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sa base; une capsule à trois coques dispermes. Le il/enarda cryplophila de Commerson a été rencoiilré à Madagascar, où croît aussi une espèce de Phyllanthus qui paraît congénère, le Phyllanllms muUiflora de Poiret. C'est un arbuste à rameaux opposés ou plus rarement alternes, de même que les feuilles qui sont entières, glabres, stipulées. Les Heurs sont axillaires, portées sur de longs et grêles pédoncules munis de bractées à leur base, solitaires ou réunies, en petit nombre, les femelles avec les mâles, y. Adr. de Juss., Euphorb., p. 23, tab. 0, n» 18.
MENDÉZIE. Mendezia. bot. Genre de la famille des Synantliérées, tribu des Sénécionides, institué par le professeur De CandoUe, pour une plante nouvellement observée au Mexique. Caractères : capitule mullillore, radié; fleurons du rayon en petit nombre, femelles, ligules, disposés sur un seul rang; ceux du disque sont herniaplirodiles par avorlement, (ubuleux et à cinq dents; squammes de l'involucrepeu nombreuses, ovales, obtuses, imbriquées sur deux ou trois rangs; réceptacle petit, conique, à paillettes membraneuses, oblongues et compliquées; corolles du rayon tardivement décidues et elliptiques : celles du disque menues et trèsglabres; styles du disque rameux et velus au sommet; akènes du rayon assez plans, elliptico-cunéiformes, échancrés au sommet, courtement biaristés, glabres de chaque côté, et déformés sur les bords.
Mendézie bicolore. Mendezia bicolor, De Cand. C'est une plante herbacée, annuelle, trichotonie, à tige cylindrique et pubescente; à feuilles opposées, oblongues-linéaires, entières et piibérulentes. Les capitules sont solitaires à l'extrémité de la tige ou de ses ramifications; les fleurs du rayon sont d'un jaune pâle et celles du disque d'un jaune safrané.
MENDOLE. POIS. Espèce du genre Spare. A^. ce mot. MENDONCIA ou MENDOZIA. bot. Vandelli a décrit sous ce nom un genre de la Didynamie Angiospermie, L., qui offre pour caractère essentiel : un calice à deux grandes folioles persistantes; une corolle monopétale, irrégulière, dont le tube est renflé à son orifice, et le limbe divisé en cinq lobes arrondis, ouverts; quatre élamines didynames; un ovaire supérieur surmonté d'un style et d'un stigmate bifide; un drupe nionosperme.Ce genre ne se composait d'abord que dune seule espèce dont les tiges sont grimpantes, les feuilles velues, ovales, aiguës; le calice et les pédoncules sont velus. Ruiz et Pavon, dans leur Systema Flor. Periiv., p. 158, ont enrichi ce genre (qu'ils ont écrit Meiulozia) de deux espèces qui croissent dans les grandes forêts du Pérou, savoir : Mendozia aspera et Mendozia racemosa.
MENDOZIA. BOT. (Ruiz et Pavon.) Pour Mendoncia.
MENDYA. BOT. Ce nom est celui que porte à Ceylan un arbre que Burmann, dans son Thésaurus Zeylaniciis, a décrit et figuré comme une espèce de Laurier. Un autre arbre, dont le bois dur et flexible, sert à faire des arcs, porte aussi à Ceylan le nom de Mœndia ou de If^aeimœndia. Linné l'a décrit dans sa Flora Zeylanica, sous le nom d'-^pocyno - Neriitm. C'est un végétal voisin du Nerium, et qui appartient à la famille des Apocynées.
MENEGHINIE. Meneghinia. bot. Ce genre de la famille des Aspérifoliées, d'EndIicher, et institué par lui, ne diffère point du genre Dioclea de Sprengel. K. Dio-
CLÊE.
MENELAS. ifis. Nom spécifique d'une espèce de Lépidoptère du genre Papillon.
MÈNE. Mené. pois. Le genre formé sous ce nom par Lacépède, aux dépens du genre Zetis, se dislingue des véritables Zées par un museau singulièrement retiré, mais susceptible d'un rapide déploiement en avant, qui permet de saisir les insectes, mollusques et pelits Poissons qui passent à distance; par leur corps extrêmement comprimé; par leur ventre tranchant et son bord très-convexe vers le bas; par le développement des os de l'épaule et du bassin, tandis que la ligne du dos est presque droite, ce qui recule les ventrales en arrière des pecloiales. Ces Poissons, dont on ne connaît jusqu'ici qu'une espèce , se trouvent dans les mers des Indes et de la Chine.
Mène TACHETÉ ou AnnE-CAROLiKE. Mené maculatus; Zeus maculatus , Bl.; Mugilomore Anne -Caroline, Lac. Il est d'un blanc argentin; son dos est d'un bleu d'azur; ses yeux sont grands et d'une belle couleur d'or. Toutes les nageoires sont accompagnées d'une membrane adipeuse double, longue, égale dans la dorsale et l'anale, inégale dans les pectorales et les ventrales. Taille, vingl-deux pouces, b. 34, p. 18, v. 13, c. 10.
MEKERITAlilA. bot. Ce genre, institué par Herman {Zeyl. 24) pour une plante de Ceylan, a été ensuite réuni au genre Isachne de Robert Brown. F. ce mot.
MÉNESTORIE. Menesturia. bot. Genre de la famille des Rubiacées, établi par le professeur De Candolle dans le 4« vol. de son Prodr., p. 390. Ce genre a pour caractères: tube du calice globuleux; son limbe divisé en cinq parties linéaires, presiiue subulées, aiguës et distantes; tube de la corolle long et cylindrique, s'épauouissant en cinq lobes courts, ovales et acuminés : l'oiifice est presque nu; cinq anthères oblongues, sessiles, entre les divisions du limbe; style filiforme; stigmate inclus et bifide, à lobes linéaires; ovaire à deux loges, à placentaires polyspermes, soudés à la cloison. Le fruit est une baie presque sèche, aréolée au sommet par les lobes décidus du calice; les graines sont trèspetites et aptères. Menestor, à la mémoire duquel a été dédié ce genre, est cité par Théophraste, comme trèsprofond en physiologie végétale. On connaît maintenant quatre espèces de Méneslories; ce sont des arbustes du Népaul, sans épines, à feuilles opposées, accompagnées de stijiules promplemen t décidues ; leurs fleurs sont réunies en corymbes terminaux.
MÉNESTORIE RIGIDE. Meiiesloria rigida, De Cand. C'est un arbrisseau déprimé, très-branchu et rigide; ses feuilles sont réluses, en coin, mucronulées et glabres; ses stipules sont ovales et acuminécs; les divisions du calice sont subulées; la corolle est partagée en cinq lobes atténués au sommet. Don avait considéré d'abord cette espèce comme devant appartenir au genre Gardénia.
MENGITE. MIN. Nom donné par Brooke à une substance terreuse, découverte par Menge dans les environs de Minsk, où elle se trouve en cristaux associés
au Feldspath compacte et au Mica, dans une roche granitique; sa forme primitive est un prisme rhomboïdal oblique, dont les arêtes de la hase sont aux arêtes latérales dans le rapport de 13 à 18. Sa couleur est le hrun-rouge; sa dureté est intermédiaire entre celles de la Chaux phosphatée et du Feldspath; sa pesanteur spécifique est 4,88; elle ne présente pas de clivage, et sa cassure est inégale.
MÉNIANTHE. bot. f^. MÉfiYAîVTnE.
MENICHEA. bot. (Sonnerat.) f^. Stravadieh.
WÊMLITHE. Hiiv. Pechstein de Ménil Montant; variété de Quartz-Résinite, ou d'Opale commune, que l'on trouve en masses tuberculeuses dans le Schiste happant {Klebscliiefcr àe Werner), que l'on a regardée comme une Marne argileuse feuilletée, et que l'on considère aujourd'hui, d'après son analyse, comme une Magnésite opalifère.
MÉNIME. MAM. (Vicq-d'Azyr.) Pour Mémina. f. ce mot.
MÉNINTING. OIS. Espèce du genre Martin-Pêcheur. ^. ce mot.
MÉNIOQUE. Meniocus. bot. Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliculeuse, L., établi par Desvaux (Journ. de Botan., 3, p. 173), adopté par De Candolle (Syst. Feget. tiat., 2, p. 323) qui l'a ainsi caractérisé : calice dont les sépales sont égaux à la base; pétales entiers; les deux plus grandes étamines munies d'une dent sur le milieu de leurs filets; silicule elliptique, presque obovée, comprimée, plane, sans rebord, surmontée d'un style court, filiforme, ù valves planes et à cloisons membraneuses; six à huit graines dans chaque loge, disposées sur deux rangs, comprimées, non bordées, à cotylédons accombanls. Ce genre est formé aux dépens de VAlyssiim dont il ne se dislingue que par un plus grand nombre de graines dans chaque loge, par ses silicules glabres et par un port particulier. Le Meniocus linifolius, DC. et Deless. (Icon. Select., 2, tab. 42), Alyssum linifolium, Steph. et Willd., Alyssum linearifolium, Lagasca, est la seule espèce du genre. Celte plante est herbacée, annuelle, quoique frutescente à la base, totalement couverte d'un duvet court et composé de poils étalés, ti èsrameuse, à feuilles linéaires, entières, et à fleurs blanches , trèspetites, disposées en grappes terminales. Elle croit dans la Russie européenne méridionale, dans la chaîne du Caucase, en Syrie, et elle se représente dans quelques contrées de l'Europe orientale voisines de la Méditerranée, telles que les provinces lllyriennes.On la trouve aussi dans le royaume de Valence, en Espagne.
MÉNIPÉE. Mem'pea. polyp. Genre de l'ordre des Cellariées dans la division des Polypiers flexibles, ayant pour caractères : Polypier phytoïde, rameux, articulé; cellules ayant leur ouverture du même côté, et réunies plusieurs ensemble en masses concalénées. Lamouroux a réuni dans ce genre un petit nombre de Polypiers cellulifères, articulés et flexibles, remarquables par la situation de leurs cellules. Les Ménipées naissent d'une multitude de petits filaments flexibles, fixés aux corps sous-marins; les piemières articulations paraissent bientôt sur ces petits filaments, et le Polypier s'élève en se ramifiant par dichotomies très-nom-
breuses et très-rapprochées, chaque articulation donnant constamment naissance de sa partie supérieure à deux autres articulations; celles-ci ont, en général, la forme d'un coin à sommet tronqué , et dont la base est en haut; elles sont d'une substance presque entièrement calcaire, luisante et se cassant facilement; elles sont réunies entre elles par des faisceaux fort courts de petits tubes capillaires flexibles, et qui se rompent difficilement. Les articulations sont aplaties ; une de leurs faces est légèrement convexe et striée longitudinalement, l'autre est plane ou un peu concave, et présente des ouvertures de cellules; celles-ci sont ovalaires, quelquefois fermées par unemembrane diaphane; dans les espèces oti il y a plusieurs cellules sur une articulation, elles sont placées sur deux ou trois rangs transversaux; elles se prolongent dans l'épaisseur de l'articulation qui semble constituée par la réunion de leurs parois. Il est nécessaire de remarquer que les faces des articulations où se trouvent les ouvertures des cellules, sont toutes tournées du même côté. Presque toutes les Ménipées ont leurs rameaux crépus ou recourbés en panache du côté de l'ouverlure des cellules, et loin de se redresser dans l'eau, elles s'y courbent encore davantage. Elles vivent dans les mers équatoriales, attachées sur des Fucus ou autres corps marins. Ce genre renferme les Menipea cinata, flabcUitiit, flocosa et hyalea.
MÉMSClER.7l/<;«iscîM>n.B0T. (Fougères.) Genre de la tribu des Polypodiacées, caractérisé particulièiemen t par des capsules disposées en groupes lunules le long des nervures secondaires, transversales, qui unissent les nervures principales. Ces groupes de capsules ne sont recouverts par aucun tégument; et par leur nombre et leur régularité, ils donnent à la surface inférieure des frondes fertiles un aspect réticulé qui fait immédiatement reconnaître ce genre. On n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces ; elles ont les frondes trèsgrandes, une seule fois pinnées à pinnules très allongées. La plupart croissent dans l'Amérique équaloriale; une seule est arborescente, Meniscium arborescens; elle a été observée par Humboldt et Bonpland près de Caripe, dans la Nouvelle-Andalousie; sa tige s'élève à six pieds environ; les frondes sont pinnées, à pinnules de plus d'un pied, linéaires, lancéolées, presque sessiles, crénelées, parfaitement glabres. Ce genre se rapproche, surtout par ses caractères, des Hémionites; mais il en est bien distinct par la disposition de ses nervures qui déterminent celle des capsules, et par son port.
MÉNISCOIDE. Meniscoidens. bot. Organe dont la forme affecte celle d'un croissant.
