L. K. DiDEWT
FORBICINE. ins. F. Lépisme.
FORCIPULE. Foiciptila. arach. Nom donné à chacune des mandibules succédanées, constituées , dans les Arachnides, par les deux premiers appendices manducateurs, qui s'insèrent en avant du labre.
FORESTIÈRE. Forestiera. bot. Poiret a nommé ainsi le genre auquel le i)rofesseur Richard {in Michx. FI. bor. Âm. ) a donné le nom d'Jdelia, et que plus lard Willdenow a appelé Bor/a. Cependant ce genre est le seul qui devrait porter le nom A'Jilelia. En effet, ce nom a été employé pour la première fois par Palrik Browne dans son Histoire de la Jamaïque. Linné l'a ensuite donné à un autre genre tout à fait différent, et qui vient se placer dans la famille des Euphorbiacées ( /'. Adélie), tandis que le premier appartient aux Jasminées. Le professeur Richard a donc cru devoir rétablir le genre Jtlelia de Brown; voici ses caractères : les fleurs sont très-petites et dioïques, rassemblées plusieurs ensemble à Faisselle des feuilles, où elles forment des capitules ou des sortes d'épis, accompagnés d'un grand nombre de bractées uniQores. Dans les fleurs mâles, le calice est très-petit, à quatre divisions très-profondes; les étamines au nombre de deux à trois ; il n'y a pas de corolle ; les fleurs femelles sont pédicellées, opposées, et partent de l'aisselle d'une écaille qui leur tient lieu de calice; à la base de l'ovaire, on remarque deux ou trois petites écailles subulées, linéaires, que l'on peut considérer comme les folioles du calice ou les rudiments des étamines; l'ovaire est à deux loges renfermant chacune deux ovules suspendus; le style est allongé, terminé par un stigmate renflé et globuleux ; le fruit est un petit drupe allongé, contenant généralement un seul noyau, par suite de l'avortement presque constant de trois des ovules. Ce noyau est allongé, profondément strié; Fembryon est droit, renversé comme la graine, et placé au milieu d'un endosperme charnu.
Ce genre, qui appartient à la famille des Jasminées, se «ompose de quatre à cinq espèces, qui sont des arbustes à feuilles opposées, quelquefois épineux, qui croissent tous dans FAmérique septentrionale ou les Antilles. Michaux en a figuré une espèce sous le nom à'^delia acnminata (loc. cit., 2, p. 225, t. 48).
FORESTIERS, ois. Nom imposé par Azzara à une petite famille voisine des Gros-Becs, et dont les membres ne sont connus que par les descriptions qu'en donne Azzara dans l'Ornithologie du Paraguay, que ce naturaliste voyageurajointeàla relation de sesvoyages.
FORET. Bioii. Nom vulgaire et marchand du Murex sln'gillatum.
FORÊT. Sylva. C'est ainsi qu'on désigne une étendue plus ou moins vaste de terrain entièrement couvert d'Arbres ou d'Arbrisseaux. La nature a pris seule le soin de planter le plus grand nombre des Forêts ; elle les a formées de végétaux propres à chaque sol et à chaque climat; elle y a fait naître une foule d'animaux qui y vivent comme dans leur élément nécessaire; c'est un puissant moyen dont elle se sert pour entretenir cet admirable équilibre en vertu duquel les éléments de la matière se distribuent dans les corps organisés; enfin c'est par la naissance des Forêts que des régions stériles ont été transformées en contrées riantes et productives. Tant d'avantages n'ont pas toujours été bien appréciés par les hommes ; d'immenses Forêts ont succombé sous la hache ou ont été détruites par le feu, et il ne reste de leurs masses jadis si imposantes que de faibles portions qui attestent imparfaitement la vérité des documents historiques; c'est même un point litigieux que la détermination de l'espace qu'elles couvraient, et si nous voulions en citer ici un exemple, nous demanderions quelles étaient du temps des Romains les limites de la fameuse Forêt Hercynienne? Cependant à mesure que les diverses branches de l'économie publique s'éclairaient par les progrès des connaissances physiques, l'attention des gouvernements se porta sur l'utilité des Forêts; et après avoir reconnu leur indispensable nécessité, on fît les plus grands efforts pour réparer les torts que l'égoïsme des individus, l'ignorance et même le fanatisme de certaines sectes religieuses avaient causés à la société. Si nous attribuons au fanatisme religieux une grande part dans la dévastation des Forêts, ce n'est pas de notre part une accusation vague et hasardée , car il est avéré , par exemple, que les Forêts étaient des objets de culte et de vénération pour les Gaulois nos ancêtres, et que leurs druides, sachant avec habileté faire tourner au profit du bien commun les idées mystiques d'un peuple simple et crédule, avaient particulièrement consacré certains Arbres. Lors de Fintroduction du christianisme dans les Gaules, les adeptes, transportés d'une sainte rage contre tout ce qu'avaient respecté leurs aïeux, et sans s'apercevoir du mal qui en résultait, soit pour eux, soit pour leurs générations, détruisirent par le fer et la flamme ces énormes Chênes dont l'antiquité égalait celle de la superficie du sol qui les avait vus naître.
