V. PlAQCEMIlVIEB
ERMINE oc HERMINE, mam. Espèce du genre Marte. y. ce mot.
ERMION. BOT. Synon. à'Eryngium. F. Pauicaut.
ERNDÉLIE. Erndelia. bot. Sous ce nom, Necker {Elein. Botan., 2. p. 2ôr)) a séparé du genre Passi-
flora (le Linné des espèces dont la couronne intérieure n'est pas composée de plusieurs segments linéaires. Ce genre n'a pas été adopté.
ERNESTIE. Eniestia. bot. Genre de la famille des Mélastomacées, institué par De Candolle qui lui assigne pour caractères : calice à tube globuleux, à limbe divisé en quatre lobes étroits et Irès-aigus; pétales ovales et ciliés; anthères triangulaires, prolongées à leur base en deux soies longues et minces ; capsule à quatre loges. L'Ernestie délicate, Ernestia tenella, DC, est une petite plante herbacée, qui tapisse les montagnes ombragées de la Nouvelle -Grenade; ses feuilles sont ovales, cordées, acuminées, dentées et sétacées à chaque dent, marquées de cinq nervures; les tiges sont ordinairement terminées par une panicule formée de sept à huit fleurs.
ERNIÏRINGIA. BOT. T. Epbielis.
ERNODÉE. Einodea. bot. Genre de la famille des Rubiacées et de la TétrandrieMonogynie, L., établi par Swarlz {Flor. Ind. occid. T. i, p. 223) qui l'a ainsi caractérisé ; calice dont le limbe est à quatre divisions; corolle tubuleuse, profondément quadrifide,à segments étroits; quatre étamines insérées vers la base du tube, à anthères sagitlées; stigmate émarginé; baie pisiforme, biloculaire, couronnée par le limbe calicinal; une graine hémisphérique dans chaque loge. Les plantes de ce genre sont des sous -arbrisseaux étalés sur la terre ou rampants sur les rochers ; leurs feuilles sont opposées, marquées de nervures, ramassées en paquets vers le sommet de la tige; les Heurs , axillaires à l'e.xirémité des ramuscules, sont sessiles ou pédouculées; plusieurs sont mâles par suile d'avortement. Swarlz assure que le Knoxia de Browne (Jamaic.,\). 140) est congénère de VEnwdea. La plante, type de ce genre, est VEniodea lUtoraUs de Swartz (loc. cit., t. 41 ) et de Gaertner fils (Carpolog., t. 196). Sloane l'a figurée sous le nom de Thymelœa humilior, etc. Elle croît à la Jamaïque, à Porto-Ricco et probablement dans une grande partie de l'Améiique équinoxiale. VEniodea montana, décrite dans la Flora Grœca de Sibthorp, est rv/s;;er!<to Calabiica, L. et l'Hérit. (Sliij). nov., t. 32) ou bien le Sherardia fœtidissima de Cyrillo (Charact., p. 69, t. 3, f. 7). Cette plante croit dans les îles de la Grèce et en Barbarie oii elle a élé observée par le professeur Desfontaines. La différence de patrie de celte espèce indique assez qu'elle n'appartient point au genre Einodea.
ERNOTE ou JARNOTE. bot. Noms vulgaires du Biiniitm Bulbocastanum. V . Bcnicm.
EROB.ATOS. bot. Troisième section établie par De Candolle (Prodr. T. i, p. 49) dans le genre Nielle. y. ce mot. Elle contient les Nigella Damascena et coarclata.
ERODENDRUM. bot. Dans le Paradisus Londinensis, Salisbury a constitué, aux dépens des Protea de Linné, un nouveau genre qu'il a nommé Eiodendrum, et auquel il a assigné les caractères essentiels suivants : périgone [corolle, Salisbury) a deux lèvres dont l'une est plus étroite que l'autre; péricarpe fusiforme, couvert de poils sur toute sa superficie ; stigmate cylindracé, obtus. L'espèce que Salisbury a figurée sous le
nom d'Erodendrum amplexicaule {loc. cit., n» 67), avec tous les détails de l'analyse Horale, est un arbrisseau originaire des montagnes du pays des Hottentols, très-reinar(|ual)le jiar la beauté et la vivacité des couleurs de ses fleurs, lesquelles sont très-nombreuses et rassemblées en capitules.
