‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 4)Chapitre 14 sur 99 · MAX · texte numérisé non relu

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ont pour caractère commun dciioiiner, après la fusion avec le carbonate de Soude, une frite verte, qui devient vert-bleuâtre par le refroidissement. Le Manganèse, à l'état métallique, est d'un blanc tirant sur le gris et Irèscassanl; à l'état d'oxide il colore en violet le verre de Borax. Les cinq espèces du genre Manganèse sont : le Manganèse oxidé, le Manganèse sulfuré, le Manganèse hydraté, le Manganèse phosphaté et le Manganèse carbonate.

Manganèse CARBONATE. RolhBrminsteiners , W. ; Rhodochrosit, Ilansmann. Substance d'un blanc rosàtre ou d'un rouge de rose; soluhle avec effervescence, à chaud; cristallisant en un rhomboïde obtus de 106°, 51'. Elle est composée d'un atome de bi-oxide de Manganèse et de deux atomes d'Acide carbonique, ou en poids de 38 parties d'Acide, et de 02 de bioxide de Manganèse. Sa pesanteur spécifique est de 3,23 ; sa dureté est moyenne entre celles du Fluoré et de l'Apatite. On ne connaît que trois vaiiétés de Manganèse carbonate : la variété rhomboédn'qiie, en cristaux déformés et groupés irrégulièrement; la variété lamellaire et la variété coviiiacte. Cette substance se mélange souvent de carbonate de Chaux et de Silice; il paraît même qu'il existe une combinaison particulière de Silice et d'oxide de Manganèse, que l'on doit regarder comme un bisilicate de Manganèse : c'est celle que Léonhard a décrite sous le nom de Kieselmangan. Le Manganèse carbonate est peu commun dans la nature; on le trouve dans les filons, à Nagyag en Transylvanie où il accompagne le Tellure el le Manganèse sulfuré; et à Kapuick oii il s'associe à l'Antimoine sulfuré, au Cuivre gris et à la Blende.

Manganèse nYDRATÊ,Schwarz;iS/aii«s;e;«c/3,\V.; Manganèse terne, Brong. Substance ordinairement noire ou d'un gris de fer, en masse, à poussière brune, donnant beaucoup d'Eau par la calcination, infusible au chalumeau, colorant en violet le verre de Borax; sa dureté est moyenne entre celles du Fluoré et du Quartz; sa pesanteur spécifique est de 3,84. On a cité des cristaux de cette substance en prisme à base carrée et en octaèdres. Une analyse du Manganèse hydiaté terreux de la mine de Dorothée, au Harz, par Ivlaproth, a donné : oxide brun de Manganèse 06; Eau 18; oxide de Fer 0; Silice 8; Carbone et Baryte 2. Ce minerai est souvent mélangé de peroxide de Manganèse et d'hydroxide de Fer.

Le Manganèse hydraté se présente quelquefois en petites masses légères, Irès-tendres, qui tachent les doigts au moindre frottement, el qui ont l'apparence de prismes à quatre, à cinq et à six pans, ce qui est probablement l'efîet du retrait que le Manganèse hydraté, souvent argilifère, a éprouvé en se desséchant. Cette variété a été observée à Saint-Jean de Gardonenque, dans les Cévennes; plus fréquemment on trouve la même substance, en enduit, à la surface du Fer hématite, du Fer carbonate et de la Chaux carbonatée. Ces incrustations sont tantôt compactes, avec un éclat métalloïde argentin, tantôt elles ont le tissu (îbreux comme les Hématites; enfin le Manganèse hydraté se rencontre encore' sous la forme stalactilique, et il produit souvent des Dendrites noires à la surface ou dans l'inté-

rieur de différentes Pierres, telles que le Calcaire compacte, l'Agathe, etc. Ce minerai existe dans la nature, en grande masse, dans les terrains anciens, et on le retrouve dans les terrains de toutes les époques, jusque dans ceux de sédiment supérieur : à Montmartre il se présente en petites masses mamelonnées, au milieu des Marnes et du Gypse; il accompagne fréquemment le Manganèse oxidé, le Fer hydroxidé et le Fer spathique. Suivant Beudant, les cristaux noirs, décrits par Haily comme type de son espèce : Manganèse hydraté, appartiendraient à une autre substance qu'il considère comme un silicate tri-manganésien. 11 existe à Romanèche , près de Mâcon, une variété de Manganèse hydroxidé mélangé de Baryte, dont la composition n'est pas encore bien connue, et qui peut-être formera quelque jour une esi)èce à part. Elle est d'un noir métalloïde, ù tissu fibreux, et souvent entremêlée de Chaux fluatée violette.

Manganèse oxidé. Grauer Braunstein, W.; Manganèse métalloïde, Brongn. Substance d'un gris de fer, métalloïde, à poussière noire, ne donnant pas sensiblement de l'Eau par la calcination, tendre et même friable, ayant pour forme primitive un prisme rhomboïdal droit de 100"; c'est le peroxide de Manganèse, contenant en poids 56 parties d'oxigène et 04 de Manganèse. Ses formes cristallines les plus ordinaires sont le prisme primitif, et le même modifié sur deux arêtes latérales, avec des sommets dièdres ou tétraèdres. Ses variétés de structure sont : l'aciculaire en aiguilles divergentes ou entrelacées, la fibreuse, la compacte et la mamelonnée ou stalactilique ; cette dernière est pres- «lue toujours mélangée d'hydroxide. Le Manganèse oxidé se trouve fréquemment dans les terrains primitifs el intermédiaires, et dans divers dépôts des terrains secondaires; on le rencontre en outre dans ceux d'hydroxide de Fer el de carbonate de Fer, tantôt en masses compactes, tantôt en stalactites. On emploie le Manganèse oxidé dans les verreries, pour faire disparaître les fausses teintes qui altèrent la transparence du verre; on s'en sert en chimie pour la préparation de l'Oxigène et du Chlore.

Manganèse phosphaté. Phosphate de Manganèse et de Fer; Triplite, Beudant. Substance brune, offrant quelques indices de clivage, soluble sans effervescence dans l'Acide nitrique; fragile, d'une dureté médiocre; aisément fusible au chalumeau, pesant spécifiquement 3,9; d'après une analyse de Vauquelin, elle contient, sur 100 parties, 42 de deutoxide de Manganèse, 31 d'oxide de Fer el 27 d'Acide phosphorique. Cette substance a été trouvée par Alluau, au milieu du Granité, aux environs de Limoges, dans le même filon de Quartz qui renferme les Émeraudes.

Manganèse suircBÉ. Manganglanz, W. Substance d'un gris métalloïde, passant au noir par l'exposition à l'air; non cristallisée; facile à entamer avec le couteau; soluble avec effervescence dans l'Acide nitrique; pesant spécifiquement 3,9. Sa composition est encore mal connue; il est probable que c'est un bisulfure de Manganèse. Elle ne se trouve qu'en petites masses ou en veines noirâtres, dans le carbonate de Manganèse de Nagyag en Transylvanie où elle est associée au Tellure.

Manganèse oxidé barytifère. Faseriges, Wad.; Psilomelane. Substance d'un noir- bleuâtre, passant au gris d'acier plus ou moins mélalloïde, à poussière noire, non cristallisée, pesant spécifî<|uemenl 4,1-35, rayant la Chaux fluatée, rayée par la Cbaiix phosphatée, int^usible au chalumeau, mais y passant à la couleur rouge-brune, produisant une vive effervescence avec le verre de Borax; composée, suivant Bertliier, de deutoxide de Manganèse 25, peroxide du même métal 52, Baryte 17, Eau 4, matières insolubles 2. On trouve cette substance sous forme concrétionnée, fibreuse ou terreuse, à la Romanèche près Màcon, dans le Périgord, à Erzberg, au Harlz, etc.

