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MOUGE. BOT. Synonyme vulgaire de Ciste, y. ce mol.
MOUGEOTIA. BOT. Ce genre établi par Kunlh (Nov. Gen. yimer.,5,\>. ô2G). avait été précédemment publié par Venlenat sous le nom de Uieilla. F. ce mot. Un autre genre Mougeotia avait été proposé par Agardli dans la famille des Algues des Conferves (Syst. xxvi); mais il a élé reconnu bientôt après analogue au genre Zxgneina du même crypiogamiste.
MOULE. Mytilus. moll. Ainsi que tous les Lamellibranches, les Moules qui ont une coi|uille symétrique et équivalve, sont également symétriques dans leurs parties; le manteau a les lobes égaux, les bords sont libres, excepté sur le dos où ils se réunissent, celle réunion se prolongeant au delà delà longueur du ligament de la coquille pour donner naissance à une ouverture complète, qui est celle où se décharge l'anus; audessous et postérieurement, les bords des lobes sont assez épais, garnis de tentacules, et leur rapprochement simule assez bien l'ouverture du siphon branchial; cependant on ne peut nommer celte partie un siphon, puisque le manteau reste ouvert depuis l'anus jusqu'à la jiartie antérieure de l'animal; les bords de cet organe sont épais, charnus, fortement adhérents au limbe de la coquille; le reste des lobes est celluleux et souvent chargé d'une substance d'un blanc jaunâtre, qui remplit toutes les cellules. Le système musculaire se compose de deux parties distinctes, les muscles adducteurs et les muscles du pied; les adducteurs sont fort inégaux, l'antérieur étant très-petit, comparativement au postérieur qui est aussi grand que l'impression qu'il laisse; les muscles du pied se partagent en trois faisceaux principaux : les muscles antérieurs qui se fixent presque dans la cavité du crochet, les muscles moyens, que l'on pourrait nommer muscles intrinsèques du pied, qui se bifurifuent et sont pour ainsi dire à cheval au centre de la masse commune, à l'endroit de la réunion de tous, et concourent principalement à la formation du pied; les postérieurs enfin forment une masse assez considérable, divisée en trois faisceaux fibreux, qui s'attachent en rayonnant à la coquille, depuis le muscle adducteur postérieur, en remontant jusque vers le milieu de la longueur du bord. Ce muscle donne principalement naissance au byssus, qui est à la base du pied dans l'endroit où les fibres des rétracteurs antérieurs et des postérieurs se réunissent et s'entrecroisent d'une
Mit
manière inextricable, en donnant nn grand nomlire de libres au pied proprement dit.
Les organes de la digestion se composent d'une ouverture buccale cachée par des plis labiaux transverses qui se continuent à des palpes, une paire de chaque côté, assez grande, charnue, Bnemenl striée; par un œsophage très-court, on arrive à une cavité stomacale, ovalaire, remplie de lames ou cryptes hépatiques; cet organe, aussi bien que la plus grande partie des intestins, est enveloppé par le foie, de la même manière que, dans les autres Lamellibranches, l'intestin, après plusieurs circonvolutions, remonte vers le dos, ou il se place dans la ligne médiane, ou II est enveloppé par le cœur, et se termine par un oritîce qui se décharge par l'ouverture anale du manteau. Les organes de la circulation sont semblables à ceux des autres Lamellibranches : un cœur fusiforrae sur le rectum, deux oreillettes fort minces, deux aortes, etc., comme dans les autres Mollusques du même ordre. Les branchies se composent de deux paires de feuillets très-minces et faciles à déchirer transversalement, l'externe est plus grand que l'interne. Les organes de la génération sont semblables à ceux des autres Lamellibranches (/'. Moi.ldsqbe).
Les Moules sont presque toutes marines; quelquesunes cependant habitent les grands fleuves; elles vivent ordinairement par bancs souvent considérables dan» le voisinage des côtes, fixées les unes aux autres, ou aux sables ou aux galets du fond de la mer; le plus souvent elles préfèrent les endroits où les basses marées les tiennent à découvert, quelquefois cin(| ou six heures; mais celles-ci, pour la nourriture, sont moins estimées que celles qui restent constamment couvertes par les eaux; certaines espèces vivent plus isolément, s'attachent dans le creux des lochers où elles vivent suspendues par leur byssus.
