LOGIE
NATATOliES. ois. (llliger.) F. Nagecrs.
NATICA. MOLL. f-'. Natice.
NATICE. Ntilica. moll. Genre de Gastéropodes Pectinibranches de la famille des Trocholdes, institué par Lister, el quedepuisl'on a définitivement caractériséde la manière suivante : animal ovale, en spire; pied profondément et transversalement bilobé en avant, el perlant en arrière, sur un lobe appendieulaire, un opercule corné ou calcaire; léte pourvue de longs tentacules sétacés, aplatis et auriculés à la l)ase; yeux pédoncules; bouche armée d'une dent labiale, sans langue spirale; coquille subglobuleuse, ombiliquée; ouverture entière, demi-ronde; bord gauche oblique, non denté, calleux : la callosité modifiant l'ombilic et quel- <|uefois le découvrant; bord droit tranchant, toujours lisse à l'intérieur; un opercule subspiré. Les Nalices sont nombreuses, assez variées dans leurs couleurs; mais peu variables dans la forme qui est généralement globuleuse, plus ou moins déprimée; le plan de l'ou-
verlure n'est jamais dans le plan de l'axe de la coquille, ce qui, an premier coup d'oeil, fait distinguer les Nalices des Ampullairesel des autres genres voisins. Toutes sont marines; elles vivent dans les mers tempérées el les mers chaudes. L'Océan el la Méditerranée en offrent plusieurs que l'on retrouve fossiles dans le midi de la France el en Italie.
Natice flammdlée. Nalica caniena, Lamk. ; Nerila canrena , L., Gmel. Espèce grande, assez variable, subglobuleuse, lisse, marquée de zones Iransverses, alternativement blanches et fauves; ces bandes sont traversées par des lignes rousses, onduleuses et longitudinales. On trouve cette espèce aussi bien dans la Méditerranée que dans l'océan Indien , et fossile en Italie.
Natice glacciwe. Nalica gloucina, Lamk. Tête faiblement colorée en jaunâtre orangé, portant un petit appendice lenticulaire à gauche, près de sa jonction avec le lobe recouvrant; elle est susceptible d'un trèsgrand développement, aplatie, toujours convexe, et plus ou moins saillante quand l'animal lui donne de l'extension; corps blanc et transparent. La coquille, qui a dix lignes environ de diamètre, est marquée de zones longitudinales, alternativement violettes et purpurines.
Natice glabqde. Nalica glauca, Humb. ; Nalica palula, Sow., Zool. Journ., pi. 5, fig. 4. Espèce nouvelle très-remarquable, trouvée par Humboldt sur les côtes du Pérou. Elle est aplatie, orbiculaire, largement ombiliquée en entonnoir; une callosité simple, grande, d'un brun foncé, se contourne en sjjirale, en descendant dans l'ombilic; l'ouverture est grande, très-oblique; elle est au dehors d'une couleur fauve, cendrée ou brunâtre; en dedans, elle esl d'un brun foncé.
Natice Majielie. Naliva Mamilla, Lamk.; Nerila Maniilla, L. Elle esl assez grosse, pesante, blanche, brillante, ovale, à spire allongée, pointue; la lèvre est droite, mince et tranchante; un calus fort gros couvre entièrement l'ombilic; quel(|uefois cependant, mais cela est très-rare, il reste à moitié découvert.
NATnOCllALCITE. Mm. Synonyme de Dalolilhe, ou Chaux boratée siliceuse.
NATROLITHE. um. Nom donné à la variété de Mésotype en masses globuliformes el fibreuses, d'un jaune brunâtre, que l'on trouve à Hohenlwiel en Souabe, engagée dans un Pbonolilhe por|ihyrique. /'. Wésotype.
NATRON. Miiv. Synonyme vulgaire de Soude carbonalée. A'. Soude.
NATTE. MOLL. On donne vulgairement ce nom à plusieurs coquilles, el on appelle
Natte d'Italie, les Conus lessellalus et lilleratus.
Natte de jonc, une Telline.
Natte sans tache, une autre espèce du même genre, le Tellina Gari, L., etc.
NATTERER. ois. Espèce du genre Engoulevent. F.ce
NATTIER. BOT. Ou bois de Natte. F. Imbricaire.
NAUCHEA. BOT. Nom proposé par Théod. Descourtilz {Ann. de la Société Linnéenne de Paris, 1825), en remplacement de celui de Cliloria, universellement admis.
