‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 73 sur 103 · VII. CiTBARiNES. Citharini · texte numérisé non relu

VII. CiTBARiNES. Citharini

Ces Saumons se reconnaissent à leur bouche déprimée, fendue en travers au bout du museau, dont le bord supérieur est formé en entier par les inlermaxillaires, et où les maxillaires, petits et sans dents, occupent seulement la commissure. La langue et le palais sont lisses ; la nageoire adipeuse est couverte d'écaillés, ainsi que la plus grande partie de la caudale. On les trouve dans le Nil ; les uns, tel que celui que les Arabes appellent V Astre de la nuit (Serrasalme Citharine, Geoff.,

Pois. ci'Égyple, pi. 5, fig. 2 et 5), ont de Irès-petitcs dents à la mâchoire supérieure seulement, le corps élevé, comme aux Serrasalmes, mais le ventre sans Irancliant ni denlelures; les autres, comme le iVcsasc/t de Geoffroy (loc. cit., fîg. 1), qui est le Salmo niloiicus d'Hasselquisl, très-différent du liaii, onl aux deux inàclioires un grand nombre de dents serrées sur plusieurs rangs, grêles et fourchues au bout; leur forme est plus allongée.

Artedi avait formé aux dépens des Saumons un genre qu'il avait nommé Cha rncinus ; ce genre n'a point été adopté i)ar Linné. Depuis Lacépède l'a rétabli en y faisant de nombreuses additions et lui donnant pour caraclères principaux : bouche à l'extrémilé du museau; Icte comprimée; des écailles visibles sur le corps et sur la queue; point de grandes lames sur les côtés, ni de cuirasse, ni de piquants aux opercules, de rayons dentelés, ni de barbillons; deux nageoires dorsales: la seconde adipeuse et dénuée de rayons; quatre rayons au plus à la membrane des branchies. Les Cbaracins de Lacépède sont les Salmo argentinus, Bl.; Dentex, L.; Gibbosus, L.; notalus; bimaculatus, L.; iminaculatus, L.; cyprinoides, L.; niloticus, L.; Eip-pliiis, L.; pulverulenlus, L.

SAUMONEAU, pois. Le jeune Saumon.

SAUMONELLE. rois. On donne ce nom dans les pêcheries au fretin, n'importe de quelle espèce, dont on se sert en ceilains lieux pour amorcer les lignes.

SAUNEBLANCUE. bot. Synonyme vulgaire de Lampsane. r. ce mot.

SAUPE. POIS. Espèce du genre Bogue. F. ce mot.

SAUQUÈN'E. POIS. Même chose que Saucanelle.

SAURAMIA. BOT. (Jussieu.) Pour Saurauja.

SAURAUJA. BOT. Willdenow (Nov. Act. Soc. nal. cur. beroL, 3, p. 40G, lab. 4) élabiit sous ce nom un genre de la famille des Ternstrœmiacécs, qui a été ainsi caraclérisé : calice persistant, pourvu de deux à trois bractées, à cinq sépales ovés-elliptii|ues, imbriqués; cinq pétales insérés sur le réceplacle, égaux; élamines nombreuses, insérées sur le réceplacle ou sur la base des pélalesqui sont soudés dans celte partie, à filets libres, à anthères exlrorses, à deux lobes lubuleux, s'ouvrant par le sommet; ovaire supère, sessile, surmonté de cinq styles terminés par des stigmates simples; capsule gloiiuleuse, entourée par le calice, couronnée par les styles, à cimi loges et ayant une déhiscence loculicide par le sommet et en cinq valves; graines nombreuses, fixées à l'angle interne des loges. Ces graines sont couvertes d'un test cruslacé et réticulé; elles ont un périsperme charnu; embryon axile, droit; la radicule regardant le bile. Ce genre se distingue facilement des autres Ternslrœmiacées par la pluralité des slyles. De Candolle ( Mém. de la Société de physique et d'Hisloire naturelle de Genève, t. i) avait établi un genre Apateiia qui était le même que le Palava de Ruiz et Pavon; mais Kunth et Cambessèdes, dans la révision qu'ils ont faite de la famille des Ternstrœniiacées, regardent ce genre comme non suffisamment distinct des Saurauja. Ce genre se compose d'une quinzaine d'espèces dont à peu près la moitié croît dans les Indes orientales et l'autre dans l'Amérique équinoxiale.

Ce sont des arbres ou des arbrisseaux dressés, à feuilles dépourvues de stipules, allernes et entières; leurs fleurs sont disposées en grappes composées, axillaires.

SAURAUJÉES. Sauiaujeœ. bot. De Candolle a formé sous ce nom une tribu de la famille des Ternstrœmiacées, et composée uniquement du genre Saurauja de Willdenow et de V.^patelia qui doit élre réuni à ce genre. K. Sadracja et Ternstroemiacées.

SAURE. Saurus. pois. Sous-genre de Saumon, caractérisé ainsi qu'il suit, par Cuvier : bouche à l'extrémité du museau ; ventre arrondi ; calopes abdominaux. Les Saumons de ce sous-genre sont les plus allongés de tous, et diffèrent des autres par leur forme cylindracée, et par la grandeur de leurs écailles qui s'étendent sur les joues et sur les opercules. Leur première dorsale est fort en arrière des ventrales qui sont assez grandes. Le museau est court ; la gueule fendue fort en arrière des yeux; le bord de la mâchoire supérieure est formé en entier par les inlermaxillaires. 11 y a beaucoup dedents pointues le long des deux mâchoires, des palatins et sur toute la langue, mais aucune sur le vomer. Les viscères sont pareils à ceux des Saumons proprement dits. Leurs branchiosléges offrent un grand nombie de rayons, c'est-à-dire de douze à quinze. Ce sont des Poissons voraces dont on trouve des espèces dans la Médilerranée, tels <iue \e Salmo Saurus, L., (|ui paraît n'être pas le même que le Salmo Saurus de Bloch, pi. 384, et rOsmère à bande de Risso; le Salmo fœtens, Bloch, pi. 384, fig. 2, qui est le Blanchet de l'Encyclopédie, pi. 70. fig. 273, et le Tumbil, Bloch, pi. 400, l'un de l'Amérique du nord et l'autre du Malabar, sont encore desSaures.

Salue Milien. Saurus Milii. Ce Poisson, long d'un à deux pieds, tout d'une venue, et presque aussi gros vers l'insertion de la queue que par le travers du corps, est d'une couleur noirâtre, lavée de bleuàlre vers la tête et uniforme sur les autres parties. L'anale y est précisément au-dessous d'une très-pelite adipeuse classez haute. Milius a péché ce Poisson â la baie des Chiens- Marins dans l'Australie. D. 10, p. 8, v. 10, a. 8, c. 20.

SAUREL ET SAURELLE. pois. Noms vulgaires du Caranx Trachure.

SAURES ou SAURETS. POIS. y. Clcpe-Hareng.

SAURIARIA. BOT. Synonyme de Serpenlaire, ^/-«h» Dracuiiculus, L. f. Gobet.

SAURIENS, rept. Deuxième ordre de la classe des Reptiles, dans la méthode de Brongniart. Cet ordre est aujourd'hui unanimement adopté à quelques modifications près, qu'y a apportées en peu de temps l'augmentation des connaissances dans toutes les branches de l'histoire nalurelle. Les Sauriens ne composent qu'un seul genre dans le Syslema Nalurœ où les espèces, rapprochées par une forme générale à peu près pareille, différaient cependant entre elles par des points trop considérables pour qu'on les pût confondre longtemps sous le nom de Lacerta. Quatre pieds égaux, et une queue à l'exlrérailé d'un corps sans carapace, sont les caraclères qu'avait assignés le législateur suédois. Laurenli l'un des premiers, ayant formé des groupes au milieu de ce chaos, ces grou|)es, successivement adoptés par les erpétologistes, sont devenus non-seu-

lemenl des genres, mais encore des familles que Cuvier a portées au nonil)re de six, savoir : les Crocodiliens, les Lacerliens, les Igiianiens, les Geckotiens, les Caméléonicns et les Scincoïdiens.