MENISCOTIA. BOT. Genre nouvellement proposé par Blume , dans les Mémoires pour servir à la Flore de l'Inde hollandaise, publiés à Batavia on 182S, et qu'il regarde comme voisin de la famille des Ménîspermées. Il lui assigne les caractères suivants; fleurs polygames; les mâles offrent un petit calice à quatre ou cinq dents; quatre ou cinq pétales sur deux rangs; cinq étamines opposées aux pétales, et adhérentes à ceux-ci par la base; un rebord membraneux, couit, à cinq dents, entourant la base d'un ovaire didyine et stérile. Les fleurs
liermaphrodites sont composées d'un calice, d'une corolle et d'élauiines comme dans les fleurs mâles, et d'un ovaire didyme à deux sligmates trèsoblus. Le fruit est formé de deux baies drupacées (réduites quelquefois à une seule par avorlement), réniformes, comprimées et raonospermes. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce , MetiiscoHa Javanica, arbuste grimpant, qui croît à Java, dans les montagnes de Salak, Seribu, etc. MÊNISPERME. Memspeimum. bot. Type de la famille des Ménispermées. Ce genre, d'après la circonscription qui en a élé faite par les auteurs modernes et en particulier par le professeur De Candolle (Syst. l^eget., 1, p. 539), offre les caractères suivants : les fleurs sont dioïques, le calice se compose de six à douze sépales disposés sur deux ou trois rangs; les pétales sont au nombre de six à huit, formant deux rangées. Dans les fleurs mâles on trouve de douze à vingt-quatre étaraines disposées sur deux, trois, quatre rangs; leurs tilels sont longs, terminés par des anthères quadrilobées; les fleurs femelles offrent de deux à quatre ovaires pédicellés, surmontés d'un style bifide à son sommet. Le fruit se compose de deux à quatre drupes charnus extérieurement, réniformes, arrondis, uniloculaires et monospermes. Les espèces de ce genre sont des arbrisseaux grimpants et sarmenteux, olïranl des feuilles alternes, pétiolées, souvent peltées ou cordiformes et anguleuses, ayant toutes leurs nervures partant en divergeant du sommet du pétiole. Les Heurs sont pédonculées, axillaires ou placées en dehors de l'aisselle des feuilles. Ce genre, auparavant fort nombreux en espèces, ne se compose plus que d'un petit nombre qui croissent dans le nord de l'Amérique et de l'Asie. Parmi ces espèces, on distingue surtout les Menispermum CanaUense et Menispermum Daouhcum. Cette dernière espèce, confondue a\ec\e Menispermum Cunadense, en a été distinguée par le professeur De Candolle, et figurée par Delesseit, dans le premier volume de ses Icônes Seleclœ, t. 100.
Les autres espèces placées antérieurement dans le genre Menispermum, constituent le genre Cocculus. y. ce mot.
MÉNISPERMÉES. Menispenneœ. bot. Famille naturelle de piaules dicotylédones polypélales, à élamines hypogynes, établie par Jussieu, adoptée par tous les botanistes modernes, et offrant les caractères suivants : les fleurs sont petites et de peu d'apparence, unisexuées par avortement et souvent dioiques; le calice se compose d'un nombre vaiiable de sépales caducs, toujours disposés sur deux ou trois rangs de trois ou quatre sépales chacun; il eu est de même de la corolle qui manque quelquefois. Les élamines monadelphes, ou plus rarement libres, sont tantôt en même nombre que les pétales auxquels elles sont opposées, tantôt en nombre triple ou quadruple, également disposées sur plusieurs rangs; les anthères sont extrorses el à deux loges. Dans les Heurs femelles, on trouve tantôt plusieurs ovaires réunis un peu par leur base, et terminés chacun par leur style ; tanlôt on en trouve un seul couronné par plusieurs stigmales; l'ovaire est à plusieurs loges et parait formé de la réunion et de la soudure de plusieurs carpelles uniloculaires. Les fruits
sont presque constamment des drupes monospermes, obliques ou en croissant, comprimés, indéhiscents, contenant une seule graine ayant la même forme que le fruit, formée d'un embryon recourbé, accompagnée quelquefois d'un très petit endosperme charnu, qui manque dans un grand nombre de genres. Les deux cotylédons sont plans, tantôt rapprochés, tantôt écarlés l'un de l'autre, et paraissant en quelque sorte placés dans deux loges ou cellules. Celle famille se compose d'arbrisseaux sarmenteux et volubiles, ayant leurs feuilles alternes pétiolées, le plus souvent entières, pellées ou cordiformes, dépourvues de stipules. Les fleurs sont petites, pédonculées, axillaires ou placées au sommet des ramifications de la tige, et souvent accompagnées de bractées cordiformes, trèsgrandes. Dans le premier volume de son Sysl. f^eget., le professeur De Candolle décrit quatre-vingt-quatre espèces appartenant à cette famille. Parmi ces espèces, six croissent dans l'Amérique septentrionale, vingtdeux dans l'Amérique méridionale, trente-cinq dans l'Inde; sept sont communes à la Chine, au Japon et à la Cochinchine, cinq en Afrique et une en Sibérie.
Les genres qui forment celle famille ont été disposés de la manière suivante par le professeur De Candolle :
t Ménispermées vraies.
a. Feuilles composées.
Lanlizabala, Ruiz et Vason-^Slatintonia, DC; Burasaia, Du Petit Thouars.
|3. Feuilles simples.
Spirospermnm, Du PetitThouars; Cocculus, DC; Pselium, Loiir.; Cissainpelos , L.; Menispermum , DC; Ahuta, Aublel; Jgdestis, DC.
•ft Ménispermées fausses.
Schizandra, Ricli. in Michaux.
MÉSISPERMOIDES. bot. Premier nom donné à la famille des Ménispermées. ^. ce mot.
MÉ^'1SP0RE. Menispora. bot. (Mucédiiiées.) Persoon, dans sa Mycologie Européenne, a donné ce nom au même genre que Link a appelé Camplosporium. Ce genre, intermédiaire entre ceux Molinia, Bolrytis et Actynocladium, est formé par des fibrilles droites, presque en corymbes, portant de petits conceptacles ou sporules linéaires, courbés en croissant.
Ménispore glacqbe. Menispora glaucum. Il croît sur la surface intérieure des écorces tombées du Chêne el du Bouleau. Ce Champignon microscopi(iue est remarquable par ses conceplacles; il forme des taches semblables à de la moisissure, d'une couleur blanchâtre et glauque.
MENJET. MAM. Nom vulgaire de la Belelle, Mustela vulgaris, L. V. Marte.
MENNICHERSTEIN et MENNIGERSTEIN. min. Sorte de Tuf volcanique (Trass) qu'on exploite à Mennich et sur les bords du Rhin, près d'Andernach.
MÉNOBRANCHE. Menobranckus. rept. Harlan a proposé sous ce nom la formation d'un genre nouveau, pour un Reptile qui, selon lui, ne peut rester parmi les Triions, où il a figuré jusqu'ici. Les caractères principaux de ce genre seraient : branchies persistanles;deux rangées de dents à la mâchoire supérieure, une seule à
l'inférieure; quatre pieds; quatre doigts à chaque pieds.
Ménobrancbe latéral. Menobranchus lateralis, Harl.; Triton lateralis, Say. Une ligne noire parlant des narines et passant sur les yeu.t, s'élargissant sur les flancs et se rétrécissant sur la queue. De l'Amérique septentrionale.
MÉNODORE. Menodora. bot. Genre de la famille des Acanthacées, établi par Kuntli (m Humb.et Bonpl. PL œquin., 2, p. 98, t. 110) pour un petit arbuste très-rameux, étalé, à rameaux et à feuilles opposés. Celles-ci sont très-entières, dépourvues de stipules. Le Menodora helianthemoides, loc. cit., a ses Heurs pédonculées, jaunes, solitaires, terminales, sans bractées. Leur calice, turbiné à la base, a son limbe divisé en un grand nombre de lanières étroites, aiguës, presque égales, moitié plus courtes que la corolle. Celle-ci est hypogyne, monopélale, infundibuliforme. ayant son tube cylindrique, sa gorge velue, et son limbe à cinq ou six divisions oblongues, obtuses et égales. Les étamines au nombre de deux , insérées au tube de la corolle, sont plus courtes que son limbe; les anthères allongées, presque linéaires, à deux loges, s'ouvrant par un sillon longitudinal. L'ovaire est libre, obcordiforme, à deux loges, contenant chacune deux ovules attachés à la cloison et superposés. Le style est dressé, de la longueur de la corolle, terminé par un stigmate renflé. Le fruit est une capsule biloculaire, s'ouvrant en deux valves.
Cet arbuste croît sur les collines arides, à une hauteur de près de mille toises au-dessus du niveau de la mer, aux environs du bourg de la Magdeleine, dans le Mexique.
MÉNONVILLÉE. Menonvillœa. bot. Genre dédié à la mémoire de Thierry de Ménonville, voyageur français qui entreprit une expédition aventureuse pour la recherche des Cactes sur lesquels existe l'insecte de la Cochenille, qui en décrivit avec soin la culture, et les transporta du continent mexicain dans les Antilles. De Candolle (Syst. Regn. f'eget. Nat., t. ii, p. 418) est l'auteur de ce genre qui appartient à la famille des Crucifères et à la Tétradynamie siliqueuse, L.; il l'a placé dans la tribu des Thiaspidées ou Pleurorhizées angustiseptées, et l'a ainsi caractérisé : calice ayant les sépales dressés, et deux d'entre eux un peu bossus, en forme de sac à la base ; corolle à pétales linéaires, entiers; six étamines presque égales entre elles ainsi qu'au calice, à filets libres et sans dentelures; silicule portée sur un court gynophore, terminée par un style sillonné et par un stigmate en tête et échancré, à deux logesconvexes sur le dos, et munies chacune, sur lesbords, d'une grande aile, ce qui donne au fruit l'apparence de deux disques appliqués; dans chaque loge une seule graine, ovée, comprimée, non bordée, à radicule ascendante et à cotylédons accombants. Ce genre a quelques rapports éloignés avec les Bisculelles, mais il s'en distingue au premier coup d'oeil par les loges de sa silicule dilatées d'une manière toute différente que dans cet autre genre, car elles ne sont fixées à l'axe ceniral que suivant une ligne droite, et l'expansion aliforme existe sur les côtés de chaque loge ainsi dilatée, de manière à former deux disques parallèles.
MÉNonviLLÉE LINÉAIRE. Metionrillcra linean's. De Cand. et Deless. {Icon. Select., 2, t. 5G). Plante herbacée, qui croît au Pérou et au Chili. De sa racine épaisse s'élèvent, au milieu d'une touffe de feuilles linéaires dont quelques unes sont grossièrement dentées au sommet, plusieurs tiges hautes d'environ trois décimètres, garnies de quelques feuilles linéaires entières, terminées par des grappes de fleurs d'une couleur triste, et portées sur de courts pédicelles.
MÉNOPOME. Menopoma. rept. Genre de la famille des Urodelles, établi par Harlan qui lui avait d'abord donné le nom à^Abranchus. Caractères : des yeux apparents ; une rangée de fines dents autour des mâchoires, et une rangée parallèle sur le devant du palais; opercules persistants et remplaçant les branchies qui manquent dans tous les âges; cinq doigts aux extrémités postérieures, et quatre aux antérieures; le bord du pied frangé; deux doigts extérieurs des pieds aulérieurs palmés.
Mékopome gigantesque. il/enopo»îa gigantea, Harl.; Abranchus alleghaniensis; Salomandra alleghaniensis, Mich.; Salaniandra gigantea, Bart. Têle large, bouclie ample; une ligne noire, passant sous les yeux; corps de couleur d'ardoise; parsemé en dessus de taches obscures; queue comprimée. Cette espèce est Carnivore, extrêmement vorace; elle habite les rivières où elle se nourrit de Poissons, de Vers ou de Crustacés. Dans l'Amérique du nord.
MENOTTE, bot. L'un des noms vulgaires delà Clavaire coralloïde.
MENS. iKS. L'un des noms vulgaires de la larve du Hanneton.
MENSTRUATION. MAa. Écoulement sanguin qui, dans les femelles de certains Mammifères, s'effectue par les organes génitaux, et se renouvelle ordinairement à chaque période lunaire, depuis l'instant o£i la femelle acquiert la faculté d'engendrer, jusqu'à celui où elle s'éteint.
MENTHASTRDM. bot. Synonyme de i)/e»j</io ro<?«wdifolia, espèce du genre Menthe.
MENTHE. Mentha. bot. Ce genre, de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnospermie, L., est un des plus anciennement connus, et de ceux dont les caractères sont les mieux marqués au milieu d'un groupe naturel qui comprend une multitude de genres en général très-difficiles à définir. En efl'et, les Menthes ont leurs fleurs organisées ainsi : calice tubuleux, presque cylindrique, strié, à cinq dents aiguës, dont les deux supérieures sont un peu petites; corolle infundibuliforme, un peu plus longue que le calice, à quatre lobes obtus, presque égaux; quatre étamines légèrement didynames, écartées les unes des autres, et dépassant à peine le tube de la corolle; style grêle, filiforme, saillant hors de la corolle, et terminé par un stigmate bifide. On voit donc que le genre Mentlia est, parmi les Labiées, remarquable par la régularité apparente de ses enveloppes florales; on dit régularité apparente, parce qu'il y a toujours deux lobes un peu inégaux, ce qui entraîne l'inégalité des étamines, et fait que ce genre ne présente point d'exception, sous ce rapport, aux caractères généraux de la famille. Les
Meiilhes se reconnaissent encore facilement à leur inflorescence ; elles ont des fleurs disposées en verlicilles (rès-denses, axillaires, ou en épis. Toutes leurs parties exilaient une odeur pénétrante, généralement trèsagréable, et qui est duc à la présence d'une grande quantité d'iiuile volatile. Les Mentha Puleijium et Cervina, L., qui ont un port particulier, avaient été érigés par Miller en un genre distinct, sous le nom de Pulegium. On ne les considère maintenant que comme une simple section des Menthes, caractérisée par l'orifice du calice fermé de poils, et parla lèvre supérieure de la corolle entière. Le nombre des espèces de Menthes a été porté à plus de soixante; mais comme plusieurs d'entre elles sont difficiles à bien délerminer, on a souvent donné comme espèces nouvelles des plantes qui ne sonl que des variétés sans caractères fixes d'espèces anciennement connues. La plupart des Menthes croissent dans les localités humides et ombragées des pays méridionaux de l'Europe; quelques-unes cependant habitent le nord de l'Amérique, et l'on en rencontre aussi en Egypte et dans les Indes-Orientales.