NAUCLÉE. Nauclea. COT. Genre de la famille des Rubiacées el de la Penlandtie Monogynie, L.. ainsi caraclérisé : fleurs rassemblées en un capilnlc globuleux, dense, et placées sur un réeeplacle sphérique, velu; calice anguleux, à cinq découpures peu profondes; corolle tubuleuse, grêle, à cinq segments; cinqétamines courtes, à peine saillantes; style long, surmonté d'un stigmate capité; capsule à deux coques polysperines fixées par leur sommet, comme dans les Ombellifères, à un axe central, filiforme, se séparant par la base et s'ouvrant par une suture intérieure; graines nombreuses, petites, bordées, insérées par un funicule sétacé aux bords de la suture. Ce genre est trés-voisin du Cephalanthus dont il se distingue seulement par le nombre des parties de la fleur qui est quaternaire dans ce dernier genre, et par l'organisation du fruit. On lui a réuni VOurouparia d'.4ublet ou Uncaria deSchreber et jjgxlophoia de Necker. La plante décrite et figurée par Rumpb {Herb. v4mb., liv. S, t. 34) sous le nom de Funis uncalits, en fait aussi partie; c'est le Naucla Gambir de Hunter, dont on va donner plus bas une courte description. Le genre Adina de Salisbury (Paratl. Lonil., t. 113) ne diffère du Nauclea que par les loges de sa capsule qui ne contiennent qu'un petit nombre de graines. On compte environ douze espèces de Nauclea; mais plusieurs pourraient bien appartenir au genre Cephalanthus, sous lequel nom générique elles D'ut été décrites par quelques auteurs, et, il faut l'avouer, la comparaison des caractères de ces deux genres ne permet presque pas de les distinguer, ou plutôt, ces genres sont fondés sur des caractères qui ne sont pas constants dans chacun d'eux.
Nacclée orientale. Nauclea onentalis, Willd.; Nauclea citrifolia, Poiret; Katou-Tsjalia, Rhéede, Hort. Malab., 3, t. 53. Grand arbre qui croit dans les forêts de l'Inde orientale et de la Cochinchine. Son tronc est droit; ses branches se divisent en rameaux opposés, étalés, presque nus, couverts d'une écorce grisâtre. Les feuilles sont très-rapprochées au sommet des rameaux, grandes, coriaces, luisantes, ovales, presque elliptiques, très-entières, marquées sur leur surface inférieure de nervures alternes et saillantes. Les Heurs forment par leur réunion un capitule bien arrondi. Elles sont jaunes et inodores; selon Rhéede, il leur succède des fruits d'abord verts, puis rouges, et qui deviennent noirs à la maturité. Cette espèce n'est pas le Nauclea oiientalis de l'Encyclopédie, ou du moins celle-ci en est une variété distincte. Roxburgh l'a décrite et figurée (Plants of Coromand., 1, p. 41, t. 54) commeespèce,sous le nomde A'oMc/ea purpurea. C'est aussi le Cephalanthus Chinensis de Lamarck et le Bancalus angustifolia de Rumpb {fJeib. Juib., ô, t. 3S).
Nadciée Gambir. Nauclea Gambir, Hunter, Trans. Linn. Soc, vol. 9, pag. 218, tab. 22, optiin.; Funis nncatus, Rumph, Heib. Amb., vol. 5, t. 54. Plante sarraenteuse, qui s'élève à une grande hauteur, et qui est couverte d'une écorce d'un rouge brun. Ses rameaux lisses et arrondis se divisent en ramuscules opposés et trèsétalés. Les feuilles sont opposées, ovales, liointues, glabres, très-réfléchies, marquées en dessous
de veines parallèles et perpendiculaires à la veine médiane; accompagnées de deux stipules interpétiolaires, ovales el caduques. Les fleurs, très-nombreuses, sessiles et agrégées en tête sur un petit réceptacle, sont portées sur un pédoncule axillaire, solitaire, plus court que les feuilles. Sur le milieu de ce pédoncule est un involucre composé de quatre bractées ovales, aiguës, soudées par la base. Cette plante croit dans les parties les plus chaudes de l'Inde orientale.
