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puissent plus s'en dégager, doiveiil. selon l'aiignientalion ou l'amoindrissement de la cause expansive, croître ou diminuer de volume, et conséqtiemment agir au milieu de la Matière muqueuse en lui imprimant un mouvement interne. L'effet de ce mouvement ne seraitil pas cet Orgasme que Lamarck regarde comme une des premières causes de l'organisation animale, quand il dit (Anim. sans vert., t. r, p. 104 et suiv.) : u Un Orgasme vital est essentiel à tout être vivant; il fait partie de l'état des choses que j'ai dit devoir exister dans un corps, pour qu'il puisse posséder la vie, et pour que ses mouvements vitaux se puissent exécuter... L'Orgasme dont il s'agit n'est dans les végétaux qiVà son plus grand degié de simplicité; il y est effectivement si faible, qu'un coup de vent d'un air très-sec, ou certain brouillard, ou une gelée, suffisent souvent pour le détruire, x En effet, les divers météores causant l'augmentation ou la diminution trop considérable des vésicules gazeuses qui déterminent l'Orgasme, peuvent les faire crever ou disparaître, et de ces deux effets, résultant de trop de dilatation ou de raréfaction, provient un état de mort. Aussi les Huides élastiques que l'on peut concevoir, formés de particules tour à tour dilatables et coërcibles, méritent une sérieuse attention; car ce sont eux qui produisent le phénomène le plus étonnant, celui de communiquer à la Matière muqueuse cette élasticité qui lui devient nécessaire, pour que les principes moléculaires de toute organisation qui s'y viennent surajouter, puissent y agir les uns sur les autres, en raison de la souplesse que lui donnent les globules élastiques dont elle se trouve pénétrée.
Tant que la Matière muqueuse, d'oi'l résultent, au moyen de la dilatation d'un gaz, les corpuscules qui constituent la Matière vésiculaire, est assez peu épaissie pour n'être pas fortement résistante, l'existence de cette Matière vésiculaire demeure précaire; ses corpuscules sont trop exposés aux petites explosions qui détruisent l'harmonie nécessaire dans une existence commune; il faut ((ue le milieu qui les limite acquière une certaine solidité pourqu'ils y persistent; mais dès qu'ils sont définitivement constitués, ils concourent puissamment au développement des corps dont leur présence prépare le complément. Ces corpuscules développés et suffisamment retenus dans la masse muqueuse, dont se composent la plupart des Microscopiques ou infusoires, y demeurent très-visibles par leur transparence souvent parfaite; devenus parties nécessaires de ces petits animaux et ne pouvant plus s'en échapper, ils ne s'y opposent à nul mouvement de contraction ou d'extension, puisqu'ils demeurent par leur nature même susceptibles d'augmentation, de diminution et même de changement de forme en agissant les uns sur les autres. Selon qu'ils se dilatent, ils rendent l'animal plus léger. On dirait chez certains Infusoires où l'on en distingue souvent de fort considérables, le modèle de la vessie natatoire des Poissons. Et quelle que soit leur (|uantité dans le petit corps de la plupart de tels animalcules, ils ne s'y opposeront point à l'introduction d'organes compliqués qui les trouvant compressibles, peuvent, au contraire, occuper une place aux dépens de leur volume réduit. Ces corpuscules, que Bory a appelés hyalins,
n'en demeurent pas moins comme indépendants de l'être dans la composition duquel le verre grossissant les montre; aussi les voit-on, par exemple, se mouvoir à l'intérieur d'un Volvoce, dans un sans différent de celui où s'agite la masse du petit animal, et comme sans la participation de sa volonté. Les éléments primitifs de la vie ne sont donc pas encore dans le Volvoce complètement équilibrés? C'est ce (|ue MtlUer a fort bien remarqué et qu'il nota soigneusement en décrivant plusieurs de ses animalcules, tels que VEnclielis tiebulosa, VEnclielis similis, et le Leucophia coiiflictor qu'il caractérise par ces mots interaneis mobilibtis.
Tant que les animaux peu compliqués demeurent transparents, ces corps hyalins y sont manifestement visibles. On les distingue dans les Infusoires, où des cirres garnissent déjà un rudiment d'ouverture buccale; ils se trouvent toujours dans les Rolifères, et on les a reconnus jusque dans les Polypes, et même chez des Radiaires bien plus avancés dans l'échelle animale, tels que les Béroés et les Méduses même. Si les naturalistes qui se sont tant occupés de ces Méduses, et qui en ont donné des monographies où la multitude de noms génériques inutiles rebute la meilleure mémoire, eussent descendu dans l'organisation intime de ces animaux, aidés du microscope, ils y eussent reconnu l'existence des corpuscules hyalins; ils eussent admiré comment, dans les mouvements de flexion, de contraction, ou d'allongement chez ces merveilleuses créatures, les globules, constituant la Matière vésiculaire, se déplacent en glissant les uns sur les autres, s'aplatissent en se comprimant pour céder à l'effort qui les presse, et reprennent ensuite, comme par une sorte de léaction, leur forme première, afin de contribuer, soit qu'ils cèdent, soit qu'ils réagissent, au mouvement général. Ces corpuscules sont peut-être les raisons de tout mouvement avant i|u'on puisse distinguer on même concevoir l'introduction d'une fibre quelconque, d'un système nerveux, ou d'un a|)pareil locoraotif dans la frêle machine. On retrouvera certainement un élément si essentiel d'action dans le reste des animaux en remontant des plus simples aux compliqués, et sa présence expliquera à quoi tient la souplesse sans laquelle nulle créature ne pourrait agir.
§ m. Matière agissante.
Quelque substance animale que l'on mette en infusion dans l'eau pure, on ne tarde pas à voir se former à la surface de cette eau une pellicule presque impalpable, qui. ne présentant d'abord aucune organisation, est encore de la Matière muqueuse; en même temps le Uuide deviendra légèrement trouble, surtout en dessus, et l'altération de teinte est due à la présence de la troisième forme matérielle. Celle-ci est composée de globules d'une petitesse telle, que leur volume n'équivaut pas, après un grossissement de mille fois, à celui du trou que l'on ferait dans une feuille de papier, avec l'aiguille la plus déliée. Chaque globule, parfaitement rond, s'agite, monte, descend, nage en tout sens et comme par un mouvement de bouillonnement. Ces globules, si pelils que Muller, en figurant les Infusoires à l'aide des plus fortes lentilles, les a représentés par un
simple pointillé, sont le Monas Teniio de ce grand naturaliste.
Entre le Monas Termo et les créatures que le savant Danois avait classées dans le même genre, il existe une distance incalculable, soit pour les dimensions, soit dans le dévelop|)emenl des facultés vitales. 11 est difficile de concevoir que chacun de ces petits corps dont on ne peut mieux comparer les mouvements qu'à celui des bulles d'air qui se heurtent à la surface de l'eau fortement poussée au degré d'ébuUilion ; il est difficile de concevoir, que chacun de ces petits corps soit un être doué de volonté, et consé(iuemnient d'une vie complète; il lui manque sans doute des organes capables de régulariser le genre de perceptions dont il pourrait être susceptible. De là cette agitation que rien de rationnel ne parait déterminer, qui semble commune à la masse des globules loulant irrégulièrement en tout sens sur eux-mêmes, souvent avec une vélocité qui fatigue l'œil, mais cependant en manifestant des indices frappants d'animalité.
La quantité des glol)uIes agités devient d'autant plus considérable , (|ue ces globules se développent sur les bords du vase, ou plutôt vers les limites de l'eau qui les lient en suspension. Soit que l'évaporation, soit qu'une attraction particulière à chaque petite sphère et proportionnée à sa masse, porte ces globules actifs vers un lieu plutôt que vers un autre, on dirait qu'un instinct iriésistible les conduit. Ainsi, dans une goutte d'eau remplie de Matière agissante, mise sur un porteobjet, on voit chacune des individualités de cette Matière fuir le centre et nager avec un empressement extraordinaire, vers les bords d'un petit océan dont le dessèchement doit déterminer la cessation de toute vie ; on dirait qu'ils disputent à qui mourra le plutôt. Cet instinct ou cette force est probablement ce qui détermine l'affluence des globules de Matière agissante, vers les pellicules ou vers les glomérules de Matière muqueuse déjà développée; c'est autour de cette Matière muqueuse qu'on les voit surtout se heurter, se pousser, combattre en quelque sorte, empressés pour y pénétrer. Bientôt, parla pression continuelle que leur agitation produit les uns sur les autres, ces globules animés s'incorporent à la Matière muqueuse, et lui donnent une certaine consistance en perdant dans son épaisseur le mouvement individuel. Alors des pellicules, d'abord presque imperceptibles, deviennent sensiblement jaunâtres, s'épaississent au point d'offrir une certaine résistance, et, dans cet état, soumises au microscope, tout globule agissant semble y avoir disparu; mais la confusion de ces globules ainsi confondus altérant la simplicité de l'étal muqueux , on découvre comme une membrane à laquelle il ne paraît manquer, pour constituer un coips organisé complet, qu'un réseau nerveux dont la faiblesse humaine ne saisira jamais probablement l'introduction rudimentaire, encore qu'on la puisse concevoir en supposant l'opération qu'on a sous les yeux, déterminée dans les corps vivants par des circonstances qu'il n'est pas encore donné à l'homme de provoquer.
Ce n'est qu'après avoir fourni durant un temps quelconque, et probablement subordonné aux principes
qu'elle renferme, de la Matière muqueuse et de la Matière agissante, et lorsque la Matière vésiculaire étant produite par le concours des gaz, vient ajouter l'élasticité à la formation des membranes rudimentaires, qu'une infusion produit de véritables animaux microscopiques. Jamais aucun être organisé ne précède ces trois existences primitives. On peut s'en convaincre surtout en examinant l'eau contenue dans les Huîtres. Si l'on remplit un verre avec cette eau, elle deviendra trouble, d'autant plus promptement que l'atmosphère sera plus chaude. Avant même que cette eau ail acquis l'odeur insupportable qui dénote la putréfaction, on verra la surface du vase couverte par la pellicule muqueuse, et le Monas Termo ou Matière agissante, s'y agiter en si énorme quantité, que son mouvement serait capable de fatiguer, à travers le microscope, l'œil qui l'examinerait trop longtemps. A ces globules simples et agissants , succéderont bientôt avec l'odeur de pourriture qui s'exhale de l'eau mise en expérience, et qui provient du dégagement des gaz dont quelques-uns ne demeurent pas emprisonnés dans la modification vésieuleuse; à ces globules succéderont des animaux diverset compliqués déjà par trois termes multiplicateurs. En même temps que la Matière agissante globuleuse semble comme s'effacer en s'identifiant avec la muqueuse, elle en devient la molécule motrice, car elle y exerce son action sur les globules compressibles de Matière vésiculeuse, d'où résulte la souplesse de la muqueuse; celle-ci ne tarde pas à s'oblitérer; c'est alors qu'elle se remplit de corpuscules appartenant à notre quatrième modification avec des globules opacjues de Matière terreuse; et lorsque l'évaporation produit le dessèchement de la croûte qui résulte du mélange successif de toutes ces choses, cette croûte, devenue friable, offre l'aspect et tous les caractères des substances minérales; mais ni les principes des Matières ainsi concrétées, ni la faculté de repasser par les mêmes phases, ne sont perdus. Qu'on verse de l'eau sur le magma ou terre saline résultant de l'eau d'Huître mise en expérience et desséchée, les mêmes phénomènes y auront successivement lieu de nouveau : la même pellicule muqueuse, les mêmes globules de Matière vésiculeuse et de Matière agissante, les mêmes espèces d'animaux, les mêmes sels et la même terre y reparaîtront tour à tour autant de fois qu'on réitérera l'expérience, sans rien ajouter au liquide d'où puisse résulter de perturbation, c'est à dire tant qu'on organisera et qu'on désorganisera par la voie humide.