Mepitbe poivrée. Mentha piperita, Smith, FI. Bn't. 2, p. 615. Sa tige est quadrangulaire, dressée, rameuse, haute de trois à six décimètres, légèrement velue, à rameaux opposés et dressés. Ses feuilles sont ovales, lancéolées, aiguës, dentées en scie, portées sur des pétioles courts et canaliculés. Les fleurs, de couleur violacée, forment à l'extrémité des rameaux un épi court, ovoïde et très-serré. Cette espèce, originaire d'Angleterre, est cultivée abondamment dans les jardins. Son odeur est fort agréable, et sa saveur laisse dans la bouche une vive impression de fraîcheur. On en retire par la distillation une grande quantité d'huile volatile; celle qui autrefois était la plus estimée venait d'Angleterre, mais aujourd'hui on préfère avec juste raison l'huile qui se tire de la Menthe cultivée en Italie et dans les pays méridionaux de l'Europe, lorsqu'on a mis tous les soins convenables dans son extraction. La Menthe poivrée est éminemment excitante; on l'emploie sous forme d'infusion aqueuse, et son eau distillée est le véhicule principal des potions toniques. L'huile volatile sert aux confiseurs et aux liquoristes pour aromatiser leurs pastilles et liqueurs de table.
MENTIANE. bot. L'un des noms vulgaires du Fihurnum Lanlana.
MENTON. zooL. Saillie plus ou moins prononcée que produit la mâchoire, au-dessous de la lèvre inférieure. lUiger donne ce nom, dans les Mammifères autres que l'Homme, à la partie antérieure du bord inférieur de la mâchoire inférieure. Les ornithologistes l'appliquent improprement à la région inférieure de la têle des Oiseaux, comprise entre les branches de la mandibule et la gorge. Les entomologistes considèrent comme Menton, une pièce cornée, plus ou moins grande, formée par un prolongement articulé à la base delà partie inférieure de la tête des insectes; et Strauss donne ce nom à une des deux pièces de la lèvre des insectes, qui s'étend depuis la pièce prébasilaire, jusque vers l'extrémité des mâchoires, en recouvrant les parties internes de ces dernières, jusqu'aux pièces dorsales, qui restent libres sur les côtés. V. Bobche.
MENTZÉLIACÉES. bot. Synonyme de Loasées. r.ce mot.
MENTZÉLIE. Menizelia. bot. Genre de la famille des Loasées et de l'icosandrie Monogynie, établi par Linné, et présentant un calice tubuleux, adhérent avec l'ovaire infère, terminé jiar un limbe à cinq divisions profondes, élalées et égales; une corolle de cinq pélales étalés, égaux, un peu onguiculés; desétamines très-nombreuses, insérées, ainsi que les pétales, à la base du limbe du calice. De ces étamincs, dix sont plus longues que les autres, et placées deux à deux, en face de chacun des pétales. Les filets sont subulés, les anthères à deux loges opposées, s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal. L'ovaire est infère à une seule loge, présentant trois trophospermes pariétaux, saillants, en forme de cloisons, donnant attache par leur côté libre à un petit nombre d'ovules renversés qui se recourbent et s'appliquent contre les faces du trophosperme. Le style paraît formé de la réunion de trois styles soudés, et se termine par un stigmate à trois lobes obtus. Le fruit est une capsule ovoïdeallongée, couronnée par les lobes du calice, et s'ouvrant seulement par son sommet, au moyen de trois petites dents qui s'écartent les unes des autres. Les graines sonl renversées; leur tégument est réticulé et recouvre un endosperme charnu, mince, contenant un embryon dont la radicule est tournée vers le bile. Les Menlzéliessont des plantes herbacées, rameuses, souvent munies de poils rudes. Leurs feuilles sont alternes, dentées, sans stipules; leurs Heurs sont jaunes, solitaires, opposées aux feuilles, ou géminées, réunies plusieurs ensemble et terminales. On en connaît six espèces dont deux croissent dans l'Amérique du nord, savoir : Mentzelia aurea el Mentzelia oligospervia de Nultall ; les quatre autres sont originaires de l'Amérique méridionale; ce sont : Menizelia aspera, L.; Mentzelia hispida, Cavan.; Mentzelia strigosa, Kunth, et Mentzelia scabra, id.
MÉNUCHON £T MENUETS, bot. Noms vulgaires de YJnagallis arvensis, L.
MENUISIÈRES. iNS. V. Xyiocope.
MÉNUUE. Menura. ois. Genre de l'ordre des Insectivores, ainsi caractérisé ; bec plus large que haut à sa base, droit dans presque toute sa longueur, mais incliné vers sa pointe qui est échancrée; arête distincte; fosse nasale grande et prolongée; narines placées au milieu du bec, ovales, grandes et couvertes d'une membrane; pieds grêles; tarses du double plus longs que le doigt intermédiaire, celui-ci et les latéraux étant tous à peu près égaux; l'externe uni jusqu'à la première articulation, l'interne divisé; ongles aussi longs que les doigts, larges, convexes en dessus, obtus; ailes lourdes, concaves; les cinq premières rémiges étagées; les sixième, septième, huilième et neuvième, égales entre elles, et les plus longues de toutes; queue à pennes très-longues, de diverses formes. Ce genre, extrêmement remarquable, n'est formé que d'une seule espèce qui habite la Nouvelle-Hollande, et dont l'organisation et les mœurs sont jusqu'à ce jour si imparfaitement connues, que les ornithologistes sont encore partagés sur la place qu'on doit lui assigner dans les méthodes. Placé d'abord parmi
MÉNT.TRE LYRE .
les Gallinacés sous le nom de Faisan Lyre, ou sous ceux de Faisan de montagne et de Faisan des bois, qui lui sont ordinairement donnés à la Nouvelle-Hollande par les Anglais, il fut ensuite reporté parmi les Tassereaux par tous les auteurs systématiques. Ainsi, suivant Cuvier et Temniinck, il doit être considéré comme voisin des Merles, tandis que Vieillot le rapproche des Calaos; mais le bec est bien réellement écbancré à sa pointe, comme l'ont remarqué Cuvier et Temniinck, quoique d'autres ornithologistes, qui n'ont point aperçu l'échancrure, sans doute à cause de sa petitesse, aient affirmé le contraire. Du reste le Ménure est tellement différent des Merles par d'autres caractères, qu'il est encore bien permis de douter que ses rapports avec ce genre soient aussi intimes qu'on l'a pensé, et de le regarder comme l'un de ces êtres isolés dans la nature, qu'on a coutume de qualifier d'anomaux.
Méni're Lyre. Menura Korœ-Hollandiœ, Latham, désigné aussi par divers auteurs sous les noms de Ménure Porte Lyre, de Ménure Parkinson,de Menura viotjiiifica, et de Menura lyrata. II est de la taille d'un Faisan, et son plumage est généralement d'un brun grisâtre, avec la gorge, les couvertures supérieures et les pennes des ailes d'un brun roux. Mais ce qui dislingue le mâle et le rend, malgré le peu d'éclat de ses couleurs, l'un des plus beaux Oiseaux de la Nouvelle- Hollande, c'est la forme de sa queue composée de seize rectrices; savoir: douze formées par une tige mince et garnie seulement d'un petit nombre de barbes eflBlées, écartées les unes des autres et dirigées parallèlement; deux médianes garnies sur leur côté externe de barbes serrées et étroites, l'interne n'en ayant que quelquesunes très-courtes; deux externes courbées en dehors à la manière des branches d'une lyre, ayant les barbes internes grandes et sériées, et représentant un large ruban; les externes sont très-courtes dans toute leur longueur si ce n'est au bout où elles s'élargissent tout à coup. Celte queue figure très bien dans son ensemble une lyre, les deux pennes externes représentant les branches, et les douze médianes, les cordes de l'instrunienl ; ce qui n'empêche pas que le nom de Lyre donné à l'Oiseau, par plusieurs ornithologistes, comme nom générique, ne soit fort impropre, puisqu'on peut concevoir des espèces toutes différentes du Ménure par la forme de leur queue, mais eu même temps si voisines par tous les caractères essentiels, qu'elles doivent être placées dans le même genre. Ces conditions d'existence sont même pleinement réalisées chez la femelle (jui diffère du mâle par sa queue composée de pennes simplement étagées. et ne présentant dans leur structure rien de remarquable; elles sont d'ailleurs au nombre de seize comme chez le mâle, et non pas de douze seulement, ainsi qu'on l'a toujours dit. L'espèce habile la Nouvelle Hollande où elle vit dans les montagnes. «C'est dans des forêts à' E ucalyptus et de Casiiarina, qui couvrent la surface entière des Montagnes-Bleues, et les ravins qui les divisent, qu'habile principalement, dit Lesson{AnnalesdesSciences naturelles), le Ménure, dont la queue, remarquable par sa rare beauté, est l'image fidèle, dans les solitudes australes, de la lyre harmouieuse des Grecs. Cet Oiseau, nommé Faisan des
bois par les Anglais de Port-Jackson, aime les cantons rocailleux et retirés; il sortie soir cl le matin, et reste tranquille pendant le jour sur les arbres où il est perché. Il devient de plus en plus rare, et je n'en vis que deux peaux pendant toute la durée de mon séjour à la Nouvelle-Galles du Sud.»
MÉNYANTHE. Menyanthes. bot. Ce genre de la Pentandrie Monogynie, L., fut établi et assez bien limité parTournefort. Cependant Linné y réunit le A;)«iphoides de cet auteur, que plus tard on rétablit sous le nom de Fillarsia. Les caractères du genre Menyautlies, tel qu'on l'admet aujourd'hui, sont donc conformes à ceux que Tournefort a exposés. Le calice est partagé en cinq divisions profondes; la corolle est infundibuliforme, son limbe divisé en cinq segments ouverts, hérissés de papilles sur leur face supérieure; elle porte cinq élamines saillantes; l'ovaire est globuleux, surmonté d'un style et d'un stigmate en tête, ii deux ou trois lobes; la capsule est uniloculaire, à deux valves qui portent les graines sur leur milieu. La place de ce genre dans l'ordre naturel n'est pas facile à déterminer. Jussieu l'avait relégué à la fin de ses Lysimacliiées ou Priniulacées; mais il en fut retiré par Yentenat et De Candolle, qui le firent entrer dans la famille des Gentianées. C'est aussi dans ce dernier ordre naturel, mais seulement à la suite des autres genres, que R. Brown a pensé qu'on devait le classer. 11 s'éloigne néanmoins du reste des Gentianées par un caractère important tiré des organes de la végétation. En effet, ses feuilles alternes, trifoliées et dentelées sur leurs bords, s'opposent puissamment à ce qu'on le place définitivement parmi des plantes qui sont surtout remarquables par leurs feuilles opposées, simples et entières. 11 faut ajouter à cette anomalie, celle non moins importante du mode de placentalion des graines, laquelle est dorsale dans le Ményanthe et sulurale dans les Gentianées, et on sera convaincu delà nécessité de créer pour le genre Menyanihes un ordie naturel, fort voisin des Gentianées, mais pourtant suffisamment distinct. Le yuiarsia ne peut être confondu avec lui, à cause de la structure de sa corolle et de son fruit; sous ce dernier rapport, ainsi que par ses feuilles simples, cet autre genre se rapproche davantage des vraies Gentianées.
Mëkyanthe Trèfle d'ew. Menyanthes trifoliata, L. Sa souche est herbacée, rameuse, horizontale, articulée et cylindrique ; à différents points de sa face inférieure elle donne naissance à des fibres radicales blanchâtres. Les feuilles sont alternes, amplexicaules, membraneuses à leur base, portées sur de longs pétioles et composées de trois folioles très glabres, ovales, obtuses, un peu dentelées sur les bords; les fleurs sont blanches ou teintes d'une légère couleur rosée, et elles forment un épi court au sommet d'une hampe allongée, cylindrique et extra-axillaire. On trouve le Trèfle d'eau dans les étangs et autres lieux marécageux de l'Europe méridionale et tempérée. Ses tiges et ses feuilles sont douées d'une amertume intense, qui est l'indice d'énergiiiues propriétés tonicjues. Aussi les emploie-t-on avec beaucoup de succès dans les fièvres intermittentes et dans toutes les maladies où il convient de donner une excitation à la fibre musculaire.
MENZIÉSIE. Menziesia. bot. Smitli {Ptantarum Icônes haclenus inedilœ, fasc. 5, n» 56) a fondé ce genre (|ui appartient à la famille des Éricint^es et à rOctandiie Monogynie, L. 11 lui a donné pour caractères essentiels : un calice monophylle, sinueux sur les bords; une corolle nionopélale, en grelot à quatre petites dents; hiiitétamines dont les filets sont insérés sur la base de la corolle; un ovaire libre, supi're, surmonté d'un style et d'un stigmate; une capsule supère quadriloculaire, dont les cloisons sont formées par les bords rentrants des valves. Celle structure de fruit avait fait placer le genre Menziesia parmi lesRhodoracées; mais il a été démontré depuis que plusieurs genres de la famille des Éricinées avaient aussi la capsule à cloisons formées par l'inlroflexion des valves, et conséquemment qu'on ne pouvait, ù laide de celte seule différence, distinguer les deux familles. F. Éricinées. La plante sur laquelle le genre en question a été constitué, a reçu le nom de Menziesia feintrjinea. C'est un arbrisseau à feuilles terminales, fasciculées, lancéolées, dentelées, velues en dessus, glabres en dessous, excepté sur les nervures; à fleurs disposées en faisceaux entre les feuilles, et portées cbacune sur un long pédoncule. Cette plante croît dans les contrées occidentales de l'Amérique du Nord.