Rumpb {loc. cit.) a figuré trois rameaux de son Funis uncatus, en signalant dans le texte leurs différences qui ont paru suffisantes à Poiret pour en constituer dans le supplément de l'Encyclopédie trois espèces distinctes, l'une sous le nom de Nauclea Gambir, qui est celle de Hunter, les deux autres sous les nouveaux noms de Nauclea longiflora et lunosa. C'est avec les feuilles et les jeunes tiges de cet arbrisseau que se prépare la substance cxtractive nommée Gatla ou mieux Gitta- Ganibir, qui est connue en France sous le nom de Gomme-Kino.
Naiiclée de la Gciane, Nauclea Guianensis, Poiret, Encyclop. Mélh.; Ourouparia Guianensis, Aublet. Plantes de la Guiane, p. 178, t. 08; Uncaria aculeata, Willd. Arbrisseau qui, de ses racines, émet plusieurs tiges, lesquelles, à la hauteur d'un mètre, portent des branches opposées, qui s'accrochent aux branches des arbres voisins, et parviennent à la cime des plus élevés qu'elles couvrent de la multitude de leurs rameaux. Ces rameaux sont quadrangulaires, couverts d'une écorce rougeâlre, et naissent toujours opposés dans les aisselles des feuilles. Celles-ci sont glabres, opposées, ovales, terminées en pointe, accompagnées à leur hase de stipules larges et triangulaires. Un peu au-dessus des aisselles des feuilles sortent deux épines d'aboid droites, puis recourbées en crochets laiges et aplatis. C'est la présence de ces crochets qui n'existent pas sur toutes les branches et dont quelquefois il n'y a qu'un seul aux aisselles des feuilles, qui a déterminé Schreber à donner au genre d'Aublet le nouveau nom à' Uncaria, d'autant plus inutile qu'il suffisait de jeter un coup d'œil sur la figure donnée par Aublet pour se convaincre que la plante appartenait aux Nauclea. Les détails botaniques qu'exprime cette figure peuvent, il est vrai, induire en erreur sur l'inférité de l'ovaire; mais Aublet, dans le texte, dit positivement que l'ovaire fait corps avec le calice. C'est donc injustement que des compilateurs ont attaqué la description donnée par ce botaniste, en disant qu'elle semblait être le produit d'un songe.
NAUCLER. Nauclerus. ois. Vigors a établi ce sousgenre parmi les Accipèlres, pour le Milan de la Caroline, Fulco furgatus, Gm., et le Milan Riocour, Gin. y. Faucon.
NAUCORE. Naucoris. ins. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Hétéroplères, famille des Hydrocorises, tribu des Népides, établi par Geoffroy et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères : pieds antérieurs terminés en crochet; labre grand, triangulaire, recouvrant la base du bec. Le corps des Naucores est ovale, déprimé; leur tête est assez large, arrondie ù sa partie antérieure, munie en dessous d'une trompe
courte, de forme conique, (riarliculée, formée de ciiu| pièces (lonl une a la base supérieure, larffe, courle, arrondie, coiilicul trois soies d'inégale longueur, reçues dans la gaine qui se trouve au-dessous. Les antennes des Kancorcs sont plus courtes <iue la tête, cachées sous les yeux et composées de quatre articles dont le premier est très-court , le second un peu plus gros et une fois plus long, le troisième aussi long que le second, mais plus mince, et le dernier le plus mince de tous. Les yeu.x sont allongés, presque triangulaires, déprimés, et placés à la partie latérale de la tète, s'appuyant sur le corselet qui est court, tranchant sur les côtés, échancré en avant pour recevoir la tête et coupé droit en arrière. L'écusson est assez grand et triangulaire; les élytres sont Bexihles, assez minces, un peu croisées, aussi grandes que l'abdomen; elles cachent deux ailes membraneuses, croisées comme les élytres. L'abdomen est denté en scie dans son pourtour, chaque anneau se terminant en pointe sur les côtés ; les pattes de devant sont très-courtes, et formées seulement de deux pièces dont l'une est fort grosse, et dont l'autre ressemble à un ongle fort, long et un peu crochu; ces pattes ressemblent au premier coup d'œil, aux serres des Araignées; ces Hémiptères s'en servent comme de pinces pour saisir et retenir les insectes dont ils se nourrissent en les suçant. Les autres pattes sont comme dans les Nèpes, mais elles sont propres à la natation et garnies de longs cils comme celles des Dytiques; leurs tarses sont composés de deux articles. Les Raucores se distinguent des Bélostomes, des Nèpes et des Ranatres, par leur labre qui est très-petit, étroit, allongé et reçu dans la gaine du suçoir; les Nèpes, avec lesquels Linné avait confondu le genre Naucore, en diffèrent encore par leurs tarses qui n'ont i|u'un article. Le genre Galgule en est distingué par les lai'ses antérieurs terminés par deux crochets, tandis qu'il n'y a qu'une pointe aux pattes antérieures des Naucores. Ces insectes sont très-agiles et nagent avec beaucoup de facilité et de vitesse en se servantde leurs pattes postérieures comme d'avirons; ils sortent quelquefois de l'eau pour aller dans d'autres mares, et alors ils font usage de leurs ailes et volent vers les lieux qui leur paraissent le plus convenables. Ce sont des insectes très-voraces, qui détruisent beaucoup d'autres espèces; leurs larves et leurs nymphes vivent dans les mêmes lieux et n'en diffèrent que parce qu'elles sont encore privées d'ailes. Les nymphes ont des fourreaux d'où les ailes ne sortent qu'après la dernière mue.