Le genre Erodendrum n'est pas admis par R.Brown qui, dans un travail postérieur à celui de Salisbury (Transact. of Linii. Societ. T. x, p. 93), l'a réuni aux Protea de Linné. Cet auteur a néanmoins formé, dans la famille des Protéacées, un grand nombre de groupes semblables ou presque semblables à ceux indiqués par Salisbury; en sorte <|ue si le genre proposé par celui-ci eût paru distinct des Protea aux yeux de Rob. Brown, il n'eût pas hésité de l'en séparer. F, Protéacées et Protea.
ÉRODÉ. Erosus. bot. Richard désigne par cette épithèle, les organes dont les bords sont légèrement et très - inégalement denticulés, de manière que ce bord a quelque ressemblance avec celui qu'une Chenille a rongé.
ERODlA.ois.Nora sous lequelSalt a désigné et figuré, dans la relation de son Voyage en Abyssinie, le Drome. F. ce mot.
ÉRODIE. Erodius. iNS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Mélasomes, établi par Fabricius, et dont les caractères sont : palpes maxillaires filiformes, ou à peine plus grosses vers leur extrémité et terminées par un article presque cylindrique. Dixième article des antennes renflé en forme de bouton et recevant le dernier qui est très-court; menton large et recouvrant la base des mâchoires; jambes antérieures dentées au côté extérieur.
On avait confondu avec les Érodies des insectes ayant la même forme, mais dont les antennes grossissent insensiblement, et ont le dernier article très -distinct, plus grand que le précédent et ovoïde : leurs jambes antérieures n'ont point de dentelures; ce sont les Zophosesie Lalreille. F. ce mot.
Les Érodies ont le corps presque rond, ou en ovale court; elles n'ont point d'ailes, et leurs étuis sont soudés l'un avec l'autre et incapables de s'ouvrir. Tous les insectes rapportés jus(|u'icî à ce genre, sont étrangers à la France et n'habitent que les pays extrêmement chaudsoù ils courent sur le sable brûlant. On ignore leur métamorphose, mais il est très-probable qu'ils se développent comme les Pimélies. L'espèce d'Europe est I'Érodie BOSSUE, Erodius gibbus (Fabr., Oliv., Col. T. m, n» 63, pi. l,fig. 3). Elle se trouve en Espagne, aux environs de Madrid, où elle est commune. Dejean (Catal. des Coléopt., p. 53) en mentionne cinq espèces.
ÉKODIER. Erodium. bot. L'Héritier, divisant en trois genres principaux, le genre Géranium, si nombreux en es|)èces, a réuni sous le nom d'Erodium, toutes celles qui ont les fleurs régulières, dix étamines monadelphes par leur base , mais dont cinq seulement sont munies d'anthères. Le fruit se compose de cinq coques monospermes, surmontées chacune d'une arête barbue sur sa face interne. Ce genre, ainsi limité, se compose encore d'environ une soixantaine d'espèces presque toutes herbacées et en grande partie origi-
li il 0
iiaires de l'Europe mtHidionale et de TOrient. Parmi les espèces indigènes de la France, on compte les Eioiliiim viculariiim, Erodium malachoides, Erodiiim moschatiim, Erodium pcelreiim , Erodium cicoiiiitm, Erodium romanum, etc. A'. Géranier.
Éi;ODlS0t]Ii;.£'/O(/(SCMS. ISS. Coléoptères télramères; lieiire de la famille des Rliynchophores , institué par Schoonlicrr qui lui assigne pour caractères : antennes longues et assez minces, composées de douze articles égaux et obconiques, dont la massue est ovalc-oblongue; trompe longue et mince; yeux grands, olilongs, déprimés et peu distants; corselet oblong ou ovale, rétréci postérieurement, écliancré à la base , avec les angles postérieurs proéminents et aigus; élytres oblongnes, ovalaires, convexes et recouvrant entièrement l'anus; pieds longs; cuisses grêles à leur base, plus éj>aisses à l'exlrémilé, dentées en dessous, les postérieures s'étendanl souvent au delà de la longueur des élytres. Ce genre renferme jusqu'ici trois espèces dont deux, Erodiscus picus, Erodiscus cicoiiia, habitent le Brésil, la troisième. Erodiscus ij rullalor , est de Java.
