‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 5)Chapitre 40 sur 119 · Ouverture du crochet sans pièces triangulaires · texte numérisé non relu

Ouverture du crochet sans pièces triangulaires

Térébratdle vitrée. Terebratula vil rea, Lamk., Anim. sans vert., t. vi, p. 245, n» 1; Anomia citrea, L., Gmel. , n» 38 ; Knorr, Vergn. . 4, tab. 50, fig. 4 ; Uorn., Mus., p. 116, vign.; Chemnitz, Conch., t. viii, tab. 78, fig. 707, 708, 709; EncycI., pi. 239, fig. 1, a, b, c, d. Espèce grande, globuleuse, toute lisse, dont le crochet relevé est percé d'un petit trou, dont le bord est très-épais. Dans cette même section doivent se placer les Terebratula caput serpentis, Iruncata, etc., qui ont l'ouverture du crochet sans pièces triangulaires, mais qui l'ont percée si près du bord cardinal que quelquefois la valve supérieure sert à la borner.

2" Ouverture triangulaire du bord cardinal au sommet de la grande valve.

Térébratui.e a godttière. Terebratula canali fera, Lamk., /oc. Ci7.,n» 40; Encyclop., pi. 244, fig. 4, a, b. Coquille fossile, trigone, trilobée, dont la valve inférieure a un talon large et aplati, divisé en deux parties égales par une fente triangulaii'e, dont le sommet commence à la pointe du crochet, et la base se dirige vers la charnière où elle se termine.

•{-i- Espèces dont la grande valve n'est jamais percée. Partie du genre Productus, de Sowerby.

Têréeratile de Martini. Terebratula Martini, Desh.; Productus Martini, Sow., Min. Conch., pi. 317, fig. 2, 5, 4; AnoDtites Productus, Mart., Pet., Derb., tab. 22, fig. 1, 2, 5. Coquille fossile, couverte de stries longitudinales, rayonnantes du sommet à la base; la

chainière est droite, linéaire, et le crochet de la valve inférieure n'est jamais percé; la valve supérieure est concave en dessus, ce qui n'est pas habituel dans les Térébratules.

On pourrait facilement diviser cette section en deux autres d'après la manière dont se comporte le bord cardinal, qui tantôt est droit et tantôt courbé comme dans la presque totalité des Térébratules de la première division.

TÉUÉBRATULITE. moll. Nom donné aux Térébratules fossiles.

TÉRÉDINE. Teredina. moil. Génie curieux établi par Lamarck et placé par lui dans la famille des Tiibicolés. La Coquille qui lui a servi de type est le Fislulann personata qui peut, comme Lamarck lui-même l'a fort bien senti, servir de passage entre les Tarels et les Pholades. On ne peut contester en effet les rapports qui lient ces deux genres; on trouve un tube libre, en massue terminée par deux valves adhérentes au pourlour de l'ouverture du tube, et elles sont parfaitement closes, lorsque celles des Tarels sont trèsbâillanles. Les rapports entre les Tarels et les Pholades avaient été établis pour les Térédines, d'après les caractères extérieurs seulement, tels que le tube et la forme de la coquille; Deshayes a pu y ajouter d'autres caçaclères plus essentiels, tels que l'existence, dans les Térédines, d'une pièce postérieure semblable à l'écusson des Pholades et à l'intérieur des valves, de véritables palettes courbées, parlant des crochets et terminées en mamelons absolument idenliques à celles des Tarets et des Pholades. On doit faire attention que l'existence de l'écusson dans ce genre donne la preuve qu'il se rapproche plus des Pholades que des Tarels dans lesquels celte pièce ne s'est point encoie rencontrée;elle amène aussi à celle conviction que la coquille, à tous les âges, doit être extérieure en dehors du tube, ce qui n'a pas lieu chez les Tarels où le lube se ferme au terme de l'accroissement de l'Animal. On trouve des groupes de Térédines enfoncées dans du bois fossile, ce qui indique qu'elles ont une manière de vivre analogue aux Tarels et à (|uelques Pholades.