Maîsganèse oxidé siLiciFÈRE. Manganèse silicate; Manganèse rose; Hydropite; Rhodonile. Substance rose ou violàtre, quelquefois en masses cristallines, ordinairement compacte, d'une pesanteur spécifique de S.G à ô,9, rayant le verre, donnant des étincelles par le choc du briquet, ne donnant pas d'Eau par la calcination, fusible en émail rose au feu de réduction, composée de Silice 48, protoxide de Manganèse 49, Chaux 3. Elle accompagne presque tous les minerais de Blanganèse.

MANGAMDES. ai.v. Nom donné par les minéralogistes à un groupe de substances minérales composées de Manganèse et offrant pour caractères, de donner par la fusion avec le carbonate de Soude, une frite verte, soluble dans l'eau, la colorant en vert, et laissant ensuite précipiter de l'oxide brun.

MANGANITE. min. L'un des noms du Manganèse hydraté terreux, friable et léger.

MANGE -BOUILLON ou SOUFFRETEUSES, ins. Les diverses larves qui se nourrissent du Bouillon-Blanc, Ferbasciim Thapsus, L., dont celle du Curculiorerbasci est du nombre, ont été fort mal figurées et décrites sous ce nom par Goédart.

D'après la nourriture habituelle que prennent divers animaux, on a appelé ;

Mange-Fodrbi (Mam.), le Tamanoir.

Mange-Froment (Ins.), la larve de la Coccinelle à sept points.

Mange -Serpents (Ois.), les Pélicans et le Secrétaire.

Mange-Abeille ou Mangeur d'Abeilles (Ois.), les Guêpiers.

Mangeur l'appât (Pois.), diverses Balistes.

Mangeur de Cbèvres. ou de Chiens, ou de Rats (Rept.), la plupart des Boas.

Mangeur de Cerises (Ois.), le Loriot commun.

Mangeur de Crapauds (Ois.), une Buse à Cayennc.

Mangeur d'Huîtres (Ois.), l'Huîtrier.

Mangeur de noyaux (Ois.), le Loxia Coccaiilliraustes.

Mangeur de Pierre, un Mollusque et un Insecte.

F. LlTHOPHAGE.

Mangeur de Plomb (Ois.), les Plongeons.

Mangeur de Pommes (Ins.), la larve du P/ralis Pomana, Fabr.

Mangeur de Poivre (Ois.), le Koulik, espèce du genre Toucan.

Mangeur de Poules (Ois.), le Milan.

Mangeur de Ru {0\s.),\t \o\\ Einberiza orizicora, commun à l'Ile-de-France.

Mangeur de Vers (Ois.), le Motacilla vermivora, L., etc.

MANGHAS. bot. Espèce du genre Cerbera. y. Cerbère.

MANGIER. bot. Pour Manguier. F. ce mol.

MANGIFERA. BOT. ^. Manguier.

MANGILI. POIS. Espèce du genre Pleuronecte. F. ce mot.

MANGIUM. bot. Synonyme de Manglier.

MANGLE. BOT. Fruit du Manglier, et quelquefois le. Manglier ou Palétuvier lui-même; on a aussi appelé:

Mangle BLANC, le Fromager.

Mangle gris , VAvicennia lomentosa et le Conoco i pus erectus.

Mangle rouge, le Cocoloba rinifera.

Mangle venimeux, le Cerbera Manghas, etc.

MANGLÉSIE. Manglesia. bot. Genre de la famille des Protéacées , et de la Tétrandrie Monogynie de Linné, établi par Robert Brown qui lui assigne pour caractères : périanthe irrégulier, formé de quatre pièces concaves, tournées du même coté ; au sommet de la cavité de ces pièces (sépales ou pétales) est insérée une étamine; une glande placée sous le pistil dont l'ovaire, renfermant deux ovules, est surmonté d'un style qui se renfle d'une façon toute particulière un peu au-dessous du stigmate; le stipe de l'ovaire est extrêmement court. Ce genre ne se compose jusqu'ici que de trois espèces, qui toutes sont originaires des bords de la rivière Swan à la Nouvelle-Hollande; ce sont de petits arbrisseaux, à feuilles trilobées, portées par des tiges ou des rameaux filiformes.

Manglésie glabre. Manglesia glabrata, R. Brown. Tout l'arbuste est très-glabre; les feuilles sont cunéiformes, à triple nervure, divisées au sommet en trois lobes triangulaires, qui se terminent en aiguillon ; les fleurs sont réunies en grappes lâches, plus longues que les feuilles. Les deux autres espèces ont été nommées, par Robert Brown, M. tridentiferaelM. vestita.

MANGLIER. EOT. On désigne sous ce nom différents arbres exotiques, qui croissent sur le bord de la mer, et plus particulièrement le Palétuvier. /^. ce mot.

MANGLIETIE. Manglielia. bot. Le docteur Blume a institué ce genre pour un grand arbre de la famille des Magnoliacées, que Wallich, dans sa Flore du Népaul, avait même placé parmi les Magnoliers; Don l'avait considéré comme devant appartenir au genre Michelia de Linné. Les caractères de ce groupe de la Polyandrie Polygynie du système sexuel, consistent dans un périanthe composé de 9 à 12 segments, pétales ou sépales disposés sur trois rangs; des étamines nombreuses, plus courtes que la corolle, à anthères linéaires; ovaires agrégés, formant une sorte d'épi autour d'un réceptacle en pyramide; un grand nombre d'ovules; capsules anguleuses, presque ligneuses, agglomérées autour de l'axe, et présentant une masse oviforme, se désunissant à la maturité déhiscentes par le sommet, bivalves et polysperines. C'est un arbre très- élégant, à grandes feuilles alternes, pétiolées et très-entières; les stipules sont géminées, opposées et promptement caduques; les

Ûeurs sont lermiiiales à l'extréinilé des rumeaiix, solilaires el hiièvemenl pédonculées, d'un blanc jaunâtre, avec de léyères ondulations purpurescentes.il se trouve dans les forêts centrales de l'île de Java.

MAft'GLlLLA. BOT. Jussieu (Gênera Plantarum, p. 151) a élahli sous ce nom, un genre qu'il a placé dans la famille des Sapolées, el auquel il a attribué les caractères suivants: calice très-petit, à cinq divisions; cinq étaniines à anthères sessiles; style nul; stigmate un peu gros; drupe globuleux, uniloculairc et monosperme. Les auteurs de la Flore du Pérou et du Chili ont plus tard établi le même genre sous le nouveau nom de Caballen'a, et ils en ont décrit sept espèces. Les esjièces du genre Scleroxyion, constitué par Willdeiiow (Einiincr. Ilort. Beiol., 1, p. 2-39), ont été fondues dans le Matiglil/a par Rœmer et Scbultes. Selon Kunth, le genre Maiiglilta doit faire partie des Mj'isiiie; cet auteur pense même que son Myrsine anlisioiiles est â peine distinct du Ulunglilla Jussieui de Persoon, espèce qui doit être considérée comme type du genre el qui est indigène du Pérou. M.\NGO. BOT. r. Mangue.

MANGONARA. bot. F. GuTTiER-GouaiER.

MANGONE. OIS. Synonyme vulgaire de Flammant. F. ce mot.

MANGOSTANA. bot. Sous ce nom, Garcin el Rumpb avaient décrit la plante qui produit le délicieux fruit nommé Mangoustan et dont Linné fît une espèce de son genre Garciiiia. Dans son Mémoire sur la famille des Gutlifères (Mém. de la Société d'Ilist. nat. de Paris, t. I, p. 220), Choisy en a fait une section de ce dernier genre, caractérisée par ses fleurs monoïques ou hermaphrodites et ses étamines libres. Elle renferme quatre espèces indigènes des Indes-Orientales, f^. Garcinie.

