‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 4)Chapitre 16 sur 99 · DICT. DES · texte numérisé non relu

DICT. DES

celles de la plupart des Fougères, oblongues, s'ouvrant par une fente qui parcourt toute la longueur de leur bord supérieur; ses capsules sont divisées intérieurement, par des cloisons transversales, en deux rangs de loges étroites, dont les orifices correspondent à la fente de la capsule, et ne sont visibles qu'après la déhiscence. Ces capsules sont sessiles et solitaires à l'extrémité de la plupart des nervures, près du bord de la fronde; elles ne sont recouvertes par aucun tégument. Ce genre se rapproche beaucoup du Datiœa, dont il diffère essentiellement par ses capsules plus petites, plus espacées, qui ne couvrent pas toute la surface de la fronde, et par l'absence absolue de tout tégument. Les plantes qui le composent ont une fronde deux fois pinnée , dont les folioles et les pétioles communs sont articulés et caducs; les pétioles secondaires sont souvent régulièrement opposés; mais les folioles sont ordinairement alternes, dentelées, rétrécies à la base en un court pétiole; leurs nervures sont pinnécs, et les nervulcs sont simples ou une seule fois bifurquées. Les pétioles communs secondaires sont ailés dans quelques espèces.

On ne connaît que quatre espèces de Marallies; deux habitent les Antilles, et deux croissent à l'île de Mascareigne; il en existe en outre quelques espèces dans les herbiers, qui diffèrent peut-être de celles-ci; une de la Nouvelle-Hollande se rapproche beaucoup du Marattia sorbifolia ainsi que le Marattia attenuata décrit par Labillardière, comme de la Nouvelle-Calédonie; une autre de l'Inde est très-voisine du Marattia Fraxinea. On voit que toutes les plantes de ce genre sont propres aux régions équatoriales.

MARATTIÉES. bot. F. Fougères.

MARBRE. GËoi. MIN. Nom vulgairement donné, depuis les temps les plus reculés, à presque toutes les Pierres qui prennent un poli brillant, et sont employées par les sculpteurs et les architectes, soit à la confection de monuments des arts, soit à l'embellissement et à l'ornement des palais, des maisons et des meubles; dans un langage plus rigoureux, on n'appelle assez généralement Marbres que les variétés de Chaux carhonatée à tissu compacte ou cristallin, qui peuvent recevoir un beau poli. On en distingue les Granits et les Porphyres que les anciens comprenaient aussi sous la dénomination de Marmor, et dont la dureté, bien supérieure à celle des véritables Marbres, a sans doute donné lieu à l'adage bien connu : dur comme du Marbre. Il conviendrait aussi de séparer des Marbres les Pierres polissables, employées aux mêmes usages (ju'eux, et qui sont évidemment formées de fragments réunis par une pâte ou ciment, lesquelles sont ou des Brèches, ou des Pouddings, suivantque les fragments sont anguleux ou arrondis. Les Marbres, ainsi limités, devront faire effervescence avec l'Acide nitrique, se laisser rayer par une pointe de Fer, et se réduire en Chaux vive par la calcination, caractères au moyen desquels ils ne peuvent être confondus qu'avec l'Albâtre calcaire, qui en diffère par sa texture intérieure, presque toujours fibreuse, par sa translucidité, etc.

Les Marbres sont blancs ou noirs, ou le plus souvent mélangés de diverses couluurs quelquefois très-oppo-

sées, et dislril)uées d'une manière particulière que l'on désigne par les expressions marbrure, marbré. Ils appartiennent par la position géologique qu'ils occupent à des terrains différents. Les Marbres blancs, employés principalement par les statuaires et nommés Marbres statuaires, Marbres salins. Calcaires saccaroïdes, se rencontrent exclusivement dans les formations les plus anciennes , tandis que les Marbres veinés de plusieurs couleurs occupent des étages supérieurs, sans toutefois se montrer au-dessus des terrains secondaires, dans les derniers desquels ils sont très-rares. On trouve bien dans les formations jurassiques, et même jusque dans les dépôts tertiaires (Liquart de Luzarches, Pierre de Saillancourt, Calcaire d'Eau douce de Cbàteau Landon), des lits plus ou moins épais de roche calcaire, qui sont employés dans la marbrerie commune, mais rarement pour des objets d'ornement; leurs couleurs ternes et même sales n'ont rien de comparable à celles des Marbres plus anciens. Le nombre des variétés de Marbres qui ont reçu dans le commerce des noms particuliers, est immense. Ces noms s'appliquent non-seulement aux Pierres tirées des divers pays et des diverses exploitalions, mais souvent ils distinguent certains lits d'une même carrière. On est aussi dans l'habitude de désigner comme Marbres antiques ceux qui ont été employés par les anciens, et dont on ne connaît plus les carrières; il arrive aussi très-souvent que, pour leur donner plus de valeur, on range dans cette classe des Marbres encore exploités, qui resseml)lent à ceu.x employés par les anciens. Presque tous les pays, et surtout la France, possèdent des Marbres d'un grand nombre de variétés, qui sont ou pourraient être exploités avec avantage pour la décoration des bâtiments et même pour la sculpture. Parmi les Marbres blancs employés par les artistes de ranti(iuité,on peut citer comme les plus célèbres celui de Paros dont les carrières existaient dans l'île de ce nom et dans celles de Naxos et Ténos (Vénus de Médicis, Vénus du Capitule); celui extrait du mont Pentelès près d'Athènes et nommé Marbre pentelique (tête d'Alexandre, Bacchus indien, torse, statue d'Esculape, tête d'Hippocrate, etc.); celui de Luni et de Carrare (Antinous du Capitole, et à ce qu'assure Doloraieu, l'Apollon du Belvédère, etc.). La vallée de Carrare, dont les deux côtés sont formés de couches de Marbre blanc d'une belle qualité, fournit maintenant à presque tous les travaux des sculpteurs, quoique dans la Savoie, et pour la France dans les Pyrénées, on pourrait trouver des Pierres de même qualité; mais leur exploitation en grand serait trop dispendieuse pour qu'elles puissent entrer en concurrence pour le^ prix avec celles de la côte de Toscane. Quant à la partie technique de cet article, son étendue ne permet pas de l'entamer ici; on eji trouvera les détails dans l'intéressant ouvrage publié par Brard sur la Minéralogie appliquée aux arts; il suffira de citer quelques-uns des Marbres les plus connus, en indiquant leurs couleurs et les lieux d'où on les tire.

Marbre rouge antiqde : rouge foncé, sablé de petits points noirs et de très-petites veines; d'Egypte, entre le Nil et la mer Rouge.

Marbre griotte d'Italie : rouge de feu avec des taches ovales, plus claires; Coquilles à peine reconnaissa-

bles, mais formantdes lignes spirales noires; de Cannes, près de Narbonne.

Mardre de Languedoc : rouge mêlé de blanc et de gris, en zones contournées; des carrières de Cannes comme le précédent.

Mardre jacne de SiEiVNE : jaune clair; de Sienne en Italie.

Marbre ciPOLiN; on nomme ainsi tout Marbre blanc avec des veines ou zones verdàtres, dues à du talc.

Marbre de Casipan : («) vcrl, vert-d'ean très-pâle, avec linéaments d'un vert plus foncé; (/3) Isabelle, fond rose, veiné de talc vert; (y) rouge, rouge sombre, veiné de rouge encore plus l'oncé. Ces trois variétés se voient réunies ensemble. On les exploite au bourg de Campan, près Bagnères, dans les Pyrénées.

Marbre bled turqdik : gris clair, tirant sur le bleuâtre, avec zones blanches ou grises. Le véritable vient, dit-on, de la Mauritanie; mais le plus commun vient des carrières de Carrare.

Marbre Portor : fond noir, veiné d'un jaune d'or; des Apennins, au cap de Porto-Venere , et dans les îles voisines.

Marbre SAINT-AN^£ : fond noirâtre, veiné de blanc et de gris; des environs de Maubeuge et en Belgique.

Marbre icjucnEiLE : celui qui renferme beaucoup de Co(iuilles, de Madrépores, d'Encrines , tel que le Drap-JIortuaire, noir foncé avec Coquilles coniques, blanches, éparses.

Marbre petit Granité : fond noir, avec une immense quantité d'Encrines; des Écaussines près de Mons ; il est très-communément employé pour ameublement.

Marbre flexible. Les docteurs Méat et Mitchil ont fait connaître ce Marbre qui paraît être abondant dans le Berkshire, Amérique du nord; sa couleur varie entre une teinte rosaire et grise; son grain est tantôt grossièlement granuleux, à texture lâche, tantôt fin; il n'est pasrarede voir dans un grand bloc, unedes extrémités flexible et l'autre ne l'être pas; le poli en est beau; la roche paraît être un carbonate de Chaux sans Magnésie. Dolomieu attribuait la flexibilité de cette roche au dessèchement, et Fleuriau de Bellevue assure qu'un Marbre non élastique le devient par cette même circonstance; toujours est-il que le Marbre du Berkshire perd de sa flexibilité en se desséchant. Cette propriété, dans le Marbre, tient sans doute à la même cause que dans les autres corps denses, c'est-à-dire à la disposition plus ou moins lâche de leurs molécules.

Parmi les Marbres, les uns ne renferment point de corps organisés apparents, et ils sont en général cristallins et à texture laminaire, tels que les Marbres statuaires blancs; les autres au contraire, ù tissu compacte et serré, paraissent comme pétris de Polypiers et de Coquilles. Ces corps sont quelquefois liés d'une manière si intime avec la pâle qui les enveloppe, que le poli seul peut démontrer leur présence, qui ne se manifeste au premier aspect que par des taches diversement colorées. Dans certains Marbres, les couleurs difrentes qui les caractérisent sont entremêlées et nuancées entre elles, de mani'ère qu'on dirait qu'au moment de leur formation, des sédiments de diverses couleurs

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se sont réunis dans un même point sans se uieler inlimemenl, ou bien qu'une pâle sédimenleuse a été inégalement pénétrée par des solutions colorées. Cependant, dans un grand nombre de cas, les veines et principalement les veines blanches paraissent être des fentes qui, après coup, ont été remplies par des intiltralions de Spath calcaire (|ui s'y est cristallisé. On peut .surtout remarquer cette disposition dans les Marbres Sainte-Anne, et voir que quelquefois après que les premières fentes produites soit par retrait, soit par brisement, ont été remplies, de nouvelles fentes se sont faites qui ont coupé les premières et ont été également remplies ; c'est en petit ce que présentent les filons. Tous les Marbres ne résistent pas également aux influences atmosphériques; ceux qui contiennent de l'Argile s'exfolient pi'omptemenlj mais certaines variétés, telles que les Marbres blancs antiques, qui sont presque uni(iuement formés de carbonate de Cliaux pure, sont à peine altérés par les injures du temps, ainsi que le prouvent les statues, les vases, les colonnes et autres monuments que les anciens ont laissés à notre admiration.

MARBRÉ. PolychiHs. rept. Genre détaché par Cuvier des Agames de Daudin, dans la méthode duquel il formait la section appelée les Lézardels. Le seul animal qui le constitue est l'intermédiaire des Iguanes et des Anolis. Il diffère des premiers parce qu'il n'a pas de crête dorsale, et des seconds, parce que ses doigts ne sont pas dilatés; du reste, il se rapproche des Agames, mais surtout des Caméléons, avec les(iuels il a de commun la faculté de changer de couleur, au plus haut degré; un poumon très -volumineux rem|)lissanl la presque totalité du corps, et se divisant en plusieurs branches; enfin, les fausses côtes entourant l'abdomen et se réunissant pour former des cercles entiers. Il peut dilater sa gorge et lui donner l'apparence d'un goitre; ses cuisses présentent une série de pores.

Marbré. Laceila mai morala , L., Encycl., Rept., pi. 9, lîg. 4, d'après Lacépède; Jgama maimorata, Daud. C'est un joli Lézard qu'on a cru, mal à propos, habiter l'ancien continent jusqu'en Espagne, mais qui parait propre à l'Amérique méiidionale, et fort commun à Surinam. Sa queue est trois fois environ aussi longue que son corps; ses couleurs brunâtres, cendrées ou de vert-de-gris, sont tellement variées, qu'on les a comparées aux nuances que présente le Marbre.

On a étendu le nom de Marbré à un Poisson du genre Achire, à un Oiseau-Mouche, ainsi qu'à des Coquilles du genre Turbinelle. /''. tous ces mots.

MARBRÉ. BOT. Nom donné par Paulet à l'une de ses familles de Champignons. F. Bolet.

MARBRÉE. POIS. L'un des noms vulgaires de la Lamproie.

MARCANTHUS. bot. Pour Macranthits. y. Macran-

TBE.

MARCASSIN. BAia. C'est ainsi qu'on appelle le Sanglier dans sa grande jeunesse. F. Cochon.

MARCASSITE. MIN. On désignait autrefois sous ce nom les cristaux cubiques de Fer sulfuré d'un jaune d'or et d'une assez grande pureté pour être taillés, polis et employés comme objets d'ornement, y. Fer

SCIFCRÉ JADNE.

MARCASSON. BOT. Synonyme vulgaire de Gesse tubéreuse, Lathyriis tuberosus, l. V . Gesse.

MARCEAU. BOT. L'une des espèces du genre Saule.

IMARCELIA. BOT. Ce genre, placé par H. Cassini dans la famille des Synanthérées, n'a point paru assez distinct du genre Anthémis , pour devoir en être séparé.

MARCELINE, ma. Nom donné par Rendant au Manganèse oxidé, hydraté en partie, de la mine de Saint- Marcel, en Piémont. Le minerai, d'un noir grisâtre, d'un éclat légèrement métalloïde ou vitreux, cristallisant en octaèdre, est composé de : oxide de Manganèse 77, Silice 16, oxide de Fer 4, Alumine 3.

MARCESCENT. Maicescens. bot. Cette épithète s'emploie pour exprimer les organes foliacés, qui se dessèchent sur la plante avant de s'en détacher; telles sont par exemple les feuilles du Chêne; tandis que les feuilles persistantes sont celles qui demeurent attachées à l'arbre plusieurs années de suite sans se dessécher, comme dans les Lauriers, les Pins, les Sapins, etc.