Chez les Sauriens, le cœur est conforme comme chez les Chi-Ioniens, c'est à-dire de deu.x oreillettes et d'un ventricule quelquefois divisé par di's cloisons imparfaites. Leurs côtes sont mobiles, en partie attachées au sternum, ou arc-boutant les unes avecles autres comme dans les Caméléons. Le poumon y est quelquefois excessivement considérable, et alors l'animal a la faculté de changer de couleur à volonté, d'une manière plus ou moins sensible. Les œufs ont l'enveloppe plus ou moins dure, mais toujours calcaire; et des petits, qui ne doivent jamais clianijer de forme, en sortent sans que la mère se soit inquiétée de veiller sur eux. La bouche est toujours garnie de dents. Les pieds sont armés d'ongles; la peau est essentiellement recouverte d'écaillés en général fort serrées, mais non ordinairement imbriquées. Le plus grand nombre des Sauriens présente quatre pattes; il en est pourtant <|ui n'en ont que deux. Un examen superficiel, dit fort judicieusement H. Cloquet, suffit pour distinguer un Saiirien de tout autre Reptile. Cependant il est queli|ues Sauriens auxquels, sans une certaine attention, on pourrait trouver des rapports avec des espèces appartenant à des genres plus ou moins éloignés. Si, par exemple, les Sauriens s'éloignent des Ophidiens par la présence des membres et par l'existence de paupières mobiles, des Batraciens par le défaut de métamorphoses, des Cliéloniens par la privation de carapace et par l'existence ries dents, des Poissons enfin par la privation de branchies au moins dans le vieil âge, ils s'en rapprochent néanmoins par beaucoup de points. C'est ainsi que les Scinques, par les Orvets, les lient aux premiers, que les Salamandres les rapprochent des deuxièmes , que la Tortue serpentine les unit aux troisièmes, et qu'enfin les têtards des Grenouilles et des Triions, ainsi que l'ordre des Pneumobranches, les lient à la quatrième et dernière classe des Vertébrés.

Le squelette desSauriens ne présente aucune particularité importante à noter. Le nombre des vertèbres est très-variable, surtout dans la région caudale : il existe toujours des côtes mobiles, qui doivent protéger l'abdomen aussi bien que le thorax. Le sternum aussi ne manque jamais. L'épaule est ordinairement formée de trois os : une omoplate, une clavicule et un os coracoldien, réunis en ceinture, de manière à envelopper la partie antérieure de la poitrine, et à concourir tous à la formation de la cavité destinée à loger la tète de l'humérus. Le bassin se compose également de trois pièces et se joint au sacrum, formé par deux vertèbres.

D'après l'étude de leurs caractères extérieurs, on a essayé de lépartir les .Sauriens en trois tribus, savoir : celle des URONECTES,dont la queue est aplatie en dessus ou de côté ; celle des Eumérodes, où la queue est conique et distincte du corps; enfin celle des Urobèkes, ofi la queue, également arrondie et conique, n'est pas distinguée du corps dont elle est le prolongement. Ces distinctions, peu tranchées, ne paraissentpoint avoir eu l'assentiment général.

On ne connaît pas de Sauriens venimeux, ou du moins ce qu'on a dit de la morsure dangereuse de certaines espèces n'est point avéré. Tous paraissent être carnassiers ou du moins insectivores, et se nourrissent de proie ayant envie. La plupart s'engourdissent durant la mauvaise saison ; et s'il en est i|ui se plaisent à l'ombre ou dans l'humidité des lieux obscurs, d'autres semblent se complaire aux brûlants rayons du soleil le plus radieux. Il en est d'aquatiques, et d'autres qui recherchent la surface des rochers, des vieux murs secs ou la fraîcheur des branchages. Il en est de fort élégants, tandis que d'autres sont horribles ù voir; il en est de très-grands et redoutables, et de fort petits et innocenls, de très-farouches et de familiers au point d'habiter les demeures. Les Oiseaux de proie sont les ennemis des espèces faibles. Pendant fort longtemps, les Sauriens peuvent se passer de nourriture.

S.-iURION. BOT. L'un des noms anciens de la Moutarde, selon Daléchamp.

SAURITE. REPT. Espèce du genre Couleuvre.

SAURITIS. BOT. Synonyme d'Anagallide.

SAUROGLOSSE. Sauicglos.iniii. bot. Genre de la famille des Orchidées, établi par Lindiey, avec les caractères suivants : périanthe connivent; ses folioles extérieures s'étalent en s'arquant obliquement dès la base; elles sont linéaires et décurrentes autour de l'ovaire; labelle antérieur, linéaire, canaliculé, dilaté à sa base; gynostème allongé, demi-cylindrique; clinandie déclive; rostelle aigu. Le nom donné à ce genre est formé de deux mots grecs : cxvptx, qui signifie Lézard, et ■/Xuatix, langue, ce qui exprime la grande identité de conformation qu'ont les principaux organes de la Heur, avec la langue des Lézards.

Sauroglosse ÉLEVÉ. SttnrofjlossuiH elatwii , Lindl. C'est une plante herbacée, dont les racines sont charnues et rassemblées en faisceau; il en sort des feuilles oblongues-lancéolées, presque dressées, épaisses, trois fois plus courtes que la tige qui a environ deux pieds; celle-ci est pubescente, cylindrii|ue, garnie à des distances peu rapprochées, d'écaillés engainantes, foliacées et vertes comme elle. Les Heurs forment une sorte de grappe terminale et dense, qui constitue assez souvent plus de la moitié de la longueur de la tige. Les bractées sont canaliculées, subulées et presque aussi longues que les pétales; l'ovaire est pubescent; le périanthe est cylindrique, roulé; les sépales sont verts, linéari-lancéolés, un peu dilatés près du sommet : le supérieur est accolé aux pétales et les latéraux sont arqués, contournés à leur base et connés dans leur i)artie supérieiue un peu au-dessous du labelle. La couleur de ce dernier organe est le blanc-verdàtre, il est parallèle avec la colonne, linéaire, canaliculé, sessile, un peu dilaté à sa base et au sommet qui est ovale, pubescent vers le centre. Le gynostème est libre, allongé; le stigmate en forme de cœur; le rostelle aigu, un peu bifide; le clinandre déclive et sans reboid; les deux masses polliniques sont doublement sillonnées; lacaudicule est courte et la glandule ovale. Cette singulière plante croit dans les forêts île la capitainerie de Minas- Geraes, au Brésil.

SAUROMATE. Saurumatum. bot. Genre de la famille

des AroïdOes, institué par Scliolt, qui lui assigne pour caractères : spathe tubuleuse à sa l)asc; son limbe est plan et étalé; spadice androgyne, avec une interruption à sa partie inférieure, et des rudiments d'ovaires disséminés en dessons des étamines; le sommet est nu, presque en massue; anthères distinctes, à loges opposées, déhiscentes par une petite ouverture longitudinale, un peu oblique; viennent ensuite lesovaires libres, uniloculaires, renfermant à leur base deux ovules ortliotropes, dressés, à funiculcs courts; stigmate terminal, sessile, dépresso-hémisphérique. Le fruit est une baie nionosperme.

Sabromate MODcnETÉ. Sauromatum gultatum, Arum guttatum, Wall. Plante herbacée, à collet trèsgros, globuleux et charnu; la hampe, (|ui naît de la racine, est très-courte, écailleuse à sa hase; la spathe est verdàlre, avec l'onglet parsemé de taches noirâtres; la feuille ne paraît que vers l'arrière-saison; elle est pédatiparliteet multilobée. De l'Inde.

