‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 18 sur 76 · ÉCORCE · texte numérisé non relu

ÉCORCE

Dans les Hydrophytes , l'Épiderme est d'autant plus sensible que l'organisation de ces végétaux est plus compliquée; par la macération on peut l'isoler. Lorsque celle séparation devient impossible par la ténuilé de la plante, l'existence de cet Épiderme est prouvée au moyen du microscope. 11 varie moins dans ces êtres que dans les Géophyles, à cause, sans doute, de la nature du milieu dont les éléments agissent avec moins d'énergie, et dont les variations sont moins grandes et moins subites. A^'. Hydkopbttes.

ÉPIDIDYME. zooL. Canal plusieurs fois contourné et pelotonné sur lui-même, étendu entre la parlie supérieure et postérieure du testicule et le canal déférent qui en est la continuation. C'est dans cet organe que paraissent se développer les Zoospermes. F. ce mot et

GÉIVÉRATIOrS.

ÉPIDISCAL. Epidiscalis. bot. Richard désigne par celle épilhéte. l'insertion des élamines ou de la couronne slaminifère, immédiatement autour du disque, de manière que la base est simplement en contact avec celle du disque et que les pélales, quand il y en a, touchent également le disque ou bien sont contigus aux filaments qui leur correspondent.

El'IDOUCHIS. BOT. Nom proposé par Du Petit-Thouars (Histoire des Orchidées des îles australes d'Afrique) pour désigner un groupe de la section des Épidendres, caractérisé principalement par son labelle en cornet. Il parait correspondre an genre Epidendrum de Swariz, car en composant le nouveau mot, Du Petit-Thouars a voulu rappeler, par les deux premières syllabes, le nom du genre admis par les auteurs, et au moyen des dernières, le nom de la famille. Les espèces qu'il a figurées {loc. cil.), habitent Madagascar, les îles de France et de Mascareigne, et ont reçu les nouvelles dénominations de Folucrepis, Polystepis, Macrostepis et Brachistepis. V. chacun de ces mots, à l'exception du dernier qui n'a pu être traité dans ce Dictionnaire, puisque l'ouvrage de Du Petit-Thouars n'avait pas vu le jour à cette époque. H suffira d'indiquer ici la figure du Brachislepis ou Epidendrum Brachtstachion. Elle est figurée dans l'ouvrage de Du Petit-Thouars, lab. 83.

ÉPIDOTE. MIN. Pisiazit et Zoisit, Werner; Thallil, Karst., Schorl vert des anciens minéralogistes. Double Silicate à base de Chaux et d'Alumine, formé, suivant Berzélius cl d'après les analyses de Klaprolh, de Silice, 40,20; Alumine, 51,09; Chaux, 25,78 sur 100. Dans quelques variétés, le Silicate de Chaux est remplacé par

un aulre principe isomorphe, savoir, le Silicate d'oxidule de Fer. La forme jirimilive, commune ù toutes les variétés, est un prisme droit, irrégulier, ou mieux un prisme rectangulaire, à base oblique, dans lequel celle base s'incline sur l'un des pans de 114° 37' suivant Hauy, et de 115" 24' suivant Haidinger et d'après les mesures prises avec le goniomètre à rétlection. Les trois arêtes du prisme sont entre elles à peu près dans le rapport des nombres 9, 8 et 5. Ce prisme se sous-divisc dans le sens de la petite diagonale de sa base. L'Épidole est fusible au chalumeau avec bouillonnement en une scorie noirâtre. Sa pesanteur spécifique est 3,45. 11 raye le verre, étincelle par le choc du briquet, a une cassure transversale raboteuse et un peu éclatante; sa poussière est d'un jaune verdâtre dans les cristaux' de Norwège; elle est blanchàlre dans ceux du Valais, de la Carinlhie, etc. Les formes secondaires de ce minéral se présentent sous l'aspect de prismes à six. huit et douze pans, terminés par des sommets dièdres ou pyramidaux, à faces obliques et diversement situées. L'une des plus remarquables est celle qu'Hauy a nommée Dodécanome, parce qu'elle est le résultat de douze lois différentes de décroisseraent, loutes extrêmement simples ; elle appartient à la variété verle, désignée plus particulièrement sous le nom d'Akanticone. L'ensemble des variétés d'Épidote peut se partager en trois groupes, d'après les différences qu'elles offrent dans leurs caractères extérieurs, et même dans leurs principes composants.

1" Épidote d'un gris éclatant ou d'un brun jaunàlre; Zoïsile, ainsi nommé en l'honneur du baron de Zoïs. Cristaux lamelleux, ordinairement incomplets à leurs extrémités. Ils sont composés de Silicate de Chaux et de Silicate d'Alumine. On les trouve implantés dans les cavités des terrains primordiaux, tels que le Granité, le Diorile ou Diabase, l'Éclogite, etc., et principalement dans le Valais, la Carinlhie, le Tyrol, le pays de Salzbourg, etc.

2° Épidote vert, dit Pistazit, et Thallit; Arendalite et Akanticonite. Cristaux d'un vert obscur ou d'un veit noirâtre, dont les faces ont un éclat assez vif, et quelquefois ont subi une altération qui leur donne une sorte d'aspect métallique. Le Silicate de Fer y remplace le Silicate de Chaux.

a. jéciadaire. En prismes ordinairement minces et allongés, striés longitudinalement et disposés par faisceaux. On les trouve dans le département de l'Isère, engagés dans l'Asbesle Hexible, qui recouvre le Diorile, ou dans le Schiste chlorileux.

/3. En Cristaux d'un volume assez considérable, implantés sur les parois des filons en Norwège, à Arendal, dans les mines de Fer, et à Konsberg, dans celles d'Argent natif. On en trouve également à Longbanshyttan en Suède. Ce sont ces cristaux que d'Andrada a décrits sous le nom d'Akanticone, c'est-à-dire Pierre d'un vert de Serin.

y. Granulaire. Delphinite grenue de Saussure ( Voy. dans les Alpes, n» 1225), en masse d'un jaune verdâtre, à cassure raboteuse , sur laquelle on observe souvent des aiguilles d'Épidote, qui font continuité avec elles.

S. Arénacé, vulgairement Scorza, en giains peu

brillants, d'un jaune veidàlre, recueillis sur les bords de l'Aranios, en Transylvanie.

5" Épidole violet, manganésifère, contenant, d'après les expériences de Cordier , douze parties sur cent d'Oxide de Manganèse. On le trouve dans la vallée d'Aoste, en Piémont, où il adhère souvent au Manganèse oxidé noir.

EPIDROMUS. MOLt. Le genre établi sous ce nom par Klein ( Tent., p. 35, sp. 7), d'après Rumph, parait ne pas devoir être conservé, et se répartir entre les Buccins et les Cérites. f^. ces mots.

ÉPIETS. Spi'ciilœ. BOT. Épillets secondaires dont sont formés les épillets dans quelques Graminées.

ÉPIETTE. BOT. Nom proposé par quelques botanistes français pour désigner le genre Slipa. V. ce mot.

ÉPIFAGE. Epifagus. bot. Genre de la Didynamie Angiospermie, établi par Nuttall (Gênera of North American Plants, vol. 2, p. 60) aux dépens des Orobanches de Linné, et ainsi caractérisé; plante polygame; calice court, à cinq dents; corolle des fleurs neutre, en gueule, comprimée, à quatre lobes; la lèvre inférieure plane; corolle des fleurs fertile, petite, à quatre dents et caduque; capsule tronquée, oblique, uniloculaire, à deux valves imparfaites, s'ouvrant d'un seul côté. Ce genre est tellement voisin de l'Orobancbe qu'il n'a pas été généralement adopté, et ne se compose que d'une seule espèce, V Epifagus Americanus,^\xl.\ Orobanche Firginiana, L. Cette plante est berbacée, charnue et sans verdure, comme les Orobanches. On la trouve parasite sur les racines de quelques Hêtres ( Fagus aflvatica et /erniginea) dans toutes les contrées de l'Amérique du Nord.

ÉPIGASTRE. zooL. Partie supérieure et moyenne de l'abdomen. K. ce mot.

ÉPIGÉE. Epigœa. bot. Genre de la famille des Éricinées et de la Décandrie Monogynie, L., offrant un calice à cinq divisions très-profondes, accomi)agné extérieurement de trois bractées; une corolle monopétale, tubuleuse, bypocratériforme, dont le limbe est plan et à cinq divisions. Les étamines, au nombre de dix, sont incluses; les anthères sont dépourvues d'appendices en forme de corne. L'ovaire est appli<|ué sur un disque hypogync à dix lobes; il est à cinq loges polyspermes. Le fruit est une capsule à cinq côtes faiblement arrondies et à cinq loges s'ouvrant en un égal nombre de valves.

Une seule espèce, Epigœa repens, L., Michx.,Flor. Bor. Am. i , compose ce genre. C'est un petit arbuste rampant, toujours vert, ayant des feuilles [létiolées, alternes, entières, ovales, échancrées en cœur à leur base. Les fleurs sont odorantes, roses, et forment de petites grappes à l'aisselle des feuilles. Cette plante, qui aime l'ombre et l'humidité, croît dans l'Amérique septentrionale.

Swartz a voulu réunir à ce genre, sous le nom d'Epigœa cordifolia, le Giialllieriçi sjiliagnicola de Richard {A et. Soc. Nat. Paris. T. i, p. 109); mais à tort, car cette plante appartient évidemment au genre Gualtheria , par son calice cliarnu, bacciforme et recouvrant la capsule, f^. Gdaltherie ou plutôt Gaul-

TUÉRIE.

ÉPIGÈNES. Epigenis. bot. Champignons parasites, qui croissent à la partie supérieure des feuilles.

ÉPIGÉNIES. MIN. Hauy a distingué, par cette épithète d'Épigénies, des cristaux dont la forme appartient à un autre minéral que celui dont ils sont composés, et dans lesquels cette différence doit être attribuée à ce qu'ils ont perdu un des principes chimiques, qui les constituaient originairement, ou à ce qu'ils en ont reçu un autre sans que leur forme en ait été altérée; ces changements chimiques ayant eu lieu depuis la formation de ces cristaux (ETrc/Evciri;, origine postérieure), V. ce (|ui en a été dit au mot Cristallisation.

ÉPIGÉS (cotylédons), bot. A l'époque de la germination, tantôt les deux cotylédons restent placés sous terre, comme dans le Marronnier d'Inde par exemple; on les appelle alors cotylédons hypogés ; tantôt ils sont élevés au-dessus de la surface du sol, par suite de l'élongation de la tigelle, et on dit alors qu'ils sont Épigés, comme dans le Haricot et le plus grand nombre des plantes Dicotylédones.

ÉPIGLOSSE. Epiglossa. zooL. Nom donné par Savigny, à un organe particulier de la bouche des insectes Hyménoptères; aune sorte d'appendice membraneux qui est reçu entre les deux branches des mâchoires, et qui recouvre le pharynx, dont il a pour base le bord supérieur.

ÉPIGLOTTIDE. Epiglottis. bot. Espèce du genre Astragale.

ÉPIGYNE OD ÉPIGYNIQDE. bot. Un organe est dit Épigyne toutes les fois qu'il naît sur l'ovaire ou audessus de l'ovaire, ce qui doit nécessairement arriver quand ce dernier est infère. C'est dans ce sens que l'on dit: insertion,disque, étamines, corolle, etc., Épigynes,

ÉPIGYNOPHOKIQUE. bot. Mirbel donne ce nom au nectaire, quand il est placé sous l'ovaire, au sommet du gynophore.

ÉPILAIS. OIS. Syn. ancien que l'on présume devoir être appliqué à une Fauvette.

ÉPILESTE. BOT. Synonyme d'Arum maculatum. y. Godet.

ÉI'ILITHE. Epilithes. bot. Genre nouveau que le docteur Blume, son auteur, place avec certain doute encore dans la famille des Nyctaginées, en lui assignant pour caractères ; fleurs monoïques : les mâles ont le calice court et quadridenté, quatre pétales alternes, huit étamines insérées sur le calice, avec leurs filaments linéaires, supportant des anthères également linéaires et à deux loges; des glandulesau fond du calice; dans les fleurs femelles le calice est semblable à celui des Heurs mâles; mais il estsupère et persistant, les pétales sont nuls, l'ovaire est uniovulé, privé de style, avec quatre stigmates latéraux, pénicilliformes et persistants. Le fruit consiste en une baie à côtes et monosperme. La seule espèce décrite par Blume, Epilithes cocciiiea, est une plante très-délicate, ayant l'aspect de l'Euphorbe à feuilles de Thym, et que l'on trouve comme elle sur les rochers arides de Java ; ses feuilles sont éparses, lancéolées et dentées; les fleurs femelles, qui se succèdent constamment, sont sessiles, axillaires et confondues avec les fleurs mâles, qui sont portées sur un pédoncule.

F.PILLET. Spicula. bot. On donne généralement ce

na

nom aux subdivisions d'un épi composé. Dans la famille des Graminées, ce mot a une acception plus précise ; il désigne chacun des petits groupes de fleurs réunies dans une même lépicène. L'ÉpiUet peut être uniflore. biHore ou multiflore, etc. f-'. GR\nnstES.

ÉPILOBE. Epilobiiim. bot. Genre de la famille des Onagraires et de l'Octandrie Monogynie, L. Le calice oblong et cylindrique se divise supérieurement en qua- j tre parties caduques avec lesquelles alternent quatre i pétales ; les filets, au nombre de huit et insérés au même point, portent des anthères allongées et incombantes; I le stigmate se partage en quatre lobes, quelquefois réunis entre eux; la capsule, qui fait corps avec le calice, est grêle, à quatre angles, et à autant de loges et de valves qui portent les cloisons sur leur milieu. Les graines, très -nombreuses et couronnées par une aigrette, s'attachent à un placenta central, libre après la déhiscence. Les Épilobes sont des plantes herbacées à feuilles opposées ou alternes. Leurs fleurs sont solitaires aux aisselles de ces feuilles ou disposées en épis terminaux, dans lesquels chacune est accompagnée d'une bractée. Leur couleur est le pourpre ou le rose plus ou moins foncé. On en a décrit plus de trente espèces, dont le tiers environ fait partie de la Flore française. Nous citerons parmi ces dernières : VEpilobiiim spicatum, connu vulgairement sous le nom de Laurier de Saint- Antoine, et cultivé comme plante d'ornement; et VEpilobium rosmarinifolium, qui croît dans les lieux humides. Ces deux espèces, dont les feuilles sont lancéolées dans la première, et linéaires dans la seconde, présentent l'une et l'autre des fleurs légèrement irrégulières où les élamines ainsi que le pistil sont inclinés. Cette disposition n'a pas lieu dans les autres, par exemple dans VEpilobiiim viontaniim, caractérisé par ses tiges cylindriques et les lobes assez profonds de son stigmate ; VEpilohinm tetiagonum , dont la tige est tétragone, le stigmate entier en forme de massue; VEpilobium molle et VEpilobium hiisiitiim, communs tous deux dans nos marais et nos ruisseaux, dont le premier se distingue au premier aspect de l'autre par la couleur moins foncée et les dimensions beaucoup moindres de ses fleurs. Leurs siliques sont cotonneuses; elles sont glabres dans VEpilobium alpinum dont la tige est rampante et atteint à peine quatre pouces de hauteur, et dans VEpilobium oiiganifolium, également petit, mais dont les feuilles sont dentées au lieu d'être entières, et dont la tige est ascendante.