Non-seulement la Matière agissante se développe promptement dans l'eau d'Huître et dans celle où l'on met infuser des substances animales; mais plusieurs infusions végétales l'ofl-'rent en grande quantité avec les mêmes phénomènes, et ce fait explique aisément par l'analogie chimique, les rapports qu'on a découverts entre certaines plantes et les animaux; mais si la Matière animale entre dans l'ensemble de plusieurs végétaux comme élément constitutif, on sent qu'elle y devient un motif de plus pour proscrire l'établissement absolu des limites qu'on suppose exister entre les deux anciens règnes organiques.
11 arriverait donc que cette Matière agissante, dont
les particules individualisées jouissent d'une sorte de vie propre, perd cette vie de détail, pour contribuer ù une vie commune lors(|ue ces mêmes particules se coordonnent de telle ou lelle façon avec la Matière vésiculaire; l'une et l'autre peuvent être contraintes à une existence purement végétative, encore que l'une des deux, essentiellement mobile dans l'état d'individualisation, semble cependant être appelée par sa nature même à ne produire que des êtres doués de volonté et de mouvement spontané.
On sent que ce ne sont ni les substances animales, ni les substances végétales mises en expérience, qui produisent les trois modifications de la I\latiére dont il vient d'être question; ces substances, au contraire, sont formées de ces modifications même qui s'y trouvent prédisposées comme les bases de l'organisation, avec d'autres principes qui, régissant celle-ci et la fixant, demeurent néanmoins inappréciables pour les sens. Réunie dans un tout destiné à exercer une vie plus ou moins développée, chaque molécule agissante perd son degré de vie individuelle, qui tourne au profit de la vie collective. L'opération qu'on fait subir au corps organisé dont on veut observer les bases, ne fait conséquemment que rompre les liens qui unirent ceux des éléments qui tenaient les molécules de Matière vésiculaire et de Matière agissante subordonnées les unes aux autres dans la Matière muqueuse, et les rend à leur liberté originelle. Ce n'est donc point dans la putréfaction que s'engendre la vie, et que s'ojyèrent des générations spontanées, comme l'avaient pensé les anciens, ou des philosophes qui, n'ayant jamais observé la nature, en raisonnaient sur des apparences trompeuses; cette putréfaction concourt seulement, dans les expériences, à relâcher les nœuds secrets qui tiennent assemblées les parties constitutives des corps; elle se borne à détruire les forces qui subordonnaient de i)remièrfs modifications de la Matière; elle individualise enfin les molécules, base de toute existence, et de là ce passage alternatif de la molécule agissante à l'état de torpeur où nous la trouvons dans la Malière muqueuse qu'elle a pénétrée, ou à l'étal d'agilité qu'elle reprend par disjonction, selon qu'on renouvelle ou qu'on fait disparaître l'humidité autour des substances mises en expérience qui la contenaient asservie.
Comme des gaz tels que l'hydrogène et l'oxigène paraissent être les corps dont les particules, emprisonnées par une pellicule de Matière muqueuse, contribuent avec celle-ci à former le deuxième état primitif, il se pourrait que ce fût l'azote qui jouât dans le troisième état un rôle analogue. En admettant cette hypothèse, on se rendrait compte de la cause qui fait de l'azote comme le principe dominant dans les substances animales. Outre les corpuscules hyalins, individus delà Malière vésiculaire, les animaux Microscopiques où l'on commence à distinguer des molécules constitutives, empâtées dans la Matière muqueuse, renferment d'autres corpuscules beaucoup plus petits, bien ' plus nombreux et déjà moins transparents, qui ne sont ; que des globules de Matière agissante agglomérés, ayant ! perdu leur vie individuelle par leur introduction dans | la muqueuse qui les rassemble. Ces monades enfermées |
y ajoutent probablement la faculté de percevoir par le tact, tandis que la Malière vésiculaire donne à la masse devenue ternaire, les éléments de flexibilité nécessaires pour l'exercice des mouvements compliqués, auxquels se devra déterminer l'animal quand il aura touché et senti.
§ IV. Matière végétative.
A la Matièie muqueuse ne tarde point à succéder DU à se joindre encore, dans l'eau exposée à l'air et à la lumière, ce que Bory appelle la Matière végétative. Celle-ci se développe dans l'eau distillée, ainsi que dans celle des puits, des fontaines, des rivières ou de la pluie, et jusque dans l'eau salée de la mer. Elle se forme sur les parois des vases, dans la masse du liquide mis en expérience, sur les pierres et autres corps inondés, en y produisant une teinte agréable à l'œil; teinte que Prieslley remarqua le premier, qu'il appela Matière verte, et qui, méconnue depuis ce physicien, a donné lieu à de grandes controverses en physique. Cette Matière verte de Priestley est si facile à confondre avec une multitude de corpuscules microscopiques, également colorés en vert, que beaucoup d'observateurs s'y sont mépris, et ont à tort regardé comme lui appartenant, de véritables corps organisés qui en sont à la vérifié pénétrés, mais qui ne sont déjà plus cette Matière dans sou état de plus grande simplicité.
C'est la Matière verte ou végétative qui, se développant dans la nature entière, partout où la lumière agit sur l'eau, pénètre les Marais de toute espèce, les bassins où l'on fait parquer les Huîtres, les fossés des grandes routes ou des fortifications, en colorant les pierres taillées et le bas des murs humides.
La lumière parait cependant être moins nécessaire à son développement que d'autres principes auxquels il faut nécessairement attribuer la couleur verte persistante dans certaines plantes, lors même que ces plantes croissent soustraites au pouvoir bienfaisant des rayons du jour. En effet, si la privation de lumière produit en général l'éliolement et la pâleur dans les êtres organisés, on a cependant vu des végétaux transportés dans les ténèbres de certaines galeries de mines, verdir dès que l'air ambiant contenait de l'hydrogène et de l'azote en suffisante quantité pour y déterminer la coloration. Dans les plus grandes profondeurs de la meroù la sonde pût atteindre, à deux cents pieds sous l'eau, d'où l'on est parvenu à déraciner quelques Hydropbyles, la plus belle teinte verte resplendissait sur ces plantes qui avaient cependant végété dans une obscurité complète ou à peu près. Serait-ce que des rayons verts eussent seuls pénétré jusque dans les abîmes, ou que ce ne fût pas nécessairement par l'influence de tels rayons que du carbone et de l'hydrogène se pussent combiner pour décorer la végétation marine de sa plus a imable nuance? Quoi qu'il en soit, partout où l'on a vu la Malière verte ou végétative se développer, elle a paru d'abord comme une simple teinte, où le plus fort grossissement (d'un quart de ligne) ne permit de distinguer qu'un pointillé dont la figure du Monas Tenno de Mullcr, donnerait encore une idée exacte, si la planche eût été tirée en vert tendre. Mais les molécules dont se composait ce pointillé, étaient inertes; tout corps voisin qui s'y trou-
vait plongé ne tardait pas ù s'en pénétrer au point d'en prendre la teinte; car les animaux Microscopiques, comme on le verra tout à l'heure, la peuvent absorber non moins que toute modification organique par laquelle la création s'élève de la Matière verte élémentaire à la végétation la plus arrêtée.
Partout où la Matière muqueuse se développe, elle est bientôt suivie par la quatrième modification dont elle se sature pour former l'un des plus simples végétaux, celui par lequel Bory a proposé de commencer le catalogue des plantes sous le nom de Chaos primordialis, première complication végétale opérée par la Matière verte, introduite dans la Matière muqueuse, simple nuance étendue sur les corps humides, essai de la nature qu'on a pris mal à propos pour des sédiments d'Ulvacées dissoutes, quand des Ulvacées ne pouvaient exister avant que la Matière vésiculaire se fût introduite dans la réunion de la muqueuse et de la végétative pour eu former des mailles. Du mélange de ces quatre modilicalions primitives, ne tardent guère à résulter de CCS corpuscules faciles à distinguer au giossissement d'une demi- ligne de foyer, que l'on peut facilement confondre avec la Matière végétative, et qui, variant de forme et de nuance, fournissent les caractères des cin(| ou six espèces jusqu'ici reconnues dags ce genre Chaos, que Bory inscrit en tête de sa méthode naturelle. L'humidité venant à disparaître, quand la Matière muqueuse s'évanouit, la végétation persiste, et, comme une poussière de la plus belle couleur, ne cesse de teindre les corps sur lesquels on la vit se développer. Dans cet état de dessèchement, les corpuscules spécifi(|ues demeurant plus sensibles, les botanistes décrivent diverses espèces du genre Chaos, comme des Bysses pulvérulents, de la plupart desquels on vit les lichénographes faire leur genre Lepra, et que l'alguologue Agardh, sans trop tenir compte de ce qu'observèrent ses prédécesseurs, paraît avoir appelé indifféremment Prolococcus et Paimella, quand le premier de ces noms était inutile et que le second était consacré par Lyngbye, dont il eût été convenable de noter au moins qu'on l'avait emprunté.
On a dit tout à l'heure que des animaux Microscopiques absorbaient la Matière végétative; peut-être s'en nourrissent-ils. Ils seraient alors, par l'effet des combinaisons les plus simples qu'on puisse imaginer, les premiers des Herbivores précédant ainsi tout Carnivore jjossibie dans la nature; fait très-digne d'être consigné, puisqu'il est évident que, dans l'ordre de la création, les plantes durent, à la face de la terre, précéder les animaux qui s'en nourrissent, et que les bêtes féroces ne pouvaient y apparaître qu'après celles qui leur servent de proie; ainsi les merveilles de la nature microscopique sont, en toutes choses, les essais de ce qui frappe les regards dans l'ensemble admirable des merveilles plus apparentes?
Peut-être même de la Matière verte se peut-elle aussi développer dans le corps humide des animaux Microscopiques, pénétrables à la lumière, déjà gonflés de l'azote contenu par la molécule agissante et des gaz dont la distension détermine la Matière vésiculaire. H arriverait alors dans la transparence de ces animaux
rudimentaires ce qui a lieu dans l'eau même, et de là cette organisation qui résulte dans certains Enchélides, Cratérines, Rapbanelles, Plagiotri(iues, Stentorincs, Vorticellaires, Navicules, Lunulines, etc., de la confusion des molécules hyalines élastiques, propres à l'état vésiculaire et de molécules de Matière agissante répandues dans une teinte d'im vert plus ou moins foncé. Les Zoocarpes surtout, propagules vivants, qui sont verts, offrent une composition de ce genre, où l'on reconnaît conséquemmcnt déjà le concours des quatre
I premières modifications visibles de la Matière.
