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des Aslrées à étoiles saillantes; mais la position présumée des polypes de celles-là, ne permet pas d'établir ce rapprochement. Tout porte à croire, en effet, qu'ils sont placés dans les vallons, autour des monticules, tandis que, dans les Astrées,ils sont placés au centre de l'étoile. On ne connaît qu'un petit nombre de Monliculaires vivantes, qui viennent probablementde la mer des Indes. Fischer de Moscou avait également distingué ce genre et l'avait nommé Hyilnophora. Il y rattache quelques espèces fossiles, que Lamark a mentionnées également.
MONTIE. Montia. bot. Ce genre, de la famille des Porlulacées et de la Triandrie Trigynie, L., était nommé Alsine et Alsinoides par les anciens auteurs et par Vaillant qui en a donné une bonne ligure (Botanicon Paris., tab. 5, f. 4). Ses caractères essentiels sont : calice persistant, divisé en deux ou trois lobes peu profonds; corolle monopétale, à cinq parties, dont trois alternes et plus petites; étamines au nombre de trois ou cinq : ovaire surmonté d'un style unique, caduc, très-court, partagé à peu près jusqu'à la moitié, en trois branches stigmatiqucs; cet ovaire est glabre, trilobé, uniloculaire, et porte sur sa paroi interne, les rudiments de trois cloisons qui disparaissent totale- Inent à la matuiité; il est entièrement traversé par un a,\e composé de trois filets, et à sa base sont attachés trois ovules; mais pendant la maturation, cet axe filiforme se rompt au-dessus du milieu, s'oblitère ; il n'en reste plus aucune trace, de sorte que les graines paraissent attachées au fond de la loge.
MoJiTiE DES FONTAINES. Moiitta foiitaHO. C'est une petite herbe faible, un peu charnue, dont la tige, trèsdivisée, est garnie de feuilles opposées, oblongues ou spalulées et très-entières. Ses fleurs sont axillaires, pédonculées, petites, blanches et penchées après la floraison. Cette plante croit en Europe, dans un grand nombre de localités aquatiques. Elle offre deux variétés que plusieurs auteurs allemands ont élevées au rang d'espèces, mais dont les différences résultent évidemment de la nature plus ou moins humide des localités où elles croissent. Il est juste néanmoins de dire que, selon Gmelin , auteur de la Flore de Bade, il y a des différences dans leur germination. La première variété est très-petite, de couleur un peu jaunâtre ou même quelquefois rougeâtre, et ses tiges sont presque droites ; on la trouve sur les bords des marais desséchés. L'autre variété est du double plus grande; ses rameaux sont couchés et ses feuilles d'un vert assez vif; elle croît le long des eaux vives.
MONTIFRINGILLA. ois. Synonyme de Pinson d'Ardennes.
MONTINIE. Montinia. bot. Ce genre de la Diœcie Tétrandrie, établi par Thunberg et Linné fils, a été rapporté par Jussieu à la famille des Onagraires. Il est caractérisé de la manière suivante : plante dioïque; calice à quatre dents; quatre pétales alternes avec les dents calicinales (corolle monopétale selon Gœrtner). Les fleurs mâles ont quatre étamines. Les fleurs femelles présentent quatre filets stériles; un ovaire infère, surmonté d'un style bifide; une capsule oblongue, couronnée par les quatre petites dents calicinales, biloculaire,
déhiscente longitudinalement, renfermant plusieurs graines attachées à un placenta central et quadrangulaire, imbriquées, obovées, comprimées et ailées d'un côté. Une seule plante constitue ce genre. Linné fils lui a donné le nom de Montinia aciis. auquel Thunberg et Ga;rtneront substitué ceux de Montinia caryoph} llata et fiuticosa. Cette plante a une tige frutescente, droite, rameuse et légèrement anguleuse. Ses branches sont effilées, alternes, dressées, et portent des feuilles alternes pétiolées, lancéolées, entières, un peu éparses, glabres, vertes des deux côtés, marquées d'une forte nervure médiane, de laquelle parlent obliquement plusieurs autres nervures presque longitudinales. Lesfleurs sont dioïques, blanchâtres, pédonculées et assez petites. Les mâles forment ordinairement des panicules terminales munies de courtes bractées. Les femelles paraissent solitaiies et disposées au sommet de la plante, sur des pédoncules terminaux ou axillaires. Les fruits, dont la couleur est d'un brun foncé, sont très acres au goût. Cette plante croît sur les coteaux sablonneux, au cap de Bonne-Espérance.
MOiMlRE. Montira. bot. Sous le nom de Montiia Guianensis, Aublet (Plantes de la Guiane, vol. 2, p. 037. t. 237) a décrit et figuré une plante constituant un genre particulier de la Didynamie Angiospermie, L., et placé par Jussieu dans la famille des Scrophularinées. Ce genre offre les caractères suivants ; calice divisé profondément en cinq parties longues et aiguBs; corolle infundihuliforme, dont le tube est courbé, le limbe ouvert, divisé en cinq lobes égaux et pointus; quatre étamines didynames, attachées à la partie inférieure du tube, à filets grêles et à anthères biloculaires; ovaire arrondi, didyme, surmonté d'un style et d'un stigmate large, concave, marqué d'un sillon; capsule didyme, hiloculaire, à quatre valves, renfermant un grand nombre de petites graines. La racine du Montira Guianensis est fibreuse; elle émet une lige herbacée, haute de deux à trois décimètres, noueuse et tétragone. Les feuilles sont opposées, sessiles, très-entières, oblongues et terminées en pointe. Les fleurs naissent par trois à l'extrémité des branches et des rameaux; l'une d'elles est presque sessile, tandis que les deux autres sont longuement pédonculées. Quoique Jussieu ait rapporté cette plante à la famille des Scrophularinées, il a néanmoins indiqué son affinité avec les Genlianées. L'inspectlonde la figure donnée par Aublet, rappelle en effet le Spirjelia anthelmintica, qui appartient aux Genlianées, et l'on ne serait pas éloigné de rapprocher ces genres, si l'on connaissait mieux la structure du fruit des Montires.