Lorsque l'on examine une Térédine, on doit être frappé de l'immobilité de ses valves, et en même temps étonné qu'on ait admis le fait sans discussion, lorsque, de toute évidence, il est contraire et à la manière de vivre de l'Animal et à la structure de sa coquille. Si l'on faisait à un zoologiste la question suivante: Une coquille bivalve dont la charnière est semblable à celle d'une Pholade, pourvue comme elle d'une pièce calcaire postérieure, couvrant les crochets, ayant des palettes à l'intérieur et vivant dans le bois, est-elle faite pour être immobile? Certes il n'hésitera pas à dire qu'elle est faite pour se mouvoir. L'analogie a tant de force pour valider cette conclusion, qu'on peut la prendre comme prouvée par l'observation directe, et cependant il en est autrement pour les Térédines; elles sont construites pour se mouvoir, néanmoins elles sont immobiles. L'Animal n'a pu tarauder le bois sans qu'elles fussent libres et mobiles comme le sont les Tarets. Cependant l'observation fait voir constamment le contraire. 11 y a ici, on ne peut le nier, une évidente conlra-

iliclioii dans la nadire des faits; on ne peut adinellrc cependant une (elle conlradiclion dans les fins de la nalure qui, dans l'off;anisalion des êlres, ne fait rien de supeiHu. Si elle crée un être pour percer le liois. elle lui en donne les moyens, qu'ils soient chimiques on mécaniques. On sait que dans les Tarets ce moyen est mécanique; la co(|uille est coupante; elle reçoit des muscles puissants; elle est en un mot disposée pour couper le bois fibre à fibre. On doit penser que, dans la Térédine, la coquille ayant une structure analoj;ue aux Tarets, et comme eux destinée à creuser le bois, elle a dû jouir de toule la mobilité convenable pour le faire. On est donc ramené à conclure qu'elle a été mobile durant la vie de r.4nimal, et peut-être ne sera-l-il pas impossible de donner l'explication de ce fait, de résoudre celle espèce d'énigme.

Toutes les Térédines se sont trouvées à l'état fossile seulement ; leur tube et leur coquille sont épais, solides, et partout d'une égale épaisseur en dedans. On les trouve remplies d'un sable grossier dont on peut les débarrasser, et oulre cela diverses concrétions calcaires adhérent le plus ordinairement dans l'intérieur des valves. Si l'on vient à casser un des tubes, on s'aperçoit (|ue non-seulement sa structure actuelle est absolument différente des tubes analogues même à ceux si solides des Cloisonnaires, mais encore que les concrétions se lient aux valves par continuité de substance, de sorte que l'on est porté à croire qu'elles existaient pendant la vie de l'Animal, et qu'elles sont le résultat d'une maladie; on ne tarde pas à se convaincre que ce n'est pas là leur véritable origine, puisqu'elles enveloppent de couches concentriques des grains de sable; on voit ces couches s'étendre assez régulièrement sur toule la surface intérieure du tube et de la coquille, sans discontinuité entre ces deux parlies; on les voit dans quelques circonstances s'épaissir, dans une autre devenir onduleuses et presque stalacliformes. Lors(iue ces corps n'ont pas été retirés du lieu d'habitation, on les trouve couverts d'une couche mince, teslacée, qui se détache quelquefois assez facilement, et qui représente le tube lui-même dans lequel se serait faite une incrustation calcaire qui, s'emparant de toutes les parois du tube et de la coquille, l'aurait épaissi, obstrué, pour ainsi dire, en la couvrant de ses couches concentriques. Comme le moulage s'est fait dans une cavité creusée dans le bois, au fond de laquelle était la coquille, il en résulte que, si celle coquille était bâillante, l'espace vide a dû se trouver comblé, et alors la couche calcaire s'est moulée sur le bois, et on y retrouve en effet l'empreinle de couches fibreuses. Ceci ne peut se remarquer dans tous les individus, parce qu'il en est de cette coquille comme de quelques espèces de Pholades qui sont bâillantes à certain âge ou à certaine époque de leur vie, et qui se complètent ensuite. Les impressions ligneuses peuvent s'apercevoir sur les individus encore incomplels; elles ne peuvent exister sur les autres; aussi ces derniers sont toujours plus réguliers dans cette partie que les autres.

