VV.R
lime, il pieiiil souvent le hrillantmélallique; ilacqiiieit le inagnijdsme polaire par la chaleur. Chauffé dans un matras, il donne de l'Eau et pour résidu de l'Oxyde rouge. Traité au chalumeau avec le Borax, il fond en un verre jaunâtre. — UaUy a cru remarepicr des cristaux de ce minéral qu'il regarde comme un produit immédiat de la nature, et dont les formes appartenaient au système régulier. Suivant lui, l'Hydrate de Fer se montre quelquefois sous la forme du cube, et il la conydère comme primitive; sous celle de l'octaèdre régulier, au Brésil; sous celle du dodécaèdre, à l'ile de Volkostroff en Russie, où ses cristaux sont implantés isolément dans un Fer oxydé argilifère. Dans cette même localité, le Fer hydroxydé présente la variété nommée Apiciforme, c'est-à-dire en forme de petites houppes chatoyantes, engagées dans des cristaux de Quartz hyalin, qui tapissent l'intérieur d'une Géode ferrugineuse. — Les variétés de structure et de formes indéterminables sont les suivantes : 1» le Fer hydroxydé hématite (Faseriger Braun-Eisensleîn) , vulgairement Hématite noire, en masses ordinairement mamelonnées et fibreuses à l'intérieur, comme les Hématites rouges, dont elles sont distinguées par la couleur de la poussière qui est d'un brun jaunâtre ; leur surface est souvent d'un noir luisant et quelquefois irisé. 2» Fer hydroxydé compacte (Slilnopsiclerit); o" Fer hydroxydé géodique (Eisennerz, W.), d'un brun jaunâtre, composé de couches concentriques, qui renferment dans leur cavité centrale, un noyau mobile ou une matière pulvérulente de la même nature. Ces Géodes étaient connues des anciens sous le nom d'élite ou Pierre d'Aigle. /'.iïTtTB. 4" Fer hydroxydé globuliforme {Bohnerz, W.), en globules tantôt libres, tantôt réunis par un ciment quelquefois non endurci et qui est une Argile sablonneuse. Cette variété constitue une grande partie des minerais qu'on exploite pour en retirer du Fer. Sa formation est tout à fait analogue à celle des Oolilhes. 3» Fer hydroxydé terreux.— Le Fer hydroxydé est quelquefois accompagné d'une substance noire, vitreuse, susceptible de devenir magnétique lorsqu'elle est chauffée; HaUy la désigne sous le nom de Fer liydroxydé noir vitreux. — Le même minéral se mêle souvent avec des matières argileuses ou sablonneuses, qui lui donnent tantôt un aspect semblable à celui du Jaspe, et tantôt une apparence tout à fait terreuse et rubigineuse; dans ce dernier cas, c'est le Fer dit limoneux. La. terre d'Oiubre, ainsi nommée parce qu'on la trouve dans la partie de l'Italie qu'on appelle Ombrie, et dont on se sert dans la peinture, n'est qu'une sous-variété du Fer hydroxydé argileux. — Le Fer hydroxydé appartient aux terrains secondaires les plus anciens, ceux qu'on nomme intermédiaires, et se retrouve jusquedans les terrains les plus modernes. Les variétés compactes et fibreuses sont les plus anciennes; dans les terrains secondaires proprement dits, la variété globuliforme constitue des assises considérables; mais la plus grande abondance de ce minerai a lieu dans les terrains tertiaires. C'est à cette division qu'appartiennent le minerai de Fer d'alluvion et ces variétés au.xquelles on a donné les noms de Fer hydroxydé des lacs, des marais cl des prairies'.
M. Fer cakboivaté. Spath-Eisenslcin, W., vulgairement Fer spathii|ne. Bicarbonate d'oxydule de Fer, ayant la même composition atomisli(pie que le Carbonate ordinaire de Chaux, dont il se rapproche par sa forme et par .ses caractères extérieurs. En poids, il contient sur cent parties 01,47 d'Oxydule de Fer, et ôS.îîô d'Acide carbonique. Les analyses de cette substance, faites par Bucholz, Klaproth et Drapiez, s'accordent d'une manière satisfaisante à confirmer ces proporlions. Le Fer carbonate a pour- forme primitive un rhomboïde obtus, dans lequel la plus grande incidence des faces est de lOT'i, suivant Wollaston. 11 se divise parallèlement aux faces de ce rhomboïde avec la même facilité que le Carbonate calcaire. Sa pesanteur spécifique est de 3,7; il raye le Spath calcaire et quelquefois le Spath fluor; chauffé à la flamme d'une bougie, il aci|uiert un magnétisme très-sensible; sa couleur, lorsqu'il est pur, est le jaune brunâtre pâle ; mais par l'action continuée de l'air, elle brunit et devient noirâtre; le Carbonate perd peu à peu de sa dureté et se décompose totalement; il abandonne son acide, et le Fer s'oxyde davantage ; il est soluble lentement dans l'Acide nitrique, en donnant lieu à une faible effervescence; chauffé dans un matras, il ne dégage point d'eau; exposé ù une douce chaleur, il noircit, et se réduit en Oxyde de Ferattirable à l'Aimant.
Le système de cristallisation du Fer spalhiquc est absolument le même que celui du Carbonate calcaire : seulement les formes secondaires sont moins variées; les plus communes sont celles qu'HaUy a nommées basée, équiaxe, contrastante, prismatique, et qui ont été décrites à l'article de la Chaux carbonatée. Le Fer siiathique se lencontre fréquemment sous la forme du rhomboïde primitif; ses faces ont souvent beaucoup d'éclat. Dans quelques échantillons mélangés de Carbonate de Manganèse, elles présentent des courbures et des inflexions; mais dans l'état de pureté du minéral, elles sont parfaitement planes, et n'ont jamais l'éclat perlé du Carbonate de Fer et de ManganèsetChaux carbonatée ferro-manganésifère).
Les variétés de structure sont : le Fer spalhique laminaire ou lamellaire {Eisenspath); le lenticulaire; le concrétionné-mamelonné (Sphcerosklerit), en masses sphéroïdales dans un basalte, à Slcinheim près de Hanau; le compacte, souvent mêlé de matière argileuse.
Le Fer carbonate, à l'état lamellaire ou grenu, existe dans les terrains primitifs et intermédiaires; il forme dans le granile des amas peu étendus, et s'associe aux matières qui composent les filons de ce terrain. Dans les terrains secondaires, il est à l'état compacte, et devient susceptible d'exploitation. On le trouve disséminé au milieu de l'Aigile scliistoïde des houillères, en rognons aplalis, disposés sur des plans parallèles ù la stratification, et renfermant quelquefois vers leur centre un noyau de matière pyriteuse. Ce minerai fournit au métallurgiste un Fer d'assez bonne qualité, qui souvent se convertit de lui-même en Acier, lorsqu'on le traite i>ar la méthode catalane, ce qui lui a fait donner le nom de Mine d'Acier. Les pays où le Fer carbonate se trouve le plus abondamment, sont la Styrie, le Harz, la Hongrie, et la France, surtout à Baigorry et â Allevard.
FER
13. Fer phosphaté (Eisenblau; f'wiunil). Combinaison (le Pliospliale il'oxydule de Fer et d'eau, contenanl, d'après UÊie analyse de Cei-lliier, quaranle-trois pallies d'Oxydule de Fer, vingt-trois d'Acide phosphorique, trente-deux d'eau, et deux parties de matières étrangères. La forme primitive de ses cristaux est un prisme rectangulaire à hase oblique, inclinée sur une des faces latérales de 100". Les joints parallèles aux faces de ce prisme sont très-sensibles; mais ils n'ont pas tous le même éclat ; les cristaux sont transparents et d'une couleur verdâtre; les variétés opaques sont d'un bleu très-foncé ; la poussière des cristaux est d'un bleu pâle, et tache le papier. Présenté à la flamme d'une bougie, ce minéral devient magnétique; chauffé dans un petit matras, il donne beaucoup d'eau; mis dans l'Acide nitrique, il s'y dissout avec effervescence.
Le Fer phosphaté, lorsqu'il est cristallisé, se montre quelquefois sous la forme de prismes octogones, communément à sommets dièdres, comme certaines variétés de Pyroxène. Mais il est plus ordinaire de le trouver à l'état laminaire (Bodemnais en Bavière, Sainte- Agnès en Cornouailles); il l'état aciculaire (Bodemnais); à l'état compacte (New-York, aux Étals-Unis); à l'état terreux, Blaue Eisenertle; 'B\eu de Prusse natif (même localité).
Le Fer phosphaté ne se rencontre qu'en petite quantité dans la nature, et dans des terrains de formations bien différentes; dans le sol primordial, il revêt de ses cristaux les masses de pyrite magnétique; on le trouve dans le Basalte et dans d'autres Roches pyrogènes, en France (départements du Puy-de-Dôme et de l'Allier); enfin, il est disséminé sous la forme de nids, dans des couches d'Argile, dans les cavités du Fer limoneux, et jusque dans des tourbières. On emploie le Fer phosphaté terreux pour la peinture, soit en détrempe, soit à l'huile.
14. Fer chromaté. Fer chromé de quelques minéralogistes; Eisenchrom de Karsten. Ou ne s'accorde point encore sur la composition de ce minéral. Vauquelin qui le premier l'a analysé, pensait que le Chrome y était à l'état d'acide; mais Laugier et Berzelius ont émis une autre opinion, d'après laquelle il devrait être considéré comme un Chromite de Fer, peut-être un Chromite double de Fer et d'Alumine; car toutes les analyses ont donné une quantité notable de cette base. Voici celle du Fer chromaté de Sibérie, par Laugier : Oxydulede Fer, 34; Oxyde de Chrome, S3; Alumine, 11; Silice et Manganèse ox., 2; total, 100. — Le Fer chromaté cristallise en octaèdre régulier : sa couleur est d'un brun noirâtre, semi-métallique; sa poussière d'un gris cendré. Il pèse spécifiquement 4,03. 11 raye le verre, et se brise sous le marteau; il est faiblement magnétique; au chalumeau, il est infusihie sans addition; mais il fond avec le Borax, en lui communiquant une belle couleur verte. Le Fer chromaté est quelquefois cristallisé en octaèdres réguliers; mais il se présente plus communément à l'état laminaire ou grenu, ou eu masses amorphes. Il appartient presque exclusivement aux terrains serjjenlineux, et les substances qui l'accompagnent le plus ordinairement, sont le Talc et la Diallage. Celui de la Bastide, dans le département du
Var, en France, est disséminé dans une Serpentine noirâtre ; et celui de Baltimore, dans le Maryland, est associé au Talc lamellaire. Ce Talc et le Fer lui-même sont colorés en rouge-violet par le Chrome. On a trouvé aussi le Fer chromaté eu Sibérie dans les Monts-Ourals.
15. Fer arséniaté. Ifûifelerz., Skorodile. La composition de celle substance n'a point encore été déterminée avec une exactitude suffisante : les différents minéraux que l'on a réunis sons ce nom ont présenté dans leurs analyses des proportions variables d'Oxyde de Fer, d'Acide arsénique et d'eau. Peut-être ces variations proviennent-elles des altérations auxquelles ce minéral est sujet. Sa forme primitive est le cube. Sa couleur, dans l'état de perfection, est le vert plus ou moins sombre; les cristaux, en se décomposant, passent au brun rougeâtre; sa cassure est inégale; sa dureté médiocre; il pèse spécifiquement 3. La variété du Cornouailles, nommée Wtirfelerz, étant chauffée dans un malras, dégage de l'eau et devient rouge. La variélé nommée Skorodile, de Graul près Schwarzenberg, donne de l'eau dans le même cas, et devient ensuite d'un gris blanchâtre pu jaunâtre; plongé dans la flamme d'une bougie, un petit fragment de ce minéral s'y fond à l'instant en un globule qui présente à sa surface le brillant métallique ; exposé à une chaleur intense, il répand des vapeurs d'Arsenic. Le Fer arsénialé a été trouvé en petits cristaux cubiques ou en slalaclites d'un jaune verdàlie, recouvertes de pareils cristaux, dans des filons traversant le sol primordial, en Angleterre, dans le comtédeCornouailles, et euFrance, à Saint-Léonhard, département de la Ilaule-Vienne.
