‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 7 sur 76 · C II · texte numérisé non relu

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orbitaire qui est cependant bien moindre que dans les Gerboises, cl ù ce que le frontal se dilate de chaque côléencontiiiualion de la crèle temporale, pour fournir un plafond ù rorbile. 11 n'y a pas de trou au temporal, l'ne cliose très -particulière aux Échimys, c'est que l'occipilal , en descendant latéralement vers l'oreille, se bifurque de manière à enclaver la partie montante de la caisse et du rocher, et à former à lui seul les deux tubercules dont le postérieur ou le mastoïde lui appartient seul ordinairement. A la mâchoire supéiieure, les molaires sont sensiblement égales et partagées en deux parties égales par un sillon assez large; chacune de ces parties est échancrée jusqu'à son milieu par un sillon de l'émail. La première molaire de la mâchoire inférieure est plus grande que les trois autres; elle est échancrée profondément sur son bord interne; la seconde a deux échancrures internes et une externe; la troisième et la quatrième sont séparées en deux parties l)ar un sillon transverse; la première de ces deux parlies est simple; la seconde a une échancrure à sa face interne. En comparant cette configuration des dents à celles des autres Rongeurs, et en réfléchissant que la dent se forme sur un moule pulpeux, qui en représente d'avance tous les creux et tous les reliefs, on voit que ce genre est aussi bien séparé de tous les autres genres de l'ordre des Rongeurs, par les limites de son organisation, qu'il l'est de la plupart de ces mêmes genres par les limites géographiques de son existence. Tous ces animaux sont de l'Amérique méridionale. Leur corps est allongé comme celui des Rats. La longueur de la queue varie selon les espèces; elle est toujours ronde, queI<|uefois écailleuse, et, dans une espèce seulement, couverte de poils trèsfins. Il y a aux pattes de devant quatre doigts et un moignon de pouce; cinq à celles de derrière, tous armés d'ongles plus ou moins crochus. Ils vivent de fruits et de racines.

Le nom d'Échimys, imposé par Geoffroy Saint-Uilaire, signifie Rat épineux. En effet, chez la plupart des espèces du genre qui nous occupe, des épines dont le nombre et la force varient, et qui ne sont autre chose que des poils très-gros, aplatis et carénés sur une de leurs faces, tandis <|u'ils sont creusés en gouttière sur l'autre, et terminés par une soie très-fine, recouvrent le dos et la croupe. On sait qu'il y a un genre tout entier de Rongeurs, les Porcs-Épics, où presque tous les poils sont transformés en épines. On en retrouve aussi dans quelques espèces de Rats proprement dits.

ÉcuiMYS iiiPPÉ. Echimys cristatus, GeofF.; le Rat à queue dorée, Buff. Supp. 7, pi. 7"2. Voici le précis de la description qu'Allamand a donnée de cet animal : il ressemble au Rai pour la taille, la figure et la forme de la queue; il en diffère par la couleur du pelage et par la forme des oreilles; le corps est de couleur marron tirant sur le pourpre, plus foncé aux côtés de la tète et sur le dos, plus clair sous le ventre. Cette couleur s'élend sur la queue, à une petite distance de son origine; les poils fins et courts qui la couvrent, deviennent tout ù fait noirs jusqu'à la moitié de sa longueur où ils sont plus longs et où ils prennent, sans aucune nuance intermédiaire, une couleur orangée, qui règne jusqu'à rexlrémité de la queue; une longue tache de même

couleur jaune, orne aussi le front. La tête est fort grosse à proportion du corps; le museau et le front sont étroits; les yeux petits; les oreilles, à large ouverture, ne s'élèvent pas au-dessus de la tête ; aux deux côtés de la lèvre supérieure, qui est fendue, Il y a une touffe de poils d'un brun sombre, dont la longueur surpasse celle de la tète; derrière celle-ci, et tout le long du dos, parmi les poils dont l'animal est couvert, il y en a de plats et de la longueur d'un pouce, qui dépassent les autres, et qui sont plus roldes et plus résistants; ils semblent sortir de petits étuis transparents; ils diminuent de nombre et de grandeur sur les flancs et manquent sous le ventre; Ils sont d'abord cylindriques et fort minces; ensuite ils deviennent plats et ont presque une demi-ligne de largeur, après quoi ils se terminent en une pointe très fine. La femelle a huit mamelles. Il existe au Muséum de Paris un individu un peu plus grand, de neuf pouces et demi de long; les poils épineux sont bruns en dessus et entremêlés de poils roux ; le ventre est doux et fauve. On conjecture que cet animal vit sur les arbres où il se nourrit de fruits.

ÉcHiMTS DACTTLiN. Echimys dactylinus, Geoffroy. C'est une des plus grandes espèces du genre. Elle est longue du museau à l'anus d'un peu plus de dix pouces, et la (lueue en a quatorze et demi; son poil est sec et roide, mais non épineux; les poils du front se forment en épi, et comme les postérieurs sont plus longs et fort roldes, ils sont proéminents sur le cou, et en forme de huppe. Les doigts intermédiaires des paltes de devant sont beaucoup plus longs que les autres; les ongles y sont plats et rappellent ceux de ((uelques Sapajous; les cinq doigts des pieds de derrière sont armés d'ongles forts et crochus; toute la queue est nue et écailleuse.

Échimys épiseux. Echimys spinosus; Rat épineux d'Azzara (Quadrup. du Parag. T. ii , p. 73) , le premier des animaux qu'il donne sous le nom de Rat ; Angouyay-BIgoiu des Guaranis. Plus massif que le Rat ordinaire, il est haut de trois pouces trois quarts en avant, de quatre pouces en arrière , long de dix pouces ; la queue n'a pas tout à fait trois pouces; elle est couverte d'un poil épais et lisse, assez long pour masquer entièrement les écailles; l'œil, qui n'est pas saillant, a trois lignes dans sa plus grande ouverture; il est également distant du museau et de l'oreille; le nez est tronqué verticalement; la plus grande longueur des moustaches n'excède pas quinze lignes; l'oreille s'élève seulement de quatre lignes au-dessus du vertex ; son bord se double en avant; sa plus grande longueur horizontale est de neuf lignes ; elle est très-flexible et pelée; le pouce est muni d'ongle au pied de devant; le doigt extérieur est de la grosseur des autres, mais son ongle se termine où naît celui du doigt suivant ; des trois intermédiaires, celui du milieu excède d'une ligne les collatéraux ; le plus grand des ongles a quatre lignes. L'animal est couvert de deux sortes de poils très-mélangés : les uns sont blancs et fins, les autres sont de vraies épines dont les plus longues ont neuf lignes ; elles sont blanchâtres sur les trois quarts de leur longueur, puis obscures, puis rougeâtres à la pointe d'où sortent de petits poils qui empêchent qu'elles ne piquent, et qui tombent à poignée comme

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le poil de l'Asouli; un pinceau de ces épines ombrage le devant de l'oreille.

Cet animal se creuse des trous à des niveaux supérieurs aux inondations; ces trous sont ordinairement si rapprochés que l'on ne peut en parcourir le terrain sans précaution ; ils ont huit pouces de profondeur et environ quatre pieds de long. Du Paraguay , dans la province de l'Assomption.

ÉcHiMYS A AiGBiLLOiv. Echimys hispidus, Geoff. Long de sept pouces au corps et à la queue, de quatorze pouces en tout; d'un brun roux, qui est moins foncé en dessous; beaucoup de poils épineux, Irès-roides sur le dos : la queue est nue, écailleuse, annelée. On sait, sans désignation de contrée, qu'il est de l'Amérique méridionale.

ÉcHiMTS DiuEiPHOïDE. Echimys (Udelphoides, Geoff. D'environ dix pouces de long en tout, cinq au corps, cinq à la queue; celle-ci couverte de poils à sa base, sur la longueur d'un pouce seulement, et nue d'ailleurs où elle est écailleuse et verticillée comme aux Rats ordinaires; les poils épineux n'existent qu'au dos et surtout à la croupe; le ventre est jaunâtre; les flancs d'un brun plus clair que le dos ; le pouce est à peine visible aux pieds de devant.

ÉcaiMYS DE Cayenne. Ecliimys Cayennensis, Geoff. Long d'environ six pouces du museau à l'origine de la queue dont la mutilation a laissé la longueur indéterminée dans l'individu que possède le Muséum; d'un brun roux sur le dos et les flancs; tout le dessous du corps d'un beau blanc; les poils du dos, aplatis et transformés en piquants, sont bruns à la pointe, gris vers la racine, et entremêlés de poils bruns, annelés de roux et de fauve . et de brun à la pointe; il n'y a que de ces derniers poils sur la tête. Dans cette espèce comme dans la suivante, les tarses des pieds de derrière sont forlallongés, ainsi que les trois doigts intermédiaires égaux entre eux. Cette structure annonce une supériorité de ces espèces pour le saut et la course.

ÉcDiMYS SOYEUX. Echiitiys setosus , Geoff. Long de six pouces environ au corps et de sept à la queue ; il est d'une teinte plus rousse que le précédent, et son poil semble encore plus soyeux et moins mêlé d'épines; le ventre est d'un blanc moins pur; les pieds sont blancs au bout. Cette espèce est aussi d'Amérique, sans désignation de contrée.

ÉCHINACÉE. Echinacea. bot. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Sénécionides, établi par Mœnch et adopté par Jussieu, avec les caractères suivants : calathide radiée; disque mulliflore, régulari- (lore, androgyniflore; couronne unisériée, ligulitlore, neutriflore; péricline supérieur aux fleurs du disque, formé de squammes paucisériées, obimbriquées, lancéolaires- étroites, à partie inférieure appliquée, coriace; à partie supérieure inappliquée, foliacée, appendiciforme. Clinanthe coniiiue, très-élevé, garni de squammelles supérieures aux fleurs, demi -embrassantes, spinescenles au sommet. Fleurs du disque ayant l'ovaire un peu comprimé, létragone, glabre, portant une petite a igreltesléphanoïde, irrégulièrement dentée; corolle à tube nul; base du limbe globuleuse, épaisse, charnue ; les fleurs du rayon ont le faux-ovaire stérile,

triquèlre , portant une petite aigrette stéphanoide , prolongée en trois cornes ou lobes aigus; style nul; corolle à tube presque nul, à languette très-longue, bilobée au sommet. Ce genre a pour type le Rudbeikia purpurea et sa variété /3, dont Nuttal a fait une espèce sous le nom de Rudbecicia seiolina; De Candolle y a ajouté le Coreopsis heterophylla, de Cavanilles, puis une espèce nouvelle, qu'il a nommée£c/imacen angustifolia. Toutes ces plantes, propres au Mexique ou à la Floride, se distinguent suffisamment par leurs corolles singulières du rayon, dont le tube est nul et les filaments staminaux libres, c'est-à-dire non adhérents à la corolle; le limbe, qui subsiste seul, est urcéolé, ayant sa partie inférieure très -élargie, arrondie, prodigieusement épaissie sur la paroi interne, par une grosse masse charnue, qu'on reconnail aisément en faisant une coupe longitudinale. Du reste, elles sont toutes herbacées et vivaces, à tiges nues dans leur partie supérieure, ramifiées, à feuilles radicales pétiolées, à feuilles caulinaires alternes, sessiles, dentées. Les capitules sont solitaires, amples, à fleurs coronaires rouges; à fleurs centrales verdàlres.

ÉCHINAIRE. Echinan'a. bot. Genre de la famille des Graminées, de la Triandrie Digynie, L., établi par le professeur Desfontaines (Flot: Jllant., 2, p. 583) pour le Cenchrus capitaliis de Linné, ou Echinana capitala, petite planle annuelle qui croît dans les provinces méridionales de la France, en Italie, en Barbarie, etc. Ses tiges sont simples, hautes de quatre à six pouces ; ses feuilles, réunies en loulîe à la base de la tige, sont étroites et courtes; ses fleurs forment un épi globuleux ; qui termine la tige ; ses épillets contiennent de trois à quatre Heurs ; la lépicène se compose de deux valves un peu inégales , carénées et mucronées à leur sommet; les deux paillettes de la glume sont inégales et dissemblables; l'externe est plus grande, convexe, et se termine à son sommet par cinq soies roides et inégales; l'interne est moins longue, plus étroite, et ne porte que deux soies à son sommet; le fruit ne reste pas enveloppé dans les glumes.

ÉGHINALYSIER. Echinairsium. bot. Ce genre, de la famille des Graminées, établi par Trinius, correspond au genre Élytrophore de Palisot de Beauvois. F. ce mot.

ÉCHINANTHE. Echinanthus. échin. Genre de l'ordre des Échinodermes pédicellés, proposé d'abord par Breynius, le même que le genre Scutum de Klein, adopté par Van-Phelsum, et établi définitivement par Ocken dans son Système général d'histoire naturelle. Lamarck ne l'a point conservé, et en a foimé ses genres Clypéastre et Sculelle adoptés par Cuvier et par tous les naturalistes modernes, f^. Clypéastre et Scutelle.

ECHINANTHUS. BOT. (Necker.) Syn. d'Échinops.

ÉCHINANTITES. Echinantitœ. ÉCDiiv. Ce nom a été donné par des oryctographes et des naturalistes, à des Oursins fossiles des genres Cassidule, Spatangne, Clypéastre, etc., de Lamarck, ayant sur la partie supérieure du corps des ambulacres pétaliformes plus ou moins étendus.

ECHINARACHNIUS. kchin. Genre peu nombreux de l'ordre des Echinodermes pédicellés, élabli par Klein.

Aucun naUiralisle ue l'a ailoplé; les espèces donl il est composé apparlieniient aux Clypéastres de Lamarck.

ECHINAlilA. BOT. V. ÉcnirtAiRE.

ECUINASTRUM. rot. Selon Adanson, les Romains nommaient ainsi les Géranions. Dodœns applique plus particulièrement ce nom au Géranium tuhciosiiiii.

ÉCHINÉ. Echinatus. bot. On se sert de cette épitliète pour exprimer qu'une partie quelconque d'un végétale, est hérissée de pointes roides. Mirbel substitue souvent à celle épilliète celle de spinellé.

ÉCHINÉENS.MAM. Desmarest avait établi sousce nom, une pclite famille d'Insectivores plantigrades, composée des genres Hérisson et Tanrec. Ces genres différant essentiellement parla forme, le nombre et la disposition des dents, n'ont pu rester ainsi rapprochés.

ÉCHINELLE. Echinella. bot. Genre de la famille que Bory de Saint- Vincent a établie parmi les Microscopiques, sous le nom de Bacillariées, F. ce mot, et dont les caractères consistent, ainsi qu'on l'a déjà vu, dans un corps simple, laminaire, aminci par l'une de ses extrémités, conséiiuemraent plus ou moins conique, tronqué et même crénelé du côlé élargi, s'associant en faisceaux par le coté aminci. Le nom A' Echinella avait été précédemment employé par Lyngbye qui désignait ainsi un genre de l'Algologie danoise , dans lequel étaient confondus un grand nombre d'êtres totalement disparates. Bory l'a adopté pour celui du genre qu'il a reformé, et dont nous citerons les trois espèces le plus communément répandues dans les eaux de l'Europe.

ÉcniNELLE RoiuE. Ecliiiiella {stricta) siiblineaiis penè dilatata, ore fiinhriato, B. Cette espèce est représentée, dans la Flore danoise ( lab. 943), recouvrant les filaments d'une Conferve qui n'est que le liivularis, encore que l'on ait pris, dans l'ouvrage cité, ces Échinelles parasites pour un caractère d'espèce, et qu'on ait appelé Confena pennatula un mélange de deux èlres fort différents. Elle est parfaitement hyaline et presque linéaire, ce qui lui donne un peu l'aspect d'une Bacillaire, et qui l'a fait confondre par Lyngbye avec son Echinella fasciculata,- nui appartient à un autre genre.

ÉCBINELI.EÉVENTAII. Echinella (rentilaloria) elongata, dilatata, ore crenulato, maciilâ corticali instructa, B. Celle espèce remarquable se réunit en faisceaux étalés, qui présentent la figure d'un éventail plus ou moins ouvert. On la trouve sur diverses plantes marines, ainsi que sur les Sertulaircs et sur les Batrachospermes dont Bonnemaison,de Ouimpcr, a proposé de faire un genre sous le nom de Dudresnaya. F. ce mot. ÉcuiNELLE EN COIN. Echinella (cuneata) conica, ore quailridenialo, corpiisciitis fuscis in centro repleta, B. ; Echinella cuneata, Lyngb., Teiit. Hydr. Dan., p. 211, pi. 70, fig. f. Sa largeur, la régularité des quatre dents arrondies de son orifice, sa taille bien plus courte , sa figure parfaitement cunéiforme, et les corpuscules de couleur ferrugineuse, qui se voient vers son milieu, distinguent celte espèce de toutes les autres. On la trouve sur les Céramiaires et sur divers l'ucus, depuis la baie de Cadix et Ténériffe, jusques en Norwège.

ÉCHINIDES. Echinidcœ. échin. Section de la divi-

sion des Radiaires Echinodermcs, établie par Lamarck dans son Histoire des Animaux sans vertèbres, et renfermant toutes les espèces réunies par Linné et par un très-grand nombre de naturalistes dans leur seul genre Oursin {Echinus), vulgairement Hérissons de mer. Le savant professeur donne à celte section le caractère suivant : «Peau intérieure immobile et solide; corps subglobuleux ou déprimé, sans lobes rayonnants, non contractile; un anus distinct de la bouche; les tubercules spinifères sont immobiles comme le lest solide de la peau, mais leurs épines peuvent se mouvoir.» Cuvier, dans sa distribution du règne animal, n'a point conservé le nom d'Échinides ; il a i>référé celui d'Oursin , plus généralement connu et adopté par la trèsgrande majorité des naturalistes français. Nous croyons donc devoir renvoyer au mot Oursin les généralités de celle famille d'animaux rayonnants, que des caractères tranchés séparent de toutes les autres, malgré quelques rapports qui les rapprochent de plusieurs Mollusques. Les Oursins ou Échiuides forment un groupe bien distinct, que l'on nommera famille, ordre ou section, etc., suivant la classification zoologique, que l'on emploiera. F. Ocrsin.

ÉCllIMER. BOT. F. EcniNDS.

ÉCIIIMTES. ÉcHiN. Genre d'Oursin formé par Van- Phelsum, et dont les caractères consistent dans le corps qui est presque arrondi ou pentagonal, avec des ambulacres doubles et larges. Leske l'a adopté, et l'a composé des Conules de Klein. Les espèces peu nombreuses de ce groupe, sont disséminées dans plusieurs genres de la première division des Échinides de Lamarck. f^. Ga-

LÉRITE, ClVPÉASTRE, etc.

On a encore appelé Échiniles les Oursins fossiles, qui se trouvent en si grande abondance dans les terrains secondaires, tertiaires et même d'alluvion. Les uns ont conservé leurs formes primitives, les autres ont été comprimés ou brisés; presque tous ont perdu les piquants qui leur servent de défenses et d'organes de mouvements. Ils se trouvent mêlés avec les Ammonites, les Térébralules, les Bélemnites, les Polypiers des terrains les plus anciens, ainsi qu'avec les Coquilles fossiles des dernières formations; quelquefois ils sont rares; d'autres fois leur nombre est si considérable, qu'ils forment des collines tout entières; il y en a de changés en une masse de Silex solide ou vide dans son intérieur, ou bien en Pierres calcaires extérieurement, tapissés dans leur intérieur de beaux Cristaux de carbonale de Chaux ou de Silice; souvent le terrain qui les renferme présente le corps et les pi(iuanls dont il était couvert; d'autres fois ces piquants ont entièrement disparu ; enfin les Échiniles ou les Oursins fossiles varient sous tous les rapports d'états autant que les autres animaux de l'ancien monde, dont les débris remplissent l'écorce solide de notre globe.

ÉCHINO-AGARIC. Echino-Àgaricus. bot. (Haller.) Synonyme d'Hydne. F. ce mot.

ÉCHINOBOTRYON. Echinobotryon. bot. Ce genre, placé par Corda dans la famille des Champignons Uyphomycètes, est le même que le genre Dematier. f. ce mot.

ÉCHINOBRISSE. Echinobrissus. échin. Genre d'É-

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chinodermes pédicellés, proposé par Breynius pour un groupe d'Oursins dont la bouche occupe presque le milieu sur la face inférieure, et dont l'anus, un peu éloigné du sommet, se trouve dans une sorte de sinus opposé obliquement à la bouche. 11 est composé des Brisses et des Biissoïdes de Klein , et corresjjond en grande partie aux genres Spatangue et Kucléolite de Lamarck. y. ces deux mots.

ÉCHINOCACTE. Echinocactus. bot. Genre de la famille des Cactées, établi par le professeur Otto de Berlin, adopté par De CandoUe dans son Prodromus, par Pfeiffer dans sa monographie des Cactées , etc. Ce genre, qui doit sa naissance au démembrement du grand genre Cactus de Linné, est remarquable par la forme sphérique de la lige, dans toutes les espèces qui le composent; parles côtes plus ou moins nombreuses qui sillonnent sa surface et sur lesquelles sont disposés les nœuds vitaux chargés de bourgeons aiguillonnés. Les Échinoeacles se rapprochent beaucoup des Mélocactes, autre division des Cactiers ; mais ils en différent d'une manière suffisante par leur intlorescence, qui est éparse sur les côtés de la tige, au lieu d'être ramassée autour d'un spadice laineux, conique et terminal; par le tube de leur calice, composé d'un grand nombre d'écailles imbiiquées, au lieu d'être nu et lisse; par la multiplicité de leurs folioles florales ; enfin par leur fruit écailleux. De CandoUe décrit dix-neuf espèces d'Échinocactes, dans le troisième volume de son Prodromus systeinalis iiaturalis ree/ni vegetabilis ; et Pfeiffer, dans sa monographie, porte ce nombre à cinquante-cinq, sans qu'il paraisse disposé à s'y arrêter; car ces sortes de plantes étant, en quelque sorte, devenues un objet de mode, l'intérêt du commerce a fait de leur recherche un objet de spéculation, qui a tourné au profit de la science. Toutes ces plantes appartiennent à l'Amérique méridionale, et particulièrement au Mexique et au Brésil. Le caractère essentiel des Échinocactes consiste dans un calice monophylle et supère, prenant naissance au sein de faisceaux d'épines dont sont garnies les côles anguleuses des tiges, dans le tube floral qui est très-court. Du reste ces Cactées, ainsi que toutes les autres, sont dépourvues de feuilles. Leur nom est composé des mots Echinus, Oursin ou Hérisson de mer, et Cactus, Cactier ; à cause de la forme de la plante qui a quelque ressemblance avec celle de l'animal marin, que tout le monde connaît sous le nom d'Oursin.

ÉCHIIVOCACTE A CÔTES AIGUËS. EchitlOCilCtUS OxigO-

nus, Link et Otto. Verand. 6, t. 1, Lindl. Botanical Itegist. 1717. Sa tige est grosse comme la lê(e d'un homme, terminée inférieurement par des racines courtes, latérales, étalées, rameuses, blanchâtres, à écorce épaisse et poreuse; sa surface est sillonnée longitudinalement par seize côtes saillantes, aiguës, sur lesquelles sont situés, alternativement et en spirale, des nœuds vitaux proéminents, garnis de six ou sept aiguillons d'un brun fauve, longs de deux à trois lignes, inégaux, disposés en étoile et entourés, à leur base, d'un duvet blanchâtre, qui nait du bourgeon. La fleur s'élance de l'un de ces bourgeons, sur le côlé, et près de l'extrémité de la tige; elle est longue de sept à huit pouces, et répand une odeur Irès-suave. Le calice ou

périanthe externe est composé d'un grand nombre d'écailles ou folioles imbriquées, étroites, très-aiguês, d'un vert jaunâtre à leur base, brunâtres au somme(, qui est cilié sur ses bords. Le périanthe interne est composé d'un grand nombre de folioles lancéolées, pointues, d'un rose très-pâle, un peu lavées de jaunâtre vers leur base, longues de deux pouces et demi environ, et larges de sept à huit lignes; leur base extérieure est d'un rouge pourpré assez vif; elles sont disposées sur deux et même trois rangs. Les étamines sont très-nombreuses, avec leurs filaments inégaux, de la longueur du calice, verdâlres, terminés par des anthères ovales, biloculaires et jaunes. Le style, qui part du sommet de la cavité de l'ovaire, a près d'une ligne de diamètre ; il est moins long que les étamines, et se divise en une douzaine de stigmates papilleux, longs de trois à quatre lignes, étalés et d'un jaune verdâlre. L'ovaire présente une seule loge dont la paroi est tapissée d'autant de placentaires filiformes, longitudinaux et adhérents, qu'il y a de stigmates; il renferme de nombreux ovules portés sur des ramifications très-déliées et velues. Du Brésil.

ÉcHiNocACTE d'Ériès. Eclihiocactus Eriesii, Olto. Bot. Regist. 1707. Sa tige forme une masse globuleuse, un peu allongée, relevée de treize côtes anguleuses, aiguës, parsemées sur les arêtes de tubercules lanigères , purpurins , armés d'une douzaine de petites épines fortes, roides, droites et d'un rouge brunâtre; la couleur de cette tige est le vert foncé. La fleur, qui exhale une odeur extrêmement suave, est longue de cinq à six pouces, et insérée sur l'une des côtes de la tige; elle a son calice tubuleux, infundibuliforme, renflé et arrondi à sa base; il est parsemé de tubercules allongés, semblables aux larmes figurées sur les draps mortuaires, et ces tubercules sont armés d'une multitude de poils rayonnants et stelliformes; il est terminé par un limbe composé de folioles étroites, linéaires, pointues, jaunâtres, formant une auréole autour de la corolle; celle-ci consiste en trois rangées de pétales blancs, lancéolés et acuminés. Les étamines sont en grand nombre, insérées sur les bords du tube du calice; elles ont leurs filaments très-déliés , terminés par des anthères oblongues, biloculaires et jaunes. Le style est beaucoup plus long que les étamines, cylindrique, blanchâtre, couronné par un stigmate évasé, hypocratériforme, divisé profondément en douze lobes arrondis au sommet. Le fruit consiste en une baie polysperme, enveloppée des téguments du calice persistant. Du Mexique.

ÉcnxNocACTE coRrïiGÈRE. Echinocuctus comtfjertis, De CandoUe, Mém. du Mus. vol. 17, pi. 7. Sa tige est simple, presque globuleuse, marquée de côles à peu près verticales, formées par de larges lubercules interrompus et déprimés; chacun de ces lubercules porte une houppe d'aiguillons bruns, divergents et inégaux; la plupart sont droits, en forme d'aiguille; l'inférieur est divisé en bas, plus épais, plus long et un peu recourbé en forme de corne à son sommet. Les fleurs naissent vers le sommet de la tige, au nombre de trois à quatre, sessiles, longues d'un pouce environ, à sépales nombreux imbriqués et roussâtres ; les pétales,

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également nombreux, sont pourpres, avec le bord blanchâtre, disposas pies<|ue en simple série, oblongs, linéaires et pointus. Du Mexique.

ÉciimocACTE CRISPÉ. Echiiiocacttts crispatus, De Cand. Tige épaisse vers la base, obovée, tronquée, et même un peu déprimée à son sommet, marquée d'une vingtaine de côtes verticales, étroites, ondulées ou crépues, qui portent çà et là des tubercules chargés d'aiguillons fascicules, rayonnes, divergents, droits, trèsinégaux en épaisseur et en longueur, et d'un gris-brun foncé ; Heurs d'un pourpre violet, au nombre d'une dizaine, sessiles, étalées, mais rapprochées vers le sommet de la tige. Du Mcxi(|ue.

ÉCBINOCACTE CODROfiNÉ d'aIGDILLOPIS. EchinOCaCtUS

obvaltatus, De Cand. Tige obovée, presque globuleuse, déprimée au sommet, marquée d'une vingtaine de côtes verticales, peu saillantes; ces côtes portent des faisceaux de longs aiguillons aigus et divergents; fleurs solitaires ou peu nombreuses au sommet de la tige, entourées de beaucoup d'aiguillons dressés, qui atteignent à peu près leur longueur et les entourent comme des bractées ; pétales pourpres, bordés de blanc. Du Mexique.

ÉcniNOCACTE MÉLOCACTIFORME. EcllillOCaClUS VWlO-

cactifonnis, De Cand. Tige ovale-arrondie, marquée d'environ trente côtes longiludinales, portant des faisceaux d'aiguillons bruns, divergents, droits et aigus; dix ou douze fleurs formant une sorte de verticille irrégulier, vers le sommet de la tige; elles sont blanches, un peu rougeàtres en dehors ; pétales nombreux, étalés, réunis en un tube court ù leur base ; étamines formant un faisceau jaunâtre, duquel sortent huit ou dix longs stigmates divergenis.

On cultive les Échinocactes en pots, dans la terre franche, et on a soin de placer au fond une couche épaisse de gravier, afin de favoriser l'écoulement du superflu des arrosements. On les lient en serre chaude et sur la tablette la plus rapprochée du vitrage. On les reproduit par le semis, lorsqu'on peut disposer de bonnes graines; hors cela, on doit forcer les plantes à donner dos bourgeons; pour y parvenir, on sépare transversalement en deux la tige sphériquc, et l'on met en terre la calotte supérieure, après avoir laissé sécher la plaie. On remarque, dans la reprise, un phénomène tout particulier de physiologie végétale, c'est que cette calotte supérieure développe assez promptement et latéralement ses racines, donne des fleurs en abondance, mais ne produit pas de rejetons, tandis que l'hémisphère inférieur ne développe aucune fleur, mais une multitude de petites tiges autour du pied, que l'on peut séparer facilement de la tige-mère et planter isolément dans des petits pots, pour en obtenir bientôt autant d'Échinocacles.

