‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 11 sur 76 · SI · texte numérisé non relu

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d'une aiguille de métal mobile sur un pivot, comme les aiguilles magnétiques, et terminée d'un côté par une petite lame de Spath d'Islande; il suffit de presser cette petite lame entre les doigts pour communiquer à l'appareil l'Électricité vitrée. C'est une des propriétés de cette substance remarquée par Hatly, d'acquérir par la simple pression une forte Électricité vitrée qu'elle conserve ensuite très -longtemps. Le second appareil, ([u'on nomme électroscope résineux, semblable au précédent, n'en diffère qu'en ce que l'aiguille est entièrement métallique. On le met à l'état résineux en le touchant avec un morceau de Succin éleclrisé par frottement, et qui lui communique une portion de son fluide. Les substances minérales diffèrent beaucoup entre elles sous le rapport du temps pendant lequel elles conservent leur vertu électrique. Il en est qui la perdent en un instant, et d'autres qui la gardent pendant des heures et même des journées entières. La Topaze est une de celles qui se distinguent ainsi par leur faculté conservatrice.

C'est dans le nombre des minéraux isolants qu'on en trouve plusieurs qui ont la singulière propriété de s'éleclriser par l'action de la chaleur. Cette propriété, bornée jusqu'à présent aux substances minérales, et resserrée dans un petit nombre d'espèces, n'en est que plus caractéristique; cependant elle ne se soutient pas dans l'ensemble des variétés d'une même espèce, comme on aurait pu le désirer. Elle est donc plus intéressante sous le point de vue de la physique, et par l'analogie qu'elle présente avec les phénomènes du magnétisme |iolaire. Cette propriété est surtout sensible dans les longs prismes de Tourmaline, qui, par la chaleur, semblent se transformer en aimants électriques. En effet, ils acquièrent deux pôles, l'un vitré et l'autre résineux, situés vers les deux sommets. La partie moyenne de la Tourmaline est dans l'état naturel. Lorsqu'on chauffe fortement une Tourmaline de manière à dépasser le point où le corps donne des signes d'Électricité, elle revient bientôt par le refroidissement à la température convenable , pour qu'elle manifeste des pôles; elle les perd ensuite si le refroidissement continue. Mais ce qui est digne de remarque, c'est qu'au delà de ce terme la vertu électrique reparait avec des caractères différents; les pôles ont des positions renversées. Le point neutre qui fait la séparation des deux phénomènes électriques varie avec la température de l'atmosphère et la nature des substances. Il en est une, l'oxide de Zinc, qui est habituellement dans un état électrique. IlaUy a remarqué qu'il existait une corrélation remarquable entre les formes des Cristaux électriques par la chaleur et les forces contraires de leurs pôles; ces formes, en général, dérogent à la symétrie ordinaire des Cristaux. Les sommets dans lesquels résident les pôles, diffèrent par leur configuration, de manière que le pôle vitré est toujours du côté oCi se montre le plus grand nombre de facettes. La Tourmaline appartenant au système rhomboédrique n'a qu'un seul axe électrique confondu avec son axe de cristallisation ; mais le Borate de Magnésie qui est pareillement électrique par la chaleur, et dont la forme est un cube, possède quatre axes différents, et par conséquent huit pôles électriques, situés aux huit angles

du cube. Tous ces faits intéressants sont les résultats des recherches délicates de HaUy, et c'est dans les écrits de ce savant qu'il faut en étudier les développements.

ÉLECTRUM. MIN. r. SticciN.

ÉLÉDON. MOii. Cuvier (Règne Anim. T. ii, p. 563) et Leach ont consacré ce mot à une division du genre Poulpe, pour les espèces qui, au lieu d'avoir deux rangs de ventouses sur les bras, n'en ont qu'un seul, et ils ont conservé à ce sous -genre les caractères par lesquels Aristole lui-même les distinguait comme espèce. F. CÉPBAI.0P0DES et Poulpe.

ÉLÉDONE. Eledona. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Héléromères, famille des Taxicornes (Règne Anim. de Cuv.), établi par Latreille aux dépens des Opatres, et ayant, suivant lui, pour caractères : antennes arquées, terminées par quelques articles plus grands presque triangulaires, formant une massue oblongue et comprimée ; lèvre supérieure petite; dernier article des palpes cylindrique, allongé. Les Élédones ont beaucoup d'analogie, par leur organisation et par leurs habitudes, avec les Diapères. Ce sont des Insectes petits, offrant des couleurs obscures ; leur corps est ovalaire, convexe et arrondi supérieurement; la tête est inclinée; le prothorax est grand et gihbeux ; les élytres sont dures, voûtées, de la longueur de l'abdomen ; les jambes antérieures sont cylindriques et menues. On ne connaît pas les larves, mais on trouve l'Insecte parfait dans les Champignons iiourris.

Parmi les espèces propres à ce genre, nous citerons Élédone AGARicicoiE, Eledona aijaricicola , improprement nommée Jijricola ou le Bolctopharjus agaricicola d'Uliger et de Fabricius. Il est petit. On le trouve dans les Bolets, en Europe.

lUiger a désigné le genre Élédone de Latreille sous le nom de Bolétophage, qui a été adopté généralement en Allemagne. L'antériorité appartient à l'entomologiste français.

ÉLÉGIE. Elegia. eot. Genre de la famille des Bestiacées et de la Diœcie Triandrie, L., établi par Thunberg et Linné (Mantiss. Plant., p. lG-2 et 270), réuni au genre lieslio par Rottboel ( Desciipt. et le. Plant., p. 8) et dans l'Encyclopédie Méthodique, puis rétabli par Willdenow et Persoon, qui l'ont ainsi caractérisé : fleurs dioïques ; les mâles ont un calice glumacé, à six divisions inégales, renfermant trois étamines; les femelles, dont les enveloppes florales sont pareilles à celles des mâles, possèdent un ovaire à trois styles, qui devient une capsule à six loges ; étamines renfermant une seule graine. Les trois espèces d'Élégies mentionnées par Persoon croissent au cap de Bonne-Espérance. Ce sont des plantes herbacées, remarquables par l'amplitude de leurs spathes ou bractées. Les Elegia thyrsifera et racemosa sont figurés, sous le nom de Restio, par Lamarck (lllustr., tab. 804, f. ô et4).

ÉLÉIOTIDE. Eleiotis. bot. Genre de la famille des Légumineuses, établi par De Candolle qui lui assigne pour caractères : calice campanule, tronqué, divisé en cinq dents obtuses; corolle papilionacée; étendard obovale ; carène obtuse; étamines diadelphes (9 etl), persistantes; légume comprimé, plan, uniloculaire ,

monospeime, siiliineiiibraiieiix , demi ovale, avec la suture supérieure droite , et l'inférieure courbe. Les Kléiotides, dont deux espaces sont connues : Eleiotis monophytla, DeCand., el Eleiotis sororia, De Cand., forment des petites plantes herbacées, oriffinaires de l'Inde; leurs liges sont triangulaires; les stipules sont petites, aiguës et couchées contre la tige; les feuilles sont pétiolécs, composées de trois paires de folioles; les grappes sont axillaires et plus longues que les feuilles, garnies de petites fleurs pédicellées, géminées et distantes.

ELEITIS. BOT. Synonyme de Pariétaire ?

ÉLÉMENTS. Les anciens philosophes, qui paraissent ne s'être pas bien accordés sur la véritable signilicalion de ce mot, en admettaient quatre : la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu. Les modernes, en rectifiant le langage de la science, loisqu'ils le dégagèrent de toute interprétation inexacte, durent admettre autant d'Éléments qu'ils reconnaissaient de substances encore indécomposées; le nombre des Éléments est beaucoup plus considérable (ju'on ne le croyait autrefois et s'accroît même encore à mesure que les travaux des chimistes s'étendent et se complètent.

ELÉMl (résike). bot. On distingue dans le commerce, deux espèces de Résine Élémi ; l'une, qui vient d'Ethiopie, est en masses assez volumineuses, enveloppées de feuilles de Roseau; elle est sèche, jaunâtre, très-peu répandue aujourd'hui; l'arbre qui la produit est V^tiityris Elemifera, de la famille des Térébirithacées. L'autre, qui est abondante dans le commerce, nous arrive de l'Amérique méridionale, et en particulier delà Nouvelle-Espagne. On l'obtient en pratiquant des incisions au tronc de VAmyris Taxifera, L., voisin de VAmyris Elemifera. Elle forme des masses un i)eu molles et onctueuses, se desséchant par le froid ou par vétusté. Elle est d'un jaune pâle, mêlé de points verdàtres, demitransparente, d'une odeur forte, agréable, semblable à celle du Fenouil, et d'une saveur acre. Elle donne par la distillation une huile volatile, abondante, qui en est la partie active et odorante. Elle est presque complètement soluhle dans l'Alcool. On l'emploie surtout à l'extérieur. Elle entre dans la composition du baume de Fioraventi, des onguents Styrax et d'Arcœus.

ELE.MIFERA. BOT. Espèce du genre Amyris, et que l'on croit généralement être VAmyiis lialsamifera de Linné, qui fournil la Résine Élémi.

ÉLENGI. BOT. Espèce du genre Mirausope dont Adanson avait emprunté le nom pour désigner le genre.

ÉLÉNOPIlOliE. Elenophonis. ms. Coléoptères hétéromères; genre de la famille des Mélasoraes, tribu des Collaptérides, institué par Megerle, avec les caractères suivants : a.nlennes allant en diminuant de la base à l'extrémité : les deux premiers articles très- courts, le troisième plus long que les deux suivants réunis, le dernier ovalaire, à peine plus gros que le pénultième qui est le plus petit; palpes filiformes, terminées par un article ovoïde, tronqué au bout; labre membraneux, Iransverse, ne pouvant se cacher sous l'épistome ; menton grand, échancré sur les côtés et antérieuremeiU, ayant en dessous une élévation en forme d'X; le pédoncule saillant, avec un sinus anguleux, assez profond et

occupant toute la largeur ; yeux très-courts, très-lransverscs, fortement en croissant, et fermés dans leur milieu, par le bord latéral de la tête qui est presque aussi large que le prolhorax, allongée, rélrécie el trèsprolongée en arrière des yeux ; prothorax petit, suhglobuletix et tronqué aux deux extrémités; élylres fortement embrassantes; la partie latérale de chacune plus large que sa partie supérieure; flancs entièrement effacés; pattes filiformes et longues; hanches paraissant orhiculaires à l'extrémité; tarses filiformes, ciliés sur les bords inférieurs, article terminal des postérieurs garni, au bout, de deux toulTes de poils très-courts. Ce genre, formé aux dépens de celui des /Ihis de Fabricius, ne renferme encore qu'une seule espèce, Éléjiopbore C0LL\iRE, Akis collaris, Fab. Elle est d'un noir obscur; deux fossettes longitudinales sur la tête; une ligne longitudinale élevée dans le milieu, et une semblable plus courte de chaque côté , derrière les yeux; prothorax ponctué sur le dos, avec trois sillons lisses et un transverse près de la base; élytres marquées de rides irrégulières, plus ou moins marquées et des stries ponctuées, confondues avec les rides et peu distinctes; quelques gros plis longitudinaux sur le sternum, et des points enfoncés à l'extrémité de l'abdomen. Du midi de l'Europe et du nord de l'Afrique.

ÉLÉOCHARIDE. Eleocharis. bot. Dans la division qui a été faite par R. Brown (Piodr. FI. Noo.-HolL), du genre Scirpus de Linné en plusieurs autres groupes généri(|ues, il en a établi un sous le nom A'' Eleocharis, dans lequel il range toutes les espèces de Scirpes qui ont leurs épis formés d'écaillés imbiiquées en tout sens et semblables entre elles; quelques-unes des plus inférieures sont vides el stériles. L'ovaire est environné de quatre à douze soies hypogynes, denticulées, qui manquent très-rarement. Le style est renflé à sa base, qui est articulée avec le sommet de l'ovaire. Le fruit est généralement lenticulaire, surmonté par la base persistante du style. Toutes les espèces de ce genre sont des plantes aquatiques, dont les chaumes sont simples, déi)ourvus de feuilles et seulement embrassés de quelques gaines, à leur base. Les fleurs sont hermaphrodites et forment un épi simple et terminal. A ce genre a()partienuent les Scirpus paluslris, L., geniciilatiis, l.,iiiacitlosiis,\'ah\,capitatHS,lj.,acicn}aris,L.,e[c.. et plusieurs espèces nouvelles, recueillies par Brown à la Nouvelle-Hollande. ^. Scirpe.

ÉLÉODON. BOLi. Pour Élédon. ^. ce mot.

ÉLÉOGÈNE. Eleogenus. bot. Genre de la famille des Cypéracées, établi par Nées, et reconnu ensuite pour ne point différer du genre Scirpus de Linné.

ÉLÉOGITON. BOT. Le genre placé, sous ce nom, dans la famille des Cypéracées par Link, a été reconnu pour appartenir au genre Isolepis, précédemment établi par Robert Brown.

ÉLÉOLITHE. MIN. r. Él^olithe.

ÉLÉOMELl. BOT. Baume fort épais, venant d'Arabie, el dont on ignore l'origine.

ÉLÉONORE. INS. (Geofl'roy.) Synonyme de Lihcllnla flaveola. V. Libellule.

ÉLÉOSELINON. Etœoselinutn. bot. Ce nom, ancien synonyme de Céleri, a été appliqué génériquemcnt par

Koch, a un gi'Oiipe d'Ombelliftres dont un Laser csl devenu le type. Voici les caractères du nouveau senre : bords du calice faiblement divisés en cinq dents; pétales ovales, éraarginés, avec la découpure un peu courbée; fruit tétraptère, cylindracé, légèrement comprimé sur le dos; face convexe des mériocarpes marquée de cinq côles primaires, filiformes, et de quatre secondaires, obtuses, s'élevant des vallécnles ou sillons que forment entre elles les côtes primaires ; de ces quatre côtes secondaires les deux plus latérales s'étendent en forme d'ailes.Les graines ont leurs bords roulés en dedans. Le genre Éléoselinon se compose de deux espèces : Elœoselinum meoides; Laserpitium meoides, Desf., et Elœoselinum thapsoides , espèce nouvelle, observée au Mexique. Ces plantes sont vivaces; leurs tiges, qui s'élèvent à sept ou huit pieds, sont cylindriques , glabres, garnies de feuilles pétiolées, décomposées; les ombelles el ombellules sont formées d'une multitude de rayons; les involucres sont également polyphylles; enfin les fleurs sont jaunes.

ÉLÉOTRIS. POIS. Ce nom, employé par Athénée pour désigner un Poisson du INil que l'on ne saurait aujourd'hui reconnaître, fut employé par Gronou pour désigner un genre qu'adopta Cuvier comme so\is -genre parmi les Gobies. /'. ce mot. On trouve dans l'édition de Bloch, donnée par Schneider un genre Éléatris, qu'il ne faut pas confondre avec celui de Gronou, <iuoiqu'il soit, comme lui, formé aux dépens des Gobies. Ce dernier, dont les caractères ne sont pas exacts, a été totalement rejeté par Cuvier.

ÉLÉPHANT. Elephas. mam. Genre de la famille des Proboscidiens , dans l'ordre des Pachydermes, caractérisé par des dents màehelières, dont le corps se compose d'un nombre déterminé de lames verticales, formées chacune de substance osseuse et d'émail , et liées ensemble par une troisième substance appelée corticale (f^. Dent); par cinq doigts bien complets à tous les pieds, mais tellement engagés dans la peau rugueuse et calleuse du pied qu'ils ne se dessinent au dehors que par les ongles attachés sur le bord d'une sorte de sabol; par des incisives coniques, recourbées en haut, et saillantes au-devant de la tête ; enfin par la tiompe la plus longue et la plus mobile (|ui existe chez les Mammifères.

Ce genre , comme l'observe Cuvier, est l'un des plus extraordinaires de tout le règne animal- Sa structure est telle qu'il ne se rapproche complètement d'aucun autre; et, bien que les naturalistes l'aient classé parmi les Pachydermes, avec les Rhinocéros, les Hippopotames et les Cochons, il diffère beaucoup plus de tous ces Quadiupèdes qu'ils ne diffèrent entre eux. On peut dire même qu'à beaucoup d'égards, ce gigantesque animal offre des traits frappants de ressemblance avec l'ordre des Rongeurs, de tous les ordres de Mammifères, l'un des plus restreints pour la taille.

Voici d'abord ces ressemblances : 1" la grandeur des alvéoles, des incisives supérieures ou des défenses, correspondant à la grandeur même de ces dénis, ne se retrouve à un degré proportionnel que dans les Rongeurs. A la vérité ce nom d'incisives ne convient pas aux défenses de l'Éléphant, qui ne sont point tranchantes et croissent indéfiniment. Mais leur accroissement

indéfini lient A ce que, saillantes hors de la bouche et recourbées en haut, elles ne sont point arrêtées par la rencontre de dents opposées contre lesquelles elles s'useraient, comme dans les Rongeurs. Car on sait que quand ces derniers animaux perdent une incisive par accident, l'incisive opposée se prolonge autant en proportion que les défenses des Éléphants, mais dans une direction contraire, c'est-à-dire se recourbe en dedans, ce qui entraîne enfin la mort de l'animal , à cause de l'obstacle que la proéminence de cette dent demi -circulaire met à la rencontre des autres, ce qui par conséquent empêche l'animal de prendre de la nourrilure. Quant au défaut de tranchant de ces défenses, cela ne dépend pas évidemment de ce que leur émail les enveloppe également de toute part, comme le dit Cuvier. Car les incisives de l'Homme, par exemple, sont aussi pourvues d'une enveloppe uniforme d'émail , et cela n'empêche pas qu'elles ne soient tranchantes dès l'origine. La forme conique et la direction courbe de la défense de l'Éléphant tient simplement à la forme coniiiue et à la courbure de son germe; de même que chez le Narval, la même forme conique de sa défense rectiligne tient aussi à la figure du germe de cette dent qui, chez ce dernier animal, est une canine par sa position dans l'os maxillaire.

2° La structure de leurs màehelières, toutes semblables à celles des Cabiais, excepté que le cément déborde les arêtes verticales des lames et les enveloppe dans les Éléphants, tandis que chez des Cabiais ces arêles dépas-sent le cément sur toute la hauteur de la dent.

3» Le trou sous-orbitaire par sa grandeur rappelle celui des Rongeurs sans clavicule, chez qui les ongles sont presque aussi peu développés que ceux de l'Éléphant, entre autres les Cabiais, les Porcs-Épics où le mutle est si développé. Cette grandeur du trou sousorbitaire correspond, dans les Rongeurs, au volume du nerf excitateur de la sensibilité de cette partie de la face. Elle répond aussi, dans l'Éléphant, à l'excès de développement de la branche de la cinquième paire, qui donne à la trompe de l'Éléphant celte finesse de tact qui le caractérise, et peut être aussi la supériorité de son odorat, comme on peut le conclure des expériences de Magendie. Néanmoins celle grandeur du Irou sousorbitaire et ce volume des nerfs qu'il transmet, se retrouvent aussi dans d'autres Mammifères , par exemple dans le Desman, également pourvu d'une trompe.

4» L'arcade zygomatique est dirigée et formée dans l'Éléjjhant comme dans les Rongeurs. L'os jugal se trouve dans tous ces animaux suspendu au milieu de l'arcade; mais cette ressemblance dans les télés, n'en implique pas autant qu'on pourrait le croire dans les autres parties du corps.

Et d'abord, quant à la tête elle-même, voici des différences majeures : lofélévation et la direction presque verticale des alvéoles des défenses, et la hauteur qui en résulte pour les os inlermaxillaires; 2" l'élévation correspondante des maxillaires ; ô» la brièveté des os du nez, nécessitée par l'implantation des muscles de la trompe, et A" Pénorme renflement produit à la partie supérieure, temporale et postérieure du crâne par d'immenses cellules qui écartent les deux tables des os de

ces pallies, reiiHemeiil qui auginenle avec l'âge. Ces quatre causes donnent ù la tète de rÉIéphanl plus de liauleur verticale, ù proportion de sa longueur horizontale, qu'ù aucune autre tête, sans excepter celle de l'Homme. H en résulte encore que l'aire de la cavité cérél)rale n'est guère que le tiers de l'aire totale de la coupe du crùne ; que par conséquent le volume du cerveau est au moins neuf fois plus petit que celui du crâne. Et rependant c'est sur le volume et les reliefs de ce crâne que la plupart des naturalistes avaient évalué rintelligence de l'Éléphant , sans se soucier de vérifier celle évaluation par les faits. L'on peut voir (Oss. foss., 2<: édit. T. I, pi. 4 des Éléph., fig. 5) cette disproportion du volume de la léte à celui du cerveau, et combien sont fausses toutes ces prétendues indications de facultés inlellecluelles par les reliefs de la surface du crâne. Desmoulins a déjà réfuté ces prétendues régies au mot CR\?iE, où il a établi quelles sont les vraies mesures proportionnelles des facultés intellectuelles.

.\ la mâchoire inférieure, la branche montante est presque aussi haute que la branche dentaire est longue. L'apophyse coronoïde est moins élevée que la condyloïdienne dont la tète articulaire est un segment sphérique, reçu dans une cavité peu profonde, d'où résulte une facilité de mouvement horizontal en avant et de côté, comme dans les Ruminants. Ce mécanisme des mâchoires dont le même auteur a déjà parlé au mot Dent, répond merveilleusement à la structure particulière des dents, au mode de leur implantation, au déplacement qu'elles subissent avec le temps d'avant en arrière, et enfin à leur succession et au remplacement qui en résulte. Ce mécanisme de l'appareil masticateur n'existant que dans l'Éléphant et peut-être dans les Phacochœres, mérite d'être exposé ici. En voici la description d'après Cuvier.

La dent, par sa forme rhomboidale dans le sens vertical et par sa position très-oblique, présente beaucoup plus tôt sa partie antérieure à la mastication que sa partie postérieure. Le plan ou la table produite par la mastication fait donc avec la surface commune des sommets de toutes les lames, un angle ouvert en arrière. 11 arrive de là que, lorsque les lames de devant soni entamées profondément et forment des rubans entiers, les lames intermédiaires n'offrent encore que des rangées transversales de cercles ou d'ovales, et que celles de derrière sont tout à fait intactes et présentent les sommets de leur dentelure en forme de mamelons arrondis. Les lames antérieures sont même tout à fait détruites avant que les iiostérieures soient entamées fort avant. D'où il suit que la dent diminue de longueur et de hauteur à la fois.