16. Fer oxalaté, substance encore peu connue, découverte à Bilin en Bohême, dans un Lignite, et qui a élé décrite il y a plusieurs années par Rivero. Elle est en cristaux prismatiques de couleur jaune, qui ont peu d'éclat, et possèdent un magnétisme assez faible. Elle est fragile et raye la Chaux sulfatée. Exposée à la flamme d'une bougie, elle noircit et devient susceptible d'agir très-sensiblement sur l'aiguille. Elle est soluble en entier, et sans effervescence, dans l'Acide nitrique.
17. Fer sclfaté. Vitriol de Fer, Eisenvilriol , K. Substance saline, d'un vert clair, soluble dans une quantité d'eau froide double de son poids, et cristallisant en prismes obliques rhomboïdaux, peu différents d'un rhomboïde aigu, dans lesquels les inclinaisons des faces situées vers l'angle supérieur sont de 80" 57' et 82» 20', d'après les mesures prises avec le goniomètre réflecteur. Cette substance est composée de 25,43 d'Oxyde de Fer, 29,01 d'Acide sulfurique, et 45,jG d'eau (Berzelius). Elle a une saveur très-astringente, dégage de l'eau lorsqu'on la chauffe dans un malras, el de l'Acide sulfureux lorsqu'on la fait rougir. Elle est susceptible de s'efHeurir au contact de l'air; elle en absorbe l'Oxygène, mais seulement ù sa surface, et se couvre peu à peu de taches ocreuses. Les astringents végétaux, et en particulier la noix de galle, mêlés à sa dissolution, en précipitent le Fer sous une couleur noire. On ne la trouve dans la nature que sous forme de concrétions et de filaments libres ou adhérents, d'un blanc jaunâtre, â la surface de certaines roches schisleuses conlenanl des Pyrites blanches de Fer à la décomposi-
I ion d(:s(|iiellos clic doil probablpinent naissance. Le Sulfale de Fer entre dans la composilion des leiiiluies en noir et en i;ris; on l'emploie pour faire le bleu de Prusse et l'encre. On obtient celle-ci en mêlant enseinl)le une dissolution de Sulfate de Fer avec une décoction de noix de galle et une solution de gomme arabique. On ajoute quelquefois du sucre en poudre très-fine pour rendre l'encre luisante.
Berzelius a cité un Sulfate de Fer rouge provenant d'un puits de la mine de Falilun, nommé Insjo, et qui contient, d'après son analyse, 32 centièmes d'Acide sulfurique, et 52 centièmes d'eau, mais le Fer y est sous deux états d'oxydalion.
18. Fer sous-sci.faté. Fer oxydé résinite, Hauy, Eisenpecherz, W. Substance d'une couleur brune ou jaune-brunâtre, avec un luisant semblable à celui de la Résine; très-fragile, s'écrasant facilement par la pression de l'ongle. Pesanteur spécifique, 2,-3. Chauffée dans un matras, elle doime une grande quantité d'eau ; à une cbaleur assez intense elle dégage de l'Acide sulfureux; mise dans l'eau, elle se résout en grains sans se dissoudre. Elle provient des mines des environs de Freyberg où elle accompagne d'autres minerais de Fer, et principalement des Sulfures. Klaproth a trouvé qu'elle était formée de G7 parties d'Oxyde de Fer, 25 parties d'eau et 8 parties d'Acide sulfurique.
On connaît aussi un Fer sous-sulfaté terreux ou Ocre de Vitriol qui a été analysé par Berzelius (^. sonSyst. de Min., p. 200).
Fer azuré. A'. Fer puospdaté.
Fer-Bianc. Alliage de Fer et d'Étain que l'on préparc en plongeant à plusieurs reprises des plaques de Fer bien décapées et cbauffées dans un bain d'Étain.
Fer HYDROcuiORATÉ. 1^. Pyrodmaiitde.
Fer siiicÉo-CALCAiRE. y. Fer calcaréo-siliceux.
Fer Skorodite. V. Fer arsématé.
Fer Spatuiqde. I'. Fer cardonaté.
. Fer Tuîvgstaté. y. Scdéelin ferrdgineiix.
Traitement mélaUurgique des minerais de fer.
L'art d'extraire le Fer des minerais qui le contiennent en quantité sufiîsanle pour être exploité, remonte à une époque si reculée, l'on a eu de si grandes difficultés à surmonter pour y parvenir, que des hommes pieux et respectables en ont fait hommage ù Dieu même, en le considérant comme une révélation divine.
Nous diviserons ce traitement métallurgique en trois sections : la préparation du minerai, sa fonte, et l'affinage.
De la préparation.
Les préparations du minerai de Fer, c'est-à-dire toutes les manipulations qu'on lui fait subir avant d'en opérer la fonte, consistent dans le cassage, le boccardage, le lavage et le grillage.
Cassage et boccardage. On casse à la main ou l'on boccarde à sec les rainerais en roche, qui renferment dans leur intérieur des cavités remplies d'argile, dont on veut les débarrasser par le lavage ; souvent, et pour abréger, on fait passer un courant d'eau sous les pilons du boccard, afin d'enlever, en un seul temps, l'argile <iui nuirait ù leur fusion : la mine, ainsi cassée et lavée, va se déposeï', sous la forme de gravier, dans les cases
d'une espèce de grallicole grossière, on dans des pontes iiivciscs disposées ù cet effet.
Lavage. On lave à Véyrappoir ou au patouillet toutes les mines en grain qui sont enveloppées dans des argiles, plus ou moins grasses, qu'un simple courant n'enlèverait qu'à la longue.
Végrappoir est une giille en bois ou en fer, une sorte d'échelle inclinée dont les échelons seraient carrés et très -rapprochés, et sur laquelle on fait passer le rainerai avec un courant d'eau : les chocs mullipllés des barreaux et la rapidité de l'eau détachent l'argile, et la mine se trouve ainsi parfaitement nettoyée.
Le patouillet est une grande auge de bois, sur laquelle on fait tourner l'arbre d'une roue qui est armé de barres de fer coudées aux deux extrémités en forme de grandes anses, et qui brassent et lemuent la mine que l'on jette dans l'auge ou huche, et sur laquelle on fait aussi passer un courant d'eau qui emporte l'argile : celle eau finit par sortir tout à fait claire quand la mine est propre.
Le grillage a pour but d'oxygéner les minerais à un plus haut degré, d'en chasser le soufre ou l'arsenic qu'ils peuvent contenir, ou simplement d'en diminuer la cohésion : c'est donc particulièrement les minerais en roche que l'on grille. Cette opération se fait en plein air, sur des bûches ou du charbon, ou dans des fours coniques très-vastes, qui ressemblent à ceux dans lesquels on cuit la pierre à chaux avec de la bouille. A Caron en Ecosse, où l'on carbonise de la houille pour le service de quatre grands hauts fourneaux, on mêle le minerai avec la houille, et il se trouve grillé en même temps que le combustible est changé en coak. Dans quelques établissements on jette le minerai grillé dans des fosses remplies d'eau; on l'y fait séjourner pendant assez longtemps, et l'on assure qu'il est plus aisé à fondre ensuite.
Ici se termine la préparation des minerais : ils sont alors prêts à fondre, et doivent toujours être réduits à l'état d'oxyde avant d'entrer dans le fourneau de fusion.
De la fonte.
Cette grande opération doit toujours être précédée, dans un nouvel établissement surtout, par des essais en petit qui rentrent dans le domaine de la docimasie. De l'essai. Il y a deux manières d'essayer les minerais, par la voie humide, et par la voie sèche. Par la voie humide on parvient à séparer tous les principes métalliques ou terreux <iui entrent dans la composition d'un minerai; on en a|>précie les quantités avec une justesse extrême : mais, outre que ce moyen n'est point à la portée de tout le monde, qu'il est très-long, qu'il entraine avec lui tout l'attirail d'un laboratoire de chimie et un assez grand nombre de réactifs, il a l'inconvénient, et c'en est un dans celte circonstance, d'en
j imposer à l'essayeur, en lui promettant beaucoup plus
( de produit qu'il ne pourra jamais en obtenir en grand.
j On doit donc préférer l'essai par la voie sèche toutes les fois qu'on voudra obtenir des données sur un fon-
I dage projeté, et nous croyons qu'on approchera d'autant plus de ce but que l'essai s'approchera lui-même davantage du procédé en grand.
FER
FER
Cliaplal indique la mélhode stiivaiile : 200 grains de mine à essayer, 400 grains de borax, 40 grains de cliaux éteinte, 200 grains de nitre; le tout placé dans un creuset brasqué, couvert et chauffé pendant une demi-heure à un feu de forge. Le résultat est un boulon de fonte qui se trouve au fond du creuset sous le flux vitrifié, et dont le poids est d'autant plus fort ([uc le minerai qui fait l'objet de l'opération d'essai, est plus riche en métal.
On préfère le procédé de Miremont : sa méthode est la miniature exacte de la fonte en grand, et doit nécessairement éclairer le fondeur sur la marche et le produit de son travail à venir.
On sait que les minerais de Fer, fondus avec le contact du charbon , perdent une grande partie de leur oxygène et se réduisent à l'élat de fonte ; on sait aussi que, pour aider ou retarder, dans certains cas, la fusion de ces minerais, on y ajoute une dose plus ou moins forte de pierre calcaire ou de pierre marneuse qu'on nomme castine et eibue. Ce sont là précisément les réactifs dont de Miremont fait usage pour les essais des rainerais de Fer ; voici le détail de cette petite opération, qui est aussi simple qu'expédilive et exacte dans ses résultats.
On pulvérise, on tamise, et l'on grille, dans un lais à rôtir, environ quarante grammes de la mine à essayer. On en prend douze grammes; on y ajoute, par exemple, deux grammes de pierre calcaire pulvérisée, trois grammes de charbon en poudre et un gramme de silice ou d'argile. On mêle parfaitement ces substances, en les versant à plusieurs reprises sur des feuilles de papier; on place le tout dans un très-petit creuset de Hesse; on chauffe, pendant quinze à dix-huit minutes, soit dans un fourneau à vent, soit aune simple forge; on retire le creuset; on le frappe légèrement sur un corps dur et plat pendant qu'il est encore trèsrouge, afin que la grenaille de fer se rassemble en un seul bouton; on laisse refroidir naturellement le creuset avant de le casser, afin de pouvoir juger de la couleur de la fonte : on pèse le culot, et son poids indique rigoureusement ce que le minerai doit produire en grand. Si l'on ne réussit point la première fois; si les scories sont noires, opaques et mal purgées, l'on reprendra douze autres grammes de la mine grillée, et l'on variera les doses de charbon, de chaux ou d'argile Jusqu'à ce qir'on soit parvenu, à la suite de plusieurs essais consécutifs, à connaître non -seulement la richesse du minerai qu'on doit fondre, mais encore la proportion, soit de castine, soit li'erbue, qu'on devra y ajouter.