Él'lLOBlENNES. BOT. Syn. d'Onagraires. V. ce mot.

ÉPIJIAQUE. Epimachus. ois. Sous ce nom que les Grecs appliquaient à un très-bel Oiseau des Indes difficile à retrouver, Cuvier a désigné un sous-genre de ses Huppes, formé aux dépens des Promerops, mais qui ne paraissent pas devoir en être séparés. V. Promerops.

ÉPIMÈCE. Epimeces. iNS. Hyménoptères; genre de la famille des Pupivores, tribu des Oxyures, établi par Westwood qui lui assigne pour caractères : antennes presque tîlifoimes, composées de dix articles dont le troisième plus pelit que le second , les autres égaux dans les mâles et dans les femelles, terminées par une massue formée des quatre derniers; palpes maxillaires

peu ou point saillantes; abdomen trois fois plus long que le corselet, déprimé, avec les trois segments postérieurs allongés et atténués; point de nervures brachiales oubasilaires, ni de cellules aux ailes; tête grosse avec trois ocelles écartés, et disposés en triangle sur le vertex; corselet court et transversal ; écusson inermechez les mâles et mucroné chez les femelles.

ÉPIJIÈCE ESSIFÈRE. EpimecBs ensifer, Westw. Noir, un peu brillant ; cuisses d'un brun pâle avec l'extrémité d'un brun de poix; il en est de même pour les tarses; abdomen brillant avec sa base striée longitudinalement. Taille, une ligne et demie environ. On le trouve en Angleterre.

ÉPIJIÈCE VENTRAL. £/«wicee« re«<;a/is, Westw. Il est aussi d'un noir brillant, avec les trois premiers segments de l'abdomen arrondis mais comprimés en dessous, les trois derniers sont fortement arqués; pieds noirs; cuisses et tarses roussàtres. Taille, un peu moins d'une ligne. On le trouve avec le précédent.

ÉPIMÈDE. Epimedium. bot. Genre de la famille des Berbéridées et de la Tétrandrie Monogynie. Le nom d'Epimedium est fort ancien ; il est dérivé, selon quelques botanistes, de etii, en et /j.-nicx, médie, parce que la plante à laquelle on l'avait appliqué, croissait abondamment en Médie. Selon Dioscoride la tige de cette plante était peu grande, garnie de feuilles qui ressemblaient à celles du Lierre ; mais elle ne portait ni fleurs ni fruits; ses racines étaient noires, grêles, déliées, minces, odorantes, et se plaisant surtout dans les terrains humides et marécageux. Mattbiole, qui a commenté Dioscoride, ne nous donne point de détails sur la plante connue au temps du philosophe d'Anazarbe, de sorte que nous ignorons complètement si VEpimedium des anciens est celui des temps modernes, qui a fleurs et fruits, et que l'on trouve dans bien d'autres contrées que dans celle qui formait l'antique patrie des Mèdes. Le genre Epimedium, adopté par Linné, n'a, pendant bien longtemps, offert qu'une seule espèce; le professeur Fischer de Pétersbourg en a découvert une seconde aux environs de Gilau en Perse; elle n'existe point encore dans les collections; enfin le docteur Van Siebold, pendant son séjour au Japon, y a recueilli des graines de deux autres espèces, qui ont été semées dans les serres du jardin universitaire de Gand, d'où elles se sont ensuite répandues chez tous les amateurs. Cela fait donc en tout, jusqu'à ce jour, quatre espèces dont nous allons donner ici la description la plus claire et la plus succincte qu'il se pourra.

Épimèbe des kivi?,. Epimedium Alpinum,l,., lATCÛi. Illust., t. 85, vulgairement connue sous le nom de Chapeau d'Évêque, à cause de la forme de ses appendices pétaloïdes. C'est une petite plante vivace, dont les tiges, hautes de huit à dix pouces, sont simples, glabres, cylindriques, ofl'rant un nœud vers le milieu de leur hauteur, au-dessus duquel nait le pétiole unique, qui termine chacune d'elles. Ce pétiole est d'abord simple; il se trifurque trois fois successivement, et chacune de ses dernières divisions porte une foliole coidiforme, acuininée, dentée, d'un vert clair. A la base du pétiole commun, on trouve deux stipules courtes et obtuses. Les fleurs forment une sorte de petite grappe pauciflore.

pédonciilée, naissant du nœud terminal de la tige, dont il semble être la continuation. Ces Heurs sont jaunes, pédonculées. Le calice est formé de quatre sépales étalés, ovales, obtus, concaves. La corolle se compose d'un égal nombre de pétales étalés, plus lonijs et plus larges que les sépales , sur lesquels ils sont couchés. En dedans des pétales, on trouve quatre appendices creux, ayant la forme d'un capuchon ou d'une sorte de mitre. Ces appendices sont placés en face des pétales hypogynes. Les étamines, au nombre de qualie, sont dressées au centre de la fleur et placées en l'ace des pétales. Leur filet est court; l'anthère est cordiforme , allongée, s'ouvrant par la face interne de chaque loge, qui s'enlève en se roulant de la base vcis le sommet. L'ovaire est ovoïde, allongé, un peu comprimé, articulé sur le sommet d'un disque hypogyne. 11 offre une seule loge contenant cinq à six ovules globuleu.x, attachés sur une seule rangée, à l'un des côtés de la loge. Le style est latéral, un peu recourbé, se terminant à son sommet par un stigmate concave, ayant un orifice étroit et arrondi. Le fruit est une capsule ovoïde, comprimée, à une seule loge contenant un petit nombre de graines et s'ouvrant en deux valves.

Épimède a FEtiiLES piNJfÉES. Epùiiedium pinnatum, Fischer. Celte espèce ne parait différer de la précédente qu'en ce qu'elle a des feuilles radicales pinnées, subbijugées, et la tige pourvue de rameaux. Les autres caractères spécifiques semblent absolument identiques. Elle habite les montagnes du sud de la Perse.

Épimède a grandes fleurs. Ephnediiim macranthum, Morren et Decaisne, Jtm. des Scien. nat., sér. 2, vol. 2, 352. Celte belle espèce est originaire du Japon, oi"! elle a été découverte en 1820, par le docteur Van Siebold, qui en a rapporté des graines qu'il a distribuées aux principaux établissements de botanique des Pays-Bas. Elle a fleuri ù Gand , vers le printemps de 1834, dans les seircs tempérées du jardin botanique de l'Dniversité. C'est un petit arbrisseau de quinze à seize pouces de hauteur, dont les tiges, d'un brun rougeàtre, sont garnies de poils glanduleux et rudes. Les feuilles sont régulièrement triternées; les pétioles commini et secondaire sont longs de deux pouces environ, grêles, verdàtres et hispides; les deux pinnules inférieures sont opposées; toutes portent trois folioles d'un vert assez clair, fortement veinées el garnies en leurs bords de cils assez écaités; la foliole terminale est lancéolée, cordée à sa base, longue de douze à quinze ligues, large de six à sept, portée sur un pétiolule hispide (le six lignes; les deux latérales sonlcordiformesobliques aux deux côtés opposés; leur pétiolule a tout au plus deux lignes; il est également hispide. Les fleurs étalées ont près de deux pouces d'étendue; elles sont réunies en petites grappes au sommet d'un pédoncule cylindrique, glabre, blanchâtre, long de trois pouces et plus. Le calice est composé de quatre sépales obtus, concaves et rougeâtres, surtout vers les bords et le sommet; un semblable nombre de pétales d'un blanc verdàtre, lavé quelquefois de violet, forment la corolle; ils sont plus longs et plus larges que les sépales, sur les(|uels ils sont pour ainsi dire couchés; en dedans des pétales sont (|uatre appendices creux, qui se prolon-

j gcnt en éperon ou cornet arrondi à l'extrémité, et de moitié au delà de la longueur des sépales; il arrive quelquefois que ces cornets présentent, vers leur milieu, une ou deux petites éminences en forme de dents. Les quatre étamines ont leurs filaments courts, terminés chacun par une anthère cordiforme, allongée. L'ovaire est uniloculaire. contenant une quinzaine d'ovules, attachées à l'une des parois de la loge. Le slyle est latéral, fléchi, terminé par un stigmate concave. Le fruit est une capsule ovoïde, comprimée et à deux valves.

Épimède VIOLET. Epimedium violaceum, Morr. et Decais.; Encyclogr. végét., vol. m, 1833. C'est encore au docteur Van Siebold que nous sommes redevables de la découverte de cette seconde espèce d'Épimède; il l'a trouvée à la même époque que la précédente, dans les mêmes lieux et avec des circonstances presque semblables. Sa tige a beaucoup de ressemblance avec celle de l'Épimède précédent; mais elle est moins élevée, plus grélc et plutôt rouge purpurin que brunâtre; il en est de même des pétioles; mais les folioles ont une direction et un port différents : les pétiolules, au lieu de rester dressés, s'inclinent, de sorte que les folioles ont l'air d'être suspendues et non portées; elles sont irrégulières entre elles, aiguës, cordiformes, presque sagittées, avec le sommet incliné vers la terre, légèrement veinées, cUiées en leurs bords, longues de seize lignes et larges de six, d'un pourpre obscur qui passe au vert clair après la floraison. Le pédoncule est cylindrique, glabre, rougeâtre à sa base, long de deux à trois pouces, portant à l'extrémité une et rarement deux grandes Heurs d'une belle nuance violette. Les sépales sont lancéolés, presque aigus, un peu concaves, longs de huit lignes et d'un violet brunâtre à l'extérieur; les pétales sont d'un beau violet, ainsi que l'appendice interne qui se prolonge un peu au delà de la longueur des sépales en éperon ou cornet obtus. Les étamines ont leur filament grêle et court, terminé par une anthère jaunâtre; elles sont déhiscentes parla base, et les valves se roulent vers le sommet. L'ovaire est allongé, comprimé, surmonté d'un style latéral, cylindrique, s'épaississant un peu vers l'extrémité qui présente un stigmate plan.

Decaisne et Morren ont en outre décrit (Ann. des se. nat.) trois autres espèces ; Epiinediuin MtisscUianiim, Epimedium pubhjerum et Epimedium etatum, toutes trois originaires du .lapon ou du Ncpaul , et que l'on a obtenues de semis, à Gand.

EPIMELIS. BOT. Syn. de Mespilus Coloneasier.

ÉPIMÉMDION. BOT. Syn. de Scille, selon Adanson.

ÉPIMÈRE. zooL. Pièce du squelette des animaux Articulés, qui entre dans la composition des flancs. Elle est soudée antérieurement avec l'épistcrnum , et elle appuie, dans certains cas, sur le sternum pour remonter à la partie supérieure, et servir de point d'attache aux ailes. Elle a en outre des rapports avec les hanches du segment auquel elle appartient, en s'articulant constamment avec elles et en concourant quelquefois à former la circonférence du trou qui les contient. A^.Thorax.

ÉPIMEREDI. bot. Adanson nommait ainsi un genre de la famille des Labiées, dont le Htacltj^s Indica était le lype. r. Staciihik.

ÉPIMÈTRE. MIN. Hally avait d'abord proposé ce nom pour la Chabasie. K. ce mot.

ÉPINARD. Spinacia. bot. Genre de la famille des Cliénopodées et de la Diœcic Penlandrie, L., établi par Touinefort et adopté par Linné, avec les caractères suivanis : fleurs dioïciues ; les mâles ont le périgoiie à cinq parties; dans les femelles, il est à deux, à trois ou quatre; celles-ci présentent quatre styles, et, après la nialurilé, renferment une graine solitaire, recouverte par le périgone qui persiste et continue de s'accroître. A l'exemple de Miller et de Mœnch, De Candolle (FI. franc.) a séparé en deux espèces distinctes le .Spinacia oleracea de Linné. La première est I'Épinard coRNt, Spinacia spinosa, dont les tiges sont droites, rameuses, glabres, cannelées et hautes de trois à cinq décimètres. Ses feuilles sont sagitlées et incisées vers la base ; leur consistance est molle et leur aspect d'un beau vert. Elles portent des fleurs d'un vert pâle et forment des paquets sessiles aux aisselles des feuilles. Le périgone de ces fleurs se prolonge en deux, trois ou quatre cornes aiguës ou divergentes. L'Épinard sans cornes, Spinacia inermis , Mœnch, diffère de l'espèce précédente par ses feuilles plus grandes et un peu plus ovales , mais surtout par ses fruits ovoïdes, constamment dépourvus de cornes. C'était la variété ;3 de Linné, et on la connaît dans les jardins potagers sous le nom d'Épinard de Hollande. La patrie de ces deux plantes est fort douteuse; Olivier a cependant rencontré en Perse I'Épinard à l'état sauvage, et il en infère que celle plante est originaire de l' Asie-Mineure. L'Épinard est cultivé comme plante alimentaire; on mange ses feuilles en France après les avoir fait cuire et les avoir apprêtées de diverses manières. On sème leurs graines depuis le milieu d'août jusqu'au commencement de février; il leur faut une terre fraîche, bien labourée et surtout bien fumée. L'Épinard de Hollande demande plus de soins dans sa culture. D'abord il lève moins rapidement, ensuite il a besoin d'être arrosé plus fréquemment. La culture de I'Épinard étant un objet d'importance majeure, vu la grande colisommalion qu'on en fait pour la cuisine, a élé bien perfectionnée par les jardiniers. C'est dans les livres d'horlicullure potagère qu'il faut cherclier des renseignements plus détaillés et qu'il ne convient pas de donner ici. — Une autre espèce a élé décrite par Linné et par Gmelin (Flor. Sibii., ô, p. 86, t. 10) sous le nom de Spinacia fera; elle croît en Sibérie.