Lorsque les anciennes Forêts ne suffirent plus aux besoins d'une société de plus en plus nombreuse, il fallut bien recréer ce qu'on avait détruit. On planta de nouveaux bois; on y introduisit des Arbres étrangers à la contrée, mais mieux appropriés au sol, et c'est dans ces nouvelles plantations que l'art fut véritablement le rival heureux de la nature. Les gouvernements, en se déclarant prolecteurs des Forêts, créèrent des administrations chargées de leur conservation, et dès lors leur exploitation fut assujettie à des lois fixes qui rassurèrent sur la crainte de les voir anéanties. On distingua les bois en taillis, en bois de jeune futaie et en bois de haute futaie. Les premiers sont ceux dont Fépoque de la dernière coupe a moins de vingt-
rin<i ans de date; les seconds sont ciuix dont les individus ont atteint la moitié ou les deux tiers de leur jjrandeur; enfin, dans les bois de haute futaie, les Arbres ont acquis les plus grandes proportions.
Ce n'est pas ici le lieu d'examiner les Forêts sous le point de vue de leur conservation ; nous ne devons pas nous étendre davantage sur les causes actuellement agissantes de leur diminution et sur les moyens d'y remédier; les ouvrages généraux d'agriculture et d'économie publique renferment une foule de données sur ces importantes questions, et c'est là qu'il faut aller les puiser. Nous nous bornerons donc à décrire d'une manière succincte les Forêts telles que la nature lésa créées dans chaque grande région du globe; nous parlerons ensuite des effets physiques qu'elles exercent sur le sol , ainsi que sur les productions naturelles dont elles favorisent le développement.
Peu de Forêts en Europe ont conservé leur pureté originelle. On leur a fait subir de nombreuses coupes, on y a introduit des .irbres exotiques, qui en ont changé presque entièrement la physionomie; ainsi, dans telle région sablonneuse, le Pin maritime, élancé et vigoureux, a remplacé le Hêtre et le Chêne dont l'existence y était très-cbétive. 11 n'y a guère que les pays dont l'accès est très-difficile, comme, par exemple, les flancs des hautes chaînes des Alpes, des Pyrénées, etc., où les bois se montrent dans leur état naturel.
