JI A
quelqiiefoisvaiiéesileblancliâlreetde bleuâtre; les pélioles, longs de quelques lignes, sont épais, arrondis et renflés ù leur articulation ; les Heurs sont d'un rouge de rose pâle, réunies en corymbes opposés dans l'aisselle des feuilles, portées sur des pédoncules ciliés et d'un brun jaunâtre de même que le calice; les deux bractéessont petites, linéaires et caduques. De l'îlede Java.
Mariimie de CEYt.AN. MaiiiDiia Zeylanica , Blume, Jiumpliia, pi. 0. Cet arbuste ressemble au précédent pour l'aspect général; mais ses pédoncules sont triHori's et glabres, les calices seulement sont ciliés.
HUnUKANG. BOT. Rumpb (Herb. Jitiboin., A. t. 40) a décrit et figuré sous ce nom vulgaire à Aniboine une plante dont Adanson a fait un genre qu'il a placé dans sa famille des Jasmins. Cette plante paraît être une espèce de Clerodendron. y . ce mot.
MARUTE. Marula. bot. Cassini (Bulletin de la Soc. riiil., novembre 1818) a proposé sous ce nom, la formation d'un sous-genre dans les Anthémis de Linné. 11 se distingue essentiellement par ses Heurs marginales qui sont neutres, par ses ovaires hérissés de points tuberculeux, par son réceptacle cylindracé, dépourvu d'appendices dans sa partie inférieure, mais garni supérieurement de paillettes courtes, très-grèles et tubulées. Celte subdivision générique a pour type YAnlheiiiis cottila, L., espèce commune dans toute l'Europe, et à la(|uelle Cassini donne le nom de Marula fœtida. On l'a nommée vulgairement Maroute ou Camomille puante , et elle était autrefois employée en médecine comme antihystérique.
MASARE. Musaris. l^•s. Ce genre a été établi par Fabricius sur une espèce d'Hyménoptères de la famille des Diploptères, tiibu des Masarides, rapportée de Barbarie par le célèbre Desfonlaines. Ses caractères sont ; yeux échancrés ; ailes supérieures doublées longitudiiialement dans le repos; abdomen paraissant sessile, allongé; antennes aussi longues que la tête et le corselet, n'ayant que huit articles dont le dernier en forme de massue; un aiguillon dans les femelles. Fabricius, en formant ce genre, y a ajouté une espèce que Rossi avait nommée. dans sa Faune Étrusque, Chrysis douteux; mais Lalreille en a fait le type de sou genre Célonite. Jurine désigne sous le nom de Masaris les Célonites de Latreille. La seule espèce qui existe dans ce genre est :
Masare vespiforue. Masaris vespifonnis, Fabr., figuré par Cocquebert {Illusf. Icon. Insect., déc. 2, lab. 15, mas). Les antennes du mâle sont plus longues que celles des Célonites; elles n'ont que huit articles : le premier, beaucoup plus long que le suivant, est cylindrique, le dernier est en forme de massue obconique et obtus; le labre est triangulaire, plus long que large; les mandibules ont quatre dents très-distinctes; les palpes maxillaires ont quatre articles, un de i)lus que celles des Célonites; les angles postérieurs du corselet ne se prolongent pas en une sorte de lame comprimée, comme ceux du corselet des Célonites; la cellule radiale des ailes supérieures est plus allongée et appendicée; l'abdomen est presque cylindrique et beaucoup plus long que celui des Célonites. La couleur générale de cet Hyménoptère est noire, variée de jaune, d'après Fabricius.
MASARlDES.il/asanrfei. iNS. Latreille désignait ainsi une famille d'Hyménoptères Diploptères, qu'il a convertie depuis en tribu, et â laquelle il a donné pour caractères : un aiguillon dans les femelles; ailes supérieures doublées lenigitudinalenient dans le repos; yeux en croissant; antennes terminées en bouton arrondi au bout, et n'offrant distinctement que huit ou (Hx articles; languette terminée par deux filets, se retirant dans un tube formé par sa base; les quatre palpes très-courtes; ailes ayant deux cellules cubitales complètes, dont la seconde reçoit les deux nervures récurrentes; abdomen tronqué transversalement à sa base, et paraissant comme sessile, en demi ovale ou presque demi-cylindrique. Quoique ces insectes aient de grands rapports avec les Guêpes, ils s'en distinguent par leurs antennes, leur lèvre inférieure et leur abdomen dont la forme est presque semblable à celle des Chrysides. La plupart des espèces ont l'babilude de contracter leur corps en boule; la tète est de la largeur du corselet et appliquée contre lui; les yeux sont échancrés au côté interne; le corselet est tronqué aux deux bouts, et se termine, de chaque côté, par deux angles fort saillants; le segment antérieur se courbe et s'élargit de clia(|ue côté en manière d'épaulelte, de même que dans les Guépiaires; les pattes sont courtes. Ces Hyménoptères sont propres aux contrées méridionales de l'Europe et de l'Afrique; leurs habitudes sont peu connues. Celle tribu se compose des deux genres Masare et Célonite.
MASCAGNIA. bot. A'. Hirée.
MASCAGNIN, MASCAG.MNE. MASCAGNITE. mm. Synonymes d'Ammoniaque sulfatée.
MASCARILLE. bot. L'un des noms vulgaires des Champignons de couche.
MASCARIN. OIS. Espèce du genre Perroquet, que Lesson a fait type d'une section, dans ce genre nombreux.
MASCARONE. crust. Nom vulgaire de diverses espèces du genre Dorippe.
MASCHALANTHE. bot. Le genre institué sous ce nom par ledocleurBlume.ne diffère nullement de celui qu'il a nommé depuis (Bydr. FI. Ind., p. lOOi) Axanthes, et doit lui être réuni. F. Axaivthe.
MASCHALANTHDS. bot. (Mousses.) Schutz a distingué sous ce nom, le Plerigfnandrum filiforme d'Hedwig : Sprengel a changé ce nom en Masclialocarpus; mais ces genres n'ont été adoptés par personne, et le Pterigynandrum filiforme peut même être regardé comme l'une des espèces qui servent de type à ce genre. F. Pterigynandrdm.
MASCHALOCARPUS. y. Maschaiauthds.
MASCUiO. OIS. L'un des noms vulgaires de l'Écorcheur. ^. Pie Griècbe.
MASCULIFLORE. BOT. Cassini donne ce nom à la calalhide et au disque quand ils sont composés de fleurs mâles.
M ASDEVALLIE. Masdetallia. bot. Genre de la famille des Orchidées, et de la Gynandrie Monandrie, L., établi par Ruiz et Pavon (Prodrom. Ftor. Periiv., tab. 26) et ayant beaucoup de rapport avec le genre Dendrobium. 11 présente les caractères suivants : folioles du calice étalées : les trois extérieures sont soudées ensemble
jusqu'à leur par(ie moyenne; le labelle esl onguiculé à sa base, dépourvu d'éperoti; l'onglet du labelle est soudé avec les folioles extérieures du calice. Le gynoslème est semi -cylindrique ; l'anlhère est terminale, operculiforme, à deux loges contenant deux masses polliniques solides. Une seule espèce compose ce genre.
Wasdevaliie a liivE FLEUR. MasdevulUa uniflora, Ruiz et Pavon (loc. cit.); Kunlh, in Hiimh. Noc. Gêner., 1, p. 361, (ab. 89. C'est une plante parasite, ayant une racine fibreuse, des feuilles radicales longuement péliolées, ovales, obtuses et |)resque spatulées; les hampes sont dressées, liantes de huit pouces, glabres, accompagnées de gaines, terminées par une seule Heur penchée, assez grande. Elle croit au Pérou.
MASEGNA. MIN. Même chose que Tracliyte. f\ ce mot.
