous les muscles qui abaissent les côtes, peuvent également concourir à chasser l'air des poumons, mais ils n'entrent en action que lorsque la Respiration est laborieuse.

On voit, par ce qui précède, que des muscles nombreux et éloignés agissent de concert dans la production des mouvements respiratoires. Ces mêmes muscles remplissent également d'autres fonctions, et l'action de chacun d'entre eux est indépendante de celle des autres. Mais dans les mouvements respiratoires, toutes ces puissances motrices tendent à produire le même résultat; elles s'unissent toutes par une sorte de sympathie interne, et semblent être mises en action par un principe régulateur. En effet, le diaphragme, les muscles intercostaux, ceux de la glotte, des narines, et même du cou et des épaules, combinent leur action, en un mot, exécutent des mouvements coordonnés. On s'est beaucoup occupé de la recherche du principe régulateur et de la cause des mouvements respiratoires. L'influence de la volonté sur la production de ces mouvements est assez marquée pour qu'il soit impossible de les regarder comme involontaires, et de les assimiler aux contractions du cœur, des intestins, etc. En effet, la volonté suffit pour les suspendre pendant un certain temps, ou bien en rendre le retour bien plus fréquent que dans l'état naturel. Mais d'un autre côté, lorsque, par suite d'un étal pathologique ou de l'ablation de certaines partiesdu système nerveux, la volonté ne se manifeste plus par aucun signe extérieur et que par conséquent on peut regarder son action comme ayant cessé, les mouvements respiratoires, ainsi que les battements du cœur, persistent encore. Il semblerait, d'après ces considérations, que les mouvements respiratoires ne peuvent être rangés exclusivement , ni parmi des mouvements involontaires, ni parmi ceux qui sont complètement volontaires, et qu'ils forment un ordre intermédiaire, susceptible d'être influencé par la volonté, mais pouvant exister sans le concours de cet agent. On a donc cherché dans quelle partie du système nerveux réside la puissance qui met en jeu et coordonne ces mouvements. Conduits par des routes différentes. Larrey et Legallois ont reconnu qu'il existe

0 niCT. DES SCIE1ÎCES N\T.

dans la moelle épinière, près de l'encéphale, un point dont la lésion détruit sur-le-champ les mouvements inspiraloires. Ce dernier physiologiste plaçait ce point à l'origine même des nerfs de la huitième paire. Des recherches plus récenles, en même temps qu'elles jetlent un nouveau jour sur ce sujet, confirment ce fait. Les expériences de Flourens prouvent que c'est la moelle allongée, c'est-à-dire la portion du système cérébro-spinal, qui s'étend des tubercules quadrijumeaux jusqu'à l'origine des nerfs imeumogastrlques inclusivement, qui agit comme premier mobile et comme principe régulateur de ces mouvements.

Chez les animaux à circulation complète, les mouvements d'inspiration et d'expiration se succèdent constamment et à de courts intervalles, tandis que chez les Reptiles, où tout le sang ne traverse pas les poumons avant que de relourner aux différentes parties du corps, ces mouvements sont bien moins fréquents. L'Homme, qui doit être rangé dans la première catégorie, fait à peu près vingt inspirations par minute; le nombre de celles-ci varie, du reste, suivant les individus, mais il est toujours plusgranddans la jeunesse que dans l'âge adulte et dans la vieillesse. Dans un élat maladif, la Respiration peut être ralentie ou considérablement accélérée; le nombre d'inspirations s'élève quelquefois à plus de quarante par niinule.

A chaque expiration, la totalité de l'air n'est point expulsée des poumons ; il en reste toujours une quantité plus ou moins grande. Après l'expiration la plus forte possible, il parait que le poumon de l'Homme, contient à peu près les quatre-vingt-quinze millièmes de la quantité d'air qu'il renferme après la plus forte inspiration. Dans la Respiration ordinaire, la différence est bien moins grande, caria quantité d'air que contiennent les poumons après une inspiration ordinaire, n'est qu'un peu plus d'un dixième plus grande que celle qui y reste encore après une expiration semblable. Quant à la quantité absolue d'air qui entre dans les poumons à chaque inspiration, elle varie nécessairement, nonseulement d'après la grandeur de ces organes chez les différents individus, mais aussi d'après l'étendue des mouvements respiratoires. Suivant sir H. Davy, elle est de deux cent vingt-neuf centimètres cubes; suivant Allen et Pepys, de deux cent soixante-dix centimètres cubes. Thompson porte cette évaluation beaucoup plus haut; il pense qu'il entre et sort des poumons, à chaque Respiration ordinaire, six cent cinquante-six centimètres cubes.

Après avoir examiné successivement les phénomènes généraux de la Respiration, l'influence des conditions extérieures sur ces mêmes phénomènes, et la structure des organes qui sont le siège de cette fonction, il reste à dire quelques mots de l'influence que les modifications de l'appareil respiratoire paraissent exercer sur la série de phénomènes dont cette fonction se compose. On a vu que chez les animaux inférieurs, la surface tégumenlaire générale contribue puissamment à la production des phénomènes de la Respiration, tandis que chez les êtres les plus élevés de la série zoologique, c'est-à-dire les Oiseaux et les Mammifères, la peau, considérée comme organe respiratoire, est deve-

nue presque nulle. Plusieurs circonstances influent sur cette centralisation presque complète des fonctions respiratoires dans les poumons. On doit placer en première ligne le passage de la totalité du sang à travers le système vasculaire de cet organe et la nature de son lissu; mais l'action mécanique à l'aide de laquelle l'air est attiré dans l'intérieur de la cavité respiratoire, cl ensuite expulsé au dehors, paraît devoir contribuer également à produire ce résultat. En effet, des expériences faites par Milne Edwards, conjointement avec Breschet, font voir que si les substances volatiles introduites dans la masse du sang viennent à s'exbaler à la surface pulmonaire, plulôt que dans les autres parties du corps également pourvues d'un grand nombre de vaisseaux, cela dépend principalement de la sorte de succion qui accompagne chaque mouvement d'inspiration. 11 est donc probable que la même cause donne lieu aux mêmes effets sur les produits ordinaires de la Respiration.

RESSORT, iws. L'un des noms vulgaires des Taupins. V. ce mot.