La coquille des Moules est d'un tissu serré, compacte, composé quel(|uefois d'une très-belle nacre, le plus ordinairement d'une matière calcaire violette, plus ou moins foncée, revêtue d'un épiderme brun, corné, tenace, Irès-adhérent ù la coquille; quelquefois il est d'un beau vert, ou il n'existe pas du tout sur les espèces, surtout celles qui ont de fines stries. Le genre Moule est caractérisé de la manière suivante ;• animal ayant un corps ovalaire, plus ou moins convexe; le manteau ouvert dans tout son bord inférieur, depuis les sommets jusqu'à l'ouverture anale, simulant un siphon branchial par son éi)aississement garni de tentacules dans cet endroit seulement; appendice abdominal, linguiforme, canaliculé dans son milieu, uni par plusieurs muscles rétracteurs, qui donnent attache à un byssus placé à la partie postérieure de la base du pied; bouche simple, labiée, garnie de palpes épaisses et grandes. Coquille longitudinale, équivalve, régulière, pointue aux sommets, se fixant par un byssus; les crochets presque droits, terminaux, pointus; charnière latérale, le plus souvent '. édentée, quelquefois une ou deux dents obsolètes sur le crochet; ligament marginal, sub-inlérieur; une impression musculaire allongée, en massue, postérieure, une autre très-petite sous les crochets, antérieure. On j trouve des Moules dans presque toutes les mers ; mais !
les plus grandes espèces sont propres aux climats chauds. Les espèces de ce genre peuvent être divisées, comme l'a fait Lamarck, en deux sections.
t Espèces striées.
MocLE DE Magellan. Mytilus Magellanicus, Encyclnp.,pl.217,fig. 2. Coquille oblongue, violette, à crochets blancs, pointus et droits, chargée de gros sillons longitudinaux, grossiers et ondulés.
Moule SE[>TirÈBE. Mytilus biloculan's, Lin.; Encyclop., pi. 218, fig. 3, a, b, et pi. 220, fig. 1, a, h. Espèce remarquable par les stries nombreuses et fines qui la couvrent, aussi bien que par les variétés vertes, brunes ou rougas qu'elle présente; elle est très-reconnaissable par la lame septiforme qui couvre, à l'inléri«ur, une partie de la cavité du crochet, de manière qu'une valve isolée a quelques ressemblances avec certains Crépidules.
•ff Espèces lisses.
MoCLE COMESTIBLE. Atylilus eâuUs, L.; Encyclop., pi. 218, fig. 2. Elle est d'une taille médiocre, blanche en dedans, excepté le limbe et l'impiession musculaire postérieurs qui sont d'un violet foncé en dehors; elle est couverte d'un épiderme brun, corné; quand elle est polie, elle est quelquefois d'un violet foncé uniforme, et le plus souvent ornée de rayons d'un violet obscur sur une teinte plus pâle de la même couleur.
Moule d'Afrique. il/>'<i7M«a/'e/-, L.;Encycl.,pl.218, fig. 1. Elle est couverte d'un épiderme fauve ou vert, subdiaphane; à travers, on voit les lignes anguleuses, brunes, en zigzag, ([ui ornent la coquille; la charnière offre sur les crochets une dent sur une valve et deux sur l'autre. Cette Coquille se trouve sur les côtes de Barbarie.
Les marchands de Coquilles ont appelé :
Moules des Canards ou d'étangs, les Anodontes.
Moules cvlindriqces, les Pholades.
Moules des Papous ou Tulipes, la Coquille qui forme aujourd'hui le type du genre Modiole, iMytilus MoiUolus, L.
Moules des Peintres, les Mulettes, Unio.
Moules aux Perles ou Perlières, VUnio margaritifera, el les Pinladines. y. tous ces mots.
MOULINSIE. Moulinsia. MOT. Genre de la famille des Sapindacées, et de l'Oclandrie Monogynie de Linné, dédié au botanogiaphe Ch. Desmoulins par le professeur Don. Caractères : calice à quatre divisions inégales; corolle composée de quatre pétales inégaux, onguiculés, insérés à la base extérieure du disque; huit étamines insérées entre le disque et l'ovaire : leurs filaments sont libres; un disque en forme d'anneau, entourant l'ovaire; il est charnu, ondulé et pentagone; ovaire snpère, à trois coques; trois styles courts, connivenls et un peu épais. Le fruit consiste en trois drupes connivents, monospermes, dont deux avortent ordinairement; ils contiennent un noyau à deux loges monospermes.