ÉRODONE. Erodoiia. moli. Genre établi par Daudin pour deux Coquilles que Favanne possédait dans sa collection. Ne connaissant ces Coquilles que par la description et les figures de Bosc et du BuflFon de Sonnini, il est assez difficile de les juger; cependant comme Roissy a admis ce genre, et que ce savant n'en a décrit que de certains, il est bien à présumer qu'il le connaissait assez pour le placer dans la série. Lamarck, néanmoins, ainsi que Cuvier, n'en firent point mention. Férussac (Tableaux systématiques des Mollusques) replaça ce genre avec les Myes dont il ne ditfère réellement point d'une manière très -sensible; seuleijient il parait, comme l'indique sou nom, que la dent cardinale est comme rongée, et que les valves sont inégales, ce qui les rapprocberait des Corbulées. f^. Myaires et
MVES.
ÉRODORE. Erodorus. ins. Dénomination assignée à un genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, par Walckenaer (Faun. Paris. T. ii, p. 47), et correspondant au genre Proctotrupe de Latreille. /'. ce mot.
EllOLlli. OIS. f^. Falcinelle.
ÉUOLLE. Erolla. ois. Genre de l'ordre des Insectivores, établi par Lesson pour deux Oiseaux assez récemment introduits dans les collections, et que l'on avait jugés d'abord devoir appartenir au genre Eurylaime. Caractères : bec déprimé, arrondi, large à sa base, subconique, à commissure ample, .ù mandibule supérieure voûtée, sans arête marquée, terminée en pointe, à bords lisses s'ajustant sur les bords de la mandibule inférieure; narines médianes, ovales, ouvertes dans une fente longitudinale; base du bec garnie de cils allongés; ailes et queue médiocres; tarses minces, grêles, scutellés, à doigts faibles. Les ËroUes diffèrent des Eurylaimes par la forme de leur bec et par celle du corps; ils établissent le passage des Gobe-lUouches aux Eurylaimes qui, cux-inémes, conduisent aux l'odarges. On ne connaît encore que deux espèces d'ÉloUes, et toutes deux appartiennent aux ilesdela Sonde ou à celles de l'Auslralasie.
Erolie ue Bl.vinville. Erolla Blainvillii, Less. ; Eurylaiintis Blainvillii, Garnol, Voy. de la Coquille, pi. 19. Bec allongé , aplati, convexe supérieurement, à pointe droite inféricurcment ; narines latérales, trèsdistantes, garnies de soies simples et droites; pieds grêles, à tarses courts, doigts très -peu prononcés : celui du milieu et l'externe réunis fortement à la base; ongles très- petits; plumage remarquable par les trois couleurs (jui le revêtent : le coriis entier est noir, passant au brun sur les ailes et la queue; deux larges lacbes d'un blanc vif, partant de l'œil, se dirigeant sur les cotés du cou; une troisième tache blanche, placée sur la nuque, se prolonge sur le dos; croupion et tectrices caudales supérieures et inférieures d'un rouge sanguin très-vif; ailes atteignant la moitié de la queue qui est échancréeau milieu ; elles sont pointues. Taille, six pouces. De la Nouvelle-Guinée.
Érolle kasiqde. Erolla tiasica, Less.; Eurylaimus nasutus jTemm., PI. color. 154. Todus macrorliynclms, Lath. Sommet de la tête, dos, gorge, cuisses, ailes et queue d'un noir parfait, un peu bronzé à la tête; croupion, devant du cou et parties inférieures d'un pourpre foncé brillant; un large ceinturon d'un noir bronzé sur la poitrine; les plumes du cou formant une sorte de hausse-col éclatant; queue conique, d'un noir profond, avec une raie blanche à leurs barbules internes; bec noir, avec la pointe jaune. Taille, huit pouces. Des îles de la Sonde.
ÉROORO. OIS. Espèce du genre Martin -Pêcheur, y. ce mot.
ÉROPHILE. Erophila. bot. Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliculeuse, L., établi nouvellement par De CandoUe {Sysl. f^eget. nat. 2, p. 350) qui l'a ainsi caractérisé : calice dont les divisions sont égales et un peu étalées; pétales bipartis, étamincs libres, non dentées; silicule ovale ou oblongue. à cloison membraneuse, à valves planiuscules, et portant un stigmate sessile; graines petites, non bordées, nombreuses, formant deux rangs dans chaque loge; cotylédons plans, accombanis. Ce genre a été foi mé aux dépens des Draba de Linné, dont il ne diffère que par ses pétales qui, au lieu d'être entiers, sont au contraire, fendus jusqu'au-dessous de leur milieu. Cette distinction générique, si faible en apparence, est suffisante dans une famille aussi naturelle que celle des Crucifères, car d'autres genres établis par De Candolle ont des noies essentielles semblables ou d'égale valeur; tel est le Berteroa. Dillen avait formé de celui-ci réuni à VErophila, son genre Draha ; mais les Berteroa ont trop de rajjports avec les Alyssum, pour être placés parmi les Druba, et réciproquement les £'/o/;/ii7a sont si peu différents de ceux-ci qu'il ne convient aucunement de les en distraire, pour les joindre à un groupe si voisin des j4ljssiim.