MO?iT-JOLI. BOT. Synonyme vulgaire de Lantana involucrata, L.
l\IONTLIVALTlE.;1/o««!'iia«m. folvp. Genre de l'ordre des Actiniaires, dans la division des Polypieis sarcoïdes, ayant pour caractères : Polypier fossile, presque pyriforme, composé de deux parties distinctes: l'inférieure ridée transversalement, terminée en cône tronqué; la supérieure presque aussi longue que l'inférieure, un peu plus large, presque plane en dessus, légèrement ombiliquée et lamelleuse; lames verticales, rayonnantes, au nombre de plus de cent. Ce que La-
inouroux désigne, clans ces Polypiers, sous le nom de |)arlie inférieure, est une sorle de tunique extérieure, ridée transversalement, peu épaisse, queliiuefois interrompue, et laissant apercevoir, dans ces intervalles, le bord des lames perpendiculaires, que l'on remaniue à la surface sui)érieure. Ces Polypiers paraissent avoir adhéré aux corps sous-marins par un point peu étendu de leur extrémité inférieure; toutes leurs parties sont cliangées en Spatli calcaire; souvent l'intérieur est creux et tapissé de cristaux. Ce genre iie renferme qu'une espèce, fossile, dans le terrain à Polypiers des environs de Caen et autres localités à formations analogues; elle est décrite et figurée dans l'exposition méthodique des Polypiers par Lamouroux, qui la nomme Montlwaltia caryophyllata.
MONTMARTRITE. Mirt. Nom donné par Jameson à la variété de Gypse calcarifère.qui se trouve principalement à Montmartre, aux environs de Paris, y. Cu.tux
SULFATÉE.
1\10NTV0YAU. OIS. Espèce du genre Engoulevent.
MOONIE. Moonia. bot. Genre de la famille des Synan tliérées, établi par Arnott (Piig., p. ôO), pour une plante observée à Ceylan et qui lui a présenté pour caractères ; capitule hétérogame; fleurs du rayon ordinairement au nombre de cinq, ligulées, trifides, unisériées et femelles; celles du disque infundibulaircs et mâles; involucre bisérial : quatre ou cinq squammes extérieures étalées et un peu renversées, les intérieures sont un peu plusuorabreusesel presque droites; réceptacle garni de paillettes ol)longues, meml)raneuses et uninervurées; style des fleurs femelles bifide, à branches linéaires et roulées, celui des fleurs màlesest très simple, égal, pubescent en bas, glabre au sommet; akènes du rayon oblongs,obcomprimés, bordés, lisses avec deux petites cornes très-courtes.
MooNiE HÉTÉROPHYLLE. Mootiia heterophyUa, Arn., loc. cit. C'est un sous arbrisseau très-glabre, à feuilles opposées, pétiolées, entières ou découpées en deux ou trois parties; le pédoncule est terminal, nu, grêle, allongé et monocéphale.
MOORCROFTIE. Muorcioftia. bot. Genre de la famille des Convolvulacées, établi par Choisy qui lui donne pour caractères : calice à cinq divisions; corolle hypogyne, campanulée, avec son limbe à cinq plis; cinq étamines incluses, insérées au bas du tube de la corolle; slyle simple. Le fruit consiste en une baie biloculaire, mais réduite le plus souvent à une seule loge par avortement, et monosperme. Les Jloorcrofties, dont on ne connaît qu'une espèce, et encore assez imparfaitement, sont des sous-arbrisseaux grimpants, à feuilles alternes, pétiolées, entières, soyeuses en dessous; les pédoncules sont axillaires et multiflores.
MOPSÉE. Mopsea. poivp. Genre de l'ordre des Isidées, dans la division des Polypiers corticifères, ayant pour caractères : Polypier dendroïdeàrameauxpinnés; écorce mince, adhérente, couverte de mamelons trèspetits, allongés, recourbés du côté de la tige, épars ou subverticillés. Lamouroux est le seul auteur qui ait distingué des Isis les deux espèces dont il a formé son genre Mopsée. Elles pourraient se rapprocher des Milé-
lées par le peu d'épaisseur et la persislaiice de leur écorce; mais les entre-nœuds des articulations sont cornés et peu saillants, au lieu d'être saillants et subéreux comme dans celles-ci. Par la nature cornée de leurs entre nœuds, les Mopsées se rapprochent des Isis dont semble les éloigner leur écorce mince et persistante; elles forment conséi|uemnient un passage naturel entre ces deux genres. Leurs articulations pierreuses, de couleur fauve ou blond terne, ont une dureté assez grande pour recevoir un beau poli; leur surface est couverte de stries fines et longitudinales; les cellules polypifères de l'écorce sont saillantes, recourbées en dessus, et présentent quelque ressemblance avec celles de la Gorgone verticiUée. Ce genre renferme les Mopsea verticillala et dichotoma.
SIOQUEUR. OIS. Espèce du genre Merle, dont plusieurs ornithologistes ont fait le type d'un sous-genie. /'. Merle.
MOQUILÉE OD MOOUILIER. Moquilea. bot. Aublet (Plantes de laGuiane, l,p. 321, t. 208) a constitué sous ce nom, un genre del'lcosandrie Monogynie, L.,et qui fait partie de la tribu des Chrysobalanées, dans la famille des Rosacées. Voici ses principaux caractères : calice turbiné, à cinq dents aiguës; corolle à cin(| pétales presque arrondis; environ quarante étamines longues, un peu inégales, insérées sur le calice au-dessous des pétales; ovaire hérissé, surmonté d'un slyle filiforme, velu inférieurement, et d'un stigmate obtus; fruit inconnu. Le Moquilea Guianensis, Aubl., est un arbre indigène des forêts de la Guiane française. Ses feuilles sont ovales, acuminées, glabres, lisses, très-entières. Ses fleurs forment des grappes ou des panicules lâches, axillaires et terminales.