Les êtres microscopi(|ues dont il vient d'être question, ces ébauches invisibles de l'animalité, ne sont pas les seuls animaux qui se pénètrent de Matière colorante végétative; de plus compliqués s'en teignent aussi, soit qu'ils l'absorbent, soit qu'elle se forme encore dans leur
1 translucide masse. Ainsi Bory a produit surcesHyiIres que l'on appelle Polypes d'eau douce, ce qui arrive tous les jours aux Huîtres que l'on lait parquer. En élevant de ces animaux dans des vases où la Matière verte s'était développée abondamment, ils sont devenus du plus beau vert, ce qui i)orte à soupçonner que VHydra viiidis des helminthologues pourrait n'être pas une espèce, mais simplement une modification des espèces voisines que le hasard plaça dans des circonstances pareilles à celles où Bory en a mis pour les colorer.
La Vindilé des Huîtres n'a d'autre cause que l'absorption de la Matière verte par ces Conchifères. L'époque où cette viridilé a lieu, est celle où l'eau, introduite dans les bassins, se trouve dans les conditions nécessaires pour (|ue la Matière verte s'y développe en suffisante quantité. Tout ce qui existe alors dans les mêmes lieux s'en pénètre; la vase, les plantes, les Enlomostracés et autres animalcules, les Coquilles s'en trouvent colorés également. On a rapporté, ainsi qu'il a été dit plus haut, ce phénomène à la décomposition des Ulves ou autres Hydropbytes, et c'est précisément le contraire qui a lieu; c'est au développement du principe primitif de ces mêmes Ulves qu'est dû ce que l'on croyait un effet de leur dépérissement et de leur dissolution.
Gaillon, qui le premier ac<|Uit par le microscope des idées justes sur un si important phénomène, fut cepen-
I dant induit en erreur sur un point, ce qui ne prouve pas
î que cet excellent observateur ait mal vu; mais seulement que dans les choses délicates, il est difficile de voir complètement juste du premier regard. Il observa dans l'eau verdie des parcs, dans les Huîtres colorées, et dans les couches de Matière verte étendue sur le test de celles-ci, un animal dont il a dit d'excellentes choses (Annales générales des Sciences physiques, t. vu, p. 93), et qu'il compara au Vihrio Iripunctutus de Mtlller; il n'y vit guère de difîér'ence que dans la couleur. Cet animal que Gaillon pr'oposait de nommer l^ibiio ostrearius, n'est cependant lui-même qu'un être coloré accidentellement comme l'Huître : fort transparent, il absorbe ou sert au développement des corpuscules de la Matière végétative; et, dans cet état, pénétrant dans la Matière muqueuse des parties de l'Huître où sa forme aiguë et naviculaire lui donne la faculté de s'introduire, il ne colore que parce que lui même fut coloré précédemment, et il est fort commun de trouver des Huîtres
iSI
colorées sans la parlicipation des Navicules de Gaillon, ainsi que l'étaient les Hydres colorées dans les expériences citées plus haut, sans aucun indice de pareils animaux.
Prieslley remarqua le premier la Matière végétative qu'il appela Verte (t. iv, secl. ôô, p.ôôS); il la trouva souvent confondue avec la muqueuse dont elle est indépendante et distincte, mais qu'elle pénètre communément. Il s'occupa beaucoup plus des propriétés de l'air qu'il supposait s'en dégager, que de sa nature; cependant il affirma qu'elle n'était ni un animal, ni un végétal; et, n'y découvrant aucune organisation au microscope, il la regarda comme une substance particulière, » sui gène lis, véritable sédiment muqueux et coloré de l'eau. >i
Séncbier (Journal de physique, 1781, t. xxvii, p. 209 et suiv.), s'étant proposé de réitérer les expériences de Priestley sur la Matière verte, la méconnut totalement : « Cette Matière, dit-il, est une plante aquatique du genre " des Conferves gélatineuses. « Il est facile de voir par tout ce qu'ajoute ce savant à cette première erreur, que, n'ayant pas tenu compte des teintes formées par les molécules de la véritable Matière verte, il a pris pourcelleci la Trémelle d'.idanson (espèce du genre Oscillaire), qui ne tarde pas effectivement à se développer et à croître dans les vases où l'on met en expérience de l'eau puie exposée à la lumière et à l'air; ces vases offrant au développement de cette Artlirodiée les mêmes facilités que lui présentent les baquets où on laisse séjourner l'eau dans les cours ou dans les jardins.
Baker {Em/ilox- for Ihe Microsc, pari, ii, p. 253, plat. 10, fig. 1-6) avait déjà observé la même Oscillaire développée dans des vases de verre remplis d'eau, et l'avait considérée comme un être vivant, et non comme une Conferve gélatineuse.
De Candolle (Flor. Fr., t. n, p. 65) a été entraîné dans l'erreur par son compatriote, au sujet de la Matière verte de Prieslley; et de là cette création du f^aucheria infusionum, plante qui n'existerait pas dans la nature, si l'expérience n'avait appris qu'il était question sous ce nom, de VOscillaria Adansonii, B., imparfaitement observée avec une lentille trop faible, pour qu'on y eût découvert les articulations caractéristiques. Cette Oscillaire, ou la prétendue Vaucherie des infusions, n'a nul rapport avec les êtres auxquels le savant Genevois ùta, sans motifs suffisants, l'excellent nom d'Ectospeime que leur avait donné Vaucher.
y. ConFEBVÊES et ECTOSPERME.
Ingen-Housz (Journ. Pbys., 1784, t. xxiv, p. 356 et suiv.) avait, après Sénebier, examiné la Matière verte de Prieslley; mais en observant des faits très-intéressants dont il n'apprécia pas toute l'importance, il prononça que la Matière verte était composée de petits animaux qu'il appelait Improprement insectes. § V. Matière cristailisable.
Il ne sera point ici (|uestion des Cristaux dans le sens qu'on attache communément à ce mot, ni des lois en vertu desquelles les molécules de ces Cristaux se disposent selon telles ou telles lois pour devenir visibles sous des formes déterminées; on n'examinera pas si, pour concevoir le mode d'existence qui résulte de cer-
7 UICT. nES SCIENCES ^AT.
taines dispositions moléculaires, il ne faudrait pas d'abord remonter au système des Atomes, corps insécables, en tout semblables, dans leur petitesse infinie, aux figures imposées à chaque espèce de cristallisation. Ce n'est pas la nature de la Matière que l'on a promis d'examiner, mais seulement les dispositions primitives qu'elle affecte dès que certaines circonstances viennent déterminer l'organisation, en vertu des règles invariables auxquelles toute organisation doit obéir.
En continuant, sur des infusions quelconques, les expériences qui ont donné successivement la Matière muqueuse, la Matière vésiculeuse, la Matière agissante et la Matière végétative, on ne tardera pas à remarquer, vers l'époque où l'évaporation rapproche les substances tenues en suspension dans l'eau, des particules éminemment translucides, consistantes, immobiles et aplaties en lames que terminent au pourtour divers angles; dès que la forme de ces particules devient perceptible, elles prennent une apparence laminaire et se recherchent, non par un mouvement d'ascension comme dans la Matière vésiculeuse, non par un mouvement volontaire, comme dans la Matière agissante, mais par une sorte d'attraction qu'on peut comparer à ce que l'on voit s'opérer entre ces gouttes contigues de certains fluides, qui semblent se jeter l'une sur l'autre, pour n'en former plus qu'une. A mesure que les infusions ont vieilli, les particules deviennent |)lus nombreuses, et lorsqu'on abandonne enfin ces infusions au repos, elles s'y juxtaposent selon des élections particulières, pour former une multitude de petits Cristaux de plus en plus distincts, lesquels, |)our échapper à la vue, n'en ont pas moins des formes constantes, et que divers observateurs se sont appliqués à faire connaître par de bonnes figures. Baker et Gleichen surtout ont fait graver une multitude de tels corps trouvés dans toutes sortes d'infusions.
H n'a pas été possible de saisir la combinaison directe de la Matière cristailisable avec la Matière agissante ou avec la végétative; mais cette Matière cristailisable s'étant développée, non-seulement dans toutes les infusions animales ou végétales, mais encore dans l'eau pure, mise en expérience pour en obtenir de la Matière végétative ou de la Matière agissante, on a dû conclure que les éléments en étaient partout aussi bien que ceux des i)récédenles modifications primitives. Cependant la combinaison de la Matière muqueuse et de la Matière cristailisable est fréquente, et se manifeste à chaque instant; elle devient intime, et de ce mélange résulte une multitude de formes solides, d'autant plus compliquées qu'un nombre plus considérable de molécules cristallisables s'est confondu dans l'épaisseur de la Matière muqueuse. Ce fait est rendu très-sensible par le dessèchement. La Matière muqueuse paraissant douée de la propriété d'étendre l'autre, d'en défigurer les molécules, et de les combiner même au point de paraître en arrondir les angles, il en résulte celte multitude d'arborisations, de dispositions extraordinaires et de figures dendritiques, qui se dessinent sur le porte-objet du microscope, où on laisse se dessécher de la Matière muqueuse, pénétrée par la Matière cristailisable. Bory a vu que la Matière agissante et la Matière végétative
pénétrant les premières avec la vésiculcuse dans la Matière muqueuse, l'éiiaississent en la colorant, et lui impriment déjù des rudiments d'organisation et de souplesse; quand la Matière cristallisable s'y mêle ensuite, l'organisation se complique davantage; on peut en juger par les figures qu'a données Gleiclien de divers spermes desséchés. Dans le sperme où la Matière muqueuse est remplie d'animalcules encore très-simples, et dans lequel se manifeste aussi beaucoup de Matière agissante dès le premier degré de décomposition, de l'Urée, des Phosphates, ou autres substances cristallisables, se groupent fréquemment sous les figures les plus bizarres; et comme tout corps muqueux compliqué d'autres substances élémentaires, produit de semblables figures et des arrangements de parcelles, qui rappellent souvent la disposition des Uocons arborisés que l'on voit en hiver contre les vitres, on serait tenté de croire que la Matière mui|ueuse, si évidemment tenue en suspension dans l'eau, contribue aux dispositions élégamment variées qu'affectent les congélations sur des surfaces planes ou dans la formation de la neige; et de l'inlUicnce de celle Matière muqueuse sur la cristallisation de l'eau, résulte peut-être, dans presijue toutes les circonstances, l'irrégulaiité de cette cristallisation, dont on n'a pas encore déterminé les formes d'une manière parfaitement satisfaisante.
§ VI. Matière terrecse.
Ce nom pourra paraître impropre, et rappeler celui de l'un des quatre prétendus éléments qu'adopta l'ancienne philosophie; mais l'auteur n'en pouvait guère employer d'autre pour désigner des corpuscules inertes, opaques, sans organisation a))parente. et qui, dans les observations microscopiques, finissent par remplir toutes les substances mises en infusion, pour peu que les expériences se prolongenl.
Dans ces molécules irrégulières se cachent sans doute beaucoup de principes élémentaires; mais l'opacité ne permet pas de les y distinguer : on dirait une impalpable poussière s'introduisant dans tous les interstices laissés par les formes précédentes; et c'est peut-être elle qui, réduite au dernier état de ténuité qu'il soit permis d'apprécier, donne à la Matière muqueuse, encore pure en apparence, la teinte ferrugineuse qui s'y développe sensiblement par la dessiccation. Cette teinte ferrugineuse, résultant des corpuscules opaques, les plus petits qu'on puisse concevoir, s'observe particulièrement sur un grand nombre d'animalcules, dont la substance et la couleur ont tant d'analogie avec certaines parties des Polypiers flexibles, (|u'on serait tenlé de les croire l'état rudimenlaire de ces Psychndiaires. Ces corpuscules sont ils absorbés par l'animalcule microscopique, ou se développent-ils en lui? On reste à cet égard dans la même ignorance que sur la cause de l'introduction de la Matière végétative dans les animalcules colorés en vert.