Jussieu (Ann. du Mus., 1. 1, p. 5!î) a rapporté au genre Menziesia une espèce qui avait été placée par Linné d'abord dans les Erica, puis parmi les Amtiomeda. Il l'a nommée Menziesia polifolia, nom qui a été cbangé par De Candolle (Flore Française, t. m, p. 67-4) en celui de Menziesia Dubeoci, afin de rappeler le nom spécifii|ue qui lui avait été imposé par Linné, et celui que la plante porte vulgairement en Irlande. Celle espèce est un petit arbrisseau dont les tiges sont grêles, rameuses, droites et hérissées de poils peu nombreux. Ses feuilles sont opposées ou ternéesdanslebasdela plante, alternes dans le haut, ovales, entières, un peu roulées en dessous sur les bords, blanches et cotonneuses à la surface inférieure, vertes supérieurement et munies de poils roux; les fleurs sont purpurines, pédonculées, pendantes, alternes, disposées en grappes simples, entremêlées de feuilles. Le Menziesia Dabeoci est commun en Irlande; il se trouve en France près de Bayonne, et dans les Hautes-Pyrénées. Deux autres plantes, indigènes des États-Unis d'Amérique, ont été réunies à ce genre, l'une sous le nom de Menziesia globiilaris, et l'autre sous celui de Menziesia empetrifoimis.
MÉON. BOT. Pour Méum. y. ce mot. Le nom de Méon a élé étendu à diverses i)lantes, et l'on appelle :
Méom aqdatiqce, l'Ulriculaire commune;
Méon bâtard, le Séséli de montagne, etc.
MEOSCHIUM. bot. Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., établi par Palisot-Beauvois (Agrost., p. 111, t. 2, f. G), mais qui paraît devoir être réuni ù l'Andropogon. y. ce mot.
MEOUVE. BOT. Nom vulgaire du Mélèze d'Europe.
MÉPIIITIDIE. Mephitidia. bot. Genre de la famille des Rubiacées, institué par le professeur Reinwardt pour dix-huit espèces qu'il a observées conjointement avec le docteur Bliime. dans l'île de Java, el dont quel-
ques-unes avaient élé précédemment indiquées par Jack comme très-voisines du genre Lasianihus. Les caractères du genre nouveau sont ; limbe du calice denté ou divisé en trois ou six parties; corolle infundibuliforme et régulière, à quatre ou six divisions et le plus souvent poilue; quatre à six étamines insérées vers l'orifice de la corolle : leurs filaments sont très-courts et leurs anthères linéaires, exserles ou incluses; quatre à neuf stigmates linéaires, épais. Le fruit consiste en un drupe ou une baie couronnée par le calice persistant, renfermant autant de nucules triangulaires, monospermes, enveloppés d'une arille coriace. Les Mépliitidies, ainsi nommées à cause de l'odeur désagréable qu'elles exhalent, au moins pour la plupart, sont des arbrisseaux ou sous-arbrisseaux particuliers aux Indes orientales; leurs fleurs sont réunies en bou(|uets serrés ou en capitules axillaires ou terminaux, accompagnés de bractées.
Méphitidie a ertiit BiEB. Mephitidia cyanocarpa, Blume. Sous arbrisseau velu, à feuilles oblongues, acuminées, atlénuées à leur base; les Heurs sont jaunes ou blancliàlres, axillaires, ordinairement réunies par trois, accompagnées de bractées cordées. Le fruit, de la grosseur d'un Pois ou d'une Groseille, est velu et d'une belle couleur bleue. Dans les forêts montagneuses de Java el de Sumatra.
MEPHITIS. MAM. Synonyme de Mouffette. /'. ce mot.
MER. Mare, Pelagus. geol. Suivant l'acception la plus générale, on entend par la Mer ou les Mers, l'universalité des eaux salées qui, sans discontinuité, couvrent près des trois quarls de la surface du globe, entourent de toutes parts l'autre portion de celle surface qui s'élève au-dessus de leur niveau, et la partagent en plusieurs conlinents et en îles. D'après plusieurs auteurs il faudrait réserver celte définition pour le mot Océan, et n'appeler Mer que les portions de POcéan qui pénètrent dans l'intérieur des terres, par des ouvertures plus ou moins larges, comme la Mer Méditerranée, la Mer Rouge, elc, ou bien encore celles qui sont entourées par un continent et par des rangées d'îles, comme la Mer des Antilles, la Mer de la Chine. Le mot Mer a souvent été employé pour désigner tout grand amas d'eau salée ou d'eau douce, lors même qu'il est entouré complètement par les terres. On appelle encore généralement Mer Caspienne, Mer d'Aral, les vasles bassins qui, sur les frontières de l'Europe et de PAsie, reçoivent un grand nombre de fleuves, sans verser leurs eaux au réservoir commun, et qui par conséquent sont de véritables lacs.
Les anciens paraissent avoir employé, comme on le fait souvent, les mots Mare ou Oceanus sans épithèle, pour désigner d'une manière générale le réservoir commun des eaux ; ils se servaient plus spécialement de Mare, en y ajoutant un nom de pays, pour les portions de la Mer voisines des côles, allachant à Oceanus l'idée de la pleine ou grande Mer, qu'ils appelaient quelquefois aussi Mare Oceaniivi, en opposition du Mare inlernum, qui pour eux était la Méditerranée. Dans le plus grand nombre de cas la langue française a consacré les mêmes applications : ainsi on dit simplement la Mer ou POcéan, pour désigner Puni-
versalilé des Mers; on appelle grand Océan, Océan atlantique, Mer Océane. elc, les vasles plaines liquides qui séparent les continents; et pour les parties de la Mer générale, qui bordent les cotes ou qui pénètrent dans l'intérieur des terres, on dit plutôt Mer d'Allemagne. Mer des Indes, Mer Baltique, Mer Rouge, etc. Quant aux amas d'eau salée, qui ne communiquent pas avec la Mer générale, et ceux d'eau douce, qui en sont également séparés, ou bien qui seulement reçoivent des fleuves, ce sont des lacs, quelle que soit leur étendue. On ne saurait donc, sans vouloir innover, tracer une ligne de démarcation entre le sens que l'on doit attacher au mot Mer. et celui que l'on devrait attribuer au mot Océan; il faut regarder ces deux expressions comme synonymes, en les prenantdansuneacception générale. Aussi, dans l'inlenlion de rendre l'histoire des Mers la plus complète qu'il sera possible, et de la renfermer dans un même cadre, il ne sera traité, dans le présent article, que des généralités qui sont relatives à la Mer actuelle, en la considérant seulement dans ses rapports avec le globe et avec les terres qui s'élèvent au-dessus de sa surface; et on trouvera au mot Océan tout ce qui est relatif à l'examen des propriétés physiques et chimiques de ses eaux : on y étudiera les mouvements réguliers et irréguliers dont elles sont douées, les phénomènes auxquels elles donnent lieu; on y examinera leur action sur les continents, leurs productions et les êtres qu'elles renferment, l'inHuence qu'elles exercent sur les plantes, sur les animaux, sur l'Homme, et le rôle important qu'elles jouent dans l'état de civilisation auquel il esl parvenu. Ces recherches préliminaires, appuyées sur tout ce que l'observation a appris relativement aux Mers, telles qu'elles existent, depuis les traditions les plus anciennes jusqu'à ce jour, permettront peut-être, à l'aide de l'analogie et des documents que fournit la géologie, de remonter à une époque plus ancienne de leur histoire. On recherchera : quelle peut avoir été leur origine et leur état primitif; quels changements peuvent s'être opérés dans le volume et la nature de leurs eaux : on constatera les phénomènes et les effets produits à la surface du globe par le déplacement, la diminution et la rapidité des mouvements de celles-ci ; on comparera par son action l'ancien Océan avec le moderne, et on verra en quoi les êtres qui le peuplaient à ses divers âges différaient de ceux qui l'habitent aujourd'hui.
Rapport de la mer avec le globe et les terres. La surface totale du globe étant évaluée à 5,100.000 myriamètres carrés, 5,700.000 myriamèlres carrés, c'est-à-dire, un peu moins des trois quarts, sont recouverts par les Mers. Elles sont réparties sur le globe d'une manière très -inégale ; l'hémisphère austral en contient plus que le boréal, dans la proportion à peu près de 8 à 5, et dans chaque zone le rapport des terres à celui des Mers est très-différent.
Dans la ïone glaciale du N. on compte sur 1000 m. e. Terre 400, Mer, 600
Dans la lone tempérée IV id. T. 559, M. 441
Danslaione lorride N irf. T. 197, M. 803
Dan» la lone lorride du Sud irf. T. 312, M. 688
Danslazone tempérée S id. T. 75, M. 925
lions la lone glaciales id. T. 0, B.IOOO
§ \". Figure générale des terres et des mers. Les continents, qui ne diffèrent des îles que par la dimension, sont, comme elles, entourés de tous côtés par la Mer ; les uns et les autres sont les parties saillantes de l'enveloppe solide du globe, qui, plus élevées que le niveau général des eaux, ne sont point inondées par elles. Les continents paraissent comme groupés autour du pôle nord de la terre ; en effet, l'ancien et le nouveau monde sont très-peu éloignés l'un de l'autre dans la zone glaciale, et ce n'est qu'en s'approchant de l'équaleur qu'ils laissent entre eux deux vastes bassins, qui, avant d'arriver au 60» sud, se réunissent pour n'en plus former qu'un seul.
Un fait des plus remarquables, et dont plusieurs philosophes ont cherché à tirer de grandes conséipiences, c'est : 1° que les terres continentales sont découpées par les Mers de manière à présenter des pointes ou caps saillants dirigés vers le sud, et 9° que, dans le rapport des continents et des groupes d'îles entre eux et avec la Mer, les angles saillants formés par les uns semblent correspondre aux angles rentrants que présentent les autres. On peut citer pour exemple de la première disposition la forme de l'Amérique méridionale, celle de l'Afrique, de la presqu'île de l'Inde, de la Nouvelle-Hollande, du Groenland ; et si l'on observe d'une manière générale un globe terrestre ou une mappemonde, on ne peut se refuser à voir, en considérant seulement les masses, que la saillie de l'ancien continent, formée par l'Europe occidentale et l'Afrique du 5» au SO» latitude nord, correspond exactement à l'enfoncement qui sépare les deux Amériques sous les mêmes latitudes ; qu'au contraire, l'angle saillant produit par le Brésil entre l'équateur et le tropique du capricorne, est vis-à-vis le golfe de Guinée, qui s'enfonce dans les terres d'Afrique, également entre l'équateur et le même tropique sud; et, enlîn, que les archipels du grand Océan, dont la réunion semble former un tout que l'on a compris sous le nom d'Océanie, s'avancent en pointe vers la vaste échancrure dessinée par les bords occidentaux de l'Amérique.
§ 2. Division des mers.
Quoique la Mer soit une, et que l'on puisse pour ainsi dire communiquer d'un point quelconque de sa surface à un autre sans discontinuité, on a jugé nécessaire de diviser, au moins par la pensée, l'espace immense qu'elle remplit, et l'on a distingué par des dénominations générales ses régions principales.
Le grand enfoncement que laissent entre eux l'ancien et le nouveau continent, c'est-à-dire, celui qui est entre l'Europe et l'Afrique d'un côté, et l'Amérique de l'autre, est occupé par l'Océan atlantique; le vaste goufre qui sépare l'Asie du même continent américain, contient le grand Océan, qui en longitude occupe environ 240 degrés, c'est-à dire, les deux tiers de la circonférence totale du globe.
L'Océan atlantique et le grand Océan sont z-' cuii subdivisés en boréal, équinoxial et austral, ^^ nt les zones qu'ils occupent; les .Mers qui entourent l'un il l'autre pôle, prennent les noms d'Océan glacial arctique et d'Océan glacial antarctique.
Ces divisions n'établissent encore que de grandes
coupes, dont il seiail impossible de tracer les limites, et elles se rapportent le plus ordinairement aux espaces de la Mer qui sont éloisniîs des terres; car, les portions qui se rapprochent de celles-ci, empruntent assez ordinairement le nom des côtes qu'elles baignent, et cela sans autre règle que celle déterminée par l'usage, qui varie suivant les localités : c'est ainsi que l'on dit la Mer d'Allemagne, la Mer d'Ecosse, la Mer d'Espagne, etc.
§ 3. Bords de la mer.
Il résulte de l'inégalité de la surface des terres et du niveau constant que prennent les eaux, que la ligne de contact extérieure des unes et des autres est découpée et comme déchirée d'une manière irrégulière et plus ou moins profondément, la Mer s'avançant sur les parties basses des terres, et les points élevés de celles-ci se prolongeant au contraire dans la Mer. Cette disposition particulière donne lieu à ce que l'on appelle des médilerranées, des golfes, des baies, des rades, des ports, des anses, etc., des caps, des plages, des falaises.
