ÉL^IS. BOT. V. ÉLAIS
ÉL^OCARPE. Elœocarpus. bot. Genre placé par Jussieu à la suite de la famille des Guttifères, mais que plus tard il a considéré comme le type d'un nouvel ordre naturel , voisin des Tiliacées. Les Élacocarpes sont des arbres à feuilles alternes, souvent dentées. Leurs fleurs sont hermaphrodites, disposées en corymbes ou en panicules terminales; leur calice est formé de cinq sépales caducs; la corolle de cinq pétales déchiquetés et frangés à leur sommet; les étamines sont en général en nombre triple ou quadruple des pétales, disposées sur deux rangs, insérées sous l'ovaire, en dedans d'un disque hypogyne, annulaire, saillant et ondulé; les filets sont courts, les anthères tiés-allongées, étroites, surmontées d'une pointe assez longue, à deux loges s'ouvrant par leur sommet au moyen d'un petit panneau commun aux deux loges; l'ovaire est surmonté d'un style simple et d'un stigmate très-petit, ù peine distinct du sommet du style; le fruit est un drupe contenant un noyau à cinq loges.
On connaît aujourd'hui environ une dizaine d'espèces de ce genre, qui, pour la plupart, croissent dans rinde, a la Cochinchine. Une vient de l'Ile-de-France et une autre de la Nouvelle-Hollande.
Jussieu, dans le onzième volume des Annales du Muséum, a publié des observations importantes sur le genre Éla:ocarpe, qu'il considère comme type d'un nouvel ordre naturel. Il y réunit le genre Adenodus de Loureiro. Il en distingue le Ganitnis de Rumph
que De Candolle y a réuni dans le premier volume de son Synopsis. Jussieu sépare encore du genre Élœocarpe le genre J'ateiia de Linné, qui y avait été réuni par Retz,Vahl etWilldenow. Ce genre, en cfTet, a un fruit capsulaire, qui s'ouvre en trois valves, et, selon G.Trlner, sa graine serait sans endosperme, ainsi que sa radicule supérieure, caractère qui ne s'observe pas dans les autres Élœocarpées.
VElœocarpus pednnciilaris de Labillardière forme le genre Friesia de De Candolle, qu'il ne faut pas confondre avec le Friesia de Sprengel , qui est le Ciolonopsisde Richard. F. ce mot.
ÉL^OCARPÉES. Elœocarpeœ. bot. Famille naturelle de plantes très-voisines des Tiliacées, indiquée par Jussieu dans ses observations sur le genre Éla;ocarpe, et adoptée par Kunth {in Huiiib. Aoc. Gen.) et par De Candolle (Prodrom. Sj'st. univ. i). Voici les caractères de ce groupe : les fleurs sont hermaphrodites ; le calice est simple, sans calicule, formé de quatre à cinq sépales, à préfleuraison valvaire; les pétales sont au nombre de quatre à cinq, sessiles, découpés à leur extrémité supérieure en lanières étroites; ces pétales sont insérés en dehors d'un disque hypogyne, annulaire et saillant; les étamines varient de quinze à vingt-cin(|; elles sont en général disposées sur plusieurs rangées, et placées en dedans du disque hypogyne, caractère fort remarquable, et qui, s'il est général dans toute cette famille, la distingue fort nettement; les filets sont courts et terminés par une anthère étroite, linéaire, tétragone, à deux loges s'ouvrant supérieurement par un petit opercule, souvent terminé par un petit appendice filiforme; l'ovaire est ordinairement ovoïde, ayant de deux à cinq loges contenant deux ou plusieurs ovules attachés à l'axe interne; le style et le stigmate sont simples; le fruit est tantôt un drupe charnu, dont le noyau offre de deux à cinq loges, tantôt il est capsulaire et s'ouvre en trois ou cinq valves; les graines contiennent un endosperme charnu, dans lequel est un embryon dressé.
Les ÉIa?ocarpées sont ou des arbustes ou même des arbres, dont les feuilles sont simples et alternes : les fleurs forment souvent des grappes axillaires.
Les genres qui forment ce groupe sont fort rapprochés des Tiliacées, dont ils diffèrent par leur disque hypogyne, par leurs anthères s'ouvrant seulement au sommet, par leurs pétales lobés au sommet et par leur fruit généralement charnu. Les principaux sont : Elœocaiptis, L., Juss.; Aceratium , DC; Dicera, Forst.; Friesia, DC, non Sprengel; Fallea, Mutis; Tricuspidaria, Ruizet Pavon, et Decadia, Lour?
Jussieu en rapproche les genres Fatica, L. ; Sloanea, Plumier; Apeiba, Anblel; Oncoba, Forskahl, et IJeptaca, Loureiro. Cette famille demande de nouvelles observations pour être mieux connue, et pour qu'on sache si elle doit être considérée comme un groupe distinct ou simplement comme une section de la famille des Tiliacées.
ÉL^OCOQUE. Elœococca. bot. Commerson appelle ainsi, dans ses manuscrits, un genre de la famille des Euphorbiacées, qui est le même que le Dryandra de Tlniiiberg. R. Brown, le regardant comme congénère
(le Y. lieu rites, Uanspoila ce nom à un genre de Protéacées; aussi, en cioyanldevoir rélabliicelnideTliunlierg, avons -nous adopté le nom proposé par Cominerson. V Elceococca a pour caiaclères ; des fleurs monoïques ou dioiiiiues ; un calice à deux ou trois divisions; cinq pétales deux fois plus longs; dans les fleurs mâles, dix ou douze élamines à filets soudés inférieurement, dont cinq extérieurs, plus courts, à anthères adnées au sommet du filet et dirigées du côté interne; dans les femelles, trois à cinq stigmates presque sessiles, simples ou bifides; un ovaire à trois ou cinq loges, contenant chacune un ovule. Le fruit possède autant de coques enveloppées d'une chair fibreuse. Ce genre comprend des arbres à feuilles alternes, longuement pétiolées, munies de deux glandes à leur base, entières ou lobées vers le bas des branches. Les fleurs, portées sur des pédoncules articulés, sont disposées en panicules terminales. Des deux espèces, l'une croît au Japon et aux Indes, l'autre à la Chine et à la Cochinchine; celle-ci, ofi les stigmates sont, ainsi que les loges, au nombre de trois," forme, dans la Flore de Loureiro, le genre l^ernicia. La première porte aussi le nom d'Arbre d'huile et la seconde celui d'.\rbre de vernis, noms dus à l'usage de leurs graines, assez grosses pour qu'on cherche à tirer parti de l'huile abondante, dont leur périsperme est pénétré. 1^. Tliunberg, tab. 27, et Adr. de Juss. , Euph.. tab. 11, n-ÔD.
ÉL/EOUENDROiV. Eleodendmm. bot. Genre établi par .lacquin, adopté par Jussieu qui l'a nommé linbentia, d'après Commerson , et l'a placé dans la seconde section des Rhamnées, celle où les pétales alternent avec les divisions du calice. Ses caractères sont : un calice très-petit, quinquéparti; cinq pétales étalés, à onglet élargi; cinq étamines, dont les filets courts portent des anthères arrondies; un style très-court et un stigmate unique; un drupe ([ui présente la forme d'une Olive, et renferme un noyau biloculaire et disperme. Mais 0;ertner y a observé trois loges, et dans chacune d'elles deux graines dont une avorte ordinairement. Les espèces do ce genre sont des aibres dont les feuilles opposées, très-longues et étroites sur les jeunes rameaux, se raccourcissent et s'élargissent peu après, de manière à offrir une forme différente plus lard; les pédoncules portent tantôt une fleur unique, tantôt plusieurs fleurs après s'être régulièrement divisés. VEleodendruni orientale, connu vulgairement sous le nom de Bois rouge et Bois d'Olive à Mascareigne, croît aussi à Madagascar. VEleodendrum Jrgan, abondant en Barbarie, est devenu pour Rœmer et Schultes le type du genre Àrgania. VEleodendrum tjlaucum, arbre de Ceylan et de l'Inde, a reçu un grand nombre de noms, puisque c'est le Schrebera albens de Ruiz, le Senacia glauca de Lamarck, le Celaslrus glauciis de Vahl, le Man- (jifera glauca de Rottboell , le Loureira albens de Hœusch. Ventenat, dans le Jardin de Malmaison (117), décrit un Elœodendron australe, cultivé aussi au Jardin des Plantes, et dans lequel on observe qualre divisions du calice, autant de pétales, d'étamines et de loges. C'est le Portcnschlagia de Trattinick, qui en fait connaître une autre espèce, sous le nom li'inlcgrifolia. Enfin Steudel indique encore deux espèces d'Elfcoden-
drons. Si nous sommes entrés dans ces détails de synonymie, que nous aurions pu encoi-c multiplier, c'est seulement pour en conclure l'utilité de revoir avec soin les espèces de ce genre, ou plutôt les caractères des genres que nous avons eu occasion de citer. Car une synonymie confuse n'indique-t-elle pas en général le même défaut dans les caractères génériques?
ÉL.'EOLITHE. MIN. Feltstein, Werner; Pierre grasse des minéralogistes français; Lillirodes de Karsten. Ce minéral paraît se diviser parallèlement aux pans d'un parallélipipède rectangle. Sa cassure a un éclat gras, joint à un léger chatoiement ; elle raye le verre, et étincelle sous le briquet; sa pesanteur spécifique est de 2,0. Sa couleur est d'un gris verdàtre obscur, ou d'un brun rougeàtre. Sa texture est sublaniinaire ou compacte. Elle se fond au chalumeau en émail blanc; sa |)0ussière fait gelée dans les Acides. Elle est composée, suivant Vauquelin, de silice, 54 ; alumine, 44 ; potasse et soude. 10,50; chaux, 0,12; o.xide de fer, 4; total 98,02. L'ne analyse plus récente de Gmelin a fourni les résultats suivants : silice, 43; alumine, 34; soude, 10,3; potasse, 4,3; chaux, 0,5; magnésie etoxidedefer, 1,5. On a regardé cette substance comme n'étant qu'une variété de la Wernérite; mais sa place dans la méthode n'est pas encore rigoureusement fixée. On la trouve engagée dans la Siénite avec la Titanite et le Zircon, à Laurvig et à Friedrichswarn en Norwège.
ÉLAIAGNON. BOT. Syn. de f^ite.v Jgims-casius.
ÉLAINE. looi. L'un des matériaux immédiats de la graisse des animaux où il se trouve dans des proportions extrêmement variables, et dont on le sépare au moyen de l'alcool. L'Élaïne est d'une consistance huileuse; elle est transparente, incolore, inodore et presque insipide; elle est insoluble dans l'eau, se dissout dans l'alcool très-rectifié et Jjouillant, puis s'en sépare à mesure qu'il se refroidit; elle est entièrement soluble dans l'éther : elle se coagule par un abaissement de température à— 4»; elle se saponifie avec les deux tiers de son poids de potasse, et se décompose, après cette opération, en acide oléique et margaricpie et en principe doux. Ses principes constituants sont : carbone, 73; oxigène, 13,5; hydrogène, 11,5.
ÉLAIS ou ÉLjÎîIS. bot. Genre de la famille des Palmiers, établi par Jacquin {llistor. Stirp. Amer. p. 281, lab. 172) et adopté par Linné , Lamarck et Jussieu qui l'ont ainsi caractérisé : fleurs monoïques (sur le même spadice?); spathe monophylle; calice double; l'extérieur à six parties, l'intérieur divisé en six lobes plus profonds; fleurs mâles à six étamines, et contenant un ovaire rudimenlaire; Heurs femelles renfermant un ovaire surmonté d'un style épais, terminé par trois stigmates; drupe coriace, fibreuse, presque anguleuse, contenant une noix à trois valves d'après Jacquin, sans valves selon Gscrlner, uniloculairc et percée de trois trous dont deux ne pénètrent pas dans l'intérieur. Gicrtner (de Fruct. p. 17, tab. G ) a donné une description très-étendue et une bonne figure du fruit de deu\ espèces d'Élaïs, mais 11. Brown {liotaiiy of Congo, p. 37) observcque cet auteur s'est trompé sur la stiuclure de ce fruit, en plaçant les trous à la base, quoi qu'en réalité ils soient situés au sommet. Le savant
Iiolanisle anglais ciiliqiie encore Gxriner sur ce qu'il a décrit ce Palmier comme ilioïi|ue, opinion qu'ont adoptée sans examen Sclireber, Wiildenow et Persoon. L'Élaïs est bien monoïque, ainsi que Jacquin l'a avancé, et rien n'a pu autoriser Gœrtner à changer le caractère, puisque les échantillons de la collection de Banks, et qui ont été communiqués à ce célèbre carpologiste, ne portent pas à présumer qne l'arbre en question soit dioïque. Enfin, R. Brown ajoute que VJlfonsia oleifera de Kunthest probablement un Élaïs, et qu'il est même possible que cet arbre soit la même espèce que VElais Guineensis. Cette remarque a été combattue par Kunlh dans le premier volume du Synopsis Plantariim orbis novi, ainsi qu'au mot Alioîssia de ce Dictionnaire.