Par suite de ces observations, il semble bien facile maintenant d'expli(iuer l'immobilité actuelle des valves

dfs Térédines sur la partie antérieure du lube, et de détruire cette apparente conlradiclion dont on peut maintenant se rendre compte. On peul donc conclure que, pendant la vie de l'Animal, les valves élaienl détachées du lube, qu'elles étaient libres de leur mouvement, et que la fixité qu'elles ont actuellement provient (l'une cause accidentelle, indépendante de la nalure du corps organisé qui fait le sujet de cet article.

Déjà, dans son ouvrage sur les Fossiles des environs de Paris, Deshayes avait rectifié en quelques points importants la caractéristique de ce genre; on peut, d'après ce qui précède, exprimer de la manière suivante cette caractéristique : coquille bivalve, équivalve, bâillante de chaque côté, ayant une charnière comme celle des Pholades, cl garnie postérieurement d'une seule pièce accessoire en écusson; des paletlesà l'intérieur des valves, parlant des crochets. Celle coquille, pholadifornie, libre, h l'extrémité d'un tube ordinairement droit, en massue, ouvert aux deux extrémités dont la postérieure ovale, esl partagée par deux arêtes longitudinales comme dans les Fislulanes. Malgré la grande analogie qui existe cnlifi ce genre et les Pholades, on ne peul cependant le confondre avec elles; l'existence du tube et la forme de la coquille, qui est globuleuse, arrondie, séparent suffisamment ces deux genres, ainsi que le tube constamment ouvert, droit, en massue, tandis que l'écusson postérieur le distingue fort bien des Tarets.

Térédine MASQUÉE. /"e/erf/napersoHa/ajLamk.; Fhtulaiia pe/soiiata, Lamk., Ann.du Mus., t. vu. p. 429, n<>4, et t. XII, pi. 4Ô, fig. 6, 7; a, b; Ten-diiiii personala, ibid., Anim. sans vert., t.v, p. 458, n" 1, ibid.; Desb., Descript. des Coq. foss. de Paris, 1. 1, p. 18, pi. 1, fig. 25, 2G, 28 ; Teiedo antenante, Sow., Min. Conch., t. I, lab. 102, fig. ô, an cadeni ? fig. 1, 2, ô et 4 de la même planche. La longueur de celte coquille, son tube compris, est de deux pouces environ; son diamètre, dans lesplusgrands individus, est de huit h neuf lignes. TEREDO. jioll. Synonyme de Tarct. r. ce mol. TEREDO. ANNÉi,. Bergius(Acl. Stockli., 1765,p.228, lab. 9, fig. 1-3) a confondu avec les Tarets, sous le nom de Teiedo Chiysodou, une espèce d'Annélide qui doit être rapportée à l'Amphictère du Cap (Savigny). y. Amphictère.

TÉKÉDYLES. INS. Famille de l'ordre de Coléoptères, fondée par Duméril. !■'. Perce-Bois.

TÉRÉNIABIA. f'. AI.HAGE.

TÉRÉMTE. Mm. Nom vulgaire d'un Grès schisteux intermédiaire, à grains très-fins et ft feuillets très-épais. TÉRÉTIFORMES. iivs. Famille établie par Duméril dans le premier volume des Leçons d'Analomie comparée de Ciivier, et désignée ensuite sous le nom de Cylindroïdes. 1^. ce mot.

TÉRÉTRI. Terelrius. iivs. Coléoptères penlamères; genre de la famille des Clavicornes, créé aux dépens du grand genre Escarbot, par Erichson dans sa nouvelle famille des llisléroïdes. Caractères : mandibules peu apparentes; bouton des antennes ovale et comprimé; celles-ci retirées dans une fossette qui s'étend de chaque côté, presque vers le milieu du corselet; prnslernum légèrement avancé anlériourement , ar-

T li R

;iu

foiidi, Ocliancré en an-ièrc; pieils coiiilset forU; jambes comprimées et deiiliciilées; les deux derniers segments de l'alidomen déclives; corps petit et cylindrique. Erichson refiarde comme type de ce genre VHister picipes, de Paykul.

TERGÉMINÉ. bot. Celte épilhète est employée pour les feuilles compcisées, dont le pétiole commun se bifurque au sommet en deux pélioles secondaires; chacun de ces pétioles est muni de trois folioles : l'une à la base externe et les deux autres terminales.

