‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 54 sur 76 · CG · texte numérisé non relu

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caiaclfTcs du Fer mélc-oiiquo, dont le plus conslant est la présence du Nickel eldu Chrome en proportions notables. L'une de ces niasses a été trouvée en Sibérie par Pallas : elle pesait seize cent quatre-vingts livres russes, et contenait, dans ses cavités, une substance vitreuse, d'un jaune verdàtre, analogue au Péridot. Une autre a été trouvée dans l'Amérique du sud, prés de San-Yago, i)ar don Michel Rubin de Célis. Enfin, tout récemment, plusieurs niasses semblables ont été observées sur la Cordillère orientale des Andes, par Hivero et Bousslngault. La plus considérable pesait sept cent cinquante kilogrammes, environ.

2. Fer oxydé magnétique. Mugnet-Eisenstein, W., Fer oxydulé, UaUy. Combinaison d'un atome d'Oxydule de Fer et de deux atomes d'Oxyde rouge, selon lierzélius. En poids il contient, selon le même chimiste : 71,79 de Fer et 28,21 d'Oxygène; ou 31 d'Oxydule de Fer et G9 d'Oxyde. C'est, de toutes les mines de Fer, celle dont le magnétisme est le plus sensible. Son système de cristallisation est le régulier. Il se divise assez nettement, parallèlement aux faces de l'octaèdre qui est sa forme primitive. Il n'est point ductile, et cède assez facilement ù la percussion. La couleur de sa surface est le gris sombre joint à l'éclat métallique; celle de la poussière est le noir. Il pèse spécitiquenient 4,94. Il est insoluble dans l'acide nitrique. Traité par le chalumeau avec le Borax, il donne au feu de réduction un verre dont la couleur est le vert-bouteille. Les formes les plus ordinaires de ses cristaux sont : l'octaèdre primitif, souvent cunéiforme, quelquefois transposé; le même solide émarginé, c'est-à-dire modifié légércmcnl par une seule facette sur chaque bord; le dodécaèdre rhomboïdal, provenant de la même modification qui a atteint sa limite. Ses variétés de structure et de mélange sont les suivantes :

Le Fer magnétique lamellaire, Spwthiges magneleiseti.

Le granulaire.

Le terreux, d'un brun noirâtre, possédant souvent un magnétisme polaire très-énergique.

Le fuligineux, très-friable, d'un noir bleuâtre, lachant les doigts comme de la suie. Cette variété a été trouvée dans les mines de Nassau-Siegen.

Le Fer magnétique titanifère, Titan- Eisenstein. riusdurquele Fer magnétique ordinaire; cassure plus vitreuse. Il renferme jusqu'à douze et vingt pour cent d'Oxyde de Titane. Il est en cristaux ou en grains arénacés , provenant des détritus de produits volcaniques , et forme en beaucoup d'endroits ce qu'on nomme le sable ferrugineux.

Le Fer magnétique zincifère, Fianklinite , mêlé de dix-sept parties, sur cent, d'Oxyde de Zinc. On l'a trouvé entremêlé d'Oxyde rouge lamellaire de Zinc dans l'État de New-Jersey, Amérique du nord.

L'Aimant naturel appartient aux variétés granulaire et terreuse de cette mine de Fer. Ce sont les morceaux relatifs à ces variétés que l'on taille pour les armer, et que l'on débite dans le commerce sous le nom de pierres d'Aimant. On les trouve principalement en Sibérie, en Norwège, en Suède et dans le Oevonshire en Angleterre. ^. Magnétisme.

Le Fer oxydé magnétique forme des couches subordonnées dans les terrains primitifs, et principalement dans ceux de Gneiss et de Micaschiste. 1! compose quelquefois des montagnes considérables : telle est celle du Taberg en Suède, dans la province de Smolando. Il existe aussi disséminé en cristaux primitifs dans les roches lalqucuses, en Suède dans le Talc schistoïde, en Corse dans le Talc stéalite, au Saint-Golhard dans la Serpentine. Les octaèdres que l'on trouve en Suède, engagés dans le Talc schistoïde, ont leur surface ordinairement recouverte d'une enveloppe de ce même Talc. Le Fer magnétique se trouve aussi quelquefois dans des filons (comme en Norwège), et dans les terrains volcaniques. Les roches rejetées par le Vésuve en contiennent de petits cristaux qui exercent une forte action sur l'aiguille aimantée.