Le fondage. Les fourneaux dont on se sert généralement en l'rance, en Angleterre et en Allemagne, se nomment hauts fourneaux . Us doivent ce surnom à leur grande hauteur comparée à leur largeur. Us sont composés, ù partir de leurs fondations, d'un pilotis ou d'un double grillage en charpente, sur lequel on établit le massif, qui est percé de canaux croisés, qui doivent donner issue à l'humidité; sur ce massif, qui doit èlre excessivement solide, s'élève le corps du fourneau, au
milieu duquel on réserve un grand vide, qui doit être doublé d'une chemise de bri(|ues réfractaires. Quand ce dernier travail est achevé, l'intérieur du fourneau dans lequel doit s'opérer la fonte, a généralement la forme de deux cônes tronqués, opposés base ù base, dont l'inférieur n'a que le tiers de celui qui s'élève jusqu'à l'orifice terminal, qu'on nomme guenlard. Au dessous du cône inférieur la cavité se prolonge ordinairement sous la forme cylindrique, et c'est dans cette cavité, qu'on nomme le creuset, que doit s'assembler le métal fondu. On y remarque trois trous qui viennent aboutir en dehors du fourneau. L'un donne entrée à l'air destiné à exciter le feu et qui provient des machines soufflantes, qui sont les appendices nécessaires de la fonderie; un autre, placé sur le bord supérieur du creuset, doit donner issue aux laitiers ou scories qui surnagent à la surface du bain de métal; et, enfin, le troisième, qui est placé tout à fait au fond du creuset, est destiné à laisser sortir la fonte quand on le débouche : c'est le trou (le perce ou de coulée, qui, pendant tout le temps que le creuset met à se remplir, reste bouché avec une pelolte de brasque.
Le creuset, et la partie évasée qui le surmonte jusqu'à sa jonction avec le cône supérieur et allongé, portent le nom ^'étalages ; et la construction intérieure de cette partie, qu'on appelle aussi ouvrages, est de la plus haute importance pour la réussite du travail : sa confection est du ressort des maîtres fondeurs, de même que tout ce qui lient à la situation de la tuyère, à la piéparation des brasques, etc.
Le fourneau, ainsi préparé et séché par un feu de charbon, est prêt à recevoir sa charge : on la lui donne au moyen d'un mélange, calculé et raisonné, de minerai, de fondant et de charbon. On fait agir aussitôt les soufflets, dont le vent traverse toute la colonne, et projette la flamme à plusieurs mètres en l'air au-dessus du gueulard, qui est entouré d'une plate -forme à laquelle on parvient de plain-picd ou au moyen d'un pont de service.
La hauteur totale des hauts fourneaux dépend des usages du pays, et surtout des combustibles qu'on y emploie. Lorsqu'on fond au charbon de bois, ils n'ont quelquefois que quinze à vingt pieds ; mais, quand c'est à la houille carbonisée ou coak, ils en ont jusqu'à quarante-cinq.
A mesure que le charbon se consume, que la mine et ses mélanges terreux se fondent, la masse qui est dans le fourneau s'Etffaisse ; les laitiers sortent pardessus le bord du creuset, et s'écoulent sur une plaque de fonte qu'on nomme dame. Le métal, spécifiquement plus lourd, se rend dans le fond du creuset, finit par l'emplir, et dès qu'on s'en aperçoit, on se prépare à la coulée. On trace dans le sable du sol de la fonderie un sillon triangulaire, qui doit recevoir la fonte, ou bien on conduit celle matière fondue dans de grands moules enterrés dans la fosse qui est toujours vis-à-vis du fourneau; ou bien encore ou la verse avec de grandes poches dans des moules en bois remplis de sable, qui ne sont destinés qu'à la fabrication des petites pièces, telles que des marmites, des boulets, des biscaïens, etc. Pendant tout le temps que dure le travail, le maître
fondeur reste presque toujours derrière son fourneau, suivant avec soin,enregardant par l'oritice des tuyères, l'état et la marclie de la fonte. On continue à fondre ainsi pendant plusieurs mois dans les mêmes fourneaux, et c'est cette durée qu'on nomme fondage. On fait ordinairement deux à trois coulées par vingt-quatre heures.
De l'affinage.
On peut considérer la fonte qui sort des hauts fourneaux comme une sorte de multe ([ui serait au Fer forgé ce qu'est la matte de cuivre au cuivre-rosette. Pour la convertir en Fer, il faut la purger de quelques matières vitreuses, qui sont encore interposées entre ses molécules; la débarrasser d'un reste d'oxygène avec lequel elle se trouve encore combinée; et, enfin, la priver d'une quantité assez considérable de carbone dont elle s'est surchargée en fondant avec le contact immédiat du combustible. Pour parvenir à opérer ce cliangement, qu'on nomme affinage, on fait refondre la fonte de Fer dans une cavité brasquée ; on dirige à sa surface un courant d'air très-actif; on remue continuellement le bain, afin de lui faire présenter toutes ses parties au contact de l'air; et, à mesure que le carbone est brillé par l'oxygène de la fonte et par celui de l'air qui se précipite sans cesse à sa surface, il se foime du Fer métallique qui se prend d'abord en grumeaux, puis en petites masses qu'on s'efforce de rassembler en une seule. Lorsqu'on y est parvenu, on la porte sous un martinet énorme, qui en rapproche les parties et la change au bout de trois chauffes en une barre de Fer forgé; on atteint ce même but, d'une manière plus expéditive, au moyen des cylindres cannelés entre lesquels on la fait passer à plusieurs reprises. Fonte à la Catalane.
Il est une autre méthode de traiter certains minerais de Fer, qui est fort attrayante par sa simplicité et par la rapidité avec laquelle on en retire les produits : c'est la i/iétiiode à la Catalane, qui consiste à fondre directement le minerai dans une cavité brasciuée semblable à celle dans laquelle on affine ordinairement la fonte. Le minerai s'y fond, et au bout de quelque temps on relire, du milieu du bain, des masses de Fer ou loupes, que l'on porte de suite sous le martinet ou entre les cylindres cannelés. Malheureusement ce mode économique n'est applicable qu'aux minerais très-riches, très-faciles à fondre, et particulièrement aux fers carhoitalés spathiqiies lamellaires : aussi doit -on en faire usage avec empressement toutes les fois au moins qu'on a le bonheur de posséder un minerai susceptible de se traiter ainsi. Depuis longtemps la méthode catalane est en usage dans les forges du ci-devant comté de Foix; mais vainement, jusqu'à présent, avait-on tenté de l'introduire aussi en Dauphiné, où les minerais d'Allevard, département de l'Isère, sont précisément ceux qui conviennent à ce mode de traitement. La routine et l'insouciance s'étaient toujouis opposées à ce perfectionnement, qui, grâce aux soins éclairés et à la persévérance de l'ingénieur Gueymard, secondé du zèle du maître de forge Grasset, a enfin été introduit aux usines de Pinsot, près Grenoble, et commence à donner des résultats si satisfaisants qu'ils engageront ,
sans doute, tous les exploitants h adopter celte méthode mille fois préférable à celle dite ii la Bcrgamasque, qu'ils suivent aveuglément depuis tant d'années et même depuis plusieurs siècles. Par la méthode catalane on ne consomme que du tiers au quart du combustible employé pour la méthode bergamasque, et un feu catalan donne autant de Fer que quatre forges et demie anciennes travaillant sur la fonte, et que sept à huit forges travaillant sur le minerai par le procédé bergamasque.
Nous ne pouvons point entrer dans les détails minutieux, mais très-importants, dont se composent tontes les opérations qui constituent le traitement complet des mines de Fer; nous ne pouvons également point décrire toutes les diverses constructions des différents fourneaux, et de celle multitude de machines soufflantes qu'on y adapte et qui sont destinées à y porter la température ù un degré excessif. La description des trompes, des soufflets ù caisses, des soufflets à cylindres, des soufflets à vapeurs, do leurs régulateurs, des pompes à vent, et de tous leurs agrès ou moteurs, formerait un chapitre si étendu qu'on ne peut l'exiger dans un simple article de dictionnaire. Nous renvoyons les personnes qui voudraient vérilablement étudier toutes les parties de cet art difficile, aux ouvrages de Réaumur,de Delius, de Jars, de Gensanne, de Schlutter, de Picol-Lapeyrouse, de Ducoudrai, de Bergmann et Grignon; à la Richesse minérale de Heron-de-Villefosse ; aux différents Mémoires qui font partie du Journal ou des .\nnales des mines , et particulièrement au grand et bel ouvrage de Hassenfratz, qui présente, sous le titre de Sidérotechnie, le répertoire général de tout ce qu'on a dit ou fait sur le Fer.
FERA. POIS. Espèce du genre Lavaret, Corcgonus, Cnvier.
FEUACCIA. POIS. Nom donné vulgairement par les pêcheurs aux Raies dont les queues portent un osselet denticulé en forme de dard, liaja Aquila, L., et Raja Pastinaca, L. F. Raie.
FER-A-CIIEVAL. zooi. bot. On a donné ce nom à une Chauve-Souris, à une Couleuvre, à une espèce d'Étourneau, à une Alouette, ainsi qu'aux plantes qui composent le genre Hippocrépide.
FÉRAMINE. Mi!V. Nom vulgaire appliqué à de petites masses de Fer sulfuré qu'on rencontre dans les glaisières.
FER-A-REPASSER. Moi.i. Nom vulgaire et marchand du Cassis cornutus. V. Casque.
FER CRÉNELÉ, mam. Espèce de Carnassiers Chéiroptères du genre Philloslome.
FER-DE-LANCE, mab. Espèce de Chauve-Souris , du genre Phylloslome.
FERDINANDE. Fetdinanda. bot. Genre de la famille des Synanlhérées , Corymhifères de Jussieu, cl de la Syngénésie superflue, L., établi par Lagasca (Gêner, et Spec. Plant. Madrid, 1810) et adopté par H. Cassiniqui en a tracé les caractères de la manière suivante : cala- Ihide radiée, dont le disque est composé de fleurons nombreux, réguliers, hermaphrodites, cl la circonférence de fleurons en languette et femelles. Celles ci sont au nombre de buil; leur limbe est court, large, tri-
ilenlé, lamlis que, dans les fleurs ilu cenlrc, le liuil)e est à cinq lobes; anthères à peine cohérentes; irivohicre Iiéinisphérique formé d'écaillés égales, appliquées, lancéolées, coriaces, foliacées et disposées sui' deux rangs; réceptacle conique, couvert de paillettes oblongues, coriaces, membraneuses; ovaires du disque oblongs, comprimés, glabres et sans aigrettes; ovaires de la circonférence en cône renversé, anguleux, un peu hérissés, surmontés d'une aigrette membraneuse, coroniforme, inégalenienl dentée, d'après Cassini, ou bien formée de deux à cinq paillettes, selon Lagasca. Le genre Fenlinanda a été placé par Cassini dans la tribu des llélianthées. Lagasca en a mentionné deux espèces sous les noms trop pompeux, ce nous semble, de Fenli- ■iiaiula augusta et de Fenlinanda eminens, puisqu'elles font allusion à un personnage auquel les sciences ne sont redevables d'aucune protection, et qui par cela même n'est ni auguste ni éminent, du moins aux yeux des naturalistes. Ces plantes, indigènes de la réliublique de Colombie, ont une lige ligneuse, des feuilles alternes ou opposées, simples et terminées par des calalliides disposées en corymbes.