MANGOUSTAN, bot. On désigne vulgairement sous ce nom le Garcinia Mangostana , L., arbre indigène des îles de l'archipel Indien, el qui porte des fruits d'une saveur et d'un parfum exquis. Ces fruits sont doux et légèrement laxatifs après la maturité; ils sont, au contraire, acidulés avant cette époque, et leurécorce passe pour astringente; on en fait usage pour arrêter les dyssenteries. f^. Garcinie.

MANGOUSTE, mam. Z^. Civette.

MANGUE. Crossarchus. mam. Genre de Carnassiers voisin par l'ensemble de ses caractères, du genre Mangouste et du genre Suricate, entre lesquels il se trouve intermédiaire. Les pieds sont pentadactyles, comme chez les Mangoustes ; mais il n'y a aucune trace de la petite membrane interdigilale, qui existe chez celles-ci. Parmi les doigts, c'est celui du milieu qui est le plus long de tous, elc'eslau contraire le pouce qui est le plus court; l>roportions qui se retrouvent chez le plus grand nombre des Mammifères. La plante du pied, qui pose toul entière sur le sol dans la marche, présente cinq tubercules, dont trois sont placés à la commissure des quatre grands doigts, et les deux autres plus en arrière. On retrouve aussi à la paume le même nombre de tubercules, et leur disposition est aussi à peu près la même : seulement les deux postérieurs sont situés sur la même ligne, au lieu d'être placés en série, comme ils le sont à la plante. La queue est comprimée, et d'un tiers

moins longue que le corps. Les dents sont en même j nombre que chez le Suricate, mais elles ressemblent I par leurs formes générales à celles des Mangoustes. j Les oreilles sont assez petites, arrondies; la conque présente dans son milieu deux lobes très-saillants situés l'un au-dessus de l'autre. La pupille est ronde; la langue, couverte dans son milieu de papilles cornées, est douce sur ses bords. Mais ce qui rend le Mangue très-remarquable, et ce qui le distingue des , Mangoustes, c'est la forme de son museau qui se proi longe de beaucoup au delà des mâchoires, el jouit d'une extrême mobilité; il est d'ailleurs terminé par un muHe, sur le bord duquel s'ouvrent les narines. La forme cl la mobilité de cette petite trompe, rapprochent à quelques égards le Mangue des Coatis, auxquels il ressemble aussi par plusieurs autres caractères, et particulièrement par sa marche plantigrade el par la forme de ses ongles. Les testicules ne se voient point à l'extérieur, et la verge est dirigée en avant : le gland , terminé en cône, est aplati sur les cotés. Enfin » l'anus est, dit Fr. Cuvier, situé à la partie inférieure de la poche anale, c'est-à-dire que celle-ci se rapproche de la base de la queue. Elle se ferme par une sorte de sphincter, de sorte que dans cet état, elle semble n'être (juc l'orifice de l'anus; mais dès qu'on l'ouvre el qu'on la développe, elle présente une sorte de fraise qui, en se déplissant, finit par présenter une surface très considérable. Cette poche sécrète une matière onctueuse, extrêmement puante, dont l'animal se débarrasse en se frottant contre les corps durs qu'il rencontre. «

Ce genre a été établi récemment par Fr. Cuvier, d'après un individu que possédait la ménagerie du Muséum de Paris, et qui venait des côtes occidentales de l'Afrique. On ne connaît encore que celte seule espèce, décrite par le même auteur sous le nom de Crossarchus obscunis (Mam. lilh., liv. 47<:). Elle est d'un brun uniforme sur toul le corps, seulement avec une teinte un peu plus pâle sur la tête, chaque poil étant brun avec la pointe jaune. Elle a un peu moins d'un pied de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue, qui a sept pouces. L'individu qui a servi de type à cette description, était d'une extrême propreté; il déposait toujours ses excréments dans le même coin de sa cage, et avait au contraire bien soin de ne jamais salir celui où il avait coutume de se coucher. Il était très-doux et trèsapprivoisé , et paraissait rechercher et goûter vivement les caresses, selon les observations de Fr. Cuvier. Quand on s'approchait de sa cage, il venait présenter sa gorge ou son dos pour qu'on le caressât; el loisqu'on le faisait, il restait immobile . ouvrant seulement et fermant continuellement la bouche. Quand on s'éloignait de lui, il faisait entendre de petits sifflements ou cris aigus, semblables à ceux d'un petit Oiseau ou d'un Sajou. Il avait l'habitude d'élever de temps en temps son corps sur ses pattes antérieures, el d'appliquer son anus contre la partie supérieure des barreaux de sa cage. 11 buvait en lapant, el faisait alors un bruit semblable à celui que produit le frottement du doigt sur un marbre mouillé. Enfin, quoiqu'il se nourrit habituellement de viande, il mangeait aussi volontiers du pain, des carottes, des fruits desséchés, ■

>|uund on venait à lui en présenter, comme on l'a fait plusieurs fois.

MANGUE on IttANGO. bot. Fruit du Manguier, r. ce

MANGUE, MANGUO. pois. Noms vulgaires d'une espèce du genre Polynème. V , ce mot.

MANGUIER. Manqifera. bot. Genre de la famille des Térébintliacées et de la Pentandrie Monogynie, L. Ses fleurs polygames offrent un calice divisé profondément en cinq parties régulières et caduques, avec lesquelles alternent autant de pélales insérés à sa base, oblongs, sessiles, étalés; cinq étamines, insérées de même, dont trois ou quatre plus courtes ne portent pas d'anthères et se soudent quelquefois entre elles; un ovaire libre, sessile, portant un style latéral, terminé par un stigmate obtus et renfermant un ovule unique, fixé près du fond de la loge. 11 devient un drupe, où, dans un noyau filamenteux à l'extérieur et de consistance coriace, est contenue une graine allongée et un peu comprimée, dépourvue de périsperme. Son enveloppe est simple, mince, chartacée; ses cotylédons charnus sont convexes en dehors, et sa radicule infère se recourbe en se dirigeant de bas en haut, vers le point d'attache. C'est ainsi que Kunlh a caractérisé ce genre dans son Mémoire sur les Téréhinthacées. 11 ajoute que dans les fleurs mâles par avorlemenl, c'est l'élamine fertile qui occupe la place centrale du pistil qui n'existe plus dans les fleurs de l'espèce cultivée au Jardin des Plantes; nous avons observé de plus cinq glandes quadrifides adnées à la base des pétales, et cinq autres glandes alternant avec les premières, arrondies et formant par leur réunion un disque cjui soutient l'ovaire. Le genre Mangifera ainsi défini comprend plusieurs arbres à feuilles dépourvues de stipules, éparses, simples, entières et coriaces ; leurs Heurs, petites, blanches ou rougeAtres et pédicellées, forment des panicules terminales, très-rameuses et accompagnées de bractées. Leurs fruits se mangent. Il en existe beaucoup de variétés, dont la grosseur varie entre celle d'un Abricot et celle des plus fortes Poires; ils sont à peu près oblongs, réniformes, un peu plus gros vers l'insertion du pédoncule; un sillon léger règne tout le long. La peau est très-glabre et même luisante, ordinairement verte, même dans la maturité, mais d'un rouge souvent fort vif ou jaune sur la partie exposée à la lumière. Cette peau s'enlève assez aisément, et de petites gouttes résineuses suintent au travers, par les moindres piqûres. La chair est d'un jaune orangé, brillant, absolument comme de la carotte; le noyau est grand, aplati, revêtu d'une enveloppe très-fibreuse, qui s'introduit jusque dans la chair du fruit, et le rend souvent désagréable à manger, en se prenant entre les dents. La Mangue cependant, quand elle est bien mûre et de bonne qualité, est un manger exquis; elle conserve néanmoins un léger goût de térébenthine, et les Européens qui finissent par les aimer beaucoup, ont de la peine à s'y accoutumer d'abord.