ô. Feb oxydé rodoe, Hatiy (Traité, première édition), Roth-Eisenstein, W. Oxyde rouge de Fer, contenant trois atomes d'Oxygène selon Berzelius. Couleur de la poussière, le rouge foncé. Beudant a cru remarquer qu'il se présentait quelquefois sous la forme de l'octaèdre régulier, comme l'espèce précédente; mais il en diffère en ce qu'il n'est point magnétique, et que sa poussière est rouge au lieu d'être noire. Il est composé de 69,34 de Fer, et 30,GG d'Oxygène. C'est à cette substance qu'il faut rapporter toutes les variétés terreuses ou hématitiformes qu'HaUy avait décrites dans la première édition de son Traité, sous le nom de Fer oxydé, et qu'il a cru devoir faire rentrer dejiuis dans l'espèce du Fer oligiste.

a. Fer oxydé rouge lamelliforme.

^. Fer oxydé rouge concrétionné-fibreux. Vulgairement Hématite rouge, Faseriger Roth- Eisenstein. Concrétions mamelonnées ou cylindroïdes , à tissu fibreux, que l'on trouve en abondance à l'île d'Elbe. C'est à cette variété qu'appartient ce qu'on appelle Sanguine ou Pierre à brunir, et dont on se sert pour polir certains corps, et en particulier les métaux. Cette substance, lorsqu'elle a reçu elle-même le poli, présente à sa surface le gris métallique.

V. Fer oxydé rouge luisant, RothEisenhravi, W. En masses d'un rouge sombre, ayant un aspect luisant, et laissant sur le doigt un enduit gras de leur couleur. Elles sont ou granulaires ou compactes; quelquefois les grains sont semblables à de petites fèves. C'est alors la variété Cyamoïde d'HaUy, le Linsenfœrmiger Thoneisenstein des Allemands.

S. Fer oxydé rouge terreux ou grossier, Dichler Roth- Eisenstein et Thon-Eisenstein.

£. Fer oxydé rouge argilifère, Thon-Eisenstein, "\\ . Ce que l'on appelle communément crayon rouge des dessinateurs, n'estaulre chose qu'un Fer oxydé terreux mêlé d'Argile. C'est le Rœtheliie Werner. On rapporte à cette variété des masses à structure bacillaire, d'un brun rougeàtre , formées de pièces séparées probablement par un retrait que la matière aura subi en se refroidissant ou en se desséchant. On trouve de pareilles masses à Saarbruck, département de la Meurlhe.

Le Fer oxydé rouge appartient aux terrains primitifs et intermédiaires où il forme des filons, Les substances minérales qui lui sont le plus ordinairement associées

FER

sont le Quarlz. la Baryte sulfatée, le Calcaire, la Litliomarge. Les concrétions fibreuses nommées Hématites se trouvent dans un grand nombre d'endroits, et en particulier à l'ile d'Elbe, où elles constituent des masses très- considérables, et ù Framont dans les Vosges.

4. Fer oiiGisTE. Eisenglanz, W. Celte espèce qui, par sa composition, se rapproche de la précédente, a pour caractère distinctif d'avoir un magnétisme sensible, une couleur noirâtre, avec une teinte de rouge lorsqu'on la réduit en poussière, et un système de cristallisation rlioniboédrique et bien déterminé. Sa forme primitive est celle d'un rhomboïde un peu aigu, dont les faces, situées vers un même sommet, font entre elles un angle de 87» 9' (suivant Mohs, 85° 58'). Les joints naturels parallèles aux faces de ce rhomboïde sont sensibles à la lumière d'une l)ougie, et il y a des masses de Fer oligislequi se divisent avec beaucoup de facilité et de netteté. La couleur des cristaux est en général le gris d'acier, tirant au bleu. Le Fer oligiste est fragile et il raye le verre. Sa pesanteur spécifique est de 5, 2. Traité au chalumeau avec le Borax, il le colore en vert sombre. Les cristaux de ce minéral, si remarquables par leur vif éclat et leurs brillantes couleurs, ont présenté un grand nombre de variétés de formes dont nous citerons ici les plus remarquables :

La primitive.