L'Élaïs de GvimE , Elais sive Elœis Guineensis, Jacq. et Linné, est un beau Palmier dont le tronc est hérissé des bases persistantes des pétioles et garni d'épines sur ses bords. Son sommet est couronné de feuilles ailées et composées de deux rangs de folioles ensifornies, rapprochées, longues d'un demi-mètre, et portées sur une côte longue de cinq mètres environ, et bordées inférieurement de dents épineuses. Ce Palmier croît nalurellement sur foute la côte équinoxiale et occidentale d'Afrique, où les naturels donnent à son fruit le nom de Maba. C'est l'arbre qui fournit le corps gras que les pharmaciens européens ont nommé Huile de Palme ou Beurre de Galant; ce beurre est fort adoucissant comme toutes les substances onctueuses, mais il est permis de révoquer en doute l'eËScacité qu'on lui a attribuée contre les douleurs rhumatismales.
A la suite de l'Histoire des plantes de la Guiane, Aublet a imprimé un mémoire sur les Palmiers, où il parle de plusieurs de ces arbres qu'il nomme, avec les habitants de Cayenne, Avoira, sans les rapporter aux genres déjà décrits, mais queLamarck (Encycl. Mélhod.) croit appartenir au genre Biais. 11 y donne des renseignements très -étendus sur le fruit de la principale espèce qui serait, selon Lamarck, VElais Guineensis , ainsi que sur la préparation et les usages de son beurre, nommé par les indigènes Quioqnio ou Tliio-Thio. Les autres espèces A'Acoira auxquelles Aublel n'a point imposé de noms scientifiques, sont sauvages dans les forêts et les lieux montagneux de la Guiane. S'il était démontré que ces arbres fussent de véritables Elais, devrait-on raisonnablement admettre que VElais Guineensis y ait été importé d'Afrique, comme l'affirment plusieurs auteurs; et pourquoi ce Palmier, qui est si répandu dans «es contrées, n'y serait -il pas aussi bien spontané que ses congénères?
Deux autres espèces d'^/ais ontété décriles,rune par Gsertner sous le uom spécifique de melanococca, et l'autre parSvvartz, sous ceXmà'Elais occidentalis. Les anciens désignaient, sous ce nom d'Élaïs qui leur a été emprunté, l'Olivier commun.
ELAMPE. Elainpus. ms. Genre de l'ordre des Hyménoptères, établi par Maximilien Spinola, et rangé par Lalreille (Règne Anim. de Cuv.) dans la section des Térébrans, famille des Pupivores, tribu des Chrysides, tout près des Hédychres dont il ne diffère que par la languette entière et arrondie à son extrémité. Les
Ëlampes sont encore remarquables par des mandibules bidenlées au côlé interne, et par un prolongement en forme d'épine, plan en dessus, naissant, selon Latreille, de l'espace supérieur de l'arrière- tronc, situé au-dessous de l'écusson. Les ailes du raésoihorax diffèrent de celles des Hédychres, mais très -légèrement. L'espèce qui sert de type à ce petit genre porte le nom d'Élampe de Panzer, Elampus Panzeri ou Chrysis Panzeri, Fabr., figuré par Panzer (Fautiu Jiis.Gcrm., fasc. 51, 1. 11); elle est la même que VHedychrum Spina de Pelletier de Saint-Fargeau (Monogr. des Chrysis). Celle espèce se trouve rarement aux environs de Paris. Elle est fort petite, bleue, luisante, avec l'abdomen vert.
ÉLAN. MAM. Espèce du genre Cerf. r. ce mot. On a étendu ce nom à d'autres animaux voisins par leurs rapports naturels; ainsi l'on a appelé Élan d'Afrique le Bubale, Élan du Cap et Élan gazelle le Condous et le Canna. F. Antilope.
ÉLANCEUR. ois. Nom donné à une espèce d'Oiseau africain qui parait appartenir aux Accipitres, et qui se fait remarquer par sa manière particulière de s'élancer sur sa proie; on assure que son plumage est blanc, tacheté de noir.
ELANGIS. BOT. Dénomination proposée par Du Petit- Tbouars (Histoire des Orchidées des îles australes d'Afriijue) pour une espèce du genre Anrjorchis ou Angrœcum des auteurs. Elle est indigène des îles Maurice et Mascareigne. Son caraclère est d'avoir les fleurs réunies en panicules, les divisions du périgone découpées et lobées, et le labelle plan. VElangis ou Angrœcum elatum est figuré, toc. cit., t. 79.
ÉLAKIOKS. Elanioni. ois. Temminck a établi, sous ce nom, un groupe particulier dans le grand genre Faucon, pour y comprendre le Milan de la Caroline, Falco furcatus; le Milan Riocour, Falco Riocourii; le Milan à queue irrégulièie, Falco dispar, et le Blac, Falco melanoplerus. Il donne pour caraclèies à ce groupe : bec court, fortement courbé dès son origine, à pointe très -crochue; cire fortement poilue; pieds courts; moitié des tarses emplumée; doigts divisés; ailes longues; première et deuxième rémiges à peu près égales ; la seconde la plus longue de toutes; queue fourchue.
ÉLANOIDE ET ELANUS. ois. V. Cocbiek.
ÉLANUS. ois. Synonyme de Faucon Blac, Falco menalopterus. V. Faccon.
ÉLAPUICON. BOT. Syn. de Panais, selon Adanson.
ÉLAPHlDlO^^ Elaphidioii. i>s. Coléo|)lères tétramères; genre de la famille des Longicornes, tribu des Cérambycins, établi par Audillet-Servîlle et caractérisé ainsi qu'il suit : antennes pubesccnles, plus courtes que le corps dans les femelles, de onze articles, la plupart épineux à leur extrémité; palpes presque égales, avec leur dernier article aplati, triangulaire; mandibules courtes, pointues, avec leur extrémité un peu recourbée; corselet arrondi latéralement, mutique, déprimé en dessus, souvent unicaréné longiludinaleinent dans le milieu, peu rétréci postérieurement, avec les angles latéraux de cette partie assez prononcés, le disque inégal et presque tubercule; écusson arrondi postérieu-
remenl; élytres linéaires, tiomiuécs, (■piiieiises à leur c.\(rémilé; corps linéaire, peu déprimé; pâlies de longueur moyenne.
ÉLAPDiDios spimcoRNE. ElapMdton spinicorne, Au- (lin.; Stenocofus spinocornis , Fab.; Cerambyx spinicornis, Oliv.Toutle corps esl leslacé, marron, couvert de poils très courls, cendrés, un peu roussâlres; les yeux sonl noiràlres; le corselel a une ligne longiludinale lisse et quelques petits tul)crculcs peu élevés ; les élylres sonl brunes, recouvertes d'un duvet semblable à celui qui garnit tout le corps. Taille, neuf à di.x lignes. Des Antilles.
Le Slcnocorus inaratus, Fabr. , fait encore partie de ce genre.
ÉLAPIIION. BOT. Syn. à' A ntirrhinuin majus, L.
ELAPHIS. REPT. F. liLAPs.
ELAPHIS. OIS. Synonyme de Barge à queue noire ? F. Barge.
ÉLAPHLOGOSSE. Elaphlogossiim . botan. Scliott a établi ce genre de Fougères dans la famille des Poly- I)odiacées, pour les Jcrosticum siniplex, S\v. ; apo- (liivi, Kaulf.; elviscosttm, Sw.; mais jusqu'ici il ne parait point que les caractères indiqués pour le genre nouveau aient paru suffisants, car la majorité des botanistes ne l'ont point adopté.
ÉLAPHOBOSCUM. BOT. Les uns ont vu dans l'Élapboboscum de Dioscoride son Élaphicon, y. ce mot, et d'autres l'Athaniante du Liban, divers Biiplèvres, la Livêche et juscju'à VJUiiim ursinum, L.
ELAPIIO-CAMELUS. mam. C'est-à-dire Cerf-Chameau. Ce nom, donné quelquefois par les anciens à la Girafe, avait été étendu par Blatbiole au Llama.
ÉLAPH0CÉR.\T1TE. polvp. Mercati ( Métall., p. 524) a donné le nom d'Élapbocératite à un corps organisé fossile, qu'il regarde comme une corne de Cerf pétrifiée, et que Bertrand considère comme un Polypier coralloïde, brancbu. L'auteur italien fait remonter l'histoire de ce Fossile et de ses propriétés à Orphée qui l'a chanté dans ses vers. Aristote en fait également mention. La description un peu vague de Mercati porte à croire que Bertrand a eu raison de classer celle production de l'ancien inonde parmi les Polypiers fossiles.
ÉLAPIIOCÈliE. Elaphocera. ins. Genre de Coléoptères pentamèies, de la famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides, et voisin du genre Mélolonthe. 11 a été institué par Gêné, pour un Insecte qu'il a découvert en Sardaigne près de Cagliari. Caractères : antennes de dix articles, le premier grand et en massue, le deuxième plus petit et globuleux, le troisième trèslong et prolongé antérieurement en une forte épine, l'extrémité hcptaphylle dans les deux sexes; chaperon arrondi antérieurement, à bords réfléchis, profondément incisé au milieu; labre demi-circulaire, cilié, oblusémcnt échancré en avant ; mandibules Irigones, à sommet allongé el obtus, creusées au côté interne et munies de quatre dents : deux assez fortes ù la base, les deux autres très-petites ; mâchoires assez épaisses, cornées, à lobe terminal obtus et tridenté; lèvre étroite, oblongue, bordée de longs poils; palpes maxillaires de quatre articles dont le dernier esl le plus grand, et en ovale allongé; les labiales de trois articles; crochets
de chaque tarse doubles, profondément bifides, avec les dents internes plus courtes.
ÉLAPnoctRE OBSCURE. E/apItocera obsctira, Gêné. Tète et thorax d'un noir brillant; élylres d'un brun marron obscur, relevées de petites côtes apparentes et ponctuées; corps couvert de poils en dessous. Taille, quatre lignes.
ÉLAPUOMYCE. Elaphomrces. bot. Genre de Champignons de la famille des Gastéromycètes de Fries , établi par Nées qui le caractérise ainsi : péridion subéreux, indéhiscent, celluleux, entrelacé de veines et tapissé de flocons; sporidies ramassées, conglomérées, se résolvant ensuite en une matière humide, puis se desséchant et se réduisant en poussière. Ces plantes, dans leur période de végétation, sont des Champignons souterrains, globuleux, tubérés. recouverts d'aspérités verruqucuses. On les trouve en. assez grande abondance dans quehiues cantons des régions tempérées de l'Europe.
ELAPHOS. MAM. D'ofi Elophis des Latins. Ce nom grec, qui désignait le Cerf, est devenu chez les naturalistes, la racine du nom de divers animaux plus ou moins voisins du genre Cerf. F. ce mol.
ÉLAPHRE. Elaphrus. iivs. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques (Règne Animal de Cuv.), établi par Fabricius, el ayant pour caractères, suivant Latreille : élylres entières ou sans troncature; jambes antérieures faiblement échancrées au côté interne ; échancrure linéaire et inférieure; languette saillante, membraneuse ou légèrement coriace, à trois divisions dont les latérales plus petites el en forme d'oreillettes ou de dents; le milieu des bords supérieurs de Tintermédiaiie pointu ; mâchoires peu ou point ciliées extérieurement; antennes grossissant insensiblement vers leur extrémité, composées d'articles courls, en forme de cônes renversés; yeux gros et saillants. Les Élaphres ont le port des Cicindèles, mais ils s'en éloignent par des caractères importants, qui les rangent dans la sixième division des Carabiques, el les rapprochent beaucoup des llydrocanthares. (juant à leurs habitudes, on remarque qu'ils ont toujours la démarche leste, qu'ils vivent aux dépens de petits insectes, el qu'ils se trouvent sur les bords des mares cl des rivières, dans des lieux par conséquent fort humides. On ne sail rien sur leur étal de larve el de nymphe. Parmi les espèces propres à la France , nous citerons :
L'Élapbre RIVERAIN. £/ap/i/-M* n'/jflnwSj Fabricius, Cicindela riparia, Linné. 11 esl le même que le Bupreste à mamelons de Geoffroy (Histoire des Insectes, T. I, p. 130, n» 30). Schacffer {Icon. Ins., lab. 80. fig. 4) en a donné une mauvaise figure; Duméril (Considér. génér. sur les Ins., pl. 2, fig. G) l'a beaucoup mieux représenté. Cette espèce esl commune en Europe.
L'ÉLAFDRE CLiGiivEcx, Elaplirus uliginosus, Fabr., qui esl la même espèce que l'Élaphre riverain d'Olivier (Hist. des Coléopt. T. i, n» 34, pl. 1, fig. 1, n, d.). Il est moins commun que l'espèce précédente. Quelques insectes rangés parmi les Élaphres appartiennent aux genres Notiophile et Pélophile. F. ces mots.