Les Forêls de l'Amérique septentrionale, plus récemment atteintes par la civilisation, sont encore trèsvastes et très-nombreuses. Néanmoins on se plaint déjà aux États-Unis de les voir s'éloigner trop rapidement des environs des grandes villes, où les habitants leur substituent une culture dont le produit se fait moins longtemps attendre. Les Pins, les Sapins et les Chênes, sans compter les Arbres de genres particuliers appartenant à cette contrée du globe [Magnolia, Rhoiloden- (Iron, Jzalea, etc.), forment la partie essentielle de leur végétation. Michaux lils a publié un ouvrage sur un grand nombre des espèces utiles.indigènes de l'Amérique septentrionale, qu'on pourrait acclimater et mulliplieren Europe. Il n'est certainement pas de culture dont on puisse d'avance garantir un succès jdus certain. Le climat des États-Unis est tellement approprié à celui de l'Europe méridionale, que la plupart des aibustes qui croissent naturellement dans cette partie du nouveau inonde, peuvent végéter en pleine terre dans nos provinces du Midi. Ainsi le Magnolia gran- (liflora est très-vigoureux sous le climat de nos déparlements méridionaux, et n'a pour limites qu'une parallèle qui s'étendiait depuis Nantes jusqu'au nord de Genève; ainsi le Laurus Sassafras végète sans soin, à une latitude beaucoup plus élevée, car dans la coupe d'uue forêt près de Corbeil (Seine-et-Oise) on a trouvé dernièrement un tronc parfaitement sain de cet Arbre, dont le nombre des couches ligneuses attestait au moins quarante années d'existence, et qui avait vécu fraternellement au milieu de nos Chênes et de nos Hêtres. Mais on retirerait de plus grands avantages en plantant dans les forêts de l'Europe les espèces de Chênes et de Pins si variées du nord de l'Amérique, tant à cause de la facilité avec laquelle ces Arbres, qui appartiennent à
des genres européens, se mulliplicrajinl, qu'en raison des excellents bois de construction qu'ils fourniraient pour la marine.
Mais c'est dans les Forêts des grandes régions équinoxiales que la nature étale ses richesses avec majesté et profusion; c'est là que la main des hommes n'a pas encore altéré ses belles productions en voulant les améliorer ou en faire son profit. Qu'elles sont intéressantes, combien elles charment notre imagination , ces peintures des Forêts vierges du Drêsil et des autres parties de l'Amérique méridionale que d'illustres et savants voyageurs ont récemment parcourues! Et si nous pouvons en juger par une seule gravure fidèlement exécutée, quelle différence entre nos bois taillés, alignés, entrecoupés de champs fertiles, el ces épais fourrés où mille végétaux appuient leurs tiges sarmenteuses sur les troncs de ces Arbres énormes, dont les cimes s'entrelacent et se confondent en masses indivisibles!
Rien n'est plus imparfaitement connu en botanique que l'histoire de ces grands Arbres, quoiqu'ils aient été vus et examinés altentivement par de très-habiles naturalistes. Les troncs de la majeure partie d'entre eux étant dénudés jusqu'à une certaine hauteur, leur fruc tification se trouve souvent hors de toute atteinte. En vain veut-on les abattre par la base, leurs sommités restent suspendues par l'entrelacement des sommités voisines; et, nouveaux Tantales, les voyageurs voient fuir les fruits qu'ils dévorent des yeux.
Dans les mêmes climats où la nature se montre aussi exubérante, plusieurs causes concourent à son appauvrissement, et, de dégradation en dégradation, on finit par ne plus trouver que des plantes herbacées entremêlées de sous-arbrisseaux. Ces causes sont la hauteur du sol, sa nature, son exposition et le plus ou moins d'humidité qui règne à sa surface. Parmi les écrits qui contiennent des renseignements précis sur l'aspect de la végétation dans les climats situés entre les tropiques, nous signalerons l'Aperçu d'un voyage au Brésil par Aug. de Saint Hllalre et le Voyage dans les quatre principales lies des mers d'Afrique par Bory de Saint-Vincent. Dans l'Intérieur de l'immense empire du Brésil, les Forêts vierges couvrent de vastes réglons peu élevées au-dessus de l'Océan, et où par conséquent la végétation est singulièrement favorisée par un excès de chaleur et d'humidité; celles des environs de Rio- Janelro s'étendent en largeur à plus de cinquante lieues. Lorsqu'on détruit ces Forêts par le feu, comme on l'a fait dans le pays qui s'étend de Villa-Ricca à Villa-do- Prlnclpe, Il succède aux végétaux gigantesques qui les composaient, un bols formé d'espèces enllèreraenl différentes et beaucoup moins vigoureuses. En brûlant une seconde fois les nouveaux bols, du milieu de leurs cendres o!i volt s'élever une belle Fougère arborescente, puis les Arbres et les Arbrisseaux disparaissent pour faire place à une seule espèce de Graminée que les habitants nomment Capim Gonliira. Les pays plus élevés que ceux des Forêts vierges sont couverts de \ bois nommés CaUingas par les indigènes, et formés I d'épaisses broussailles au milieu desquelles s'élèvent, I comme des baliveaux, des Arbres de moyenne grandeur. ' Ce qu'il y a de remarquable dans ces basses Forêts des