MouLiNSiE rouillêe. MouUtisia ruhiginosa, D. ; Sapindus rubigitiosus, DC.,l>oxb., Cor. l,pl.62. C'est un arbre d'une hauteur assez considérable, dont les rameaux sont droits et nombreux; les feuilles sont alternes, fort amples, ailées ou piunées, composées de
:ii u. c
folioles oblongiies, lancéolées, aiguës, eiilièrcs, veines en dessous, opposées, un peu pédicellées , au nombre (le liuil ou dix; les fleurs sont réunies en panicule droite, lerminale, élalée; les ramifications sont simples, élancées; les divisions du calice sont courtes, ovales et obtuses; les pétales sont blancs, glabres, obtus et petits; le style est presque de moitié plus court que les filaments des étamines. Cet arbre se trouve à la côte de Coromandel.
MociiPfsiEccPAivioÏDE.i)/o«/i'«siac«/>anio«/e*, Carabes. Feuilles brusquement pinnées; quatre ou cinq paires de folioles oblongues, rétrécies à la base et au sommet, subacuminées, pétiolulées, très-entières; fleurs réunies en grappes qui forment elles-mêmes un faisceau au sommet des branches ou de leurs ramifications. De Java.
MOURA. ois. Nom vulgaire du Canard Souchef.
MOUREAU. OIS. Synonyme vulgaire de Rouge-Gorge.
K. SïLVIE.
MOUREILLER. bot. Quel(|ues botanistes ont substitué ce nom à celui de Malpighia. (\ JUiprcBiE.
MOURÈRE. iVoiirera. bot. Sous le nom de Mourera lluviatilis, Aublet (Plantes de la Guiane, p. 582, t. 23.") a décrit et figuré une plante qui forme le type d'un genre de la Polyandrie Digynie, L., auquel Schreberet Willdenow ont substitué, sans motifs, le nom de Lacis. Celie plante a une racine rampante, charnue et divisée on radicelles nombreuses, attachées sur les rochers; les tiges sont herbacées, simples, cylindriques, garnies de feuilles alternes, sessiles. rudes, sinuées, divisées profondément en plusieurs lobes arrondis et crépus comme ceux des feuilles de l'Acanthe, munies en dessous d'aiguillons; les tiges élargies au sommet, convexes d'un coté et creusées en gouttière de l'autre, portent sur leurs bords une longue suite de fleurs très-serrées; à la base du pédicclle de l'ovaire est une gaine tubulée et entourée de trois bractées: il n'y a point de calice ni de corolle; les étamines sont nombreuses, placées sur un disque garni de longs aiguillons, à filets violets, dilatés à la base et portant des anthères sagittées; l'ovaire est strié, pédicellé, surmonté de deux styles recourbés; la capsule est membraneuse, à huit stries, à une seule loge et à deux valves, renfermant plusieurs graines très-petites, attachées à un réceptacle central. Celte plante croit à Cayenne sur les rochers qui barrent la rivière de Sinamari. Elle est entièrement submergée, excepté la partie de la tige qui porte les fleurs.
Martius {Nov. Geii. Spcc. Plant. Biasil, t. 1, p. 5, t. 2) a décrit et figuré sous le nom de Lacis fiicoides une autre plante à laciuelle il est juste de restituer le nom générique de Mourera proposé par Aublet. Cette espèce a une tige rameuse, dressée ou flottante, des feuilles planes, laciniées, et des fleurs axillaires, solitaires; elle nage à la surface des eaux, attachée aux pierres, dans la rivière d'Itabype, de la province de Babia au Brésil. Martius réunit à ce genre \e Maralhrum de Humboldt et Bonpland. genre placé dans la famille des Podostémées de Richard et de Kuntb.
MOURET ET MOURETIA. Moi.L. Adanson, dans son Voyage au Sénégal , pi. 2, a donné le nom de Mouret à une coquille que les auteurs ont placée parmi les
Patelles, et qui forme le type d'un genre nouvellement créé par Sowerby.
MOURICOU. BOT. (Rhéede, Malab. 6, lab. 7.) Synonyme vulgaire d'Érythrine des Indes. A^. Érythrine.
MOURIER. OIS. (Charleton.) Synonyme vulgaire de Mésange à longue queue. /-'. Mésange.