MASICÈRE. Masicera. ins. C'est à J. Macquart (|u'est due la formation de ce genre nouveau d'insectes diptères. 11 l'a opérée aux dépens du genre Tachina de Meigen, et lui a donné pour caractères : corps assez large; face peu oblique, ordinairement peu ou point bordée^de soies; épislome non saillant; front peu avancé; antennes descendant jusiju'à l'épislome; les deux premiers articles courts, le troisième épais, quatre ou six fois plus long que le deuxième, enfin le style a son second article double du premier; yeux tantôt nus, tantôt velus; abdomen cylindrico-arrondi dans les iiiàles, avec deux soies au miliiu des segments; première cellule postérieu rc des ailes entr'ouverleavantl'extiéniilé: nervure externo-inédiaire ordinairement presque droite. Ce genre se distingue des Tachinaires en ce que dans celles-ci le troisième article des antennes est fort allongé; il s'en fait encore remarquer, ainsi que des Eurigastres que Mac(|uait en a également détachés, par la largeur de l'abdomen dont la forme est cylindrico arrondie; il ne peut êlre confondu avec les Phorocères et les Métopies, à cause de la nudité de la face qui chez celles-ci est bordée de soies dans presque toute son étendue. Dans ses Di|ilères du nord de la France, Macquart décrit dix espèces de Masicères : il a observé que les larves de ces insectes se développent dans les chenilles des Lépidoptères et particulièrement des Bombices.
Masicère stlvatiqde. Masicera sylvalica, Macq.; Tachina sjlvatica, Fall.; Pliryxe siiperba, Robert. Son corps est noir, avec l'abdomen à larges bandes mar(|iietées de blanchâtre; les palpes sont ferrugineuses; la face et les côtés du front sont blanchâtres; les yeux sont nus, le corselet cendré, à lignes noires; l'écusson esl testacé; les cuillerons sont blancs et les ailes diaphanes. Taille, six lignes. En Belgiciue,
MASIER. MOiL. Nom donné par Adanson à un tube calcaire enroulé en spirale et qui appartient sans doute au genre Vermet. K. ce mot.
MASORÉK. Masoreus. ins. Coléoptères penlamères; genre de la famille des Carnassiers. tribu desTréchides, établi par Ziégler et adopté par Latreille (Fam. iiatur. du Règne Anim.). Ce genre se rapproche beaucoup de celui des llurpales, et les quatre tarses antérieurs des mâles sont dilatés comme dans ceux-ci. Il se dislingue de tous les autres genres de la famille, par le dernier article de ses palpes, qui est tronqué à l'extrémité : les
maxillaires ont cet ailicle presque deux fois aussi long que le précédent, et de forme cylindri(iue; dans les labiales il est plus renflé et plus ovalaire; le menton n'est point denté; les antennes sont très-minces, filiformes et un peu plus longues cpie la lêle et le corselet qui est court, large, arrondi sur les côtés et sans angles saillants; les élytres sont en carré long.
Masorée a large col. Masoreus laticollis, Dej.; Trechus laticollis, Slurm. Il est d'un brun marron très-foncé; deux petites impressions sur la lèle, en avant, et deux sur le corselet, en arrière; élytres finement striées el ponctuées; deux points enfoncés sur le troisième intervalle. Taille, deux lignes et demie. D'Europe.
MASQUE. zooL. Réaumur et Geoffroy ont donné ce nom a la lèvre inférieure des larves et des nymphes des Mbellulines. F. Libellule, ^shne et Agriow.
MASQDE. Persona. jioll. Genre proposé par Monlforl, dans sa Conchyliologie Systématique, pour (juclqiies Coquilles démembrées des Murex de Linné, et que Lamarck range, avec raison, dans son genre Triton. f^. ce mot.
MASQUE (flecrs en). Ou fleurs personnées. K. ce dernier mot.
MASSE DE BEDEAU. BOT. Synonyme deS/oims Erucar/o, L. /^. BoniADE.
MASSE D'EAU. BOT. Synonyme vulgaire de Massetle. y. ce mot.
MASSENA. POIS. Espèce de Raie du sous-genre Céphaloplère.
MASSE POLLINIQUE. dot. On désigne ainsi la totalité du pollen contenu dans chaque cavité ou loge de l'anthère. Quand la Masse pollinique est partagée en plusieursaiitres parties, chacune de ces dernières prend le nom de Ma,ssetle pollinique.
MASSES. BOT. Nom donné par Paulet à une petite famille de Champignons Clavaires.
MASSETTE. INT. Quelques zoologistes français ont donné ce nom au genre Scolex. V. Scolèce.
MASSETTE. Typha. bot. Genre de plantes monocolylédonéer, formant le type de la famille des Typhacées, et de la Monœcie Polyandrie, L., el offrant pour caractères : des fleurs moiioïi|ues, di.sposées en chatons cylindriques, superposés : les mâles occupant la partie supérieure de la tige, et les femelles placées au-dessous. Les unes et les autres forment \\\\ axe cylindrique et épais; dans les mâles il est tout couvert d'étamines dont les filels se terminent à leur sommet par une, deux ou quatre anthères allongées, presque linéaires, à deux loges, s'ouvrant par leur partie supérieure; cet axe porte aussi des poils plus courts que les étamines; les chatons femelles sont composés de Heurs très-serrées les unes contre les autres, ordinairement stipitées à leur base, et environnées de poils nombreux, qui naissent sur différents points de l'étendue de leurs slipes; l'ovaire est fusiforme, aminci en pointe à ses deux extrémités, marqué d'un sillon longitudinal sur un de ses côtés, à une seule loge contenant un seul ovule renversé; le style se continue avec le sommet de l'ovaire el s'évase supérieurement en un stigmate onguiforiuc, concave, aigu, à bord inégal. Le fruit est fusiforme,
memhraiieux, s ouvrant par le sillon loiigiliiiliiial (|iii règne sur l'une de ses faces. La graiiie qu'il conlient se compose d'un li^guinenl propre, mince, cliagrind-, (1 un endospcrme farineux, contenant dans son centre un embryon cylindrique et mnnocotylédon. Les espèces de ce genre sont peu nonibreitses. Ce sont des plantes herbacées, vivaces , croissant sur le bord des étangs el des rivières. Leurs feuilles sont radicales, étroites, rubanées, assez fermes; leur tige est cylindrique, terminée par les clialoiis de Heurs auxquels elle sertd'axe. lin France, on trouve trois espèces de ce genre, Tfpha latifolia, L., Typha angustifoUa et Typfia viiniina.
MASSETTES. bot. Synonyme de Typhacées. /'. ce mot.
MASSICOT. aiN. Nom vulgaire du Plomb oxidé. /'.
l'LOJIB.
WASSONIE. Mussonia. bot. Ce genre, de la famille des Asphodélées de Jussieu, el de l'Hexandrie Monogynie, L., établi par Thunherg, est ainsi caracléiisé ; périanllie tubuleux à la base, dont le limbe est divisé en six segments, et muni à l'entrée du tube de six a|ipeiidices dentiformes (nectaires de Tbunberg) sur lesquels sont insérées les six étamines qui ont leurs filets subulés et les anthères ovales, oblongues; ovaire libre, trigone, surmonté d'un style filil'orme et d'un stigmate simple : capsule à trois angles saillants, triloculaire, Irivalve et polysperine. Le Manhlia eiisifolia de Tbunberg a été réuni à ce genre sous le nom de Massonia violacea, par Andrews (Repont., tab. 4G); mais celte plante en difîère par plusieurs caractères, et doit rester dans le genre MatihUa ou Jr/apaiilhiis de l'Héritiei' et Willdenow. Le genre -^fa.isonia se compose de plusieurs plantes indigènes du capdeBonne-Espérance, lemarquables par leurs feuilles toutes radicales, plus ou moins larges, par leurs fleurs fasciculées ou forliKint une sorte d'ombelle dont la hampe est presque nulle. Plusieurs espèces, par la singularité de leur port, ont attiré l'attention des curieux. On les cultive en serre chaude dans un mélange de (erre de bruyère el de terre franche que l'on renouvelle tous les deux ans. Celte culture n'est pas facile, parce que les Massonies produisent rarement des cayetix et que leurs graines ne mûrissent pas dans nos climats. Jacquin, dans son Horliis Schœiibrunnensis, a donné les desciiptions el les figures de plusieurs espèces dont plusieurs ne doivent être regardées que comme des variétés produites par la culture. Parmi ces plantes, on peut considérer comme les plus remarquables:
BUsso;)iE A LARGES FEUILLES. Mossonia latifolia, L. (ils, Suiipl.; Lamk., lihistr., tab. 2ôô, fig. 1. Ses racines bulbeuses produisent deux larges feuilles ovales, pres(iue arrondies, étalées, tachetées de rouge en dessus et d'un vert pâle en dessous. Les Heurs sont blanches, disposées entre les feuilles en une sorte d'ombelle serrée, portée sur une hampe très-courte.