SAUROPE. Sauropus. bot. Genre de la famille des Eupliorbiacécs et de la Motiœcie Triandrie, L., établi par Blume (Bijdr. Flor. ned. Jml., p. 5!)S) qui l'a ainsi caractérisé : Heurs monoïi|ues. Les mâles ont un calice coloré, déprimé, orblculaire, coriace, à six dents; point de glandes; trois étamines à filets soudés par la base, à anthères extrorses et adnées au sommet des filets. Les fleurs femelles ont un calice à six divisions profondes et situées sur deux rangs; ovaire triloculaire, à loges biovulées, surmonté de trois stigmates réfléchis, bifides. Le fruit est charnu, renfermant trois coijues cliartacées, à une ou deux graines en hélice, difformes, munies à l'angle interne d'un arille charnu, presque dépourvues d'albumen, à cotylédons inégaux.

Sadrope Rhamnoïde. Sauropus Rliamnoiiles , Bl. C'est un arbrisseau fort grêle et très-flexible, dont les rameaux ont une grande tendance à s'accrocher à quelque support; les feuilles sont ovales ou ovato-oblongues, acuminées, arrondies à leur base. Le Sauropus alblcans ne diffère du lilmiitnokles (|ne par ses fleurs qui sont beaucoup plus petites. Les deux espèces croissent dans les montagnes de l'île de Java.

SAUROTHERA. ois. (Vieillot.) Synonyme de Tacco. ^. ce mot.

SAURURE. Saururus. bot. Plumier avait d'abord donné ce nom à quelques plantes (|ui ont été réunies avec juste raison au genre Piper, et Linné a employé le nom de Saururus pour désigner un genre qui depuis a été généralement adopté. Ce genre, qui appartient à l'Heptandrie Trigynie, avait été placé par Jussieu dans la famille polymorphe des Naïades. Mais le professeur Richard en a formé le type d'un ordre naturel distinct, sous le nom de Saururées. Voici les caractères du genre Saururus : les fleurs sont hermaphrodites, disposées en épis simples et cylindriques, opposées aux feuilles comme dans beaucoup d'espèces de Poivriers. Chaque Heur est sessile au fond d'une spathe courte, unilatérale et pédicellée; cette fleur se compose de six étamines dressées, saillantes, attachées autour de trois ou quatie pistils réunis ensemble par la base de leur côté interne et formant ainsi comme un pistil à trois ou quatre cornes un peu recourbées et

glanduleuses, qui sont les stigmates; chaque ovaire est à une seule loge, et contient deux ovules ascendants, attachés vers la partie inférieure de l'axe commun, le fruit se compose de quatre carpelles épais, indéhiscents, à une loge contenant deux ou, par avortement, une seule graine; ces graines sont ovoïdes, terminées en pointe à leur sommet, composées, outre leur tégument propre, d'un gros endosperme blanc, dur et comme corné, sur le sommet du(|uel est appliqué un très-petit embryon antitrope, orhiculaire, déprimé, tout à fait indivis, et par conséquent monocolylédone. Fendu longitudinalement, cet embryon présente vers sa partie moyenne un petit corps ou mamelon renversé, adhérent, vers sa partie inférieure qui est la plus rétrécie, à la masse de l'embryon , et légèrement bilobé à sou extrémité opposée : ce corps intérieur est évidemment la gemmule. Pour peu que l'on compare la structure de la graine du Saururus avec celle des Poivriers, on verra qu'elle offre une identité presque parfaite avec celle de ce genre.

Saurdre penché. Saururus cernuus. L. C'est une grande plante vivace, qui croit dans l'eau ; sa tige herbacée, dressée, porte des feuilles alternes, longuement pétiolées, cordiformes, aiguës, à sept nervures divergentes. Amérique septentrionale.

SAURURÉES. Saurureœ. bot. Dans son Analyse du fruit, le professeur Richard a nommé ainsi une famille de plantes monocolylédones, qui se compose des genres Saururus et Jpotiogeton. Les caractères de cette famille consistent surtout dans des fleurs hermaphrodites dépourvues d'envelo|)pes florales propres, qui sont remplacées par une sorte de bractée ou de spathe; les étamines sont libres et varient de six à douze ou quatorze; les pistils, au nombre de trois à quatre, sont sessiles, légèrement soudés enire eux par leur hase interne, terminés en pointe sllgmatlfère à leur sommet, offrant une seule loge qui contient deux ou trois ovules ascendants. Les fruits sont des carpelles uniloculaires, indéhiscents, contenant d'une à trois graines. Celles-ci offrent l'organisation qui a été indiquée ci-dessus à l'article Sadhcke. Celte famille, dont on peut rapprocher aussi le genre Hydrogeton quoiqu'il offre également quelques points de contact avec les Alismacées, ressemble tout à fait aux Pipéritées par l'organisation de sa graine et le port des végétaux qui la composent. Mais le nombre des étamines et des pistils dans chaque fleur, les ovaires contenant toujours deux ou trois et non un seul ovule, distinguent suffisamment les Saururées des Pipéritées. Cette famille a aussi beaucoup d'analogie avec les Cabomhées; mais, dans cette dernière famille, la présence d'un calice et l'insertion des graines forment les principaux caractères distinctifs entre ces deux ordres. F. Cabojidêes et Pipéritées.

SAURUS. POIS. y. Saure.

SAUSSURÉE. Saussurea. bot. Ce genre de la famille des Synantliérées et de la Syngénésie égale, a été dédié par De Candolle (Ann. du Muséum, t. xvi, |). 19G) à ses compatriotes De Saussure père et fils, tous deux illustres dans les sciences physiques et naturelles. Il a été formé aux dépens des Scrralula et Cirsium des au-

leurs, ot il a reçu les caractères suivants : involucre composé de folioles imbriquées, inermcs : les extérieures aiguës, les intérieures obtuses et souvent membraneuses au sommet; réceptacle garni de paillettes décbiquelées lonRitudinalement en lanières sétiformes; calatbide composée de fleurons nombreux, réguliers, tous liermapbrodites; stigmate bifide; akènes lisses; aigrette formée de poils disposés sur deux rangs : les extérieurs courts, denliculés, persistants, les intérieurs longs, plumeux, soudés à la base en un anneau qui à la maturité se détache de l'akène. C'est surtout par la structure de l'aigrette que le genre Saussurea est remarquable, et ce caractère le distingue particulièrement du genre Senatula, dans lequel la plupart de ses espèces avaient été placées. 11 se distingue des Ciisium et des Leusea par la forme des écailles de l'involucrc, tandis que, sous ce rapport, il a quelque analogie avec le Liatris; mais son réceptacle, garni de paillettes, ne permet pas de le confondre avec ce dernier genre. Dans aucune espèce de Saussurea, De Caudolle n'a pu voir la nodosité du style qui caractérise les plantes qui faisaient partie de l'ancien groupe des Cinarocépbales. Cette particularité tend donc à éloigner le genre en question des Cinarocépbales ou Cardiiacées, et à le rapprocher des Liatris. Les Saussurées sont des herbes à feuilles souvent pinnatilides et à fleurs purpurines. On en a décrit une quarantaine d'espèces que le professeur De Candolle a réparties en trois sections dont les caractères distinctifs sont tirés du nombre, de la forme et de la disposition des siiuammes qui composent l'involucre. La plupart de ces plantes croissent dans la Sibérie et notamment dans les terrains sablonneux de cette vaste contrée. Quelques-unes se trouvent sur les Hautes-Alpes, et particulièrement les Saussurea Jlpina et discolor, qui ont servi à établir le genre. Ces plantes ont leurs calatbides disposées en petites ombelles presque terminales; un grand nombre d'entre elles ont leurs feuilles velues en dessous, principalement le lyausswrea discolor, où elles sont couvertes d'un duvet si court qu'elles paraissent blanches comme de la neige.