On a étendu le nom d'Épinard à diverses plantes qu'en rapproche une ressemblance plus ou moins directe; ainsi l'on a nommé :

Épinard d'Amérique ou d'Inde, le Basella riibra.

ÉpiNARD deCayenne, dîvcrs Phytolacca, particulièrement Yoctandra.

Épinard be ia Chine, ce qu'on appelle aussi Brèdes. y. ce mot.

Épinard fraise, les espèces du genre Blitum. V. Blette, et non VAlriplex rosea.

Épinard de muraille, la Pariétaire.

ÉPixARD SAi'VAGE, le Chetiopodium Bonus -Hcnricus.

Épi-Nard, Spica-Naril, ou Épi celtique, lient à une

4 DICT. DES sciences NAT.

autre élymologie, et désignait dans quelques vieilles pharmacies le yaleriana celtica et VAndropogon Nardus.

ÉPINARDE. POIS. L'un des synonymes vulgaires de Gastérostée, (|ui répond à Épinoche. f^. ce mot.

ÉPllNE. Spina. looi. et bot. Plusieurs animaux, principalement parmi les Poissons et les larves des Lépidop tères diurnes, présentent des piquants de natures fori diverses et qu'on nomme quelquefois Épines. Les rayon.s des nageoires, les côtés de la queue dans les Acanthures, la totalité de la peau dans les Diodons, et les dentelures des opercules s'arment communément de la sorte et deviennent ainsi des moyens d'attaque et de défense. Quelques espèces des ordres inférieurs en sonl également munies, et de telles particularités ont souvent déterminé l'imposition de noms spécifiques vulgaires; ainsi l'on a appelé ;

ÉPINE BE Judas, la Mve.

ÉPINE DOUBLE, uu Syngnathe.

ÉPINE CROCHE, le Diodon Attinga.

ÉPINE DE LA 'S'iERGE, l'Épînoche OU Gaslérosléc commune.

ÉPINE NOIRE ou BE VELOURS, la Chenille de l'Ortie, etc.

En botanique, le mot Épine s'applique à tous les appendices piquants et roides qui tirent leur origine Av la partie ligneuse de la tige, tandis qu'on donne le nom d'aiguillons aux piquants qui naissent seulement de l'épiderme. En général, les Épines ne sonl que des rameaux dont le bourgeon terminal ne s'est point développé.

On a souvent employé en botanique comme en zoologie le mot Épine comme nom propre, en l'accompagnant de diverses épithètes; ainsi l'on a appelé :

ÉPINE AIGUË, Spina acuta, \eMespitusPxracanlha.

ÉPINE AIGRE ou AIGRETTE, Spùia acido , le Vinetier commun.

ÉPINE DE Bourgogne, selon Daléchamp, le PliylLirea tatifolia.

ÉPINE DE Cerf, Cervi Spina, le Bhamnus calliarticits.

ÉPINE ARDENTE, le Mcspilus Pfracantha et un Celastnis.

ÉPINE AHÈRE. f". ÉPINE JAUNE.

ÉPINE BLANCHE, Spina alba, l'Aubépine, le Néflier sauvage et jus(iu'à VOnoponluiu Acanthium.

ÉPINE DE Boeuf, les Ononides et quelquefois la Bardanne.

Épine croisée, le Gleditschia Triacanihos.

ÉPINE BE Bouc, dont Tragacantha est la traduction grecque, un Astragale.

ÉPINE A CERISE, le Jiijubicr.

Épine du Cdrist, plusieurs arbustes épineux, parlicu lièrement un Cratœgus, le Rhamnus catliarlicus et le Paliurus.

Épine d'Afrique ou a cornets, le Lycium Afrmn.

Épine fleurie, l'Aubépine et le Prunellier.

Épine a Scorpion, les Panicauts indigènes dans quelques cantons de l'Amérique méridionale, où l'on croit que le suc de ces plantes est un remède contre la piqûre des Scorpions. Celte idée parait être venue d'Espagne, où l'on dit la même chose de VEryngium vulgare.

Épine d'été et d'hiver, deux variétés de Poire.

t PI

KpiNE uouni.E, une espèce de Gioseilliei' et rAiil)é|)in ;i fleurs doubles.

ÉPINE JAUNE, le Scolymus Hispanicus et VHippopluie Rliamnoides. On a traduit, pour cette dernière plante, le nom espagnol Espina amaritla par Épine amère; aiiian'lla ne signitie point amer, mais jaune. On applique encore ce nom au Rhamnus Paliurus. Épine luisante, le Panicum Crus-Galli.

ÉPINE Marante, V tlippophae Hhamitoides.

Épine noire, Spina nigra, le Prunellier et quelquefois le Rhamnus txcioides.

ÉPINE PUANTE, le Rhamnus saxatilis.

ÉPINE ROSE, l'Aubépine à fleurs colorées, soit simples, soit doubles, et une variété de Poire.

ÉPINE VERTE ou TOUJOURS VERTE, le IIoux ct le Fiagon ordinaire.

Épine-vinette, le Vinelier commun.

ÉPINELÈPHE. POIS. Genre formé parBIoch, pour un Poisson dont Lacépède a fait un Holocentre, et que Cuvier comprend parmi les Serrans. K. ce mot.

ÉPINETTE. BOT. IVom vulgaire des diverses espèces de Sapins, au Canada. Ce mot est passé dans le langage de la marine pour y désigner divers bois de mâture.

ÉPINEUX. Spinosus. zooL. et bot. Se dit des êtres ou des organes armés d'épines.

ÉPINEUX. MAM. r. Aculeata.

ÉPINEUX. POIS. Espèce du genre Cycloptère. F. ce mot.

ÉPINEUX. BOT. Paulet appelle Épineux girolé ou tournant, et Épineux à Lavande, deux espèces du genre Hydne. K. ce mot.

ÉPINIER. OIS. Synonyme vulgaire du Tarin, Frinfjilla Spinus, L. F. Gros-Bec ÉPINIÈRE. BOT. L'un des noms vulg. de PAubépine. ÉPINOCIIE ou ÉPINOCLE. pois. Gaslerosteus aculeatus, L. Espèce du genre Gastérostée. K. ce mot.

Éf'lNOCHETTE. pois. Gaslerosteus pungilius. Petite espèce du genre Gastérostée. K. ce mot.

ÉPIODON. UAJi. Le genre de Cétacés, établi sous ce nom par Raffinesque, est caractérisé par plusieurs dents à la mâchoire supérieure, tandis que l'inférieure en manquerait absolument; par des évenls réunis sur sa tète, et par l'absence de dorsale. Une seule espèce, l'^piodon nnjanantus, le compose : elle a son corps oblong, postérieurement atténué; son museau arrondi avec la mâchoire supérieure plus large que l'inférieure. L'individu qui a fourni cette description superficielle fut péché sur les côtes de Sicile. Pour être adopté, le genre dont il est question nécessite un nouvel examen; il ne fut peut-être établi que d'après une espèce de Dauphin imparfaitement examinée, et pourrait bien n'être qu'un Ilétérodon de Blainville.

ÉPIPACTIDE. Epipactis. bot. Genre de la famille des Orchidées offrant un calice dont les trois folioles extérieures sont étalées ou un peu dressées, égales entre elles; les deux divisions intérieures sont également étalées ; le labcUe est dépourvu d'éperon, concave surtout à sa moitié inférieure qui est séparée de la supérieure par un étranglement; le stigmate est large, placé ;1 la partie supérieure et antérieure du gynostème qui est court ; l'anthère est terminale, mobile, couchée sur le

suinmet du gynostème, s'ouvraiit par un opercule, à deux loges séparées chacune par une petite cloison longitudinale et renfermant une masse de pollen pulvérulent non recourbée à sa base.

Ce genre renferme un certain nombre d'espèces terrestres, qui croissent en Europe. Leur racine est fibreuse; leur tige simple porte des feuilles alternes, embrassantes, et souvent engainantes à leur base. Les fleurs, qui sont généralement assez grandes , forment un épi au sommet de la tige. Parmi les espèces qui croissent en France, nous citerons :

L'ÉPiPACTiDE A larges FECULES. Epipoctis lattfoUa, WilUl., Rich., Orchid. d'Eiir. Elle est assez commune dans les bois sombres et un peu humideS; sa tige est haute d'un pied à un pied et demi, dressée, cylindrique, légèrement pulvérulente; ses feuilles sont alternes, sessiles, amplexicaules , ovales, aiguës, presque cordiformes, marquées de neuf à onze nervures longitudinales et parallèles; les fleurs, qui sont d'un vert mélangé de pourpre, forment un très-long épi à la partie supérieure de la tige; chacune d'elles est courtement pédonculée t accompagnée d'une bractée plus longue que l'ovaire.

L'ÉPIPACTIDE des marais. Epipactis paluslris, Willd., Rich., /oc. cit. Elle croît dans les prés humides. Sa tige est dressée, cylindrique, haute d'un pied. Ses feuilles sont alternes, ovales, allongées, aiguës; ses fleurs blanches pédonculées, pendantes, et formant un épi lâche à la partie supérieure de la lige. Les bractées sont plus courtes que l'ovaire.

ÉPIPDELLE. Epipdella. ann. Même chose que Phylline, Ocken. ^. ce mot.

ÉPIPEUONATE. Epipedonala. iNS. Coléoptères hétéromères; genre de la famille des Mélasomes, tribu des Nyctélides, établi par Solier qui lui assigne pour caractères : antennes filiformes, velues, dont les articles sont peu allongés et coniques; palpes maxillaires terminées par un article un peu plus gros que les précédents et sécuriforme-allongé; le dernier des labiales est court, renflé, ovalalre , tronqué au bout; menton rétréci à sa base, fortement échancré antérieurement, avec un sillon longitudinal au milieu; prothorax à tergum déprimé, peu dilaté et légèrement arqué sur les côtés, transverse, plus étroit en avant qu'à la base qui est hisinueuse; écusson à peine visible; élytres planes en dessus, avec l'extrémité courbée vers le bas, à flancs bien marqués; pattes glabres; jambes filiformes, subcylindriques, les antérieures terminées en dehors par une très-petite dent obtuse, et garnies en dessous de tubercules épineux; tarses velus, assez courts; articles des antérieurs transverses; mésosternum renflé en toit antérieurement , avec l'arête arrondie. Ce genre se compose de deux espèces bien connues, originaires du Chili : Epipedonala ehenina, Epipedonala Eiythiopus; la première est noire, avec les antennes et les tarses d'un brun obscur; Pautre est noire, avec les pattes rouges.

ÉPIPÉTALE. BOT. Ce terme s'emploie pour désignetons les organes qui naissent sur la corolle ou les pélales, telles que les étamines, les glandes, etc.

ÉPIPETRON. bot. Synonyme de Clinopodium xnil- (jare, L, selon lesuns,etd'£/»///ie(/i'«»i selon d'autres.

EPIPETRUM. poiYP. Ocken, dans son SyslÈme général (le Zoologie, a donné ce nom aux Alcyonidées, principalement à l'Alcyonidie gélatineuse, qu'il regardait comme le type d'un genre particulier, dont la véritable nature lui était inconnue. Blainville, en citant ce genre d'Ocken, dit avoir observé souvent cette production marine sur les côtes de la Manche, sans pouvoir se taire une idée suffisante de sa nature. C'est maintenant Wllcyonidiiivi gelaliiiosiim de l'ordre des Alcyonées dans la division des Polypiers sarcoïdes. H esl bien figuré avec ses Polypes diaphanes, ù douze tentacules, ilans la Zoologia Danica de Millier. Ces animaux ont été souvent observés par difFérenls naturalistes, principalement B. Gaillon de Dieppe, qui les a étudiés avec

EPIPHAKÉE. Epiphanea ou Epiphanes. bot. Ce genre que le docteur Blume a ajouté à la famille des Orchidées, n'a pas paru assez distinct du genre Gastrotli'n de Robert Brown, pour être conservé; en conséquence, il lui a été réuni.

ÊPIPHÈGE. Epiphegus. bot. Genre de la famille des Orobanches. de la Didynamie Angiospermie de Linné, établi par Kultal qui lui assigne pour caraclères : calice accourci, à cinq dents; fleurs polygames : les mâles à corolle ringente, comprimée, quadrifide, dont la lèvre inférieure plane; celle des fleurs femelles est petite, exiguë, peu régulière, quadrifide, susceptible de se flétrir très-vile; capsule infère, oblique, uniloculaire et s'ouvrant par le sommet. La seule espèce connue est VEpipliegiis Jmeiicanus; sa hampe est rameuse, écailleuse, ornée de fleurs alternes, redressées, pédonculées et blanchâtres, striées de pourpre. On la trouve dans la Virginie.

ÉPIPHLOSE. BOT. et BOiL. Ce nom, qui désigna quelquefois l'épiderme de certains arbres, a été transporté par Lamarck, dans une autre branche de l'Histoire naturelle. Ce savant appelle ainsi cette pellicule cornée, qui recouvre quelques Coquilles, et que les préparateurs confondent souvent avec le Drap-marin.

ÉPIPHORE. Epiphora. bot. Genre de la famille des Orchidées et de la GynandrieMonandrie de Linné, formé par le professeur Lindiey qui lui assigne pour caraclères : périanthe plan : les sépales ou folioles extérieures libres, pointus, les latéraux égaux à leur base et l'intermédiaire plus petit ; les pétales sont plus courts et ovales ; le labelle est placé postérieurement et articulé avec le prolongement de la base du gynostème; il est onguiculé, caréné et trilobé; gynostème un peu prolongé à sa base, avec le dos incliné, inverse; stigmate vertical, avec trois tubercules sur le bord; anthère uniloculaire, renfermant quatre masses polliniques, attachées à une caudicule linéaire. Cette Orchidée, originaire du cap de Bonne-Espérance, esl une plante herbacée, épiphyte, presque bulbeuse, d'où s'échappenldeuxfeuillesoblongolinéaires, planes, un peu obliques au sommet; la hampe esl terminée par une grappe de fleurs.

ÉPIPHKAG.ME. MOLL. La plupart des Mollusques terrestres ferment pendant l'hiver leur coquille, au moyen d'une couche de matière calcaire, sécrétée par le pied. Cette matière, qui acquiert plus ou moins d'épaisseur selon les espèces, a élé nommée Épiphragme par Drapar-

naud . et cette expression a été généralement admise. ÊPIl'HRAGME. Epiphragma. bot. (Mousses.) Dans certains genres de Mousses, l'orifice interne de l'urne est fermé par une membrane ;1 laquelle on a donné le nom d'Épiphragme. Le genre Polytric en fournit des exemples.