Les Érophiles sont de petites plantes annuelles, prinlanières, à feuilles ovales ou oblongues, formant des rosettes vers le collet. Leurs fleurs sont exiguës, blanches, portées au sommet de hampes droites, et sur des pédicelles sans bractées. Les poils de leurs feuilles sont en petit nombre, simples ou ramcux. Parmi les cimi espèces décrites par l'auteur dn genre , nous citerons
VErophila vul/jaris, DC, ou Diaha verna, L., petite plante qui naît au premier printemps, sur les murs et dans les pâturages arides de toute l'Europe. Elle est quelquefois si abondante en certains lieux, que les masses de ses petites fleurs blanches simulent de légères couches de neige. Elle varie considérablement quant aux dimensions, et ses feuilles présentent aussi de grandes différences de formes; elles sont entières ou tridentées. oblongues ou lancéolées.
ÉROTÉE. Eioteum. bot. Le genre ainsi nommé par Swartz, est le même que celui qu'il a appelé plus lard Freziera, nom généralement adopté aujourd'hui. 1^. Fréziérie.
ÉliOTYLE. Eiotylus. iNS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétranières, famille des Clavipalpes, établi par Fabricius , et adopté par tous les entomologistes. Ses caractères sont : antennes terminées par une massue oblongue cl perfoliée, ayant les articles intermédiaires presque cylindri(|ucs; dernier article des palpes maxillaires transversal, presque en forme de hache; division intérieure et cornée de leurs mâchoires terminée par deux dents; pénultième article des tarses bilobé. Ces insectes ont le corps ovale ou hémisphérique, bombé, et ressemblent aux Chrysomèles et aux Coccinelles, avec lesquelles on les avait confondus, mais ils diffèrent des premières par leurs antennes terminées en massue et leurs mâchoires munies au côté interne, d'une ou deux dents cornées, et des dernières par le nombre des articles des tarses. Les Êrolyles sont propres à l'Amérique méridionale et se trouvent sur les fleurs et sur les feuilles. Latreille pense que leurs larves doivent avoir de la conformité avec celles des Triplax et des Trilomes; mais comme peu de voyageurs se sont occupés de l'entomologie en vrais naturalistes, c'est-à-dire en cherchant à connaître les mœurs et les métamorphoses des insectes qu'ils recueillaient, l'histoire des Érotyles, comme celle de beaucoup d'autres insectes des mêmes contrées, est réduite à la connaissance des individus dans leur dernier état.
Fabricius a formé, aux dépens des Érotyles, un petit genre qu'il nomme jïgilhe, jEgithus. Ce genre n'ayant pour caractères que la forme plus ronde et presque hémisphérique du corps de quelques espèces, n'a pas été adopté.
Dejean (Catal. des Col., p. 126) mentionne vingt-sept espèces d'Érotyles. Les principales sont :
L'ÉROTTLE GÉ.\!VT, Eivtjius r/igatileiis (Fabr., Oliv., Col. T. V, n» 89, pi. 1, f. 3), qui est noir, avec des taches fauves sur les élytres.
L'Érotvle Scrinamois, Erofflus Surinamensis, Oliv., ibid., pi. 1, fig. 9; jEgilhiis Surinamensis, Fabr., dont le corps est hémisphérique, noir, avec les élytres et l'abdomen rouges. Ces deux espèces se trouvent à Cayenne et à Surinam.
ÉROTYLÈNES. Erotylenœ. iNS. Famille d'insectes Coléoptères de la section des Tétramères, comprenant les genres Éhotyle, Tripiax, Langukie et Phaiacre, A', ces mots, et correspondant à la famille des Clavipalpes du Règne Animal par Cuvîer.
EROTYLOS. polyp. lVIercati(p. 514)a donné ce nom à une Méandrinc.