ÉCHINOCARDIER. Echinocardium. échiw. Van Phelsnm a donné ce nom à un groupe d'Échinodermes pédicellés, divisés par Klein en Spatangues et Spatangoïdes; ils appartiennent aux Spatangues de Leske et de Lamarck. F. Spatangue.

ÉCHIMOCARI'E. Echinocarpus. bot. Le docteur Blume a institué ce genre dans la famille des Bixinées et de la Polyandrie Monogynie, L., pour un arbre qu'il

a découvert dans l'ile de .lava, et qui lui a ofTcrt pour caractères distinctifs : calice à qualre divisions décidiies; quatre ou cinq pétales divisés; étamines nombreuses, insérées sur le disque, munies d'anihères cuspidées; un ovaire surmonté d'un slyle subulé et d'un stigmale simple ; capsule ligneuse, à quatre valves épineuses en dehors, remplie d'une pulpe farineuse au milieu de laquelle se Irouventlessemences; celles-ci sont arillées àleur base, au nombre d'une ou deux, ordinairement adhérentes au placenta. L'ÉcuinocARrE Sicuiv, Echinocarpus Sigun, est un arbre élevé de cent vingt pieds environ; à feuilles alternes, pétiolées, ovales, acuminées; les pédoncules sont latéraux et uniflores.

ÉCHINOCAULON. Echinocanlon. bot. Le genre que Mcissner avait établi, sous ce nom, dans la famille des Polygoniacécs, ne fait plus maintenant qu'une section du genre Polygonum. tant était difficile à saisir la limile caractéristique imposée entre les deux genres.

ÉCHINOCHLOA. BOT. Ce genre, de la famille des Graminées, proposé par Palisot de Beauvois(Agrost., p. 53, t. 11, fig. 2) pour quelques espèces de Panicum, tels que les Panicum Crus Galti, setigeriim, etc., n'offre pas de différences assez tranchées dans ses espèces, pour qu'elles soient distraites du genre Oplismenus du même auleur.

ECIIIKOCONE. Echinoconus. Éceiw. Ce nom a été donné par Breynius, à un groupe d'Oursins appartenant aux genres Conule et Discoïde de Klein, Échinonée et Échinite de Leske; ils rentrent dans les Échinonées et dans les Galérites de Lamarck. Us offrent deux ouvertures inférieures; la bouche placée au centre, ell'anus dans le bord, ou près du bord.

ËCHINOCOQUE. Echinococcus. itiTEST. Genre de l'ordre des V'ésiculaires , ayant pour caractères : une vésicule simple ou double, renfermant dans son intérieur de très-petits animaux, libres de toute espèce d'adhérence, et dont le corps est obovale, la tête armée d'une couronne de crochets, et munie de suçoirs. Zcder l'avait nommé Polfcephalus. Les Êchinocoques ont les plus grands rapports avec les Acéphalocysles. A', ce mot. Ils se rencontrent dans les mêmes organes et avec les mêmes circonstances. La principale différence qui existe entre eux, vient de la présence de petits animaux, à la vérité à peine ébauchés, mais dont l'organisation ne peut élre méconnue , puisqu'ils ont des crochets et des suçoirs.

Zeder a réuni, sous le nom de Polycéphales, les Cœnureselles Echinocoques. Celte association n'est nullement naturelle ; en effet, les animaux des Cœnures font corps avec leur vésicule ; lorsqu'ils sont rétractés ù l'intérieur, leurs suçoirs et leur couronne de crochets sont cachés dans leur corps, ce n'est que par leur développement ù l'extérieur que ces organes deviennent visibles. Les Échinoco(iues, au contraire, sont renfermés dans leur vésicule, et ne peuvent en aucune manière faire saillie à l'extérieur; d'ailleurs, ils sont complètement isolés de celte vésicule et ne font point corps avec elle. Son organisation est analogue à celle des Acéphalocysles, elle contient de même un liquide transparent, légèrement albumineux ; elle est quelquefois formée de deux membranes juxtaposées l'une contre l'autre. Les

ECU

Echinocoqiies sont trop rares et trop peu connus, pour (|ue leurs caractères spécifiques puissent être clairement énoncés. Rudolplii en distingue trois espèces :

ÉcHuvocoQCE DE l'Homjie. Echiiwcoccus Homiiiis, Rudolphi, Syn., p. 183, n» 1. Ce sont des vésicules au moins de la grosseur d'une noix, renfermant des animaux plus petits que des grains de sable; elles n'ont été vues qu'une fois par Weckel; il les avait trouvées dans un cadavre, et les avait communiquées à Goézc, sans indiquer dans quel organe ce Ver s'était développé. Zedera avancé sans preuve que c'était dans le cerveau; Rudolphi présume que c'était dans le foie.

ÉcHmocoQDE Dc Si>CE. Ecliinococcus Simiœ, Rudolphi, Syn., p. 183, n» 2. Vésicules de grosseur variable, formées d'une seule membrane transparente, et trouvées dans les viscères thoraciques et abdominaux du Magot et du Macaque.

L'ÉcBiNocoQCE cojiMCN. Echhiococcus velerinorum, Rudolphi, Syn., p. 183, n" 3; Encycl. méth., lab. 40, fig. 9-14; regardé comme un Taenia parGoeze et par Gmelin, comme une Hydalidc par Batsch, etc. — On le trouve dans le Bœuf, leWoulon, le Mouflon, le Chameau, le Dromadaire, le Cochon, etc.

ÉCHINOCORYDE. Echinocoiys. Écnuv. Ce nom a été donné par Breynius à un genre d'Oursins, adopté par Leske, et composant la section des Cassides de Klein, ou ses genres Galea et Galeola. Ils appartiennent en grande partie aux Ananchites de Lamarok, et se distinguent par la situation de la bouche, entre le bord et le milieu de la surface inférieure, et par l'anus très-éloigné, situé dans l'autre bord. l'. Anaivcuite.

ÉCHINOCORYTE. Echinocorytes. ÉCH. Leske donne ce nom aux Échinocorys de Breynius, genre d'Échinodermes pédicellés, vulgairement Oursins ; il rentre dans les Galérites et les Ananchites de Lamarck, ou dans lesCassidules de Cuvier.

ÉCHINOCYAME. Echinocyamus. team. Genre d'Échinodeimes pédicellés ou des Oursins , proposé par Van-Phelsum, adopté par Leske, ayant pour caractères : la bouche et l'anus infér leurs et très voisins l'un de l'autre; les ambulacres pétaliformes et bornés. Ces Échinodermes appartiennent au genre Fibulaire de Lamark. Cuvier l'a conservé. F. Fidciaire.

ÉCHINODACTYLES. ÉCHiN. L'on donne souvent ce nom aux pointes d'Oursins fossiles.

ECHINODERMA. uoit.. Celle dénomination a été employée par Poli (Test, des Deux-Siciles) pour désigner la coquille de son genre Échion (t'. ce mot) qui correspond aux Anomies des auteurs.

ÉCHINODERMAIRES. Écnirc. (Blainville.) /'. AcuKO-

MORPBES et ÉcniNODERMES.

ÉCHIKODERMES. Echinodermata. ZOOL. Première classe des animaux Rayonnes ou Zoopbytes, établie par Cuvier dans le Règne Animal distribué d'après son organisation. Les cires qui la composent ont pour caractères : la peau bien organisée, soutenue souvent par une sorte de squelette, armée de pointes ou d'épines articulées et mobiles avec une cavité intérieure où flottent des viscères. Le système vasculaire ne s'étend pas à tout le corps, mais entretient une communication avec divei-ses parties de l'intestin et avec les organes

de la respiration, en général très-distincts, ainsi que les viscères. Le système nerveux, très-incomplet, et sous forme de filets, ne s'observe même pas dans tous les genres. — Le nom d'Échinoderme a été créé par Klein, en 1734, pour les animaux connus généralement sous le nom vulgaire d'Oursins ou Hérissons de mer. Bruguière, dans l'Encyclopédie, l'a appli(|ué à une division zoologique composée uniquement des Oursins et des Astéries ; le docteur Leach l'avait appelée Gorgonocéphale. Lamarck, dans son grand ouvrage des Animaux sans vertèbres, en a formé le second ordre de ses Radiaires, sous la dénomination de Radiaires Échinodermes; il a ajouté les Fistulides aux Astéries et aux Oursins de Bruguière qu'il nomme Stelléridcs et Écliinides. Ses Fistulides sont partagées en Tentaculées, Actinie, Hololurie, Fistulaire, et en Fistulides nues, Priapule et Siponcle. — Cuvier a adopté le nom d'Échinodcrmes pour la première classe de ses animaux Rayonnes, qu'il nomme Zoopbytes à cause de la disposition rayonnante de leurs organes qui rappellent les pétales des fleurs (définilion que Blainville applique à ses Actinomorphes). 11 l'a divisée en deux ordres, sous les noms d'Échinodermes pédicellés et d'Êchinodermes sans pieds. Blainville, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, critique avec raison le mot Échinodermes, qui ne peut s'appliquer exactement qu'aux seuls Oursins, et propose de le remplacer par Polycérodermaires qui nous semble avoir le défaut d'être un peu long, et de rappeler celte ancienne nomenclature où l'on voulait définir tous les caractères d'une plante dans un seul mot tiré du grec. — Comme les autres naturalistes, il fait une classe des Oursins, des Astéries et des Holoturies, qu'il divise en trois ordres désignés par la forme de leur corps. Ce sont les Cylindroides, les Sphéroïdes et les Slelléroïdes. Pour avoir de l'uniformité dans sa nomenclature, il a changé le nom d'Échinodermes en celui d'Échinodermaires.

Aristote, Pline, et la plupart des zoologistes, ont considéré les Échinodermes comme des Mollusques leslacés. Rondelet les a réunis, le premier, aux Zonphiles, et Jonslohn aux Crustacés. Linné les a placés parmi les Vers mollusques voisins des Teslacés, et le premier, il a rapproché les Astéries des Oursins. Quant à Lamouroux, ayant-adopté la classifîcalion de Cuvier, il ne croit pas devoir la changer : néanmoins si jamais l'on divise les animaux en Symétriques et non Symétriques ou Asymétriques, ainsi qu'il l'a proposé dans son Mémoire sur le Polype du Tubipore Musique, la classe des Échinodermes, telle que Cuvier l'a établie, sera placée entre les Polypes à Polypiers et les Acalèphes; et rien n'empêche que l'on adopte cette distribution. — Les Échinodermes ont des organes particuliers assez nombreux; des muscles très-distincts leur servent à exéculer des mouvements compliqués et souvent très- rapides. Un système nerveux se distribue dans toutes les parties du corps; quoique peu apparent, il n'en existe pas moins; on peut l'observer avec facilité dans un grand nombre d'Échinodermes, sous forme de quelques ganglions assez gros et de filets nombreux, très -divisés, qui semblent se diriger en rayonnant du centre à la circonférence; il n'y a point

d(! cerveau. Le syslOme vasculaire n'offre point la complication de celui des animaux Vertébrés; il est beaucoup plus simple et semble se borner à entretenir des communications entre le tube digestif et les différentes parties du corps, principalement avec les organes de la respiration Irès-dislincts dans plusieurs groupes. Ces animaux, dans ce cas, n'offrent jamais les mouvements isochrones de contraction et de dilatation i|ue l'on observe dans un grand nombre d'Acalèphes et d'autres Zoophytcs; ces mouvements semblent être remplacés par ceux de l'appareil destiné à la respiralion, que l'on observe toujours dans les classes supérieures. — Les Échinodermes ont-ils des sexes séparés, sont-ils hermaphrodites , ou bien encore chacun d'eux posséde-t-il la faculté de se reproduire sans le concours des deux organes sexuels? Il est plus facile de répondre à cette dernière question qu'aux deux premières, car personne n'a encore décrit, du moins à notre connaissance, l'organe niàle et l'organe femelle des Échinodermes. Dans ces animaux, tous les individus offrent des ovaires qui se remplissent d'un grand nombre d'œufs ou de corps reproductifs. Leur figure, leur grosseur, leur couleur varient ainsi que celles de leur enveloppe; rien n'indi(|ue une fécondation quelconque, ni aucun phénomène analogue. — Les Échinodermes ont une grande puissance de reproduction, et dans plusieurs genres, une seule de leurs parties, isolée du reste du corps, continue à jouir de la vie, et s'environne bientôt de tout ce qui constitue l'animal parfait. — L'organe digestif est en général fort simple dans ces animaux; quelquefois c'est un canal intestinal à deux ouvertures, la bouche et l'anus; d'autres fois cet organe est en forme de sac, à une seule ouverture qui sert tout à la fois de bouche et d'anus. Celle sorte d'estomac se prolonge souvent, dans les différentes parties du corps, en cœcums rameux comme les divisions d'un grand arbre. La longueur de l'intestin varie dans les Échinodermes qui en sont pourvus; en général il s'attache aux parties solides au moyen d'un mésentère bien conformé. — La bouche diffère dans chaque groupe; ordinairement elle est garuie-de parties dures et circulaires que l'on pourrait regarder comme des sortes de dents (|ui se durcissent vers leur racine, à mesure qu'elles s'usent parleur pointe; plusieurs genres manquent de ces parties que rien ne remplace, si ce n'est quelquefois des corps teutaculaires. — Dans ces animaux, les organes du mouvement sont répandus sur une grande partie de la surface du corps, et comme Cuvier a employé ce caractèie pour les désigner, on ne peut mieux faire que de copier ce grand naturaliste, en tiailant de ces organes. « Leur enveloppe, celle des Échinodermes pédicellés , est percée d'un grand nombre de petits trous placés en séries trèsrégulières, au travers dcsipiels passent des tentacules membraneux, cylindriques, terminés chacun par un petit disque qui fait l'office de ventouse. La partie de ces tentacules qui reste à l'intérieur du corps est vésiculaire; une liqueur est épanchée dans toute leur cavité, et se porte au gré de l'animal dans la partie cylindiique extérieure, qu'elle élend, ou bien elle rentre dans la partie vé&iculaire intérieure, et alors la partie exté-

rieure s'affaisse. C'est en allongeant, ou en raccourcissant ainsi leurs centaines de petits pieds ou de tentacules, et en les fixant par les ventouses qui les terminent, que ces animaux exécutent leurs mouvements progressifs. Des vaisseaux partant de ces petits pieds se rendent dans des troncs qui répondent à leurs rangées, et qui aboutissent vers la bouche. Ils forment un système distinct de celui des vaisseaux intestinaux qui s'observent dans quelques espèces. « — Tels sont, d'après Cuvier, les caractères des Échinodermes pédicellés ou du premier ordre : il a placé dans le deuxième les Échinodermes sans pieds, ainsi nommés parce qu'ils manquent de pieds vésiculeux; ils ont de grands rapports avec les Holoturies : leur corps est revêtu d'une peau coriace, et leur organisation intérieure est peu connue. Les Échinodermes ne se réunissent jamais pour former des animaux composés : aucun d'eux ne jouit de facultés phosphorescentes ou lumineuses. Enfin, ils sont répandus dans toutes les mers; en général plus grands , plus variés et plus nombreux en espèces entre les deux tropiques ou dans leur voisinage, que dans les zones froides et tempérées.

L'on trouve des Échinodermes fossiles dans tous les terrains, depuis ceux de transition jusque dans les alluvions les plus modernes.

l"Ordre. — Échi>oder5ies pédiceilés. Les genres qui composent cet ordre sont ;

Astérie, Encrine, Oursin, Holoturie.

II« Ordre.— ÉcflijioDEBMES s\?is pieds. Les genres qui composent cet ordre sont :

Monpadie, Miniade, Priapule, Siponcle, Bonellier. V. ces mots.

ÉCIilNODlSQDE. EchlnoiUscus. écuin. Genre établi parBreynius, pour des Oursins comprimés, dont la bouche est à peu près au centre de la face inférieure, et l'anus entre le milieu et le bord ou dans le bord. Il correspond aux Placenta et aux Jrachnokles de Klein. Il forme le septième genre de Leske. Lamarck en a placé les espèces dans ses Sculellesetdansses Clypéastres. y. ces deux mots.

ÉCIllNODORE. Echinodorus. bot. Le genre proposé sous ce nom, dans la famille des Bntomacées, par le professeur Richard, n'a point paru suffisamment distinct du genre Alisma, pour l'en détacher.

ECHlNOGLYCUS.ÉCHiN. Genre proposé par Van-Phelsum, pour les Oursins à têt comprimé, percé d'oscules ovales d'outre en outre. Us appartiennent aux genres Mellita de Klein, Echinodiscus de Brcynius et de Leske, aux Scutelles de Lamarck. A'. Scutelle.

ÉClIlNOGYiNE. Echinogyna. bot. Genre de la famille des Jungermannes, institué par Dumorticr qui lui assigne pourcaractères : périchèze monophylle, squammiforme; point de colésule; coiffe ovale, couverte d'é- ))inesou dépiquants; capsuleàquatre valves, couronnée par des élatères terminaux, simples et nus; fronde marquée de côtes. Dumortier désigne comme faisant parlie de son genre nouveau, i" Jiau/enitannia fuicala, Lin. Spec, pi. 1G02; Spreng. , Syst. végét. 4. p. 232; 2"/««()fe/-won«(ai;/o/rtce«,Web.,Prodr.hepat.,p.100; Jinif/ermannia fntticulosa, Sm. Engl. Bot., t. 2.114; Z" Jungcrmitniiiapi/bcsccns, ScbraMk.Salisb., p.231.

ECU

Ilook Brit. Jung., l. 73. Diimortier avait précédemment adopté pour ce genre le nom Fasciola, mais il a cru devoir le changer parce que ce mot avait été aussi employé pour désigner un genre de Vers intestinaux, genre néanmoins qui n'a pas été conservé.

ÉCHIKOLÈME. Echinolema. bot. Jacquin a formé, sous ce nom, un genre de la famille des Calycérées, qui a été réuni par De Candolle au genre Jcicarpha.

ÉCHINOLOBIER. Ec)nnolobium. bot. Desvaux a proposé d'élalilir, sous ce nom, un genre nouveau dans la famille des Légumineuses, qui comprendrait plusieurs espèces du genre Sainfoin. F. ce mot.

ECHINOLœNA. BOT. Desvaux (Journal de botanique, février 1813) a décrit sous ce nom un nouveau genre de la famille des Graminées, très-voisin des Panicutii et des Paspaliim, et auquel il donne pour caractères : des fleurs disposées en épis unilatéraux, ayant leur axe plan ; les éplllets sont alternes et forment deux rangées; ils sont uniûores et constamment dépourvus d'aucun rudiment de seconde fleur, selon Desvaux, caractère qui éloigne ce genre des Paniciim, et qui le rapproche des Paspalum; la lépicène est unipaléacée, lancéolée, aiguë, couverle de petits poils bulbeux à leur base; la glume est herbacée, à deux valves aiguës; l'inférieure est velue dans sa partie supérieure; la seconde valve est tout à fait glabre; la glumelle se compose de deux paléoles obtuses et coriaces. Tels sont les caractères indiqués par Desvaux. Kunlh (in Huinboldt Nov. Gen., 1,p. 118) adopte le génie Echinolœna de Desvaux, mais les caractères qu'il en donne sont tellement différents de ceux indiqués par le botaniste qui l'a élabli, qu'il parait douteux que le genre de Kunlh soit le même que celui de Desvaux. En effet Kunlh dit que les épillets sont biflores et nus; que la lépicène se compose de deux valves coriaces; que la glume de la fleur hermaphrodite offre deux paillettes coriaces et muliques; que celles de la fleur mâle sont membraneuses ; d'où il résulte que non-seulement la lépicène est bivalve, mais que chaque fleur offre deux paillettes, caractère qui distingue ce genre du Paniciim. Pour [icu que l'on compare atlenlivement les caractères donnés par les deux botanistes que nous venons de citer, on reconnaîtra que les deux genres qu'ils ont décrits sont tout à fait différents.

ÉCHINOLYTRE. Echinolytrum. bot. Desvaux a proposé sous ce nom un genre pour le Scirpus Dipsacus de Rollboel, lequel genre n'a pas paru suffisamment caractérisé.

ÉCHIKOMELOCACTE. Echinomelocactus. bot. L'Écluse ayant donné ce nom, tiré de leur figure, aux Cactes arrondis et épineux, il avait été adopté des botanistes jusqu'à l'époque où Linné réforma la nomenclature.

ÉCHINOMÊTRE. Echinometra. Êcnm. Rumph, Gual- (iéri et Séba ont donné ce nom à des Oursins classés par Lamarck dans ses genres Oursin et Cidarile. Breynius l'avait restreint à ceux dont la bouche est opposée à l'anus, et ils correspondaient aux Cidaris de Klein; aujourd'hui Gray a formé de cesÉchiuodermesun genre distinct, qu'il a caractérisé de la manièie suivante : corps plus ou moins déprimé, souvent oblong; cinq

ambulacres médiocres, bordés chacun de deux bandes multipores, divergentes, qui s'étendent en rayonnant; bouche inférieure centrale, armée de cinq pièces osseuses, surcomposées supérieurement; anus presque central, couvert d'écaillés souvent spinifères. Gray place en tète de ce genre deux espèces nouvelles, qu'il nomme Echinometra trigonaria et Echinometra atra. Toutes deux sont des côtes de l'Amérique équatoriale.

ÉCHIKOMITRE. Echinomitra. écoin. Genre étal)li par Van-Pheisum, pour les Cidaris variolata et mammiltaris de Klein, dont la bouche est placée au centre de la surface inférieure, l'anus sur le bord et dirigé en haut, avec des ambulacres étroits et complets. Ce genre diffère du précédent.

ÉCHlNOMlTRl£R.£'f/!momî'</-!'M«!. BOT. Ce genre de la famille des Jungermaniacéesa été établi par Corda, puis réuni à son genre GxtnnotHilriiim , dont en effet il ne parait pas différer assez pour sanctionner la séparation.

ÉCHINOMYIE. Echinoviyia. ws. Diptères; genre de la famille des Athéricères, tribu des Muscides, établi par Duméril,etse composant, suivant lui, d'espèces qui offrent pour caractères propres : antennes à article intermédiaire plus long que le troisième, à poil latéral simple, cachées dans l'état de repos. Les Échinomyies diffèrent des Mouches et des Cénogastres par la simplicité du poil latéral de leurs antennes; des Syrphes, des Sagres, des Mulions , etc. , par la longueur de l'article intermédiaire des antennes. Elles partagent ce caractère avec les Tétanocèrcs; mais elles s'en éloignent par les antennes cachées dans une cavité du front. Au reste, les Échinomyies, qui ressemblent pour la forme aux Mouches domestiques, sont remarquables par la grosseur de leur corps qui est hérissé de poils longs, rares , gros et comme articulés à leur base; leurs ailes sont écartées et leur abdomen est très-large relativement à sa longueur. Les mœurs de plusieurs espèces sont assez bien connues; l'Insecte parfait vit peu de temps, et se rencontre sur les Heurs, principalement sur les Ombellifères. La femelle dépose ses œufs daus les larves et les nymphes des Lépidoptères et de certains Coléoptères; elles s'y développent et font périr l'animal aux dépens duquel elles ont vécu. Dans le nombre des espèces, nous citerons :

L'ÉcHiKOMYiE GÉANTE. Echiiiomxia gigas ou la Muscagrossa de Linné. Elle se trouve en France, et a été décrite et figurée par Degéer (Mém. sur les Ins. T. VI) et par Réaumur (Mém. sur les Ins. T. iv). Ce dernier observateur dit que la larve de cette espèce vit dans les bouses de Vaches.

L ËcnmoMYiE des larves. Echinomyia larcarum ou VBriotrix geiitilis de Meigen. Elle été figurée et décrite par Degéer {lac. cit. T. i, pi. xi , fig. 25, et T. VI, pi. 1, fig. 7, p. 24). On la trouve aux environs de Paris. La larve vit dans le corps de plusieurs Chenilles et nymphes de Bombyces, principalement des Bombyx douiinula, Caja, Hera.

On doit ranger dans ce genre le Tachina fera de Fabricius.

ËCHINONÉ. Echinoneus. écbim. Genre d'Échinodermes pédicellés, ayant le corps ovoïde ou orbiculaire,

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convexe, un peu Jéprimé; ainlmlacies complets, formés de dix sillons qui rayonnent du sommet à la base; bouche presque centrale; anus inférieur, oblonç, situé près de la bouche. Ce genre a été établi par Van-Phelsum, et ses caractères ne diffèrent point de ceux que Lamarck lui a donnés. Leske l'avait adopté d'après Van-Phelsum. Les Échinonés, dit Lamarck, constituent évidemment un genre particulier voisin des Fibulaiies et des Galérites. On les distingue des premières par leurs ambulacres complets, qui rayonnent du sommet à la base, et des Galéritcs parce qu'ils ont l'anus voisin de la bouche. Le genre Échinoné est peu nombreux en espèces; Leske en décrit trois. Les deux premières sont citées par Lamarck qui en a ajouté une troisième inédite avant lui; Cuvier, en adoptant ce groupe, le compose de six espèces; les trois premières d'après Leske, et les trois dernières, figurées dans l'Encyclopédie, appartiennent aux Galéritesde Lamarck.

ÉcDiNONÉ Cyciostose. Eclihioneus Cyclostomus , Leske, Encycl. mélh., pi. 153, f. 19, 20. A corps ovaleol)Iong, un peu déprimé, couvert d'un grand nombre de petits tubercules égaux; la bouche est ronde, l'anus ovale. On le croit originaire des mers Asiatiques.

L'ÉcniNOJtÉ SEMI-LUNAIRE, Encyclopédie méthodique, pi. 133, fig. 21, 22, et VEchinonens scutiformis, l'un et l'autre des mers d'Amérique, sont les espèces de ce genre décrites par Lamarck.

Les espèces rondes distinguées par Cuvier, sont : Echinoneiis Laciymosus, Encyc\., 153, 1,2; Echinoncns depresstis, Walch., II, E., u, 6, 7; Encycl., 152, 7, 8; Echinoneus subuculus, Kl., xiv, L-0. ; Encycl., 153,14, 17.

ÉCHINOPE. Echinops. bot. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie Polygamie séparée , L., formant le type de la tribu des Échinopsidées du professeur Richard. La structure de ce genre étant encore aujourd'hui l'objet de contestations entre plusieurs botanistes, il est nécessaire de l'exposer avec quelques détails. Les capitules sont globuleux et terminent la tige et ses ramifications; ils sont dépourvus d'involucre commun, ou cet involucre se compose d'écaillés avortées et rabattues; le réceptacle est ovoïde ou globuleux, nu, glabre, chargé d'un grand nombre de Heurs ayant chacune leur involucre propre, et pouvant être considérées comme autant de capitules uniHores; l'involucelle ou involucre propre à chaque fleur est comme fusiforme , allongé, composé à sa partie externe et inférieure d'un nombre très -considérable d'écaillés subulées, étroitement appliquées les unes contre les autres, et intérieurement d'écaillés plus longues , rapprochées et soudées entre elles latéralement; cet involucre., qui est légèrement pédicellé à sa base, embrasse boitement une seule Heur, mais n'a aucune sorte d'adhérence avec la face externe de celle-ci, malgré l'assertion contraire , émise par H. Cassini qui , par suite d'une observation erronée, considère cet involucre comme une aigrette. A'., pour plus de détails, le mot Échinopsidées. Lecaliceestcylindracé, velu, adhérent par toute sa face interne avec l'ovaire infère, excepté à son limbe qui est court et tronqué; la corolle estsubinfundibuliforme;son tube est un peu dilaté à sa base, dressé, cylindrique; il s'é-

vase supérieurement en un limbe divisé profondément en cinq lanières étroites, égales et étalées; les anthères ont leurs cinq fîlets libres; le tube anthérifère est cylindrique, à cinq dents; chaque anthère est souvent velue à sa base; l'ovaire a la même forme que le calice avec lequel il est adhérent; il porte à son sommet un tubercule charnu, qui est un véritable disque é|)igyne, confondu dans sa partie inférieure et externe avec la base de la corolle, et terminé à son sommet par une petite excavation d'où nait le style; celui ci est tiliforme, cylindrique, glabre, légèrement renflé à son sommet qui est couvert de poils. Le stigmate se compose de deux branches recourbées en dehors. Le fruit est cylindracé, velu, couronné par une aigrette marginale, membraneuse et fimbriée.

Ce genre se compose d'environ une dizaine d'espèces qui sont toutes herbacées, annuelles ou vivaces. Parmi ces espèces, nous distinguerons les deux suivantes :

ÉCHINOPE A TÈTE RoiioE. Echinops splicerocepholus, L. Sp.; Lamk.,111., t. 719, f. 1. Ses tiges s'élèvent à une hauteur de trois à quatre pieds; elles sont dressées, rameuses, velues, cannelées, portant des feuilles alternes très-grandes, profondément pinnatifides, à lobes élargis, sinueux et épineux sur les bords; ses fleurs forment, au sommet des ramifications de la tige, des capitules violacés et globuleux. Cette espèce croît dans les lieux stériles.