EPIPHYLLANTHUS. bot. Syn. de Xylophylle. y. ce mot.

ÉPIPHYLLE. Epiph/llmn. bot. Sous ce nom.llaworth {Synops. Succul. Plant., [t. 197) a rétabli un genre anciennement formé par Hermann elDillen, mais que Linné avait réuni au Cactus. Voici les caraclères tirés des organes floraux, d'après la description de Dillen : corolle supère, pélaloïde, rosacée, ayant un tube très-long, flexueux, et formé d'un petit nombre de pétales; élamines fixées à l'entrée du tube, ou réunies elles-mêmes en lube ; slyle très -long; dix A onze stigmates. Dans son supplément, Haworlh ajoute les caractères suivants pris dans les organes de la végétation : rameaux articulés, prolifères, comprimés et ayant la forme de feuilles, crénelés, et portant souvent dans leurs crénelures des faisceaux d'épines sétacées ou des poils lanugineux. Oualre espèces ont été rapportées à ce genre, savoir ; 1» VEpiphyUumPhxUanthus, Haw., ou Cactus Phyllanthus, L.; 2» VEpiphyllum alatutit, Haw., ou Cactus alatus, Willd.; ô" Epiphyllum speciosiim; 4" Epiphyllum truncatum.

Depuis Haworth, ce genre a été considérablement augmenté, au point que Pfeiffer, dans sa Monographie des Cactées, porte à dix- huit le nombre des espèces actuellementbien déterminées, et rien n'autorise à penser qu'il doive s'arrêter là, car les recherches des bolanisles-voyageurs au .Mexique, nous promettent beaucoup de nouveautés encore. Nous nous contenterons de donner ici la description de l'une des plus belles espèces. ÉPIPHVLI.E D'AKERMAPtiv. Epiphyllum Jkermanni, H. Sa tige consiste en une suite d'articulations chainues, allongées, comprimées, foliacées, ramifiées, étalées et bordées de crénelures festonnées el écartées; elles sont glabres et d'un vert assez pâle; d'entre les crénenures part la fleur qui est d'un beau rouge de vermillon, tirant sur l'orangé; elle est inodore et sessile; son calice est monophylle, tubuleux, charnu, garni exlérieurement d'écailles bractéiformes , ovales, allongées, lancéolées et carénées, dont les terminales, beaucoup plus longues , sont vivement colorées en rose violàlre , et ont à l'intérieur la même nuance que les pétales; ceux-ci , au nombre de seize environ , sont disposés su r deux rangs, et attachés à la partie supérieure du calice; leur couleur est l'orangé tirant sur le ponceau, avec la base ou l'onglet d'un jaune verdâtre; les filaments slaminaux sont blanchâtres à leur base el d'un beau rouge ponceau dans le reste de leur longueur, avec les anthères d'un rouge de lilas. Celle belle fleur, par sa facile mulliplicalion, est devenue l'une des (dus brillanles ressources de l'amateur des serres.

tPW^YLhZ. Epiphylla. bot. [Hydrophytes.) Genre

établi par Slackhouse pour le Fucus rubens de Linné.

n n'a pas été adopté par les naturalistes, et appartient

à notre genre Délesserie. F. ce mot.

ÉPIPHYLLOSPERMES. Epiphyllospermœ. bot. Nom

i|iie Haller a donné aux Foujyères, paice i|nt', dans ces plantes, la friiclification s'opère à la face inférieure des feuilles.

ÉPIPIIYTES. Epiphytœ. bot. Nom donné d'abord par Link à la Iribu des Champignons, qu'il a ensuite nommée E nto/ihytes ; elle correspond à la famille des Urédinées. A', ce mot.

ÉPIPLOON. Omentum. zooi. Portion libre du péritoine, étendue sur les viscères abdominaux. 1^ . Péritoine.

EPIPODE. BOT. y. DiSQDE.

ÉPIPOGE. Ejii/Wfjiitn. bot. Gmelin, dans sa Flore de Sibérie (1, p. II, t. 2, fig. 2), a décrit et figuré sous ce nom une espèce d'Orcliidée, que Linné a réunie ensuite au genre Salfiiiim sous le nom de Salyrium epipogitm. La même plante a été de nouveau figurée par .lacquiu (Àiistr. tab. 84) sous le même nom. Swarlz, dans son travail sur les Orchidées , en a fait une espèce du genre Lhnodorum. 11 a été suivi en cela par Willdenow {■Spccies Plant.) et par De CandoUe (FI. franc.). Mais le professeur Richard, dans son Mémoire sur les Orchidées d'Europe, a rétabli VEpipogum de Gmelin comme genre distinct, en le caractérisant de la manière suivante : son ovaire est pédicellé, non contourné; son calice étalé; son labelle supérieur, terminé à sa base par un éperon renflé. Le gyiiostème est oblong, tronqué à son sommet qui est creusé pour recevoii' l'anthère; celle-ci est teiminale, operculée, à deux loges contenant chacune une masse de pollen sectile, élastique, terminée par une caudicule sans rétinacle.

Ce genre diffère surtout des Limodorum par son labelle supérieur, par son pollen sectile et non pulvérulent, et par la petite queue qui termine chacune de ses masses poUiniques. Il se compose d'une seule espèce, Epipogum Giuelini, Rich., Orch., plante très-glabre, ayant sa racine charnue, renflée, rameuse, à peu près comme dans le Corallorhiza. Sa hampe est nue et entièrement dépourvue de feuilles, de six à neuf pouces de hauteur, cylindrique, tendre et très-fragile. Elle se termine par un petit nombre de fleurs, d'une couleur terne, accompagnées chacune d'une bractée. Elle croît dans les bois ombragés el humides, sur les feuilles mortes, dans les Alpes.

ÉPIPONE. Epipona. iivs. Genre de l'ordre des Hyménoptères, établi par Latreilleaux dépens des Polistes, et réuni ensuite à ce dernier genre. 11 comprend les Polistes Nidulans et Morio, qui tous deux sont des Guêpes canonnières. A'. Guêpe el PoLisrE.

ÉPIPTÉftÉ. bot. Organe terminé par une aile. Tel est le légume du Secuiidaca volubilis, le fruit du Frêne, etc. Ce mot devient inutile dès lors que sa définition est aussi brève que lui-même.

EPIPTEUON. BOT. Syn. de Lenticule, f . ce mot. ÉPIUHIZES. Epirhizœ. bot. Mirhel appelle ainsi les plantes parasites, (jui, comme l'Orobanche, l'ilypociste, etc., prennent naissance sur les racines des végétaux vivants , aux dépens desquels ils se développent. ÉPnmtiYtiQVË.Epirrhxnckus. ins. Coléoptères té- Iramères; genre de la famille des Rhyuchopliorcs, établi par Schoonherr, aux dépens des Curctilio d'Olivier, pour y placer une espèce de ce genre, dont la détermi-

nation avait jusque-là paru très-hasardéc. Caractères : antennes courtes et fortes, arquées, composées de douze articles dont le premier obconique, les cinq suivants très courts, perfoliés, le septième très-large, soutenant la massue i|ui est ovalaire et indistinctement articulée ; trompe allongée, épaisse et courbée; yeux oblongs et déprimés; corselet transverse, presque carré, peu convexe en dessus, lobé en arrière des yeux; écusson petit et bifide à l'extrémité; élylres oblongues-ovales, atténuées à l'extrémité, convexes en dessus; pieds assez forts; cuisses mutiques; tarses dilatés, terminés par un ongle épais. L'Épirriiynque argls, Citrculio argus, Oliv., Encyc. Met. v, p. 5G8; Gmel., Syst. nat., 1, iv, p. 1793, est noir, couvert d'un duvet noir, tacheté de blanc; les élytres sont striées et ponctuées avec des lignes alternantes, élevées. On le trouve au cap de Bonne-Espérance.

ÉPISE. Episus. iPiS. Coléoptères télramères ; genre de la famille des Rhynchophores, établi par Schoonherr, dans sa monographie des Charansonites, avec les caractères suivants : antennes courtes, linéaires, soyeuses, insérées ù l'extrémité de la trompe, composées de neuf articles distincts, dont les sept premiers presque égaux et suhgraimleux : les deux derniers forment la massue qui est petite et étroite ; trompe courte, épaisse, contigue avec la tête qui est avancée ; yeux latéraux, presque ovales, un peu déprimés et petits; corselet allongé, sublinéaire; élytres allongées, presque quadrangulaires et rétuses à l'extrémité. Ce genre a pour type le Brachycems roslratus, Oliv., Ent. v, 8:2, p. 05, pi. 1, fig. 4; il faut y comprendre encore le Biachycerus roslratus de Fab., et trois espèces nouvelles. Toutes ont rAfri(|ue pour patrie.

ÉPISÉPALES. BOT. Nom donné par Mirbel, aux glandes florales, lorsqu'elles naissent sur les sépales.

ÉPISINE. Episinns. aracon. Genre de l'ordre des Pulmonaiies el de la famille des Aranéides, établi par Walckenaer el décrit par Latreille {Gêner. Crust. et Ins. Suppl. T. IV, p. 371) qui lui assigne pour caractères : huit yeux presque égaux , rapprochés sur une élévation commune et formant presque un segment de cercle transversal ; corselet allongé. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre.

L'ÉpisiNE TRONQUÉ. Episinus truncatus, Walck. et Latr. 11 offre plusieurs points de ressemblance avec les Thomises; mais, par la masse de ses caractères, il se rapproche davantage des Araignées fileuses, inéquitèles, et appartient (Règne Anim. de Cuv.) à cette section. Il est très-voisin des Théridions par la longueur respective des pieds et des parties de la bouche. La forme de son corps le rapproche aussi de ce genre, seulement elle est plus allongée ; sa longueur n'excède guère deux lignes. On l'a trouvé d'abord aux environs de Turin; puis Latreille en a recueilli un individu ù Saint-Cloud près Paris. Ses habitudes sont inconnues.

ÉPISOME. Episomus. ins. Coléoptères télramères; genre de la famille des Rhynchophores, institué par Schoonherr qui lui assigne pour caractères : antennes médiocres, quoique assez épaisses, coudées, composées de douze articles dont les deux premiers courts el ohconiqnes. les quatre suivants plus courts encore, trans-

verses et tronqués au bout, le septième plus long du double et cylindri(|ue, enfin la massue petite et ovale; trompe courte, assez épaisse, canaliculée en dessus, profondément et triangulairement écbancrée à l'extrémité, avec une fossette profonde à la base et qui se contourne vers les yeux ; ceux-ci arrondis et proéminents; corselet fort étroit, bisinué ou bitronqué à sa base, avec les côtés pres(iue droits, la partie antérieure rétrécie et le dessus canaliculé; écusson petit; élytres grandes, ovales, avec les épaules arrondies, convexes en dessus et acuminées à l'extrémité. Le Curciilio plaliiia de Linné, est le type de ce genre; on lui a adjoint les Cuiculio pauperatus et laceiia de Fabricius, ainsi que deux espèces nouvelles, originaires, comme les précédents, de l'archii)el des Indes.

ÉPISPASTIOCES OD VÉSICAISTS. resicalorii. ins. Famille de l'ordre dés Coléoptères, section des Hétéromères, fondée par Duméril, et qui tire son nom de la propriété qu'a le corjjs du plus grand nombre, de produire sur la peau une sorte de cloche ou de vessie. Cette famille correspond en partie à celle des Trachélides de Latreille et renferme les genres Dasyte, Lagrie, Notoxe, Anthice, Meloé, Cantharide, Cérocome, Mylabre, Apale et Zonite. /'. ces mots.

EPISPERMA. BOT. {Characées ?) le genre institué, sous ce nom, par Raffinesque, et que ce naturaliste caractérise par des filaments inarticulés que terminent des gongyles solitaires, paraît rentrer exactement parmi les Eclospermes, seule espèce mentionnée. VJEpisperma ciania est fort rameuse, et croit dans les mers de Sicile. Cette plante ne pourra être réputée connue qu'après un nouvel examen.

ÉPISPERMATIQUE. Epispsrmaticxis. bot. Ricbard qualifie de celte manière l'embryon qui, comme dans le Haricot, est immédiatement recouvert par l'épisperme ou tégument propre de la graine.

ÉPISPERME. BOT. On appelle ainsi en botanique le tégument propre de la graine. Généralement c'est une membrane mince et formée d'un seul feuillet. Néanmoins quelquefois cette membrane se prépare en deux lames : l'une extérieure nommée Testa, et l'autre intérieure appelée Ter/iiien par Gsertner. La graine étant attachée à la paroi interne du péricarpe, et recevant de lui sa nourriture, l'Êpisperme offre toujours une petite cicatrice à laquelle les botanistes ont donné le nom de bile ou d'ombilic; vers la partie centrale du bile ou quelquefois sur un de ses côtés , on voit une ouverture fort |)etite, à laquelle Turpin a donné le nom d'omphalode, et qui livre passage au faisceau de vaisseaux nourriciers qui, du trophosperme, s'introduisent dans l'Êpisperme. Quand ce faisceau se continue quelque temps dans le tégument propre de la graine avant de se ramifier, il forme une ligjie saillante à laquelle on a donné le nom de raphe ou vasiUucte. Le vasiducle se termine intérieurement par un point que l'on nomme chalaze ou ombilic interne, f^. ces dilîérenls mots. Outre ces diverses parties on trouve sur l'Episperme d'un grand nombre de graines, assez fréquemment au voisinage du hile, un oigane perforé, toujours dirigé du côté du stigmate, et que l'on désigne sous le nom de iniciopyte. Plusieurs auteurs pensent que c'est par cette ouvertuie.

à laquelle aboutissent les cordons pistillaires, que le fluide fécondant est apporté au jeune embryon.

L'Episperme n'offre jamais de loges ni de cloisons, mais il peut renfermer accidentellement plusieurs embryons. En général, il est libre et simplement appliqué sur l'amande. Dans quelques cas, il contracte une adhérence plus ou moins intime avec l'amande ou même avec la face interne du péricarpe dont il n'est plus distinct. C'est ce que l'on remarque par exemple dans le fruit des Graminées.

ÉPISTAMINALES. bot. Mirbel nomme ainsi les glan des qui prennent naissance sur les étamines.