ÉLAPHRIENS. Elaphiii. iiss. Division ètalilie par Lalreillc (Gêner. Crusl. et Insect. T. i, p. 181) dans la famille des Carabiqnes, et qui comprenait les genres Élaphre et Bembidion. Cette division a disparu dans les Considérations générales du même auteur, f^. Cara-
BIODES.
ÉLAPURIER. Elaphrium. dot. Ce genre, établi par Jacquin, est caractérisé par un calice quadriparli, caduc, quatre pétales, huit étamines de la longueur du calice, un style court, un stigmate bifide, une capsule presque globuleuse contenant dans une seule loge une graine unique, entourée de pulpe. Kuntli le regarde comme à peine distinct de VAmyris; plusieurs autres botanistes le réunissent au Fagara, et De Candolle l'a placé avec doute dans les Kutacées,et en a décrit quatre espèces. Ce sont des arbres de l'Amérique, dont les feuilles sont pinnées avec impaire, les fleurs en grappes, fasciculées à l'extrémité des rameaux.
ÉLAPIIROPÈZE. Elaphropeza. ins. Diptères; ce genre, de la famille des Empides, a été formé par Macquart pour une espèce que Meigen avait confondue parmi ses Hémérodromies, et Fallen parmi ses Tacliydromies. Macquart,en lui reconnaissant les caractères suivants, a prouvé qu'elle ne pouvait rester dans l'un ou l'autre des genres des deux entomologistes précités. Tète petite, sphérique, plus longue néanmoins que la trompe qui est perpendiculaire et dont les palpes sont couchées et comprimées; épistome linéaire; front étroit; antennes composées de deux articles distincts, dont le premier cylindrico-conique, et le second simplement conique, terminé par un style peu allongé; pattes simples ; cellule marginale des ailes assez courte, élargie vers l'extrémité ; deux cellules discoïdales et trois postérieures; point de nervure anale ni axillaire. L'ÉLAPHROPÈïE PORTE-SELLE, Elaphropeza ephippiata, hemerodromia ephippiata, Meigen; tachydromia , Fallen, se trouve assez communément en Europe.
ÉLAPS. Elaps. REPT. Genre de Serpents à crochets venimeux, établi par Schneider avec les caractères suivants : des crochets à venin; queue arrondie; plaques entières sous le ventre, et divisées en deux sous la queue; de grandes plaques sur la tête qui est tout d'une venue avec le corps, comme celle des tortrix et des amphisbènes, à cause de la brièveté des os tympaniques et mastoïdiens; côtes non dilatables; mâchoires peu susceptibles de s'écarter en arrière. Ce genre est par conséquent facile à distinguer des Vipères, qui ont l'occiput élargi , et la tète le plus ordinairement couverte de petites plaques ou d'écaillés ; des INaja, qui ont les premières côtes très-dilatables; des TRiGOnocÉPHALES, qui ont l'occiput très-élargi et la tète couverte d'écaillés; des Platcres, qui ont la queue comprimée ; des Coclecvres, qui manquent de crochets à venin, etc. ^. ces différents mots.
Élaps psyché. Elaps psychés; Fipera psychés, Daudin, viii,520. Bouche peu fendue, yeux très-petits; écailles rhomboïdales, presque arrondies et lisses. Cent quatre-vingt-huit grandes plaques abdominales, et quarante-cinq doubles sous-caudales très-petites; queue |i(iinlue; taille de neuf à dix pouces; aspect d'un Orvet. La tète et le devant du cou sont noirs ; il y a une tache
tiiangulaire, blanche, sur les côtés de l'occiput, derrière les yeux; tout le reste de l'animal est agréablement orné d'une cinquantaine d'anneaux larges d'environ deux lignes, alternativement noirs et bruns autour du corps , seulement noirs autour de la queue, et tous séparés par une rangée circulaire, très-étroite, d'écaillés blanches. Cet Ophidien a été trouvé dans l'intérieur de Surinam.
ÉLAPS GAioMïÉ. Elaps levuiiscatus, Schneider; Coluber lemniscatus, Linnœus; Natrix lemniscata, Laurenti; Fipère galonnée, Daudin. Teinte générale blanche, avec des anneaux ferrugineux ou d'un brun noirâtre, rapprochés trois à trois. Bout du museau noirâtre; une bande transversale sur le milieu de la tète, et une tache ronde sur l'occiput, de la même couleur. Corps cylindrique, de la grosseur d'une plume de Cygne; écailles lisses, rhomboïdales, un peu obtuses, formant quinze rangées sur le dos; queue obtuse; nombre de plaques abdominales variant de cent soixanle-dix-huit à deux cent soixante-cinq; celui des doubles plaques sous-caudales, de vingt-neuf à quarante-quatre; taille de dix-huit pouces à trois pieds environ. Les ouvertures des narines sont très-petites; entre elles il y a deux petites plaques rhomboïdales.
Cet Élaps n'habite point en Asie, comme l'ont prétendu beaucoup de naturalistes; il est de la Guiane et de Surinam, où on le redoute beaucoup, et oii il fait redouter aussi, quoique innocents, le Tortrix scytale et la Couleuvre à bandes noires, qui lui ressemblent par leur forme, leur grandeur et leurs couleurs. C'est très-probablement le Serpent Ouroucotikou des nègres de Surinam, dont le venin est très-actif. Stcdman rapporte qu'un esclave, ayant été mordu au pied par un de ces animaux, eut la jambe enflée en moins d'une minute, ressentit des douleurs cuisantes, et tomba bientôt dans des convulsions qui précédèrent sa mort. Le même voyageur raconte que le fiel du Serpent est regardé comme un spécifique contre sa piqûre , mais il n'a point vu ce remède réussir. Il fait remarquer aussi qu'en général, plus le Serpent est petit, plus la morsure est à craindre; et il pense que notre Élaps est le même animal que le petit Labarra, dont le docteur Bancrost a fait mention dans son Histoire de la Guiane, et qui, suivant lui, a quatorze pieds de longueur, ce que Daudin paraît fort bien expliquer par une erreur typographique et en conseillant de lire (/Ha<or5e/)02<ces. 11 assure que la violence de son poison est telle qu'en moins de cinq minutes il cause la mort, au milieu de convulsions accompagnées d'écoulement de sang par les ouvertures naturelles du corps.
ÉLAPS AKGiUFORiïE. Elaps anguifomiis, Schneider; Fipère anguiforme, Daudin. Corps cylindrique, lisse, glissant au loucher, et entouré de vingt-deux anneaux noirs, plus larges en dessus et un peu plus étroits de chaque côté, sur les flancs. Queue courte, obtuse et terminée au milieu de son extrémité par une pointe cornée. Ouvertures des narines larges ; yeux moyennement grands. Teinte générale blanche; une tache noire sur l'occiput, prolongée obliquement vers les flancs; deux points noirs entre les deux plaques sus-oculaires, et un point noir ù la jonction de la seconde paire des plaques
anléiieiircs de In lèle; sur la nuiiue une grande tache noiie, triangulaire, plus étroite de cliaqne côté, et qui entoure le ventre. Écailles oblongues, quadrilatères, obliques et lisses. Cent soixante-trois plaques sous-abdouiinales, et vingt-cinq doubles plaques sous-caudales.
ÈLAPS LACTÉ. Elaps tacleus , Scbneider; Coluher lacteus, Linn.xus; Cerasles lacteus, Laurenti; Fipcrc lactée, Latreille, Daudin. Teinte générale blanche, avec le sommet de la tête noirâtre, marqué d'une ligne longitudinale blanche; des taches noirâtres disposées deux à deux sur tout le corps qui est du diamètre d'une plume de Cygne. Cent quatre-vingt-six à deux cent trois plaques abdominales; trente-deux à trentecinq doubles plaques sous-caudales. Écailles hexagonales et carénées. Cette espèce parait différer de la Fipère lactée de Lacépède. Elle a été figurée par Linnœus dans le Muséum du prince Adolphe -Frédéric, tome i, pi. xviii, fig. 1, et paj- Séba, 11, 55, 2. Linnœus lui attribue l'Amérique méridionale et l'Inde pour patrie.
ÉL\PS LMONiEN. Elups lùlonius, Cuv.; Coluber latoniiis, Daud.; Natrix lubrica, Laurenti. Daudin dit que cette espèce de Serpent est privée de crochets venimeux, et en fait par conséquent une Couleuvre. Écailles ovales , lisses, imbriquées ; queue courte, cylindrique, obtuse; teinte générale d'un blanc jaunâtre, avec une bande noire transversale devant les yeux, et une tache noire, anguleuse, en forme de V sur le sommet de la tête, derrière les yeux. Corps et queue entourés d'anneaux ou débandes noires, dont les deux premières sont plus larges. Taille, de huit à neuf pouces.
Il paraît que cette espèce habite l'ancien continent, en Afrique ou dans l'Inde. Merrem l'a décrite dans le premier fascicule de son ouvrage, et Séba l'a figurée, 1 1, xxxiv, 4, et xLiii, 3, sous les noms de Serpens siaviensis , et d'Jnfjuis lubricus.
ÉLASA ou ÉLEA. Synonyme d'Ortolan des Roseaux. F. Bruant.
ÉLASMOSE. MIN. Même chose que Tellure natif auroplombifère. F. Tellure feuilleté.
ELASM0TIIRRIU5I. m\m. Parmi les présents faits au cabinet de l'université de Moscou, par la princesse Daschkoff, alors présidente de l'Académie des Sciences de Pétersbourg, existait une portion de mâchoire inférieure, ressemblant à celle du Rhinocéros fossile. La partie antérieure de cette mâchoire ne porte pas de dents, mais elle est à proportion moins longue que dans les Rhinocéros; son bord inférieur est tout entier d'une combe elliptique presque uniforme; l'apophyse coronoïde est aussi moins élevée, ou même manque tout à fait, et la branche montante est plus oblique en arrière. La face articulaire du condyle est d'ailleurs transverse et un peu cylindrique.
A l'âge où périt l'animal, il existait quatre dents molaires augmentant de grandeur depuis la première jusqu'à la quatrième, où l'on voit l'alvéole d'une cinquième. C'est surtout la figure de ces dents qui détermine le genre de l'Elasmotherium. Elles sont prismatiques, et le bas de leur fût n'est pas encore divisé en racines. La longueur de la couronne est le double de sa largeur. 11 paraît que toutes les sections sur la hauteur doniieiaient des figures pareilles. Ces figures ré-
sultent de la coupe d'une lame verticale montant le long de la face extérieure de la dent et donnant trois bandes transverses, obliques, lescpielles vont gagner la face interne; une en suivant le bord antérieur de la dent, une en traversant son milieu, et la troisième au bord postérieur. Ces bandes résultent, comme celles des dents d'Éléphants, de doubles lames d'émail, interceptant la substance osseuse, unies entre elles par un cément. Mais ce qui différencie l'Elasmotherium des autres animaux, c'est, 1» que les lames forment un fût très-élevé, qui croît comme celui du Cheval, en conservant longtemps la forme prismatique, et qu'elles descendent verticalement dans tonte la hauteur de ce fût, ne se divisant en racines qu'après un long trajet, tandis qu'ailleurs ces lames s'unissent promptement en un seul corps osseux qui lui-même se divise bientôt en racines ; 2" que les lames d'émail sont cannelées sur toute leur hauteur, de sorte que leur coupe a ses bords festonnés comme ceux des bandes transversales des molaires de l'Éléphant indien. Ces deux caractères déterminent l'essentialité du genre, 'et même fixent un régime plus complètement granivore que celui du Rhinocéros, et plus rapproché des Chevaux. Peut-être leur était-il intermédiaire. Le fragment unique que l'on possède est figuré sous trois faces par Cuvier (Oss. foss. T. II, p. 98). On y voit aussi la troisième dent représentée à part sous trois aspects. Son fût est haut de neuf cent. ; la couronne est longue d'avant en arrière de six, et en travers de quatre. — On ne sait de quel canton de la Sibérie provient ce fragment.
ÉLASSE. Elasstts. iivs. Hyménoptères; genre de la famille des Braconides, institué par Wesmael qui lui donne pour caractères : chaperon entier; partie postérieure du verlex convexe; abdomen sessile ou presque sessile, avec le premier segment étroit, cylindrique, un peu arqué; tarière saillante et courte; une cellule radiale complète aux ailes qui ont en outre trois cellules cubitales, dont la deuxième, plus longue que large, reçoit la nervure récurrente; nervure parallèle intersticiale; cellule humérale interne des ailes inférieures nulle. Les Élasses sont des insectes en général fort petits; on présume que leurs larves naissent et vivent dans le corjis des Pucerons. Wesmael n'en décrit qu'une seule espèce qu'il a observée à la fin du printemps, aux environs de Bruxelles ; il l'a nommée parcicorne , du nom spécifique Paiciconiis, que lui a donné Nées Van Esembecke , qui l'a placée dans son genre Aphidiaa. Elle est noire; ses antennes sont un peu plus longues que la tête et le corselet, composées de onze articles cylindriques; le métathorax est partagé en plusieurs compartiments réguliers; une impression transversale près de l'extrémité du premier segment de l'abdomen, qui est rugueux, les autres sont lisses; pieds d'un brun testacé,avec les hanches intermédiaires et postérieures noires.