La forme de la Matière terreuse, opaque et peut-être essentiellement calcaire, se développant dans toutes les infusions; c'est elle qui finit par donner une consistance véritablement terreuse, dans l'acception vulgaire du mot, aux couches qui se forment au fond des vases où, pendant très-longtemps, on a tenu des liquides en
expérience. Ouand les modifications précédentes de U Matière se sont successivement développées dans ces liquides, la terreuse constitue, par la confusion de ses molécules, un magma onctueux, noiràtreou grisâtre, pénétré de bulles d'air appartenant à la forme vésiculaire, véritable Limon dont on conçoit difiBcilement l'étonnant volume, (|uoique sa formation s'effectue fiéquemment dans des vases disposés de façon à ce (|ue l'air et la lumière seuls y pénétrassent, sans <|ue la poussière almospbéric|ue s'y pût introduire. Ce Limon devient un sol sur lequel ne lardent pas à croître des végétaux aquatiques, et sa présence se manifeste abondamment au fond des mares et des eaux stagnantes; les bulles gazeuses qui s'y développent, en y demeurant incorporées, rendent quelquefois ses masses si légères, que celles-ci viennent flotter à la surface des eaux; les Oscillaires alors s'y fixent en rayonnant tout autour, et de là vient qu'au centre des rosettes nageantes, composées par ces Arthrodiées, est un noyau limoneux et gras au toucher, amas de Matière terreuse confondue avec les modifications précédentes dans la Matière muqueuse primordiale.
En se desséchant le Limon onctueux devient friable et brunâtre; des glomérules opaques, amorphes, en composent la masse légère; cette masse n'est déjà plus la Matière terreuse telle que le microscope l'offrait sans mélange dans l'état d'individualité de ses molécules, c'est-à-dire pénétrant, en particules colorantes infiniment petites, dans le résultat des infusions où ces molécules semblent ne se développer qu'après les autres, comme pour les teindre et les durcir. Telle est cependant la ténuité du résultat terreux et privé de toute humidité qu'on obtient des infusions où les six modifications primitives de la Matière se sont successivement développées et confondues, que le moindre souf- Re en peut dissiper les parcelles dans les airs, où celles-ci ne semblent pas même avoir le poids de la poussière qu'on voit tourbillonner dans les appartements obscurs quand l'introduction de quelque rayon lumineux y rend visible ce qu'on nomme communément Poussière volante ou atmosphérique.
Celle Matière terreuse dont on conçoit le plus difficilement l'apparilion dans l'eau exposée à la lumière ainsi qu'au contact de l'air, s'y trouve cependant suspendue à l'état de molécules si ténues, que ces molécules peuvent même n'en pas troubler la transparence, cl qu'elles n'ont point encore le degré de pesanteur nécessaire pour tomber en sédiment. Il faut, pour que le dépôt en puisse avoir lieu, que la Matière muqueuse se soit d'abord dégagée du liquide pour former les enduits glaireux destinés à servir de milieu à toute organisation subsé<iuente. Cet élément disirait de la masse, et dont la substance s'est agglomérée en vertu des aflînilés qui appellent les unes vers les autres toutes particules homogènes, les gaz s'élant échappés sous la forme vésiculaire, la Matière agissante cessant d'être enchaînée, ayant pris son volontaire essor, le poids de la Matière cristallisable et des molécules de la Matière terreuse, qui ne sont plus contraintes à flotter dans l'état de suspension où les tenait l'épaisseur du mélange, doivent nécessairement tomber. Le liquide, rendu à
son plus grand élat de simplicité par la soiislracUon des principes qui s'y trouvaient confondus, ne saurait plus tenir aucune molécule à l'état flottant, et des effets d'altraclion, que rien ne saurait désormais entraver, agissent alors directement sur les parties inertes en leur imposant la nécessité de s'agglomérer, selon les affinités respectives de leurs particules élémentaires, pour se précipiter en vertu de leur pesanteur devenue suffisante.
MATIN. MAM. Nom vulgaire d'une race de Cliien.
MATISIE. Malisia. noT. Hiimboldtet Bonpland (Plantes équinoxiales, vol. 1, p. 10, t. 2 etô) ont donné ce nom à un génie de la Monadelpliie Polyandrie, L., qui a été placé par Kunth dans sa nouvelle famille des Bombacées. Voici sescaractères : calice urcéolé, campanule, persistant, dont le limbe offre de deux à cinq découpures; cinq pétales inégaux; élamines nombreuses, dont les filets sont réunis en un tube qui se divise supérieurement en cinq faisceaux : les extérieures anlhérifères; anthères au nombre de douze environ dans chaque faisceau, sessiles, à peu près réniformes, uniloculaires; ovaire supère, sessile, à cinq loges qui contiennent chacune deux ovules fixés à un axe central; un seul style surmonté d'un stigmate marqué de cin(( sillons; drupe ové, à cinq loges monospermes; graines convexes d'un côté, anguleuses de l'autre, ayant des cotylédons chiffonnés. Bonpland assigne en outre à ces graines un endospernie farineux; mais ce caractère est douteux, et Kunth présume que peut-être Bonpland aura pris pour l'endosperme la lame du tégument interne, qui probablement est farineuse dans ce genre comme dans le Ceiba de Gaertner.
Matisie a feuilles ek coEcn. Matisia cordata, Huml). et Bonpl., loc. cit., unique espèce du genre. Elle croît dans les parties chaudes de la Nouvelle-Grenade et du Pérou, où les habitants donnent quebjues soins à sa culture. C'est un arbre de cinq à six mètres de haut, dont le tronc est divisé au sommet en un grand nombre de rameaux étalés horizontalement, garnis de feuilles allernes, pétiolées, cordiformes, entières et à sept nervures saillantes. Les fleurs, d'une couleur blanche légèrement rosée, sont soyeuses extérieurement, pédonculées, réunies en trois ou six faisceaux, et naissent sur les branches. Les fruitsont une saveur analogue à celle des Abricots.
MATONIA. BOT. F. Mattorie.
MATOOK. OIS. Espèce du genre Héron. F. ce mot.
MATOURÉE OU MATOURl. Maloiiiea. bot. Aublet nomme ainsi un genre de la famille des Scrophulariées et de la Didynamie Angiospermie, L., que Vahl a réuni au genre l'andellia, mais qui néanmoins paraît en être distinct. Son calice est à quatre divisions profondes, un peu inégales et persistantes; sa corolle est lubuleuse, bilabiée; le tube est long et arqué; la lèvre supérieure est bifide et l'inférieure à trois lobes inégaux. Les quatre étamines sont didynames ; le style, de la même longueur que les élamines, est terminé par un stigmate bilamellé. Le fruit est une capsule presque conique, à deux loges contenant un grand nombre de graines attachées à un trophosperme axile.
Matocrée oe la Gdiane. Matuuiea Guianensis ,
Aublet, Guian., 2, p. 042, t. 239. C est une plante herbacée, vulgairement connue à la Guiane sous le nom de Basilic sauvage. Ses tiges, tétragones, rameuses et pubescentes, s'élèvent à une hauteur d'environ deux pieds; ses feuilles sont petites, opposées, ovales, aigufis, dentées vers leur sommet, rétrécies à leur base en un pétiole court. Les fleurs sont axillaires et presque sessiles. Celte plante croît dans les broussailles, aux environs de Cayenne.
MATRELLA. BOT. Ce nom a été employé par Persoon pour désigner le genre plus connu sousie nom de Zoysia qui lui a été imposé par Willdenow. F. ce mot.
MATRÈME. Matiema. polyp. Nom donné par Raffinesque à un Polypier dont le corps est pierreux, composé de tubes articulés, libres ou réunis : articulations imbri(|uées; ouverture terminale, campanulée, ayant un centre mamelliforme. Raffinesque cite les i^/a</e«^a striata, cieiiiilata et rugosa.
MATRiCAIRE. Matricaria. bot. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., ainsi caractérisé : involucre hémisphérique, composé d'écaîlles imbriquées; réceptacle conique, dépourvu de paillettes; calalhide dont les fleurs du centre sont hermaphrodites, nombreuses, régulières, fertiles; celles de la circonférence en languettes oblongues et femelles; akènes oblongs el sans aigrettes. Ce genre a beaucoup d'affinité avec le Clujsanthemum et VAtithemis. Il ne diffère essentiellement du premier que par la forme de son réceptacle ainsi que par les folioles de son involucre, plus foliacées et moins scarieuses sur les bords; il se rai)procbe encore davantage des yintheinis , puisque ce dernier genre s'en distingue uniquement parle réceptacle muni de paillettes. Ces légères différences n'ayant pas toujours été appréciées par les auteurs, quelques espèces ont fait successivement partie des genres que l'on vient de citer. Gaertner a même créé un genre Px'ethrum, adopté parSmith, Willdenow, De Candolle, etc., dans lequel on a placé une des principales espèces rapportées par Linné à son genre Matricaria. En effet, la structure des fleurs du Matricaria Parlheinum, L., surtout en ce qui concerne l'involucre et le fruit, diffère trop des caractères assignés au genre qui fait le sujet de cet article, pour laisser cette plante parmi les Matricaires, quoique le nom générique lui ait été primitivement appliqué en raison des propriétés médicales qu'on lui attribuait. F. Pyrèthre. Par l'exclusion de celle espèce et de celles qu'on a A\x placer parmi les Chrysanthèmes et les Anthémides, le nombre des Malricaires est restreint à un très-petit nombre, qui croissent en Europe.
Matricaire Camomille. Matricaria Chamomilla, L. Cette plante, vulgairement nommée Camomille ordinaire, croît dans les champs el au milieu des moissons. Sa tige dressée, glabre, rameuse et comme panîculée dès sa base, porte des feuilles sessiles, épaisses, profondément pinnalifides, à segments linéaires. Ses fleurs sont assez petites, solitaires à l'extrémité des rameaux ; les fleurons du centre sont jaunes et les rayons blancs et réfléchis. Celte plante jouit des mêmes propriétés, mais à un moindre degré, que la Camomille
romaine, ylnthemis nobilis, L. Son arôme est moins snave, et son amertume moins intense; c'est ce qui fait qu'on l'emploie beaucoup moins aujourd'hui, et qu'elle ne peut être qu'un succédané de V/Inthemis.
MATEICAROIDES. BOT. Le genre créé sous ce nom par Lessing, dans la famille des Synanthérées, n'a pas été adopté; maisDeCandoUe, dans son Pioiiromns, en a fait une section de son genre Tanacetum.
MATRICE. Utérus. zooL. 1^. Organisatiopi.
MATRICES, sim. y. Gangue.
MATRONULE. Matronuta. ms. Lépidoptères; genre de la famille des Nocturnes, tribu des Tordeuses, institué par Lepelletier et ServiUe aux dépens des Pyrales de Fabricius. Caractères ; palpes cylindriques, beaucoup plus courtes que la tête, composées d'articles peu distincts et tous également velus et épais; liancbes antérieures très-comprimées, au moins aussi longues que les cuisses; ailes supérieures Irès-clargies ù la base de leur bord extérieur. Le reste des caractères se rapporte entièrement à ceux des Pyrales. Le type de ce genre est la Malronule de Godard, Malronula Godardi.