Nabcore cniicoiDE. Naucoris cimicoides, Geoff., Kabr.; ISepa cimicoides, Lin.; Nepa, etc., Degeer, Schœff., Icon. Ins., lab. 53, fig. ô, 4 ; Scbellemb., Cim. Helv., lab. 12 ; Sulz, StoU. Long de six lignes, d'un gris cendré; bords de l'abdomen dentelés; tête et corselet mélangés de jaune et d'obscur. Commun en Europe, dans les eaux douces.
NAUCORIA. BOT. A'. Agaric.
NAUCORIS. INS. r. Nabcore.
NAUCRATE. Nauciates. pots. Espèce du genre Rémore, y. ce mot.
NAULI. MAM. L'un des noms vulgaires du Renard
NAUMIiURGIA. bot. Genre proposé par Mœncli pour le Lynimachia thyrsiflora. V. Lvsimaqbe.
NAIIPACTE. Naiipachis. iNS. Coléoptères lélramères. Genre de la famille des Rhynchophores, institué par Megerle, aux dépens du grand genre Charanson des anciens entomologistes. Caractères : antennes grêles, ordinaiiement très longues , coudées, composées de douze articles . le second du double plus long que le premier, les autres courts et tous obconiques; massue allongée, élroite ou ovale-oblongue; trompe courte, plane en dessus, canaliculée au milieu; fossette du dessous des yeux, courbée ; yeux arrondis et saillants; corselet ordinairement court et presque conique, quelquefois arrondi; élytres ovales ou oblongues, avec les épaules tantôt anguleuses, tantôt arrondies; pieds antérieurs allongés et robustes; cuisses grandes et renflées ; jambes antérieures crénelées intérieurement el nn peu courbées au bout. Ce genre est fort nombreux; il offre au delà de soixante espèces, toutes de l'Amérique méridionale. Le type est le Curculio longimanus, Fabr.; Oliv., Ent., v, 83, pi. 10, fig. 114.
NAUPLIE. Nauplius. crcst. Genre établi par Muller et Degeer et (|ue Jurine a reconnu être formé déjeunes individus de Cyclopes. y. ce mot.
NAUPLIDS. BOT. Cassini {Bulletin de la Société Pbilomatique, novembre 1818) a formé, sous ce nom, un genre de la famille des Synanthérées el de la tribu des Inulées. Voici les principaux caractères qu'il lui a imposés : involucre irrégulier, plus long que les fleurs, formé de folioles inégales, disposées sur nn, deux ou trois rangs: les extérieures très-longues, foliacées, bractéiformes, étalées; les intérieures plus courtes, oblongues, obtuses, coriaces el appliquées par leur base, foliacées, étalées par leur partie supérieure. Réceptacle plan ou légèrement coniciue, garni de paillettes plus courtes que les fleurs, embrassantes et oblongues. Calatbide dont le centre est composé de fleurs nombreuses, régulières et hermaphrodites, et la circonférence de demi-fleurons femelles, à corolles tridentées au sommet. Ovaires obovoïdes, hispides, portant une aigrette formée de paillettes inégales, et irrégulièrement dentées. Ce genre a été constitué aux dépens du Buphlabnum de Linné dont il n'est probablement qu'une simple section naturelle. Mœnch l'avait indiqué sous le nom d'Jsteriscus , que Tournefort et Vaillant appliquaient autrefois aux Buphtaiinum à involucre étoile et à fruits aplatis. Les esj>èces qui le constituent étaient nommées par Linné, Buphtahnum aquaticum, iiiarititiium et sericeum. Les deux premières croissent dans la région méditerranéenne, et particulièrement dans les anciennes provinces du Languedoc et de la Provence. La troisième espèce est native de l'île de Ténériffe.