ÉCHINOPE TiiTRO. Echinops Ritro, L. Sp. Cette espèce, qui est très-commune dans les lieux incultes, sur le bord des chemins, dans les provinces méridionales de la France, est toujours moitié plus petite que la précédente; les lobes de ses feuilles sont plus étroits, plus allongés, glabres en dessus, blanchâtres et cotonneux à leur face inférieure; les fleurs, d'une couleur bleue tendre, forment des capitules globuleux, moitié plus petits que dans l'espèce précédente, et composés d'un bien moins grand nombre de fleurs.

ÉCHliNOPÉES. Eihiiiopeœ. eot. Dans son premier Mémoire sur les Composées ( Ann. du Muséum, vol. IG, p. 152), le professeur De CandoUe a ainsi nommé la première division des Cinarocéphales. Elle était caractérisée par ses fleurons solitaires ou plutôt par ses calathides uniflores, réunies en tète dans un involucre. Outre le genre Echinops, cette section renfermait encore le Boopis, Juss., et le Bolandra, Rottb.; mais le Boopis est le type de la nouvelle famille des Calycérées, et le Bolandra appartient, selon Cassini, à une autre division de la famille, de sorte que cette section des Cinarocéphales ne se composerait plus que du genre Echinops, et correspondrait ù la tribu établie par Cassini sous le nom d'Échinopsées (F. ce mot).

ÉCfllNOPIlORE. MOLL. On donne vulgairement ce nom au Buccinum Echinophoium de Linné, qui correspond au Cassidaria Echinophora de Lamarck et des auteurs modernes.

ÉCIIINOPHORE. Echinophora. bot. Famille des Oni-

bellifèics, Penlandrie Digynie, L. Ce genre, établi par

Tournefort et adopté par Linné, Jussieu, Lamarck et

De Candolle qui l'ont placé parmi les Ombellifères ano-

j maies, est ainsi caractérisé ; ombelle à une colleietlc

1 générale de trois à <iuatre folioles, et composée de cini|

K C II

à quinze rayons; chaque ombellule munie d'une collerette monopliylle tuibinée et à six lobes inégaux ; fleurs marginales de chaque ombellule pédicellées, mâles, et ayant un calice à cinq dents et des pétales étalés, inégaux; Heurs centrales sessiles, femelles, avec des pétales échancrés. Dans le fruit un des akènes avorte le plus souvent; l'autre est couvert par la collerette partielle, qui s'est endurcie et parles pédicelles des fleurs mâles qui dégénèrent en épines.

On ne connaît que deux espèces de ce genre; elles sont indigènes des contrées méridionales de notre hémisphère; leurs feuilles sont ailées et leurs fleurs blanches. La (dus remarquable est l'ÉcniNOPOoRE épineuse, Echinophora spinosa, L.; Lamk., Illustrât, tab. 190, lig. 1; plante dont la tige est épaisse, cannelée, haute de deux décimètres et rameuse supérieurement; ses feuilles sont presque bipinnées, d'un vert blanchâtre et ù découpures étroites, aiguës etspinescenles. Elle croît dans les lieux maritimes de l'Europe méridionale. Indépendamment de sa station sur les côtes de la Méditerranée, on la retrouve en France le long de l'Océan jusqu'à Nantes.

L'autre espèce, Echinophora tenuifolia, L.; Lamk., lllust., t. 190, f. 2, croit sur les bords de la mer, dans le royaume de Naples. Ses feuilles radicales sont trèsgrandes et trois fois ailées.

Rivinus avait formé une troisième Échinophore, sous le nom à' Echinophora platycarpos, Col., Ecphr. 1, ■ p. 94 ; mais cette petite plante du midi de l'Europe a été réunie par De CandoUe à son genre Orlaya, avec lequel en effet on lui trouve plus d'affinités qu'avec les Échinophores.

ÊCHINOPLACE. Echinoplaca. bot. Genre de Cryptogames, du groupe des Lécanorées, de Fée, établi par ce botaniste qui le caractérise de la manière suivante; réceptacle universel, variable, crustacé, étendu, attaché, uniforme, stuppeux et foliacé; thalle crustacé, difforme, échiné; apothécion patellulé, orbiculé, sans rebord, un peu concave; lames proligères colorées. Ce genre diffère du Lecidea par l'absence d'un rebord et d'un parenchyme similaire; de VUrceotaria, en ce que les apothécions ne sont point urcéolés ni enfoncés; enfin de la rariolaria, parce que l'apothécion est toujours discoïde et jamais verruciforme. L'Écuinopi.ace ÉPiPHTLiE, Echinoplaca epiphflla , se trouve sur les feuilles vivantes de quelques arbres de Cayenne et notamment sur des Ucaria; l'apothécion est arrondi, d'une ténuité extrême; on croirait, à le voir, que ce n'est autre chose qu'une lame proligère, enchâssée dans le thalle ; l'humidité le bombe légèrement.

ÉCHIN0PL.4C0S. ÉCHiN. Van-Phelsum a donné ce nom à un genre d'Échinodermes dans lesquels la bouche est centrale sur la surface inférieure, et dont la circonférence est irrégulière, arrondie ou anguleuse ; les ambulacres sont bornés et pétaliformes. Ce genre correspond aux Mellita de Klein et aux Clypéaslres de Lamarck.

ECHINOPODA. BOT. La plante mentionnée, sous ce nom, par L'Ecluse d'après Belli, médecin de l'île de Crète, et déjà citée chez les anciens, pourrait être rapportée, soit à une Asperge épineuse, soit à un Genêt ou à VAn- Ihyllis erinacea.

iChlîiOPOGO'N. Echinopof/OH.LOT.VAgroslisorata de Labillardière et de R. Brown est devenue, pour Palisot de Beauvois (Jgrosl., p. 42, t. 9, f. 5), le lype d'un nouveau genre auquel il attribue les caraclères suivants : ses fleurs sont disposées en panicule simple, resserrée en forme de capitule; la lépicène est subbiflore, à deux valves aiguës, plus courtes que les fleurett«s; la fleur inférieure est hermaphrodite, fertile; sa paillette inférieure porte une soie qui naît au-dessous de son sommet ; la supérieure est bifide. La fleur neutre est pédicellée, à l'état rudimentaire et velue. Ces caractères suffisent pour distinguer ce genre des Agrostides où on l'avait placé.

ÉCHINOPOUE. Echinopora. poltp. Genre de l'ordre des Astrairées, dans la division des Polypiers entièrement pierreux, à cellules lamelleuses, étoilées. Ses caractères sont : Polypier pierreux , aplati et étendu en membrane libre, arrondie, foliiforme, finement striée des deux cotés; surface supérieure chargée de petites papilles ainsi que d'orbicules rosacés, convexes, trèshérissés de papilles, percés d'un ou de deux trous, recouvrant chacun une étoile lamelleuse; étoiles éparses, orbiculaires, couvertes; lames inégales, presque confuses, saillantes des parois et du fond, obstruant en partie la cavité. Lamarck a établi ce genre dans son Histoire des Animaux sans vertèbres, pour des Polypiers singuliers, rapportés des mers de l'Australasie par Pérou et Lesueur. Leurs cellules sont lamellifères et en étoiles, remplies de lames inégales, en partie coalescentes, presque confuses, constituant des étoiles à peine reconnaissables, à cause d'une lame pierreuse qui les recouvre, et qui forme sur chacune d'elles une bosselette orbiculaire, convexe, très-hérissée, percée d'un ou de deux petits trous inégaux. Sans la présence de ces étoiles bien déterminées, quoique très -remarquables par leur singularité, les Échinopores auraient été réunies aux Explanaires. Lamarck (Anim. sans vert, ii, p. 253, n» 1) n'en connaît qu'une seule espèce qu'il nomme Échinopore à rosettes, Echinopora rosularia, à cause de ses expansions ondées et larges; elles ne paraissent attachées que vers le centre de son disque inférieur. Ce Polyi)ier habite les côtes de la Nouvelle- Hollande.

ÉCHINOPS. BOT. F. ÉCHINOPE.

ÉCHINOPSÉES. Echinopseœ. bot. Henri Cassini appelle ainsi un groupe de végétaux dans la famille des Synanthérées , que le professeur Richard avait précédemment nommé Écliinopsidées, avec cette différence que le premier de ces botanistes fait consister sa tribu des Échinopsées dans le seul genre Échinops, tandis que le second y réunit plusieurs autres genres. F. Échi-

HOPSIDÉES. ,

ÉCHINOPSIDÉES. Echinopsideœ. bot. Ce groupe naturel, établi dans la famille des Carduacées, comprend le petit nombre de genres qui ont chacun de leurs fleurons entouré d'un involucelle propre, monophylle ou polyphylle, et tous ces fleurons réunis en forme de capitule, avec ou sans iiivolucre commun. Nous allons énumérer avec détails les caractères fournis par chacun des organes du petit nombre de genres qui constituent les Échinopsidées du professeur Ui-

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cliard ; les Heiirons forment des capitules globuleux ou ovoïdes, généralement entourés d'un involucre formé de plusieurs écailles inégales; le réceptacle est plus ou moins globuleux, ordinairement nu, c'est-à-dire dépourvu d'écaillés; chaque fleuron, qui est en général hermaphrodite et fertile, est environné d'un involucelle propre; cet involucelle est tantôt tubuleux, à cinq divisions plus ou moins régulières (Lagasca, Gundeiia); tantôt formé d'écaillés inégales, imbriquées et soudées. Dans tous les cas, il est entièrement distinct, et n'a aucune connexion avec la paroi externe du calice, sur laquelle il est simplement appliiiué. Dans le genre Gnnilelia, les fleurons sont groupés ensemble par petits fascicules au nombre de quatre à cinq, et leurs invokicellessontsoudéset intimement confondus. Le calice est adhérent avec l'ovaire ; il est cylindracé, allongé, surmonté par un limbe tronqué, à bord irrégulièrement denticulé; la corolle est lubuleuse, infundibuliforme, régulière, à cinq divisions réfléchies ou simplement étalées, égales entre elles ; les cinq étamines ont leurs filets libres; le tube anthérifère est généralement saillant, terminé à son sommet par une membrane à cinq dénis ; le slyle est cylindriciue , grêle, un peu renflé vers son sommet où il est chargé de poils glanduleux; le stigmate est à deux lanières planes et glanduleuses du côté interne, velues extérieurement et plus ou moins roulées ; l'ovaire est immédiatement attaché par sa base; il est fréquemment surmonté d'un petit disque épigyne, du centre duquel naît le slyle ; le fruit est un akène ordinairement cylindracé, quelquefois renflé dans sa partie moyenne {Gunilelia) , et se terminant au sommet par un petit rebord membraneux, tronqué, irrégulièrement denticulé, et formant une sorte d'aigrette marginale.

Les genres principaux qui appartiennent à ce groupe sont : Echinops, Rolandra, Lagasca et Gundeiia. Leurs caractères communs consistent en des fleurons hermaphrodites réguliers , accompagnés chacun d'un involucelle particulier, ayant le style renflé au sommet et velu, et le fruit couronné par une aigrette marginale frangée.

Maintenant examinons rapidement le groupe des Échinopsées de U. Cassini. L'auteur commence par prier ses lecteurs de ne pas confondre sa Iribu des Échinopsées avec celle des Échinopsidées du professeur Richard. Pour lui celle Iribu ne se compose que du seul genre Echinops. Les autres genres qui lui ont été mal ù propos associés n'ont aucune affinité avec ce genre, et appartiennent à la tribu des Vernoniées. Certes il deviendra difficile pour ceux qui auront nn peu étudié la structure des quatre genres que nous avons dit appartenir aux Échinopsidées, de partager l'opinion de H. Cassini, et nous allons démontrer que celte opinion est tout à fait erronée. En effet, l'auteur que nous combattons ici n'admet pas d'involucelle propre dans le genre Echinops , et ce que nous avons décrit comme tel, il le considère comme une aigrette. Une semblable opinion paraîtra fort extraordinaire à ceux qui croient, et nous sommes du nombre, que l'aigietle, dans toutes les Synanthérées, est toujours formée par. le limbe du calice. Aussi a-t-il fallu que H. Cassini se fondât sur

une erreur matérielle d'observation pour arriver à un pareil résultai. Et voici comment l'auleur dit que sa prétendue aigrette naît de toute la surface externe du calice, en sorte qu'elle en est une dépendance. Ce fait est faux : l'aigrette de Cassini ou notre involucelle n'a, nous le répétons, aucune espèce d'adhérence avec le calice; elle est parfaitement libre et distincte, et nous avons peine à concevoir comment un observateur aussi habile, qui s'est exclusivement occupé des Synanthérées, a pu commettre une semblable erreur dans un genre dont les fleurs sont tellement grandes proportionnellement aux autres genres de la même famille, que leur structure peut êlie facilement étudiée à l'œil nu et sans le secours de loupe. Nous croyons donc que la tribu des Échinopsées de H. Cassini ne diiit point être adoptée, et qu'au contraire celle des Échinopsidées, se composant de genres qui ont entre eux tant de caractères communs, forme un groupe très-naturel.

ÉCUINOPSILON. Echinopsilon. bot. Genre de la famille des Chénopodées, institué par Moquin- Tandon qui lui donne pour caractères ; fleurs hermaphrodites ou polygames par avortement des étamines; périgone urcéolé, divisé en cinq segments au dos desquels se remarquent des appendices spinuleux, étalés; cinq étamines opposées aux divisions du périgone et plus longues du double environ , quelquefois avortées ; leurs filaments sont dressés, filiformes et un peu comprimés; les anthères ovales ou presque cordiformes et biloculaires; l'ovaire est un peu déprimé, à une seule loge, contenant un ovule; il est surmonté d'un style bifide, terminé par un stigmate dont les divisions sont en rapport avec celles du slyle ; ulricule membraneux , orbiculaire, déprimé, renfermé dans le périgone qui acquiert une consistance papyracée et qui se couvre de cinq épines disposées en rayons slellaires; semence horizontale, ovato-orbiculée, avec le lest membraneux; radicule centrifuge. Ce genre avait d'abord reçu le nom de If'illemetia ; mais comme un autre genre a été publié un peu antérieurement, sous cette même dénomination, l'auteur le changea et lui en substitua une dérivée des mots sz""i, épine et Ttir/ij, grêle, à cause des spinules qui entourent le fruit. Moquin-Tandon décrit dans le premier volume des nouvelles Annales des Sciences naturelles, pages 207 et suiv., cinq espèces d'Échinopsilons : Echinopsilon mnricaitim; Echinopsilon lanattim; Echinopsilon eriophonini; Echinopsilon sedoides; Echinopsilon liirstitum. Ce sont des plantes vivaces, sous frutescentes, à tiges allongées et grêles, à feuilles velues, étroites, linéaires, planes ou un peu arrondies et épaisses. Les fleurs sont axillaires, et teiminales, sessiles, agglomérées deux ou trois ensemble. On les trouve sur les rives Méditerranéennes ou dans la Tauride.

ECHINOPUS. BOT. C'est-à-dire pied de Hérisson (Plutarque). Probablement VAnthyllis erinacea, L. (Tourneforl.) Synonyme d'Échinope. /'.ce mot.

ÉCHINORIIIN. Echinorhinus. pois. Sous- genre formé par Blainville parmi les Squales, y. ce mot.

ÉCHINORHYNQL'E.£'(7a«o/7ywc/ius. istest. Genre unique de l'ordre des Acanthocéphales; les animaux qui le composent ont un corps un peu allongé et ar-

roiidi, ulriculairc, élastique, avec une trompe rélractile, garnie de crochets cornés, disposés régulièrement sur plusieurs rangs. Les sexes sont séparés sur des individus différents. Ce genre, étal)li par Zoega, adopté par tous les auteurs, a été nommé Jcanthocephalum par Kœlreutcr, et Acanthrum par Achard. — Le docteur Deslongcliamps, qui s'occupe constamment de l'étude des Vers intestinau.x, a bien voulu nous communiquer l'article suivant, auquel nous avons cru ne devoir rien changer à cause des observations intéressantes qu'il renferme.

Les Échinorhynques se distinguent aisément de tous les autres Vers intestinaux, par un prolongement antérieur, rétraclile, garni de crochets, auquel on a donné le nom de trompe; et, si le corps ridé de quelques uns de ces êtres parasites a pu induire en erreur des naturalistes habiles et les leur faire regarder comme des Tfenias, un examen plus approfondi dissipe bientôt le doute qui a pu s'élever. Ces animaux sont des Vers en général allongés, cylindroïdes , plus ou moins ridés, que l'on trouve adhérents, au moyen de leur trompe, à la membrane muqueuse des intestins. 11 n'est pas rare de les rencontrer libres de toute adhérence et, pour ainsi dire, flottants dans le canal intestinal. Mis dans l'eau, ils ne tardent pas à y opérer une absorption qui se manifeste par l'augmentation en longueur et en largeur du corps; ses rides s'effacent, et la trompe, si elle n'est point développée avant l'immersion, ne larde pas ù se dérouler au dehors.

Considérés à l'extérieur, les Échinorhynques offrent à l'examen, la trompe, le col et le corps.

La Trompe. — Elle termine antérieurement le Ver, lui sert à se fixer à l'intestin, et très-probablement aussi de moyen de progression. Sa forme varie singulièrement suivant les espèces; elle est subglobuleuse, ovale, fusiforme, conique, en massue, ou égale dans toute sa longueur; sa surface est couverte de crochets cornés, aigus, recourbés en arrière, et disposés très-régulièrement en quinconce; ils sont plus ou moins nombreux, plus ou moins forts suivant les espèces. Il est des Échinorhynques dont la trompe n'est armée que de deux ou trois rangs de crochets, et d'autres sur la tiompe desquels on en compte soixante ou quatre-vingts rangées. Dans un petit nombre d'espèces, on voit, entre le col et la trompe, une bulle sphéroïde, beaucoup plus volumineuse que la trompe et le col ; elle est lisse ; son volume n'est pas constant dans tous les individus, elle manque quelquefois entièrement. L'extrémité antérieure de la trompe paraît fermée dans plusieurs espèces; dans d'autres elle est visiblement perforée. Rudolphi a décrit une espèce (Echinoihxnchus tuba) trouvée dans l'intestin de l'Effraie, dont la trompe présente à son extrémité extérieure une expansion membraneuse, plissée, ressemblant au pavillon d'une trompette; nous avons trouvé en abondance cet Échinorhynque dans le même Oiseau, mais aucun des Vers trouvés par nous n'offre ce caractère; la description donnée par Rudophi leur convient d'ailleurs parfaitement bien. Nous sommes convaincus que cetteexpansion membraneuse ne vient que delà proirusion accidentelle du canal musculeux, situé dans l'é- |iaisseur de la trompe, et destiné à faire rentrer cette

dernière, en la retournant comme un doigt de gant (f. plus bas ladescriptiondel'organisation interne des Écliinorhynques). L'extrémité postérieure de la trompe est continue avec le col ou avec le corps, lorsque le premier n'existe pas. 11 est une espèce d'Échinorhynque dont la trompe diffère entièrement des autres, et qu'on serait tenté de regarder comme devant former un genre particulier, si l'on ne trouvait quelques espèces qui s'en rapprochent, et si l'organisation interne n'était tout à fait analogue ; nous voulons parler de l'Échinorhynque à col liliforme. — Le col de ce singulier animalcule est terminé par une bulle ou ampoule sphérique, remplie d'un liquide transparent, et à la place d'une trompe, on n'aperçoit, au sommet de la bulle, qu'un petit disque sur lequel, au lieu de crochets, se voient de pelils tubercules cornés, ovalaires, disposés en rayons au nombre de dix-huit ou vingt, et convergents de la circonférence vers le centre où se trouve une petite ouverture. Rudolphi suppose à tort que la trompe de l'Échinorhynque à col filiforme est toujours rétractée et renfermée dans la bulle ; il n'y a d'autre trompe que le disque. Ayant disséqué plusieurs fois cet animal, nous avons mis un soin extrême à nous assurer de l'organisation de la bulle, en la déchirant par petites portions au moyen d'aiguilles, sur le porte-objet du microscope, et en examinant chaque portion avec cet instrument ; nous avons étudié cet animal sur des sujets très-développés et sur d'autres qui l'étaient à peine, nous avons toujours vu une bulle, un disque, et rien autre chose. Nous sommes entrés dans ces développements qui paraîtront un peu minutieux et que nous aurions volontiers supprimés, si nous eussions pu omettre de parler d'une discussion qui s'est élevée entre Bremser et Rudolphi. Le premier de ces helminthologistes a prétendu que les Échinorhynques des Oiseaux aquatiques , dont la surface du corps est armée d'aiguillons, deviennent inermes avec l'âge; que leur trompe, garnie d'abord de crochets, se change aussi, avec le temps, en une bulle lisse; en un mot, il regarde tous les Échinorhynques armés et à bulle des Oiseaux aquatiques, comme une seule et même espèce qu'il a nommée Echinorhyncliits polymorphus. 11 a même dressé une table où les dégradations d'une forme à l'autre sont nuancées. Rudolphi s'opposa d'abord avec force à ce système; il s'est depuis rangé à l'opinion de son ami, lorsque celui-ci lui a fait voir un Échinorhynque {Echinorhxnclius sphœrocephaliis trouvé dans une espèce d'Huître et de Goéland du Brésil ), dont les jeunes individus sont munis d'une trompe subglobuleuse, armée de crochets; les adultes n'ont plus de trompe , mais une bulle armée encore de quelques crochets; enfin les plus gros et les plus vieux ont leur bulle tout à fait inerrae. Ces faits sont positifs et on ne peut les contester; cependant nous pouvons affiiraer qu'il n'en est point ainsi pour l'Échinorhynque à col filiforme. Nous avons observé cet animal dans tous ses degrés de développement; et, nous le répétons, nous avons toujours vu la bulle et jamais d'autre trompe que le disque ipii la termine. Au surplus, ce fait infirme, sans la détruire, la loi de Bremser; il prouve seulement que ce qui est vrai pour une espèce, ne l'est pas toujours pour une autre. La trompe exécute

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plusieurs mouvemenis : d'abord, elle est susceptible de rentrer dans sa propre cavité et de se développer ensuite en se déroulant absolument comme les tentacules des Limaces; de plus, elle peut rentrer et sortir en masse et toute développée, dans la partie antérieure du corps de l'animal; ces deux sortes de mouvements se combinent de diverses manières, et l'on peut dire que la trompe est doublement rétractile.

Le Col. — On nomme ainsi la partie placée entre l'extrémité postérieure de la trompe et le devant du corps; le col se distingue ordinairement de ces deux parties par une rainure plus ou moins marquée; sa longueur varie suivant les espèces; il est quelquefois tellement court, qu'il se trouve réduit à une simple rainure; dans quelques espèces, il est plus long d'un côté que de l'autre; de sorte que la trompe se trouve, à cause de cela, avoir une direction plus ou moins oblique sur le corps. Le col est toujours inerme, il suit les mouvements de la trompe, et lentre avec elle dans le corps.

Le Corps. — Tout le reste de l'animal qui vient après le col, porte le nom de corps. Presque toujours aiilati et ridé quand on vient de rencontrer l'Échinorhynque dans l'intestin d'un animal, il ne tarde pas à se gonfler; ses rides disparaissent lorsqu'on le laisse séjourner quelques moments dans l'eau. Sa forme est plus ou moins allongée, il est quelquefois tout à fait sétiforme et très long. Sa surface, lisse dans la plupart des espèces, est hérissée dans quelques autres, en totalité ou partiellement, d'aiguillons plus ou moins volumineux, plus ou moins serrés. L'extrémité postérieure du corps ue paraît pas distinctement perforée dans les femelles; mais dans les mules, lorsque la vésicule séminale n'est pas saillante au dehors, on y voit une ouverture bien manifeste.

Les Échinorhynques présentent intérieurement une cavité assez spacieuse destinée presque uniquement Si renfermer les organes génitaux et les muscles qui meuvent la trompe. Les paiois de cette cavité sont formées de la peau et de deux plans musculaires. La peau, assez résistante, est percée d'une infinité de pores invisibles même aux instruments d'optique, mais démontrés par l'absorplion rapide de l'eau que présentent ces animaux; elle est intimement unie au premier plan musculaire dont la direction est transversale. C'est à la face interne de la peau, ou peut-être même dans son épaisseur, que se trouvent une intinité de vaisseaux dont les principaux troncs ont une direction longitudinale, et qui s'anastomosent entre eux de mille manières. Ces vaisseaux, destinés sans doute à absorber les fluides qui servent à la nourriture de l'animal, n'ont point d'aboutissant connu; il est probable qu'ils naissent des pores de la peau et qu'ils se terminent dans les tissus. Us sont tiès visibles et colorés en rouge dans VEchinoihynchus vasctilosiis. Dans les autres ils ne se voient qu'après une légère piéparalion qui consiste ù laisser macérer pendant tpiciques jours un Échinorbynque dans de l'eau, à le plonger ensuite et le laisser pareillement pendant quelques jours dans de l'esprit-de-vin affaibli; alors la peau se détache facilement du plan musculeux externe; et, eu l'étendant sur un morceau de verre et la plaçant entre la lumière et l'œil, on peut voir Irès-facilcmenl

la distribution des vaisseaux. Au-dessous de la peau, un plan musculeux, à fibres transversales, règne depuis la base du cou jusqu'à l'extrémité postérieure de l'animal. 11 est assez épais; ses fibres paraissent former un anneau com|)let, mais non un plan continu; c'est plutôt une suite d'anneaux placés les uns derrière les autres et séparés par un léger intervalle. Celte disposition est constante et très-marquée dans toutes les espèces d'Échinorbynques que nous avons pu examiner. A la face interne du premier plan s'en trouve un autre à fibres longitudinales. Celui-ci n'est point aussi épais que le premier, et n'est pas uniformément réparti partout, ses fibres sont plus nombreuses aux deux côtés de l'animal, où ils forment deux larges faisceaux entre lesquels se voit une portion du plan transversal. Les fibres longitudinales sont luisantes comme de la soie; elles adhèrent assez intimement aux transversales; dans plusieurs points, au lieu d'être parallèles, elles s'écartent, puis se rapprochent en formant des sortes de mailles au travers desquelles se voient les fibres du plan extérieur; elles régnent depuis l'extrémité antérieure du corps.

On vient de voir que les fibres du plan longitudinal sont spécialement accumulées de chaque côté du Ver; de ces deux faisceaux se détachent deux fortes bandelettes qui, libres de toute adhérence, viennent se fixer en dedans de la rainure qui sépare le corps d'avec le col. Ces bandelettes se détachent de leurs places à une distance qui varie suivant les espèces, mais toujours assez voisine de l'extrémité antérieure ; elles sont destinées à faire rentrer la trompe en masse, en produisant son invagination dans le corps; elles existent dans toutes les espèces. On voit souvent quelques fibres se détacher de ces bandelettes, et venir se fixer à quelques points musculeux. Intérieurement et à la base du col est attachée par son extrémité antérieure une gaine musculeuse, à fibres transversales, plus ou moins forte et longue suivant le volume delà trompe qu'elle est destinée à loger quand celle-ci est rétractée. Cette gaine est creuse; sa cavité est parcourue, de même que celle de la trompe, par un tube musculeux, très-mince, à fibres longitudinales; ce tube s'attache d'une part en dedans de l'extrémité libre ou antérieure de la trompe, et de l'autre à l'extrémité postérieure de la gaine. C'est ce tube musculeux qui fait rentrer la trompe dans sa propre cavité, en la retournant comme un doigt de gant ou comme le tentacule d'une Limace. L'Échinorhynque à col filiforme, qui n'a point de trompe, mais seulement un discpie, n'a point aussi de gaiiie musculeuse, tandis <iue les autres Échinorbynciues, qui ont une ampoule et une trompe en même temi)S, tel que l'Échinorhynque à col cyliudiique, ont une gaine très-manifeste; nous nous sommes assuré plusieurs fois de ces dilîérences. L'extrémité libre ou postérieure de la gaine, flottant dans la cavité de l'animal, donne attache, dans la femelle, à une des extrémités de l'ovaire, et dans le mâle, à l'une des extrémités du conduit séminal; dans l'Échinorhynque à col filiforme, qui n'a point de gaine, l'extrémité de l'ovaire nous a paru se continuer avec un petit canal musculeux, qui aboutit à l'ouverture ccn-

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traie du disque de la bulle. N'ayant point disséqué de inAle de cette espèce, nous ignorons où s'attache l'origine du conduit séminal. A côté de l'insertion de l'ovaire ou de l'organe mâle, adlièreiit pareillement deu.x bandelettes musculeuses très -grêles et très -longues, <iui viennent se terminer et se tîxer dans le voisinage de l'extrémité postérieure du corps. Dans quelques espèces , au lieu de deux bandelettes, il y en a quatre ; deux s'attachent alors un peu plus haut sur le corps de la gaine et se fixent par l'autre extrémité un peu moins en arrière que les deux premières. Les bandelettes sont flottantes dans la cavité de l'animal, et retenues seulement en avant par quelques filaments déliés, qui se fixent d'autre part à la face interne des parois de la cavité.

Sur les côtés de la gaine de la trompe, se trouvent deux corps assez volumineux, le plus souvent allongés, cylindriques, légèrement ridés, un peu renflés à leur partie moyenne, quelquefois ai)latis; ils sont fixés par une de leurs extrémités à la face interne de la base du col , l'autre est libre et flottante. Dans l'Échinorhynque ù col cylindrique (qui se trouve dans quelques Poissons), ils sont très-courts , larges et réniformes. Leurs usages ne sont pas entièrement connus; Cuvier les regarde comme des cœcums et Blainville comme des ovaires ou des glandes salivaires. Les organes de l'Échinorhynque géant sont très-volumineux selon Rudolplii; nous renvoyons à l'ouvrage de ce savant pour de plus amples détails.