Wassonie pusilleuse. Massonia pnslulata, Jacq,, toc. cit., 4, lab. 454. Ses bulbes sont bruns, arrondis el gros comme une noix ; ils émettent deux feuilles opposées, canaliculées à la base, ovales, un peu arrondies, légèrement mucronées, d'un vert foncé, couvertes en dessous d'un grand nombre de pustules. Les fleurs sont
réunies en tête et entiemèlées de bractées lancéolées.
Massonie a fecilles e:n coeoe. Massonia conlata, Jacq., /oc. cit., p. 50, lab. 449. Ses feuilles, légèremcnl arrondies, sont échancrées en cœur à leur base, aigués, luisantes sur leurs deux faces. Les fleurs, formant une tète serrée, sont soutenues par une hampe très-courte; elles sont blanches, rouges ù l'orifice du tube; les filets des étamines sonljaunâlres, teintés de rouge à leur base.
MASSOT. POIS. (Delaroche.) Synonyme vulgaire de Labrus Turdus, L. y. Labre.
ÎIASSOY. BOT. Rumph {Heib. Jiiihoin., vol. ii , p. 62) a le premier fait connaître, avec beaucoup de détails, l'écorce de ce nom, qu'il a aussi nommée Coite.T Onitiius; elle provient d'un grand arbre commun dans la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée, et dont on n'a pu déterminer les affinités naturelles. Wurray (Apparat. Medicam., vol. vi, p. 183) cite aussi cette écorce qui est mince, presque plane, d'une saveur douce, agréable, analogue à celle de la Cannelle, et d'une couleur grise. Les Indiens la réduisent en poudre el l'emploient comme un stimulant.
MASSUE. INS. On nomme ainsi en entomologie, le renflement qui termine les antennes d'un grand nombre d'insectes. Ce renflement est ou solide ou lamelle, c'està-dire formé d'un certain nombre d'articles distincts el pouvant s'écarter comme les branches d'un éventail ou les feuillets d'un livre.
MASSUE. IXF. (.loblol.) y. Enchélide.
MASSUE D'HERCULE (petite), boll. Synonyme de Murex Brandaris, L. V. Murex. On appelle aussi vulgairement Massue épineuse ou grande Massue, le Murex coniutus. V. Rocber.
MASSUE ou TROMPETTE. BOT. Variété de la Calebasse, espèce du genre Courge. V. ce mot.
MAST.ACANTHUS. BOT. Endiicher a substitué ce nom à celui de Barbiila qu'avait donné Loureiro à une plante de la Cochinchine. y. Barbula.
MASTACEMBLE. pois. y. P.ynciiobdelle.
MASTIC ou MASTIX. bot. Substance résineuse que l'on obtient, principalement dans l'île de Chio, en pratiquant des incisions transversales sur l'écorce du Pistacia Lentiscus, L. De fluide très-visqueuse qu'elle csl d'abord, elle finit par se concrélcr à l'air, el c'est dans cet état qu'elle csl connue sous le nom de Mastic. On en distingue deux variétés dans le commerce ; l'une esl le Mastic commun, en masses irrégulières; l'autre, ou le Mastic en larmes, se présente sous forme de larmes plus ou moins grosses, souvent aplaties, d'une couleur jaune clair, pulvérulentes extérieurement, d'une odeur suave, d'une saveur piquante el aromatique; sa cassure esl vitreuse, el il se ramollit sous la dent. Le nom de Mastic a élé donné à cette substance ù cause de son emploi comme masticatoire. C'est en effet un usage très répandu dans l'Orienl d'en mâcher coiilinuellenient, soit pour se fortifier les gencines et se blanchir les dents, soit pour se parfumer l'haleine. Le Mastic n'est pas une résine pure; il conlient en outre une huile volatile el une substance qui ne se dissout pas dans PAlcool. Néanmoins la majeure partie de ses principis étant résineux, solubles dans l'Alcool ainsi que dans l'huile volatile de Térébenthine, il forme avec ces
véhicules des vernis très-l)rillanls. Le Maslic fait en outre partie de plusieurs préparations pharmaceutiques où il entre comme tonique et stimulant.
MASTICINE. BOT. On a donné ce nom à la partie insoluble, résultant du traitement par l'Alcool de la résine qui découle du Pistachier lenlisque. La Wasiicine entre environ pour un dixième dans le poids de la résine. Lorsqu'elle est récemment obtenue, elle est assez molle et très-élasli(iue; niais elle se dessèche insensiblement et devient cassante; sa couleur est le blanc jaunâtre, presque transparent. Ses autres projiriétés sont encore imparfaitement connues.
MASTIGE. Mastigus. ins. Genre de Tordre des Coléoptères, section des Pentanières, famille des Clavicornes, tribu des Palpeurs, établi par Hoffmansegg, et adopté par Latreille qui lui donne pour caractères : tête ovoïde, dégagée ou séparée du corselet par un étranglement; palpes maxillaires renflées vers leur extrémité, très -saillantes, et de la longueur au moins de la tête; antennes coudées, à articles allongés; extrémité antérieure du corselet rétrécie et plus étroite que la tête; abdomen ovalaire ou subovoïde, et embrassé inférieurement parles élytres. Ces insectes diffèrent des Plines, avec lesquels ils ont beaucoup de rapports de formes, par des caractères tirés des antennes, des palpes, et des élytres qui ne sont point soudé'es dans ces derniers; ils s'éloignent des Scydmènes par les antennes qui, dans ceux-ci, sont droites. Les antennes des Mastiges sont filiformes, longues, trèscoudées; les deux premiers articles, et surtout le radical, sont très-allongés, les autres sont courts et ont la forme d'un cône renversé : le terminal ou onzième a une forme ovale-oblongue; les mandibules sont robustes, terminées par une dent forte, arquée, très aiguë, avec quelques dentelures au côté interne; les palpes maxillaires sont très-grandes, avancées, et finissent en une massue ovale, composée des deux derniers articles; les palpes labiales sont courtes, de trois articles, dont le deuxième, le plus grand de tous, est presque globuleux, et le troisième petit, conique et pointu. Les mâchoires sont divisées à leur extrémité , en deux lobes dont l'extérieur, presque coriace, semble être formé de deux articles : l'interne est membraneux; la languelle est membraneuse, presque carrée, avec l'extrémité supérieure un peu plus large, prolongée en forme de dent à chaque angle, et offrant encore dans l'intervalle l'apparence de deux petites dents; le menton est coriace, court et transversal; les articles des tarses sont cylindriiiues, le dernier est terminé par Anw petits crochets; la tête et le corselet sont plus étroits que les élytres; le corselet a presque la ligure d'un cœur tronqué postérieurement; l'abdomen est ovalaire et enveloppé par les élytres qui sont soudées ; les pieds sont longs et grêles. L'espèce qui sert de type à ce genre, est la suivante :
Mastige PAiPEDR.7I/ai<(^MS joa//)a/2s, IIofFni., Latr., Dej. Il est tout noir et un peu soyeux; les élytres sont fortement pointillées. Cet insecte vil â terre, sous les pierres et les débris de végétaux. Il a été trouvé en Portugal par Hoffmansegg, et en Espagne par Dejean.
Le Mastige nRvnjMastigus fiiscuSf Klug. (Icon. du
Règne Anim. Ins., pi. 17, fîg. 1.) Ptinus sphticorni's (le Fabricius, qui se trouve aux îles Sandwich . paraît aussi appartenir à ce genre; il est figuré par Olivier (Enlom.. tal). 2, n" 17, pi. 1, fig. 5, A, b).
MASTIGOCÈRE. Masiigocera. ins. Nom donné par Klug à un genre d'Hyménoptères que Dalman a de son côté nommé Xièle, et qui est adopté snus ce nom par Latreille. y. Xièle.
MASTIGODES. int. Zeder a donné ce nom à un genre admis, par la plupart des auteurs, sous le nom de Trîcliocéphalc. F. ce mot.
MASTIGOPHOUA. bot. Nées Van Esenbeck a donné ce nom à une section du grand genre Jungermannia de Linné.