RESTAUCLÉ. bot. Nom vulgaire du Lentisque. RESTIACÉES. Bestiaceœ. bot. Famille de plantes monocotylédones à étamincs périgyncs. établie par R. Brovvn, et adoptée par tous les botanistes. Elle a pour type le genre Restio auparavant placé dans les Joncées, et elle peut être caractérisée de la manière suivante : les fleurs, généralement unisexuées et petites, sont réunies en épis, en capitules, souvent environnés de spalhes. Le calice, qui manque rarement, est gluniacé, offrant de deux à six divisions profondes. Les étamines varient d'une à six; quand elles sont en nombre moitié moindre que les sépales, elles sont opposées aux sépales intérieurs; disposition qui est le contraire de celle que l'on observe dans la famille des Joncées. Dans quelques cas, les étamines ou l'étamine unique sont placées à l'aisselle de la même écaille, d'où naissent les pistils ou fleurs femelles. Celles-ci consistent en un ovaire ovoïde ou triangulaire, à une seule loge contenant un ovule renversé ; du sommet de l'ovaire naissent d'un à trois stigmates sessiles ou portés chacun sur un style particulier. Il arrive parfois que les fleurs, étant très-rapprochées, plusieurs pistils se soudent ensemble, et sont ainsi alternativement superposés les uns aux autres, comme on l'observe dans le genre Desvauxia, par exemple. Les fruits sont des sortes de peliles capsules uniloculaires, monospermes, s'ouvrant d'un seul côté par une fente longitudinale; quelquefois plusieurs pistils s'étant soudés, le fruit paraît être à plusieurs loges. Dans quelques genres, ce fruit est une petite noix indéhiscente. La graine, qui est renversée, se compose d'un tégument propre, crustacé, d'un gros endosperme farineux, sur l'extrémité inférieure duquel est appliqué et incrusté un embryon déprimé et comme lenticulaire, opposé au liile. Les plantes qui composent cette famille ont le port des Joncées ou des Cypéracées; elles sont presque toutes exotiques, vivaces, souvent même sous -frutescentes, ayant des feuilles étroites, engainantes et fendues à leur base; quelquefois ce sont deschaumes nus, ou simplement couverts d'écaillés engainantes, ou de feuilles rudimenlai-

res. Cette famille est trèsrapprochée des Joncées, dont elle diffère par son embryon extraire et simplement appliqué sur un des points de l'endosperme opposé au hile, par ses graines solitaires et pendantes, par ses étamines opposées aux sépales intérieurs, etc. Elle a aussi de l'affinité avec les Cypéracées, mais elle s'en distingue par son péricarpe déhiscent, par ses gaines fendues, par la structure et la position de l'embryon, etc. Les genres qui composent cette famille ont été rangés de la manière suivante :

I" tribu. — RESTiONtES.

Fleurs dioïques; calice de quatre à six sépales, dont deux ou trois intérieurs, portant chacun une élamine. Restio, L., R. Er.; irUldenowia, Thunb.; Thamnoclwrthiis, Bergius,R. Br.; Chœtanlhiis,K. Br.; Leptanthus, R.Br.; Hypolœna, U. Br.; Elerjia, Thunb.; Lepxrodia, Thunb.; Anarthria, R. Br.; Calopsis , Beauv.; Cliomlropelalum , Roltb.; Lyijinia, R. Br. li' tribu. — XïiiiDÉES.

Fleurs hermaphrodites; deux ou trois étamines. Xyris , L.; Abolboda , Kunth; Johnsonia , Kunth; Gaimardia, Gand.

III'" tribu. — Ériocablées.

Fleurs monoïques; les mâles à quatre ou six étamines.

Eiiocaulon, L.

IV<= tribu. — Centrolépibées.

Fleurs hermaphrodites; calice nul ou à deux lobes; une seule élamine.

Aiepxrum, R. Br.; Desvavxia,h. Br., ou Centro- U'pis de Labillard.; Aphelia, R. Br.

RESTIARIA. bot. Loureiro {Flor. Cochinckin., 2, p. 785) a établi sous ce nom un genre placé dans la UiœcieGynandrie,L.,mais dont les aflînités naturelles sont indéterminées. Voici les caractères qu'il lui a imposés : fleurs mâles inconnues; fleurs femelles ayant un calice dont le limbe est à cinq divisions lancéolées, étalées; point de corolle; un stigmate concave; une capsule à cinq nervures, à deux loges et à autant de valves, renfermant plusieurs graines ailées. Le Restiariu cordata est un grand arbrisseau dont la lige est déclinée, divisée en branches grimpantes, dépourvues de vrilles et d'épines, garnies de feuilles cordiformes, rugueuses, velues, très-entières, grandes et opposées. Les fleurs sont disposées en panicule, dans les aisselles des feuilles. Cette plante croit dans les forêts de la Cochinchine. Rumph {Herb. Aiiiboin., lib. 5, cap. 35, p. 188) avait décrit sous le nom àeResiiaria nigia une plante qui est citée par Loureiro comme probablement synonyme de son espèce; mais il est facile de se convaincre, dans l'ouvrage de Rumph, que tout ce que cite Loureiro sur cette plante se rapporte au Restiaria a/6a, décrit à la page 187, et figuré tab. 119. Cette dernière plante est le Commersonia echinata de Forster qui n'a pas le moindre rapport avec le Restiaria de Loureiro. L'écorce de la plante décrite par Rumph est tenace, poreuse, composée de fibres longitudinales, avec lesquelles on fait des mèches d'artillerie, et dont on se sert pour boucher les fentes des navires.

RESTIO. bot. Ce genre de la famille des Restiacées, tel qu'il a été réduit et circonscrit par Rob. Brown,

présente les caractères suivants ; fleurs dioîques, formant (les sortes de chatons éeailleux; le calice est composé (le quatre à six écailles gUiraoïdes. Dans les fleurs mâles, on trouve deux à trois étamines ayant leurs anthères simples et pellées; dans les fleurs femelles, il y a deux ou trois pistils unilocnlaires, monospermes et soudés; l'ovaire a deux ou trois lo- {res. Le fruit est une capsule à deux ou trois loyes, s'ouvrani par autant de sulures longitudinales sur les angles salllanls. Les espèces de ce genre sont nombreuses. Elles abondent principalement dans les terres du cap de Bonne-Espérance et ù la Nouvelle-Hollande. Ce sont des plantes à chaumes jonciformes, le plus souvent nus et portant seulement des écailles engainantes et fendues. Leurs fleurs forment des chatons ([uelquefois réunis en grappes ou en panicules. Plusieurs des espèces de ce genre en ont été retirées pour former des genres particuliers. Ainsi, parmi les espèces africaines, Rob. Brown a proposé de former un genre sous le nom de Tliamnochortus, des Restio scariosu.i, Thunb., spicigerus, Thunb., ilicliotomus, Rotlb.,qui se distinguent par leur style simple; leur fruit qui est une noix monosperme, renflée inférieurement, et accompagnée par le calice dont les folioles extérieures sont développées en forme d'ailes.