Les Mers Méditerranées sont celles qui, entourées par les terres dans la presque totalité de leur circonférence, ne communiquent avec la Mer générale que par un canal ou détroit : telles sont la Méditerranée proprement dite, par rapport à laquelle on peut encore considérer la Mer Adriatique, la Mer de iMarmara, la Mer Noire, comme des Médilerranées; telles sont encore la Mer Baltique, la Mer Blanche du Nord, la Mer Rouge, et la Mer qui s'avance entre l'Arabie et la Perse et que l'on appelle improprement golfe Persique.
On appelle encore quelquefois Mers Méditerranées celles qui sont en partie circonscrites par la terre ferme et en partie par des rangées d'îles rapprochées les unes des autres, comme la Mer des Antilles, la Mer de la Chine, la Aler du Japon, la Mer d'Okotsk.
Les golfes sont plus grands que les baies : ce sont des échancrures plus ou moins profondes, que forme la Mer en s'avançant dans les terres : on peut citer le golfe de Gascogne entre la France et l'Espagne, le golfe de Guinée sur les côtes d'Afrique, et dans les Indes orientales les golfes d'Oman et du Bengale.
Les rades, les purls et les anses sont des découpures de même sorte, mais de dimensions graduellement inférieures, et qui offient en outre par leur disposition un abri aux vaisseaux.
Les rivages ou côtes sont les points de la terre découverte, qui sont frappés et baignés par la Mer. On remarque que, dans un grand nombre de lieux, les rivages opposés d'un même bassin présentent la même structure géognostique, et souvent les couches des terrains se correspondent d'une manière si exacte qu'il semble qu'une rupture récente les ait séparés : les côtes de la France et de l'Angleterre en ofîient un exemple bien remarquable, ainsi que les rives de la Méditerranée et de l'Adriatique ; et si sur une plus grande échelle on comparait avec soin les côtes du nord de l'Europe avec celles correspondantes de l'Amérique septentrionale, on trouverait peut-être les mêmes rapports, comme, au surplus, les connaissances déjà acquises sur la structure de ces deux pays paraissent l'indiquer.
Lorsque les côtes sont escarpées, elles forment des
récifs ou des falaises que la Mer vient battre avec violence; lorsqu'au contraire les terres s'approchent de la Mer par une pente douce et insensible, elles donnent lieu à de longues plages, le plus souvent sablonneuses, que les eaux recouvrent et abandonnent périodiquement, avec tranquillité.
Les caps sont les pointes de terre qui s'avancent dans la Mer (le cap de Bonne-Espérance, à l'extrémité de l'Afrique; le cap llorn, au sud de la Terre de feu). On a vu que les Mers Méditerranées n'étaient en communication avec la Mer générale que par un canal resserré ou un détroit. On donne encore le nom de canal, de manches ou de détroits, à des portions de la Mer qui séparent des îles ou des continents peu éloignés les uns des autres. La France est séparée de l'Angleterre par le canal de la Manche; l'Irlande est de même isolée de l'Angleterre par le canal de Saint-Georges ; l'ancien et le nouveau continent seraient en communication sans le détroit ou canal de Behring; la Terre de feu est une portion de l'Amérique méridionale coupée par le canal ou détroit de Magellan.
Profondeur.
La Mer, à ce que l'on présume, n'a dans aucun point une profondeur indéfinie, quoique dans plusieurs endroits, notamment entre les tropiques et dans le Nord, on n'ait pu atteindre son fond avec des sondes de 1,800 mètres; mais, indépendamment de la dliliculté de s'assurer que celles-ci sont bien descendues perpendiculairement et qu'elles n'ont pas été entraînées par des courants , une profondeur de 2 à 3.000 mètres serait encore à peine appréciable par rapport au diamètre de la terre. Dans le plus grand nombre des cas on rencontre le sol à des distances variables, depuis quelques mètres jusqu'à 300 ou 400. Ce n'est que dans la pleine Mer, et plus rarement, que les sondes descendent jusqu'à 1,000 ou 1,200 mètres. La théorie déduite des connaissances les plus exactes sur les lois générales qui régissent l'univers, a conduit De Laplace à démontrer que la profondeur moyenne ne pouvait être qu'une fraction de la différence qui existe entre les deux axes de la terre, et qu'elle ne pouvait excéder 8,000 mètres. Si l'on compare la forme que doit avoir le fond de la Mer avec la surface des continents, l'analogie et les faits nombreux recueillis par le sondage portent plutôt à diminuer cette profondeur qu'à l'augmenter, et à faire présumer que les abîmes les plus profonds de la Mer s'enfoncent à peine autant audessous de sa surface que les hautes montagnes des continents s'élèvent au-dessus de son niveau. Il n'est pas plus facile de préciser quel peut être le volume des eaux de la Mer, et de juger si, comme l'ont avancé plusieurs auteurs, elles formeraient, étant réunies, une sphère de 50 ou de GO lieues de diamètre, et si, en supposant la surface du globe parfaitement unie, elles la submergeraient de COO pieds ou de plus. Il est certain que, quelles que soient les profondeur et volume que l'on puisse supposer aux Mers actuelles sans s'écarttr des inductions tirées des faits constatés et de l'analogie, la masse de leurs eaux est bien peu considérable, comparée à la masse totale de la planète dont elles humectent quelques points de la surface extérieure; car, en
mlnipllanl. par siipiiosilion, celle siiifjtc unie el enveloppée de toiile part d'une couche d'eau de 10.000 mètres ou 30,000 pieds environ d'épaisseur, un Rlnbe auquel on donnerait un métré de diamètre ne serait pas, dans la même proportion, recouvert d'un millimètre d'eau, puisqu'en effet 10.000 mètres sont la 1270^ partie du diamètre de la planèle terrestre. Fond (le ta mer.
La structure géologique des continents actuels et des îles, l'origine présumée de leur formalion, la nature des substances qui composent le fond des Mers, la connaissance acquise sur les profondeurs relatives d'un grand nombre de points dans un espace donné, tout porte à croire que le fond des Mers présente une configuralion en tout analogue à celle de la surface des terres habitées; de longues chaînes de montagnes le traversent et semblent même se continuer avec celles que nous gravissons. Si les sommités escarpées de ces alpes sous-marines s'approchent de la surface exté rieure des Mers, ou s'élèvent au-dessus, elles formen ou des lignes de récifs dangereux pour les vaisseaux ou des groupes d'îles, comme cela arriverait si les Al pes, si les Pyrénées étaient inondées jusqu'à leur som met ou jusqu'aux trois quarts de leur hauteur. Ces grandes chaînes principales se divisent, se ramifient des chaînes latérales et secondaires les bordent; de lar ges et profondes vallées les découpent; à leur i)ied sont d'immenses plaines ou des collines plus ou moins élevées et arrondies, qui sont, ainsi qu'on l'a dit plus haut pour les chaînes de montagnes, en rapport avec la nature du sol des côtes contiguës. En effet, l'observation démontre aux navigateurs que, tels sont les rivages, tel est, jusqu'à une grande distance, le fond' des Mers qui les baignent; si les côtes sont escarpées ou à pic, si la pente du sol est rapide, la Mer sera profonde; elle sera basse, au contraire, si elle s'avance sur une plage presque horizontale. Celle concordance entre la forme du fond de la Mer et celle des terres voisines se fait bien remarquer sur les deux bords opposés de l'Amérique méridionale; mais le principe paraît être vrai pour toutes les côtes.
Le fond des Mers doit éprouverdes changements analogues à ceux qui s'opèrent journellement sur la terre; car, bien que les masses minérales qui en composent le sol soient à l'abri de l'influence de l'atmosphère, l'action continuelle de l'eau, les chocs (lui résultent de ses divers mouvements, doivent dégrader les points élevés et remplir les profondeurs, qui reçoivent en outre les matériaux chariés continuellement par les fleuves, ou qui sont enlevés aux rivages par les vagues : de sorte qu'en dernière analyse, snus les eaux, comme à la surface des continents, le sol tend à se niveler. Les éruptions volcaniques, qui ont lieu sous les eaux comme à la surface de la terre, produisent des modifications analogues à celles que les volcans occasionnent autour de nous. Mais un changement dont on ne voit pas d'exemple sur la terre, c'est celui qui résulte de la formation de masses calcaires solides et immenses, dont le volume augmente chaque jour dans certains parages, et (|ui sont l'ouvrage de myriades d'animaux dont elles sont l'habitation.
Pour les propriétés physic|ues et chimiques de l'eau ;**
delà Mer, pour l'histoire des phénomènes géologiques dus à la Mer ancienne et à la Meractuelle, voyez Océan.
MÉRANGÈNE. bot. Même chose que Mélongène. l^.
MORELIE.
MÉRASPERME. Merasperma. bot. RafEnesque a établi sous ce nom, un genre dans la famille des Confervcs; mais il dit que les tubes sont inarticulés et comprimés, ce qui ferait croire que ce sont des Eclospermes qu'a voulu désigner ce naturaliste. Il en cite des espèces américaines, entre lesquelles est le dicholoma.
MÉRATIE. Meratia. bot. Loiseleur Deslongchamps avait établi sous ce nom un genre dont le type était le Calycanthus prœcox , L.; mais ce même genre ayant été nommé Chimonardhus (F. ce mol) par Lindiey, le nom de Meratia était resté sans emploi. Cassini s'en /^^ est servi pour remplacer celui de Delilia, proposé par ^ C. Sprengel (BuUel. de la Soc. Philomat., avril 1823), parce qu'il existe déjà un autre genre dédié par Humboldt et Bonpland au professeur Delile. F. Liiée.
Le genre Meratia de Cassini appartient à la famille des Synanthérées, tribu des Hélianlhées, et à la Syngénésie superflue, L. Voici les caractères qui lui sont attribués par ce botaniste : involucre double : l'extérieur beaucoup plus grand, formé de trois folioles, libres, inégales, à peu près orbiculaires, échancrées à la base, mucronées au sommet, membraneuses, réticulées et hispidules, l'une d'elles plus grande, les doux autres à peu près égales, superposées et opposées à la première; involucre intérieur beaucoup plus petit que l'extérieur, composé probablement de trois écailles oblongues, coriaces, glabres, soudées entre elles, formant par leur réunion un étui obovoïde, oblong, triquèlre, qui embrasse étroitement les ovaires des fleurs; réceptacle poncliforme, probablement nu; calalhide composée de trois fleurs, deux au centre ayant une corolle dont le tube est long et grêle, le limbe à cinq divisions; cinq anthères à peine cohérentes; l'ovaire en partie avorté, n'ayant qu'un style à deux branches écartées; la fleur du bord est unique, sa corolle est à peu près aussi longue que celles du centre, offrant un limbe en cornet, non étalé, fendu sur la face intérieure; son ovaire est surmonté d'un style à deux stigaiatophores très-longs et arqués en dehors. Ces caractères, que l'on a abrégés pour ne présenter que les plus saillants, n'ont pas été ainsi exposés par Sprengel. L'involucre intérieur est entièrement de la composition de Cassini, qui refuse d'admettre l'existence d'un seul ovaire supportant trois corolles de Synanthérées, lesquelles contiendraient chacune des organes génitaux; il suppose, avec raison, quelque erreur d'observation de la part de Sprengel, erreur qui aura donné lieu à des différences imaginaires. Ainsi, ce que ce dernier botaniste a considéré comme le péricarpe de l'ovaire, n'est qu'un second involucre tel que celui qui est imaginé par Cassini et dont la structure a été développée plus haut. Le Meralia a de l'affinité avec le Mitteria, genre susceptible d'être partagé en deux : l'un (|ui aurait pour type le Milteria qitivgueflora, L., et qui conserverait le nom de Milteria; l'autre qui serait fondé surle Milteria biflora, et qui recevrait celui à'Etrira.
MER
MÉRATiE DE Spresgel. Mefatiu Sprengelii, Cass.; Delilia Berterii , Spreng., loc. cit. Plante herbacée, annuelle, légèrement hispide, et ayant quelque ressemblance extérieure avec un Melampodium. Elle a des feuilles opposées, pétiolées, oblongues, lancéolées, un peu crénelées et à trois nervures; les calathides de fleurs sont jaunes et rassemblées en faisceaux à l'exlrémilé des tiges ou portées sur des pédoncules courts et axillaires. Cette plante est originaire de l'Amérique méridionale près du fleuve de la Madeleine, où elle a été découverte par Bertero.
MERCADONU. bot. Pour Mecardonia. f^. ce mot. MERCANETTE. ois. Synonyme vulgaire de Sarcelle d'été, y. Cai^ard.
MERCAPTAN. CBiM. Substance particulière, liquide, limpide, incolore, d'une odeur alliacée, d'une saveur sucrée et étliérée; sa densité est 0,842; son point d'ébullition est à ■+- 02"; elle est peu soluble dans l'Eau, mais beaucoup dans l'Alcool et l'Élher; elle se combine avec le Potassium en abandonnant du Gaz hydrogène, et produit une masse saline, incolore, très-soluble, qui précipite en jaune par les sels de Plomb et en blanc par les deutochlorures de Mercure, d'Or et de Cuivre; elle se combine avec différents deutoxides, et forme avec eux des Mercaptides cristallisés. On l'obtient en traitant dans un appareil distillaloire du sulfovinate de Potasse avec une dissolution concentrée de deutosulfure de Barium ; le sulfovinate se change en sulfate, et il se forme une liqueur éthérée, qui se condense dans le récipient avec de l'Eau, sans qu'il se dégage d'Hydrogène sulfuré. La liqueur éthérée, purifiée par le chlorure de Calcium, est plus légère que l'Eau; elle s'enflamme facilement en répandant l'odeur de l'Acide sulfureux. Distillée avec précaution elle se partage en deux produits : l'un, le moins volatile, est l'Éther Ihalique, l'autre est le Mercaptan.
iUERClÈRE. Merciera. bot. Genre de la famille des Campanulacées, institué par Alphonse De Candolle dans sa monographie des genres de celle famille, aux dépens des Tracheliitm de Linné et pour quelques autres espèces nouvelles, du cap de Bonne-Espérance. Les caractères du genre Merciera sont : calice à quatre ou cinq divisions, à tube ovoïde; corolle lubuleuse, à quatre ou cinq lobes et à tube très-rétréci ; quatre ou cinq étamines à filaments extrêmement minces à leur base, et beaucoup plus courts que les anthères; ovaire infère uniloculaire, à cloison incomplète et à peine perceptible; quatre ovaires : deux ordinairement de chaque côté de la cloison, dans la partie inférieure de l'ovaire; style filiforme, très-souvent plus long que la corolle; stigmate très-court et bilobé.