pays chauds, c'est qu'elles perileiil leurs feuilles à la tiii de la saison des pluies, effet qui parait uniquement dépendre de la sécheresse, puisque, près des rivières et des fontaines, les Arbres conservent leur verdure; de sorte que le voyageur a tout à la fois sous les yeux l'image riante du prinlenips et le triste aspect de l'hiver. En continuant de s'élever, on rencontre des Forêts naines, composées d'arbustes d'un à deux mètres et rapprochés les uns des autres, appartenant ù des espèces très-variées et parmi lesquelles domine une Blimose épineuse, dont le feuillage délicat est de la plus grande élégance. Ces bois qui simulent nos taillis ont reçu le nom.vulgaire de Carascos.Ceuy. (|ue l'on rencontre sur les plateaux plus élevés, ne méritent pas d'être appelés Forets, puisqu'ils ne sont composés que d'arbrisseaux épars et labougris.
Les descriptions des Forêts des îles de France et de Mascareigne offrent des points de ressemblance trèsfrappants avec ceux que nous venons de tracer d'après Auguste Saint-Hilaire. L'Itinéraire de Bory de Saint- Vincent à la plaine des Chicots est un morceau rempli de documents fort intéressants pour les personnes qui s'occupent de géographie botanique. De même qu'en Amérique, les Forêts des lieux bas se composent de grands Arbres réunis par leurs cimes, mais ils forment un ombrage qui ne favorise que le développement d'un petit nombre de plantes modestes, de Mousses en gazon et de beaucoup de fongosités. Sur les flancs des montagnes et dans des zones limitées, ces Forêts offrent un ;ispect tout particulier, à cause du grand nombre de l'almistes (Aieca) qui portent leurs têtes à près de cinquante mètres dans les airs. Us dominent alors considérablement la masse des autres Arbres, se balancent au gré des vents, et cependant résistent aux fougueux ouragans qui brisent et déracinent des végétaux dont le diamètre et la moindre élévation semblent promettre une plus grande solidité. En montant, pour ainsi dire, d'étage en étage, on voit les Arbres diminuer de hauteur; une couche mince de terre végétale ne permet pas à leurs racines de s'étendre; celles-ci semblent s'entremêler avec les branches qui naissent dès la base du tronc et s'étalent à la surface de la terre. L'Arbre le plus grand de ces localités élevées est un Mimosa dont les pétioles communs s'aplatissent et dégénèrent en feuilles par l'avortement des folioles.
Par le simple aperçu qui vient d'être donné sur les diverses agglomérations d'Arbres dans la zone équinoxiale, il est facile de se faire une idée de ce qu'ils jieuvent être dans des climats analogues, sur les vastes continents de l'Asie et de l'Afrique. Des détails plus étendus sur ce sujet offriraient sans doute de la variété, mais entraîneraient au delà des bornes prescrites dans cet ouvrage.
Il y a lieu de croire que les Forêts exercent une influence marquée sur la température moyenne des régions qu'elles abritent. Les pays déboisés réfléchissent d'autant plus la chaleui- émanée du soleil, qu'ils sont plus nus et plus secs. On a cherché en ces derniers temps à évaluer l'augmentation de température produite, dans un grand nombre de départemeuts de la France, par la coupe et le défrichement des bois vendus
pendant la révolution, mais les documenis transmis ont été insuffisants pour que cette évaluation fût rigoureuse. L'humidité que les grands bois entretiennent à la surface du sol est très-considérable. Elle est fournie par l'excessive transpiration des feuilles, par les pluies de dégroupements (|ui fondent de préférence sur les Forêts dans le cours de l'été et par une moindre évaporation. De même que les montagnes, les Furets semblent attirer les nuages qui s'amoncèlent sur leurs têtes et se résolvent en pluies fréquentes. Aussi les champs limitrophes des bois sont-ils en général plus humides et plus arrosés que ceux dont l'horizon n'est masqué par aucun obstacle, mais cet avantage est souvent compensé par les grêles destructives, auxquelles leurs récoltes sont plus exposées.