ÉLASTICITÉ. Propriété dont jouissent certainscorps de reprendre, après une compression quelconque, la forme qu'ils avaient avant d'être comprimée. Si l'on tient par les deux extrémités une mince lige de Rotang, et que l'on s'efforce de rapprocher ces deux extrémités, dès que la force comprimante cessera, la tige rcpren-
(Ira sa forme ou sa pnsilion premitre ; par l'effet de l'élaslicilé les parlies de la liije se seront resserrées momenlanément sur Tune de ses faces et écarlées sur l'aiilre, sans qu'il en reste de traces bien visibles quand la li|;c est revenue à sa position naturelle. Cette tige, comme beaucoup d'autres, est fort élastique.
ÉLATÉ. EOT. Famille des Palmiers, Monœcie Hexandrie, L. Genre constitué par Linné qui l'a ainsi caractérisé : fleurs monoïques; les mâles et les femelles enveloppées dans une même spatlie bivalve; fleurs mâles munies de trois pétales et de trois étamines; fleurs femelles ayant aussi trois pétales, un ovaire surmonté d'un style et d'un stigmate; fruit drupacé, ovoïde, pointu, n'ayant qu'une seule graine munie d'un sillon. Ce genre est, selon Lamarck, très-voisin du Dattier; il s'en distingue cependant par ses fleurs monoïques. On n'en connaît qu'une seule espèce qui, en raison de sa beauté et de sa fréquente citation dans les ouvrages des botanistes qui ont écrit sur les plantes indiennes, mérite une courte description.
L'ÉLATÉ DES FORÊTS, Elafe sylvestHs, L. Indel asiatique, Lamk., Encycl. ; Katou-Indel, Rhéede (IJort. Malab., 2, t. 22-25), etc., etc., croît dans l'Inde, sur la côte de Malabar et à Ceylan. Ce Palmier, d'une stature en général peu élevée, émet à son sommet un faisceau de feuilles pinnées , assez grandes et épineuses sur leurs bords; leurs folioles sont opposées ou disposées par paires, selon Linné, ensiformes et pliéeslongitudinalement. Les régimes ou spadices sont rameux et saillants liorsdesspalhesqui naissent dans les aisselles des feuilles ou pendent sous leurs faisceaux. Ils se composent d'une grande quantité de petites fleurs verdâtres et sessiles auxquelles succèdent des fruits de la grosseur de ceux du Prunier épineux, d'un rouge brun ou noirâtre à leur maturité. Sous l'écorce de ces fruits, qui est lisse et cassante, on rencontre une chair farineuse et douce, environnant un noyau oblong, sillonné latéralement, et dans l'intérieur duquel se trouve une semence amère et blanchâtre.
ELATER. i?is. F. Taipin.
ÉLATÈRES. Eluteres. bot. De Candolle nomme ainsi des filets élastiques, membraneux, tordus, qui dans les Hépatiques, fixent les graines au placenta et les dispersent à leur maturité.
ÉLATÉRIDES. iivs. Tribu de la famille des Serricornes, section des Pentamères, ordre des Coléoptères, ainsi nommée du genre Elater de Linné, et instituée par Latreille (Règne Anini. de Cuv., t. m, p. 230) qui lui assigne les caractères suivants : le slylet postérieur de l'avant-sternum s'enfonce à la volonté de l'animal, dans une cavité de la poitrine , située immédiatement au-dessus de la naissance de la seconde paire de pieds; les mandibules sont écbancrées ou fendues à leur extrémité, et terminées par deux dents; le dernier article des palpes est, le plus souvent, en forme de triangle ou de hache; les pieds sont en partie contraclilcs. Celte tribu ne comprend que le genre Taupin. F. ce mot.
ÉLATÉRlE.BOT.Nom donné par le professeur Richard a une espèce de fruit relevé de côtes, et qui se compose d'un grand nombre de coques s'ouvrant avec élasticité.
Tel est le fruit de la plupart des genres de la famille des Eupborbiacées.
ÉLATÉRIOSPERME. Elateiiospermiim. bot. Genre de la famille des Eupborbiacées, institué par le docteur Blumc qui l'a ainsi caractérisé : fleurs monoïques : les mâles ont le calice à quatre sépales imbriqués; point de pétales; étamines au nombre de dix à quinze, insérées au disque qui est glanduleux dans sa circonférence et ordinairement velu; filaments courts; loges desanthères adnées et longitudinalement introrses. Les fleurs femelles ont quatre ou six sépales imbriqués, décidus; l'ovaire est à trois loges uniovulées, ceint d'un anneau velu et sétigère ; trois stigmates presque sessiles, émarginés. Le fruit est un drupe subglobuleux, à trois ou quatre sillons, à trois coques ; les graines sont solitaires, subpulposo-arillées. Blurae décrit deux espèces : Elateiiospermiim tapos, Elateriospermum iokbrai, qu'il a trouvées dans l'île de Java; ce sont des arbres demoyenne élévation , à feuilles éparses vers le sommet des rameaux, souvent subverlicillées, longuement péliolées, très-entières, glabres, veinées, finement réticulées, coriaces, avec deux glandes ù leur base. Les fleurs sont disposées en corymbesou grappes axillaires.
ÊLATÉRIT. MIN. Synonyme de Bitume élastique. V. Bitume.
ELATERIUM. bot. F. Ecbailier et Momordique.
ÉLATINE. Elaline. bot. Genre de la famille des Caryopbyllées et de l'Octandrie Tétragynie, L., composé de quatre espèces qui sont de très-petites plantes croissant dans les lieux huiflides et inondés, et offrant pour caractères communs : un calice persistant, à quatre ou seulement trois divisions profondes; une corolle de quatre ou trois pétales; des étamines en nombre double des pétales; un ovaire arrondi, surmonté de trois à quatre styles, et pour fruit une capsule globuleuse, déprimée , à quatre loges polyspermes et à quatre valves.
Les quatre espèces qui forment ce genre croissent en Europe. Trois existent aux environs de Paris; savoir : 1» Elatine alsinastrum , L. , Vaill., Bot. par., t. 1, fig. G, ou Elatine verticillata , Lamk., Flor. fr. Elle ressemble beaucoup, par son port, à Vlfippuiis vulgaiis, et croit comme elle, sur le bord des élangs et des ruisseaux. Sa tige est simple; ses feuilles sont linéaires, verticillées; ses fleurs sessiles et placées à l'aisselle des feuilles. — 2° Elatine hxdiopipei;L.,J)C., Icon. Bar. GalL, t. 43, f. 2. Petite plante à tige étalée, rameuse, ayant ses feuilles opposées, obtuses ; ses fleurs pédicellées, solitaires, à l'aisselle des feuilles. Toutes ses parties sont au nombre de quatre; les étamines sont en nombre double. — 5» Elatine hexandra, DC, Icon. Gall. Bar., t. 45, fig. 1. Cette espèce, fort voisine de la précédente, s'en distingue par son port; elle est beaucoup plus petite; ses fleurs sont roses et ont leurs parties en nombre ternaire. C'est cette plante qui a été décrite par Bellardi (Mém. Acad. Tur. 1808 ) sous le nom de Birolia paludosa.
ÉLATINIDÉES. Elatinideœ. bot. Dumortier a établi cette famille, dans la méthode nouvelle qu'il a publiée sous le titre d'.inalyse des familles des plantes, et il la caractérise ainsi : système ligneux recouvert par
le «yslème corlical; enveloppe florale double : l'iiilérleiire polypélalc, insérée sur le lorus ; placentaire axile; fruil simple, uniloculaire; sépales, pétales, étamines, styles et loges en nombre semblable. Les genres Elatine et B(Vv//o composent cette famille.
liLATlTE. MIN. Pline nommait ainsi une variété d'Héninlite à lissu fibreux et élastique. V. Hématite.
liLATOSTEMME. Elatostemma. bot. Genre de la f;imille des Urlicées et de la Monœcie Diandrie, établi par Forsler (|ui l'a caractérisé ainsi : fleurs monoïques, rarement dioïi|ues, sessiles sur un réceptacle plan et cliarnu, ou pédicellées, rassemblées en une sorte de capitule qu'entoure un involucre formé de bractées, mais toujours ne réunissant qu'un même se.Ke; les mâles ont lepérlgonediviséenquatreoucinqsegmentségaux, concaves , étalées ; quatre ou cinq étamines opposées aux segments du périgoneou périanlhe; leurs filaments sont filiformes, d'abord droits, puis inclinés ou étalés, terminés par des anthères introrses, biloculaires, insérées au dos du filament. Les fleurs femelles ont leur périgone divisé en deux, trois ou quatre segments inégaux et le plus souvent très petits; l'ovaire est libre, ovale-elliptique et uniloculaire; un seul ovule basilaire, sessile et ortliotrope; stigmate terminal, sessile et découpé ou lacinié ; akènes elliptiques, implantés sur un réceptacle charnu, entouré de bractéoles; semences dressées ; embryon antitrope, dans un axe charnu, albumineux; cotylédons ovales; radicule courte et snpère. Les Élatostemmes sont des plantes herbacées ou des sous-arbrisseaux de r.\ustralasffe, à feuilles alternes, obliques, très-entières ou dentées; les capitules sont axillaires sessiles, ou courlement pédicellés.
ELCAJA. BOT. Le genre ainsi nommé par Forskahl est, selon Jussieu, le même que le Tiichilia. V. Tri-
CUIIIE.
ELCATHORAX. ois. Syn. latin de Zizi. V. Bruant.
ÉLÉAGNÉES. bot. Pour Éla?agnées. V. ce mot.
ELECTRE. £/ec<ra.poLYp. Genre de l'ordre des Flustrées, dans la division des Polypiers flexibles et cellulifères, regardé comme une Flustre par la plupart des auteurs, et comme une Sertulaire par Esper. H offre les caractères suivants : Polypier rameux, dichotoine, comprimé; à cellules campanulées, ciliées en leurs bords et verticillées.
Une seule espèce compose ce genre qui diffère essentiellement des Flustrécs par la forme des cellules qui ne sont plus isolées comme dans ce dernier ordre , mais qui communiquent entre elles, de manière (lue les Polypes semblent avoir une vie commune ; il diffère également par la siluation des cellules qui sont verticillées autour d'un axe fistuleux, ou adhérentes à quelque Thalassiophyle ordinairement cylindrique. Les verticilles sont en général assez rapprochés pour faire paraître les cellules imbriquées. Ces caractères ne pouvant appartenir aux Fluslrées, encore moins aux Sertulariées <iui offrent toujours une lige cornée, fistuleuse, remplie d'une substance molle, irritable, constituent un genre particulier, bien distinct de tous les autres. Cet animal est très-commun dans les mers d'Europe; sa couleur, lorsque les Polypes jouissent de la vie, est un rouge violet, plus ou moins brillant, qui se change en
blanc terreux par l'exposition à l'air et ù la lumière. On l'a nommé Electre verticili.ee, Eleclra verticillala , Lamx., Genres Polyp. , p. 4, t. 4 , fig. a , a. Elle ne dépasse jamais deux pouces de hauteur, à moins qu'elle ne soit parasite. Les Électres, par leur forme singulière, embellissent les tableaux que les naturalistes composent avec les Polypiers ; c'est encore le seul usage auquel on puisse les employer.
ELECTRE. Eleclra. bot. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Sénécioïdes, établi par De Candolle pour une plante nouvelle, du Mexique, qui lui a offert les caractères suivants : capitule raultiflore, hélérogame, à fleurs du rayon ligulées, femelles et au nombre de cinq environ ; celles du disque sont plus nombreuses du double, à cinq dents et hermaphrodites; involucre double : les écailles externes distantes, les internes plus rapprochées, ovales-oblongues, submembraneuses ; réceptacle étréci et plan , à paillettes colorées, oblongues-linéaires, persistantes, presque aussi longues que les fleurs; corolles du disque glabres, brusquement dilatées à la gorge; styles rameux, terminés par un cône hispide; ceux des Heurs coronaires glabres; akènes obcompriraés, plans, elliptiques, tronqués au sommet et très-glabres.
L'Electre du Mexique, Eleclra Mexicana, DC. , est un arbrisseau à tiges dressées et glabres, cylindriques, avec les jeunes rameaux tétragones ; les feuilles sont opposées, courtement pétiolées, oblongues-lancéolées, acuminées , dentées et nervurées; les capitules sont pédicellés et ordinairement réunis trois ensemble en corymbe terminal.
11 ne faut pas confondre, avec la plante décrite cidessus, VEleclra de Panzer, qui selon Steudel serait le Schismus de Palisot de Beauvois.