MATTHEWSIE. Matlhewsia. bot. Genre de la famille des Crucifères, institué par Hooker et Arnott qui lui donnent pour caractères : calice égal, fermé; pétales lancéolés, terminés par un onglet qui dépasse un peu le calice; étamines dépourvues de dents; style nul; stigmate capité; silicule sessile, elliptique ou lancéolée, à valves planes et réticulées , marquées d'une nervure médiane; plusieurs semences non bordées; radicule dorsale presque oblique. Ce genre est voisin du Draba, mais il en diffère entièrement par le port, parla position de sa radicule et par d'autres caractères encore, mais d'une moindre importance. 11 est aussi très-rapproclié du genre Stenopetalum de R. Brown , près duquel il doit prendre place dans la métbode.
Matthewsie febiuée. Matthewsia foltosa, H. C'est un sous-arbrisseau rameux , garni de feuilles presque fasciculées, linéari-lancéolées, pinnatifides, finement pubescentes, plus pâles en dessous; les rameaux sont fort longs; les fleurs sont jaunes; lessilicules grandes et planes. De Valparaiso.
MATTHIOLA. BOT. Le genre formé sous ce nom par Plumier et adopté par Linné, a été réuni depuis au genre Guetlarda de Ventenat. On écrit aussi quelquefois Matlhiola pour Mathiole. A', ce mot.
MATTHISSONIE. Mallhissonia. bot. Ce genre appartient à la Monadelpbie tétiandrie, L.; il a été institué parRaddi jiour une plante assez récemment observée au Brésil. Ce genre a pour caractères : calice à cinq divisions; corolle hypocratériforme, quinquéfide, chacune des parties du limbe est accompagnée exlérieuremeot d'une petite écaille qui couvre sa hase; étamines insérées à l'orifice de la corolle. Le fruit consiste en une capsule polysperme; les semences sont anguleuses et réticulées. I
Mattbissonie PANicuiÉE. Matthissonio paniciilata, Raddi. C'est une plante herbacée, rameuse, veine, à ! feuilles alternes, cordées, acuminées, très-entières et pubescentes ; les fleurs sont d'un jaune verdâtre, réunies en panicule.
MATTIE. Matfifi. bot. Genre de la famille des Bor-
raginées, formé par Scbultes aux dépens du genre Cynoglosse, avec les caractères suivants : calice à cinq division»; corolle bypogyne, infundibuliforme, à tube pentagone dont l'orifice est en voûte échancrée; son limbe est divisé en cinq parties linéaires ; cinq étamines insérées en dessous de l'orifice de la corolle et presque exsertes; ovaire àquatre lobes; style simple; stigmate éniarginé; quatre noix distinctes, comprimées, environnées ou bordées d'une membrane en forme d'ailes et dont l'angle dorsal estadnéà la base pyramidée du style.
Mattie laineuse. Mattia lanala, Sch.; Cynoylossiim lanatum, Lara.; Cynoçilossum orientale, Tonm. Sa tige est haute d'un i)ied, un peu rameuse, striée et pnbescente; les feuilles radicales sont étroites-lancéolées, pétiolées, pubescentes, avec une côte médiane blanche; les feuilles caulinaires sont petites, ovalespointues et amplexicaules. Les Heurs sont réunies en grappes terminales, courtes, ramassées, laineuses et ordinairement inclinées. Turquie.
MATTOLINA. OIS. L'un des noms vulgaires du Cujelier. y. Alouette.
MATTONIE. Matlonia. bot. Genre de Fougères, de la famille des Polypodiacées, institué par Rob. Brown qui lui assigne pour caractères : sporanges ou capsules insérés sur une partie saillante de la fronde et enveloppés d'un tégument sphérique, qui prend naissance à la base du réceptacle qui les supporte ; ils sont disposés sur un seul rang et forment par leur agglomération des soressubglohuleuses, recouvertes d'indusiesdéprimées, sphériques, clauses, faiblement membraneuses à leur base. Ce genre a été formé d'après une espèce trouvée aux environs de Malacca, sur le mont Ophir. C'est une plante haute de dix-huit pouces environ, îi fronde pinnée dont les divisions elles-mêmes sont pinnatifides et linéaires.
Un autre genre Mattonia a été proposé par Smith (in Rees cyclop.) pour VElettaria de Rheede, mais il n'a pas été ado|)lé.
MATTUSCIIKEA. bot. Schreber ayant cru devoir changer tous les noms génériques imposés par Aublet, sous prétexte qu'ils étaient trop barbares, a substitué le nom de Mattuschkea à celui de Perama, et quelques auteurs d'une grande autorité ont sanctionné cette inutile innovation. Sans doute le nom d'Aublet doit être préféré, y. Pérame.
MATTUSCliKlA. bot. Le genre formé sous ce nom par Gmelin (Syst. (^eget., p. 589) n'est, selon Michaux, qu'un double emploi du Sanrurus. V. ce mot.
MATUITI. OIS. Espèce du genre Ibis. y. ce mot.
MATUUAOUE. POIS. (Marcgraaff.) Synonyme de Synodiis paliistris, Schn., espèce brésilienne du genre Érythrin. y. ce mot.
MATURATION. BOT. 7V/a<!«»-a/i"o. On nomme Fructification le passage de l'ovaire à l'état de fruit parfait, et Maturation, les changemenls chimiques qui s'opèrent dans les organes, depuis la fécondation jusqu'à la dispersion des graines. On sait ijue l'ovaire contient dans son intérieur les ovules; mais ceux-ci ne sont point encore visibles avant l'épanouissement de la fleur. L'ovaire, à cette époque, est entièrement rempli d'un tissu cellulaire délicat, homogène, et imbibé d'une liqueur claire
Ll limpide. Après l'aiilbèse, les ovules commeiiceiU à se monirer et à s'isoler, en partie, des parois de l'ovaire : ils ne tiennent plus, en effet, à ce dernier ou au placentaire, que par un point de leur étendue ou par l'intermédiaire du funicule , et ils reçoivent par l'ombilic l'extrémité des vaisseaux conducteurs et nourriciers. Un tissu cellulaire continu, lâche et Iiuniide au centre, ferme et serré au dehors, constitue alors la substance des ovules; il augmente de volume jusqu'au temps, de la fécondation ; mais dès que le pollen a été mis en contact avec lestigmate,que le liquide reproducteur a été porté par les cordons pistillaires jusqu'aux ovules, et les a animés d'une vie toute nouvelle, des changements importants se manifestent dans l'intérieur de ce tissu, des linéaments vasculaires se forment et s'entrelacent, le tissu environnant se remplit d'une substance opaque, blanche ou verdàtre; le tout s'accroît, occupe bientôt l'intérieur de chaque ovule, et forme le germe d'un nouvel être; en un mot, c'est l'embryon. Celui-ci absorbe peu à peu la substance blanchâtre ou émulsive déposée dans le tissu environnant; les divers organes dont il doit être pourvu se développent; la matière nutritive qui ne seit pas à l'accroissement de l'embryon, se change successivement en substance amilacée, et constitue le périsperme; les parois externes de l'ovule deviennent les tuniques séminales; toutes ces parties continuent de croître par l'arrivée des sucs fournis par le végétal, et la graine est formée. L'ovaire de son côté grossit, ses parois extérieures s'épaississent par l'absorption de nouveaux matériaux, et le fruit marche vers la maturité. La culture favorise singulièrement le développement des ovaires, comme on peut s'en assurer en comparant les fruits des arbres cultivés à ceux des sauvageons. Les premiers l'emportent sur les seconds, par leur quantité et leur ipialité. L'odeur cl la saveur ne sont pas créées par la cultuie; elles dépendent du hasard; mais la culture les conserve et les projiage. 11 parait que ces propriétés, de même que la grosseur des fruits, sont singulièrement modifiées, et même souvent tout à fait changées par le croisement des races ; Knigh en cite des e.xemples. Peut être est-ce à celle cause qu'il faut attribuer la saveur peu agréable que prennent les Melons, quand ils croissent près des Courges, etc. Les causes qui inQuent d'une manière plus marquée sur le développement des ovaires, et par suite des fruits, sont au nombre de deux, savoir : le peu de perle qu'ils éprouvent par la transpiration {quoi<|u'ellc ait lieu d'une manière très-sensible, d'après Haies, Du Petit- Tliouars, elc. ), relativement à la grande i|uanlité de sève qu'ils absoibent , et la difficulté qu'éprouve cette dernière à redescendre par l'écorce, à cause des articulations que présentent presque toujours les pédoncules. La pratique confirme cette assertion : en effet, lesjardiniers placent les fruilsdont ils veulent augmenter la grosseur ou accélérer la maturité, à l'abri du vent, cnes]ialier, ou dans des sacs, ou bien ils enlèvent un anneau d'écorce, ou font des ligatures au-dessous d'eux. De la première manière, ils diminuent la tianspiration; de la seconde, ils arrêtent les sucs nourriciers, et les obligent à demeurer dans les fruits.