MOQOINIA. BOT. Le genre institué sous ce nom, par Sprengcl, dans la famille des Loranthacées, pour une plante du cap de Bonne-Espérance, placée par Thunberg dans le genre Loranthus (Lorauthus glaucus). n'a point été adopté.
MOQDIME. Moqiiiiiia. bot. Genre de la famille des Syiianthérées, institué par le professeur De Candolle, avec les caractères suivants -. capitules dioïqucs, composés de trois à seize fleurs honiogames; involucre imbriqué, plus court que les Heurs; réceptacle plan et nu; corolles glabres, régulières, quinquéfides, à lobes linéaires; anthères des fleurs mâles à queue, celles des fleurs femelles rudimentaires; slyle des fleurs mâles très-glabre; akènes cylindriusciiles, sans bec; aigrette bisériale, sétacée, scabre, un peu épaisse. Les Moquinies,dont six espèces sont décrites dans le Piodiomus et partagées en deux sections, appartiennent au Brésil. à l'exception d'une espèce qui est africaine et forme ; seule le second groupe; ce sont des arbrisseaux rameux, I striés, tomenteux. à feuilles alternes, pétiolées, entières ] ou dentées et à petits capitules.
j MoQuiME cEnoRÉE. Moquiiiia cinetea, De Cand. Ses feuilles sont largement ovées et ovales, mucronulées. très-rarement dentées, résino-brillantes en dessus, cou vertes en dessous d'une pubescence très-courte cl d'un cendré clair; les capitules, composésde trois à six fleurs, sont très-courtement pédicellés, subracemoso-fasciculés; rinvoUicre,dans les fleurs mules, estsubcyliudracé
l\i U II
renfermant de six à dix fleurs, formé de sqiiamuies velues et Iilancliâtres, ciliées : les extérieures ovales et obtuses, les intérieures oblongues et presque pointues. Des bords de Rio-Grande.
MORJEX. BOT. F. MoRÉE.
MOR^NULE. POIS. Espèce du seure Saumon, sonsgenre Ombre. F. Saumon.
MORBRAN oc MORVRAN. ois. Synonyme vulgaire de Corbeau noir.
MORCHELLA. BOT. F. MoRiiiE.
MORDELLE. Monlella. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille de Trachélides, tribu des Mordellones, établi par Geoffroy, et adopté par tous les entomologistes, avec ces caractères: tous les articles des tarses entiers; palpes maxillaires terminées par un article beaucoup plus grand que les précédents, en forme de bacbe; antennes simples ou seulement en scie dans les mâles. Ces insectes ressemblent beaucoup aux Anaspes, avec lesquels l'abricius les a confondus; mais ils en diffèrent d'une manière trancbée par les tarses ajitérieurs, qui, dans les dernières, ont le pénultième article bilobé; les Scrapties s'en éloignent par la forme du corps et parce que leurs antennes sont insérées dans une petite échancrure des yeux, ce qui n'a pas lieu dans les Mordelles; enfin les Ripiphores, les Pélécolomes et les Myodiles en sont séparés par leurs antennes qui sont en éventail ou très-pectinécs dans les mâles. Le nom de Mordelle était employé par les anciens pour désigner des insectes qui provenaient de larves ou de Vermisseaux se nourrissant de la tige du Chou. Linné consacra cette dénomination dans les premières éditions de son Sysleiiia Nuturw, à un assemblage des Mordelles, Anaspes, Attises et de quelques autres insectes fort différents; ce n'est que plus tard qu'il a présenté le genre Mordelle parfaitement naturel et currespondant à la tribu des Mordellones de Latreille. Ces insectes ont le corps comprimé sur les côtés, un peu aplati en dessus, très-convexe en dessous; leur tête est petite, arrondie à sa partie supérieure, 1res inclinée sous le corselet; les antennes sont de la longueur du corselet, composées de onze articles dont les quatre premiers filiformes, les autres sont en forme de dents de scie; le corselet est convexe, plus étroit antérieurement, terminéposlérieurement par trois pointes assez saillantes; les élytres sont dures, oblongues, un peu aplaties en dessus, et recouvrant deu.\ ailes membraneuses; les pattes sont assez longues, avec leurs tarses filiformes; l'abdomen est conique : ses derniers anneaux se prolongent et forment une queue dans les femelles qui s'en servent pour enfoncer leurs œufs dans les cavités du vieux bois.
Les Mordelles sont très-vives et très-agiles; elles se trouvent sur les Qeurs; lorsqu'on les prend, elles glissent entre les doigts, et si elles parviennent à se dégager, elles prennent leur vol avec une promptitude étonnante. Ce sont, en général, des insectes de petite taille dont les couleurs sont peu variées. On distingue surtout l'espèce suivante:
Mordelle a tarière. Monlella aculeala, L., Fabr., Oliv. (Col., m, 64, 1-2); la Mordelle veloutée à pointe, GeofiF. , Deg. Elle est longue de deux lignes; noire.
luisante, sans taches, avec un duvet soyeux; antennes en scie; tarière de la longueur du corselet. Commune dans toute l'Europe.
MORDELLONES. Monlellonœ. iivs. Tribu (auparavant famille) de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Trachélides, établie par Latreille et renfermant les insectes qui composent le genre Mordelle de Linné. Cette tribu est composée de Coléoptères généralement petits et très-agiles, qui se trouvent sur les fleurs; leurs tarses varient sous le rapport de la forme de leurs articles et des crochets du dernier; le corps est élevé, arqué, avec la tète basse; le corselet trapézoïde ou demi-circulaire; les élytres soit très-courtes, soit de longueur ordinaire, mais alors rétrécies et finissant en pointe ainsi que l'abdomen; les antennes le plus souvent en scie; celles de plusieurs mâles sont en panache ou en peigne; la forme des palpes varie. La plupart des femelles paraissent déposer leurs œufs dans le bois, d'autres les placent dans les nids de Guêpes.
Latreille divise ainsi cette tribu :
1. Antennes des mâles en éventail ou très-pectinées; pallies presque filiformes.
Genres : Ripipuore, Pélécotome, Mvodite.