MARCÉTIE. Marcetia. bot. Genre de la famille des Mélastomacées, détaché par De Candolle du genre Rliexia, avec les caractères suivants : tube du calice oblong ou cylindracé, avec quatre lobes lancéolés; quatre pétales ovales et aigus; huit étamines égales, avec leurs anthères oblongues, pourvues d'un pore et de deux tubercules à la base; ovaire libre et glabre; style filiforme ; stigmate punctiforme ; capsule à quatre valves égalant à peu près la hauteurdu tube du calice; semences en cuiller. Les espèces de ce genre, que l'on porte à onze, sont toutes originaires du Brésil; ce sont en général des sous-arbrisseaux à rameaux cylindriques, à feuilles oblongues, assez épaisses avec leurs bords ordinairement roulés, rétrécies fortement en cœur à leur base ou à peine pétiolées, très-entières et souvent dépourvues de nervures; les Heurs sont axillaires, solitaires, presque sessiles, à deux bractées, blanches ou rougeâlres.

Marcétie CoRDiGÈRE. Maixelia Cordigera , DC. ; Rhexia Cordigera, Mart. Arbrisseau Irès-branchu, dont les rameaux sont sétoso liispides; feuilles sessiles, cordées dans leur jeunesse, avec les bords roulés, elles s'étendent à mesure que leur croissance est plus avancée et deviennent insensiblement planes et cordiformes, presque rugueuses, parsemées d'une très-petite pubescence glanduleuse; fleurs axillaires, pédicellées, solitaires dans chaque foliole de la grappe, avec leurs pétales obliquement mucronés.

Marcétie sertdiaire. Marcetia serlularia, DC. Arbrisseau à rameaux abondants et recouverts d'une pubescence courte et serrée; feuilles sessiles, ovales, rugueuses, roulées vers les bords, coriaces, privées de nervures, petites et serrées les unes contre les autres; fleurs solitaires à l'extrémité des rameaux; calice oblong, revêtu de poils glanduleux et courts.

WARCGRAVIACÉES. Marcgraviaceœ. bot. Le genre Marcgravie a donné son nom à une petite famille naturelle, ayant pour type et genre princi|)al le Marcgravia. Ce genre avait été placé par Adanson et Jussieu dans la famille des Capparidées. Mais plus tard.

ce dernici' bolaniste adoplant l'opinion du professenr Richard qui rapprocliait le genre Maicgravia du Chisia, en a fait une section à part dans la famille des Gutlifères, qui, après, a été considérée comme une famille distincte par Clioisy, De CandoIIe et Kunlh. Voici les caractères généraux que Richard a observés dans ce groupe naturel. Les tleurs sont constamment hermaphrodites; le calice est formé de quatre à six ou sept sépales courts, imbriqués et persistants dans tous les genres, à l'exception de VAntholoma de Labillardière où ils sont longs et caducs; la corolle est monopélale, en forme de dé à coudre, ouverte ou fermée à son sommet, s'enlevant comme une sorte de coiffe, ou formée de cinq pétales sessiles; les étamines sont généralement en grand nombre, quelquefois cinq seulement {Souroiibea, Aublet), ayant leurs filets distincts et hypogynes et leurs anthères terminales dressées, à deux loges in- Irorses, s'ouvrant par un sillon longitudinal ou seulement par leur partie supérieure (Àntholoma). L'ovaire est libre et généralement globuleux, surmonté d'un stigmate sessile et lobé en étoile, et d'un style dans le seul genre Anlholoma. Coupé transversalement, cet ovaire est iiniloculaire et offre de quatre à douze trophospermes pariétaux, saillants, en forme de demicloisons, divisés par leur bord libre en deux ou trois lames diversement contournées et toutes couvertes d'ovules fort petits. Le fruit est généralement globuleux, accompagné à sa base par le calice qui est persistant. Il est coriace extérieurement, pulpeux à son intérieur qui présente une organisation semblable à celle de l'ovaire. Les placentas lamelliformes se détachent quelquefois de la paroi interne du péricarpe et forment avec les graines et la pulpe qui les environne une masse globuleuse, libre au milieu du péricarpe. Celui-ci reste en général indéhiscent , ou bien se rompt régulièrement ou irrégulièrement en un certain nombre de parties ou valves, dont la déhiscence se fait de la base vers le sommet. Les trophospermes correspondent au milieu de la face interne de chaque valve. Les graines sont trèspetites et nombreuses. Leur tégument propre, qui est généralement chagriné, recouvre immédiatement un embryon dressé, à radicule courte.

Les Marcgraviacées sont des arbres ou plus souvent des arbustes sarmenteux, grimpants et parasites à la manière du Lierre. Leurs rameaux sont souvent pendants; leurs feuilles sont alternes, simples, très-entières, presque sessiles et coriaces. Leurs Heurs sont généralement disposées en un épi très-court et en forme de cime, quelquefois en un épi plus ou moins allongé. Ces fleurs sont longuement pédonculées, tantôt terminales, tantôt obliques au sommet de leur pédoncule; celui-ci porte souvent une bractée d'une forme bizarre, creuse et cucuUiforme ou en cornet. Dans les espèces à tleurs en cimes, les fleurs du centre avortent assez souvent et la bractée prend plus d'accroissement.

C'est le professeur Richard qui le premier a bien fait connaître l'organisation du fruit des Marcgraviacées et indiqué ses véritables rapports avec la famille des Guttiférées, comme le rapporte Jussieu dans son Mémoire sur le genre Marcgravia. Celte petite famille se compose, outre le genre dont elle a emprunté son nom.

de V/tntholoma de Labillardière et des Norantea et Soiirotibea d'.\ublet. Mais si l'on réfléchit que le Souroubca ou Ruyschia de Jacquin ne diffère du Norantea ou Ascyiim de Valil, que parce qu'il n'a que cinq étamines, on verra que ces deux genres devraient être réunis, et que par conséquent la famille des Marcgraviacées ne se composerait plus que de trois genres, mais ayant entre eux la plus grande affinité, et par leur l)ort, et par l'organisation des diverses parties de leur fleur.

On est aussi assez généralement d'accord de placer les Marcgraviacées auprès des Cutlifères dont elles se rapprochent beaucoup par plusieurs caractères. Néanmoins cette famille paraît s'en écarter sensiblement par l'oi'ganisation de son fruit, et vraisemblablement ce fruit rapprocherait un peu les Marcgraviacées des Flacourtianées ou desBixinéesqui ont également, avec une corolle polypélale, des étamines indéfinies et hypogynes, un ovaire globuleux, uniloculaire. contenant un grand nombre d'ovules attachés à des trophospermes pariétaux. Mais dans ces deux familles l'embryon est pourvu d'un endosperme charnu, et dans les Bixinées, il y a des stipules, organes qui manquent dans les Marcgraviacées.

MAIICGRAVIE. Marcgravia. bot. Ce genre, d'abord placé dansla famille des Capparidées et dans la Polyandrie Monogy nie, L., est devenu le type d'une famille nouvelleque Jussieu nomme Marcgraviacées. A', ce mol. Les Marcgravies sont des arbiisseaux parasites et sarmenteux, croissant comme le Lierre sur le tronc des autres arbres où ils s'accrochent au moyen de suçoirs. Leurs rameaux stériles son t étalés et adhérents, ceux qui portent les fleurs sont libres et pendants. Leurs feuilles sont alternes, très-entières, coriaces, persistantes, dépourvues de stipules; celles des rameaux stériles sont souvent de figure différente. Les fleurs, longuement pédonculées, sont disposées en sertules ou ombelles simples ou quelquefois en grappes; les pédoncules portent un appendice ou une bractée d'une forme particulière, dans les diverses espèces, le plus généralement concave, en forme de capuchon , (luelquefois pédicellé. Dans les espèces à fleurs en sertule, les Heurs centrales avortent généralement, et les pédoncules ne portent que l'appendice dont il vient d'être parlé. Le calice est cupuliforme. persistant, formé de cinq à sept sépales obtus et imbriqués latéralement. La corolle est monopélale, coriace, entièrement close, s'ouvrant circulairement, par sa base, en forme de coiffe glandiforme. Les étamines varient de dix-huit à quarante; elles sont hypogynes ainsi que la corolle, dressées dans le boulon, mais étalées et un peu recourbées quand la corolle est tombée. Les filets sont libres, distincts, subulés; les anthères allongées, à deux loges inlrorses s'ouvrant par un sillon longitudinal et attachées un peu au-dessus de leur base; l'ovaire est sessile, ovoïde, ou presque globuleux, à une seule loge. Son organisation singulière n'a été bien connue et bien décrite que par le professeur Richard qui en a communiqué une description et un dessin manuscrit à Jussieu, lors de la rédaction de son Mémoire sur le genre Marcgravia. De la paroi interne de l'ovaire naissent de quatre à neuf pla-

eenlas ou tiopliospermcs paii(-(aux lamellifomios, se réunissanl avec ceux du côté opposé, dans la parlie supérieure et inférieure de l'ovaire, lilires dans leur parlie moyenne, qui s'avance jusqu'ù environ le quart delà largeur de la cavité, et s'y divise en trois branches : l'une moyenne, plus courte, se dirige vers le centre du fruit, les deux latérales se recourbent brusquement vers les parois de l'ovaire, et se bifurquent à leur sommet. La surface entière de ces lames placentaires est couverte d'ovules fort petits et excessivement nombreux. Cet ovaire a été décrit par tous les botanistes même les plus modernes comme étant à plusieurs loges distinctes et comme ayant des placentas ou Irophospermes axillaires. Il est évident qu'ils ont pris les trophospermes pariétaux et lamelliformes pour des cloisons. L'ovaire s'amincit légèrement à son sommet où il se termine par un stigmate sessile, divisé superficiellement en quatre ou neuf lobes par des sillons disposés en étoile. Le fruit est globuleux, coriace extérieurement, pulpeux a son intérieur qui offre la même organisation que celle de l'ovaire, restant indéhiscent ou s'ouvrant d'une manière irrégulière de la base au sommet. Les graines sont petites, très -nombreuses, pulpeuses extérieurement , contenant un embryon dressé, dépourvu d'endosperme.

Les espèces du genre Marcgravia sont pen noml)reuses, puisqu'on n'en compte que quatre dans le premier volume du Prodrome de De CandoUe, savoir ; Marcgravia umbellata , L.; Marcgravia coriacea, Vabl; Marcgravia spiciflora, Juss.; Marcgravia picta, Willd., auxquelles il fait ajouter une espèce encore incertaine, mentionnée par Kunth, sous le nom de Marcgravia iliibia; mais en étudiant avec soin ces espèces, on reconnaît que plusieurs plantes différentes ont été réunies et confondues sous le nom de Marcgravia umbellata. Ainsi la plante décrite et figurée souscenom, parJacquin(Am.,p. 150, tab.90), est certainement différente de celle de Plumier, publiée antérieurement, et que l'on doit considérer comme le type véritable au Marcgravia umbellata. Dans l'espèce de Plumier en effet les feuilles sont elliptiques, aiguës, éloignées les unes des autres; dans celle de Jacquin, elles sont lancéolées, étroites et irès-rapprochées; dans la première, les fleurs sont très -obliquement placées à la partie supérieure du pédoncule, tandis que dans la seconde elles sont tout à fait terminales. On pourrait même établir deux sections parmi les espèces de ce genre, suivant que leurs fleurs offrent l'une ou l'autre de ces deux positions. Ainsi, dans la section des espèces à Heurs obliques, on placerait : 1° Marcgravia umbellata,L., Plum.,/c., 173, fig. 1; ^«Marcgravia coriacea, Vahl, Eclog., 2, p. 36; 3« Marcgravia parviflora, N., espèce nouvelle et inédite, originaire de la Guiane. Dans la seconde section se trouveraient : 1° Marcgravia Jacquini, N., ou Marcgravia umbellata, Jacq.; ^oMarcgravia spiciflora, ims.,fLnn.tilas.,\4, tab. 25; 5" Marcgravia gran<liflora,îi., espèce nouvelle et inédite, originaire des Antilles et delà Guiane. A la suite de ces espèces, on reporterait comme trop imparfaitement connues les Marcgravia dubia, Kunth, et Marcgravia picta, Willd.

MARCHAIS. POIS. Variété du Maquereau qui n'a pas de taches. On appelle aussi de même le Hareng qui n'a plus ni laile ni œufs.

MARCHAND, ois. Espèce du genre Canard, y. ce mot.

MARCHANTIE. Marchanlia. bot. Ce genre est l'un des plus curieux de la famille des Hépatiques, et il paraîtrait que ce sont les plantes qui le composent qui ont porté plus particulièrement le nom d'Hépatiques, qu'on a donné depuis à toute celte famille. Dillen le désignait sous le nom de Lichen, Micheli sous celui de Marchanlia et d.'Hepatica. Marchant, dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, le décrivit le premier avec soin et le dédia à son père.

Toutes les plantes qui composent ce genre offrent une fronde membraneuse, verte, plus ou moins distinctement réticulée, étalée en rosette sur la terre, divisée en lobes dicholomes, donnant naissance de sa face inférieure à une infinité de fibrilles qui la fixent au sol; de la surface supérieure de cette fronde ou des échancrures de son bord s'élèvent des organes de deux sortes, tantôt réunis sur le même individu, tantôt portés sur des individus différents.