Plusieurs phénomènes physiologiques, tels que l'émission du Gaz oxygène, l'absorption du Carbone pendant le jour, et vice versa l'absorption d'une certaine quantité d'Oxygène et l'émission de l'Acide carbonique pendant la nuit par les parties vertes des végétaux, doivent faire jouer aux Forêts un rôle immense dans l'économie de la nature. Ces substances gazeuses élémentaires, si nécessaires aux êtres organisés qui se les approprient d'une manière presque toujours inverse les uns à l'égard des autres, sont continuellement versées dans l'atmosphère par les Arbres des Forêts. Dilfusibles à l'excès, bientôt elles se répandent uniformément sur toute la surface du globe, de sorte qu'en tous lieux les proportions de l'air ne varient aucunement.
Le terroir d'un pays est considérablement modifié par la naissance des Arbres. En effet, le detiitus de ceu.x-ci, les excréments et les dépouilles des myriades d'animaux qui y traînent et finissent leur existence, doivent beaucoup augmenter la couche superficielle de terre végétale. Certains Arbres se plaisent dans le sol aride et sablonneux; leurs racines donnent de la consistance au terrain, y favorisent la naissance de plantes herbacées, et, avec le temps, convertissent cette terre ingrate en des lieux ombragés et d'un rapport considérable. Ainsi, dans les landes de Gascogne, en Bretagne, à Fontainebleau, etc., plusieurs espèces de Conifères végètent à merveille, et enrichissent de leurs produits un pays naguère excessivement aride.
Les Forêts sont la retraite d'une foule d'animaux de toutes les classes, qui y trouvent réunies les deux principales conditions nécessaires de l'existence, c'est-àdire la nourriture et l'abri. Sans l'accès difficile, sans l'obscurité et la profondeur des Forêts, que deviendraient les espèces de Mammifères, d'Oiseaux et de Reptiles auxquels l'homme fait une guerre continuelle ? La nature semble donc en avoir fait des immenses réservoirs pour empêcher que les espèces ne finissent par être totalement anéanties. Indé|)endamment des Arbres qui constituent les Forêts, une foule de végétaux en font leur demeure exclusive ; de là les noms spécifiques et bien caractéristiques de syivestris, sylcaticus, nemorosus, eic, imposés à un grand nombre d'entre eux. Ces végétaux se distinguent de leurs congénères par les grandes dimensions de leurs tiges, tandis que dans les plantes exposées à une lumière intense , comme celles des hautes montagnes, les tiges sont, en général, très-
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courtes; mais celles-ci, en revanche, sont ornées de Heurs également remarquables par leur grandeur et par l'éclat de leurs couleurs.
Souvent les Forêts offrent ceci d'intéressant au naturaliste, c'est (|u'elles forment des collections d'Arbres ou de la même espèce, ou de plusieurs espèces du même genre, ou au moins de la même famille. Leurs limites circonscrivent ainsi l'habitation de ces grands végétau.x, en sorte qu'il estaisé de fixer les positions géographiques de ceux-ci d'après celle des grandes Forêts. Composées de plantes sociales, pour nous servir de l'heureuse expression du baron de Humboldt, ces Forêts impriment à l'aspect de chaque contrée un cachet particulier : il suffit, par exem|ile, de parler des Forêts d'Arbres verts, de Conifèies. pour faire souvenir des régions hyperboréennes ou des hautes chaînes de montagnes; de même les Forêts de Châtaigniers, de Chênes, de Hêtres, d'Orangers, d'Oliviers, d'>^mMC«/ia, de Cinchona, de Casuarina, de /"co^eo, d'Ambavilles, etc., nous rappellent les diverses contrées de l'Europe méridionale, de l'Amérique, de la NouvelleUollande, des îles de France et de Bourbon, etc. Dans la plupart de ces bois, aucune autre végétation arborescente n'en trouble l'extraordinaire uniformité; les plantes herbacées qu'elles protègent présentent seules assez de variétés dans leurs formes , et reposent l'œil du voyageur fatigué par la monotonie des grands Arbres.