L'espèce la plus connue est le Manguier domestique, originaire de l'Inde, et cultivé dans les Antilles ainsi qu'à l'Ile-de-France. Une autre, le Mangifera laxiflora, croît dans cette dernière, et une troisième, le

Mangifera fœtiila, se trouve dans la Cochinchine et aux Moluques. On y rapporte encore, mais avec doute, une espèce à feuilles opposées, observée dans le Pégu. Plusieurs autres simplement indiquées par Roxburg, ainsi que le nombre des variétés qu'offrent les espèces connues, prouvent que ce genre aurait besoin d'une révision. Enfin plusieurs planles qui étaient autrefois considérées comme en faisant partie , en sont maintenant séparées; telles sont : le Mangifera pinnata de Lamarck, qui forme le genre Sorindeia; le Mangifera axiilaris du même auteur, dont Kunth a formé son genre Cambesscdea et que De Candolle réunit au Buchanania de Sprengel.

MANl. BOT. Résine que produit, à la Guiane, le Moronobea d'Aublet, ou Symphonia de Linné fils. On a aussi proposé ce nom pour désigner ce genre. F. Moronobea.

WANlAN. OIS. L'un des noms vulgaires de la larve du Bombyx mori, le Ver-à-soie.

MANICAIRE. Manicaria. bot. Ce genre de la famille des Palmiers et de la Monœcie Polyandrie, L., établi par Gœrtner (r/e Frucl. et Sem., 2, p. 468, t. 176), offre les caractères suivants : fructification monoïque sur le même régime; spathe simple, fibreuse, réticulée, se fendant irrégulièrement. Les fleurs sont enfoncées dans des alvéoles; les mâles ont un calice à trois folioles, une corolle à trois pétales coriaces, des étamines nombreuses, à filets libres. Les fleurs femelles ont un calice et une corolle comme les fleurs mâles, un ovaire triloculairc, avec des stigmates sessiles. Le fruit est un drupe à trois coques, recouvert d'une écorce tubéreuse, anguleuse et hérissée de piquants, contenant un noyau crustacé, avec un seul pore à la base, un embryon basilaire dans un embryon égal et creux. Ce genre a été nommé Piiophora par Jacquin (Fragm. bol., p. 52, t. 55 à 56), et Willdeno\r a adopté celte nouvelle dénomination. Le Manicaria saccifera, Gœrlner, lac. cit., en est la seule espèce connue. Ce Palmier croît dans les Indes-Orientales. Son stipe est gros, marqué de cicatrices, à frondes terminales, très-grandes, entières, oblongues et qui se fendent irrégulièrement. Les fleurs sont jaunes, formant un régime situé parmi les frondes, divisé en rameaux simples et tomenteux.

MANICOU. mam. Synonyme de Sarigue à oreilles bicolores. ^. Sarigde.

MANIE. Mania. iNS. Lépidoptères; genre de la famille des Nocturnes, tribu des Noctuellldes, formé aux dépens du grand genre Noctiia de Fabricius , par Trcitschke, pour les espèces qui ont les antennes ciliées, le dos crété, le corps large, portant sur le milieu une touffe de poils, les ailes antérieures reposant en toit, noirâtres, avec des veines et des taches claires. Les Chenilles sont nues, avec la tèle plus pelite; elles sont amincies en arrière, relevées d'une bosse sur le dernier anneau; elles se nourrissent de plantes basses, et demeurent cachées pendant le jour; elles se chrysali- Uciit dans un tissu.

Manie maure. Mania maura , Treits. ; Noctua maura, L.; Monno maura, Ochs.; Phalœna lemur, Katurf.; vulgairement Phalène Crapaud. Le dessus des l)remières ailes est d'un gris obscur à la base, et sur la cote, jusqu'au delà du milieu, avec des mouchetures noi-

ràtres; deux bandes grises, Iransverses et flexueiises, donl l'antérieure esl divisée longiludinalement, près de son côté interne, par une ligne noirâtre ; la postérieure est très-étroite, excepté au sommet de l'aile où elle se dilate en une tache plus ou moins blanchâtre; il y a en outre le Ions du bord terminal, une ligne grise, en feston, bordée de noir. Le dessus des secondes ailesest noirâtre avec deux bandes grises, Iransverses. Le dessous des quatre est d'un gris noirâtre, luisant, avec une ligne Iransverse et l'extrémité blanchâtres. Taille, deux pouces et demi, les ailes étendues. En Europe.

MANIER. OIS. Nom vulgaire de l'Écorcheur. F. Pie- Grièche.

MAKIGDETTE. bot. On a désigné sous ce nom, les graines de VUvaria aiomatica.

MANIHOT. BOT. Espèce du genre Janipha. F. ce mot.

WANIKOR. OIS. Pipra papuensis, Lalh., Bu£f., pi. enl. 707. Espèce que l'on a placée parmi les Manakins, contre le sentiment de BufFon, et que Temminck a rejetée dans le genre Gobe-Mouche. Cet Oiseau que Sonnerai a rapporté de la Nouvelle -Guinée, a les parties supérieures d'un noir verdâtre, ainsi que les rémiges et les reclrices; les parties inférieures sont blanchâtres, avec une tache oblongue, orangée sur 11 poitrine; le bec et les pieds sont noirs. Sa taille n'excède guère trois pouces.

MANIKUP. OIS. Espèce du genre Fourmilier. Lesson en a fait le type d'un genre distinct.

MANIMBÉ. OIS. Espèce du genre Gros-Bec.

MANINA. BOT. Dénomination employée par les anciens botanistes et reproduite par Adanson, pour le Clavaria coialloides , L., dont il avait formé inutilement un genre. F. Clavaire.

MANIOC odMAKIOT.bot. Espèce du genre Janipha. V. Manihot.

MANIP1. OIS. F. Pigeon Godra.

MANIOLE. Maniola. iNs. Genre de Lépidoptères diurnes, proposé par Schranck, et que Latreille a réuni au genre Satyre. F. ce mot.

MANIS. MAM. Synonyme de Pangolin. F. ce mot.

MANISURE ou MANISUaiDE. Manisuris. bot. Genre de la famille des Graminées, et que l'on a placé dans la Triandrie Digynie, L., quoique ses Heurs soient polygames. Il est ainsi caractérisé : fleurs hermaphrodites; lépicène à deux valves dont l'extérieure esl hémisphérique, tuberculée; la glume plus petite que la lépicène, et à deux valves membraneuses; trots étamines; style bilide. Fleurs mâles et neutres mélangées avec les hermaphrodites, et ayant la lépicène à valves presque égales et lancéolées. Ce genre était confondu par Linné avec le genre Cenchrus. Il a pour type le Manisuris granularis, Swartz (Flor. Intl. occicl., 1, p. 186) et PalisolBeauvois (Agrostographie, t. 21, p. 10), plante qui croît aux Antilles, à l'Ile-de-France et dans l'Inde. Dans sa Flore d'Oware et de Bénin, t. i, p. 24, 1. 14, Palisot- Beauvois a décrit et figuré une autre espèce qui se dislingue seulement de la précédente par ses épis deux ou trois fois plus nombreux, et qu'il a nommée Manisuris jjolystachfa. Cet auteur a admis le genre Peltophorus de Desvaux, fondé sur le Manisuris Mourus

de Linné fîls, qui n'a pas d autres caractères que la valve extérieure et la lépicène, membraneuse sur ses bords, plane et non tuberculée.