Restio accmiué. Bestio acitminatus. Th.; Chondropelaliim niitlutii, R. Tiges droites, comprimées et grisâtres; gaines noirâtres, terminées par une pointe; fleurs réunies en épillets agglomérés; écailles noires, concaves, arrondies; pétales extérieurs oblongs et lancéolés; les intérieurs du double plus longs dans les fleurs femelles. Cap de Bonne-Espérance.

RESTIOLE. BOT. r. WlLLDENOWIE.

RESTRËPIE. Restrepia. bot. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Monandrie, L., établi par Kunth {Nov. Gêner, et Spec. Plant, œquinoct., 1, p. 3G7, tab. 94) qui l'a ainsi caractérisé : calice double; l'extérieur à deux folioles dont la supérieure est concave, très-étroite au sommet, et ayant la forme (J'une antenne d'insecte; l'inférieure (formée des deux latérales soudées) oblongue, concave et obtuse; calice intérieur à trois folioles, dont deux latérales, linéaires, lancéolées, très-étroites au sommet et antenniformes; la troisième (labelle) libre, courte, sans éperon, étroite, dilatée à la base, munie de deux processus filiformes; gynostème court; anthère terminale, operculée, biloculaire; masses polliniques au nombre de quatre et céréacées.

Kestrépie ANTEiNiFÈRE. Restrepia antennifera , Kunth, loc. cit. C'est une plante parasite sur les troncs des vieux arbres. Ses tiges sont simples, radicantes, pourvues, vers les nœuds, de petites racines et de deux feuilles planes, ovales, aiguës et striées. Les fleurs sont grandes, accompagnées d'une bractée très-courte, portées sur des pédoncules uniflorcs. qui partent de la base des feuilles. La division supérieure du calice ou périgone est colorée en rouge, avec des nervures plus foncées; les divisions latérales sont rougeâtres, d'un jaune brun en dedans. Cette Orchidée a été trouvée sur le revers des Andes, dans l'Amérique méridionale, entre Almaguer et Passo.

RESUPINARIA. BOT. Le genre établi sous ce nom par Benlbam,dans la famille des Labiées, a été depuis réuni au genre Loplianlhus, où il constitue un type sectionnaire.

RÉSUPINÉ. Resupinalus. bot. Cette épithète est relative à la direction des organes; une fleur, parexemple,est Résupinée quand elle nait dans une certaine direction et qu'elle se renverse, ou quand elle se trouve dans une position renversée relativement à ce que l'on voit dans des fleurs analogues.

RÉTAME. Relama. bot. Boissier a distrait quelques espèces du genre Sparlium, famille des Légumineuses , pour en former un genre distinct , qu'il caractérise ainsi : rameaux allongés et dépourvus de feuilles au déclin de leur croissance ; calice à peine bilabié ; lèvre supérieure tronquée par deux dents obliques; l'inférieure courtement tridenlée ; style suhulé, ascendant; stigmate terminal, en tète pilosiuscule. iLe fruit est un légume indéhiscent, monosperme, ovale et renflé.

Rétame monosperme. Rétama monosperîna, Boiss.; Spaitium vionospennnm, Linn. ; Genista nionosperma, Lam., DC. Arbrisseau à rameaux grêles, eflSlés, striés et dressés, les plus petits sont garnis, dans leur jeunesse, de feuilles lancéolées-linéaires, sessiles et un peu soyeuses. Les fleurs sont blanches, pubescentes, disposées en grappes lâches et peu fournies; calice glabre et nuancé de violet. Gousses courtes, ovales et pointues. De Barbarie.

RETAN. MOLL. (Adanson.) Coquille du genre Monodonte, nommée, par Lamarck, Monodonta Labio. y. Monodo^te.

RETANILLA. bot. Genre de la famille des Rharanées et de la Penlandrie Monogynie, L., établi par Adolphe Brongniart (Mémoire sur les Rhamnées, p. 57), qui l'a ainsi caractérisé : calice urcéolé, quinquétide, charnu intérieurement; corolle à cinq pétales en capuchon et sessiles; cinq étamines incluses, à anthères réniformes, unilocnlaires. Disque couvrant toute la superficie interne du calice; ovaire libre, Iriloculaire; style simple , court ; fruit adhérent au calice par la base, indéhiscent, contenant un noyau ligneux, triloculaire, et des graines sessiles. Ce genre avait été réuni au Collelia par Venlenat et De Candolle. Celui-ci en a formé une section qu'il était porté à considérer comme un genre distinct, opinion déjà émise par Kunth. Les deux espèces qui constituent ce genre (Retanilla obcordata ou Colletia obcordata, Vent., Jard. de Cels, tab. 92, et Retanilla epitedra ou Colletia ephedra, Venten., Choix, tab. 16) ont été rapportées du Pérou par Dombey, qui les a désignées, dans son herbier, sous le nom générique de Rhamnus. Ce sont des sous-arbrisseaux à rameaux allongés, presque simples, nus, ou à peine munis à la base de quelques feuilles petites, opposées et très-entières. Les fleurs sont disposées en épi, petites, velues extérieurement et brunâtres.

RETELET. ois. Synonyme vulgaire de Roitelet. f. Sylvie.

RÉTÉPORE. Relepora. polyp. Genre de l'ordre des Escharées, dans la division des Polypiers entièrement pierreux, ayant pour caractères : Polypiers pierreux,

poreux intérieurement, à expansions aplaties, minces, fragiles, composées de rameaux quelquel^ois lil)res, et plus souvent anastomosés en réseau ou en filet; cellules des Polypes disposées d'un seul côté, à la surface supérieure ou interne du Polypier. Les Rétépores sont de petits Polypiers fort élégants, de nature entièrement pierreuse, mais très-fragiles, parce que leur substance est celluleuse intérieurement, formant des expansions minces, tantôt trouées régulièrement comme de la dentelle, tantôt ramifiées, à rameaux souvent anastomosés entre eux ; ces Polypiers sont encore remarquables parce que leurs cellules, qui sont très-petites, n'existent que d'un seul côté; l'ouverture de chacune d'elles est surmontée d'une petite épine calcaire, et la surface oil elles se trouvent est rude comme une râpe. On trouve dans les collections, un assez grand nombre de Polypiers fossiles, qui doivent être rapportés à ce genre dont ils offrent les principaux caractères. Lamouroux a distrait des Rétépores deux espèces dont il a formé deux nouveaux genres. /''. Kresetisteriïe et Horpière.