ERt'ÉTlON. BOT. Ce genre a été proposé par Robert Sweet, dans la famille des Violacées, Pentandrie Monogynie. Lin., pour quelques espèces qui paraissent un peu déplacées dans le genre Violette ; tels sont les f^iola hedeiacca, reniformis , etc. 11 paraît que les caractères sur lesquels se base le nouveau genre, n'ont point paru suffisant au professeur De Candolle, car il n'en a point fait mention dans son Piodronnts.
ERPÉTOLOGIE. Erpetoloijia. zool. Et non Herpétologie. Branche de l'histoire naturelle dont l'élude des Reptiles est le but, et qui donne les moyens de reconnaître ceux-ci à l'aide des méthodes ou des systèmes qui ont été imaginés jusqu'à ce jour. L'exposé de tels systèmes doit seul former le sujet de cet article ; nous renverrons au mot Reptile pour ce qui concerne l'organisation et les mœurs des animaux dont s'occupe l'erpétologiste. — Longtemps confondue avec le reste de la zoologie , lorsqu'on ne voyait dans la connaissance de la nature qu'une seule science, l'Erpétologie n'avait même pas de nom; mais à mesure que les espèces, qui sont des faits dans l'histoire de la création, se sont multipliées, il a fallu multiplier les divisions pour ranger, s'il est permis de s'exprimer ainsi, cliacune de ces espèces dans des cases où la mémoire les pût retrouver afin de les soumettre à la comparaison ; alors chaque grande division est devenue comme une science à part. Dans cet ensemble que le génie des Aristote, des Gesner et des Linné niême, ne saisirait plus aujourd'hui, chacun, obligé de se borner à l'une des sciences partielles dont cet ensemble se compose, est erpétologiste, ornithologiste, entomologiste, etc. Les savants dont les connaissances sont les plus générales ne peuvent guère aspirer maintenant au titre complet de zoologiste, et l'on ne saurait plus citer d'hommes pareils à ceux qui , embrassant les trois règnes, y indiquèrent ces grandes coupes devenues pour nous comme les provinces du vaste empire d'Alexandre, des royaumes encore considérables et dans la possession desquels, après la mort du héros, ses lieutenants acquirent encore quelque gloire.
La manière très-savante dont Hîppolyte Cloquet a traité le mot Erpétologie dans le Dictionnaire de Levrault, nous réduirait au simple rôle de copiste, si le cadre d'un dictionnaire tel que le nôtre ne nous forçait à nous renfermer dans le seul énoncé des choses devenues classiques parce qu'elles méritaient d'être adoptées. Qu'importe en effet qu'Aristote, le premier, ait distingué les Reptiles en Quadrupèdes ovipares et en Serpents? Personne n'ayant écrit avant ce grand homme sur les animaux, il n'est pas clair que cette ébauche de classification ne fût antérieure et déjà le résultat d'observations vulgaires. Qu'importe que Pline, en recueillant avec une si minutieuse exactitude toutes les erreurs et les vieilles histoires de l'époque superlitieuse où il vivait, n'ait pas confondu les Serpents et les Lézards? Le dernier des esclaves romains ne les confondait probablement pas plus que lui? Qu'importe enfin que, par un esprit de dénigrement , Klein , qui donna l'exemple d'attaquer Linné en toutes choses, ait compris, dans son essai erpétologique, des Intestinaux et des Annélides, quand il en éloignait les Lézards? — Conrad
Gesner, reslauraleur ou plulôl créateur de l'Iiisloire naUnelle dans le seizième siècle, fut celui qui jeta, le premier, quelque jour sur l'histoire des Reptiles; il leur consacra deux livres dans ses importants écrits, en adoptant les deux grandes classes distinguées de temps immémorial par le vulgaire, et dont on prétend attrihuer la distinction au précepteur du iïls de Philippe. La désignation de Quadrupèdes ovipares et de Serpents était tellement consacrée par son antiquité, ([ue de nos jours on n'y put facilement renoncer. Aristote avait inspiré à vingt siècles consécutifs ainsi qu'ù Buffon un tel respect pour le nombre des pieds, que le digne continuateur de l'Histoire générale et particulière des animaux, Lacépèdc, débuta dans la carrière des sciences par une Histoire des Quadrupèdes ovipares, encore que ce savant fût obligé de classer parmi ces prétendus Quadrupèdes des êtres qui n'ont que deux membres; et qu'on sache aujourd'hui qu'il est d'autres êtres que leur organisation intime devrait attacher à l'ordre des Sauriens (les Omets) et des Batraciens ( les Cœcilies), quoiqu'ils n'aient même pas de pattes. Rien de méthodique n'avait été écrit sur les Reptiles avant Linné; Séba seulement