ÉLECTRICITÉ. Dans les écrits des anciens philosophes de la Grèce, l'observation du Succin ou Ambre jaune, attirant les corps légers après avoir été frotté, se trouve clairement exprimée. Une propriété si singulièredans un corps inerte avait tellement frappé Thaïes, que ce philosophe le rangeait parmi les êtres animés. C'est du mol Electron, sous le(|uel on désignait celte substance, qu'est dérivé celui d'Électricité donné aujourd'hui à l'ensemble de certains phénomènes qui se développent passagèrement dans les corps, sans y ajouter aucun principe tangible et pondérable, mais qui cependant y manifestent des forces assez puissantes pour que leur influence mécanique puisse ensuite mettre en mouvement des corps matériels. Bien des siècles s'écoulèrent depuis la première observation qui vient d'être citée, sans qu'aucun fait nouveau n'éclairût les physiciens sur la nature de cette propriété nouvelle que le frottement fait acfiuérir aux corps. Aujourd'hui même que le nombre des substances qui exercent une action semblable à celle du Succin frotté est augmenté considérablement, que plusieurs ordres de phénomènes ont été découverts, que l'on a même mesuré leur intensité et exposé les lois ou conditions suivant lesquelles ils se développent, nous ne sommes pas plus avancés sur la nature du principe qui produit les phénomènes électriques ; nous ignorons comment il existe dans les corps et comment son action est déve-
loppéc par le froUcmenl. Réduits ainsi à nous absCenir de toute théorie sur la nature de rÉlectricité et à ne donner que l'exposition des faits , nous allons parler des résultais principaux obtenus par les physiciens depuis la renaissance des sciences et des lettres, c'està-dire depuis le commencement du dix-septième siècle.
Gilbert de Glocester, dans son Traité de Magnetc, rassemblant les faits connus de son temps, ou ceux qui lui étaient propres, donna les moyens d'augmenter considérablement, dans les expériences, l'énergie des phénomènes électriques. 11 apprit qu'un grand nombre de substances, et principalement le verre et les corps résineux, jouissaient de la même propriété que le Succin. Mais lorsque Boyle et Othon-Guérickc eurent annoncé qu'un tube de verre ou un bâton de cire d'Espagne frottés assez longtemps avec une étoffe de laine, nonseulement attiraient les corps légers, mais ensuite les repoussaient rapidement , les savants portèrent leur attention avec ardeur sur ce sujet et préludèrent aux découvertes intéressantes dont nous allons entretenir nos lecteurs, par une foule de tentatives qu'il serait hors de propos d'énumérer ici.
Si l'on soumet au frottement un cylindre de verre , de soufre on de cire d'Espagne d'un volume un peu considérable, les corps légers qui l'avoisinent s'élancent avec lapidité sur lui, y adhèrent, ou, après l'avoir touché, en sont vivement repoussés. Il fait alors éprouver aux parties nerveuses des animaux une sensation trèsmarquée, et si on le met en contact avec le doigt ou avec une boule métallique, un pétillement se fait entendre et l'on aperçoit une étincelle très -apparente, surtout dans l'obscurité. Nous verrons bientôt quel a été l'appareil imaginé par les physiciens, pour augmenter l'intensité de ces phénomènes que produisent toutes les substances vitrées ou résineuses, mais qui sont nuls lorsqu'on lient d'une main un métal quelconque et que de l'autre on le frotte avec une étoffe de laine ou une peau d'animal garnie de ses poils.
Ces propriétés opposées des corps résineux et vitrés d'une part, et des substances métalliques de l'autre, avaient fait donner aux premiers le nom iVIdioélectn'gues, tandis qu'on nommait les secondes Anélectriqiies. Ces dénominations reposaient sur une erreur, puis<|u'on croyait que les substances résineuses et vitrées pouvaient seules être éleclrisées par frottement. Cependant les métaux peuvent être aussi électrisés par le même moyen ; mais ils possèdent une faculté qui les prive à l'instant même de la première, et cette faculté consiste ù laisser écouler le principe de l'Électrité, ou, si l'on veut, à perdre promptemenl les propriétés électriques qui leur sont transmises. On dit alors que ces corps sont condiicleurs de l'Électricité, et, par opposition, ceux qui conservent facilement les propriétés électriques sont appelés non conducteurs. On nomme encore ceux-ci corps isolants, parce que, employés comme supports , ils isolent les corps conducteurs ou interceptent toute communication entre eux et d'autres conducteurs qui pourraient leur enlever l'Électricité. C'est après avoir isolé ainsi les métaux et en les frappant avec une peau de Chat, qu'on leur fait ac<iuérir facilement les propriétés électriques.
Puisqu'un tube de verre ou de résine frotté conserve ses propriétés électriques pendant un temps assez considérable, quoiqu'il soit environné d'air, il s'ensuit que ce dernier fait partie de la classe des non conducteurs. Indépendamment de cette propriété isolante, l'air ainsi que les gaz secs retiennent par leur pression, l'Électricité à la surface des corps. Placez, en effet, sons le récipient de la machine pneumaticpie un conducteur électrisé ou bien un bâton de cire d'Espagne frotté, et vous verrez que l'Électricité s'en échappera facilement. Il est vrai que la déperdition sera beaucoup plus rapide dans le premier cas que dans le second où , en outre, elle ne sera pas accompagnée d'une lueur bleuâtre. L'eau se comporte, relativement à l'Électricité, d'une manière tout à fait opposée à l'air; elle est un si bon conducteur, que sa vapeur, répandue dans l'atmosphère, altère les propriétés isolantes de celle-ci et nuit beaucoup à la réussite des expériences électriques. Quoique les gaz soient, en général, mauvais conducteurs, et que l'eau jouisse d'une propriété contraire, il n'y a pourtant point de relation constante entre l'état des corps et leur faculté conductrice. Ainsi les substances solides nous offrent, dans les métaux, des conducteurs presque parfaits, et dans les gommes et les résines sèches, de mauvais conducteurs. La cire froide et le suif conduisent mal l'Électricité; fondus, ils la transmettent facilement. L'huile liquide ne la conduit que très-imparfaitement. La différence de conductibilité entre certaines huiles a été employée en ces derniers temps par Rousseau, comme un moyen de reconnaître la pureté de l'huile d'Olive. Celle-ci, au contraire des autres huiles, a une faculté conductrice très -développée, que Rousseau a mesurée à l'aide d'un instrument auquel il donne le nom de diagomètre.
Une classe entière de corps naturels offrant de bons conducteurs de l'Électricité, lorsque d'autres ne sont pas conducteurs, on se sert avec avantage, en histoire naturelle, de ces qualités diverses pour caractériser les êtres. Mais il en est de cette distinction comme de beau coup d'autres que nous établissons pour la commodité de nos études, c'est qu'elle n'est pas absolument tranchée. En effet, les corps isolants ne le sont pas, rigoureusement parlant; ils apportent seulement des difficultés infiniment plus grandes dans la transmission de l'Électricité.
Après avoir attaché deux petites boules d'une substance fort légère et éminemment conductrice, comme par exemple de la moelle de Sureau, aux deux extrémités d'un iîl de lin qui transmet librement l'Électricité; si l'on suspend ce fil par son milieu à un autre fil de soie ( qui est de la classe des corps isolants), et si l'on touche les boules avec un tube de verre électrisé, elles fuiront d'abord le tube, puis se partageront son Électricité, se fuiront entre elles et présenteront un écarlement plus ou moins considérable. En changeant la nature du tube, c'est-à-dire en présentant aux petites boules électrisées par le verre un tube de résine ou de soufre frotté, loin de fuir celui-ci, elles s'élancent au contraire sur lui. Cette expérience indique que l'Électricité n'est pas identique dans les corps de nature diverse, ou qu'elle ne s'y comporte pas de la même
manière. On a donc dislingué deux soites d'Élecliicilé, l'une analogue ù celle que développe le verre par le frotlement, et qui, pour celte raison, a été nommée Électricité vitrée, et l'autre semblable à celle produite par la résine pareillement frottée, et désignée sous le nom d'Électricité résineuse. Plusieurs physiciens se servent des dénominations d'Électricité positive et d'Électricité négative correspondantes aux précédentes, et qui présentent l'idée assez juste de fluides jouissant de propriétés opposées , qui se neutralisent par leur combinaison; quoique ceux qui ont les premiers employé ces expressions aient admis l'existence d'un seul fluide répandu dans tous les corps, et constituant par son excès l'Électricité positive, et, par son défaut, l'Électricité négative. En elîe.t, la neutralisation s'opère, lorsqu'on fait communiquer deux cylindres métalliques isolés, recevant, l'un de l'Électricité d'une surface vitrée, l'autre d'une surface résineuse d'une égale énergie; il n'y a, dans ce cas, aucune manifestation d'Électricité, tandis qu'elle aurait été très-sensible si les deux cylindres eussent été mis en contact avec deux plateaux de substance semblable , soit de verre, soit de résine. Admettant la distinction des deux sortes d'Électricités, et observant l'action mutuelle de l'une sur l'autre, on est ariivé à cette loi très-simple : «■ que les corps chargés » d'Électricité de même nature ou plutôt de même nom ■1 se repoussent, et que ceux dont l'Électricilé est de » nature contraire ou de noms différents, s'attirent. »
L'air n'est pas le seul des corps non conducteurs qui permette l'exercice de ces attractions et répulsions; elles se font également sentir à travers le verre et les résines, ainsi qu'à travers les corps conducteurs. La nature de l'Électricité développée dans un corps, se reconnaît en le mettant en contact avec un pendule électrique, chargé d'une Électricité connue; aj)pareil dont la sensibilité doit être extrême. On se sert, à cet effet, d'une boule de Sureau du plus petit diamètre et suspendue à un fil de soie le plus délié possible.
La nature de l'Électricité développée par le frottement n'a rien d'absolu; elle dépend autant de l'espèce du corps frottant que de celle du corps frotté. Ainsi le même corps, le verre poli par exemple, frotté avec une étoffe de laine, acquiert l'Électricité vitrée; frotté avec une peau de Chat, il prend, au contraire, l'Électricité résineuse. La seule loi générale à laquelle on soit arrivé d'après l'observation des phénomènes, c'est que « le « corps frottant et le corps frotté acquièrent toujours n des Électricités diverses, l'une résineuse, l'autre vi- >. trée. «
De toutes les substances employées à développer l'Électricité, la peau de Chat est celle qui offre le plus d'avantages. Chacun a vu, par un temps sec et froid, les poils se hérisser et être attirés par la main qu'on passait sur le dos d'un Chat vivant. Les cheveux fins et souples, lorsqu'ils sont privés d'enduit graisseux, s'électrisent aussi avec beaucoup de facilité.
Le frottement des liquides et des gaz contre les corps solides développe aussi de l'Électricité; mais celle-ci se produit encore par d'autres moyens, par la fusion des corps, par l'augmentation de température des substances minérales cristallisées, par la simple pression
(y. ÉtECTRiciTÉ DES Mi>!ÉR\Ex), par le eonlact de deux corps hétérogènes, et par la combinaison chimique. Les expériences entreprises pour constater le développement de l'Électricité par ce dernier moyen, n'ont été exécutées avec toute la rigueur que l'on exige maintenant dans ces sortes d'opérations, qu'autant que l'on a pu avoir à sa disposition des appareils aussi délicats que précis. Becquerel a, dans le cours de ces dernières années, réussi à donner une grande extension à cette partie des phénomènes électriques ; il a découvert plusieurs faits nouveaux et les a liés avec beaucoup de sagacité aux ingénieuses théories d'Ampère. (F. Ann. de chimie et de pliysi(|ue, années 1822, 1825 et suiv.)
L'accumulation de l'Électricité s'obtient au moyen d'appareils connus sous le nom de machines électriques. Ils sont formés de cylindres métalliques isolés par des supports en verre, et placés près de corps vitrés ou résineux, dont la surface est très-grande, et qui produisent par le frottement une Électricité très-énergique. Celle-ci se répand dans les cylindres métalli(|ues auxquels elle adhère plus ou moins, et les (juitle aussitôt qu'on les touche ou qu'on les fait communiquer avec le globe terrestre, qui est désigné souvent sous le nom de réservoir commun de l'Electricité, parce qu'en raison de ses immenses dimensions relativement à celles des petits corps sur lesquels on expérimente, il leur soutire en apparence toute l'Électricité qu'ils contiennent.
Ayant donné un aperçu rapide des phénomènes d'attractions et de répulsions qu'offrent les substances électrisées, il s'agirait maintenant d'exposer les lois suivant lesquelles ils s'exercent à diverses distances, et celles de la déperdition lente de l'Électricité par le contact de l'air et par les supports qui la retiennent imparfaitement. Les bornes de l'ouvrage que nous publions ne permettent pas de nous étendre sur ce sujet, qui, pour devenir clairement intelligible, demanderait une exposition assez longue d'expériences et de raisonnements. C'est dans les traités de physique qu'on pourra l'approfondir, et, à cet effet, nous indiquerons celui du professeur Biot, ceux de Lame, Desprets, Peclet, etc., ouvrages qui renferment toutes les connaissances acquises sur la mesure des forces électriques. Nous renvoyons aussi aux deux Mémoires de Poisson (Mém. de l'Institut, année 1811), où cet illustre mathématicien a soumis au calcul l'hypothèse des deux fluides électriques, et a obtenu, par rapport à la communication, à la distribution de l'Électricité sur les corps et à sa tension, des résultats qui s'accordent d'une manière très-satisfaisante avec les expériences.