D'après le beau travail de liérard , sur la Maturation des fruils, ijiséré dans le t. xvi des Annales de Chimie et île Physique, les fruits verts n'agissent pas , comme les feuilles, sur l'air atmosphérique, comme on l'avait cru jusqu'ici. Loin de décomposer l'acide carbonique en carbone et en oxigène, ils transforment, au contraire, quand ils sont frappés des rayons solaires, ainsi que sous l'infltience de l'obscurité, l'oxigène de l'ail' atmosphérique qui les entoure en acide carbonique. L'acide carbonique qui existe dans l'air atmosphérique ne change rien aux produits; dans un air contenant plus d'acide carbonique, les résultats sont les mêmes. Cette absorption d'oxigène est un peu augmentée par l'action de la lumière : aussi, dans un temps donné, les fruits exposés à la lumière décomposent un peu plus de ce gaz. Dans l'obscurilé, le volume de l'oxigène qui disparaît est plus grand que celui de l'acide carbonique produit, tandis qu'au soleil, le volume de l'acide carbonique dégagé surpasse celui de l'oxigène. Cette observation tend à faire croire (|ue, pendant la nuit, une portion de gaz carbonique produit est retenue dans le parenchyn)e, el que le soleil cndélermine le dégagement; de sorte qu'après l'effet successif de la lumière et de l'obscurité, il n'y a aucun changement produit dans le volume d'air. Quelquefois on n'observe pas cet effet tel qu'il vient d'être décrit; d'autres fois on en obseive un tout contraire, mais rarement, à la vérité. Au reste, la différence entre l'oxigène qui a disparu el l'acide carbonique qui le remplace, est toujours fort petite; elle n'excède jamais le cinquième du volume du fruit. Les fruits attachés à l'arbre se comportent de la même manière que les fruils détachés; ils jouissent de ces propriétés dans tout le terme de leur accroissement. Ces fruits, outre cette perte, en font une d'eau, qui est plus grande pendant le jour que pendant la nuit, el qui doit être proportionnelle à la succion. Les graines ont sur l'air une action semblable à celle des fruits; cependant, l'air contenu dans les gousses est de l'air atmosi)héiique; cela tient ù ce que le péricarpe, perméable à l'air, permet qu'il y ait communication entre l'intérieur el l'extérieur. Ainsi, le gaz acide carbonique qui se dégage des graines, ne reste jamais dans les gousses; il est toujours remplacé par un volume égal d'air. Cela paraîtra facile à concevoir, si on se rappelle que les expériences de Dation et Berthollet ont prouvé que les différents gaz se mêlent avec facilité, même dans les circonstances les plus défavorables à un mélange. La transformation de l'oxigène de l'air en acide carbonique, par l'action du fruit, est une fonction indispensable, jiour que sa maturité s'ojtère. Quand on la sup|)rlme par un moyen quelconque, le finit se dessèche el meuit. Si l'on place des fruits dans de l'azote ou de l'acide carbonique pur, enlin , dans des milieux dépourvus d'ox'igène, ils ne mûrissent pas; mais cette faculté n'est que suspendue, et on peut la rétablir en remettant le fruit dans une atmosphère capable de lui enlever du carbone. Cependant, si on les tient trop longtemps enfermés dans des bocaux , quoiqu'ils présentent toutes les apparences de conservation, leur parfum est perdu, on ne leur trouve plus de saveur sucrée; elle est reraiilacéc par une sa-
veur particulière désagréable, qui est la même dans tous les fruits; ils deviennent acides, et cette acidité j est due à l'acide malique. Ne serait-on pas tenté de j croire, d'après cela , que les fruits qui mûrissent par j eux-mêmes lorsqu'ils sont séparés de l'arbre, le font en ' verlu d'une certaine force végétative qu'ils conservent encore; de sorte que si on place un fruit dans une cir- j constance telle que la Maturation ne puisse pas s'opé- ! rer; si on le met, par exemple, dans un milieu dépourvu : d'oxigène, alors il est possible que cette force végéta- ] live puisse être quelque temps suspendue, et se cou- j server dans le fruit, de manière qu'elle reprenne son empire, et détermine la Maturation, quand les circonstances redeviennent favorables; mais si elle a été suspendue trop longtemps, elle s'éteint tout à fait et la Maturation ne peut plus s'opérer. Si le fruit est mûr, il cède encore une partie de son carbone à l'oxigène, mais il laisse dégager, en outre, une grande quantité d'acide carbonique, dont lui seul a fourni les éléments. Ce dégagement n'a lieu qu'après la transformation de l'oxigène de l'air en acide carbonique, car il ne se fait que sur la fin de l'expérience; de sorte que tous les fruits mûrs, que l'on expose à l'air, commencent par transformer une portion de l'oxigène qui les entoure en acide carbonique, et produisent ensuite d'eux-mêmes une grande quantité de pareil acide.
On sait que les sucs des fruits sucrés exposés à l'air, s'y comportent de la même manière; et il est probable que la présence d'une très -petite quantité d'oxigène est indispensable pour déterminer le blessissemcnt des fruits, comme elle est nécessaire pour déterjiiiner la fermentation des sucs sucrés. Il faut bien peu d'oxigène pour opérer ce blessissemcnt; et c'est encore un nouveaupoinl de ressemblance que cette altération présente avec la fermentation de ces sucs. Quand un fruit ne peut mûrir que sur l'arbre, alors sa Maturation ne s'opère pas par un changement chimiciue des substances qu'il contenait pendant qu'il était vert, mais bien par des substances qui lui sont fournies par l'arbre; et s'il paraît avoir perdu la saveur acide qu'il avait avant la maturité, c'est que la grande quantité de sucre qui lui est arrivée, quand il est mûr, masque sa saveur primitive. C'est principalement dans les dernières époques de la maturité, que cette augmentation dans la proportion du sucre a lieu. La matière colorante verte est la seule qui disparaisse. Elle se trouve remplacée par une matière colorante jaune.
Analyse d'abricols à trois époques différentes de leur maturité.
Matière animale. . . 0.76 — colorante verte. 0,04
Ligneux 3,61
Gomme 4,10
Sucre des traces.
Acide malique. . . . 2,70
jaune 0,10
Cliaux.
Eau. .
très-petite quantilédans les trois.
Dans les fruits où la Maturation s'opère hors de l'arbre, on voit aussi la proportion du sucre augmenter beaucoup, et il faut bien ici que ce sucre se forme aux dépens des substances qui existaient déjà dans le fruit. La gomme et le ligneux sont les seuls dont la proportion diminue dans le même temps; il est donc naturel de penser que ce sont les portions de ces deux substances qui ont disparu qui se sont changées en sucre, et comme, de ces deux substances, le ligneux est celle qui contient le plus de carbone, il est aussi plus naturel de croire que c'est au ligneux que l'oxigène de l'air prend le carbone pour se transformer en acide carbonique, fonction indispensable pour la maturité. Couverchel prétend que l'augmentation des sucres, dans les fruits qui mûrissent, est faite aux dépens de tout l'acide et de la matière gommeuse ([ue contiennent ces fruits. Cependant presque tous les fruits rouges augmentent en acidité à mesuie que leur Maturation s'approche. Il est probable que, dans les fruits qui ne peuvent mûrir que sur l'arbre , il se passe aussi, surtout aux dernières époques de la Maturation, des transformations pareilles, en même temps que ces fruits reçoivent de l'arbre une certaine quantité de sucre; mais, sans doute, la quantité de sucre qui se formerait aux dépens du ligneux et de la gomme, ne serait pas suffisante, et c'est pour cette raison que ces fruits ont besoin nécessairement du secours de l'arbre pourque leur Maturation soit parfaite. Enfin, l'altération que le ligneux a éprouvée pendant la Maluration, continue encore après; quand le fruit devient blet, il se colore en brun. Sa décomposition donne lieu au dégagement considérable d'acide carbonique qu'on observe dans les fruits qui blessissent. Le sucre est encore une des substances qui se décomposent pendant le blessissemenl, et c'est à sa disparition partielle qu'il faut attribuer le goût plus fade que prennent les fruits blets. Ce sucre, en se dénaturant, contribue sans doute aussi au dégagement du gaz acide carbonique. Les changements chimiques qui s'opèrent dans les graines au moment de leur Maturation, sont très-différents de ceux (|ui viennent d'être signalés dans les fruits. Elles sont d'abord mucilagineuses, souvent légèrement sucrées; leur maturité n'est parfaite que lorsque la matière sucrée ou mucilagineuseest totalement convertie en fécule. Dans cet état, elles ne contiennent plus d'eau, mais renferment, au contraire, beaucoup de carbone. L'absence d'humidité sert à leur conservation, et à rendre leur densité plus considérable. Par la germination, les graines reprennent l'eau qu'elles avaient perdue; leur fécule passe, par la soustraction de son carbone surabondant, ù l'état de sucre ou de mucilage, nourriture nécessaire à l'embryon; en un mot, les altérations chimiques qu'elles éprouvent alors, suivent un ordre in-
' verse de celles qui se passent pendant leur Maturation. Il n'est donc pas étrange que des graines cueillies avant
1 leur parfaite maturité, germent plus vite, mais ne puis-
! sent conserver longtemps celte faculté. MATUKEA. BOT. /'. Matucrée.
I MATDRITÉ. Maturitas. bot. On nomme communément ainsi l'état où arrivent les fruits et les graines, quand ils ont atteint leur développement complet. A
celte époque, les vaisseaux du pédoncule des fiuils n'ayant plus rien à transporter, s'oblitèrent, et les fruits ne tardent pas à s'en délaclier ou bien à se dessécber. On reconnaît la Maturité des graines en ce qu'alors elles ne renferment plus d'eau liquide, et (|u'elles sont plus lourdes que ce liquide. F. Matcr*tio'v.
MATUTE. Matuta. cbust. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Orbiculaires, établi par Fabricius et ayant pour caractères : troisième article des pieds-mâcboires extérieurs en forme de triangle long, étroit et souvent pointu; tous les pieds aplatis en nageoire, excepté les serres. Ce genre diffère de celui d'Oribyepar les pieds, dont la dernière paire seulement est en nageoire dans ce dernier; il est distingué des Corestes, Leucosies, Ilépales et Mursies, parce que ceux-ci n'ont aucun de leurs pieds terminé en nageoires. Le test des Matutes est déprimé, presque en forme de cœur tronqué en devant, avec les côtés arrondis antérieurement, dilatés en forme d'épine forte, saillants vers leur milieu, resserrés et convergents ensuite ou vers leur extrémité poslérieuie. Les yeux sont portés sur des pédicules assez longs et logés dans des fossettes transverses; les antennes extérieures ou latérales sont beaucoup plus petites que les intermédiaires, et insérées près de leur base extérieure; le deuxième article des pieds-mâcboires extérieurs est triangulaire, allongé, pointu, prolongé jusqu'aux antennes ou jusque sur le cliaperon; les derniers articles des mêmes pieds-mâchoires sont enliùrenient cacliés par leurs articles précédents. La cavité buccale est terminée en pointe. Les pinces des serres sont épaisses, tuberculées, dentelées et presque en crête; l'espace pectoral compris entre les pattes est ovale; la queue des mâles est composée de cinq lableLles dont celle du milieu plus longue; celle de la femelle en a sept. Ce genre se compose de quatre ou cinq espèces; elles sont toutes propres aux mers des Indes-Orientales et de la Nouvelle- Hollande.
Matdte vainqueur. Matuta viclor, Fabr. , Bosc, Herbst (Cane., lab. 0, lîg. 44). Long de près d'un pouce et demi; milieu du chaperon bidenlé; corps blanchâtre, parsemé vaguement d'un très-grand nombre de points rouges; pinces des serres ayant une épine très-forte sur le côté extérieur et près de la base; second segment de la queue terminé par un bord aigu très-dentelé. Il se trouve dans la mer Rouge et aux Indes- Orientales.
Matute planipède. Matuta planipes, Fab. Il ressemble au précédent; mais ses points rouges sont disposés en une multitude de petiles lignes ondulées. De rile-de-Franee.
MATUTl. OIS. Espèce du genre Marlin-Pêclieur. f-'. ce mol.
MAUBÈCHE. OIS. Espèce du genre Bécasseau, dont Cuvier a fait le type d'un sous-genre distinct.
On a aussi appelé Maudéche grise, le jeune Sanderling variable (F. Saisderlikg); et Madbèche tachetée, le jeune Bécasseau Canut. {A^. Bécasseau.)
MAUCE. OIS. L'un des noms vulgaires des Mouettes. /'. ce mot.
MAUCHARTI A. bot. Le genre instilué sous ce nom par
Necker, dans ses Eiementa, n» 286, n'a pas été adoplé par De Candolle qui, dans son Prodromus, vol. 4, p. 104, fait du Mauchartia de Necker, le type de la première section de son genre Helosciailium.
MAUDUI.BOT.SynonymevuIgairedePapave/vff/jeac/dos. y. Pavot.
MAUDUYTIA. BOT. Commerson, dans ses manuscrits et dans son Herbier, donnait ce nom â un genre qui appartient à la famille des Simaroubées de De Candolle, et qui a reçu plusieurs autres dénominalions, telles que Samadeia, ll^itmannia et Niota. Celte dernière imposée par Lamarck a prévalu, y. Niota.
MADGHANIA. BOT. Pour Moghania. F. ce mol.
MAUHLIA. BOT. Dabi et Thunberg ont publié sous ce nom un genre déjà constitué par Adanson qui l'appelait Mumon. Le Crinnin Àfricamim, L., différent des autres Ciinum par son ovaire libre, en élait le type. Ce genre a encore été reproduit par l'Héritier et Willdenow sous la nouvelle dénomination iVAgapanthusi\»\ a prévalu, r. Agapawthe.