FORÊTS SOUTERRAINES. MIN. On donne ce nom à des dépôts de bois altérésque l'on trouve assez fréquemment dans le lit des anciens fleuves déi)lacés, comblé par suite des révolutions duglohe, ou dans les bas-fonds marins remblayés par les alterrissements. Ces dépôts se composent de diverses espèces d'Arbres couchés pêlemêle et ensevelis dans des matières terreuses, toujours de peu d'épaisseur. On y reconnaît distinctement des Bouleaux, des Chênes, des Ifs et autres Arbres résineux, qui sont encore entiers, et dont l'écorce est quelquefois parfaitement conservée; on y rencontre aussi des feuilles et des fruits de ces divers Arbres, des noix de Cocotier, etc., etc. On doit rapporter à cet ordre de formation les grands amas de bois charriés par les courants des mers et déposés çà et là sur les côtes, souvent à de grandes distances des lieux d'où ils ont été arrachés. Il en existe des dépôts immenses au Groenland et en Islande, et les voyageurs en ont observé jusqu'au dixhuitième degré de latitude nord, des amas considérables, mêlés avec des ossements de Baleine et d'autres débris d'animaux.
FORFICÉSILE. Forficesila. ws. Orthoptères; genre de la famille des Forficulaires, établi aux dépens du genre Foificiila de Fabricius, par Audinel-ServiUe, qui lui reconnaît pour caractères : antennes composées de quinze à trente articles et filiformes ; yeux petits, placés au milieu du bord latéral de la tête; corselet presque carré, avec ses angles antérieurs droits, presque aigus, les postérieursarrondis; corps ailé, linéaire, de moyenne longueur et glabre; dessus de l'avant-dernier segment de l'abdomen étroit, transversal, coupé droit postérieurement, le dessous est prolongé, presque triangulaire, recouvrant une partie du dernier segment; point de pelote entre les crochets des tarses.
FoRFicÉsii.E GiGWTESQDE. Foificesila ffiganlea , Serv. ; Foificu/a girjantea, Fab. Ses antennes sont composées de vingt-neuf articles arrondis; la tète est fauve, avec les yeux noirs; le corselet est d'un jaune fauve, avec deux raies longitudinales noirâtres; lesélytres sont pâles, avec une raie longitudinale obscure ; la poitrine, les antennes et les pattes sont pâles; l'abdomen est obscur, pâle sur les côtés; les pinces sont brunâtres, noires à l'extrémité qui est faiblement dentelée. Taille, environ un pouce. On la trouve au midi de la France.
FORFICL'LE. Forftcula. ms. Genre de l'ordre des Orthoptères, famille des Coureurs, établi par Linné, et dont les caractères sont : trois articles aux tarses; ailes plissées en éventail, et se repliant en travers sous des étuis crustacés, très-courts, à suture droite; corps linéaire, avec deux grandes pièces écailleuses mobiles, qui forment une pince à son extrémité; tète découverte; antennes filiformes, insérées au-devant desyeux, et composées de douze à treize articles suivant les espèces; mandibules bidentées à leur extrémité; galète grêle, allongée et presque cylindrique; languette fourchue.
Ces insectes ont le corps allongé, étroit, déprimé et de la même largeur dans toute sa longueur; leur tête a une forme triangulaire, et la boucheeslcomposée d'une lèvre supérieure, grande, coriace, saillante et presque demi-circulaire, de deux mandibules cornées, fendues à la pointe, de deux mâchoires terminées par une pièce cornée, ar((iiée, pointue, entière ou simplement bifide, et surmontée d'une galète et d'une palpe de cinq articles, d'une languette divisée en deux lanières, avec deux palpes de trois articles, et d'un menton coriace, presque carré, un peu rétréci et tronqué à sa partie supérieure : leur corselet est en forme de plaque et presque carré. Les élytres sont très-courtes, presque carrées et placées horizontalement. Ils n'ont point d'écusson apparent. Le bout des ailes dépasse les élytres dans le repos, et la partie qui reste à découvert est légèrement coriace. Leur abdomen est fort long, il est terminé par deux crochets écailleux, recourbés en dedans, et formant une pince qui diffère un peu suivant les sexes. Les pattes sont assez grêles, courtes et sans épines. Leurs tarses n'ont point de pelote entre les crochets.
