NAS
inlimes avec celle des Miitisiées, puisqu'elles avaient été confondues en un même groupe nommé Cliénanlophores parLagasca et l.abiatiflores par De Candolle, il convient d'exposer ici sommairement les différences principales qui servent à les distinguer. Les Nassauviées ont en général un nectaire Irès-petil, situé sur le centre du sommet de l'ovaire, et portant la hase du style, qui est ordinairement renflée, arrondie, et sur laquelle s'applique la partie inférieure de la corolle. Celte structure ne s'observe pas dans les Mulisiées. Les élamines des Nassauviées sont remarquables par la courbure du tube des anthères qui, comme dans les Cenlauriées, sont pourvues d'appendices basilaires, dont les intérieurs sont moins longs que les extérieurs; ce qui résulte de l'inégalité des lèvres de la corolle, la •symétrie altérée de celle-ci entraînant l'irrégularité de toutes les autres parties du système floral. Les Mutisiées, au contraire, étant pour la plupart munies de corolles à lèvres égales ou presque égales, offrent rarement un tube anthéral arqué en dedans. Les anthères des Nassauviées offrent encore cette particularilé, d'avoir des loges courtes et conséquemment moins abondamment fournies de pollen que les autres Synanlhérées, mais elles sont munies d'appendices assez longs, qui contiennent de la poussière fécondante dans leur portion située près des vraies loges, laquelle portion, sous le rapport physiologique, doit être censée appartenir à celles-ci.
Les plantes de la tribu des Nassauviées habitent toutes le continent de l'Amérique méridionale, et quelques îles adjacentes.
NASSE. Nassa. moil. Klein avait donné le nom générique de Nasse à quelques Coquilles d'après leur forme, les cotes dont elles sont chargées, comparant cette forme à la nasse d'osier des pécheurs. Si, depuis cet auteur, on a vu, il y a peu d'années, un nouveau genre Nasse proposé pour un démembrement des Buccins, on n'a pu, tout au plus, qu'emprunter le nom à Klein, car le genre Nasse, tel qu'il est caractérisé, ne contient pas une seule Coquille du genre Nasse de Klein; ce qui prouve que ce n'est i)as cet auteur qui est le véritable créateur de cette coupe générique; elle ne se trouve pas dans Linné; Lamarck en est le premier créateur. Ce savant sentit combien ce nouveau genre avait de rapports avec les Buccins; il les plaça conséquemment près d'eux, cependant il les sépara encore par les Pourpres. Plus tard, dans la Philosophie zoologi(|ue, il les éloigna encore davantage, quoique dans la même famille, les Purpuracées; car entre les Buccins et lui, on trouve les trois genres Concholepas, Monoceros et Pourpre. Ce genre fut adopté d'abord par De Koissy dans le Buffon de Sonnini, et ensuite par Montforl, qui poussa ici beaucoup trop loin la manie des démembrements, puisqu'il a trouvé dans le genre Nasse de Lamarck matière à trois genres qu'il nomme Pnos, Aiectrion et Ctclope, et qui n'ont été adoptés par personne. Les Nasses ne se distinguent des Buccins que par une callosité qui se voit à l'angle inférieur de l'ouverture, de manière que cet angle semble former un canal séparé, ayant son ouverture séparée aussi, tant le bourrelet est bien pro-
noncé; ceci existe dans un grand nombre d'espèces, d'une manière bien évidente; mais par l'examen de la majeure partie de ces espèces, on arrive par un passage insensible aux véritables Buccins. On trouve un assez grand nombre de Buccins de la section des Nasses, à l'état fossile, dans toutes les localités. Les environs de Paris, si riches en d'autres genres, n'en offrent qu'une seule espèce; mais les environs d'Angers, ceux de Bordeaux et de Dax, les faluns de la Touraine, surtout le Plaisantin, eu contiennent beaucoup.