Marchantie étoilée. Marchanlia polymorpha, L. Les organes des deux sortes sont portés sur des individus différents. Les uns ont la forme d'une ombrelle et sont portés sur un pédicelle qui sort d'une gaine membraneuse produite par la fronde; ce réce|)lacle, en forme d'ombrelle, est divisé en lobes ou rayons qui varient pour le nombre et la profondeur suivant les espèces; chaque lobe ou rayon porte inférieurement un involucre membraneux, se divisant en deux valves et renfermant, dans son intérieur, depuis une jusqu'à six capsules. Chaque capsule est contenue dans une enveloppe membraneuse propre , analogue à ce qu'on a nommé calice dans les Jungermannes; celte enveloppe propre, plus ou moins grande, formant une saillie plus ou moins marquée hors de l'involucre commun, est percée au sommet; dans son intérieur on trouve une capsule recouverte par une membrane particulière, se prolongeant en un appendice tubuleux, analogue à la coiffe des Mousses. La capsule augmente, déchire cette coiffe, se dégage de l'enveloppe propre extérieure, et bientôt s'ouvre elle-même en quatre ou huit valves; son intérieur est rempli de séminules mêlés à'Elaters, ou fils en double spirale élastiques, qui les projettent au dehors; ces séminules mis dans des circonstances convenables ont germé et reproduit la même plante. Les autres organes ont également la forme d'une ombrelle, mais leur contour n'est que légèrement sinueux; leur surface supérieure est un peu concave; intérieurement ils renferment dans des loges particulières, de petits corps ovales fixés par une de leurs extrémités, et qui paraissent analogues à ce qu'on a regardé comme des organes mâles dans les Mousses. Outre ces deux organes, ou observe encore sur la fronde des sortes de cupules sessiles, qui renferment plusieurs corps lenticulaires , sont susceptibles de se développer et de produire une nouvelle plante. Tels sont les organes de la fructification dans le Marchanlia polymorpha, l'espèce la plus commune et la mieux observée. Schneider,

et ensuile Hedwig, qui l'ont parfaitement décrite, s'accordent à regarder les premiers comme des organes femelles, les seconds comme des organes mâles, dont l'influence est nécessaire au développement des graines; enfin, les derniers, comme desimpies bulbilles qui se développent sans fécondation. Hedwig rapporte à l'appui de cette opinion , une observation qui , si elle avait été répétée plusieurs fois, serait décisive : il dit qu'ayant lro\i\è\it Ma rchanlia polymoipha en grande quantité sur le bord d'un bassin, il remarcpia que tous les individus de celle localité étaient des individus femelles, à réceptacle étoile, sans aucun mélange d'individus mâles; qu'ayant examiné les capsules d'un grand nombre de ces plantes, il les trouva toutes avortées, et ne renfermant que des filaments sans graines, ce qu'il attribue à l'absence de fécondation.

Les aulres espèces de Marchanties n'ont pas été aussi bien observées que celle-ci, et on a été porté, peut-être un peu légèrement, à en faire des genres particuliers; ainsi Raddi a divisé les Marchanties en cinq genres : Manhanlia, Grimaldia, Rebouillia, Fecjatclla, Lunulaiia ; de ces genres, le Grimaldia avait déjà été établi par Nées d'Esenbeck sous le nom deFimbraria; le Rebouillia fondé sur le Maichantia heinispUeiica ne paraît pas différer essentiellement des ïl/n/c/mn^/a; le Fegatella, qui a pour type le Marchanlia conicu, avait été, depuis longtemps, désigné par Uill sous le nom de Conoce/iliatum.U ne diffère réellement du Marchanlia qu'en ce que chaque lobe de l'ombrelle ne renferme qu'une seule capsule presque entièrement renfermée dans le réceptacle, et par ses organes mâles qui, au lieu d'êlre contenus dans un réceptacle pédicellé, sont renfermés dans un léceplacle en forme de disque sessile. Enfin, le Luuulaiia ou Lunaria de Micheli, (|ui ne renferme que \& Marchanlia cruciatade Linné, est encore très-imparfaitement connu, mais ses formes extérieures peuvent faire présumer que ce genre méritera d'être adoi)té.

Les espèces exotiques de Marchanties sont encore trèsimparfaitement connues; on en a indiqué plusieurs dans les Antilles, au Brésil, au cap de Bonne-Espérance, etc.; mais leurs caractères n'ont pas été bien comparés : le Marchanlia poljmoritha , si commun en Europe, paraît se retrouver sans différences appréciables sur presque tous les points du globe.

MARCHATE. BOT. Nom vulgaire d'une variété du Commelina crislata.

MARCHE. C'est l'action par laquelle les animaux pourvus de pieds se meuvent et ont la faculté de se [lorter d'un lieu vers un autre. /'. Progression. Quant à la définition de la Marche des fluides dans l'acte de la végétation, V. ytattwix.

MARGKÉE. Marckea. bot. Genre établi parle professeur Richard (Act. .Soc. Hist. nat. de Paris, p. 107) et dédié à Lamarck, l'un des naturalistes les plus profonds de ce siècle, et à qui la botanique et la zoologie doivent également d'importants ouvrages. Ce genre, de la famille des Solanées et de la Pentandrie Monogynie, offre pour caractères ; un calice monosépale, tubuleux, persistant, presque pentagone, à cinq lanières peu profondes, étroites, aiguës et dressées; une coiolle inonopé-

lale, infundibuliforme, régulière, à tube plus long que le calice, à limbe étalé, à cinq divisions obtuses; cinq étamines incluses, attachées vers la partie inférieure du tube de la corolle, ayant les anthères allongées, à deux loges, s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal ; l'ovaire est libre, conoïde, allongé; le style est filiforme, de la longueur des étamines, terminé par un stigmate allongé et glanduleux. Le fruit est une capsule oblongue, cylindrique, à deux loges, contenant chacune un grand nombre de graines allachées à un trophosperme central, et s'ouvrant en deux valves.

Marckée écablate. Marckea coccinea, Rich., loc. cit. C'est une Liane grimpante, ligneuse et volubile, ayant ses rameaux dressés ou plus souvent pendants en forme de festons, portant des feuilles allernes, pétiolées, elliptiques, acuminées, tiès-enlières, glabres, luisantes et presque sans nervures. Les fleurs sont grandes comme celles du Nicoliana Tabaciim, mais d'un beau rouge écarlate ; elles forment une sorte de grappe pendante au sommetd'un pédoncule axillaireplus long que les feuilles. Cette jolie plante croît dans les forêts humides de la Gniane.

MARCOTTE, bot. On nomme ainsi une branche tenant encore à la plante-mère, et qui, placée dans un milieu humide comme de la terre ou de la mousse, y pousse des racines. Le marcottage est un des moyens le plus fréquemment employés pour la raulllplicalion de certains végétaux. C'est une imitation de celui dont la nature se sert pour reproduire plusieurs végétaux, tels que ceux qui sont dils stolonifères; car les stolons ne sont que des branches couchées, qui, en iiuelques-unes de leurs iiarties, ont émis des racines par l'action de l'humidité du sol sur lequel elles sont étendues. Il suffit quelquefois de laisser intacte la bianche d'un végétal, et de la mettre dans des circonslances favorables pour en faire une Marcotte; c'est le cas des plantes succulentes; mais souvent on est obligé d'entailler l'écorce et de lui faire une ligature ou une section qui détermine la formation d'un bourrelet propre k faciliter l'émission des racines. Ces opérations sont connues sous les noms de marcottage, de couchage, de provignage, lorsqu'il s'agit des CEillets et de la Vigne, dont on détache les branches après leur avoir fait prendre racine en les courbant, et en couvrant de terre quelques-unes de leurs parties.

MARE. GÉOL. Dépression peu profonde et de peu d'étendue à la surface du sol, dans laquelle s'écoule et séjourne l'eau fournie par l'atmosphère aux terres environnantes. Les Mares naturelles ne se rencontrent pas seulement dans les lieux bas et humides; il en existe également dans les montagnes et sur les plateaux secs et élevés. Les environs de Paris offrent un exemple remarquable, â l'appui de cette observation , dans les plaines hautes, qui de Versailles s'étendent au Midi vers la Beauce. Au milieu des champs cultivés, on rencontre çà et là beaucoup de Mares séparées entièrement les unes des autres et qui, dans plusieurs endroits, paraissent être disposées sur des lignes presque continues, de manière à l'aire présumer qu'elles ont pu être anciennement réunies lorsque la culture n'avait pas encore modifié et nivelé le terrain qui les entoure et les sépare.

Ces petits amas d'eau, isolés, iiouriisseiit des Mollusques d'eau douce (des Lymnées, des PUinoibes, elc.), cl sont favorables à la vésélation de |ilanles particulières. Chaque année, le nombre de ces Mares diminue; l'intérêt des cultivateurs les porte ù en dessécher et combler quelques-unes pour rendre le sol à l'agriculture après avoir employé le fond vaseux à l'amendement des terres voisines. Dans presque toutes les fouilles entreprises dans ce dernier but, on rencontre sur plusieurs pieds d'épaisseur des couches de Marne très-flne, d'un blanc jaunâtre ou bleuâtre avec des lits minces de matière charbonnée provenant de la décomposition de feuilles et de bois d'ai bres, et même on trouve souvent des troncs entiers et couchés de grands Chênes ou de Châtaigniers, dont le bois est devenu très-dur et d'un noir d'ébène. Les fruits du Noisetier sont très-communs dans ces dépôts. En général, ces débris du règne végétal sont enveloppés par des sédiments vaseux, qui contiennent des tests de Coquilles analogues à celles dont les animaux vivent acluellemenl dans les mêmes lieux. Ces dépôts isolés formés par précipitation des eaux douces stagnantes, ont sûrement beaucoup d'analogie avec les dépôts anciens de Marne blanche, lemplie de Gyrogoniles, de Planorbes et de Lymnées qui se trouve à quelque profondeur, dans le sol des mêmes plaines hautes, où elle est exploitée pour le marnage des terres, notamment dans les plaines de Trape, de Gomelz, des MoUières près Cbevreuse, etc.; ces dépôts anciens ne sont pas non plus continus, car toutes les recherches ne sont pas fructueuses, et de deux puits creusés à très-peu de dislance dans la même pièce de terre, l'un atteint une couche de Marne de plusieurs pieds d'épaisseur avant d'arriver au sable qui est le soi sur lequel elle repose, tandis que l'autre puits pénètre dans le sable, sans rencontrer aucun vestige de Marne. 11 ne faut pas confondre les Mares avec les Marais, y. ce mot. On remarque que les Batraciens qui sont si communs dans les Mares, le sont moins dans les grands Marais.

MAREC. OIS. Espèce du genre Canard. V. ce mot. MARÉCiV. OIS. Espèce du genre Canard, y. ce mot. MARÉCAGINE. eot. Bridel propose ce nom pour désigner en français son genre Paliidella. V. ce mot.

MARÉCHAL, ins. L'un des noms vulgaires des Taupins.

MARÉCHAUX, ois. Synonyme vulgaire de Rossignol de muraille. /'. Sylvie.

MARÉES. GÉOL. Mouvement périodique et alternatif d'élévation et d'abaissement des eaux de la Mer, qui se f;iit remarquer d'une manière plus ou moins sensible sur ses rivages. Dans presque tous les points des continents et desilesquisonthaignés parles eaux de l'Océan, on voit le niveau de celles-ci s'élever pendant l'espace de six heures environ, pour redescendre dans le même espace de temps au point de départ ou à peu près. L'instant du Hux ou Ûot, est celui où la Marée monte ; lors- (|uele mouvement d'ascension s'arrête, la Mer est pleine, haute, elle étale; puis, lorsque les eaux s'abaissent, on a le reflux ou Jusnn, la Marée descend ; et enfin, pendant le moment trts-court, qui précède une nouvelle élévation graduelle, on dit que la Mer est basse. Les

etCets de ce grand phénomène général ne sont cependant pas cliaciue jour les mêmes dans un même lieu, et ils varient d'une manière très-sensible dans le même moment d'un lieu à un autre, soit pour l'instant de la haute ou de la basse Mer, soit pour la quantité d'élévation et d'abaissement des eaux. Cette quantité varie aussi dans un port déterminé, selon les saisons et les jours; toutes ces différences et ces irrégularités tiennent, d'une part, immédiatement aux causes qui produisent les Marées, et d'une autre à des circonstances secondaires et locales, (|ui modifient les effets des premières causes, telles que la forme et le plus ou moins d'étendue des bassins des différentes Mers, la masse et la profondeur des eaux mises en mouvement, la disposition particulière des rives, des plages, des falaises, des golfes, des détroits, l'action irrégulière des courants et des venls, etc. Ainsi, bien que la cause qui détermine le mouvement des eaux de la Mer soit la même dans un même point du globe, on remarque, par exemple, que sur les côtes de notre Océan, et plus spécialement sur celles de la Manche, la différence de niveau des eaux varie depuis quelques pieds jusqu'à quarante et quarante-cinq pieds entre la haute et la basse Mer, tandis que ce niveau change à peine dans la Baltique, la Méditerranée, la Mer Noire et encore moins dans la Caspienne. On observe que dans tel port la Mer est haute plusieurs heures plus tôt ou plus tard que dans un autre port voisin : lorsque la Mer est pleine à 5 h. à Amsterdam, elle l'est à 6 h. 45' à Anvers; à 1 1 h. 45' à Calais; à 10 h. 40' à Boulogne; à 7 b. 45' à Cherbourg; à G h. à Sainl-Malo ; à 5 b. ôô' à Bresl, etc. Ici la Mer s'avance lentement sur une plage qu'elle abandonne de même; là elle s'élance avec une rapidité telle, qu'elle peut atteindre le cheval le plus agile, ce qu'on voit surtout au Mont-Saint-Michel, dans la haie de Cancalc.