Les crochets des tarses sont bifides dans les Ripiphores.
2. Antennes, même celles des mâles, tout au plus dentées en scie; palpes maxillaires terminées par un article plus grand, triangulaire ou sécuriforme.
Genres : Mordelle, Anaspe, Scraptie. F. tous ces mots.
MORDETTE. iNS. L'un des noms vulgaires des larves du Hanneton vulgaire.
MORDEUR-DE-PIERRES.POis.Nom vulgaire del'^rtarhichas lupus, L.
MORÉE. Moiœa. bot. Genre de la famille des Iridées et de la Triandrie Monogynie, Lin. Ce genre ne se composait d'abord que de deux espèces; c'est ainsi qu'il fut adopté par Linné; mais bientôt, et surtout par les rccliercbes de Thunberg, au cap de Bonne - Espérance, il s'est accru à un tel point que peu d'autres genres offraient autant de difficultés à l'étude; on y avait accumulé, avec une légèreté extrême, toutes les Iridées que l'on n'avait su répartir dans aucun autre genre de la famille, car aux épurations successives des Morées, presque tous ont reçu des éliminations. Voici les caractères du genre Morœa, tels qu'ils ont été déterminés par Bellenden-Ker, dans son Gênera iridœarum (Brux., 1827) : spatlie plurivalve; périanlhe à six divisions cuneato- oblongues ou spatulées : les extérieures souvent lanugineuses à l'onglet, souvent aussi pourvues d'un réservoir mellifère à leur base; les intéiieures très-petites et quelquefois nulles; style triangulaire et grêle; stigmates pétaloïdes, bilabiés ou linéari-lamellaires, bipartites, divariqués, à segments [ convoluto-filiformes; étamines opposées à la face plane des stigmates, ou interposées dans leurs segments; filaments connés ou distincts; capsule globuleuse, à trois protubérances ou allongée, trigone et membraneuse. A l'exception d'une ou deux Morées, que l'on trouve en Sicile et dans le royaume de Naples, toutes
les aulres appaiiieimenl à la pointe australe de l'Afi'ique.
Ce sont des plantes à racines bulbeuses, que l'on cultive sous châssis, en bàclie ou en orangerie; on distribue les bulbes dans de petits pots remplis du coml>ost préparé avec le terreau de bruyère et le terreau de fumier, et on place ces pots sous châssis en automne; on les enfonce dans le vieux tan et on les conduit comme les autres plantes bulbeuses, en ne les arrosant (jue lorsqu'il y a nécessité et en leur procurant le contact de l'air, quand la température est douce. Eu été on tient ces plantes en plein air, jusqu'à l'apparition (les gelées. On les propage par la séparation des cayeux que l'on opère au mois d'août ou immédiatement après la floraison.
MoitEtiEXVEVSE. Morœa flfa:uosa,l,\n.,Srst. v, 93; Thunb., Diss. 12; Willd., Sp. pi. 243, Bol. Mag. G93. Ixia longifotia, Jacq., Horl. Fiiid. 3, 47, t. 90; Sisxrinchiuvi /lexiiosum, Spreng., Syst. veget., 1, 107. On doit la connaissance de cette espèce â Thunberg,. i|ui l'a observée pendant son séjour au cap de Bonne- Espérance, en 1774. Sa tige s'élève à plus d'un pied, elle est arrondie, articulée, striée et médiocrement rameuse; une seule feuille engainante sort du sommet du bulbe, il arrive rarement qu'elle soit suivie d'une seconde; elle est linéaire, pointue, recourbée extérieurement, d'un vert trèssombre, plus longue que la tige et large de cinc] lignes. Les fleurs sont d'un jaune doré très-vif, alternes, solitaires, éparses sur le sommet de la tige où elles sont accompagnées de quelques feuilles beaucoup plus petites, mais de même forme que celle qui s'élève du bulbe. La spatbe est oblongue, membraneuse, divisée au sommet qui est acuminé. Les trois divisions externes du périanlhe sont bordées de brun à l'extérieur; elles sont, ainsi que les internes, étalées, ovales, concaves, obtuses. Les étamines sont insérées à la base du périantlie; le style est simple, surmonté de trois stigmates pétaloïdes, bilides, inclinés sur les étamines. L'ovaire est inférieur et se transforme en capsule trigoue, à trois valves et à trois loges, renfermant un grand nombre de graines.
MoRÉE DES COLLINES. Moiwa coltina, Tliunb., Diss. 11,0» 13; Spreng., Sfsl. veget., 1, 103. Sisyrinchium coUiuum, WiWi. ,Sp. pi. ô, 378; Redouté, LiliaCiiO. Homeria voUina, Venteuat, Gen., 2. Son bulbe est arrondi, de la grosseur d'une noisette, il en naît une feuille longue de deux pieds environ, presque linéaire, canaliculée, recourbée, striée, acuminée, d'un vert pâle, tirant sur le glauque; elle accompagne une tige cylindrique, un peu flexueuse, grêle, un peu plus courte que la feuille, pourvue de spathes en fourreau, portant dans leurs aisselles de grandes et belles fleurs pédonculées, d'un rouge orangé et larges de plus de deux pouces.
RIoRÉE JAUNATRE. Moiœa ochroleuca, Salisb.; Sisyrinchium elegans, Redouté, Liliac, 171; Willd., 6>. pi. 2, 578. Cette espèce a été confondue avec la précédente; ses fleurs sont solitaires au sommet d'un pédon- •cule cylindiique, enveloppé d'une feuille engainante, spathiforme, roulée, pointue et d'un vert assez agréable; elles sont grandes de deux pouces et demi et peu
nombreuses sur la tige. Les trois divisions externes du périanthe sont en dehors d'un vert jaunâtre et en dedans d'un jaune livide, rayées et veinées de jaune olivâtre, elles sont arrondies et étalées; les divisions internes sont plus larges, presque orbiculaires, et d'une nuance plus uniforme.