Nous dirons seulement ici que la mesure de l'Électricité s'obtient au moyen d'instruments nommés électroiiiétres, dont le plus parfait est, sans contredit, la balance électrique inventée par Coulomb, avec laquelle les plus petites forces peuvent être appréciées, en les comparant à la torsion d'un fil métallique trèsdélié.
Les autres instruments sont plutôt deslinés à démontrer l'état électrique des corps qu'à mesurer son énergie; ils ne sont réellement que des électroscoites. Le plus communément usité est composé de deux longs brins de paille, ou de deux lames minces d'or ballu,
suspendues parallèlement et très-près l'une de l'autre, par de petits fils de métal, dont l'extrémité supérieure s'accroche à deux anneaux pratiqués dans une lige commune et pareillement métallique. Le moindre degré d'Électricité communiqué à la lige passe aux fils de métal, et de là aux pailles et aux lames qui la manifestent aussitôt par leur écarlement. Sclnveigger, profitant de l'intluence de l'Éleclricité sur l'aiguille aimantée, influence découverte par OErstedt,a imaginé aussi un appareild'une excessive sensibilité, et qu'il a nommé (jaltanomèire. C'est à l'aide de celui-ci que Becquerel a fait ses intéressantes expériences sur le développement de l'Électricité dans les combinaisons chimiques.
Lorsqu'on a voulu examiner la manière dont l'Éleclricité se distribue entre les diverses parties d'un même corps, l'expérience a rendu très-vraisemblable cette opinion : « que l'Électricité se porte tout entière à la » sur/ace des corps conducteurs sans que leurs parti- » cules la retiennent en aucune manière. « On a ensuite été conduit à reconnaître que dans tous les corps conducteurs, les principes des deux Électricités existent nalurellement dans un état de combinaison qui les neutralise. C'est ce qu'on a nommé Vétat électrique naturel des corps; de sorte que le frottement, qui d'abord semblait un moyen de donner naissance ù l'une des deux Électricilés, sert seulement à les désunir et à rendre l'une sensible en absorbant l'autre. Nous venons de parler des principes des deux Électricités, quoique nous ayons dit plus haut que toute théorie sur la nature de l'Électricité devait être une simple hypothèse. Mais il en est une qui a toute la vraisemblance nécessaire pour lier entre eux et soumettre au calcul les phénomènes, et que, pour cette raison, nous ne saurions passer sous silence; c'est celle qui fait regarder les principes de l'Éleclricité comme deux fluides dont les molécules sont douées de facultés attractives et répulsives, qui se disposent en équilibre dans les corps, en vertu de toutes les forces intérieures ou extérieures, qui agissent sur eux.
Plusieurs physiciens ont admis un système tout différent, qui a été soutenu par Franklin et jîpinus. Ce système explique, il est vrai, la plupart des phénomènes, quand on se borne à leurs circonstances les plus générales; mais il est insuffisant pour l'équilibre, et il exige une multiplicité d'hypothèses contraires aux analogies les plus vraisemblables. Il consistait dans la supposition d'un seul fluide existant naturellement dans tous les corps, et dont l'excès ou le défaut produit l'Électricité vitrée ou l'Électricité résineuse, d'où résultent deux étals des corps que l'on a désignés par les dénominations de positif el de négatif.
L'observation démontrant que les allractions et lépulsions s'affaiblissent à mesure que la distance augmente,on en a tiré la conséquence suivante qui s'accorde avec tous les phénomènes : « Les particules de chacun » des fluides se repoussent mutuellement et attirent n celles de l'autre fluide avec des forces qui sont dans " le rapport inverse du carré de la dislance. De plus, à » dislance égale, le pouvoir attractif est égal au pou- " voir répulsif, "égaillé dont on a la preuve par l'expérience, et ([ui est nécessaire pour que dans un coips
à l'état naturel, les deux Électricités combinées n'exeicent aucune action à distance.
En donnant un simple énoncé des machines électriques, nous avons fait connaître le meilleur moyen imaginé pour accumuler dans les corps conducteurs une dose considérable d'Électricité; nous devons à présent dire un mot des instruments qui la rendent plus énergique et plus durable, soit en attirant dans un seul point toute celle d'un système de conducteurs par l'influence d'une Électricité de nature contraire, soit en faisant servir l'influence permanente d'une même quantité d'Électricité à la séparation successive des Électricilés combinées de divers conducteurs présentés à dislance. Ces appareils sont : le Condensateur, VÉlectrophorej la Bouteille de Leyde et les Batteries électriques.
L'invention du condensateur est due à jïpinus, mais c'est Voila qui en a, pour ainsi dire, créé l'ulilité, en le joignant ù l'éleclroscope, pour découvrir el rendre sensibles les doses d'Électricité les plus faibles. 11 se compose de deux pièces principales; l'une est un plateau métallique surmonté d'une tige à crochet pour pouvoir être transporté au moyen d'un lube isolant; l'autre est un pareil plateau communiquant par un support métallique avec le réservoir commun. Ces deux plateaux sont recouverts, par leurs faces correspondantes, d'une couche de vernis très-mince, faisant fonction de lame isolante. Pour se servir de l'instrument, on fait toucher le crochet de la tige du premier plateau aux grands conducteurs d'une machine chargée d'une faible Électricité dont une pelile quantité se distribue dans le plateau, et on place celui-ci, qu'on nomme plateau collecteur, sur le second. On l'enlève ensuite iiarallèlement aux deux surfaces, et on renouvelle son conlact avec les conducteurs de la machine, jusqu'à ce qu'il soit chargé d'une quantité déterminée de fluide. Il est facile de se rendre raison du phénomène qui se passe dans celle expérience : l'Électricité répandue dans le premier plateau agit sur les Électricités combinées du second, et refoule dans le sol celle de même nature, tandis qu'elle allire celle de nom contraire; en sorte que l'équilibre est rompu dans le système des conducteurs auquel communique le premier plateau, qu'il se répand sur celui-ci une nouvelle quantité de fluide libre, qui s'accumule jusqu'à ce qu'il se trouve en équilibre entre la répulsion qu'il exerce sur lui-même et l'attraction du fluide du second plateau pour le retenir. Avant d'employer le vernis comme lame isolante, on s'est servi de plaques de marbre blanc, de verre, ou d'un morceau de taffetas verni; mais ces moyens offraient tous plus ou moins d'incommodités pour les expériences. Avec la couche de vernis résineux, on peut diminuer à volonté la distance des deux plateaux.
L'éleclrophore est, de même que le condensateur, fondé sur l'action électrique exercée à distance. Mais, dans cet appareil, l'accumulation de l'Électricité est déterminée par la présence d'un corps isolé et électrisé, tandis que nous avons vu que dans le condenseur, c'était l'influence d'un corps non isolé qui augmentait la charge d'un corps isolé. A l'aide de l'éleclrophore, on produit facilement de l'Électricité, lorsqu'on n'a pas
lipsoiii qu'elle ail une grande énergie. Tour conslrnire el mettre en action cet appareil électrique, on coule un gStcau de résine dans une enveloppe métallique, el on électrise sa surface en la frappant avec une peau de Chat bien sèclie. On prend un plateau métallique dont la face inférieure est très-polie, et au(|uel est adapté un manche isolant; on le place sur le gâteau élcctrisé résineusement, et il éprouve l'influence électrique de celui-ci, c'est-à-dire que sa face supérieure acquiert une Électricité de même nature ; alors si on touche celte face et qu'on la meltc en communication avec le sol, et qu'en prenant le plateau par son manche isolant on l'enlève, il manifestera de rÉleclricité positive. Celle-ci pourra être soutirée par la bouteille de Leyde, instrument dont nous allons bientôt parler; et répétant la même expérience plusieurs fois de suite, on parviendra à charger considérablement la bouteille.
Avant l'invention du condensateur, de l'électrophore et de toute théorie de l'Ëleclricité, une expérience, qui, pour ses auteurs, fut un sujet de surprise et d'épouvante, avait fourni le moyen le plus puissant d'accumuler les forces électriques et de donner naissance à une foule de phénomènes qui exigent celle accumulalion. Voici en quoi consiste cette expérience exécutée pour la première fois à Leyde, en 1746, par Cuneus et Muschenbroeck : On lient à la main un vase de verre (Ml partie rempli d'eau, dans laquelle plonge un conducteur métallique communiquant à la machine. Apiès (luelques tours du plateau, si on essaye d'ôler le conducleur d'une main en tenant toujours le vase de l'au- Ire, on reçoit une commotion d'autant plus violente, que le vase est plus grand, la machine plus forte, et qu'elle a été plus longtemps en action. Ce phénomène, malgré tout l'efFroi que ses dangereuses conséquences inspirèrent d'abord, ne fut pas un fait stérile pour la science. Les physiciens se familiarisèrent avec lui, en méditèrent l'action, et perfectionnèrent l'instrument en substituant à l'eau des substances mélalli(iucs réduites en lames minces, collées ou simplement disséminées dans l'intérieur de la bouteille. A l'extérieur de celle-ci, on applique aussi des feuilles métalliques, ou, mieux encore, on l'étame jusqu'à quelque dislance du goulot. Une tige métallique, terminée en dehors par une boule, passe dans le bouchon que l'on a soin d'enduire de cire d'Espagne ou de tout autre corps isolant. La substitution des lames métalliques à l'eau de l'intérieur de la bouteille et à la main qui la fixait extérieurement, augmente considérablement le jeu de l'Électricité, parce que la faculté conductrice des premiers est plus parfaite que dans celles-ci. D'ailleurs, la théorie de la bouteille de Leyde est exactement conforme à celle du condensateur, cl les mêmes expressions s'y appliquent presque littéralement.
Une série de bouteilles de Leyde formées avec de grandes jarres de verre, que l'on revêt de feuilles mélalliques sur leurs deux surfaces, et dont ou fait communiquer toutes les tiges à un même conducteur métallique, constitue ce qu'on appelle unehatlerieétectriijue. Lorsqu'on les touche, on en [iroduit la décharge simullanée; mais celte circonstance est dangereuse, pour peu que la batterie soit forte; la commotion est capable de tuer
de grands animaux, de fondre des fils métalliques, el de briser ou de réduire en poudre des corps solides.
Les ingénieuses conjectures que la similitude de ces effets avec ceux de la foudre suggérèrent à Franklin et à Nollet en même temps, se changèrent en certitudes, lorsque le premier de ces physiciens eut imaginé un appareil propre à saisir l'Électricité accumulée dans les nuages, et à la soumettre aux mêmes épreuves que celles de nos machines. Ce fut le 10 mai 1752 que l'homme osa tirer volontairement les premières élincelles de la foudre, et cet honneur est dû à Dalibard , savant français, qui construisit à Marly, près Paris, un appareil presque semblable à celui que Franklin avait indiqué, el qui consistait en une cabane au-dessus de laquelle était fixée une barre de fer de quarante pieds de longueur cl isolée dans sa partie inférieure. Cette expérience connue, on voulut la répéter; on crut qu'il n'était pas absolument indispensable de ne point communiquer directement à la barre, quelle que fftt l'intensité de l'Électricité des nuages , et Richmann fut victime à Pétersbourg de cette erreur de physique. L'inexactitude de la théorie faillit aussi enlever à la science, à la philosophie et à la liberté, celui dont le génie semblait créer des prodiges, et qui , par une sublime application des connaissances physiques, nous apprit à braver le plus redoutable des phénomènes de la nature; Franklin, en Aniéri(|ue, imagina délirer l'Électricité des nuages, au moyen d'un cerf-volant dont il tenait la corde en ses mains. Sa joie fut extrême, quand, après une légère pluie, celle corde ayant acquis une faculté conductrice, il réussit à en tirer des étincelles; mais le danger eût été imminent, si la corde eût été mouillée davantage et s'il se fût développé une plus forte dose d'Électricité. Romas, en France, exécutant la même expérience, mais en donnant à son appareil toute la perfection que suggère une prudence éclairée, réussit à faire jaillir, pendant des heures entières, des jets de feu de plus de trois mètres de longueur. Sa lettre à Nollet contiennes détails d'un spectacle terrible et majestueux dont il fut témoin dans ses expériences.