Sabsscree lwtroïbe. Saussurea liatroides, Fischer; Serratula liatroides. Adams. Sa tige est allongée, presque simple et glabriuscule, garnie de feuilles rapprochées, anguslo-lancéolées, aiguës, sinuées et dentelées; elle est terminée par une sorte de lliyrse formé de la réunion de plusieurs capitules de fleurs purpurines. De la Sibérie.

Le genre nommé Saussurea par Salisbury (Linn. Transacl., viii, 2), a été réuni au genre FunJcia, de la famille des Liliacées.

SAUSSUr.lA. BOT. (niœnch.) y. Cbataire.

SAUSSURITE. MIN. Syn. de Jade de Saussure, y. Jade. SAUTERELLE. Locusta. IKS. Genre de l'ordre des Orthoptères, famille des Locustaires, établi par Geoffroy. Caractères : corps allongé; tète grande, verticale, de la largeur du corselet; yeux petits, saillants, arrondis; ocelles peu ou point apparents; antennes sélacées, trèslongues, à articles courts, nombreux et peu distincts; elles sont insérées entre les yeux et vers leur extrémité supérieure; labre grand, entier, presque circulaire

en devant; mandibules fortes, peu dentées; mâchoires bidentéesà leur extrémité, ayant une seule dent allongée au côté interne; galette allongée, presque trigone; palpes inégales, les maxillaires plus grandes, de cinq articles, les labiales de trois; le dernier obconique dans les (jualre palpes; lèvre ayant <iuatre divisions, celle du milieu fort petite; les extérieures arrondies à leur extrémité; menton presque carré; corselet souvent létragone, court, comprimé sur les côtés; point d'écussou; élytres inclinées, réticulées, recouvrant des ailes; abdomen terminé par deux appendices sétacés, écartés entre eux à leur insertion, et portant, dans les femelles, un oviscapte vulgairement nommé sabre, très-saillant, comprimé, et composé de deux lames accolées l'une à l'autre; pattes postérieures tiès-grandes, et propres à sauter; leurs cuisses renflées vers la base et leurs jambes munies, en dessus, de deux rangs d'épines assez fortes; tarses composés de quatre articles dont le dernier supporte deux crochets sans pelottes; le pénultième article de ces tarses bilobé. Ce genre formait à lui seul la famille des Locustaires de Latreille; mais, dans ces derniers lemiis (Fani. nalur. du Règne Anim.), il en a extrait iilusieurs espèces formant des genres distincts qu'il a nommés Conocéphale, Pennicorne (Scaphura, Kirby), Anisoplère et Épbipigère. Les Conocépbales diffèrent des Sauterelles proprement dites, parce que leur front est terminé en un cône oblus; le genre Pennicorne, que Kirby établissait en même tem|)S, sous le nom de Scaphura (Zoological Journal), en est bien distingué par la base de ses antennes, qui est garnie de poils. Le genre Anisoptère s'en éloigne parce que les femelles sont toujours aptères ou n'ont que des élytres très-courtes, en forme d'écaillés arrondies et voûtées. Enfin, le genre Éphipigère en diffère parce que les deux sexes n'ont point d'ailes et ont les élytres remplacées i)ar deux écailles cornées, arrondies et voûtées. Les Sauterelles se nourrissent de végétaux; aussi les trouve-t-on en abondance dans les prairies, les champs herbeux, et sur les arbres. Quand elles veulent s'envoler, il faut qu'elles exécutent un saut, afin de pouvoir étendre leurs grandes ailes, ce qu'elles ne pourraient faire étant à terre. Leur vol est peu rapide et ne s'étend pas à de grandes distances. Le chant des mâles est aigu et longtemps continué; il est produit par le frottement des élytres l'une contre l'autre, et n'appartient qu'aux espèces qui ont à leur base un esi>ace scaiieux, décoloré, transparent, et ressemblaui en quelque sorte à un miroir. Les femelles ne produisent aucun bruit. Elles déposent leurs œufs dans la terre au moyen de leur sabre ou oviscapte; les larves ne diffèrent de l'insecte parfait que par l'absence totale d'ailes etd'élytres, et par leur petitesse. Les nymphes ont des fourreaux contenant les ailes et les élytres; sous ces deux étals, elles jouissent des mêmes facultés qu'à l'étal parfait, mais elles ne peuvent i>as se reproduire. Ce genre se compose d'un grand nombre d'espèces dont plusieurs sont d'une taille assez considérable; on en trouve dans toutes les contrées du monde.

Saiiterii.le érythrosome. Locusta erythrosoma , Geoffr. Elle est entièrement d'un fauve rougeûtre, avec les antennes et les tarses d'une nuance plus foncée.

Sa taille n'excède pas vingt lignes. De la Baibarie. Sauterelle tachetée. Locusta veitucivora, Fabr., Latr., figurée par Rœsel, Ins. 3, Loc. Genn., tab. 8. Longue d'un pouce et demi; verte, avec des laclies brunes et noirâtres sur les élylres. Son nom de Ronge- Verrue vient de ce que les paysans de la Suède font mordre les verrues qu'ils ont aux mains par cet insecte, et que la li(|ueur noire et bilieuse qu'il dégorge dans la plaie fait sécbcr les excroissances.

Sauterelle très verte. ioc!<s;a viridissima, Latr., Fabr.; Grillas (Tettiijonin) viridissima , L., figurée par Rœsel, Ins., 2, Grill. 10, fig. 11. Longue de deux pouces, verte, sans taches.

On donne i|nelquefois aux Criquets le nom vulgaire de Sal'terelle de passage, et l'on appelle Sauterelle DE mer, diverses Squilles.

SAUTERIE. Sauteria. bot. Genre de la famille des Jungermanniacées, établi par Nées, avec les caractères suivants : axe du capitule femelle à deux ou cinq divisions séparées jusqu'à la base, sans rayons interposés; point d'involucre; involucelle découpé, naissant des lobes ou divisions de l'axe, formant avec eux un tube décliné, déhiscent par une large ouverture ; coiffe persistante, se déchirant irrégulièrement; sporange globuleux.

Sauterie des Alpes. Sauleiia ^tpina,Vées; Lunu- Iniia yll/iina, Bisclioff. Pelile plante à fronde simple ou presque simple, papilloso-aréolée et poreuse. Sur les rochers de moyenne élévation. En Europe.

SAUTEUR. zooL. On a nommé ainsi, li cause de leurs allures, les Gerboises et un Antilope parmi les Mammifères, un Sphénisque parmi les Oiseaux, le Gecko à tête plate parmi les Sauriens, un Cyprin, le Skib et un Exocet parmi les Poissons.

SAUTEURS. 7,ouL. Premier ordre de la méthode erpétologique (le l.aiircnli. /'. Erpétologie.

On a aussi fait des Sauteurs, Salialores, Sallatoiia, parmi les iMammiféres, les Oiseaux, les Poissons et les Insectes. Lati'cille (Règne Animal) divise les insectes Orthoptères en deux grandes familles auxquelles il donne les noms de Coureurs et de Sauteurs. Ces deux familles sont converties (Fam. natur. du Règne Anim.) en trois sections dont la première correspond entièrement à la famille des Coureurs, et les deux autres ii celle des Sauteurs. Ces deux dernières sections renferment les familles des Grilloniens, Locustaires et Acrydiens. /^. ces mots.