Mercière a febilies minces. Merciera temiifolia, A. De Cand.; Tracheliumtenuifolitim,Lin. f.,Thunh. C'est un sous-arbrisseau à tige droite et rameuse, à feuilles alternes, rapprochées, ciliées, linéari-Iancéolées, rigides, subulées. Ses fleurs sont bleues, à cinq lobes plus longs que les feuilles du sommet, lancéolés, étalés et poilus sur le dos.
MERCKIA. BOT. Le genre institué sous ce nom par David Don, dans la famille des Caryophyllées, n'a pas élé adopté; la seule espèce qui le constituât a été con-
sidérée comme ne différant pas deVy^renaria pephiitrs de De Candolle, qui forme le genre Adenarium de Raffinesque, adopté par les botanistes.
WERCKIE. Merckia. bot. Genre de la famille des Caryophyllées, institué par Fischer qui lui donne pour caractères ; calice ù cinq divisions herbacées, serrées contre la capsule; corolle formée de cinq pétales périgynes, spatules, aigus et très-entiers; disque subhypogyne; ses glandules sont charnues et très-petites; dix étamines, toutes fertiles, insérées sur les glandules du disque; filaments suhulés et libres; anthères à deux loges longitudinalement déhiscentes; ovaire sessile, à trois ou cin(i loges, hilocellées par une cloison secondaire, incomplète; plusieurs ovules distincts, attachés à une petite columelle centrale; trois ou cinq stigmates capillaires, alternes avec les folioles du calice. Le fruit consiste en une capsule membraneuse, renflée en vésicule, subglobuleuse, avec le milieu déprimé verticalement, marquée de trois ou cinq larges sillons qui indiquent l'existence des cloisons qui séparent les loges et vont aboutir à la columelle centrale; trois ou cinq valves en forme de coques, profondément sillonnées au dos, très-entières, avec le sommet en crochet recourbé. Les semences sont lisses, luisantes, d'un rougebrunâtre, à funicules raccourcis, épais et fongueux; l'ombilic est eslropliiolé; eml)ryon annulaire, renfermant un albumen farinacéj les cotylédons sont étroitement linéaires et couchés.
Merckie phtsode. Merckia physodes, Fisch. C'est une plante herbacée, faible, formant un gazon assez épais; ses feuilles sont opposées, subsessiles, elliptiques, exstipulées, à fleurs axillaires ou terminales et solitaires, peu nombreuses, longuement pédicelléeselblanches. Cette plante se trouve au nord de l'Asie et de l'Amérique.
MERCOLFUS. ois. ( Aldrovande.) Synonyme de Rollier. f^. ce mot.
MERCORET. bot. L'un des noms vulgaires de la Mercuriale commune.
MERCURE, um. Genre de la classe des substances métalliques aulopsides, composé de quatre espèces, dont l'une offre le Mercure à l'étal natif, et les autres le présentent combiné avec l'Argent, le Chlore et le Soufre. Ces dernières sont connues sous les noms de Mercure argental. Mercure muriaté et Mercure sulfuré.
Mercure natif. Métal blanc, liquide à la température ordinaire; pesant spécifiquement 15,58; se congelant à la température de 40" centigrades au-dessous de zéro, et se volatilisant par l'action d'une chaleur peu élevée. Le phénomène de la congélation du Mercure, observé pour la première fois en Sibérie par Delisle et Gmelin, dans les thermomètres dont ils faisaient usage, a été reconnu depuis et étudié par Braun, jïpinus, Black et Cavendish. Ce métal, en se solidifiant, cristallise en octaèdres. Ses usages dans les arts économiques et dans la médecine, ainsi que ceux de ses nombreuses préparations, seront indiqués dans la suite de cet article où ce métal sera considéré sous le point de vue chimique. Le Mercure natif existe tout formé dans la nature, mais toujours en petite quantité; en soHe qu'il ne fait jamais seul l'objet d'une exploitation.
MER
Il accompagne fréquemment le Mercure sulfuré; se trouve en globules dans les fissures du rainerai et quelquefois disséminé dans toule sa masse.
Merccre argental. Amalgame naturel d'Argent; liydrargirure d'Argent, Beud.; substance d'un blanc d'Argent, crislallisant en dodécaèdre rbomboïdal, et composée de deux atomes de Mercure pour un atome d'Argent, ou en poids de 65 parties de Mercure sur 33 parties d'Argent. Sa pesanteur spécifique est de 14.2. Elle donne du Mercure par la distillation, et se décompose par l'action du feu, en laissant sur le cbarbon un globule d'Argent. On ne connaît de celte substance que deux variétés principales : le Mercure argenlal cristallisé, toujours eu dodécaèdre rbomboïdal ou simple, ou modifié sur ses angles et sur ses arêtes, et le Jlercure argenlal lamelliforme, en lames minces ou en dendiiles superficielles, étendues sur différentes gangues. L'un des cristau.x décrits par Haily, est la réunion de six formes diiîérentes, et possède 122 faces. Le Mercure argenlal ne se trouve qu'accidentellement çù et là dans quelques mines de Mercure, surtout dans celle de Moschelandsberg, dans l'ancien duclié de Deux-Ponts. Sa gangue est tantôt un Grès, tantôt une Argile lithomarge.
Mercure corné. K. Mercure buriaté.
Mercure muriaté, ou mieux Chlorure de Mercure. Quecksilher, Hornerz, Wern. Substance d'un gris de perle, fragile et volatile par l'action du feu; déposant du Mercure lorsqu'on la passe avec frottement sur une lame de Cuivre humectée; crislallisant en prismes à base carrée, terminés par des pyramides; les dimensions du prisme fondamental ne sont pas encore bien connues. C'est un bi-chlorure de Mercure, contenant 15 parties de Chlore et 85 parties de Mercure. Ce minéral se rencontre quelquefois sous la forme de concrétions mamelonnées ou fibreuses, dans les cavités d'un Grès secondaire, à Almaden en Espagne, et dans la mine du duché de Deux-Ponts.
Mercure sulfuré, vulgairement Cinabre. Bisulfure de Mercure, composé de 14 parties de Soufre et 86 de Mercure; d'une couleur rouge foncé, passant au rouge brun; offrant dans sa poussière une belle teinte de rouge écarlate; soluble seulement dans l'Acide nitrorauriatique; se volatilisantcomplélemen t au chalumeau, en donnant une flamme bleue et une odeur sulfureuse; laissant un enduit d'un blanc métallique, lorsqu'on le |)asse avec frottement sur le Cuivre; ses cristaux se rapportent au système rhomboédrique, et UaUy a adopté pour forme fondamentale un rhomboïde aigu de 71» 48', qui n'offre point de joints très -sensibles parallèlement à ses faces, mais qui se divise très-nettement par des coupes parallèles à l'axe, en donnant les pans d'un prisme hexaèdre régulier; le Cinabre pèse spécifiquement environ 7; il est facile à gratter avec le couteau; ses formes présentent ordinairement les pans du jirisme hexaèdre régulier, combinés avec les faces de trois rhomboïdes différents, qui tous dérivent du rhomboïde primitif par des modifications simples sur les angles-plans des sommets. Les autres variétés dépendantes de la structure sont : le Mercure sulfuré lamellaire , Vécailleux ou granuleux, le fibreux, le pulcérulent
dit vermillon natif, et le compacte. Quelquefois celte dernière variété est feuilletée ou testacée; mais alors elle est mélangée de bitume; c'est le Mercure sulfuré biluminifère, ou Mercure hépatique. Le Mercure sulfuré, surtout celui qui est bitumineux, est la principale mine de Mercure que l'on exploite pour fournir aux besoins des arts et des manufactures. Il se trouve presque uniquement dans les terrains secondaires, et c'est particulièrement dans le Grès ronge, dans le Grès houiller et les Argiles schisteuses et bitumineuses ([ui l'accompagnent, qu'on le rencontre en abondance. Ces Argiles rcnfermentdes empreintes de Poissons, dont les écailles sont conservées, des plantes de la famille des Fougères, passées à l'état charbonneux, des Coquilles fossiles, etc. Tous les minerais de Mercure sulfuré sont très-riches, même celui qui est bitumineux, qui renferme 81 parties de métal, et qu'on peut regarder comme le plus important, parce qu'il existe en couches très-puissantes. Les principales mines de Mercure sont celles d'Idria, dans le Frioul; d'Almaden, dans la Manche, en Espagne; et du Palalinat, sur la rive gauche du Rhin. Il existe encore des exploitations de Mercure en Hongrie, en Bohême, dans plusieurs autres parties de l'Allemagne et dans les deux Amériques.
Le Mercure métallique existe naturellement dans plusieurs mines, mais jamais en masses considérables; l'immense quantité de celui dont on fait usage dans les arts, s'obtient en décomposant par la chaleur le Mercure sulfuré, après l'avoir mélangé avec de la Chaux ou de l'Argile. Les procédés dislillatoires sont plus ou moins perfectionnés selon les différents pays où ce métal est en exploitation. Dans le Palalinat, on emploie des cornues de fonte que l'on place dans des fourneaux à galère, et qui sont lutées à dos récipients extérieurs contenant de l'eau. Dans les mines d'Almaden en Espagne et d'Idria en Islrie, où l'on opère plus en grand, la distillation du minerai de Mercure se fait dans deux pavillons séparés par une terrasse inclinée vers le milieu en forme de toit renversé; l'un de ces pavillons fait l'office de cornue, et l'autre celui de récipient. La distillalion, par ce procédé, est très-imparfaite, et l'on assure qu'il se perd une grande quantité de Mercure.
La liquidité de ce métal, sa pesanteur, son éclat vif et argentin, la pureté et l'homogénéité qu'on lui fait acquérir par plusieurs opérations chimiques, la facilité avec laquelle il peut s'unir à d'autres métaux et former ce que l'on nomme des Amalgames, sont des qualités précieuses qui en rendent les usages aussi importants que variés. L'exploitation des mines d'Or et d'Argent en consomme d'immenses quantités, puisque les mines de Mercure du Pérou et de l'Amérique méridionale, dont le produit annuel est pourtant de 17 à 18 cents quintaux métriques, sont tellement insuffisantes pour les besoins des mines d'Or et d'Argent de ces contrées, que la plus grande partie du Mercure d'Europe passe eu Amérique, et qu'on a même eu recours, en 1782, à celui qui s'exploite en Chine dans la province de l'Yun-Nan. Il est bon d'observer que, par l'effet d'une politique imprévoyante et mesquine, l'Espagne voulant tenir ses colonies d'Amérique dans une dépendance
MER
absolue, avail inleidil l'exploilalion des mines de Mercure du nouveau monde, el qu'elle envoyait d'Europe tout le Mercure nécessaire aux mines d'Or du Pérou et du Mexique. D'un autre côlé, elle avail proscrit sur le continent européen la culture des Végétaux utiles, et dont l'acclimatation était presque certaine. Mais les révolutions politiques ont annulé tous ces règlements arbitraires. L'Améri(iue peut faire usage des ressources dont la nature s'est montrée prodigue envers elle, tandis que l'Espagne doit se trouver très-heureuse aujourd'hui de lui emprunter quelques unes de ses richesses naturelles, telles que la Canne à sucre, le Cacte de la Cochenille, etc., qui sont maintenant en pleine culture sur la cote de Malaga.
Comme le Mercure ne devient solide qu'à un froid très-vif (40» centigrades au-dessous de 0), qu'il n'entre en ébullilion qu'à une chaleur fort élevée (.300» centigrades au-dessus de 0), et qu'ainsi il peut rester liquide entre des limites de température qui comprennent 400 degrés; comme, d'un autre côté, depuis 0 à 100 degrés, il se dilate uniformément selon Dulong et Petit, de 1/5530 pour chaque degré centigrade, ce métal fluide est d'une grande utilité pour la confection des thermomèties et des baromètres. Les chimistes en forment leur bain ou cuve hydrargyro-pneumalique, instrument si nécessaire pour l'extraction d'un grand nombre de Gaz. Les anatomistes en composent leurs injections délicates, et le font pénétrer dans les tubes les plus déliés des systèmes vasculaire et nerveux. Sous forme métallique le Mercure est très-employé en médecine; on sait qu'on divise le Mercure dans les corps gras, résineux ou gommeux, de manière à atténuer ses globules, et à un tel point qu'ils deviennent imperceptibles même à la loupe; et que, par ce moyen, on obtient des préparations externes et internes fort usitées dans les maladies syphilitiques et cutanées, préparations que l'on connaît sous les noms d'onguent mercuriel, Mercuie gommeux, pilules mercurielles, etc. Les opinions sont [lartagées sur l'état du Mercure dans ces préparations; selon les uns, il reste à l'état métallique, selon les aulres, il a déjà subi un premier degré d'oxidalion. Quoique le Mercure n'ait pas de saveur ni d'odeur nuisibles, il communique néanmoins à l'eau dans laquelle on le fait bouillir un goût très-désagréable, et qui lui fait acquérir des propriétés vermifuges.