Malgré le nombre infini de modifications analogues qui doivent résulter de ce grand nombre de causes secondaires et perturbatrices, le calcul et l'observation se sont réunis pour rendre compte de presque toutes les anomalies et pour dévoiler la véritable cause productrice des Marées. Ce phénomène si imposant, et que les anciens connurent à peine tant qu'ils ne quittèrent pas les côles de la Méditerranée, fixa cependant leur attention lorsqu'ils eurent l'occasion de l'observer dans les Mers des Indes et sur les bords de l'Océan. Les rapports qu'ils remarquèrent exister entre les époques des hautes et basses eaux avec la position de la lune dans le ciel, firent soupçonner à plusieurs que les Marées étaient le résultat de l'action de cet astre. Pline les attribue même à l'influence du soleil et de la lune; mais celte vérité n'a été démontrée incontestable que depuis la découverte et l'analyse des lois de la gravitation universelle, et depuis que l'immortel Newton a fait voir que les phénomènes compliqués du mouvement périodique des eaux de la Mer, n'étaient qu'une conséquence rigoureuse de ces lois. En effet, l'une d'elles est que les molécules des corps célestes, comme celles de la matière en général, tendent l'une vers l'autre en raison inverse du carré de la distance qui les sépare, et d'après cela chacune des molécules dont se compose le globe terrestre, est attirée différemment par celles du soleil et par

celles de la lune. Pour ne parler dans ce moment que de l'action exercée par ce dernier astre sur la terre, on conçoit que les parties de celle-ci, qui sont le plus rapprochées de la lune, sont dans le même moment, plus fortement attirées que celles qui sont au centre, et bien plus encore que celles qui sont à la surface de l'Iiémisphère opposé; cependant, malgré cette intensité différente d'attraction, les molécules qui composent la masse solide du glohe ne pouvant se séparer pour se mouvoir isolément et obéir à la force qui sollicite chacune d'elles, l'effet définitif de la lune sur la terre solide est le résultat de toutes les actions exercées sur chaque molécule en particulier; mais il n'en est pas de même pour la masse liquide des eaux, dont toutes les parties mobiles séparément, sont attirées en raison de l'intensité de l'action qui les sollicite; il en résulte que lorsque la lune est au-dessus d'un point quelconque de la surface des Mers, l'eau s'élève vers cet astre, et comme par suite des mouvements de la lune et de la terre, le même lieu se retrouve sous la même influence lunaire toutes les 24 h. 49', ou à peu près (24 h. 48' 44" V" 48""), l'élévation des eaux a lieu par suite de cette influence une fois par jour; mais par une conséquence de la loi d'attraction, dans le moment où la Mer se gonfle en un point donné d'un hémisphère, les eaux qui occupent la portion diamétralement opposée dans l'autre hémisphère, étant plus éloignées de la puissance attractive que ne l'est la masse solide de la terre, elles restent, pour ainsi dire, en arrière de celle-ci, et elles forment, en sens inverse, une élévation analogue à celle produite par soulèvement. De là vient ([u'au lieu d'une seule Marée montante, dans les 24 h., il y en a réellement deux, l'une étant produite par le plus grand rapprochement de la lune, et l'autre au contraire l'étant par son plus grand éloignement; de cette manière, la masse générale des eaux de la Mer a la forme d'un sphéroïde allongé, dont le grand diamètre devrait être dirigé vers la lune si le mouvement de la terre, celui imprimé aux molécules aqueuses et l'action variable du soleil, suivant sa position respective par rapport à la lune et à la terre, ne s'opposaient pas à ce que l'effet suivît instantanément l'action qui le produit. Il n'a été question, dans l'explication précédente, que de l'action exercée par la lune sur les eaux du globe; mais on doit dire que celle du soleil la modifie soit en s'y ajoutant, soit en s'y opposant; ce dernier astre, malgré sa masse, n'exerce, à cause de son éloignement, qu'une action évaluée au quart de celle de la lune. Dans les syzxgies, c'est-à-dire au moment de la nouvelle et de la pleine lune, lorsque ' le soleil et la lune agissent concurremment, les Marées sont les plus fortes, tandis que dans les quadratures (premier et dernier quartier) elles sont plus faibles. Il j y a donc une variation dans le gonflement de la Mer pendant une lunaison ; le plus grand se nomme grande Mer ou Maline, et le plus petit morte Eau. Lorsque la lune est le plus prés de la terre, c'est-à-dire à son périgée, toutes choses étant égales d'ailleurs, les Marées sont plus grandes; de même aux équinoxes les Marées des syzygies sont les plus grandes et les mortes eaux sont les plus basses; dans les solstices, les variations entre l'élévation et l'abaissement des eaux sont

moindres; en général l'abaissement dans la même Marée est en raison inverse de l'élévation, c'est-à-dire que la Mer se retire d'autant plus qu'elle s'est élevée davantage précédemment. De même que l'effet produit par la lune n'a pas lieu immédiatement au moment du passage de cet astre au méridien, de même la grande Mer et la morte eair n'arrivent que trois ou quatre Marées après les syzygies et les quadratures. Les Marées du soir ne sont pas égales à celles du matin; elles sont plus grandes le soir dans l'hémisphère où se trouve le soleil; ainsi en Europe, les Marées du matin sont plus grandes pendant l'hiver,et en été elles sont plus petites. On voit, par tout ce qui précède, de combien de données se compose le problème du mouvement des eaux de la Mer, mouvement dont la connaissance est d'une importance première pour les navigateurs, qui, chaque jour dans leurs voyages, ont besoin de savoir d'une manière exacte la .quantité d'élévation ou d'abaissement des eaux dans un lieu donné et à une époque déterminée, afin de pouvoir diriger la marche de leur vaisseau en conséquence. Pour obtenir ces résultats, les calculs théoliques ne suffisent pas; il est nécessaire qu'ils soient établis sur des observations préliminaires. Pour arriver, par exemple, à déterminer à quelle heure la Mer sera haute tel jour dans tel port, et savoir en même temps quelle sera la différence de hauteur d'eau entre la haute et la basse Mer, il faut que des observations précédentes aient indiqué à quelle heure ordinairement la Mer est haute les jours de pleine et de nouvelle lune dans ce port; c'est ce (jne l'on nomme l'établissement du port ou de la Marée, point de départ des calculs. On peut cependant, comme on le pense, résoudre les mêmes problèmes en sachant quelle est l'heure de la haute Mer pour un jour donné; les marins possèdent des tables toutes faites, dressées d'après l'observation, et qui leur indiquent l'établissement des Marées dans les principaux ports connus. C'est à ces tables que l'on va emprunter quelques exemples qui donneront une idée des irrégularités locales, qui peuvent exister si l'on compare les différences des heures avec la position relative et géographique des ports cités.

Heures de la pleine mer les jours de la nouvelle et de la pleine lune, dans les ports ci-après:

Hambourg Ck-l"

Amsterdam 3 0

Groningue M 15

Anvers 6 45

Embouchure de la Tamise H ig

Londres 2 45

Douvres 10 50

Calais H 45

Dieppe 10 50

Portsmouth 11 40

Havre de Grâce 0 0

Rouen 1 15

Oives 8 20

Cherbourg 7 4g

Plymouth 6 5

Morlaix g ]5

Cap Lézard (Angleterre) 7 30

Bresl â'-ùZ"

Uoclieforl 4 15

Embouchure de la Gironde: TourdeCordouan. 3 40

Bordeaux 7 47

Bayonue 3 30

Lisbonne 2 IS

Cadix 4 50

Fayal (iles Açores) 2 50

Funchal (MadÈre) 12 4

Sainte-Hélène (ile) 10 30

Cap de Bonne-Espérance 3 0

Foulepointe (Madagascar) 1 20

Avec ces tables, les marins en consultent encore d'autres qui leur apprennent de combien l'effet calculé d'après le passage de la lune au méridien d'un lieu, retarde ou avance selon que cet astre est à son plus grand rapprochement, son plus grand éloignement, ou bien à des distances moyennes de la terre; mais on ne saurait entrer ici dans plus de détails sur ce sujet.

Les vagues qui viennent se briser continuellement contre les rivages qu'elles couvrent de leur écume, sont donc, en grande partie, dues au mouvement sidérique des eaux de la IMer;" aussi existent-elles lorsque l'atmosphère est le plus calme, bien que, dans les tempêtes, les vents augmentent quelquefois d'une manière considérable, mais momentanée, cette agitation constante; celle-ci donne lieu à un bruit monotone, particulier et imposant, que l'homme ne peut entendre pour la première fois sans une profonde émotion. Lorsque la Marée monte, de même que lorsqu'elle descend, tes eaux ne s'élèvent pas et ne s'abaissent pas d'une manière continue , il se fait une suite d'oscillations répétées, à chacune desquelles la Mer semble se retirer et s'avancer; on appelle aussi ce mouvement oscillatoire Uux et reflux. C'est au choc de la vague contre le sol résistant qu'est dû en partie le bruit dont il vient d'être question; car il s'y joint celui que font les pierres amassées sur la plage, et que les eaux soulèvent continuellement, les frottant les unes contre les autres et tînissanl par les arrondir. On appelle cailloux roulés ou mieux galets, les pierres ainsi usées par l'action des eaux de la Aler, et l'on observe que leur grosseur varie sur chaque plage, et pour ainsi dire de pied en pied, de manière qu'ils paraissent comme réunis d'après leur dimension, ce qui tient sans doute aux différentes intensités d'action des vagues sur eux, selon la forme des rives. On peut voir un exemple remarquable de cette distribution par grosseur des galets, en suivant l'espèce d'isthme qui réunit l'île de Portiand au sol de l'Angleterre; sur une longueur de plusieurs lieues, on voit de pas en pas les galets croître pour ainsi dire en progression géométrique, depuis la dimension d'une noisette jusqu'à celle de la tête d'un enfant, sans qu'il y ait mélange. On remarque encore, si l'on suit une plage en étudiant la nature des roches qui forment les côtes, que les galets existent là où les roches peuvent être dégradées par les vagues, et que si la nature des roches change, la nature des galets change de même; de sorte que la formation de ces derniers pa-

rait locale et subordonnée à la nature des côtes. Il arrive cependant que par des circonstances particulières et exceptionnelles, que par des causes ordinairement violentes et passagères, les galets, après avoir été arrondis sur un point de la côte, sont transportés sur un autre peu éloigné; mais alors ils ne sont plus aussi bien assortis ; ils sont mélangés avec du sable ou de la vase, caractère qui indique qu'ils ne sont pas à la place où ils ont été formés. Ces observations, et un gland nombre d'autres du même genre, présentent un grand intérêt aux géologues pour l'étude des couches de la terre qui renferment des galets ou en sont entièrement composées, et surtout pour la recherche des circonstances particulières sous lesquelles ces couches se sont formées.

Lorsque les côtes sont à pic, les vagues viennent en miner et saper périodiquement le pied, et les parties supérieures restant en surplomb ne tardent pas à s'ébouler; c'est ce que l'on indique en appelant ces côtes des falaises. Les matières molles, fines, délayables, sont entraînées par les flots à différentes dislances, et elles forment sous les eaux de nouvelles couches sédimenleuses, tandis que les fragments durs et pesants sont transformés en galets, qui s'éloignent beaucoup moins de la rive.

La Marée montante coïncide presque toujours avec certains vents et un état hygrométrique particulier de l'atmosphère.

Le flux ou flot se fait sentir d'une manière remarquable jusqu'à une dislance plus ou moins grande de l'embouchure de certains fleuves; une ou plusieurs vagues qui se succèdent remontent avec bruit contre le cours des eaux fluvialiles, dont la marche est arrêtée. On connaît ce phénomène sous le nom de Barre à l'embouchure du Gange, du Sénégal, de la Seine, de l'Orne, etc.; sous celui de Mascaret dans la Gironde, la Dordogne, la Garonne; de Pororoca sur les rives du fleuve des Amazones. Dans ce dernier lieu, comme dans la Garonne et même la Dordogne, les lames d'eau qui remontent le fleuve, ont douze à quinze pieds de haut et même plus; elles renversent tous les obstacles sur leur passage, et le bruit effrayant qu'elles produisent, surtout dans les grandes Marées, s'entend à plusieurs lieues.

Des géologues ont essayé de rendre compte de la formation des continents actuels, de la présence des débris de corps marins, de galets, etc., dans des lieux qui se trouvent maintenant de plusieurs centaines de toises au-dessus du niveau des Mers, par des Marées gigantesques qui auraient existé à un âge moins avancé du globe. Doloraieu, l'un des partisans de ce système, pensait que les matériaux de toutes les couches coquillières avaient été transportés du fond des Mers par des Marées de huit cents toises; que les vallées secondaires étaient dues à l'action de ces immeirses Marées et aux courants puissants qui résultaient de la retraite des eaux après leur gonflement. Chaque flux, disait -il, déposait des couches qui étaient ensuite morcelées et dégradées par le reflux; dans d'autres circonstances, les Marées subséquentes comblaient les vallées creusées par celles qui les avaient précédées, cl elles ras-

semblaient dans les couches qu'elles y déposaient, les produits de tous les règnes et de tous climats. Par le développement exagéré d'un phénomène de la nature actuelle, Dolomieu cherchait à expliquer les faits que l'observation lui avait fait connaître, sans avoirbesoin de supposer des retraites, des séjours et des retours de la Mer plusieurs fois ré|)élés sur le même point du globe, comme on ne se fait pas scrupule de l'admettre aujourd'hui dans des ouvrages célèbres. Mais est-il plus facile de concilier l'opinion de Dolomieu, que cette dernière supposition, avec les connaissances astronomiques, qui nous ont dévoilé l'ordre établi dans l'univers elles lois immuables qui les régissent? Par quelles causes les Marées de huit cents toises auraient-elles été produites, à moins de supposer que la masse des eaux, les rapports de la terre avec le soleil et la lune, ses mouvements mêmes, étaient différents de ce qu'ils sont aujourd'hui à une époque où cependant végétaient et vivaient déjù sur celle même terre, des piaules et des animaux analogues sous le rapport de leur organisalion avec les êtres de la terre actuelle?

MARÉKANITE. JiiJf. Nom d'une variété globuliforme d'Obsidienne, y. ce mot.

MAREL. OIS. (Sepp.) Synonyme de Barge à queue noire, y. Barge.

MARÈiVE. POIS. Espèce du genre Corégone. V. ce mot.

MARENGA. BOT. Le genre que Salisbury a proposé sous ce nom, dans la famille des Scytaminécs, n'a point paru différer sufiBsamment du genre Jiiiomum pour en être distrait; en conséquence, il n'a pas été adopté.

MARENGE. ois. Synonyme vulgaire de Charbonnière.

y. MÉSA^GE.

MARENTERIA. bot. Ce genre établi d'après Noronha, par Du Pelit-Tbouars (A'oe. Gen. Mactagasc, p. 18, no 00), a élé réuni par Dunal (Monographie des Anonacées, p. 45) aux Uiiona, et l'espèce unique dont il était composé a été nommée par De Candolle Uiiona Mareiiten'a. Celui-ci a employé le mot Maieiiteria pour désigner une sous-section des Unona. ^. Uivone.

MARENULE. POIS. Espèce du genre Corégone. y. ce mot.

MARETON. OIS. Synonyme vulgaire de Millouin. f. Canard.

MARFOURÉ. BOT. L'un des noms vulgaires de VHelleborus fœtUlus, L.

MARGADON. MOLL. Nom vulgaire de la Seiche commune, Sepia officinalis, L.

MARGAGNON. pois. Nom vulgaire de l'Anguille mâle, dans certains cantons de la France.

MARGAL ET MARGAN. BOT. L'Ivraie est ainsi nommée par le vulgaire.

MARGARATES. CBiM. Combinaisons de l'acide Margarique avec les bases salitiables.

MARGARIDE. Margaiis. bot. Genre de la famille des Rubiacées, établi par De Candolle (Piodrom., 4, p. 48Ô) qui lui assigne pour caractères : tube du calice globuleux, son limbe subturbiné, semi-quinquéfide, à dents aigufis et persistantes; corolle infundibuliforme, avec son tube obconique, garni au sommet de cinq dents obtuses ou de cinq lobes IrèscourtJ ; étamines insérées

au milieu du tube, avec leurs filaments un peu plu.-. courts que la corolle, et leurs anthères ovales; stigmate capité, indivis ou subbilobé. Le fruit consiste en une baie globuleuse, couronnée par le calice persistant, à deux loges renfermant une graine chacune; ces graines sont d«mi-ovales, ordinairement acuminées. Les Margarides sont des arbrisseaux à rameaux grêles, garnis de feuilles opposées, ovales, glabres, accompagnées de peliles stipules quelquefois solitaires; les pédicellcs sont axillaires, opposés, courts et uuiHores. Ce genre a quelques rapports avec le Cliiococca.