TERGIPÈDE. Teigipes. moll. Genre dont Forskael fit cnnnailre le lype sous le nom de Litiiax Teryipes. Ce petit animal, admis par Linné au nombre des Doris, n'en fut séparé que fort tard par Cuvier (Règne Animal) et placé par lui danslesNudibranches (y. cemot)après les Éolides et non loin des Doris. Lamarck n'adopla pas ce genre, mais il n'imita pas Linné, et rangea le Tergipe dans le genre Éolide avec lequel il a en effet de grands rapports. Férussac n'imila par Lamarck, il suivit les rapports indiqués par Cuvier. Latreille et Blainville ne changèrent rien à cet égard dans les rapports établis; on trouve les Tergipes dans l'une et l'autre méthode, à côté des Éolides et des Laniogères. On peut donc regarder comme définilivement tîxée la place de ce petit genre dans la mélhnde. Les Tergipes sonl de très-petits Mollusques nus, limaciformes, ([ui nagent souvent renversés, et qui, outre d«s tenlacules, sont pourvus sur le dos de plusieurs paires d'appendices branchifères, en massue, terminées par une petite ouverture. Ces appendices, d'après Forskael, peuvent servir de pieds à l'animal; il marche alors au fond de l'eau sur les corps solides, renversé sur le dos, ce qui lui a valu le nom que Cuvier a donné à ce genre. Ledisciue locomoleuroule pied proprementdit s'étend dans toute la longueur du corps, et en est séparé par un sillon. Voici, au reste, comment sont exprimés les caraclères de ce genre; corps conique, claviforme, avec un pied encore assez peu sensible, comme dans les Laniogères, pourvu en dessus d'organes branchiaires lenlaculiformes, en petit nombre et disposées sur deux rangs; les deux paires de tentacules céphaliques de grandeur un peu variable. Pendant très-longtemps on ne connut qu'une seule espèce de ce genre; c'est à Krusenslern qu'on doit la connaissance d'une seconde.

Tergife LACmui.ÉE. l^eigipes lacinulata, Cuv.,Règ. Anim., t. II, p. 394; Liiiitix Tergipes, Forsk., Faim, arab., p. 99; el Icoh., fig. E, 1, 2; Doris lacinulata, Gmel., p. 3105; Eolis lacinulala, Lamk., Anim. sans vert., t. VI, p. 302, n» 4; Blainv., Trait, de Walac, pi. 46 bis, fig. 6; Encyclop., pi. 82, fig. 5, 6. Animal de quelques lignes de longueur.

TÉRIADE. Terias. ms. Genre de Lépidoptères diurnes de la famille des Papilioniens, tribu des Piérides, établi par Swainson, qui lui donne pour caractères : anicnnes grêles, de moyenne longueur, terminées en massue, conico-ovalaire, légèrement comprimée sur les côtés; tête petite, un peu penchée; palpes fort courtes, garnies de poils écailleux, assez serrés, avec le dernier article fort court, presque nu; corps assez grêle; pro- Ihorax très-court; ailes minces, très-délicates, assez larges, ayant leur cellule discoïdale fermée; abdomen

comprimé, à peu près de la longueur des ailes inférieures.

TÉRIADE AGWE. Terias agave, Sw.; Papilio agave, Fab.; Pieris agave, God. Les ailes sont d'un jaune de soufre, avec une tache noire, Iriangiilaire, à l'extrémité des antérieures et ordinairement un peu de noir à l'angle externe des postérieures ; le dessous esl jaune, avec trois points brunâtres à leur base; une lunule ferrugineuse ù l'extrémité de la cellule discoïdale, une tache brune près du bord costal, et trois ou quatre taches sinueuses rougeâlres, formant une bande transversale, sinueuse. Taille, vingt lignes. Brésil.

TÉRIN. OIS. Pour Tarin, espèce du genre Gros-Bec. f^. ce mol.

TERMA. BOT. L'une des sections du genre Echinops, de Linné, qui fait partie de la grande famille des Synanlhérées. F. Échinope.