RÉTÉPORITE. Reteporites. polyp. Genre de l'ordre des Milléporées, dans la division des Polypiers entièrement pierreux, ayant pour caractères : Polypier pierreux, cylindracé, ovale-allongé, mince, d'une épaisseur presque égale, entièrement vide dans l'intérieur, fixé au sommet d'un corps grêle qui s'est décomposé et qui a produit l'ouverture inférieure; cellules en forme d'entonnoir, traversant l'épaisseur du Polypier, ouvertes aux deux bouts ; ouvertures disposées régulièrement en quinconce, plus grandes et presque pyriformes à l'extérieur, beaucoup plus petites et irrégulièrement arrondies à l'intérieur.

RETICULA. BOT. Le genre formé sous ce nom par Adanson , rentre dans le genre Hydrodyction , de Vaucher.

RÉTICULAIRE. Reticularia. bot. Genre de la famille des Lycopcrdacées, créé par BuUiard, subdivisé ensuite par plusieurs autres mycologues, mais rétabli en grande partie d'après les bases que Bulliard avait données par Fries (Syst. orh. Feyel., i, p. 147). Cet auteur le caractérise ainsi : péridium de forme variable, simple, membraneux, se déchirant à sa maturité ; sporidies agglomérées, entremêlées de filaments rameux, réunis par la base. Ce genre comprend une dizaine d'espèces assez différentes par la structure ou la disposition des filaments, dont les caractères ne paraissent pas assez importants pour fonder sur eux des distinctions génériques. On doit rapporter ù ce genre \e Lycogala ai genteitm et les espèces voisines, le genre StrongyUum de Dittmar, le Diphteiium de Ebrenberg, le LignUiinm de Link, les espèces de Fuligo à surface lisse; enfin peut-être doit-on même réunir aussi dans ce genre le Trichodenna fiiliginoides , Pers., et le Licea alba de Nées. Toutes ces plantes si diversement classées participent aux caractères qui ont été indiqués, et si on voulait en faire des genres différents, chaque individu, dans des plantes d'une forme aussi variable, devrait constituer une espèce et peut-être bien un genre particulier.

RÉTICULÉ. Reticulalus. bot. Épithète par laquelle on désigne les organes qui imitent une sorte de réseau

ou de dentelle. On l'emploie aussi en minéralogie pour désigner les variétés spécifiques, quand les molécules s'alignent capillairement et donnent naissance à des ramifications qui s'entrecroisent.

RÉTIFÈRES. Moii. Famille proposée par Blainville dans l'ordre des Mollusques cervicobranches, pour y placer le seul genre Patelle, dans lequel l'appareil respiratoire est composé, suivant ce naturaliste, d'un organe en réseau et aérien, et non comme d'autres l'ont dit, de plis qui existent tout autour du rebord du manteau. A'. Patelle.

RETIGERUS. noT. Ce genre que Raddi a élevé parmi les Champignons pyrénomycètes, a été réuni an genre P/mH»s, deMJcheli.

RÉTINACLE. Retinaculum. bot. Le professeur Richard a donné ce nom aux petits corps souvent glanduleux et de forme variée, qui, dans la famille des Orchidées, terminent les masses poUiniques à leur partie inférieure et servent à les agglutiner à la surface du stigmate. 1^. Orchidées.

EETINARIA. BOT. La plante dont le fruit a été décrit par Gsertner (de Fritct., ii, p. 187, tab. 120), sous le nom de Retinaria scandens, et figuré sous celui de Retiiiaria volubilis, est une espèce du Gouania, à laquelle De CandoUe a donné pour nom celui du genre proposé par Gsertner.

RÉTINASPHALTE. MIN. Bitume résinite d'Hatly, Rélinite de Breithaupt et de Léonhard. Substance résineuse du genre des Bitumes, d'un jaune brunâtre ou d'un brun clair, opaque, à cassure résineuse et quelquefois terreuse , mais prenant l'aspect de la Résine par le frottement; tendre et fragile, pesant spécifiquement 1.1Ô; fusible à une faible température; donnant par la combustion une odeur agréable, qui passe à l'odeur bitumineuse, et laissant un résidu charbonneux plus ou moins abondant; soluble en partie dans l'alcool, qui en sépare une matière résineuse, et laisse un résidu d'Asphalte. Le Rétinaspbalte de Bovey, analysé par Halcbett, est composé de matière résineuse, 53; Bitume asphalte, 41; matières terreuses, 3. Cette substance se rencontre en masses nodulaires dans les dépôts de Lignite, à Bovey-Tracey en Devonsbire; elle est accompagnée de Gypse et de Fer sulfuré. On la trouve aussi aux Étals-Unis, au cap Sable, comté d'Arundel en Maryland. On rapporte encore à cette espèce, mais avec quelque doute, différentes matières résineuses, telle que la Résine de Uiggbate, une partie des Succins de Saint-Paulet dans le département du Gard, et les Bitumes de Halle en Saxe, d'Alsdorfîct d'Helbra dans le comté de Mansfeld, etc.

RÉTINE. zooL. y. OEiL.

RÉTINIPHYLLE. Reliniphxllum. Genre de la famille des Rul)iacées et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Humboldt et Bonpland (Plantes équinox., i, p. 80, tab. 25) qui l'ont ainsi caractérisé : calice lubuloso-campanulé, à cinq dents; corolle bypocratériforme, dont le limbe est à cinq divisions linéaires et étalées; cinq étamines longuement saillantes; ovaire infère, surmonté d'un style saillant et d'un stigmate simple et épais; drupe globuleux, couronné par le calice, sillonné, renfermant cinq uucules osseuses et

moiiospermes. Ce genre est extrêmement voisin du iVonalelia d'Aublel.