Nasse Casqdii.lon. Nassa arcularia, Lamk., Anim. sans vert., t. vu. |). 276, n»30; Bucciiium arcnlare, L., p. 2480, n» 42; Chemn., Conch., t. ii, pi. 41, fig. 409 à 412; Encyclop., pi. 394, fig. 1, a, b, lîg. 2. Coquille assez commune, qui vient de l'Océan des Grandes- Indes, d'Amboine; elle est ordinairement d'un blanc grisâtre, et d'autres fois d'un gris assez obscur.
Nasse Thersite. Nassa Tlieisiles, Bucciuum Thersites, Lamk., loc. cit., n» 52; Lister, Conchyl., t. 971, fig. 20; Martini,Conchyl., 1.11,1.41, fig. 413; Encycl., pi. 394, fig. 8, A, B. Espèce remar(|uable par l'étendue de sa callosité, par la bosse qu'elle porte sur le dos, par ses côtes longitudinales, qui cessent sur le dernier tour, à l'endroit de la gibbositô. De l'Océan asiatique.
NASTE. bot. A'. Nastcs.
NASTURTIOIDES. bot. Sous ce nom qui pèche contre les règles établies par Linné, Medicus et Mœnch ont proposé un genre formé sur XeLipklium ruderale, L., mais qui n'a pas été admis par le professeur De Candolle.
NASTURTIOLUM. BOT. Medicus et Mœnch ont donné ce nom à un genre de Crucifères, formé sur le Lepidiitm (Iklytiium, L., lequel est devenu le type du genre Setiebiera de De Candolle. Ce dernier auteur s'est servi du mot Nasturtiolum pour désigner la première section de ce genre. F. Senebiére.
NASTURTIER. Nasturtium. bot. Dès les premiers âges de la botanique, le nom de Nasturtium a été donné à la plante de la famille des Crucifères que l'on connaît vulgairement sous le nom de Cresson de fontaine. Celte dénomination, malgré son ancienneté, a été négligée comme nom générique par Linné qui, réunissant cette plajite au genre Sis^mbrium, ne se servit du terme de Nasturtium que pour désigner particulièrement l'espèce. Il est vrai que les anciens ont aussi nommé Nasturtium le Cresson Alénois (Lepiiliuiti satioum, L.), et que cette plante a formé le type d'un genre distinct sous le même nom de Nasturtium, autrefois proposé par Boerhaave , et reproduit par Medicus et Mœnch. Mais si on recherche à laquelle des deux Crucifères qui viennent d'être citées, les auteurs de l'antiquité appliquaient primitivement le nom de Nasturtium, on verra que, dans Dioscoride, c'était au Cresson de fontaine, tandis que le LepiUium salivum se nommait CarUavion. Ainsi, en désignant sous ce dernier nom, une des sections du genre Lvpidium, le professeur De Candolle (Syst. f^eget. nul., 2, p. 188) a réservé, d'après R. Brown, le nom de Nasturtium au genre qui renferme le Cresson de fontaine, et qui ne peut demeurer confondu avec les vrais Hisymbrium. Voici les caractères essentiels du nouveau genre de
Brown et de. De Canilolle : calice dont les sépales sont égaux et étalés; pétales de la corolle entiers, manquant quelquefois; étamines tétradynames, libres, dépourvues de dents; silique cylindroïde ou raccourcie en forme de silicule, à valves concaves, sans nervures et non carénées; graines petites, non bordées, disposées irrégulièrement sur deux rangs, à cotylédons acconibants. C'est par ce dernier caractère que le genre Nasliirtiuiii diffère surtout du Sisymbrium qui a les cotylédons incombants. Il fait par conséquent partie d'une autre tribu, et De CandoUe l'a placé dans celle des Arabidées. Son calice ouvert le distingue du Clieiranihus; ses siliques légèrement cylindriques, jamais linéaires, comprimées, ne permettent pas de le confondre avec Vyirahis et les autres genres voisins.