MOURINE. M}'tiobalis. pois. Genre formé aux dépens des Raies, par Duméril ; ce sont les Raies-Aigles ou Aétobates de Blainvillc; elles diffèrent des Pastenagues, dont elles ont l'aiguillon denté sur deux rangs à la queue, en ce que leur tète arrondie demeure libre, c'est-à-dire que les pectorales ne s'y étendent pas au pourtour. La queue est d'ailleurs bien plus longue, nue, cylindrique et fort pointue; elle a la forme d'un fouet. Les mâchoires sont garnies de dents plates, assemblées comme les carreaux d'un pavé mosaïque, el conséquemmenl fort différentes de celles qui caractérisent le sous-genre Pastenague. L'aiguillon caudal des Mourines, souvent double, long, assez dur, trèspointu, et avec des dentelures d'avant en arrièie, est une arme fort dangereuse quand l'animal, pour s'en servir, fouette de sa queue qui produit une grande force de projection, et contribue à porter plus profondément l'aiguillon dans les chairs. C'est par ce mécanisme que les Raies, dont il est question, tuent leur proie quand elle veut fuir et qu'elles ne peuvent s'en assurer autrement. L'espèce la plus répandue, et qui forme le type du genre Mourine, est l'Aigle de mer, appelé aussi par les pêcheurs, selon les pays, Ratte- Penade ou Bœuf, Raja Aquita , L., Gmel., toc. cit., Encycl. Pois., pi. 4, fig. 10, qui se trouve dans la Méditerranée et, dit-on, dans l'Océan de toutes les parties du globe. Blainviiley ajoute les Aetobatus obtiisus, flageltum, lobaltts, Sinensis, Nichotii, filicaudatiis, liaslatits, ocellatus, Narinari el Forsterii.
MOURIRIE. Mouriria. bot. Genre de la Décandrie Monogynie, L., établi par Aublet (Plantes de la Guiane, p. 452, t. 180), et dont le nom a été changé par Swartz en celui de Petuloma. Il offre pour caractères essentiels : un calice urcéolé, ù cinq dents et muni de deux écailles à la base; une corolle à cinq pétales très-larges inférieurement et attachés sur le bord du calice; dix étamines inégales, dont les anlbèies sont oblongues; un ovaire infère, surmonté d'un seul stigmate; une baie couronnée par les dents du calice resserré dans sa partie supérieure, globuleuse, uniloculaire et renfermant quatre graines. Le Mouriria Guianensis, Aubl.; Petaloma Mouriri, Swartz (Flor. Iiid.-Occ, 2, p. 835), est un grand arbre dont les branches sont noueuses, garnies vers les nœuds de feuilles opposées; les fleurs peu nombreuses sont disposées en corymbes sur des pédoncules bractéolés. Cet arbre croît dans les forêts de la Guiane.
Une autre espèce a été décrite par Swartz sous le nom de Petaloma myrtitloides. C'est un arbrisseau qui atteint un mètre au plus d'élévation, el dont les rameaux, diffus, portent des feuilles sessiles, ovales-acuminées el très-entières. Les fleurs sont solitaires el axillaires. Celle plante est indigène de la Jamaïque et du Mexique.
MOURON, bot. Nom vulgaire des diverses espèces
ilii genre Anagallis, L. F. Anagaliide. On a élenclii ce nom à diverses autres petites plantes; ainsi l'on a appelé :
. Mouron d'Alocette, le Ceraslium vufgare.
Mouron rlanc ou simplement Mouron, la Morgeline, Jlsine meilia.
Mouron d"eac, le Samolus valerandi.
Mouron de fontaine, le Monlia foitlana.
Mouron des G alibis, le Conlia Collococca.
Mouron de montagne, le Mœhritif/ia mttscosa.
Mouron des Oiseaux, la Worgeline.
Mouron violet, la Cymliallaire. VJnagallis phœnicea est plus particulièrement appelé Mouron mâle, et le cœrulea Mouron febelle.
MOURONGUE. bot. Pour Morongue. K. ce mot.
MOUROUCOA. DOT. Genre établi par Aul)let pour un arbuste sarmenteux, qu'il décrit et figure sous le nom de Mouroucoa violacea, Aul)let, Guian,, 1, p. 142, t. 54. Cet arbrisseau, qui s'élève et s'enlace autour des grands arbres, offre des feuilles alternes, ovales, glabres, très-entières, coriaces, pétiolées, presque pliées en deux par leur face supérieure. Les Beurs sont trèsgrandes, bleues, disposées en un corymbe axillaire porté sur un pédoncule commun, long et épais. La corolle est monopélale, campanuliforme, à cinq lobes obtus, et les cinq étamines, selon la description et la figure d'Aublet, sont placées devant chacun de ses lobes. Le fruit est une capsule environnée à sa base par le calice. Cette capsule est ovoïde, allongée, terminée en pointe à son sommet. Elle offre trois loges contenant chacune une seule graine.