On cultive dans l'orangerie du Jardin des Plantes de Paris une espèce de ce genre, à laquelle Cassini a donné le nom deFeidùiaiida veliilina.C'esl un arbrisseau qui atteint jusqu'à un mètre de hauteur et qui exhale dans toutes ses parties, lorsqu'on les froisse, une forte odeur aromatique. Son tronc se divise en branches tlexueuses, portant des feuilles allernes, éparses, étalées, épaisses, irrégulières, cordiformes ou ovales-lancéolées, obtuses, inégalement dentées, douces au toucher sur leurs deux faces dont l'inférieure est très-colunueuse et argentée. Les pétioles sont ailés parla décurrence du limbe. Les capitules ont une couleur jaune, et sont accompagnés de bractées disposées en corymbes. Peut-être y a t-il identité entre cette plante et le Ferdinanda augusta rie Lagasca; mais Cassini ohserve que cette plante possède des caractères qui lui sont communs avec le Ferdinanda eminens et qui d'ailleurs offrent d'autres différences spécitiques.
FEUDINANDÉE. Ferdinandœa. bot. L'auteur de ce nom générique, le docteur Pohl, lui a substitué celui de Ferdinandusa, atin d'éviter toute confusion avec le genre précédent.
FEKDINANDUSE. Ferdinandusa. eot. Genre de la famille des Bignoniacées, de Jussieu, et de la Didynamie Angiospermie, Linné, établi par le docteur Pohl (Plant, liras, ic. et descr., 2, p. 9) qui le caractérise de la manière suivante : calice à quatre dents; corolle iufuudibulifoime, avec son limbe divisé en quatre lobes inégaux, bipartites ou échancrés au sommet et barbus; stylesimpleet allongé; stigmate à deux divisions; capsule ovato-ellipti(|ue et bivalve. Parmi les brillantes acquisitions faites à la science par le botaniste Pohl , dans son important voyage au Brésil , figure le genre Ferdinandusa qu'il a dédié à son puissant prolecteur le prince héréditaire d'Autriche. Trois espèces de ce genre sont maintenant bien connues, et toutes trois étalent le luxe de la plus riche végétation , le plus vif éclat des corolles. Ce sont des arbres d'un port gracieux, quoique leurs rameaux rigides n'atteignent qu'à une
médiocre élévation; ceux-ci se terminent ordinairement par de superbes corymbes qui s'élancent avec grâce du sein de grandes et belles feuilles, leur berceau naturel.
Ferdin.^ndcse ovAiE. Ferdinandusa oralis, Pohl [loc. cil.). Son tronc est droit et cylindrique de même que les rameaux; les feuilles sont très-entières, ovales, simples, opposées, coriaces, épaisses, glabres, planes, marquées d'un réseau très-aiiparent sur les deux faces; le pétiole est court et occasionne une déjiression anguleuse sur les jeunes rameaux ; les corymbes sont terminaux, dressés, tripartites, composés d'un pédoncule commun, rougeàlre, assez épais, duquel s'élancent des pédicelles de même nature , portant chacun une fleur d'un rouge du plus vif carmin ; le tube de la corolle est long et cylindrique; les quatre étamines sont didynames, avec leurs filaments libres; le pistil est composé d'un ovaire arrondi, supère et glabre.
FERDiriANDrsE A FECiLLES ELLIPTIQUES. Ferdinandusa elliptica, Pohl. Arbre moyen dont le tronc est divisé en rameaux distants, ouverts en croix, légèrement tétragones au sommet et dans leur jeunesse; feuilles opposées, rapprochées, brièvement pétiolées, elliptiques, entières, obtuses et glabres; pédicelle et calice d'un rouge de rose; corolle d'un blanc rougeàlre.
FÉREIliE. Fereira. bot. Genre établi par Vandelli {BrasiL, p. 21 , lab. 1 , f. 8) qui l'a ainsi caractérisé : calice tubulé; corolle monopétale dont le tube est cylindrique, ventru à son orifice; limbe à cinq ou six découpures lancéolées, aiguës, réfléchies; filets trèscourts, supportant des anthères non saillantes hors de la corolle; stigmate bilobé; semences aigrettées. Ces caractères, imparfaitement tracés par Vandelli, ont induit en erreur Willdenow sur les affinités du genre Fereira : il l'a réuni au genre Hillia de la famille des Rubiacées; mais selon l'observation du professeur de Jussieu (Mém. du Muséum d'Hist. natur., t. vi, 1820), le Fereira est certainement plus voisin des Apocynées et du Fagrœa, puisqu'il possède un ovaire supère.
FERÈS. laAJi. Le Dauphin mentionné sous ce nom par Bonnaterre et Lacéjiède n'est pas encore suffisamment connu pour être classé parmi les espèces irrécusables.
y. UABPHm.
FERGUSSONITE. mis. Même chose que Allanite. F. ce mot.
FERMENT. Qualification donnée aux substances qui déterminent et accélèrent la fermentation.
FERMENTATION. Mouvement intestin et spontané, qui s'excite dans les corps, en change comiilétement la nature, et donne lieu à beaucoup de produits que l'on n'y reconnaissait pas auparavant. Les substances organiques paraissent être seules passibles de Fermentation, et pour qu'elle puisse s'établir, quelques conditions, telles que la présence de l'air, celle de l'eau, et une certaine élévation de température, sont indispensables.On distingueplusieurs Fermentations qui, très-vraisemblablement, ne sont que des modifications d'un seul et même phénomène. Les principales sont : la Fermentation saccharine, la Fermentation vineuse, spiritueuse ou alcoolique, la Fermentation acide ou acétique, la Fermentation putride. Quelques mots placés ici à propos
lie chacune de ces Fermenlalioiis seront une garantie contre le reproche d'avoir passé sous silence un phénoniène des plus importants et des plus hahiluels, plutôt ifu'une description de ce même phénomène dont les causes, la marche et les résultats sont exlrémemciit variés et quelquefois fort obscurs.
La Fermentation saccbarine est celle qui peut se manifester dans la fécule ou l'amidon; elle convertit une quantité très-majeure de ce principe en sucre. Pour la produire, on réduit l'amidon à l'état d'empois à l'aide de l'eau et de la chaleur, puis on abandonne cet empois à sa décomposition spontanée sous une température de 20 à 250. On obtient au bout d'un temps plus ou moins long une quantité de sucre crislallisable qui peut surpasser de beaucoup la moitié de l'amidon employé; il reste non décomposés, de la gomme, du ligneux et de l'amidon. Tout porte à croire que c'est une Fermentation de cette nature qui opère la maturation des fruits, cl change presque en un instant leur saveur acide en saveur sucrée.
La Fermentation alcooliqce est véritablement une suite de la Fermentation saccharine, car elle ne peut .s'opérer sans le concours du sucre. Une dissolution de sucre dans l'eau dans les proportions d'une à quatre parties, contenant en outre une légère portion de ferment frais e.vposé à une température de 20 à 30°, ne larde i)0int ù éprouver la Fermentation vineuse; bientôt la décomposition du sucre est complète, et l'on obtient pour produits nouveau.x de l'Alcool et de l'Acide carbonique. Les dissolutions de sucre sont donc la base de toutes les Fermentations alcooliques; le suc de raisins que cette Fermentation transforme en vin n'est autre chose que du sucre en dissolution dans l'eau séveuse contenant en outre divers principes accessoires, qui sont expulsés pendant la Feimentalion ou qui en aromatisent les produits. 11 en est de même du jus de pomme ou de poire qui fournit le cidre ou le poiiet , de la liqueur contenue dans le fruit du Cocotier, qui fournit aux Indiens un vin de Palmier très-agréable. La bierre est produite par la matière sucrée qui se développe l)eiidant la Fermentation saccharine de la fécule des grains qu'à dessein l'on a disposés à une germination forcée. 11 résulte de cette opération première un grain germé, lequel réduit en farine porte le nom de drèche. On fait macérer pendant quelques heures cette farine dans l'eau bouillante, qui lui enlève tout son sucre, plus (le petites quantités de mucilage, d'albumine, d'amidon cl de gluten, matériau.x favorables à la Fermentation dont cette macération doit être immédiatement suivie. La liqueur fermentée, traitée avec tous les soins convenables, contient plus ou moins d'Alcool; selon laquanlilé de sucre qui s'est développé dans le grain, elle est susceptible de se conserver pendant longlemps, si à l'aide d'un principe amer, que l'on tire ordinairement du fruit du Houblon, ou éloigne la Fermentation aeé-
La Fermentation acétique est, comme on le voit, ejicore une filiation des deux précédentes. Toute liqueur vineuse, suffisamment concentrée, abandonnée à une température de 13 à 30», éprouve visiblement un mouvement intestin, se (rouble et s'échauffe un peu. Tout
l'Alcool disparait insensiblement, et se trouve remplacé par un Acide que l'on connaît sous le nom de vinaigre, et dont la préparation varie autant que les liqueurs spirilueuses que l'on y emploie. Les nombreuses recherches qui ont pour but l'explication de ce phénomène ou de celle partie du phénomène sont demeurées sans résultat satisfaisant.
La Fermentation poTRioEest le dernier degré d'altération desmalières végétales et animales. Elle s'établit très-promptement, surtout lorsepi'on y fait concourir l'action simultanée de l'air, de l'eau et de la chaleur, conditions également nécessaires pour que la putréfaction ait lieu ; de même en préserve-t-on , jusqu'à certain i)oint, les substances que l'on veut conserver intactes en les soustrayant à l'inlluence immédiate de ces agents de corruption, par le contact des corps qui ont avec eux une affinité plus grande que celle des matières à conserver. Il y a dans cette Fermentation, désorganisation et décomposition complète : l'Oxygène de l'air s'empare du Carbone et de l'Hydrogène des corps en putréfaction, et se combine avec eux de diverses manières; à son tour l'Hydrogène réagit sur l'Azote, le Soufre et le Phosphore lorsqu'il s'en trouve. Enfin il résulte de ces jeux d'attraction variés à l'infini une foule de combinaisons qui, d'ordinaire, se détruisent un instant après leur formation, pour, immédiatement, donner lieu à de nouveaux produits que souvent on ne peut saisir, et que l'on ne saurait qu'imparfaitement énumérer.
FERNAMBOUC. BOT. Même chose que Brésillet. y. C.ESALPINIE.
FEUNANDÉZIE. Fernandezia. bot. Le genre établi sous ce nom, par Ruiz et Pavon {Gen.Pl. Periiv. et C/iiL, p. 123, t. 27), fait partie de la famille des Orchidées, et nous parait avoir les plus grands rapports avec les genres Epidendrum et Çymbidiiim. Les cinq divisions de son calice sont presque égales et étalées; le labelle embrasse le gynoslème, et se divise en deux parties ; l'une supérieure, plus courte et recourbée, l'autre inférieure, obovale et plus grande. Le gynoslème se termine par une anthère operculée, à deux loges contenant chacune une masse pollinique; ces deux loges sont portées sur une caudicule unique et commune. Ce dernier caractère est réellement le seul qui dislingue le genre Fernandézie des véiilables Épidendrcs. Dans leur Systema, Ruiz et Pavon indiquent se|)t esjièces de ce genre, qui toutes croissent en Amérique, et qui généralement sont parasites.