TERMES. Termes. iNS. Genre de Névroplères,dc la famille des Planipennes, tribu des Terinitines, qui a pour caractères : quatre articles à tous les larses, dont les quatre premiers très-couris. Ailes couchées hoi izontalemenl sur le corps, Irès-grandes, égales, n'offrant que des nervures longitudinales, bifides au bout. Tête arrondie, avec trois yeux lisses, dont un, peu distinct, sur le front et les deux autres situés, un de chaque côté, près du bord interne des yeux ordinaires. Antennes presque moniliformes, de la même grosseur partout, courtes, composées d'une vingtaine d'articles. Mandibules cornées et pointues. Quatre palpes filiformes. Lobe extérieur lerminant les mâchoires en forme de galette (/^. Orthoptères), l'interne corné et en forme de dent. Lèvre quadrifide. Prothorax presque carré ou semi-orbiculaire. Deux pelits appendices coniques et biarliculés au bout de l'abdomen. Insccles actifs dans tous les âges, ou à demi-métamorphose, vivant en sociélésinnombrables, composées plus spécialement d'individus en état de larve, les ouvriers ou les travailleurs, et d'une autre sorle d'individus, pareillement aptères, mais à lêle et mandibules plus grandes; ceux-ci sonl chargés de la défense de l'habitation, el distingués sous le nom de soldats. Abdomen des femelles excessivement volumineux au moment de la gestation.

Les larves formèrent d'abord exclusivement, dans la méthode de Linné et de quelques autres naluralisles, le genre Termes proprement dit. Considérés dans leur élat parfait ou pourvus d'ailes, ces mêmes insectes furent associés aux Hémérobes etaux Perlesou Fausses- Friganes; mais les observations recueillies par Smealhman sur ces animaux et insérées dans le Voyage rie Sparmann au cap de Bonne -Espérance et dans les Transactions philosophiques de la Société royale de Londres, celles deKœnig encore remplirent les lacunes de leur histoire; ces connaissances, quoique toujours imparfaites, rectifièrent à cet égard la méthode, et l'insecle pourvu d'ailes rentra premièrement dans ce genre et devint un Termes. Degéer qui, dans le troisième volume de ses Mémoires, avait placé deux espèces ailées de ce genre avec les Perles ou Fausscs- Friganes, présuma ensuite, en décrivant une aiilre espèce propre au cap de Bonne-Espérance (lom. vu, p. 47 et suiv.), qu'il s'était trompé à cet égard. Il ne

faut pas, à son exemple, réunir aux Termes un petit insecte (rès-commun partout, et que Ton trouve plus particulièrement dans les livres négligé,?, le vieux papier, sur le liois et dans les colleclinns d'Insectes, semhlahle à un Pou, et qu'on a nommé pour celte raison Pou de liois. Cette espèce et plusieurs autres composent un {çenre propre, très-distinct du précédent, celui de Psoque. y. ce mot.

« l,es Termites, dit Lalreille, sont propres aux contrées situées entre les tropiques ou à celles qui les avoisinenl; ils sont connus sous le nom de Fourmis blanches. Poux de bois, Caria, etc.; ils font d'horribles dégâts sous la forme de larves plus particulièrement. Ces larves ou les Termites oiivrieis, travailleurs, ressemblent beaucoup à l'Insecte parfait, mais elles ont le corps plus mou et sans ailes; leur tête, qui paraît proportionnellement plus grande, est ordinairement privée d'yeux ou n'en a que de très-petits. Elles sont réunies en sociétés, dont la population surpasse tout calcul, vivent à couvert dans l'intérieur de la terre, des arbres et de toutes les matières ligneuses, comme meubles, planches, solives, etc., qui font partie des habitations; elles y creusent des galeries qui forment autant de loutes conduisant au point cential de leur domicile, et les corps ainsi minés, ne conservant que leur écorce, tombent bientôt en poussière. Si des obstacles les forcent d'en sortir, elles construisent en dehors, avec les matières ((u'elles rongent, des tuyaux ou des chemins qui les dérobent toujours à la vue. Les habitations ou les nids de plusieurs espèces sont extérieures, mais sans issue apparente; tantôt elles s'élèvent audessus du sol en forme de pyramides, de tourelles, quelquefois surmontées d'un chapiteau ou d'un toit très-solide, et qui, par leur hauteur et leur nombre, ont l'apparence d'un petit village; tantôt elles forment sur les branches des arbres une grosse masse globuleuse. Une autre sorte d'individus, les neutre.i, nommés aussi soldats, et que Fabricius prend faussement pour des nymphes, défend l'habitation. On les distingue à leur tête beaucoup plus forte et plus allongée, et dont les mandibules sont aussi plus longues, étroites et très-croisées l'une sur l'autre ; ils sont beaucoup moins nombreux, se tiennent près de la surface exlélieure de l'habitation, se présentent les premiers dès qu'on y fait brèche, et pincent fortement. On dit aussi qu'ils forcent les ouvriers au travail. Les demi-nymphes ont des rudiments d'ailes, et ressemblent d'ailleurs aux larves; devenus Insectes parfaits, les Termites quittent leurs retraites primitives, s'envolent le soir ou la nuit en quantités prodigieuses, perdent au lever du soleil leurs ailes qui se sont desséchées, tombent, et sont en majeure partie dévorés par les Oiseaux, les Lézards et leurs autres ennemis. Au rapport de Smeatliman, les larves recueillent les couples qu'elles rencontrent, renferment chacun d'eux dans une grande cellule, une sorte de prison nuptiale où elles nourrissent les époux; mais il y a tout lieu de présumer que l'accouplement s'effectue, comme celui des Fourmis, dans l'air ou hors de l'habitation, et que les femelles occupent seules l'attention des larves dans le but de former une nouvelle colonie. L'abdomen des femelles acquiert alors, à raison