ÉPISTEPHIER. Epistephium. bot. Genre de la famille des Orchidées et de la Gyiiandrie Monogynie. L., établi par Kunth (Synopsis Plant. Oibis Aovi, I . p. 340) qui le caractérise ainsi : calice ou périanthe ceint d'un calicule urcéolé et dénié; les cinq divisions libres; le labelle sans éperon, barbu intérieurement, adné au gynoslème; anthère terminale, operculée; masses poUiniques au nombre de quatre? granuleuses. VEpistephium elatum, seule espèce du genre, a une lige herbacée, droite, simple et garnie de feuilles sessiles, coriaces et nerveuses. Ses Ueurs sont très-belles, munies de bractées, disposées en épis, et sessiles au sommet de la tige. Elle fleurit en juillet, près de Santana, dans la Nouvelle-Grenade, et à une hauteur de huit cents mètres au-dessus de la mer.

EPISTERNUM. zooL. Dans ses Recherches analomiques sur le thorax (Ann. des Se. nat. T. 1*^, p. 121 ), Andouin a donné ce nom à une pièce du squelette des animaux Articulés, qui s'api)uie inférieurement sur le sternum, et ([ui, dans les Insectes, remonte jusqu'au dos, pour s'articulei' avec les ailes. /^. TnoR.\x.

ÉPISTILBITE. MiJi. Substance terreuse, qui appartient à la famille des Silicides; elle est d'un blanc nacré, cristallisée en prismes rhomboidaux, droits, de 155° 20'. Sa pesanteur spécifique est de 2,25; elle ne raye pas le verre; exposée à l'action du chalumeau, elle perd aus sitôt toute transparence, se boursoufle et finit par se fondre imparfaitement. Traitée par les acides, elle se résout en gelée dont la solution précipite par l'oxalate d'ammoniaque. L'analyse que Rose a faite de cette substance lui a donné : silice 59; alumine 1713; chaux 7,5; soude 2; eau 14. On voit, d'après ces caractères, que l'analogie de cette substance avec la stilbite est indubitable.

ÉPISTOME. Epistoma. zooL. Nom proposé par Latreille, pour remplacer celui de chaperon, qui s'applique à une partie de la tête que l'on considère comme une pièce distincte, intermédiaire au front et à la lèvre sujiérieure, s'articulant avec cette dernière, et variant pour son étendue et pour sa forme.

ÉPISTYLIER. Episixlinm. BOT. Genre de la famille des Euphorbiacées, établi par Swartz qui l'avait d'abord réuni à YOmphalea et qui l'en a ensuite séparé avec raison. Ses fleurs sont monoïques. On observe dans les màles un calice à quatre divisions, dont deux intérieures plus grandes, quatre glandes alternant avec elles, un filet unique épaissi à son sommet qui porte deux anthères divariquées; dans les femelles, un calice à cinq parties avec lesquelles alternent cinq petites glandes;

la^i

un slj'le couèI ou iuiI; liois stigmates li'gèioment bilobés; un ovaire charnu, à trois loges dont chacune renferme deux ovules. Le fruit est une capsule ohlont;ue, relevée de trois angles obtus, s'ouvrant par trois valves et présentant trois loges dans lesquelles on trouve une ou deux graines. Deux espèces de ce genre habitent les montagnes de la Jamaïque. Ce sont des arbres ou des arbrisseaux dont les feuilles sont alternes, trC'sentières. glabres, luisantes, veinées et accompagnées de deux stipules. Les Heurs sont ramassées en faisceaux disposés en manière de grappe sur un axe commun, et dans chacun desquels on observe quelques fleurs femelles entourées d'un plus grand nombre de mâles.

ËPITHÈME. Epithema. bot. Genre de la famille des Cesnériaeées, établi par le docteur Blume qui lui assigne pour caractères : calice tubuleux, à cinq divisions égales; corolle hypcgyne, irrégulière, à limbe étalé, ù lèvre supérieure bifide, l'inférieure étant partagée en trois découpures prescpie égales; quatre filaments staininaux dont deux fertiles, supérieurs, supportant des anthères qui leur sont directement attachées; stigmate capité; capsule entourée par le calice persistant, unilocnlaire, s'ouvrant circulairement par le milieu; deux placentaires libres, portés sur des pédicelles adnésaux pariétaux; semences s'élevant de tous les points des placentaires, exalbumineuses, avec leur funicule allongé. Ce genre, publié par Blume en 1823, a conséqueniment de l'antériorité sur celui publié plus tard par R. Brown, sous lenom d'y^(7ii«m, et la première dénomination doit rigoureusement être adoptée. Du reste, ce nom lïAikinia avait reçu quelques applications inexactes, qui suflîraient pour justifier son abandon. Le nombre des espèces se boine jusqu'ici à trois, et ce sont de petites plantes croissant entre les roches humides et ombragées de Java. L'une a été nommée Épithème saxatile à cause de son habitus; elle a les feuilles petites, cordiformes, pubescenles et dentées, les Heurs d'un bleu assez pâle. On peut la considérer comme type du genre.

ÉPITHINIE. EfjitlUnia. bot. Genre de la famille des liubiacées, établi par Jack (Mal. Mise. 1, ii» 2, p. 12) <iui lui assigne pour caractères : limbe du calice cylindrique, à peine quadridenté, persistant ; limbe de la corolle tubuleux, divisé en quatre segments aigus, avec le sommet étalé et l'orifice velu ; quatre étamines exsertes, portant des anthères linéaires; style exserte; stigmate bifide. Le fruit consiste en une baie dipyrènc, marquée de huit sillons, à noix oblongues«tdispermes. La seule espèce connue. Epilhinia Malaxuiia, est une plante des broussailles marécageuses de l'Inde, elle est surtout abondante dans l'île de Syngapoie; ses feuilles sont opposées, pétiolées, obovales et lisses; les pédoncules sont axillaires, dicholomes, portant des Heurs blanches.

ÉPITHYM. EpilliynniM. bot. Nom tiré du grec, adopté par quelques botanistes français, pour désigner l'espèce de Cuscute à laquelle Linné l'avait imposé, et qui signifie (|ue cette plante croît sur le Thym. On l'a iiussi appelée Épilavande, Êpimarrube, Épijacée, Épiluzernc. Épigenét, Épiortie, selon les végétaux aux(|ucls elle s'était accrochée. Nous l'avons quelquefois vue, dans

lididelaFr:

r des grappes de

EPITOMIUM. Foss. On a quelquefois, notamment dans le Catalogue de J. Banks, donné ce nom aux Astériles ou pierres étoilées, et à des Entroques.

ÉP1TR.4GE. Epitragus. n>i. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères. famille des Taxicornes, établi par Latreille, et dont les caractères sont : antennes insérées sur les bords latéraux de la tète, un peu plus courtes que le corselet, plus grosses ou presque en massue vers leur extrémité, et terminées par des articles imitant, par leur forme et leur avancement, des dents en scie; dernier article des palpes maxillaires plus grand, obirigone; menton très-grand, recouvrant |)ar sa longueur, la base des mâchoires. Ce genre se distingue de tous les autres de la même famille par son menton qui recouvre la base des mâchoires; il ne se compose jusqu'à présent que d'une seule espèce, qui a été rapportée pour la première fois de Cayenne par le professeur Richard ; le port de cet msecte se rapproche un peu de celui des Érolyles ; le corps est pres(|ue elliptique, arqué et rétréci aux deux bouts; la tète est plus étroite que le corselet, triangulaire, avec des yeuxassez grands et recourbés en dessous; la bouche a de grands rapports avec celle des Uelops, mais le menton est beaucoup plus grand ; le corselet est légèrement rebordé, en forme de trapèze, avec le bord postérieur plus large et un peu sinué ; l'écusson est petit, les élytres sont dures et recouvrent des ailes assez grandes; les jambes sont grêles et presque cylindriques, et les articles des tarses sont entiers et garnis d'un duvet soyeux en dessous. Cette espèce, que Latreille nomme Épitrage brun, Epitragus fiiscus, est longue d'environ six lignes, d'un brun luisant, mais comme parsemé de petites écailles jaunâtres, plus abondantes sur la tête et le corselet ; les élytres ont de très-petits points enfoncés et disposés en lignes longitudinales.

EPIXYLA. BOT. (Champignons.) Raffinesquc avait d'abord donné ce nom à sou genre X^lissus. (^. ce mot.

ÉPIXYLONES (piARrEs).BOT. On nomme ainsi toutes les plantes parasites, c'est-à-dire celles qui vivent sur d'autres végétaux ; tels sont le Gui, certaines Orchidées, et un grand nombre de Mousses, Champignons, etc.

ÉPIZOAlRES.i'/n'ioanœ. Coupe établie par Lamarck dans la classe des Vers, et ([u'il caractérise (Hist. nat. des Anim. sans vert. T. m . p. 223) de la manière suivante : animaux à corps mou ou subcrustacé , diversiforme; à tête indécise, comme ébauchée; à forme symétrique, commençante; et ayant souvent des appendices divers, inarticulés, tenant lieu de pattes ; bouche en suçoir, souvent armée de crochets ou accompagnée de tentacules; système nerveux, organes respiratoires et sexes inconnus. Cette division comprend les genres Chondracanlhe et Lernée. Blainville (Prodrome de classification des Animaux) applique la même dénomination à un groupe anomal, (pii embrasse non -seulement les Lernées, mais encore les genres Calyge, Chevrolle,etc.

ÉPOCIINIER. Epovhnium. bot. Link a proposé d'établir, sous ce nom, un genre nouveau dans la famille des Champignons liyphomycètes. pour le Mvcor fnicligeiia de Persoon. H lui donne jiour caractères ; spo-

iiiles ou sporidies allongés, apiculés, disséminés et implantés dans la membrane flocconneuse, qui forme le réceptacle. Ce genre a été adopté par Nées, Pries et Link.

ÉPODES. pors. Les espèces de Poissons larges, qu'Ovide désigne sous ce nom, et qu'il dit vivre dans les fonds herbeux ou arénacés, ne peuvent être maintenant reconnues.

ÉPOLLICATI. OIS. C'est-à-dire sans pouce. Illiger a établi sous ce nom caractérisque, une famille parmi les Gallinacées , pour y ranger ses genres Orly gis et Syrrliaples. F. ces mots.

ÉPOMIDE. Epomis. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carabiques, établi par Bonelli, et dont les caractères sont : antennes formées d'articles presque cylindriques ou presque coniques ; mâles n'ayant que les second et troisième articles des premiers larses dilatés en forme de palette carrée, avec le dessous garni de papilles en forme de grains ou de poils nombreux et serrés; dernier article des palpes extérieures dilaté, comprimé, en forme de triangle renversé, celui des labiales surtout.

Ces insectes ont des ailes, et se trouvent sur les bords des eaux et dans les lieux humides. L'espèce qui sert de type à ce genre est :

L'ÉroMiDECEmi. Epomis cinctus, Carabuscinctus, Ross. (Faun. Etrusc. 1, n° 9); Carabus crœsvs? Fabr. ; Carabus circuinscriptus , Duf. Cet insecte se trouve dans le midi de la France et en Italie. Le baron Dejean en a rencontré aux environs de Toulon , sur le bord d'une petite rivière.

ËPOMIDIOPTÉRON. Epomidiopteron. iNS. Hyménoptères. Ce genre a été proposé par De Romand pour faire partie de la tribu des Scoliètes, dans la famille des Fouisseurs, d'après un insecte de Cayenne, qui a offert les caractères suivants : aniennes arquées, rentlées au milieu, avec le premier article obconique, le deuxième petit, les autres au nombre de douze, un peu plus gros, moindres cependant que le premier et diminuant progressivement jusqu'au dernier; mandibules fortes, arquées, avec un rebord renflé, et une petite dent; yeux ovales, entiers, avec trois ocelles en triangle; tête déprimée sous l'insertion des antennes ; corselet de la largeur de la tête, allongé et lisse; écusson arrondi en demi-cercle; origine des ailes couverte de chaque côté par une sorte d'écaillé en épaulette, solide, convexe et saillante; une cellule radiale, peu apparente vers sa fermeture; quatre cellules cubitales, la deuxième recevant la première nervure récurrente, peu après la séparation de la première cubitale; la troisième recevant la deuxième nervure récurrente vers son milieu; la quatrième n'atteignant pas le bout de l'aile; abdomen assez allongé, ovale, composé de six segments; pattes courtes, cuisses élargies; jambes velues : les antérieures échancrées avant leur extrémité, avec une petite épine membraneuse; les intermédiaires et postérieures sont terminées par deux épines aiguës; premier article des tarses velu et denté comme les jambes, le dernier terminé par des poils roides et deux crochets bilides.