La Fernandézie a feuilles aiguës, Fernandezia aciila, Lind., Rot. Regist., 180G, est une petite planle assez singulière; elle est haute en tout de sept à huit pouces; du caudex s'élèvent une Irenlaine de feuilles squammiformes, distiques , embrassantes , imbriquées, concaves-aigutis , carénées et d'un vert assez agréable. Du sommet de cette colonne ou pyramide de feuilles attachées sans doute à un axe, sort une lige fort courte, grêle et rameuse, formant un corymbe lâche, composé d'une douzaine de fleurs d'un jaune très-pâle. Le périanlhe est ouvert, de l'étendue de quatre à cinq lignes; les trois sépales sont libres, ovalaires et obtus; les deux pétales leur ressemblent en toul , et sonl connivents
sous le sépale iiUeimédiairej le labelle cinbiasse legynoslnme et se divise en deux parties : l'une supérieure, plus courte et recourbée ; l'autre inférieure, obovale et plus grande, trilobée etécliancrée. Le gynoslènie se termine par une anthère operculée, rouge, à deux loges contenant chacune une masse pollinique. Comme toutes les Orchidées des régions tropicales , la Fernandézie à feuilles aiguës est une plante de serre chaude, qui, vivant habituellement parasite, demande pour sol un détritus de vieux troncs, ou le terreau de feuilles pres(|ue pur; il faut placer dans le pot qui doit la contenir, un bon fond de gravier qui laisse facilement transsuderle superflu des arrosements. On la multiplie par la séparation des rejetons. Elle est originaire de nie de la Trinité.
FEKNELIE. Fernelia. eot. Famille des Rubiacées, Tétrandrie Monogynie, L. Génie établi par Commerson pour un arbrisseau originaire des îles de France et de Bourbon, où il est connu sous le nom vulgaire de Faux- Buis , à cause de son feuillage qui rappelle beaucoup celui de cet arbrisseau. Ses caractères sont : calice à quatre divisions subulées; corolle à tube court et à quatre lobes; quatre étamines incluses; baie cérasiforme, peu charnue, couronnée par les dents du calice, à deux loges renfermant plusieurs gjaines attachées à un trophosperme central et sphérique, qui nait du milieu delà cloison. Ce genre a beaucoup de rapports avec le Randia, dont il diffère surtout par le nombre de ses étamines. Willdenow l'a réuni à tort au genre Coccocjrpsilum.
On connaît deux espèces de Fernelie. L'une, Fernelia buxifolia, Lamk., Enc, est un arbrisseau originaire des îles de France et de Bourbon. Ses feuilles, courtementpétiolées, sont opposées, petites, ovales, entières, glabres et luisantes à leur face supérieure, légèrement pubescenles en dessous; les fleurs, petites et blanchâtres , sont solitaires et presque sessiles à l'aisselle des feuilles; les fruits sont de la grosseur d'un pois; les graines sont petites, allongées ou plutôt obovallaires, brunâtres et peu luisantes.
L'autre, Fernelia ovula, Lamk., 111., t. 67, f. 1, est connue à l'île de France sous le nom de Bois de Ronde. Ses feuilles sont opposées, coriaces, obovales et presque cunéiformes, beaucoup plus grandes que dans l'espèce précédente; ses fleurs, légèrement pédonculées, sont solitaires à l'aisselle des feuilles.
FERO. POIS. iNom vulgaire du Coryphosnc Uippure.
FEROCOSSE. BOT. Le Falmier que les habitants de Madagascar désignent sous ce nom, et dont le chou sert d'aliment, paraît appartenir au genre Areca. V . Arec.
FÉUOLIE. Ferolia. bot. Aublet a décrit et figuré sous le nom de Ferolia Guiaiiensis (Suppl. 7, t. oîi), un grand arbre dont on ne connaît encore que le fruit, et qui parait avoir des rajjports avec le Pariimride la famille des Rosacées. Cet arbre est connu à la Guiane, sous les noms de Bois de Férole, Bois marbré, ou Bois satiné. Il est très -recherché pour les ouvrages d'ébénisterie et de marqueterie. Ses feuilles sont alternes, ovales, acuniinées, entières, blanchâtres à leur face inférieure, courtement pétiolées; les fruits forment des grappes à l'extrémité des rameaux. Ils sont
charnus, comprimés, à surface inégale, relevée dedeux crêtes longitudinales; ils renferment un noyau rugueux, à deux loges.
FÉRONIE. Feronia. ins. Genre ou plutôt division de l'ordre des Coléoptères, famille des Carnassiers, établi par Lalreille ( Règne Anim. de Cuv.), et comprenant un grand nombre de genres fondés par Bonelli. Ses caractères essentiels sont d'avoir les deux premiers tarses seulement dilatés dans les mâles. Les Féronles se distinguent par là desHarpales, dont les quatre tarses antérieurs sont dilatés, et elles en diffèrent encore, ainsi que de plusieurs genres voisins, par quelques particularités assez remarquables. Les antennes sont filiformes, et formées d'articles presque cylindriques ou presque coniques; les mandibules sont pointues; le dernier article des palpes est aussi gros ou plus grand que le pénultième; la languette a la forme d'un carré long; elle est trifide, et la division mitoyenne est coupée carrément à son extrémité supérieure ; les élylres sont entières, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas tronquées à leur sommet; les jambes sont sans dent au côlé extérieur; mais les deux jambes antérieures i)résentent une échancrure au côté interne.
Cette grande division a été partagée de la manière suivante en plusieurs sections qui correspondent généralement aux différentes coupes génériques, instituées par Bonelli:
1. Second et troisième articles des tarses antérieurs des mâles dilatés en forme de cœur, et garnis en dessous de deux rangs de petites écailles.
t Prothorax mesuré dans son plus grand diamètre transversal, aussi large ou presque aussi large que les étuis réunis.
1. Corps ovale, convexe ou arqué en dessus; deruiJr' article des palpes extérieures ordinairementovalaire ; antennes filiformes; la plupart des articles cylindriques.
Presque tous sont ailés, habitent les champs, et ne fuient point la lumièie.
a. Uernier article des palpes extérieures plus coui t que le i)récédent.
Genres : Zabre, Peior.
Les espèces comprises dans le premier genre, ont des ailes et deux épines à l'extrémité intérieure des jambes de la première paire de pattes. Le Carabus gibbiis, Fabr., peut en être considéré comme le type. Les espèces du second genre sont aptères, et n'ont qu'une épine ù l'extrémité interne des jambes; tel est le Blaps spinipes, qui en est le type.
^. Dernier article des palpes extérieures aussi long ou plus long que le précédent.
Genres : Amare, Cmatde, Poecile.
Dans les Amares, le labie est écbancré et le prothorax est transversal : tels sont les Carabes upriiarius, concolor, atilicus, Jlpinus, lorridus, Eurj'nottts, viilgaris , communis , etc., de Panzer.
Dans les Calathes, au contraire, le labre n'a point d'écliancrure remarquable ; le prothorax est aussi long ou plus long que jarge, presque carré ou en trajièze, sans rétrécissement à sa base. On peut citer les Carabes nieluuoceiihaius, fuscits et friijidus, Fabr.
FER
Les PoDciles ne diffÈtciit des Calatlies que par leur pi'Otliorax rétréci postérieurement. Le troisième article (les antennes est généralement comprimé, avec une arête aigufi et longitudinale en dessus. Ici viennent se ranger les Carabes lepiUns, cuprens, dimidiatus, punctatus, l'abr., vernatus, strenuus, etc., Panz.
2. Corps ordinairement oblong, point convexe ni arqué en dessus ; dernier article des palpes extérieures cylindrique; antennes vues de profil paraissant sétacées ; la plupart de leurs articles en forme de cône renversé.
Les Féronies de cette division sont presque toujours aptères, et reclierclient l'obscurité.
Genres : Céphaiote, Stojiis, Perçus, Molops, Pia-
TYSME, ABAX, PtÊROSTICHE.
Les Cépbalotes et les Stomis ont les mandibules trèsfortes; le prothorax presque en forme de cœur; Tabdomcn pédicule à sa base; des ailes. Leur port les rapproclie des Scarites. Le genre Céphaiote de Bonelli ou Brosque de Panzer, comprend le Carabus Cephalotcs de Fabricius. Le genre Stomis présente un labre bilobé; le premier article des antennes plus long que les deux suivants pris ensemble. Il a pour type le Carabus jmliiicatus d'Illiger et de Panzer.
Les autres genres de cette division ne présentent plus ces caractères.
Dans les Perçus, le rebord extérieur des élytres se termine à l'angle extérieur de leur base et ne se replie point, ainsi que dans les genres qui vont suivre, sur celte base, en s'étendant jusqu'à la suture. Tel est le Cirahus Puyliulii de Rossi.
Dans les Molops de Bonelli, les antennes sont courtes el presque en forme de chapelet. On y rapporte les Scariles Gagales clpiceus de Panzer.
Les Platysmes de Bonelli ont le corps étroit allongé, parallélipipède ou cylindrique ; leur prothorax est presque carré. Ce sont les Carabes nigcr, nigriia, leucophtliahiiHsde Fabricius, le Carabe c//i«<//-iCMS d'Ilerbst, et Anthracimis d'Illiger, etc.
Les Abax ont un corps ovale ou ovale-oblong; leur protborax est grand . carré et appliqué exactement le long de son bord postérieur, contre la base des élytres. A ce genre apparliennent les Carabes Striola, striolaciis et metalliciis, etc., de Fabricius.
Les Ptérostiches de Bonelli ont le corps allongé avec le prothorax en cœur et tronqué à sa base. Latreille y réunit les Alélanics du même auteur, et y place les Carabes aterrimus , globosus, oblongo-punctalus , fasciato-pnnclatns de Fabricius, les Carabes représentés par Panzer sous les noms à'Mthiops, Jurinii, Illigeri, et ceux que Rossi a nommés interpunctatus, picimantts , striatits, etc.
tt Prothorax mesuré dans son plus grand diamètre transversal, plus étroit que la base des élytres réunies.
Genres : Sphodre, LoEMOsinÈNE, Dolique, Pi.atyne, Ancuomène, Taphrie.
Dans les uns, les palpes labiales sont filiformes; tels sont les Spliodres de Clairville, qui ont le troisième article des antennes aussi long ou plus long que les deux précédents pris ensemble.
Les Carabus planus de Fabricius et tcrricola d'Olivier, sont dans ce cas.
Les autres genres Lœmostliène, Dolique et Plalyne . sont réunis par Lalrcille à celui des Ancbomènes; tous ont le troisième article des antennes moins long que les deux précédents. Tels sont les Carabes flavicornis et angnsticollis de Fabricius.
Dans les autres, les palpes labiales sont terminées par un article plus grand, et le prothorax est presque orbiculaire. Ce caractère convient aux Tapbries, dont on ne connaît qu'une espèce, le Carabe vivalis d'Illiger cl de Panzer.
II. Le second article, et même souvent le troisième des tarses antérieurs des màlcs , en forme de palette carrée ou ronde, garnie en dessous de papilles trèsnombreuses imitant des grains , ou d'une brosse composée de poils nombreux et serrés.
La plupart ont des ailes et fréquentent les lieux humides.
Genres : Épomide, Dinode, Chioeme, Oode, Caliiste, Agone, Dicèle, Licike, Badiste.
Les Épomides de Bonelli , ainsi que les Dinodes qui leur sont associés par Latreille, ont le dernier article des palpes extérieures, celui des labiales surtout, dilaté cl comi)rimé en forme de triangle ou de cône allongé. Tel est le Carabus cinclus de Rossi, et les Carabes Crœsus, poslicus, micans, sligma, Ammon, etc., de Fabricius.