MANITOU. MAM. Quelques auteurs ont employé ce nom comme synonyme de Manicou.

MANITOU DES SAUVAGES. MOLi.. L'un des noms vulgaires de VAmpularia rugosa. F. Aupclaire.

MANKS. OIS. Espèce du genre Pétrel. F. ce mot.

MANNA. BOT. F. Alhage.

MANNE. BOT. On appelle ainsi une matière concrète et sucrée, qui découle de plusieurs espèces de Frêne, el en particulier du Fraxinus rutundi/'olia et du Fraxinus Ornus. C'est spécialement en Calabre ipie Ion recueille la Manne. On pratique à la partie supérieure du tronc des Frênes, des incisions longitudinales dans lesquelles on introduit de petits brins de paille, pour faciliter l'écoulement et le dessèchement du suc propre qui doit former la Manne. Dans le commerce on en distingue trois sortes, savoir : 1" la Manne en larmes ou en canon. C'est la plus pure; on la recueille pendant les mois de juillet et d'août, c'est-à-dire pendant les plus grandes chaleurs de l'été. Le suc propre se dessèche alors très-rapidement. La Manne en larmes est en morceaux irréguliers ou allongés en forme de stalactites, d'une couleur blanche, légèrement jaunâtre, d'une saveur douce et sucrée. Lorsqu'elle est très-récente, sa saveur est Irès-agréable, et les habitants du pays l'emploient aux mêmes usages que le sucre; dans cet étal elle n'est pas purgative; mais dans la suite elle acquiert une odeur el une saveur particulières qui paraissent dues à une sorte de fermentation, et elle devient laxative. 2° La Manne en sorte, qui esl celle que l'on emploie le plus généralement, est recueillie pendant les mois de septembre et d'octobre. Elle se dessèche moins rapidement que la première else compose de morceaux blancs, assez gros, irréguliers, réunis en masses au moyen d'une matière sirupeuse. Sa saveur et son odeur sont légèrement nauséabondes, ô" La Manne grasse esl la plus commune des trois, el on ne l'emploie guère intérieurement, si ce n'est en lavement. On la recueille en automne. Les fragments de matière blanche sont plus petits, et la matière non cristallisée plus abondante. Sa saveur el son odeur sont encore moins agréables. La Manne a été analysée par plusieurs chimistes et en particulier par Thénard qui y a trouvé du sucre, une matière sucrée et crislallisable qu'il a nommée Mannite, et une matière nauséeuse, incristallisable. Le sucre forme environ un dixième de la Manne en larmes; la Mannite au contraire en forme presque la totalité. Ce principe n'est nullement purgatif, c'est la matière nauséeuse qui possède cette propriété : aussi remarque-t-on qu'elle est plus abondante dans la Manne en sorte et surtout dans la Manne grasse. La Manne esl un purgatif-minoratif très-doux, qui s'emploie à la dose de deux onces. Plusieurs autres végétaux fournissent une matière sucrée que l'on a nommée Manne. Ainsi le Mélèze donne la Manne de Briançon, l' Alhage, la Manne de Perse; quelques espèces de Rhododendron fournissent également une sorte de Manne.

On a encore appelé Manne dc Liban le Mastic en larmes, et Manne de Prisse ou de Pologne le menu grain

que donne le Fesiiica fiuitatis, dont on fait à Varsovie un gruau fort délicat.

MANNITE. BOT. Substance cristallisable de la Manne. ^. ce mot.

MANON. POLYP. Oken établit ce genre aux dépens des Éponges. Le Spongia tlicUotoma, L., que l'auteur nomme Manon cervicoiuis, en est le type. /^. Éponge.

MANORHINE. Manorhina. ois. Genrecréé par Vieillot, pour y placer un Sylvain de la famille des Cbanteurs. Cet orniibologiste assigne pour caractères à ce genre : bec court, un i)eu grêle, à base garnie sur les côtés de petites plumes dirigées en avant et couvrant l'origine des narines, anguleux en dessous, trfts-comprimé latéralement, entier, pointu; mandibule supérieure un peu arquée du milieu à la pointe, et couvrant les bords de l'inférieure; celle-ci un peu plus courte et droite; narines amples, occupant la moitié en longueur de la mandibule supérieure, s'élendant de l'arête jusqu'aux bords du bec, élargies à la base et finissant un peu en pointe, couvertes d'une membrane, à ouverture linéaire et située en dessous; tour de l'œil nu; première rémige plus courte que la sixième; les deuxième et quatrième égales, la troisième la plus longue de toutes; quatre doigts .- trois devant, un derrière; les antérieurs grêles, l'intermédiaire soudé avec l'extérieur à la base et totalement séparé de l'interne ; le pouce très-épais et plus long que les doigts latéraux ; ongles crocbus, étroits et aigus, le postérieur le plus fort et le plus long de tous. On ne connaît encore qu'une espèce de ce genre.

Manorhine verte. Manorhina viridis, Vieill. Partics supérieures d'un vert olive; sommet de la tête olive ; front d'un noir velouté, les plumes s'avançant et recouvrant les narines; joues jaunes; moustaches longues, noires; parties inférieures d'un jaune olivâtre; bec et pieds jaunes; taille, cinq pouces dix lignes. La femelle ressemble beaucouj) au mâle, mais elle n'a point de moustaches, et ses joues ne sont pas jaunes; son plumage est en général plus terne. Cet Oiseau a été découvert à la Nouvelle-Hollande.

MANOTE. BOT. L'un des noms vulgaires de la Clavaire coralloïde.

MANS. INS. L'un des noms vulgaires de la larve du Hanneton.

MANSAD, MANSEAD. OIS. Synonyme vulgaire de Ramier. F. Pigeon.

MANSANILLA, d'où MANSANILLE. bot. Pour Mancenille et Mancenillier. F. ce mot.

MANSIÈNE. BOT. Synonyme vulgaire de Vibuinum lantana, L. F. Viorne commune.

MANSOA. Mansoa. bot. Genre de la famille des Bignoniacées, établi par le professeur De Candolle qui lui assigne pour caractères : calice à deux lèvres, dont la supérieure est bidenlée, l'inférieure tridentée : toutes les dents sont subulées, assez profondément séparées et entourant la base du tube corollaire; corolle infundibulaire, à large orifice, à limbe subbilabié dont les lobes sont arrondis; étamines incluses, dont quatre fertiles et cinq stériles; anthères glabres, à loges divariquées : entre ces loges et à leur base, s'élève un appendice velu en forme de pinceau; disque charnu, gyno-

basique et très-glabre; ovaire ovale oblung, comprimé, glabre, s'élevant excenlriquement de la partie supérieure du disque, et portant vers ses bords des poils glanduleux au sommet; style filiforme, articulé au sommet de l'ovaire; stigmate bilamellé. Ce genre se compose de deux espèces originaires du Brésil septentrional; ce sont des arbrisseaux grimpants, à rameaux cylindriques, à feuilles opposées, pétiolées,bifoIiacées; le pétiole est sans vrille ou se prolonge en une vrille trifurqui'e au sommet; les folioles sont ovales, acuminées, à cinq nervures; les fleurs sont en panicule terminale ou axillaire, à branches latérales trifides ou trichotoraes ; les corolles sont glabres et de couleur violette.

MANSUETTE. bot. Variété de Poires.

MANTE. Mantis. ins. Genre de l'ordre des Orthoptères, section des Coureurs, famille des Mantides, établi par Linné, restreint par Illiger et tous les entomologistes, et ayant pour caractères : corps étroit et allongé; tète découverte, n'ayant pas le front prolongé en forme de corne; antennes simples dans les deux sexes; les deux pieds antérieurs plus grands que les autres; cinq articles à tous les tarses; élytres et ailes couchées horizontalement sur le corps.