Dès qu'il fut constaté que la foudre et l'explosion électrique produite par nos machines, ne diffèrent que par les dimensions des appareils, que les nuages sont chargés, les uns d'Électricité vitrée et les autres d'Électricité résineuse, on ne doula plus que, dans un nuage orage\ix, l'Électricité ne pût être considérablement affaiblie par l'action des pointes. Franklin avait démontré le pouvoir des pointes sur les décharges électriques, en faisant voir que les conducteurs pointus dispersent l'Électricité sans bruit et à des distances considérables. Cette observation remarquable fut la source de l'invention des pamiOMneocs, dontl'économie publique est encore redevable au savant Américain. On appelle ainsi des verges métalliques pointues que l'on place sur le sonirael des édifices, et dont l'une des extrémités s'élève dans l'atmosphère, tandis que l'autre communique avec le sol. L'effet de ces appareils est de soutirer avec lenteur l'Électricité des nuages el de la conduire sans explosion jusque dans l'intérieur de la terre. Personne ne conteste plus leur ulililé.
(luoi(|ue certains accidenls, arrivés dans les premiers temps de leur invention, eussent prouvé qu'ils exigeaient des perfectionnements. C'est ainsi que les plus belles applications des découvertes scientifiques, telles que l'éclairage par le gaz, les machines à vapeur, ont pu, dans l'origine, inspirer des craintes aux personnes timides ou qui ne peuvent apercevoir que d'un mal partiel résulte souvent un bien général. Mais les paratonnerres construits d'après les instructions des physiciens modernes, doivent nous laisser dans une parfaite sécurité relativement aux effets terribles de la foudre.
L'éclair qui accompagne toujours le bruit du tonnerre , et l'étincelle qui se produit dans la décharge électrique ont donné lieu à diverses théories sur leur nature ou sur les causes de leur production. Plusieurs physiciens ont pensé que l'éclair n'est qu'une modification de l'Ëlectricité qui devient lumineuse à un certain degré d'accumulation. D'après l'observation de la lumière qui se dégage de l'air par une forte compression, Biot a cru qu'elle peut de même être simplement l'effet de la compression opérée sur l'air par l'explosion de l'Electricité. Berzélius n'admet pas celte explication, puisque, dit-il, elle devrait être applicable aux phénomènes de lumière et de calorique opérés dans le vide et dans les liquides. Il pense que l'union des Électricités opposées est la cause de l'ignition , soit dans la décharge électrique, soit dans la combinaison chimique. Le feu électrique est en tout semblable à celui que produisent les combinaisons chimiques; il allume l'Hydrogène, l'Éther, et, en général, tous les combustibles. Sa force et son éclat dépendent de l'intensité de l'Électricité et aussi de If tat plus ou moins sec de l'air atmosphérique. L'étincelle prend diverses teintes proportionnelles à l'intensité de la charge; mais, dans les expériences, elle est plus généralement violàtre. Elle répand une odeur analogue à celle de l'Ail ou du Phosphore, et la sensation qu'un corps électrisé fait éprouver à la peau a été comparée à celle que produit le contact d'une toile d',\raignée.
Il nous reste à décrire un ordre de phénomènes dont la découverte est encore très-récente, mais qui a été déjà en (|uelque sorte épuisée par les nombreuses expériences faites à ce sujet, et par les inductions rigoureuses que les savants en ont tirées. Pour peu que l'on ait parcouru les annales des sciences, on doit s'apercevoir que nous allons parler de l'Électricité développée par le simple contact. Dès 1707, Sullzer, dans un ouvrage intitulé : De la Nature du plaisir , avait appris qu'en plaçant la langue entre deux pièces de métaux différents et les faisant toucher d'un coté par leurs bords, on éprouvait une saveur astringente analogue à celle du sulfate de Fer, et que pendant cette expérience faite dans l'obscurité, on voyait une sorte de lueur passer devant les yeux. On avait oublié ce fait curieux, ou plutôt il n'avait donné lieu à aucune conséquence, lorsque vers l'année 1789, celte ère de toutes les révolutions dans les idées scientifiques, Galvani, professeur ù Bologne, faisant des recherches sur l'excitabilité des organes musculaires par l'Électricité, fut conduit à une découverte extraordinaire. Il vit les
4 DICT. DES SCIE?ir.ES >\T.
parties postérieures de plusieurs Grenouilles entrer d'elles-mêmes en convulsions, quand elles étaient suspendues par un fil de Cuivre attaché à leur colonne dorsale et que ce Cuivre touchait à un autre métal. Galvani crut que ce phénomène dépendait du développement d'une Électricité animale existante naturellement dans les muscles et dans les nerfs.
Aussitôt que les physiciens eurent connaissance d'une annonce aussi importante , ils tentèrent une foule d'essais pour expliquer et multiplier les phénomènes. Le célèbre A. de Uumboldtalla même jusqu'à se faire poser des vésicatoires sur les épaules, afin d'appliquer aux plaies un arc excitateur formé d'une substance métallique homogène. De cette manière, il se plaça dans les mêmes circonstances que les Grenouilles de Galvani , et il voulut juger par là des différences dans les effets produits par le /jalvanisme (c'était ainsi qu'on désignait le nouvel ordre de phénomènes) d'avec ceux qui avaient pour cause l'Électricité. Il ne fut pas pourtant peimis d'en conclure absolument qu'il y avait une parfaite identilé entre les causes de l'un et de l'autre. Volta fut le premier qui l'affirma, après avoir soutenu contre Galvani une dispute sur la théorie des nouveaux phénomènes, dispute qui se prolongea fort longtemps, et qui, par les expériences nombreuses qu'elle fit entrei)rendre pour découvrir la vérité, tourna tout entière au profit de la science. Ce physicien, fortement pénétré de l'idée que le contact de deux métaux différents suffisait pour développer de l'Électricilé, tenta de la vérifier par une expérience directe, et il réussit pleinement dans le but de ses recherches. De tous les corps propres à développer l'Électricité par contact, le Zinc et le Cuivre parurent à Voila les meilleurs pour ce genre d'action. Deux plaques de ces deux métaux , pouvant être isolées par un manche de verre adapté à chacune, et appliquées l'une contre l'autre, manifestaient des Électricités différentes, la vitrée dans le Zinc, et la résineuse dans le Cuivre , Électricités dont on pouvait charger le condensateur, soit qu'on ne voulût y faire entrer que la première en le touchant avec la plaque de Zinc, soit qu'on se proposât d'y accumuler la seconde par le contact de la plaque de Cuivre. Volta imagina de placer un grand nombre de pareilles paires de plaques métalliques à la suite les unes des autres en les séparant par un carton humide ou imbibé d'une dissolution saline qui eut pour effet de conduire lentement l'Électricité. Il forma de cette manière un appareil qu'il nomma électro-moteur, mais que l'on connaît plus généralement sous la dénomination de Pile roltaiqiic. Les deux extrémités de cette pile sont appelées Pôles; de soite qu'il y a un pôle i-Z/ré ou positif, qui est l'extrémité formée par la dernière plaque de Zinc, et un pôle résineux ou négatif, formé à l'autre bout par la dernière plaque de Cuivre. Nous venons de dire que le corps humide interposé entre chaque paire ou élément de la pile, faisait fonction de conducteur; il transmet en effet les Électricités développées par le contact des deux métaux dans chaque couple, Électricités qui éprouvent une suite de décompositions et de recompositions , jusqu'à ce que chacune , partant du couple du milieu et allant en sens opposé, se trouve accumulée
à son pi>le respectif. Dans la paire du milieu, la tension de chacune des Électricités peut être considérée comme ' éfçale à zéro; elle augmente, en progression régulière, d'un élément à un autre et jus(|u'à chaque pôle. La différence constante entre les deux tensions des pièces qui forment un même couple, résulte du calcul appliqué par Biot à une simple hypothèse; elle a été vérifiée au moyen de la balance électrique de Coulomb.
Par la communication des deux pôles de la pile au moyen d'un fil conducteur, on forme le circuit votta'ique dans lequel les sommes d'Électricités accumulées se combinent et rechargent la pile. Si l'on ne fait que rapprocher très-près les fils métalliques adaptés aux pôles, et si on les place dans un liquide ou dans tout autre conducteur imparfait, les Électricités cxer- t cent leur action mutuelle dans le petit intervalle qui sépare ces fils, et tout ce qui est soumis à leur influence éprouve des effets variables, selon la nature des corps. C'est ainsi que la plupart des substances sont décomposées, et c|ue d'autres sont portées à l'incandescence la plus vive. On a vu les phénomènes d'ignition, produits par la pile, portés à un tel degré que les corps les plus réfractaires, le Platine, par exemple soumis ù son action, et après même qu'on a faille vide, ont été fondus. Ouel<iues-uns laissent jaillir une lumière dont l'éclat le dispute à celui du soleil. Auss c'est un spectacle admirable que celui de l'incandescence d'un morceau de Charbon qui ne brûle pas puis <|u"il est dans le vide, mais rayonne de toutes parts des gerbes d'une flamme étincclante.
Le circuit électrique, dans les métaux, peut être établi sans l'interposition d'aucun liquide; mais on ne reconnaît son action que par l'influence très-sensible qu'il exerce sur l'aiguille aimantée. C'est à Séebeck, de l'Académie de Berlin, ou'on en doit la découverte; ce savant compose son appareil de deux arcs de métaux différents soudés ensemble aux deux bouts, en sorte qu'ils forment un cercle ou un anneau continu d'une figure quelconque. Pour établir le courant, on chauffe l'anneau à l'un des deux endroits où se touchent les deux métaux. Si le circuit est composé de Cuivre et de Bismuth, l'Électricité positive prendra , dans la partie qui n'est pas échauffée, la direction du Cuivre vers le Bismuth ; mais si le circuit est formé de Cuivre et d'Antimoine, la direction du courant ira de l'Antimoine vers le Cuivre. On voit que, parce nouveau moyen d'établir le circuit, les courants électriques agissent d'une manière différente qu'ils n'agissent par le circuit qui s'opère à l'aide d'un liquide interposé. Ainsi, dans ces circuits qu'fSErstedt a nommés Ihermo-électriques, pour les différencier des autres auxquels il a donné le nom lï Itydroéleclviques, le Bismuth et l'Antimoine forment les deux extrémités de la série des conducteurs, tandis que dans les circuits hydro-électiii|ues, ces métaux sont placés assez loin des extrémités de la série; l'Argent, au contraire, qui est à l'e.K- Irémilé négative de celle-ci, est bien éloigné des limites de la première. Le courant therrao électrique a été aussi obtenu par Séebeck dans un même métal , mais dans un métal d'une texture bien cristalline, de manière que les divers cristaux paraissent jouer alors le rôle de
métaux différents. Deux morceaux d'Acier, l'un doux et l'autre trempé, constituent ensemble un circuit thermo-électrique; mais quoiqu'il y ait d'autres exemples où la différence de cohésion donne lieu à des courants, on n'a pu établir de loi à cet égard, puisque d'autres métaux, très-rapprochés par leur cohésion , se trouvent trèséloignés dans la série des conducteurs, et réciproquement (^.Ann. de Physique et de Chimie, février 1823). Enfin, OErstedt cl Fourrier, après avoir formé un circuit thermo-électrique par la réunion de plusieurs lames métalliques (alternativement Bismuth cl Antimoine), et lui avoir donné la forme d'un polygone régulier, ont beaucoup augmenté l'intensité des phénomènes en chauffant certains angles, tandis que, par des mélanges frigoriques, on refroidissait considérablement les angles qui alternaient avec les premiers.
La chimie a tiré le plus grand parti de la pile voltaïque; la nature d'une foule de corps qui avaient résisté aux moyens ordinaires de décomposition, a été reconnue ù l'aide de celui-ci, et, pour nous borner à un seul exemple important, nous signalerons ici la découverte des métaux des Alcalis, par Uumphry Davy.
L'usage de la pile voltaïque en chimie, et la connaissance approfondie de plusieurs phénomènes ont amené divers perfectionnements dans cet appareil. Thénard et Gay-Lussac (Recherches physico-chimiques), ayant reconnu que l'énergie de la pile augmentait en raison des surfaces des plaques , en ont fait construire une dont l'action est supérieure à celle des anciennes piles ; mais il parait que, pour augmenter l'intensité des effets d'ignition, il ne faut pas la même construction que pour les décompositions chimiques.
Si, dans le cours de cet article, nous avons lâché d'apporter le plus de concision possible dans l'exposition sommaire des faits principaux de l'Électricité, ainsi que de leur mode d'action; si, par conséquent, nous n'avons voulu que donner un aperçu de cette belle partie de la physique, on peut juger parla de l'étendue qu'elle a acquise depuis le milieu du dernier siècle, loisque tant d'illustres savants de toutes les nations ont, chacun de leur côté, concouru à ses progrès. Nous ne nous occuperons pas en ce moment de l'extension que les phénomènes électriques oui prise en ces derniers temps, par leur liaison avec ceux du magnétisme, depuis que l'action des courants électriques sur l'aiguille aimantée a été découverte par Œrstcdt de Copenhague. C'est au mot Magnétisme qu'il est plus convenable d'examiner ce nouvel ordre de phénomènes.