La même modifiée sur les angles du sommet par une seule face (fiosée, H.).

La même, modifiée sur les angles du sommet par trois facettes tournées vers les faces primitives (Birliomboïdale , H.). La marche des décroissements est souvent indiquée par des stries parallèles aux grandes diagonales des rhombes.

Le rhomboïde très-obtus provenant de cette dernière modification parvenue à sa limite (Binaire, H.).

La première modification combinée avec celle qui produit sur les angles latéraux la double pyramide hexaèdre {J'rapézieiine, H., etc.).

La forme la plus ordinaire des cristaux de l'île d'Elbe est celle qu'HaUy a nommée Binoternaire, et qui résulte de la combinaison de cette double pyramide avec les rhomboïdes primitif et binaire.

Les autres variétés de formes indéterminables et de structure sont les suivantes :

Le Fer oligiste lenticulaire, provenant de la variété binaire dont les faces ont subi des arrondissements.

Le Fer oligiste laminaire, formant en Norwège et en Suède des couches puissantes et même des montagnes, entre autres le Taberg.

Le Fer oligiste lamelliforme, en petits cristaux éclatants disséminés dans les laves du Slromboli, du Puyde-Dôme, du Mont-d'Or et de Volvic. Ces cristaux ont été produits par la sublimation à l'aide de la chaleur. Ils prennent quelquefois une étendue assez considérable, et comme par leur poli vif ils ressemblent à de petits miroirs métalliques, on leur a donné le nom de Fer spéculaire. Ils se présentent ordinairement comme des lames minces de forme hexagonale, dont les facettes latérales s'inclinent sur les bases alternativement dans un sens et dans l'autre; ils constituent alors une sous-

variété du Fer oligiste basé qu'Hauy désigne par l'épitbète de segminiforme.

Le Fer oligiste granulaire forme des couches puissantes en divers endroits dans les terrains primitifs. Au Brésil, où il est mélangé de Quarlz, il porte le nom d'itabyrite.

Le Fer oligiste écaiWeax, Eisenglimmci; VV., Fer micacé, se divisant en petites écailles qui s'attachent aux doigts par le frottement. Il lenferme quelquefois de l'or disséminé comme au Brésil.

Le Fer oligiste compacte, à l'ile d'Elbe.

Le Fer oligiste pseudomorphique, aux environs de Dusseldorf en Westphalie. 11 se montre sous la forme de la Chaux carbonatée métastatique.

Il est peu de substances aussi remarquables que le Fer oligiste par ce genre d'agrément que désigne l'épithèle d'irisé. Aussi tous les cabinets d'amateurs sont-ils ornés des belles cristallisations que fournissent les mines de Framont et de l'ile d'Elbe. Dans cette dernière localité, le minerai de Fer est si abondant, qu'on l'exploite depuis un temps immémorial. Ce ne sont pas les cristaux eux-mêmes qui font l'objet de cette exploitation, mais bien la masse sur laquelle ils reposent, et qui est une roche composée de parties métalliques et de parties terreuses mélangées. Le Fer oligiste appartient aux terrains primitifs , intermédiaires et secondaires. Il y forme des couches minces, des assises puissantes ou de simples rognons. Les substances minérales qui l'accompagnent sont le Quartz, le Mica , le Talc , le Pyroxène (Coccolilheet Sahlile), l'Amphibole et le Feldspath. Il a aussi des relations de rencontre avec deux autres substances métalliques, l'Or natif au Brésil , et le Titane oxydé rouge au Saint-Golhard. Enfin il existe, comme nous l'avons déjà dit, dans les terrains pyrogènes où il est un produit du feu des volcans.