Les Chlœnies présentent des palpes filiformes; le dernier article des maxillaires est cylindrique, et le même arlicle des palpes labiales a la figure d'ini cône renversé. Ici se rangent les Carabes festivus, spoliatus, reslitus, cinclus, holosericeus de Fabricius. Latreille y rapporte aussi, mais avec quelque doute, le Carabe savonier d'Olivier.
Les Oodes ont aussi les palpes extérieures filiformes ; mais le dernier arlicle est ovalaire. Ils ressemblent aux Calathes par la forme ovale de leur corps et leur prothorax en trapèze. Le Carabus helopioides de Fabricius et de Panzer offre ce caractère. Les Callisles ressemblent aux Oodes par leurs palpes , mais leur corps est plus oblong, et leur prolhorax a la figure d'un cœur tronqué. Latreille cite les Carabes lunatus, prashius, pallipcs de Fabricius et le Carabe tœnialus de Panzer. Les trois derniers sont des Ancbomènes pour Bonelli.
Les Agones ont les palpes terminées comme ceux des Oodes et des Callisles; mais leur prolhorax devient orl)iculaire.
Les Dicèles, les Licines et les Badistes ont les tarses antérieurs semblables à ceux des Féronies; mais ils offrent des différences tranchées dans les parties de la bouche.
Nous avons présenté ici le tableau de la section des Féronies, démembrée du genre IIari)ale, tel qu'il a été donné dans le Règne Animal par Latreille, et plus lard, dans la S' édition du Dictionnaire d'Histoire naturelle (de Délerville). Depuis, les genres de celle section ont été autrement groupés. Nous renvoyons à chacun d'eux et au mot Carabique de ce Dictionnaire.
FÉRONIE. Feronia. bot. Genre de la famille des Aurantiacées et de la Déoandrie Monogynie, L., établi par Corréa de Serra (r;flHSrtc<.o/'Lm..Vor/c/.,l.v,p.224) et adopté par Do CandoUe (Prodroin. lîegni cegetab.,
FER
FER
t I, p. 538) qui en a ainsi exposé les caractères essentiels : fleurs dont toutes les parties sont en proportion quinaire; calice plan, à cinq divisions profondes; cinq pétales oblongs ; dix étamines ayant leurs lïlels libres dilatés et velus à la base, et leurs anthères oblongucs; disque du torus élevé; fruit bacciforme, à plusieurs loges polyspermes, enveloppées d'une chair spongieuse.
La Féronie des Éléphasts, Feronia ElcpUantitm , Corréa, toc. cit., et Roxburgh {Co romand., ^.i- 141), est un grand arbre qui croit dans les forêts niontiieuscs du Coromandel. Ses feuilles sont imparipinnées, composées de cinq ù sept folioles opaques, obovales, glabres et portées sur un pétiole commun, glabre, étroit et muni d'un rebord. Les branches sont garnies d'épines simples. Les fleurs sont disposées en petites ))anicules axillaires ou terminales. Le fruit est globuleux et de la grosseur d'une pomme.
A l'espèce précédente une seconde espèce a été ajoutée par Roth (Kov. Spec, p. 384) sous le nom de Feroniapelliicùla; elle se distingue par ses feuilles marquées de points glanduleux, transparents, et par son pétiole commun, cylindrique et pubescent.
FÉROl'SA. BOT. Synonyme ancien de Scolymus. y.
SCOIYME.
FERRARIE. Ferraria. eût. Genre de la famille des Iridées et de la Triandrie Monogynie, établi par Linné, et ainsi caractérisé : périgone corolloïde dont le tube est court, le limbe à six divisions étalées et ondulées; filets des étamines réunis à la base; trois stigmates bifides, frangés en capuchons; racine tubéreuse, luniquée; fleurs terminales, solitaires dans chaque spathe monophylle. Jussieu a séparé de ce genre le Ferraria Pavonia, Linné, SuppL, 407, dont il a fait le genre Tigridia (/^. ce mot) ; de sorte qu'il n'est resté d'espèce appartenant bien certainement au Ferraria que le Ferraria undulala et le Ferraria ferrariola.
La Ferrarie ORDtiÉE, Ferraria undulala, L. , a sa tige un peu rameuse, garnie de feuilles vaginales d'un vert foncé; les radicales plus pâles et plus allongées, ponctuées de rouge et de brun. Ses fleurs ont leurs six divisions d'un pourpre violet et velouté , ondulées et tachetées de points jaunâtres à leurs bords. Leur beauté est des plus éphémères, puisqu'elles se ferment deux ou trois heures après leur épanouissement pour ne plus se rouvrir. On a plusieurs bonnes figures du Ferraria undutata, mais la plus belleest sans contredit celleque Redouté a publiée dans ses Liliacées, t. 28.
La Ferrarie striée, Ferraria ferrariola , Willd.; Morœa ferrariola, Jacq., Col. ,4, p. 141, est originaire comme la précédente du cap de Bonne-Espérance; elle a ses tiges simples, ses feuilles vaginales ensiformes, placées sur deux rangs opposés ; les Heurs sont terminales et solitaires, accompagnées d'une spathe univalve, avec les divisions de la corolle d'égale longueur, les intérieures une fois plus étroites, veidàtres en dehors, à leur base, panachées intérieurement par des stries d'un pourpre violet, puis jaunâtres dans le reste de leur longueur; les divisions extérieures sont mélangées de jaune et de vert, avec des stries et des points violets.
FERRAZa. pois. Synonyme vulgaire de Pastenaque commune, y. ce mot.
FERREOLA. bot. Roxburgh (Flor. Coromand., 1, p. 33. tab. 43) constitua sous ce nom un genre avec le Pisonia btixifolia de Rollboel ou Ehretia ferrea de AVilldenoW. D'après les observations de Jussieu (Ann. du Mus., t. T, p. 418), ce genre doit cire réuni au Maba. y. ce mot.
FERRET. MIN. Synonyme vulgaire de Fer oxydé ronge hématite, y. Fer.
FERRICALCITE. Jiiît. Chaux carbonatée qui renferme une certaine portion de Fer dont elle se colore. C'est la variété appelée Calcaire jaunissant.
FERRILITE. jiiN. Synonyme de Basalte. V. ce mot.
FÉRULE. Fenila. bot. Genre de la famille des Ombellifères, Pentandrie Digynie, L., qui offre une corolle de cinq pétales étalés, égaux et cordiformes ; un fruit ovoïde, comprimé, presque plan, relevé de trois côtes peu saillantes sur chacune de ses moitiés. Ses fleurs sont jaunes, polygames; son involucre est nul ou formé de quelques folioles linéaires. Ce genre se compose d'environ une vingtaine d'espèces , qui sont de très -grandes plantes à feuilles plus ou moins découpées et décomposées. Nous citerons ici les deux suivantes :
FÉRCiE coMMCivE. Ferttltt communis, L. Grande et belle espèce qui cioit dans les lieux maritimes, sur les bords de la Méditerranée, en Europe, en Afrique et en Orient. Sa tige s'élève à une hauteur de six à huit pieds; elle est cylindrique, glabre, simple, remplie de moelle; les feuilles sont très-grandes, pétiolées et dilatées à leur base, découpées en un nombre infini de lobes ou de folioles linéaires, étroites et aiguës. Les fleurs sont jaunes, et forment généralement trois ombelles au sommet de la tige; ces ombelles sont dépourvues d'involucre.
La Férule des anciens, dont nous ont parlé Théophraste, Dioscoride et Pline, parait étie une espèce très -voisine de celle-ci. et probablement le Fernia fjlauca, L. On se servait de ses tiges pour faire des cannes légères. Les prêtres de Baccbus en portaient toujours de semblables. La moelle qu'elles contiennent, s'enflamme et brûle très-lentement, de sorte qu'on l'employait en place d'amadou ou pour conserver du feu. C'est un usage encore en vigueur parmi les bergers de certaines contrées d'Italie. Après avoir séparé la moelle de l'intérieur des tiges de Férule on les employait pour conserver les manuscrits. Au rapport de Plutarque, Alexandre le Grand conservait de cette manière un manuscrit des œuvres d'Homère.
Férdle Assa roETiDA. Feriila Jssa fœtida, L. Cette espèce est originaire de Perse. Sa tige est cylindrique, nue ; ses feuilles sont toutes radicales , décomposées en folioles oblongues, pinnatifides, à divisions oblongues et obtuses. C'est par des incisions pratiquées au collet de la racine de cette plante, que l'on recueille le suc gommo-résineux connu sous le nom à'Jssa fœlida. V. ce mot. Sprengel {in Rœm. et Schiilt. Syst.j^) réunit au genre Férule, le Pastiiiaca Opopanax , L. , qui fournit la gomme résine Opopanax. y. Panais.
FEUUMBROS. bot. Ce nom, selon Adanson, est celui que Zoroastre donnait à la Laitue.
tliliUSSlNE. Fcrrusiim. moli. foss. Genre de la fa- . mille lies Peclinibranches, institué par Graleloup qui j lui lionne pour caractères : lest ovato-globulenx; ou- j verlure arrondie, oblique , simple , dépourvue de dents 1 et brusquement renversée de haut en bas; ombilic bien sensible. Ce genre présente de l'analogie avec le genre j Anostome par la rétroversion de son ouverture, mais j il s'en éloigne par l'absence totale de dents , tandis que | la continuité de son péristome le rapproche davantage du genre Cyclostome. Grateloup n'a décrit qu'une seule espèce qu'il a nommée Ferussina anostoinœf'onuis. Deshayes, qui n'avait point eu connaissance du genre que Grateloup publiait dans le Bulletin de la Société Linnéenne de Bordeaux, formait de son côté le même genre sous le nom de Slrophoslome et décrivait le Ferussina anoslomœfoihiis de Grateloup sous le nom de Strophostoma Icecigata , et lui adjoignait une seconde espèce, Strophostoma striata, qu'il avait découverte en Alsace; enfin peu après A, Leufroy en a publié une troisième qu'il a trouvée à Valmargues, près de Blonlpellier, disséminée comme les précédentes, dans le calcaire d'eau douce. Cette dernière espèce, nommée Férussine lampe, Ferussina lapiciila, est bien distincte des deux autres, et remarquable par l'aplatissement que son dernier tour de spire éprouve à sa partie inférieure, par l'absence d'ombilic qui en est la suite et par sa fente ombilicale excentrique. L'accroissement rapide de ce même dernier tour, et sa déviation vers la place de l'ombilic, causent entre lui et les autres une disproportion qui donne à l'enroulement de l'ensemble de la spire une ajtparence d'irrégularité, mais cette irrégularité est constante dans tous les individus de l'espèce. Les tours de spire sont convexes, finement striés; la suture est simple; le péri.stome est garni extérieurement d'un bourrelet beaucoup plus large à la partie de la bouche éloignée de la spire qu'à celle qui en est rapprochée; les stries d'accroissement devenues plus sensibles sur ce bourrelet , le font paraître comme sillonné de lignes circulaires. Longueur, douze lignes environ, sur six à sept de largeur.
FERZAIE. OIS. iVlême chose qu'Effraie etqueFresaie. y. ces mots.
FESTIVIENS. Festivi. ins. Nom sous lequel Linné a désigné une division ou tribu dans son grand genre Piipilio.
FESTUCA. BOT. F. FÉTUQl'E.
FESTUCACÉES. Festucaccœ. bot. Kunth (. *>>-«. PlaïUarum £qinn., I, p. 208) appelle ainsi la quatrième section de la famille des Graminées, qu'il avait antérieurement nommée Broutées dans son Mémoire sur cette famille, y. Graminées.
FESTCCAGO. bot. Synonyme de Brome stérile.