SAUT1ÈRE. Saiitiera. bot. Genre de la famille des Acanthacées, institué par Decaisne, qui lui assigne pour caractères : calice luhuleux, à cinq divisions presque égales; corolle hypogynç, infundibuliforme et bilabiée; lèvre supérieure en voûte et à deux lobes, l'inférieure en a trois; quatre étamines insérées au tube de la corolle, exsertes et didynames : leurs filaments sont soudés en lube à leur base; anthères à deux loges égales et parallèles; ovaire à deux loges, renfermant chacune un ovule; slyle simple; stigmate bifide; capsule onguiculée, un peu comprimée, biloculaire et té- Irasperme, loculicidement bivalve; semences discoïdes, velues, suspendues par des rétinacles en forme de crochets.Ce genre se distingue de ï'Hxgroplnlaàe Brown,

par sa corolle bilabiée, ainsi que par son ovaire, dont les loges ne contiennent que deux ovules. Il se sépare iietlement des Lepidagalliis, avec lequel il a des rapports parle nombre des étamines et des graines, parson calice lubuleux; enfin, il s'éloigne des Jiisticia par ses quatre étamines anihérifères, à anthères égales.

Sautière des teinturiers. Sauliera tinctorum, Decaisne. C'est une plante suffrutescente, à rameaux ligneux, cylindriques, espacés par des nodosités pubescentes, garnis de feuilles ovato-nbloiigues, obtusiuscules à la base, acuminées au sommet, couvertes en dessous d'un léger duvet. Les Heurs sont purpurines, axillaires ou terminales, accompagnées de bractées assez grandes. De l'ile de Timor.

SAUVAGEA. BOT. Linné avait ainsi orthographié, dans la première édition de son Gênera Plantarum , le nom du genre qu'il rectifia ensuite par celui de Sauvagesia. Necker et Adansou ont néanmoins adopté l'orlhographe primitive.

SAUVAGEON. BOT. Les arbres fruitiers, venus de pépins et non greffés, portent ce nom chez les pépiniéristes.

SAUVAGÉSIE. Sauvagesia. bot. Ce genre fut dédié par Linné à Sauvages, fameux médecin et botaniste de Montpellier, et placé dans la Pentandrie Monogynie. Ses rapiiorts nalurels restèrent longtemps méconnus. En 1789, Jussieu indiqua ses afiSnités avec les Violacées, et Du PetitThouars se rangea à cet avis qui fut celui de tous les botanistes et notamment de De Gingins dans le Prodrome de De Candolle, jusqu'à ce qu'Auguste Saint-IIilaire, après avoir étudié les plantes du Brésil dans leur pays, et particulièrement le genre Sauvagesia, se décidât à le placer parmi les Frankeniées, dont il forma une tribu avec d'autres genres nouveaux, tels que le Laviadia de Vandelli et le Luxemburgia. Dans un Mémoire très-étendii, qu'il a publié sur ces genres et qui est inséré parmi ceux du Muséum d'Histoire naturelle, il a imposé les caractères suivants au Sauvagesia : calice persistant, divisé profondément en cinq segments très-élalés, mais fermés dans le fruit. Corolle ayant deux rangées de pétales : les extérieurs au nombre de cinq, hypogynes, égaux, très-ouverts, obovés, caducs; les pétales intérieurs, aussi au nombre de cinq, hypogynes, opposés aux extérieurs, dressés, connivenls en tube, se joignant par les bords et persistants; ces deux rangées de pétales sont séparées par des filets plus courts, dilatés au sommet, persistants, dont le nombre est indéfini ou défini, et, dans ce dernier cas, ils alternent avec les pétales. Étamines au nombre de cinq, hypogynes, alternes avec les pétales, à filets très-courts, adhérents à la base intérieure de la corolle, à anthères fixées par la base, immobiles, extrorscs, linéaires, biloculaires, s'ouvrant lalcralemcnt et par le sommet. Ovaire supère, uniloculaire, plurioviilé, surmonté d'un slyle cylindriiiue, dressé, persistant, et d'un stigmate obtus, à peine visible. Capsule revêtue de toutes les enveloppes florales, ordinairement oblonguc ou ovoïde-oblongue, aiguë et trilobée dans une espèce, déhiscente par trois valves plus ou moins |irofondes, vide dans la partie supérieure. Graines sur deux rangs, très-petites, marquées de fossettes

. SAVACOU COCHLEARIA.C OMBKBTTE DU SEITEGAL. S

. SPAIDLE ROSE.Îlatalea aiaia .

alvéolaires, ayant un test erustacé, un ombilic terminal, composées d'un périsperme charnu, d'un eml)ryon droit, axile, d'une radicule regardant le hile et plus longue que les cotylédons.

Sadvagésie droite. Sauvagesia erecta, L.; Sanvagesia aOyma, Auhl.; Sauvagesia nutans, Pcrs.; Sauvagesia geminiflora, De Ging. C'est une petite plante ligneuse, très-glabre, à feuilles simples, portées sur de courts pétioles, munies de stipules latérales, géminées, ciliées et persistantes. Les fleurs sont axiUaires, blanches, roses ou légèrement violettes. Cette plante croit non-seulement dans l'Amérique méridionale et aux Anlilles, mais encore en Afrique, au Sénégal, ainsi qu'à Madagascar et à Java. Elle est mucilagineuse; on l'emploie à l'intérieur comme pectorale, à l'extérieur comme ophtalmique. Les Nègres de Cayenne mâchent ses feuilles en guise de Calalou.

SAUVEGARDE. REPT. A'. TcpmAMnis.

SAUVEVIE. BOT. L'un des noms vulgaires de VJspleniiim Bu ta- M lira lia, l.

S.ACZE 00 SAUZÉ. BOT. (Garidel.) Synonymes vulgaires de Saule.

SAVACOU. Cancroma. ois. Genre de la seconde famille de l'ordre des Gralles. Caractères ; bec plus long que la tête, très-déprimé, beaucoup pi us large que haut, tranchant, dilaté vers le milieu de sa longueur; arête proéminente, pourvue de chaque côté d'un sillon longitudinal ; mandibules assez semblables à deux cuillers appliquées l'une sur l'autre, le côté concave tourné vers la terre; un crochet à l'cxlrémité de la supérieure, l'inférieure terminée en pointe aiguë. Narines placées obliquement à la surface du bec, dans le sillon longitudinal, recouvertes d'une membrane. Pieds médiocres; quatre doigts, trois en avant, unis à leur base par une membrane assez large; pouce articulé intérieurement au niveau des autres doigts. Ailes médiocres; première rémige plus courte que les deuxième, troisième, quatrième et cinquième qui sont les plus longues. Les savanes noyées de l'Amérique méridionale et particulièrement de la Guiane, sont les habitations favorites de cet Oiseau qui, à lui seul, compose tout le genre. On le voit presque toujours triste, silencieux et perché sur de vieux troncs desséchés, guetter à la manière de la plupart des Hérons les Poissons et les Mollusques qui s'avancent assez près des rives pour devenir sa proie; dès qu'il les juge à sa portée, en un clin d'oeil il développe son corps qu'il avait tenu jusque-là tout ramassé, et s'élance avec une extrême vivacité sur l'objet de sa convoitise; il le saisit en effleurant rapidement la surface de l'eau et aussitôt l'engloutit dans son bec énorme et plat. On ignore sur quelle observation est fondée la dénomination latine de Cancroma donnée au Savacou; mais il est de fait que bien rarement, et seulement par nécessité, cet Oiseau recherche les Crabes et se rapproche des bords de la mer où il pourrait les pêcher. Ce i|ue l'on a rapporté de la douceur de ses mœurs n'est guère plus exact, car peu d'Oiseaux se montrent plus susceptibles de se courroucer, d'entrer en fureur; alors ses longues plumes occipitales se redressent et lui donnent un aspect tout différent de celui qu'il a dans l'état de calme. Il choisit pour

établir son nid un buisson peu élevé; il entrelace, avec des bûchettes, les branches les plus touffues et tapisse l'intérieur de cet évasement hémisphérique d'une couche épaisse de duvet : c'est là qu'il dépose deux ou trois œufs d'un gris verdàtre. On n'a point encore observé l'époque ni la multiplicité des mues; on sait seulement que, dans les collections, on trouve peu d'individus parfaitement semblables.