Les Échinorhynques ont les deux sexes sur des individus différents ; les mâles sont plus petits et plus rares que les femelles.

L'appareil génital de celles-ci nous a présenté, dans les Échinorhynques à col cylindrique et à col filiforme, un conduit transverse en forme de trompette, grêle à la vérité, qui s'étendait depuis l'extrémité postérieure de l'animal jusqu'à la gaine de la trompe, et qui très-probablement traversait cette dernière et venait se terminer à l'ouverture extérieure de la trompe. Ce conduit, renflé vers sa partie postérieure, contenait une assez grande quantité d'oeufs. Nous avons pu suivre ce canal en arrière jusqu'à la peau, où il se rétrécit un peu ; mais nous n'avons pu voir distinctement s'il s'ouvrait à l'extérieur. Nous sommes néanmoins porté à le croire, ayant souvent vu une sorte d'orifice à l'extrémité postérieure du corps. Il parait, d'après les observations de Goëze, de Zeder et de Rudolphi , que l'Échinorhynque géant ne présente point d'ovaires , maisque ses œufs sont seulement flottants dans l'abdomen. 11 est constant que toutes les femelles d'Écliinorhynques, quoique munies d'ovaires semblables à ceux que nous avons décrits, ont néanmoins une grande quantité d'oeufs dans leur abdomen , et nous présumons que si ces auteurs n'ont point vu d'ovaire dans l'Échinorhynque géant, c'est qu'il s'était rompu dans la dissection et qu'il avait échappé aux recherches par sa ténuité. Les œufs des Échinorhynques sont très-nombreux, d'une forme elliptique, très-allongée ; ceux qui ont acquis leur maluiité offrent une tache obscure à leur partie moyenne. On trouve parmi les œufs, dans 1 la cavité abdominale, des corps blanchâtres , arrondis,

beaucoup plus gros que des œufs, tantôt libres, tantôt légèrement adhérents auxparois delà cavité. Ces corps sont formés d'une infinité de petits grains agglomérés. Rudolphi les regarde comme des placentas ou cotylédons auxquels les œufs auraient d'abord été attachés. Peut être aussi sont-ce des œufs non encore développés. Ainsi les femelles des Échinoihynques nous présentent des œufs contenus dans leur abdomen , et qui sont sans doute transmis au dehors après leur maturité, au moyen d'un ovaire ou plus exactement d'un oviducte; mais comment entrent-ils dans ce canal? Nous n'avons pu y apercevoir aucune ouverture, aucun appareil desliné à cette transmission. Par quelle voie l'animal jette-t-il ses œufs au dehors ? Nous présumons que c'est par l'extrémité postérieure, d'après le renflement ou le réservoir que présente l'ovaire en arrière. Cependant Goeze, Zeder et Rudolphi ont pu faire sortir, en pressant l'Échinorhynque géant, des œufs par sa trompe, et la dissection semble démontrer que l'ovaire se prolonge jusqu'à l'orifice de cette trompe, en passant au travers de sa gaîne.

Les Échinorhynques mâles présentent souvent, à l'extrémité postérieure de leur corps, une ampoule en général arrondie, distincte de celui-ci par un rétrécissement profond, et accompagnée quelquefois de deux ou d'un plus grand nombre de petits appendices arrondis. Tous les mâles cependant ne présentent point cette ampoule; il parait qu'elle ne devient saillante que vers l'époque de la fécondation; passé ce temps, il est trèsdifficile de distinguer le mâle d'avec la femelle, à moins qu'on ne le dissèque ou que sa transparence ne permette de voir, dans sa cavité, les testicules et la vésicule séminale. Rudolphi donne (Syn., p. 180), d'après Nitszch, la description des organes génitaux mâles de l'Échinorhynque géant. Blainville (Dict. des Se. nat., article Échinorhynque) a décrit ceux de l'Échinorhynque de la Baleine (sans doute lÉchinorhynque Porrigène, Rud.), mais en les prenant pour un intestin avec des renflements. Nous avons disséqué deux mâles de l'Échinorhynque transverse du Merle; les deux descriptions que nous venons de citer et que nous avons remarquées s'accordent très-bien pour l'ensemble et la disposition des parlies. De l'extrémité postérieure de la gaîne de la trompe nait ou s'attache un cordon très-grêle (nous ignorons s'il est creux) qui bientôt s'unit avec deux corps ovalaires (testicules) placés l'un derrière l'autre, et séparés par un étranglement. Ces deux corps communiquent, par un canal étroit et de peu de longueur, avec un autre canal (la vésicule séminale) beaucoup plus large et plus long, qui vient se terminer à l'extrémité postérieure du corps, en s'ouvrant sans doute dans l'ampoule extérieure. Dans la description rapportée par Rudolphi, au lieu d'un seul canal qui communique des testicules avec la vésicule séminale, il y en a plusieurs, etla vésicule présente de chaque côté quatre lobes creux ou (/iyeWîc«/«m. L'ampoule qui se développe à l'extérieur, à l'instant de la fécondation, n'était point encore sortie ; renfermée dans la cavité abdominale, elle communiquait avec la vésicule séminale par un canal couit et étroit. Toutes ces parties sont maintenues dans la cavité abdominale par des filaments très -minces qui

li (-, IF

s'allaclieiil à ses parois. On ignore comment s'accomplit la fécondation (les Écliinorliynqiies; il est probable qu'il n'y a point d'accouplement, mais que la liqueur séminale du mâle, répandue parmi les mucosités intestinales où les œufs ont élé déposés, les féconde ainsi par un contact immédiat.

On ne sait rien de positif sur le temps que ces animaux mettent à se développer. Ils sont très-peu vivaces; leurs mouvements sont très-lents, au moins dans ceux que nous avons observés; ils consistent en un raccourcissement et un allongement allernalifdu corps, et un mouvement prescjue continuel de saillie et de rétraction de la trompe. Lorsqu'un Échinorliynque veut se fixer dans un point quelconque de l'intestin, il enfonce sa trompe dans la muqueuse en la déroulant, comme se déroulent les tentacules des Limaces. Par ce moyen, il traverse quelquefois l'épaisseur del'inteslin, et vient tomber dans l'abdomen. Lorsqu'il veut se délacber, il fait rentrer sa trompe dans sa propre cavité ; alors les crocbets de la trompe, dont la pointe cesse ainsi d'être dirigée en arrière, ne retiennent plus l'animal. Quand on veut enlever de vive force un Échinorbyn(iue fixé par sa trompe, on ne peut y parvenir qu'en arrachant une portion de la membrane muqueuse, ou en laissant la trompe qui reste implantée.

L'Échinorhynque à col filiforme paraît ne pouvoir se déplacer, il passe sa vie dans le lieu où l'œuf qui le contenait s'est développé. Son col, très-mince, traverse les membranes muqueuses et musculeuses par un conduit très-étroit ; sa vésicule, qui remplace la trompe, forme une grosse saillie arrondie sous le périloine qui recouvre la membrane musculeuse, et le corps de ce parasite est saillant dans le canal intestinal. Il nous semble impossible que la vésicule puisse passer, sans se décbirer, au travers de l'ouverture qui donne passage au col. D'ailleurs, on ne trouve jamais cette espèce libre dans l'intestin.

Les Échinorbynques sont très-nombreux en espèces, la plupart ont des formes très-élégantes; ils habitent les voies digestives, et spécialement l'intestin des Mammifères, des Oiseaux, des Reptiles et des Poissons. On les trouve quelquefois accidentellement dans la cavité abdominale.

Rudoljjhi a formé deux groupes principaux des Échinorbynques : le premier renferme ceux dont le col et le corps sont inermes ; le second, ceux dont le corps ou le col sont armés. Au premier groupe, se rattachent les Échinorbynques dont le col est court ou nul, et les Échinorhynques dont le col est allongé; la première subdivision comprend, 1» les Échinorbynques à trompe subglobuleuse ; 2» à trompe ovale; ô" à trompe oblongue renflée dans sa partie moyenne; 4» à trompe renflée dans la portion antérieure; 5" à trompe renflée à sa b.tse; 6" à trompe cylindrique ou linéaire. Les autres divisions ne sont point subdivisées; enfin les espèces <iui ne sont point assez bien connues, sont mentionnées comme douteuses. Ces divisions, peu naturelles à la vérité , sont néanmoins nécessaires pour favoriser la recherche et la connaissance des espèces.

Deslongcbamps fait mention de cent cinq espèces d'Échinorhynqucs, d'après Rudolphi , dont plus delà

moitié sont douteuses. Parmi les premières, nous remarquerons les espèces suivantes :

ÉcHinoRHYNQBE GÉAHT. Echiiiorhyuchus f/ùjas , Gotize, Encycl. raéth., pi. 37, fig. 2-7. — Long d'un à cinq décimètres, à corps cylindrique, décroissant postérieurement, de couleur blanche; la trompe courte, presque globuleuse, armée de six rangs de crochets assez forts placés en quinconce. Habite en tout temps les inlestins grêles du Cochon domestique et du Sanglier.

ÉcHiivoRiiYjfQCE CLOBtiEiix. Echinoihynchtts globulosus, Rudolphi, Encycl. mélh., pi. 38, fig. 10-18. — Long d'un cenlimèlre au plus (deux à quatre lignes); de couleur blanche, ù trompe ovale, armée de six à huit rangs de crochets, à corps oblong, atténué en arrière. Habite les intestins de l'Anguille commune et de plusieurs autres Poissons.

ÉCHINORUYNQDE BACClllAIRE. £'c/imOl7l/HC/n/S ftaC-

cillaris, Zeder, Encycl. méth., pi. 38, fig. 2, a-c. — Long de trois à quatre centimètres (environ dix-huit lignes), de couleur blanche, à trompe cylindrique, renflée en avant, armée d'environ trente rangs de crochets très-serrés. Habile les intestins du Harle vulgaire.

ÉcniNORiiYivQrE RÉTRÉCI. Echinoïkynchus angiistalus , Rud., Encycl. méth., pi. 38, fig. 5-5, b-c. — Long de deux à trois centimètres, à trompe cylindrique, armée de crochets disposés sur plusieurs rangs, dont le nombre varie de huit à vingt; corps cylindrique, atténué aux deux extrémités. Habite les intestins de plusieurs Poissons d'eau douce.

ÉCHIN0RHYNQUECYlIlSDR\CÊ.£'(7l/«0»7rrnc/lWSC7//n-

draceus, Encycl. mélh., pi. 37, fig. 8-12. Longueur, trois centimètres (environ un pouce) ; à trompe linéaire et longue, armée de onze rangs de crochets dentelés sur leurs bords; corps cylindrique, courbé aux deux bouts. Habite les intestins du Pic vert et du Pic varié.

ÉCHINORDYNQUE TROMPETTE. EclliltOlIlXnchuS TubO,

Rud., MUll., Zool. Dan. vol. ii, p. 39, tab. G9, fig. 7-11. Longueur, cinq à six centimètres (environ deux pouces), sur un millimètre environ de largeur; à trompe linéaire droite, armée de plusieurs rangs de crochets trèspetits, munie à son extrémité libre d'un tube membraneux plissé longitudinalement, élargi en avant, et d'une longueur égale à la sienne. Habite les intestins du Grand-Diic et de quelques autres Oiseaux de nuit.

ÉcuiiyoRDVivQUE A COL CYLINDRIQUE, ^c/iî/jor/ync/ius tereticol/is, Rudol., Mull., Zool. Dan. vol. i, p. 45, tab. 57, fig. 1-3. Longueur, cinq à huit centimètres (six lignes au plus), de couleur blanche, jaune ou orangée; à trompe linéaire, obtuse, armée de seize à vingt rangs serrés de petits crochets. Habile les inlestins de plusieurs Poissons de mer et de rivière.

ÉcniivoRiivpnii'E STRIÉ. Echinorhxnvhus striatus, Goëze, Encycl. mélh., pi. 37, fig. 13-14. Longueur, dix à douze cenlimètres; trompe courte, cylindrique, un peu élargie en avant, armée de douze rangs de crochets médiocres ; corps d'une forme bizarre, couvert de quelques stries longitudinales. Habite l'intestin du Héron commun , du Cygne, du Pygargue, etc.

ÉcniNORUViilQUE A COCI.ECRS VARIABLES. ^C/il'«0/7y're-

chus versicolor, Rudolphi, Encycl. mélhod., pi. 38,

li C II

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fig. 1, A-E. Longueur, cinq à sept cenlimètres {deux à trois lignes); lanlôt blanc, tanlôt rouge, ou de ces deux couleurs; à trompe oblongue, linéaire ou ovale, armée de huit A douze rangs de crochets; à corps oblong, souvent partagé en deux parties par un étranglement. Habite les intestins des Canards domestique et sauvage, de roie et de plusieurs autres animaux aquatiques.

ÉcniNORHYNQDE Scie. Echinorhyuchus piistis, Rudolphi. Longueur, deux à neuf centimètres (trois à six lignes ) ; de couleur de sang; à trompe linéaire, droite, blanche, armée d'environ quarante rangs de forts crochets; corps eylindri(|ue, presque filiforme, d'un millimétré au plus de largeur, armé de crochets à sa partie antérieure, obtus à son extrémité postérieure. Habite les intestins des Maquereaux, de l'Orpbie.

ECHlNORODUM.ÊcniN. Genre établi par Van-Phelsum pour des Oursins à surface inférieure concave, avec l'anus près du bord ou même dans le bord, et dont les cinq ambulacres soûl pétaliformes et aigus ; il correspond au genre Scutum de Klein, ou bien aux Scutelles de Lamarck.

ÉCHINORYS. ÉCHW. V. ÉCHINOCORTS et ÉCHllVOCO- RYTES.

ÉCHINOSCHŒNE. Echinoschœnns. eot. Ce genre, que Nées avait placé dans la famille des Cypéracées comme distinct, n'a point été jugé ainsi par la majorité des botanistes quii'ont réuni au genre Dicltroniena.

LCHINOSIKUS. ÉCHIN. Genre établi par Van-Phelsum pour des Oursins dont le têt. quoiqu'à peu près circulaire, est en (|iielque sorte irrégulier. Ce sont des Clfpei de Klein et de Leske , et des Galérites de Lamarck.

ECIllKOSPATAGUS. ÉCHiN. Ce nom a été donné par Breynius, à un genre de la famille des Oursins, dans lequel la bouche est placée entre le centre et le bord, et dont l'anus est au bord de la partie supérieure, opposée à la bouche un peu ohliquement. Bruguière l'a composé des Spa tangues et des Spatangoïdes de Klein , que Leske a réunis dans son genre Spatangus , adopté par Lamarck qui l'a modifié et augmenté.

ÉCHhNOSPERiME. Echinospenniim. bot. Genre de la famille des Borraginées et de la Pcntandrie Monogynie, L., proposé en 1794 par Mœnch sous le nom de Lappula , et admis sous le nouveau nom à'Evhinospermum par Lehmann (Plantœ è famil. Jsperifoliarum, etc.) et par Reichenbach. C'est un démembrement du genre Myosotis de Linné, dont il ne diffère essentiellement que par les akènes hérissés, non perforés à la base, et attachés à un réceptacle central; dans les autres Myosotis, au contraire, les akènes sont glabres, perforés et attachés au fond du calice; d'ailleurs c'est le même port et la même structure dans toutes les autres parties. Il est donc plus naturel de ne considérer le groupe des Echinospermum ou Lappula que comme une section du genre Myosotis. Cependant R. Brown et Swartz sont d'avis de le distinguer généri(iuement. Celte distinction admise, le genre Echiiiospennum se composerait d'une quinzaine d'espèces partagées en deux groupes, dont le premier a les fruits droits et les grappes accompagnées de bractées. Ici se nomeVEchinospeniiuvi Lappula, Lehm., ou Myosotis Lappula, L., que l'on rencontre en France et dans

presque toute l'Europe, au milieu des décombres et dans les lieux stériles. Le Myosotis gracilis, Ruiz et Pavon, plante qui croit au Chili. Les Echinospermum ContlylopUorum,EcluiiospermumReiloHskii,\.e\\m., et le Myosotis Ecliiiiophoia de Pallas, espèces indigènes de l'empire russe , appartiennent encore à cette ^ division. Dans la seconde sous section, caractérisée par ses fruits inclinés et ses grappes presque dépourvues de bractées, se trouvent trois plantes des climats chauds de l'Orient, savoir : V Echinospermum Zeylanicum, VEchinospermutn Jaianicum et VEchinosjiermum Borbonicum. On y a joint le i1/roso<('s Finjinica, L., et le Myosotis deflexa, Wahlenb. Il est douteux que des plantes de patries aussi diverses (puisque ces deux dernières habitent l'Amérique septentrionale, la Laponie et la Korwège) appartiennent au même groupe. Le même genre a été constitué sous le nouveau nom de Rochelia par Rœmer et Schultes (Syst. Feget. vol. iv, p. 12); mais la publication du genre proposé par Lehmann ayant l'antériorité, celui-ci doit seul subsister. — Foyez, pour plus de renseignements, le mot Myosotis.

£CHINOSTACHYDE..Ec/iî«os/ac/y'S.EOT.FOSS.Brongniard a donné ce nom à des épis de fleurs fossiles, qu'il a trouvés dans le Grès bigarré ; mais il n'indique aucun analogue vivant auquel on pourrait les rapporter.

ÉCHINOSTOME.£c/ii>i()s<owia. INTEST. Genre de l'ordre des Intestinaux parenchymaleux , et de la famille des Trématodes. Ce genre, créé par Blainville, se compose de Vers munis d'un suçoir ou bouche à l'extrémité antérieure, d'une ventouse un peu plus en arrière, et d'un petit renflement armé de crochets. Rudolphi avait indiqué ce genre comme une simple division de ses Douves.

ÉCHINOTES. BOT. (L'Ecluse.) Synonyme de Bonduc.

F. GCIILANDWA.

ECHIMIS. MAM. y. HÉRISSON.

ECHINDS. ÉCBIN. y. Oursin.

ECUINUS. BOT. On trouve décrit, sous ce nom, dans la Flore de Cochinchine, un arbuste à feuilles éparses, très-entières, ovales ou divisées en trois lobes aigus, et marquées d'un réseau de vaisseaux légèrement saillants. Ses fleurs, portées en petit nombre sur des pédoncules latéraux, sont dioïques; dans les mâles on observe un calice squammiforme découpé supérieurement en l)lusieurs parties inégales; pas de corolle; environ trente étamines plus courtes que le calice, à filets capillaires, à anthères globuleuses très-petites. Dans les fleurs femelles le calice se partage en cinq ou six divisions inégales; il n'y a pas non plus de corolle; deux styles courts et velus partent d'un ovaire bilobé; la capsule, hérissée de poils subulés et forts, est à deux coques globuleuses et monospermes. Loureiro rapporte avec doute à ce genre VOlassium de Rumpb, décrit et figuré dans VHortus Jmboineiisis (T. m, pag. 42, tab. 2-3), grand arbre à feuilles opposées et disposées par verticilles de quatre, ou dont le fruit pisiforme renferme une graine unique.

Le nom CCEchinus a encore été donné à une espèce de Statice. Il désigne VAllavianda cathartica dans Barrère , et les Hydnes dans Haller.

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ÉCUIOCIIILON. DOT. Genre de la famille des Borraginées et de la Penlandrie Moiiogynie, L., établi par Desfontaines (Flot: Allant, i, p. 167) qui l'a ainsi caractérisé : corolle tubulée, irrégulière, à deux lèvres, dont la supérieure est à deux lobes, l'inférieure à trois; tube grêle, un peu arqué; cinq élamines incluses, insérées au-dessous de l'orifice de la corolle ; un style et un stigmate bilobé; quatre akènes tuberculeux placés au fond du calice. Ce genre est fort rapproché des Vipérines dont il ne se distingue que par sa corolle divisée en deux lèvres. Plusieurs de nos Echium, offrant une modification de cette structure, doivent encore affaiblir beaucoup son caractère. La seule espèce dont il se compose est VEchiochilon fruticosiini , Desf., loc. cit., t. 47, plante dont les tiges sont ligneuses, droites, rameuses et hautes d'environ six décimètres; ses feuilles sont éjiarses, linéaires, subulécs, alternes et hérissées; les fleurs sont bleues et jaunâtres à l'entrée du tube de la corolle, sessiles, solitaires et axillaires. Elle a été découverte par Desfonlaines aux environs deKérouan, dans le royaume de Tunis.

ÉCHIOGLOSSE. Echioglosstim. bot. Genre de la famille des Orchidées, de la Gynandrie Monandrie de Linné, créé par le docteur Blume qui lui assigne pour caractères : sépales et pétales libres, presque égaux; les premiers ovales et les autres spatules ; labelle en forme de sac fermé par des dents ù sa partie postérieure qui se prolonge de chaque côté : son limbe est difforme, trilobé, calleux, étendu en languette bifide; gynostème demi -cylindrique, obtus; anthère terminale, à deux loges renfermant deux masses polliniques, divisibles en deux parties; caudicule filiforme, auriculée vers le railieu; glandule arquée et dilatée. On n'en connaît jusqu'ici qu'une seule espèce.

ÉcHioGi.ossE DE JwA. Echtoglossum Javanicum. Plante parasite, herbacée, caulescente, à feuilles distiques, linéaires-lancéolées, roides, cuspidées, l'épi floral est opposé aux feuilles, et couvert de duvet.

ÉCHIOIDE. Echioiiles. bot. Quelques plantes de la famille des Borraginées, qui, pour la plupart, appartenaient au genre Lycopsis de Linné, ont été réunies en un genre que le professeur Desfontaines a nommé Echioides dans sa Flore atlantique. Mais l'antériorité étant acquise au nom de Nonea proposé par Medicus et Mœncli pour le même genre, la majorité des botanistes, et entre autres le professeur De CandoUe dans la Flore française, ont adopté cette dénomination. Nous conformant aux principes qui doivent régir la nomenclature et sans lesquels elle ne saurait avoir de fixité, nous renvoyons au mot Nonea pour la description de ce genre.

ÉCIllON. MOLL. (Poli.) F. Anomie.

ECHIS. REPT. ^\ ECUIDSA.

ECHISACHYS. BOT. Necker appelait ainsi le genre Tragus, de Haller, ou le Lappago de Schrebçr. Voyez

ÏRAGUS.

ÉCHITE. Echites. bot. Pline a désigné sous le nom iVEcliitcs, dérivé de exij. Vipère, un arbuste rampant ou grimpant que, d'après quelques indices assez incertains, l'on a présumé être une Clématite ou quelqu'aulre espèce voisine de ce genre. L'incertitude ayant rendu

cet ancien nom sans application, Linné s'en est cmjiaré pour un genre qui, maintenant encore, ne se compose que d'espèces volubiles; il fait partie de sa Pentandrie Monogynie et de la famille naturelle des Apocynées. Les Ëchites ont généralement leurs feuilles opposées, entières, munies à leur base de poils, simulant des stipules; les' fleurs, qui sont souvent très-grandes et fort éclatantes, d'une couleur blanche, rose, jaune ou pourpre, offrent différents modes d'inflorescence ; elles sont pédonculées et forment tantôt des sertules ou ombelles simples, tantôt des grappes plus ou moins ramifiées; leur calice est court, à cinq divisions profondes et étroites; la corolle est monopétale, régulière, tubuleuse, tantôt infundibuliforme, tantôt hypocralériforme ; son limbe est à cin(| lobes inéquilatéraux, étroits et aigus, ou larges et arrondis; les étamines, au nombre de cinq, sont tantôt incluses, tantôt saillantes hors de la corolle ; les anthères sont sagittécs, à deux loges ; l'ovaire est double, surmonté d'un seul style filiforme, que couronne un stigmate discoïde bilobé; cet ovaire est environné par un disque hypogyne qui se compose de cinq lames glanduleuses, redressées. Le fruit est un double follicule, très rarement un follicule simple, allongé, très-grêle et quelquefois presque filiforme. Les graines portent une sorte d'aigrette à leur extrémité inférieure.

Les espèces de ce genre sont fort nombreuses. Une grande partie croît en Amérique et dans l'Inde. Robert Brown, dans son travail sur la famille des Apocynées (Il'ern. Soc. Traiis. 1), a séparé du genre Échite quelques espèces pour en former un genre particulier avec le nom de Parsonsia. L'auteur place dans ce genre toutes les espèces â'Echites qui ont la corolle infundibuliforme et les étamines saillantes, ne laissant dans ce dernier genre que celles dont la corolle est hypocratériforme et les étamines incluses. Ces deux genres paraissent avoir de trop grands rapports entre eux pour ne pas devoir rester réunis.

Parmi les espèces d'Échites, on remarque principalement les suivantes :

ÉcniTE A DEUX FLEURS. Echites biflora , Jacq. Am., t. 21. C'est un arbuste sarmenteux, qui croît dans PAmérique méridionale et les Antilles. Il peut s'élever, en se tordant autour des arbres voisins, jusqu'à une hauteur de quinze à vingt pieds. Toutes ses parties renferment un suc acre, laiteux et blanchâtre, que l'on retrouve dans toutes les autres espèces du même genre ; ses feuilles sont opposées, courlement pétiolées, ohlongues, aiguës, longues de deux à trois pouces, coriaces, glabres en dessus, glauques à leur face inférieure; les fleurs sont blanches, très-grandes, réunies au nombre d'une à trois, au sommet d'un pédoncule axillaire; leur corolle est infundibuliforme, à cinq lobes Irès-larges; les anthères sont velues ù leur sommet; les fruits sont longs de trois à quatre pouces, dressés et de la grosseur d'une plume.

ÉcBiTE A C0RV3IBES. EchUcs corytiibosa, Jacq. Am., t. 30. Cette belle espèce, qui est originaire de Saint- Domingue, est également sarmenteuse et grimpante; ses feuilles sont ovales, lancéolées; ses fleurs ont leur corolle rouge, presque rotacée, ù cinq divisions

étroites, aiguës et réfléchies; les cinq étamines sont saillantes au-dessus de la corolle.

ÉcHiTE STELiAiRE. EcMtes stellatis , Lindl., Botan. regist. 1004. Sa tige sarmenteusc s'élève en se tordant autour des arbres, jusqu'à la hauteur de quinze à vingt pieds ; elle est, ainsi que toutes les autres parties, à l'exceplion de la corolle et des divisions du calice, couverte de poils courts, denses et mous. Les feuilles sont opposées, ovales-oblongues, acurainées, courtement pétiolées, d'un vert noirâtre en dessus, jaunâtres en dessous, munies à leur base de poils simulant des stipules. Les fleurs sont réunies en corymbe ramifié; entre le calice et la corolle sont cinq écailles courtes, opposées aux sépales, deltoïdes, glabres, à cin(( découpures et alternes avec les écailles hypogynes. La corolle est épaisse, odorante, d'un rouge de chair; les cinq lobes de son limbe sont équilatéraux, étroits, aigus, formant une étoile pourprée, bordée de rouge ochracé.

ÉCHITES. ÉCHO. Mercati, dans son Metallothoca, p. 235, a donné ce nom à un Oursin fossile du genre Clypéastre.

ECHIDM. BOT. r. Vipérine.

ÉCHIURES. Echiuri. AnnÉi. Famille de l'ordre des Annélides lombricines, établie par Savigny (Syst. des Annél., p. 100) et ayant, suivant lui, pour caractères : branchies nulles ; l'organe de la respiration s'arrête à la surface de sa peau ; bouche non rélractile , tentaculée, ou du moins pourvue extérieurement d'un appendice charnu et extensible, qui parait constituer un véritable tentacule; pieds ou appendices latéraux remplacés par des rangs circulaires de soies métalliques, distribuées sur certains anneaux du corps; soies complètement rétractiles, la plupart très-simples; point de soies à crochets ; la présence de soies rétractiles, distribuées i)ar rangs circulaires, dislingue la famille des Échiiu'es de celle des Lombrics; leur intestin très-grêle et très-long fait plusieurs replis flottant dans la cavité abdominale; il est dépourvu de ccecums. Cette famille ne comprend que le genre Thalassème. y. ce mot.

ECHMÉE. BOT. /'. ^CDMÉE.

ECHTRICHODIE. Echtrichodta. ms. Hémiptères ; genre de la famille des Réduvites, établi par Pelletier et Serville qui lui ont reconnu pour caractères : antennes velues, composées de six articles dont le premier assez gros, épais; le second plus long; le troisième granuleux et les trois derniers plus grêles et presque égaux; bec court, arqué, suri)assant la tête en longueur; impressions du corselet figurant une croix; ocelles apparents et rapprochés sur un même tubercule; trois articles presque égaux aux tarses; ongles petits et simples; abdomen relevé latéralement. Ce genre se compose d'un assez grand nombre d'espèces, au nombre desquelles sont le Rcduvius sunctus et le Kediiin'us hirticornis de Fabricius, le Reduvius cruciatus , Stoll, Pun. pi. IX, C3, etc.