MoRÉE OEIL DE Paon. Moiœci Pavonia, Ker; Tris Pavonia, Tliunb., Flor. Cap. 1, 1; Lin. ,Siipp., 98. f'ieusscuxia Pavonia, De Cand., An. du Mus., S, 139; Spreng., Sysl. veget. Sa lige a environ un pied de hauteur, elle est simple, cylindrique, articulée, pubescente, peu rameuse, portant au sommet une et quelquefois deux fleurs; la feuille est un peu plus longue, étroite, linéaire, aiguë, striée et velue sur les côtes ou élévations des stries; les feuilles de la tige sont plus petites, vaginales, tubuleuses, herbacées et pointues. Les divisions externes du périanthe sont grandes et ovales, d'une belle couleur orangée avec des points noirs à l'onglet et au dessus une tache lunaire bleue, encadrée de noir velouté. Les divisions internes sont trois fois plus courtes, linéaires, et tort effilées vers la pointe; leur couleur est le jaune orangé pâle, parsemé de traits et de points disposés sur plusieurs rangs.
MoRÉE A TROIS PÉTALES. Moiœa ttipetala, Ker; Iris tripetala, Tliunb., Ft. Cap., 1, 29C; Lin., Supp., 97. Iris Mutila, Rœm. et Sch.; P'ieusseuxia tripetaloiiles, Spreng., Sj-st. veget., 1, 489. Son bulbe est globuliforme, de la grosseur d'une forte noisette; il en sort une feuille linéaire, canaliculée, à bords roulés, glabre, algue au sommet, engainante à la base, flexueuse, longue d'un pied et demi, large de deux lignes et d'un vert assez obscur. La tige est un peu plus courte, cylindrique, articulée, glabre, ne portant ordinairement qu'une seule fleur; ses articulations sont garnies de bractées foliacées, spathiformes et engainantes; il en sort une fleur portée sur un pédoncule assez court et épais. Les trois divisions externes du périanthe sont allongées, écartées, avec l'onglet rétréci, linéaire et jaune; le limbe est plan, d'un bleu céleste, très-pâle, avec une ligne plus foncée encadrant en chevron l'onglet; les divisions internes sont très-petites, fort étroites, presque subulées et d'un bleu plus intense.
MoRÉE A TROIS POINTES. Morœa tricuspis, Bot. Mag., G96; Iris tricuspis, Thunb., Diss., 15. Son bulbe est spliérique; sa feuille est linéaire, nervurée, droite, pointue, longue de deux pieds environ et d'un vert sombre. La tige est droite, un peu plus courte que la feuille, ayant ordinairement au sommet deux pédicelles, portant chacun une Heur d'un blanc jaunâtre; les divisions externes sont grandes, avec le limbe brusquement réfléchi ou étalé, arrondi, entier, terminé par une petite pointe aiguë; l'onglet est d'un pourpre brunâtre, tacheté de points blancs et encadré de jaune formant un chevron; les divisions internes sont beau.coup plus petites et plus courtes, lancéolées, doublement échancrées au sommet. Les filaments staminaux sont dilatés; les stigmates sont grands, pétaliformes, bifides et blanchâtres.
MoRÉE DE Bellenden. Morwa Bellendenii , S\v., Hort. Brit. éd., 2, 498. Sa fleur est d'un beau jaune doré: son onglet est d'un vert obscur en dehors, avec
les bords Wanchaiies, parsemé de points pourprés en dedans sur un fond verdâtre, formant une taclie non encadrée; le limbe est grand, concave et acuminé au sommet. Les divisions internes sont connées à leur hase, puis partagées en trois lol)es. Les stigmates sont pétaliformes, hilîdes et d'un jaune ochracé pâle.
MoRÉE \ TACHES BLEUES. Moiœa ijlaucopîs , Ker; Iris tricuspis , Willd.; Iris tricuspidata, Lin.; Iris Pavonia, Bot. Magaz., 168; Fieusseiixia spiralis. De Cand. , Ann. du Mus., 2, 140; Fieusseuxia arisiata, De Laroche. Son hulbe est arrondi, muni d'une feuille engainante, étroite, pointue, longue de plus d'un pied, et d'un vert un peu glauque. La tige est garnie de deux ou trois folioles spathiformes, tubuleuses, renflées, pointues, d'où sort le pédoncule florifère. Les divisions externes du périanlhe sont grandes, avec l'onglet rétréci et barbu; le limbe est d'un blanc pur, avec une belle tache d'un bleu vif, encadré de brun pourpré; l'onglet à l'intérieur est jaunâtre, entouré de pourpre; les divisions internes sont étroites, avec le limbe lancéolé, partagé au sommet en trois lobes. Les stigmates sont blancs, nuancés de bleu céleste.
MoRÉE PAPiiiONAcÉE. Morwa papitionacea , Bot. Mag., 730; Spreng., Syst. veget. Iris papilionacea, Thunb. Bulbe ovale ; tige longue de deux pouces, qu'accompagnent près de sa base, deux feuilles linéaires, striées, pubescentes, d'un vert assez obscur; fleurs pédicellées; divisions externes du périantlie d'un rouge assez vif, munies à l'origine du limbe, d'une tache jaune, poinliUée au centre de gris-bleuâtre; les divisions internes sont plus étroites, également arrondies et ondulées en leurs bords, mais avec une simple tache jaune à la base. Stigmates dressés, d'un rouge de rose à leur base et d'un rouge sanguin à l'extrémité.
MoRÉE BARBiGÈRE. Morœci barbigera, Sweet; Iris ciliata, Lin., Willd. Sa lige n'a guère plus d'un pouce; elle est entourée de quatre à cinq feuilles alternes, engainantes à leur base et ciliées en leurs bords; les fleurs, portées sur un pédicelle fort court, sortent d'une feuille vaginale, spathifoime ou bracléiforme. Les divisions externes du périantlie ont leur onglet allongé, barbu; le limbe est orbiculaire, d'un beau rouge pourpré, avec une grande tache jaune au centre de la hase; les divisions internes sont plus étroites et unicolores, ainsi que les stigmates pétaliformes.