Le nombre des combinaisons que le Mercure produit avec les autres corjis est très-grand, car souvent avec tel corps simple il en forme deux ou trois, d'où naissent ensuite à l'intini des combinaisons multiples. Voici celles dont les arts, les sciences et surtout la médecine ont su tirer parti :
Avec l'Oxigène, le Mercure donne naissance à deux oxides : l'un (protoxide) qui existe combiné avec les Acides, et forme des sels au minimum. On l'obtient en traitant jiar la Potasse ou la Soude un proto-sel de Mercure, par exemple, le proto nitrate; le précipité se forme en une masse noirâtre, dont l'analyse a donné 4 pour 100 d'Oxigène. La quantité de ce dernier principe étant un multiple par un nombre entier de celle du deutoxide, le précipité noir est bien un protoxide et non un simple mélange. Le deulo.xide de Mercure,
nommé anciennement piécipité rouge, précipité per se, etc., est d'une couleur qui varie depuis le rouge orangé jusqu'au jaune, et qui dépend de l'état du sel qui a servi à le produire. Les anciens chimistes le composaient directement en chauffant, pendant longtemps, le Mercure avec le contact de l'air dans ce (piils nommaient l'enfer de Boyie, c'est-à-dire dans une série de malras à fond plat, et placés sur un fourneau à galère. On l'obtient aujourd'hui beaucoup plus facilement en exposant au feu le proto-nitrate ou le deuto-nilrate de Mercure, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs rutilantes. Si le nitrate employé est bien cristallisé, le deutoxide a une belle couleur rouge orangé; elle est d'autant plus pâle que le nitrate est plus pulvérulent. Le deutoxide de Mercure contient 8 pour 100 d'Oxigène; il est légèrement soluble dans l'eau, et sa solution verdit le sirop de violette. La médecine externe l'emploie comme escharrotique, pour ronger les chairs fongueuses. Trituré convenablement avec des cori)S gras, et dans une très faible proportion, il fait la base de plusieurs pommades anti-oplithalmiques. En se combinant avec les divers Acides, les Oxides dont il vient d'être question, forment un grand nombre de sels dont quelques-uns ont été employés en médecine. Tels sont : l'acétate de protoxide de Mercure, qui faisait la base des pilules ou dragées de Keyser, longtemps préconisées dans les affections syphilitiques; les nitrates de Mercure employés aussi dans un grand nombre de préparations anti-syphilitiques et anii-psoriques; le sou.çsulfate de Mercure, anciennement nommé Turbith minéral, et que l'on donnait comme vomitif et diaphorétique.
Le Mercure forme deux combinaisons avec le Chlore, savoir ; un proto- chlorure et un deuto-chlorure. Le premier qui a reçu successivement les noms de Calomel, précipité blanc. Mercure doux, Muriate de Mercure, contient 18 parties de Chlore et 100 de Mercure. 11 est blanc, jaunissant à l'air, sans saveur et insoluble dans l'eau. On l'obtient par divers procédés; le plus simple consiste à jirécipiter le nitrate de protoxide de Mercure dissous dans l'eau par le sel marin ou chlorure de Sodium. Ce proto-chlorure mercuriel est un médicament très-usité soit comme purgatif vermifuge, soit commeanti-syphilitique.Ledeulo-chloruredeMercure généralement connu sous le nom de sublimé corrosif, et qui dans la nomenclature de Guylon et de Lavoisier était désigné sous celui de Muriate oxigéné de Mercure, le deuto-chlorure, donc, se compose de 30 parties de Chlore sur 100 de Mercure. Il est en pains laraelleux ou en aiguilles, d'un beau blanc qui ne s'altère point à l'air. Il n'a pas d'odeur, mais sa saveur est d'une âcreté excessive, laissant dans la bouche un goût affreux; en un mot, c'est un des plus dangereux poisons que la chimie ait fait connaître. Il se dissout facilement dans l'eau et dans l'Alcool. Il a de nombreux usages en médecine et dans les arts. On l'administre à l'intérieur, en solution ou en pilules, mais à des doses très-faibles, contre la syphilis; à l'extérieur, sous forme de lotion, contre les maladies de la peau. L'emploi de ces remèdes nécessite toujours beaucoup de prudence de la part du praticien. Tout le
monde coiiiiaîl les offels rc(loiilal)les clii sublimé corrosif inséré à une plus forle dose dans l'économie animale; mais comme il se décompose facilemeni, el qu'il est ramené à l'élat de prolo-chlorure par la plupart des substances organiques où l'Oxigène domine, on a indiqué une foule de contre-poisons; le plus efficace, lorsqu'on s'y prend à temps, est l'Albumine on le blanc d'oeuf On fait entrer le sublimé corrosif dans plusieurs préparations deslinées à la conservation des pièces anatomiques et des objets d'bistoire naturelle.
Les sulfures de Mercure sont, de même que les oxi- (les et les chlorures, an nombre de deux : l'un noir et l'autre rouge. Le premier (proto-sulfure) n'est considéré par Guibourt que comme un mélange du second avec du Mercure métallique. Cependant la même raison donnée pour le proloxide peut être alléguée en faveur de l'existence du proto-sulfure. Le sulfure rouge (persulfure), vulgairement nommé Cinabre, et quand il est pulvérisé Vermillon, contient 16 parties de Soufre sur 100 de Mercure. C'est le plus commun des minerais de Mercure, mais il n'offre pas ordinaiiement la pureté de celui qui est produit artificiellement el dont la peinture fait un grand usage. Sa préparation consiste à incorporer une partie de Mercure dans 4 parties de Soufre en fusion, et à sublimer le mélange dans un vase approprié.
Les combinaisons ([ue le Mercure forme avec les autres corps simples non métalliques, tel que l'Iode, le Pbospbore, etc., n'ayant qu'un intérêt très- borné, ne seront point examinées ici : mais il n'en est pas de même de certains amalgames ou alliages du Mercure avec quelques mélaux; on doit au moins mentionner ceux qui sont d'une utilité très-grande.
On se sert, pour élamer les glaces, d'un amalgame d'Étain qui s'applique de la manière suivante : une feuille d'Étain, mise sur un plan horizontal, est recouverte d'une couche de Mercure qui s'y combine par sa surface inférieure; on fait alors glisser dessus une glace, afin d'expulser le Mercure en excès, et on la charge de poids. Si le verre a été iiréalablement bien desséché, l'amalgame ne tarde pas à y adhérer fortement. Avec l'Étain et d'autres métaux, le Mercure forme des alliages utiles aux arts el aux sciences; tel est l'alliage de Darcet qui se fond à une température inl'érieure à celle de l'eau bouillante; tel est encore l'alliage que l'on emploie le plus communément pour augmenter l'intensité d'action des machines électriques.
L'amalgame d'Or s'obtient en plongeant l'Or rouge de feu dans du Mercure chaud. On sépare le Mercure non amalgamé en le faisant traverser une peau de chamois. L'amalgame qui reste dans celle-ci, est blanc, et contient une partie d'Or et une demi -partie de Mercure; il sert à dorer l'Argent et le Cuivre sur lesquels, après les avoir bien décapés, il suffit de l'appliquer. On chauffe ensuite pour volatiliser le .Mercure,et on donne à la dorure le ton de couleur désiré en la recouvrant d'une bouillie de Nitre, d'Alun et de Sel marin. On fait chauffer de nouveau, on lave à l'eau bouillante et l'on essuie la pièce.
11 est un amalgame triple qui conserve la fluidité du
Mercure; c'est celui de trois parties de ce mêlai, une de Bismuth et une de Plomb. Comme ces deux deiniers métaux ont moins de prix que le Mercure, il n'est pas rare de rencontrer, dans le commerce, celui-ci falsifié au moyen de l'amalgame en question; mais on le reconnaît facilement en ce qu'il fait la queue, c'est-Jldire qu'au lieu de former des globules sphériques, lorsqu'on le divise sur un plan de verre, il prend alors des formes irrégulières en laissant des traces grises et sans éclat métallique.
MERCURE DOUX. MIN. Nom donné au deuto chlorure de Mercure que l'on prépare avec le proto-chlorure, et dont la différence de propriétés avec ce dernier lui a valu ce nom vulgaire. A'. Mercure.
MERCURIALE. jVeiculialis. bot. Genre delà famille des Euphorbiacées, et placé par les auteurs systématiques dans la Diœcie Ennéandrie, L. Ses fleurs sont monoïques ou plusordinairementdioiques; leurunique enveloppe est un calice tri ou plus rarement quadriparli. Danslesmàles,on trouve des étamines au nombre de huit ou douze, ou davantage, dont les filets libres et saillants sont terminés par une anthère à deux lobes distincts et globuleux; dans les femelles, deux styles courts, élargis et denticulés dans leur contour; un ovaire partagé en deux lobes par un sillon profond, que suit de chaque côté un filet stérile, à deux loges renfermant chacune un ovule unique; le fruit est une cai)sule à dcuxcoiiues, revelue dasiiérités ou d'un duvet tomenteux. Les es|ièces de ce genre sont au nombre de dix environ, à tiges frutescentes ou le plus ordinairement herbacées. H est à remarquer qu'il y en a deux seulement exotiques, l'une originaire de l'Inde, Paulre du Sénégal, et que précisément dans ces deux seules, les coques sont souvent au nombre de trois et les feuilles alternes. Elles sont opposées dans toutes les autres qui croissent en Europe; dentées ou entières, stipulées et se teignant, en séchant, d'une couleur bleuâtre plus ou moins foncée; les fleurs sont axillaires ou terminales; les mâles sur des épis, où ils forment de petits pelotons accompagnés chacun dune bractée; les femelles tantôt solitaires, tanlôt en épis ou bien en faisceaux. Deux espèces sont extrêmement communes : la Mercuiialevivace, Mercurialispeiennis, Lin., et surtout l'annuelle, Mercurialis anima, Lin., qui infeste tous les lieux cultivés. Elles participent aux propriétés purgatives de la famille dont elles font partie.
MERCURIALE DE VIRGINIE oc MERCURI.ASTRUM. BOT. (Heisler.) Synonyme d'Acalyphe. r. ce mot.
MÈRE DES CAILLES. Nom que l'on donne assez vulgairement au Râle de Genêt. K. Gallinule.
MÈRE DE GIROFLE. BOT. Même chose que AntoHes. y. ce mot el Girofle.
MÈRE DE PERLESoiJ MÈRE PERLE, coxcii. Nom que l'on donne vulgairement aux valves du Mytilus margariferus, L.
MÉRENDÈRE. Meiendera. bot. Une plante des Pyrénées, que l'on avait confondue avec le Biilbocotliunt verniim, auquel elle ressemble en ctTet d'une manière frappante par le port airi-si que par les dimensions et les couleurs de sa fleur, est devenue le type d'un génie
MER
('tal)li par Ramond (Bullet. de la Sociélé Pliilom., n» 47, p. 178, t. 12) et adopté par De Candolle dans la seconde édition de la Flore Française. Ce genre, qui appartient à la famille des Colchicacées et à l'Uexandrie Trigynie, L., est ainsi caractérisé : périanthe divisé jusqu'à la base en six segmenls rétrécis en onglets allongés, sur lesquels sont insérées six étamines à anthères longues, étroites, pointues, sagitlées, droites et adhérentes aux filets par leur base; trois ovaires réunis par leur partie inférieure, surmontés chacun d'un style simple; capsule à trois lobes droits, non renllés, semblable à celle des Colchiques. La principale différence qui existe entre ce genre et le Bulbocodium, consiste dans la pluralité des styles du Meieiuleia. Ce caractère ne peut avoir beaucoup de valeur; car lorsqu'on observe le Bulbocodium sur le vivant, on voit qu'il offre aussi réellement trois styles; mais ces styles étant soudés dans presque toute leur étendue, simulent la structure d'un style simple et triquètre. Comme ils ne sont unis que par un léger tissu cellulaire, on peut les séparer sans lacération, pour peu qu'on écarte leurs stigmates. L'organisation du Merenilera paraît donc tellement semblable à celle du Bulbocodiuin, qu'il est bien difficile d'admettre la séparation de ces genres. L'auteur de la Théorie élémentaire de la Botanique a le premier démontré combien il élait important pour la taxonomie de se tenir en garde contre les soudures naturelles. C'est donc, appuyé des propres principes de De Candolle, que Guillerain propose d'éliminer un genre adopté dans la Flore Française avant que l'on eût connu la véritable organisation de la plante dont on l'avait séparé. Quoi qu'il en soit, le Merendera Bulbocodium, Ram., DC. et Redouté (Liliacées, 1, tab. 23), est une plante spécifiquement différente du Bulbocodium veinuin. Si l'on admettait cette opinion relativement à sa classification, on pourrait la nommer Bulbocodium Meietideia. Elle ne s'élève pas à plus d'un décimètre; son bulbe ovoïde émet à la fin de l'été une fleur solitaire d'un lilas purpurin, à laquelle succèdent des feuilles linéaires, concaves et étalées; le pédoncule s'allonge considérablement après la floraison, et porte une capsule qui s'ouvre en trois valves lors de sa maturité. Cette espèce croît dans les pelouses des Hautes-Pyrénées. Desfonlaines l'a aussi trouvée sur les collines des environs d'Alger. Ramond a donné sur l'évolution de sa racine des détails extrêmement curieux. Selon ce savant observateur, elle se compose d'un gros bulbe qui pompe les sucs de la terre par de nombreuses radicelles, et nourrit un très-petit bulbe naissant latéralement de sa base. C'est de celui-ci que procèdent les feuilles et la fleur qui percent les enveloppes communes aux deux bulbes, eu se glissant le long d'une rainure pratiquée dans le premier. Les tuniques propres de ce petit bulbe donnent naissance aux feuilles et aux organes de la fleur, excepté aux ovaires et aux styles qui, ainsi que la hampe, sont produits par un noyau parencbymateux. Ce bulbe florifère s'enracine immédiatement après la fécondation, et prend subilement son accroissement en repoussant l'ancien bulbe qui se flétrit, s'aplatit et demeure enfermé comme un corps étranger entre ses propres tuniques. MarschallBieber-
stein,danssa Flora TauricoCaucasica, a formé une seconde espèce de Merendera, sous le nom de Merendera Caucasica, qui a pour synonyme le Bulbocodium trigxititm d'Adams.