de la quantité innombrable d'œufs dont il est rempli, un volume d'une grandeur étonnante. La chambre nuptiale occupe le centre de l'habitation, et autour d'elles sont distribuées avec ordre les cellules qui conliennent les provisions. Quelques larves de Termites, dits voyageurs, ont des yeux et paraissent avoir des habitudes un peu différentes, et se rapprocher davantage, sous ce rapport, de nos Fourmis. Les Nègres ou les Hottentots sont très-friands de ces insectes. On les détruit avec de la Chaux vive et mieux encore avec de l'Arsenic que l'on introduit dans leur domicile. Règne Animal, deuxième édition, tome v, p. 234. »

Termes LticiFDGE. Termes lucifugum. Ross.,FaK«. Etnisc. viant., t. ii, lab. 3, iig. 10. Cette espèce est très-commune dans les environs de Bordeaux. Son corps est noir, luisant, avec les ailes brunâtres, un peu transparentes, plus obscures à la tête; l'extrémité des antennes,ainsi que les jambes et les tarses sont d'un roussâtre pâle. Ce Termes s'est introduit à Rocheforl dans les ateliers et les magasins de la marine, et a excité par ses ravages de vives alarmes. On a cru qu'il y avait été impoi'té, d'autant plus que l'on trouve dans l'Amérique septentrionale une espèce très-analogue. Mais ce Termes, étant généralement répandu, de même que le suivant, dans toute l'Europe méridionale, a pu s'étendre jusqu'à Rochcfort.

Termes fi.avicoile. Termes flavicolte, Fab. Il est très-abondant darjs les mêmes contrées, et surtout en Espagne où il nuit beaucoup aux Oliviers, sous l'écorce desquels il pratique des galeries qui détruisent les canaux sécréteurs de la séve. Il ne diffère du précédent que par la couleur jaunâtre du prothorax.

Les nids ou termitières des espèces qui habitent le nord de l'Afri(|ue, s'élèvent peu au-dessus de la terre; mais il n'en est pas ainsi des habitations que forment les espèces, beaucoup plus grandes, des régions intertropicales. Quelques-unes de celles-ci, ressemblant à des huttes coniques plus ou moins rapprochées, et souvent assez nombreuses pour offrir l'aspect d'un petit village, ont douze à quinze pieds d'élévation, et sont d'une telle solidité qu'elles ne s'affaissent point sous les pieds des Bœufs et de divers autres animaux assez lourds, qui montent dessus.

TERMIENS. iiss. Quelques entomologues ont adopté ce nom pour remplacer celui de Planipennes que Latreille a donné à une famille de Névroptères. A'. Planipennes.