MOURRIDE. BUT. Synonyme vulgaire à'Jnim maculatiim, L. F. Gouet.
MOURVENC. BOT. L'un des noms vulgaires de l'Oxycèdie. /'. Genévrier.
MOUSSA. BOT. (Gouan.) L'un des noms vulgaires du Zostera iiian'iia.
SIOUSSE DE CORSE, polyp. Même chose que Mousse de mer.
MOUSSE D'ISLANDE, eût. Synonyme vulgaire de Lichen Islaniticiis, L.
MOUSSE DU KORD. bot. Nom vulgaire du Lichen rangiferinus, L.
MOUSSEL. MAM. Espèce du genre Lièvre. F. ce
MOUSSELliVE. BOT. L'un des noms vulgaires de la Chanterelle, Merulius Canlharellus.
MOUSSERON. BOT. On désigne par ce nom vulgaire plusieurs espèces de Champignons comeslibles, fort recherchés des amateurs de bonne chère, et qui croissent en général sur les friches et les pelouses, parmi les Mousses. La distinction de ces Mousseions est en général difficile, la limite des variétés et des espèces, déjà fort embarrassante à fixer dans les végétaux plus parfaits, l'étant encore plus dans des êtres aussi polymorphes que les Champignons.
Le véritable Mousseron, Jgaricus Mousseron, Bull., pi. 142; Agaricus prunulus , Pries, etc., est le plus délicat. Il est commun dans toute l'Europe, mais plus particulièrement dans les provinces un peu méridionales de la France, dans la Suisse et l'Italie. 11 est d'une
couleur fauve claire, uniforme; son slipe est court, charnu, renflé, sans volva ni collier; le chapeau, trèsconvexe et épais, a la chair blanche et de petits feuillets d'un jaune sale; il croît au printemps.
Le Faux-Mousseron, Agaricus Pseudo-Mousseron, Bull., t. 144, ou Mousseron d'automne, diffère du précédent par son pied grêle, également plein, cylindrique, assez élevé, par son chapeau plus plat et moins épais, par ses feuillets beaucoup plus grands. Sa couleur est ordinairement un peu plus foncée. L'un et l'autre ont un goût cl un parfum très-agréables, mais le premier est plus charnu et plus tendre, le second est plus mince et plus sec; le dernier porte, suivant Paulet, le nom de Mousserons-Godailles, ou de Mousserons de Dieppe. On fait sécher le vrai et le faux Mousseron, et on les conserve tous deux dans cet état pour les mettre dans les sauces.
Outre ces deux espèces qui sont les vrais Mousserons de France, ou du moins les plus communes, il y en a quelques autres souvent confondues avec elles. Ainsi Persoon regarde les Prunoli ou Prtigiioli des Italiens, comme une espèce distincte du Mousseron de France, et c'est à cette espèce qu'il donne le nom d' Agaricus prunulus, tandis que Fries a réuni sous ce nom les deux espèces. On emploie encore sous le nom vulgaire de Mousseron V Agaricus Orcel/a de Bulliard, t. 573, f. 1 et t. 591. Il est fort sain, mais moins estimé et plus facile à confondre avec d'autres espèces peut-être nuisibles. Parmi les vrais Mousserons, Paulet a distingué sept espèces sous les noms de Mousseron d'Armas, de Mousseron gris ou vrai Mousseron, de Mousseron de Suisse, de Mousseron de Bourgogne, de Mousseron blanc, de Mousseron Palomet et de Mousseron Saint- George; mais il est bien difficile d'admettre ces plantes pour des espèces; il est plus probable que ce ne sont que des variétés. On peut en dire autant des deux espèces qu'il distingue dans les faux Mousserons ou Mousserons Godailles; l'un est le faux Mou.sseron de Bulliard; l'autre le Mousseron cheville ou lire bourre de Paulet. qui ne diffère du précédent que par son slipe aminci du bas et se tordant en spirale vers la base par la dessiccation ; quant aux Champignons que le même auteur désigne sous les noms de Mousserons d'eau et de Mousserons-Godailles des bois, et parmi lesquels il distingue plusieurs espèces ou variétés, ils diffèrent beaucoup plus des vrais Mousserons, leur goût n'a rien d'agréable et leur qualité est suspecte.
MODSSEROKNE. bot. Variété de Laitue.