MASTIGOPHOROS. BOT. Le genre institué sous ce nom dans la famille des Synanthérées, tribu des Nassauviacées, par II. Cassini, n'a pas été adopté par le professeur De Candolle, qui a fait de la seule espèce qui le constitue. MastigophorusGaudichaudii, le type d'une division de son genre Nassanvia.
nis.?,l\\\?.. Mastixia. bot. Genre de la famille des Cornéacées, et des Caprifoliacées de Jussieu, institué par Blume , dans son Bydr., p. C54 , et dont les caractères consistent dans le tube du calice qui est adné à l'ovaire, dans son limbe qui est supère, à quatre ou cinq dents; les pétales, au nombre de quatre ou cinq, sont ovales et un peu plus larges à leur base; les quatre ou cinq élamines sont opposées aux dents du calice, portant des anthères introrses et didymes; l'ovaire renferme un ovule pendant; style court et entouré par le disque; stigmate obtus. Le fruit est un drupe ou une baie, ombiliquée, renfermant une noix rugueuse et monosperme; l'embryon est renversé dans l'albumen. Blume a décrit deux espèces, et toutes deux, trouvées à Java, sont des arbres élevés, à feuilles oblongues et acuminées, à Heurs rassemblées en corymbc.
Mastixie pentandre. Maslixia peiilanilia, BI. Le tronc a de trente à cinquante pieds; ses feuilles sont alternes, oblongues, très-glabres; son corymbe est terminal, formé de cinq Heurs régulièrement disposées. Cet arbre est abondant sur le mont Salak, couvert d'épaisses forêts.
MASTOCEPHALUS. bot. Le genre proposé sous ce nom par Batara, pour quelques espèces du genre Agaric, n'a point paru suffisamment caractérisé. Il en est de même du genre Mastoleucomyces du même auteur, qui avait pour type VJyaricus romenlaceus.
MASTODIES. zooi. (Raffinesque.) Synonyme de Mammifères.
MASTODOLOGIE. zooi.. Mot proposé par Latreille pour remplacer le nom vicieux de Mammalogie.
MASTODONTE, mam. foss. Genre d'animaux mammifères, qui ne paraissent plus exister sur la terre, et dont Cuvier, qui a créé ce nom pour indiquer la forme particulière de leurs dents molaires, a jusqu'à présent admis six espèces fossiles. Les Mastodontes, par la forme générale de leur corps, par leur nez prolongé en trompe, les grandes défenses de la nature de l'ivoire, qui armaient leur mâchoire supérieure, l'absence de toutes canines et d'incisives inférieures, les cinq doigts de chacun de leurs pieds, etc., avaient les plus grands
rappoils avec les Éléplianls, doiil ils différaient essejitiellemenl par la structure particulière de leurs dents molaires; la couronne de celles-ci présentait de (jros mamelons ou luhercules saillanis disposés par paiies et offrant, par l'usure, des lîgures différentes dans les diverses espi^ces. Ces dents étaient au nombre de deux à chaque màclioire, et comme dans les Éléplianls elles poussaient d'arrière en avant, en usant obliquement leur couronne et se remplaçant, de sorle que comme dans ces derniers animaux le nombre des molaires pouvait varier de deux à trois, selon que les deux étaient entières ou que l'antérieure était à moitié usèt, une nouvelle dent paraissait derrière la seconde dans le fond de la mâchoire.
Le grand Mastodonte ou Géant, celui que l'on a désigné sous les noms d'Animal de l'Ohin, d'Éléphant Carnivore, de Mammouth, de Père aux Bœufs chez les Indiens, etc., etc., est le seul dont les squelettes aient été trouvés assez complets pour qu'ils puissent servir à caractériser le genre; les autres espèces n'en sont rapprochées et en même temps distinguées (pie sur de fortes inductions fournies par des dents molaires, seules parties qui, avec quelques os isolés, aient été examinées par Cuvier. Malgré quelques assertions contraires, ce savant est porté à penser que le grand Mastodonte était propre à l'Américpie septentrionale. Ses ossements n'ont encore été reuconliés d'une manière incontestable que dans des terrains meubles et très-superficiels, entre le Mississipi et le lac Érié, et principalement dans la grande vallée de l'Ohio. C'est auprès de VVilliajnliourg en Virginie, que l'on a trouvé avec un squelette presque entier une masse comme à moitié broyée de diverses substances vé;jétales enveloppées dans une sorle de sac que l'on a considéré comme l'estomac de l'animal. Ce fait et quelques autres ont porté à croire que la destruction de la race du grand Mastodonte pouvait n'être pas réelle; mais comme on n'a encore observé aucun individu vivant, on peut seulement en inférer que la disparition de ces animaux de la surface du sol qu'ils habitaient autrefois est des plus récentes. La forme des dents des Mastodontes n'indique pas, ainsi qu'on l'a dit, qu'ils se nourrissaieat de chair : tout porte à croire au contraire que comme les Hippopotames, les Cochons, les Tapirs, ils préféraient les racines et les parties charnues des végétaux. Les espèces sont : Mastodonte Géant. jWas/o(/o« Gigaiiteitiii.TaiWe de neuf pieds de haut environ; molaires à couronne à peu près rectangulaire, garnie de six, huit ou dix gros tubercules en forme de pyramides quadrangulaires et disposées par paires dont l'usure produit de doubles losanges ou disques bordés d'émail : c'est celui de l'Amérique septentrionale.
Mastodonte a dents étroites. Maslodon anqustiliens. Molaires d'un li^s plus petites que celles de l'espèce précédente, mais comparativement plus longues et plus étroites; mamelons coniques, divisés en pointes secondaires par des sillons plus ou moins profonds; au lieu de losanges, l'usure de ces dents fait paraître d'al)ord de petits cercles isolés et plus tard des sortes de trèQes. On a trouvé de ces dents dans l'Amérique méri- | dionale et sur plusieurs points de l'Europe, particu- I
lièrement en France, en Allemagne et en Italie, toujours dans les terrains meubles; les pierres connues dans le commerce sous le nom de Turquoises de Simorre et de Turquoises orientales, qui viennent du déparlement du Gers, dans la montagne Noire, sont des portions de dénis de ce Mastodonte teintes naturellement en vert bleuâtre par le fer.
Mastodonte des Cordilières. Molaires à six pointes et semblables, pour les proportions et les dimensions, à celles du Mastodonte Géant, mais offrant, par l'usure, des figures à trois lobes comme celles du Mastodonte à dents étroites. De l'Amérique méridionale, dans les Cordilières, à douze cents toises de hauteur.
Mastodonte Hcmboldtien. Une seule dent, rappoitée du Chili par Humboldt, a servi à rétablissement de celte espèce. Celte dent molaire diffère des dénis intermédiaires du Mastodonte Géant, en ce qu'elle est d'un tiers plus pelile.
Mastodonte (petit). Maslodon miiior. D'après une seule dent trouvée en Saxe, et offrant les formes et les proportions de celles du Mastodonte à dents étroites, mais plus petites.
Mastodonte Tapiroïde. Dents du même volume que celles du petit Mastodonte, formées de collines transverses, crénelées et divisées en quatre ou cinq lobes principaux; disposition qui rappelle celle des dents des Tapirs. Trouvée à Montabusard, près d'Orléans, dans un calcaire d'eau douce, avec des ossements de Palseotheriiim, des Limnées et des Planorhes, gisement différent de celui des autres espèces, et qui reporte son existence à une épo(|ue plus reculée.
MASTOLEUCOMYCES. bot. F. Mastocephalus.
MASTOLOGIE. ïooL. Synonyme de Mammalogie.
MASTOZOAIRES. zooL. Nom donné par Blainville à la classe des Mammifères.
MASTOZOOLOGIE. zoor.. Synonyme de Mammalogie. f^. ce mot.
MASTOZOOTIQDE. géol. Nom employé par d'Omalius d'Halloy. pour désigner tout terrain tertiaire et moderne. Depuis le même géologue a fait de celte nature de terrains deux ordres : il réserve à l'un d'eux, qui renferme ordinairement des ossements de Mammifères, l'épilbète de Maslozootique.
MASTRÈME. Mastrema. polyp. Genre de l'ordre des Tubiporées, dans la division des Polypiers entièrement pierreux, dont les caractères sont : corps pierreux composé de plusieurs tubes articulés, libres ou réunis; articulations imbriquées; bouche terminale campanulée, centre mamelliforme. C'est à Ralfinesque (Journ. de Phys., 1819, t. lxxsviii, p. 428) qu'on doit l'établissement du genre Maslrème, où cet auteur fait mention de plusieurs espèces qu'il nomme Mastrema striata, crenuldta, polypoUia, etc., espèces qu'il a trouvées dans l'Amérique du nord.