RÉTinipiiYLiE SECONDIFLORE. Retiniphylluvi. secun- (liflorum. C'est un arbrisseau résineux, haut d'environ douze pieds; ses feuilles sont opposées, ovales, écliancrées au sommet, coriaces, lisses, blancliâlres en dessous, accompagnées de stipules inlerpéliolaires, courtes, entières et vaginales. Les fleurs sont couleur de chair, presque sessiles, enveloppées de bractées, tournées du même coté, et disposées en épis axillaires. Cette plante croît sur les rives ombragées de l'Orénoque et de l'Alabapi, dans l'Amérique méridionale. RÉTliNlTE. MIN. Pechsleiri fusible des Allemands; Feldspalli résinile, H. Sorle de roche vitreuse, analogue à l'Obsidienne, et appartenant ù la division des roches pétrosiliceuses de Cordier; ayant un aspect semblable à celui delà Résine, une cassure raboteuse, une Iranslucidité sensible, une dureté inférieure à celle (lu Feldspath, contenant toujours une certaine quantité d'eau, ce qui la distingue de l'Obsidienne, et lui donne la propriété de se boursouffler au chalumeau, où elle fond avec assez de facilité. Elle ne renferme point de Fer titane, et n'offre point de passage à la Ponce, comme les Obsidiennes; elle est formée principalement de Silice, d'Alumine, de Soude et d'Eau, et contient en outre un peu de Bitume. Elle offre une assez grande variété de couleurs, dont les plus ordinaires sont le vert-olivâtre ou noirâtre, le rouge sale et le jaunâtre. La Rétinite est sujette à s'altérer par l'action des météores atmosphériques qui lui font perdre sa solidité, son éclal, sa couleur et une partie de son eau; il présente souvent la texture porphyroïde, et constitue alors la roche nommée par les Allemands Pechstein-Porphyr (Sligmite de Brong.). Telles sont la plupart des Rélinites de Saxe, de Hongrie et d'Auvergne. La Rétinite se présente tantôt en amas, tantôt sous forme de filons ou de couches puissantes au milieu des dépôts arénacés connus sous le nom de Grès rouge, situés à la base des terrains secondaires. Elle y est associée aux Porphyres de la même formation, auxquels elle semble passer par toutes sortes de nuances. Elle existe en Saxe, dans la vallée de Triebisch, et dans un grand nombre de lieux peu éloignés de Meissen; en Hongrie, dans la vallée de GlashUtte et dans la contrée de Tokai; en Italie, à Grantola, sur le lac Majeur; en France, à Puy-Griou, déparlement du Cantal; en Ecosse, dans l'ile d'Arran; en Irlande, à Newry, dans le comté de Down, etc.

La substance nommée Rétinite par Breilhaupt et Léonhard, est le Rétinasphalte. y. ce mot.

UÉTIPÈDES. ois. Oiseaux dont les tarses sont recouverts d'un épiderme réticulé.

RETIPORUS. BOT. L'une des divisions du genre Polyijore. V . ce mot.

RÊTITÈLES. Retilelœ. aracbn. Ce nom a été donné par Walkenaer à la dix-neuvième division de la seconde tribu des Aranéides. Elle renferme les espèces qui fabriquent des toiles à réseaux, formées par des fils peu serrés, tendus irrégulièrement en tout sens. RETON. POIS. L'un des noms vulgaires de la Raie

I RETTBERGIA. bot. Dans son Jgrostog raphia Bianiliensis (Nuore giorn. île Lett., ]82ô, p. 34G), Raddi

I a proposé sous ce nom un nouveau genre de Grami-

j nées qui a été plus lard réuni au genre Cliusquea de Kunth. P'. Chbsqce.

I RÉTCS. Relusus. bot. On applique cette épilhèle

j aux organes des végétaux qui se terminent par un sinus peu profond.

i RETZ MARIN. jioLi. On donne vulgairement ce nom,

I selon Bosc, ù des masses d'oeufs de Coquillages, rejetées par la mer, ou mieux à des débris de Coquillages,

I qui présentent des cavités cartilagineuses.

; RETZ DES PHILIPPINES. psYco. Nom vulgaire et

j marchand de l'Éponge flabelliforme.

j RETZIE. Hetzia. bot. Genre de la famille des Convolvulacées et de la Pentandrie Monogynie, L., offrant

I les caractères suivants : calice profondément divisé en cinq sépales lancéolés, droils et inégaux; corolle lubu-

[ leuse, cylindrique, velue en dehors, dont le limbe est court, à cinq divisions ovales, obtuses, concaves, droites, très-velues à leur sommet; cinq élaminesdont les filets sont très-courts, attachés au sommet du tube de la corolle, terminés par des anthères presque cordiformes; ovaire petit, coni(|ue, surmonlé d'un style filiforme, plus long que la corolle et terminé par un stigmate bifide; capsule oblongue, aigug, marquée de deux sillons, à deux valves et à deux loges renfermant plusieurs graines fort petites.

Retzie du Cap. Betzia Capensis, Thunberg, /'/or/;-. FI. Cap., -54; Lamk., lilustr. Geii., lab. 103; lietzia spicata, Lin. fils et Willd. C'est un petit arbrisseau dressé, divisé en rameaux peu nombreux, épais, roides. inégaux, courts et velus. Les feuilles sont verlicillécs et ramassées par quatre, lancéolées-linéaires, rapprochées, sessiles, obtuses, marquées à leur surface supérieure d'un sillon formé d'une suite de petits points, et à la surface inférieure de deux sillons. Les fleurs, de couleur rougeàlre,sonl latérales, sessiles vers les extrémités des branches, rapprochées, dressées, presque entièrement cachées entre les feuilles; elles sont accompagnées de bractées lancéolées, larges à la base, aiguës, carénées, hérissées et plus longues que le calice. Cette plante croît sur les montagnes des environs du cap de Bonne-Espérance.

RÉUSSIE. Reussia. bot. Genre de la famille des Pontédéracées, établi par Endlicher, qui le caractérise ainsi : périgone coroUin persistant et iiifundibuliforme; son tube est court, et son limbe divisé en six lobes, dont quatre presque égaux et formant une sorte de lèvre supérieure, les deux autres très-courts, faiblement divisés à la partie antérieure, et adhérents postérieurement à la lèvre supérieure; six étamines inclu.ses, insérées sur deux rangs, vers le milieu du tube du périgone; ovaire subglobuleux, ù trois loges, dont deux nerviformes, en réseau, et la troisième uniovulée; ovule analrope, pendant au sommet de la loge fertile; style terminal, recourbé; stigmate bilabiato-trilobé; utricule monosperrae, épaissi et durci de même que le tube du périgone; semence subglobuleuse, à lest membraneux et strié; embryon orlbotrope, plongé dans l'axe d'un albumen farineux; extrémité de la radicule

RUA

coupée en coin. La seule espèce de Reussia connue jusqu'ici, est une plante herbacée, que l'on trouve nageante dans les ruisseaux, et dont les tiges suivent les impulsions onduleuses de l'eau; ses feuilles sont elliptiques, portées sur des pétioles engainants el fort larges à leur base; les liges sont couronnées par trois fleurs jaunes, dont l'intermédiaire sessile. Du Brésil.

Un autre genre Reussia, proposé par Dennst, a été réuni au genre Pœdaria, de Linné.