Ce genre se distingue de celui qu'llliger nomme Empuse, parles antennes qui, dans les mâles de ce dernier, sont pectinées, et par leur tête qui est i)rolongée antérieurement en forme de corne; il s'éloigne des Blattes par la forme du corps, et des Spectres que Linné y réunissait, iiar les pieds qui, dans ceux-ci, sont de forme identique. La tète desAlanles est triangulaire, verticale, avec les yeux grands et trois ocelles lisses, distincts. Les antennes sont simples, sétacécs, composées d'un grand nombre d'articles et insérées entre les yeux; leur labre est entier; les mandibules sont incisives; les palpes filiformes, pointues au bout, non comprimées; la languette a quatre divisions presque également longues. Le corselet est allongé, formé en majeure partie du premier segment, dont l'extrémité antérieure est souvent dilatée et arrondie sur les côtés. Les pattes antérieures sont avancées, avec les hanches fort grandes, les cuisses compriméeset dentelées;les jambes sont également dentelées, terminées par un fort crochet; elles s'appli(iuent sous la cuisse ; les autres pattes sont simples et menues. Les élytres sont horizontales, couchées l'une sur l'autre, le long du côté interne, étroites, allongées, peu épaisses, demi-transparentes; les ailes sont plissées en éventail dans leur longueur. L'abdomen est oblong; il a ù son extrémité deux appendices articulés et coniques, et une pièce en forme de lame écailleuse, comprimée, arquée sur le dos, formée elle-même de plusieurspièces comtes, reçuesenlredeux valves de l'anus.

Les Mantes sont plus répandues dans les pays chauds; l'Europe n'en offre que quatre ou cinq espèces; celle que l'on rencontre le plus fréquemment dans les provinces méridionales de la France, porte le nom vulgaire de PiegaDmi (Pne-Dieu)\id,vc6 qvCeWe élève continuellement ses pattes de devant et les joint ensemble, de sorte qu'on la regarde comme un insecte sacré dans certains cantons, tandis qu'en d'autres on l'appelle iSwrcière; les Turcs ont même pour elle un respect reli-

iiieiix ; une autre espèce est encore plus vénérée chez les nottenlols. Le nom latin de Mantis (Divin) qu'on a donné à ces insectes, vient de ce que Ton s'est ima- Riné qu'ils devinent et indiquent les choses en étendant leurs pattes. Dans lélat de nymphes, les Mantes ont sur le dos quatre pièces aplaties, qui sont les fourreaux renfermant les ailes et les élylres. Elles marchent et agissent comme l'insecte parfait, vivant de rapine et mangeant tous les insectes qu'elles peuvent saisir avec leurs pattes antérieures qui font l'office de pinces. Koesel a conservé des Mantes en les nourrissant avec des Mouches ou autres insectes; quand on les met ensemble elles se dévorent. Un mâle et une femelle de ces insectes ayant été enfermés dans un vase de verre, le premier fut saisi par la femelle qui lui coupa la lêle. Comme ces insectes sont exliêmement vivaces, le mâle vécut encore assez longtemps, et ne fut dévoré par la femelle que quand celle-ci en eut été fécondée. Les œufs que pondent les femelles sont rassemblés en un paquet allongé, couvert d'une sorte d'enveloppe de la consistance d'un parchemin. A mesure qu'ils sortent de l'ovaire, il s'échappe avec eux une sorte de bouillie qui, en se détachant, forme l'enveloi)pe coriace qui les couvre. Ces œufs sont allongés, de couleur jaune, et placés sur deux rangées dans le paquet; la femelle attache ordinairement cette masse à la tige de quelque plante.

Ce genre se compose d'un assez grand nombre d'espèces; celle qui est la plus commune en France et qui sert de type au genre, est :

La Ma^te RELiGiEtjSE. Matitis leligiosa, Lin.; la Mante, Geoff., Ins. de Paris, t. i, p. 599, pi. 8, fig. 4; GijUus reZ/sf/osi/s, Scop.,Entom.Carn., p. 105; Manlis oiatoria, var. /3, Fabr. Longue de près de deux pouces, verte; corselet ayant une petite carène dorsale, avec ses bords latéraux d'un jaune roussàlre, un peu dentelés; élytres bordées légèrement de jaunâtre; pattes antérieures ayant une tache d'un noir bleuâtre au côté interne des hanches, avec les jambes d'un roussàlre clair. Cette espèce, commune dans le raidi de la France, commence à se trouver non loin de Paris. Linné l'avait bien distinguée de la Mante prêcheuse, Mantis oiatoria. Les auteurs qui ont écrit après lui, ont confondu l'une avec l'autre, et ont embiouillé la synonymie. Il sera facile d'éclaircir cette difficulté, si l'on sépare ces deux espèces et si l'on rapporte tous les synonymes cités à la Mante religieuse; l'espèce nommée prêcheuse n'a été connue jusqu'à nos jours que de Linné. Draiiarnaud l'a tirée de l'oubli où elle était, et en a donné une bonne figure dans le n" 09 du Bulletin de la Société Phllomatique. y., pour les autres espèces, la Monographie ([u'en a publiée Lichtenstein dans le t. vi des Transactions de la Société Linnéenne de Londres.

On a improprement donné le nom de Mantes de Mer, motivé sur une grossière ressemblance, à des Crustacés du genre SquiUe. F. ce mot.

MANTEAU. ZOOL. Les animaux Mollusques bivalves ou lilutôt lesConchifèresont tous leur coquille revètucà l'intérieur d'une peau plus ou moins mince, qui se partage en deux lobes égaux ou inégaux, selon que la coquille

est elle-même équivalve ou inéquivalve. Cette partie charnue semble revêtir l'animal à peu près de la même manière que les manteaux dont l'homme se couvre, d'oii est venu par comparaison le nom que l'on donne à celte partie des Conchifères ; depuis on a également donné le même nom aux enveloppes cutanées des autres Mollusques, quoiqu'elles aient des formes bien différentes. F. MOLLISQCE.

Lalreille ayant adopté la forme du Manteau et le nombre de ses ouvertures pour lui servir de moyens de division dans les Acéphales en plusieurs ordres, a donné le nom de Manteaux-BIforés, Bi/'ori-Pal/a, au second ordre de cette classe. Il l'a sous divisé en deux familles ; les Mytilacés et les Naïades, après lui avoir donné les caractères suivants : outre l'ouverture ordinaire, servant de passage au pied, le Manteau en offre encore une autre qui est propre aux déjections; la coquille est toujours plagymione; tantôt l'impression antérieure ou celle du muscle constricteur est petite, et l'autre est allongée; tantôt les deux sont bien apparentes, et l'antérieure est composée ou divisée. Le ligament cardinal est extérieur, marginal, linéaire, et s'étend souvent beaucoup plus sur le corselet ou la partie postérieure que sur l'antérieure. La coquille est souvent triangulaire, avec le côté postérieur long, et l'autre très-court.

Manteaux -Ouverts, Paluti-Patla. Latreille, dans les Familles du Règne Animal, a nommé ainsi le premier ordre des Acéphales, qu'il caractérise par l'ouverture du Manteau entièrement fendue; l'animal se trouvant, par conséquent, dépourvu de tubes pour l'anus et la respiration, il les a divisés en deux sections : les Mésoiniones et les Plagymiones, qui eux-mêmes sont partagés en plusieurs familles, comme on le verra en consultant ces mots.