MASTRUCIUM. bot. Le genre institué sous ce nom, par H. Cassini, dans la famille des Synanthérées, est caractérisé par les calathides couronnées, radiées, à disque androgyniUore et à couronne féminiflore, el par les squammes du péricline entièrement appliquées, absolument privées d'appendice. Ce genre qui ne com-
prend que le Senntula coioiiala de Liiiné, n'a pas paru devoir êlre adoplé.
MATADOA. CONCH. Adanson (Voy. au Sénég., p. 239 et 25y. pi. 18, fig. 3) nomme ainsi une Coquille qu'il rapporte à son génie Telline. lequel répond aux Donaces des auteurs modernes. Il est fort difficile de décider du genre de cette Co<iuille d'après la description et la seule figure d'Adanson ; il dit. page 239, que le Matadoa a de la ressemhlance avec la Calcinclle dont il a le ligament intérieur placé un peu plus au-dessous des sommets; ce n'est donc point une véritable Donace; ce n'est pas non plus une Vénus comme l'a pensé Linné, ce serait plutôt une Mactre. Comme on le voit, on est dans l'impossibilité de décider la question avant de revoir en nature la Coquille d'Adanson.
MATAGASSE. ois. Synonyme vulgaire de Pie-Grièche rousse. y. ce mot.
MATAMATA. rept. Espèce du genre Tortue, qui se trouve à la Guiane.
MATAMORIA. BOT. Le genre produit sous ce nom, dans la famille des Synanthérées (Lallav. et Lex., Nov. Vegel. descr., I, p. 8), a été réuni au genre Distreptiis de Cassini. A'. Distrepte.
MATAXA. BOT. Ce genre, que Sprengel a établi dans la famille des Synantbérées. n'a pas paru assez distinct du genre Lasiospennum de Lagasca, pour devoir en être séparé, y. Lasiosperme.
MATAYBA. BOT. Genre de la famille des Sapindacées et de l'Octandrie Monogynie, L., établi par Aublet (Plantes de la Guiane, 1, p. 531, t. 128). Scbrcber et Kecker ont inutilement substitué à cette dénomination qui n'a rien de contraire aux principes de la glossologic, celles d'E/ihielis et à'Ernstmgia. Ce genre offre les caractères suivants ; calice à cinq divisions profondes; cinq pétales munis à leur base de deux glandes; huitétamines à filets velus; un stigmate sessile; capsule oblongue, uniloculaire, à deux valves dont l'une est nue, l'autre portant sur son milieu deux graines réniformes et munies d'un arille. Le Mataj-ba Giiiaiiensi's, Aubl. ; Ephk'Us fraxinea, Willd., est un arbre à feuilles pinnées sans impaire, glabres, à pétiole nu et à fleurs en grappes paniculées. Il croît dans les forets de la Guiane et d'Haïti. De CandoUe (Piodr. Syst. l'eg., 1, p. G09) a décrit deux nouvelles espèces de Mntuyba, savoir : !<> Matafba Palrisiana qui diffère de la précédente espèce par ses folioles plus nombreuses, velues en dessous, son pétiole légèrement ailé, et ses grappes simples ; 2» Mataxba Foua - Rana , établie sur la plante qu'Aublet (Ouian., 2, suppl., p. 12, t. 574) avait nommée roiia-Ruiia Giiianeitsis.
MATELÉE. Malelea. bot. Genre de la famille des Apocynées et de la Pentandrie Digynie, L., établi par Aublet (Ouian., 1, p. 278, t. 109), et offrant pour caractères : un calice à cinq divisions profondes; une corolle moMopétale, régulière, rotacée, à cinq lobes obtus; cinq étamines dont les anthères sont rapprochées et unies au stigmate; celui-ci est orbiculaire, déprimé, porté sur un style très-court; l'ovaire est ovoïde, allongé, marqué de deux sillons opjjosés; le fruit est un follicule quelquefois simple, contenant un grand nombre de graines imbri(iuées, dépourvues d'ai-
grette. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce, Malelea pulustris, Aubl., loc. cit. C'est un petit sousarbrisseau de deux à trois pieds d'élévation, ayant une lige simple, des feuilles opposées, pétiolées, lancéolées, très-aigufis, entières, glabres ou ovales, acurainécs, dans une variété qu'Aublet appelle Malelea latifolia. Les fleurs sont petites, d'un blanc verdàlre, pédonculées , disposées en un épi court, axillaire et pédoncule. Celte plante croît dans les forêts humides de la Guiane.
MATELOT. OIS. L'un des noms vulgaires de l'Hirondelle de fenêtre, l^. Hirosdei,ie.
MATELOT. jioLL. Nom vulgaire et marchand du Conus classuirius.
MATERAT. ois. y. MÉSiNGE A LONGUE QDECE.
MATER PERLARUM. conçu C'est-à-dire Mère des Perles. Klein (Métb. Ostrac, p. 123) a nommé ainsi un genre (|ui répond assez bien au genre Perne des modernes, r. ce mot.
MATHIOLE. Malhiola. bot. R. Brown (Hort. Kew., 2« édit., vol. IV, p. 1 119) a formé sous ce nom un genre aux dépens des Clieirantbus de Linné. Il appartient à la famille des Crucifères et à la Tétradynamie siliqueuse, L., et il est caractérisé de la manière suivante par De Candolle (Sysl. regel, nat., t. ii, p. 162) : calice dressé, ayant deux de ses divisions renflées en forme de sac à la base; iiétales onguiculés, dont le limbe est étalé, obovale ou oblong; étamines à filets libres, sans dentelures, longs et légèrement dilatés; silique cylindrique ou comprimée, allongée, biloculaire, bivalve, terminée par le stigmate à deux lobes très-épais ou portant sur le dos des protubérances en forme de cornes; graines comprimées sur un seul rang, le plus -souvent bordées; cotylédons plans et accombanls. Ce genre est placé en tète de la première tribu établie par De Candolle, sous le nom d'Arabidées ou Pleurorhizées sillqueuses. La structure de son stigmate le distingue suffisamment du Clieirantluis et d'autres genres voisins; sous ce rapport il est même essentiellement différent du Notoceras qui a aussi des gibbosités au sommet du fruit; mais dans ce dernier genre les cornes de la silique sont placées sur le sommet des valves, taiulis que dans le Malhiola les valves sont niutiques, et les gibbosilés ou cornes procèdent du sommet des placentas ou du dos des stigmates. Le genre en question s'éloigne en oulre de VHesperis et du Malcoinia, par ses cotylédons accombauls. Les Mathioles sont des plantes herbacées ou rarement sous-frutescentes, dressées ou diffuses, rameuses, presque toutes couvertes d'un duvet blanchâtre et composé de poils étoiles ; quelques-unes sont munies de glandes légèrement pédicellées; leurs feuilles sont alternes, oblongues, entières ou sinuées et dentées ; les fleurs sont disposées en grappes terminales, l^anches, purpurines ou d'une couleur vineuse triste, et douées d'une odeur agréable. Toutes les espèces sont indigènes de la région méditerranéenne et surtout de l'Orient, à l'exception de quel(|ues-unes qui croissent dans la Sibérie et dans la Haute- Ethiopie; De Candolle en a décrit vingt-huit qu'il a distribuées en quatre sections.
§ 1. Pachtfiotum. Limbe des pétales obovale, obtus
ou écliancré, plan, blanc ou d'un pourpre pur, mais jamais d'une couleur sale; sliginales épaissis ou gil)beux sur le dos, mais non cornigères. Celle seclion se compose de neuf espèces parmi lesquelles les deux suivanles doivenl élre mentionnées.