NAUTELLIPSITES. BioLi,. Parkinson a proposé d'établir ce genre pour y renfermer quelques espèces prises dans le genre Ellipsolile de Sowerby.
NAUTILACÉES. Naxitilacea. moil. Le genre Naulilus de Linné, auquel étaient rapportés tous les Polythalames connus alors, représente l'ordre des Mollusques que l'on désigne ordinairement par le nom de Céphalopodes polythalames. Depuis Linné, des chan-
(jements notables ont été apportés au genre Nautile, qui, comme la plupart des coupes linéeiines , a été dépecé en un grand nombre de genres. Bruguière en sépara les Camérines, les Orlliocérales, aussi bien que les Ammonites. Lamarck adopta ces genres de Bruguière , et y en ajouta plusieurs autres, de sorte que sa section des Multiloculaires, en 1801, contenait déjà onze genres, dont les nouveaux sont : Orbulile, Planulile, Spirule, Turrilite, Baculite, Hippurite et Bélemnile. U a changé le nom de Camérine pour celui de Nummulile, cl celui d'OrlIiocérate pour celui d'Ortbocére. Ouelqiics années plus tard Lamarck perfectionna beaucoup cette première ébauche; il augmenta considérablement le nombre des genres de Multiloculaires, et institua la famille des Naulilacées dans sa Philosophie Zoologique; il la composa des six genres Baculite, Turrilite, Ammonocéralite, Ammonite, Orbulile, Nautile. Cette famille, beaucoup plus nalurelle que le premier arrangement, offre cependant encore le défaut notable de réunir des Coquilles à cloisons simples et à cloisons découpées, des genres non spires et d'autres complètement involvés. Ces défauts sont corrigés dans son Cours, où l'on trouve la famille des Ammonées séparée de celle des Nautilacées. Celle-ci, réduite à cinq genres, offre encore le grave inconvénient de réunir des Coquilles perforées, d'autres sipbonifères, d'autres enlïn à cloisons, sans aucune ouverture, ce qui est loin, comme on le voit, de faire une famille naturelle. Dans son dernier ouvrage, il apporta peu de changements dans sa famille des Nautilacées; il y ajouta seulement le genre Polystomelle. Blainville a adopté la famille de Lamarck en y ajoutant le genre Orbulite, qui se dislingue à peine des Ammonites . et en la réduisant en tout à quatre genres, Orbulite, Nautile, Polystomelle et Lenticuline; chacun de ces genres est sous-divisé. De Haan a rassemblé sous le nom de Nautilea toutes les vraies Coquilles à cloisons simples, les Microscopiques exceptées. Celte famille des Nautiles renferme huit genres partagés en quatre groupes, dont le premier contient les Nautiles proprements dits. Outre le genre Nautile, onentrouveencoredeuxautresqui sont nouveaux, et qu'on peut regarder comme peu utiles : le premier. Discites, pour les Nautiles fossiles des schistes qui ont très-peu d'épaisseur; le second, Omplmlia, pour les Nautiles ombiliqués. Le second groupe renferme le genre i'caplUtes seul; mais , comme on le sait, il doit appartenir à la famille des Ammonées. Le tioisième groupe contient deux genres, les Spirules et les Lituiles; enfin le quatrième, les Ilippuriles, les Orthocératites et les Conilites. Dans celte dernière division il n'y a que le genre Hippurite qui soit hors des rapports. f^. ce mot.