Manteaux-Triforés, Tn/'e/i-Partn. Troisième ordre établi par Latreille, lue. cit., parmi les Acéphales ou Conchifères , pour ceux qui ont au Manteau trois ouvertures sans tubes, l'une pour le passage du pied, l'autre pour les branchies et la troisième pour l'anus. Cet ordre ne se compose que d'une seule famille, les Tridacnites (F. ce mot), et ne renferme que les deux genres Hippope et Tridacne , quoique cependant on puisse y rapporter les Cames dont le Gataron d'Adanson fait partie essentielle; par suite et par analogie devraient aussi y rentrer les autres genres de la famille des Camacées, c'està dire les Élhéries et les Dicérales, que Latreille place, vraisemblablement à tort, dans son quatrième ordre, les Manleaux-Tubuleux.

Manteaux-Tcbcledx, Tubuli-Palla. Lalreille a rassemblé dans le quatrième ordre des Acéphales, auquel il a imposé ce nom, tous les Conchifères dont le Manteau est terminé postérieurement par deux tubes plus ou moins prolongés, tantôt séparés, tantôt conjoints,quelquefois même n'en formant qu'un, mais à deux conduits intérieurs. Cet ordre est divisé en deux sections : les Uniconques et les Tubicoles, qui elles-mêmes sont sous-divisées en plusieurs familles. P'. ces mots.

Le nom de Mantead est encore devenu spécifique avec l'addition de quelque épithète; ainsi l'on a appelé ;

Manteau-Bleu ou Blec-Manteab (Ois.), une espèce de Mouette.

Manteau DccAi(Concli.), une espèce dii genre Peigne.

Manteau ou Trompette du Christ (Bol.), le Datura fastuosa, t.

Manteau de Dame (Bot.), VAlchimilla argentea.

ManteadGris ou Gris-Manteau (Ois.), la Corneille mantelée.

Manteau de Gueux (Bot.), la Pulmonaire dont la feuille est tachée, ou de grands Rumex aquatiques dont les feuilles se trouent et se déchirent assez naturellement.

Manteau-Noir ou Noir-Manteau (Ois.), une espèce de Mouette ou Goéland.

Manteau -Pourpre (Moll.), une grande espèce du genre Peigne.

Mantead-Royal (Ins. et Bot.), une Chenille et l'Ancolie.

Manteau de Saint-James (Moll.), une Coquille du genre Harpe.

Manteau de Sainte-.Marie (Bot.), la Colocase, etc.

MANTELÉE. ois. Espèce du genre Corheau. 1^. Corbeau. C'est aussi le nom d'une Buse du Brésil, A'. Faucon, et d'une Colombe des Indes. ^. Pigeon.

MANTELET. moll. Adanson (Voy.au Sénég.), trompé par quelques différences que présentent les animaux et les coquilles des Porcelaines jeunes avec les vieilles, avait formé un genre pour les premières , auquel il avait donné ce nom; quelques auteurs, sans l'avoir examiné assez attentivement. Pont adopté à tort. ^. Porcelaine.

MANTELLE. ois. L'un des noms vulgaires de la Corneille mantelée. ^. Corbeau.

MANTELLIE. Manlettia. bot. foss. Genre de la famille des Cicadées, reconnu par Brongniard, parmi des pétrifications calcaires de Porlland, dans des troncs cylindriques ou subsphéroïdés, qui ne laissaient plus que des indices incertains d'axe; les cicatrices des frondes sont rhomboïdes, larges, courtes et saillantes.

MANTICORE. Manticom. iNS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentanières, famille des Carnassiers terrestres, tribu des Cicindelètes, établi par Fabricius, et adopté par tous les entomologistes; ses caractères sont : tous les tarses semblables, à articles cylindriques dans les deux sexes; dos du corselet formant une sorte de lobe demi -circulaire, horizontal, prolongé jusqu'au-dessus du bord postérieur, et tombant brusquement dans son pourtour, avec les bords presque aigus et sinués; abdomen pédicule, presque en forme de cœur, plus large que la partie antérieure du corps , presque entièrement enveloppé par les élytrcs qui sont carénées latéralement. Fabricius n'ayant vu que quatre antennules aux Manticores, et trompé d'ailleurs parla forme des élytres, crut que ce genre avait beaucoup de rapports avec celui des Pimélies. Mais l'ensemble de tous ses caractères le rapproche tellement desCicindèles, queClairville pense même qu'il n'en est pas distinct. Outre les caractères tirés de la forme des élytres et de l'abdomen, qui éloignent ces insectes des Cicindèles, ils en sont encore séparés, ainsi que des insectes de la même tribu, par la longueur du pénultième article de leurs palpes maxillaires extérieures, qui surpasse celle du dernier article des mêmes palpes. La tête des Manticores est très grande, aplatie sur le front,

presque cylindrique postérieurement. Les mandibules sont très-grandes, arquées et armées intérieurement de quatre dents, dont la troisième est beaucoup plus petite que les autres; la lèvre supérieure est plus avancée, presque transversale; elle a six dentelures à sa partie antérieure. Les palpes sont grandes, et leur dernier article est un peu sécnriforme. Les antennes sont minces et filiformes, leur troisième article est allongé et anguleux. Les yeux sont arrondis, petits et peu saillants; le corselet est presque de la longueur de la télé; il parait divisé en deux parties par un sillon transversal, peu éloigné du bord antérieur, parallèle à celui ci, et prolongé sur les côtés et en dessous, jusqu'à l'origine des pattes antérieures. II n'y a pas d'écusson visible; l'abdomen parait pédicule, et il est presque entièrement enveloppé par les élytres qui sont soudées, larges, planes en dessus, presque en forme de cœur, fortement chagrinées, surtout postérieurement. Les bords latéraux sont en carène et légèrement dentelés, et la partie qui enveloppe l'abdomen est pres(|ue lisse, à l'exception de quelques points élevés vers l'extrémité ; les pattes sont grandes et couvertes de poils roides et assez serrés. Les Manticores ont la démarche vive des Carabes; ils courent sur les sables de la partie la plus méridionale de l'Afrique, et se cachent souvent sous les pierres. Ils se nourrissent d'insectes.

Manticore maxillaire. Manlicora maxiltosa, Fabr., Oliv., Latr., Dej.; Carabe à tubercules, Degéer; Cicindela giijaiilea, Thunb., Herbst, etc. Cet insecte est long de plus d'un pouce et demi, il est entièrement d'une couleur noire, peu luisante, et l'on aperçoit sur tout le corps des poils assez longs, roides et peu rapprochés les uns des autres. Du cap de Bonne-Espérance.

MANTIDES. Manlides. iNS. Famille de l'ordre des Orthoptères, section des Coureurs, établie par Latreille, et renfermant une portion du grand genre Mantis de Linné. Les caractères de celte famille sont : corps allongé el étroit; tête découverte; palpes courtes, filiformes, finissant en pointe; languette quadrifide; antennes simples dans les deux sexes, ou pectinées dans les mâles; corselet grand, étroit, quel(|uefois dilaté sur les côtés; ailes simiilemenl pliées dans leur longueur; les deux pieds antérieurs beaucoup plus grands que les autres, avec les hanches longues, les cuisses fortes, comprimées et épineuses, el les jambes terminées par un fort crochet, susceptible de se replier sous ces cuisses, afin de pouvoir saisir leur proie; les autres pieds sonl grêles, peu garnis d'épines, et ont souvent au bout des cuisses un appendice foliacé plus ou moins développé. L'abdomen est un peu plus large que le thorax et festonné sur les bords dans plusieurs.