ÉPOMiDiOPTÉRON DE JoLES. Epomifliopteron Jiilii, Rom. Il est long de huit à neuf lignes, d'un noir luisant

et violàtre, avec les ailes de la même couleur, et quelques taches ou plaques d'un blanc d'ivoire, répandues sur diverses parties du corps, savoir : une bande transversale en dessous de l'insertion des antennes, aux deux angles du corselet, au scutum, sous l'insertion des ailes, de chaque côté des trois premiers segments de l'abdomen, et enfin une bande transversale sur le cinquième. ÉPONGE. Sponqia. polyp. Genre de l'ordre des Spongiées, dans la division des Polypiers flexibles ou non entièrement pierreux et corlicifères, adopté partons les naturalistes, et ainsi caractérisé : polypier de forme très-variable, osculé, lacuneux ou perforé, plan, lobé, ramifié, turbiné ou tubuleux, formé de fibres trèsrarement solides, en général cornées, plus ou moins élastiques, toujours d'une extrême ténuité, entrelacées et anastomosées ou agglutinées entre elles, s'imbibant d'eau avec facilité dans l'état sec, et enduites dans l'état vivant d'une substance gélatineuse, irritable, ordinairement très-fugace. Ces productions singulières, nommées par les Grecs Spofjgia ou Spoygas, d'où les Latins ont fait Spongia et les Français Éponge, répandues dans presque toutes les mers, en usage dès la plus haute antiquité, ont attiré dans tous les temps l'attention des voyageurs et des naturalistes. JMalgré les recherches nombreuses dont elles ont été l'objet, elles sont encore peu connues, et sans le Mémoire de Lamarck, inséré dans les Annales du Muséum d'Histoire naturelle, plus de la moitié de celles que renferment les collections seraient encore à décrire. Longtemps on a douté de leur véritable nature. Parmi les anciens, les uns les regardaient comme des animaux, les autres comme des plantes ou comme des êtres mixtes servant d'habitation à des animalcules qui entraient dans leurs nombreuses cellules et qui en sortaient à volontél Pline, Dioscoride, et leurs commentateurs Jlathiole, Belon, Barbarus, etc., les ont divisées en Éponges mâles et en Éponges femelles. Ils leur attribuaient presque un sentiment volontaire en disant qu'elles fuyaient la main qui voulait les saisir, et qu'elles adhéraient aux rochers en raison delà force que l'on employait pour les détacher. Erasme, critiquant Pline qui a copié Aristoteet Elian, dit: «qu'il faut passer l'Éponge sur une partie de l'Histoire des Éponges deces auteurs. ■>Wormius,Mercati,Pallas, etc., tout en les plaçant à la suite des Zoophyles, ne se sont pas prononcés sur la nature de ces êtres. Jean Cyprien, en 1712, a publié une liste des auteurs qui regardaient les Éponges comme appartenant au règne végétal. On peut y ajouter les noms célèbres de Rondelet, des deux Bauhin, de Rai, de Tournefort, de Boerhaave, de Séba, de Vaillant, de Marsigli, etc. Linné lui-même, dans les premières éditions de ses ouvrages, les classe parmi les plantes. Forskalh, un de ses élèves les plus distingués, persévère dans cette hypothèse, malgré le changement survenu dans l'opinion de son maître, dû aux belles découvertes de Peysonnel et de Trembley. Peysonnel , de 1750 à 1736, reproduisit l'hypothèse de l'animalité des Éponges que Niereraberg avait soutenue en 1635 contre les philosophes de son siècle. 11 la changea en vérité presque démontrée par de nombreuses observations, et bientôt après Linné, Guettard, Donati, Ellis, et la presque universalité des zoologistes, adoptèrent

l'opinion (|ue ÎVieremberi; avait proposée d'après ses observations et les écrits des anciens. Cependant il existe encore des hommes, tels que Targioni Tozetli et Raffinesque, qui persistent à regarder les Éponges comme appartenant au régne végétal. Spallanzani, ayant observé dans quelques Éponges un mouvement de contraction et de dilatation, considère ces espèces seulement comme appartenant au règne animal, et place toutes les autres parmi les végétaux.

Donati, en 1750. est le premier qui ait proposé de diviser les Éponges en plusieurs groupes; il en a fait quatre genres qu'il nomme Daclyiospnngio , Anevrosi>on/j!0, Spoii(/ioileii(lion elSpotigio. Turgot, en 1751. a donné des figures médiocres de plusieurs Éponges sans nomenclature et sans description; de sorte que son ouvrage est i)eu utile, si ce n'est pour consulter les figures que Lamarck et d'autres auteurs ont eu soin de citer.

Guettard, dans la collection de ses œuvres, a publié deux Mémoires sur les Éponges. Le premier renferme une excellente analyse de tout ce qu'ont dit les auteurs <|ui l'ont précédé, ainsi que des généralités sur l'organisation et les principaux phénumènes que présentent ces êtres singuliers. Le second Mémoire traite de leur classification en genres; il en propose sept qu'il distingue par les noms d'Épongé, Mané, Tiage, Pinceau. Jgaric, Tongiie et Linze. Ni les genres, ni leurs noms ne furent adoptés, quoique plusieurs méritassent de l'être. Ces deux Mémoires renferment un grand nombre de figures , en général très-fidèles et qu'il est impossible dt ne pas consulter lorsque l'on étudie les Éponges. Oiivi, dans sa Zoologie Adriatique, publiée en 1792, nous a donné des observations du plus grand intérêt sur l'organisation des Éponges; il est le premier, à ce que l'on croil, qui se soit le plus rapproché de la vérité, et ses idées sur ces animaux diffèrent peu de celles des naturalistes modernes. Il a placé, à la fin de son ouvrage, deux lettres, la première de l'ambassadeur d'Angleterre, J. Strange, au président de la Société Royale de Londres; la deuxième du père Vio, et non Vico (comme on l'imprime quelquefois) à .1. Strange. L'une et l'autre sont relatives aux Éponges; elles renferment les détails de ce que les zoologistes avaient vu. en observant des Éponges vivantes, leur organisation et les fonctions de leurs organes. L'ouvrage d'Olivi, les lettres de Strange et du père Vio, mériteraient d'être plus connus des naturalistes. Il nous parait certain que ce dernier a confondu des Alcyons avec des Éponges, et que son erreur en a fait naître beaucoup d'autres parmi les hommes qui préfèrent tout croire, plutôt que de lire avec réHexion les écrits des anciens. Les naturalistes anglais, de nos jours, se sont distingués par leurs travaux sur les Éponges, principalement Montagu, Jameson, Soweiby; ils ont décrit plusieurs espèces nouvelles de ces Polypiers, trouvées sur les cotes des iles Britanniques, dans les ouvrages que publient les Sociétés savantes de l'Angleterre. Oonavan, riche des découvertes de ses prédécesseurs, a donné, en 1812, dans le tome second des Mémoires de la Société Wernériennc, une excellente monographie des liponges de la (jrande-Bretagnc, rendue encore plus

intéressante par de très-bonnes figures. Il s est également occupé de la physiologie de ces êtres. Ses observations se rapportent à celles que nous avons faites sur les mêmes productions qui n'appartiennent pas toujours au genre qui nous occupe. Ralfinesque, dans différents Mémoires, a décrit plusieurs Éponges nouvelles. Il ne sait trop s'il doit les regarder comme des animaux ou bien comme des plantes, parce qu'il n'a jamais vu les mouvements de contraction et de dilatation dont parlent les auteurs dans les espèces des mers d'IUirope et d'Amérique, qu'il a observées. Blainville, en 180U, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, a présenté un tableau complet des principales hypothèses que les naturalistes ont émises sur les Éponges. Il les a analysées avec cette sagacité, cette justesse de jugement qui le caractérise. Comparant leurs observations avec celles qu'il a faites lui-même sur différents points des côtes de France, il adopte l'hypothèse la plus probable et la plus généralement reçue sur ces êtres singuliers qu'il nomme Hétérotiiorphes. 11 termine l'article de chaque auteur dont il fait mention par un Synopsis des espèces connues ou nouvelles qu'il a publiées, de sorte que le travail de Blainville. très-intéressant pour les généralités, le devient moins pour les espèces. Le docteur Schweigger dans son Manuel des Animaux sans vertèbres, publié en 1820, a formé une famille des Éponges, qu'il divise en plusieurs genres, sous les noms de Spongilla, AchUlenm, Manon, Tragos,Sexphia, Tethya et Geodia. Le genre Spongilla est le même que celui de Lamarck et que Lamouroux a nommé Ephxdatia. Les genres JchiUenm et Manon de Schweigger, ainsi que le genre Seyphia d'Ocken, ne renferment que des Éponges. Le genre Tragos ne doit pas être conservé; l'auteur l'a fait d'après des figures ou des individus de quelques Alcyons encroûtants, si faciles à confondre avec les Éponges lorsciu'ils sont desséchés.

D'après les nombreuses observations des naturalistes qui viennent d'être cités, l'animalité des Éponges peutelle être considérée comme une vérité démontrée? On doit le penser, mais de quelle nature sont les animaux qui les produisent? quelle est leur forme? quels sont leurs organes? C'est ce que l'on ignore, et que l'on n'apprendra que lorsqu'un bon observateur étudiera ces êtres dans les pays chauds où les Éponges sont plus grandes et plus nombreuses que dans les pays froids. En attendant, il parait nécessaire de faire connaître les principaux phénomènes qui ont servi de base à Ibypotbèse reçue que ces Polypiers appartiennent au règne animal. Aristoteet ses commentateurs ont attribué aux Éponges un mouvement particulier de contraction et de dilatation; on l'a regardé comme une preifte de l'animalité de ces êtres. Impérati en parle dans ses ouvrages, et distingue deux sortes de mouvements : l'un produit par l'Éponge elle-même, et l'autre dépendant de la nature de sa substance. Ellis n'en dit rien dans son lissai sur les Corallines, ni dans son Histoire des Zoophytes, publiée par Solander, d'après ses manuscrits; il en fait mention dans son Mémoire sur la nature des Éponges, inséré dans les Transactions philosophi(iues, année 17C5, T. iv. — Pérou. Lesueur et Dose ont étudié dans leurs voyages, ou pendant leur

st'jour au Ixud des mers, une grande quantité d'Eponj;es : aucune ne leur a offert la moindre trace d'un mouvement quelconque. Donavan, sur les Eponges de l'Angleterre, Ratfinesque, sur celles de la Méditerranée et de l'Amérique, n'ont pu voir aucune sorte de mouvements. Cependant Marsigli prétend l'avoir observée. Il en estdeniémede JussieuetdeBlainville.Lamouroux a étudié avec la plus scrupuleuse attention toutes les Éponges que la côte du Calvados nourrit sur ses rochers. Jamais il n'a vu de contraction dans la masse du Polypier. Celles qui sont pourvues d'oscules lui (intotfert quehiuefois, mais bien rarement, un mouvement presque imperceptible de systole et de diastole, à l'orilice de ces sortes d'ouvertures, jamais ailleurs. Le tissu de ces Éponges était élastique , et ce mouvement très-irrégulier dans sa durée pouvait n'être que mécanique. D'après un examen impartial de ce ([u'ont dit les auteurs sur ce phénomène, il pense que beaucoup d'entre eux ont confondu des -Alcyonées avec des Éponges, et qu'ils ont fait leurs observations non sur de véritables Éponges, mais bien sur des Polypiers sarcoïdes qui offrent en effet des mouvements bien mari|ués dans leur masse entière, à plus forte raison dans les oscules dont beaucoup d'espèces sont pourvues. 11 ose aller plus loin, et malgré les opinions des zoologistes qui disent avoir vu des mouvements de coutraction et de dilatation dans les Éponges, Lamouroux pose en principe que les véritables Éponges ne peuvent jamais en avoir, vu leur organisation. Ces Polypiers appartiennent à la grande division des Corticifères dans lesquels l'axe ou le tissu fibreux ne sert qu'à soutenir les parties molles. Dans beaucoup d'espèces ce tissu est roide et très-fi agile, dans d'autres il est presque pierreux , il n'offre aucune élasticité ; donc il ne peut y avoir de mouvement là où il n'y a point de flexiliililé. Si les Éponges appartiennent aux Poly|)iers corticifères, pourquoi le Corail, les Isis, les Gorgones, les Anlipatbes n'offrent-ils point un mouvement analogue il celui que l'on attribue aux Éponges. Si elles possédaient ces mouvements seraient-elles des ruches marines composées d'animaux distincts, ayant une vie particulière, indépendante de celle de la masse commune? Dans ce cas les Éponges appartiendraient aux Polypiers sarcoïdes dont aucune espèce n'offre, dans l'état de vie, des parties solides, propres à soutenir les parties molles. Ainsi, comme il a déjà été dit, aucune véritable Éponge ne possède des mouvements organiques de systole ou de diastole, soit dans leur masse, soit dans leurs oscules, et les Polypiers dans lesquels on a observé ces mouvements doivent être classés parmi les Sarcoïdes nommés Alcyons par les auteurs anciens. Lamarck regarde l'animal des Éponges comme ayant les plus grands rapports avec les Polypes des Alcyons; il base son hypothèse uniquement sur la ressemblance qui existe entre ces Polypiers et les Éponges conservées dans les cabinets d'histoire natuielle. En effet, ces objets desséchés, privés de leurs nombreux habitants, offrent souvent peu de différence ; mais que cette différence est grande dans ceux que l'on retire du sein des eaux! Les derniers présentent une masse libreuse couverte d'une substance gélatineuse <iui coule

et s'échappe comme le blanc d'oeuf; c'est une véritable écorce animée, analogue à celle des Antipathes. L'on n'y découvre point de traces d'organisation, ou plutôt l'on n'y en a point encore découvert. S'ensuit-il qu'il ne doive pas y en exister ? Les Polypes des Antipathes n'ont été vus que par deux ou trois naturalistes, encore varient-ils dans la description qu'ils en doniient. Cependant personne ne doute de leur existence ni des rapports qui lient les Antipathes aux Gorgones. Les premiers se rapprochent autant des Éponges que des derniers. Les ' uns et les autres s'éloignent des Alcyons à masse en- I fièrement animée, couverte de nombreux Polypes; ils j n'ont point de fibres solides ni cornées, point d'axe à couches concentriques; en un mot, ils n'ont jamais, dans l'état de vie, deux substances distinctes comme I les Polypiers corticifères. Au reste, comme nous nous sommes assurés que dans les collections les plus clas- I siques, il existe des Éponges sous le nom d'Alcyons, et i réciproquement, l'hypothèse de Lamarck, quoique ad- : missible,ne prouve pas moins les grandes connaissances , de ce savant professeur dans cette partie intéressante de l'iiistoire naturelle.

