‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 35 sur 76 · V. llDILE · texte numérisé non relu

V. llDILE

ESSES. BOT. H'Esca ou à'Ermim. Les Lentilles portent ce nom dans idusietirs cantons de la France méridionale, où elles font en grande partie la base de la nourriture des campagnards.

^S?>0^ll'E.mv. Kaneelstcin,''^ .\Cinnamon-Stone, .Tameson. Nom donné par Uatly à un minéral vitreux, d'un rouge liyacinlbe, dont il a fait une espèce particulière, en lui assignant pour forme primitive un prisme droit, rhomboïdal, de 102 degrés et demi. Mais l'observation du caractère cristallographique n'ayant pu être faite avec toute la précision désirable, et les autres propriétés du minéral tendant à le rapprocher du Grenat, avec lequel beaucoup de minéralogistes le confondent, nous renvoyons son histoire à l'article de cette dernière substance.

ESSOEILLÉS. Inauriti. mam. Petite famille de Rongeurs qui répond aux Rats-Taupes. F. Aspaiax.

ESTERHAZIE. Eslerhazia. bot. Mika avait institué sous ce nom, un genre de la famille des Bignoniacées, aux dépens du genre Tecoma, pour une belle espèce brésilienne qu'il avait nommée Eslerhazia splendida; mais le genre n'ayant point été adopté, cette espèce est restée dans son genre primitif.

ESTIVAL. Estivalis. bot. Végétal qui naît, croit, épanouit ses lïeurs en un été.

ESTIVATIOS. jEstivatio. bot. Quelques auteurs appellent ainsi la disposition respective des diverses parlies de la fleur, avant leur épanouissement. Nous en parlerons au mot PRÉFiECRAisoti, plus généralement usité.

ESTOMAC. zooL. Première dilatation de l'intestin, où les aliments sont déposés pour recevoir la préparation initiale de la digestion proprement dite. Comme les formes et la situation relative de celle cavité sur la longueur de l'intestin sont variables, et comme ces variations dépendent elles-mêmes de la figure et de la grandeur du reste de l'intestin, ou du moins sont avec l'état général de ce canal dans des relations constantes; comme enfin l'ensemble des formes et de la grandeur de tout le canal intestinal, est lui-même en relation avec les formes des mâchoires et avec la figure des dents qui les garnissent, nous renvoyons au mot Intestin pour donner plus de précision et de liaison à l'exposition de la structure et des fonctions de cet important appareil.

ESTORAOUE. bot. F. Astarach.

ESTRAGON, bot. Espèce du genre Armoise. F. ce mot. On a quelquefois appelé Estragon dc Gap, l'Êriocéphale. F. ce mot.

ESTRILDE. EstriUla. ois. Genre de la famille des Granivores, créé par Svvainson, aux dépens du genre Senegali, et qui paraît n'en pas différer assez, pour en être considéré autrement que comme une simple division. Il est supeiflu de dire que le Loxia astiild, L., est le type du genre de Swainson.

ESTROPIÉS. INS. On désigne sous ce nom plusieurs Lépidoptères diurnes du genre Hespérie; cette division correspond aux Papillons urbicoles de Linné.