Margaride barbigère. Margaiis harbigera , DC. Ses feuilles sont aiguès et ses corolles barbues intérieurement; ses fleurs sont blanches; ses fruits, de la grosseur d'un pois ordinaire, sont blancs. On trouve celle espèce au Mexique.

Margaride a fi.edrs nces. Margaris nudiflora, De Cand. Ses feuilles sont mucronées et ses corolles nues ou glabres intérieurement. Avec la précédente.

MARGARINE. zooL. C'est le nom que l'on donne souvent à l'Acide margarique.

MARGARIQUE. zooL. On a désigné sons ce nom un Acide particulier, qui se trouve tout formé dans le gras des cadavres; cet Acide est d'une consistance assez ferme; il jouit de ras|)ect de la Nacre de perles, se fond à 60", et crislallise par le refroidissement, en aiguilles entrelacées; il est insoluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool et l'éther; il rougit les couleurs bleues végétales et s'unit aux bases salifiables, d'où résultent des Margarates.

MARGARITA. BOT. Ce genre de la famille des Synan- Ihérées, tribu des Astérées, qui a été créé par Gandin dans sa FI. Helvét., 5, p. 533, est le même que le genre Bellidiastrum de Michaux, qui a été adopté par Cassini.

MARGARITA. min. F. Nacrite.

MARGARITACÉS. Margaiitaceœ. coNcn. Famille de Mollusques proposée parBlainville pour remplacer celle des Malléacées de Lamarck. Ce sont à peu près les mêmes genres qui ont servi aux deux zoologistes pour la formation de ce groupe; seulement les Margaritacés contiennent plus de genres que les Malléacées, parce que depuis la publication de l'ouvrage de Lamarck ils ont été établis et adoptés, et sont venus naturellement se ranger dans leurs rapports naturels avec les anciens. Un changement heureux que Blainville a fait, c'est de rapprocher les Vulselles des Marteaux dont elles sont fort voisines bien plus que des Huîtres où Lamarck les avait laissées. La famille des Margaritacés est composée des genres Vulselle, Marteau, Perne, Crénalule, Inoeérame, Catille, Pulvinite, Gervilie et Avicule.

MARGARITAIRE. Mcrrgaiilaria. bot. Dans le supplément donné par Linné fils, aux genres de son père, on en trouve un ainsi nommé et caractérisé de la manière suivante : fleurs dioïques ; calice à quatre dents ; quatre pétales attachés au calice: dans les mâles, huit étamines insérées an réceptacle, à filels longs et sétacés, à anthères arrondies et petites; un rudiment d'ovaire surmonte d'un style unique : dans les femelles, quatre ou cinq styles filiformes, des stigmales simples; un fruil globuleux, renfermant sous une enveloppe lé-

ia7

fïèremeni charnue, quatre ou cinq coques luisantes, qui s'ouvrent en deux valves. Une seule espèce originaire lie Surinam se rapporte à ce genre, jusqu'ici Irès-obscur,elqui pcut-étren'exislepasdansia nature, comme l'auteur lui-même paraît le soupçonner. Il est possible en elïet que les rameaux mâles, qui olîrent des feuilles opposées et semblables à celles du Fusain, de nombreuses fleurs disposées en panicules rappelant celles du Spircea Jntncus, n'appartiennent pas à la même piaule (|ue les rameaux à feuilles alternes et à Heurs solitaires axillaires, d'après lesquels les femelles ont (Ué décrites. On rencontre assez fréquemment dans les herbiers, sous le nom de Maigan'tan'a, une espèce d'Euphorbiacée dont il a déjà été parlé sous le nom de Cicca Antillana, et dont les fruits offrent quelque analogie avec ceux que Linné fils a décrits, mais les fleurs mâles sont tout à fait différentes de celles qu'il attribue au genre Margarilaire.

MARGARITE. Maigaiita. cohch. Lcach avait proposé ce genre pour une partie des Avicules de Bruguière; Lamarck lui a donné depuis le nom de Pintadine; Megerle t'avait aussi formé, dèsISll, sous le nom (le Margaritiphore, et Klein enfin l'avait, bien avant tout cela, assez exactement indiqué sous le nom de Materpeiiarum. /'. Pintadine.

MARGARITE. min. Peiiglimmer. Substance minérale nacrée, en petits prismes à huit pans, agglomérés, d'un gris de perle ou rowgeàtre, qui se trouve dans le TjTOl, ordinairement mélangée avec la Chlorile, parmi les filons ou amas de cette substance. Elle est composée, suivant le chimiste Duménil, de Silice 39; Alumine 4-5,0 ; Chaux 10; Soude 1.3; oxide de Fer 5; Eaul.

MARGARITIPHORE. coNCB. f. Margarite.

MARGARITITES. MOi.L. Foss. Les anciens ont donné ce nom à des corps arrondis, pétrifiés, qu'ils ont cru èlredes perles; mais on n'aaucunecertitudeàcetégard. Il n'en est pas de même d'une perle véritable que Desbayes a trouvée en vidant une Avicule fossile de Bordeaux, A ricnln phalenacea, Bast., dont les deux valves étaient encore réunies. Ce corps parfaitement rond, d'une ligne de diamètre environ, avait conservé une partie de l'éclat de la Nacre.

MARGARÔSPERMUM. BOT. Ce genre de la famille des Aspérifoliacées, créé par Reichenbach, a été réuni au genre Lilhospeniiiiiii. f'. ce mot.

MARGAY. )ua. Espèce du genre Chat. F. ce mot.

MARGE. BOT. On donne le nom de Marge, Margo, à celte bordure (|ui entoure le disque des Lichens; elle n'est jamais formée par le thallus, quelquefois elle est concolore, c'est-à-dire de la même couleur que l'apothécion, comme cela a lieu dans le Lecidea, ou formée d'une substance propre, comme on peut l'observer dans les Lecaiioia; dans le premier cas elle se dit proi)re, et dans le second elle est accessoire. On nomme Marge vraie celle qui fait partie de l'apothécion, el fausse le bourrelet formé par le thallus qui ceint quelquefois l'apothécion très-étroilement, mais sans faire pourtant corps avec lui. On tire de cette partie des organes carpomorphes d'excellents caractères spécifiques.

MARGINAIRE. Maiginaiia. bot. Genre de Fougères proposé parBory-S'-Vincent et qui doit entrer dans la

famille des Polypodiacées proprement dites, c'est-à-dire parmi les vraies Fougères où les sores sont dépourvus d'induse. La position de paquets arrondis et distincts de fructification, sur le bord des frondes, dit Bory, caractérise les Marginaires qui sont aux Polypodes ce que les Vitlaires sont aux Piérides; ce genre est sans doute un peu artificiel, mais ne l'est pas plus que tant d'autres dont les différences ne sont empruntées que de la situation des organes fructificateurs; les positions des sores dans les sinus, sur la page, aux marges, le long de telle ou telle nervure, sont des caractères vagues, il en faut convenir, et propres tout au plus pour l'établissement de sous-genres ailleurs que chez les Fougères; mais dans la multitude des espèces dont plusieurs genres sont composés, on s'est vu réduit, pour éviter la confusion, à emprunter des caractères de cette sorte, pour pouvoir isoler quelques espèces du reste des masses. Les Marginaires offrent d'ailleurs quelques autres traits de connexion; indépendamment de la position de leurs paquets de capsules, leur consistance est épaisse, leur surface est plus ou moins écailleuse. On n'en connaît que de simples ou fout au plus de pinnatifides, et leur racine traçante serpente sur l'humus végétal des arbres pourris, dans les forêts; Bory en possède six espèces toutes des pays chauds, entre lesquelles sont : 1» la Marginaire scolopehdrine, Poixpodium margiitatum, B., in ff'illd. Sp., t. ix, p. 149, que Bory a découverte dans les bois de Mascareigne; 2» la Marginatre cétéracine, Polypodiiim celeraciniim, Mich., jémer., t. 2, p. 271; Poixpodiiim incanum, Willd., Sp., t. ix, p. 174; Acioslichum Polypodioides, L., Sp., .1323, qui se trouve dans les parties chaudes des États-Unis d'Amérique, dans la Floride, à la Jamaùiue, à la Martinique, à Cumana et jusque dans les Guianes; ô» la Marginaire minime, Marginaiia miniijia, B., semblable par ses formes et son aspect à la précédente, mais trois ou quatre fois plus petite et plus roussàtre : confondue dans les herbiers avec elle; on la trouve dans les parties tempérées du Brésil; 4" la Marginaire argentée, Potypodium arg/ralum, Willd., assez semblable au n" 2, mais plus longue et plus étroite dans toutes ses parties, ù pinnules plus aiguës, et toute revêtue d'une poussière blanche, argentée, qui fait ressortir la teinte blonde des sores qui sont gros, et forment comme des globules sur les bords de la fronde. Cette espèce se trouve dans les hautes montagnes de Mascareigne.

MARGINÉ. Marginatus. bot. zooi. Se dit d'un organe muni d'un bord qui souvent diffère, par sa nature, de la partie moyenne.

MARGINELLE. Maiginella. moll. Genre de la famille des Columcllaires de Lamarck. qui se place dans les Pectinibranches buccinoWes de Cuvicr. C'est à Adanson que l'on doit sa création ; il le nomma Porcelaine en conservant le nom vulgaire de Pucelage aux coquilles qui portent aujourd'hui celui de Porcelaine; il y confondit les Olives, ce qui prouve que les animaux qu'il avait vus sont bien voisins. Malgré l'établissement de ce genre, Linné n'en rangea pas moins les Marginelles au nombre de ses Volutes, ce que Bruguière imita. Lamarck, en démembrant le genre Volute de

Linné, el par suite le genre Porcelaine d'Adanson, donna à celui-ci le nom de Maiginelle qui lui est resté : depuis lors ce genre a été adopté par la plupart des zoologistes, quoique ces animaux ne diffèrent de ceux des Porcelaines que par un peu moins d'ampleur dans les lobes du manteau. Les coquilles offrent assez de différences pour être distinguées facilement; elles servent même de point intermédiaire entre les \'olules et les Enroulés auxquels elles touchent par les espèces dont la spire n'est pas saillante; elles s'en rapprochent l)ar le bourrelet marginal du bord droit, et souvent par les plis coUiniellaires, qui accompagnent tout le bord gauche. Voici les caractères de ce genre : coquille ovale, oblongue, lisse, à spire courte et à bord droit garni d'un bourrelet en dehors; base de l'ouverture à peine écliancrée; des plis à la colunielle presque égaux. Les Marginelles sont des coquilles lisses, de taille médiocre, agréalileinent colorées, qui viennent toutes des mers équatoriales des deux mondes; elles peuvent se diviser en deux groupes.

■f- Spire saillante.

Margineiie neigedse. Marginella glabetla, Lam., Anim. sans vert., t. vu, p. 535, n» 1; f^oluta glabetla, Lin., Gmel., p. 3443, n° 32; la Porcelaine, Adanson, Voy. au Sénég., pi. 4, fig. 1; Encyclop., pi. 377, fig. 6, a, b. Coquille ovale, oblongue, rougeâtre, marquée de deux zones transversales, d'un rouge plus foncé, toute parsemée de taches blanches, irrégulièrement disposées; spire courte, ohluse, coni((ue; sutures peu profondes, marquées par une zone rouge, plus marquée, inlerromjiue par des lâches blanches plus grandes; bord droit épais, formant une légère échancrure à sa réunion avec le bord gauche; quatre plis saillants à la columelle.

Marginelie BLEUATRE. Maigiiiella ccerulescens, Lamk., loc. cit., n» 4; yoliita prununi, Lin., Gmel., pag. 3446, no 33; VEgouen, Adanson, Voy. au Sénég., pi. 4, fig. 3; Encyclopédie, pi. 376, fîg. 8, a, b.

Marginelle édurnée. Marginella eburnea, Lamk., Annales du Mus., t. ii, p. 61, n» 1, et t. vi, pi. 44, iîg. 9, a, b; ibid., Anim. sans vert., loc. cit., n» 13. Petite espèce fossile des environs de Paris, fort commune à Grignon, et qui a beaucoup de rapport avec le Marginella muscaria, Lamk., loc. cit., n» 13, qui vient de la Nouvelle-Hollande.

tt Spire non saillaute.

Marginelle rayée. Marginella lineata, Lamk., Anim. sans vert., loc. cit., n" 23; Foluta persicula (Var. b.),Lin., Gmel.,p.3444,no29; le Bobi, Adans., Voy. au Sénég., pi. 4, fig. 4; Martini, Conch., t. ii, lab. 42, fig. 419 et 420; Encyclopédie, pi. 377, fig. 4, a, b. Elle est assez commune dans les mers du Sénégal.

MARGINULINE.y)/aA-giî»tM/ma. MOiL. Dessalines d'Orbigny a proposé, sous ce nom, la formation d'un genre nouveau de Mollusques Céphalopodes, pour quelques coquilles que Linné avait placées dans son genre Na>ililus et que Lamarck a disséminées parmi ses Orlhocères. Ces coquilles se distinguent par une ouverture arrondie, située au bout d'un prolongement du sommet de la dernière loge, à son angle antérieur; par un test en forme de gaine arquée , à sommet déprimé , ayant à son origine l'empreinte volulaire; par ses loges

superposées, légèrement obliques. Ces coquilles dont le type serait le Naulilus raphanus, L., Orthocerus raphantts, Lam., sont les premières de la classe oCi l'on aperçoit une tendance à la spirale, les loges se retournant postérieurement en crosse.

MARGOT. OIS. Nom vulgaire de la Pie. f^. Corbeau.

MARGOUSIER. BOT. Nom vulgaire du Melia Azaileracli.

MARGRAVE. Margravia. bot. y. Marcgravie.

MARGUERITE, bot. Nom vulgaire de la Pâquerette, Bellis perennis, étendu à d'autres Synanthérées. Ainsi l'on a appelé :

Grande Marguerite ou Marguerite des champs, le Chrysanthème Leucanthème.