MoRÉE LijRi^E. Morœa iurida, Ker, Spreng. Sa lige est excessivement grêle, garnie à son origine de trois ou quatre feuilles plus longues qu'elle, étroites, recourbées, glabres, vaginantes à la base, un peu roulées, effilées et acuminées au sommet. Les fleurs sont portées sur un pédoncule sortant d'une gaine spathiforme, aiguii et d'un vert tendre. Les divisions externes sont d'un rouge pourpre, obscur; elles ont l'onglet presciue aussi large que le limbe, concave, relevé en crête au point de partage avec le limbe qui est réfléchi, étalé et terminé par une petite pointe; la base extérieure de l'onglet est verte. Les trois divisions internes sont trois fois plus courtes et moins larges que les externes, d'une nuance plus claire avec deux i)etites taches d'un brun pourpré.
MoRÉE A LONGUE cAinE. Morœa vogiiiata, De Cand.
cl Redouté, loc. cit., t. 56; Morœa Northiana, Andrews, Reposit-, t. 235; Iris Northiana, Persoon. Ses feuilles radicales sont, comme celles des Iris, gladiiformes, disposée» sur deux rangs opposés en forme d'éventail. La feuille supérieure offre ceci de remarquable, que dans toute sa longueur elle tient la hampe enfermée, phénomène qui s'observe également, mais bien moins complètement sur quelques espèces d'Ixia. Les fleurs sortent de la feuille au sommet de la gaine; elles sont ordinairement au nombre de deux, accompagnées d'une spathe à deux valves pointues et carénées. Cette plante croît naturellement au cap de Bonne Espérance, avec plusieurs autres belles espèces que l'on cultive en Europe, ainsi que celle-ci, dans les jardins de botanique. C'est aussi de cette contrée qu'est originaire le Morœa végéta, L., ou Morœa iriopetala de Vahl, qui a été reporté parmi les Iris par Thunberg et Linné lui-même. Cette belle plante porte des fleurs bleues avec une tache jaunâtre et une raie barbue.
Bellenden-Ker considère encore comme appartenant au genre Morœa les Iris angusla, Thunberg; edulis, T.; spalhacea. T.; polystachia, T.; biluminosa, T.; viscaria, T.; pltimaria. T.; raiiwsa. T.; trislis. T.; crispa, T.; ciliata, T.; minuta, T.; gracilis, Rœm. et Sch.; Iiirsuta, R.ctSch.;i'î7/oso,Curt.; selifolia, Vahl; le Sisfrinchiunt elegans ; VIxia virgata, Willd., etc. MORÉLIE. Morelia. bot. Genre de la famille des Rubiacées, institué par le professeur Richard (Mém. Soc. Hist. nat., par. 3, p. 232) pour une plante rapportée du Sénégal, par Leprieuret Perrotet. Caractères : limbe marginal du calice dressé, presque entier; corolle courte et tubulée, avec son limbe partagé en cinq divisionslancéolées, étalées, imbriquées avant l'épanouissement; cinq étamines cxsertes, insérées à l'orilice de la corolle; anthères linéaires; style simple, incrassatofusiforme vers le sommet; stigmate à deux lobes rapprochés; ovaire à quatre ou cinq loges, renfermant trois ou quatre ovules attachés à l'angle interne; fruit suhcharnu, à quatre ou cinq loges hi ou trispermes: il est couronné par le col du calice.
MoRÉLiE DU Sénégal. Morelia Senegalensis, Rich. C'est un arbuscule glabre, à rameaux cylindriques et cendrés; à feuilles opposées, elliptiques, coriaces et glabres; les stipules sont interpétiolaires, décidues; les fleurs sont axillaires et réunies en grappe subtricholome.
IMORELLA. BOT. (Loureiro.) F. Ascarine.
MORELLANE. EOT. Pour Morelia. f. ce mot. MORELLE. OIS. Synonyme vulgaire de Foulque Macroule.
MORELLE. POIS. L'un des noms vulgaires du Véron. A'. Able.
MORELLE. Solannm. bot. Genre de la famille des Solanées et de la Pentandrie Monogynie, L. S'il faut en croire quelques commentateurs des plus anciens praticiens, ceux-ci donnaient le nom de spuXvos à diverses plantes que les latins ont désignées sous celui de Solarium ; et le dernier paraîtrait dériver du mol Solari, consoler, à cause des propriétés sédatives ou calmantes qu'à des époques fort reculées on accordait généralement à ces plantes. Quant au nom français Morelle, on
Mon
peut trouver assez vraisemblable qu'il soit un dérivé ilii mol gaulois Moi; noir, et qu'il exprime ainsi la couleur du fruit de la plupart des Solannm. Du reste, ce genre est l'un des plus nombreux qu'offrent les méthodes. On n'y eoniple guère moins de trois cents espèces, et l'on sent que dans un semblable groupe, il doit y avoir bien des nuances de propriétés et de caractères. Bauhiu avait réuni, dans sa classification des végétaux, sous le nom de Solanum, outre les espèces connues de son temps, plusieurs autres plantes, iiui même n'appartiennent pas à la famille des Solanées. Sa nomenclature fut adoptée par Ray, Plukenet, Morison, etc. Plus tard Tournefort s'occupa de la révision des Solanum; il les groupa avec plus de précision, et d'une manière plus rationnelle qu'on nel'avait fait jusqu'à lui, et les distribua en plusieurs genres qu'il désigna sous les noms de Solannm, Meloiigena et Lycopersicon. Quoique ces genres, d'après les caractères qui leur ont été assignés par leur auteur, ne fussent fondés que sur la seule considération des organes générateurs, l'analogie des espèces y était en géuéral assez bien établie; mais ces caractères ne pouvaient échapper à la grande réforme de nomenclature qu'opéra Linné; ils se trouvèrent pour ainsi dire de nulle valeur, et des trois genles il n'y en eut plus qu'un , qui fut divisé en deux grandes sections, fondées sur l'absence ou la présence des aiguillons.