ESTURGEON. Jcipenser. pois. Genre de l'ordre des Chondroptéiygiens de Linné, et que ce savant plaçait conséquemment dans la classe des Amphibies où il était le dernier, et comme un passage à celle des Poissons, dans laquelle les naturalistes, d'un consentement unanime, le rangent actuellement. Cuvier, qui a divisé les Chondroplérygiens en deux grandes sections, ainsi que nous l'avons déjà dit, comprend les Esturgeons dans la seconde; elle renferme ceux dont les branchies sont libres. Cette division ne contient qu'une famille nommée des Sturioniens. F. ce mot. « Ces Poissons , dit l'auteur de l'Histoire du Règne animal, dont la forme générale est la même que celle des Squales, mais dont le corps est plus ou moins garni d'écussons osseux, implantés sur la peau, et rangés longitudinalement , ont leur léte très-cuirassée à l'extérieur, avec la bouche placée sous le museau, petite et dénuée de dents; l'os palatin, soudé aux maxillaires, forme la mâchoire supérieure, et l'on trouve les intermaxillaircs en vestiges dans l'épaisseur des lèvres. Portée sur un pédicule à trois articulations, cette bouche est plus protractile que celle des Squales ; les yeux et les narines sont au coté de la lèle. Sous le museau pendent des barbillons; le labyrinthe est tout entier dans l'os du crâne; mais il n'y a point de vestige d'oreille externe; la dorsale est en arrière des ventrales et de l'anale, sous celleci ; la caudale est comme dans les Squales. A l'intérieur, on trouve encore la valvule spirale de l'intestin et le pancréas uni en masse des Sélaciens ; mais il y a de plus une très -grande vessie natatoire, communiquant par un large trou avec l'œsophage. » — Les Esturgeons sont tous des Poissons de taille au moins moyenne, et qui atteignent les plus grandes proportions. Leur force, souvent énorme, ne suffit pas pour en faire des animaux dangereux; ils vivent de Vers ou de Poissons peu considérables. La situation incommode de leur bouche qui est placée en dessous du museau, et le défaut de dents, c'est-à-dire de moyens suflisants de nuire aux autres espèces, est la cause de leur douceur et de leurs mœurs timides. Ils habitent indifféremmenl les fleuves, les rivières même, et les rivages dc la mer. On n'en a jamais péché dans les hauts parages de l'Océan. Ils sont prodigieusement féconds, et méritent non-seulement par l'excellence de leur chair, mais encore par divers produits qu'on en retire, les encouragements accordés à leur pèche dans plusieurs provinces de la Russie. Communs aux deux mondes, on n'en connaît encore que dans l'hémisphère boréal, en deçà du tropique du Cancer, où les points les plus méridionaux sur lesquels on en rencontrerait, seraient les Canaries, si l'on s'en rapporte au voyageur Dampierre (T. T. m, p. 8), qui dit l'Esturgeon vulgaire assez répandu dans ces ar-

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cliipels. la Chesnayedes-Iioisprélenci cependant qu'on en trouve communément à Tabago; mais on connaît l'inexactitude de cet auteur, dont aucun autre ne confirme à ce sujet le témoignage. Il ne parait pas qu'on en ait mentionné au-dessus du GO" degré Nord. Ces animaux ont la vie dure, et ne meurent que longtemps après être sortis de l'eau, par la faculté qu'ils ont de fermer exactement leurs ouïes. Au temps d'Artedi et de Linné, on n'en connaissait que quatre espèces ; elles sont portées aujourd'hui à onze.

t A lèvres fendues.

EsTDRGEON coMBDN. Actpeiiser Sturio, L. , Gmel., Syst.Nat., xiii, T. i, pars5, p. 1483; Blocli, pi. 88, Encyclop., pi. 29, fig. 9; Acipenser, Rond., Fisc, lil). 14, cap. 8; Stuiio sive Silurus, Salv., Aqiiat., 1 13. C'est le Sturione des Italiens , et le Stor ou Store des habitants du Nord. Cette espèce, dont la chair est si fréquemment servie sur nos tables, se trouve la plus répandue dans l'ancien monde : « Elle habite non-seulement dans l'Océan, dit Lacépède (Pois. T. i, p. 147), mais encore dans la Méditerranée, dans la mer Rouge, dans le Pont-Euxin , dans la mer Caspienne. Mais au lieu de passer toute sa vie au milieu des eaux salées, comme les Raies , les Squales, les Lophies et les Chimères, ce Poisson recherche les eaux douces, de même que le Pétromyson Lamproie. Lorsque le printemps arrive, qu'une chaleur nouvelle se fait sentir jusqu'au milieu des ondes, y ranime le sentiment le plus actif, et que le besoin de pondre ou de féconder ses œufs le presse et l'aiguillonne, il s'engage alors dans presque tous les grands fleuves ; il remonte particulièrement dans le Volga, le Tanaïs, le Danube, le Pô, la Garonne, la Loire, le Rhin, l'Elbe et l'Oder. » — On le trouve fréquemment dans la Garonne, où il est fort recherché sous le nom de Créac. 11 s'engage même dans certaines rivières; car le jour où l'armée française entra en 1810 à Ecija , ville d'Andalousie, un seigneur du pays en vint offrir un de plus de sept pieds de long au maréchal Soult; il venait d'être pêclié le matin même, égaré sans doute, dans le Génil, l'un des affluents du Guadalquivir. Il est inutile de décrire un Poisson aussi connu; il suflit de faire remarquer que le nombre des plaques qui se voient sur son corps, disposées en cinq rangées, varie souvent dans les individus, et ne pourrait servir de caractère pour établir même des variétés dans l'espèce. Si l'Esturgeon n'emploie point la force physique dont jouissent les grands individus pour attaquer les autres puissants habitants des eaux, il la déploie en bravant le courant rapide , et, selon que les eaux qu'il remonte sont étendues, il acquiert de plus vastes dimensions; c'est dans les grands fleuves qu'il atteint des proportions gigantesques, quand il y rencontre la tranquillité et des aliments convenables; et, Pline n'a point rapporté un conte populaire , quand il a dit qu'on en avait péché dans le Po, qui étaient du poids de mille livres. On en a vu de plus de vingt-cinq pieds, et ceux de quinze à dix-buit ne sont pas rares. Celui qu'on prit dans la Loire, et qui fut présenté à François 1", était de cette longueur. L'Esturgeon se sert de son museau pour fouir la vase, comme le Porc emploie son grouin pour retourner le sol. On pense