Ces insectes se trouvent dans les pays tempérés et méridionaux; ils se tiennent sur les arbres el sur les plantes, ressemblent même quelquefois à des feuilles par la forme et la couleur de leur corps el de leurs ailes. Ils recherchent la lumière du jour, vivent d'autres insectes qu'ils saisissent avec leurs pieds antérieurs, qu'ils relèvent ou porlent en avant, el dont ils replient avec promptitude la jambe contre le dessous de la cuisse. Leurs œufs, très-nombreux, sonl renfermés dans autant de petites cellules composées d'une ma-

tiOre gommeuse, se durcissant à l'air et disposés par séries régulières et réunies en une masse ovoïde; la femelle les colle sur des plantes ou sur d'auties corps élevés à la surface de la terre. Le jabot de ces insectes est longitudinal; leur gésier a, en dedans, de fortes dents crochues; on leur compte liuit à dix cœcums autour du pylore. Ces animaux ont été désignés parSloll sous les noms de Feuilles ambulantes; cette famille forme deux genres, y. Empcse et iMante.

M.INTIS. ipis. Synonyme de Mante. V. ce mot.

MAINTISALQUE. Mantisalca. bot. Cassini (Bulletin de la Société Pliilomatique, septembre 1818) a formé sous ce nom. im genre aux dépens du Centaurea de Linné. Entre autres caractères, il lui attribue les suivants : involucre ovoïde, formé d'écaillés régulièrement imbriquées, appliquées, ovales -oblongues, coriaces, surmontées d'un appendice tubuleux, spiniforme et réfléchi; réceptacle plan, épais, garni de paillettes; cala- Ihide dont les fleurs centrales sont nombreuses et hermaphrodites, celles de la circonférence sur un seul rang, neutres et à corolles agrandies; ovaires des fleurs centrales munis de côtes longitudinales et de stries transversales, surmontés d'une double aigrette : l'extérieure semblable à celle des autres Centaurées; l'intérieure irrégulière, unilatérale, composée de trois ou quatre paillettes soudées entre elles, et formant une large lame membraneuse. Ce genre ne présente qu'une seule espèce, Centaurea Sabnantica , qui se trouve dans l'Europe méridionale.

M.4NT1SB1E. Mantisbia. iNS. Coléoptères tétramèrcs; genre de la famille des Longicornes, établi aux dépens du genre Piionns, de Fabricius, avec ces caractères : antennes filiformes, de onze articles cylindriques, dont le troisième aussi long que les trois suivants réunis; mandibules courtes, pointues et dentées; palpes courtes; corselet carré, rétréci en devant et armé latéralement de fines épines; écusson presque triangulaire; élytres longues, presque linéaires, arrondies au bout, ayant une petite épine droite à leur angle suturai ; dernier segment de l'abdomen échancré au milieu, dans les mâles; anus velu; pattes grandes; cuisses comprimées, épineuses en dessous. Ce genre a été créé par Audinet-Serville sous le nom de Macioloma qui n'a pas dû être conseivé puisque ce même nom avait été appliqué antérieurement à un autre genre d'insectes. Les Prionus serripes, palmatus et Luzonum, de Fabricius, en font partie. Tous trois ainsi que le Castaneus, d'Olivier, sont de l'Afrique.

MANTISIE. Manlisia. bot. Genre de la famille des Amomées et de la Monandrie Monogynie, L., établi par Sinis {Bol. Magazine, p. et t. 13-20) qui l'a ainsi caractérisé : calice coloré trifide; corolle monopétale à trois lobes; étaniine libre; filament linéaire, très -long, bilobé au sommet, muni d'un appendice à chaque côté de sa base; anthère double; style subulé. Ce genre, comme on le voit, est trôs-rapproché du Globba; son nom lui vient de celui de l'insecle appelé Mantis, qui offre en quelque sorte l'aspect d'une demoiselle parée.

Mantisie En SAUTOIR. Mantisia sallatoria, S. Ses racines sont fibreuses, simples, épaisses, charnues, allongées; les tiges sont inférieurement garnies de spa-

Ihes vaginales; les feuilles sont alternes, subpétiolées, lancéolées, arrondies à leur base, entières, rélrécies et prolongées à leur sommet en une languette Irès-aiguê; les bractées sont grandes, ovales, presque en cœur, colorées en violet foncé; les fleurs sont pédicellées, terminales, souvent rapprochées plusieurs ensemble : chacune d'elles a une enveloppe spalbiforme, trifide. à divisions ou folioles inégales, conniventes et violettes; la corolle est distante du calice, jaune, monopétale, irrégulière, à trois lobes inégaux; élamine violette. Cette plante est originaire des Indes, et se cullive en serre chaude où elle fleurit, dans nos climats, vers le mois de juin.

MANTISPE. Mantispa. iks. Genre de l'ordre des Névroplères, famille des Planipennes, tribu des Raphidines (Lalr., Fam. nat. du Règne Anim.), établi par lUiger et ayant pour caractères : antennes sélacées; prothorax en forme de corselet, allongé, cylindracé; ailes en toit; pattes antérieures ravisseuses. Les espèces qui forment ce genre ont été longtemps placées parmi les Orthoptères, et confondues avec les Manies; la forme de leurs paltes antérieures et leurs moeurs pouvaient, en effet, autoriser celte réunion; cependant Poda, et après lui Linné et Scopoli, n'avaient point commis cette faute, et non-seulement ils plaçaient la Mantispe alors connue, Mantispa pagana, parmi les Névroplères, mais ils en faisaient même une espèce du genre Raphiilia. Les autres caraclères fixent délinilivementla place des Mantispes auprès des Raphidies, et LepelJelier de Saint-Fargeau et Serville ont reconnu que la disposition des nervures des ailes est ici d'accord avec la méthode. Ce genre se distingue de tous ceux de sa famille par un caractère bien tranché, par la forme des pâlies antérieures qui sont propres, ainsi que celles des Mantides, à saisir les petits insectes dont ces animaux se nourrissent.

Ces insectes ont le corps long ; leur corselet a son segment antérieur fort allongé, évasé à la partie antérieure; le second segment est couit et transversal; la tête est triangulaire, verticale; les yeux sont grands, saillants : on voit enlre eux trois petits yeux lisses peu apparents; les antennes sont sélacées, seulement un peu plus longues que la tête, composées d'articles nombreux, raoniliformes; les deux de la base presque égaux enlre eux. Le labre esl avancé, presque carré, attaché au chaperon, arrondi et entier à sa partie antérieure; les mandibules sont fortes et cornées; les palpes sont au nombre de quatre, filiformes, presque égales en longueur, le dernier article des maxillaires étant ovale et fort allongé. Les ailes sont de grandeur égale, un peu réticulées, élevées en toit dans le repos. La plupart des nervures qui se dirigent vers les bords postérieur et intérieur se bifurquent en manière d'Y. L'abdomen est en forme de massue, rétréci vers sa base. Les pattes antérieures ont leurs hanches très-longues; leurs cuisses sont dilatées, carénées en dessous; celle carène est garnie de dents. Les jambes sont arquées, comprimées et trancbantes en dessous, et s'appliquent sur la cuisse entre la série des dentelures et une épine qui est placée près de la carène; les tarses ne paraissent consister qu'en nn fort onglet. Les quatre autres pattes sont pe-

ni

lites; leurs tarses sont composés de cinq articles el terminés par deux crochets, s'élargissant un peu vers leur extrémité qui est tridentée, et par une pelote grosse et bilobée.

Ce genre se compose de cinq ou six espèces dont une seule est propre à l'Europe.

Mantispe payeivive. Mantispa pagana, Illig., Latr.; RaphiiUa Mantispa, Scop., L.; Manlis persa, Pall., Spicil. (Zool., fasc. 9, pi. 14, tab. 1, fig. 8); Mantts pagana, Fabr. Elle est i)elite, d'une couleur ferrugineuse, avec les yeux noirs. Ses ailes sont transparentes et réticulées, et ont à la côte une tache ferrugineuse. Elle se trouve dans le midi de la France.

MANUCODE. OIS. Espèce du genre Paradis dont Vieillot a fait le type de son genre Cicinnurus. V. Paradis.

MANUCODE A DOUZE FILETS, ois. F. Promerops a

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