NAUTILE. Nautilus. moli,. Genre de Céphalopodes très-anciennement connu, et qui a donné son nom ii la famille. » L'animal qui habite le Nautile, dit Rumpb, peut être considéré comme une espèce de Poulpe, mais il'un aspect particulier, conformé d'après le creux de sa co<|uille qu'il ne remplit pas entièrement lorsi|u'il .s'y tient renfermé. La partie postérieure de son corps se moule contre le bas de la poupe, tandis que ses parties supérieures sont plus aplaties, quoiqu'encorc ar-
rondies, plissées et un peu cartilagineuses, teintées de brun, ou lavées en roux, tachetées de marques noirâtres, qui se fondent et coulent les unes dans les autres, comme dans les Poulpes; la partie postérieure du corps, celle qui presse le dessous de la poupe, et qui, dans sa marche, devient par conséquent la partie supérieure, est aussi un peu cartilagineuse, mais pas autant que celles antérieures qui sont couvertes d'ime quantité de cupules ou ventouses. Au milieu de ces parties, et au milieu de la tête, on voit un amas très-considérable de petits pieds qui terminent des lambeaux charnus superposés les uns aux autres, et qui, de cha(iue côté, recouvrent la bouche. Chacun de ces lambeaux est façonné comme la main d'un enfant; les plus grands d'entre eux, ceux qui sont extérieurs, sont terminés par vingt de ces doigts ou petits pieds, tous de la longueur d'un demi-travers de doigt, de l'épaisseur d'une paille, arrondis, lisses et dépourvus de ces ventouses qu'on voit aux pieds des Poulpes, mais un peu aplatis en rame vers le bout; ces grands lambeaux charnus sont surmontés par d'autres plus courts; le nombre des doigts de ceux-ci diminue; ils n'en ont plus que seize; ils sont suivis successivement par d'autres plus courts, qui vont en recouvrant jusque sur la bouche. Cet animal peut retirer ou allonger tous ces doigts à volonté, car ils lui servent non-seulement de jambes pour ramper, mais aussi de bras ou de mains pour saisir sa proie et la porter à la bouche; cette bouche est armée d'un bec très-crochu, fait en forme de ceux des Perroquets et des Sèches; le demi-bec supérieur est grand, crochu, dentelé sur les bords, l'inférieur est petit, caché et comme emboîté dans le premier; tous deux aigus et courbés de façon à percer facilement les chairs. Ce bec est dur et sa couleur lire sur le bleu noirâtre , entouré de lèvres ciiculaires, blanches, charnues et coriaces, et quelquefois prolongées au point de couvrir en totalité le bec, qui d'ailleurs est presque toujours caché sous un enduit gélatineux, ainsi que par la multitude de pieds qui l'entourent, de façon qu'on ne peut l'apercevoir qu'en employant la violence; les yeux sont placés un peu bas, disposés sur les côtés, et très-grands, mais on n'y retrouve pas le globe de l'œil, quoiqu'on puisse en reconnaître l'orbite, percé d'un trou à l'extérieur, et rempli d'un Uuide sanguinolent , de couleur brun foncé. De la |)artie postérieure du corps, c'est-àdire de celle qui repose sur la dernière cloison, part un nerf très-allongé, qui passe au travers des Irons de toutes les cloisons et traverse toutes les concamérations en se prolongeant jusqu'à l'extrémité de la spire, point central qui est lé seul par lequel ce Mollusque adhère à sa coquille; quant au reste, les chambres sont entièrement vides. Ce nerf se casse avec la plus grande facilité, quand on veut arracher l'animal de son habitation. Sous la bouche , ce Mollusque a encore un tuyau ou conduit charnu et presque rond. Sa couleur est hianchâlre, comme dans les Sèches et les Poulpes, ce canal offre une excroissance en forme de langue; chez ces animaux, il est indubitablement le même que celui qui sert à la Sèche pour expulser sa liqueur noire. Le ventre n'a point d'ouverture horizontale. « Une telle description laisse sans doute
h désirfir sur bien des points de l'organisalion , mais elle éclaire assez pour mellre convenal)lenient les Naiililes en rapport avec les genres voisins, ou pour au moins les séparer en un groupe bien naturel, essentiellement distinct de tous les outres Céphalopodes.
Les auteurs modernes ont, sur la foi des anciens, mentionné plusieurs Nautiles vivants, mais aucun d'eux n'a été à même de les voir; ce n'est que depuis (juelques années que l'on a découvert un Nautile avec son animal. La première nouvelle en fui donnée par la Lomion médical Gazelle , et répétée par le Loiulon and Paris Observer, du 9 octobre 1831. Voici en quels termes celle nouvelle fut annoncée : <• L'habitant du Nautile, objet de désirs si prolongés dans les sciences naturelles , a été découvert par C. Bennett, le 24 août 1829, dans une baie de l'ile d'Erromanga, l'une des nouvelles Hébrides. L'esquisse faile de cet animal par C. Bennelt, à l'instant où il fut tiré de sa coquille, confirme pleinement l'exactitude générale de la figure tracée par Rumpb.» Richard Owen fut chargé de l'examen détaillé de cet animal, et l'excellente description anatomrque qu'il en a publiée, est venue lever tous les doutes qui pouvaient rester encore sur les rapports naturels du Nautile, et rendre à la description de Rumph un intérêt plus grand, peut-être, parceque celle-ci conlienldes détails sur les habitudes de ce mollusque dans lesquels R. Owen n'a pu entrer, puisqu'il n'a point observé le Nautile à l'état de vie, détails auxquels on peut se fier, puisque l'exactitude des autres parties de la description de Rumph se trouve confirmée par le mémoire du savant anglais.