ECHTRUS. BOT. Loureiro nomme ainsi une plante commune dans l'Inde, à tige herbacée, qui s'élève en s'élalanl et est armée d'épines nombreuses, à feuilles oblongues, grandes, sinuées, découpées en lobes pennés, épineuses et demi-emhrassanles ; à fleurs jaunes , solitaires et terminales. Elles n'offrent pas de calice.

mais seulement une corolle de six pétales arrondis, concaves, étalés; des étamines en nombre indéfini, à filets capillaires, plus courts que la corolle, à anthères oblongues et dressées; un ovaire libre, allongé, velu, marqué de quatre sillons; quatre stigmates sessiles, intimement unis entre eux; une capsule oblongue, épineuse, à quatre lobes et autant de valves , et contenant des graines nombreuses dans une loge unique. Willdenow est porté à croire qu'il existe un calice que Loureiro n'aurait pas aperçu, parce qu'il serait caduc, et qu'alors sa plante rentrerait dans le genre Argemone avec lequel elle a des rapports évidents, et même appartiendrait à l'espèce à' Argemone qu'on a nommée Mexicana. En admettant en partie l'opinion de Willdenow, doit-on l'adopter tout entière et regarder comme identiques deux végétaux venant de localités si différentes?

ÉCHYMIS. MAM. y. ÉCBIMÏS.

ÉCIDIE.BOT. r. jIcibie.

ÊCITON. JEciton. ins. Hyménoptères; genre de la tribu des Formicaires, établi par Latreille ( Ilist. natur. des Crust. et des Ins. ) qui a réuni ( Gen. Crust. et Ins.) les espèces qui le composaient au genre Jtta de Fabricius, et s'est vu obligé ensuite de le supprimer. /'. ŒcoDOJiE, PosÉRE et Myrmice.

ECKLONIE. Ecklonia. bot. Horneman a établi ce genre d'Algues dans la famille des Fucacées, en lui assignant les caractères suivants : fronde coriace, étendue en lamelle pinnée, sans nervure; apothécies tuberculiformes, disposées alternativement sur plusieurs rangées, le long des bords des pinnules, et remplies de sporidies. Il ne faut pas confondre ce genre avec celui que Stendel a appelé du même nom, qui appartient à la famille des Cypéracées, et que l'on a réuni depuis au genre Trianoptiles deFenzl. Le genre Ecklonie ne se compose encore que d'une seule espèce, Ecldonia buccinalis ; Fucus buccinalis, L., vulgairement Trompette de Neptune ou Herbe à trompette; sa lige a la ténacité du cuir; depuis la racine jusqu'à l'endroit où se développe le feuillage, elle est entièrement creuse, étroite en bas, grossissant vers le haut, et s'arrondissant au bout ; les frondes sont coriaces, sans nervures, remplies d'une pulpe fibreuse, mêlée à une matière granuleuse; elles sont glabres, simples ou pinnées, à segments lancéolés, atténués aux deux extrémités et d'un brun roussàtre. Les stipes ont ordinairement de cinq à quinze pieds, plus ou moins, et les frondes qui les couronnent d'un à cinq. Son diamètre peut atteindre celui de la cuisse d'un Homme. Ce Fucus existe eu quantités considérables à la hauteur du cap de Bonne- Espérance.

ÉCLAIR. MOLi. Les marins donnent ordinairement ce nom à VJnomia Epliippiuiii, vulgairement appelée la Pelure d'Oignon, parce qu'elle est phosphorescente. C'est à La Rochelle surtout que ce nom est en usage.

ÉCLAIRE. BOT. ^. CllÊLIBOmE.

ÉCLAIRETTE oc PETITE ÉCLAIRE. BOT. Noms vulgaires du Ranunculus Ficaria, L. F. Ficaire.

ÉCLAT, iim. On entend parce mot, la manière dont la lumière est réfléchie par les minéraux, ou plutôt l'effet que les rayons réfléchis par un minéral produisent sur l'organe de la vue, suivant la manière dont leur ré-

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llcxion s'est opérée. On doit d'abord observer iiu'il y a dans ce pliénoméne deux effets qui existent tantôt seuls, tantôt simultanément : l'un de ces effets est une véritable réllexion plus ou moins régulière, suivant le (li'gré de poli du corps, la finesse du grain que présente la cassure, et la structure que cette cassure dévoile. I, 'autre effet dépend de l'action même que ce corps exerce sur les molécules lumineuses , qui le touchent immédiatement et pénétrent en quelque sorte dans la première pellicule, avant d'être reportées à l'œil dans toutes les directions. C'est ce dernier effet qui dépend de la nature du corps, et qui varie considérablement d'un corps à l'autre : on peut facilement l'isoler du premier, en plaçant le minéral de manière à ce <iue la lumière réfléchie à sa surface ne puisse ôlre portée à l'œil; c'est ainsi que, dans le diamant, par exemple ou dans quelques variétés de plomb carbonate, on reconnaît d'une part un effet de réllexion, de l'autre un éclat remarquable, que l'on ne saurait définir, qui a <pielque chose de métalloïde, et qui est surtout trèsparticulier dans le diamant noir.

On distingue plusieurs sortes d'éclat : le métallique c|ue tout le monde connaît et <|ui n'appartient qu'aux métaux; les nuances dont les corps sont susceptil)les lorsqu'ils jouissent de l'éclat métallique, peuvent être rapportées aux quatre suivantes ; le blanc, le jaune, le rouge et le bleuâtre. L'éclat métalloïde désigne l'apparence métallique que préscnlcnl diverses substances pierreuses, et il est facile de distinguer ce faux éclat métallique du vrai en grattant le minéral avec une pointe d'acier; la substance pierreuse se décèlera par une poussière blanche; dans l'autre cas, ce seront des (larcclles homogènes détachées de la masse mélallique. 1,'éclat vitreux est celui que l'on observe dans le quartz et en général dans tous les cristaux qui ont l'aspect du verre blanc ordinaire. L'éclat gras, huileux ou céroVde, se trouve dans certaines substances vitreuses, dont la surface semble avoir élé frottée d'huile, ou qui présentent dans leur cassure, qui est alors es(|uilleuse, l'aspect (le la cire; l'éclat résineux tient en quelque sorte le milieu entre l'éclat vitreux et l'éclat gras. Quanta l'éclat nacré, il parait être souvent le résultat d'une structure schisteuse, et c'est dans la division parallèle aux feuillets qu'il se fait remarquer; il est à observer qu'on le reconnaît très-fréquemment sur les bases des prismes, sur les faces qui remplacent profundément des angles solides culminants des rhomboèdres, dans des substances même qui ne se divisent pas dans ce sens. L'éclat soyeux est le résultat de la struclure fibreuse; il se fait remarquer dans un grand nombre de substances, et particulièrement dans celles qui sont d'ailleurs susceptibles de présenter isolément l'éclat nacré.

ÉCLATANT, ois. Nom donné ù des espèces des genres Coucou, Colibri, Merle, etc. A', ces mois.

ÉCLIPTE. Eclipla. bot. Genre de la famille des Synanlhérées, voisin du telliiim, et ofFiant pour signes distlnclifs : un involucre composé de folioles disposées sur deux rangs; le réceptacle est convexe ou conique, chargé d'écaillés sélacées; les fleurons du centre sont tubuleux et hermaphrodites; les demi-Heurons delà circonférence sont femelles; les fruits sont des akènes

anguleux, comprimés, couronnés par des dents fort petites.

Huit ou dix espèces composent ce genre. Ce sont des herbes rameuses, portant généralement des feuilles opposées, entières; leurs fleurs offrent différents modes d'inflorescence; elles sont terminales ou axillaires. L'une des espèces les plus communes de ce genre, est VEclipla erecla, t., qui est annuelle et croit en Amérique et dans l'Inde; sa tige est dressée, rude; ses feuilles sessiles, oblongues, lancéolées, avec quelques dents sur leurs bords. Le professeur Kunth {in Htimh. Noo. Gen. A, p. 2C4, t. 594) en a décrit et figuré une petite espèce, à laquelle il a donné le nom A'EcUpla humilis. Elle est annuelle et croît à la Nouvelle-Espagne.

ECLIPTICA. BOT. L'un des synonymes de la Vcrbésinc biflore.

ËCLOGITE. HiN. Nom donné par Ilatly à une roche composée essentiellement de Disthène et de Diallagc , et que l'on n'a trouvée que dans une seule localité, dans le SauAlpe en Styrie.

ËCLOI'E. Eclopes. bot. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Sénécionides, établi parGxrlner et caractérisé par Cassini de la manière suivante : calathide j'adiée; disque mulliflore, régulariflore; couronne unisériée, liguliflore, féminîHore; péricline campanule, supérieur aux fleurs du disque, formé de squammes irrégulièrement imbriciuées, appliquées ; les exlérieurcs larges, ovales, coriaces, à large bordure scarieuse; les intérieures oblongues, étroites, surmontées d'un long appendice étalé, presiiue radiant, scarieux, roussâlre; clinanlhe planiuscule ou un peu convexe, garni de squammelles inférieures aux fleurs, embrassantes, canaliculées, carénées, coriaces et diaphanes. Les Heurs du disque ont l'ovaire comprimé bilatéralement, oblong, glabre, bordé d'un bourrelet sur chacune de ses deux arêtes; l'aigrette courte, membraneuse et profondément découpée ; la corolle articulée sur l'ovaire, à tube long, à limbe divisé au sommet en cinq lobes courts. Les anthères sont munies de longs appendices basilaires, membraneux et découpés. Les Heurs de la couronne ont l'ovaire oblong, triquèlre, hispide, aigrette comme celui des fleurs du disque; la corolle articulée sur l'ovaire, à lube long, à languette oblongue, plurinervée, à peine bi-lridentée au sommet. Le type de ce genre est I'Éclope a feuilies PIQUANTES, lielhania pungens , L'Héritier. C'est une plante à liges ligneuses, grêles, rameuses , garnies de feuilles alternes, rapprochées, presque sessiles, linéaires-lancéolées, élrécies vers la base, aigut^s et un peu piquantes au sommet, très -entières sur les bords; les calathides sont solitaires au sommet des rameaux et composées de fleiu's jaunes. A cette espèce se joignent encore les deux suivantes : Éclope a feuilles en ai- GCiLLES, Eclopes acicularis, Cass.; Éclope a feuilles ponctuées, Eclopes pu iiclala, Cass.; lielhania genistifolia, L'Ilérit. Toutes trois apparlienncnt au cap de Bonne-Espérance.

ÉCLUSEAU ET ÉCLUSETTE. bot. Synon. de Coulemelle, y. ce mot.

ÊCOUrSE. BOT. L'Jiia ccspitosa , L., porlc ce nom

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dans quelques dupa rlenietils de l'Oiiest où il esl employé pour fixer les dunes de sable.

ÉCONOME. MAM. EspÉcc du scuic Campagnol, l^. ce mol.

ÉCORCE. MOii. Ce mot est devenu quchpiefols spécifique (|uand il esl accompagné d'épilhèles. Ainsi l'on a appelé ÉCORCE de Citron et ÉconcE d'Orange, deux espèces du genre Cône. /'. ce mot.

ÉCORCE. Cortex, bot. Dans tous les végétaux Dicolylédons, la lige est composée de deux systèmes : un système central formé du canal médullaire et des couclies ligneuses, et qui s'accroît à l'extérieur, et un système extérieur s'accroissant par sa face interne, et constituant l'Écorce; l'Écorce est formée de plusieurs parties superposées, qui ont reçu des noms particuliers. En procédant de l'extérieur vers l'intérieur, l'Écorce se compose : 1» de l'épiderme, 2" de l'enveloppe herbacée, ô» des couches corticales, 4" du liber.

1" L'épiderme est, suivant quelques auteurs, une membrane distincte, mince, transparente, résistante, placée sur les parties sous-jacenles. D'autres, au contraire, le considèrent comme simplement formé par la paroi externe des cellules du tissu aréolaire, qui constitue l'enveloppe herbacée. L'épiderme présente un grand nombre de petites porosités, surtout quand on l'observe sur les jeunes branches. Ces pores corticaux, dont plusieurs physiologistes ont nié l'existence, servent ;"! l'absoiptinn des fluides répandus dans l'atmosphère, et (|ui doivent servir à l'alimentation de la plante. F.

ÉnUERME.

2" L'enveloppe herbacée. Mirl)el a donné ce nom ù ime couche de tissu cellulaire immédiatement placée sous l'épiderme, et qui l'unit aux couches corticales. Elle paraît analogue à la moelle et porte aussi le nom de médulle externe. Sa couleur esl généralement verte, surtout quand on l'observe dans les jeunes pousses. Elle recouvre toutes les parties extérieures de la tige, les branches et leurs ramifications, et remplit les intervalles qui existent entre les nervures des feuilles. Elle paraît de nature glandulaire, et renferme souvent les vaisseaux dans lesquels sont contenus les sucs propres. C'est l'enveloppe herbacée qui, ayant acquis une épaisseur considérable et des qualités particulières, forme, dans U'Querciis suber, la partie connue sous le nom de Liège. L'enveloppe herbacée est le siège d'un des phénomènes chimiques les plus remarquables que présente la vie végétale : c'est dans son intérieur que s'opère la décomposition de l'Acide carbonique absorbé dans l'air. Quand la plante est exposée à l'influence de l'air et de la lumière, le Carbone reste dans l'intérieur du végétal, et l'Oxigène est rejeté à l'extérieur.

ô"Les couches corticales sont immédiatement situées sous l'enveloppe herbacée. Elles ne se rencontrent pas dans tous les végétaux, ou sont parfois tellement confondues avec le liber, qu'il est fort difficile de les en distinguer. Aucun végétal ne les offre plus apparentes que le bois Dentelle ou Lagetlo. Elles forment plusieurs couches superposées, qui, lorsqu'elles viennent à être étendues, ressemblent parfaitement à un tissu léger, à une sorte de dentelle.

■5° Entre les couches corticales qui sont à l'extérieur

et les couches ligneuses qui sont plus intérieures, se trouve le liber. Cet organe se compose d'un réseau vasculaire, dont les aréoles allongées sont remplies par du tissu cellulaire. Il est rare que, comme l'indique son nom, on puisse séparer le liber en feuillets distincts, que l'on a comparés à ceux d'un livre. Mais en laissant macérer l'Écorce dans l'eau, pendant un certain temps, on parvient presque toujours à ce résultat. De même que les autres parties de l'Écorce, le liber peut se reproduire lorsqu'il a été enlevé. Cependant, pour que cette régénération ait lieu, il faut que la place d'où on l'a détaché soit garantie du contact de l'air, ainsi que Duhamel l'a prouvé. Cet habile naturaliste enleva une portion d'Écorce sur un arbre vigoureux et en i)leine végétation, il garantit la plaie du contact de l'air et vit bientôt suinter de la surface externe du corps ligneux et des bords de l'Écorce un liquide visqueux qui, s'étendant sur toute la plaie, forma une couche d'abord inorganique. Bientôt des traces d'organisation s'y manifestèrent; elle prit de la consistance, devint celluleuse et remplaça enfin la portion de liber qui avait été enlevée. C'est à cette substance visqueuse que Crew et Duhamel donnèrent le nom de Cambium. F. ce mot.

Telles sont les différentes parties qui forment l'Écorce dans les végétaux Dicotylédones. Cet organe est essentiel à la vie et au développement du végétal. Si on l'enlève en totalité, la plante ne peut vivre, elle ne tarde point à périr, parce que c'est principalement par l'Écorce qu'a lieu la marche de la sève descendante, c'està dire de celle qui a été élaborée dans les feuilles cl a acquis les qualités nécessaires pour servir à la nutrition de la plante.

Les végétaux Monocotylédonés paraissent privés d'Écorce, ou du moins, si elle existe chez eux, elle est tellement adhérente avec le bois, qu'on ne l'en dislingue pas. Cependant le docteur Lestiboudois fils, professeur de botanique à Lille, a émis dans ces derniers temps une opinion ingénieuse sur l'organisalion analomique de la lige ligneuse des Monocotylédonés. Remaïquanl que dans le stipe des Palmiers, il n'existe qu'un seul système d'accroissement, et que cet accroissement se fait il l'intérieur, il en lire celte conséquence que les Monocotylédonés ne sont formés que du système cortical, liMiucl a pour caractère de s'accroître à l'intérieur, tandis que le système central.se développe toujours à l'extérieur.

Les llydrophytes ou plantes marines ont-elles une Écorcc? La réponse à celle question esl la même que celle que fera un botaniste à qui l'on demandera : Les Céophyles ou plantes terrestres ont-elles une Écorce? Il dira : Les Acotylédonées et les Monocotylédonées n'en ont point, on ne l'observe que dans les l'olycotylédonées. Il en esl de même des llydrophytes, que Lamouroux a divisées en quatre grandes classes : les lUvacées, les Dictyolées, les Floridées elles Fucacées; les plantes des trois premières n'ont jamais d'Écorce, il n'y en a que dans les dernières, et de même que cet organe n'est bien visible que dans les Polycotylédonées ligneuses et dans quelques Herbacées, cl que parmi ces dernières , il en existe beaucoup où l'Écorce est peu sensible à cause de son peu d'épaisseur ou de la peli-

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lesse (les liges ou îles laiiieaux; de même il y a beaucoup de Fucacées dans lesquelles rÉcoree est difficile à bien reconnailre. Celle enveloppe n'offre jamais, dans ces végétaux, Icscaracléres particuliers de l'Écorcedes r.éophylcs; la différence est en rapport avec le milieu dans lequel ces êtres vivent, et surtout avec leur rang dans l'échelle des êtres. Exiger une ressemblance parfaite entre l'Écorce des plantes terrestres et celles de la mer serait aussi ridicule que de dire que la peau des Poissons doit être absolument la même que celle des Quadrupèdes; les rapports généraux existent, les différences tiennent à l'organisation des èlres, au milieu qu'ils habitent, au but pour lequel Dieu les a créés. Ainsi dans l'Écorce des Hydrophytcs l'on trouve, comme dans les plantes terrestres, un épiderme et le tissu cellulaire. Ce dernier offre un réseau mince à mailles irrégulières, dont les couches forment la masse de l'Écorce dans les Géophytes. Le tissu cellulaire s'allonge et compose une masse homogène, plus dense à la circonférence dans les Ilydropliyles ; elle présente de vastes lacunes qui partent de la racine et qui se perdent dans les expansions des tiges ou des rameaux, que nous regardons comme des feuilles. Par la macération , l'épiderme se détache de l'Écorce, l'Écorce du corps ligneux, et chacune de ces parties offre une organisation et une couleur différentes. Beaucoup de Fucacées, desséchées à l'air, présentent, dans leurs tiges, une Écorce tellement distincte qu'il est facile de les confondre avec des branches d'arbres fraîches, jouissant de la plénitude de la vie, ou bien encore remises dans l'eau ; tout se confond, et ce n'est qu'au moyen d'une lame coupée bien mince et soumise à l'examen microscopique, que l'on distingue la différence d'organisation; elle prouve de la manière la plus évidente l'existence de plusieurs organes. Donc les plantes marines, considérées en général, ne diffèrent point des plantes terrestres, elles ont une Écorce dont la composition est subordonnée à leur organisation et au milieu qu'elles habitent. L'on observe dans l'Écorce des unes et des autres les mêmes caractères généraux. Ainsi la puissance créatrice, dans sa toute-puissance, modifie les caraclères des êtres, selon des lois immuables imprimées à la matière, et plus la science de la nature fait de progrès, plus l'on est forcé de reconnailre celte grande vérité.

Du grand nombre d'Écorces sont employées dans les arts, l'économie domestique et la thérapeutique. Voici ((uelques-unes de celles qui portent des noms particuliers.

ÉcoRCE d'Augustdre. On en connaît deux espèces, la vraie et la fausse, f^. Aivgcstcre.

Écorce cirvocostii^e. C'est la même que la Cannelle blanche. F. ce mot.

Écorce de Kinx. K. Qcisquipja.

ÉCORCE ÉLECTÉRiENNE. On appelle ainsi la Cascarille, (|ue l'on a cru êlre produite par une espèce du genre Eleitteria. F. Cascarille.

ÉCORCE DE Giroflée. Nom donné quelquefois ù la Cannelle Giroflée. V. CAivjiELiE.

Écorce des Jésuites. L'un des noms vulgaires du yuinquina.

Écorce de .Iiead\. C'esl, selon Murrai, l'Écorce d'un

arbre de l'Inde, qui est amèrc et efficace conlre les maladies nerveuses.

Écorce de Magellan. V. Écorce de WniER.

Écorce dc Péroc. L'un des noms vulgaires du Quinquina.

Écorce sa:vs pareille. Nom vulgaire de l'Écorce de Winler. y. Drtmide.

Écorce de Wi:^ter. Ainsi nommée parce qu'elle a été découverte par le navigateur Winter au détroit de Magellan : elle provient du Drymis Klnteri. r. Drymide.

ÉCORCUÉ. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Coniis sliiatus, l'une des espèces les plus élégantes du genre Cône, et qui fournit plusieurs variétés remarquables.

ÉCORCIIÉE. INS. V. Tète-écorchée.

ÉCORCllEUR. OIS. Espèce du genre Pie-Grièche. F. ce mot.

ÉCOSSONNEUX. ois. Synon. vulgaire du Bouvreuil. On donne aussi ce nom au Pic vert. F. Bouvreuil et Pic.

ÉCOLFLE ou ESCOCFLE. ois. Synonyme vulgaire de Milan, y. Faucon.

ÉCOURGEON oc ESCOURGEON, bot. Variété d'Orge.

ECPHIMOTE. Ecphimote. rept. Genre de l'ordre des Sauriens et de la famille des Iguaniens, établi parFitzinger qui le caractérise de la manière suivante : des dents au palais et des pores aux cuisses; de petites écailles, mais seulement sur le corps; la queue en a de grosses et carénées; tête couverte de plaques. Ces Lézards ont la forme un peu courte el aplatie de certains Agames, et en cela ils ressemblent peu aux Marbrés. Ils sont particuliers au Brésil, et l'espèce qui a servi de type au genre est le Tropidurus lorqualus, du prince Max. De Newied; Âgama tuberculata de Simx. Il est entièrement d'un gris cendré, parsemé de petites taches blanchâtres en forme de goulleleltes, avec un demi-collier noir, de chaque côlé du cou.

ÉCRECELLE. ois. Syn. de Cresserelle. F. Faucon.

ÉCREVISSE. Jstacus. crust. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, tribu des Homards, ayant pour caractères, suivant Latreille : quatre antennes insérées presque sur la même ligne; les intermédiaires terminées par deux filets; pédoncule des latérales nu, avec des saillies en forme d'écaillés ou de dents; les six pieds antérieurs terminés par une pince à deux doigts; pièce extérieure des appendices natatoires du bout de la queue divisée en deux parties. Ce genre, établi parGronovius aux dépens des Cancer de Linné, embrassait d'abord tous les Crustacés, Décapodes, Crachyures, à l'exception des Ilippes; mais il a subi depuis lors d'importants changements; d'abord Fabricius le décomposa pour en extraire les genres Pagure, Galathée et Scyllare. Daldorff fit ensuite plusieurs travaux sur les Crustacés; Fabricius en lira partiel restreignit davantage les Écrevisses en établissant do nouveaux genres sous les noms de Palinurc, Palœmon, Alphée, Penée et Crangon. Enfin, dans ces derniers temps, Leach relira encore des Écrevisses le genre Nephrops. Ainsi réduit, le genre que nous décrivons ne comprend plus qu'un très-petit nombre d'espèces, les unes fluvialilcs et les aulrcs marines. G. Cuvier a pu-

blié ( Ann. du Mus. d'Hist. nat. T. ii, p. 3G8) une dissertation critique, très-curieuse, sur les espèces d'Écrevisses connues des anciens, et sur les noms qu'ils leur ont donnés. Parmi elles, on remarque surtout l'Écrevisse de rivière dont tous les auteurs ont parlé depuis Arislote. C'est aussi celle espèce qui a fourni le sujet de diverses observations qu'on peut, jusqu'à un certain point, rapporter aux caractères du genre, mais qu'il est plus exact de présenter à l'histoire de l'espèce.

L'ÉcttEvissE DE RiviiîRE, Jstociis fluvhilUis OU le Cancer Astacus de Linné et le Cancer fliiviatills de Rondelet, a été décrite avec beaucoup de soin et figurée par Rotjsel (Ins. T. m, lab. 34-61). Son corselet est uni, son rostre est denté latéralement, avec une double dent à sa base supérieure. Les deux serres antérieures sont inégales, chagrinées, et n'ont au côté interne que des dentelures très -fines; la couleur varie , suivant les localités, du brun verdâtre au biun clair ou plus ou moins obscur. On la trouve dans un grand nombre de rivières de l'Europe et du nord de l'Asie. Elle se tient ordinairement sous les pierres, dans les cavités des berges, et n'en sort guère que pour chercher sa nourriture qui consiste en Mollusques, en Poissons, en larves d'Insectes et en matières animales corrompues.

Passons en revue les particularités les plus remarquables de l'organisation de l'Écrevisse. Le corps peut se diviser en tête, corselet oucaparace, et abdomen ou queue. La tète n'est distincte de la caiapace que par une rainure transversale tracée en demi-cercle, dont la convexité regarde en arrière. La partie antérieure de la fêle est prolongée en une sorte de bec aplati, horizontal, garni sur son milieu, d'une série longitudinale de petites épines. On voit de chaque côté deux paires d'antennes; les intermédiaires sont avancées, courtes, formées par deux filets sétacés, divisées en un grand nombre de petits articles, et portées sur un pédoncule commun beaucoup plus gros et cylindiique, divisé en trois pièces et garni de longs poils touffus. Les antennes extérieures consistent en de longs filets très-déliés, égalant en longueur le corps de l'animal et composés d'une infinité de petits articles placés bout à bout les uns des autres, diminuant graduellement de bas en haut. Chaque filet prend naissance sur une base mobile composée de trois parties grosses et cylindriques, au-dessus et sur le coté des(|uelles on remarque une grande pièce aplatie, triangulaire, terminée en pointe et garnie au bord interne d'une série de longs poils. Au-dessous de celte pièce mobile, on tiouve encore une pièce écailleuse, convexe, et plus bas, enfin, une dernière plaque pourvue d'épines et d'éminences. Les yeux sont aussi placés de chaque côté du rostre; ces deux organes sont portés à l'extrémité d'un pédicule qui, étant très-mobile, peut les diriger dans tous les sens, et les faire sortir ou rentrer à volonté dans la cavité qui les contient. Les parties de la bouche ne diffèrent de celle des autres Crustacés que par quelques particularités de formes et non par l'existence ou l'absence des parties essentielles observées ailleurs. Les mandibules sont dentées, les mâchoires de la seconde paire sont découpées en lanières, au nombre de six, et, de même que dans les, autres Macroures, les pieds- mâchoires exté-

■i lUCT. DES SC^E^CES ri\T.

rieurs sont proportiiinnellement plus longs et plus étroits que chez les Crabes.

La carapace des Écrevisses laisse très-bien apercevoir, ainsi que nous l'avons exposé à l'article Crustacés, les régions stomacale, cordiale, moyenne, hépatique postérieure et branchiale. Cette pièce se prolonge sur les côiés, protège les flancs et va gagner inférieurement les pattes au point de leur insertion avec le sternum. Les parties inférieures du corselet constituent la poitrine proprement dite. Celle-ci consiste en une série de segments transversaux en même nombre que les paires de pattes. La poitrine de l'Écrevisse est donc formée par cinq segments; ces segmenls se composent chacun d'un sternum et des flancs étant fous unis entre eux et ne laissant apercevoir que des sutures qui indiquent les traces de leur réunion. Les sternums sont très-étroits; ils s'articulent sur les côtés aux cinq paires de pattes, et servent de point d'appui aux flancs, qui se perdent sous la carapace; de la soudure des Hancs avec le sternum et de chacune de ces pièces entre elles, il naît à l'intéiieur du corps des lames crustacées dirigées en plusieurs sens et formant, par les points d'adhérence qu'elles conlraclent les unes avec les autres, des sortes de cloisons verticales ou obliques, qui servent à l'altache des muscles, et protègent en même temps les organes les plus essentiels à la vie : le système nerveux, les vaisseaux, le canal intestinal, etc. Ces lames ne sont autre chose que les analogues Irès-développés des apoilèmes d'insertion de l'inférieur du thorax des insectes. Les patles diffèrent entre elles par leurs formes et leur volume. La plus remarquable, celle qui diffère le (ilus des autres, est la première paire, autrement dite la pince ou la serre. Cinq pièces entrent dans sa composition : la première, attachée au corps, est grosse et courte; la seconde est plus longue et comprimée sur les côtés; la troisième présente encore plus de longueur; au contraire, la quatrième est courte, grosse et angulaire; enfin la cinquième, ou la main, est une grande pièce ovale et convexe des deux côtés, munie antérieurement de deux parties coniques, désignées sous le nom de doigts; l'un d'eux, extérieur et immobile, peut être considéré comme un prolongement de la main; l'autre, intérieur, conslitue une pièce distincte, articufée avec la main et se mouvant sur un prolongement qu'elle fournil. Des muscles très-forts sont contenus dans toute la longueur de ce membre robusle, à l'aide duquel l'Écrevisse saisit sa proie et se défend. Les pattes qui suivent sont longues, menues et formées par six articles. Les deuxième et troisième paires se terminent, ainsi que la première, par une pince, à celle différence près qu'elles sont très petites, et que c'est le doigt extérieur qui jouit seul de quelque mouvement. Les pattes qu'on observe ensuite sont munies d'un ongle simple, poinlu et crochu. Le premier article de la base de la dernière paire de pattes des mâles, est remarquable par une ouverture arrondie, qui livre passage à l'extrémité des \i^ organes fécondateurs chez la femelle. La troisième paire de paltes offre pour les organes de la génération une particularité semblable, c'est-à-dire qu'on y trouve une ouverlure ovale, grande, à laquelle aboutissent lesoviductes, et qui livre passage aux œufs.