Le père Vio a fait, d'une manière détaillée, l'anato- I mie d'une production marine qu'il nomme Spotigia i unheiaus : sa description appartient depuis le com- ' mencement jusqu'à la fin à une véritable Alcyonée; ce 1 qu'il avance sur le tissu fibreux le prouve de la manière I la plus évidente. 11 dit que chaque fibre est tubuleuse, remplie de matière colorée, d'une sorte de moelle qui doit jouer un rôle important dans l'économie de ces élres. Nous ne doutons nullement de l'exactitude du père Vio; mais que l'on nous cite un seul Polypier cor- I ticifère dont l'axe soit tubuleux et rempli de substance molle, gélatineuse, et de suite nous regardons l'animal I observé par le père Vio comme une véritable Éponge. j Un semblable phénomène serait aussi extraordinaire I que celui qui nous montrerait un appareil musculaire, ; ou même un simple dépôt de tissu cellulaire ou médullaire entre deux lames du test d'un Mollusque testacé. La coquille est interne ou externe, mais jamais aucun organe n'est situé dans son épaisseur. Ces agents des fonctions vitales s'attachent à la surface des parlies solides, y adhèrent avec force, mais ne pénètrent |ioint dans leur intérieur. C'est en observant les grandes lois phénoméniques de la nature, leur uniformité dans les principales classes des êtres, que l'on reconnaît les erreurs de ceux qui nous ont précédés dans la classification des animaux, que l'on évite ces erreurs, et que l'on parvient à la vérité. Olivi, tout en rendant justice à l'exactitude des observations du père Vio, est loin d'en adopter les résultats ou l'application j il reconnaît trois substances dans l'organisation des Éponges; la première est le tissu fibreux, la deuxième la substance mucoso-gélatineuse qui enveloppe la première, la troisième une matière terreuse, mêlée avec la précédente ; elle existe en effet dans beaucoup d'É|)onges dont la substance gélatineuse, encroûtante persiste sur les fibres après la mort des Polypes. Cette matière subcrétacée, analogue à l'enveloppe des Corticifères, est alors insoluble, et, dans cet état, elle se rapproche singulièrement de l'écorce de quelques Goigoniées. Il

semble que la nalme s'essaye dans ces élres à leur four nir celle enveloi)i)e ciélacée si brillanle el si variée que nous présentent les Gorgones. C'est ce qui nous a engagé à placer les Éponges à la tête des Polypiers corticifùres. Aucun zoologiste, aucun voyageur n'a vu jusqu'à présent les Polypes des Éponges, leur existence est encore un problème : ne serait-il pas possible que ces animalcules fussent de la plus grande simplicité dans leur organisation, el que ce ne fût qu'un seul point pourvu des organes les plus indispensables à la vie, à peine sensible dans l'encroûtement gélatineux et animé qui recouvre les fîbres des Éponges? Cette hypothèse est fondée sur les caractères que nous présentent les Polypiers corticifères. Quel nombreux appareil d'organes dans les Polypes du Corail, des Isis et des Gorgones ! ils deviennent plus simples dans les Anlipalhes, n'ayant (juelquefois que deux tentacules, d'autres fois en étant même dépourvus à ce que l'on prétend. Dans les premiers le Polype habite une cellule creusée dans une couche épaisse de matière crétacée; dans les seconds l'axe ou le squelette est semblable à celui des premiers; mais quelle différence dans la consistance de l'écorce! Cette dernière ne diffère point de celle des Éponges dont l'axe ne semble qu'ébauché, et dans lesquelles les fibres isolées peuvent, par leur entrelacement, donner à la masse une forme régulière et constante, mais non se réunir en tiges et en rameaux. Ces difîérences essentielles doivent se retrouver dans l'organisation des Polypes, et présenter à l'observateur une dégradation analogue à celle des autres parties. De tout ce qui précède sur l'organisation des Éponges, on peut en déduire trois hypothèses principales. La première considère la substance gélatineuse de l'Éponge comme l'animal luimême dont la forme est subordonnée à celle de la masse fibreuse qui lui sert de squelette. La deuxième diffère de la première par la présence de Polypes dans la substance gélatineuse; peu importe la simplicité de leur organisation. La dernière consiste à regarder les Éponges comme une masse entièrement animée, que l'on ne peut diviser sans détruire le principe vital répandu dans toute son étendue, dans laquelle il n'existe point d'organes apparents, el qui vivent uniquement d'animalcules ou bien des éléments de l'eau qui se décompose par un phénomène difficile à concevoir. En adoptant l'une ou l'autre des deux premières hypothèses, les Éponges sont évidemment Polypiers corticifères; la troisième les place parmi les Sarcoïdes, ou loin de ces Polypiers el parmi les êtres les plus simples. Cette dernière nous semble inadmissible, d'autant que les êtres très-simples dans leur organisation, sont toujours mollasses complètement et en entier. Il faut un appareil d'organes plus considérable pour produire des parties solides destinées à soutenir les tissus cellulaires, fibreux ou vasculaires, indispensables aux fonctions vitales et distinctes (lu squelette, nom impropre sans doute, mais qui donne une idée exacte de l'a.xe des Polypiers. Il faut donc revenir aux deux premières hypothèses, et nous croyons ([ue par la suite les observateurs qui habitent constamment les bords des mers équatoriales si fertiles en Éponges, les changeront en vérités.

Quelques zoologistes ont classé les Éponges parmi

les animaux, uniquement à cause de l'odeur (|u'elles répandent fraîches et au sortir de la mer, ou bien pendant (|u'on les brûle. Ce caractère ne peut servir : un grand nombre de plantes marines donnent par l'incinération des odeurs et des produits analogues à ceux des animaux. Les Éponges ont-elles des sexes distincts, sont-elles hermaphrodites, ont-elles des ovaires ou des œufs, enfin sont-ce des êtres susceptibles seulement de se multiplier par des bourgeons? Les deux dernières hypothèses nous semblent les plus probables, el nous croyons que, dans ces êtres, la reproduction doit s'opérer, tantôt par des coipuscules reproductifs analogues aux œufs de plusieurs Zoophyles, ou bien par une sorte de scission, de pullulalion de la matière gélatineuse : ce sont des sortes de bourgeons qui se détachent de la surface du corps lorsqu'ils ont ac<|uis un certain accroissement. Il paraît qu'il en est de même du Corail el de plusieurs autres Polypiers corticifères. Ce phénomène n'est peut-être qu'apparent; les œufs ont pu se déposer dans l'écorce ou sur sa surface, s'y développer et avoir formé cette reproduction pseudogemmipare. Bory de Saint-Vincent, qui a aussi examiné soigneusement diverses espèces d'Épongés, n'hésite pas à les placer dans le règne mixte qu'il se propose d'établir sous le nom de Psychodiaires, dans lequel elles deviendraient l'analogue de ses Chaodinécs, qui sont de véritables végétaux. La nourriture des Éponges a donné lieu ù plusieurs hypothèses. Les uns prétendent qu'elles s'alimentent uniquement de l'oxygène qu'elles retirent de la décomposition de l'air contenu dans les eaux de la mer, peut-être de la décomposition des eaux elles-mêmes; sous ce rapport aucun être ne mérite autant que celui-ci le nom de Poumon-de-mer. Les autres croient qu'elles s'emparent des molécules qui flottent dans le milieu dont elles sont environnées sans leur faire éprouver le phénomène de la digestion : ces molécules sont toutes préparées; l'animal les absorbe, et de suite elles sont assimilées à sa substance. Ces hypothèses sont insoutenables lorsque l'on considère les matières qui entrent dans la composition des Éponges el leur nature si variée; elles nécessitent une élaboration, un travail digestif particulier et des sécrétions de plusieurs sortes.

Les Éponges offrent les formes les plus singulières et les plus variées. On peut en prendre une idée en compulsant les catalogues des anciennes collections, où elles se trouvent désignées sous les noms divers de gants de Neptune, de trompettes de mer, de marilles, de manchons, de mitres, de cierges, de gobelets, de cornes de daim, d'éventails, etc. Malgré cette variété, il est très-difficile de définir les caractères qui constituent les espèces; la forme seule ne suffit pas, il faut toujours y joindre quelques détails sur la nature des fibres, leur quantité, leur consistance, leur arrangement, leur couleur, etc. Dans les unes, les fibres peuvent se comparer à des filaments de soie ou de coton par leur ténuité et leur mollesse; elle est telle qu'elles sont presque sans élasticité; d'autres possèdent cette propriété au plus haut point. Quelques Éponges ont des fibres aussi roides, aussi fragiles el presque aussi duies que celles de la Pierre ponce : ces dernières pourraient

servir à expliquer l'élal fossile dans leiiiiel on trouve un grand nombre d'Épongés , s'il était prouvé que des Polypiers mous ne pussent se pétrifier. Dans plusieurs Éponges, le réseau que forment les fibres offre des mailles tellement lâches ou écartées, qu'il est facile de les confondre avec des Anlipathes, tandis que d'autres, au contraire, ont ce réseau si serré qu'on serait tenté de le considérer comme une masse homogène. Qu'il doit exister d'intermédiaires entre ces e.xlrémcs ! La nature nous les ofifre tous, et sa fécondité fatigue le naturaliste qui voudrait trouver des caractères tranchés pour distinguer des êtres qui se lient entre eux par des nuances insensibles; les espèces s'effacent, il ne voit que des groupes.

Les Éponges offrent, dans leur conlexture, des trous plus ou moins larges, plus ou moins profonds , situés régulièrement ou irrégulièrement, et dont la destination est peu connue : l'on présume que ces trous, que nous avons nommés oscilles d'après Lamarck, servent à l'introduction île l'eau dans les parties centrales du Polypier, afin que les Polypes de l'intérieur puissent prendre la nourriture <|ui leur est nécessaire. Cela peut être ; cependant nous regarderons cette destination des oscilles comme hypothétique jusqu'à ce qu'elle nous snit démontrée. Beaucoup d'Épongés sont privées de ces trous; ainsi la présence ou l'absence de ceux-ci, leur grandeur, leur forme, leur situation peuvent fournir d'assez bons caractères pour faire des sections ou définir des espèces; plusieurs auteurs en ont fait usage sous l'un et l'autre rapport.

Les naturalistes qui ont observé des Éponges vivantes, prétendent que les couleurs qu'elles présentent sont quelquefois aussi brillantes que variées : nous en avons vu sur les côtes du Calvados qui , au sortir de la mer, étaient d'un beau rouge, d'autres fauves, blanchâtres, ou d'un jaune citron très-vif. Dans les collections, elles offrent toutes les nuances, depuis un blanc sale jus- (lu'au noir le plus foncé en passant par le fauve et tous ses intermédiaires; mais jamais elles ne conservent de teintes rouges, orangées ou jaunes. Les couleurs paraissent conslanles dans chaque espèce et peuvent servir souvent à les caractériser. La grandeur des Éponges varie depuis un millimètre ou demi-ligne jusqu'à quinze décimètres et au delà (environ cinq pieds); et leur diamètre depuis celui d'un fil ordinaire jusqu'à celui de plusieurs décimètres. Leur croissance ne parait pas aussi rapide que celle des Polypiers solides et pierreux; elle semble slationnaire une partie de l'année dans les pays où les hivers sont rigoureux.

Les Éponges sont très-communes entre les Tropiques; elles le deviennent moins dans les légions tempérées : leur nombre, leur grandeur diminue en se rapprochant des iiays froids; elles disparaissent presque entièrement dans le voisinage des cercles polaires ; bien différentes en cela des plantes marines, qui tapissent en si grande quantité le fond des mers glacées des deux pôles. Ainsi leur habitation est la même que celle des autres Polypiers, et se trouve soumise à l'inHuence des mêmes causes. On doit encore observer que les Éponges à rameaux cylindriques, à tissu dense et feutré, sont plus communes que les autres dans les pays

froids, où les espèces très-volumineuses, ou en tubes allongés, à tissu roide et lâche, n'existent point ou sont très-rares. C'est presque toujours sur les rochers, et dans les lieux les moins exposés à l'action des vagues ou des courants, que se trouvent les Éponges : on les pêche à toutes les profondeurs. On les voit rarement sur les plages que les marées couvrent et découvrent; cependant elles y existent, elles y croissent, elles s'y développent; l'animal qui les produit peut donc, dans quelques espèces, résister à l'action de l'air, ou avoir assez de consistance pour se soutenir à l'aide des fibres qui constituent le Polypier; nous les avons examinées sur nos plages, au moment où les marées les abandonnaient, au moment où le flot commençait à les couvrir, sans rien observer qui ressemblât à un Polype. On ne sait pas encore si ces êtres s'attachent indifféremment sur tous les corps comme le Corail rouge; tout porte à le croire, les Polypiers n'ayant besoin que d'un point solide pour se fixer et non d'une substance particulière qui aide au développement du germe , ou qui doive fournir une partie de la nourriture comme dans les plantes; quelques-unes sont parasites, ces dernières sont très-rares et en général très-petites.

La vie des Éponges parait varier, dans sa durée , autant que celle des autres Polypiers, et si l'on en juge par le volume auquel parviennent quelques espèces, il y en a qui semblent résister à l'influence du temps, tandis que d'autres vivent, croissent, meurent et disparaissent dans le court espace de quelques jours. Ces productions ont été regardées par les anciens médecins comme propres à la guérison de beaucoup de maladies; on les employait alors de toutes les manières : pendant longtemps les charlatans et les pharmaciens vendaient à l'envi des (iréparations faites avec l'Éponge calcinée pour guérir les maladies scrophuleuses, les goitres, etc. On attribuait à ces remèdes des propriétés héroïques. Les auteurs des ouvrages modernes sur la matière médicale, tels qu'Alibert, Schwilgué, etc., gardent le silence sur les propriétés médicinales de l'Éponge : il est bon néanmoins d'observer que les Éponges produisent, par l'incinération, une certaine quantité d'Iode, qui doit s'y trouver comme dans les llydrophytes à l'état d'hydriodate de Potasse. Celte subtance, regardée comme un remède souverain contre les goitres, pourrait expliquer, par sa présence dans les Éponges, l'action énergique des cendres de ces Polypiers sur cette terrible maladie. D'après le docteur Coindet (Bibliothèque universelle, juillet 1820, p. 190), Amand de Villeneuve est un des premiers qui ait prouvé que les Éponges calcinées étaient un excellent remède contre les goitres. Maintenant les Éponges sont employées pour remédier à certaines affections de la matrice, pour nettoyer les ulcères, pour le pansement des plaies, pour modérer et arrêter les hémorragies, et surtout pour la toilel te. Aucun cosmétique connu ne pourrait remplacer cette production douce et élastique, susceptible de s'imboire d'eau et de la rendre sans l'altérer et sans perdre de ses propriétés. D'après Forskaèl , les femmes du port de Suez emploient quelques espèces d'Épongés à faire du fard; nous ne doutons point que sur les côtes où ces êtres se trouvent en abondance, on ne s'en serve à

Iilusieiirs usages qui peut être nous seront longtemps inconnus. Les animaux de la mer ne peuvent s'en nourrir, et bien peu d'espf'ces peuvent servir à ceux-ci d'abri contre la voracité de leurs ennemis, ou contre les mouvements des vagues agitées par la tempête. Nous ne' répéterons point ce que l'on a dit de la manière dont on les préparc, ou dont on les pèclic, sur les dangers de cette pêcbc, etc.; nous nous bornerons à citer deux faits mentionnés dans les auteurs, qui prouveronl combien cette pècbe est estimée dans les pays où elle se fait, ;1 cause des difficultés qu'elle présente; difficultés qui n'empêchent pas cependant les deux sexes de se livrer à ce travail peu lucratif. Poraet prétend que les garçons de l'ile de Nicaria ne peuvent se marier que lorsqu'ils ont fait preuve d'adresse dans la manière de pécher les Éponges. Le chevalier Morandi rapporte le même fait. Valmont de Bomare attribue cette histoire à Tournefort qui n'en parle point dans ses ouvrages : beaucoup d'auteurs ont copié cette erreur. Uasselquitz, élève de Linné, dans son Voyage au Levant, prétend que dans une petite ile, presque inconnue, nommée Himia, située près de Rhodes, une jeune fille ne peut se marier qu'elle n'ait péché une certaine quantité d'Épongés, et montré son agilité en plongeant à une profondeur qu'on a soin de déterminer. Si ce fait est vrai, il vient à l'appui du premier que beaucoup d'auteurs ont considéré comme une fable inventée à plaisir.