Plusieurs auteurs ont rangé ces insectes avec les Coléoptères; mais l'organisation de leur bouche, et plus encore que cette différence, leurs métamorphoses les en séparent et permettent d'en former un groupe intermédiaire entre les Coléoptères et les Orthoptères.
Les Forficules mâles n'ont rien de différent des femelles, seulement les branches de la pince de ces dernières sont assez souvent moins grandes , moins larges à leur origine et moins arquées. On trouve les Forficules dans la terre et les lieux humides, sous les pierres, au bord delà mer, sous les amas de Fucus que les vagues déposent, et sous l'écorce des vieux arbres à demi pourris, où ils se rassemblent en grandes sociétés. Ils se nourrissent de différentes matières, soit animales, soit végétales, et font souvent beaucoup de dégâts dans les jardins en dévorant les fruits.
Frisch et Dcgéer ont fait des observations fort curieuses sur l'accouplement et les mœurs de ces insectes.
FORFICITLE >n-ocTpnme. ô MANTE dJaropV
i BACTERIE scabrmsc
PHYLLTE feuaic
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Defféer, ayant vu leur accouplenient , rappoilfi (|ue le mâle s'approclie à reculons de la femelle, doni il làte le ventre avec sa pince pour rencontrer l'endroit par où il doit s'unir à elle, et appllipiant alors l'extrémité de son ventre contre le dessous du corps, l'accouplement s'opère, et les deux insectes restent tranquillement dans cette position. Fiiscli a observé que la femelle veillait avec beaucoup de soin à la garde de ses œufs. Degéer, ayant trouvé au commencement d'avril, une femelle placée sur ses œufs, la prit et la plaça dans un poudrier dans lequel il y avait de la terre fraîche. Les œufs, qui y avaient été dispersés, furent bientôt rassemblés parla mère qui les portait avec ses mandibules; elle se plaça sur eux, comme une Poule qui couve, et y resta constamment. Vers le milieu de mai, les petits sortirent de ces œufs, qui sont assez gros, lisses et blancs; ils paraissaient très -grands relativement au volume de l'œuf; leur corps était très-enflé, et le mouvement du vaisseau dorsal se voyait parfaitement à travers la peau. Ces larves n'ont ni élytres ni ailes, de même que tous les autres Orthoptères. Leur corps est formé de treize anneaux; les trois premiers portent chacun une paire de pattes, et à l'extrémité du dernier on voit les deux pièces de la pince qui sont coniques, et même un peu divergentes. Les antennes sont composées de huit articles; les pattes et les palpes sont renflées. Degéer garda les petits avec leur mère, et les nourrit pendant quelque temps avec des morceaux de pommes. 11 remarqua que les larves avaient mué plusieurs fois, et que ces mues avaient produit des changements dans les antennes qui avaient augmenté d'un article; les trois iiremiers anneaux du corps étaient mieux séparés des autres. Leur pince était plus longue, et les pointes se rap|)rochaient comme dans l'étal adulte. Ces larves périrent peu à peu; la mère mourut aussi, et il la trouva dépecée et à demi mangée, ce qui n'avait pu être fait que par ses petits; les larves que l'on ne retrouvait plus, avaient sans doute éprouvé le même sort, mais il est ù croire que le besoin seul avait forcé ces insectes à s'entre-manger, car on ne les a jamais vus s'attaquer dans l'étal de liberté. Il ne resta qu'un seul petit; vers la fîn dejuillet, il avail beaucoup grandi et il se montra alors en nymphe; les fourreaux des élytres et des ailes étaient plats et collés sur le dos; les deux pièces de la pince avaient leur courbure ordinaire. Degéer a observé la tendresse de la mère pour ses petits dans un autre cas, il a trouvé au commencement de juin une femelle ayant sous elle sa progéniture; les jeunes larves se tenaient auprès d'elle sans la quitter, et se plaçaient souvent sous son ventre comme les poussins le font avec la Poule.