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L'abdomen de l'Ecrcvisse, r]ii'on nomme improprement sa queue, est Irès-développé et formé par six anneaux Irès-convexes en dessus et légèrement voûtés en dessous. Des muscles nombreux et puissants lui impriment des mouvements robustes ; ces muscles forment deux masses distinctes, l'une supérieure et l'autre inférieure. L'abdomen est pourvu en dessous de parties remarquables qu'on retrouve dans la plupart des Crustacés; ce sont des filets, sortes de pattes rudimenlaires, qui varient en nombre et en figure dans les deux sexes. Ils sont mobiles à leur base; l'Écrevisse les fait Hotter dans l'eau, en les agitant d'avant en arrière comme de petites nageoires. La femelle en a quatre paires placées sur le second, le troisième, le quatrième et le cinquième anneaux. Ils se ressemblent tous, et sont composés chacun d'une lige aplatie, cartilagineuse, qui jette deux brandies, dont la postérieure est divisée en deux portions, par une articulation mobile ; les deux branches sont également mobiles sur la tige à laquelle elles sont unies, de sorte que ces lilets se meuvent avec la plus grande facilité. Ces branches sont garnies de longs poils barbus, auxquels l'Écrevisse attache ses œufs. Le niàle offre aussi des filets abdominaux; mais ceux du second anneau diffèrent sensiblement des mêmes filets chez la femelle. Les mâles portent encore au dessous du premier anneau de l'abdomen deux autres parties qu'on ne voit point sur la femelle, et qui, mobiles à leur base et présentant lu une articulation, s'appliquent, dans l'inaction, sur le sternum entre les pattes, et ressemblent à des tiges un peu aiilatics, droites, d'un* blanc un peu bleuâtre et de substance cartilagineuse; leur moitié antérieure est courbée et roulée sur elle-même longitudinalemcnt, de manière à former une sorte de tuyau. Ces appendices singuliers, sur l'usage desquels l'observation n'a encore rien appris, pourraient bien être des organes copulateurs. L'abdomen est terminé par cinq pièces plates, minces et ovales, en forme de feuilles un peu convexes en dessus et concaves en dessous. La pièce intermédiaire ou impaire n'est autre chose que le dernier anneau abdominal, et les deux prolongements latéraux sont les appendices de l'anneau qui précède. Ces parties sont un véritable appareil de natation au moyen duquel l'Écrevisse donne, en les dirigeant vers la tête, des coujts réitérés dans l'eau. 11 en résulte naturellement une natation en arrière ou à reculons. L'abdomen est percé postérieurement et à sa face inférieure par l'anus.

L'anatomie interne des Écrevisses offre quelques traits d'organisation assez curieux et que nous allons parcourir en empruntant à Rodsel et à Cuvier les principaux détails. L'estomac, situé en quelque sorte dans la tête, immédiatement au-dessous de la calotte calcaire qui la recouvre, est formé de membranes fortes et assez épaisses; il est muni intérieurement de trois dents écailleuses, pointues, supportées par un appareil rcmar- «*i> quable, que Geoffroy S<-lIilaire a décrit et représenté avec soin dans un travail encore inédit. Ce savant analomiste retrouve dans l'estomac des pièces analogues à celles qui composent la tête des animaux Vertébrés, et il ramène ainsi à un type connu une organisation aussi anomale en apparence. C'est principalement sur l'Écre-

visse de mer ou le Uomard qu'il a fait ses diverses recherches. Le grand intestin part de l'estomac; il est situé dans l'abdomen et s'ouvre à l'anus. Cuvier, dans un Mémoire sur la nutrition des Insectes {Mém. de la Soc. d'Uist. nat. de Paris, an 7 ), donne une description exacte de la structure et des fonctions du foie de l'Écrevisse ; suivant lui, les vaisseaux biliaires ou le foie sont très développés, et leur fonction n'est point équivoque ; on sait qu'en général le foie est plus volumineux dans les animaux aquatiques à sang rouge que dans les terrestres , et il parait que la même loi existe pour ceux Ji sang blanc. Les vaisseaux biliaires des Écrevisses sont donc très-gros, au nombre de plusieurs centaines et disposés en deux grosses grappes, dont les vaisseaux excréteurs communs forment les tiges. Ils s'insèrent tous contre le pylore et y versent une liqueur épaisse, brune et amèrc. Leurs parois sont colorées d'un jaune foncé, et paraissentd'une texture très-spongieuse. Ce sont eux qui forment la plus grande partie de ce qu'on nomme la farce dans les Étrilles, les Homards et les autres grandes espèces que l'on mange communément, et l'humeur ([u'ils produisent communique à cette farce l'amertume plus ou moins forte qu'ony remarque. Cuvier (!oc. cit.) s'énonce de la manière suivante à propos de la respiration et de la circulation : ^i Les Écrevisses et les Monocles n'ont aucune trachée, et ce sont précisément ceux chez lesquels on trouve un cœur ou du moins un organe de structure semblable. 11 faut pourtant observer qu'il n'existe peut-être pas entre eux et les autres insectes une différence aussi grande qu'on le croirait d'abord; ils ont, à chaque côté du corselet, des paquets de vaisseaux capillaires rangés d'une manière très-régulière, sur deux des faces de certains corps en forme de pyramides triangulaires; toutes ces pyramides sont comprimées et dilatées alternativement par le moyen de quelques feuillets membraneux, que l'Écrevisse meut à volonté.

» Mes essais d'injection, poursuit Cuvier, m'ont bien permis de porter la liqueur de ces branchies vers le cœur; mais jamais je n'ai pu la diriger en sens contraire; tandis que du cœur on peut la faire parvenir par tout le corps, au moyen de vaisseaux nombreux et très-visibles dans certaines espèces, notamment dans le Bernard l'IIermite, où ils sont colorés en un blanc opaque. S'il se trouvait, par des recherches ultérieures, qu'il n'y eût ni second cœur, ni trou commun veineux, qui, devenant artériel, portât le sang aux branchies par une opération ù peu près inverse de celle qui a lieu dans les Poissons, alors on pourrait croire que les branchies ne font autre chose qu'absorber une partie du fluide aqueux et le porter au cœur, qui le transmettrait à tout le corps. Ce prétendu cœur et ces vaisseaux ne seraient donc, en dernière analyse, qu'un appareil respiratoire qui ne différerait de celui des insectes ordinaires ipie par cet organe musculaire qii'il aurait reçu de plus. Et on concevrait aisément la raison de cette différence, attendu que la substance respirée étant sous forme li(iuide, et ne pouvant se précipiter, comme l'air le fait, dans les trachées par l'effet de son élasticité, il lui fallait un mobile étranger, qui est cet organe qu'on a pris pour un cœur. Quant â la imlrition proprement

SI

dite, elle se ferait exactement comme dans les insectes ordinaires et dans les Zoophytes, c'est-à-dire par une simple imbibition. »

Les organes générateurs mâles de l'Écrevisse, situés dans le thorax, se composent des testicules divisés en trois parties, deux en avant et une plus grosse en arrière. D'autres vaisseaux blancs, tortueux, très-développés et turgescents à l'époque de l'accouplement, ont été regardés comme les vaisseaux séminifères; ils remplissent un assez grand espace, occupent les côtés et la partie postérieure du cœur; l'appareil de la femelle consiste en deux ovaires occupant les côtés du corps et divisés comme le testicule en trois portions. A l'époque de la ponte, ils sont allongés et très-distendus par les œufs. Ils aboutissent au premier article de la troisième paire de pattes. L'accouplement des Homards, et, par analogie, celui des Écrevisses, se fait, à ce qu'il paraît, à la manière de quelques Monocles, c'est-à-dire ventre à ventre. Le mâle attaque la femelle qui se renverse sur le dos, et le couple s'enlace alors étroitement à l'aide des pattes. La ponte a lieu deux mois après; elle est assez abondante, et l'on compte quelquefois vingt, trente œufs et même davantage. Ceux-ci sont fixés aux filets mobiles qui garnissent la queue, à l'aide d'un pédicule, sorte de tuyau membraneux, flexible, élargi à sa base et qui parait être la continuation de l'enveloppe la plus extérieure de l'œuf. Les femelles portent ces sortes de grappes jusqu'à la naissance des petits qui, d'abord très-mous, trouvent sous le ventre de leur mère un refuge assuré contre les dangers, et n'abandonnent cet abri que lorsque leur têt, plus consistant, peut les proléger. Les Écrevisses renouvellent leur enveloppe extérieure tous les ans, entre le mois de mai et le mois de septembre. Réaumur a décrit avec soin cette sorte de mue. On trouve un extrait de ses observations dans l'Encyclopédie méthodique , et cet extrait nous a paru assez exact pour mériter d'être cité en grande partie. Quelques jours avant le dépouillement de leur peau, les Ecrevisses cessent de prendre de la nourriture; alors, si on appuie le doigt sur l'écaillé, elle pile, ce qui prouve qu'elle n'est plus soutenue par les chairs. Quelque temps avant l'instant de la mue, l'Écrevisse frotte ses pattes les unes contre les autres, se renverse sur le dos, replie et étend sa queue à différentes fois, agite ses antennes et fait d'autres mouvements dans le but sans doute de détacher sa peau pour la quitter; elle gonfle son corps, et il se fait entre le premier anneau de l'abdomen et la carapace qui s'étend depuis elle jusqu'à la tète, une ouverture qui met à découvert le corps de l'Écrevisse. Il est d'un brun foncé, tandis que la vieille écaille est d'un brun verdâtre. Après cette rupture, l'animal reste quelque temps en repos; ensuite il fait différents mouvements et gonfle les parties qui sont sous la carapace. La partie postérieure de celle-ci est bientôt soulevée, et l'antérieure ne reste attachée qu'à l'endroit de la bouche; alors il ne faut plus qu'un demi -quart d'heure ou un quart d'heure pour que l'Écrevisse soit entièrement dépouillée; elle tire sa tète en arrière, dégage ses yeux, ses antennes, ses bras et successivement toutes ses pattes. Les deux premières, ou les serres, paraissent les plus

difficiles à dégainer, parce que la dernière des cinq parties dont elles sont composées est beaucoup plus grosse que l'avant-dernière ; mais on conçoit aisément cette opération, quand on sait que chacun des articles écailleux, qui forme chaque partie, est divisé en deux pièces longitudinales qui s'écartent l'une de l'autre, dans le temps de la mue, lorsque l'animal leur fait violence. Enfin l'Écrevisse se retire de dessous sa carapace, et aussitôt elle se donne brusquement un mouvement en avant, étend la queue et se dépouille de ses anneaux. C'est ainsi que lînit l'opération de la mue, qui est si violente que plusieurs Écrevisses en meurent, surtout les plus jeunes; celles qui y résistent sont très -faibles. Après la mue les pattes sont molles, et l'animal n'est recouvert que d'une membrane ; mais en deux ou trois jours, et quelquefois en vingt-quatre heures, celle membrane devient une nouvelle enveloppe aussi dure que l'ancienne. Il est important pour l'Écievisse que la nouvelle peau se durcisse bientôt, car, si elle était rencontrée par d'autres Écrevisses. n'étant plus défendue par son écaille, elle ne manquerait pas de devenir leur proie ; c'est pourquoi aussi, lorsqu'elle est prête à muer, elle cherche une retraite dans les trous et d'autres endroits où elle puisse être à l'abri du danger. Dans la suite, le nouveau têt ne devient ni plus dur, ni plus épais, ni plus grand, de sorte que l'Écrevisse, qui augmente de volume chaque année, étant gênée dans son enveloppe, est contrainte d'en sortir; aussi Réaumur a-t-il remarqué que chaciue partie d'une Écrevisse qui a mué depuis peu, est considérablement plus grande en tout sens que le fourreau qu'elle a quille; celle différence cependant ne doit pas être bien considérable, si l'on s'en rapporte à certains pêcheurs qui assurent qu'une Écrevisse de six à- sept ans n'a encore qu'une grosseur médiocre, la vie moyenne de ces animaux étant, dit-on, de vingt ans. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'à chaque mue, il se forme un nouvel estomac dans le corps de l'animal; et cet estomac enveloppe l'ancien qui est bientôt détruit par l'autre. L'Écrevisse renouvelle peut-être bien aussi toutes les autres parties internes.

Dansles Écrevisses prêles à muer, on trouve constamment sur les côtés de l'estomac deux corps calcaires connus vulgairement sous le nom d'yeux d'Écrevisses, à cause de leur figure arrondie. Ces deux pièces disparaissent pendant la mue, et on ne les trouve plus dans les espèces qui ont éprouvé ce changement. L'opinion des auteurs a beaucoup varié sur l'usage de ces parties. Geoffroy a cru qu'elles servaient, ainsi que la meml)rane du vieil estomac, pour nourrir l'Écrevisse durant la mue. Mounsey (Trans. Philosoph.) présente une observation analogue, et il pense avec Réaumur, qu'étant dissoutes dans l'estomac, elles servent à la formation ou au dujcissement de la nouvelle envelopi)e. Au contraire Roësel , n'admettant pas l'opinion de Réaumur, croit que l'Écrevisse se décharge de ces pièces en entier dans le temps qu'elle se dépouille de son test, et qu'elles ne se dissolvent ni ne diminuent dans son corjjs en aucune manière. Quant à ce dernier fait, il parait cependant constant,etropinion de Réaumur, quoiqu'elle soit susceptible d'objections, est encore plus ailmissibie

que celle de RoC-sel qui pense que les yeux d'Écrevisse pourraicnl bien être rassemblage ou le résidu des dépouilles de différentes parties internes de l'Écrevisse.

Les Écrevisses présentent un autre fait non moins remarquable que celui de la mue, c'est la faculté qu'ont les pattes, les antennes et les mâchoires de repousser après leur amputation, sans qu'on puisse, dans l'état actuel de la science, expliquer convenablement ce phénomène. Réaumur a le premier tenté des expériences sur cet objet. Il nous a appris que si l'on casse, dans la jointure d'une articulation, la patte d'une Écrevisse, on aperçoit, un ou deux jours après, une sorte de membrane légèrement rouge, qui recouvre les chairs. Cinq jours plus lard , cette membrane fait saillie et paraît renflée, puis elle devient conique, s'allonge de plus en plus, se déchire et laisse voir une jambe molle qui croît en grosseur et en longueur et se recouvre d'une enveloppe solide. Un fait bien digne de fixer l'attention, c'est qu'il ne naît à chaque jambe que ce qu'il faut précisément pour la compléter. Nous le répétons, on n'a encore présenté aucune explication bien satisfaisante de cette reproduction analogue sans doute à celle des pattes des Salamandres, de la tète des Limaçons et des Polypes; ce n'est pas ici le lieu de traiter celte grande • question.

Tout le monde connaît l'usage alimentaire des Écrevisses. On employait autrefois en médecine les pièces calcaires, connues sous le nom d'yeux d'Écrevisses; mais la raison a fait justice de ce médicament ridicule. On pèche les Écrevisses de diverses manières : d'abord avec un filet que l'on suspend le soir au-dessous d'un morceau de chair putréfiée. Les Écrevisses sont attirées quelquefois en grand nombre par cet appât. On met aussi quelquefois de la viande dans un fagot menu, que l'on retire lorsque les Écrevisses ont pénétré de toutes parts entre les branches du bois. Plusieurs personnes emploient des baguettes fendues ; on met dans la fente un appât, et on les place dans les lieux où les Écrevisses sont abondantes. Celles-ci ne tardent pas ù s'attacher à l'appât, on retire ensuite les baguettes avec beaucoup de précaution, et on glisse sous chacune d'elles un panier. A peine sortie de l'eau, l'Écrevisse abandonne le corps qu'elle dévorait, et tombe dans le panier. On prend aussi les Écrevisses ù la main, dans leurs trous, et on emploie encore quelques autres moyens pour se les procurer.

On trouve souvent surlesbranchies de l'Écrevisse un petit animal verniiforme, figuré par Roësel, et qui a été décrit avec beaucoup de soin par Auguste Odier; cet animal forme un genre nouveau dans la classe des Annélides, et appartient à la famille des Uirudinées.

F. BR\SCUIOBnEI,lE.

Le genre Écrevisse renferme quelques autres espèces, parmi lesquelles on doit distinguer :

L'ÉCREVISSE IloaxRD. ylslacus marinus, Fabr.,ou le Cancer macroiirus Gammariis de Linné, et le Cancer Gammarus de Scopoli. Elle a été figurée jiarSéba (Mus. T. iii, tab. 17, fig. 3), parPennant (Zooi. Bril. T. IV, tab. 10, fig. 21) et par Herbsl (tab. 23). Elle est connue en France sous le nom de Homard. Sa taille est souveul gigantesque. La carapace est lisse, munie

d'un sillon longitudinal, et d'un autre transversal irrégnlier. Le reste est avancé, pointu, avec une double dent à sa base supérieure. Son corps est bleuâtre et taché de blanc. Il rougit au feu. On le trouve communément dans la Méditerranée et dans l'Océan.

L'ÉCREVISSE DE Barto;*. Astaciis Barioiiii, Fabr. Sa cara|iace est unie, son rostre est court et aigu. On en trouve une figure dans l'Histoire des Crustacés, faisant suite à Buffon (édit. de Déterville, pi. 11, fig. 1). Elle est propre aux eaux douces de l'Amérique septentrionale, ressemble beaucoup à l'Écrevisse fluïiatile, et se mange.

L'ÉCREVISSE DE BiASDiNG. Jstacus Blatidingii, Harlan. Elle a les pinces et les membres, ainsi que les côtés du corps tubercules, et les tubercules des pinces sont plus gros; le thorax a une petite épine sur le côté, en avant de l'anneau transverse; les première et deuxième articulations du support des antennes externes sont munies chacune d'une épine; le rostre est allongé, anguleux, atténué en avant, et un peu recourbé obtusément au sommet; il est caréné de chaque côté, à la base, et terminé en arrière en une épine postoculaire; les pieds de devant ont leur troisième articulation trèslongue, et ont deux rangées d'épines; les pinces en ont <iuatre; elles sont longues, recourbées; les lamelles caudales sont ciliées; les segments latéraux sont surmoulés d'une épine; les membres pénultième et antépénultième des mâles ont une éminence conique à la base de la deuxième articulation. Cette espèce est longue de trois pouces trois lignes, large au thorax, d'un pouce, et la longueur des pattes antérieures est de quatre pouces. Elle est commune dans les mares et les ruisseaux des États du Sud de l'Union.

ÉCRITURE OD ÉCRIVAIN, pois. Espèce de Perche. y. ce mot.

ÉCRITURE. aoiL. On donne vulgairement ce nom, ou celui de Coquilles écrites, à un grand nombre de Coquilles de genres différents : ainsi la fenus scripta, la Cytherea castrensis, YOliva scripta, etc., ont reçu ce nom. On nomme Écriture hébraïiiue le Conus ebreus. D'Argenville donne le nom d'Écrite à une des nombreuses variétés de l'Olive hispidule.

ÉCRIVAIN, pois. K. ÉCRITURE. POIS.

ÉCROUELLE. crtjst. L'un des noms vulgaires du Cancer Pulex, L. V. Crevette.

ECSTOMON. BOT. Synonyme d'Hellébore. F. ce mot.

ECTINE.^cimJw. ifis. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Serricornes, tribu des Élatérides, institué par Eschscholtz qui lui a reconnu pour caractères distinctifs ; les second et troisième articles des antennes plus petits que les suivants; ceux-ci plus ou moins en scie; corps étroit et allongé, souvent presque linéaire, avec le corselet plus long que large, presque paralléliiiipède et très-i>eu dilaté à sou extrémité antérieure. Ce genre se compose des Etaler aterrimus, marginalus, sputator, brunneus et fugax, de Gillenhal.

ECTOCARPE. Ectocarpits. bot. ( Céramiaires. ) Genre établi par Lyngbye (Hydr. Dan., p. 130) et dont les caractères sont : capsules subsessiles, solitaires, non revêtues d'une membrane qui les fasse paraître anne-

lées. Voisin des Deliselles, il en diffère en ce que celles-ci ont leurs capsules comme revêtues d'un anneau transparent. La forme allongée des capsules des Capsicarpelles les dislingue facilement du genre dont il est question; la même forme de capsule des Audouinelles et le pédicule qui les supporte sert encore à distinguer ces plantes des Ectocarpes. Les espèces bien constatées de ce genre habitent la mer, où elles sont parasites des autres Hydropbytes, peu nombreuses, mais d'une certaine élégance; elles concourent à l'ornement des herbiers où elles s'appliquent assez étroitement au papier sur lequel on les prépare. Les principales sont : Ectocarpus litloialis, Lyngbye, toc. cit., lab. 42, dont il faut soigneusement distinguer les variétés a et ^ du même auleur; la seconde est une Pylayelle. l^. ce mot.— Eclocarpus elougalns, Ectocarpiis liltoralis, Lyngb. , lab. 42, b. — Eclocarpus densus, Lyngb., loc. cit., tab. 44, b.

ECTOPISTE. Eclopisles. ois. Genre de la famille ou ordre des Pigeons, que Swainson a cru devoir séparer du genre qui porte ce dernier nom, parce que les espèces qui le composent lui ont constamment offert les caractères suivants : bec grèle, écliancré; ailes un peu arrondies, atténuées; première et troisième rémiges égales, la deuxième très- longue; queue arrondie ou cunéiforme; pieds courts et nus; tarses à squammelles antérieures imbriquées; celles des côtés petites. réticulées. L'auteur cite comme type ou espèces principales de ce genre le Colomba tnigraloria de Linné, le Colomba speciosa de Temminck, etc. F. Pigeon.

ECTOPOGONES. BOT. ( ^Jollsses. ) Palisot de Beauvois appelle ainsi la seconde tribu qu'il avait établie dans la famille des Mousses. Elle comprend les genres qui sont privés de péristome interne. F. Mousses.

ECTOSPERME. Ectosperma. bot. (Ciiaiacées?) Genre fort naturel, très-tranché et parfaitement décrit par Vaucher (Hisl. des Conf., p. 9). Ce savant lui imposa un nom qui donne une idée exacte de la fructitîcation caractéristique, laquelle consiste dans des capsules extérieures. En adoptant ce genre. De Candolle (Flore fr. T. II, p. 61) crut devoir changer ce nom cependant si expressif et conforme aux règles établies, pour lui imposer celui de FaucUeiia. Nulles raisons valables n'autorisant celle mutation qu'adoptèrent la plupart des algologues, Bory a cru devojr la regarder comme non avenue, et en faisant droit à l'antériorité, réserver le nom de Vaucherie pour un autre genre, hommage plus digne, dans une famille qu'il a bien observée, d'être offert au savant Genevois dont l'ouvrage est encore le meilleur sur les Confervées. F. Vadcderie. Les Eclospcrmes consistent dans des filaments simples ou rameux, tubuleux, absolument inarticulés, plus ou moins transparenls, remplis, quand l'âge ou queli|ue agent extérieur n'altère pas leur organisation , d'une substance verte analogue à celle qui colore les Charagnes et la plupart des plantes aquatiques; des capsules arrondies, ovales, ou tant soit peu oblongues, extérieures au tube, sessiles ou pédicellées, solitaires, didymes ou réunies en plus ou moins grand nombre, opaques et remplies de corpuscules graniformes, constituent la fructificalion.

On a jusqu'ici confondu les Ectospermes avec les Conferves, mais ce rapprochement est absolument désavoué par la nature. L'absence totale d'articulations ne saurait le permetlre. Bory avait d'abord pensé, avant de connaître leur fructification, que l'on pouvait les rapporter aux Ulvacées tubuleuses, encore que leur tissu ne fût pas le même; mais ayant vérifié les observations de Vaucher, et cherché dans les végétaux aquatiques quelque capsule dont la conformation se rapproche de celle des Ectospermes, il est resté convaincu que les Charagnes ont d'étroites analogies avec eux. En effet, on a déjà vu (T. ii, p. 280) que les Charagnes sont des plantes aquatiques croissant dans les mares et les eaux stagnantes, qui ne s'élèvent jamais à la surface, demeurent constamment submergées et fructifient sous l'eau. Comme chez les Ectospermes, leurs tiges tubuleuses et inarticulées sont\généraIement rigides quoiqu'assez flexibles, rameuses, et dont les raniules portent des capsules munies d'autres petites ramules où l'on a vu des bractées avortées, et qui se retrouvent dans la plupart des Ectospermes à capsules pédicellées. Comme dans les Charagnes, on observe ici un tégument dont l'exlerne est très-mince, membraneux et transparent, contenant un véritable péricarpe où se trouve un fluide rempli de corpuscules qu'on serait tenté de prendre pour des graines, si la germination de ces plantes, fort bien observée et figurée par Vaucher (pi. 11, fig. 1 et 4, et lab. 11, f. 8), ne prouvait que c'est de l'inlégrité du fruit que sort le filament destiné à devenir la lige de l'Eclosperme. Outre la fructification de ces végétaux, on trouve assez communément à la surface de leurs filaments d'autres corpuscules plus ou moins considérables et transparents, au centre desquels on dislingue un point noirâlre, qui ne tarde pas à s'agiter sous les yeux de l'observateur. On serait d'abord tenlé d'y voir un indice de Zoosperme, mais pour peu qu'il y porte de l'attention, le naturaliste circonspect ne tardera pas ù reconnaître que l'objet qui s'agite sous la lentille est un petit Crustacé du genre Cyclope, Cyclops lupula, Mull., et provenant d'œufs probablement déposés à la suite d'une piqûre d'où résulte une sorte de galle; celle-ci demeure transparente comme du verre quand le Cyclope en est sorti. Les Ectospermes plus ou moins rudes au toucher, disposés soit en gazons adhérents aux corps inondés, soit en touffes arrondies où les filaments divergent du centre à la circonférence, soit enfin en grandes masses nuageuses au fond des eaux, sont d'un vert généralement assez foncé; ils remplissent les bassins alimentés par des eaux vives. Presque tous furent confondus par les botanistes sous les noms de Conferca caitalicularis, sponijiosa, etmèmed'a«tphibia, encore que le vérilable Conferva amphibia de Linné soit une Céramiaire fort voisine du Conferva glomerata de ce même auteur. Il est des espèces qui continuent de végéter quand l'eau dans laquelle on les a vues se développer vient à s'évaporer; celles-ci forment alors sur la vase, contre les parois des fossés sombres ou sur les rochers humides, des couches pressées, d'un vert soyeux, molles et compactes, qui présentenl assez bien l'aspect dune éponge du plus beau vert. Quelquefois les extrémités de leurs filameuts se

ri-nnissent en faisceaux poignants, qui font paraître comme liérissée, et rendent assez rude, la surface de ces coussinets auparavant soyeux au touclier. C'est vers la fin de l'automne, dans les hivers tempérés et humides ou dans les premiers jours du printemps, que l'on trouve les Ectospermcs en fructification. En adoptant ce genre, avec le nom que lui imposaAaucher, on doit encore y former, avec cet auleur, diverses coupes pour distribuer environ dix-huit à vingt espèces. Ces coupes, auxquelles nous en ajouterons de nouvelles , deviendront peut-êlre susceptibles de former des genres distincts.

•f Capsules solitaires, sessiles ou subsessiles, obovales, latérales, épaisses, nues, c'est-à-dire dépourvues de tout appendice qu'on puisse considérer comme des bractées avortées.

EcTOSPERjiE DicnoTOME, Eclosperiiia dicholoma , Bory; Confciva dicholoma, L. ; Faucheiia tlkhotoma, Lyngb., lac. cit., 73, t. 19, c. On ne conçoit guère comment Roth (Catal. m. pag. 119) avait pu comprendre cette plante essentiellement inarticulée p.irrai ses Ceramium. L'une des plus communes de son genre; la grosseur de ses filaments dicliotomes fit comparer ceux-ci, à cause de leur volume, à des soies de Porc (Conferca dicholoma setis porciuis similis, DiU., AJusc. 17, tab. 5, fig. 19). Elle abonde dans toutes les eaux où elle devient fort grande. Ses cxtrérailés sont très-obtuses.

EcTOSPERME THicnoTOME. Ectospeima trichotoma. Bien que nous n'ayons pas observé la fructifîcalion de cette espèce, elle présente trop d'analogie avec la lirécédenle pour que nous l'en puissions éloigner ; elle en a la couleur, l'aspect et la consistance; mais ses rameaux, au lieu de se fourcher, se partagent toujours en trois. Nous présumons qu'elle est originaire des canaux de l'Egypte, du moins l'avons-nous découverte dans de grands pots de terre où l'on cultivait, toujours inondée dans les serresdu jardin botanique de Bruxelles, le Nymphœa cœnitea, provenu de plants en racines qu'un officier Iwlge avait rapportés dans son pays de la glorieuse expédition que firent lesFrançais en Afrique, sous le général Bonaparte.

Le véritable Coiif'erva canalicularis de Linné, appartient encore à cette section, ainsi que VEctosperma littoralis, B.; Faucheria dicholoma b, Lyngb., loc. cit., p. 7G, t. 20, A, qu'on trouve dans les fosses saumàtres, le long de certaines côles.—Eclosperma sericea, B. ; Faucheria, Lyngb., t. 21, b, qui est le Conferva .^pongiosa de plusieurs botanistes.— £ctospenna Dillicynii, B.; Faucheria , Lyngb., t. 21, c; Evtospcrma saliiianim, B.; Ectospcrma appendiculala, Vaucher, p. 53, pi. 3, 11, qui croit dans l'eau rauriatée des bassins de Lons-le-Saulnier et autres salines du même genre. — Ectospeima marina, B. ; Faucheria, Lyngb., pi. 22.

tt Capsules sessiles, rondes, latérales, solitaires ou géminées, accompagnées d'un appendice bracléiforme.