TERMINALIE. Terminalia. bot. Ce genre, que l'on désigne encore sous le nom vulgaire de Battamier, fait partie de la famille des Myrobolanées de Jussieu, ou Combrétacées de R. Brown, et se distingue par les caractères suivants ; les Heius sont polygames, c'està-dire que sur le même épi elles sont mâles â la partie supérieure et hermaphrodites à la base. Le limbe du calice est comme campanule à cinq divisions ovales, velues intérieurement. La corolle manque. Les étaniines, au nombre de dix, sont dressées et libres. L'ovaire est infère, ovoïde, allongé; le style est simple, un peu arqué, terminé par un stigmate allongé et obtus. Le fruit est un drupe ovoïde, comprimé, contenant

«Il noyau osseux et monosperme. La plaine se compose d'un gros embryon sans endosperme. Les espèces (le ce genre sont des arl)res plus ou moins élevés, orif;inaires de rindeel des îles Maurice; ayanlleurs feuilles allernes, trésrapprocliées les unes des autres à l'extréniilé (les jeunes rameaux, qui est plus ou moins épaissie, ce qui donne à ces arbres un port tout particulier. Leurs Heurs sont assez petites, disposées en épis solitaires à l'aisselle des feuilles. L'espèce la plus commune est le Terminalia Cntappa, L., «lui croît à l'Ile-de- France, et dont on mange les graines (|ui ont à peu près la saveur des amandes douces et des noisettes. Une autre espèce, originaire de l'Inde, le Terminalia Benzoin, fournil une matière lésiueuse et odorante, analogue au Benjoin, et que l'on a cru longtemps être le vrai baume de ce nom; mais on sait aujourd'hui qu'on le relire d'un SIxrax. V. Benjoin.

TERMIS. BOT. Espèce du genre Lupin, décrite sous le nom de Lupinus Tennis, et qui est cultivée comme fourrage dans le royaume de Naples.

TERMITES. INS. Tribu de la famille des Planipennes, qui se caractérise par des antennes courtes et monoliformes, portées sur un corps déprimé. Les genres Tennis et Einbia composent celle tribu.

TERMONITIS. bot. Nom ancien du MufEIier, Anlii- ;7((«M»«, suivant Dioscoride, cité par Adanson.

TERN.4TEA. bot. Tournefort avait insliliié sous ce nom un genre qui a été réuni par Linné au genre Ciitoria. De Candolle en a fait une simple section de ce dernier genre, quoiqu'il ail é(é rétabli par Kunlh, dans ses Nova Gênera, vol. C, p. 415. f. Clitore.

TERNE. Ternalus. bot. Un verlicille est dit Terne quand il est à trois parties; les feuilles sont Ternées quand elles sont disposées en verticilles à trois.

TERNIABIN OD TERENIABIN. BOT. La substance sucrée que les Orientaux désignent sous ce nom, paraît être la Manne produite par l'Alhagi, espèce du genre Hedfsaruin de Linné dont on a fait nn genre particulier. A'. Albage et Sainfoin.

TERNIER. ois. Nom vulgaire du Grimpereau de muraille. A'. TiCRODROME.

TERNSTRŒMIACÉES. Ternstrœmiaceœ. bot. Famille établie par Mirbel et formée d'un nombre assez considérable de genres originaires, pour la plupart, des régions tropicales des deux hémisphères. Les Ternslrœmiacées sont des arbres ou des arbrisseaux dépourvus d'aiguillons. Leurs feuilles sont toujours dénuées de stipules, alternes, articulées à leur base, généralement entières, coriaces. Les fleurs sont ordinairement hermaphrodites, très -rarement i>olygames. Le calice est souvent muni de deux bractées à sa base; il est composé de folioles imbriquées, tantôt disposées sur deux rangs, lanlôl se recouvrant l'une l'autre. La corolle a ses pétales hypogynes, souvent soudés entre eux à leur base; leur préfloraison est toujours imbriquée ; les élamines sont nombreuses, hypogynes, lanlôt libres, lanlôl légèrement adhérentes à la corolle, tantôt enfin réunies plus ou moins à leur base ou formant plusieurs faisceaux distincts. Les anthères sont adnées ou vacillantes; leur mode dedéhiscence varie dans les différents genres. Le pollen, plongé dans l'eau, pré-