Les connaissances acquises sur l'Électricité n'ont pas été stériles dans leur aiiplication , et les autres sciences en ont retiré souvent de très-grands avantages. Cependant les faits n'ont pas encore réiiondu dune manière pleinement satisfaisante aux conjectures si brillantes qu'il était bien permis de former lorsqu'on réfléchissait à la manière dont l'Électricité agit sur les nerfs par la commotion et même par la simple communication, lorsqu'on examinait la continuité qu'elle im|)rime à l'écoulement des fluides dans les tuyaux capillaires, etc., etc. De ces circonstances, on pouvait raisonnablement tirer cette induction, que l'électricité joue le idus grand rôle dans les lihénomènes de la vie ani-
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maie el de la végélalion (K. plus bas les applications (le rÊleclricité à la physiologie), et que son emploi, bien dirigé, pouvait accélérer le développement de ces phénomènes ou en rétablir l'ordre quand il sérail troublé par les maladies. Il est à regretter néanmoins que la médecine et l'agriculture soient les sciences auxquelles l'Électricité a été le moins utile, et peut-être oserons-nous dire le plus funeste, si nous faisons souvenir qne certains expérimentateurs imprudents ont soumis à ses effets des malades dont ils n'ont fait qu'aggraver la position. Ainsi on a fait éprouver de fortes commotions à des paralytiques, lorsqu'on ignorait quel était l'organe malade ou celui qui présidait aux fonctions lésées. N'est-il pas évident que dans ce cas l'irritation d'un système d'organes où ne résidait pas la cause du mal devenait une nouvelle complication de la maladie?
Mais si l'Électricité est restée un agent inutile entre les mains du médecin , la science de la vie est parvenue par son moyen à trouver la solution de plusieurs problèmes du plus haut intérêt. Prévost et Dumas sont les physiologistes qui se sont occupés avec le plus de succès de ce genre de recherches. Ils en ont consigné les résultats dans l'ouvrage que vient de mettre au jour le docteur Vf. Edwards (De l'Influence des agents physiques sur la vie; Paris, 1824). Nous allons en parler succinctement, renvoyant, pour les développements, à l'ouvrage précité et aux Mémoires sur le sang que ces savants ont publiés dans la Bibliothèque universelle, ainsi qu'à celui sur les animalcules spermatiques qui a paru dans les Mémoires de la Société de Physique de Genève, 1'" partie.
Les phénomènes électriques, considérés dans leurs rapports a\ ec l'économie animale, peuvent se partager en deux classes, dont l'une comprend les réactions du fluide extérieur sur le corps de l'animal , et l'autre embrasse les influences électriques que les éléments de ce corps exercent entre eux. Parmi les phénomènes de la première classe, les premiers qui se présentent à examiner sont ceux produits par la tension. Ou sait qu'un animal, placé sur un tabouret isolant, et mis en communication avec un corps chargé d'Électricité libre, accuse la présence de celle-ci par des signes très-marqués. Quand cette expérience tut faite pour la première fois, ce fut avec la plus grande surprise qu'on vit les poils ou les cheveux de l'individu se hérisser et son corps lancer des étincelles par l'approche d'un conducteur. Il faut avouer qu'on connaît peu les effets qu'une tension plus ou moins violente serait capable d'amener dans l'état i)hysique de l'individu soumisà l'expérience. Mais si , au lieu d'accumuler l'Électricitédans un corps vivant, isolé, on le place de telle sorte qu'il soit le conducteur d'une seule espèce d'Éleclricité entre la source qui la fournit et le réservoir commun, alors les molécules dont il est composé, tendront à se séparer, à cause de l'action répulsive quelles acquièrent en se chargeant d'une Électricité de même nature. Si l'influence est assez énergique pour surmonter la force d'aggrégation qui maintenait les molécules réunies, le corps conducteur pourra être divisé jusqu'à la pulvérisalion. Une élinooUe élcclriciue fait prendre aux glo-
bules de sang à l'instant même un aspect framboise qui indique la séparation partielle de leurs globules élémentaires; elle détruit le mouvement spontané dont étaient doués les animalcules spermatiques et infusoires , el , dans ce cas . la désorganisation semble consister simplement dansTécarlcnieut forcé qu'éprouvent les globules organiques. D'autres effets auront lieu lorsque la commotion électrii|ue sera transmise aux corps composés de tissus hétérogènes. Parmi ces derniers, ceux qui sont les meilleurs conducteurs recevront une action plus forte, .iinsi, dans un animal vertébré, ce sera le tissu nerveux qui souffrira le plus dans la commotion; les globules qui composent ses fibres tendront à se désunir, toutes ses fonctions seront abolies et la vie se dissipera sans retour. C'est ainsi que la foudre agit sur les animaux ; si l'on n'a pas constaté la nature de la désorganisation de leur encé|)hale et de ses dépendances après qu'ils ont été foudroyés, on sait du moins que toute irritabilité musculaire a complètement disparu. Or, comme le fluide nerveux et le courant électrique sont les agents connus de l'inilabililé, l'abolition de celle-ci suffit pour prouver que le tissu nerveux, par suite de l'action de la foudre, est devenu incapable de transmettre le fluide; il est donc naturel de supposer que les fibres nerveuses ont perdu cette propriété par la séparation de leurs molécules et par l'introduction accidentelle entre ces mêmes molécules du corps gras qui sert, dans l'état de santé, à isoler les fibres nerveuses les unes des autres. I.a fluidité permanente du sang, observée dans les animaux frappés de la foudre, indique aussi que les globules de ce système circulatoire ont éprouvé une répulsion entre eux par l'action électrique, en admettant que la coagulation du sang résulte d'une attraction moléculaire entre ses globules.
11 est un autre genre d'influence qu'exerce l'Électricité sur l'économie animale, influence digne de toute notre attention, puisque c'est à elle que l'on peut comparer les réactions que le corps d'un animal est capable d'exercer sur lui-même; nous voulons parler de la contractilité musculaire mise en jeu par le fluide électrique. Les expériences de Haller avaient appris qu'en pinçant, brûlant ou traitant par un agent corrosif chimique le nerf qui va se distribuer dans tel ou tel muscle, on excitait des convulsions chez ce dernier; mais la désorganisation qui accompagnait ces phénomènes suffisait pour leur explication. Galvani fit plus tard l'importante découverte que la contraction musculaire était produite instantanément par l'action d'un arc métallique formé de deux métaux hétérogènes, et mis en communication d'une part avec les muscles et de l'autre avec les nerfs. On ne put bien se rendre raison de ce phénomène qu'après que Volta eut donné l'explication physique du développement de l'Électricité par le contact de deux métaux hétérogènes, et il devint évident que le courant électrique détermine la convulsion lorsque c'est le nerf qui sert de conducteur, et la sensation, lorsqu'on fait usage d'un nerf qui va se distribuer dans l'encéphale. Prévost et Dumas, observant au microscopeun muscle frais el mince {le fuscia lata de la Grenouille ou son sterno pubien) et h: soumet-
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laiit , pondant l'obscrvalion , à l'action de la pile , ont vu que les fibres droites et parallèles qui composent le muscle fléchissent tout à coup en zigzag, que ces llexinns ont lieu dans des points déterminés, et ne cliangent point de position. Ayant donné une grande attention à la roule <iue prennent les ramifications du nerf dans le muscle, ils ont remarijué que plusieurs des filets du tronc nerveux se dirigent perpendiculairement aux fibres musculaires, que tantôt deux troncs nerveux se dirigent parallèlement à celles-ci,. mais traversent le muscle en le coupant à angle droit, et que tantôt le tronc nerveux déjà perpendiculaire au muscle fournit des filets dont la direction est la même, mais qui reviennent sur eux-mêmes en forme d'anse. Mais deux conditions ont paru constantes aux physiologistes qui ont découvert le phénomène en question : la première c'est que les extrêmes ramifications nerveuses se dirigent parallèlement entre elles et perpendiculairement aux fibres du muscle; la seconde, qu'elles retournent dans le tronc qui les a fournies ou qu'elles vont s'anastomoser avec un tronc voisin. Ils observèrent aussi que, dans la contraction, les sommets des angles de flexion correspondent précisément au passage des petits filets nerveux.
Pour apprécier le mode d'action de l'Électricité dans cette observation ingénieuse, il est nécessaire de parler d'un autre ordre de faits découvert récemment par Ampère, et qui ont avec ceux ci une grande connexion. Dans ses recherches sur l'Électro-magnétisme, ce savant physicien est parvenu à établir comme loi générale, que deux courants électriques qui vont dans le même sens s'attirent, et se repoussent lorsqu'ils vont en sens contraire. Prévost et Dumas ont fait l'application de cette loi au cas présent de la contraction musculaire; ils ont conclu que les nerfs se rapprochent par suite des courants électriques qui se disiiosenl iiarallèlement entre eux, lorsqu'ils arrivent dans les extrêmes ramifications nerveuses, et déterminent ainsi la flexion de la fibre et le raccourcissement du muscle. D'après cette opinion, le muscle vivant se trouve être un véritable galvanomètre dont la sensibilité est extrême à cause de la ténuité et de la petite distance qui sépare les branches conductrices. D'un autre côté, Prévost et Dumas s'étant assurés que lors(|u'on brûle, pince ou désorganise un nerf au moyen d'un agent chimique puissant, il y a toujours développement d'Électricité , il s'ensuit que la contraction musculaire observée dans tous ces cas, rentre évidemment dans la condition des contractions galvani(iues.
Enfin c'est à l'action de la pile voltaïque que les physiologistes ci -dessus mentionnés ont comparé l'action des organes sécréteurs. Parmi les produits sécrétés du sang, les uns, tels que la bile, la salive, sont alcalins ainsi que lui, mais contiennent une quantité de Soude libre plus considérable; les autres, le lait, le chyme, par exemple, sont au contraire toujours acides. Ces substances diffèrent donc du liquide dont elles sont extraites par leur alcalinité ou leur acidité, et cette différence est constante. Les sécrétions acides ne peuvent se manifester sans qu'il n'en résulte en même temps une sécrétion alcaline correspondante, et les cau-
ses qui augmentent ou diminuent les unes doivent aussi produire des effets analogues sur les autres. Si l'on ajoute à ces faits que l'analyse chimique a démontrés d'une manière incontestable, qu'il parait possible d'imiter artiticiellement les conditions principales des sécrétions, et de séparer du sang, au moyen de la pile, un liquide analogue au lait, et des aliments eux-mêmes une matière semblable au chyme, on admettra facilement que l'emploi des forces électriques explique d'une manière satisfaisante les propriétés qui caractérisent les diverses sécrétions.
ta Torpille, le Gymnote et d'autres Poissons possèdent de véritables appareils électromoleurs, analogues à la pile voUaï(|ue. On a parfaitement constaté l'identité de leur fluide avec celui de l'Électricité ordinaire, en mettant ces Poissons en communication avec la bouteille de Leyde que l'on parvenait à charger comme avec une machine électrique, et en saisissant l'animal avec des corps isolants qui mettaient à l'abri de toute commotion. V . , pour la description de ces organes électro-moteurs, les mots Gymnote, Torpille, Rhino-
EATE, TÉTRODON, CtC.
Électricité «es mihéradx. Les minéraux manifestent des propriétés électriques lorsqu'on agit sur eux par frottement , ou par pression , ou par la chaleur. De ces propriétés se déduisent des caractères qui sont rarement d'une grande importance pour le naturaliste, à cause des variations qu'ils éprouvent dans la même espèce, sans qu'il soit souvent possible d'en apprécier les causes. Le plus léger changement dans la composition de la substance, dans la texture ou même le simple poli des surfaces, suffit pour amener des différences dans les résultats des épreuves relatives à ces caractères. Néanmoins en cherchant à rendre semblables toutes les circonstances des opérations, en ne soumettant à l'expérience que des variétés cristallisées, choisies parmi celles que l'on peut regardercomme les plus pures, on obtient souvent, dans les minéraux que l'on compare, des diversités d'effets qui indiquent assez nettement une différence de nature. Ces effets se rapportent : 1" à la nature de l'Électricité acquise à l'aide du frottement; 2" à la faculté isolante ou conductrice des substances; 5" à leur faculté conservalrice de l'électricité. Les substances pierreuses, transparentes et incolores, qui, parleur texture, se rapprochent de la nature du verre, ont comme lui la faculté isolante, et acquièrent, à l'aide du frottement, l'Électricité vitrée. Les substances inflammables non métalliques, douées d'une couleur propre, telles que le Soufre, les Bitumes , le Succin , le Mellite , partagent les propriétés de la Résine. Les substances opaques et douées de l'éclat métalliciuesont conductrices; elles acquièrent, lorsqu'elles sont isolées et frottées, les unes l'Électricité vitrée, les autres l'Électricité résineuse. Dans ces sortes d'expériences, on emploie pour frottoir une étoffe de laine ou un morceau de drap, et pour isoloir un bâlon de gomme laque ou de cire d'Espagne. Pour reconnaître l'espèce d'Électricité ac(|uise parce moyen, on présente successivement le corps à deux petits appareils mobiles dans lesquels on a eu soin de développer d'avance les deux Électricités. Le premier, qu'on nomme élcctroscope vitré, est formé