Ce genre est fort nombreux en espèces, on en rencontre dans toutes les parties du monde. Nous citeions parmi celles d'Europe : le Forficcle auriculaire, Forficula auriculaiis, L., Fab., Oliv., qui est si commun partout, et que l'on connaît vulgairement sous le nom de Perce-oreille, parce qu'on a cru qu'il s'introduisait dans les oreilles.
Le Forficcle kain, Forficula mitwr, L., Fabr. , Oliv. II est très-petit, et on le rencontre volant auprès des tas de fumier.
FORGERON, pois. Espèces des genres Chœlodon et Zée. r. ces mots.
FORGERON, ois. Synonyme vulgaire de Pic Palalaca. y. Pic.
FORGÉSIE. Forgcsia. bot. Ce genre, institué par Commerson, fut adopté par.lussieu, dans son Gênera Plan/arum, p. 164, qui lui conserva le nom générique imposé par Commerson. Néanmoins, Lamarck (Illust., p. 69, t. 125) changea ce nom en celui de Defforgia, qui n'a point été admis. Voici les caractères de ce genre, placé par Jussieu dans la famille des Campanulacées, et qui appartient à la Pentandrie Digynie, L. : calice quinquéfîde, turbiné; corolle à cinq divisions très profondes, ou plutôt formée de cinq pétales réunis par leur large base, aigus, grenus intérieurement; cinq étamines à anthères oblongues et adossées aux fîlets ; stigmate bilobé; capsule demi-infère, biloculaire, polysperme, bivalve au sommet et terminée par un style à deux branches persistantes. Quoique le professeur A.-L. de Jussieu ait placé ce genre parmi les Campanulacées, il a indiqué ses affinités avec les Onagraires et avec V Heuchera , genre de Saxifragées, à cause de sa corolle presque polypétale et de ses deux styles.
La FoRGÉsiE DE l'île Bourbon , Forgesia Borbonica, Comm. , unique espèce du genre, est un arbre à feuilles coriaces , lancéolées , ovales et dentées en scie, à fleurs disposées en grappes lâches, terminales et axillaires; leurs pédoncules et pédicelles sont accompagnés de bractées; les fruits sont quelquefois, mais très-rarement, triloculaires et surmontés de trois styles. En descendant de la plaine des Chicots, Bory de Saint-Vincent (Voyage aux îles austr. d'.ifrique, t. i, p. 549) rencontra le Forgesia au nombre des végétaux qui se trouvent mêlés aux Mimosa et aux Pandanus, principaux arbres des forêts de ce lieu. Les créoles-chasseurs qui l'accompagnaient lui donnaient le nom de Buis malegaclie, ce qui indiquait qu'on le trouve aussi à Madagascar, et ils lui attribuaient des propriétés fébrifuges.
FORMATION, géol. F. Géologie.
FORME. F. Matière.
FORMEON. BOT. Synonyme d'Andryale. F. ce mot.
FORM ES CRISTALLINES. F. Cristallisation et Cristallographie.
FORMIATES- Nom donné aux Sels résultant de la combinaison de l'Acide formique avec les bases.
FORMICA. INS. F. FoDRMl.
FORMICAIRES. Fonnicaria. iNS. Famille de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, fondée par Latreille (Gêner. Crust. et Insect.) qui lui assigne pour caractères : insectes vivant en sociétés nombreuses, les neutres aptères , les mâles et les femelles ailés ; pédicule de l'abdomen formé brusquement d'une écaille ou d'un à deux nœuds; antennes grossissant vers le bout; longueur du premier article (du moins dans les neutres et les femelles^ égalant la moitié ou le tiers de la longueur totale de l'antenne; le second obconique, aussi long que le suivant; labre grand, corné perpendiculairement. Cette famille correspond au grand genre Formica de Linné, qui a été subdivisé en plusieurs