Les espèces deNaslitithitnsoiW. au nombre de vingtquatre, distribuées en trois sections. Ce sont des plantes lierbacées, le plus souvent aquatiques, glabres, rameuses, dont les tiges émettent facilement des radicules. Les feuilles sont de forme variable, ordinairement découpées en pinnules. Les Qeurs blanches ou jaunes forment des grappes dépourvues de bractées. Les siliques sont souvent pendantes. Quoique les Crucifères soient généralement limitées à certaines régions particulières, les espèces de Nasturtium semblent faire exception à cette règle et sont dispersées sur presque toute la surface du globe, car on a trouvé les mêmes espèces, ou du moins des espèces très-voisines, sur des plages excessivement éloignées. Cette distribution géograpbi(|ue particulière semble résulter de ce que les Nasturtium sont des plantes aquatiques qui, placées dans un sol moins influencé par les vicissitudes atmosphériques et plus uniforme en température, naissent sous toutes les latitudes.
La première section, nommée Cardaminuvi par De CandoUe, et que Mœnch érigeait en genre sous le même nom, a des pétales blancs, du double plus grands que les sépales du calice; quatre petites glandes à la base des étamines ; des siliques légèrement cylindriques et déclinées.Cettesection ne se compose que d'une seule espèce.
Nastdrtier OFFicifiAi.. Nastuilium officinale, Br. et DC; Sisymbiium Nasturtium, L., Bulliard, Herb., tab. 50'i; vulgairement Cresson de fontaine. Ses liges sont rameuses, rampantes, étalées, redressées vers leurs extrémités, cylindriques et glabres. Les feuilles sont alternes, glabres, imparipinnées, à folioles ovales, arrondies, la terminale plus grande, presque cordiforme; les feuilles supérieures sont simples et pétiolées. Les Heurs, de couleur blanche, sont disposées en épis lâches à la partie supérieure des rameaux. De toutes les Crucifères, le Cresson de fontaine est la plante la plus fréquemment employée comme aliment ou assaisonnement, et comme plante médicinale. Ses feuilles ont une saveur légèrement amère, très-piquante, et par conséquent sont douées de propriétés toniques, stimulantes et anliscorhullques. On les mange crues en salade, ou accompagnant les viandes cuites et divers autres mets. Les pharmaciens en expriment le suc qu'ils font entrer dans plusieurs de leurs préparations, et particulièrement dans le sirop antiscorbutii|ue. Le Cresson croit sur le bord des eaux, dans les fontaines, les étangs et les
petits ruisseaux de presque tous les pays du monde. En Europe, on le trouve depuis l'Angleterre et la Norwège jusqu'en Sicile, et depuis le Portugal jusqu'au nord de la Russie. Il croit aussi dans l'Afri(|ue boréale, aux Canaries, au cap de Bonne-Espérance; dans l'Amérique septentrionale et méridionale, aux Antilles; dans l'Orient, le Japon. l'Ile-de-France et à Mascareigne. Il ne varie guère, dans ces diverses régions, si ce n'est pour la grandeur qui est plus considérable dans les climats chauds.
La deuxième section du Nasturtium a reçu le nom de Brachiulobos que Desvaux lui a donné comme générique. Allioni, Scopoli, Hallcr. Dillen et Mœnch ont également considéré celte section comme un genre distinct, sous les noms de Biachiolubos , Roripa et Radicula. C'est aussi le genre Caroli-Gmelina de la Flore de Wetleravie. Dans ce groupe, les pétales sont jaunes, un peu plus grands que le calice; les glandes du réceptacle petites; les siliques légèrement cylindriques ou obovées. On y compte environ douze espèces dont les plus remarquables sont : 1» Nasturtium sylvestre, Br. et De Cand.; Sisymbrium sylvestre, L. Cette petite plante rampante, à feuilles très-découpées et à Heurs nombreuses, d'un beau jaune doré, croit sur les bords des livières de presque toute l'Europe et du nord de l'ancien continent, dans les endroits où l'eau a séjourné pendant l'hiver. Elle est très-commune sur les rives de la Seine, dans l'intérieur même de Paris. 