FESTUCAIRE. Festucaria. intest. Ce nom a été donné par Schranck à quelques Vers intestinaux du genre Amphistome, que Goese et Zeder avaient réunis sous la dénomination de Mouostome. F. Amphistome et
MONOSTOIBE.
FÉTICHE. REPT. et POIS. On sait que les nègres d'Afrique rendent des liommages à un Serpent, que pour cela les voyageurs nomment Fétiche. Barbot prétend qu'à la côte de Guinée, les habitants honorent aussi
un Poisson qui parait, d'après ce qu'cndit ce voyageur, appartenir ù la famille des Sélaciens.
FÉTIDIE. Fœtidia. bot. Genre établi par Cominerson, et adopté par Jussieu , dans la famille des Myrtacées et l'icosandrie Monogynie , L., pour un arbre qui croit aux îles de France et de Bourbon où on le connaît vulgairement sous le nom de Bois puant. Par son port, le Fœtidia Mauritiana , Lamk., Dict. , 2, p. 437, 111., lab. 446, ressemble assez à notre Noyer. Son bois est veiné et rougeàtre. Ses feuilles sont ovales, presque obtuses, entières, coriaces, glabres, rétrécies insensiblement à leur base; elles sont très-rapprochées les unes des autres vers le sommet des ramifications de la tige; les Beurs sont grandes, solitaires et pédonculées ù l'aisselle des feuilles supérieures; leur calice est monosépale, campanule; son limbe est turbiné et à quatre angles adhérents avec l'ovaire infère; son limbe a quatre divisions ovales, aiguës, très - grandes, j)eisisfantes, d'abord dressées, puis raballues en dessous. La corolle manque. Les étamines sont excessivement nombreuses, insérées sur plusieurs rangs, à la base des divisions calicinales; leurs filets sont grêles, capillaires et libres. L'ovaire est infère, à quatre loges contenant chacune un petit nombre d'ovules. Le style est simple, terminé par un stigmate à quatre divisions. Le fruit est une capsule presque ligneuse, ù quatre angles, tronquée supérieurement ofi elle est couronnée par les quatre divisions du calice, qui sont rabattues en dessous, à quatre loges, contenant chacune une ou deux graines. On se sert du bois de cet arbre pour faire des meubles. Il répand une odeur désagréable.
FÉTIKJUE. Festuca. bot. L'un des genres les plus naturels et les plus nombreux en espèces de toute la famille des Graminées et qui est caractérisé par des fïeurs généralement disposées en panicule, et dont les pédicelles sont renlîés au sommet et comme cunéiformes. Les épillets contiennent de deux à quinze fleurs; la lépicène est à deux valves inégales, dont l'inférieure est quelquefois deux ou trois fois plus courte. La paillette inférieure de la glume est entière et non bifide à son sommet qui se termine par une soie plus ou moins allongée; la supérieure est bifide, avec les deux paléoles ovales, entières et velues; le style est bipartite; les deux stigmates sont velus, et le fruit, marqué d'un sillon longitudinal, est enveloppé dans les écailles de la gUimc.
Ce genre, ainsi que nous l'avons dit précédemment, est fort nombreux en espèces qui sont en quelque sorte réparties dans presque toutes les contrées du globe, mais plus spécialement dans les régions tempérées. Ce sont en général des plantes vivaces, qui croissent dans les lieux arides et stériles. Plusieurs espèces en ont été successivement retirées et sont devenues les types de genres distincts. Ainsi R. Brown {Prodrom. Nov.- Holl.) fait un genre Glyceria avec le Fcstucu fluilans de Linné, qui est si commun dans nos marres et nos fossés, et qu'il a retrouvé ù la Nouvelle-Hollande. Ce genre se distingue surtout des véritables Fétuques. par l'absence de soie, et par sa paillette inférieure qui est navicnlaire et roulée sur la supérieure. Dans son Agroslographie. Bcauvois a retiré du genre Fétuque toutes
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les espèces qui ont la paillette inférieure léi;èrcment bifide an snmniei, et «loni la soie naît de celle incision, pour en faire son genre Schcnodorus. Ce (jenre se confond presque avec les Bromes.
Le genre Fesluca ainsi limité est facile à distinguer : 1» des Poa, par la présence d'une soie; 2» des Bromes, par sa soie terminale, elc.
Aucune espèce n'offrant d'inlérêt ni pour les arts, ni pour l'agriculture, nous croyons inutile d'en faire ici mention.
FEU. Ce que les anciens croyaient une matière particulière, dont les molécules pouvaient se iixer dans les corps ou s'en dégager, ce qu'ils avaient décoré du nom pompeux d'Élément, dans la persuasion qu'il concourait avec ses trois associés à la formation de tous les êlres tant inertes qu'organiques, le Feu enfin, ce prétendu élément, n'est plus considéré par les pliysiciens modernes, que comme un phénomène qui se reproduit dans tous les corps soumis à une température extrêmement élevée. Le Feu est le résultat de l'ignilion, c'est-à-dire du dégagement simultané de la lumière et du calorique. De toutes les circonstances qui donnent naissance à ce phénomène, la combustion est la plus générale et la plus remarquable. La théorie aussi ingénieuse que savante de Lavoisier sur la combustion, avait fait oublier \e Plilogislique de Stahl,et l'on était assez d'accord pour admettre qu'elle consistait dans l'absorption de l'Oxygène par les corps combustibles , accompagnée du phénomène de l'ignition. Selon cette théorie, les différences de densilés observées dans les corps brûlés, paraissaient des causes suffisantes d'élévation de température; mais on ne pouvait se rendre compte du dégagement de la lumière, puisqu'on la considérait comme essentiellement distincte du calorique. En portant son attention sur la chaleur intense, produite par la combustion du Charbon dans le Gaz Oxygène et par la combinaison de celui-ci avec le Gaz Hydrogène, on fut dans la suite convaincu que ni les différences de densité entre les corps qui se combinent, ni celles qui résultent de leurs chaleurs spécifiques ou celles de leurs chaleurs latentes, ne correspondent à la grande quantité de calorique émise pendant la combustion. La faculté de produire du Feu cessa d'être restreinte aux combinaisons de l'Oxygène, lorsqu'on fut assuré que le Soufre, le Chlore, le Phosphore, etc., bien secs, dégageaient aussi de la lumière et du calorique en se combinant rapidement avec les métanx. L'expérience prouva également que l'ignition pouvait être produite par la seule combinaison de deux métaux entre eux, par l'avidité de saturation d'un Alcali, par un Acide concentré, par l'exposition à une chaleur moindre que celle nécessaire ])our l'incandescence de plusieurs composés, tels que l'oxyde de Chrome, la Zircone, etc., par une simple séparation d'éléments auparavant combinés, comme on l'observe dans la détonation du Chlorure ou de l'Iodure d'Azote; enfin, qu'il se dégageait une quanlité de calorique appréciable par les instruments, dans toutes les combinaisons chimiques. En résumant ces diverses observatiens, Berzelius (Essai sur l'inQ. chimiq. de l'électricité, p. C5), après avoir conclu que la lumière et le calorique
I qui naissent dans la combustion , ne proviennent pas
1 absolimient d'un cliangemeiil <lans la dpnsilé des corps, ni d'une moindre chaleur spécificpie dans le nouveau produit, a émis son opinion sur la nature du pliéno-
I mène de l'ignilion. Ce n'est, dit-il. qu'un degré de tem-
; péralure plus élevé (|ue celui du calorique sans lumière;
j en sorte qu'il ne convient luillement de faire une distinction de celle-ci d'avec le calorique. Tous les corps élevés à une température qui varie, il est vrai, suivant chaque espèce, sont susceplibles de devenir lumineux; et l'on sait que pour les corps solides ou liquides celle
I température n'est jamais moindre de 357 degrés centigr.
I Mais ces probabilités en faveur de l'hypothèse, que la lumière ne serait qu'une modification du calorique, sont contrebalancées |)ar certains phénomènes, où il y a production de lumière sans calorique sensible, tels que la lumière lunaire, les phosphorescences des cori)s organiques, etc.
Le Feu résulte aussi de la percussion ou du frottement des corps solides, de la compression des Gaz, comme le prouve l'expérience du briquet pneumatique, imaginé par Gay-Lussac. Il accompagne la plupart des décharges électriques, même dans le vide; ce qui semblerait prouver que le Feu du ciel ou l'éclair ne résulte pas de la compression de l'air par le passage rapide du fluide électrique, comme plusieurs physiciens l'ont avancé. F., pour plus de renseignements, les mots ÉiECTRiciTÉ, Flamme, Luhière et Températore.
Le terme de Feu a été employé sous diverses acceptions i)ar les anciens naturalistes et physiciens. Nniis nous contenterons de mentionner ici les suivantes, comme celles qui se représentent le plus souvent dans leurs ouvrages.
Feu centrai. Dans la supposition admise par quelques physiciens, que la terre ait eu une origine ignée, son noyau aurait encore une chaleur très-considérable qui se communiquerait jusqu'à l'extrémité du rayon divergent, et serait la cause de celte température uniforme et constante que l'on observe dans les cavités souterraines, situées à la même profondeur et hors de l'influence des causes calorifiques étrangères au globe lui-même. Arago a communiqué à l'Académie des sciences, dans la séance du 22 août 1824, des faits qui tendent à prouver que la terre a une chaleur propre qui augmente à mesure qu'on se rapproche de son centre.
Feu du ciei. F. Électricité.
Feu fixé. Les anciens physiciens, ignorant encore qu'une production subite de chaleur pouvait être le résultat du passage d'un corps gazeux à l'état solide, ont cru, au contraire, quele Feu, rendu sensible, se dégageait, par une cause accidentelle, des corps solides dans lesquels ils le croyaient engagé ou fixé. Cette opinion a été la cause de la qualification qu'ils ont donnée à ce qu'ils présumaient être un état particulier du Feu. Feu follet. Nom que l'on donne vulgairement à de petites flammes errantes que l'on voit apparaître à la surface de la terre, et que l'on présume être produites par le dégagement d'un fluide phosphore, qui peut s'opérer spontanément, surtout dans le voisinage des
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lieux ([ui recÈlciil des maliùres animales eu putréfaction.
Feo Grisod. InQammation accidentelle du Gaz hydrogène carboné qui se dégage dans les galeries de certaines mines, et particulièrement dans les houillères. Feh libre. Par la même raison que l'on admettait un Feu fixé dans les corps, on devait, alors que pendant la combustion il se dégageait du calorique, reconnaître un Feu libre. U y a réellement du calorique ou du Feu qui se met en liberté, mais ce calorique estil produit par le corps combustible, ainsi qu'on l'a cru pendant longtemps, ou par le corps comburant, comme tout porte à le croire d'après les expériences modernes? C'est une <|iiestion qui, vraisemblablement, sera bientôt résolue d'une manière positive et invariable.
Feu Saint-Eime. Aigrettes lumineuses que, dans les temps orageux, l'on aperçoit à l'extrémité des mâts et autres pointes qui ont la pro|)riété de soutirer le fluide électrique des nuages qui en sont abondamment chargés.
Feu souterrain. F. Volcas. Feu Terrou.v. I''. Feu Grisou.
FEU ARDEMT. bot. L'un des noms vulgaires de la Bryone. F. ce mot.
FEU SAUVAGE, bot. (Cœsalpin.) Le Clalhre cancellé. FEUCIIIÉUE ET FEUGIÈKE. bot. Anciens noms delà Fougère.
FEUILLAISON, bot. Même chose que Foliation. F. Feuilles.