L'on coniiait maintenant plus de deux cent cinquante espèces d'Épongés; le nombre de celles qui ont échappé aux recherches des voyageurs doit être plus considérable, si l'on considère la quantité croissante de ces Polypiers des pôles vers les lropi(iues.

Les Éponges fossiles ne sont pas très-communes dans la nature; plusieurs zoologistes doutent même de leur existence, mais à tort; les environs de Caen nous paraissent jusqu'à présent la plus riche de toutes les localités en ce genre de productions; celles que l'on a trouvées sont en général d'un petit volume. Lamouroux possède les analogues vivants de quelques-unes; et plusieurs ont été figurées dans son exposition méthodique des genres de Polypiers.

Donavan a divisé les Éponges en cinq sections, les branchues , les digitées , les tubuleuses , les compactes, les orbiculaires ; cette classification semble trop imparfaite pour être adoptée. Ne pourrait-on pas les diviser en trois grandes sections, les tubuleuses, les osculées, les non osculées? Chacune de ces sections serait partagée en deux sous -sections, les simples et les rameuses; les unes et les autres en deux groupes; l'un renfermant les espèces à tissu dense , et l'autre les espèces à tissu lâche : cette distribution ne diffère presque point de celle présentée par feu Péron. En attendant une bonne monographie du genre Éponge, il est indispensable de conserver la classification établie par Lamarck; elle semble la plus naturelle de toutes celles que l'on connaisse; il y a sept divisions dans le genre ^puiigia.

1. Masses sessiles, simples ou lobées, soil recouvrantes, soit enveloppantes. — L'Éponge commune; l'Éponge pluchèe, (pii remplace souvent la première dans les usages domestiques; rÉ|)onge licheniform.e; l'Eponge

barbe, semblable au Lichen Imihalus de Linné; l'Éponge charbonneuse, ainsi nommée à cause de sa couleur noire; l'Éponge maisonnette, dont la nature esl encore douteuse; l'Éponge brûlante, sont les espèces les plus remarquables de cette division.

II. Masses subpédiculées ou rétrécies à leur base, simples ou lobées. — Presque toutes les espèces de cette section appartiennent aux mers .-iustrales, et proviennent du voyage de Péron et Lesueur dans cette partie du globe; les autres ont été trouvées dans la mer llouge et en Amérique; une ou deux existent dans les mers d'Europe, et encore sont-elles douteuses.

III. Masses pédiculécs, aplaties, Habelliformes, simples ou lobées. — Les Éponges palette, flabelliforme , plume, drapée, et plusieurs autres espèces, dont l'habitation est inconnue, appartiennent à cette section.

IV. Masses concaves, évasées, cratériformes ou infuudibuliformes. — Les Éponges de ce groupe sont remarquables par leur forme en entonnoir; le nombre en est considérable; parmi elles se trouvent : l'Éponge usuelle, qui offre tant de variétés; les Éponges cloche, turbinée, creuset, brassicaire, cyathine, cuvette, gobelet, corbeille, bursaire, calice, etc., ainsi nommées à cause de leur forme.

V. Masses tubuleuses ou fistuleuses, non évasées. — Des formes cylindriques, d'un diamètre égal dans presque toute leur longueur, caractérisent les espèces de cette section qui présente les Éponges en trompe, fistulaire, vaginale, digitale, siphonoïde, quenouille, lubuleuse, intestinale, etc.

VI. Masses foliacées ou divisées en lobes aplatis, foliiformes. — Les formes les plus singulières s'observent dans ce groupe, principalement dans l'Éponge perfoliée dont les lobes ressemblent aux feuilles d'une Crassule , dans les Éponges cactiforme, lamellaire, endive, polyphylle, queue de paon, scarule, junipérine, laciniée, frondifère, etc.

VII. Masses rameuses, phytoïdes ou dendroïdes. — Ces Éponges s'éloignent de toutes les autres par leur forme; le nombre en est considérable. Nous nous bornerons à citer les suivantes : les Éponges arborescente, asperge, dicbotonie, hérissonnée, porte-épic, amarantine, sapinette, sélagine, serpentine, oculée, amantifère, alcicorne , caudigèie, etc. Toutes les espèces dont nous avons fait mention dans cet article, sont décrites dans les ouvrages de Lamarck et dans notre Histoire des Polypiers coralligènes flexibles.

ÉPONGE D'ÉGLANTIER, rot. On a quelquefois donné ce nom à cette galle des Rosiers sylvestres, vulgairement appelée Bédéguar. F. ce mot et Cvriips.

ÉPONGE PYROTECHNIQUE, bot. Même chose que Bolet Amailouvier.

ÉPOiMDE. Eponides. moil. T. PuLvinoLE et Rotaiie.

ÉPONTES. MIN. Oa appelle ainsi les parois supérieures ou inférieures d'un filon.

ÉPOPS. OIS. ^. Huppe.

ÉPOPSIDES. OIS. Vieillot a donné ce nom à une famille d'Oiseaux sylvains qui compiend ses genres Polochion, Fouinier, Puput et Promerops. t^. ces mots.

ÉPOUVANTAIL. OIS. Espèce du genre Slerna. V. Hi-

ROriDELlE-DE-JIER.

EPRAULT. BOT. L'un des noms vulgaires du Céleri.

y. ACHE.

ÉPROBOSCIDÉS. Eproboscklea. iNS. Deuxième section de l'ordre des Diplères, établie par Latreille (Geiier. Crtist. et Ins. T. iv, p. ôCO), et comprenant les Insectes dont la tête est distincte du corselet, du moins par une suture, et qui ont deux valvules servant de gaîne au suçoir. Cette section ne comprend que la famille des Coriaces. K. ce motet Pbpipares. ÉPROT. POIS. y. CitPE, à l'article Feinte. EPSOMITE. MIN. Syn. de Magnésie sulfatée./', ce mot.

EPTACITRÈTE, EPTATRÉME on EPTATRÈTE.POis.

y. Myxine.

ÉPUUGE (grande et petite), bot. Espèces du genre Euphorbe. K. ce mot.

ÉQUALIFLORE. Eqnaliflorus. bot. Cassini désigne sous cette épitbète la calathide couronnée quand toutes ses Beurs sont égales en longueur.

EQUAPIUM. bot. C'est-à-dire Persil de Cheval. Syn. de Snifinium Olusalrtim.

EQCEREPANAK. bot. Kom vulgaire du Cissampelos Pareira.

ÉyiiERRE. MOLL. Nom marchand de VOsIrea Isogonum, L. V. Perne.

ÉQUERRET. ois. Syn. vulgaire de plusieurs espèces du genre Mauve. K. ce mot.

ÉQUES. POIS. V. Chevalier.

ÉOUIDILATÉ. /Eqiiidilatalus. bot. Épithète employée par Cassini pour les squammes du péricline dans les Synanthérées, lorsqu'elles sont à peu près de la même largeur et disposées sur plusieurs rangs.

ÉQUILLE. Ammodytes. pois. Genre de l'ordre des Malacoptérygiens apodes, le dernier, selon Cuvier (Règne Anim., 11, p. 240), de la famille des Anguiformes, qui seule compose cet ordre très-naturel. Tous les naturalistes l'ont rapproché des Murènes avec lesquelles il présente de grands rapports; ses caractères consistent dans un corps grêle et allongé; dans trois nageoires distinctes, dont une dorsale, fort longue, munie de rayons articulés mais simples; une caudale fourchue et une anale; dans la compression de la tête, qui est plus étroite que le corps, avec la lèvre supérieure double et la mâchoire inférieure étroite, pointue, plus longue que l'autre ; l'estomac est pointu et charnu, il n'y a ni cœcum ni vessie natatoire. Ce genre contient une seule espèce :

L'APPAT de vase. Ammodytes Tobianus,L., Gmel., Syst. Nat. xiii, T. i, pars. 5, p. 144; Bloch, pi. 75, lîg. 2, Encycl. Pois., pi. 2G, fig. 88. Parfaitement figuré dans l'atlas du Dictionnaire de Levrault, ce Poisson, qui rappelle un peu l'Anguille par sa forme, n'atteint guère que de huit à quinze pouces de long; sa couleur est d'un bleu verdatre sur le dos, et argentée sur les flancs ou sur le ventre. Avide de Vermisseaux marins, il en fait sa nourriture, mais à son tour il est poursuivi par diverses espèces de Scombres qui en font leurs repas habituels. Il tâche d'échapper en s'enlonçant dans le sable du rivage, sous lequel il pénètre très-profondément et avec une grande facilité â l'aide de son museau pointu. On a observé que lojsque le temps est serein, il

aime à se tenir contracté en cercle avec la tête en dedans et à demi ensevelie dans le sable, tout prêt à s'y enfoncer. U dépose ses oeufs au mois de mai. Sa chair est agréable, mais les pêcheurs le recherchent surtout pour attiier aux lignes ou dans leurs filets des espèces plus considérables, b. 3, 7, d. 50, 60, v. 0. a. 26, 52, c. 14,16.

ÉOL'ISELIS. pois. r. CORYPHOENE.

EQUISELIS. BOT. r. Equiticm.

ÉOUISÉTACÉS OD ÉQL'ISÉTINÉES. bot. Cette famille ne renfermant que le seul genre Prêle, son caractère est le même que celui de ce genre, où il en sera traité. f^. Prêle.

EQU1SETUM. bot. Synonyme de Prêle.

ÉOUITANT. Eqiiitans. bot. Épithète par laquelle Mirbel désigne les cotylédons ou les feuilles qui, étant ployés dans leur longueur, reçoivent dans leur pli une autre feuille ployée de même. Les pétales dans la pré- Horaison, les feuilles dans le bourgeon, présentent cette disposition.

EQUITES. INS. Linné a établi, sous ce nom, une grande division dans son genre Pa pi lio. V. Cdevalier.

EQUITIRIS. BOT. Du Petit-Thouars (Histoire des Orchidées des îles Australes d'Afrique) nomme ainsi une plante qui correspond au Cymbidiiun equitans , de Swarlz. Elle forme toute seule la subdivision des Épidendres, nommée Iridorchis. V. ce mot. Cette Orchidée croît dans les îles de Madagascar, de France et de Mascareigne. Ses feuilles sont rapprochées, comme imbriquées, ovales et aiguës. Elle possède de très -petites Heurs vertes. Elle est figurée loc. cit., tab. 91.

EQIUTIUM. BOT. Les anciens désignaient quelquefois, sous ce nom ainsi que sous celui d'Equiselis, les Prêles des modernes.

ÉQUIVALENTS CHIMIQUES, bin. Termes employés par Wollaston, pour indiquer le système des proportions définies dans lesquelles les corps infiniment petits se combinent, en les rapportant tous à un corps commun que l'on prend pour unité. Ainsi, le plus petit, ou le nombre équivalent de l'oxigène, étant exprimé par 1,00 on a 1,23 pour l'hydrogène; 0,575 pour le fluor; 2,00 pour le soufre, etc.

ÉQUIVALVE. MOLL. On désigne ainsi toute coquille formée de plusieurs valves entièrement semblables.

ÉQUORÉE. Equorea. acal. Genre de l'ordre des Acalèphes libres, établi par Pérou et Lesueur dans la classe des Acalèphes de Cuvier, vulgairement Orties de mer, ayant pour caractères : le corps libre, orbiculaire, transparent, sans pédoncules ni bras, mais garni de tentacules; bouche unique, inférieure et centrale. Ce genre est dû à Pérou et Lesueur, qui les premiers l'ont établi dans leur grand travail sur les Méduses. Lamarck l'a adopté en y réunissant les Cuviéries, les Berenix et les Fovéolics de ces naturalistes. Cuvier n'a suivi qu'en partie l'opinion de Lamarck : son genre É(iuorée est le même que celui de Péron et Lesueur, augmenté de ses Pégasies et de ses Mélitées. Aucun de ces deux derniers groupes n'est conservé dans les ouvrages des deux professeurs du Jardin des Plantes.

Péron et Lesueur ont divisé le genre Équorée en trois sections que nous croyons devoir adopter, quoi(iue La-

inarck n'en fasse point mention. Les caractères qui les distinguent pourront servir dans la suite à former des jjenrcs particuliers dans ce groupe dont les espèces inconnues doivent être beaucoup plus nombreuses que celles qui sont décrites. Les faisceaux de lames qui distinguent les espèces de la deuxième section , peuvent être ou réunis par paires ou distincts, et ces derniers sont composés ou de deux ou de plusieurs feuillets. De ces différences de composition dérivent quelques caractères secondaires aussi simples que rigoureux dans leur application. Péron et Lesueur ont donné, dans le tome XV des annales du Muséum, des détails physiologiques sur les Équorées ; ces considérations générales pouvant s'appliquera toutes les Méduses, nous les ferons connaître dans l'article que nous consacrerons à la famille des Médusaires.

Les Équorées varient beaucoup dans leur grandeur ainsi que dans leur habitation. On les trouve dans toutes les mers.

Lamarck a divisé les Équorées en trois sections. I. Équorées à lignes simples.

Éqcorée SPBÉROÏDAIE. A^quoieu sphcroidalis , Pér. Ombrelle spliéroïdale, de quatre à six centimètres, de couleur hyaline, cristalline, cerclée de trente-deux lignes simples , pourvue à son rebord de trente-deux échancrures et de trente-deux tentacules. De la terre d'Endracht.

ÉQuoRÉE AMPBicuRTE. Mquovea amphicurla. Ombrelle subhémisphérique, hyaline, de quatre à cinq centimètres, avec un cercle de lignes simples et de verrues entre l'estomac, et une protubérance centrale dont la saillie égale seulement le tiers de l'épaisseur de l'ombrelle; dix-huit tentacules très-courts autour de l'estomac. Terre de Witt.

ÉQCORÉE BCNOGASTRE./Ei/MoreaftMHO^ns^er. Presque en tout semblable à la précédente , dont elle ne parait différer que parce que la protubérance centrale égale à peu près la hauteur de l'ombrelle. De la terre d'Arnheim.

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