Mathiole BLANCHATRE. jMctlhiola mcatia, Br. et DC; Cheiian!htisincanus,Un.\Hespeihviolaria,hamV..; vulgairement Violier nu CiroHée des jardins. Cette plante, ainsi que son nom spécifique l'exprime, est blanchâtre sur toutes ses parties; elle est connue de tout le monde par la beaulé et l'odeur agréable de ses Heurs. Sa tige, nue et épaisse inférieurement, atteint environ la hauteur d'un demi-mètre ; elle se divise dans sa partie moyenne en plusieurs rameaux blanchâtres, couverts de feuilles éparses, oblongues ou lancéolées, obtuses, entières, molles et un peu ondulées. Les fleurs sont purpurines ou violettes, quelquefois blanches ou panachées; elles doublent facilement par la culture, et forment de grosses grappes très-odorantes, d'une couleur vive et d'un aspect fort agréable. Cette espèce, cultivée depuis un temps immémorial dans tous les jardins de l'Europe, est originaire des bords de la Méditerranée et de la mer JNoire, depuis l'Espagne jusqu'en Crimée et en Tauride.
Mathiole AnNCEiLE. Mathiola annua, DC; Cheiranthusannuus, L. Cette espèce n'est considérée par plusieurs auteurs que comme une variété de la précédente; cependant elle en diffère par sa racine annuelle, par sa lige hei bacée, par ses feuilles quelquefois légèrement sinueuses et ses pétales un peu plus échancrés; au reste, elle offre les mêmes variations de couleur depuis le pourpre vif jus(|u'aublanc pur, mais elle est moins sujette à doubler que la Mathiole blanchâtre. Ces différences sont sans doute très-légères; si l'on réfléchit cependant qu'elle se perpétue malgré la culture, on pensera qu'il est assez rationnel d'admettre la plante en question comme une espèce distincte. Les jardiniers lui donnent le nom de Quaranlain parce que, dit-on. sa végétation est si prompte, que quarante jours après avoir été semée, elle montre des boutons assez avancés pour qu'on puissejuger si les fleurs seront simples ou doubles. La culture des deux espèces mentionnées ci-dessus, n'exige pas d'autres soins que celle des Giroflées et des Juliennes. '
§ 11. LuPERiA. Limbe des pétales ondulé ou oblique, d'une couleur sale, d'un jaune rougeàlrc; stigmates épais ou gibheux, mais non pas prolongés véritablement encornes. Six espèces constituent cette section, parmi lesquelles les Mathiola odoiutissima, Mathiola tristis, Br. elDC, sont les plus remarquables.
§ III. PiNARiA. Limbe des pétales oblong, d'un jaune rougeàtre sale; stigmates portant des protubérances cornues sur le dos. Celte section renferme quatre espèces dont les Mathiola oxxceias et Mathiola livitta, DC. et Deless. (Icon. Select., 2, 1. 11 et 12), font partie. La dernière de ces plantes était le Cheiianthus tiislis de Forskahl et Delile, qu'il ne faut pas confondre avec l'espèce ainsi nommée par Linné et qui fait partie de la seclion précédente.
§ IV. AciKOTUM. Pétales obovales, obtus ou échancrés ; siliqne munie au sommet de Irois longues pointes
situées sur le dos des stigmates; graines non bordées, selon Andreiowski aux yeux duquel cette section doit former un genre particulier. On y compte cinq espèces dont la principale est le Mathiola trictispiitala, Br. et DC, ou Cheiianthus tricuspiilatus, L. Cette jolie espèce, qui a des stigmates beaucoup plus cornus que les auties, croît sur les côtes de la Méditerranée, et on la cultive avec facilité dans les jardins de botanique et d'agrément.
MATHœN .OIS. L'un des noms vulgaires de l'Échasse. F. ce mot.
MATIÈRE. On ne doit pas s'attendre à voir dans cet article, extrait d'un plus grand travail de Bory-S'-Vincent, la Matière traitée sous le point de vue métaphysique, ni comme on l'envisagea longtemps, dans un esprit de système qui n'est pas celui de la véritable philosophie; l'auteur l'a examinée en naturaliste, c'est-àdire que, laissant au physicien le soin de déterminer ses propriétés générales, il s'est attaché à caractériser quelques-unes de ses diverses modifications qu'on peut considérer comme primitives dans le mécanisme de l'organisation, et comme des essais générateurs dans toute création.
Le naturaliste, en ne s'occupant que de réalités démontrées, ne considère la Matière qu'à partir du point où ses particules lui deviennent visibles, et le microscope lui prête un puissant secours pour indiciuer les premières merveilles de sa tendance vers l'organisation . Cet instrument peut, à l'aide d'un grossissement de mille fois, le rapprocher des limites de l'incertain et de la réalité, c'est-à-dire du point où les particules de la Matière, encore voisines d'un grand état de simplicité, commencent, en s'aggloméranl, à produire les phénomènes de l'organisation.
On sent bien que parmi les principes des corps sur lesquels le naturaliste a interrogé la Nature, à l'aide du microscope, ce n'est pas des fluides impondérables, de la Lumière, des Gaz, ni même de l'Eau, qu'il a cherché à saisir la composition moléculaire; mais ces fluides, les Gaz, l'Eau et la Lumière, joueront un grand rôle dans les faits qui vont être exposés.
Il faut observer, avant tout, qu'un grossissement audessus de mille fois expose à de graves erreurs. La portée des moyens de l'Homme a des bornes, au delà desquelles on cou.it risque de s'égarer, parce que le fil d'Ariane échappe. Ce ne sont donc pas des atomes ou des particules qui constituent les fluides, et qu'on peut concevoii' comme de nature éminemment subtile, que l'on doit chercher à découvrir au moyen de verres multiplicateurs, mais des rudiments d'existence qui, pour être à peine perceptibles quand on les distingue à l'aide d'une lentille d'un quart de ligne, n'en remplissent pas moins un rôle décisif dans le vaste ensemble de la Nature, et paraissent les rudiments de toute création, c'est-à-dire les matériaux que régissent, comme dans le but de i)roduiie, les lois promulguées par une intelligence suprême, dont il est toujours imprudent de s'occuper plus qu'elle ne permit qu'on le pût faire.
Dans cet invisible et nouvel univers, du(|uel Leuwenhneck fut le Colomb, et que Bory, auteur de cet article, a exploré sur ses traces, la Matière s'est toujours pré-
sentée, après une mulliliule d'expériences, dans six états parfaitement distincts, états que l'aiileur est loin de donner comme exclusivement primordiaux ou élémentaires, au delà desquels en existent sans doute une multitude d'autres qui seront aperçus par la suite. Ces six étals primitifs de la Matière tendant à s'organiser, considérés seulement sous le rapport de leurs caractères visibles, sont :
1" L'ÉTAT UDQCECX, saus molécule apparente, étendu, continu, imparfaitement liquide, enduisant, enveloppant, et plus ou moins épaissi, transparent, dans lequel se manifeste par le dessèchement une confusion de molécules amorphes, dont la plus grande partie des limites n'est pas terminée, et qui paraît légèrement jaunâtre.
2» L'ÉTAT vÉsiccLAiRE, composé de molécules globuleuses, le plus léger en raison des gaz qui déterminent son apparition, conséquemment ascendant, extensible ou contractile par l'effet alternatif de la dilatation et de la raréfaction qui s'exerce dans l'intérieur de ses globules qui sont hyalins, et qui disparaissent par le dessèchement en ne laissant nulle trace de leur existence sur le porte-objet.
3o L'ÉTAT AGISSANT, composé de molécules sphériques, évidemment contractiles, mais non extensibles au delà des limites qu'on leur reconnaît dès leur apparition, complètement diaphanes, peut-être bleuâtres, nageant et s'agitant individuellement, avec une grande vélocité, se déformant par le dessèchement, de manière à présenter, quand elles se sèchent, le même aspect que l'état muqueux.
4» L'ÉTAT VÉGÉTATIF, composé de molécules à peine perceptibles, subconfuses et comme diffluentes, pénétrantes, translucides, mais d'un beau vert plus ou moins intense et conservant leur couleur dans le dessèchement où la forme s'altère, et s'étendant souvent en une teinte homogène dans laquelle on ne reconnaît plus la forme de chaque molécule.
5» L'ÉTAT CRisTALLiH, dur, excitant, pesant, translucide, laminaire, anguleux, qui, par le dessèchement, adopte une multitude de formes déterminables, mais jamais rien de globuleux.
6" L'ÉTAT TERREUX, dur, inerte, lourd, opaque, grossièrement arrondi ou obtusément anguleux, et ne changeant ni de forme, ni de couleur, soit que l'eau en tienne les parcelles en suspension, soit que par leur dessèchement celles-ci se rapprochent en masses amorphes et irrègulières, ou vaguent dans l'atmosphère comme si elles y nageaient.