Pendant que la partie extérieure de la dent s'use et diminue, la portion de racine qui lui correspond, s'use dune autre manière plus difficile à concevoir. En examinant ce qui en reste, on la trouve comme rongée. Elle a à sa surface de petites fossettes irrégulières, comme si elle eût été dissoute par un acide qu'on y aurait jelé par gouttes. C'est une sorte de carie, comme aux dents de l'Homme piivées de leur émail. Il en résulte que, dans diverses parties de sa longueur, la denl est diminuée de plusieurs tranches ou segments qui en

occupaient toute la hauteur. Et comme la partie antérieure de la mâchoire doit toujours rester remplie, la dent se meut d'arrière en avant, dans le sens horizontal, en même temps qu'elle se porte dans le sens vertical de haut en bas ou de bas en haut, selon qu'elle appartient ù la mâchoire supérieure ou inférieure. Voilà comment chaque dent, au moment où elle tombe, se trouve très-petite, quelque grande qu'elle ait pu être auparavant. La détermination de ce fait était fort importante, puisqu'il prouve que le volume marque l'âge des dents elles-mêmes, et non pas l'âge et la grandeur de l'animal qui les portait; et l'on verra à l'article de l'ÉLÉPHANT FOSSILE ((uc Cette détermination a préservé Cuvier de l'illusion qu'avaient causée à d'autres zoologistes ces diversités de grandeur, sur la mulliplicilé ajjparente des espèces fossiles d'Éléphant.

Ce mouvement de la dent active fait de la place pour celle qui se forme dans l'arrière-mâchoire, et qui doit lui succéder. Voilà pourquoi la partie angulaire de celle mâchoire est si grande, parce que toute la vie elle contient une dent entière. Cette seconde denl aide, par son développement, à pousser la première en avant. Si donc la construction des molaires d'Éléphant ressemble a celle des molaires de quelques Rongeurs, le développement et le mécanisme de ces dents en diffère beaucoup. Car les dénis molaires du Cabiai et autres Rongeurs croissent presque toute la vie, et ne se renouvellent pas. f^. notre article Dent.

Le nombre des molaires des Éléphants fut longtemps indéterminé; il varie d'une à deux de chaque côté. Pallas montra le premier (Xoi\ Coiiim. Petrop. T. xm ) que l'Éléphant a d'abord une seule dent de chaque côté; qu'une seconde, en se développant, pousse la première, de façon que pendant un certain temps il y en a deux; puis la chute de la première fait que de nouveau il n'y en a plus qu'une. Corse (Trans.phil., 1799) a vu cette succession d'alternatives se répéter jusqu'à huit fois dans l'Éléphant des Indes. Il y a jiar conséquent trente-deux dents qui occupent les différentes parties de ses mâchoires. Cuvier l'avait déjà conclu pour avoir observé à la fois constamment trois dents sur huit Eléphants; savoir ; une molaire usée plus ou moins prête à tomber, une molaire enlière et en pleine activité, et un germe plus ou moins développé occupant la partie angulaire de la mâchoire. Les premières dents paraissent huit ou dix jours après la naissance; elles sont bien formées à six semaines et complètement sorties à trois mois. Les secondes sont bien sorties à deux ans, et chassées à six ans par les troisièmes qui sont à leur tour poussées en dehors par les quatrièmes à neuf ans. On juge aisément, à la profondeur de la détrition, de la position qu'avait dans la mâchoire une dent trouvée isolée. Le nombre des lames qui composent chaque dent va en croissant de manière que chacune en a plus que celle qui l'a immédiatement précédée. Suivant Corse (tocci7.),les premières ont quatre lames; les secondes, huit ou neuf; les troisièmes, douze ou treize, el ainsi de suitejusqu'aux septièmes et huitièmes qui en ont vingtdeux ou vingt-trois. Les lames sont en outre plus minces dans les premières dents que dans les dernières ; d'où il suit que le nombre des lames de service est à

peu près It même à Ions les âges, c'esl-ù-dire de dix ou douze. Et comme il faut le même temps pour user le même nombre de lames . les dernières dents, qui en ont beaucoup plus, durent plus que les premières ; il en résulte que les intervalles des remplacements s'alloni;cnt avec l'âge.

Les dents des deux mâcboires de l'Éléphant se dislinguent par leur forme. X la mâchoire supérieure, les lames sont disposées de manière que leurs sommets sont tous dans une surface convexe; et la table produite par leur détrition est aussi convexe. C'est le contraire aux dents d'en bas. On dislingue enfin les dents de droite de celles de gauche, parce qu'elles sont convexes à leur surface interne et un peu concaves à l'externe. Enfin on reconnaît l'arrière d'avec l'avant. La trituration entamant bien plus en avant qu'en arrière, le bout le plus usé est toujours l'anlérieur. Nous renvoyons à l'article Dent pour ce qui concerne la structure et la production de ces dents molaires et des défenses.

Les Éléphants ont vingt paires de eûtes, trois vertèbres lombaires, quatre sacrées et vingt-quatre ou vingtcinq coccygiennes. 11 n'y avait donc pas lieu, pour des observateurs un peu attentifs, en considérantseulement ces nombres, de tomber dans les illusions qui firent prendre autrefois des squelettes d'Éléphants fossiles pour des squelettes humains. Mais l'imagination s'arrêtait plus aux ressemblances qu'aux différences, et d'ailleurs on fermait les yeux sur ce qu'on ne voulait pas voir. A la vérité, sauf la différence des proportions, la figure des os des membres, depuis les phalanges jusqu'aux épaules et au bassin, peut en imposer à des observateurs superficiels. Ce qui produisait encore une cause d'erreur, c'était la ressemblance beaucoup plus grande des deux premières vertèbres cervicales et de toutes les dorsales avec celles de l'Homme; ressemblance qui est réellement plus grande dans l'Éléphant que dans aucun autre Quadrupède. Kéanraoins il n'est pas une de ces parties osseuses qui ne présente des caractères fixes et différentiels. Ces différences sont bien jilus prononcées encore aux os des membres, et il n'est pas un seul d'entre eux qu'un anatomiste un peu exercé put confondre aujourd'hui avec ceux de l'Homme. Mais il est certain néanmoins que leur ensemble, pour tout analomiste qui ne connaît que le squelette humain, l)résente une ressemblance très-apparente avec les formes humaines. On doit donc moins s'étonner que des anatomistesde profession, qui n'avaient pas vu de squelettes d'Éléphants, aient pris quelquefois des os fossiles de ce genre pour des os humains et par conséquent pour des os de géants. C'est sans doute sur la rencontre de squelettes d'Éléphants fossiles , nécessairement plus fréquente au commencement de l'état actuel du globe qu'elle ne l'est aujourd'hui, que dut s'établir l'opinion de l'existence d'une race de géants, dans l'âge précédent de la terre, opinion que l'on retrouve en effet dans toutes les théogonies.

La trompe, qui fait le trait principal de sa physionomie, est creusée intérieurement d'un double tuyau revêtu d'une membrane fibro-tendineuse, dont la soujdesse et l'humidité sont entretenues par une exhalation abondante, que fournissent de petits cryptes ouverts

I ù sa surface. Ces tuyaux , qui ne sont que les prolon- ' gemenis des narines, remontent jusqu'aux parois osseuses de ces cavités. Mais avant d'y arriver, ils se recourbent deux fois, et leur communication avec elles est formée par une valvule cartilagineuse et élastique, que l'animal ouvre à volonté, et qui retombe, par son propre ressort, dans le relâchement de ses muscles. L'intervalle des parois de ces tuyaux à la peau qui enveloppe la trompe, est rempli par des faisceaux charnus, longitudinaux, se rapportant à quatre grands muscles, confondus dans la longueur de la trompe, mais bien distincts à leur attache supérieure. Les deux antérieurs tiennent à toute la largeur du frontal audessus des os du nez ; <es deux latéraux aux os maxillaires en avant et au-dessous de l'œil. Ces deux premiers faisceaux n'ont donc pas d'analogues pour l'insertion, ni dans le Desman. ni dans les Mammifères à boutoir, ni même dans le Tapir dont la structure osseuse des narines ressemble le plus à celles de l'Éléphant, puisqu'il n'y a chez le Tapir que les deux faisceaux sousorbitaires. (F. Desman, Cochon, Coati, etc.) Chaque paire de faisceaux musculaires est composée de deux sortes de fibres. Les unes, transversales sur une coupe longitudinale, et rayonnantes sur une coupe transversale de la tiompe, rapprochent la peau externe de la membrane des tuyaux, et déterminent ainsi l'allongement de cet organe, sans comprimer ses tuyaux, comme l'auraient fait des fibres circulaires à la manière de ce qui existe dans beaucoup de Mollusques et d'Annélides, compression qu'il était bien important d'empêcher dans l'Éléphant, où l'axe de la trompe doit livrer passage à l'air. Les autres fibres sont longitudinales, et forment des faisceaux arqués, fixés par leurs extrémités à la membrane des tuyaux, et par leur sommet convexe ù la face interne du derme. 11 y a de ces faisceaux tout du long et tout autour de la trompe. De sorte que les flexions et les raccourcissements peuvent se faire partiellement ou en totalité, et dans telle partie qu'il plaît à l'animal; ce qui n'aurait pu se faire par des faisceaux continus depuis la trompe jusqu'aux os de la face. Deux sortes de nerfs animent cette trompe : l'un est une branche du nerf facial, et lui donne les mouvements respiratoires et physionomi(iues; l'autre est une branche de la cinquième i)aire, et lui donne la sensibilité et les mouvements purement volontaires.

La projection de l'eau par cette trompe dépourvue de fibres circulaires est assez diSicile à expliquer, puisque les tuyaux en sont incompressibles. L'animal ne pourrait que la pousser en soufflant; mais comment souffler en avalant, ce qui arriverait à l'Éléphant quand il boit?

Les Éléphants sont essentiellement herbivores, aussi leur estomac est très-ample quoique simple; leurs intestins sont très-volumineux, et leur cœcum est énorme. Les mamelles, au nombre de deux seulement, sont situées sous la poitrine ; le petit telle avec sa bouche et non avec sa trompe comme Bulfon l'avait imaginé, sans s'inquiéter beaucoup des observations anciennes et de la remarque d'Aristote.

Malgré les observations des anciens sur plusieurs différences morales et physiques, qui distinguent les Élé-

ÉLÉ

pliants (l'Afri(|ue des Eléplianls d'Asie, BulTon, Linné cl lous les nomenclateurs, n'avaient reconnu dans ce genre comme dans celui de l'Homme qu'une seule espèce. Et cependant quelques-uns des caractères dislinclifs allégués par les anciens étaient bien positifs. Ainsi, suivant un Scholiaste de Pindare, cité par Gesncr. Amintianus (Traité des Éléphants) avait remarqué que les mâles seuls ont des défenses dans l'espèce des Indes, et que les deux sexes en portent dans celle de Lybie et d'Ethiopie. Et Cosmas Indicopleustes (Montfaucon , Collect. JNo». Peli:, T. ii, p. 339) observe aussi ([ue les Éléphants des Indes n'ont pas de longues défenses; qu'au contraire ceux d'Ethiopie en ont de fort longues qu'on exporte sur rfes vaisseaux aux Indes, en Perse , dans le pays des Homérites , et par tout l'empire romain. Enfin, Camper, sans doute guidé par celte érudition judicieuse à laquelle nous devons le premier bon travail d'antiquités en zoologie, établit la première (lislinction péremptoire d'espèces parmi les Éléphants, sur la structure intime de leurs dents molaires. Cette différence consiste dans la forme et dans le nombre des lames verticales, qui constituent chaque dent, forme qu'on observe dans le germe même qui sert de moule i\ tous les reliefs, à tous les détails de configuration que doit offrir la dent achevée ainsi que nous l'avons montré pour toutes les classes de Vertébrés à notre article Deist.

Sur les germes des molaires de l'Éléphant des Indes, les lames ont leurs deux surfaces à peu près parallèles et simplement sillonnées sur leur longueur. Dans l'Éléphant d'Afrique, l'une des surfaces, et souvent toutes les deux, sont relevées par le milieu , dans toute leur hauteur, par une saillie ou arête anguleuse. Du reste, les sillons sont moins nombreux et moins profonds, d'où il suit que par l'usure, la coupe des lames, dans l'Éléplianl Indien , dessine des rubans transversaux , étroits, d'une largeur uniforme, et dont les bords, formés par l'émail, sont très-festonnés et rectilignes. Et comme à cause de ce renUement au milieu de leur travers, leslamesde l'Éléphantd' Afrique sont plus épaisses, il suit qu'il y en a moins pour une dent de même longueur. La différence est du tiers à la moitié. Cuvier n'a pas vu <le dent d'Afrique avoir plus de dix lames. Celles des Indes en ont jusqu'à vingt trois , et les fossiles vingt-quatre à vingt-cinq. En outre, les bords d'émail sont plus minces et moins festonnés dans les dents fossiles que dans les dents indiennes. Dans les dents fossiles, toutes les lames, ou presque toutes les lames étaient en activité à la fois, tandis qu'il n'y en a jamais plus de dix ou douze dans celles de l'Inde; enfin les dents fossiles sont absolument et proportionnellement plus larges que celles de l'Inde. Ces largeurs sont comme Om.OS ou Om.OO : à Om.OG ou O^iO".

Le tissu des défenses n'offre pas de différences sensibles d'une espèce à l'autre, mais leur grandeur et leur direction varient suivant les remarques déjù citées de quelques anciens. Cosmas avait déjà remarqué que c'était l'Afriiiue qui approvisionnait d'ivoire l'Inde et la Perse. La petitesse des défenses de l'Éléphant d'Asie est une considération d'autant plus importante que lous les auteurs anciens, sans exception, parlent de la

supériorité delaille de celte espèce sur celle d'Afrique qui a de grandes défenses dans les deux sexes. La femelle africaine , que possède le Muséum de Paris, en porte de plus grandes que pas un des Éléphants mâles des Indes vus par Cuvier. Suivant Corse (Trans. Philos. 1799), aucune femelle asiatique n'a de longues défenses : elles sont toutes petites et droites en bas, selon la remarque bien exacte d'Aristote (lib. ii, cap. o, Hist. Anim. ); et souvent elles sont si courtes qu'on ne peut les apercevoir qu'en soulevant les lèvres, ce qui explique l'expression d'Amintianus. De plus, continue Cuvier, il s'en faut bien que tous les mâles en aient de grandes. Suivant Tavernier (t. ii, p. 73), dans l'île de Ceylan, le premier né de chaque femelle en aurait seul. Et sur le continent, on distingue les Dauntelah à longues défenses des Moohiia. qui les ont très-courles et toujours droites. Wolfs (Voyage à Ceylan) dit même que. dans cette île, beaucoup de mâles n'en ont pas du tout, et se nomment Majatiis. Les plus grandes défenses asiatiques sont de l'Indochine où sont les plus grands Éléphants de celle espèce. A la côte de Malabar il n'y a pas de défenses de plus de quatre pieds de long, mesure d'Angleterre, suivant Pennant qui assigne dix pieds aux grandes défenses de Mozambique. On ne peut pas conclure le poids, des dimensions, parce que la cavité de la base peut être plus ou moins remplie. On ne peut non plus conclure la grandeur de l'animal de celle des défenses, dans la même espèce, parce que celles-ci croissent pendant toute la vie. Et nous avons vu qu'à égalité de taille, les défenses d'Afrique sont toujours plus grandes que celles d'Asie.

On ne peut savoir s'il y avait entre les sexes de l'Éléphanl fossile les mêmes différences de grandeur pour les défenses que dans l'espèce de l'Inde. On ignore aussi leurs limites en petitesse. Leurs limites en grandeur dépassent beaucoup celles des dents d'Afrique. La plus grande défense trouvée en Sibérie, et conservée dans le cabinet de Pétersbourg, tronquée aux deux bouts, a huit pieds de longueur, six pouces six lignes à un bout, et six pouces quatre lignes. Par cette petite différence de diamètre sur une telle longueur, on peut admettre que la longueur élait au moins double; enfin une défense observée à Yakutsk par Adams, avait quinze pieds de long et huit pouces huil lignes de diamètre à l'exlrémité alvéolaire.

La courbure est constamment plus grande dans les dents d'Afiique que dans celles d'Asie. Quelquefois cette courbure n'est pas régulière; il y en a en spirale, en forme d'S. Dans la plupart des défenses fossiles, la courbure est beaucoup plus forte que dans celles des Éléphants d'Afrique. Elle approche d'un demi-cercle ou d'une ellipse partagée par son petit axe. Telles sont, par exemple, les quatre défenses fossiles les plus entières que l'on connaisse : celle de Messerschmidl(/'/a«*. Phil. T. IX), celle de la cathédrale de Strasbourg, celle de l'église de Halle en Souabe et celle du cabinet de Stnttgard. Enfin, dans le squelette observé par Adams, déposé à Pétersbourg et figuré par Cuvier (loc. cit., pi. 12), la courbure est encore plus forte. Les défenses font presque le cercle ou l'ellipse entière. La pointe revient en arrière et même redescend un peu en se diri-

Ijcanl en même temps en deliors. Ces excès de coiirbnre formeril-ils un caraclfre spécifique ou dépendent-ils seulement du grand âge des individus? Plusieurs squekitcs entiers, conservanf des épiphyses malgré la grandeur des courbures, pourraient seuls décidercettc question. Il y a aussi des défenses fossiles contournées en spirale.

La longueur des alvéoles des défenses est triple dans un crâne fossile de ce qu'elle serait dans un crâne d'Asie ou d'Afrique, et la face triturante des molaires prolongées, au lieu de rencontrer le bord alvéolaire, couperait le tube de l'alvéole au tiers de sa longueur; à quoi correspondent les longueurs inverses de la mâchoire inférieure. Dans les Éléphants vivants, elle se prolonge en pointe; dans le fossile, au contraire, la mâchoire, vu le prolongement des tubes alvéolaires, a dû être tronquée en avant, sans quoi elle n'eût pu se fermer. Ces différences dans les proportions des crânes et delà mâchoire en nécessitaient une correspondante dans la trompe du fossile. Car, dit Cuvier, ou les attaches des muscles de la trompe étaient les mêmes, et alors la base de cet organe était trois fois plus grosse à proportion; ou ces attaches étaient différentes, et alors à plus forte raison la trompe était encore différente. Une occasion nouvelle d'observer un animal entier pourrait seule déterminer la forme positive. L'on voit donc que la différence du fossile avec l'Éléphant asiatique était beaucoup plus grande que celle de cette dernière espèce avec l'Éléphant d'Afrique. On verra dans leur description que les différences extérieures n'étaient pas moins prononcées que ne le sont celles des squelettes. Enfin, dans l'Éléphant fossile, les deux condyles du fémur ne sont séparés que par une ligne étroite, au lieu d'un large enfoncement qui se voit dans les deux espèces vivantes.

Il n'est donc pas besoin d'être analomistepour reconnaître que les espèces vivantes actuelles ne descendent pas de l'Éléphant fossile, et que ces deux espèces n'ont pu être primitivement une seule et unique espèce. Il est ainsi bien démontré qu'il existe trois espèces dans le genre Éléphant. Leur séparation est aussi bien établie par leurs limites géographiques que par celles de leurorganisation. L'Éléphant Indien ne paraitpas avoir jamais existé à l'est du fleuve Indus, et l'Éléphant africain hors de l'Afrique. L'Éléphant fossile n'habitait que le nord des deux continents.

Éléphant Indien. Elephas Indiens, Cuvier, Ossera. foss. T. I, p. 198, crâne, pi. 2, fîg. 2. — Phil en indoustani, en chaldéen, en syrien, en arabe, en persan, en égyptien, d'où Morphil dans l'Inde pour désigner l'ivoire, c'est-à-dire dent d'Éléphant; i\'E/phil, les Grecs d'Egypte firent Elphinos, puis Delphinos; Dosaie dans l'Yémen d'où Barrus employé chez les Latins depuis Horace jusqu'à Sidoine Apollinaire. — A crâne allongé, à front concave, à petites oreilles, à mâchelières marquées de rubans ondoyants. Cuvier a le premier, en 1795, 'signalé les caractères distinctifs des deux espèces vivantes, caractères d'autant plus importants qu'on peut les comparer sur des individus vivants, sans être obligé d'examiner leurs màchelières. Le sommet de la tète s'élève en une sorte de double pyramide dans l'Éléphant Indien, et est presquearrondi dans celui

d'Afrique. Ce sommet répond à l'occipital de l'IIommc. Son relèvement, si considérable dans les Éléphants, tient à la nécessité de surfaces suffisantes pour l'implantation presque perpendiculaire des muscles cervicaux, lesquels s'insèrent par leur autre extrémité aux apophyses dorsales dont la grande saillie contraste avec la brièveté ou même le défaut de celles des vertèbres cervicales dont le corps est en outre extrêmement mince. De cette minceur du corps des vertèbres cervicales, il suit que leur série forme un leviei' trèscourt, qui diminue d'autant la pesanteur de la léle. Aux caractères différentiels des espèces, que nous avons déjà donnés dans les généralités de cet article, nous ajouterons que la médiocrité des oreilles de l'Éléphant Indien le distingue encore mieux par son contraste avec leur énorme grandeur dans l'Éléphant d'Afrique. C'est à cette ampleur des oreilles que Cuvier a reconnu pour africains presque tous les Éléphants représentés sur les médailles romaines.