MOUSSES. Musci. bot. On a d'abord désigné sous^ ce nom la plupart des Cryptogames terrestres, qui n'étaient ni des Champignons ni des Fougères; mais depuis longtemps on en a séparé les Lichens et les Hépatiques; les premiers n'ayant avec les Mousses proprement dites aucune analogie de structure; les seconds, malgré les rapports nombreux qui les unissent aux Mousses, devant former une famille distincte, mais voisine de celle ci. Les Alousses véritables sont des plantes cryptogames, dépourvues de vaisseaux, présentant une tige et des feuilles distinctes, et dont les séminules sont renfermées dans une capsule traversée intérieurement par un axe ou columelle, el s'ouvrant au moyen
(Kiin 0|)ei'cule oïdiiiaiiernent caduque, mais qui, ilaiis quelques genres, ne se délache jamais.
Tel est le caraclère dislincllf de cette famille; sa slruclure a été l'objet des recherches d'un grand nombre de botanistes; les auteurs anciens qui ont commencé à prêter altention à ces petits végétaux sont principalement Dillen. Michel! et Vaillant. Linné, voulant les soumettre à son système sexuel, regarda l'urne comme une étamine, les séminules comme du pollen; il avoua d'abord son ignorance par rapport aux organes femelles ; mais ensuite il voulut les trouver dans des organes verdàlres, granuleux, groupés aux aisselles des feuilles, ou en têtes terminales ; d'après les modifications de ces organes, il divisa la famille des Mousses en six ou sept grands genres, et y adjoignit les Lycopodes dont la structure est si différente. Uedwig, à la fin du dernier siècle, soumit tous ces végétaux à un examen attentif, et l'on peut dire que c'est lui qui le premier nous a donné des notions exactes sur leur organisalion; on lui doit la connaissance de la structure de la capsule, l'histoire de son développement, la découverte d'organes très-curieuxqu'il regarda comme les organes fécondants, des preuves évidentes que la capsule est un organe femelle renfermant des séminules, enfin de bonnes coupes génériques établies parmi ces végétaux que leur petitesse et la complication de leur structure rendent encore plus singuliers, l'eu de temps après, Palisot de Beauvois chercha à renverser le système d'iledwig, et à prouver que les organes mâles et femelles sont réunis dans la capsule elle-même ; mais ce système fondé sur des observations la plupart inexactes ne fut adopté par personne; plus lard divers bolanisles et parliculièrement Richard, et de nos jours Hooker, GreviUe et Arnott, admirent que ces végétaux étaient privés d'organes fécondants, qu'ils étaient de vrais Agames. D'un autre côté, Schwaegrichen en Allemagne et R. Brown en Angleterre, paraissent soutenir complètement les opinions d'Hedvvig, etcedernier,dont l'exactilude et l'esprit judicieux sont bien connus, a donné surtout une altention particulière aux organes mâles de ces plantes, dans les derniers travaux qu'il a publiés sur cette famille. Enfin, à ces auteurs qui se sont occupés d'une manière philosophique de l'étude de celte famille, on devrait ajouter quelques botanistes qui, en raullipliant les genres et les espèces sans un examen suffisant, ou d'après des caractères de peu d'importance, n'ont fait qu'embrouiller l'histoire de cette famille. Avant de discuter les deux opinions qui partagent maintenant les botanistes à l'égard des Mousses, celle d'Hedwig et celle des agamisles, il faut commencer par faire connaître avec soin la slruclure des organes de la fruclification. On trouve, soil à l'aisselle des feuilles, soit à l'extrémité des liges, des bourgeons composés de feuilles souvent un peu différentes des autres et auxquelles on a donné le nom de feuilles péricliœliales; elles renferment des organes de deux sortes, tantôt réunis dajis le même invulucre, lantôl séparés, mais sur la même plante, lanlol portés sur des piaules différentes. L'un de ces organes consiste en une sorte d'ulricule membraneux, fusiforme, se terminant en un col allongé.