en avait réuni et fait figurer un nombre prodigieux, ainsi que Catesby. Linné, législateur dans toutes les parties; Linné, que les Bruguière, les Lamarck, les Cuvier, en un mol les vrais naturalistes reconnaissent et proclament en toute circonstance comme un modèle à suivre; Linné, attachant, malgré l'opinion vulgaire, peu d'importance à la présence ou à l'absence de membres purement accessoires, forma enfin, sous le nom commun d'Aniithibies, une grande classe dans laquelle furent renfermés les Vertébrés qui ne sont point des Mammifères, des Oiseaux ou des Poissons ; classe polymorphe et singulière, où le cœur était supposé n'avoir qu'une oreillette et un ventricule, où le sang est froid et rouge, dans laquelle on trouve presque constamment deux pénis, où ne se rencontrent ni poils, ni plumes, enlîn que particularisent surtout des poumons qui ne sont en quel- (|uc sorte soumis à d'autre empire que celui de la volonté {piilmonibiis arbilrariis). De tels caractères n'étaient pas rigoureusement exacts, puisque les Batraciens, vrais Amphibies, ont au cœur l'oreillette double, et ([u'ils réunissaient des êtres d'apparence fort disparate, surtout quand on examine séparément quelquesuns des anneaux ou les extrémités de la chaîne établie dans le Systema Naturce du législateur suédois; mais dans la disposition qu'avait adoptée ce grand homme, les passages sont si naturels, que plusieurs genres de ses Amphibies flottent encore comme incertains entre les classes et les ordres maintenant adoptés.
Les Amphibies formaient la tioisième classe du règne animal chez Linné, qui les plaçait entre les Oiseaux et les Poissons. Ils étaient divisés en quatre ordres de la manière suivante, dans la douzième édition du Sjstema Natiirœ.
I. AiiPDiBiES Reptiles, Amphibia lieptilia. Respirant par la bouche et rampant sur le ventre, quoique pourvus de pattes. Cet ordre renfermait les genres : Tortue, Testtido; Dragon, Draco; Lézard, Lacerta, et Grenouille, Rana.
II. AMPHIBIES Serpe?its, Âmphihia Serpentes. Apodes; respirant par la bouche, et distingués des Poissons par leurs poumons. Cet ordre se composait des genres ; Crotale, Ciotaliis; Boa, Soa; Cou\eu\re, Col uber ; Orvet, /Inguis; Amphisbène, Amphisbœna, etCœcilie, Cœcilia.
III. Amphiiiies Aquatiques. Amphibia Meantes. Ayant ù la fois des poumons et des branchies. Le seul genre Sirène, Siiena, constituait cet ordre.
IV. Ajipuibies Nageurs, y^w(p/i/6iViAVUo«/es. Ayant des nageoires au lieu de pattes, et respirant par des évents latéraux. Les genres Lamproie, Pelromyzon ; Raie, Raja; Squale, Squalus; Chimère, Chimera; Lophie, Lophius, et Esturgeon , Acipenscr, sont ceux de cet ordre, également connu sous le nom de Chondroptérygiens ou Cartilagineux, et qui, depuis, a été transféré dans la classe des Poissons. Vicq-d'Azir démontra (jue les prétendus Amphibies nageurs ne pouvaient demeurer confondus avec les Amphibies, étant uniquement pourvus de branchies. C'est sur de telles observations que Gmelin sépara les Amphibia Notantes des Reptiles, pour les transporter en entier après les Branchioslèges, et conservant du reste la disposition établie par son maître, îl se borna à supprimer l'ordre troisième ou Amphibia Meantes, pour transporter parmi les Murènes le genre Sirène, ce qui est une erreur très-grave.
Vers le milieu du siècle dernier (en 1768), Laurenti publia à Vienne, sous le litre de Synopsis Reptititim emendata, etc., une amélioration de la méthode de Linné qui devait demeurer la base de toul ce qui pouvait se faire en ce genre. On a prétendu que cet ouvrage n'était pas de l'auteur qui l'avait donné sous son nom. Quoi qu'il en soit, il ne mérita pas moins toute l'estime des savants. Les Reptiles n'y portent plus la désignation vague d'Amphibies, qui peut également convenir à d'autres êtres forl différents; ils sont délinis des animaux à sang froid sans poils ni mamelles, munis d'un poumon sans diapliragme, et presque sans côtes; ayant un gosier qui peut alternativement avaler l'air, et, en se contractant, pousseï' cet air dans le poumon ; qui passent l'hiver dans l'engourdissement; qui engloutissent leur nourriture sans la mâcher, et qui digèrent lentement; qui supportent une longue abstinence; demeurent assez longtemps accouplés; chajigenl quelquefois de peau quand ils ne sont pas sujets à des métamorphoses, et dont les habitudes doivent être suspectes aux Hommes, aux Mammifères, ainsi qu'aux Oiseaux. Trois ordres composent la méthode de Laurenti.