Dès la plus haute antiquité, cette espèce a été employée au service domestique et militaire par les peuples du continent indien et de ses îles. Justin et Diodore parlent des corps nombreux de ces animaux dont Sémiramis redoutait l'impression sur ses troupes dans ses campagnes contre les Indiens. Elle y avait cru pourvoir, comme cela a déjà été remarqué (Mémoire sur la patrie du Chameau à une bosse, Mém. du Muséum, T. x) en faisant construire des simulacres d'Éléphants portés sur des Chameaux. Au temps d'Alexandre, leur limite occidentale était au moins à l'est de l'Indus, car Strabon (liv. 15, chap. 2) dit que Seleucus Nicanor en reçut cinq cents du roi Sandrocottus, par convention matrimoniale, en échange d'une iirovince entière, située entre les monts Paro Pamise et l'Indus jusqu'à son embouchure. Si Seleucus eût pu s'en procuier dans cette partie la plus orientale de son empire, il n'eût pas cédé une vaste province à si bon marché, lui surtout qui devait être informé de tout ce qui concernait ces animaux, puisqu'il avait commandé en chef ceux de l'armée d'.Uexandre. A l'est elle parait habiter toute l'Indochine, les îles de la Sonde et des Célèbes. Elle existe aussi à Ceyian. Suivant ces contrées elle offre des variétés qui paraissent assez constantes pour la taille, la grandeur et la courbure des défenses. Selon Corse qui fut longtemps conservateur des Éléphants de la compagnie des Indes anglaises, la hauteur des femelles domestiques est communément de sept à huit i)ieds anglais, celle des mâles de huit à dix. Sur cent cinquante Éléphants employés dans la guerre contre Tippoo. il n'y en avait pas un de dix pieds anglais. Cependant on a vu des Éléphants Indiens beaucoup plus grands. L'Éléphant du Muséum de Pétersbourg a seize pieds et demi de haut. Il a été donné à Pierre l" par le roi de Perse. On a déjà vu plus haut, parla proportion des défenses, que ceux de l'Indochine sont plus grands que ceuxdel'lndostan. La peau est ordinairement d'un gris tacheté de brun. Il y a des Éléphants blancs ou Albinos, et cette variété a été longtemps, pour beaucoup de personnes, un sujet de doute; d'autres, sans vouloir absolument douter, ont attribué cette couleur à un simple état maladif. Le capitaine Low, dans une dissertation

sur les Éli'ptianls blancs du roi de Siam, qu'il a élé à inC'me d'observer, dit que l'on trouve aussi dans l'Arcliipel Indien un BufFalo blanc, de grande race, qui a son pelage d'un blanc blond ou mélangé de rougeâlre, et dont les Malais rejettent la chair comme malsaine. 11 dit ensuite : Un Élépliant blanc était, en 1825, dans les étal)Ies du roi; il venait d'être pris dans les montagnes de Laos; on en rencontre de même et assez habituellement dans le Camboye. Les Siamois vénèrent ces animaux, et lorsqu'on en prend un, les courtiers vont le recevoir et le congratuler sur son arrivée dans les États du sultan, où il est fêlé parun grand repas donné publiquement devant le palais.

Tout le monde connaît les récits que l'on a faits sur l'intelligence et la moralité de cet animal. On connaît aussi les diverses manières de le chasser, de l'apprivoiser et de le dresser au.x différents exercices. Nous ne parlerons que d'un seul fait relatif à ses mœurs. On avait dit qu'il ne produisait pas et même ne s'accouplait pas en domesticité; et cette opinion, déjà ancienne, sur laquelle on avait fait à cet animal une réputation de pudeur et de décence presque ou plus qu'humaines, avait surtout été accueillie par Buffon. Cependant, Elien, liv. 2, chap. 11, et Columelle, liv.3, chap. 8, dans des passages cités par Cuvier, affirment que l'Éléphant reproduisait à Rome de leur temps; et qu'entre autres la plupart de ceux qui parurent dans les jeux de Germanicus, sousTibère, étaientnés ù Rome. Ces faits viennent d'être vérifiés par Corse qui a réussi récemment îi faire produire l'Éléphant dans l'Inde.

Éléphant D'AFRiQtE. Elephus Jfricanus, Cuvier, Oss. foss., p. 198, crâne, pi. 4, f. 10 ; Naghc des Abyssins; Mansao, Manzo au Congo. — A crâne arrondi, à larges oreilles couvrant toute l'épaule, à raâchclières marquées de losanges sur leur couronne. — Cette espèce habite aujourd'hui l'Afrique, depuis le Cap jusqu'au Nigeretau Sénégal. Autrefois,et encore du temps de Pline, il habitait les forêts des plaines adjacentes à l'Atlas. Il en mentionne entre autres, liv. 0, aux environs de la ville et du fleuve de Sala et au sud des Syrles. Strabon , liv. 17, en place aussi dans la Maurusie. 11 était donc bien plus Ji la portée des Carthaginois de se procurer des Éléphants de leur pays que d'aller chercher des Éléphants indiens, comme quelques personnes l'avaient imaginé par le seul motif que les Nègres ne dressent pas d'Éléphanls, comme si l'incapacité des Nègres dans cet art prouvait celle des Éléphants de leur pays à être instruits. Et cependant on savait déjà, et Cuvier l'a démontré par le rapprochement de plusieurs passages de Polybe, d'Appien, et par l'inscription de Ptolémée-Evergèle à Adulis, que les Éléphants dont se servirent les rois d'Egypte, dans leurs guerres contre les Séleucides, étaient africains, puisqu'ils venaient d'Ethiopie et du pays des Troglodytes. Agatharchides, cité liar Photius, dit que Ptolémée-Philadelplic établit des chasses régulières d'Éléphants en Ethiopie. A ces preuves nous ajoutons que saint Jérôme, dans ses Commentaires sur Daniel, fixe ù quatre cents le nombre que le troisième Plolémée en entretenait, et dit que ce fut pour servir d'entrepôt et de quartier général aux troupes employées à leur chasse qu'il bûtit Ptolémaïs Therou.

A ces résultats de critique historique, déjà établis par l'illustre Cuvier dans son histoire des Ossements fossiles, nous ajouterons qu'avant l'exemple des Ptolémécs dont le chef de la dynastie en rapporta l'usage des expéditions d'Alexandre, les Carthaginois paraissent ne s'en être pas servis. Car Polybe, si attentif observateur de tout ce qui concerne les ressources industrielles et militaires des pays dont il fait l'histoire, n'en parle pas dans les guerres qu'ils soutinrent contre Timoléon et Agalhocle, tandis qu'il les mentionne dans la première guerre de Sicile contre Iliéron, successeur d'Agathocle. Enfin nous pouvons prouver que les Carthaginois dressaient eux-mêmes leurs Éléphants. Par un passage d'Appien (Bell, punie.) sur la commission donnée à Asdrubal d'en aller prendre, lorsque Scipion l'Africain était à la veille de descendre en Afrique, et sur la rapidité avec laquelle Asdrubal exécuta cette chasse, Cuvier avait déjà établi que les Éléphants des Carthaginois étaient africains et qu'ils n'allaient pas les chercher si loin que l'Ethiopie. A quoi nous ajoutons que Polybe (liv. M) etTite-Live (liv. 30) citent, parmi les articles du traité de paix, qui termina la seconde guerre punique, la condition que les Carthaginois ne dresseraient plus d'Éléphants. Les Carthaginois ne les recevaient donc pas tout dressés.

Suivant Végèce, liv. 3, leur usage dans les armées romaines, où ils furent employés contre les rois de Macédoine et de Syrie, cessa presque entièrement après la guerre de Jugurlha. Polyœnus, liv. 4, dit qne les Éléphants des Romains, dans la guerre contre Persée, étaient moitié africains, moitié asiatiques. Les guerres contre les Perses en firent sans doute reprendre l'usage, car au temps de Sévère (\'alère-Maxime, liv. 9, chap. ô) les armées impériales en avaient encore trois cents. Il ne parait pas que leur usage ait continué en Occident après le troisième siècle. 11 cessa aussi un peu plus tard en Orient. Sous Justinien, suivant Cosmas Indicopleustes {loc. cit.), on ne savait même plus les dresser en Abyssinie. Or, d'après ce que nous a dit Caillaud, il paraît que l'Éléphant d'Afrique avait été dressé, par les Éthiopiens, au service domestique et militaire avant l'époque des Lagides : car il a vu sur les temples et les monuments du Sennaaret de l'Ethiopie, que tout indique antérieurs de beaucoup à celte époque , des représentations de cet animal, équipé de harnois, monté par des hommes, et chargé de fardeaux.

Nous avons vu plus haut, d'après un passage de Cosmas, que de son temps c'était d'Élhiopie que l'on exportait l'ivoire employé par les arts et le commerce, dans l'Inde, en Perse et dans l'empire romain. Telle était l'abondance de l'ivoire à Jérusalem , au temps du prophète Amos, (|ue les maisons et les meubles des particuliers en étaient décorés (Amos, chap. 5, vers. 15, et chap. 16, vers. 4). Or, il n'est pas parlé d'ivoire dans la Bible avant Salomon {Rcg., lib. 1, cap. 10, fe>s. 28, et Psaiin., 43, vers. !)). Cette profusion de l'ivoire chez les Juifs après Salomon , lorsqu'il est bien certain que la plus grande partie de l'ivoire employé dans les arts est toujours venue d'Afrique même aux Indes, est une nouvelle preuve de la position en Afrique, de cet Ophir où Salomon commerçait, D'après le grand nombre d'É-

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lé|iliaiils africains reprùsenlés sur les médailles romaines, il parail que la plupart de ceux que Rome employait étaient d'Afrique. Il était en efïet plus commode de les tirer d'Afrique, surtout sous les empereurs, vu les difficultés que les guerres avec la Perse auraient mises à ce qu'on en pût tirer de l'Inde. Ce fut avec des Éléphants africains que Suetonius Paulinus avait ramenés de son expédition vers le Sénégal, qu'Aulus Plautius acheva, sous Claude, la conquête de la Bretagne.

On vient de voir l'histoire de l'Éléphant fossile se lier à l'histoire des révolutions de la terre et leur servir de monument, et les Éléphants d'Afrique et d'Asie prendre part aux révolutions des empires. Ces grands traits de leur histoire frappent au moins autant l'imagination que tous ces contes exagérés surle caractère, les mœurs et l'industrie des Éléphants domestiques ou sauvages. Tout le monde connaît ces contes ou ces exagérations qu'il est au moins inutile de copier ici. Observons seulement que tout ce que BufFon a dit en outre du mode extraordinaire de leur accouplement et du mécanisme plus extraordinaire encore par le(|uel le petit Éléphant aurait été forcé de teter, n'a pas le moindre fondement; qu'enfin la prétendue impossibilité de produire en domesticité, admise par le même écrivain, ne porte que sur des essais mal faits, récemment démentis par les succès qu'a obtenus Corse dans l'Inde, et qu'obtinrent autrefois les Romains. Voici le complément de celte histoire.

ÉLÉPHAriT FOSSILE. Elepluis piimigetiins, Blumenb., Mammouth des Russes; Cuvier (Ossements fossiles, t. v, p. 199, pi. 11). A crâne allongé, à front concave, à trèslongues alvéoles des défenses, à mâchoire inférieure obtuse, à mâcbelières plus larges, parallèles, et marquées de rubans plus serrés. Cette espèce n'existe qu'à l'état fossile.

Dans tout le nord de l'Asie, les excavations faites par l'homme, les éboulements, les érosions causés par le cours et le débordement des eaux , découvrent tant d'ossements et même de squelettes de cette espèce, que les habitants de la Sibérie, de la Mantchourie et de la Chine ont forgé des fables pour expliquer ce singulier phénomène. Les Sibériens croient que tous ces débris proviennent d'un animal souterrain , qui ne peut voir impunément la lumière du jour, et qu'ils nomment Mammouth , du mot Mamma qui signifie Terre. Les Chinois rapportent la même fable de leur prétendu Tien-Schu, et les Manlchous de leur Fin-Schu. Il ne se trouve, disent-ils, que dans les régions froides, aux bords du fleuve Tai-Tunn-Gian, et plus au nord, jusqu'à la mer Boréale : il ressemble à une Souris, mais est aussi grand qu'un Éléphant; il craint la lumière, et se tient sous terre, dans les grottes obscures. Pour que tous ces peuples se soient accordés dans l'invention de cette fable, il faut que les faits qui en ont fourni le sujet soient bien multipliés et aient été connus dès la plus haute antiquité, puisque cette fable se trouve dans un livre chinois du cinquième siècle avant J.-C. {r. Klaprolh, Mém.) Aussi n'est-il, dit Pallas [loc. cit.), dans toute la Russie asiatique, depuis le Don jusqu'à l'extrémité du cap des Tchutchis, aucun fleuve, aucune rivière, surtout de ceux qui coulent dans les plaines, sur les rives ou dans le lit duquel on n'ait trouvé quelques

os d'Éléphant. Les contrées élevées, les chaînes primitives et schisteuses en manquent au contraire aussi bien que de pétrifications marines, tandis que les pentes inférieures et les grandes plaines limoneuses et sablonneuses en fournissent partout aux endroits où elles sont rongées par les ruisseaux et les fleuves ; ce qui implique qu'on n'en trouverait pas moins dans le reste de leur étendue. Les os sont généralement dispersés, et ce n'est que dans un petit nombre de lieux qu'on a trouvé des squelettes complets. Les couches où ils se trouvent sont remplies de corps marins, tels que des Coquilles, des dents de Squales, etc. Mais ce qui est beaucoup plus frappant, c'est (|u'on a assez fré»iuemment trouvé des ossements où tenaient encore des parties molles, des lambeaux de chair. Isbrand-ldes (dans Corneille LeBruyn, in-folio) parle d'une tête dont la chair était corrompue, et d'un pied gelé, et Muller parle d'une défense dont la cavité était encore remplie de son germe dans un état semblable à du sang caillé. Enfin, et ce qui décide de l'habitation ancienne de cette espèce, dans les lieux où on en trouve les débris, deux Éléphants entiers ont été trouvés près de la mer Glaciale. A quoi il faut ajouter que partout où l'on trouve des ossements, ils ont conservé parfaitement leurs arêtes, leurs saillies, les moindres reliefs de leurs contours, et même leurs épiphyses pour ceux dont l'ossification n'était pas terminée, quoique la moindre secousse sur un squelette frais suffise pour détacher ces épiphyses. Tout cela nécessite l'enterrement de ces débris de cadavres ou de squelettes sur le lieu même ou à une trèspetite distance du lieu où mourut l'animal. Car si les eaux, comme on l'a supposé (et l'imagination n'a su concevoir d'autre cause de déjilacement), avaient entraîné ces cadavres, ces squelettes, ces ossements d'Éléphants entiers ou en débris, ils eussent été roulés, usés par les frottements qui ont si promptement arrondi les cailloux quartzeux de nos rivières. A plus forte raison les cadavres eussent ils été démembrés et bientôt putréfiés. Or, l'Éléphant trouvé glacé à l'embouchure de la Lena , avait dû être saisi par la glace au moment même de la mort ou très-peu après, comme on va le voir par le récit de la découverte de ce cadavre entier. En 1799, un pêcheur tungouse remarqua sur les bords de la mer Glaciale, dans une niasse de glace, un bloc informe. L'année suivante, ce bloc n'était pas encore assez dégagé pour qu'il en reconnût la nature. L'été d'après, le flanc tout entier de l'animal et une de ses défenses étaient à découvert. Enfin, au bout de cinq ans, le bloc, débarrassé par une fonte des glaces plus rapide que de coutume, vint échouer à la côte. En 1800 seulement, Adams, alors à Yakutsk, apprit cette découverte, et se rendit sur les lieux où il trouva l'animal déjà fort mutilé. Les Yakoutes du voisinage en avaient dépecé les chairs pour nourrir leurs chiens, et les bêtes féroces en avaient aussi mangé. Néanmoins le squelette était encore entier, à l'exception d'un pied de devant. L'épine du dos, une omoplate, le bassin et trois membres étaient encore réunis par leurs ligaments et des portions de peau. La tête était couverte d'une peau sèche. Une des oreilles, bien conservée, était garnie d'une toufife de crins. On distinguait encore la prunelle de l'oeil; le

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cerveau desséclié exislait dans le crâne. Le cou était j;arni d'une longue crinière; la peau était couverte de crins noirs et d'une laine ou bourre rougeâtre; ce qui en restait était si lourd, que dix personnes eurent peine à le transporter. On retira en outre plus de trente livres pesant de poils et de crins que les Ours blancs avaient enfoncés dans le sol humide en dévorant les chairs. Les parties génitales mâles existaient encore. La tête, sans les défenses, pesait plus de quatre cents livres. Tous ces débris et les dents incisives, achetés à Yakutsk par Adams, ont été rapportés, et existent au Muséum de Pétersbourg. Des faits aussi bien constatés, dit Cuvie», ne permettent plus de douter de témoignages antérieurs et subséquents sur des restes de parties molles de Mammouth, et même sur d'autres cadavres entiers conservés, soit dans la glace, soit dans la terre gelée. Sur les bords du Vilhoui, un phénomène du même genre a été observé. Près de son confluent dans la Lena, un Rhinocéros également entier a été découvert, en 1771 , gelé dans le sable, avec ses chairs, sa peau et son poil. Sur les bords de l'Alaseia qui se jette dans la mer Glaciale, à l'est de l'Iiidigirska, un autre Éléphant tout entier fut découvert par Sarytschew (Voyage au nord -est de la Sibérie). 11 était debout et couvert de sa peau encore pourvue de longs poils. Une érosion du Heuve l'avait dégagé. Enfin on possède au Muséum de Paris un morceau de peau et des mèches de crins avec des flocons de laine d'un troisième Éléphant trouvé entier sur les bords de la mer Glaciale (Tilesius, Mém. de l'Acad. des Scienc. de Pétersbourg, T. v).

L'existence de ces cadavres sur les bords de la mer Glaciale n'est pas le seul témoignage de l'antique habitation de cette espèce sur les plages sibériennes. Quelques îles de cette mer, situées vis-à-vis les rivages où gisaient ces cadavres, sont si remplies de leurs débris, que le rédacteur du voyage de BiUings, en parlant de l'une d'elles de trente-six lieues de long, s'exprime ainsi : Le sol est un mélange de sable, de glace et d'ossements de Mammouth, de cornes et de crânes de Buffle (y. Boeuf) et de quelques cornes de Rhinocéros.

A peu près sous la même latitude, dans l'entrée découverte par Kotzebue au nord-est du détroit de Bering et par delà le cercle polaire, il y a une pareille île de glace et de sable également pétrie d'os d'Éléphants. Aussi l'ivoire fossile y est-il commun , et les naturels l'emploient à divers ouvrages aussi bien que les dents de Morse de Cachalot (Kotzebue, Voyag. Tom. iii, p. 171).

On n'a pas encore trouvé d'os fossiles d'Éléphants en Asie plus au sud que la mer d'Aral et les bords du Jaxartes. En Amérique, sur les bords de la rivière de Cuivre, de l'Ohio, de la Susquehannah, et dans la Caroline, on a trouvé des défenses, des molaires et des ossements de cette espèce. Dans le nord-est de l'Amélique, ces débris accompagnent ceux de Mastodonte. 11 y en a un immense dépôt enlre autres dans le Kenlucky, à trente -si.'i milles du confluent de l'Ohio, et ù quatre milles du Heuve. Les os s'y trouvent dans la vase et dans les bords du marais au plus à quatre pieds de profondeur. On en a trouvé aussi en Virginie dans des gisements pareils. On les retrouve avec ceux de Mas-

todontes jusque sur les bords du golfe du Mexique, et Uumboldt a rapporté de Hue-Huetoca, près de Mexico, des lames séparées de molaires très-grandes, semblables à celles de l'Éléphant de Sibérie. Si l'on ajoute a ces observations que la France, la Belgi(iuc et l'Italie en possèdent aussi dans les mêmes terrains d'alluvion où se retrouvent les Buffles, les Uippopotames, etc.; qu'en Angleterre la caverne de Kirkdale, remplie d'ossements d'Hyènes, d'Hippopotames, de Buffles, renferme aussi des restes d'Éléphants, on verra clairement que celte espèce a peuplé tout le nord du globe, qu'elle y était contemporaine des Hippopotames, des Rhinocéros, des Buffles fossiles, des Hyènes, des Mastodontes, etc. (y. ces mots); qu'elle habitait des sites analogues à ceux qu'habitent aujourd'hui les espèces vivantes, c'est-à-dire les forêts unies des plaines et le bord des fleuves, et point les montagnes ni les plateaux élevés; qu'enfin elle était plus nombreuse dans les grandes plaines qui s'inclinent vers la mer Glaciale, et que le climat de ces régions n'était guère différent de ce qu'il est aujourd'hui, puisque cet Éléphant élail pourvu d'une fourrure aussi capable de le protéger contre le froid que pas un animal actuel de ces mêmes contrées; on en conclura qu'une cause subite a éteint sa race par la même grande et universelle révolution qui détruisit toutes les espèces contemporaines.

ÉLÉPHANT. POIS. L'un des noms vulgaires du Centriscus Scolopax. V. Centrisque.

ÉLÉPHANT DE MER. mam. Nom impropre et vulgaire donné au Phoque à museau ridé et au Morse. V. ces mots.

ELEPHANTIS. bot. Synonyme de Cocotier.

ÉLÉPHANTOPE. ElepUantopus. bot. Genre de la famille des Synanthérées, Corynibifères de Jussieu, et de la Syngénésie sépaiée, établi par Vaillant, et adopté par Linné et par tous les botanistes modernes. H. Cassini en a séparé plusieurs es|)èces, pour en former le genre Distreptus ( K. ce mol) dont il diffère par l'aigrette et par l'inflorescence. Les caractères qu'il assigne au genre Elephantopus sont à peu près les suivants : calathide sans rayons, composée de fleurons égaux, au nombre de quatre, réguliers et hermaphrodites; involucre cylindracé, composé de huit écailles lancéolées, acuminées , appliquées , coriaces, membraneuses, opposées par paires disposées sur quatre rangs; réceptacle nu; ovaires oblongs, comprimés, hérissés, marqués de dix côtes, et surmontés d'aigrettes composées de cinq petites écailles filiformes, soyeuses et dont la base est élargie , laminée , ovale et frangée. Dans ce genre, les calathides sont réunies en capitules solitaires à l'extrémité de longs pédoncules; elles ne s'y développent que successivement, et sont sessiles sur une sorte de réceptacle (Calati|)hore de Cassini) hérissé de poils et entouré de trois grandes bractées foliacées et cordiformes. La place que Cassini assigne à ce genre, au milieu de la vaste famille des Synanthérées, est la tribu des Vernoniées. Au moyen de la distinction du genre Distreptus qui, à la vérité, n'est pas admis par d'autios auteurs, les Elephantopus sont réduits à un petit nombre d'espèces. V Elephantopus scaber, L., est la seule que décrive Cassini. Cette plante habite les Indes Oricii

laies où ou la nomme ^noschovadi. Elle est herbacée, à tige dressée, rameuse, hérissée, à feuilles sessiles alternes, amplexicaules, ovales et oblongues. VElephantopus toiiienlosus de Linné n'est regardé par Laniarck que comme une variété de la précédente espèce. Willdenow en a décrit une autre espèce sous le nom de Carolinianits, que Swartz et Michaux ont confondue avec VElephantopvs scaber de Linné.