Adansou a réuni en un seul les deux genres5o/a«!<m et Melonyena de Tournefort, mais il a conservé le genre Lycoijersicon , qu'il a caractérisé par les anthères soudées et les graines velues; néanmoins cet excellent observateur a continué à penser avec Linné, que, dans les Lycopersiques comme dans les Morelles, les anlhèies s'ouvraient par des pores terminaux; ce fut Dunal qui, dans une belle et bonne monographie de ces genres, a bien établi la déhiscence des organes niàles et la manière dont le pollen s'en échappe pour aller féconder le pistil, déhiscence qui ne s'oj)èie point ainsi qu'on l'avait pensé jusqu'alors. Dunal a assigné au genre Lycopersicon ses caractères différents; il a réuni au genre /f'hiteiingia de l'Héritier, le Solannm ciassifolhmi de Lamarck, qui avait été confondu avec le Sdlaiium Diilcamara; il n'a point admis le genre -■tquaitia de Jacquin, le genre Nycterium de Ventenat, les genres Dulcamara et Pseudo-capsiciim de Mœnch, non plus que le genre Psolannm de Necker, tous fondés sur des caractères trop légers pour que les espèces qui devraient les constituer, pussent être séparées du genre Solanum. Ce genre ainsi épuré et circonscrit par Dunal, présente encore les deux grandes divisions de Linné, et en outre de nombreuses subdivisions fondées sur la forme, la disposition ou la couleur des feuilles, des fleurs et de leurs diverses parties, sur la consistance des tiges, etc.; caractères insuffisants pour déterminer des coupes génériques, mais trop saillants dans le genre pour être négligés.
La plupart des Morelles sont remarquables les unes par la beauté de leur feuillage, les autres par la vivacité des couleurs de leurs aiguillons, etc. On peut caractériser le genre de la manière suivante : calice divisé in dents ou lobes au nombre de quatre à cinq, persis-
tant et même croissant après la liloraison; corolle monopétale, rotacée, dont le tube est court, le limbe grand, ouvert, plissé, à lobes anguleux, ordinairement au nombre de cinq, quelc|uefois de quatre ù six; élamines en nombre égal aux lobes de la corolle, à filets subulés, très-courts, à anthères oblongues, rapprochées ou distantes, s'ouvrant par deux pores situés au sommet; ovaire ovoïde, surmonté d'un style filiforme et d'un stigmate obtus presque simple ou divisé légèrement en deux, trois ou quatre lobes; baie arrondie, quelquefois ovoïde ou oblongue, glabre, ombiliquée au sommet, ù deux, trois ou quatre loges; graines nombreuses, ovées, portées sur des placentas charnus, convexes, tantôt unis avec la cloison, tantôt séparés de celle-ci par un processus laminaire et longitudinal qui les fixe à l'axe du fruit.
MoRELiE TEEÉREDSE. Solantim tubciosum, L. Vulgairement Pomme de terre, et très-improprement Patate dans quelques parties de la France. Ses racines sont longues, fibreuses, chargées de distance en distance de gros tubercules qui présentent diverses formes, mais qui ordinairement sont arrondis ou oblongs. Sa lige est herbacée, creuse, divisée en plusieurs rameaux, garnie de feuilles irrégulièrement i)innatifides, à lobes sé|>arés jusqu'à la côte principale, inégaux en grandeur, ovales et souvent même un peu i)étiolés. Les fleurs forment des corymbes droits ou légèrement penchés et situés à l'extrémité des rameaux. Leur corolle est blanche ou un peu violette. Cette plante a été introduile vers l'année 1587, par l'amiral Walter Raleigh, en Angleterre, d'où elle s'est répandue par toute rEurojie. Il est probable qu'à cette éi)0que, les Espagnols l'avaient aussi rapportée du Pérou et qu'ils la cultivaient déjà dans leur pays. Son origine américaine n'a jamais été contestée; mais quoiqu'oii sût que les Péruviens la cultivaient de temps immémorial, qu'ils en préparaient une fécule nourrissante à laquelle, selon J. d'Acosta, ils donnaient le nom de Ctiunno , on n'avait aucune certitude sur le lieu précis de son origine. Dans le cours de leur mémorable voyage, Humboldt et Bonpiand la trouvèrent cultivée dans tous les lieux où ils pénétrèrent, et ne purent savoir de personne si elle croissait sauvage dans les localités reculées des Cordillères. Cette question de la patrie originaire de la Pomme de terre vient d'être résolue par l'envoi de plusieurs tubercules à la société horliculturale de Londres. On sait maintenant que ces tubercules ont été récoltés dans le Chili sur des plants de Pomme de terre absolument sauvages, et qu'elle y est fort abondante dans une vallée peu distante de la ville de la Conceiition. La première description de la Pomme de terre est due à l'Ecluse qui en avait reçu, en 1388, deux tubercules et des fruits. Depuis ce temps, elle s'est propagée avec une grande rapidité dans certaines contrées de l'Europe, tandis que plusieurs pays voisins de celles-ci l'ont complètement ignorée. Ainsi, ce ne fut que pendant le cours du dixhuitième siècle qu'elle se répandit en Allemagne, en France et en Italie; et il est singulièrement remarquable qu'une plante dont l'utilité était aussi palpable, ne fût pas accueillie avec empressement, surtout parles hommes grossiers et ignorants qui ne semblent vivre
que pour leur estomac et leur ventre; au contraire, le retard à son introduction chez les divers peuples a été en raison directe de leur ignoranceet des préjugés que celle-ci enfante ou perjiétue. Les efFoils que fit en France le vénérable pliilanlrope Parmentier, furent enfin couronnés du succès; mais il ne fallut rien moins qu'une liorrihle circonstance, celle de la disette qui désola cet empire pendant les troubles de la révolulion, |)our faire sentir l'impoitance de ce précieux véfïétal, et pour détruire les ridicules préjugés qui s'opposaient à l'extension de sa culture. Aujourd'hui la Pomme de terre est cultivée sur presque toute la surl'ace du globe ; elle parait jouir d'une conslilution assez robuste pour s'accommoder de tous les climats, depuis les tropiques jusqu'aux contrées arctiques. Cette plante est également indifférente pour le sol et l'exposition. Cependant elle vient mieux, et ses tubercules sont d'une i|ualité supérieure dans certains terrains ; ils sont tendres et farijieux, par exemple, dans les lieux dont le sol est sablonneux et «ras ; ils sont au contraire pâteux dans un terrain humide et glaiseux. Le choix des variétés n'est pas une chose indifférente, car il en est qui se développent mieux dans certains terrains donnés, qui sont plus ou moins hâtives, qui ont des tubercules plus ou moins riches en fécule amilacée, etc. D'après ces qualités diverses, l'agriculteur doit choisir les variétés qui sont le mieux appropriées à son climat, à son terrain et à l'usage qu'il voudra faire des Pommes de terre. Le nombre de ces variétés est extrêmement considérable ; voici celles qui sont le plus généralement cultivées :
La Blaivcue loi\gde ou Blancde iblandaise : corolles blanches, feuilles d'un vert obscur; tubercules presque cylindriques.