EcTosPERME nÉTÊROCLiTE. Ectosperma hcleroclita, B.; Eclosperma sessitis, Vaucli., loc. cit. 31 , pi. 2, t. 9, 7; Faucheria sessilis , Lyngb., p. 80, pi. 22, o. Colle espèce, qui n'esl pas rare dans nos mares, est re-

marquable en ce que ses capsules, solitaires ou géminées, sont fixées à la base d'un appendice qui manque parfois, mais qui ressemble à une petite corne lorsqu'il existe.

ttt Capsules solitaires , pédicellécs. Les espèces de cette section ont le pédicule qui supporte leur fructification simple, fourchu ou accompagné d'ime ou deux de ces ramules bractéiformes, regardées à tort comme des anthères. Kous citerons comme les principales : Ectosperma orala, Vauch., p. 23, pi. 1, fig. 1 ; Faucheria, Lyngb., loc. cit., p. 76, pi. 20, K. — Ectosperma bamala, Vauch., p. 20, pi. 2, fig. 2; Faucheria, Lyngb., p. 77, pi. 20, c — Ectosperma terrestris, Vauch., p. 27, pi. 2, fig. 5, qui n'est certainement pas le Byssus velutitia de Linné, comme le croit Vaucher; ce prétendu Byssus est une véritable Conferve; le Faucheria terrestris de Lyngb. , p. 77, t. 21 , a , est bien un Eclosperme, mais non celui de Vaucher. Il doit être considéré comme une espèce très-différente que nous nommerons repeiis.

tttt Capsules sessiles. géminées, opposées vers l'extrémité de l'appendice bracléiforme qui les supporte. Trois espèces remarquables composent cette section : Eclosperma yeminala, Vauch., loc. cit., p. 29, pi. 2, f. h; Faucheria, Lyngb., loc. cit., p. 80, t. 23, a. — Eclosperma cœspitosa, Vauch., p. 28, pi. 2, fig. 4; Faucheria, Lyngb., 81, t. 23, Yi. — Ectosperma cruciata, Vauch., p. 30, pi. 2, fig. 6.

ttttt Capsules groupées en certain nombre, sur les a|)pendices bractéiformes, soit sessiles, soil stipitées. Les esjièces qui composent celle section sont les suivantes : Ectosperma racemosa, Vauch., loc. cit., p. 32, pi. 3, f. 8; Faucheria, Lyngb., loc. cit., p. 81, t. 23, c — Eclosperma mullicornis, Vauch., p. 35, pi. 3, fig. 9 (bona).— Ectosperma multicapsularis , Faucheria, Lyngb., p. 82 [absqiie icône); Conferva, Dill., t. 71.

tttttt Capsules ovoïdes, terminales et donnant aux rameaux, à l'exlrémilé desquels on les voit, l'aspect d'une petite massue. Nous ne connaissons qu'une espèce dans cette section qui pourrait rentrer dans la troisième, si l'on venait à lui découvrir des capsules latérales. C'est VEctosperma Clacata, Vauch., loc. cit., p. 34, pi. 3, f. 10; Faucheria, Lyngb., loc. cit., p. 78, t. 21 , D. C'esl ù tort qu'on a rapporté à cette espèce le Conferva vesicata de MUller (Nov. Act. Petr. m, p. 93, t. 2, f. 0-9), qui est bien certainement une Prolifère de Vaucher et de Leclerc, c'est-ii-dire une de nos Vaucheries. F. ce mot.

ECTROSIE. Ectrosia. bot. Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, établi par R. Brown (Prodr. Flor. JSor.-Holl. , p. 183) qui l'a ainsi caractérisé : lépicène multiflore , ù deux valves presque égales et mutiques; épillet composé de Heurs distiques, l'inférieure hermaphrodite, les autres mâles ou neutres. Chaque fleur hermaphrodite est munie d'une glume à deux valves, dont l'extérieure est terminée par une barbe simple; les fleurs mâles et neutres ont des barbes plus longues. Ce genre est voisin des Chloris, dont il se distingue surtout par son inllorescence en panicule : il se compose de deux espèces, nom-

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mées par R. Brown Eclrosia lepoiiiia et Ectiosia spadicea , qui croissent l'une et l'autre dans la partie (le la Nouvelle-Hollande, située entre les tropiques.

ECU. Scuttim. iws. Nom qu'on avait employé assez vaguement pour désigner certaines parties dures du corps des insectes, et que l'on a appliqué, d'une manière rigoureuse et invarial)le,*à une pièce de leur dos; on a donné le nom d'Écu AisxÉitiECR, Piœsciituni, à une autre pièce du thorax siluée au-devant de l'Écu. t'. sa description au mot Tcorax.

ECU DE DRATTENSBOURG. moll. ross. Cranie ainsi nommée à cause de sa forme et d'un canton de Laponie où elle se trouve communément.

ÉCUELLE. Scutella. pois. (Gouan.) Disque formé par la jonction des ventrales, dans les Lépadogastres. y. ce mot.

ÉCUELLE D'EAU, bot. Synonyme vulgaire d^Hj-ilrocolj-le vulgaris, L.

ECDLA. POIS. Pour Equula. V. ce mot.

ÉCUME DE FER. min. Nom vulgaire du Fer oligiste écailleux.

ÉCUME DE MER. zooL. et bot. Les matelots, les habitants des côtes et quelques voyageurs appellentÉcume de mer ce que les vagues jettent sur le rivage; c'est un composé en général de plantes marines, de Polypiers, ou de leurs débris, ayant souvent un commencement de décomposition. Quelques Ilydrophytes capillacées, articulées et très- gélatineuses, sont également nommées Écume de mer par les marins, pour les distinguer des plantes marines plus grandes ou plus fortes dans leur tissu.

ÉCUME DE MER. Jiw. Meerschaum de Werner. On appelle ainsi une Terre magnésienne fort tendre, blanche, dont on fait des pipes très-recherchées. Brongniart l'a nommée Magnésile, nom sous lequel elle sera décrite dans ce Dictionnaire, r. Magnésite.

ÉCUME DE TERRE. MIN. Nom que l'on donne vulgaiiementà une variété de Chaux carbonatée crayeuse, d'un tissu spongieux et d'une faible consistance. ÉCUME PRINTANIÈRE. ws. r. Cercope.

ÉCUREUIL. Sciurus. mam. Genre de Rongeurs à clavicules, caractérisé par des incisives inférieures trèscomprimées, par une queue longue, garnie de i)oils longs et presque toujours divergents en dessous comme des barbes de plume. Les Écureuils ont quatre doigts devant et cinq derrière; quelquefois le pouce de devant est marqué par un tubercule; ils portent partout quatre màchelières tuberculeuses, et en haut une cinquième très petite, antérieure, qui tombe de très-bonne heure; leurs ongles sont aigus et recourbés pour pouvoir s'accrocher aux écorces des arbres en y grimi)ant.

Ce sont tous des animaux agiles, propres, animés d'un instinct de grimper qui n'est pas, comme on l'a dit, un simple résultat mécanique de leur conformation, car ils courent aussi légèrement à terre qu'ils grimpent et sautent sur les arbres. Celte course est une suite de bonds, qui tient le milieu entre la course des Lièvres et les sauts des Gerboises. Ni la direction des os des membres, ni la disposition de leurs articulations ne nécessitent chez ces animaux cette gène à marcher à terre, qu'on observe chez les Bradypes et les Chauves-

Souris , ni l'obligation de grimper comme chez ces mêmes Bradypes et les Orangs. L'habitude de grimper est pour eux l'effet nécessaire d'une influence particulière du système nerveux. De petits Écureuils auxquels Magendie enlevait les lobes du cerveau et les corps striés, au lieu d'être entraînés irrésistiblement dans une course en avant, comme il arrive en pareil cas aux Lapins et aux autres Mammifères, se mettaient à exécuter les mouvements de grimper, en fléchissant en dedans, avec une grande agilité, les pieds de devant et ceux de derrière, comme ils font quand ils grimpent à une branche d'un plus petit diamètre que leur cor|)s. La prédominance de leurs membres postérieurs sur les antérieurs n'est point non plus, comme on l'a dit aussi, la cause de leurs habitudes grimpantes, car cette longueur est bien supérieure encore dans les Gerboises qui sont précisément des animaux terriers. L'expérience de Magendie prouve d'une manière directe que les habitudes de ce genre ont uniquement leur cause dans l'organisation particulière du système nerveux. Leur œil, trèsgrand relativement à leur taille, n'a point de couleur réfléchissante à la choroïde; la pupille, plutôt ovale que ronde, a son grand diamètre horizontal; leurs oreilles sont bien développées et sont terminées par des bouquets de poils; ils se nourrissent de fruits secs qu'ils portent à la bouche des deux mains à la fois. Dans quelques pays, ils vivent aussi, selon les contrées, de la sève sucrée des Graminées, et Kalm (Voyage, T. II, p. 243 ) dit qu'ils se sont multipliés davantage en Pensylvanie et en Virginie depuis que l'on y cultive le Maïs dont ils font une consommation ruineuse pour le cultivateur. Ils y fourragent par troupes de plusieurs centaines; il parait même que, dans le Nord, ils se rabattent sur la chair, car Gmelin (Voyag. en Sibérie, T. Il) dit qu'on les prend avec des sortes de trapes faites à peu près comme un quatre de chiffre, dans lesquelles on met pour appât un morceau de Poisson fumé, et qu'on tend ces trapes sur les arbres. Ils habitent les grandes forêts des deux continents, vivent en société ou solitaires, selon les espèces; mais dans ce dernier cas, ils vivent ordinairement mariés. Leur nid est une sorte de petite cabane sphérique, ouverte par en haut, et construite avec des bûchettes sur la cime des arbres les plus élevés. Quelques espèces font pourtant exception et habitent des terriers sous la souche des arbres. Les espèces qu'on a examinées ont huit mamelles : six sous le ventre, deux à la poitrine: ils font quatre ou cinq petits. On ne connaît aucune espèce voyageuse dans ce genre.

Buffon croyait à tort que les Écureuils étaient des animaux propres aux contrées tem])éiées et froides des deux continents. Le plus grand nombre des espèces d'Écureuils appartiennent au contraire aux contrées chaudes, soit continentales, soit insulaires de l'Asie. En outre F. Cuvier (Mamm. lilh.) vient de prouver que l'Europe possède au moins deux espèces de ce genre, en publiant l'espèce alpine dont les caractères différentiels, comme on le verra, sont plus prononcés qu'entre des espèces sur la diversité desquelles on ne fait aucun doute.

L'Auslralasie seule parait n'avoir pas d'Écureuils;

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rAiuéri(|ue du Nord, toute l'Asie, l'Europe et l'Afrique sont remplies, soit des nombreuses espèces du (jenre, soit des populations nombreuses de quelqu'une de ses espèces.

La divergence ou la non divergence des poils de la queue, l'absence ou l'existence d'abajoues, caractères existant ensemble ou séparément, ont fait diviser ce genre en trois sections.

t ÉcDREUiis PROPREMENT DITS : queuB (Ustiqtie ; potTit (l'ahajoiies.

ÉcDRECti coMMDN. Sci'urus vulgttris; Eikhorn des Germains; Ikoni des Scandinaves ; Gioltcair des Celtes; yinla des Esi)agiioIs ; Bjc/ka des Russes; /Feweiica des lllyriens, Slaves et Bohémiens; Moktis , Evet des Hongrois; Uttik des Tungouses; i//-des Permiens et des Tcliereniisses; O/Oioas des Finnois; One des Lapons; Kenna des Kalmouks; Liiie des Mogols; 7'yVndesTatarcs. Celte espèce est répandue dans toutes les zones tempérées et froides de l'ancien continent. Aussi est-elle susceptible, suivant les climats, et dans chaque climat suivant les saisons , d'une assez grande diversité dans la couleur ou seulement dans la nuance de la fourrure. En France et dans l'Allemagne méridionale, sa couleur est toujours en dessus d'un roux plus ou moins vif; le ventre est d'un beau blanc;, la queue est en dessus de la couleur du dos, mais en dessous ses poils sont annélés sur leur longueur de blanc, de brun, et ne sont roux qu'à la pointe; ses oreilles sont surmontées d'un pinceau de poils roux; quelques individus sont d'un roux uniforme. Sa taille ordinaire est de sept à huit pouces du museau à l'origine de la queue toujours redressée en panache jusque sur la tète de l'animal i|uand il est en action. Sa couleur ne change pas sensiblement ni par les saisons ni par l'âge. En Scandinavie et dans le nord-ouest de l'Asie, l'Écureuil, en conservant la même taille et les mêmes pinceaux des oreilles que dans nos contrées, prend en hiver un pelage gris d'ardoise piqueté de blanchâtre, chaque poil étant marqué d'anneaux alternativement gris de souris et gris- blanchâtre. C'est en cet état qu'on le connaît sous le nom de Petit-Gris, dont les fourrures sont si répandues. L'Écureuil, à compter des bords de l'Obi jusqu'au Jénisei, acquiert une taille plus considérable, phénomène que nous avons déjà remarqué en parlant des Loups et des Renards de cette région delà Sibérie. Son pelage y devient aussi d'un gris plus argenté; la fourrure redevient moins épaisse, et prend une teinte plus obscure depuis le Jénisei jusqu'à l'Angara.

Suivant Pallas et Gmelin, il y aurait des Écureuils tout noirs dans la région âpre et montagneuse, qui entoure le lac Baïkal ; il est douteux que cet Écureuil noir soit spécifiquement identique avec celui dont nous parlons.

L'Écureuil ne s'engourdit pas en hiver comme les Loirs et d'autres Rongeurs; aussi s'approvisionne-t-il l)Our cette saison de noisettes, de noix, d'amandes, de glands, de fèves, de semences de Pins, etc.; il fait ses magasins dans des trous d'arbres au voisinage de son domicile. Il est aussi rusé que prévoyant : en fuyant de branche en branche, et, par les branches, d'arbre en arbre, il a toujours l'adresse de nieltre les branches

entre lui et l'ennemi ou le chasseur qui le poursuit. Quand son élan est d'une certaine longueur, sa queue, étalée au-dessus de son corps, lui sert de parachute. Mais il serait impossible qu'elle lui servit de gouvernail en nageant comme on l'a prétendu : les poils mouillés se coucheraient, et d'ailleurs l'axe de celle queue, étant très-grêle, serait incapable d'imprimer à l'eau le moindre choc et de réfléchir sur l'animal la moindre impulsion. Les récits de Linné, de Klein , de Schœffer, de Uegnard, sont bien plus vraisemblables. Ils ont vu des troupes de Petits-Gris embarqués sur des morceaux d'écorce qui leur servaient de radeaux, les gouverner en travers du courant, et passer des rivières en opposant au vent leur queue étalée comme une voile. Tout le monde connaît les attitudes, la démarche, l'exquise propreté de ce joli animal; nous n'en parlerons donc pas. La chair est bonne à manger. On dit qu'il ne produit jamais en captivité.

Écureuil des Pyrénées. Sciunts alpinus Pyrenaicus, F. Cuvier (Mamm. lithog., 2= douz.). Les jeunes apportent en naissant, et les adultes conservent toute la vie les caractères que nous allons exposer, et qui le séparent de l'Écureuil ordinaire auquel on ne l'avait sans doute réuni qu'à cause de l'identité de leurs régions natales. Et en effet lorsque dans d'autres contrées du même continent on trouve tant d'espèces difféientes, pourquoi l'Europe n'aurait-elle qu'une espèce unique, lorsque la hauteur et la direction de ses montagnes, son découpenient par des mers intérieures, y réalisent toutes les causes qui coïncident ordinairement avec la diversité zoologique? D'un brun très-foncé, tiqueté de blancjaunùtre en dessus; d'un blanc très-pur à toutes les parties inférieures ; face interne des membres grise ; le bord des lèvres blanc ; les quatre pieds d'un fauve assez pur ; une bande de cette même couleur sépare le blanc et le gris des parties inférieures du brun des parties supérieures; la queue, vue de profil, est toute noire; vue en dessus elle est brunâtre, parce que , sur leur longueur, les poils sont annelés de noir et de fauveclair, et de noir pur seulement à la pointe; ces poils divergent comme dans l'Écureuil ordinaire ; les oreilles ont des pinceaux, et les moustaches sont noires. Pour les proportions et la taille, cette espèce ressemble à l'Écureuil commun, mais la tête est plus petite. Le mâle et la femelle ont longtemps vécu à la Ménagerie; ils ont mué plusieurs fois, et leur pelage n'a pas changé. Dans l'été les parties brunes avaient plus de noir que pendant l'hiver, saison pendant laquelle la queue grisonnait. F. Cuvier en a vu de tout semblables venant des Alpes.

Écureuil gris de la Caroline. Sciunts cinereus. L., ou plutôt son Sciurus Carolinensis, Mamm. lith. de F. Cuvier, première douzaine. C'est le Petit-Gris de Buffon, Quadr. , t. x, pi. 2j. Un peu plus grand que l'Écureuil roux d'Europe, ses couleurs sont très-variables; on en a eu à la Ménagerie du Jardin des Plantes, qui étaient tout entiers d'un gris blanchâtre, et d'autres où le fauve se mélangeait à tout le pelage et dominait sur les lianes. Celle espèce offre l'exemple des plus grandes différences de couleur dans une espèce libre et sauvage habitant une même contrée; les oreilles n'ont

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pas de pinceaux; les poils soyeux et laineux sont en égale proportion ; il a de fortes moustaches aux lèvres supérieures, il en a aussi à la face intérieure des jambes de devant. Par sa taille, il est très-probablement d'une autre espèce que le grand Écureuil gris de Catesby, qui habite la même contrée. Cet animal est d'une pétulance, d'une bi'usquerie extraordinaires; cependant il s'apprivoise aisément, mais sans s'attacher à personne. 11 ne se couche qu'après avoir construit au fond de sa cage un nid spbérique de paille ou de foin, dans lequel il dort jusqu'au jour. Cette espèce est indigène des Carolines. Bosc l'avait déjà décrit et figuré (Journal d'Hist. nat., t. II, p. 96). Catesby (Ilist. natur. delà Caroline, l. H, p. 74) a fait connaître un Écureuil aussi grand qu'un jeune Lapin, plus épais, plus trapu que l'Écureuil ordinaire d'Europe; sa télé et ses oreilles sont plus courtes; sa queue lui couvre tout le corps. C'est cette espèce qui est décrite dans le Dictionnaire de Déterville sous le nom d'Écureuil gris, trois fois plus grand que celui d'Europe. Est-ce le Sciurus cinereus de Linné?

ÉccRECiL Capistrate. Sciurus Capistratus, Mamm. lilhog. , 3e douz. Entièrement noir, à l'exception des oreilles, du museau, des doigts el du bout delà queue qui sont blancs. Les poils laineux sont en très-grande proportion; tous sont noirs à la pointe, gris à l'origine dans les parties noires, et blancs sur toute la longueur dans les parties blanches. II est de beaucoup plus grand que l'Écureuil vulgaire. Il a deux pieds du museau au bout de la queue. Il habite les terrains secs, plantés de Pins et d'Érables dont il mange les semences ; il entre en chaleur au mois de janvier; les petits quittent la bauge vers le mois de mars. Il ne fuit pas le chasseur, mais cherche à se dérober à sa vue en se cachant à plat ventre sur quelque grosse branche d'où il ne bouge plus avec quelque opiniâtreté qu'on le fusille. Les Renards, les Serpents à sonnettes et les Oiseaux de proie en détruisent beaucou]).

ÉccREtiiL CoQDAiiiJi. Sciurus variegatus, L., Buff., t. XIII, pi. 13 ; Schreb., pi. 218, QiiaulilecaUoU-Qiiapachtli des Mexicains. Hernandez, cap. 28, le dit presque double de celui d'Europe : c'est une des raisons de Buffon pour n'en point faire un Écureuil, dont il dit qu'il diffère d'ailleurs par plusieurs caractères extérieurs aussi bien que par le naturel et les mœurs. Cette espèce a le dessus du corps varié de roux, de noir et de brun; son ventre est d'un roux orangé; sa queue de la couleur du dessus du corps, légèrement mêlée de blanc vers la pointe et sans pinceaux aux oreilles ; il ne monte pas sur les arbres, habite, comme l'Écureuil de terre, dans des trous et sous les racines des arbres; il y fait sa bauge et y élève ses petits; il remplit aussi son habitation de grains et de fruits pour l'hiver. On ne le connaît encore qu'au Mexique.

ÉcuREDiL AVEPiTRERODx.i'ciMrMS fufivenler, Geoff. Il existe dans le Muséum de Paris. De la taille de celui d'Europe, mais sans pinceaux aux oreilles; son pelage est d'un brun roussâtre, piqueté de noir en dessus, couleur qui s'étend sur la tète, les flancs et les pattes ; tout le dessous du corps et les faces intérieures des membres sont d'un roux assez pur. Moustaches noires, aussi lon-

gues que la tète ; pattes d'un brun foncé sans mélange de fauve; queue touffue, brune à la base, fauve àl'exfréraité. De l'Amérique du nord, sans désignation de contrée. Est-ce le même que l'Écureuil cendré?

ÉccnEOii A BANDES KovGKS. Sciurus ruhro-Unealus, Mammal; Écureuil rouge de Warden(Descrip. des États- Unis, T. v). — Plus petit que l'Écureuil gris, à pelage grisâtre sur les flancs; une ligne rouge sur l'écbine; ventre blanc. Il vit de semences de Pins, d'où lui est venu le nom d'Écureuil des Pins. Il niche dans des creux de rocher ou dans des trous d'arbres morts. RaiRnesque (Ann. of natur. , n° 1, p. 12) donne ce nom d'Écureuil rouge à une espèce qu'il dit entièrement rouge de brique en dessus, blanche sous le ventre et sans aucun pinceau aux oreilles. Il différerait beaucoup de l'espèce à bandes rouges, par sa taille de deux pieds du museau au bout de la queue. Il est du Haut-Missouri où on le nomme Écureuil-Renard.

ÉcuRECii NOIR. Sciurus iiùjer, L., QuauhtecalloU- Thiltlie des Mexicains, Ilernand., Mex.,p. 582; the btack Squirrel, Catesby, T. ii, p. 73, et Bartram, T. ii. A peu près semblable pour les couleurs et leur répartition à l'Écureuil Capistrate, mais presque moitié plus petit, n'étant que de la taille de l'Écureuil vulgaire. Des individus de cette espèce, dit Catesby (loc. cil.), n'ont de blanc que le nez; d'autres les pieds, d'autres le bout de la queue, d'autres seulement un collier sur le cou. La queue n'est ni aussi touffue ni aussi longue à proportion qu'à son grand Écureuil gris (Sup. 3). Selon Desmarest (Dict. d'Hist. nat. de Déterville) les oreilles et le bout du nez seraient constamment noirs, comme le reste de la tête, et ce caractère distinguerait celte espèce de la variété noire du Capistrate dans lequel ces parties seraient constamment blanches. Le pelage est formé d'un feutre brun et serré, traversé par les poils soyeux, seuls apparents au dehors. Il est des États-Unis d'Amérique et probablement aussi du Mexique. Suivant Catesby, sa chair est délicate, et il différerait de l'espèce grise du même auteur par ses mœurs sociales et sa manière d'élever ses petits.

Écureuil du Malabar. Sciurus maximus, Gmel., Sonnerai, Voy. T. ii, pi. 87; Buff., Supp. vu,' pi. 72. Le plus grand de tout le genre et de la taille d'un Chat; le dessus de la tête, une bande derrière la joue, les oreilles, la nuque, les flancs et le milieu du dos sont d'un roux brun très-vif; les épaules, la croupe, les cuisses el la queue d'un beau noir; le ventre, la partie intérieure des jambes de derrière, presque toutes les jambes de devant, la poitrine, le dessus du cou el le bout du museau d'un assez beau jaune. Suivant Sonnerai, il habite sur les Palmiers, et aime beaucoup le lait des noix de Cocos.

Écureuil de Cetlan. Sciurus Ceylanensis, Mammal; Encycl., pi. 73, f. 4; sous le nom d'Écureuil à longue queue; Long tailed Squirrel, Penn., Indian Zool., lab. 1; Schreb., t. 217; Daudoleana à Ceylan , liakea au Malabar. — Trois fois plus grand que l'Écureuil d'Europe, noir sur toutes les parties supérieures, jaune aux parties inférieures; à queue grise; bout du nez de couleur de chair; deux petites bandes noires sur chaque joue; une lâche fauve entre les deux orei'lcs.

On ne sait rien sur ses habitudes. Desmarest propose lie le séparer de l'espèce précédente, à laquelle il a été réuni par Cuvicr, uniquement parce qu'il est de Vile de Ccylan. Mais comme la dislance de Ceylan au continent indien est infiniment petite, et comme la plupart des animaux de Ceylan lui sont communs avec le Décan , par exemple l'Eléphant asiatique et le Chevrotain Méniina (qu'on avait cru essentiellement insulaire), on voit que la raison alléguée par Desmarest n'est pas concluante.

EccREUii DE Madagascar. Sciurus Madagascariensis, Shaw, Buff., Suppl. vu, pi. 65. D'un noir foncé en dessus; joues et dessous du cou d'un blanc jaunâtre; ventre brun-jaunâtre; queue noire; oreilles sans pinceau. Au moins double en grosseur de l'Écureuil d'Europe. Il est très-voisin du précédent; comme lui, il a la queue plus longue que le corps.

ÉcuREtJii DE Prévost. Sciurus Piecostif. Grand comme l'Écureuil d'Europe, à pelage noir en dessus, j;iune sur les flancs et marron en dessous; queue brune; les oreilles sans pinceaux ; la queue presque ronde et médiocrement velue; le jaune des parties latérales tranche fort nettement avec le noir des parties supérieures et le marron des inférieures. Ses mœurs sont inconnues; on sait seulement qu'il est de l'Inde, sans désignalion de contrée.

ÉCCHECII A TÊTE BLANCDE OU de LESCHEfAtlT , Sci'u-

riis albiceps, GeofF. D'environ un pied de long; il a le pelage brun en dessus avec l'extrémité des poils jaunâtre; la queue, longue d'un pied, est brune en dessus, jaunâtre en dessous, à poils bien divergents; tête, gorge, ventre, partie antérieure et interne des jambes de devant d'un blanc jaunâtre; jambes postérieures et partie externe des antérieures brunes, ainsi que les pieds de devant. II est de Java.

ÉccREuiL BicoLOR. Sciiifus bicolor, Sparmann, Acl. Soc. Goth.; Sciurus Javanensis, Schreb., pi. 210. Corps roux; la queue fauve, ainsi que le dessous du tronc et de la tête; tour des yeux noir; oreilles sans [linceaux.

ÉcDREriL A DECX RAIES. Sciurus biUitcatus , Geoff. De sept pouces environ de longueur; queue un peu plus courte; dos et flancs d'un brun gris, piqueté de jaunâtre; sur chaque flanc, une bande blanche , étroite, depuis l'épaule jusqu'à la hanche; dessous du ventre et dedans des quatre pattes d'un brun jaunâtre. Il est de Java où Lescheuault l'a découvert.

Écureuil !i\RBAf^i.s(ivt,. Sciurus Getulus, Lin., Buff. T. X, pi. 27. D'un tiers plus petit que l'Écureuil d'Europe; Il a le dessus du corps brun, avec quatre lignes longitudinales blanches, dont deux de chaque côté, délais l'épaule jus(iu'à la naissance de la queue; le ventre blanc; la queue d'un cendré roussâtre varié de noir; les oreilles sans pinceaux et très -courtes. II habite les contrées adjacentes aux chaînes de l'Atlas; on l'a aussi indiqué en Asie.

ÉcLREiii. Palmiste. Sciurus Palmarum, L.; Écd- REuiL A queue EN PINCEAU de Leach , Mustela ylfricana, Clnsius, Exotic; Buff. T. x, pi. 20. De cinq pouces de long au corps, et six pouces à la queue; d'ailleu.-s fort semblable au précédent, ayant, comme lui.

deux ou trois bandes blanches, de chaque côté du dos et sur les flancs, le dessus du corps brun ou roux mêlé de gris; le ventre d'un blanc jaunâtre; la queue roussâtre en dessus, blanchâtre et bordée de noir en dessous; les oreilles sans pinceaux. Du Sénégal et des îles du cap Vert. Il est douteux qu'il se trouve en Asie, où on l'a indiqué comme le précédent.

Écureuil a croupion roux. Sciurus pxgerylhrus, Less. , Zool. du Voyage de Bélanger, pi. 7. Parties supérieures et face externe des membres d'un brun tiqueté de fauve, les inférieures, comme la face interne des membres, sont d'un roux vif; menton blanchâtre; joues d'un fauve roussâtre; museau d'un fauve tiqueté de noir; pieds et mains d'un brun noirâtre; queue aplatie, couverte de poils annelés de fauve et de noir, présentant à sa face supérieure, une suite d'anneaux de ces deux couleurs; mais tous, et surtout les anneaux fauves, très-peu distincts. Taille, sept pouces. Du Pégu.