MAULIN. BAM. Molina (dans son Histoire naturelle du Chili) décrit ainsi ce Rongeur nommé aussi par lui grande Souris des bois : son poil ressemble à celui de la Marmotte; mais il a les oreilles plus pointues, le museau plus allongé; cinq dolgls à chaque patte, et la queue plus longue et mieux fournie de poils; il a les dénis semblables, pour le nombre et la disposition, à celles de la Souris, et il est du double plus gros que la Marmotte. Cette description incomplèle ne suffit pas pour qu'on puisse déterminer à quel genre le Mauliu appartient réellement; quebiues auteurs ont cru pouvoir cependant le placer parmi les Marmottes ; tel est particulièrement Shaw qui lui a donné le nom d'Jrctomys Maulina.
MAUNEIA. BOT. Ce genre établi par Du PetitThouars {IVov. Gen. Madag., p. G, n» 19) appartient à l'Icosandrie Monogynie, L.; mais ses rapports nalurels ne sont pas déterminés, quoiqu'on ait dit qu'il offre quel([ue atfinilé avec le genre Flacouitia. Les Heurs sontsolilaireset axillaires; leur calice est plan, divisé dans sa partie supérieure en cinq lobes; la corolle manque; les étamines sont en nombre indéfini, insérées sur le calice; l'ovaire est supère, surmonté d'un style plus long ([ue les étamines et terminé par trois stigmates. Le fruit consiste en une baie ovale, acuminée par le style persistant, contenant trois graines dont quelquefois deux avortent, ombiliquées à leur base, munies d'un endosperme charnu, d'un embryon plan,verdàtre, renversé, ayant la radicule épaisse et courte. L'espèce qui forme le type de ce genre n'a pas été décrite : c'est un arbrisseau indigène de Madagascar.
MAURANDIE. Maurandia. bot. Genre de la famille des Scrophularinéeset de la Didynamie Angiospermie, L., offrant pour caractère essentiel : calice à cinq divisions profondes, presque égales; corolle ringenle, dont le tube est renflé et agrandi à sa partie supérieure; le limbe a deux lèvres : la supérieure droite et à deux lobes, l'inférieure beaucoup plus grande, à Irois lobes presque égaux; quatre étamines didynanies non saillantes, ayant leurs filels calleux à la base, et leurs anlhères à deux loges écartées; ovaire supérieur sur-
monte d un style et d'iiii stiRmate en massue; ca|)Siile ovale, hiloculaire, s'oiivrant à son sommet en dix dents. Ce genre a reçu d'antres dénominations : Cavanilles {Icon. rar.,% lab. 11C) l'a nommé Usleria , et Rotli (Calalect. Bot., 2, p. CtA) lîeichardia; mais la plupart des auteurs ont adopté le nom de Mauratulia proposé par Jacquin.
Macrakdie grimpante. Maurandia semperflorens, Jacf).; Usleria scandens, Cavan., loc. cil. C'est une plante dont les tiges, presque ligneuses, sont grimpantes, glabies, cylindriques, divisées en rameaux trèsétalés, les inférieurs opposés, les supérieurs alternes, garnis de feuilles hastées, glabres, d'un vert clair, à pétioles filiformes et s'accrochanl aux plantes qui les avoisinent. Les Heurs sont axillaires, pendantes, solitaires, d'un pourpre violet, et portées sur des pédoncules flexueux. Cette plante est originaire du Mexique; elle fleurit en Europe, dans les serres tempérées, pendant la plus grande partie de l'été.
Une seconde espèce très-voisine de la précédente a été d'abord décrite et figurée par Willdenow ( Hort. BeioL, 2, p. 8, t. 85) et ensuite par Kuntb (Nov. Gen. et Sp. Plant, cequin., 2, p. 362) sous le nom de Maurandia antirrhiniflora. Elle croit au Mexique, dans la vallée de Saint-Jacques.
MAURE. MAM. Espèce du genre Guenon. A', ce mot.
MAURE. REPT. Espèce du genre Couleuvre. A', ce mot.
MAURELLE. BOT. Nom vulgaire du Croton tinctorium, L.
MAURES, iws. Les amateurs donnent ce nom aux Papillons du genre Satyre, qui ont les couleurs obscures et même noires. Ils habitent en général les lieux agrestes, y. Satyre.
MAURESQUE, jioll. Nom vulgaire et marchand de VOliva Maura, L. F. Oiive.
MAURET on MAURETTE. bot. Le fruit du Vaccinium Mxrtillu.^. F. Airelle.
MAURIE. Mauria. bot. Genre de la famille des Téréliintliacées, établi par Kunth qui le caractérise ainsi: des fleurs hermaphrodites ou quelquefois peut-cire polygames, présentant un calice petit, urcéolé, divisé «n quatre ou cinq lobes et au dessus d'eux, tapissés en dedans par un disque orbiculaire, quatre ou cinq pétales insérés au calice sur le contour du disque, élargis à la base, égaux entre eux; des étamines en nombre double, insérées de même et beaucoup plus courtes que les pétales; un ovaire libre, sessile, uniloculaire, conten.intun seul ovule pendu un peu latéralement vers le sommet de la loge; un stigmate sessile, épais, à trois ou cinq angles saillants. Le fruit, comprimé et accompagné à la base du calice persistant, a la forme d'un ovoïde légèrement oblique; son péricarpe se compose d'une cl^iir peu épaisse et d'un endocarpe mince : la graine, oblongue et comprimée, offre sous une timii(ue simple et membraneuse, un embryon dépourvu de périsperme, dont les cotylédons sont plans et dont la radicule, recourbée, se dirige un i)eu de haut en bas vers le point d'attache. Ce genre renferme deux espèces ; ce sont des arbres du Pérou, à feuilles éparses, simples ou composées d'une ou deux paires de fo-
lioles terminées par une impaire, coriaces, dépourvues de points glanduleux, ainsi que de stipules. Les fleurs, d'une couleur blanche rosée, sont disposées, vers le sommet des rameaux, en panicules axillaires ou terminales et accompagnées de bractées (F. Humb. et Bonpl., Kunth,Afot'.Gen.c< J'/).,vol. vii,pl. 11, tab. 60Ô-60S).
MAURITIE. Mauritia. bot. Genre de la famille des Palmiers et de la Diœcie Hexandrie, L., établi par Linné fils (Supplem., 434), et ainsi caractérisé : fleurs dioïques formant un régime rameux et couvert d'écaillés; les fleurs mâles pourvues d'un double calice, l'extérieur à trois dents, l'intérieur ù trois divisions profondes; six étamines ; les Heurs femelles ayant un ovaire à trois loges, qui devient un drupe monosperme, couvert d'écaillés imbriquées. Le Mauritia flesnosa, L. fils, loc. cit., croît sur le continent de l'Amérique méridionale, à la Guiane, aux bouches de l'Orénoque et dans les provinces de Cumana et de Caracas. Il a été cité sous le nom de Palmier Sache par Barrère, ainsi que par Aublet. Dans ses Tableaux de la nature. Humboldta donné la description et l'histoire de ses qualités bienfaisantes. Le tronc de ce bel arbre s'élè\e jusqu'à environ huit mètres de hauteur, et il est garni au sommet de frondes en éventail; il forme dans les lieux humides de superbes groupes d'un vert frais et brillant; et son ombre conserve aux autres arbres un sol humide, ce qui fait dire aux IndicHs que ce végétal attire et retient l'eau autour de ses racines. L'existence d'une peuplade entière est pour ainsi dire fondée sur celle de ce Palmier. Aux bouches de l'Orénoque, dans la saison où ce fleuve inonde le pays, les Guaranis tendent du tronc d'un arbre à l'autre des nattes tissues avec les nervures fibreuses des feuilles de Muurilia, sur lesquelles ils construisent leurs habitations. La moelle du tronc de l'individu mâle renferme à une certaine époque de la fécule analogue à celle du Sagou ; la sève de cet arbre fournit par la fermentation une liqueur douce et enivrante; enfin ses fruits encore frais, recouverts d'écaillés comme les cônes de Pin, fournissent une nourriture variée, selon qu'on en fait usage après l'entier développement de leur principe sucré ou lorsqu'ils ne contiennent encore qu'une pulpe abondante.
Une seconde espèce de ce genre a été mentionnée par Hiimboldt sous le nom de Mauritia aculeala; elle se distingue de la précédente par son stipe épineux, et elle croit sur les rives du Heuve Atabapo.
MAUROCENIA. bot. Ce nom générique a été d'abord imposé par Linné, dans VHorlus Cliffortianus, à une plante d'iithiopie qu'il a depuis réunie au genre Cassiiie. V. ce mot.
MAUROMARSON. bot. Synonyme ancien de Ballota tiigra. F. Ballote.
MAUSSANE. bot. L'un des noms vulgaires du t'iburnum Upulus, dans certains cantons de la France.
MAUVE, ois. Nom vulgaire de plusieurs espèces du genre Mouette. V. ce mot.
MAUVE. Malva. bot. Ce genre qui a donné son nom à la famille des Malvacées, et qui appartient à la Monadelphie Polyandrie, L., offre les caractères suivants : calice double, dont l'extérieur ou involucre à trois et
rarement à cinq ou six folioles élroiles; l'inlérieur à cinq divisions soudùes par la base; cinq pétales échancrés au sommet et subcoriliformes; étamines nombreuses monadelplies; carpelles capsulaires, nombreux, incléhiscenls, réunis circulairement à la base du style. Le nombre des espèces de ce genre est fort considérable. Elles ont été distribuées par De Candolle [Prodrom. Syst. Feget., i, p. 430) en quatre sections, ainsi qu'il suit :
Sect. 1. Malvastrcm. Carpelles uniloculaires, monospermes. Cette section se compose d'un si grand nombre d'espèces, que pourarriverfacilementàleurdiagnostic, le professeur De Candolle l'a subdivisée en sept petits groupes, savoir ; 1» Chrysanthœ; fleurs jaunes, presque sessiles dans les aisselles supérieures, et quelquefois formant une sorte d'épi par la chute des feuilles; celles-ci sont indivises. Les espèces de ce groupe habitent les contrées équinoxiales, principalement celles de l'Amérique. 2° Cy mbalariœ ; fleurs roses ou blanches, soutenues par des pédicelles axillaires; calice externe, à trois folioles; feuilles presque rondes; tiges herbacées. Deux espèces croissent dans l'île de Crèle et en Orient, une autre dans l'ile de Cuba. 3° Bibracteolatœ; ce groupe dont les six espèces croissent dans la péninsule Ibérique, ne diffère essentiellement du précédent que par son calice extérieur à deux folioles. 4" Bismaivœ; fleurs roses ou blanches; pédicelles solitaires, axillaires et uniflores; involucre à trois folioles; feuilles profondément divisées en plusieurs lobes; tige herbacée. Les cinq espèces de cette petite section croissent dans l'Europe méridionale. Deux ( Mnlra ^llcea et moschula, L.) se retrouvent assez loin dans le Nord. 5" Fasciculutœ ; fleurs roses ou blanches; pédicelles uniflores et nombreux dans les aisselles des feuilles; involucre à trois folioles; feuilles cordiformes, à cin(| nervures; tige herbacée. Ce groupe renferme quinze es|)èces qui croissent dans les contrées tempérées des deux continents. G" Capenses; fleurs roses ou blanches; pédicelles solitaires, uniflores, rarement géminés ou ternes et à deux ou trois fleurs; calice extérieur à trois folioles; feuilles anguleuses et lobées; tige ligneuse. Toutes les espèces qui constituent ce groupe croissent au cap de Bonne-Espérance. Elles sont au nombre de <iuinze; mais il est probable que plusieurs d'entre elles sont des hybrides ou des variétés produites par la culture. 7° Mulliflorœ; fleurs roses ou blanches; pédoncules axillaires, mulliflores; involucre à trois folioles; feuilles anguleuses. Les sept espèces de ce groupe croissent au Pérou et au Mexique.