Marguerite jaune oc dorée, le Chrysanthemirm coronariuni, L.

Reine-Marguerite, V Aster Chinensis.

Marguerite de Saint-Michel, l'Astère annuelle, etc.

MARGYRICARPE. Margyricarpus. bot. Genre de la famille des Rosacées et de la Diandrie Digynie, L., établi par Ruiz et Pavon {FI. Peruv. Prodr.,7, t. 35), el adopté par Kunlh {Noo. Gêner, el Spec. Plant, œquin., 6, p. 229) qui en a ainsi déterminé les caractères : calice persistant, dont le tube est comprimé, tétragone, la gorge resserrée , le limbe à quatre ou cinq divisions profondes, munies chacune extérieurement et à la hase d'une petite épine dentiforme; corolle nulle; deux étamines insérées sur l'orifice du tube calicinal, à anthères biloculaires, didymes; ovaire étroitement renfermé dans le calice, surmonté d'un style terminal court, terminé par un stigmate plumeux et raultifide; akène adhérent au tube du calice converti en une sorte de baie à quatre épines, couronné par le limbe calicinal; graine pendante, ayant son point d'attache près du sommet. Ce genre a été placé par De Candolle {Prodr. Sfst. Veg., 2, p. 591 ) dans la tribu des Sanguisorbées; il ne renferme qu'une seule espèce : Marg/ricarpus setosus de Ruiz et Pavon {Ftor. Peruv., i, p. 28, t. 8, f. d). Cette plante a été décrite par Lamarck sous le nom à'Empetrum pinnatum dans le Dictionnaire Encyclopédique, puis réunie aux Ancistrum, dans les Illustrations des génies. C'est un arbrisseau très-rameux, à feuilles alternes, imparipinnées, composées de folioles très-étroites, subulées, à fleurs axillaires, solitaires et sessiles : ses baies globuleuses, blanchâtres, ont une saveur agréable; l'infusion de cette plante sert à arrêter les hémorrhagies. Elle croît sur les collines arides de l'Amérique méridionale, au Pérou, au Chili, au Brésil, à Santa-Fé de Rogola, Popayan, Quito, etc.

MARIALVA. bot. Ce genre, établi par Vandelli (in Eœmer Script. Brasil., p. 118), esl le même que le Beauharnoisia de Ruiz et Pavon. Choisy (Mémoires de la Soc. d'Hist. natur., t. 1, p. 223) adoptant le nom de Marialva comme générique, sans égard à l'antériorité, l'a placé parmi les Garciniées, seconde section de la famille des Gutlifères, et lui a définitivement réuni le 7'oyo«j(7a d'Auhlet; il l'a composé de trois espèces, sa\oir : l'' MarialvaGtiianensis, Choisy, ou Tovotnita Guianensis, Aublet, plante indigène de la Guiane; 2° Marialea fruclipendula, Choisy, ou Beauharnoi

sia fiuclipeiidula de Ruiz et Pavon ; et 5» Manalva ninflorn, Clioisy, espèce nouvelle très-voisine de la deuxième, et qui habile la Guiane.

MAIUANA. Mariana. moil. Ce genre d'animaux agrégés a élé institué par Quoy et Gaymard, dans la Zoologie du voyage de l'Uranie, et placé après les Acépliales sans coquille, dans l'incerlitude que les êtres <|ui le composent fissent partie des Ascidiens; ils y onl seulement élé décidés par l'analogie de forme que présenle ce genre avec VJpli'diiim de Savigny. Les membranes subgélatineuses et résistantes, dont le genre Mariana est formé, consisleiil en plusieurs feuillets concentriques, plissés en forme de rose, très-minces, susceptibles de prendre plusieurs développemenls comme une éloffe élastique; leur surface est parsemée de petits poinis ronds, à peine perceptibles, qui sont les ouvertures par lesquelles les animaux communiquent avec l'extérieur.

Mariana rooge. Mariana rubrum, Q. et G. 11 est entièrement rouge et a été trouvé dans l'île de Guam, l'une des îles Marianes d'où vient le nom du genre.

MARLANTHEMUM. BOT. Ce genre de la famille des Cainpanulacées, institué par Schranck, n'a pas paru assez distinct du genre Campamila, dans lequel ses espèces ont conlinué à être comprises.

MARIARSIO. BOT. Synonyme vulgaire d'Hysope officinale, en Provence.

WARICA. BOT. K. CiPDRE, où par le saut d'une lettre, Marica est fautivement écrit Maria.

MARICOCA. 018. Synonyme vulgaire de Traîne-Buisson. K. Sylvie.

MARIE. OIS. Synonyme de Canard de Babama. y. Canard.

MARIETTE, bot. L'un des noms vulgaires du Campamila Médium, L. y. Campanule.

MARIGNAN. bot. L'un des noms vulgaires du Solaiiiim esciileiitum. l^'. Morelle.

MARIGNIE. Marignia. bot. Commerson avait établi, dans ses manuscrits et dans son berbier, ce genre que Lamarck et Jussieu ont léuni depuis au Bursera. Dans sa Révision de la famille des Térébinlbacées, p. 19, Kuntb l'a rétabli et en a ainsi lîxé les caractères ; calice persistant, divisé en cinq segments peu profonds, ovales, aigus, et dont la préfleuraison est valvaire ; cinq pétales larges à la base, du double plus longs que les divisions calicinales, ovales, aigus, ouverts et réHécbis, à préfleuraison valvaire; dix élamines liypogynes et libres, à antbères ovées-oblongues, échancrées à la base, biloculaires et déhiscentes longitudinalement; ovaire supère, sessile, presque globuleux, à cinq loges conlenant chacune deux ovules fixés à l'axe et collatéraux; disque annulaire, entier, n'embrassant pas étroitement l'ovaire; stigmate sessile, orbiculé, à cinq lobes peu distincts; fruit drupacé, ombiliqué par le style persistant, recouvert d'une écorce épaisse et coriace, renfermantd'un à cinq noyaux monospermes, entourés, selon Lamarck, d'une pulpe gélatineuse; graines ovoïdes, dépourvues d'albumen, contenant un embryon droit et renversé, à radicule supérieure et ù cotylédons plans, d'après Kunlh, qui les a observés sur une graine non mûre, chiffonnés et ridés, d'après Gaertner. Ce genre a

été placé par Kuntb dans la nouvelle famille pour laquelle il a proposé le nom de Burséracées. 11 est le même que le Dammara de Gferlner, genre qu'il ne faut point confondre avec un autre du même nom, adopté parRichard. f^. Dammara. L'espèce que l'on doit considérer comme lype du Qcme Marignia a été décrite dans l'Encyclopédie, sous le nom de Bursera obtusit'olia. C'est un arbre balsamifère, indigène de l'Ile-de- France où ou le nomme vulgairement Colophane bâtard. Ses feuilles sont alternes, imparipinnées, à folioles opposées, coriaces, très-entières, sans stipules. Les fleurs sont blanchàlres et disposées en panicules axillaires au sommet des rameaux, et accompagnées de bractées. C'est surtout dans les fruits que réside le suc résineux balsamique. De CandoUe (l'rodrom. Syst. Veg., 2, p. 79) a fait du Dammara iiigra de Kumph (Herb. Jmboin., 2, p. ICO, 32), une espèce nouvelle, sous le nom de Marignia acutifolia. Cette plante croît dans les Moluques.

MARIKANITE. MIN. l^. Marékantte.

MARIKINA. UAM. Espèce du genre Ouislili. /'. ce mol.

MARILE. Marila. bot. Ce genre, de la Polyandrie Monogynie, L., établi par Swartz (Prodrom., p. 84), est ainsi caractérisé ; calice à quatre sépales disposés en croix, les deux exiérieurs enveloppant la fleur; corolle à quatre pélales; élamines très-nombreuses, légèrement soudées par la base, à anthères adnées; un slyle surmonté d'un stigmate capité; fruit couronné par le calice persistant, à Irois ou quatre loges et à autant de valves qui, par leur inlroUexion, viennent se fixer à un placenta central, et après la déhiscence s'enroulent par leurs bords membraneux; graines très -nombreuses, ceintes d'une membrane jaune et frangée. Jussieu avait marqué la place de ce genre entre les Hypéricinées et les Gultifères; il a du rapport avec la première de ces familles par la structure du fruit et par ses graines, mais il se rapproche davantage de la seconde par son inflorescence semblable à celle des Caloplixlum, par son slyle et son stigmate simples, et par ses anthères. Ces considérations ont décidé Cboisy (Mém. de la Société d'Hist. nat. de Paris, t. i, p. 221) à le ranger parmi les Clusiées, première section de la famille des Gultifères. On n'en connaît qu'une seule espèce : Marila racemosa, Swartz, arbre indigène des Antilles.

MARINGOUIN. ois. Espèce du genre Bécasseau, f . ce mot.

MARINGODINS. INS. On donne ce nom aux Cousins qui sont très-nombreux dans les pays chauds, et où leurs piqûres sont très-douloureuses.

MARION-LAREDCHE. ois. Synonyme vulgaire de Rouge-Gorge, f^. Sylvie.

MARIPE. Man'pa. bot. Genre delà famille des Convolvulacées, et de la Pentandrie Digyiiie, L., établi par Aublet (Plantes de la Guiane, p. 250, t. 91) qui l'a ainsi caractérisé : calice à cinq divisions obluses, qui se recouvrent mutuellement; corolle tuhuleuse, dilatée à sa base, et dont le limbe est divisé en cinq lobes; cinq élamines insérées à la base du tube (opposéesauxlobes, d'après la figure donnée par Aublet); anthères longues, sagillées; stigmate pelté; fruit biloculaire et disperrae.

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Le Maripa scandens, Aublet et Lamai'ck, lllustr., l. 110, est un ail)risseau (îriinpant, dont les branches, très-longues, retombent vers la terre et sont garnies de feuilles péliolées, alternes, ovales, aiguës, entières, très-grandes, vertes et lisses. Les fleurs, de couleur blanche, forment des panicules terminales ou axillaires; elles sont soutenues par des pédoncules accompagnés de bractées. Cette plante croît sur les bords de la rivière de Sinamary, dans la Guiane.

Le nom de Maripa est encore donné par Aublet (Observations sur les Palmiers, p. 100) à un Palmier (le la Guiane, dont il n'a jias fait connaîlre avec assez de détails les caractères de la Heur pour qu'on puisse déterminer à quel genre il appartient. Barrère a aussi parlé de ce Maripa qu'il nomme Chou-Maripa, parce qu'on mange les jeunes pousses qui occupent le centre de la touffe de ses feuilles.

MARIPOSA. OIS. Espèce du genre Gros-Bec. ^.ce mot.

MARIQUE. BOT. Synonyme de Marica. V. Cipcre.

MAKISQUE. Mariscus. bot. Quelciues auleurs ont formé sous ce nom, employé par Linné pour une espèce de Schœnus, des genres très-différents, dans la famille des Cypéracées. Ainsi le Marlicus de Haller et de Mœnch se compose des Scirptis aciciilaris et setaceiisqui rentrent dans VJsolepis de Brown. Celui de Gaertner a pour type le Schœnus Mariscus, L., auquel sont réunis le Scirpus retrofraclus, et le KiUingia panicea de Roltboll. Enfin Vahl {Ennmerat. Plant., 2, p. 572) a mieux défini ce genre Mariscus, qui a été adopté par Rob. Brown et Kunth. Voici ses caractères essentiels : épillets formés d'un petit nombre de fleurs (deux à trois selon R. Brown); écailles imbriquées et distiques: les inférieures vides; trois étamines ou quelquefois deux seulement; style trifide; point de soies hypogynes; akène Iriquètre, reçu dans l'excavation du rachis. Les espèces qui se rapportent à ce genre ont été confondues avec les KitUn;/ia par les auteurs. R. Brown en a publié qualre nouvelles, indigènes de la Nouvelle- Hollande; et Kunlli {Nov. Gêner, et Spec. Plant, œqiiiiioct., 1, p. 212) en a décrit neuf qui croissent dans l'Amérique méridionale. Ce sont des plantes herbacées, à chaumes garnis de feuilles, seulement à la base. Leurs épissontcomposésd'épillels nombreux, involucrés, terminaux, rarement solitaires, disposés en ombelles ou agglomérés en capitules. Selon R. Brown, le genre Mariscus a le port des Cyperus, et n'en diffère que par le petit nombre des épillets.

IMAIUOLAINE. bot. /^. Majorana.

MARKEA. EUT. Pour Marckea. f-^. ce mot.

MARL. BOT. L'un des synonymes vulgaires à'AgrosUs Spicaventi. V. Agrostide.

MARLÉE. Marlea. bot. Genre de la famille des Hamamélidées de Rob. Brown, institué par le docteur Roxbourg, pour une plante de la Cochinchine, que Loureiro avait considérée comme appartenant au genre Stylidium. Ses caractères sont : tube du calice adné à l'ovaire ; son limbe court et partagé en six ou huit dents obtuses; six ou huit pétales linéaires, alternant avec les dents du calice; huit étamines adnées à un disque épigyne, insérées au sommet du calice; anthères longues et linéaires; ovaire à deux loges, à deux ovules; style

court; stigmate à quatre dents. Le fruit est un drupe ovale, un peu charnu, ombiliqué par les dents du calice, renfermant un osselet biloculaire; la semence est comprimée; l'albumen est charnu; l'embryon a sa radicule supère; les cotylédons sont plans.

Mariée a rtmLLES de bégode. Marlea begonifolia. C'est un arbuscule ù feuilles alternes, exstipulées, pétiolées, inégalement cordées, acuminées, entières, glabres à l'exception des nervures de la face inférieure; les fleurs, portées par un pédicelle axillaire faisant partie d'une sorte de corymbe, sont blanchâtres. De l'Inde et du Népaul.

MARLITE. GÉOL. Nom proposé par Kirwan, pour réunir plusieurs roches calcaires mélangées d'Argile et de Sable, et qui par leur dureté et la résistance qu'elles opposent à l'action de l'air almosphéri(|ue, diffèrent des Marnes proprement dites. Les Molasses de Genève et Lausanne, le Schiste marnobitumineux à empreintes de Poissons du Mansfeld, seraient des Marlites pour Kirwan ; mais ces distinctions nombreuses établies sur quelques caractères particuliers entre les mélanges variables presque à l'infini que présentent les substances minérales, et surtout la création de nouveaux noms pour désigner de pareilles variétés, sont peut-être plus nuisibles qu'utiles pour l'avancement de l'histoire naturelle de la terre.