Que l'on place sous le microscope tout corps inorganisé ou organisé, dont on réduira les parties à la ténuité nécessaire pour y être observées; qu'on en opère la décomposition par des moyens artificiels, ou que, dans des vases contenant une quantité de liiiuide suffisante pour dissoudre ces particules, on facilite au contraire des moyens d'organisation nouvelle, on ne tardera point à retrouver l'une des six formes primitives qui viennent d'être indiquées; ou si quelqu'une d'entre elles se fait attendre, on finira nécessairement par l'y voir se développer. On doit toujours se souvenir que l'on ne prétend pas ici employer le mot Primitif dans un sens absolu.
Pour observer ces six états de la Matière, on fera donc infuserdes substance» animales ou végétales, en suivant avec le microscope les phénomènes qui se développeront pendant que ces substances seront tenues en infusion ; il suffit même de placer de l'eau dans des vases de verre exposés à la lumière et â l'air atmosphérique. Dans le liquide mis en expérience, on apercevra tous les jours de nouvelles productions, merveilles de plus en plus composées; mais le développement de celles-ci sera nécessairement précédé ou terminé par l'un ou par plusieurs des six états rudiinentaires. On retrouvera ces étals jusque dans les fluides émanés des corps vivants, ou qui en sont des produits indispensables.
On ne prétend assigner ni l'ordre, ni les rapports dans lesquels les six états primitifs que l'on a reconnus peuvent et doivent se combiner pour produire des êtres organisés, végétants et vivants; mais on pourra indiquer divers exemples de la formation de ces six états; formation qui a lieu sous les yeux de tout naturaliste patient, qui sait provoquer, attendre ou saisir l'occasion de les observer.
§ I. Matière muqueuse.
Partout où séjourne de l'eau exposée au contact de l'air et de la lumière, sa limpidité ne tarde pas à s'altérer, et si l'on y fait suffisamment attention, on voit les parois du vase qui la contient, ou les corps plongés dans cette eau, quand on fait l'observation dans un étang ou dans un marais, se revêtir bientôt d'un enduit muqueux ; cet enduit devient tellement sensible sur les pierres polies des torrents et des fontaines, qu'il les rend très-glissantes, et souvent dangereuses à parcourir ; il se présente fréquemment à la surface des rochers humides, le long des sources et des infiltrations. On peut dans les villes le discerner au tact, contre les dalles sur lesquelles coule l'eau des fontaines publiques, ou qui contiennent cette eau. C'est là cette Matière muqueuse, sans couleur d'abord apparente, sans consistance, tant qu'elle ne se modifie point par l'admission de quelque autre principe; elle ne se distingue guère que comme le ferait un enduit d'Albumine ou de Gomme délayée, étendu sur les corps qui en sont recouverts; mais elle est sensiblement onctueuse au toucher, et s'épaissit dans certaines circonstances favorables à son développement, et surtout par la chaleur, au point de devenir visible à l'œil comme une véritable gelée. C'est principalement à la surface de certains animaux ou végétaux aquatiques qu'elle semble se complaire. L'enduit muqueux des Oscillaires, des Batrachospermes, d'une quantité d'animaux marins, et de beaucoup de Poissons même, n'est que la Matière muqueuse qui se trouve dans les eaux salées comme dans les eaux douces,et qui donne à celles delà mer cette qualité presque gluante dont l'existence n'échappe pas même aux personnes les moins attentives. Cette Matière muqueuse recueillie sur des Marsouins, sur des Éponges et sur des Carpes, le microscope la présenta toujours identique, souvent pénétrée de molécules appartenant aux cinq autres élals, mais par elle-même un peu jaunâtre ou incolore, insipide, et même inodore, lorsque par des lavages réitérés elle avait été rendue à sa condition naturelle. La gelée, souvent fétide, dont se couvrent dans
les mares les Épliydalies, et dans la mer les Spongiaires el les Gnrgoniées, seule composilion animale que l'on puisse reconnaître dans ces élres Psychodiaires, n'est encore que de la matière muqueuse, pénétrée de la modification qui vient y déterminer la vie. Soit qu'elle transsude excrétoirement des êtres qui en sont enduits, soit qu'elle ne fasse que s'accumuler à leur surface, on peut considérer la Matière muqueuse comme un milieu des plus simples, ofFerl par l'un des effets d'enchaînement si fréquents dans la nature aux cinq autres modifications primitives de la Matière, afin que celles-ci puissent s'organiser en s'y agglomérant; et si l'on considère qu'elle peut naître et résister dans l'eau graduellement chauffée, ou sur les corps immergés dans les sources theimales, on est tenté de la regarder comme une gélatine élémentaire et comme la base de la mucosité des membranes animales ou de plusieurs des sécrétions du corps humain.
On sent bien que, par ce qui vient d'être dit, on ne prétend point donner le mucus animal comme identique avec cette Matière muqueuse; mais celle-ci, modifiée par le mécanisme de l'animalité el l'addition de principes échappant aux sens, n'en pourrait-elle être la base comme elle l'est de l'animalité même? el le mucus ne serait-il pas l'élat muqueux retournant, par l'effet des sécrétions, vers son état primitif? Selon l'analyse de Fourcroy et de Vauquelin (.4nn. Mus., t. xii, p. 61), <t c'est une humeur qui ressemble à une dissolution chargée de gomme, qui s'épaissit à l'air, el s'y dessèche en lames ou filets transparents, sans élasticité, « etc. Berzélius y reconnaît avec une très -petite quantité d'autres principes qui sont les causes évidentes de son altération, 53 de .Matière muqueuse sur 933 d'eau. Ainsi, l'un des chimistes les plus instruits de l'époque actuelle retrouve la modification matérielle dont il est ici question , à l'état de pureté dans l'une de ses principales transformations : son existence n'est -elle pas constatée par un si puissant témoignage?
Mais un témoignage non moins respectable vient donner à ces idées sur la Matière muqueuse toute l'importance de la certitude la mieux établie, c'est ce que Geoffroy de Saint-Hllaire en dit dans le sixième paragraphe (p. 294 et suiv.) de son Traité des monstruosités liumaines. Après avoir retrouvé le mucus abondamment distribué dans le tube intestinal, non-seulement de l'ébauche normale, mais encore dans celui de petits individus bizarrement développés sans bouche; après avoir examiné quel rôle ce mucus doit y remplir, ce naturaliste ajoute : » Le mucus est un des princii)es immédiats des êtres organisés; son principal caractère est d'être le premier degré des corps organiques. Les végétaux le donnent, de même que les animaux, après une première révolution des fluides circulatoires. Il est plus abondant chez les plus jeunes, et par conséquent chez le fœtus; et ce sera tout aussi bien en physiologie qu'en chimiequon ne tardera pas à le considérer comme le fond commun, où puisent les membranes et généralement tous les tissus employés comme contenants. 11 est dans le cas de toutes les Matières premières, dont on forme nos étoffes. Les aliments deviennent lui, et lui les organes solides; il est l'objet final de la digestion,
la substance animalisable par excellence. On dit en physiologie que le fœtus étant beaucoup Irop faible pour assimiler à sa propre substance des substances étrangères, reçoit de sa mère ses aliments tout préparés : c'est voir de trop haut les choses , et s'exposer à les voir confusément; c'est d'ailleurs généraliser un fait qu'une seule espèce, qu'une seule considération aurait donné. Pour peu qu'on ait observé les animaux dans les premiers moments de leur existence , on sait qu'il n'est point d'êtres, si frêles qu'on les suppose, qui ne produisent du mucus, ou plutôt l'abondance de ce produit augmente en raison directe de leur plus grande débilité; et il n'est pas d'êtres non plus qui n'absorbent du mucus, qui ne s'en nourrissent et qui ne jouissent par conséquent des facultés assimilatrices. Voyez le frai des Batraciens; c'est par la production du mucus que s'annonce en lui le mouvement vital, et le mucus formé devient aussitôt la source où le nouvel être va puiser sa nourriture, n Non-seulement le fœtus vit dans la Matière muqueuse et de la Matière muqueuse; mais n'en fut-il pas lui-même un simple composé aux premiers instants de la conception qui détermine son développement? Qu'était -il au moment où deux sexes s'unirent pour en mélanger les rudiments, en imprimant à ceux-ci l'action nécessaire pour se constituer et croître? Le fluide répandu dans cette circonstance par le mâle est-il autre chose que de la Matière muqueuse pénétrée de gaz. de Matière agissante et de Matière crislallisable? Les Zoospermes (Animalcules spermaliques), qu'on a supposé remplir un rôle d'intromission nerveuse dans la génération, n'y font peut être, par la multiplicité de leurs mouvements agiles, que mêler deux ou trois de ces modifications primitives delà Matière afin de développer, au moyen de leur combinaison, la propriété fécondante.