ÉLÉPHANTOSIDE. Elephanlosis. bot. Genre de la famille des Synanthérées, établi parLesson, et dont les caractères se rapportent entièrement à ceux du genre précédent, si ce n'est que les aigrettes ont deux rangées d'écaillés très-étroites et dressées, et que les capitules sont rassemblés en épi serré, près du sommet de la tige. Les espèces placées dans ce genre par Lesson et De Candolle sont ; Elephantosis atif/usli/'olia, Elephuntosis bifloia, Elephantosis quadriflora, toutes trois du Brésil.

ELEPHANTDSIA. bot. Nom substitué par Willdenow à celui de Phytelephas, créé par Ruiz et Pavon. Les botanistes ayant admis celui qui avait la priorité, nous y renvoyons, y. Phytelepbe.

ELEPHAS. MAM. /'. ÉLÉPHAST.

ELEPHAS. BOT. Le genre que Columna nommait ainsi etqueTournefort avait adopté, a été réuni par Linné au Rhinanihiis. l' . Ruijjantde.

ÊLEPHASTOME. Elephastomus. iivs. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides, établi par Mac- Leay dans son Nord Enlomolog. 1, p. 121, pour y placer le J'faraftfews piohoscideus de Schreiber. Caractères : massue des autennes grande, orbiculaire, entièrement enveloppée par le premier et le dernier feuillet; chaperon dilaté de chaque côté et prolongé en devant, dans leur milieu, en une lame presque carrée, plus épaisse et fourchue au bout. Ce genre est en outre remarquable par la longueur des palpes maxillaires qui est presque triple de celle des labiales ; menton profondément échancré ; mandibules dentées à leur extrémité.

ÉLETTARIE. Elellaiia. bot. Genre de la famille des Zingibéracées, qui a pour type une plante décrite par Rhéede et observée par lui dans l'Inde. Caractères : calice tubuleux, tridenté; tube de la corolle allongé, filiforme ; son limbe est divisé en six segments inégaux dont deux des trois extérieurs, les latéraux, sont plus larges que l'intermédiaire; les divisions intérieures latérales sont plus petites, denliculiformes; labelle trèsgrand, étendu; filament plan, entier, troncato-émarginé, portant à son sommet une anthère mutique, à deux loges distinctes, s'ouvranl latéralement; ovaire infère, triloculaire, conlenant plusieurs ovules horizontaux, analropes, attachés à l'angle central; le style est filiforme, traversant les loges de l'anthère et les surmontant; il est couronné par un stigmate infundibulaire; la capsule est à trois loges et à trois valves.

ÈLElSlî\É. Elctisine. bot. Famille des Graminées, section des Chloridées , Triandrie Digynie, L. Genre composé d'un petit nombre d'espèces autrefois placées parmi les Crnosnius, et offrant des épis digités et terminaux, dont tous les épillels sont unilatéraux. La lépicène est à deux valves inégales, carénées, muliques.

contenant de trois à sept Heurs. La glume se compose de deux paillettes mutiques, l'extérieure plus grande , embrassant la seconde, fortement carénée sur son dos, terminée en pointe mousse à son sommet; l'intérieure un peu plus étroite, plus mince, offrant souvent une crête longitudinale, saillante sur chacun de ses côtés, et roulée autour du pistil et des étamines. La glumelle est formée de deux paléoles oblongues, obtuses, minces et membraneuses. Les étamines, au nombre de trois, ne présentent rien de remarquable. L'ovaire est ovoïde . surmonté de deux styles distincts, terminés chacun par un stigmate en forme de pinceau. Le fruit est plus ou moins globuleux, enveloppé par les écailles Avales, Ce genre est assez voisin des Cynosiirus et des Chloris. 11 se dislingue du premier par l'absence de cette réunion de bractées, qui accompagne chaque épillet, et du second par ses fleurs toutes heimaphrodites, ses épillets multiflores et mutiques.

L'une des espèces les plus remarquables de ce genre est le Coracan, Eleusine Coracana, Lamk., 111. t. 48, f. I, Cynosurus Coracanns, L. Cette Graminée est originaire de l'Inde où elle est cultivée. Son chaume s'élève à la hauteur de deux à trois pieds, il est noueux et un peu comprimé. Ses feuilles sont allongées, assez larges, pubescentesà leur face inférieure, assez roides ; leur gaine est comprimée et poilue sur ses bords. Les épis, réunis au nombre de trois à cinq, sont digités au sommet de la tige, leur axe est comprimé, plan. Tous les épillets sont unilatéraux, contenant souvent jusqu'à huit fleurs. Les fruits sont presque globuleux, de la grosseur d'un grain de Millet. Dans l'Inde ils servent de nourriture à la classe indigente et sont d'une trèsgrande ressource quand la récolte du Riz a manqué. Les autres espèces de ce genre croissent en Amérique, dans l'Inde et à la Nouvelle-Hollande.

ÉLEUTHERANTHÈUE. Eleniheranlhera. bot. Poiteau a établi, sous ce nom, un nouveau genrg de la famille des Corymbifères , auquel il donne pour caractères distinctifs ; un involucre simple, composé decin<| folioles ; un réceptacle couvert d'écaillés minces, ciliées au sommet, et portant de quatre à neuf fleurons hermaphrodites dont les anthères sont distinctes, caractère fort extraordinaire dans une Synanthérée. Les fruits sont hérissés de glandes et couronnés. Une seule espèce compose ce genre, c'est YEletitherantUera ovalifolia qui est originaire de Saint-Domingue. Ce genre, encore fort imparfaitement connu, n'a point été adopté par De Candolle.

ÉLEUTIIERATES. Eleiitherata. 1RS. Fabricius, dont le système enlomologique était spécialement basé sur les modifications des parties de la bouche, a appliqué ce nom tiré du grec, et qui signifie ^e rends libre, A une grande division d'Insectes (les Coléoptères) qui, tous, ont les mâchoires libres en dehors, et nullement recouvertes d'une galette comme dans ses l Uinales (Orthoptères des auteurs). Les Éleulherates ont pour caractères : bouche munie de mâchoires et d'antennes; antennules articulées. cornées, souvent au nombre de quatre; les antérieures insérées au dos des mâchoires , et les postéiieures à la lèvre ; quelquefois six antennules : les deux antérieures plus courtes, appuyées sur

la milclioire; les liilerraédiaires insérées au dos dès mAclioires et les postérieures à la lèvre; chaperon liorizontal, corné, arrondi, couvrant supérieurement la bouche; deux mandibules transversales, cornées, mobiles, renfermant supérieurement les côtés de la houclie; deux mâchoires libres, transversales, souvent raembianeuses, comprimées, renfermant inférieureracnt les côtés de la bouche; lèvre inférieure libre, cornée ou membraneuse, renfermant la bouche en dessous; antennes insérées entre les yeux.

Fabricius établit six grandes coupes comprenant cent quatre-vingt-un genres; elles sont basées sur les modifications suivantes des antennes : 1» en masse lamellée; 2» en masse perfoliée; ô» en masse solide; 4" moniliformes; 3° filiformes; 6» sétacées. V. Coiéoptères. ÉLEDTHERIE. Eleutheria.wv. (i>/0!(sses.) Le genre ainsi nommé par Beauvois est le même que le Neckera. F. Neckère.

ÉLEUTHEROPODES. pois. C'est-à-dire pied libre. Famille formée par Duméril, dans sa Zoologie analytique, et qui comprend les genres Échénéide, Gobiomoroide et Gobiomore. f^. Rémora et Godie.

ÊLEDTHEROPOMES. pois. C'est-à-dire opercide libre. Ordre et famille établis par Duméril dans l'ouvrage précité, et qui répondent à peu près aux Stritionicns de Cuvier. Les genres Pégase, Esturgeon et Polyodon viennent conséquemment s'y ranger, f^. ces mois.

ÉLl. EÛT. Synonyme vulgaire de Lis blanc , Liliitm candidum. V. Lis.

ÉLICHRYSE. Elichrysuni. bot. Pour Hélichryse. y. ce mot.

ÉLIDE. £■/(■«. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, fondé par Fabricius (Syst. piezat., p. 24), comprenant plusieurs mâles de Myzines et de Scolies. F. ces mots. Le corps des individus de ce sexe est trèsélroit, ce qui les avait fait regarder par Fabricius comme un genre distinct. L'erreur dans laquelle il est tombé est une nouvelle preuve de l'importance qu'on doit donner à l'étude des mœurs et à celle des sexes. ÉLIDE. LOT. Synonyme de Smilax. y. ce mot. ÉL10C.\R1M0S. BOT. Synonyme d'Ornilogale ombelle. ÉLIONORE. Elionurus. bot. Willdeuow ayant eu en communication une partie des plantes rapportées de l'Amérique par Humboldt et Bonpland, avait constitué un genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., sur une plante indigène de la province de Caraccas , et à laquelle il avait donné le nom à'Elyonurus tripsacoides. Réformant la description et rorthograi)he du nom de cette plante, Kunlh {Nov. Gêner, et Spec. Plant, œquinocl. 1, p. 192) établit ainsi les caractères du genre Elionurus : deux épillets uniflores, dont l'un est hermaphrodite et scssile, l'autre mâle et pédicellé; l'épillet hermaphrodite a les deux valves extérieures coriaces, les deux paillettes intérieures [glumes, Rich.) membraneuses et mutiques , deux écailles hypogynes, trois étamines , deux styles , des stigmates en forme de peignes. Ce genre, selon Sprengel, est le même que VAnalheritm de Beauvois; ses paillettes mutiques le distinguent de VAndropogon dont il est d'ailleurs Irès-rapproché. Ses espèces

sont au nond)re de deux, décrites et figurées avec soin par Kunlh {/oc. cit. ,is.h. 02 etCô) sous les nomsd'£'//otiunis tripsacoides el Elionurus ciliaris. Elles croissent dans la république de Colombie, ci-devant royaume de la Nouvelle-Grenade, près de Mariquila, et dans les forêts qui avoisinent l'Orénoque, près d'Émeralda. Ce sont des Graminées touffues, rameuses, exhalant une odeur aromatique qui ressemble à celle de la Térébenthine. Leurs feuilles sont linéaires, planes; leurs épis solitaires au sommet du chaume et articulés. ELITIS. BOT. /'. Helzike.

ELLÉANTHE. EUeanthus. bot. Famille des Orchidées. On trouve dans les descriptions et figures des plantes recueillies dans l'Amérique par le docteur Thadeus Ilaenke et publiées par les soins du Musée de Bohême, un genre établi sous ce nom, comprenant deux espèces péruviennes, EUeanthus linifolius et ^WeaM/ZiMs/odcf/b/fifs, quele professeur Lindiey a ciu devoir réunir au genre Isochiies. y. ce mot. ELLEBORASTER. bot. y. IIelleboraster.

ELLÉBORE, bot. Pour Hellébore, y. ce mot. ELLÉBORINE. bot. /". Heuéborise.

ELLESCUS. iPiS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Charansonites, établi par Megerle aux dépens du grand genre Charanson ; caractères : antennes médiocres et minces, composées de douze articles dont les deux premiers sont obconiques et les cinq suivants perfoliés;la massue est ovale; trompe allongée, forte et faiblement inclinée; yeux latéraux, arrondis et peu proéminents; corselet rétréci antérieurement et tronqué postérieurement; élytres ovales-oblongues, avec les angles huméraux obtus. Les principales espèces sont le Ciirculio scaninus, Fab.; Ciirculio Carpini, Fab.; Ellescus sericcus, Meg. Les deux premières sont de Suède et la troisième propre à l'Autriche. Le baron Dejean (Catal. des Col.) en mentionne huit espèces, toutes propres a l'Europe.

ELLIOTTIA. BOT. Genre de la famille des Éricinées et de l'Oclandrie Monogynie, L., établi par Muhlenberg et adopté par Nutlal (Gêner, of Aorlh Amer. Plants, X"' vol. addit.) qui l'a ainsi caractérisé : calice infère, à quatre dents; corolle à quatre divisions profondes ; stigmates en massue; capsule quadriloculaire. Ce genre est très-voisin du Clelhra dont il diffère surtout par le nombre des parties.

La plante qui le constitue est un arbrisseau de l'Amérique du Nord, dont les branches sont effilées, garnies de feuilles alternes et entières. Ses fleurs sont disposées en grappes terminales.

ELLIPSOÏDE. Ellipsoidetis. Quand le diamètre longitudinal atteint une fois et demie à deux fois au plus , le diamètre transversal , et que la masse s'arrondit également et insensiblement du milieu aux deux bouts qui sont obtus, la forme est dite ellipsoïde; si l'on coupe longiludinalement un organe ainsi conformé, les plans qui en résultent sont elliptiques.

ELLIPSOLITHE. Ellipsolithcs. moil. Ce genre proposé par Montfort est un démembrement des Ammonites; il en présente tous les caractères, si ce n'est qu'il s'enroule sur un plan ovale au lieu de le faire sur un

plan circulaire. On avait cru d'abord que c'était une véritable Ammonite qui, ayant été pressée dans les couches delà terre, avait pris accidentellement cette forme; mais comme il y en a plusieurs espèces distinctes , ce que Crongriiart a mis hors de doute dans la Géologie des environs de Paris (pi. 7, fig. 1,2), il est possible de les regarder comme une des anomalies nombreuses qui se remarquent dans la famille des Ammonées, et non comme un accident piopre à des espèces indéterminées. Comme ce genre ne repose que sur ce seul caractère de la forme elliptique, nous pensons qu'il n'est point suffisant pour constituer un genre, et que celui-ci devra rentrer parmi les Ammonites dont elles feront une petite section.

ELLIPSOSTOMÉS. Elllpsostomata. moli. Dans le tableau conchyliologiquc inséré à la suite de l'article CoKcnYLioLOGiE du Dictionnaire des sciences naturelles parElainvilIe, nous voyons celle expression appliquée à toutes les espèces de Coquilles qui ont la bouche ou l'ouverture entière, ovale, dans un sens ou dans l'autre.

ELLIPTIQUE. £■«(>//€"«. Se dit d'une surface plane, dont la circonscription est, pour ainsi dire, un cercle, avec les deux côtés opposés également comprimés et par conséquent allongés, de sorte que les deux extrémités de cette surface sont également larges et arrondies.

ELLISIE. Ellisia. bot. Genre de la famille des Borraginées. et de la Pentandrie Monogynie, institué par Linné et adopté par Jussieu, Lamarck et Ga?rtner fils, qui l'ont ainsi caractérisé : calice à cinq divisions profondes, ovales, aiguës et étalées; corolle infundibuliforme, presque campanulée, plus petite que le calice, à cinq divisions obluses; cinq étamines non saillantes, insérées à la base de la corolle; stigmate bifide; fruit capsulaire, enveloppé par le calice qui s'est accru, coriace, rempli d'une pulpe dans laquelle sont logées les graines, uniloculaire et bivalve (d'après Gaertner fils), quadriloculaire avant la maturité, ensuite simplement biloculaire ou même presque uniloculaire par l'effet du dessèchement et du retrait d'une partie de ses cloisons (Lamk., Dict. Encycl.). Cette pulpe (ou conceplacle sérainifère) est produite par l'accroissement du réceptacle après la maturité. Les graines sont au nombre de deux dans chaque loge, et placées l'une sur l'autre. GfErtner fils {Caipologia, p. 53) ajoute qu'il y a une identité presque parfaite entre le fruit de VEUisia et celui de VHxdrophyUum , autre genre de Borraginées près duquel Jussieu l'avait placé. La plante qui a servi de type au genre Ellisia avait d'abord été placée dans le genre Polemonium, par Linné qui lui conserva le nom spécifique de Nyvielea, quand il l'en eut séparée (Mantiss. 330, A'o». Act. Upsal. T. i, p. 97, t. 3). Elle a une tige herbacée, fragile, dicholome, très-rameuse et couchée; des feuilles alternes, pétiolées, pinnatifides, à découpures aiguës et marquées d'une dent de chaque côté, en un mot presque semblables à celles de VHydrophyllum. Les fleurs, dont la corolle est blanche, tachetée de petits points pourprés, sont penchées et solitaires au sommet de longs pédoncules. Cette plante est indigène du nord de l'Amérique , et principalement de la Virginie. Kuttal [Gênera of North Amer. Plant. T. I, p. 118) en décrit une seconde espèce qui croit sur

■i DICT. DES SCIENCES JiAT.

les bords du Missouri et à laquelle il donne le nom à^Ellisia ambiyna.

Quant à VEUisia acuta de Linné {/Imœn. Acad. 5, f. 400) et de P. Browne (Jatn., 262), elle a été, avec raison, réunie au genre i>M;a«to par Jacquin etWiUdenow. f^. Dcraivte.

ELLOBE. Ellobiim. eot. Genre de la famille des Scrophularinées, institué par le docteur Blume qui lui a reconnu pour caractères dislinclifs : un calice ù cinq divisions égales; une corolle infundibulaire, à limbe bilabié, dont la lèvre supérieure est rétuse et l'inférieure plus grande et à trois lobes inégaux , l'intermédiaire étant plus étroit; étamines au nombre de quatre, didynames, exserles anthères; à deux loges réunies et muliques; stigmates obtus, émarginés; capsule siliquiforme, subulée, biloculaire etpolysperme.L'ELioBE de MOîiTAGJîE, Ellobum montanum , est une plante herbacée, pileuse, à feuilles opposées, pétiolées, ovales dentées; les fleurs, en petit nombre, sont rassemblées en une sorte de grappe axillaire; elles sont pédicellées, et les fruits prennent une direction recourbée.

ELLOBOCARPE. Ellobocarpus. bot. Ce genre de Fougères, établi par Kaulfuss, dans la famille des Hyménophy liées, a été réuni, par Brongniard, au genre Cératoptéride.

ELMINS. iNS. F. Heimins.

ELMIS. Eiinis. iits. Genre de Tordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Byrrhiens, établi par Latreille, et dont les caractères sont : antennes aussi longues que le corselet, presque de la même grosseur dans toute leur étendue, et se terminant par un article à peine plus grand ; palpes presque filiformes, très-courtes, avec le dernier article un peu plus grand, ovale, cylindrique; les maxillaires un peu plus longues; pattes imparfaitement contractiles, giéles ; tarses presque aussi longs qu'elles, point appliqués contre les jambes, avec leur dernier article et ses crochets allongés.

Ces Insecles ont le corps ovalaire, convexe en dessus, |)lat en dessous; la tête est petite, enfoncée jusqu'aux yeux dans le corselet, et la bouche se renferme dans une mentonnière formée par le sternum; le corselet est presque carré et rebordé; les élytres sont voûtées; elles embrassent l'abdomen, et recouvrent deux ailes; les pattes sont assez grandes, avec les cuisses oblongues et renflées, les jambes allongées, presque cylindriques et sans épines. Ce genre se distingue des Nosodendres en ce que ceu.vci ont les antennes en massue brusque, perfoliée, de trois articles; et des Dryops, parce qu'ils ont les anlennes prolifères, se logeant dans des cavités sous les yeux.

Illiger, dans le Magasin entomologique (1806), a reproduit ce même genre sous le nom de Limnius. Panzer l'avait confondu avec les Dytiques, et Marsham avec les Chrysomèles.

Ces insectes sont tous de très-petite taille; ils vivent au fond des ruisseaux, sous les pierres auxquelles on les trouve atlachés par les pattes. Quelques entomologistes en ont observé grimpant contre la tige de plantes aquatiques. Ce genre n'est pas très-nombreux; Dejean (Catal. des Col.) en mentionne huit espèces,

toutes propres à l'Europe; les principales sont les suivantes :

Elmis de MAtGÉ. Elmis Maugelii, Latr., Hist. nat. (les Fourmis, et Mém. , p. 590, pi. 12, f. C; Hist. nat. ries Crust. cl ries Insect. T. ix, p. 239 ; Limnius œnetis ? MUll. (III. Marj., 1806, p. 202). Maugé a trouvé cette espèce à Fontainebleau, dans un ruisseau.

Elmis de Dargeias. Elmis Daigelasii , Latr., Gen. Crust. et Insect., T. ii, p. 51; Limnius pigmœus, Muller [lUig. Mag., 1801). Cette espèce se trouve à Paris.

ÉLODE. Elodes. iw9. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Serricornes, tribu des Cébrionites, établi par Latreille, et dont les caractères sont d'avoir les mandibules cacbées en grande partie sous le labre; les palpes maxillaires pointues à leur extrémité, les labiales fourchues; le corps presque rond, les pieris postérieurs presque semblables aux autres , et non propres à sauter; et le pénultième article ries tarses bilobé. Ces insectes sont en général rie petite taille ; ils sont très-agiles et se tiennent sur les plantes des bords des étangs et ries mares.

Fabricius et ensuite Paykull avaient connu et riistingué ces insectes sous le nom générique de Cyphon, mais Latreille a jugé convenable de changer ce nom en celui d'Élode. Les principales espèces de ce genre sont :

ÉLODE PALE. Eludes pallidus, Latr.; Cyphon pallidus, Fabr., Payk. Celte espèce est assez commune dans le nord rie la France.

ÉLODE GRIS. Elodes griscus, Latr.; Cyphon grisous, Fabr. Petite espèce très -commune à Paris. Dejean (Catal. ries Coléopt., p. 35) en mentionne dix autres dont neuf se ti'ouvent ù Paris et une en Dalmatie.