MÉRENDÉRÉES.BOT.(Mirbel.) f. Colchicacées.
MÉRÉTRICE. Meretrix. aoLi. Nom que Lamarck a d'abord donné au genre (ju'il démembra des Vénus de Linné et auquel il donna plus tard la dénomination plus convenable de Cylhérée. F. ce mot. Blainville a conservé ce nom pour une de ses nombreuses divisions des Vénus, f^. également ce mot.
MERGANSER. ois. Synonyme de grand Harle, adopté par Linné comme nom spécifique de cet Oiseau.
MERGEL. Mm. Synonyme de Marne. F. ce mot.
MERGDLE. Meryulus. ois. Genre de la méthode de Vieillot, qui ne comprend qu'une seule espèce, le Guillemot nain de la méthode de Temminck. F. Gdiilemot.
MERGUS. OIS. F. Harle.
MERIANA. BOT. Le genre formé par Adanson sous ce nom, d'après Trew, rentre dans le genre Antbolyze.
MÉRIANDRE. Meriandra. bot. Genre de la famille des Labiatées, institué par Bentham qui lui assigne pour caractères : calice ovale, bilabié : lèvre supérieure concave, entière ou courtement Iridentée, l'inférieure bifide, avec l'orifice nu; tube de la corolle égalant en longueur le calice; limbe divisé presque également en quatre lobes plans, dont le supérieur entier ou échancré; étamines fertiles; presque toujours les deux inférieures sont dressées et distantes, tandis que les supérieures sont un peu fléchies, et de plus l'une des deux avorte; filaments glabres; anthères à deux loges disjointes, slipitées, égales, pendantes, à connectif linéaire, court, articulé avec le filament vers le milieu; style bifide au sommet, terminé par deux stigmates.
MÉRIANDRE DD BENGALE. Meriandra Bengalensis, Benth.; Salvia Bengalensis, Roxb. C'est un sous-arbrisseau à feuilles entières, à fleurs réunies en grappe ou en épi paniculé. Toute la plante exhale l'odeur du Camphre. On la trouve dans llude.
MÉRIANIE. Meriania. bot. Genre de la famille des Mélastomacées, établi par Swartz, aux dépens du genre Rliexia, avec les caractères suivants : tube du calice campanule : son limbe à cinq ou six lobes membraneux, dilatés à leur base et subulés au sommet; cinq ou six pétales; anthères obtuses au sommet, à deux pores, insérées par leur base sur un petit prolongement éperonné; ovaire globuleux, un peu déprimé, glabre au sommet; style filiforme, en massue; le fruit consiste en une capsule libre, à cinq ou six loges, à placentaires lunules; les semences sont très-petites et cunéato-anguleuses. Les Mérianies sont des arbres ou des arbrisseaux de l'Amérique méridionale et des Antilles; leurs feuilles sont pétiolées, denticulées, glabres ou faiblement tomenteuses sur les veines et les nervures; les fleurs sont pédicellées, solitaires, axillaires, blanches ou purpurines. De Candolle en décrit six espèces parmi lesquelles on remarque :
MÉRIANIE BLANCHATRE. Merioniu leucanthu , Sw. Rameaux tétragono comprimés et glabres; feuilles pétiolées, ovales-oblongues, acuminées, denticulées, glabres, à trois nervures; pédoncules axillaires, solitaires;
sous chaque fleur deux bractées ovalo-lancéolées, à Irois nervures très-enlières. Se Irouve à la Jamaïque. MÉIUCARPE. Mericarpiiim. bot. Nom donné par De Candolle à chacune des deux porlions du fruil des plantes Ombellifères, composée de chaque carpelle et du calice persistant qui en revêt la partie externe.
MÉRICOTIlÈRE./1/enco(/ien'Mm.iiiAji.Foss. Ce genre a été formé par Bojanus d'après l'examen de dents trouvées en Sibérie, et qui ont dû apparlenirà un animal voisin des Chameaux, et ayant quelques-uns des caractères des Moutons et des Chèvres. Ces dents molaires comparées à celles des Ruminants connus, ne sont rapportées assez particulièrement qu'auxdents des animaux des familles que Bojanus a nommées Camelines et Ovines (.4ctes de l'Acad. caes. Leopold. car. des curieux de la nature, vol. xii, p. 1), et leur principal caractère, est d'avoir des arêtes entre les colonnes. Cuvier ayant examiné ces dents avec toute l'attention nécessaire, a reconnu que les différences qu'elles présentent avec celle de l'espèce actuellement vivante, n'étaient dues qu'à l'âge; ce qui tend à faire regarder le nouveau genre comme sujet à de nouvelles observations.
MÉRIDA. BOT. Necker (Elem. Bot., n» 1193) a donné ce nom à un genre qui a pour type le Poitulaca quadrifitla, L. C'est le même genre que Schrank a nommé Meiidiana, dénomination employée par Linné fils pour une autre espèce de Portulaca, qui rentre dans ce genre. F. Meridiana.
MERIDIANA. BOT. Ce genre, établi par Linné, fut réuni par son fils au Portulaca. Schrank {in Botan. Zeituiig., n" 23, 1804, p. 554) l'a rétabli en le caractérisant ainsi : calice nul; corolle à quatre pétales; huit étamines; un style (ou quatre?); pyxide ou capsule se fendant en travers. A ce genre appartiennent le Portulaca Meridiana, L., Suppl., et le Portulaca quadri- ^«/a, L.etJacq.,CoIlect.,2,p.ô56,t.xvii,f. 4,ou/'o;<Mlaca tinifolia de Forskahl. Le premier croît dans l'Inde orientale, et le deuxième en Egypte. Schrank [loc. cit.) a décrit une troisième espèce sous le nom de Meridiana axilliflora, et dont la patrie est ignorée.
MÉRIDION. ïooi. BOT. Le genre formé sous ce nom, par Agardh dans son syslema Algarum, paraît n'être qu'une espèce du genre Chaos de Bory, pénétrée de ce que Lyngbye appelait £c/HweWa, que l'algologue de Lund nomme Frustulis, et qui sont des Lunulines, des- Stylaires, etc. f. ces mots.
MÉRIE. Meria. iNS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des Scolièles, établi par llliger et ayant pour caractères : palpes maxillaires courtes, composées d'articles presque semblables, avec le premier article des antennes allongé, presque cylindrique, recevant le suivant et le cachant; mandibules n'ayant point de dentelures. Ce genre ressemble beaucoup à celui de Myzine; mais il s'en distingue parce que ce dernier a les mandibules dentées. LesTiphieset les Tengyres en sont séparés par leurs palpes maxillaires, qui sont longues, tandis qu'elles sont courtes dans les Méries; enfin les Scoliesen sontdislinguéespar le second article de leurs antennes, qui est découvert et non emboîté dans le pre-
mier. Jurine a donné à ce genre le nom de Tachus; Fabricius l'a placé avec ses Belliilus. Ces insectes ont la tête arrondie; leurs antennes sont moniliformes, courtes et épaisses; leurs mandibules sont fortes et arquées; le segment antérieur du tronc est de figure presque carrée; les ailes supérieures n'ont point de cellule radiale ; les cellules cubitales sont au nombre de trois, la deuxième est très-petite et pétiolée, la troisième est fort grande et reçoit les deux nervures récurrentes; l'abdomen est en forme d'ovoïde allongé et déprimé; les pattes sont courtes et fortes avec les cuisses comprimées. Ces insectes se trouvent dans lesdépartemenls méridionaux de la France, en Espagne et en Italie; on n'en connaît encore que peu d'espèces.
Mérie de Latreule. Meria Latreillii, lllig.; Bethilus Latreillii , Fab.; Tachus staphylinus , Jurine, Hym., pi. 14. Longue de cinq à six lignes; noire avec le devant du corselet et les premiers anneaux de l'abdomen rouges ; sur chaque côté de cette partie est une rangée de points blancs.
MÉRIER. BOT. Pour Mûrier. A', ce mot.
MÉRIGÈNE. BOT. L'un des noms vulgaires du Solanum melongena. V. Morelle.
MERILLO, MERILLUS, MERISTIO, MERLINA. ois. Noms divers donnés à l'Émerillon. V. Fadcon.
MÉRIMÉE. Merimea.m-ï. Genre de la famille des Élatinées, institué par J. Cambessèdes, dans la monographie qu'il a publiée de cette famille, ainsi que de celles des Crucifères, des Caryophyllées, des Paronichées, etc. Caractères: calice à cinq divisions; cinq pétales hypogynes; dix étamines hypogynes; cinq styles réunis et soudés à leur base; un ovaire à cinq loges renfermant plusieurs ovules. Le fruit consiste en une capsule à cinq loges, s'ouvrant par cinq valves dont les bords, repliés en dedans, constituent les cloisons. Les semences sont attachées à un placentaire central; elles sont ellipsoïdes et oblongues , leur embryon est dressé, elles ne présentent point de périsperme. Les plantes que renferme ce genre nouveau appartiennent au Brésil ; elles sont herbacées; on n'en connaît bien jusqu'ici qu'une seule espèce.
Mérimée ARÉrtARioiDE./1/em/ieaa;ena/7'o/</es,Camb. Ses tiges sont radicautes, garnies de feuilles opposées, dont les plus jeunes sont souvent implantées dans les aisselles des anciennes ou subfasciculées à la naissance du rachis des lamifications latérales. Les fleurs sont axillaires, solitaires et pédonculées. MËRINGIE. BOT. Pour Mœhringie. F. ce mot. MÉRINOS. jiAM. Race espagnole de Moutons. MÉRIOLYX. BOT. Le genre proposé sous ce nom par RalBnesque, pour VOEnothera serrulata, n'a pas été adopté.
WÉRION. Malurus. ois. Genre de l'ordre des Insectivores. Caractères ; bec plus haut que large, comprimé dans toute sa longueur, tléchi et légèrement courbé vers la pointe qui est un peu échancrée; arête distincte, qui se prolonge même jusques entre les plumes du fronl; base garnie de petits poils rudes; narines placées de chaque côté du bec, près de la base, et à moitié recouvertes par une membrane ; pieds longs et grêles; doigt externe uni à l'intermédiaire jusqu'à la première arli-
culalion; riiilerne divisé; ailes très-coui les, arrondies, les Irois preinières rémiges également élagées, souvent les trois et même les quatre suivantes d'égale longueur et dépassant les autres; queue très-longue, conique; rectrices étroites et souvent à barbules rares et décomposées. La formation de ce genre est due à Vieillot. A l'exception de quelques espèces anciennement connues, et que, jusqu'alors, on avait réparties dans les genres Merle et Sylvie, celles qui le composent sont nouvelles; elles ont été trouvées dans l'archipel des Indes et dans rOcéanie. Deux ont été rapportées parles naturalistes de l'expédition de découvertes autour du monde, commandée par le capitaine Freycinet. Les docteurs Quoy et Gaimard ont procuré à la science des documents bien précieux dans les descriptions parfaites et les figures bien exactes dont se compose la partie zoologique du nouveau voyage autour du monde. Il est à regretter que la marche rapide qu'exigeaient la sûreté et le succès de l'expédition, n'ajt point accordé aux naturalistes le temiis nécessaire pour leur permettre toutes recherches et observations relatives aux objets qu'ils ont rapportés. Ils eussent infailliblement tracé l'esquisse des mœurs et des habitudes des Mérions, et l'on ne serait point dans la triste nécessité de passer sous silence tout ce qui tient aux généralités historiques de ces Oiseaux.
Mérion BiNruo:^. Muscicapa maluchura, Lath.; Malunis palustiis, Vieill.; Levaill., Ois. d'Afr., pi. 129, fig. 2; Meguluius palustiis, Horsf. Parties supérieures d'un brun ferrugineux avec la tige des plumes noirâtre; sourcils bleus; tectrices alaires et rémiges noirâtres, bordées de brun-roussâtre; barbules roides qui ne sont en quelque sorte que des soies noires placées à certaine distance les unes des autres; gorge et devant du cou bleus; milieu du ventre blanc; le reste des parties inférieures roussâtre; bec et pieds noirâtres. Taille, sept pouces. La femelle n'a point de bleu aux sourcils ni à la gorge. Celte espèce habite les parties marécageuses de la Nouvelle-Hollande où elle se nourrit d'insectes et de larves aquatiques.
Mérion brachyptère. Tunlus biachxpterus,Lal\i. Parties supérieures et poitrine d'un brun cendré; parlies inférieures grisâtres; rectrices élagées; bec et pieds noirâtres. Taille, neuf pouces. De l'Océanie.
Mérion bridé. Malunis fienalus, Tem. F. Argye