qu'il emploie dans certains cas les (|uatre barbillons qui régnent sur une rangée en avant de sa bouche, si incommodément placée, soit comme appât pour attirer sa proie dans l'orifice destiné à l'engloutir, soit comme organe plus exercé du tact, qui supplée quelquefois à la vue. La fécondité des femelles est si considérable, qu'on a compté près de quinze cent mille œufs ( 1 ,467.856) dans l'ovaire de l'une d'elles , qui pesait deux cent soixante-dix-huit livres, où cet organe entrait pour soixante-dix-huit. On prétend qu'il y a des femelles qui portent deux cents pesant d'œufs. Ces œufs sont d'un goût fort délicat; aussi ne les dédaigne-ton pas : ils sont la base d'un mets nommé Caviar, f-'. ce mot. La laite des mâles, estimée comme un morceau très-friand, pèse quelquefois jusqu'à un demi-quinlal. Malgré cette prodigieuse fécondité, on ne parvient guère à prendre de petits Esturgeons dans les pêches qu'on en fait, et qui n'ont guère lieu en grand que dans les eaux douces. 11 parait qu'aussitôt après leur naissance ces Poissons descendent à la mer, et ne remontent les fleuves que lorsque, devenus adultes, ils y sont appelés par les plaisirs de l'amour et par les soins que nécessite leur ponte. C'est alors qu'on leur livre une guerre acharnée. Aimant sans doute à se nourrir du frai et des petits Saumons, dont le volume est proportionné à celui de leur bouche, on les voit surtout arriver avec ces Poissons : celte observation est constante ; et de là les noms de conducteur ou de roi des Saumons qu'on leur donne en certains cantons. Ils suivent ceux-ci dans les rivières ou les précèdent même très-loin. On en a péché, selon Sonnini, jusque près de Nancy. Ils fréquentent moins la Seine, où cependant on en prit un à Neuilly en 1800. Il avait près de huit pieds de long, sur trois et demi de circonférence, et fut durant quelque temps nourri dans l'un des bassins de la maison où l'épouse du premier consul se plaisait à réunir avec un rare discernement les raretés de tout genre en histoire naturelle. On en cite encore plusieurs d'une assez grande taille, péchés à diverses époques, aux environs de Paris. Les lieux les plus septentrionaux où l'on en a rencontré, sont le Fricb-Haf et le Ktnisch-Haf, que chacun sait être des lacs latéraux de la Baltique. Pallas assure que leur nombre est prodigieux dans le Jaïck, au point d'y avoir une fois endommagé une digue , et qu'il a été nécessaire de leur tirer du canon pour les disperser. Ils sont plus rares dans le Jenisey, fleuve de Sibérie, où le fond est hérissé de rochers. Les rivages du Kur, qui coule en Perse et se jette dans la Caspienne, sont enrichis par la pêche d'une énorme quantité de ces animaux. Enfin les anses, les lacs et les fleuves de l'Amérique septentrionale en produisent tant que les Sau» vages, selon Mackensie, peuvent facilement les prendre en les perçant de leurs lances. 11 faut se défier du Poisson étendu sur le sol après qu'il a été péché; pour peu qu'il soit grand, non-seulement il peut renverser, mais même tuer un homme d'un coup de sa queue, qui est la seule partie par laquelle il soit à craindre. On prétend que la chair du mâle est préférable à celle de la femelle. Sa consistance est à peu près celle du Veau ; non-seulement on la recherche fraîche, sur nos tables les plus somptueuses, mais elle devient encore un objet