ÉLODÉ.iCÉES. ElodeacecB. bot. Famille proposée par Dumortier, dans son Analyse des familles des plantes; il la caractérise ainsi: système ligneux sans écorce, enveloppe Qorale double : l'intérieure polypétale, insérée sur le calice ; ovaire infère ; fruit succulent ; tleurs sortant chacune d'une spathe ; fruit uniloculaire; graines nidulantes. Cette famille est composée des genres Elodea, Jnacharis et Ilydrilla.

ËLODÉE. Elodea. bot. Genre établi par le professeur Richard [in Michx. Flor. Bor. À m.), et faisant partie rie sa famille naturelle des Ilydiocharidées. 11 se compose de trois espèces américaines, riont deux croissent dans l'Amérique méridionale, et la troisième aux États-Unis. Voici les caractères qui distinguent le genre Elodea : ses Heurs sont très-petites et hermaphrodites, renfermées dans une spathe tubuleuse, allongée, étroite, s'ouvrant latéralement. Le calice est étalé , à six divisions ovales, dont trois intérieures sont un peu plus étroites et plus minces. Les étamines, au nombre de trois, alternent avec les divisions internes du calice; leurs anthères sont terminales, cordiformes, arrondies. L'ovaire est linéaire, allongé, terminé en une longue pointe à son sommet ; les trois stigmates sont oblongs, cunéiformes et bitides. Le fruit est une péponide allongée, trigone, contenant un petit nombre de graines dans une cavité unique. Les graines sont presi|ue cylindriques, obtuses à leurs deux extrémités. Les trois espèces qui forment ce genre sont rie petites plantes

herbacées, vivant au milieu des eaux ou sur le bord des lacs et des ruisseaux. Leur tige est rameuse; leurs feuilles verlicillées et leurs fleurs solitaires à l'aisselle des feuilles. Une espèce nouvelle a été parfaitement décrite et figurée par le professeur Richard, dans son Mémoire sur la famille des Hydrocharidées (Mém. Insl. des Sciences phys. 1811). C'est VElodea Guyannensis, Rich., loc. cit., t. I, petite herbe annuelle, croissant dans l'eau comme les Callitriches. Sa tige, longue de quatre à neuf pouces, presque simple ou peu ramifiée, est cylindrique, filiforme et striée. Les feuilles sont verlicillées, et chaque verticille se compose rie trois à neuf feuilles sessiles, linéaires, lancéolées, très-aiguts, ])lanes, diaphanes, marquées de stries longitudinales et bordées de dents d'une extrême ténuité. Les fleurs sont fort petites, axillaires, solitaires, éloignées les unes des autres, ri'ahorri sessiles, puis s'élevant insensiblement lorsqu'elles sont sorties rie la spathe qui les renfermait. Cette plante a été riécouverte par le professeur Richard dans l'eau des fossés et des ruisseaux du continent de la Guiane française. Humboldt et Bonpland en ont trouvé une seconde espèce sur les bords de l'Orénoque; c'est VElodea Orinocensis. Enfin la troisième espèce, qui croit au Canada d'où elle a été rapportée par André Michaux, est nommée Elodea Canadensis. ÉLODÉS. BOT. Adanson appelait ainsi un genre formé aux dépens des Millepertius , et dont V Hypericuin Elodes était le type. Ce genre n'a pas été adopté, y.

MiLLEPERTrCS.

ÉLODIE. MOLL. Nom donné par quelques auteurs au genre Serpicule. f^. ce mot.

ÉLOMYIE. Elomyia. iNS. Genre de Diptères de la famille des Musciries, institué par Robineau-Desvoidy qui lui assigne pour caractères : face pres(|ue nue; péristome garni de poils; antennes atteignant la moitié de la longueur rie la face; abriomen rie la largeur du thorax, ovalaire; jambes postérieures un peu arquées et comprimées; crochets des tarses allongés, grêles et courbés à l'extrémité chez les mâles, petits, droits et cylindriques chez les femelles; pelottes allongées; ailes à première cellule postérieure fermée, à pétiole trèscourt, discoïdale, à nervure transverse droite. Ce genre a été formé aux dépens des Phasies et présente un bon nombre d'espèces dont six ou huit se trouvent en Belgique.

ÉLOMïiE NÉBULEUSE. Elomyia nebulosa, Rob.; Phasia nebulosa, Latr.* Musca nebulosa, Panz. D'un noir cuivreux; face blanche; front jaunâtre; thorax à bande de duvet jaune; ailerons fuligineux; ailes jaunes à leur base, noirâtres au milieu. Taille, quatre lignes. Le Pliasia nebulosa de Meigen en diffère par une taille beaucoup plus petite et la couleur des ailerons qui sont blancs; peut-être est-ce une variété de sexe.

ÉLOMYIE uoRÉE. Elomyiu uurulans, Rob. D'un noir cuivreux; abdomen à duvet doré; ailerons blanchAtres; ailes ù bord extérieur et bande noirâtres. Taille, quatre lignes.

ÉLOMYIE A VENTRE JAUNE. Elomyta flavivctitris , Macq. Face d'un blanc argenté ; front d'un blanc jaunûlre,à ligne noirâtre, longitudinale; antennes noires; thorax rayé longitudinalement de blanc soyeux; abdo-

men jaunâtre, à reflets blancs, avec une bande dorsale, noire, assez étroite; quatrième segment obscur; pieds noirs; ailerons d'un jaune pâle; ailes hyalines, jaunes à la base, un peu nébuleuses au centre. Taille, trois lignes et demie. Europe.

ÉLOPE. Elops. POIS. Genre formé par Linné, dans l'ordre des Abdominaux, et adopté par tous les naturalistes. Cuvier place les Élopes parmi les Malacoplérygiens abdominaux, dans la famille des Clupes, et les caractérise de la manière suivante : leurs mâchoires sont exactement constituées comme celles des Harengs proprement dits, auxquels ils ressemblent parla disposition des nageoires; mais on leur compte trente rayons ou plus à la membrane des branchies, et leur ventre n'est point tranchant et dentelé. Us ont des dents en velours; une épine plate arme les- bords supérieur et inférieur de la caudale. Selon Forskahl, ils n'auraient pas de cœcum, et leur vessie natatoire régnerait tout le long de l'abdomen.

Linné ne mentionna qu'une seule espèce d'Élope, Elops Sauriis, pour laquelle il adopta comme synonyme le Sam us maxinins de Sloane (Jam., u, p. 28 !, t. 241), dont la figure a été reproduite dans l'Encyclopédie (pi. 72, f. 299). Cuvier (Règne Anim. T. ii, not. 2, p. 177) repousse ce rapprochement, parce que le Poisson de Sloane est VEsox synodus du même Linné, et appartient à un tout autre genre. F. Sacmoiï. Il pense que VÂrgentina Carolina présente de grands rapports avec ce Poisson, et que c'est à tort que Catesby n'a pas marqué de nageoire dorsale dans la figure qu'il en a donnée (Co/-. II, /o6. 24) et qu'a encore reproduite Bonnalerre (pi. 72, fig. 300). La figure de Catesby paraît assez bonne, et il est fort difiicile de voir comment on eût pu y omettre un trait aussi caractéristique qu'une dorsale. Quoi qu'il en soit, VAnjentinamachnata, L., des mers d'Afrique, qui est le Lak des Nègres de Guinée, et qu'Adanson regardait comme le même Poisson que VElops Saurus, paraît être une seconde espèce du même genre. On ne connaît rien des mœurs de ces Poissons, entre les figures, les descriptions et la synonymie desquels règne encore quelque obscurité.

ÉLOPHILE. Elophilus ou Helophitus. iks. Genre de l'ordre des Diptères, fondé par Meigen et rangé par Lalreille (Règne Anim. de Cuv.) dans la famille des Athélicères, division des Syrphies, avec ces caractères : antennes sensiblement plus courtes que la tête; une éminence en forme de tubercule sur le museau; antennes écartées, ayant leur palette ou dernier article aussi long ou plus long que large, avec la soie insérée audessus de la jointure de cet article avec le précédent. Ces insectes ressemblent beaucoup aux Éristales et n'en diffèrent essentiellement que parla palette des antennes et par un corps généralement moins velu. Plusieurs ont \e faciès de l'Abeille domestique et se rapprochent de plusieurs autres Hyménoptères par la disposition des couleurs. Leurs larves, qui ont été appelées f^ers à queue de Rat par Réaumur (Mém. sur les Ins. T. iv, p. 442), sont remarquables par une queue très -longue et dont les usages sont fort singuliers. En effet, elle est l'organe respiratoire de l'animal. Celui-ci habite le fond des eaux stagnantes ou corrompues, et il prolonge

sa queue jusqu'à la surface. Réaumur ayant placé ces larves dans un vase, et y ayant successivement ajouté de l'eau , s'est assuré que les tuyaux respiratoires ne pouvaient guère s'allonger au delà de cinq pouces; passé ce terme, les larves abandonnaient le fond du vase et s'attachaient à ses parois, de manière à tenir toujours l'extrémité de leur queue en contact avec l'air, et par conséquent au niveau de la surlace du liquide; la queue est composée de deux tuyaux , dont l'un , comme ceux des lorgnettes, peut rentrer entièrement dans l'autre. Ils sont composés de fibres annulaires, et lorsque ces fibres sont réduites à avoir moins de diamètre, chaque tuyau gagne en longueur ce qu'il a perdu en largeur; aussi quand la queue a été portée à une longueur excessive, elle paraît beaucoup plus déliée que lorsqu'elle était raccourcie, et elle ressemble alors à un gros filet. Le tuyau de la respiration est terminé par un petit mamelon brun, dans lequel Réaumur a cru voir deux trous destinés à donner entrée à l'air. Le mamelon qui reçoit celui-ci est élevé au-dessus de la surface de l'eau, et c'est apparemment pour aider à l'y tenir en équilibre, que cinq petits corps terminés en pointe, et qui ressemblent à.autant de pinceaux de poils, partant de son origine , sont étendus et Bottent sur l'eau. L'intérieur du corps des larves contient deux grosses trachées qui se prolongent dans la queue et aboutissent aux deux orifices dont il vient d'être question.

Les larves abandonnent l'eau au moment de leur transformation en nymphe, ets'enfoncent dans la terre; la queue se raccourcit; le corps devient plus gros, et l'enveloppe ou la coque de celte nymphe présente quatre éminences, sortes de cornes qui ne sont autre chose que des organes respiratoires. Huit ou dix jours après celle métamorphose, on voit paraître l'iusecte parfait.

Latreille place dans le genre Élophile les Eiistalis penduliis, florens, arbuslonim, glauciis et ruficornis de Fabricius. L'espèce la mieux connue et la plus commune est :

Élophile aeeilliforjie, Elophilus apiformis, Lait., ou Musca tenax de Linné; figurée par Réaumur {loc. cit., t. IV, pi. 20, fig. 7). On la trouve communément aux environs de Paris. La larve vit dans les eaux bourbeuses, les égoûts et les latrines.

ÉLOPHORE. Elophonts. iivs. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Palpicornes, tribu des Hydrophiliens, établi par Fabricius aux dépens du genre Siipha de Linné, et dont les caractères sont : mandibules sans dents à leur extrémité; palpes maxillaires un peu plus courtes que les antennes, avec le dernier article plus gros et ovale ; massue des antennes ne commençant qu'au sixième article. Ces insectes diffèient des Boucliers par les antennes , des Dermestes par les mandibules et les mâchoires, et des Hydrophiles par les mandibules, les mâchoires, les palpes et les tarses. Ce sont de petits insectes qui vivent dans l'eau et nagent ordinairement à sa surface otl ils se tiennent sur la Lentille d'eau, la Conferve, et autres plantes aquatiques. Selon Schrank, ils se nourrissent des larves d'autres insectes et des dépouilles des Grenouilles. Quand cet insecte se trouve dans l'eau, il cache

toujours ses aiilciines audessous de sa (éle, el ne fait paraître que les palpes qu'il lient dans un mouvement continuel; mais quand il marche sur le sec, il avance les antennes. La larve est entièrement inconnue.

Ce genre est peu nombreux en espèces : Dejean (Cat. des Coléopt., p. 50) en mentionne sept, toutes propres à l'Europe. Les principales sont :

ÊLOPDORE AQDATiQUE, Elophoitis oquaticuB, Fal)., Oliv., Latr. —Silpha aquatica, L., Sjst. Nal., éd. 13, t. 1, p. 573. — Faun. Suec, éd. 2, n»461.

ELOPnoRE BRO^^É; Dermeste, Deg., Mém. sur les Ins., p. 379, pi. 18, f. S, 0. 11 est très-commun dans toute l'Europe, dans les eaux douces et stagnantes.

ÉLOP.S. rois. r. ÊLOPE.

ÉLOmODE. ois. Espèce du genre Bécasseau.

ELPIIÉGËE. Elphegea. bot. Genre de la famille des Synantliûrées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie nécessaire, L., établi par Cassini qui l'a placé dans la tribu des Astérées auprès du Daccharis et du nouveau genre Sarcanthemum. Voici les caractères qu'il lui a assignés : calalliide radiée, formée de plusieurs fleurs mâles et régulières au centre, et d'une seule série de Heurs en languettes femelles à la circonférence ; involucre presque hémisphérique , composé d'écaillés imbriquées , appliquées, ovales, coriaces el bordées d'une membrane; réceptacle nu et plan; ovaires des fleurs de la circonférence oblongs, hérissés, pourvus d'un bourrelet basilaire , surmontés d'aigrettes irrégulières, composées de petites écailles filiformes, laminées, un peu soyeuses , inégales et entregreffécs à la base; faux ovaires du disque réduits au seul bourrelet basilaire, portant une aigrette semblable à celles des fleurs marginales.

H. Cassini a décrit sept espèces de ce genre, auxquelles il a donné les noms d'Elphegea crenata , Elphegea tatifolia, Elphegea lanceolala, Elphegea quinquenervia, Elphegea dentata, Elphegea minor, Elphegea hiita. Ces deux dernières avaient déjà été décrites par Lamarck dans l'Encyclopédie, l'une sous le nom de Bacchaiis viscosa, l'autre sous celui de Conyza tithospermffolia. Ce sont des arbrisseaux à feuilles alternes, péliolées, et à fleurs jaunes, nombreuses, qui habitent les îles de France el de Bourbon. De CandoUe a réuni le genre Elphegea , à son genre Psiadia.

ELPHIDIER. Elphidium. moll. Ce genre, établi par Montfort (Conchyl. Syst. , t. i, p. 14) pour un petit corps microscopique que l'on trouve assez souvent dans les sables et les Éponges de la Méditerranée, a été caractérisé ainsi par son auteur : coquille libre, univalve, cloisonnée, en disque, et contournée en spirale aplatie, sans ombilic; le deiiiier tour renfermant tous les autres; ouverture triangulaire, fermée par la dernière cloison, qui est percée à la partie supérieure d'un seul trou qui se répète sur toutes les autres; cloisons simples. Montfort avait rapproché ce petit corps des véritables Nautiles avec lesquels il a des rapports; mais Férussac, dans ses Tableaux Systématiques, l'a placé comme quatrième groupe du genre Lenticuline, les liondelles , qui renferment les Phonèmes et le genre qui nous occupe. Ce rapprochement paraît assez juste

pour qu'on doive le conserver. Montfort n'a cité qu'une seule espèce dans ce genre : I'Elphide soufflé, qui a été figuré sous le nomdcNaulilus macellus par Fichtel et Moll, p. 08, lab. 10, fig. h, i, k, dans leur Testacea Microscopica.

ELPIDOPHORE. Elpidophora. bot. Ehrenberg a établi ce genre de Champignons dans la famille des Pyrcnomycètes de Fries ; mais il ne paraît pas difTércr essentiellement du genre Graphiola, précédemment publié par Poitcau, dans les Annales des Sciences naturelles, I. III, p. 472.

ELSERINE. Elserina. polyp. Ce genre a été formé par Lamouioux, et placé dans la famille des Polypes fi cellules; comme il diffère très-peu des Flustres, on n'a point jusqu'ici songé vérilableincnl à l'en séparer.

ELSHOLTZIE. Elshotlzia. dot. Genre de la famille des Labiées el de la Didynamie Gyninospermie, L., établi par Willdenow aux dépens de quelques Hyssopus de Lamarck. II est ainsi caractérisé; calice lubuleux, A cinq dents;, corolle bilabiée; lèvre supérieure quadridentée, l'inférieure plus longue que celle-ci, indivise el légèrement crénelée ; élamines écartées. L'auleur de ce genre n'en a décrit que deux espèces, savoir : 1» Elsholtzia crislata, Willd., Hyssopus cristatus, Lanik., Encycl., plante des bords du lac Baïkal, en Sibérie , et qui a été décrite par Pallas sous le nom de Meiilha Palrini; 2» Elsholtzia paniculala , Willd., J/yssopus paniculalus, Lamk., Encycl., espèce des Indes-Orienlales, figurée dans Rhéede (Hort. Malah., 10, p. 127, t. 63). Persoon (Eiichirid., t. ii, p. 114) y a joint le Mentha ocymoides de Lamarck, qui est indigène de Pondichéry. Enfin Poiret (Encycl., second Supplément, p. 605) a prétendu que le genre Colebrookea de Srailh, ainsi que le Barbula de Loureiro, étaient identiques avec celui qui fait le sujet de cet article. Mais comme cette identité ne pourrait être prouvée qu'en voyant les plantes elles-mêmes, el que d'ailleurs le Barbula n'est autre, selon R. Brown (Nov.-HoU., p. 500), que le Plectranlhus de l'Héritier, nous ne saurions admettre la fusion de ces genres. Il a existé un autre genre Elsholtzia ou Elzholtzia, formé parNecker aux dépens des Lecythis ou avec le Couroupita d'Aublet, mais qui n'a pas été adopté.

ELSOTA. BOT. Syn. de Securidaca, L. F. ce mot.

ELVASIE. Elrasia. bot. Ce genre, décrit par De CandoUe dans son Mémoire sur les Ochnacées (Ann.du Muséum, t. XVII, p. 422 ) , est rapporté par lui avec doute à cette famille. Ses caractères sont : un calice à quatre divisions profondes, avec lesquelles alternent quatre pétales; huit élamines à filets assez longs el à anthères ovoïdes, s'ouvrant par deux fentes; un péricarpe ù qualre loges. Le fruit n'est pas connu. L'espèce unique de ce genre , Elcasia calophyllea , est ainsi nommée, parce que ses feuilles alternes cl oblongucs ont leurs nervures pennées régulièrement comme dans les Calophyllum {V . loc. cit., lab. 31). C'est un arbrisseau du Brésil.

ELVÈLE. BOT. y. NosTOC.

ELVELLE. BOT. Pour Helvelle. T. ce mot.

ELVIRE. Elrira. bot. Genre de la famille des Synanthérécs, tribu des Sénécionides, institué par Cassini qui

l'a caracléiisé ainsi qu'il suit : calathidc bitlorc ; disque uiiiMorc,i'égulari£Iore,raasculiflore; couronne uiiiflore, liguliflore, féminitlore ; péricline simple, plécolépide, formé de trois écailles enlregrefFées à la base, unisériées, très-inégales, dressées, appliquées, planiuscules, membraneuses, foliacées, minces, vertes, demi-lransparcnles, hispides, munies de nervures réticulées : la plus grande écaille ù peu près égale à la fleur femelle, suborbiculaire, ayant la base cunéiforme, trinervée, accompagnée de deux oreillettes, les bords un peu crénelés; l'écaiUe moyenne est opposée à la plus grande, a peu près égale à la fleur mâle, elliplique-obovale, terminée par une pointe saillante; la plus petite est lancéolée, acuminée, cachée entre les deux autres, et réunie inférieurement avec Técaille moyenne , dont elle semble cire une division; clinanlhe petit, plan, portant ordinairement deux fimbrilles inégales, filiformes, peu apparentes ; fleur du disque ayant son faux ovaire long, grêle, filiforme, infère à la corolle qui lui est articulée; celle-ci a son tube cylindrique, grêle, long comme le limbe qui est pyriforme ou obconique, à cinq divisions courtes, munies chacune d'un long poil; anthères noirâtres, faiblement cohérentes; articles anlhérifères longs et grêles; style à deux faux sligmatophores hispides ; fleurs de la couronne à ovaire ovoïde-oblong, subtriquêtre, inaigretté, lisse, parsemé de très-petits poils. Corolle articulée sur l'ovaire, à tube long, grêle, à languette courte, large, elliptique, bidentée au sommet; style à deux stigmatophores longs et grêles.

Elvire de Mautïn. Elvira Martyni, Cass.; Elcira biflora, DC; MiUeria biflora, Lin.; Delllia Berlerii, Spreng. Plante annuelle, Iricholome ; feuilles opposées, pétiolées, ovales ou oblongues, triplinervées, un peu crénelées et dentées, pubescentes; calathides pédicellées, rassemblées en faisceaux terminaux et axillaires, composées de fleurs jaunes. Amérique du Sud.

ËLYIUAGROSTIS. bot. Plusieurs botanistes ont désigné sous ce nom diverses Graminées.

ÉLYME. Elymiis.nox. Genre de Graminées, trèsvoisin des Trilictim et des Hon'.eum dont il diffère par les caractères suivants : ses fleurs forment un épi simple, dont les épillels sont sessiles et réunis au nombre de deux à cinq sur chaque dent de l'axe. Chaque éiiillet contient de trois à neuf fleurs. La lépicène se compose de deux valves presque égales, aigués, mutiques, qui manquent dans une espèce {Elymus hystrix, L.). Ces deux valves appartenant à chaque épillet, forment à chaque dent de l'axe une sorte d'involucre, comme on l'observe dans le genre Hordeum. La glume offre deux paillettes, dont l'extérieure est entière et se termine à son sommet par une soie quelquefois trèscourte; la supérieure ou interne est émarginée supérieurement et bifide. Les deux paléoles de la glumelle sont ovales, entières cl poilues. L'ovaire est surmonté d'un style profondément biparti, portant deux stigmates plumeux; le fruit offre un sillon longitudinal, et est enveloppé dans les écailles florales. Ce genre se rapproche de l'Orge par ses épillels réunis plusieurs ensemble à chaque dent de l'axe; mais il s'en dislingue par ces mêmes épillels mulliflores , tandis qu'ils sont

uniflores dans toutes les espèces â'IIonleum. Il a aussi beaucoup de ressemblance avec les Froments, par son port et la structure de ses fleurs. Mais dans les Froments, les épillels sont solitaires à chaque dent de l'axe, tandis qu'ils sont réunis plusieurs ensemble dans le genre qui nous occupe. On en compte environ une vingtaine d'espèces, qui sont en général des Graminées vivaces, à rat?tne rampante, d'un aspect roide loul particulier. VElymus areiiarius , qui croît en France, est cultivé dans les endroits sablonneux pour fixer les sables mouvants par ses racines longues et rampantes. ^. Ddmes. Du reste, les espèces de ce genre sont peu intéressantes.