RÉUSSIN, UÉUSSINE et RÉUSSITE, min. Substance saline, blanche, très-soluble dans l'eau, d'une saveur salée et amère, et qui accompagne, sous la forme d'efflorescence, le sulfate de Soude, dans la contrée de Sediilz et de SeidschUlz, près de Bilin en Bohême. Ce Sel parait êlre un double sulfate de Soude et de Magnésie. Analysé par Reuss , il a donné les principes suivants: Soude sulfatée, dGfii; Magnésie sulfatée, 31,35; Magnésie muriatée, 2,19; Chau.x sulfatée, 0,42. Suivant Beudant, il cristallise en prismes obliques rhomboidaux.

REUTÈRE. Reniera, bot. Le genre étal)Ii sous ce nom par Boissier, dans la famille des Ombellifèrcs,cst ainsi caractérisé : limbe du calice peu apparent; pétales entiers, ovales, un peu roulés au sommet; fruit contracté sur les côtés, subdidyme, à stylopode pulviné, à styles courts et réfléchis; méricarpes à cinq paires de bandes filiformes, égales, les latérales formant les bords; vallécules intérieures à trois raies, les extérieures à quatre; commissure des unes el des autres à deux bandes, dont l'interne large; carpophore libre et non divisé; semence convexe sur l'une des faces et planiuscule sur l'autre. On ne connaît encore qu'une seule espèce de Ueutère; c'est une plante herbacée, à feuilles radicales pinnati-découpées ; celles de la tige sont tripartiles; les ombelles ont un petit nombre de rayons portant de très-petites fleurs jaunes, auxquelles succèdent des graines rouges. On la trouve dans l'Espagne méridionale.

RÉVEIL-MATIN. BOT. Nom vulgaire de l'^i^j/io/iio JJelioscopia.

C'est aussi le nom d'un Oiseau du genre Caille; il habite Java, et fait retentir de très -bonne heure les bois de sa voix rauque et perçante.

RÉVEILLEUR. Comcias stiepttira. ois. Espèce du genre Cassican, que Lcsson a faite type d'un sous-genre qui établit le passage des Corbeaux aux Cassicans.

REVELONGA. POIS. Sur certaines côtes méditerranéennes, on appelle vulgairement ainsi le Scorpena Luscus.

RÉVOLUTÉ. Revolutus. bot. On dit des feuilles comme des pétales qu'ils sont Révolutés, lorsque ces organes sont roulés en dehors ou en dessous. Us sont involutés, quand ils sont roulés en dedans ou en dessus.

REX AMARORIS. BOT. Nom donné par Ruraph, dans sa Flore d'Ainboine, à la plante qui forme le genre SoiUatnea de Lamarck.

REYNAUBY. ois. Espèce du genre Traquet, que quelques auteurs regardent comme la femelle du Traquet Stapazino. ^. Traquet.

UEYNAUDIE. RexnauUia. bot. Genre institué par

Kunth , dans la famille des Graminées, avec les caractères suivants : épillets uniflores; Heurs sessiles; deux glumes carénées, bifides au sommet, avec deux arêtes, dont l'une un peu plus courte; deux paléoles carénées, dont l'inférieure bifide au sommet, pourvue d'une courte arête et marquée de cinq petites nervures : la supérieure n'en a que deux et elle est mucronée; quatre squammules, dont les deux extérieures sont prolongées en fil; deux étamincs unilatérales; un ovaire sessile; deux styles terminés par des stigmates en forme de pinceaux. La plante sur laquelle est établi ce genre, et qui y est encore unique, a été rapportée de Saint-Domingue, où elle forme des gazons vivaces, à feuilles sétacées, à panicules simples et spiciformes.

RHABARBARIN. bot. f^. Caphopicrite.

RHABARBARINE. Rliabaibaiina. TiOT. Alcaloïde obtenu du traitement chimique de la racine du Rheum paliiuitiim, par Pfaff. 11 est cristallin, amer, et se comporte comme les autres principes de même nature, que l'on a obtenus de différents végétaux.

RHABARBARUM. bot. Syn. deRlieum. y. Rodbarbe.

RHABDIE. Rhahdia. EOT.Martius {JSov. Gen.elSpec. Plant, brasit., t. ii, p. 130) a établi sous ce nom un nouveau genre appartenant à la Pentandrie Monogynie, L., et à la nouvelle famille des Ehrétiacées, qui est une section des Borraginées de Jussieu. Voici les caractères essentiels de ce nouveau genre ; calice à cinq divisions profondes, acuminées, inégales, imbriquées pendant l'eslivation. Corolle campanulée, dont le tube est court, le limbe profondément divisé en cinq segments ovés et dressés, à gorge nue. Cin(i étamines iuséréesà la base delà corolle, et incluses. Ovaire ovoïde, globuleux, placé sur un petit disque glanduleux, surmonté d'un style simple et d'un stigmate bilobé. Baie ovée, globuleuse, rouge, glabre, renfermant quatre noyaux monospermes.

RiiAEUiE lYCioÏDE. RliubcUa Ifcioides, Mart., loc. cit., tab. 9S. C'est un arbrisseau de la taille d'un Homme, à rameaux nombreux, effilés, pubescents, garnis de feuilles alternes, sessiles, à fleurs axillaires ou disposées en corymbe pauciQore et accompagnées de bractées. Cette plante croît au Brésil, dans la province de Bahia.

RUABDITE. Rhabdiles. uoll. De Uaan a formé le genre Rhabdite pour les Coquilles pétrifiées que Monfort a placées dans le genre Tiranite. Les Rhabdites aussi bien que les Tiranites doivent se ranger dans les Baculites. F. ce mot.

RHABDIUM. BOT. Le genre formé sous ce nom, par Wallroth, dans la Flore germanique, présente tous les caractères du genre Styllaria d'Aghard. y. ce mot.

RHABDOCAULON. bot. Ce genre de Labiées, proposé par Bentham, a été fondu dans le genre Keithia, dont il forme une section.

RHABDOCRINUM. bot. Genre de la famille des Liliacées, fondé par Reichenbach, mais qui ne paraît pas différer du genre Lloydia de Salisbury. y. Lloidie.

RUABDOSPORIUM. bot. Chevalier, dans sa Flore parisienne (428, t. 11, fig. 3), a fondé sous ce nom un genre de Champignons, qui a été réuni plus tard au genre Slilbospora de Persoon. y. Stilbospore.