Le Nautile présente des combinaisons nouvelles, sans doute, mais le plan général de l'organisation est le même que dans les Acétabulifères. Les différences qu'on y observe tiennent au plus ou moins de développement de certains systèmes ou à la conformation différente de quelques organes dont la destination n'est pas rigoureusement la même. Ces combinaisons nouvelles ont surtoutpourbut d'adapter (|uel(|ues parties de l'organisation du Nautile à son habitation dans une coquille polythalame, qu'il porte et qu'il traîne à peu près comme le fait le Limaçon de la sienne, et, par conséquent, aussi à ses habitudes et à des conditions d'existence différentes de celle des Céphalopodes acétabulifères.
La principale des modifications qu'on observe chez le Nautile, c'est incontestablement les quatre branchies distinctes dont son animal est pourvu. On sait que Dellechiaje croit avoir reconnu chez la plui)art des Céphalopodes acétabulifères deux branchies rudimentaires, tenant aux deux peignes branchiaux connus. Le caractère remarquable des quatre branchies a engagé Owen à en faire la base d'une division méthodique des Céphalopodes. 11 propose de diviser celte classe en deux ordres: l» Dibranchiala, correspondant aux Acétabulifères; 2o Tetrabranchiata, qui seraient les Syphonifères.
Voici, en résumé, les caractères génériques des Nautiles : animal ayant le corps arrondi et terminé en arrière par un filet tendineux ou musculaire, qui s'attache dans le siphon dont les cloisons de la coquille sont peicées; le manteau ouvert obli(|uemcnt et se prolon-
géant en une sorte de capuchon au-dessus de la tète, pourvu d'un grand nombre d'appendices tentaculaires ou bras sessiles comme digités, et entourant l'ouverture de la bouche; mâchoires cornées en forme de bec de Perroquet; coquille discoïde, en spirale régulière, multiloculaire, à parois simples, embrassante ou non; tours contigus; siphon central ou ventral, jamais dorsal, quelquefois continu; cloisons transverses, simples, non persillées.
En attendant des documents plus détaillés sur la découverte de C. Bennett, et qui permettront des coupes génériques basées sur la structure <les organes de l'animal, voici la division du genre Nautile, d'après les formes de la coquille, et ses espèces groupées d'après les caractères du siphon et la forme des cloisons, ainsi que l'a fait Deshayes.
•j- Coquille ombiliquée ou non ; siphon central ; cloisons simples sans dépression, a. Coquille sans ombilic.
Naitiie flambé. Nanti/lis Pompitius, L.; Encycl., pi. -371, fig. 3. A, B. Grande et belle Coquille régulièrement enroulée et d'une forme naviculaire, élégante, ornée surtout postérieurement de flammes rousses sur un fond blanc ; l'axe est toujours recouvert d'un dépôt calcaire; à l'intérieur elle est nacrée; les loges, en nombre variable, vont quel(|uefois à quarante dans les grands individus; les autres sont lisses, sans stries ni rides rayonnantes. Celte Coquille se trouve vivante aux Grandes-Indes et aux Moluques. A cette première sous-division de cette première section, on peut joindre les espèces suivantes : Naulilus imperialis, Sow., Min. Conch., pi. 1, fig. 1; Naulilus cenlralis, Sow., ibid., fig. 2 et ô; Naulilus undulalus, Sow., pi. 40; Naulilus linealus, Sow., pi. 41; Naulilus elegans, Sow., pi. 116; Naulilus simplex , Sow., pi. 122; Naulilus truncatus, Sow., pi. 123; Naulilus regalis, Sow., pi. ô.'iS.
p. Coquille ombiliquée.