ÉLYiN'ANTHE. Elynanthus. bot. Genre de la famille des Cypéracées, établi par Palisot de Beauvois qui lui a assigné pour caractères : épillels uniflores, hermaphrodites ou polygames; paillettes concaves, en forme de bateau et imbriquées; périgone nul; élaniines au nombre d'une à trois; disque uni; ovaire arrondi, avec le style trifide; caryopse Irigone, surmontée de la base persistante et épaissie du slyle. Les espèces qui composent ce genre appartiennent aux contrées australes de l'Afrique , au delà du tropique; ce sont des plantes herbacées, à feuilles rigides, étroites , ensiformes, dont les gaines sont ordinairement divisées ou fendues; les épillels sont placés sur le côté de l'axe de la paniculc, rarement au sommet.

ÉLYNE.£'/r«o. BOT. Famille des Cypéracées et Triandrie Monogynie, L. Schrader (Flor. Germanica , r, p. 153) a séparé sous ce nom générique le Carex Belton// d'Allioni ou Kobresia scirpina, Willd., en lui assignant les caractères suivants : glumes du calice univalves, uniflores et imbriquées le long de l'axe de l'épi. L'enveloppe florale intérieure, que Schrader nomme corolle , est double ; l'exlérieure , plus grande, appliquée conire le rachis; l'intérieure, plus élroite, latérale et enveloppant les organes sexuels ; il y a trois stigmates, et la cariopse n'est pas ornée de soies. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce; mais cette espèce a reçu huit noms différents. Placée d'abord parmi les Caiex , elle a été nommée Carex Bellanli par AUioni, Carex myosuroides par YiUars, Carex clioica par Lamarck , et Carex hermaphrodita par Gmelin. ^Vahlenberg en fit une espèce de Scirpe, sous le nom de Scirpiis Dellardi. Wulfen a proposé pour elle le nom générique de Frœlichia, qui n'a pas été admis; enfin ^Villdenow l'ayant comprise dans son genre Kobresia, la nomma Kobresia scirpina, et c'est sous celle dernière dénomination qu'elle est décrite dans la Flore française. VElyna spicata, Schrad., est une petite plante dont les feuilles sont filiformes, l'épi simple, très -grêle, formé de petites fleurs à double écaille. Elle croit dans les Alpes de Laponic, et dans celles de l'Europe tempérée, depuis la Styrie et la Bavière jusque sur les frontières de la France.

ÉLY'ONLRE. bot. r. Éiioîslre.

ÉLYTHROSPEUME. bot. F. Élvtbosperme,

ÉLYTRAIKE. Etytraria. bot. Genre de la famille des Acanthacées, établi par le professeur Richard {in Michx. FI. Bor. Jm.) et adopté par Vahl, Kunlh et tous les botanistes modernes. Son calice est à qualre

divisions profondes et un peu inégales, dressées : l'anlérieure est l)idenlée à son sommet et un peu plus large que les autres. La corolle est tubuleuse, infundibuliforme ; son limbe est à cinq divisions obtuses et un peu inéi;a!cs. Les élamines sont au nombre de quatre dont deux restent rudimenlaires; elles sont incluses; lesantbères sont biloculaires et portées sur des filaments trés-courls. L'ovaire est ovoïdcallonsé,*cntouré d'un disque bypogyne, annulaire, marqué de deux sillons longitudinaux, opposés; le style est allongé, terminé par un stigmate formé de deux lamelles fort inégales, la plus grande est arrondie et recourbée. Le fruit est une capsule ovoïde, recouverte par le calice, à deux loges, contenant chacune un petit nombre de graines sans crochets.

Les espèces de ce genre sont au nombre de six à huit, croissant toutes dans les deux Amériques ou dans l'Inde. Ce sont des plantes herbacées, généralement sans tiges ou pourvues quelquefois d'une tige simple et feuillée. Les pédoncules naissent du centre des feuilles radicales; ils sont entièrement recouverts d'écaillés, et se terminent par un ou plusieurs é|)is de fleurs assez souvent bleues, accompagnées chacune de trois bractées inégales, étroitement imbriquées les unes sur les autres et cachant en partie les fleurs.

Michaux en a rapporté une espèce delà Caroline inférieure. Elle est décrite et figurée dans le Flora Bor. Jm. 1, p. 8, t. 1, sous le nom à^Elytraria virgala. C'est le Tiih/flom Caroliniensis de Gmelin (Syst.). Vahl (Enumer. Plant. 1, p. 106) en déc-it cinq espèces, savoir : celle de Michaux, deux nouvelles, Etytiaria lyrata et Elytraria marginala, et deux autres qui sont les Justicia acaulis et Justicia purpurea, L. Kunth (in Huinb. Nov. Gen. 2, p. 254 ) a fait connaître trois espèces nouvelles de ce genre qu'il nomme Elytiaria frondosa, Elytraria f'asciciilala et Elytraria ramosa.

ÉLYTRES. Elytra. loOL. Ce mot est emprunté de celui qui signifie en grec un étui. Savigny (Système des Annélides, pag. U) l'applique à des appendices remarquables , sorte d'écaillés dorsales qu'on observe quelquefois à certaines paires de pieds dans la famille des Aphrodites. Ces Élytres, quand elles existent, sont au nombre de douze paires au moins et de treize au plus, pour les vingt-trois ou vingt-cinq segments qui paraissent composer essentiellement le corps; elles sont suivies ou non suivies d'une ou de plusieurs autres paires d'Élylres suinuméraires : les unes et les autres sont formées de deux membranes susceptibles de s'écarter et de laisser un vide entre elles : la membrane supérieure est épaisse, quelquefois cornée; l'inférieure est mince, prolongée, sous son côté externe, en un pédicule tubuleux, qui s'attache sur la base des rames sans branchies, presque au même point où serait insérée la branchle elle-même. Savigny (toc. cit., p. 27) donne les éclaircissements qui suivent sur les Élytres : « 11 y a, sans aucun doute, analogie entre les écailles dorsales de certaines Annélides et les Élytres ou ailes de certains Insectes, et cela suffit pour justifier la préférence que l'on donne au mot Élytres sur celui d'écaillés; mais il s'en faut qu'il y ait identité parfaite. 11 y a analogie

dans l'insertion, dans la position dorsale; dans la substance tantôt cornée, tantôt membraneuse; dans la forme plus ou moins déprimée; dans la structure qui résulte également de l'union de deux membranes; car les Élytres des Annélides sont des sortes d'utriculcs qui communiquent par leur pédicule tubuleux avec l'intérieur du corps, et qui même, dans la saison de la ponte, se gonflent et se remplissent d'oeufs. Mais si elles partagent l'organisation vésiculaire des ailes des Insectes, elles n'en ont ni la transparence ordinaire, ni la sécheresse, ni la fragilité; elles n'en ont point les nervures ou les vaisseaux aériens. D'ailleurs les ailes des Insecles possèdent bien d'autres caractères qui leur sont exclusivement propres : leur nombre est très- limité; elles sont articulées à leur segment ; elles ont de puissants muscles pour les mouvoir; elles ne sont totalement développées que dans l'âge adulte, après la dernière mue. >) Ce rapprochement de Savigny est trèsjuste en tant que l'on considère ces Élytres comme les appendices de l'arceau supérieur de l'animal; et dans ce sens, il y a analogie parfaite avec les mêmes parties chez les Insectes. L'organisation, le nombre elles usages ne sont pas des caractères suffisants pour détruire cette analogie remarquable. Kous serons mieux compris en renvoyant aux considérations que nous avons présentées à la fin de notre article Aiie.

On désigne sous ce nom d'Élytres, les premières ailes chez les Insectes, lorsqu'elles sont cornées. L'ordre entier des Coléoptères est caractérisé parla présence des Élytres. Dans presque tous, elles sont fort dures et recouvrent la seconde paire d'ailes. Elles abritent aussi la partie supérieure du corps qui, toujours coriace quand elle est à nu, reste plus ou moins molle lorsqu'elle est protégée par cette sorte de bouclier. Les Élytres nommées aussi étuis, varjinœ alarum, alœ raginanles, présentent plusieurs parties : la base, fixée au mésothorax à l'aide de diverses petites pièces; l'extrémité ou le sommet opposé à la base, un bord antérieur et un bord postérieur ou interne nommé aussi suture; enfin, deux faces : l'une supérieure et l'autre inférieure. Ces mêmes appendices ont des formes, des proportions, une texture, etc., assez variées, et qui leur ont valu plusieurs dénominations importantes à connaître pour la classification. — Quant à leurs proportions, elles sont allongées, elongala, c'est-à-dire plus longues que l'abdomen; moyennement longues, meiliocria, si elles ont une longueur qui lui est égale; courtes, abbreviata, abilomine breviora, lorsqu'elles sont plus courtes que lui; très-courtes, breclssima, quand elles ne paraissent plus que comme de simples moignons. — Quant à leur consistance, on observe qu'elles sont membraneuses, membranacca, ou presque aussi peu consistantes que les ailes ; à moitié cruslacées, scmicrustacea, c'est-à-dire en partie coriaces et en partie membraneuses , comme chez un grand nombre d'Hémiptères; coriaces, coriacea, ou de consistance du parchemin; crustacées, crustacea, dures et cornées; flexibles, flcxilia , cédant à la pression et revenant sur elles mêmes; molles, mollia, cédant à la pression, mais revenant difficilement sur elles-mêmes. —Quant à la forme, les Élytres sont linéaires, //«ea/m,

c"csl-à-(lire étroites et d'égale largeur; croisées, crudata , lorsque l'une passe obliquement sur l'autre en croisant sa direction; en recouvrement, recouvertes, incutnbentes, lorsque le bord interne de l'une recouvre seulement le bord interne de l'autre; penchées, inclinées, ilcflexa, lorsqu'un des bords, l'interne, est plus élevé que le bord externe; dilatées, dilatata, quand elles s'étendent en une sorte d'expansion plus ou moins large; amincies, attenuala, lorsqu'elles diminuent en largeur de la base au sommet; bossues, gibba, quand elles sont arrondies en une demi-sphère; convexes, convexa, lorsqu'elles sont moyennement élevées; planes, plana, quand elles sont partout horizontales. — La surface des Élytres présente plusieurs accidents remarquables; elles sont : lisses, lœiia , ou à surface l>arfaite, unie; chagrinées, scabriuscula , ou parsemées de petits points élevés; pointillées, ;;ît«cto/a, lorsqu'elles sont parsemées de petits points enfoncés et distincts; tuberculées , iuberculala, quand elles ont des élévations distinctes et inégales; raboteuses, scabra, quand les élévations sont inégales et distantes; verruqueuses, verrucosa, lorsque les élévations sont grandes, cicatrisées, et ressemblent plus ou moins à des verrues; striées, striata, si elles ont des lignes longitudinales, enfoncées et régulières; striées et pointillées, striato-piiiictala, lorsque, dans chaque strie, existent des points enfoncés; pointillées en stries, pimctato-sliiata , lorsque les stries sont elles-mêmes formées par une suite de points enfoncés; sillonnées, sulcata , quand elles ont des enfoncements profonds et larges ; à côtes , coslata, lorsqu'au milieu du sillon s'élève une ligne ou des points ohlongs; rugueuses, riigosa, si l'on voit des lignes irrégulières et élevées se diviser en tout sens; réticulées, reticulata , lorsque les lignes élevées sont divisées assez régulièrement pour former une sorte de réseau; crénelées, crenala, lorsque les lignes élevées présentent des ondulations ou bien des élévations régulières à la suite les unes des autres; glabres, glabia, lorsqu'elles n'ont ni poils ni graines; tomenteuses, cotonneuses, ^owiew^osn, quand elles sont recouvertes d'un duvet cotonneux ; poileuses, pilosa; velues, villosa; hispides, hispida; hérissées, /li'yVaj lorsqu'elles sont garnies de poils distincts ou bien serrés et doux au toucher, ou bien roides et épars, ou bien encore serrés, longs et roides; fasciculées, f'asciculata, lorsque les poils sont réunis en faisceaux ou en sorte de houppes; muriquées, muricata , quand elles sont couvertes de poils élevés , longs et presque épineux; épineuses, spinosa, lorsque les poils sont de véritables épines pointues et élevées; écailleuses, squammala, c'est-à-dire couvertes de petites lames écailleuses, imbriquées. — Examinées sur leurs bords, les Élytres sont: rebordées, marginata , quand les côtes sont élevées; sinuées, sinuata , lorsqu'elles offrent des écliancrures bien marquées ; en scie, senala, lorsqu'on y observe de petites dents rapprochées , rangées en série comme dans une scie; dentées, tienlala, quand les petites dents sont pointues et distantes. — Enlin, sous le rapport de leur extrémité ou sommet, les Élytres sont : pointues, acuta, ou terminées en pointe; aiguës, aciiminata, lorsque la pointe termi-

nale est forte et ronde; fastigiées, fastigiata, lorsqu'elles sont amincies, rapprochées et échancrées ; mucronées, mucronata, lorsque le sommet est tronqué et muni au milieu d'un aiguillon; hjdenlées, bidetitata, c'est-à-dire ayant à leur extrémité deux dents plus ou moins aiguës; obtuses, obliisa, quand leur pointe est émoussée. Elles peuvent être encore : arrondies, »o<î/»i(/«<a ; même tronquées, truncata.

Les Élytres sont quelquefois soudées intimement entre elles par leur bord postérieur; elles protègent alors très-eiEcacement le corps de l'Insecte. Dans ce cas, les ailes postérieures manquent ou n'offrent plus que des rudiments. Lorsqu'elles sont libres, on les voit s'ouvrir quand l'Insecte prend son vol, et elles favorisent la locomotion aérienne.

ÉLYTRES. Elytrœ. eot. Quelques auteurs nomment ainsi les conceplacles dans lesquels se développent les sporules de plantes Agames.

ÉLYTRICULE. Elytriciitus. bot. Necker se sert de celte expression pour désigner les fleurons des fleurs dites composées.

ÉLYTRIGIA. BOT. Desvaux avait proposé de séparer du genre Froment (Tiiticum) toutes les espèces dont les épillets contiennent de huit à douze fleurs, pour en former un genre distinct sous le nom à'Elxli'igia; mais ce genre n'a pas été adopté. F. Froment.

ÉLYTRODE. Elytrodes. iNs. Coléoptères télraraères; genre de la famille des Rhyncliophores, créé par Steven, pour, quelques insectes du nord de l'Europe que Sturm avait placés dans le genre Gastradus de Megerle. Voici les caractères que Schoonherr, tout en substituant, on ne savait pourquoi, au nom à' Elytrodes ceWi'à'Elytrodon, assigne à ce genre: antennes médiocres, insérées au-dessus des yeux, droites, composées de douze articles : les deux premiers les plus longs, presque coniques, les cinq suivants granulés, tronqués au sommet et grossissant successivement; massue allongée, ovalaire, obtuse à l'extrémité; trompe courte, épaisse,- presque cylindrique; fossette apicule, oblongue, plus profonde vers la base; yeux arrondis, peu convexes; corselet transverse, légèrement bisinué à sa base, dilaté et arrondi sur les côtés , tronqué au bout et convexe en dessus ; écusson petit et triangulaire; élytres ovalaires, arrondies à leur base, convexes en dessus et armées d'une épine vers l'extrémité.

ÉLYTROPAPPE. Elytropappus. bot. Genre de la famille des Synanthérées , Corymbifères de Jussieu et de la Syngénésie égale, L., établi par H. Cassini (Bull, de la Soc. Philom., décembre 181G) qui l'a caractérisé de la manière suivante : calalhide sans rayons, composée de fleurons nombreux, égaux, réguliers et hermaphrodites; involucre formé d'écaillés sur un seul rang, oblongues et aiguës; réceptacle nu; divisions de la corolle hérissées de papilles à leur face interne; anthères munies de longs appendices; ovaires grêles, pourvus d'un gros bourrelet basilaire; aigrette double : l'extérieure courte, membraneuse, en forme de calice campanule, embrassant l'intérieure qui est longue, composée de filets soyeux, disposés en une seule série et soudés par leur base. La forme de cette aigrette est

lui

remarquable, et coiislUiie, selon Cassini, un caractère fort tranché pour le genre ElytropappKS. 11 l'a placé dans la tribu des Inulées , section des Gnaplialiées , auprès du genre Melalnsiade U. Brown. VElflropappiis spiiicllosHS, H. Cass., est un petit arbuste originaire du cap de Bonne- Espérance. Ses rameaux supérieurs sont couverts de feuilles trés-rapprochées, sessiles, linéaires, mucronées, roulées en dessus par les bords, laineuses, épaisses et coriaces. Les fleurs sont rassemblées au sommet de la tige et des branches en capitules formés chacun d'une douzaine de calathides séparées par des feuilles lloralcs. Dans l'Herbier de Jussieu, Vahl a nommé celle plante Gnaphalium hispidum, mais la description de cette espèce par Willdenow assigne des écailles obtuses à son involucre, tandis que dans VEljlropappus spinetlosus, ces écailles sont aiguos.

ÉLYTROPIIORE. Elflrophorus. bot. Palisot de Beauvois appelle ainsi {Jgrosl-, p. 67, t. 14, f. 2) un genre nouveau de la famille des Graminées, ayant des rapports avec les Cynosures, et qui offre des fleurs disposées en épis. Chaque épi se compose d'épillels sessiles, réunis en globules éloignés; cha(|ue groupe d'épillels est environné d'un involucre polyphylle, dont les écailles sont linéaires, lancéolées. La lépicène est à deux valves aiguës, et contient de trois à six fleurs. La glume est à deux paillettes inégales, l'inférieure est renflée, naviculaire, subulée; la supérieure bifide, portant une petite pointe mucronée entre ses deux dents. Le slyle est court et biparti. Ce genre, encore fort imparfaitement connu, se compose d'une seule espèce : Elftiophorus articulatus. Beauv., loc. cit., plante originaire des Grandes-Indes, qui a été figurée par Plucknet (Àim., t. 190, f. 16) sous le nom de Grainen Alopecuroides Maderaspatanum, etc.

ÉLYTIîOSPERME. Elytrosperiimm. bot. Le genre proposé, sous ce nom, i)ar Meyer, dans les Mémoires de l'Académie de Pétersbourg, vi, p. 200, a été réuni au genre Scirpus de Linné, qui appartient à la famille des Cypéracées.

ÊLYTRURE. Elflrurus. ins. Coléoptères tétramères; genre de la famille des Rhynchophores, établi par Boisduval qui en trace ainsi les principaux caractères ; museau-trompe court, large, plan en dessus, avec un sillon longitudinal; antennes plus longues que la tète; yeux très-grands et peu saillants; corselet plus long que large, un peu rétréci en avant, arrondi sur les côtés et presque plan en dessus; écussoii très-petit et triangulaire; élytres déprimées à la base et rétrécies vers l'extrémité. Ce genre se compose de deux espèces rapportées de Pile de Vanikoro, lieu du naufrage de l'infortuné Lapeyrouse. VElytnuus Lapexrousci est noir, couvert de pelites écailles pulvérulentes, d'un gris verdàtre ou bleuâtre ; le corselet est marqué de points élevés, très-rapi)rochés; les élytres sont marquées de granules élevés, alignés et de stries effacées; leur extrémité se prolonge en une queue tronquée, aplatie et bifide. La seconde espèce a été nommée, par Dupont, E/ytrurus cinctns; elle est ovale, atténuée aux deux extrémités d'un brun luisant, recouverte de petites écailles d'un vert glauque, et marquée

d'une bande latérale, blanc-verdâtre; son corselet est légèrement ponctué, et ses élytres ont des points enfoncés, alignés, couverts chacun par une petite écaille.

ELZÉ. Eoi. Syn. vulgaire de Chêne Yeuse, Qitercns Ilex, L. F. CiifeNE.

ELZERINE. Elzerina. poiyp. Genre de l'ordre des Fluslrées dans la division des Polypiers flexibles et cellulifères. Ses caractères sont : Polypier frondescent, dichotonie, cylindrique, non articulé, à cellules éparses, grandes, très-peu ou point saillantes, avec l'ouverture ovale. LamouroHx a donné à ce genre le nom d'Elzerlne, parce que celle qui le portait, fille de Neas, roi de l'île de Timor où se trouve ce Polypier, est citée honorablement dans le Voyage aux terres australes de Péron et Lesueur. La seule espèce dont ce genre se compose, ressemble à un petit Fucus cylindrique, rameux ou dichotome; elle se place naturellement dans l'ordre des Fluslrées par la forme des cellules, leur siluation, et par le faciès général de ce petit Polypier. Sa substance est presque membraneuse; sa couleur un peu plus ou moins foncée. Sa grandeur ne dépasse jamais quatre centimètres; le diamètre des rameaux varie <run à deux millimètres ; les supérieurs sont quelquefois en forme de massue. — II n'existe encore qu'une seule espèce d'EIzerine de connue; elle a été dédiée ù Blainville, l'un des naturalistes les plus distingués dont la France s'honore. V Elzerina BlainvUlii, Lamx., Gen. l'olyp., p. ô, lab. 04, fig. 13, 10, a été trouvée sur des Hydrophytes de l'île de Timor et de l'Australasie.

ELZIIOLTZIA. BOT. Necker appelait ainsi le genre Couioupila d'Aublet. r. Courodpite.

ÉMAIL. aiN. Nom que l'on donne aux substances vitreuses, quelle que soit leur couleur, qui ne jouissent point d'une transparence parfaite; quelques-unes de ces substances sont des produits naturels des volcans. f^. Obsidienne et Volcans.

ÉMAIL DES DENTS, looi. F. Dents.