Savacou Cochlearia. Cancroma Cochlcaria, Lath. Parties supérieures grisâtres; front blanc; sommet de la tête noir; nuque garnie d'une longue huppe flottante; parties inférieures rousses, à l'exception de la poitrine qui est blanche; mandibule supérieure noirâtre, l'inférieure blanchâtre; pieds d'un vert jaunâtre. Taille, dix sept pouces. La femelle, Buff., pi. eiil. ô8, a les parties supérieures d'un gris bleuâtre, avec la région des épaules et les plumes de la nuque noires ; le front et le menton jaunâtres; le cou et la poitrine blancs; les parties inférieures mélangées de blanc et de roux; le bec rougeàtre; les pieds bruns. Le jeune mâle, Buff., pi. enl. SCO, a toutes les parties supérieures d'un cendré rougeàtre, le front d'un blanc pur, le sommet de la tête noir, orné d'une très-longue huppe de même couleur; petites reclrices alaires bleuâtres; joues verdàtres; menton brun; devant du cou et parlies inférieures blanchâtres; flancs roussàlres; bec d'un brun noirâtre; pieds bruns.

SAVALLE. pois. Même chose que Cailleu-Tassart. y. Clcpe.

SAVASTANIA. BOT. (Scopoli et Necker.) Synonyme de llbouchina (Aublet). (^. ce mot.

SAVASTENA. bot. (Schrank.) Synonyme d'Hierochloé. f^. ce mot.

SAVETIER. POIS. Synonyme vulgaire d'Épinoche. r. Gastérostêe.

SAVEUR. Miiv. On a fait concourir à la détermination des minéraux, la propriété que |iossèdent certains corps de produire une impression sur l'organe du goût. En appliquant l'extrémité de la langue sur la Soude boratée, on éprouvera une sensation douceâtre qui fera aussitôt reconnaître cette substance et empêchera de la confondre avec la Soude hydrochloralée dont la Saveur est franchement salée. Le Fer sulfuré, dès qu'il entre en décomposition, devient sapide et laisse une sensation astringente, etc.

SAVIA. BOT. Genre de la famille des Euphorbiacées et de la Diœcie Pentandrie, L., établi par Willdenow, et adopté par Adrien de Jussieu {Euphorb., p. 15, lab. 2, f. 5) avec les caractères suivants : fleurs dioïques. Le calice est à cinq divisions profondes; la corolle est à trois ou cinc] pétales courts, insérés autour d'un disque glanduleux; quelquefois cette corolle manque. Les fleurs mâles ont cinq élamines à filets courts, à anthères adnées, introrses; ces élamines sont insérées sur un rudimentde pistil simple oulriparlite.Lesfleurs femelles oifrent un ovaire placé sur le disque; il esta trois loges biovulées, surmontées de trois styles réfléchis, bifides au sommet, et conséquemment terminés par six stigmates. Le fruit est capsulaire, à trois coques qui chacune ont deux valves et renferment une seule graine. Les ovules sont pendants du sommet de l'ovaire,

au moyen d'un corps charnu, qui les couvre et remplit la loge, mais qui s'évanouit à la maturité, époque à laquelle un des ovules est enliérement avorté. Ce corps charnu, qui se retrouve, mais en moindre volume, dans d'autres genres d'Euphorbiacées, paraît être formé des arilles des deux graines qui se sont soudés en un seul corps. Le genre Savia ne renferme qu'une seule espèce anciennement nommée par Swaitz Crolon scssili-floruHi. C'est un arl)usle de médiocre élévation, à feuilles alternes, entières, glabres, veinées, munies de deux petites stipules caduques. Les lleurs mâles sont ramassées par glomérules entourés de plusieurs bractées. Les femelles sont axillaires, solitaires, accompagnées de bractées et presque sessiles. S'Domingue.

Un autre genre Savia, proposé par Raffinesque dans la famille des Légumineuses, a été réuni au genre ^mphicarpa, d'EUiot.

SAVIGNYE. Savignya, bot. Genre de la famille des Crucifères, et de la Tétradynamie siliculeuse.L., établi par De Candolle {Sysl. nal. f^eget., 2, p. 285) qui l'a placé dans la tribu des Alyssinées, avec les caraclères suivants : calice dressé, égal à la base; pétales entiers; étamines libres, non denliculées; silicule sessile, plane, comprimée, elliptique, apiculée par le style qui est court et télragone, divisée en deux loges par une cloison membraneuse et persistante, à valves planes, à placentas h peine proéminents, et à cordons ombilicaux libres, plus courts que les graines; celles-ci sont nombreuses, contigues, presque imbriquées, très-comprimées, munies d'un large bord; cotylédons plans, accombants, parallèles à la cloison; radicule supérieure. Ce genre tient le milieu entre le Luiiana et le Ricolia. Il diffère du premier par sa silique sessile et ses cordons ombilicaux libres ; du Ricolia par son calice égal à la base, et par sa silicule biloculaire même à la maturité. 11 est encore plus voisin du Farsetia, mais son port est tout à fait différent, et d'ailleurs, son calice égal et son style aigu l'en distinguent suffisamment.

Savignye d'Egypte. Saviynya Mgyptiaca, De Candolle, loc. cit.; Lunaria parviflora , Delile, Flore d'Egypte, tab. 35, fîg. 5. C'est une plante herbacée, annuelle, glabre et rameuse. Ses feuilles radicales sont ovales, amincies en pétiole, obtusément déniées; les caulinaires sont étroites, entières. Les fleurs sont petites, violacées et disposées en grappes opposées aux feuilles. Celte espèce a été trouvée dans les sables de l'Egypte, près des Pyramides de Saiiqàrali.

SAVINA. BOT. L'un des vieux synonymes de la Sabine, d'où XeLycopodiuin complanoluiii, qui ressemble un peu à ce Genévrier, a reçu quelquefois le même nom.

SAVIMER. BOT. Juniperus Sabina, L. Même chose que Sabine. F. ce mot et Genévrier.

SAVINIONIA. BOT. Le genre de la famille des Malvacées auquel Webb et Berthelot ont donné le nom de Savinionia, a été réuni depuis au genre Laralera, de Linné, dont il est devenu le type de l'une des divisions. F. Lavatère.

SAVON DE MONTAGNE, mm. Sorte d'Argile smeclique. y. Argile.

Ce que l'on nomme à Plombières, Savon de montagne, est un Bisilicale hydreux, composé, selon Bei-

I hier, de Silice, 50 ; Alumine, 99; Magnésie, 9; Eau, 26. Cette substance se trouve dans les Granités décomposés; elle est un peu translucide, rose, légèrement nuancée de noir. Son exposition à l'air lui fait perdre en trèspeu de temps sa translucldilé et sa couleur. Elle est tenace, quoique fort tendre, et happe à la langue.

SAVON DES VERUIERS. Mm. Nom vulgaire du Manganèse oxydé, que l'on emploie pour décolorer le verre.

SAVONAIRE. BOT. Pour Saponaire. F. ce mot.

SAVONETTE DE MER. MOLi. Nom que les marins donnent à des masses arrondies, formées d'œufs de différents Mollusques, et entre autres de Buccins et de Pourpres.