RHABDOTHAMNE. Rhabdolhamnus . bot. Genre de la famille des Gesnériacées, établi par CiinninghaiD, avec les caractères suivants : tube du calice soudé intérieurement à l'ovaire, son limbe subbilabié, à cinq divisions profondes ; corolle hypogyne, lubuleuse, son limbe est partagé en deux lèvres dont la supérieure a trois lobes et l'inférieure deux; quatre étaraines didynames, insérées au tube de la corolle ; antlières biloculaires, adhérentes en un disiiue lobé; ovaire entouré d'un anneau périgyne; style simple; stigmate bilamellé. Le fruit est une capsule veinée, à bec, uniloculaire, à deux valves ouvertes par le milieu et à bords infléchis; deux placentas lancéolato-lamellés, pédicellés, à pariétaux libres. Semences nombreuses. La seule espèce qui constitue ce genre est un arbuste trèsrameux, à feuilles opposées, pétiolées, arrondies, un peu cunéiformes, très-fortement dentelées, veinées et scabres. Les Heurs sont d'un rouge foncé et sohihre, portées chacune sur un pédicelle. De la Nouvelle-Zélande .

RHABDOTHECA.BOT. Genre proposé par Cassini dans la famille des Synantbérées, section des Lactucées, mais que De Candolle a réuni à son genre Microrbynque. y. ce mol.

RHACHICALLIS. bot. Le genre que De Candolle a publié sous ce nom, dans son Proilioiinis (vol. iv, p. 453), n'a point été généralement adopté; Endlicber le considère comme une section du genre Hedfotis de Lamarck, qui fait partie de la faniHIe des Rubiacées. /'. Hédyotide.

RHACOMA. BOT. y. Rh\. Sous ce nom, Adanson forma un genre qui est le même que le Laurea de De Candolle, et Linné un autre genre qui se trouve réuni au Myginda.

RHACOPUORE. fl/iacop/io»«s. rept. Genre de l'ordre des Batraciens, proposé par Kubl pour séparer des Rainettes deux espèces, de Java, qui s'en distinguent par une forme de tète différente, mais surtout par deux lobes cutanés, situés sur les cotés du corps. Ce nom de Rhcuophorus signifie porte-lambeaux. Les deux espèces connues sont : Rliacophorus Reinwardtii et R. ■moschalHs.

RHACOSPERMA. bot. Genre que Marlius a donné comme distinct, dans la famille des Légumineuses, et <|u'Endlicher ne considère que comme une section du genre Acacia.

RHADINOCARPE. Rhadinocarpus. bot. Genre de la famille des Légumineuses, institué par Vogel qui lui donne pour caractères : calice campanule, à cinq dents; corolle papilionacée, à pétales de longueur presque égale; ailes fovéolato-rugueuses, carène arrondie au sommet; dix étamines monadelphes, avec le fourreau fendu supérieurement; anthères oblongues et conformes; ovaire sessile, linéaire et multiovulé; style allongé et courbé; stigmate simple; légume sessile, cylindrique, allongé, articulé transversalement : les articulations sont cylindriques, tronquées aux deux bouts, indéhiscentes et monospermes; semences lenticulaires et comprimées; embryon présentant une radicule exserle, presque droite, un peu courbée au sommet. Les Rhadinocarpes sont des arbustes volubiles,

à feuilles brusquement pinnées, disposées par paires au nombre de quatre. Les fleurs sont axillaires. De l'Amérique septentrionale.

RH^TIZITE. Miiv. y. DiSTHÈKE.

RHAGADIOLE. Rhagadiolus. bot. Genre de la famille des Synantbérées, tribu des Cbicoracées, et de la Syngénésie égale, L., offrant les caractères suivants : involucre composé de cinq à huit folioles disposées sur un seul rang, égales, appliquées, oblongues, concaves ou canaliculées, à une seule nervure, membraneuses sur les bords; la base de l'involucre offrant environ cinq petites écailles surnuméraires, appliquées, courtes, larges et ovales. Réceptacle petit, plan et nu. Calathide composée d'un petit nombre de fleurons hermaphrodites, étalés en rayons et à corolle ligulée. Akènes dépourvus d'aigrette, très-longs, cylindracés, amincis de la base au sommet, plus ou moins arqués, ayant l'aréole basilaire très-large et très-adbércnte au réceptacle; les extérieurs étalés, presque entièrement enveloppés par les folioles de l'involucre, qui ont pris un grand accroissement après la floraison, et qui sont devenues presque ligneuses. Linné confondait le genre Rhagadiolus avec ses Lapsana; mais il a été rétabli par Gaeriner, Lamarck et tous les auteurs modernes. Le Kœlpinia lineaiis, Pallas, Voy. 3, p. 733, lab. L, f. 2, rentre, selon la plupart des auteurs, dans le genre Rhagadiolus; Cassini en a formé un sous-genre principalement remarquable par ses akènes hérissés d'aiguillons.

Les deux véritables espèces de Rhagadioles ( Rhagadiolus stellatus et Rhagadiolus edutis) croissent dans la région méditerranéenne. Ce sont des plantes herbacées, à feuilles caulinaiies lancéolées, dentées ou lyrées, à fruits étalés en étoile et lisses.

RHAGADIOLOIDES. bot. Sous ce nom vicieux. Vaillant désignait le genre Hedxpnois de Tournefort. y. Hêdypnoïde.

RHAGIE. Rhagitim. ins. Nom donné par Fabricius aux Coléoptères que Geoffroy avait nommés Stencores.

RHAGION OD LEPTIS. Rhagio. \m. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes, tribu des Liptides ou des Rhagionides, établi par Latreille et auquel Fabricius avait donné le nom de Leptis, que Latreille a d'abord rejeté, parce qu'il a trop de rapports avec celui d'un genre d'Arachnides nommé Leptus, et qu'il a ensuite adopté (Fam. nat. du Règne anim.). Quoi qu'il en soit, le genre Rbagion ou Leptis, comme on voudra l'appeler, a été confondu dans le grand genre Musca par Linné. Degéer en plaçait les espèces parmi ses Némotèles. Ce genre tel qu'il est adopté actuellement, a pour caractères : corps assez grêle, allongé. Tête de la largeur du corselet, verticale, comprimée de devant en arrière. Antennes moniliformes, presque cylindriques, beaucoup plus courtes que la tête, dirigées en avant, rapprochées à leur base, composées de trois articles : le premier cylindrique; le deuxième en forme de coupe; le troisième conique, simplement ou peu distinctement annelé, portant une soie à son extrémité. Yeux grands, espacés dans les femelles, rapprochés dans les mâles; trois petits yeux lisses, disposés en triangle sur un tubercule vertical. Trompe saillante,