ÉMARGINATIROSTRES. Ois. Synon. de Crénirostres. F. ce mot.

ÉMARGINÉ. Enarginalus. lOOi. et bot. Un organe quelcon(|ue est dit Émarginé lorsqu'il présente un sinus arrondi , peu profond à son sommet. Cette expression s'applique plus particulièrement en botanique aux feuilles, aux pétales, aux fruits plans, etc.

ÉMAKGINULE. Emaiginula. moli. Ce genre fut établi par Lamarck aux dépens des Patelles de Linné, et ce fut surtout la Patella fissura de cet auteur qui en devint le type. Ces Coquilles se distinguent en effet d'une manière fort remarquable des autres Patelles, et quoique Lamarck, lorsqu'il le proposa, n'en connût point l'animal, il le plaça néanmoins dans l'ordre le plus convenable des rapports , et on traça les caractères aussi bien que la connaissance seule de la coquille pouvait le permettre. Depuis que l'on a eu occasion d'observer l'animal, on a ajouté aux anciens caractères, mais on n'a pu changer la place du genre. L'opinion de Blainville est (|ue l'animal des Émarginules diffère très-peu de celui des Parmophorcs d'un côlé, et de celui des Fissurellcs de l'autre; il croit que les Parmophorcs commencent un ordre de choses qui se ter-

lo;

mine aux Fissurelles en passant par des inlermédiaires ; ainsi, dans le Parmophore, on voit une large échancriire presque effacée, qui indique le passage des ouvertures anales et branchiales; dans les Émarginules on voit quelques espèces dont la fente est très-courte, et se terminant à un sillon interne; dans d'autres la lissure remonte davantage, mais aboutit encore au bord inférieur. VEmargintila dubia de Defrance montre cette fente entre le sommet et le bord ; et enfin les Fissurelles ont celle ouverture tout à fait au sommet. Ainsi ces trois genres se trouvent liés par des rapports intimes, parce que les rapports qu'ils présentent sont le résultat des changements de position d'un seul organe qui s'ouvre une communication extérieure tantôt à la marge, tantôt au milieu, et tantôt au sommet de coquilles patelliformes. Voici les caractères que l'on donne à ce genre : corps ovale, conique, pourvu d'un large pied, occupant tout l'abdomen, et débordé par le manteau qui a une fente antérieure correspondante à celle de la coquille pour la communication avec la cavité branchiale. Tète pourvue de deux tentacules coniques, oculés ù leur base externe ; branchies parfaitement symétriques; coquille recouvrante, symétrique, conique, à sommet bien distinct et dirigé en arrière ; fendue à son bord antérieur pour la communication avec la cavité branchiale, ou n'o.Trant qu'une légère échancrure à l'extrémité d'un sillon interne. Le nombre des espèces est encore peu considérable; parmi les vivantes cl les fossiles, on remarque :

ÉMARGiNULE TREiiussÉE. Emaighinla fissura, Lamarck, Anim. sans vert. T. vi, seconde partie, p. 7, II» 1 ; Patella fissura, L., p. 5728, n" 193 ; Lisler, Conchyl., lab. S43, fig. 28, Martini, Concbyl. T. i, lab. 12, f. 109 et 1 10. Elle est blanche ou jaunâtre, ovale, conique, convexe, élégamment Ireillissée par des stries longitudinales et transversales; son sommet est oblus, recourbé; son bord est crénelé; la feule est profonde; elle se trouve dans les mers d'Euiope et fossile en Angleterre et à Hauleville. Sowerby (Minerai Conchxl., t. 33) l'a désignée sous le nom iVEmargintila reliculala. L'une et l'autre ne présentent aucune différente, ce qui porte à regarder ces deux espèces comme identiques. L'espèce vivante se trouve dans la Manche ; elle a cinq lignes de long et quatre de large.

ÉiiARGiNDLE SDBÉMARGiNÉE. Emargitiula siibemargiiiala, Blain. L'espèce que Blainville désigne sous ce nom, est une petite coquille qu'on a généralement confondue avec les Palelles, et que l'on n'a point reconnue parce que la fissure est peu profonde, marginale, et se continue avec un sillon intérieur, qui aboutit jusqu'au sommet; elle est ovale, allongée; son sommet est incliné poslérieurement et chargé de neuf ù dix grosses côtes rayonnantes, entre lesquelles il y en a une ou deux plus petites; elles sont coupées par des stries longitudinales, plus fines, qui forment un réseau à mailles assez grossières, sur toute la surface.

On connaît maintenant cinq espèces d'Émarginules fossilesaux environs de Paris.Voici les deux principales :

ÉMARGiiM'i.E A CÔTES. Emargiiiiila costata, Lamk., Ann. du Mus., lab. 1, p. 584, n» 5, et T. vi, pi. 43, fig. 6, A. B. c. D. Lamk., Anim. sans vert., lab. G,

2'' partie, n" 1. Celle Coquille est obliquement conique, munie de treize à quatorze côtes saillantes et rayonnant du sommet à la base, entre les côtes. On y observe des stries longitudinales, relevées, serrées et sublamelleuses; la fissure est profonde et bordée de chaque côté par une lame en arête qui se prolonge jusqu'au sommet. Cette espèce se trouve surtout à Grignon; on la rencontre aussi dans les sables de Mouchy. Elle est longue de quatre à cinq millimètres.

ÉMARGiiN'CLE EN BOUCLIER. Eiiiarginula clypeata, Lamk., Ann. du Mus., lab. 1, pag. 384, n" 2, et T. vi, pi. 45, fig. 3, A. B. c. D. E.; Emargimila clypeata, Lamk., Anim. sans vert., lab. 6, 2" partie, n" 2. Il paraît que cette espèce est propre ù Grignon, car nous ne savons pas qu'on l'ail jamais trouvée ailleurs, et elle y est fort rare. Celte Coquille est très-mince, très-fragile, déprimée et élégamment Ireillissée à sa surface; sou bord est frangé ; la fissure antérieure est peu profonde, assez large, bordée latéralement par une crête tranchante, qui se continue depuis le bord jusqu'au sommet; elle forme le long du dos de la Coquille une sorte de rigole. Elle est longue de quinze millimètres et large de dix à onze.

EMBAMBI. REPT. Ce Serpent d'Angole, peut-être fabuleux, et que La Chesnaye-des-Bois prétend donner la mort en piquant de sa queue, parait être le même animal que l'Enibamma de Dapper. K. ce mot.

E5JBAMJIA. REPT. Énorme Serpent africain qui appartient probablement au genre Pylhon, et que Dapper dit assez grand pour pouvoir avaler un Cerf entier. Merolla ajoute qu'il est muni d'un aiguillon dangereux au bout de la queue, ce qui paraît élre peu probable.

EMBELIA. EOT.On trouve décrit et figuré sous le nom à'Embelia ribes, dans la Flore des Indes de Burmann, un arbre à feuilles alternes, et dont les fleurs, disposées en i)anicules axillaires et terminales, présentent un petit calice quinquéfide, cinq pétales, cinq élamines et un ovaire simple, qui devient une baie. Reizius en rapproche un autre arbre qu'il nomme Embelia grossularioides, différent du premier par le nombre des lobes de son calice et de ses élamines, qui est de quatre, et dans lequel il décrit d'ailleurs un ovaire libre, surmonté d'un stigmate en tête et sessile, des rameaux opposés, des feuilles très-entières, des grappes rameuses. Nous ne chercherons pas à indiquer les affinités de ces plantes, d'après de pareilles descriptions qui peuvent s'appliquer également bien à des végétaux d'ailleurs tout à fait divers entre eux. Gœrlner, il est vrai, pense que le fruit qu'il représente sous le nom de Pelia pourrait bien appartenir à V Embelia de Kelzius ; mais il existe entre eux une différence matérielle, savoir, que la base du Pella fait corps avec le calice. Elle renferme des graines petites et nombreuses, nichées sans ordre dans une pulpe, et contenant sous une enveloppe de forme anguleuse et de consistance osseuse, un périsperme globuleux, qui entoure un embryon dicolylédoné à peu près de même forme.

EMBELIER. BOT. Pour Embelia. / . ce mot.

EMBERIZA. OIS. A'. Bruant.

EMBERIZOIDES. OIS. Temminck a séparé du genre Bruant et réuni, sous ce nom, en un petit groupe dis-

lOC

E M lî

lincl, loules les espèces à queue longue el étagée, et dont le bec se rapproche un peu de celui des Moineaux. Jusqu'ici ces caractères n'ont pas été jugés suffisants par les ornitliologistes, pour leur faire adopter comme générique, la coupe proposée par l'auteur du Manuel cl des Planches coloriées.

EMBLEMIE. Emblemia. bot. Genre de Cryptogames, établi dans la famille des Grapbidées, par Persoon qui lui donne pour caractères : lirelles formant une croûte sur le réceptacle dont le disque est linéaire, coloré. Les espèces qui constituent ce genre sont encore peu connues ; parmi les exotiques qui offrent quelqu'intérêt, on cite I'Embleuie tissée, Emblemia contexta, Gaud. Lirelles linéaires, droites, plus souvent courbées, simples et ramifiées, entourées d'un bord saillant qui est de la même couleur que le thalle, c'est-à-dire d'un brun ferrugineux; ces lirelles la sillonnent presque en tout sens, ce qui lui donne l'aspect d'une étoffe. Embiemie veineuse , j^wiô/e»;»'» venosa, Gaud. Cette espèce imite bien les ramifications d'une veine par ses lirelles qui divergent en tout sens; elles sont longues, mais peu larges, à disque aplati et dénudé. On la trouve, ainsi que la précédente, dans les iles de la mer du Sud.

EMBLIC. Emblica. bot. Genre de la famille des Euphorbiacées. Ses caractères sont : des fleurs monoïques ; un calice à six divisions profondes ; dans les mâles, trois filets réunis en un seul , chargé ù son sommet de trois anthères et entouré ù sa base de six glandes qui alternent avec les divisions du calice et manquent quelquefois ; dans les femelles, trois styles dichotomes, allongés, réfléchis ; un ovaire enveloppé d'un tube membraneux, quinquéfide, inégal ou porté sur un disque charnu. Le fruit, sous une enveloppe charnue, renferme un noyau qui se sépare en trois coques bivalves et dispermes. Ce genre est composé d'arbres ou d'arbustes. Leurs feuilles, qu'accompagnent des stipules petites et placées alternativement sur des rameaux articulés avec la branche, simulent tout a fait les folioles de feuilles pennées. Les fleurs, disposées à leur aisselle en faisceaux où les mâles tantôt se trouvent seuls, tantôt se groupent autour de femelles en moindre nombre, sont accompagnées de bradées persistantes. Deux espèces de ce genre sont originaires des Indes; leur fruit, longtemps employé en médecine parmi ceux qu'on confondait sous le nom de Myiobolans, est maintenant sans usage. On y avait encore rapporté deux autres espèces : V Emblica grandis de CiTrtner et Y Emblica Palasis d'IIamillon, que leurs coques monospermes doivent cependant en éloigner.

VEmblica a été séparé par Gœrlner des Phyllanthus de Linné, avec lesquels il a les plus grands rapports. Le(|uel de ces deux auteurs doit-on suivre ? A. De Jussieu a conservé le genre de Gsertner, parce qu'il faudrait, pour être conséi|uent avec soi-même, si on le réunissait au Phyllanthus, y fondre également cinq ou six genres voisins; fusion qui multiplierait les espèces d'un genre où l'on en compte déjà un très-grand nombre, qui compliquerait les caractères génériques et la synonymie, mais serait peut-être du reste plus d'accord avec les principes de la méthode naturelle.

EMBOLE. Embolus. dot. [Lycoperdacées.) Balsch

et Hoffmann avaient donné ce nom à quelques petites Cryptogames qui rentrent en partie dans le genre Stemonitis et en partie dans le genre Calicium d'Achar. f^. SlEMO^ilTlnE et Calycier.

EMliOTHKION. Embothrium. bot. Genre de la famille des Protéacées, établi par Forster(GeH. 13, tab.8), mais dont les caractères ont été singulièrement modifiés par Bob. Brown qui n'y a laissé que deux espèces, et qui fait des autres plusieurs genres distincts, tels que Hakea, GreviUea, Oreocallis, Telopea, Lomatia, Stetiocarpiis, etc. y. ces mots. Voici les caractères du genre Embothrium tels qu'ils ont été exposés par R. Brown dans son excellent mémoire sur les Protéacées {Tratis. Soc. Linn., vol. x) : le calice est irrégulier, fendu longitudinalement d'un côté, divisé en quatre lobes concaves du côté opposé. Les quatre étamines sont placées en face de chaque lobe du calice et en partie recouvertes par eux. L'ovaire est pédicellé, appliqué sur un disque hypogyne, semi-annulaire. Cet ovaire est à une seule loge polysperme, surmonté d'un style persistant, au sommet duquel est un stigmate renflé en forme de massue. Le fruit est allongé et contient des graines qui sont ailées à leur sommet.

Ce genre, ainsi caractérisé, ne contient plus que deux espèces, l'une et l'autre originaires de l'Amérique méridionale. Ce sont des arbustes ou des arbrisseaux glabres, ayant leurs rameaux couverts d'écaillcs provenant des bourgeons. Les feuilles sont éparses el très-entières; les fleurs rouges, glabres, formant des grappes terminales, sans involucre commun.

L'une est V Embothrium coccineum, Forst., loc. cit. Illust. , lab. 53, fig. 2, qui croit sur les bords du détroit de Magellan et à la Terre-de-Feu. Ses feuilles ovales, oblongues, sont obtuses et mueronées à leur sommet; leurs deux faces sont discolores, les rameaux sont écailleux. Vautre, Embothrium lanceolatum, FI. Péruv. etChil., 1, p. 02, tab. 9G, croit sur les montagnes du Chili. Ses feuilles sont linéaires, lancéolées; ses rameaux dépourvus d'écaillés.

EMBRASSANT. Même chose qu'Araplexicaule. y. ce mot.

EMDRICAIRE. bot. r. Imbricaire.

EMBRIAIGO. BOT. Synonyme vulgaire de Narcisse des prés. F. ce mot.

EMBRIAIGUA. BOT. Nom que l'on donne vulgairement au Lotier ordinaire, Lotus corniculatus, L., et à l'Orchide Morio, Orchis Mario, L.

EMBRYON. Embryo. ïool. L'acception de ce mot n'a pas encore été exactement déterminée. On dit, en parlant de l'Homme , Embryon de trois mois et Embryon de trois semaines. L'Embryon de trois mois est un fœtus, car il y a une continuité de circulation entre lui el sa mère. Dans l'Embryon de trois semaines celte continuité n'existe pas. L'état durant lequel le petit animal se trouve sans communication de fluides avec sa mère, el aussi sans communication actuelle avec l'atmosphère, est celui d'Embryon. La durée de cet état varie beaucoup chez les différents Vertébrés. Cet état peut n'être pas suivi de l'étal fœtal, c'est-à-dire de l'état pendant lequel le petit animal est en communication de fluides avec sa mère. Tel est le cas des

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Ovipares. Cliei les Vivipares ou Mammifùres, excepté la famille des Marsupiaux où l'Emljryon passe immédialemenl à l'existence aérienne, l'état d'Embryon est constamment suivi de l'état de fœtus. Tous les Vertébrés ovipares sont donc dans l'œuf à l'état d'Embryon.

Les idées abstraites de la préexistence des germes avaient fait imaginer que l'Embryon était, en infiniment petit, le modèle de l'animal parfait, et que tous ses changements n'auraient été qu'un accroissement. Et comme l'Embryon est ce quelque chose, ce germe Maternel fécondé par le mâle; comme les spermes des mâles contiennent des animalcules microscopiques, ayant un corps globuleux ou discoïde parfaitement distinct, terminé par une queue, on alla jusqu'à imaginer que l'être primitif était cet animalcule introduit dans le germe ou ovule de la femelle. Or, Bory de Saint-Vincent a bien nettement observé que cette queue est essentiellement inarticulée, et ne peut être l'ébaucbe de la colonne vertébrale; à plus forte raison ne peutelle être l'ébauche de la moelle épinière, puisque, sur un fœtus de trois mois et demi , cette moelle n'est pas plus d'à moitié formée, et qu'à six semaines il n'y a encore aucune couche de matière nerveuse, déposée soit dans le renflement céphalique de l'Embryon , soit dans la carène ou prolongement de son corps. Tiedemann dit positivement qu'ayant examiné soigneusement trois Embryons de cet âge (Anat. du cerv., p. 14), il trouva immédiatement au-dessous des téguments un canal ou tube dont les parois étaient fort dures (c'étaient les rudiments de la colonne vertébrale et du crâne) et contenaient un fluide blanchâtre et presque diaphane. Le système cérébro-spinal n'existe donc pas encore à cet âge : or le cœur est déjà bien formé depuis longtemps. Le système nerveux ne |)arait donc pas le premier entre tous les organes, ainsi que l'ont dit la plupart des anatomistes, trompés sans doute par l'opacité du fluide contenu dans le tube membraneux , ébauche de la colonne vertébrale et du crâne.

Quoi qu'il en soit, voici l'état constitutif de tout Embryon : 1" l'amnios , qui n'est autre chose qu'un prolongement de son épiderme ou surpeau , se réfléchit autour de lui; 2» par le canal du pédicule de cet amnios sort la vésicule ombilicale, continue avec l'intestin que son rétrécissement longitudinal et cylindrique doit former dans les Oiseaux, et y communiquant seulement par des vaisseaux dit omphalo-mésentériqUes chez les Mammifères; 5° l'allanloïde, autre poche dont le degré de développement est réciproque et successif à celui de la vésicule ombilicale , et qui n'est autre chose que le prolongement extérieur de ce qui doit être plus tard la vessie urinaire. Enfin l'Embryon est contenu, après les premières phases seulement de son développement chez les Mammifères, dans une enveloppe générale à double repli, qui, dans les Oiseaux, porte le nom de memlirane de la coque, et dans les Mammifères celui de chorion. L'Embryon ne s'entoure de cette enveloppe que dans la matrice qui est déjà tapissée de cette membrane dont l'Embryon s'enfonce, pour ainsi dire, comme la tète dans un bonnet de nuit.

Or, les premiers développements du petit animal se font avant qu'il ait contracté aucune adhérence vascu-

laire avec sa mère. Les vaisseaux de la vésicule ombilicale absorbent d'abord dans les fluides de l'oviducte ou de la matrice, les premières molécules de son développement. A deux mois de la conception, on peut encore observer sur l'Homme la vésicule ombilicale dans le pédicule de l'amnios qui enveloppe le cordon ombilical. Elle est alors de la grosseur d'un petit pois. D'après ce que nous allons dire des Oiseaux, et d'après le défaut d'allantoïde dans la première période du développement, il parait que les vaisseaux de la vésicule sont les organes et de l'absorption moléculaire et de la respiration. Quand la vésicule ombilicale cesse son action chez les Mammifères, et cette époque varie suivant les genres, l'allantoïde en remplit les usages respiratoires. Elle est très-développée et libre dans l'œuf des Ruminants et du Cochon; elle est aussi très-développée, mais adhérente aux surfaces correspondantes du chorion et de l'amnios dans le Cheval et le Chien , ainsi que dans l'Homme où l'adhérence a fait douter de son existence; et alors ses vaisseaux se confondent avec ceux du chorion. Les matériaux de l'accroissement sont dès lors absorbés par les villosités de la surface du chorion plongé dans l'humidité de la matrice. Enfin à trois mois, chez l'Homme, ces villosités accumulées sur l'un des points de l'œuf contractent adhérence et communication avec les vaisseaux de la matrice; le placenta est formé, et l'Embryon étant en communication avec la circulation de la mère, devient un fœtus.

Dans les œu^s des Oiseaux, la fonction de la vésicule ombilicale dure presque tout le temps de l'incubation. Dans les quatre premiers jours, la matière qu'elle contient sert à la formation et à l'accroissement de l'Embryon, et ses vaisseaux à sa respiration. Le quatrième jour l'allantoïde , par l'effet de cette nutrition , se développe; le huitième jour, elle occupe la moitié de la surface du jaune, et alors elle en recouvre les vaisseaux dont elle remplit les fonctions respiratoires. Ces mêmes vaisseaux, pendant ce temps, absorbent l'albumine du blanc, et entretiennent ainsi la plénitude relative de la membrane du jaune ou de la vésicule ombilicale qui, en s'allongeant sous forme de cylindre, devient l'intestin. Dans les Oiseaux, les vaisseaux ombilicaux se distribuent uniquement à cette allantoïde. Pendant l'incubation, le Poulet se développe donc comme le module ou Embryon du Mammifère avant qu'il se soit mis en communication avec la circulation de la mère par ses vaisseaux ombilicaux. Le petit de l'Oiseau est donc un Embryon pendant tout son séjour dano l'œuf.

La vésicule ombilicale du Mammifère ne rentre pas dans l'abdomen ; elle n'était pas continue avec la cavité de l'intestin ; elle n'est donc l'analogue de la membrane du jaune qui est l'intestin même, que par l'office qu'elle remplit.

L'Embryon des Mammifères, pendant toutes ses phases, est donc ouvert à la face abdominale par une fente médiane. Cette fente se rétrécit de plus en plus chez le fœtus. Il parait que chez les Marsupiaux il n'y a point d'état fœtal. L'Embryon formé et développé par la seule absorption de la vésicule ombilicale, et peut-être de

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rallanloicle durant sou court 6(''jour dans l'oviducte, vient se coller sur la tétine où il paraît se nourrir par une véritable digestion intestinale et par une respiration pulmonaire, y. Foetus et CEdf.