5. Fer arsenical, HaUy,Gc»ieme/-^/seHîA7i,(es,W. Vulgairement Pyrite arsenicale et Misspickel, Sulfo- Arséniure de Fer, d'après les analyses de Chevreul et de Stromeyer. Ce minéral est composé d'un atome de quadri-sulfure de Fer et d'un atome de biarséniure de Fer, ou en poids, de 32,3 de Fer, 40,5 d'Arsenic, et vingt de Soufre sur cent. La forme primitive de ses cristaux est un prisme droit rhomboïdal , dont la hauteur est ù peu près égale au côté de la base, et dont les faces latérales font entre elles un angle de 111» 18'. La cassure du Fer arsenical est granulaire et peu brillante; sa couleur est le blanc tirant sur celui de l'Étain; il donne des étincelles par le choc du briquet, en exhalant une odeur d'ail très -sensible; chauffé à la flamme d'une bougie, il répand une fumée épaisse accompagnée de la même odeur. Sa pesanteur spécifique est de 0,3. Les formes de ses cristaux sont extrêmement simples et peu variées. Elles n'offrent guère que des modifications par une seule face, sur les angles aigus des deux bases. Ces formes sont la primiliie; Vunitaire, ou la précédente dont les angles aigus sont remplacés chacun par une facette; la ditétraèdre qui provient d'une modification analogue, mais dans laquelle les facettes additionnelles sont plus surbaissées, etc. Les variétés de structure se réduisent aux trois suivantes : la bacillaire, l'aciculairc et la compacte massive. On ne connaît qu'une seule va-

liélé (le mélniific qui est le Fer arsenical argentifère, le Weisserz de W., dans lequel la quantité d'argent varie d'un à dix pour cent. Il est moins blanc que le Fer arsenical ordinaire, et jaunit plus facilement par l'exposition à l'air. On le trouve à Braunsdof eu Saxe, sous la Forme de grains engagés dans le Quartz, et accompagnés quelquefois d'Antimoine sulfuré capillaire. Le Fer arsenical appartient exclusivement aux terrains primitifs où il se présente en masses assez considéiables subordonnées au Micaschiste, et plus généralement en petites portions disséminées dans diverses roches ou dans les filons métallifères. Les substances auxquelles on le trouve associé, sont l'Êtain oxydé, le Plomb sull'uré, le Fer sulfuré, le Cuivre pyritcux, la Chaux carbonatée, le Schéelin ferruginé et l'Émeraude.

6. Fer scircRÊ jadne. Eisetikies, W. Vulgairement Pyrite martiale et ferrugineuse; Quadrisulfure de Fer, Berzclius. Suivant ce chimiste, et conformément aux analyses d'Hatchett, il est composé de 54,2G de Soufre, et 45,74 de Fer. Son système de cristallisation est un de ceux qu'on nomme hémiédriqucs. Il dérive du système régulier parla réduction ù moitié du nombre des faces de certaines formes, et a pour type caractéristique le dodécaèdre penlagonal (F. l'art. Cristaii.ographie). On pourrait adopter ce dodécaèdre pour forme fondamentale comme l'a fait Léonhard , mais nous suivrons ici l'exemple d'IIaUy et de tous les autres minéralogistes qui ont choisi le cube pour forme primitive, en faisant intervenir dans la dérivation des formes secondaires la modification à la loi de symétrie dont nous avons parlé. Les joints naturels de ce minéral sont rarement bien sensibles : on en a observé qui étaient parallèles aux faces du cube, d'autres aux faces d'un octaèdre régulier, et Léonhard en a vu qui étaient dirigés dans le sens des faces du dodécaèdre pentagonal. La cassure du Fer sulfuré est en général peu éclatante et raboteuse; sa couleur est le jaune de bronze; il donne des étincelles par le choc du briquet, en exhalant une odeur sulfureuse. Sa pesanteur spécifique est de 4,3. Exposé à la tlamme d'une bougie, il répand une odeur de soufre, et devient attirable à l'Aimant. Les formes de ses cristaux sont très -multipliées; les plus remarquables sont le cube, l'octaèdre régulier, le trapézoèdre; ledodécaèdre pentagonal dont les faces résultent d'un décroissement par deux rangées sur les bords du cube; le triacontaèdre terminé par vingt-quatre trapézoïdes et six rhombes correspondant aux faces primitives, et l'icosaèdre provenant de la combinaison de l'octaèdre avec le dodécaèdre penlagonal. Le parallélique décrit par HaUy est de toutes les formes cristallines connues celle qui a offert le plus grand nombre de faces. Ce nombre est cent trente-quatre. On trouve quelquefois la Pyrite de Fer en cubes dont les faces sont striées dans trois sens perpendiculaires l'un à l'autre. Cette variété, qui porte le nom de Triglyphe, avait excité l'attention d'anciens observateurs, tels que Sténon, Mairan , Uomé de L'isle; mais Ilauy est le premier qui en ait donné une explication simple et satisfaisante. Il remarque que ces stries sont dirigées comme les arêtes des espèces de coins que forment au-dessus des faces du cube primitif celles de la variété pentagonale; or ces arêles sont elles-mêmes