évasé au sommet, traversé d'un canal étroit; dans son intérieur se trouve un corps allongé, sélacé, inséré au fond de cet ulricule, charnu et dans lequel on ne peut alors distinguer aucune organisation intérieure. Bientôt cet ulricule se renQe, le corps qu'il renferme augmente et s'allonge; l'ulricule se rompt vers la base, le corps intérieur s'allonge toujours de plus en plus, sous la forme d'un filament grêle, emportant à son sommet fa partie supérieure de l'ulricule qui prend alors le nom de coiffe; dans cet état, il est membraneux, renflé, et on ne voit que rarement quelque trace de l'ouverture qu'il présentait à son sommet; l'urne, renfermée dans son intérieur, qui jusqu'alors ne s'était offerte que sous la forme d'un filament grêle cl d'un diamètre égal, se renfle vers le sommet, et bientôt on distingue parfaitement le pédicelle qui la supporte, l'urne renfermée dans la coiffe et Vopercule qui la ferme. C'est à celte époque qu'on commence à pouvoir bien étudier la slruclure de cet organe : la paroi externe de l'urne est formée par une membrane composée de cellules hexagonales très-régulières; celle membrane s'étend jusqu'à l'opercule, mais elle est parfaitement dislincle de celle qui compose celte partie, et dont le tissu est formé de cellules hexagonales, beaucoup plus petites. C'est de son bord supérieur en dedans de l'opercule, que nail \epéiis/ome<\u\ peut presqueêtreconsidéré comme sa terminaison. Intérieurement celtemembraneexierne est tapissée parune autre membrane qui lui est unie vers son bord supérieur, près de l'orifice de la capsule, et au fond de cette capsule où elle est même portée sur un pédicelle plus ou moins long; du reste elle n'adhère pas à la membrane exlerne, ou du moins elle n'est unie à elle ([ue très-faiblement par quelques filaments; dans quelques genres même, tels que les liiixbaumia, Diphyscium, liartramia, ces deux membranes sont séparées par un grand intervalle vide; dans tous les cas, elle est Irèsdistincte de la membrane externe par son tissu qui est formé de peliles cellules quadrilatères (|ui, sous le microscope, lui donnent presque l'aspect d'un damier; celle membrane, qu'on a nommée le sacsporuli/'ère, parce qu'elle renferme immédiatement les spoiules ou séminules, est continue inférieurement et supérieurement avec la coluuielle, sorte d'axe celluletix qui traverse la capsule depuis sa base jusqu'à son sommet. Cette columelle est formée d'un tissu cellulaire analogue à celui de la membrane interne, c'est-àdire de cellules quadrangulaires, très-petites, qui sont assez faiblement unies entre elles; elle se continue inférieurement avec le centre du pédicelle cl supérieurement elle adhère fortement, à celle époque, à l'opercule : ces deux parties de la columelle ont un aspect très-différent; la partie inférieure presque jusqu'à son point d'union supérieure avec le sac sporulifère, est verte, les cellules élant loules remplies de substance verle, granuleuse; la partie supérieure qui occupe toute la cavilé de l'opercule, est au contraire d'un blanc jaunâtre, sans aucun granule vert; c'esl entre cette columelle et la membrane interne, et dans une cavité fermée de toute part, que se développent les séminules; elles sont libres dès l'époque où on peut les apercevoir, et ne paraissent d'abord formées que par ipiebiues
cellules réunies entre elles d'une manière conslanle et régulière, et remplies de substance verte granuleuse. On voit, d'après cela, qu'on peut se représenter l'urnedes Mousses comme formée extérieurement d'une membrane celluleuse à cellules grandes et solides, renfermant un sac qui adhère à la membrane externe inférieurenient et supérieurement, et qui est traversé par nn axe celluleux de même nature que ce sac, autour ducjuel se trouvent disposées les séminules. A l'éjjoque de la maturité, la coiffe qui recouvrait celte urne se délaclie, l'opercule se sépare de la colunielle au sommet de laquelle il adhérait et tombe; la colunielle se contracte dans la plupart des cas et reste cachée au fond de l'urne; dans quelques genres, tels que le Splachnum, le Systylium, elle continue à faire saillie au dehors de l'orifice de la capsule; enfin dans quelques cas sa partie supérieure reste adhérente aux dents du périslome, et donne lieu à cette membrane qui couvre l'oiifice de la capsule dans les Polytrics, et à laquelle on a donné le nom iVépiphragme. Le péristome, quoique remplissant des fonctions probablement moins importantes que la plupart des parties que l'on vient (le faire connaître, a été étudié avec plus de soin, parce que ses modifications ont offert aux classilicaleurs des moyens pour distinguer les genres; il manque entièrement dans certains genres dont l'orifice de l'urne est nu ; dans un grand nombre, il est formé par un seul rang de dénis assez fortes, ordinairement jaunes ou rougeàlres; enfin dans d'autres on trouve, outre ce rang de dents externes, un second rang à l'intérieur de cils beaucoup plus ténus, blanchâtres, ou quelquefois une membrane entière ou laciniée. Ce péristome, soit simple, soit double, prend toujours naissance de la membrane externe de l'urne et jamais du sacsporulifère, excepté dans le Dawsonia, où une partie des filaments naissent de ce sac ou même de la columelle, ce qui paraît dépendre de l'adhérence primitive de ces organes avec la membrane externe de l'urne, dans le point d.'où naissent les filaments du péristome.