MARMAROPE. Marmaropus. iks. Coléoptères tétramères; genre de l'ordre des Rhynchophores, famille des Curculionides, institué par Schoonherr qui lui donne pour caractères : antennes courtes et grêles, atteignant à peine la longueur du corselet, insérées vers le milieu du rostre, coudées, composées de douze articles, dont le premier en massue, les deux suivants assez longs, les qualre derniers formant \\n& massue ovale et pointue; rostre court, fort, cylindrique et un peu arqué; yeux latéraux et ronds; corps oblong, subovalaire, convexe, écailleux; corselet oblong, subquadrangulaire, un peu tronqué aux deux extrémités, subitement rétréci antérieurement et lobé près des yeux; élylres oblongues, sublinéaiies, un peu convexes en dessus, impressionnées vers l'écusson, chacune d'elles arrondie vers l'extrémité, obtuse à l'épaule; pattes médiocres, presque d'égale longueur, avec les cuisses un peu en massue, mutiques à l'extrémité.

Marmarope de Besser. Martnaropus Besseri, Sch. Il est noir, entièrement recouvert en dessous d'écaillés blanches; le corselet est granulé; écusson petit et noir; élytres noires, écailleuses; pieds noirs et forts. De Pologne.

MARMATITE. mu. Nom donné par Boussingault, à une combinaison naturelle de sulfure de Zinc et de protosulfure de Fer, dans les proportions de huit à deux environ, qui se trouve dans les mines de Marmalo. Cette substance est noire, cl sa structure est lamellaire.

MARMELOS. bot. ^. Églè.

MARMITE DE SIKGE. bot. T. Am.ande d'Andos et Lécïthis.

MARMOLIER. bot. Syn. de Dnroia. f^. Gempayer.

MARMOLITE. MIN. (Nuttall.) Substance opaque, d'un vert pâle, avec un éclat légèrement perlé, facile à entamer avec le couteau ; pesant spécif. 2,5, et se présen-

lant en masses clivables dans deux direclions obli(|iies l'une à l'autre. Elle est composée, d'après une analyse faite par Nutlall, de Masnésle 4C; Silice 36; Eau 13; Chaux 2; oxide de Fer et de Chiome 1. On la regarde comme étant une variété cristallisée de Serpentine. On la trouve dans ce dernier minéral à Hobokcn, près de Baltimore aux États-Unis.

MARMON. OIS. Synonyme de Macareux, y. ce mot.

MAR.MONTAIN ET MARMOATAINE. MAM. Vieux noms français de la Marmotte.

MARMORITIDE. Marmorilis. bot. Genre de la famille des Labialées, institué par Bentbam {Hook. Botan. MiscelL, m, 377) pour une plante herbacée, récemment observée dans les monts Hymalaya. Caractères calice tubuloso-campanulé, à treize ou quinze nervurei et profondément découpé en cini] dents égales et aigutis: corolle plus courte que le calice, avec la lèvre supé rieure bifide, l'inférieure à trois lobes dont l'intermé diaire large, crénelé, étalé, et les latéraux dressés; qua tre étamines ascendantes : les inférieures plus courtes; filaments nus; anthères à deux loges parallèles; style court, à deux lobes i)resque égaux et subulés ; stigmate terminal ; akènes secs, lisses et nus.

Marmoritide PDSii.LE. MiumoiUis piisUla, Bentb., Lab., 489. Ses tiges sont couchées, lomentoso-velues, avec le sommet garni de feuilles serrées, pétiolées, réniformes, crénelées, rugueuses, revêtues sur leurs deux faces, d'un duvet épais et lâche; les verticilles Horaux sont peu garnis.

MARMOSE. MAM. Espèce du genre Didelphe. y. ce mot.

MARMOT. POIS. L'un des synonymes vulgaires du Spanis deiilex. y, Dekté.

MARMOTTE, ^ictomys. mam. Genre de Rongeurs clavicules, que l'on considère ordinairement comme appartenant ù la famille des Rats, mais qui a aussi des rapports très-intimes avec celle des Écureuils. Les dents sont en même nombre que chez ces derniers, c'est-àdire que la mâchoire supérieure a cinq molaires de chaque côté, et l'inféiieure quatre seulement. Parmi les supérieures, la premièie, beaucoup plus petite que les auties, ne présente qu'un seul tubercule, et n'a qu'une seule racine; les quatre dernières, qui sont toutes à peu près de même l'orme, ont au contraire trois racines dont deux externes, et l'autre interne, sont divisées transversalement en trois collines par deux sillons profonds, dont le premier traverse entièrement la dent, tandis que les deux collines postérieures se réunissent par leur extrémité interne, et forment ainsi un petit talon. Les quatre molaires inférieures ont toutes la même grandeur et la même forme générale; elles sont échancrées sur leur côté externe, et présentent, en dedans de l'échancrure, un enfoncement dont la largeur est presque égale à celle de la dent tout entière. Les incisives sont, comme chez presque tous les Rongeurs, au nombre de deux à l'une et à l'autre mâchoires; elles sont très-fortes, très-longues, et taillées en biseau à leur face interne. Le système de dentition des Marmottes est donc très-peu différent de celui des Écureuils; et ces deux genres forment véritablement, sous ce rapport, une seule et même famille, comme on l'a

remarqué; mais les premières ont aussi plusieurs caractères qui leur sont exclusivement propres, et qui permettent de les distinguer, même au premier coup d'oeil, de tous les autres Rongeurs. Les quatre membres, et surtout les postérieurs, sont très-courts, et ils le paraissent même dans l'état naturel plus encore qu'ils ne le sont réellement, parce que l'animal les tient habituellement un peu Hécbis : aussi les Marmottes sontelles dans le cas de toutes les espèces qui présentent les mêmes modifications des organes de la locomotion : leur démaicbe est lourde et embarrassée, surtout lorsqu'elles veulent courir. Elles ont au contraire beaucoup de facilité pour fouir, à cause de la forme et de la force de leurs ongles, et aussi à cause de la disposition de leurs membres de devant, qni se trouvent un peu tournés en dedans. Les doigts, réunis jusqu'à la seconde phalange par une membrane, sont au nombre de cinq à l'extrémité postérieure, et de quatre seulement à l'antérieure, le pouce ne consistant (du moins chez toutes les espèces bien connues) que dans un petit tubercule placé vers le haut du métacarpe, et fort peu apparent. La queue, très-courte, ne présente rien de remarquable. Le col est court ; le corps est gros et trapu, et ses formes sont généralement lourdes. Il est d'ailleurs couvert en entier d'une épaisse fourrure composée de poils laineux et de poils soyeux, généralement longs et très-abondants. Les yeux sont latéraux, et la pupille est ronde. Le mu0e, peu étendu, est compris entre les deux narines; et la lèvre supérieure est fendue en partie, divisée, comme chez beaucoup de Rongeurs, par un sillon longitudinal. Les oreilles sont simples, très -courtes, et se trouvent même presque entièrement cachées dans le poil. 11 y a de chaque côté (du moins chez la Marmotte des Alpes) cinq mamelles, dont trois sont ventrales et deux pectorales.

Les Marmottes sont au nombre des Rongeurs omnivores de quel(|ues naturalistes. Elles mangent en effet à peu près tout ce qu'on leur donne, des fruits, des feuilles, des racines, du pain, de la viande et même des insectes; néanmoins c'est de matières végétales qu'elles se nourrissent de préférence. Elles se creusent de profondes et spacieuses retraites, qui consistent ordinairement en deux galeries aboutissant à une sorte de culde sac ; c'est là qu'elles se renferment dans la saison froide pour se livrer à leur léthargie hibernale, qui commence dès que la température n'est plus que de 8 ou 9". Elles sont alors très-grasses, et leur éjjiploon est chargé d'une grande abondance de feuillets adipeux; elles sont au contraire assez maigics à l'époque de leur réveil, et leur poids total est même alors sensiblement diminué. » Cette différence de poids prouve évidemment, dit Mangili (Mémoire sur la léthargie des Marmottes, Aiin. Mus., t. ix), que la graisse dont elles sont pourvues leur est infiniment utile ; non-seulement il s'en consomme une partie pendant le sommeil léthargique; mais elles en sont encore nourries pendant les intervalles de veille auxquels elles peuvent être exposées par l'élévation ou l'abaissement de la température. » On sait en effet que les Marmottes, de même que tous les autres animaux hibernants, se réveillent dès que le froid vient à augmenter, qu'elles souffrent alors

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beaucoup, et que s'il est prolongé, elles ne lardent pas à périr. C'est au reste à quoi elles ne sont que trèsrarement exposées, parce que l'extrême profondeur de leurs terriers, et le soin qu'elles ont de fermer les galeries qui y conduisent, font que la température s'y maintient presque constamment, même pendant les plus grands froids, à plusieurs degrés au dessus de 0.

Ce genre, composé dans l'état présent de la science d'un grand nombre d'espèces, si l'on admet toutes celles qui se trouvent indiquées dans les auteurs, mais qui est encore très -imparfaitement connu, habite également l'Amérique et l'ancien monde. Ce fut Gmclin qui, dans la treizième édition du Sustenta Naturœ, sépara pour la première fois les Marmottes des Rats, avec lesquels Linné les avait confondues.

Marmotte des Aipes. Arctomys Marmotta, Gm.; Mus Arclomys, Pall. Elle a plus d'un pied du bout du museau à l'origine de la queue; elle est généralement d'un gris foncé, avec le bout de la queue noir, les pieds blanchâtres, le tour du museau blanc-grisâtre, et les parties inférieures du corps d'un roux clair. Cette espèce, qui habite les montagnes alpines de l'Europe, est connue de tout le monde; et personne n'ignore que, malgré son apparence stupide, elle est un des animaux les plus susceptibles d'éducation. Elle est d'ailleurs assez intelligente, et ses mœurs, dans l'état de nature, sont tout à fait dignes d'attention. Elle creuse ordinairement sa retraite sur le penchant de la montagne, en sorte que les deux galeries ne se trouvent pas dirigées horizontalement; c'est dans l'inférieure qu'elle va faire ses excréments; c'est par la supérieure qu'elle entre dans son domicile et qu'elle en sort. La partie centrale, celle où elle se tient habituellement, est de niveau; on y trouve toujours une grande quantité de foin et de mousse, qu'elle prend le soin d"y transporter pendant l'été. Chaque terrier est l'ouvrage et la propriété d'un assez grand nombre d'individus qui forment ce qu'on pouirait nommer une société. C'est ce qu'on a particulièrement l'occasion d'observer, lorsque l'époque est venue de récolter le foin qui doit former, pendant l'hiver, le lit de toute la troupe : tous ceux ((ui font partie de la même société, travaillent ensemble; et lorsiiu'ils ont préparé ce qui leur est nécessaire, l'un d'eux se couche sur le dos,et les autres, le tirant parla queue, s'en servent comme d'un chariot pour transporter leurs provisions au domicile commun. On dit encore que quand la troui)e vient à sortir pour brouter, ou pour jouer sur le gazon, comme il arrive souvent dans les beaux jours de l'été, une sentinelle est toujours placée sur le sommet d'un rocher, pour veiller à la sûreté générale. Enfin (et ce fait, non moins remarquable que les précédents, est beaucoup plus certain) quand l'époque de la léthargie hibernale est venue, l'animal se compose , avec les provisions qu'il a faites pendant la belle saison, un petit tas de fourrage, de forme ordinairement sphérique, et au centre duquel il va se placer; il y entre toujours ù reculons, tenant dans sa bouche une poignée de foin qu'il emploie à boucher l'ouverture par laquelle son corps a pénétré. La Marmotte des ■ Alpes ne parait pas être à beaucoup près aussi féconde que la plupart des Rongeurs; elle n'a, dit-on, dans

l'année, qu'une seule portée de cinq petits environ.

Marmotte d'Allemagne. C'est le Hamster commun. l'. ce mot.

Marmotte Bodak, BufF., t. xiii, pi. 18; Arctomys Bobac, Gm. La Marmotte de Pologne, de quelques auteurs, habite également l'Europe, mais plus particulièrement sa partie la plus septentrionale, et elle se trouve également dans le nord de l'Asie. Elle est généralementd'un gris jaunâtre, mêlé de brun noirâtre, avec les parties inférieures du corps d'un fauve roussâtre clair, la queue et la gorge roussàtres, le tour des yeux brun, et le bout du museau gris argenté. Elle vit dans des contrées plus froides que la Marmotte des Alpes; mais elle n'habite pas, comme elle, sur les hautes montagnes, et préfère les collines peu élevées et dont l'exposition est au midi.

Marmotte bâtarde D'ArRiQDE. f^. Damai».

Marmotte du Canada. /'. Marmotte Monax.

Marmotte du Cap. ^. Damaiv.

Marmotte de Circassie. f-^. Marmotte des Alpes.

Marmotte de Pologne, f^. Marmotte Bobak.

Marmotte de Strasbourg, f^. Hamster commun.

Marmotte de Québec, Penn., Quad., p. 270; Arctomys evipetra, Gm.; Mus empêtra, Pall. C'est la Marmotte du Canada, de l'Encyclopédie méthodique; mais non pas celle de BufTon ; elle parait également différer de la Marmotte de Québec de Eorster, espèce qui sera décrite, d'après Harlan, sous le nom de Marmotte de Parry. Elle est généralement d'un brun noirâtre, varié de blanc, avec le sommet delà tête d'un brun uniforme, passant au brun rougeâtre sur l'occiput; les joues et le menton sont d'un blanc grisâtre sale, et la poitrine et les pattes de devant d'un roux vif; la queue, assez courte, est couverte de poils noirs assez abondants. La Marmotte de Québec habile particulièrement le Canada et les environs de la baie d'Hudson ; elle est plus anciennement et beaucoup mieux connue que toutes les autres Marmottes de l'Amérique. Celles-ci, considérées par divers auteurs, les unes comme de simples variétés de V Arctomys empêtra, et par d'autres, comme devant au contraire former des genres nouveaux, paraissent être assez nombreuses. Ainsi l'auteur de la Faune Américaine, Richard Harlan. établit qu'il en existe dans l'Amérique du nord, jusqu'à onze espèces distinctes, et il les décrit toutes en détail et avec beaucoup de soin.