SAVONIER. Sapin/lus. bot. Genre de plantes de l'Octandrie Monogynie de Linné, qui a donné son nom à la famille des Sapindacées, et dont la Heur peut être considérée comme présentant le type régulier de cette famille. Ses caraclères distincts sont : un calice à cinq folioles ; cinq pétales alternes avec elles, insérés sur le réceptacle, égaux entre eux, souvent munis au-dessus de leur base et sur leur face interne d'un appendice de forme variable; un disque charnu, dont le bord crénelé s'étend entre les pétales et les étamines; huit à dix étamines insérées sur le disque, libres, à anthères introrses et s'ouvrant longitudinalement; un style enlier, terminé par le stigmate; un ovaire à trois ou très -rarement à deux loges, renfermant chacune un seul ovule dressé; un fruit charnu, indéhiscent, souvent réduit par avortement à un seul lobe arrondi, portant sur un de ses côtés les restes des lobes avortés et du style, et contenant au-dessous de sa partie charnue un noyau uniloculaire et nionosperme; le tégument externe est membraneux; l'embryon est légèrement courbé sur luimême ou droit; la radicule est petite et tournée vers le bile. Les Savoniers sont des arbres qui croissent dans les réglons chaudes de l'Asie, de l'Afrique et de l'Améri- (|ue. Leurs feuilles sont alternes, pinnées avec impaire, dépourvues de stipules; leurs fleurs sont polygames, disposées en grappes ou en panicules axillaires. Les racines et surtout la partie charnue des fruits du Sapindus Saponaria, L., et de plusieurs autres espèces, contiennent une substance savonneuse, susceptible de se dissoudre dans l'eau et de la rendre propre à nettoyer le linge : de là le nom de Savonier donné aux arbres de ce genre. D'aulics espèces, telles que les S. esculenlus, Camb., et Senegalensis, Poir., ont des fruits dont la chair a un goût agréable; ils servent d'aliment aux peuples des pays oii ils croissent. Une légère conformité dans la forme des folioles a engagé Sprengel à réunir au Sencgalensis le S. arhorescens d'Aublet, qui, loin de pouvoir être confondu avec lui, doit, ainsi que le S. /'tulescens du même auteur, être rapporté au genre Cttpania.

Le botaniste Don a fait du Savonier rouillé, 6'apmdus rubiginosa, le type d'un genre distinct, qu'il a nommé Moulinsia. F. ce mot.

SAVONIÈRE. BOT. (Chomel.) Synonyme de Saponaire. F. ce mot.

SAVORÉE. BOT. L'un des noms vulgaires de la Sarriète. F. ce mot.

SAXATlLE.pois. Espèce du genre Chromis. F. ce mol.

SAXICAVE. Saxicava. mou.. C'est ù Fleiiiiait île Dellcvue (|iie l'on doil rélalilissement de ce genre. Il en proposa en nièiiie leinps plusieurs atilres Irès-voisIns, (|u'en dernier lieu Lamarck réduisit à trois : celui-ci est du nombre de ceux conservés. Comme son nom l'indique, ce genre ne renfeime que des Coquilles qui ont la faculté de perforer les pierres pour y trouver un ahri. C'est toujours près des côtes et dans les roches calcaires, souvcnl même dans les galets roulés de celle suhsiance, que l'on trouve le plus habituellement les coquilles de ce genre. Elles sont presque tontes blanches, peu éléganles et souvent irrégulières. L'animal est enveloppé d'un manteau qui n'a anlérieurcmenl qu'une fort petite ouverture; les deux bords sont soudés dans tout le reste de leur longueur; postérieurement il se termine par les deux siphons réunis en une seule masse charnue, et faisant constamment saillie hors de la coquille, comme dans les Pholades, par exemple. Le pied est Irès-pelit, rudimenlaiic et probablement sans usage. La niasse abdominale est plus condi- (lérable avec un ovaire plus ou moins développé, selon la saison; elle contient les organes digeslifs <|iii ne diffèrent pas notablement de ceux des Acéphales en général. H existe une paire de branchies de chaque côté du corps, et elles se prolongent posiérieurenieni, assez loin dans la cavité du siphon branchial. Ce genre, dans lequel on ne connaît encore qu'un petit nombre d'espèces, peut être caraclérisé de la manière suivante : animal perforant, claviforme; une très-pelite ouverture palléale vis à-vis d'un pied rudimentaire; siphons allongés, charnus et réunis; deux paires de petites branchies, libres postérieurement etengagéesdans le siphon branchial; coquille peu régulière, généralement transverse, très-inéquilatérale, bâillante aux deux extrémités, à crochets peu saillants; charnière n'ayant qu'une dent à chaque valve, quelquefois complètement avortée; deux impressions musculaires; impression palléale échancrée postérieurement.

Le nombre des espèces est de douze environ, quatre vivantes et les antres fossiles; ces dernières, encore peu répandues, ne se sont rencontrées (|ue dans les terrains tertiaires, et ce sont les environs de Paris (|ui jusqu'ici en ont offei t le plus grand nombre. Deshayes en a décrit cimi espèces nouvelles, dans son ouvrage sur les fossiles de celte localité.

Saxicave ridée. Saxicava ri/gosa , Lamk., Anim. sans vert., t. v, p. 501, n» 1 ; Mxtilus riigosus, L., Gmel., p. 3Ô52, n" 7; Pennant, Zool. brit., t. iv, pi. Cô, fig. 72. De l'Océan du nord et des côtes d'Angleterre. Il est à présumer que l'espèce n» 2 de Lamarck, la Saxicave gallicane, n'est qu'une variété de celle-ci. La Saxicave pholadine du même auteur ne peut rester dans ce genre ; elle appartient aux Byssomies.

Saxicave adstbale. Saxicava australis, Lamk., toc. cit., Il" 4; ibid., Blainv., Trait, de Malac, pi. 80, lig. 4.

Saxicave de Gbigî«on. Saxicava Giignonensis, Desh., Descr. des Coq. foss. des env. de Paris, t. i, p. C4, n» 1, pi. y, fig. 18, 19. Fossile à Grignon.

Swicwt. ^ihCtiÈE. Saxicava viargaritacea , Desh., loc. cil., pi. 9, fig. 22, 23, 24; ibid., Mém. de la Soc.

9 UICT. DES SCIErîCES NAT.

d'Hist. nat. de Paris, 1. i, pi. 15, fig. 9. Fnssille ù Valmondois où elle est assez rare.

SAXICOLA. ois. (Brisson.) Synonyme de Traquel. y^. ce mot.

SAXIFRAGE. Saxifragu. bot. Ce genre, qui a donné son nom à la famille des Saxifragées, et qui appartient à la Décandrie Digynie, L., offre les caractères suivants : calice court, campanule, quinquéfide, persistant; corolle à cinq pétales étalés, un peu rétrécis en onglet à leur base, insérés sur le calice; dix étamines insérées également sur le calice, à filets subuiés ou en massue, terminés par des anthères arrondies ou réniformes; ovaire tantôt libre, tantôt adhérent en totalité ou seulement par sa moitié avec le calice, surmonté de deux styles courts, divergents, terminés par des stigmates obtus; capsule ovoïde, surmontée de deux pointes en forme de bec qui senties slyles persislantsct accrus, s'ouvrant au sommet par un trou orbiculaire, situé entre les deux bases des styles, et n'offrant qu'une seule loge qui renferme un grand nombre de graines trèspetites et lisses. Le genre Saxifrage se compose d'un nombre très-considérable d'espèces (plus de cent vingt, sans compter les variétés qui sont excessivement nombreuses), pour la plujiart indigènes des hautes montagnes du globe et principalement des Alpes et des Pyrénées. L'organisation Horalc de toutes ces plantes ne présente que peu de variations dans les caractères qui sont exposés plus haut; aussi les botanistes judicieux n'ont -ils pas cru nécessaire d'établir des genres particuliers en leur assignant des caractères qui, dans d'autres genres, auraient plus de gravité, comme, par exemple, l'adhérence ou la non-adhérence de l'ovaire. C'était sur une semblable différence que Tournefort avait constitué ses genres Saxifraga et Geum, ce dernier ayant l'ovaire parfaitement libre. Quelques auteurs modernes, grands amateurs d'innovations inutiles, n'ont pourtant pas craint de dilacérer encore le genre fort naturel des Saxifrages, tel que Linné l'a constitué. Ainsi Mœncb, Borkhausen, Schranck, Hawortli, etc., ont non-seulement rétabli le Geum de Tournefort, mais encore proposé les genres Bergenia ou Geryonia pour le Saxifraga crassifolia; Dipteia ou Sekika, pour le Saxifraga sarmentosa ; Micranthes, pour le Saxifraga hieracifolia; AJiscopetaltim, pour le Saxifraga rotiindifolia,el Robertsonia pour plusieurs espèces de Saxifrages nouvelles, décrites par Haworth, etc. Aucun de ces genres n'est admis, si ce n'est à titre de simple section, par les auteurs qui ont écrit récemment sur les Saxifrages. D.Don en a publié une Monographie dans le treizième volume des Transactions de la Société Linnéenne de Londres. 11 les a partagés en cinq sections dont voici un léger aperçu :