Telle est la structure de l'organe femelle des Mousses, organe dont les fonctions ont été bien déterminées, puisque la germination des séminules qu'il renferme a été observée plusieurs fois. Outre ces organes, on trouve réunis à l'aisselle des feuilles, ou à l'aisselle des sortes de bractées qui composent les rosettes terminales de plusieurs Mousses et particulièrement des Polytrics, de petits corps cylindriques ou f usiformes, d'un blanc grisâtre, portés sur un court pédicelle; ces petits corps sont des sacs formés par une membrane trèsmince et remplis d'une infinité de granules sphériques ou ovoïdes; lorsqu'on jette ces organes sur l'eau, les granules commencent par s'accumuler vers l'extrémité libre du sac; bientôt ils le rompent et s'échappent dans l'eau, sans se mêler avec elle et en formant un nuage de granules; ces organes qu'on a comparés à des grains de pollen, eu diffèrent beaucoup en ce qu'ils sont fixés par un bout, par leur déhiscence irrégulière, enfin par la grosseur beaucoup plus considérable des granules qu'ils renferment. Ils ont beaucoup plus d'analogie avec les organes mâles de la Filulaire et du Marsiléa, dont ils ne diffèrent que par le plus grand nombre et
la plus grande ténuité des granules qu'ils renferment. Ils paraîtraient par ces caractères ressembler plutôt à des anilières uniloculaires, à pollen très-fin, comme celles de certains Conifères. Ces organes ont été observés dans un assez grand nombre d'espèces différentes, pour qu'on puisse être presque certain qu'ils existent dans toutes les Mousses; mais quelles sont leurs fonctions? Hedwig les a regardés comme des organes fécondants; R. Brown paraît être de la même opinion, car il les décrit toujours comme les fleurs mâles, dans ses Observations sur la Flore de l'île Melville. D'autres auteurs n'ontvoulu voir, dans ces parties, que des bourgeons ou des gemmules. On ne conçoit pas, s'ils les ont examinés, qu'ils aient pu soutenir une semblable opinion; en effet, ni leur structure, ni leur mode de développement n'a la moindre analogie avec ceux des gemmes de certaines plantes auxquelles on les a comparés; et comment concevoir le développement de bourgeons qui, dès qu'on les met en contact avec de l'eau, se rompent et répandent au dehors la substance qu'ils renferment? Au contraire, ces organes ont tous les caractères des organes mâles, caractères que l'on voit successivement se dégrader dans les familles qui forment, pour ainsi dire, le passage des Phanérogames aux Cryptogames; et la seule chose que, dans l'état actuel de la science, il send)le qu'on peut se demander, c'est de savoir si ce ne sont pas des organes mâles imparfaits, et dont le concours n'est peutêtre pas indispensable au développement des germes. Quant à ces germes eux-mêmes que Brongniard a désignés par le nom de séminules ou de sporules, leur orgauisalion et leur mode de développement paraît les éloigner, sous beaucoup de rapports, des graines des plantes phanérogames et leur donner beaucoup plus d'analogie avec les embryons de ces végétaux qui. comme eux, deviennent promptement libres dans l'intérieur de la graine. Dans ce cas, l'urne entière devrait être regardée comme analogue à la graine; ce serait une graine renfermant un grand nombre d'embryons, structure qui n'est pas sans exemple même parmi les plantes phanérogames. Sans prétendre adopter complètement cette opinion qui a encore besoin d'être confirmée par de nouvelles recherches, il est toutefois fort remarquable de trouver dans l'urne des Mousses et dans ses enveloppes presque toutes les parties qui composent l'ovule des plantes phanérogames, et cette manière de la considérer devient surtout très-vraiseniblable si on adopte l'opinion de R. Brown sur la structure des fleurs femelles des Conifères; ainsi la coiffe, d'abord perforée au sommet, correspondrait au lesta ou à la membrane interne de l'ovule, l'urne tout entière à l'amande, sa membrane externe à la membrane du chorion ; le sac sporulifère au sac de l'amnios, l'opercule au mamelon qui termine l'amande; la pédicelle ne serait qu'un développement de la chalaze; la columelle serait formée par l'exlension du tissu du mamelon d'imprégnation et de la chalaze, extension devenue nécessaire pour la formation et la nutrition d'un grand nombre d'embryons, et dont Brongniard a déjà démontré une sorte d'indice dans la graine mulliembryonée des Cycas.