La Pomme de terre a Vaches ou Pomme de terre d'Howard : Heurs d'abord rouges, panachées, puis gris de lin; tubercules grands, presque cylindriques. C'est la variété la plus commune.
La ROCGE LOIVGCE OU POMME DE TERRE RODGE : fleUrS
blanchâtres ; feuilles d'un vert obscur ; tubercules (iblongs, couverts d'un épiderme rouge.
La Jaunâtre RONDE : Heurs panachées; feuilles crépues; tubercules jaunâtres, presque arrondis.
La Violette hollandaise : Heurs violacées; tubercules d'abord presque arrondis, devenant un peu cylindriques, parsemés de taches jaunâtres et violettes.
La PETITE Chinoise ou Sucrée d'Hanovre : Heurs bleues; liges et feuilles grêles; tubercules petits, presque ronds.
Les principes constituants des tubercules de ^o/a«)«»w tiiberosuni, sont les mêmes dans toutes les variétés, mais leurs proportions varient dans chacune d'elles. D'après l'analyse chimique de la Pommede terre rouge, par Einhof, elle contient à peu près les trois quarts de son poidsd'eau. Sur 7680parties, il obijnt Amidon, 115Ô; matière fibreuse amilacée, 540; Albumine 107; mucilage à l'état de siropépais, 312. Le suc de la Pomme de terre renferme en outre un Acide qui parait être un mélange d'Acide tartarique et d'Acide phosphorique. Les cendres ont donné du carbonate de Potasse, de la Silice, de la Chaux, de l'Alumine, de la Magnésie, avec
du Manganèse et de l'oxide de Fer. Comme la famille des Solanées est remarquable par les propriétés narcotiques de la plupart des plantes (|ui la composent, on s'est beaucoup étonné de ne pas rencontrer dans les Pommes de terre aucun principe nuisible; cependant on a dit qu'elles ne faisaient pas exception à la règle, et que le suc de Pomme de terre n'était pas exempt de ce principe actif; que l'eau dans laquelle elles avaient bouilli, produisait un fâcheux effet sur J'économie animale, surtout lorsqu'elle avait servi à plusieurs décoctions. Quelques expériences tentées sur des Cochons d'Inde et d'autres animaux, n'ont point confirmé ce résultat, de sorte que toutes les parties des tubercules du SoliiHum tubciosum n'ont aucun mauvais effet sur la santé. En plusieurs cantons d'Allemagne, la plante même est donnée en vert aux vaches et aux autres bestiaux. Mais il peut n'en être pas de même pour les baies, qui sans doute participent aux propriétés de la famille des Solanées.
La fécule de la Pomme de terre en est la substance éminemment alimentaire; mais, malgré son analogie avec l'amidon des farines de céréales, la farine de ces tubercules ne peut être assimilée à celles-ci sous le rapport des propriétés nutritives, car elle n'est pas accompagnée du gluten ou de la substance végéto-animale qui assure au pain de Froment sa supériorité sur toutes les autres nourritures tirées du règne végétal. La composition chimique de la fécule étant presque identique avec celle du sucre, puisqu'elle n'en diffère que par des nuances dans les proportions de ses éléments, on est parvenu par l'intermède des agents cliimi(|iies les plus actifs, tels que l'Acide sulfurique, la Potasse caustique, etc., à convertir cette substance en matièic sucrée, susceptible de donner une grande quantité d'Alcool par la fermentation. Cet emploi de la fécule ajoute encore beaucoup à l'importance de la Pomme de terre qui, comme tout le monde sait, est un des aliments les plus agréables et les plus convenables à la santé. Quelques économistes ont publié divers procédés pour fabriquer un pain de Pommes de terre, destiné à remplacer avec avantage celui fait avec la farine des céréales; ils en ont peut-être trop exalté la bonne qualité, et par cela même ils ont nui à la propagation de cette ressource dans les temps de disette. Le pain fabriqué avec les Pommes de terre seules, aux(|uelles on a fait subir une légère fermentation, ne vaut pas celui des céréales, ni sous le rapport de la saveur ni sous celui de la quantitéde matière nutritive; mais la farinede Pommes de terre, ou plutôt la pulpe amilacée de celle-ci mélangée en proportions convenables avec de la farinede Blé, d'Orge ou de Seigle, fait un pain économique, et qui a cela d'agréable qu'il se maintient frais beaucoup plus longtemps que tout autre.
Les Pommes de terre sont d'une utilité majeure pour la nourriture des animaux domestiques auxquels elles conviennent, soit qu'ils les mangent crues et divisées, soit qu'on les leur donne cuites. C'est sous ce rapport que leur culture en grandes masses dans les assolements est une chose extrêmement avantageuse, car autrement le marché s'en trouverait promplement surchargé, et les champs s'épuiseraient parce qu'il n'y