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important de commerce, quand elle est préparée, soit salée, soit marinée. L'épine du dos est fort molle, grasse, et se prépare à la fumée d'une façon particulière; sous le nom de Chinolia ou Spinachia, on en fait grand cas en Italie ; les Otliaques la préfèrent toute crue. C'est avec des sortes de lanières de la chair, que les Koiwégicns préparent ce qu'ils nomment lianckel. 11 existe encore deux variétés de ce Poisson, celle que les anciens appelaient Attilus, d'où Jdella ou j4dano des modernes, et celle que mentionne Rondelet sous le nom de Bltodius. d. 58, p. 30, v. 25, a. 24, c. 2-i. Esturgeon Schype. Encycl. Pois., p. IC (sans figure), Acipenser Schypa, Gmel., loc. cit., p. 1484. C'est Guldenstedt qui a fait connaître cette espèce dans les Mémoires de Pétersbourg (T. xvi, p. 522). Pallas l'adopte comme véritable, mais Lacépède (T. i, p. 421 ) n'y voit qu'une variété de l'espèce précédente, encore ([ue ce qu'en dit Lepechin, qui lui conserve le nom de Â'os^era, sous lequel le connaissent les pêcheurs (It. 1 , p. 34), paraisse confirmer l'opinion si puissante de Pallas. Cet Esturgeon , qui atteint rarement cinq pieds de longueur, et dont la chair est exquise, n'a encore été trouvé que dans la Caspienne et dans le lac Oka, en Sibérie. On n'a pas mentionné le nombre des rayons de ses nageoires.

tt -^i lèvres non fendues.

ESTDRGEON IcnxHÏOCOLLE OU GRAND ESTERGEOIt. ACt-

penser Hiiso, L., Gmel., loc. cit., p. 1487; Bloch, pi. 129; Encycl. Pois., pi. 10, f. 31 ; VHusen des Allemands, le Copse ou Colpesce des Italiens, le Belhige ou Bellouga de la plupart des peuples du Nord. Cette espèce, moins répandue que la précédente, paraît limitée dans les versants de la Caspienne et de la mer Koire, quoiqu'on en ait péché quelques individus dans le Pô. Le Volga, le Bon et le Danube en produisent le plus et de plus grands individus. Atteignant le poids de deux mille huit cents livres et de vingt-quatre à vingthuit pieds de longueur, sa forme est à peu près celle d'un monstrueux Brochet; le museau est court et très-obtus; le dos d'un bleu presque noir; le ventre d'un jaune clair. Les boucliers tombent avec l'âge, ce qui a fait croire à quelques ichlhyologistes, particulièrement à Artedi, que l'Ichthyocolle en était privé. Les mœurs de ce Poisson ne diffèrent pas beaucoup de celles de l'Esturgeon couimun, et la pèche dont il est l'objet n'est pas d'une moins grande importance : on prétend qu'elle rapporte un produit de plus de dix-sept cent mille roubles à la Russie. La plus grande partie du caviar du commerce en provient, outre la presque totalité de cette colle de Poisson qui se consomme en Europe, et que les Russes nomment usbat. L'usbat est le résultat de la préparation de la vessie natatoire du Poisson. Les autres Esturgeons en fournissent aussi. La graisse de richlhyocolle n'est pas moins utile que sa vessie aérienne; elle est de très-bon goût; on l'emploie à la place de beurre, et les Russes savent la conserver. La chair forme le fond de la nourriture des pays où l'on en fait de grandes pèches; enfin on découpe la peau de manière à pouvoir la substituer au cuir de plusieurs animaux, et celle des jeunes, dit Lacépède, bien séchée et bien débarrassée de toutes les matières qui [lourraient