I parallèles à la série des bords décroissants dont se composent ces dernières faces. Le cube strié n'est donc autre chose que le résultat d'une cristallisation précipitée, qui tendait à produire le dodécaèdre à plans pentagones.

Les variétés de structure de la Pyrite commune ne sont pas nombreuses. On la trouve en concrétions cylindroïdes, en aiguilles rayonnées (Slrahlkics, W. ), en cristaux capillaires qui se croisent dans toutes sortes de directions (//aa»7iies, W.), en dendrites interposées entre les feuilles d'un Schiste, et en grains ou en petits cristaux cubiques disséminés dans une Argile. Souvent elle remplit les cavités de différents corps organiques, tels que les Cornes d'Ammon, les Oursins, etc. — Le Fer pyrileux est susceptible d'une altération qui fait passer sa couleur au brun noirâtre, et finit par le transformer en Fer hydraté, sans qu'il perde pour cela sa forme cristalline. On a donné ù cette variété altérée le nom de Fer hépatique {Leberkies, W.). IlaUy l'a décrite sous celui de Fer oxydé épigène. — Le Fer sulfuré se mêle souvent avec diRérentes substances métalliques, telles que le Fer, le Cuivre , l'Arsenic et surtout l'Or. Les Pyrites aurifères sont très-communes au Brésil, et surtout en Sibérie, où elles accompagnent le Plomb rouge et où elles sont devenues l'objet d'une exploitation. — Le Fer sulfuré commun constitue quehiuefois des couches assez considérables dans les terrains primitifs, où il est subordonné au Gneiss, au Micaschiste et à l'Amphibole schistoïde. 11 y estù l'état grenu ou compacte, plus ou moins mélangé de parties quartzeuses, amphiboliques ou talqueuses. Dans les autres terrains, on ne le rencontre qu'en filons ou en cristaux disséminés. Le Fer sulfuré a été connu des anciens sous le nom de Pyrite qui rappelle la propriété qu'il a de faire feu par le choc du briquet; ils le faisaient servir au même usage que notre Silex pyromaque; avant que celui-ci ne fût employé comme Pierre à fusil, on armait les carabines avec le Fer sulfuré; de là lui est venu le nom de Pierre de carabine. Ce qu'on appelle Miroir des Incas est une plaque de Pyrite qui a reçu le poli , et qui peut faire la fonction de miroir. On a trouvé de ces plaques dans les tombeaux des princes péruviens. La Marcassite du commerce est un Fer sulfuré uni à une petite quantité de Cuivre, dont on faisait anciennement des boutons et autres ouvrages de ce genre.

7. Fer sdlfuré magnétique. Magnetkies, W., vulgairement Pyrite magnétique. Bisulfure de Fer, composé de 62,77 de Fer et 37,2-3 de Soufre. Cette composition s'accorde parfaitement avec l'analyse de la Pyrite de Cornouailles faite par Hatchett (Philos. Trans. 1804).