I. Reptiles Sauteurs, Reptilia Saltenlia : pieds postérieurs propres au saut; corps dépourvu d'écaillés et muqueux; tympan couvert d'une membrane; dents et ongles nuls (le Pipa excepté); organes sexuels ne paraissant pas à l'extérieur. Les Reptiles de cet ordre sont sujets à des métamorphoses, et ont, dans leur premier état, une queue qui tombe avec l'âge. Les genres qu'ils forment sont : Pipa, Pipa; Crapaud, Bu/'o; Grenouille, Rana; Rainette, Uyla, et Protée, Proteus.Ce dernier genre, tel que l'établit Laurenti, est faux, puisque c'est une larve de Grenouille ( Rana païadoxu ) qui lui avait
ai;
servi de type, el que le vrai Protée est voisin des Triions.
II. Reptiles M\Rr.Bt.vRS, Heplilia Gradientia : quatre pieds disposés pour la marche; corps élevé au-dessus du sol pendant la progression; cou et queue distincts. Cet ordre comprend les genres Triton, Tri/on; Salamandre, Sa I lima lut ra; Fouelte-Queue, Caiulicerbera; Gecko, Gecko; Caméléon, Cameleo; Iguane, Iguana; Basilic, Basilicus; Dragon, Z)/-aco; Cordyle, Cordylus; Crocodile, C/ oco(///MS,-Scin(|ue, lïciMCMi; Stellion, .y/e/lio, et Seps, Seps. Ce dernier genre renferme, dans l'ouvrage de Laurenti, les Lézards proprement dits,
III, Reptiles S,t.Rvt.'sr!^Ti-t»,RepUliaSerpentia:corfi cylindrique ; membres nuls; cou, tronc et queue continus, sans aucun élranglement qui les distingue ; mâchoires dilatables ainsi que l'œsophage; les parties se.xuelles placées en dedans de l'anus. Les genres suivants sont lenfermés dans cet ordre t Chalcide,CAa/ci4; Cœcilie, Cœcilia; Amphhbène, Amphisbœiia; Orvet, JngniSi Natrix, Natrix; Cérastes, Ce;ai<es; Coronelle, Coronella; Boa, Boa; Dipsade, Dipsas; Naja, Naja; Crotale , Ciiudisona ; Couleuvre, Coluber; Vipère, Ripera ; Cobra, Cobra ; Aspic, Aspis; Constricteur, CoHstiiclor; Large-(Jueue, Lalicauda.
Laurenti, dans son t<xnopsis, avait donc oublié les Tortues, (omission importante), et délayé en trente-cinq genres, di.\ genres de Linné. Scopoli, qui écrivit après cet erpétologisle ( en 1777), adoptant la classe des Amphibies telle que l'avait fondée Linné, la divisa en deux grandes familles, les Légitimes, Légitima, i\niiOni les vrais Reptiles, el les B.\ta8DS, Spiiria, qui sont les Poissons cartilagineu.t. Le travail de Scopoli n'était donc point à la hauteur de la science ; aussi le négliget-o» entièrement aujourd'hui.
Lacépède, en prenant pour base la classification linnéenne, quoique son éloquent prédécesseur l'eût comme analhématisée dans sa prose poétique, y porta de notables changements, el disposa de la manière suivante les dix-sept genres qu'il adopta ou établit.
I. Odadrlpèdes ovipares qui ont cne queue; les genres Tortue, Tesludo, et Lézard, Lacerta, sont renfermés dans cette division.
II. Qcadrupèues ovipares qui n'ont pas de queue ; ce sont les (irenouilles, Ranœ, les Raines, Hylœ, el les Crapauds, Bitfoncs.
III. Bipèdes ovipares; le seul genre Bipes forme cet ordre que l'auteur appelle classe.
IV. Serpents, sans pieds ni nageoires. Les genres de Serpents sont : Couleuvre, Coluber; Boa, Boa; Serpent à sonnettes, Crotatus; Anguis, Anguis; Amphisbène, Amphisbœna; Ibiare, Ibiura; Langaha, Langaha, el Acrochorde, Acrocltorita.
