I. Saemoxs PROPREMENT DITS. Salmoiies
Une grande partie du bord de la mâchoire supérieure
forméeparles maxillaires; une rangée de dénis pointues aux maxillaires, aux intermaxillaires, aux palatins et aux mandibulaires, et deux rangées au vomer, sur la langue et sur les pharyngiens ; venirales répondant au milieu de la première dorsale, et l'adipeuse à l'anale. Les rayons branchiaux sont au nombre de dix environ. Leur estomac, étioit et fort long, fait un repli suivi de nombreux cœcums; leur vessie natatoire s'étend d'un bout de l'abdomen à l'autre, et communique dans le haut avec l'œsophage. Ils ont presque toujours le corps tacheté; ils habitent les rivages de la mer, d'où ils remontent par les fleuves et les rivières jusque dans les lacs les plus éloignés et même sur ceux des hautes montagnes.
Sabmon cojuiD"». Salmo Salar, L., Gmel., Syst. nat., lô, t. I, p. 1564; Bloch, pi. 20 et 98; Encycl., Pois., pi. 6g, fig. 201 et 202. C'est le plus connu et le plus répandu de tous. 11 acquiert jusqu'à cinq et six pieds de longueur, mais ceux qu'on voit ordinairement sur les marchés sont moins grands et pèsent pourtant de douze à quinze livres. Les mâles, (|ui portent vulgairement le nom de Bécards, sont ceux dont la mâchoire inférieure se recourbe en crochet vers le haut. Le Saumon se trouve sur les rivages atlantiques des deux mondes, depuis la zone tempérée jusque bien avant dans l'Océan glacial, puiscfu'on en trouve jusqu'au Spitzberget au Groenland. On assure qu'il existe aussi sur lescôtes asiatiques, dans ce qu'on nommela Manche de Tartarie. 11 se tient toujours au voisinage de l'embouchure des eaux douces, oîi il entre vers la saison du frai; c'est alors qu'on le voit remonter les fleuves et leurs affluents jusqu'auprès de leur source, sans que les distances soient un obstacle à ses migrations. Bravant le courant, il chemine beaucoup plus vile qu'on ne l'a dit, puisqu'il met fort peu de temps pour parvenir dans la Loire, par exemple, à la plus grande dislance possible de la mer. Pour se reposer dans ses voyages, le Saumon recherche quelque abri où le cours de l'eau, auquel il oppose sa tète, ne soit pas trop fort, et il appuie sa queue contre quelque pierre qui l'empêche d'être charrié en arrière. U passe la belle saison dans l'eau douce; mais on ne le voit ni dans le lac de Genève ni dans le Rhône, parce que probablement on n'en trouve point dans la Méditerranée. Il pénètre, au contraire, par l'Elbe jusqu'en Bohême; on assure eu avoir trouvé jusque dans les Cordillières de l'.imérique méridionale, qui avaient remonté plus de huit cents lieues par le fleuve Maragnon, ce qui est possible; mais ce qui ne le semble pas autant, c'est qu'on ait péché dans la Caspienne des Saumons qui venaient du golfe Persique, comme on s'en est assuré par des anneaux d'or que leur avaient posés dans les ouïes, de riches habitants des rives de ce golfe. Au reste, on prétend que ces Poissons, nés dans les rivières, descendus le long des fleuves à la mer pour y passer la mauvaise saison, remontent au printemps suivant, au lieu où ils naquirent, comme les Hirondelles reviennent faire leur ponte aux mêmes lieux où elles reçurent le jour. On assure que les femelles choisissent pour la ponte un fond de sable où , avec leurs ventiales, elles creusent uu sillon de quelques pouces de longueur et de
profondeur; elles couvrent ensuite leur dépôt dont l'odeur attire le mâle qui y répand le sperme de ses laites. Les jeunes Saumons grandissent rapidement, et parviennent en assez peu de temps ù la taille de quatre à cinq pouces. Lorsqu'ils ont atteint celle d'un pied à peu près, ils se trouvent avoir assez de force pour abandonner le haut des rivières et gagner la mer qu'ils quittent à son tour lorsqu'ils sont longs de dix-huit pouces, c'est-à-dire vers le commencement de l'été et plus lard que les vieux individus de leur espèce. A deux ans ils pèsent déjà six ou huit livres, et à cinq ou six ans ils n'en pèsent que dix ou douze. D'après ces données, on pourrait facilement juger de l'âge avancé de ceux qu'on pêche en Ecosse et en Suède, et qui. de la taille de six pieds, ne pèsent pas moins de quatre-vingts à cent livres.
L'illanken, ou Saumon de l'IU, paraît n'être qu'une variété du Saumon proprement dit, à laquelle la position géographique de sa patrie ne permet point de descendre ù la mer. Le lac de Constance est l'Océan pour elle. Ce Poisson ne peut en quitter les eaux douces, arrêté par la grande cascade de SchaflFhouse. Il y passe l'hiver, et remonte dans tous ses affluents, et vers le Rhin supérieur, dans la belle saison. Sa chair est des plus délicates, b. 12, d. 15, p. 14, v. 10, a. 15, c. 19-21. Saumon Truite commune. Salmo Farlo, L., Gmel., Syst. nat., 1, 1567; Bloch, pi. 22; le Fario, Encycl. Pois., pi. 52, fig. 2C0. L'un des plus jolis Poissons des lacs et des rivières, outre qu'il est l'un des plus estimés pour la délicatesse de sa chair. On le trouve dans presque toutes les eaux vives et froides de l'univers. Sa taille ordinaire est d'un pied à quinze pouces, b. 10, D. 14, p. 10, V. 10-15, A. 11, c. 18-20.
Saumon Truite saumonée. Salmo Truffa, L., Gmel., Syst. nat., t. i, p. 13G0 ; Bloch. pi. 21; Encycl., pi. 67, fig. 270. Sa chair est plus délicate encore que celle de la Truite commune, et rougeâtre comme si ce Poisson participait de la natuie de celte Truite et de celle du Saumon ordinaire. La Truite saumonée se tient surtout dans les lacs très-élevés,et remonte dans les plus hautes régions des montagnes, tant qu'elle y trouve des lîlets d'eau pure et courante, b. 12, d. 12-14, p. 12-14, V. 10-12. c. 20.
Saumon Huche. Salmo Hucho, L., Gmi\.,Syst. nat., t. I, p. 1369; Bloch, pi. 10; Encycl., pi. 06, fîg. 208. Le plus grand des Saumons, et celui qui se trouve le plus communément dans le Danube. On ne le rencontre guère que dans les affluents de la mer IVoire; aussi est-il assez commun dans la Russie méridionale. Il dépasse ordinairement six pieds de long et soixante livres de poids. B. 12, D. 14, p. 17, v. 10, a. 12, c. 10-20.
Saumon Dmble. Salmo Umbla, L., GxmX., Syst. nat., t. I, p. 1571; Bloch, pi. 101, vulgairement Ombre ou Humble et Umhie Chevalier, Encycl. Pois., pi. OS, tîg. 274. Le lac de Genève où il est assez répandu, celui de Neufchâtel où il est très-rare, sont les lieux où se trouve ce Poisson célèbre parmi les amateurs de bonne chère. D. 14, p. 14, v. 12, a. 12, c. 14.
Les autres Saumons proprement dits sont la Truite de montagne, Salmo alpiniis (Bloch, pi. 104), la Salveline , Salmo Salcelinus (Bloch, pi. 99), la Salma-
liiie, Salino Salmarinus ; les Salmo sylvaticus, Goetliiiii, Scliiefeniiulleri, erythrinus, lacustn's , elc.