Vaucher, savant et excellent observateur genevois, très-habitué à se servir du microscope, célèbre par un fort bon ouvrage sur les Conferves d'eau douce, Vaucherconsidérant la Matière muqueuse dans ses rapports avec l'organisation végétale, a remarqué cependant que la Matière muqueuse ne se développait pas dans les eaux du lac de Genève, sur les pierres qui ne sont point ochreuses, ce qui lient sans doute à quelque cause locale, qui mérite d'êlre étudiée. 11 pense aussi qu'elle serait plus commune dans les marais , parce qu'elle y proviendrait de la décomposition des animalcules. Nul doute que la décomposition des animalcules ne lende beaucoup de Matière muqueuse, dans son état naturel, à la masse de l'eau marécageuse; mais elle ne l'y crée pas davantage que du précipité rouge ne crée du mercure dans un canon de fusil, quand on fait rougir ce canon après l'avoir rempli de précipité. C'est précisément cette Matière muqueuse, considérée comme corps développé dans les eaux des fontaines el sources, ou bien épaissi à la surface des rochers humides, dont à été formé par Bory, le genre Chaos.
Le genre Chaos n'appartient proprement ni ù la plante ni à l'animal; il est un intermédiaire, une sorte de gangue propre à protéger le développement des autres combinaisons matérielles appelées à s'introduire dans son épaisseur et à l'augmenler. Aussi verra-t-on cette
Matière primordiale ileveiiir le Byssus ou Lei)ru botryoides des botanistes, lorsque, pénélré par les globules verts (le la matière vèRiUative, il passe à l'étal de plante, si l'on peut qualifier du nom de plante les derniers êtres dont se composait la Cryptogamie de Linné ; le Chaos est encore le milieu dans lequel sont réunis les corpuscules épars , par lesquels se caractérisent les Palmelles et les Tremelles, ou les globules qui, se juxtaposant en figures de cliapelets, forment les Nostocs, les Téléphores, les CoUémas , les Balracliospermes,etc.,etc.
11 arrive d'autres fois que ce sont des Navicules, des Bacillaires, des Lunulines ou des Slyllaires qui pénètrent le Chaos. Celui-ci prend alors une teinte ochracée ou verdàtre, avec une consistance qui l'a fait regarder par Lyngbye, comme un végétal voisin des Nostocs. Dans cet état, les êtres vivants qui s'y sont agglomérés en masse ont perdu leur mouvement individuel, et forment, par leur confusion pressée, une sorte d'animal commun qui offre déjà la trace d'une organisation analogue à celle des Polypiers pulpeux que Lamarck appelle Empâtés.
Si l'on considère qu'outre les êtres appelés Tnfitsolres par les naturalistes, ceu.ic qui n'ont ni cirres, ni queue, ni organe rotaloire , en un mot qui, étant les plus simples, ressemblent à des amas de globules, n'ont souvent aucune forme déterminée, on serait tenté de supposer que de tels animaux ne sont que des gouttes de Matière muqueuse pénétrées par des globules de là deuxième et de la troisième modification de la Matière, lesquels essaieraient dans l'épaisseur de ces gouttes l'exercice d'une vie commune qui, plus développée par l'addition de quelques organes rudimenlaires, offrirait une grande analogie avec celle des Médusaires et de plusieurs sortes de Polypiers molasses. Ainsi, les Microscopiques, depuis leur état de plus grande simplicité jusqu'à ceux où des complications se sont opérées, de même que plusieurs animaux plus avancés, tels particulièrement que les Biphores (Sal/ja), pourraient être considérés comme autant de fœtus où les combinaisons organiques sont devenues propres à se reproduire, sans être parvenues néanmoins au point où toutes les conséquences de l'organisation rudimentaire se pouvaient étendre si le moindre principe d'un organe de plus s'y fût trouvé contenu. Celle dernière vue, présentée par un grand naturaliste de nos jours, mérite surtout qu'on s'y arrête; elle conduira l'observateur qui voudra se donner la peine d'étudier de bonne foi la marche de Porganisalion dans ses essais mêmes, au lieu d'en rechercher les lois fondamentales dans les êtres compliqués où la nature n'a plus rien à ajouter, vers la féconde idée de l'unité d'organisation; vérité comme instinctive, entrevue dès l'antiquité, mais mal démêlée par des philosophes ingénieux du dernier siècle, qui en discouraient par supposition, au lieu d'en chercher les preuves dans la nature même; vérité que plusieurs s'obstinent à méconnaître aujourd'hui, et qu'ils attaquent, en lui prêtant un ridicule énoncé qu'on ne trouverait nulle pari dans les écrits de ceux qui en établissent la démonstration par l'exposé de faits irrécusables.
§ II. Matière vésicii.mre.
A peu près vers le temps où la Matière muqueuse se manifeste dans l'eau exposée à la lumière, ainsi qu'au contact de l'air, et plus la température est élevée ou le soleil brillant, on voit se former graduellement au fond et sur les parois des vases dans lesquels cette eau se trouve contenue, des globules, d'abord presque imperceptibles, mais qui, ne tardant pas à grossir, se détachent pour s'élever avec rapidité à la surface du liquide, où plusieurs persistent durant quelques instants, mais où beaucoup d'autres, grossissant davantage sans obstacle, se rompent et disparaissent. Ces globules sont occasionnés par un commencementde dilatation propre à des molécules gazeuses qui, loin d'être soumises à la cohésion, sont au contraire, comme chacun sait, douées d'une force répulsive qui tend à les écarter les unes des antres, tant qu'une compression suffisante ne les rapproche point pour les rendre perceptibles sous la forme liquide. C'est ordinairement de l'air atmosphérique ou l'un des gaz qui entre dans sa composition et tenu en solution dans l'eau, qui, se dégageant de celle-ci, remplit les globules dont il est question, lesquels sont limités par une légère couche de Matière muqueuse dont la résistance modère la dilatation intérieure, surtout tant que la pression du fluide environnant seconde celle résistance et qu'une trop grande augmentation de l'agent vaporisateur n'en rend pas l'effort irrésistible. Dans cet état de choses, la molécule gazeuse, captive dans le mucus, ne peut détacher de la masse de celui-ci la couche qui la tient renfermée, que la dilatation graduellement augmentée n'ait donné au globule donl elle est la première cause, assez de légèreté pour que la force d'ascension qui en lésulte l'emporte dans la partie supérieure du liquide, toujours captive dans de la Matière mucpieuse. La paroi de sa petite prison se brise quand la dilatation, continuant plus librement à la surface de l'eau, n'est plussuffisamment maîtrisée par la pression du milieu dans lequel on la vit commencer. Mais si la couche de Matière muqueuse s'est épaissie, si elle domine au-dessus des vases, si les parois de ceux-ci s'en sont abondamment garnies, les globules gazeux y demeurent enchâssés, et n'y peuvent plus augmenter, la résistance du mucus étant trop forte; celui ci devient alors une pellicule huileuse où de véritables vésicules persistent, encore que la plupart demeurent à peine visibles. C'est par un tel mécanisme que se forment ces masses ou couches glaireuses au tact et comme criblées de bulles d'air qu'on voit surnager dans les marécages, en tapisser la vase et les bords, ou se mêler aux plantes aquatiques flottantes ; et dans l'ébullition, qu'on peut considérer comme un moyen des plus actifs de dilatation dans les liquides où sont dissous des gaz. c'est encore la Matière muqueuse qui, tendant à se durcir par l'effet de la chaleur, résiste d'abord à l'effort expansif des molécules vaporisées, et produit, comme en luttant avec elles, ces milliers de bulles qui viennent en crevant à la siu'face rendre les particules gazeuses à la liberté.
Cependant les particules gazeuzes, dilatées par l'effort d'un agent quelconque, environnées de la Matière mu-
queuse qui
enferme de manière
qu'elles lie