La forme primitive est, suivant quelques minéralogistes, un prisme hexaèdre régulier, et, suivant IlaUy, un prisme droit rhomboïdal divisible dans le sens de la petite diagonale. Le tissu lamelleux est très-sensible, et la division parallèle aux bases est d'une grande netteté. La couleur de cette Pyrite est le jaune de bronze, mêlé de brunâtre ou de rougeàtre. Elle a peu de dureté, se laisse aisément casser, exerce sur l'aiguille aimantée une action assez forte. Sa pesanteurspécifîqueestde4,5. Elle est solublc dans l'Acide sulfurique étendu d'eau, avec dégagement d'Hydrogène sul f u ré. On ne l'a trou vée

FER

justiii'ii présonl qu'en lames IrÈséclatantes, ù Kodemnaison Bavière, et en niasses plus ou moinsconipacles, à Andrcasbergau Harz, à Sclimolniz en Hongrie, dans la liaviùre, le Tyrol, le Cornouailles, et près de Nanies en France. Elle appartient aux terrains primordiaux, où elle se rencontre en petits amas dans les couches et dans les filons.

8. Fer suiFcnÉ diaivc. Quadrisiilfurede Fer ayant la même composition atomistique que le Sulfure jaune décrit plus liant, dont il ne diffère que par ses caractères physiques et crislallographiques. Sa forme priniilive est un prisme rhomboïdal droit, dans lequel la plus grande incidence des faceslalèralesestde 106" ."C. La couleur de la masse, dans l'élat de fraîcheur, est le blanc jiiétallique tirant sur celui de l'Élain, et passant quelquefois au jaune de bronze par l'action de l'air; la couleur de la poussière est le noir verdâtrc. Il étincelle par le choc du briquet. Sa pesanteur spécifique est de 4,73. Si l'on en expose un fragment à la flamme d'une bougie, il donne une fumée légère, accompagnée d'une odeur sulfureuse, et devient allirable à l'Aimant. Les masses imparfaitement cristallisées, celles qui sont radiées principalement, se recouvrent d'une efHorescence de sulfate de Fer, par leur exposition à l'air libre, et finissent par se désagréger entièrement. Berzelius atlriluie ce phénomène à l'interposition de quelques particules de Pyrite magnétique.

Le système de cristallisation de la Pyrile blanche de Fer a beaucoup d'analogie avec celui de la Pyrite arsenicale. Ce sont de part et d'autre les mêmes modifications simples, provenant presque toutes du remplacement des angles aigus de la base, par des facettes plus ou moins inclinées. Mais ce qui caractérise les variétés de la Pyrite ferrugineuse, c'est leur tendance à former des groupements réguliers par la réunion de plusieurs fragments d'une même variété autour d'un centre commun. HaUy a désigné cette disposition remarquable par Vépithèle de périlome ajoutée au nom du cristal simple qui entre dans la composition du groupe. Il est singulier de voir le Fer sulfuré blanc qui, par son idenlité de nature avec la Pyrite jaune, semble être, parmi les métaux, l'analogue de l'Arragonite, se rapprocher encore de celle dernière substance par le petit nombre de formes simples que présentent ses cristaux, et la multitude des formes composées qui résullent de leurs groupements. Ces cristaux offrent quelquefois une sorte de dentelure produite par une série d'angles aigus, appartenant à autant de prismes rhomboïdaux, qui semblent se pénétrer; ce sont les Pyrites denlelées d'Hatly (Kamkiea, \V.), vulgairement appelées Pyrites en crête de Coq. — Les variétés de structure se réduisent aux suivantes : le Fer sulfuré blanc aciculaire, ordinairement en masses globuleuses radiées (Strahl/cies, W.); le Fer sulfuré blanc concrétionné-manielonné, et le Fer sulfuré blanc compacte ou à grain fin.— La Pyrite blanche éprouve quelquefois, comme la Pyrite commune, une épigénie (|ui la transforme en Fer hydroxydé.