E.MDRYON. Embrfo, Corctilum. bot. L'Embryon est un des organes les plus importants et celui qui fournit les meilleurs caractères dans la classification des genres en familles naturelles et de celles-ci en classes. Aussi son organisation mérite-telle d'être étudiée avec le plus grand soin. On peut définir l'Embryon végétal, ce corps organisé, existant dans une graine parfaite et fécondée, et qui est le rudiment d'une nouvelle plante. C'est la partie essentielle de la graine, puisque c'est lui qui, place dans des circonstances favorables à son développement, devient, par suite de la germination, un végétal en tous points semblable à celui dont il tire son origine. Tantôt l'Embryon forme à lui seul toute la masse de l'amande, et est recouvert immédiatement par le tégument propre de la graine ou épisperme, comme dans le Marronnier d'Inde, le Haricot, la Fève, l'Abricotier, clc. On le nomme alors Embryon épispermiqite. Lorsqu'au contraire il est accompagné d'un endosperme, on dit qu'il est endospermlque, comme on en a des exemples dans le Blé, et toutes les Graminées, les Cypéracées, les Eupborbiacées, etc. La position de l'Embryon endospermlque mérite encore d'être distinguée, suivant qu'il est placé à l'extérieur de l'endosperme, sur un des points de sa surface externe, ou suivant qu'il est renfermé dans l'intérieur même de ce corps; dans le premier cas, c'est un Embryon extraire; tandis qu'il est intraire dans le second cas.

La position de l'Embryon relativement à la graine doit être soigneusement examinée; elle donne des caractères d'une haute importance pour la formation des familles naturelles. Celte position respective est le résultat de la comparaison entre la base de la graine qui est représentée par son point d'attache que l'on nomme hile, et la base de l'Embryon qui est son extrémité inférieure ou radiculaire. Ainsi l'Embryon peut offrir la même direction que la graine, c'est-à-dire que son extrémité inférieure correspond exactement à la base de la graine. On dit alors qu'il est homolrope, comme dans la plupart des Légumineuses, des Rubiacées, des Solanées, etc. Il est au contraire antilrope quand sa direction est opposée à celle de la graine, c'est-à dire que sa base correspond au sommet de celle-ci, comme dans le Melampyrum, le Potamogeton , le Tradescantia, etc. Si l'Embryon est placé obliquement ou transversalement par rapport ù l'axe de la graine, de manière qu'aucune de ses deux extrémités ne soit tournée vers la base ou le sommet de celle-ci, l'Embryon est alors appelé hélérolrope, comme dans la plupart des genres qui forment la famille des Primulacées. Enlîn il arrive quelquefois que l'Embryon est plus ou moins recourbé de manière que ses deux extrémités se rapprochent et correspondent au même point de la graine, caractère qui dislingue l'Embryon amphitropc , que l'on observe dans les Alismacées , beaucoup d'Alriplicées, de Crucifères et de Caryophyllécs.

L'Embryon présente deux extrémités : une inférieure

ou radiculaire, et une supérieure ou colylédonaire. Il est composé de quatre parties, savoir : le corps radiculaire, le corps colylédonaire, la tigelle et la gemmule. Examinons rapidement chacune d'elles.

1" Le corps radiculaire ou extrémité inférieure de l'Embryon constitue la radicule, c'est-à-dire celte partie qui , par l'effet de la germination , doit devenir la racine de la plante ou lui donner naissance. Dans l'Embryon ù l'élat de repos, c'esl-ù-dirc avant la germination , l'extrémité radiculaire est toujours simple et indivise. Lorsqu'elle se développe, elle pousse souvent plusieurs petits mamelons qui constituent autant de filets radiculaires, et qui tinissent par former la véritable racine. Dans un certain nombre de végétaux, le corps radiculaire s'allonge et devient la racine, par suite du développement que la germination lui fait éprouver. C'est ce que l'on observe dans toutes les plantes dicotylédones. Dans ce cas la radicule est extérieure, et les plantes qui offrent celle organisation sont appelées Exorhizcs. Dans d'autres, au contraire, la radicule est recouverte et cachée par une enveloppe particulière, une sorte de petit sac qui est un prolongement de la partie exteine ou corlicalc de l'Embryon et qu'on nomme Coléorliise. Celle enveloppe s'allonge ù l'époque de la germination, puis ne tarde pas à se déchirer pour laisser sortir la radicule qui est intérieure ou coléorhizée. On nomme Endorhizes les plantes qui ofFrentcelte parlicularité, et ce groupe correspond aux Monocotylédoncs; enfin, ce qui est plus rare, la radicule est quelquefois soudée avec l'endosperme, comme dans les Conifères et les Cycadées, ce qui forme le groupe quele profes-seurRichard a nommé Synorliizes.

Avant la germination il est quelquefois difficile de distinguer et de reconnaître dans l'Embryon quelle est l'exlrémilé radiculaire. En effet certains Embryons sont tout à fait cylindriques, et leurs deux extrémités sont parfaitement semblables. La germination fait disparaître tous les doutes. L'extrémité radiculaire est le premier point de l'Embryon qui commence à se développer. Elle tend continuellement à se diriger vers le centre de la terre; quels que soient les obstacles qu'on cherche à lui opposer, elle les surmonte toujours pour prendre cette direclion.

2° Le corps colylédonaire est l'extrémiléde l'Embryon opposée à la radicule. 11 peut être simple et parfaitement indivis; dans ce cas il est formé par un seul cotylédon, et l'Embryon est appelé monocolylédoné, comme dans le Maïs, le Blé, le Lis, l'Asperge, etc. D'autres fois il est formé de Aem corps réunis base à base, appliqués généralement l'un contre l'autre par leur face interne et formant deux cotylédons ; l'Embryon est alors dicolj'lédoné , comme dans le Haricot, la Fève, le Hêtre, etc. D'après cette structure du corps colylédonaire, on a divisé tous les végétaux Phanérogames en deux embranchements, savoir : les Monocotylédons qui ont l'Embryon à un seul cotylédon, et les Dicotyi.Éuoss dont l'Embryon présente deux cotylédons ou lobes séminaux. Cependant il est un certain nombre de plantes phanérogames, qui ne peuvent entrer dans aucun de ces deux groupes; ce sont ceux qui ont plus de deux cotylédons. Néanmoins, on est généralement con-

venu de les placer parmi les Dicotylédons. ^'. Coty-

LÉDOriS.

3» On nomme gemmule ou plumule, un petil bourgeon formé de feuilles diversement groupées, placé entre les deux cotylédons dans les plantes dicolylédonées, ou dans l'intérieur même du cotylédon unique dans les végétaux à un seul cotylédon. C'est la gemmule, qui, par son développement, doit donner naissance aux parties de la plante qui végètent au-dessus du sol.

4° La tigelle est le rudiment de la tige. C'est l'enlrenœud placé entre la hase de la gemmule et le point d'insertion des cotylédons. Elle n'existe pas constamment. Ainsi on ne la trouve pas généralement dans loules les plantes monocolylédones.

Après avoir étudié en particulier tous les organes qui composent l'Embryon , présentons ses caractères généraux, suivant qu'il offre deux cotylédons ou seulement un seul.

Dans l'Embryon dicotytédoné, la radicule est cylindrique, plus ou moins conique, saillante, s'allongeant lors de la germination pour devenir la racine; les deux cotylédons, en général attachés à la même hauteur sur la tigelle, ont une épaisseur d'autant plus grande, quel'endospermeesl plus mince, ou même qu'il n'existe pas du tout. La gemmule est renfermée entre les deux cotylédons qui la recouvrent et la cachent en grande partie. La tigelle est fréquemment visible. Dans l'Embryon monocotylédoné, au contraire, les diverses parties qui le composent ne sont ni aussi bien dessinées, ni aussi faciles à distinguer. Le corps radiculaire occupe une des exlrémilés, c'est toujours celle qui est la plus voisine de l'extérieur de l'endosperme , quand l'Embryon est cndospermique. 11 est plus ou moins arrondi, souvent très-peu saillant, quelquefois très-large et aplati. La radicule est renfermée dans une coléorhlze qu'elle allonge et déchire à l'époque de la germination; le corps colylédonaire est simple et ne présente aucune incision ni fente. Sa forme est très-variable. Le plus souvent il renferme la gemmule et lui forme une sorte d'enveloppe que l'on a nommée coléojitile. Cette gemmule se compose de feuilles emboîtées, et entîn la tigelle mamiue presque constamment. F. Germinatio?). EMBRYOKELLE. EmbryoneUum. bot. Kom imposé par Agardh, aux spores des plantes Cryptogames, pour les distinguer des germes des plantes pourvues de véritables graines au.xquelles la dénomination d'Embryon est appliquée.

EMBRYOPTÉRIDE. Emhtjopteris. bot. Roxburgh et Gœrtner décrivent sous ce nom un genre que plusieurs auteurs réunissent au Plaqueminier. Il en sera parlé donc dans le même article, pour que leurs rapports et leurs différences soient plus facilement aperçues, et qu'on puisse mieux conclure de cette comparaison , laquelle on doit préférer de la réunion ou de la distinction de ces deux genres. F. Plaqueminier.

EMBRYOTÈGE. Embtyotega. bot. Sorte de corps renflé, en forme de calotte, que l'on remaniue quelquefois plus ou moins loin du hile de quelques graines, comme dans le Dattier, l'Asperge, la Commcline, etc.

Suivant Gatrlner, ce corps se détache pendant la germination , et livre passage à l'Embryon.

EMCÊPHALE. Emcephaliis. iNS. Coléoptères hétéromères, famille des Taxicornes, tribu des Cossyphides , établi par Kirby, pour un insecte nouveau de l'Australasie. Caractères : antennes filiformes, de onze articles dont le troisième plus grand; à partir du septième ils accroissent de grosseuret forment une sorte de massue : ceux-ci sont turbines et le dernier ovale; lèvre transverse; palpes maxillaires composées de quatre articles : le premier très-court, le second allongé, arqué en massue; le troisième court, renflé en haut; le dernier grand, compriméetsécuriforme; palpes labiales courtes, de trois articles dont les deux premiers très-pelils et presque triangulaires, le dernier sécuriforme; corps ovale, aplati, avec les côtés étendus et réfléchis, un grand sillon à la partie antérieure du prothorax, pour recevoir la têle; prosternum caréné; mésoslernumexcavé antérieujement; métaslernum arrondi à l'exlréniilé ; tarses garnis de pelolles. L'Emcéphale bossu , Emcepltalus (/ibhosus, a neuf lignes de longueur; il est d'un brun de poix, avec les élytres gibbeuses à leur base, striées, avec des lignes de points dans leurs enfoncements, et bicarénées ; le bord est plan et très-lisse.

ÉMERAUDE. min. Smaragd et Eeiyl , Wein.; Béril Émeraude et Béril Algue-Marine, Brongn. Espèce de la famille des doubles Silicates , qui , pendant longtemps, a été partagée en deux groupes, à la réunion desquels ont concouru les résultats de la chimie et ceux de la cristallographie. L'un de ces groupes auquel le nom d'Émeraude s'appliquait alors exclusivement, contenait ces belles variétés d'un vert pur, si vantées parles anciens, et si recherchées dans les arts d'ornement pour le charme de leur couleur. L'autre groupe était formé de ces pierres d'un vert bleuâtre ou jaunâtre, beaucoup moins estimées que les premières , et auxquelles on a donné les noms de Béril et d'Aigue-Marine. Le Béril et l'Émeraude proprement dile doivent leurs qualités distinctives aux principes accidentels qui les colorent. Dans le premier, c'est l'Oxide de Fer qui remplit celte fonction. Dans l'Émeraude, c'est l'Oxide de Chrome. Mais a part cette différence d'aspect due à deux ou trois centièmes de matière étrangère, les deux substances s'accordent parfaitement dans tous les caraclères tirés de leur composition et de leur structure ; aussi ne forment-elles pi us aujourd'hui qu'une seule espèce dans tous les systèmes de minéralogie, où elles sont réunies sous l'un ou l'autre des noms qui servaient à les distinguer. Cette espèce est formée d'un atome de quadrisilicale de Glucine combiné avec deux atomes de bisilicate d'Alumine, ou en poids de Silice G7,98 '^., Alumine 18,30, et Glucine 13,72, d'après les analyses de Vauquelin. Sa forme primitive est, suivant HaUy, un prisnie hexaèdre régulier, dont les faces latérales sont des carrés. Les clivages sont ordinairement plus sensibles dans les variétés connues sous le nom de Béril que dans celles que l'on a appelées Émeraudes. La cassure est ondulée et brillante ; les longs prismes d'Aigue-Marine se séparent dans le sens transversal, en tronçons terminés d'un côté par une saillie, de l'autre par un enfoncement, comme dans les Basaltes articulés. La dureté est moyenne entre

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celle du Quartz et de la Topaze. La réfraction est double à un degré médiocre, et ses effets se rapportent a un seul axe parallèle à celui de la forme primitive. La pesanteur spécifique est de 2,7. L'Émeraude est fusible au chalumeau en un verre blanc un peu écumant. — Les formes secondaires de cette substance sont peu variées : elles portent toutes l'empreinte du prisme hexaèdre régulier, lequel se modifie légèrement sur ses arêtes et sur ses angles. La forme primitive existe aussi sans modification, et c'est le cas le plus ordinaire; on la trouve ainsi dans toutes les localités où le minéral a été observé; au Pérou, en Sibérie, en France, etc. Cette même forme produit la variété épointée d'HaUy, lorsqu'elle est modifiée sur ses angles par des facettes, résultant d'un décroissemenl par deux rangées; la variété bino-annulaire, lorsqu'un semblable décroissemeht agit sur les arêtes des bases ; la péridodécaèdre, lorsque les bords longitudinaux sont remplacés par une seule face; Vunibinaiie, lorsqu'un décroissement simple sur les arêtes des bases se combine avec celui qui a lieu sur les angles dans la première variété; la rhombifère, lorsque les facettes de l'époinlée se réunissent avec celles de l'annulaire, etc. Les pans des prismes, d'une couleur verte, sont lisses, tandis que les bases sont hérissées de très-petites aspérités. Les Aiguës-Marines, au contraire, ont en général leurs pans chargés de stries longitudinales, et leurs bases sont unies. Ces stries sont dues à une cristallisation accélérée, qui souvent arrondit entièrement le i)risme, et le transforme en celle modification qu'on nomme cylindroide. On ne connaît point d'autres variétés de l'Émeraude, qui n'a encore été observée qu'à l'état de cristaux. Ces cristaux sont transparents, nébuleux ou opaques. La teinte de ceux du Pérou est le vert pur, qu'on appelle vertd'Émeiaude; les Bérils de Sibérie sont d'un jaune de miel el d'un bleu verdàlre ; les Bérils de Bavière et de France sont blancs, blanc-jaunâtre ou gris-brunâtre.

L'Émeraude a son gisement dans les roches primitives, telles que les Granités, les Pegmalites et les Micaschistes. Les Bérils de Sibérie sont disséminés ou implantés dans la Pegmalile ou dans les filons qui traversent les terrains formés de celle roche. Suivant Patrin , il en existe trois mines différentes dans la montagne d'Odon-Tchelon, près du Ueuve Amour, en Daourie. Le même auteur cite un second gîte d'Émeraudes dans les monts Altaï, à cinq cents lieues d'Odon-Tchelon, et un troisième dans les monts Ourals. Les Bérils de France, aux environs de Nantes et à Chantelub, près de Limoges, ceux des Élats-Unis, sont pareillement engagés dans des roches granitoïdes. Dans ces diverses localités, ils s'associent ù des substances pierreuses de différentes natures, telles que le Quartz, la Topaze, le Feldspath, la Tourmaline, etc. L'Émeraude, dite du Pérou, vient de la vallée de Tunca, et de la juridiction de Santa-Fé, entre les montagnes de la Kouvelle-Grenade et celles de Popayan. Ilumboldt l'a ol)servée dans un filon qui traverse un Schiste amphibolique [Hornblendl Schiefer) où elle est accompagnée de Chaux carbonatée cl de Fer sulfuré. Les Émeraudes vertes des environs de Salzbourg sont implantées dans un Micaschiste d'un gris foncé. Celles d'Egypte, connues des anciens, ont leur

gisement dans une roche parfaitement analogue. Pendant longtemps, on n'a eu aucune donnée sur le lieu précis de ce gisement; mais Caillaud, voyageur français, est parvenu récemment à retrouver ces anciennes mines d'Émeraude , au mont Zabara , dans la Haule- Égypte, à sept lieues de la mer Rouge. — Les plus gros cristaux d'Émeraude du Pérou qui soient coimus, ont environ six pouces de longueur, sur deux pouces d'épaisseur; les Bérils présentent souvent des dimensions beaucoup plus considérables. Les anciens ont eu connaissance de l'Émeraude, surtout de la variété verte; mais on voit qu'ils réunissaient sous le nom de Smaragdus des pierres très-différentes qui possédaient la même couleur. Au rapport de Pline, les Romains avaient une si haute estime pour cette gemme, qu'il n'était pas permis à leurs graveurs d'y porter le burin. Ceux-ci, pour soulager leurs yeux fatigués pendant leur travail, regardaient à travers une plaque d'Émeraude. On prétend que Néron s'amusait à considérer ainsi les jeux sanglants de l'Arène. Les Romains ont eu moins de respect pour le Béril. Parmi les pierres gravées que l'on admire dans la collection de la Bibliothèque du roi, on voit une Aigue-Marine qui représente en grand relief Julie, fille de l'empereur Titus. C'est l'une des plus belles pierres de cette espèce, et des plus volumineuses que l'on connaisse; elle est de forme ovale, et a près de deux pouces dans sa plus grande largeur. Elle se distingue encore par sa couleur, sa pureté et le mérite de la gravure. Une des Émeraudes vertes les plus célèbres, est celle qui orne le sommet de la tiare du souverain ponlife. Sa forme est celle d'un cylindre court, arrondi à l'une de ses extrémités. Elle a deux pouces de longueur, sur quinze lignes de diamètre.

L'Émeraude est encore de nos jours au premier rang des pierres précieuses , et si elle est inférieure en dureté à la gemme orientale, elle se dédommage souvent de ce qui lui manque à cet égard, par le charme de sa couleur pure et comme veloutée. Les belles Émeraudes du Pérou se vendent au carat; mais comme leur perfection est souvent altérée par des glaces, le prix du carat varie depuis cinquante centimes jusqu'à cent francs. Quant aux Bérils el Aiguës-Marines , leur valeur n'approche point de celle de l'Émeraude verte. Us ont cependant un assez grand prix quand ils sont purs, d'un ton de couleur assez élevé, et d'un beau volume. Ceux que l'on taille le plas communément sont d'un vert bleuâtre ou d'un bleu verdâtre. On imite l'Émeraude dans les manufactures d'émaux et de pierres fausses, avec des verres colorés par l'Oxide de Chrome.

ÉMER\IIDE UEBonÈÎIE. V. CnACX FlUATÉE VERTE. ÉmERAIJDE de CARTflAGÈNE. F. CHADX FLUATÉE VERTE.

ÉuERAiiUE Morillon. F. Chaux flcatée verte.

ÉMERALUEORIEJiTALE. F. CoRINDON-HyaIIN VERT.

ÉMERAUDE-AMÉÏUISTE. OIS. Espèce du genre Colibri. /'. ce mot.

ÉMERAUDINE. (Delamétherie.) ^.Cuivre Dioptase.

ÉJIERAUDINE. iKS. Synonyme de Cétoine dorée. F. Cétoine.

ÉMERAUDITE. (Daubenton.) A'. Diailage verte.

ÉMEKICIE. Einerkla. bot. Rœmer el Schultes onl formé, sous ce nom, un genre de la famille des Apoci-

nées, pour le Pergulatia glabra, de Linné, auquel ils ont reconnu des caractères distincts de ceux assignés par le célèbre botaniste Suédois à son genre ; mais comme antérieurement le même genre avait été formé par Burniann, sous le nomdeKoWamj et qu'il n'a cessé d'exister que parce que Linné n'en avait pas trouvé les caractères suffisants, il élait de toute justice, en rétablissant le genre de Burmann, de lui restituer le nom qui lui avait été primitivement assigné. K. Vallaride.

ÉMERIL. Min. F. Corindon granulaire.

ÉMERlLLON.ois. Nom donné à deux espèces du genre Faucon. En Europe, il désigne le Fako jEsaton, L.; en Amérique, et particulièrement à Cayenne, Saint- Domingue, Caroline, c'est le nom du Falco Malfini. Ces deux espèces sont , pour Lesson, une race distincte dans le grand genre des Faucons. V. ce mot.

ÉMERITE. Emerila. crdst. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, fondé par Gronou et comprenant deux espèces; la première appartient au genre Hippe de Fabricius, et la seconde au genre Rémipède de Latreille. F. ces mois.

EMERUS. BOT. Sous ce nom Tournefort avait formé un genre particulier que Linné a réuni au Coronilla. Muller, adoptant le genre de Tournefort, a décrit les deux variétés du Coronilla Emerus de Linné, comme deux espèces distinctes qu'il a nommées Emerus major et Emerus minor. Son Emerus Iterbacca est le Sesbania occiilentalis de WiUdenow. F. Coronille et Sesbanie.

ÉMÈSE. Emesa. im. Genre de l'ordre des Hémiptères, fondé par Fabricius et ayant pour caractère essentiel : les antennes filiformes, très-longues et formées de deux articles seulement. Ce genre, composé d'espèces exotiques dont une se trouve décrite et figurée dans l'ouvrage de Degéer (Mém. sur les Ins. T. m, p. 332, pi. 33), correspond au genre Ploïère. F. ce mot.

ÉMESIDE. Emesis. ins. Lépidoptères diurnes. Ce ■genre, formé parHorsfieldaux dépens du genre Éricine de Latreille, se compose de toutes espèces habitantes de Madagascar, Java, Bornéo, Amboine et de la Nouvelle-Guinée; leurs palpes sont droiles et beaucoup plus courtes que la tète. Parmi ces espèces quelquesunes, telle que Emesis Echeria, ont été figurées par Stoll. L'Émeside léoside, rapporlée de la Nouvelle- Guinée par les naturalistes du bord de la Coquille, a ses ailes antérieures d'un fauve pâle avec l'extrémité largement noire, marquée de deux taches fauves; les postérieures sont d'un fauve ferrugineux, avec trois lunules et un court prolongement caudal, noirs; le dessous des antérieures est fauve à la base avec trois taches et une ligne blanches; l'extrémilé est noire, avec six taches couleur d'acier ou argentées; le dessous des postérieures est roux ferrugineux, avec les nervures et les bandes blanches, plus deux taches externes et une ligne marginale argentées.

ÉiMESlDE. Emesis. ins. Genre de Lépidoptères diurnes , créé par Fabricius et réuni par Latreille à son genre Érycine de la famille des Papilionides. f^. Éry-

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