en augmenter l'épaisseur et en altérer la transparence, tient lieu de vitres dans une partie de la Russie et de la Tarlarie. La chair, les œufs, la vessie à air, la peau, l'épine cartilagineuse et dorsale qu'on mange dans les pays du Nord, tout est donc utile à l'homme dans cette féconde espèce, ajoutel'éloquentcontinuateurdeBuffon. La fécondité de l'IcblhyocoUe est encore plus considérable que celle de l'Esturgeon vulgaire. On prétend que les œufs de la femelle équivalent à peu près au tiers de son poids, et l'on cite un individu de ce se.xe pesant deux mille huit cents livres, dont huit cents livres se composaient des ovaires. Ce Poisson passe, dit-on, les hivers très -rigoureux, en troupes, dans des profondeurs inaccessibles, où les individus sont pressés les uns contre les autres; dans les hivers moins durs, s'éloignanl moins éi la surface, on les prend en grande quantité en pratiquant des trous dans la glace par où l'on enfonce des crochets pour les harponner; des filets et diverses machines sont encore employés pour leur faire une guerre active; on en prend d'énormes quantités, et cependant l'espèce ne parait point éprouver la moindre diminution. — L'Ichthyocolle fit longtemps, et lorsque les confins de l'Europe et de l'Asie étaient moins connus, l'une des célébrités du Danube : Marsigli donne des détails sur la pèche de ce gigantesque habitant du grand fleuve, qu'on voit habituellement sur le marché de Vienne, pendant les mois d'octobre et de novembre, d. 46, r. 33, v. 30, a. 25, c. 40.

EsTCRGEOîiSTREiET.y/c(/>e«se//?tt</ic«tts,L.,Gmel., loc. cit., p. 1483; Bloch, pi. 89; Encycl. Pois., pi. 10, f. 30. Celte espèce a son ventre blanc, tacheté de rosé, le dos noirâtre, avec ses boucliers jaunes, et ses nageoires inférieures rouges, tandis que les supérieures, la caudale et le dos sont d'un gris fort agréable. C'est donc l'Esturgeon dont la livrée semble être la plus brillante; elle avait attiré l'attention du voyageur Corneille-Lebrun qui avait dessiné une figure du Strelet en 1703 (Voy. T. i, pi. 35, p. 93), et qui dit que ce Poisson est le plus délicieux qu'on puisse manger. Ses boucliers sont disposés seulement sur trois rangs. Il dépasse rarement quatre pieds de longueur et trentecinq ou quarante livi'es de poids. Un individu de huit pieds est une grande rareté et se vend fort cher à Saint- Pétersbourg, où l'on en élève beaucoup dans des caisses flottant au cours de la rivière, pour la consommation des marchés. Le caviar en est tellement délicat qu'on le réserve pour la cour. Il habite la Caspienne, le Volga et l'Oural. On dit l'avoir quelquefois péché dans la Baltique. Le grand Frédéric le fit transporter dans plusieurs des étangs et rivières de ses Étals. 11 avait été également introduil parun roi deSuède,du même nom, dans le lac Mœler où l'on assure qu'il s'est naturalisé. D. 39, p. 20, V. 23, A. 22, c. 7G.

Esturgeon Étoile. Jcipenser stellalus, L., Gmel., loc. cit., p. 1486. Cette espèce, dont on doit la connaissance à Guldenstedt, dans les Mémoires de Saint-Pétersbourg (T. XVI, p. 533), habite les fleuves qui se déchargent dans la mer Noire et la Caspienne, le Volga et le Danube particulièrement. Elle est de la taille du Strelet, mais ses couleurs sont le brunàlre sur le dos, des teintes lavées sur les Uancs et le blanc sôus le ventre.

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