Écureuil a ventke gris. Sciurus griseiventris, Less. Pelage supérieur et à la face externe des membres, d'un brun tiqueté de fauve; face, côtés de la tête, devant de l'épaule et gorge d'un roux plus ou moins fauve et foncé; queue annelée peu distinctement de noir et de fauve, terminée de noir; parties inférieures d'un gris foncé, ces nuances séparées de celles du dos par deux bandes latérales ; l'une noire, assez large et trèsdistincte, l'autre rousse ou fauve. Taille, sept pouces. De Java.

Écureuil a mains jaunes. Sciurus flavimanus, Less. Pelage supérieur d'un brun tiqueté de roussâtre; l'inférieur est d'un beau roux marron, ainsi que la face interne des membres; anneaux bruns et roux de la queue peu distincts; dessus du museau, face dorsale du pied, de la main et régions externe et antérieure de l'avantbras fauves; point de raies blancbe et noire sur les flancs. Taille, sept pouces. De Ceylan.

Écureuil a queue de cheval. Sciurus hippurus, Less. Pelage supérieur roux, tiqueté de noir, l'inférieur et la région interne des membres d'un beau roux marron ; face externe des membres , ainsi que les cotés du cou et le dessus de la tête, d'un gris foncé, tiqueté de blanc; queue irrégulièrement distique, et entièrement couverte de longs poils noirs. Taille, neuf pouces; la queue en a dix. De Java.

Écureuil a ventre uoré. Sciurus auriventer, Less. Tète d'un fauve brunâtre, avec les côtés du nez blancs; moustaclies noires; oreilles courtes et brunes; pelage supérieur fauve, tiquelé de blanc; l'inférieur, les flancs et la face interne des membres d'un beau roux doré ; une bande irrégulière et blanchâtre couvrant une partie de la cuisse; queue brune dans sa portion médiane et fauve sur les parties latérales avec les poils de la ligne médiane courts et couchés, les autres longs et écartés. Taille, onze pouces; celle de la queue est de dix-huit environ. De Java.

■\\ Guerlinguets : point d'abajoues; queue entièrement ronde ou dystique à l'extrémité seulement.

Écureuil de la Gci.ane. Sciurus œsluans, L. Grand Guerlinguet de Buffon, Suppl. vit, pi. 05; Myoxus Gucrtingeus, Shaw. A peu près de la même grosseur

1 ïiCinoâSWïïJï, A. "^iiwffmis ©©mu. sciurus aukr'kxter,

2 ^m^rÇTll^ DIS FOSlf. CAPROM^'S POEYI .

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et de la même forme que l'Éciireuil irEuiopc; le dessus du corps d'un brun marron ; ventre et poitrine roussà- Ires; queue de la couleur du corps, annelée de brun et de fauve, peu nettement séparés, noire au bout; oreilles sans pinceaux; moustaches noires, et quelques longues soies de la même couleur à la face interne des avantbras. Il habite la Guiane, où il se nourrit principalement de fruits de Palmier. Mais il ne vit pas exclusivement sur les arbres; on le voit souvent à terre.

ÉcDREuiL HAiN. Sciiiiiis ptistllits, Gcoff. Pctit Gucr- Iinguet,Buff. Suppl. vn,pl. 4G. Découvert à la Guiane par Sonnini; il n'a guère plus de trois pouces de long au corps et autant à la queue; le dessus du corps est brun, mêlé de jaunâtre et de cendré; la poitrine d'un gris de Souris; le ventre fauve; queue de la couleur du dos; oreilles sans pinceaux, mais garnies en dedans de petits poils du même fauve foncé que le ventre et la face interne des cuisses; les moustaches noires. A Cayenne ou nomme Rat de bois ce petit Écureuil.

ÉCDRECIL A BANDES BLANCBES. SciurUS albo-VlttatUS,

Desmarest. Dessus du corps roussâlre, avec une ligne blanche de chaque côté; queue noire, brune ou roussâlre à sa base et noire à l'extrémité; oreilles sans pinceaux. Desmarest rapporte à cette espèce, qui est des Indes-Orientales , 1" l'Écureuil de Guigi de Sonnerai, un peu plus grand que celui d'Europe, d'un gris terleux en dessus, gris plus clair en dessous et en dedans des membres, avec une bande de blanc sur les flancs et du blanc aussi autour de l'œil; 2° l'Écureuil fossoyeur, Sciurus erythopus, de la collection du Muséum ; grand ù peu près comme le Sciurus vul- (juris, à dessus du corps et queue mélangésde jaunâtre et de brun; ventre blanc sale; oreilles très-courtes et bandes blanches sur les flancs.

ÉccRECiL A QCECE an:«elée. Sciunis annulatus. Grand comme l'Écureuil palmiste, à pelage d'un gris verdàtre clair en dessus, sans bandes blanches latérales, blanc en dessous; queue plus longue que le corps, toute ronde, annelée transversalement de blanc et de noir. Ses mœurs et sa patrie sont inconnues.

ÉcCREUiL FERRiGiNEBX. Cuv., Sciuius feirugineus; Hist. nat. des Mamni. 59 liv. Sciurus Keraudrenii, Reynaud, Less., Cent. zool. pi. 1. Tète assez petite, terminée par un museau plus pointu que dans les autres esjièces; deux faisceaux de soies noires et très-rudes à la lèvre supérieure ; oreilles redressées, et couvertes de poils en dedans comme en dehors; pelage dense, épais, très-fourni, d'un rouge-brun foncé, ce qui est dû à ce que chaque poil est noirâtre et luisant à sa pointe, tandis que le corps est d'un rouge brun; queue un peu plus longue que le corps, et de même couleur, terminée par uue houppe de poils lâches, d'un blanc pur ; pieds et mains revêtus de poils roides, courts, ras et d'un noir vif. Taille, depuis le museau jusqu'à l'anus, huit pouces six lignes, et depuis l'origine de la queue jusqu'à son extrémité, dix pouces trois lignes. Du Pégu.

ÉCCRECIL DE Botta. Sciurus Bottœ, Less., Cent, de zool. pi. 76. Pelage médiocre, serré, assez dense, un peu rude, gris, mélangé et onde de blanc, de brun et

de roux; moustaches formées de poils fins, grêles, nombreux et noirs; oreilles dressées, pointues, garnies en dedans de poils très- courts, qui s'allongent au sommet en un petit pinceau grêle et mince; dessous du corps d'un fauve clair, tirant au blanchâtre; queue nuancée de fauve et de brun, chaque poil se trouvant terminé de fauve très-clair; pieds et mains en dessus d'un fauve clair; ongles cornés, petits, peu robustes et assez aigus; la partie interne et nue est de couleur de chair. Taille, sept pouces et demi, celle de la queue est de huit pouces et demi. De la Californie.

•fit Tamias , avec abajoues et queue dystique.

ÉccREcii Suisse. Sciurus siriatus, L. Burundulc des Russes; Ulbulci des Tungouses; Wa(7/in des Mogols ; Dsjiilalà des Baskirs; Dschyrœki des Mongols; Schepek desOsliaks; Kugeriik des Tartares. Écureuil de terre de Calesby, Hist. de la Carol., p. 15; Buff., t. X, pi. 208. On en distingue deux variétés, l'asiatique et l'américaine. La variété américaine, figurée par Calesby, est moitié plus petite que l'Écureuil ordinaire, et de la même couleur, mais il a de jilus sur chaque flanc une bande d'un blanc jaunâtre, bordée elle-même de deux raies noires; une autre raie noire, impaire, s'étend le long de l'échiné; les poils de la queue sont beaucoup plus courts que dans les autres Écureuils. — La variété asiatique a environ cinq pouces de long, et sa queue seulement trois ; il a le dessus du corps d'un brun Jauve, avec les mêmes rayures que la variété américaine ; l'intervalle de la raie spinale à la première raie des flancs est d'un gris brun ; les épaules et les pattes de devant sont d'un fauve obscur; la croupe, sur laquelle ne s'étendent pas les rayures longitudinales, le dehors des cuisses, l'extrémité des pattes de derrière et la hase de la queue sont d'un roux vif. Cette espèce est indigène depuis la Kama jusqu'à l'autre extrémité de la Sibérie; en Amérique elle s'étend probablement depuis le détroit de Behring jusqu'à la Caroline oii Calesby l'a observée le premier. Cet Écureuil monte rarement sur les arbres ; il se creuse entre leurs racines un terrier à double sortie avec autant de chambrées qu'il lui en faut pour les provisions d'hiver, qui consistent en semences d'arbres de toute espèce; il les transporte à la manière des Hamsters et autres Rongeurs, au moyen de ses abajoues.

ÉCUREUIL DE LA FÉDÉRATION. Sciurus tridecemlitieatus, Mitchell, Medic. Rep., janvier 1821, vol. G, n» 2. Grand comme l'Écureuil Suisse ; à queue longue de trois pouces; à corps mince; à museau pointu; le pelage est châtain-foncé en dessus, avec une ligne moyenne blanchâtre, moitié continue et moitié formée de petites taches; de chaque côté de cette ligne en sont trois non interrompues, alternant avec trois séries de taches blanchâtres; dessous du corps d'un jaune Dlanchâtre. Il est de la région des sources du Meschasabé. On ne sait rien sur ses habitudes.

ÉCUREUIL DE HuDSO.N. 5c2wr«s HudsoHius,L. Siksik des Eskimaux. Pallas, Nov. Sp. Glir. Un peu plus petit que l'Écureuil commun ; il est hrun-roussàtre sur le dos et sur la tète; sa queue, plus courte que le corps, est d'un brun roussâtre et bordée de noir; les moustaches sont noires et très-longues. Il n'habite que les contrées

les plus froides Je l'Amérique, et ne s'avance pas autant au sud que l'Écureuil Suisse.

Parmi les espèces dont on n'a pas de figures ni d'originaux, mais qui sont mentionnées, soit par les nonienclaleurs, soit même par quelques naluralistes plus exacts que des nomcnclaleurs, entre autres par Pallas et Guldœnsla;dt, on doit rappeler :

ÉctnEiiL DE Perse. Sciunis Persicits, Gmel., Sysl. Aat. De couleur gris-obscur en dessus, jaunâtre en dessous; tour des yeux et oreilles noirs; meml)res postérieurs roux. 11 serait des montagnes du Ghilan et du Mazenderan.

ÉcuREcii AivoMAL. Sciurus atiomalus , Gme]., ï,!)eycl. pi. 73, f. 2, et Schreb., tab. 219, c. Il est d'après Guldœnstœdt, un peu plus grand que l'Écureuil ordinaire; le dessus du corps, la face externe des membres et la queue sont de couleur ferrugineuse, foncée sous le ventre, plus pâle sous la gorge; oreilles petites, effilées à la pointe; joues fauves; tour de la bouche blanc. 11 se trouve dans les montagnes de la Géorgie.

ÉcDREDiL ROUGE. Sciuiiis eiythneiis, Gmel. et Pall. Nov. Sp., p. -577. D'un jaune mêlé de brun en dessus, fauve-sanguin en dessous; queue ronde et très-velue, aussi d'un fauve sanguin, avec une ligne noire ; un peu plus grand que l'Écureuil ordinaire. Il est des Indes- Orientales.

ÉccRECii d'AbïssiNie. Sciurus Abyssiniens, Gmel.; d'après Tliévenot. Noir ferrugineux en dessus, cendré en dessous; queue grise, longue d'un pied et demi; oreilles noires, triples de celles de l'Écureuil vulgaire. te serait à plus juste titre, à cause de la distance de leur patrie, qu'on séparerait cette espèce de l'Écureuil de Ceylan à qui elle a été réunie par Sbaw.

ÉcuREDiL IsDiES. i'cNOHS /«(/(CMi, Gmel.; Sciurus Bombayus, Penn. et Sbaw. Long de seize pouces au corps, de dix-sept à la queue ; des pinceaux aux oreilles; tout le dessus du corps et les flancs, ainsi que la queue, d'un pourpre obscur ; ventre et dedans îles cuisses jaunes ; bout de la queue orangé. Des environs de Bombay ; il est probablement identique avec l'Écureuil du Malabar, littoral qui ne forme qu'une seule région au bas des Galles.

ÉcuREEii DES Bakaniers. Sciurus notatus, Boddaert, Elench.; Animal Platane Squirrel, Pcnn., Quadr. T. ii, p. 131. D'une couleur un peu plus pâle que l'Écureuil commun , avec une ligne jaune sur les flancs. 11 est des lies de la Sonde, où il vit sur les Tamarins et les Bananiers. Sbaw le regarde comme une variété de l'Écureuil de Guigi de Sonnerai, ou bien est-ce le même que l'Écureuil à deux raies, trouvé à Java par Leschenault?

ÉCLREUiL DU Mexiqi'e. Sciurus Mexicanus, Séba, Thés. T. I, p. 70, fig. 2. Long de cinq pouces au corps et un peu plus ù la queue; à oreilles grandes et nues; à poils d'un brun cendré avec sept bandes blanchâtres le long du dos des mâles, et cinq sur celui des femelles. Séba a dessiné une queue terminée par quatre embranchements évidemment factices.

ÉCUREUIL JABJIE. Sciurus flovus, L. Moitié plus petit que celui d'Europe cl sans pinceau aux oreilles. Linné le dit des environs de Carthagène en Colombie, et Pcn-

nant du Guzurate dans l'Inde? Ou il s'agit de deux animaux, ou il n'est que de l'une de ces contrées. Est-ce le même que le Sciurus annulalus ?

On appelle Écureuils vola.xis les Polatouches. F. ce mot.

ÉCUREUIL. POIS. Nom vulgaire du Perça formosa, L., devenu le Luijanus Sciurus de Lacépède et un Anlliias de Bloch. F. ces mots.

ÉCUllEUlL. iPis. Nom vulgaire du Bombix fagi, L.

ÉCUSSON. OIS. Nom que l'on donne quelquefois aux pièces cornées qui recouvrent les pieds et les doigts d'un grand nombre d'Oiseaux. A'. Écaille.

ECUSSON. BOLL. On doit entendre par ce mot deux choses différentes, selon son application dans IcsConchifères. Dans ceux composés de deux parties, et qui sont réguliers, c'est un petit espace pris dans le corselet, et qui en est séparé ordinairement par une ligne enfoncée ou colorée (y. Coquille). Dans ceux «pii , comme les Pholades, ont plusieurs pièces accessoires, on doit nommer Écusson celle de ces pièces qui occupe la place de l'Ecusson dans les autres Conchifères réguliers. V. Pholade.

ÉCUSSON. Scitlellum. ins. Dénomination employée très-souvent en entomologie pour désigner une partie du thorax des Insectes, qu'on reconnaît plutôt à sa forme triangulaire qu'à tout autre signe. Audouin a montré dans un travail particulier sur le thorax les nombreuses méprises que cette manière de voir avait fait commettre. L'Ecusson est pour lui une pièce existant chez tous les Insectes, variant beaucoup par sa forme et son volume , mais conservant toujours les mêmes rapports avec les parties voisines. U est situé entre l'Écu , Scutum, et l'Ecusson postérieur, Post-scutellum. Celte dernière pièce est aussi très-distincte, cl se cache le plus souvent en entier dans la cavité Ihoracique où elle constitue une sorte de cloison verticale ou oblique, y. pour ces différentes descriptions ainsi que pour celle de l'Ecusson , l'article Thorax.

ÉCUSSON. BOT. Palisot de Eeauvois donne ce nom à une tache basilaire, latérale, au fruit des Graminées; celte tache est formée par le blasle et rbyj>oblaslenon encore développés. On se sert aussi quelquefois de cette dénomination pour désigner les petits tubercules ou les concavités que portent les Lichens fructifies, el alors il est synonyme de Scutelle.

ÉCUSSON FOSSILE. Écam. Les oryctographes ont ainsi nommé des fragments d'Échiniles ou d'Oursins fossiles, qui appartenaient au lest de ces Échinodermes.

ÉCUSSONS. POIS. Plaques de substance calcaire, retenues dans l'épaisseur de la peau de certains Poissons, et qui, prenantparfois une forme régulière en mosaïque, recouvrent tout le corps et contribuent à former l'appareil défensif de l'animal qui s'en trouve muni. Les Coffres et l'Esturgeon présentent des Écussons trèsremarquables.

EDDER. OIS. Syn. d'Eider. /'. ce mol et Cahard. ÉDÉCIIIE. Edechia. bot. phan. La plante ainsi nommée par Lœffling, est \eLaugeria odorata de Jacquin ou Matlhiola parviflora de Vahl.

tMthï.. Edela. ois. Genre de l'ordre des Anisodac-

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(jles, établi par Lcsson pour un Oiseau que l'on avait d'abord placé parmi les Dicées ou Philédons, et qui lui a paru en différer essentiellement par les caractères suivants : bec allongé, déprimé à la base, comprimé sur les côtés, presque droit, ù mandibule supérieure terminée en petit crocbet, nn peu voûtée, dont l'arête est légèrement convexe et les bords lisses; narines basales et petites ; ailes étroites , à troisième rémige la plus longue; tarses allongés, minces, grêles, scutellés, terminés par des doigts faibles et courts; queue médiocre, légèrement étagée.

ÉoÈLE A TÈTE ROUSSE. Etlela riificeps, Lesson; Dicée a long bec. Tête et joues rousses; dos gris-olivâtre ; dessous dn corps gris-cendré satiné; milieu du ventre blancliàtre ; queue rousse. De l'ile de Java.

ÉDELFORSE OD ÉDELFORSITE. jim. Substance blanche ou grisâtre, susceptible de cristalliser en prismes rbomboïdaux; dont la pesanteur spécifique est 2,58; rayant le verre; ne donnant point d'eau par la calcination; fusible au chalumeau en verre blanc, transparent; composée de silice 61,3; chaux -"G; magnésie 2,3. On voit, d'après les résultats de l'analyse, que la pierre d'Édelforse est un Trisilicafe de Chaux. Elle se trouve en Smolande.

ÉDEMIAS. BOT. L'un des synonymes de Conyze. V. ce mot.

ÉDENTÉ. POIS. Nom spécifique d'un Scombre, d'un Squale, d'une Blennie, d'un Saumon, etc. V. ces mots. C'est aussi l'épithète par laquelle on exprime, en botanique, qu'un organe quelconque est dépourvu de dents, qu'une feuille, qu'un pétale n'a point de divisions aiguës sur son bord.

ÉDEKTÉS. M\M. Cinquième ordre des Mammifères, dans le Règne Animal de Cuvier. Ce mot Édenté ne doit pas être pris littéralement; les seules dents constamment absentes dans ces animaux sont les incisives, car les Paresseux ont réellement des canines et des molaires; ces dernières sont même si nombreuses dans quelques Tatous, qu'il n'y a que quelques Dauphins qui en aient davantage. L'ostéologie des Ëdentés est la seule partie bien connue de leur organisation depuis les belles monographies récemment publiées dans le cinquième volume des Ossements fossiles. On sait avec quelle singulière fidélité le squelette, essentiellement inerte, représente pourtant par ses formes et par l'amalgame de ses parties, les modifications survenues dans les organes actifs des animaux, c'est-à-dire dans leur système nerveux, sensilif et digestif. Relativement à lentes les actions qui dérivent de ces systèmes, l'ordre des Édentés est celui qui s'écarte le plus des autres Mammifères, et celui dans lequel les genres s'écartent le plus les uns des autres. Ces genres, que plusieurs caractères hétéroclites communs rattachent ensemble, malgré toutes leurs anomalies, et qui semblent l'œuvre d'une conception particulière, n'ont pourtant pas une pairie commune, mais chaque genre est autochtone de quelque grande division du globe. Voici l'esquisse qu'en a donnée Cuvier (Oss. foss.).

' 1» La première tribu , celle des Tardigrades à tête courte et ronde, dont la bouche ne manque que d'incisives et auxquels leurs longs bras et les autres singu-

larités do leur structure impriment une lenteur et une gêne de mouvements qui semblent en faire des êtres disgraciés de la nature. F. Bradype.

2" Les Fouisseurs à tête conique, manquant d'incisives et de canines, mais encore pourvus de molaires, et dont les uns (les Tatous), *à langue courte, couverts de cuirasses solides et articulées, vivent de fruits et de la chaii' des cadavres; les autres (les Oryctéropes), couverts de poils et à langue susceptible d'un grand prolongement, mais à molaires creusées de petits canaux parallèles, vivent déjà de Fourmis, V. Tatobs et Ortc-

TÉROPES.

ô° Les Myrmécophages, absolument dépourvus de dents, à bouche prolongée en tube, terminée par une petite ouverture contenant une langue filiforme, et susceptible de plus grand prolongement, ne vivent aussi que de Fourmis et de Termites. Ils comprennent deux genres : les Fourmiliers couverts de poils, et les Pangolins couverts d'écaillés imbriquées et tranchantes. F. Fourmiliers et Pangolins.

4" Les Monolrèmes, si extraordinaires par l'absence de mamelles, par leurs organes de la génération, infiniment plus voisins de ceux des Ovipares que de ceux des Mammifères, par un squelette tenant en partie de celui des Reptiles, en partie de celui des Mammifères à bourse. Un des genres de cette tribu, l'Échidné, couvert d'épines, à langue extensible, vit de Fourmis; l'autre genre, le plus hétéroclite de fous les Quadrupèdes, couvert de poils, à langues plates, à museau comparable au bec d'un Canard , à dents vasculeuses comme celles de l'Oryctérope, semble oiîrir l'assemblage de tous les contraires.

S» Les Édentés fossiles, dont deux espèces gigantesques, le Mégalherium du Paraguay et le Mégalonix des Alleganys, forment certainement un genre dans l'ordre. Les analogies de ce genre le rapprochent de divers genres de la famille des Édentés. Il a la tête et l'épaule d'un Paresseux, et les jambes et les pieds offrent un singulier mélange de caractères propres aux Fourmiliers et aux Tatous. 11 paraît même, par quelques débris trouvés dans la province de Monte-Video, que le Mégalherium était, comme les Tatous, revêtu de cuirasses écailleuses. (F. Mégalomx et Mégatderium).

Cuvier a découvert {loc. cil., p. 195) une troisième espèce d'Édenté gigantesque qui, d'après les proportions de l'os unguéal, seule pièce qui lui ait servi à la détermination de ce Fossile, aurait eu une longueur totale de vingt-quatre pieds; il se rapporte au genre des Pangolins. F. Pangolins.

ÉDER. OIS. Pour Eider. F. Canard.

ÉDER. BOT. Pour Œdera. F. ce mot.

ÉDESSE. Edessa. iNS. Genre de l'ordre des Ilémii)tères, section des Héléroptères, famille des Céocorises, établi par Fabricius, et réuni par Latreille (Règ. Anim. de Cuvier) aux Pentatomes dont il ne diffère que par des caractères d'une valeur très-secondaire, tirés de la brièveté du troisième article des antennes, relativement au second, et d'une largeur assez notable de la tête. Ce genre ne comprend que des espèces exotiques, r. Pen-

ÉDICNÈME. OIS. f. .IDICNÈME.

ÉDINGTONITE. min. Uuidiuger a donné ce nom à un minéral qu'il a découvert dans les montagnes de l'Ecosse, à Kilpalrik Ilill, prés de Dunil)arton. D'après la descriplioii qu'il en a faite, elle se trouverait en petits cristaux prismatiques', rectangulaires, dans lesquels lîreusler a reconnu un axe de double réfraction, coïncidant avec l'axe de l'octaèdre symétrique, qui est sa forme fondamentale. L'Édingtonile raye la Chaux carbonatée; elle donne de l'eau par la calcination ; se fond en verre transparent; elle se résout en gelée dans les Acides, et sa solution précipite par l'Oxalate de Potasse. Turner en a fait l'analyse, et l'a trouvée composée de Silice 40; Alumine 51 ; Chaux 14; Eau 13. Sa pesanteur spécifique est 2,71. Elle tapisse les cavités géodiques des roches basaltiques.

ÉDINIAS. BOT. F. ÉDEJIIAS.

ÉDliVlTE. MIN. Nom donné à un minéral associé à la Prehnite, dans les Basaltes d'Edimbourg, et qui a été décrit et analysé par Kennedy. 11 contient : Silice, 53; Chaux, 32; Soude, 8,3; Alumine, 0,3; Oxide d'Étain,0,3; Acide carbonique avec traces de Magnésie et d'Acide hydrochlorique, 0,3; eau et perte, 3. On l'a comparé à la Mésotype et à l'Amphibole fibreux ou Trémolite.

ED.MONDIE. Edmoiulia. bot. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie égale, L., établi par H. Cassini (Bulletin de la Société Philomat., mai 1818) qui l'a ainsi caractérisé ; calalhide sans rayons, composée de fleurons nombreux, égaux, réguliers et hermaphrodites; anthères munies d'appendices basilaires , longs et membraneux; involucre dont les folioles sont imbriquées, appliquées, très -petites, linéaires, surmontées d'un très-grand appendice, lancéolé, scarieux et coloré. Ceux qui terminent les folioles de la rangée la plus intérieure sont très-petits et ordinairement bilobés; réceptacle plan, couvert de paillettes plus ou moins longues; ovaires grêles, cylindracés, quelquefois comprimés et bordés d'une membrane; aigrette longue, caduque, composée de poils disposés sur un seul rang, et dont la partie supérieure est légèrement plumeuse. Ce dernier caractère distingue principalement le genre en question de VJnaxi-ton de Cc-crlner, près duquel II. Cassini le place dans la tribu des Inulées, section des Cnaphaliées. VEdmoiidia se compose de trois espèces observées dans l'herbier de Jussieu, et que la plupart des botanistes rapportaient, comme de simples variétés, au Xeranlhoittiin sesamoides de Linné. Ces trois plantes sont des arbustes africains qui ont reçu les nouveaux noms lïEdmondia splendens, Edmondia bicolor, Edmondia bracteaia.

ÉDO. Edo. ISS. Coléoptères lélramères; famille des Rhynchophores. Germar avait proposé (N. wetlerann. 1,1, p. 130, n" 13) la formation de ce genre pour y placer le Rhynchœnus iiruni de Fab.; mais ce genre n'ayant point été adopté, l'espèce a été confondue par Schoonherr dans son genre Thuiiiitophilus.

ÉDOLÉO ou ÉDOl.lO. Espèce du genre Coucou, que Lesson considère comme le type d'une race distincte parmi les espèces de ce genre.

EOOLIUS. OIS. /'. DnoiVGo.

ÉDOUARDE OD ÉDOUARSIER. bot. Même chose qu'Edwardsie.

ÉDREDON. OIS. Nom donné au duvet produit par le Canard Eider, et dont on compose des couvertures de lit fort recherchées.

EDRIOPHTHALMES. Edriophtliatma. CRrsT. Nom sous lequel Leach [Trans. of Ihe Linn. Societ. T. xi ) désigne la seconde légion de sa sous-classe des Malacostracés, et à laquelle il assigne pour caractères : yeux sessilcs, ordinairement composés, mais quelquefois simples, situés sur les côtés de la tète; des mandibules souvent munies d'une palpe; tête presque toujours distincte du corps. Cette légion comprend plusieurs sections dont les deux premières correspondent à l'ordre des Amphipodesde La treille, et elle renferme un grand nombre de genres.

EDRITA. POIS. Les anciens désignaient l'Alose sous ce nom. K. Cupe.

EDWARDSIE. Edwardsia. bot. Genre de la famille des Légumineuses, caractérisé de la manière suivante : calice oblique, présentant une fente supérieurement, et cinq dents rejetées de l'autre côté; corolle papilionacée dont la carène est formée de deux pièces distinctes et allongées, et dont les pétales, aussi au nombre de cinq , sont connivents ; dix élamines dont les tilets, insérés au calice, au-dessous de la moitié de sa hauteur, se prolongent jusqu'à sa base, de manière que cette base représente une sorte de coupe relevée de côtes, et humectée en général d'un liquide mielleux ; une gousse polysperme, remarquable par une suite de renHemenls et d'étranglements, et dont la surface se prolonge en quatre ailes. Ce genre se compose de quelques arbustes placés d'abord parmi les Sophora. Leurs feuilles pennées sont soyeuses dans les jeunes pousses ; leurs fleurs disposées en grappes ou en épis à l'aisselle de ces feuilles, accompagnées de bractées persistantes. Deux espèces sont originaires de la Nouvelle-Zélande, d'où Banks les a rapportées et introduites en Europe , où elles font maintenant l'ornement de nos orangeries : ce sont VEdwardsia grandi/loia ou Sopliora (elraplern de Lamarck; VEdwardsia Chilensis, llook, ou maciocarpa, Sm. ,el\'Edwardsia micropliylla. VEdwardsia chrysophylla est une quatrième espèce du même genre, à fleurs plus petites, et qui cioit aux îles Sandwich. /^.Lamarck, lUust., tab. 323.

Le genre établi sous le même nom dans la famille des Synanthérées, par Necker, ne diffère du genre liidens aux dépens duquel il a été formé, que par la présence de bractées formant un involucre extérieur. Ce caractère est trop léger pour la distinction d'un genre nouveau.

EENl. BOT. (Marsden.) Probablement la même chose que Henné. A', ce mot.

EFFAKVATTE. ois. Synonyme de Sylvie des roseaux, Sylvia arundinacca, Meyer. Plusieurs auteurs en avaient fait une espèce distincte, mais l'observation a prouvé que ce n'était pas même une variété, f^. Sylvie.

EFFERVESCENCE. Dégagement, ordinairement rapide, d'un fluide gazeux, qui, traversant une couche plus ou moins épaisse de liquide, s'y forme une enve-

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