La 1'" section {Bergenia) a le calice campanule, rugueux extérieurement, à segments connivents; des pétales onguiculés; des étamines à filets subuiés et à anthères arrondies; des slyles creux en dedans, remplis d'ovules; des stigmates glabres, hémisphériques, el des graines cylindracées. Cette section ne se compose que de trois espèces, dont la plus remarquable est le Saxifraga crassifolia, L., qui est originaire des nion-

tiôi

lajjnes de la Sibérie, et que l'on ciiltive en Europe, dans les parterres. C'est une plante d'ornement, qui fleurit au premier printemps, lorsque la terre est dépourvue de toute autre fleur. Ses feuilles sont grandes et charnues; ses fleurs rouges forment un tliyrse au sommet d'une hampe très-épaisse.

ta 2= seclion (Gymnopera) offre un calice à cinq folioles réfléchies; des pétales liypngyncs, sessiles; des étamines hypogynes, à filels en massues, à anthères réniformes; des styles connivenls, à stigmates simples et imherhes; une capsule presque arrondie, nue, renfermant des graines sphérii|ues. Celte seclion correspond à l'ancien genre Geiiiii de Tourneforl; elle renferme onze espèces, parmi lesquelles sont, en première ligne, les Saiifraga Geiim, umbrosa et hirsuta, charmantes espèces cultivées depuis longlemps comme bordures. Leurs feuilles sont charnues, indivises ou simplement crénelées; leurs fleurs sont nombreuses, paniculées, blanches, souvent ponctuées de rouge et de jaune safrané.

La ô" section [Leiogyne) a le calice profondément quinquéfide; des pétales le plus souvent sessiles; des élamines insérées sur l'entrée du luhe calicinal, à filets subulés; des styles dressés, à stigmates orbiculés, imberbes; une capsule non adhérente au calice, renfermant des graines arrondies. Les espèces de celle section sont au nombre de vingt -cinq, réparties en deux groupes, d'après leurs feuilles lobées ou indivises. Parmi celles à feuilles lobées, on distingue le Saxifraga grattu/a/a, qui croit abondamment dans les bois ombragés de l'Europe tempérée et méridionale. Celle plante a la racine muniede grains tuberculeux. Sa lige, haute d'environ un pied, a des feuilles inférieures réniformes, les supérieures sont lobées, presque palmées; les pétales sont d'un beau blanc lacté. Parmi les espèces ù feuilles indivises, on en remarque plusieurs à fleurs jaunes, qui croissent dans les lieux humides des montagnes; tels sont les Saxifraga hircnlus et aizoiiles.

La 4" section (Micranlhes) est caractérisée par un calice à cinq divisions profondes et étalées; des pétales petits, sessiles, étalés, insérés sur le calice; des étamines également insérées sur le calice, à filets très-courts, subulés ; des styles épais, très-courls, à stigmates capités et glabres; une capsule déprimée, non adhérente au calice. Huit espèces, indigènes des contrées arctiques, composent cette seclion. On peut citer comme types les Saxifraga Peiisylvania, hieracifolia, que l'on voit quelquefois dans les jardins de botanique. Ce sont des plantes vivaces, à feuilles radicales, à fleurs nombreuses, petites, blanches ou jaunâtres, réunies en panicule au sommet d'une hampe assez allongée.

Enfin, sous le nom de Saxifrages proprement dits (Siixifragœverœ), Don a décrit une cinquantaine d'es- |>èces qui ont le calice quinquéfide ; des pétales sessiles et périgynes; des élamines également périgynes, à filets plans, sensiblement atténués au sommet; des stigmates étalés, plans, spalulés, garnis d'une fine pubescence; une capsule adhérente au calice, renfermant des graines obovales. Ces nombreuses espèces fonl l'ornement des hautes montagnes; leurs feuilles sont indivises, coriaces, cartilagineuses et ciliées sur les bords ; leurs

fleurs sont blanches, jaunes, verdâlres ou roses, disposées en panicules. Parmi ces plantes, la plus belle est sans contredit le Saxifraga pyramidalis, originaire des Alpes, et cullivé comme plante d'ornement dans la plupart des jardins d'Europe. Le Saxifraga Cotylédon, qui en est une espèce très voisine, lapisse les fentes des Rochers dans les Alpes, le Jura, les Vosges, et plusieurs autres montagnes subalpines.

On a souvent étendu le nom de Saxifrage à des plantes qui n'appartiennent point au genre dont il vient d'élre question. Ainsi l'on a improprement appelé :

Saxifrage doré, l'une ou l'antre espèce de Chrysosplenium. V. DoRiriE.

Saxifrage maritime, la Crisie marine.

Saxifrage pyramidal ou des toits, la Joubarbe.

Saxifrage des prés et des bois, des Peucédans el des Boucages. f^ . tous ces mois.

SAXIFRAGÉES. Saxifrageœ. bot. Famille de plantes dicolylédones polypélales, instituée par Jussieu, etdont voici les caractères : le calice est monopélale, persistant, plus ou moins adhérent avec la hase de l'ovaire, divisé en deux lobes dont le nombre varie de trois à huil;lacorolle,qui manque rarement, se compose d'autant de pétales qu'il y a de lobes calicinaux. Les élamines sont tanlôt en nombre double des divisions du calice, lanlôt elles sont très nombreuses; les deux ovaires, plus ou moins intimement soudés entre eux par leur cùlé interne, sont ou libres ou plus ou moins adhérents avec le calice. Ils offrent chacun une seule loge, et, lorsqu'ils sont soudés, ils forment un ovaire biloculaire, dont chaque loge renferme un grand nombre d'ovules attachés à un Irophosperme central, sur lequel viennent s'appuyer les deux bords de la cloison. Chaque ovaire se termine par un style plus ou moins allongé, au sommet duquel est un stigmate simple. Le frrrit est communément une capsule terminée par deux pointes, à deux loges polysi)ermes, s'ouvrant en deux valves, lanlôl septicide, tantôt loculicide. Les graines contiennent sous leur tégument propre un endosperme charnu, dans lequel est placé un embryon cylindrique, dont la radicule est tournée vers le bile.

Les Saxifragées sont des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, des arbirstes ou même des arbr'es plus ou moins élevés; leurs ferrilles sont alternes ou opposées, simvlcs ou composées de plusieurs folioles; quelquefois munies de stipules. L'inflorescence est très-variée.

Genres : Heucliera, L.; Saxifraga, L.; Milella, L.; Tiarella, L.; Donatia, Foist.; Aslilbe, Hamillon, et Clirysosplenium, L.; Cunonia, L.; IFeinmannia, L.; Ceratopetalum, R. Brown ; Calycoma, R. Brown; Co- (lia, Forstcr; Baiiera, R. Brown; Itea, L.

La famille des Saxifragées vient se placer à côté de celles des Crassulacées et des Portulacées. Elle dilîère de ces deux familles par' ses deux pistiissoudés, et parla structure de sa graine qui, dans les deux autres familles, se compose d'un embryon recourbé autour d'un endosperme farinacé.

SAX1.\. MAM. On a (|uelqucfois désigné, sous ce nom, le AIus saxatilis, de Pallas.

SAYRIS. POIS. Raffinesque substitue ce nom, déjà

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