Le Fer sulfuré blanc forme , dans quelques localités et particulièrement aux environs d'Alais, dans un terrain secondaire, des assises puissantes, qui sont exploitées. On le trouve aussi disséminé en rognons dans l,i

4 DICT. riF.S SriEPJ.CES IVAT.

Craie et dans les Lignites des terrains tertiaires. A Almérode en Hesse, il se présente en cristaux octaèdres engagés dans l'Ar.Tile. Enfin, dans plusieurs endroits de la Saxe et de la Bohème, il s'associe à la formation des filons. On explolle les Pyrites blanches i)ouren obtenir du sulfate de Fer, par leur exposition ;1 un air humide.

9. Fer CARiiORÉ ou Grapbite. Vulgairement Plombagine. Composé de Fer et de Carbone dans les proportions de 4 ù 6 parties de métal sur 9G à 94 parties de combustible; cristallisant en prisme hexaèdre régulier dont les dimensions sont inconnues. Le Graphite est d'un gris noirâtre, avec certain brillantmélallique. Il est tendre et onctueux au loucher. Il est facile à gratter et à couper en lames minces avec le couteau ; il laisse sur le papier des traces d'un gris de Plomb ; il brûle et se volatilise au chalumeau à l'aide d'un feu soulenu. On l'a trouvé en cristaux hexaèdres, engagés dans un Fer hydroxydé, à Philadelphie; mais il se rencontre plus ordinairement en masses lamelliformes ou granulaires, disséminées dans les roches des terrains primitifs; quelquefois il se confond imperceptiblement avec la matière de ces Roches, auxquelles il communique des teintes noirâtres. Les mines de Graphite les plus estimées sont celles de Borowdale dans le Cumberland. en Angleterre. On emploie ce minéral pour faire des crayons et pour garantir les ouvrages de Fer de la rouille, en le réduisant en poussière et l'appliquant à la surface de ces corps. On se sert aussi de cette même poussière, mêlée avec de la graisse, pour adoucir les frottements dans les machines à engrenage.

10. Fer caicarêosiliceux ou Yënite. Lievrite, \V., Ilvatle, Silicate de Chaux et de Fer, composé d'un atome de Silicale de Chaux et de (|uatre atomes de Silicate de Fer; ou en poids, d'après l'analyse de Vauquelin : de Silice , 29; Chaux, 12; O.xyde de Fer, S7; perle, 2. La forme primitive de ce minéral est, suivant Cordier, un prisme droit rhomboïdal, dans lequel la plus grande incidence des faces lalérales est de 112» 36'. Sa couleur est d'un noir foncé, tirant quelquefois sur le brun. Les sommets de ses cristaux se font remarquer souvent par un chaloyement particulier. Sa pesanteur spécifique est d'environ 4. Il donne quelques étincelles par le choc du briquel. 11 est soluble dans les Acides, surtout le muriatique. 11 devient magnétique lorsqu'on le chauffe à la simple flamme d'une bougie. — Les formes secondaires (|u'il présente résultent de modifications très-simples sur les arêtes de la base et sur les angles aigus ou obtus. Elles portent piesque toutes l'empreinte du prisme rhomboïdal primitif. — Les variétés de structure sont celles qu'Hauy nomme bacillaire, aciculaire, sublaniellaire et compacte. L'Yénile existe en deux endroits différents de l'île d'Elbe, à Riola-Marina et au cap Calamita. Elle y est accompagnée d'une substance verte, en aiguilles rayonnées, qui parait avoir du rapport avec le Pyroxène.

11. Fer hydraté ou hydroxydé. Braun-Eisenslein, W. Combinaison de trois atomes d'eau avec deux atomes d'Oxyde rouge de Fer; ou en poids, de 85,ô0 de Fer et 14.70 d'Eau (Berzelius). La couleur de ce minéral, en niasse, osl le jaune brunâtre et quelque fois le noir; la poussière est jaunâtre. Lorsqu'on le

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