n II A

presque nieinbraneuse, bilabiiîe, recevant un suçoir de quatre soies. Palpes presque coniques, verticales, velues; leur second article long. Corselet un peu convexe. Ailes très-écarlées; balanciers saillants. Abdomen allongé, cylindrico-conique. Pattes très-longues, le premier article des tarses aussi long ou plus long que les quatre autres réunis, le dernier muni de deux crocliets ayant trois pelolles dans leur entre-deux. Ces Diptères vivent comme en sociétés dans les lieux frais; ils se tiennent contre les murs ou sur le tronc des arbres; on en trouve quelquefois sur les Heurs; ils en sucent le miel. Les larves que l'on a pu étudier vivent dans la terre ou dans le sable; elles sont allongées, annelées, apodes, avec une lélc écailleuse. Celle d'une espèce de France (Rhagio f'ermileo) est presque cylindrique, avec la partie anlérieure beaucoup plus menue, et quatre mamelons au bout opposé. Elle donne à son corps toutes sortes d'inflexions et ressemble à une chenille arpenteuse en bâton; elle en a toute la roideur lorsqu'on la relire de sa demeure ; elle creuse dans le sable un entonnoir dans lequel elle se cache tantôt entièrement , tantôt seulement en partie; elle se lève brusquement lorsqu'un petit insecte tombe dans son piège, l'embrasse avec son corps, le perce avec les dards ou les crochels dont sa tète esl munie, et le suce, et rejette son cadavre ainsi que le sable, en courbant son corps et le débandant ensuite comme un arc; la nymphe est couverte d'une couche de sable.

Rhagion Bécasse. Rhagio scolopacea, Fabr., Latr., Panz., Faun. Germ., fasc. 14, f. 19; Musca scolopacea, L.; Neinotelus scolopaceus, Degéer. Commun en Belgique.

Rbagion Vermilion. Rhagio f^ermileo , Latr.; Nemolelus yermileo, Degéer; Musca /^"eniiileo, L. Semblable à une Tipule, jaune, quatre traits noirs sur le corselet; abdomen allongé, avec cinq rangs de taches noires; ailes sans taches. Cet insecte est du midi de la France.

RHAGIONIDES OD LEPTIDES; iNS. Tribu de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes, établie par Laireille qui l'a tantôt désignée sous le nom de Rhagionides, tantôt sous celui de Leptides. Dans les Familles naturelles du Règne Animal, c'est sous la dernière dénomination qu'elle est présentée. Les caractères de cette tribu sont : palpes extérieures presque coniques. Antennes toujours fort courtes, presque d'égale grosseur et grenues ou presque moniliformes, terminées par une soie. Trompe ù tige très-courte, retirée dans la cavité buccale, ou à peine extérieure, terminée par deux lèvres grandes, saillantes et relevées. Cette tribu renferme les genres Rbagion ou Leptis, Athérix et Clinocère. f . ces mots.

RHAGODIA. BOT. Genre de la famille des Chénopodées, établi par R. Brown (ProUrom. Flor. A'ov.- HoUand., p. 408) qui l'a ainsi caractérisé : fleurs polygames, uniformes. Périanlhe à cinq divisions profondes; cinq étamines, ou quelquefois un moindre nombre; style bifide; baie déprimée, entourée du périantbe; graine pourvue d'albumen, et d'un double tégument. Ce genre est très-voisin du Chenopoilium, dont il se distingue principalement par sou fruit en

baie et ses fleurs polygames. Il a pour type le Rhagoilia Billanlieii, R. Br., loc. cit., décrit et lîguié par Labillardière {^or.-Holl., i, p. 71, lab. 90) sous le nom de Cheitopotlium baccatum. R. Brown a en outre décrit six espèces nouvelles sous les noms de Rhagoilia crassîfolia, linifolia, hastata, parabolica, spinescens et nutans. Ce sont des planles frutescentes ou herbacées, à feuilles allernes et à fleurs disposées en épi ou agglomérées, dépourvues de bractées. Elles croissent à la Nouvelle-Hollande, sur les côtes méridionales, au port Jackson et à la terre de Van Diémen.

RHAGROCRÉPIDE. Rhagrocrepis. ins. Coléoptères penlamères. /'. Leptotrachèle.

RHAGROSTIS. bot. Buxbaum (Centur., 3, p. 50, lab. 30 ) a décrit et figuré sous ce nom le Corisperiniim sguariosum, L. y . Corisperbe.

RHAMNÉES. Rhamneœ. bot. Famille naturelle de plantes dicotylédones polypélales périgynes, qui tire son nom du genre Rhamnus ou Nei-pnin qui en est considéré comme le type. A.-L. Jussieu, dans son Gênera Plantarum, avait disposé les genres réunis dans cette famille, en six sections, dont quelquesunes sont aujourd'hui considérées comme des familles dislincles. Rob. Brown, dans ses Remarques générales sur la Végétation des Terres australes, proposa le premier de faire une famille particulière, sous le nom de Célaslrinées {F. ce mol), de la plupart des genres placés par Jussieu dans les deux premières sections des Rhamnées. Plus tard il retira aussi de cette famille le genre Brunia, pour en faire le type d'un ordre naturel nouveau , qu'il nomma Bruniacées. Ces mutations ont été admises par le professeur De Candolle, dans le second volume de son Prodrome, et par Ad. Brongniart dans sa Dissertation sur les Rhamnées. Ce dernier a de plus proposé de séparer comme famille distincte, le groupe des Aquifoliacées de De Candolle, famille même qu'il serait tenté de transporter, ainsi que l'avaient primitivement indiqué Jussieu et De Candolle, dans la classe des Dicotylédones monopélales. Ainsi de ces différents travaux il résulte que la famille des Rhamnées, telle qu'elle avait été constituée par Jussieu, forme aujourd'hui quatre groupes distincts, savoir ; les Célaslrinées, les Bruniacées, les Aquifoliacées ou llicinées, et enfin les Rhamnées. C'est donc de celte dernière famille ainsi réduite, que l'on va maintenant tracer les caractères. Les véritables Rhamnées ont un calice monosépale , tubuleux inférieuremenl où il est libre ou plus ou moins adhérent avec l'ovaire; son limbe est à quatre ou cinq divisions aiguës et valvaires. La corolle se compose de quatre à cinq pétales alternes avec les divisions du calice, concaves ou plans, généralement très-petits ou nuls. Les étamines , en même nombre que les pétales , leur sont opi)osées et souvent adhèrent ù la base de leur onglet; elles sont, ainsi que la corolle, insérées à la gorge du calice sur un disque périgyne, qui tapisse la paroi interne du tube calicinal. L'ovaire est libre, semi-infère ou totalement infère, à deux, trois ou plus rarement à quatre loges, contenant chacune un seul ovule dressé, surmonté d'autant de styles et de stigmates qu'il y a de loges, et qui fréquemment se soudent entre eux. Le fruit, qu'ac-

Page 1