2» Nasturtium palustre. De Cand.; ■Sisymbriiim palustre, Willd.; Sisymbrium terrestre, Smith. Cette espèce, qui offre plusieurs variétés assez différentes entre elles, se trouve répandue en une foule de contrées du globe. Elle a pour stations les bords des fossés et les marais à moitié desséchés. Les lobes de ses feuilles sont ovales ou oblongs, inégalement dentés, l'impair n'étant pas plus grand que les autres. Les pétales n'excèdent pas en longueur le calice, et, sous ce ra|)port, on distingue facilement cette espèce du Nasturtium sylvestre et de l'espèce suivante. 3» Nasturtium anipliibium, Br. et DC; Sisymbrium amphibium, L. Espèce dont la racine est fibreuse, les feuilles oblongues. lancéolées, pinnalifidcs ou dentées en scie, les pétales plus grands que le calice, les silicules ellipsoïdes. La brièveté de ces dernières est un caractère assez tranché et fournit une exception à la division linnéenne des Crucifères en Siliqueuses et Siliculeuses, exception capable d'induire en erreur les commençants qui veulent étudier les plantes de cette famille uniquement d'après le système du grand naturaliste suédois. Aussi plusieurs auteurs ont -ils placé cette espèce dans des genres très-éloignés du Sisymbrium, tels que Myagrum et Camelina. Le Nasturtium amphibium croit dans les localités aquatiques de presque toute l'Europe, depuis le Portugal jusqu'à Péteisbourg, et depuis Naples jusqu'en Suède. On l'a aussi rapporté de l'Amérique septentrionale et du Japon. Dne espèce nouvelle, indigène de la Sibérie, et très-voisine de la précédenle, a été décrite par De CandoUe sous le nom de Nasturtium natans (Delessert, Icônes Selectœ, 2, tab. 13). Les autres plantes de cette section croissent sous des climats très-différents, car on en trouve en Sibérie,
dans l'Afiique boréale, le Mexiciue, à liiienos Ayies, MadaRascar, etc.
La Iroisième seclioii, nommée Clandestinaiia par De Candolle, se distingue par l'absence de ses pétales, nu. lor.squ'ils existent, par leur petitesse et leur couleur blanche, par ses siliques un peu cylindriques. Cette section est douteuse, et se compose d'espt^ces dont les unes, de l'aveu de l'auteur lui-même, seront probablejnenl rapportées amSisyiiibrium, les autres aux Arabis. Ouel(|ues-unes croissent dans l'Inde orientale; telles sont les Nastuiiium Iiitlicum, DC, ou Sisymbrintn Jntlicum, L. ; Nasturtiiim Betigalense, Nasluitium vticrospermum et Naslurtium apetalum, DC. Deux autres espèces (Nastiirtium cktndestinum et arabifoinie, DC ) sont indigènes de l'Amérique du sud.
NASTUS. BOT. Dans son Gênera Plantarttm, Jussieu constitua sous ce nom un genre qui avait pour type une Graminée arborescente de l'île de Mascareigne. La plupart des auteurs avaient confondu celle plante avec le Baiiibiisa de Scbreber, et Palisot-Beauvois reproduisit le genre Naslus sous la nouvelle dénominalion de Siemmatospennuin qui n'a pas été adoptée. Cet auteur réunissait mal à propos, au genre dont il est question, une espèce apportée, par Du Petit Tliouars, de Madagascar, et qui fait partie Au Bumbusa iXeSchveber. linlin on doit à Kuntb d'avoir débrouillé la coufusion qui régnait parmi les plantes rapportées au Batiibusa et au Naslus par les divers auteurs. Voici, selon ce botaniste, les caractères du genre Naslus : épillels oblongs, comprimés, uniflores; glumes nombreuses, disti(|ues et imbriquées ; la supérieure contenant une Heur hermaphrodite, les autres vides; une petite fleur stérile, pédicellée, placée à la base et dans lesillon dorsal de la glume supérieure; paillettes nulles; écailles bypogynes au nombre de trois; six élamines; style profondément biparti, à sligmates plunieux. Une seule espèce constitue ce genre; c'est le Calumet des hauls de l'ile de Mascareigne.
NASUA. MAM. Synonyme de Coati. F. ce mot.
NATANTIA. MAU. (llliger.) F. Nageurs et Mamma-