FEUILLE. ïOOL. Ce nom a été appliqué à des animaux auxquels on a trouvé quelque ressemblance avec les feuilles des arbres. L'on a nommé ainsi une Chauve- Souris du genre Mégaderme et un Poisson qui forme le genre Polyodon. On a encore appelé :
Feuille AMBULANTE, Feu illesècheouMacoe-Feuille, la Phyllie, qui est un insecte Orlhoptère. Parmi les insectes Lépidoptères :
Feuille de Cbêne, Feuille morte et Feuille de Peuplier, divers Bombyces.
Parmi les Coquilles :
Feuille de Laurier, VOstrea Foliiim.
Feuille de Cuoux, le Chaîna Hip/iopiis, L. Feuille Uuître, une espèce du genre Mylilus. Feuille de Tulipe, le Mylilus Modioitis. FEUILLÉE. Feuillea ou Feviltea. bot. Linné dédia ce genre à la mémoire du père Feuillée auquel l'histoire naturelle est redevable de documents précieux sur le Pérou et le Chili, et le constitua en prenant pour type une plante désignée par Marcgraaff (Bras., 46) et Plumier {Gênera, 20, ic. 209 et 210) sous le nom de Nhandiroba. Ce dernier mot a été employé de nouveau par Lamarck ( Encycl. Mélhod.) pour le genre en question qui, d'ailleurs, appartient à la Uiœcie l'entaiidrie, L., et que ic professeur A.-L. de Jussieu avait placé avec doute dans la famille des Cucurbitacées. A la suite d'un travail d'Auguste Saint-Hilaire sur cette famille, inséré dans les Mémoires du Muséum, ce botaniste a créé la nouvelle famille des K handirohées, dont le genre Feuillée forme le type, et qui est intermédiaire entre les Passiflorées et les .Myrthées. Voici les caractères assignés par Jussieu au genre Feviltea : Beurs dioïquesj
calice camjianulé dont le limbe est étalé et à cinq segments; corolle monopétale rotacéc, Ji cinq lobes convexes et réfléchis. Dans les Heurs mâles, une sorte de petite étoile double, formée peut-être par les trois styles persistants d'un ovaire avorté, ferme l'entrée de la corolle; dix étainines à filets distincts, dont cin(| portant des anthères didymes et fertiles, et cinq alternes avec ceu.x-ci, stériles. Dans les fleurs femelles, une petite étoile composée de cinq lamelles en cœur (étamincs avortées?) est située à l'intérieur de la corolle; ovaire semi-infère, terminé par cinq styles (trois selon Brovvne) et par autant de stigmates. Le fruit est une baie sphéri(|ue, très-grande, cucurbitacée (Péponide, liich.), couverte d'une écorce duie, marquée circulairement par les traces du limbe caliciiial, triloculaire^ contenant un grand nombre de graines orbiculaires, comprimées, ayant un test crusiacé, et renfermant un embryon dépourvu de périsperme. Cette absence de périsperme a été de nouveau constatée par Auguste Saint-Hilaire et Turpin. Le Fevillea se compose de plantes herbacées sarmenleuses, ù feuilles alternes, cordées et trilobées, munies de vrilles dans leurs aisselles; leurs Heurs sont petites et portées sur des pédoncules axillaires.
Ce genre se rapproche beaucoup des Cucurbitacées et des Passiflorées par son port, ses tiges grimpâmes, par la présence des vrilles , et par ses Heurs mâles et femelles. Il a de grandes affinités par sa fleur et ses vrilles avec le Zanonia, L., que Jussieu et Auguste Saint-Hilaire ont placé dans le même groupe.
Toutes les espèces de Feuillées sont indigènes des climats équatoriaux de l'Amérique. Linné en a décrit deux, l'une sous le nom àe Fevillea cordifolia , dont une variété a été élevée au rang d'espèce par Poirct (Encycl. Méthod.) qui l'a nommée Fevillea hederacea. Le Fevillea punctata de Linné (Syst. Feget.) avait été rapporté par cet auteur lui-même {Spee., 1452) au genre Trichosanthes , et Lamarck, dans l'Encyclopédie, lui avait restitué le nom de Nhandiroba. Celte plante croît à Saint-Domingue. Enfin Kunlh (Nov. Gênera et Spec. Plant, œquinoct., t. ii, p. 124) en a décrit une nouvelle espèce qui croît dans les forêts, près de Turbaco, dans la république de Colombie, et que les habitants nomment Javilla. Ce mot est le nom spécifique employé par Kunth, qui ajoute que sa plante pourrait bien être une espèce de Zanonia.
FEUILLES. Folia. BOT. On appelle ainsi des expansions ordinairement membraneuses, planes, vertes, naissant sur la lige et les rameaux ou immédiatement sur le collet de la racine. Ce sont les organes principaux de la nutrition dans les plantes. En effet, par les pores nombreux qu'elles présentent à leui-s surfaces, elles servent à l'absorption ou à l'exhalaison des fluides nécessaires ou devenus inutiles ù la nutrition de la plante. Avant de se développer, les Feuilles sont toujours renfermées dans des bourgeons, où elles sont diversement arrangées les unes à l'égard des autres, mais toujours de la même manière dans tous les individus d'une même espèce, souvent d'un même genre, quelquefois même dans tous les genres d'une même famille. La préfolialioii, c'est ainsi qu'on appelle celle
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(lisposi!ion des Feuilles dans le bourgeon , est donc importante à éludier, et peut, dans quelques cas, fournir de bons caractères de genres ou même de familles. r. le mot Préfoliatioît , où nous citerons quelques exemples de ses principales luoditîcalions. Les Feuilles se continuent avec la tige; elles semblent formées par l'épanouissement d'un faisceau de libres (|ui en provient. Ces fibres, qui ne sont autre cliose que des vaisseaux de différente nature, se ramifient, s'anastomosent entre elles et constituent un réseau dont les mailles offrent des formes très-variables et qui représentent en quelque sorte le squelette de la Feuille. Ces mailles sont ensuite remplies par du tissu cellulaire vert, d'une nature particulière et qui provient de l'enveloppe herbacée de la tige.
La Feuille est généralement formée de deux parties, savoir : le disque ou le limbe, c'est-à-dire la partie foliacée ou plane, et le pétiole ou queue de la Feuille. Quelquefois la Feuille est immédiatement attachée à la lige par la base de son limbe ; dans ce cas, elle est dite sessile, comme dans le Pavot, par exemple; lorsqu'elle est portée sur un pétiole, on dit qu'elle est pétiolée.
On distingue dans la Feuille sa face supérieure, généralement plus lisse, d'une couleur plus foncée et dont l'épiderme est plus adhérent et offre moins de pores corticaux, et sa face inférieure, d'une teinte moins foncée, souvent couverte de poils ou de duvet, dont l'épiderme est plus lâchement uni à la couche herbacée, présentant un grand nombre de petites ouvertures qui sont les orifices des vaisseaux intérieurs du végétal. Aussi est-ce surtout par leur face inférieure que les Feuilles, dans les végétaux ligneux, absorbent les fluides qui s'élèvent de la terre ou sont répandus dans l'atmosphère. On distingue encore dans la Feuille sa base ou le point par lequel elle est attachée à la tige ou au collet de la racine; son sommet, qui est le point opposé à sa base, et enfin sa circonférence ou son contour, qui est la ligne déterminant extérieurement sa surface. La face inférieure de la Feuille présente un grand nombre de prolongements sous la forme de lignes plus ou moins saillantes qui, partant du pétiole dont ils sont la continuation, se ramifient en différents sens; on les appelle les nervures. Malgré la ressemblance de leur nom, les nervures n'ont aucune analogie de structure ou d'usage avec les nerfs des animaux. Ce sont des faisceaux de vaisseaux poreux, de trachées et de fausses trachées enveloppées d'une petite couche de tissu cellulaire. Parmi ces nervures, il en est une qui, offrant une disposition presque constante, a reçu un nom particulier; on la nomme côte ou nervure médiane. Elle fait suite au pétiole, présente en général une direction longitudinale, et divise la Feuille en deux parties latérales plus ou moins égales entre elles. C'est de sa base et de ses parties latérales que partent en différents sens, et en s'anastomosant fréquemment entre elles, les autres nervures de la Feuille. Suivant leur épaisseur et la saillie qu'elles forment à la face inférieure de la Feuille, les nervures prennent différents noms. Ainsi elles conservent celui de nervures proprement dites, quand elles sont saillantes et très-prononcées : on les appelle veines lors-
qu'elles le sont moins ; enfin les dernières ramifications des veines, (|ui constituent à proprement parler le réseau de la Feuille, sont appelées les veinules. Quelquefois les nervures se prolongent au delù de la circonférence du disque de la Feuille et forment alors , quand elles ont une certaine ridigilé, des pointes épineuses, plus ou moins acérées, comme on le voit par exemple dans le Houx et quelques autres végétaux. La disposition générale des nervures sur les Feuilles mérite la plus grande attention et peut servir à cai actériser certaines divisions du règne végétal. Ainsi, par exemple, dans les plantes Monocoijiédonées, les nervures sont simples, peu ramifiées et parallèles entre elles. Quelques genres de la famille des Aroïdées forment exception à cette règle presque générale. Dans les Dicotylédonées, elles sont généralement ramifiées irrégulièrement et anastomosées entre elles en tout sens. On peut rapporter aux suivantes les variétés les plus remarquables de la disposition des nervures.
1". Elles peuvent partir toutes de la base de la Feuille et se diriger vers son sommet, sans éprouver de division sensible, comme dans un grand nombre de Monocolylédones, certaines Dicotylédones, telles que les Rhcxies et les Jlélastomes, certaines Urticées, etc. Les Feuilles sont dites alors basinerves ou difjitinerves.
2». Quand, au contraire, les nervures partent des côtés de la côte ou nervure médiane, et se dirigent, soit horizontalement, soit obliquement vers la circonférence de la Feuille, celle-ci prend le nom de Utlérinerve ou penniiierve. Cette disposition est extrêmement fréquente dans les plantes Dicotylédones.
S». Enfin, si des nervures les unes naissent à la fois de la base de la côte et les autres de ses parties latérales, les feuilles sont appelées mixtinerves ainsi qu'on l'observe dans plusieurs espèces de Nerprun. Toutes les autres dispositions que peuvent offrir les nervures des Feuilles rentrent dans un des trois types principaux que nous venons d'énoncer.
Une feuille peut être attachée de différentes manières à la tige ou aux ramifications qui la supportent; quelquefois elle y est simplement articulée, c'est-à-dire qu'elle y est fixée par une sorte de rétrécissement ou d'articulation, comme dans le Platane, le Marronnier d'Inde, etc. Ces Feuilles sont alors caduques, et tombent de très-bonne heure; d'autres fois la Feuille est tellement unie à la tige qu'elle ne peut s'en séparer sans déchirure. Dans ce cas elle persiste aussi longtemps que les rameaux qui les supportent, comme dans le Lierre, le Laurier-Cerise, etc.
La manière dont les Feuilles sessiles sont attachées à la tige mérite d'être étudiée, et présente des modifications qui sont représentées par autant d'expressions spéciales. Ainsi quelquefois la nervure médiane s'élargit et embrasse la tige dans la moitié de sa circonférence; la Feuille est alors dite semi-umplexicaule. On la nomme amplexicaule quand elle embrasse la lige dans toute sa circonférence, par exemple dans le Pavot des jardins, le Cercifi, etc.
Assez souvent la base de la Feuille se prolonge en formant une gaine qui embrasse entièrement la tige et l'enveloppe dans une certaine longueur. Ces Feuilles