Depuis la publication de son ouvrage, Lacépède, dans les Mémoires du Muséum, ajouta à ces genres les quatre suivants : Erpéton, Léioselame, Distère el Trimésure.
Plusieurs savants se sonl postérieurement occupés, en Allemagne, de Reptiles, tels sont Mayer el Schneider; mais aucun n'a donné de nouvelle méthode erpétologique. Le dernier a formé les genres Calamita, Hydrus, Chamœsaura, Pseudo-Boa el Élaps, dont la plupart ne sont pas adoptés, même comme sous -genres, par les naturalistes français. Cependant l'illustre Brongniart,
qui a porté de vives lumières dans toutes les parties de la science dont il s'est occupé, jeta les yeux sur la branche de l'histoire naturelle à laquelle cet article est consacré; il publia, dans le Bulletin de la Société Philomalique (n<>ô5et 36), une Esquisse méthodique, dont les divisions furent enfin établies sur des caractères plus solides que ceux qu'on avait jusqu'alors empruntés simplement des formes extérieures. Brongniarl a, dans l'établissement de ses ordres, pris pour motifs de division les différences qu'offrent les organes de la circulation, de la respiration el de la génération. Il a employé en seconde ligne, les particularités que présentent ceux du loucher, de la digestion ou du mouvement. Il est résulté , de la comparaison de ces parties, les quatre ordres suivants :
I. Cuèloniens, où l'on ne trouve. point de dents enchâssées, el dans lesquels le corps est couvert d'une carapace. Ce sont les Tortues des naturalistes antérieurs, lesquelles sonl divisées en deux genres, Chelonia et J'esludo.
II. Sauriens, qui ont des pattes, des dents enchâssées, cl le corps couvert d'écaillés. Ce sont les Lézards de Linné moins les Salamandres qui sont rapportées dans l'ordre quatrième. Les genres de Sauriens sont : Crocodile, Crocodilus; Iguane, Iguana; Dragon, Draco; Steliion, Slellio; Gecko, Geiko; Caméléon, Cameleo; Lézard, Lacerta; Scinque, Sciticus, el Chalcide, Clialcides.
m. Ophidiens. Point de pattes; corps allongé, cylindrique. Presque tous ont la iieau recouverte d'écailles; leurs os sonl moins solides que dans les deux ordres précédents, el presque de la nature des arêtes du Poisson. Les genres d'Ophidiens sonl : Orvet, Anguis; Cœcilie, Cœcilia; Amphisbène, Amphisbœna; Crotale, Crolalus; Vipère, Fipera; Couleuvre, CoiMfce/; Devin, Boa; Langaha, Langaha, el Acrochorde, Acrochorda.
IV. Batraciens, qui ont des pattes el la peau nue, c'est-à-dire dépourvue d'écailles ou de carapace. Les os de ces animaux sont déjà d'une consistance cartilagineuse; ils forment un passage très-naturel à la classe des Poissons, el pourraient même, dans leur jeunesse, avant leur entier développement, être considérés comme des ébauches de tels animaux. Tous vivent, du moins pendant la première partie de leur existence, dans les eaux ou dans les lieux humides. Les genres de Batraciens sont ; Grenouille, Hana; Crapaud, Bufo; Rainette, Hyla, et Salamandre, Salamandra.
Ces noms de Chéloniens, de Sauriens, d'Ophidiens et de batraciens sont tellement significatifs el appropriés, qu'ils ont été généralement reçus, et que nous nous empressons de les adopter, dans notre méthode analytique qui fait partie de cet article, comme ce qu'on peut imaginer de plus parfait.
Le savant Lalreille, le premier des entomologistes et l'un de nos plus habiles géographes, s'est aussi occupé de l'histoire des Reptiles. Chargé de leur histoire dans l'édition de Butîon dite de Déterville, il a, dans cet important ouvrage, encore perfectionné le travail de Brongniart. Accordant peut-être plus d'importance qu'ils n'en méritent aux organes de la locomotion , Latreille a tacitement rétabli les grandes divisions de
Uiiadiupèiles ovipares et de Serpents. 11 a consé(|iiemment adoplù les deux sous-classes suivantes auxquelles il en ajoute une troisième qui répond aux Meantes de Linné.