Nactile ombiliqeé. Naulilus umbilicatus, Lamk., Anim. sans vert. Espèce fort rare et fort remarquable dont Montfort avait fait son genre Ammonie, considérant cette coquille comme le type vivant des Ammonites. On la trouve avec la précédenle, et on la prendrait volontiers pour une de ses variétées, mais elle est constante dans sa forme. Elle a des couleurs analogues, mais un peu différemment disposées; elle est constamment ridée, en rayonnant sur les côtés de l'ombilic.
Sowerby a décrit dans le Minerai Conchology plusieurs espèces fort remarquables, ])étrifiées,qui doivent se rapporter à cette section; tels sont : Naulilus discus, Sow., pi. 13; Naulilus obesus, Sow., pi. 124; Naulilus inlermedius , Sowerby. pi. 125; Naulilus strialus, Sow.. pi. 182; Naulilus penlagonus, Sow.. pi. 249, fig. 1 ; Naulilus cotnplanatus, Sow., pi. 261; Naulilus radialus, Sow., pi. 366; Naulilus expansus, Sow., pi. 438, fig. 1; Naulilus bianyulalus, Sowerby, pi. 458, fig. 2; Naulilus globalus, Sow., pi. 481; Naulilus? multicarinalus , Sow., pi- 482, fig. 1-2; Naulilus cariniferus, Sow., pi. 482, fig. 3-4. Parmi ces Nautiles fossiles, les deux derniers sont, sans
conliedil, les plus singuliers; ils oiU une forme siibrylindriquc ; ils sont armés de carènes ou d'angles élevés; ils sont pourvus d'un ombilic fort large, régulièrement évasé encnlonnoir. On pourra falrede ces espèces un petit groupe parmi les Nautiles.
•j-f Coquille ombiliquée; sipbon central; une dépression contre le retour de la spire dans toutes les cloisons.
Nautile quadrillé. ISautilus reticnlatus , N.; Bisiphiles reliculatvs, Montf., Conch. Syst., t. i, p. 54; Nautile à deux siphons, Wontf., BnfF. de Sonnini, t. iv des Mollusques, p. 208, pi. 40, fig. 2. Celte Coquille se trouve en Lorraine et en Bourgogne à l'état de pétrification; son ombilic n'est pas très -large; son test, assez épais, est régulièrement Ireillissé. Cependant, à mesure qu'il grandit, les stries transverses disparaissent, de manière (|ue vers l'ouverture des grands individus il n'y en a presque plus; le siphon est médian et assez grand, et la dépression que Monlforl avait prise pour un second siphon, est d'autant plus profonde dans celle espèce, qu'on l'examine dans de plus jeunes individus, diminuant insensiblement jusqu'à disparaître presque totalement dans ceux qui sont parvenus à tout leur développement.
•f-ft Coquille non ombiliquée; siphon très-grand, continu ; une dépression latérale de chaque côté, sur loules les cloisons.
Nautile de Desuayes. Naiitilus Deshayesii, Defr. .Son sipbon est très- grand, continu d'un bout à l'autre, évasé dans la dernière loge, et s'appliquant contre le retour de la spire; les cloisons sont simples, mais latéralement elles sont pourvues d'une dépression profonde de cha(|ue côté, ce qui rapproche certainement beaucoup ce Nautile des Ammonites. Cette espèce a été découverte par Deshayes à Maulette et aux environs de Paris. A celte section des Nautiles, on peut rapporter le Niiutilns ziyzag , Sow., Minerai Conchol. , pi. 1. Le Nantîliis sinnutns, Sow., loc. cit., pi. 194, sera douteux jus<|u'au moment où on connaîtra la forme et la situation du siphon.
Le nom de Nautile s'est étendu vulgairement et s'applique, avec des épilhèles caractéristiques, à diverses coquilles. Ainsi le Nactile cornet de Postillon n'est rien autre chose que la Spirule; le Nautile cosipiiiMÉ est le genre Belléroplie de Monlforl, F. ce mol; Nautile papyracé se dit de tous les Argonautes, A', ce mot. On nomme Nautile a spire ou Nautile ojibili- QUf,, tantôt une variété jeune du Nautile flambé, tantôt le Nautile ombiliqué lui-même; enfin la Carinaire de Lainarek, Patella ciistata de Linné, a reçu du vulgaire le nom de Nautile vitré.
NAUTILITES. Nautililes. moll. f^. Nautiles fos-