Marmotte Monax, Edwards, y/y. ii;Buff.,Suppl.iii; Arctomys Monan;, Gm., Harl., Esp. i, p. 158; Cuniculus hahnmensis, Catesby. Elle a les oreilles arrondies, les ongles longs et aigus, le pelage d'un brun ferrugineux, un peu moins foncé sur les Hancset les parties inférieures du corps que sur le dos, avec le museau grisbleuâtre et la queue noirâtre. Cette espèce, que Harlan a observée vivante, habite particulièrement la partie centrale des États-Unis.

Marmotte du Missouri. Arctomys Missouriensis , Warden ; Arctomys Luiloviciani, Ord, Geog. de Gu- Ihrie; Harl., Esp. m, p. ICO. Elle est généralement d'un rouge brun. Elle a la tête large et déprimée en dessus, les yeux grands, l'iris brun obscur, les oreilles courtes et comme tronquées, les moustaches de moyenne longueur et de couleur noire; en outre, de longues soies

naissent au-dessus de l'œil et sur la joue. Tous les pieds sont pentadaclyles, couverts de poils très -courts, et armés d'ongles noirs, assez longs. La queue est courte; elle présente vers son extrémité une bande brune. Cet intéressant Rongeur, dont le Muséum de Philadelphie possède un très-bel individu, a reçu, ditllarlan, le nom impropre de Chien de prairie, ù cause d'une ressemblance qu'on a cru trouver entre son cri et l'aboiement du Chien. On imite assez bien ce cri, ajoute le même auteur, par la syllabe tcheh, lorsqu'on la prononce avec une sorte de sifflement. Cette espèce est surtout abondante dans la province du Missouri, où l'on connaît sous le nom de Villages des Chiens de prairie, certains lieux où se trouvent réunis en grande quantité les terriers de ces animaux. Quelques-uns de ces villages des Chiens de prairie n'ont qu'une petite étendue, mais d'autres ont jusqu'à plusieurs milles de circonférence.

L'espèce que Harlan nomme Arctomys tridecemlineata, est le Rongeur décrit par Mitchill sous le nom de Sciurus tridecemlineatus, ou l'Écureuil de la Fédération, de plusieurs ouvrages, et particulièrement de ce Dictionnaire. Mais (suivantHarlan) c'est à tort qu'il a été placé parmi les Écureuils, dont il s'éloigne à beaucoup d'égards; la forme générale du corps, de la tête et des oreilles, la longueur, la direction et la forme delà queue, enfin la forme et la proportion des jambes et des ongles, le rapprochent en effet des Marmottes dont il a aussi les moeurs. Au reste Desmarest avait déjà, en France, soupçonné les véritables rapports de cette espèce qu'on pourra nommer Marmotte de la Fédération, si elle doit réellement être placée dans le genre Jrctomfs. Quoi qu'il en soit, Harlan dit qu'elle se creuse des terriers, elne monte pas volontiers dans les arbies. Elle est répandue dans une grande partie de l'Amérique du noid, et se trouve depuis les lacs les plus septentrionaux jusqu'à la rivière d'Arkansa, et très-probablement jusque dans le Mexique, [f. pour sa description l'article Écd-

RECll.)

Marmotte de Fbakkliiv. Arctomys Franklinii, Sabine, Trans. Lin., t. xiii; Harl., Esp. v, p. 167; connue aussi sousie nom doMarmotte grise d'Amérique. Elle a la gorge d'un blanc sale; les poils du dessus du corps sont courts et annelés de noirâtre, de blanc sale, de noir, deblanc-jaunàtre et de noirâtre (en sorte que le pelage est d'un gris-jaunâtre varié); ceux du ventre sont noirâtres à leur origine, d'un blanc sale à leur extrémité; enfin la queue est couverte de poils annelés de blanc et de noir, et paraît elle-même, dans son ensemble, annelée des mêmes couleurs. Les incisives supérieures sont rougeâtres, les inférieures plus pâles. On remarqur en outre des moustaches (qui sont de couleur noire) de longs poils qui naissent au-dessus et au-dessous de l'œil.

Marmotte de Richardson. Arctomys Richanlsonii, Sabine, loc. c//., -Harl., Esp. vi, p. 1G8. Elle est aussi connue sous le nom de Taicnx American Marmot (Marmotte d'Amérique, couleur de tan). Elle a le sommet de la tête couvert de poils courts, noirâtres à la base, plus clairs au sommet; le museau couvert de poils brunâtres, qui se joignent à ceux du sommet de la tète; 7 dict. des sciences nat.

les joues de même couleur; la gorge d'un blanc sale; la partie supérieure du corps couverte de poils courts et doux au loucher; ils sont noirâtres à leur base, fauves à leur extrémité; le dos à peu près de même couleur que le sommet de la tête: les flancs d'un gris brunâtre; les parties inférieures d'un brun roussâtre; enfin la queue couverte de poils annelés, longs, mais peu abondants. Les oreilles sont ovales et courtes; les ongles, de couleur cornée, sont arqués et aigus; seulement le doigt interne des pieds de devant, très-petit et très reculé en arrière, est terminé par un petit ongle obtus. Harlan n'indique pas d'une manière précise la patrie de cette espèce, non plus que celle de la précédente; il ne donne non plus aucuns détails sur leurs mœurs et leurs habitudes.

Marmotte POUDRÉE. y^/'e<o«y4'/)ri««osa,Gm., Harl., Esp. v[i, p. 159. Elle est de la taille d'un Lapin; elle a le bout du nez noir, les oreilles courtes et ovales, les joues blanchâtres. Le pelage, formé de poils cendrés à leur racine, noirs dans leur milieu, blanchâtres à leur extrémité, est dans son ensemble d'un gris blanchâtre. La queue est noire, mélangée de roux; les jambes sont noires. La descri|)tion de Harlan a été faite d'après un individu que l'on croyait venir du nord de l'Amérique septentrionale.

Marmotte de Parry. Arctomys Parryli, Richardson, exp. Franklin; Harl., Esp. vu, p. 170; l'Écureuil de terre, Hearne, Journ. Elle a les mains antérieures pentadaclyles; le museau très-obtus; les oreilles très-petites; la queue allongée, noiie à l'extrémité; le corps marbré de noir et de blanc en dessus, d'un roux ferrugineux en dessous. Cette espèce a des abajoues; elle habite, comme la précédente, le nord de l'Amérique septentrionale.

Marmotte erachydre. Arctomys brachyura, Harl., Esp. I, Supp., p. 304; Anisotiyx brachyura, Raffin.; Burrotoing Sqiiirrel (l'Écureuil fouisseur), Lewis et Clarke, exp. Miss. Elle avait servi de type à l'établissement du genre Anisonyx de Raffinesque; genre qui ne doit pas être conservé, suivant Harlan, les espèces qui le composaient n'étant que de véritables Marmottes. La Marmotte brachyure est généralement d'un brun tirant sur le gris roussâtre, avec le dessous du corps rougeàtre. La queue, formant le septième de la longueur totale, est d'un brun rougeâtre en dessus, et d'un gris de fer en dessous, blanche sur les bords. Celte espèce, qui vit en société à la manière de V Arctomys Ludoviciani, habite les plaines de la Colombie.

Marmotte robsse. Arctomys rvfa, Harl., Esp. m, Suppl., p. 508; ^«i«o«/â;rM/a, Raffin. Elle est généralement d'un brun rougeâtre; les oreilles, courtes et minces, sont couvertes de poils courts, d'un rouge-brun uniforme. Elle habite les plaines boisées de la Colombie, où elle ne paraît pas être très -commune; car Harlan affirme que le capitaine Lewis a offert des sommes considérables aux Indiens, sans pouvoir se procurer un seul individu vivant.

Enfin la dernière espèce admise par Harlan, est celle

qu'il nomme Arctomys lalrans, Esp. ii,Supp.,p. 300;

c'est le Harring Squirrei (Écureuil aboyant) de l.evvis

! et de Clarke (loc. cit.); elle est généralement d'un inuge

lie brique, iiiiiftirine, avec le dessous du col et levenlie plus clairs (lue les aulies parties du corps. En outre des moustaclies, on remaniue aussi de longs poils qui naissent au dessus des yeux. Chaque pied a cinq doigts, parmi lesquels les deux externes sont les plus courts. Cette espèce, qui habite les plaines du Missouri, a, comme on le voit, les plus grands rapports avec l'^/ctoniys LiidovUiani, dont elle pourrait bien ne pas différer. Le Cynomys social de Raffinesque, type du nouveau genre Cynomys de ce naturaliste, parait également se rapporter au même animal.

Telles sont les espèces admises dans le genre Aictomys, par Richard Harlan; mais il n'est pas impossible que quelques-unes d'entre elles doivent, quand elles seront mieux connues, en être séparées. C'est ainsi qu'une espèce d'Europe, le Souslik, longtemps considérée comme une véritable Marmotte, est devenue, lorsqu'on l'a étudiée d'une manière plus approfondie, le type du nouveau genre Spermophile. (F. ce mot.) Quant à quelques autres espèces rapportées comme lui au genre Arctomys, on ne possède encore à leur égard que des descriptions fort incomplètes ou même des indications fort vagues; et on chercherait vainement à établir d'une manière certaine à quel genre elles doivent réellement appartenir. Tels sont : le Maulin,il/«« 3Iaulinus, Molina, Aictonixs Mauliiia, Sh., qui aurait tous les pieds penladactyles et les dents semblables, pour leur nombre et leur disposition, à celles de la Souris; la Marmotte de Circassie de Pennant, Mus 7'schetkessicus , Erxl., qui a les jambes antérieures courtes, les yeux rouges et brillants, etc., et qui se creuse des terriers aux environs du fleuve Terek; et surtout le Gundi de l'Atlas, Mus Guiuli, Rolhmann, Arctoiiiys Giimli, Gm., qui n'aurait que quatre doigts à tous les pieds. Le Hamster a également reçu les noms de Marmotte de Strasbourg et de Marmotte d'Allemagne (r. Hamster), et le Daman ceux de Marmotte bâtarde d'Afri(|ue(Vosmaer)et de MarmotteduCap. (^.Daman.)

MARMOCTON. MAM. L'un des noms vulgaires des Béliers réservés pour étalons.

MARNAT. MOLi. Adanson nomme ainsi (Voy.au Sénég., pi. 12, fjg. 1) une Coquille du genre Turbo, dont Linné a fait une espèce particulière,àla(|uelleil a donné le nom de Turbo punctatus [Syst. Nul., 15" édit., 1. 1, pag. 5597, no 37).

MARINE. GÉOL. Mélange naturel, et dans des proportions très variables, de particules calcaires, argileuses et sal)lonneuses, d'une ténuité telle que leur réunion présente à l'œil une substance homogène, dont les caractères minéralogiiiues principaux sont d'être très peu dure, souvent même très-tendre et friable, d'avoir l'aspect terne et pulvérulent, de se délayer plus ou moins facilement dans l'eau, en ne faisantavec celle-ci qu'une pâle courte, (jui, soumise à l'action du feu, ac(|uiert peu de dureté et se fond facilement. Ces derniers traits, joints à celui de donner lieu à une 1res vive efifervescence avec l'Acide nitrique, distinguent les Marnes des Argiles proprement dites, tandis que le résidu considérable, qui reste au fond de la dissolution par l'Acide nitrique, établit une différence entre elles et les Calcaires sans mélange.

Malgré ces distinctions qui paraissent bien tranchées, et ù l'exception de quebiues substances particulières que les usages auxquels elles sont propres font désigner par tout le monde sous le même nom, il est difficile de savoir si beaucoup de dépots, dont les couches nombreuses et souvent très- puissantes entrent essentiellement dans la composition des divers terrains secondaires et tertiaires, doivent être considérés comme appartenant à des variétés de Calcaire ou d'Argile, ou bien comme étant de véritables Marnes. La difficulté, qui est ici la même que pour toutes les substances minérales mélangées, est d'autant plus grande que, dans la même couche, les quantités relatives de Calcaire, d'Argile et de Sable, varient d'un point à un autre. De là viennent les expressions journellement employées dans les descriptions géologiques, d'Argile marneuse, de Calcaire marneux, de Marne calcaire, Marne argileuse, Marne sablonneuse, etc.; expressions que, loin de bannir, il est bon d'employer, puisqu'elles expriment vaguement les modifications sans nombre, qui existent dans la nature, mais dont il faut, ù ce qu'il semble, se garder de limiter le sens d'une manière trop étroite et trop systématique, dans la crainte de donner, en les employant, des idées inexactes.

Les auteurs allemands désignent la Marne sous le nom de Mergel, dont Wcrner ne distinguait que deux variétés : la Marne terreuse, Mergel Erde, et la Marne endurcie, Ferhœrleler Mergel, i[ull regardait comme des espèces de Calcaires. Ilatly, ne considérant pas avec raison la Marne comme une substance minérale particulière, mais comme un mélange d'Argile et de Calcaire, l'appelait Argile calcarifère. Brongniart (Traité de Minéralogie) fait des Marnes une espèce de son ordre des Pierres argiloïdes, sorte d'appendice aux véritables minéraux , et que depuis il comprend dans la classification des Roches d'apparence homogène et tendre.

Brongniart reconnaît parmi les Marnes, deux variétés principales : 1» les Marnes argileuses se délayant et faisant une pâte courte avec l'eau, variant pour les couleurs du gris au jaune, au vert et brun, quelquefois marbrées de gris, de jaune, de rouge. C'est à cette variété qu'il faut rapporter la Terre ou Argile à potier (Marne argileuse figuline), qui ressemble beaucoup à l'Argile plastique par sa texture fine et serrée, mais qui a moins de ténacité et se casse plus facilement qu'elle, en présentant des surfaces raboteuses dans la cassure. Quoique toujours elle fasse effervescence avec l'Acide nitrique, elle ne contient quelquefois que cinq pour cent de Chaux carbonatée, et rarement plus de quinze, ce qui suffit cependant pour la rendre fusible au feu. La couche puissante de Marne verte qui, dans les terrains des environs de Paris, et notamment à Montmartre, recouvre la formation gypseuse,est un exemple de Marne aigileuse; c'est elle qui est employée à la fabrication des tuiles, des briques, des carreaux autour de la ville, et qui alimcnle un grand nombre d'établissements dans la vallée de Montmorency. Les Marnes argileuses, schistoïdes et compactes, diffèrent entre elles par leur texture et par leur gisement. La première , dont la couleur est assez généralement foncée, est quebiuefois confondue avec les Schistes et l'Argile

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