Sect. 2. M^LCCBU. Involucelle à cinq ou six folioles linéaires; cinq carpelles monospermes, distincts et indéhiscents. On n'y compte que deux espèces (Malia liibiscoides et Maiva Boryana) qui croissent à Mascareigne.
Sect. 5. Sph^roha. Carpelles uniloculaires, à deux ou plusieurs graines et formant par leur réunion nu fruit globuleux; pédoncules axillaires, le plus souvent mulliflores. Cette section, susceptible d'être érigée en un genre distinct, se compose de cinq espèces, dont trois indigènes de l'Amérique, et une du cap de Bonnc-
Sect. 4. MoDioiA. Carpelles bivalves à deux graines, les valves surmontées de deux barbes rentrant intérieurement et partageant, pour ainsi dire, les carpelles en deux demi-loges; pédicelles axillaires, uniflores; tige herbacée, couchée ou diffuse. Celte section, formée de cinq espèces américaines, avait été considérée par Mœnch comme un genre distinct. Toutes les Mauves possèdent au plus haut degré les qualités mucilagineuses et adoucissantes de la grande famille dont ce genre est le type.
Macve sauvage. Malca sylrestris, L. Sa racine est pivotante; il s'en élève des liges dressées, rameuses, hispides, haules de trois décimètres et plus; ses feuilles sont alternes, très-longuement péliolées, réniformes, à cinq ou sept lobes peu profonds, très-oblus et crénelés. Les fleurs sont purpurines, au nombre de trois à cinq dans les aisselles des feuilles, portées chacune sur un pédoncule long et gréle. Cette espèce, que l'on nomme vulgairement grande Mauve, se trouve le long des haies et dans les bois où elle fleurit aux mois de juin et juillet. Mauve a feuilles rondes. Malva rolun(lifolia,l,.Sa lige est un peu pubesccnte, divisée en rameaux étalés, ascendants et longs de deux à trois décimètres. Les feuilles sont alternes, arrondies, presque rénifoimes, à cinq ou sept lobes obtus et dentés, pubescentes, munies à leur base de deux stipules velues, aigués, entières ou denticulées. Les fleurs sont petites, blanchâtres ou purpurines, portées sur des pédoncules au nombre de trois ou quatre, situées à l'aisselle des feuilles. Cette piaule est très-commune sur le bord des chemins et dans les champs; elle fleurit pendant presque tout l'été.
Les fleurs de ces deux espèces sont fréquemment employées en infusion théiforme , comme adoucissantes, dans les inflammations des bronches, de la trachéearlère, etc. Leurs feuilles et leurs tiges jouissent des mêmes propriétés, itiais on en fait principalement usage pour les fomentations, les lotions et autres topiques externes.
MAUVE EN ARBRE, bot. Synonyme vulgaire de VHibiscus syiiacus. y . Ketmie.
MAUVE DES JUIFS. BOT. Nom vulgaire de la Corète potagère. V. ce mot.
MAUVE ROSE. Synonyme vulgaire de AUhea rosœa. V. Guimauve.
MAUVETTE ou MAUVIN. bot. Noms vulgaires de divers Géraniers, particulièrement les Géranium malacoides et rotnndifotium , dans le midi de la France. MAUVETTE BRULANTE, bot. Synonyme vulgaire de Orchis usiulata, L. f^. Orcbide.
MAUVIARD. ois. Synonyme vulgaire de Mauvis. ^\ Merle.
MAUVIETTE, ois. Nom vulgaire de la Grive et de l'Alouette des champs. F. Merle et Alouette. MAUVIS. OIS. Espèce du genre Merle. T. ce mot. MAUVISOUE. bot. Pour Malmviscus. f^. ce mot. MAVACURÉ. bot. Liane indéterminée que Humboldt etBonpland soupçonnent êlre une Rubiacée, et Jussieu appartenir au genre Coiiaiia; elle a le port d'un PUyllanlhus, croît dans les montagnes de Quanaya, aux sources de l'un des bras de l'Orénoque, el fournit l'un
des plus violeiils poisons véi^élaiix dont les Indiens se servent pour rendre les piqûres faites par les flèches à coup sûr mortelles. Ceux-ci distinguent dans ce poison, aussi appelé Curare, deux sortes, celle qui s'extrait de la lige, et celle qu'on obtient des racines. L'une et l'autre, conservées dans des fruits de Ciescentia,se paient, dans les missions de Saint-François, la valeur de huit ù dix jours de travail. Des milliers d'Indiens en consomment tous les jours pour l'attaque ou la défense, sans savoir quel végétal produit le Curare, dont quelques vieillards, au l'ait de sa préparation, ont le monopole. Ce Curare n'est dangereux que dans les blessures, et on l'emploie à la Guiane comme un remède stomachique, y. Cdraré.
MAXl.MIl.IANE. Maximiliana. bot. Nouveau genre de la famille des Palmiers et de la Monœcie Hexandrie, établi par Martius (Gea. et Spec. Plant. Brasil., t. 91- 93) qui l'a ainsi caractérisé : Palmier monoï(|ue; spathe simple; Qeurs sessiles. Les fleurs mâles offrent un calice à trois folioles, une corolle à trois pétales, six étamines et un rudiment de pistil : les fleurs femelles sont composées d'un calice aussi à trois folioles, d'une corolle à trois pétales, d'un ovaire friloculaire, surmonté d'un style court et de trois stigmates réfléchis. Le fruit est un drupe monosperme, dont le noyau a trois pores à sa base; l'embryon est placé dans un des pores à la base de la graine qui est munie d'un albumen homogène. Ce genre se compose de Palmiers élégants, indigènes du Brésil, dont les stipes sont lisses, annelés, et les frondes pinnées; les fleurs sont jaunes, formant des régimes très-rameux.
lUAXlLLAIRE. iMaxillaria. bot. Genre de la famille des Orchidées, dont l'institution est due à Ruiz et Pavon qui en ont observé les premières espèces dans les vastes forêts du Pérou. Ce genre fut d'abord contesté par Swartz qui n'en trouva pas les caractères assez distincts de ceux du genre Dendrobium, pour ne point comprendre dans celui-ci les Maxillaires décrites par les auteurs de la Flore du Pérou. Mais par ces additions qui ont été suivies d'une foule d'autres encore, le genre Dendrobium a pris un accroissement si considérable que son étude offrait les plus giandes difiScultés; la division devint indispensable et dès lors fut admis le genre proposé par Ruiz et Pavon ; il le fut avec d'autant plus d'empressement que de nouvelles espèces adressées au docteur Lindley, lui ont permis de développer avec une précision extrême, les caractères du genre nouveau et de lui assigner décidément un rang dans la méthode. Tel qu'il est caractérisé aujourd'hui, le genre Maxillaire, dont le nom est tiré de la ressemblance qu'offre avec la mâchoire des Mammifères le point de jonction du labelle avec le gynostème, se distingue sufiisamment des autres Orchidées qui ont leurs masses polliniques terminées à leur base, par une candicule diaphane ou par une glande, eu ce que les cinq divisions du périanthe sont presque égales en conformation et en longueur et courbées comme une faucille; que le labelle, articulé par sa base au prolongement du gynostème, est dilaté et trilobé; et ((u'enfin l'appendice maxillariforme du gynostème est recourbé et médiocrement éperonné.
Il faut aux Maxillaires comme à la plupart des Orchidées exotiques, la température de la serre chaude, un composte formé de terreau de bruyère et de détritus des vieux troncs cariés, des arrosements peu copieux, mais assez fréquents; du reste, on garantit les racines d'un excès d'humidité «pii leur serait funeste, au moyen d'un lit de graviers dont on garnit le fond des pois où elles végètent. La culture en panier ou sur des éclats de chêne carié leur est très favorable. La multiplication s'opère par la séparation des pseudo bulbes qui sont régulièrement le produit de la période annuelle de végétation.
Maxillaire peinte. Maxillaria picla, Hook., Bot. Mag.,5\M. Le volume de son pseudo bulbe varie entre ceux d'un œuf de Pigeon et d'un œuf de Poule; il est oblong, ovale, sillonné ou cannelé, d'un vert assez obscur, enveloppé ù sa base d'écailles membraneuses, d'un brun verdàtre, irrégulièrement découpées et frangées en leurs bords; il s'échappe de la partie supérieure et rétrécie de ce bulbe une ou deux feuilles linéaires-lancéolées, en forme de courroie, faiblement nervurées, coriaces, aiguës, d'un vert agréable, longues de neuf à dix pouces et larges de six à sept lignes. La hampe nait de la base latérale du pseudo-bulbe; elle est uniflore, cylindrique, verle, longue de quatre pouces, assez grêle, munie inférieurement de deux écailles bractéi formes, brunâtres et engainantes vers le milieu de leur longueur, et d'une troisième d'un vert très-pâle à l'origine de l'ovaire. La fleur est grande; les cinq divisions du périanthe sont presque égales, très -élégamment développées et se recourbant vers le centre; elles ont près d'un pouce et demi de hmgueur, sur quatre lignes de large; leur surface extérieure est d'un blanc verdàtre, irrégulièrement pointillée de pourpre; l'intérieure est jaune, avec des points également pourprés, mais beaucoup plus nets. Le labelle est trilobé, à bords latéraux un peu roulés, l'intermédiaire terminé brusquement par un prolongement rétus; sa couleur est le blanc jaunâtre avec quelques traits graphiques, pourprés et jaunes. Le gynostème est demi-cylindrique, entièrement d'un pourpre violet, à l'exception des loges de l'anthère qui sont blanches. L'anthèie est hémisphérique, avec les quatre masses polliniques jaunes, presque ovales et connées à leur base. La glande est linéaire, étendue transversalement, avec les deux extiémités aiguès et recourbées annulairement. Des forêts montagneuses du Brésil.
Maxillaire a fleurs serrées. Maxillaria squalens, Bot. y1/a^., 2955; Dendrobium squalens, Bot. Regist., 897; Xylobiitm squalens, Sweet, Hort. Brit. éd. ait., 489. Les pseudo-bulbes sont ovales, oblongs, d'un vert obscur, presque entièrement recouverts d'écailles membraneuses, engainantes, divisées longitudinalement mais sans être totalement séparées, d'un gris brunâtre et tachetées de noir; du sommet de chacun de ces pseudo bulbes partent deux feuilles lancéolées, plissées, acuminées, rétrécies en manièie de pétiole ù leur base, d'un vert un peu obscur en dessus, tirant sur le glauque en dessous, longues de huit à douze pouces, larges de dix-huit lignes. La hampe s'élève de la base latérale du pseudo-bulbe, elle est longue de quatre à