sente une forme à peu près triangulaire; ses angles sont souvent terminés par une vésicule Iranspaienle. Le pistil est toujours libre; les styles sont tantôt au nombre de trois à sept, tantôt uniques dans chaque fleur; dans ce dernier cas le stigmate est divisé en autant de lobes (pi'il y a de loges à l'ovaire. Les ovules sont insérés dans l'angle interne des loges. Les fruits sont tantôt déhiscents, tantôt indéhiscents. Les graines offrent tous les degrésd'iuserlion,depuiscellesdu genre Ternstrœmia, qui sont pendantes, jusqu'ù celles des Bonnetia, qui sont dressées; lanlôl elles sont recouvertes à l'extérieur par une enveloppe cruslacée, tantôt terminées supérieurement, ou même des deux côtés, par une aile membraneuse; dans certains genres elles sont munies d'un périsperme, dans d'autres elles en sont totalement dépourvues. L'embryon est entièrement recourbé sur lui-même dans le Ternstrœmia et le Cochlospermum ; il ne présente qu'une légère courbure dans le Freziera ; enfin il est parfaitement droit dans tous les autres genres : la radicule est toujours dirigée vers le hile. Kunlh réunit aux Ternstrœiniacées les Théacées de Mirbel ( Caméliées, DC. ).

Les Ternslrœmiacées ont de grands rapports avec les Gullifères ; elles se distinguent de celle famille par leurs feuilles allernes; par le nombre normal des parlies de leur fleur, qui paraît être de cinq et de ses multiples, et non de deux et de ses multiples; par leurs pétales souvent soudés à leur hase; enfin par l'organisation de leur graine et de leur embryon. Elles diffèrent des Uypéricées par leurs feuilles alternes; par leurs rameaux, leurs feuilles et leurs pédoncules articulés; par la structure de leur graine et de leur embryon. Elles oui aussi quelque affinité avec les Marcgraviacées et les Tiliacées ; mais ces rapports paraissent beaucoup moins intimes que ceux qu'elles présentent avec les Hypéricées et surtout avec les Gultifèrcs. Celle famille peut être partagée en six tribus : l.LesCocuLOSPERîiÊES,dontle calice est penlaphylle, la corolle à cinq pétales, les anthères fixées par la base et déhiscentes par un pore unique, l'ovaire uniloculaire, à sept cloisons incomplètes; elle comprend le genre Cochlospermum, Kunlh.

II. Les Ternstroemiées. Calice penlamère ; cinq et rarement six pétales; anthères insérées par la base et déhiscentes longitudinalement, ovaire biquinqueloculaire. Genres : Anneslea, Wall.; Dicalix, Lour.; P'is- «ea,L.; Ternstrœmia, Mut.; Eurya, Thunb.; Cleyeru, Thunb.; Freziera, Sw.; Letlsomia, Ruiz et Pavon.

III. Les Sadraujées. Calice penlamère; cinq pétales distincts; anthères incombantes ; ovaire quinqueloculaire. Genres :5(j»/a?yn, Willd.; yi//c;oseHiMia, Labill.

IV. Les Laplacées. Calice lélra-pentaphylle; de quatre à neuf pétales; anthères longitudinalement déhiscentes; ovaire à trois ou cinq loges et même plus; ovules analropes. Genres : Laplacea, Kunlh ; Bonnetia, Mari.; Arcliytcea, Mari.; Kielmeyera, Mari.; Caraipa, Aubl.; Mavita, Sw.; Mahiirea, Aubl.

V. Les Gordoniées. Calice penlaphylle; corolle gamo pétale; anthères dressées, longitudinalement déhiscentes ; ovaire à cinq loges. Genres : Staarlia, Calesb ; Gordonia, Ellis.

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VI. Les Cauelliées. Calice penla-enneaphylle; de cinq à neuf pétales; anlhèrcs incomhanles, longiludinalemenl iléliisrentes; ovaire tri-qiiinqiiéloculaire. Genres : Camettia, L.; Thea, L.; Godaya, Ruiz et Pav.; Atlinandia, Jack.; Pyrenaria, Bl.; Leucoxylon, Bl.; Eiiryaiithe, Sclil.

TERNSTROEMIE. Ternstrœmia. bot. Ce genre, fondé par Mulis, a cHé placé par Linné fils dans la Polyandrie Monogynie; il est devenu plus lard l'un des (ypes de la famille des Ternstrœiniacées. Ses espèces végètent dans les régions tropicales des deux hémisphères. Ce sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles éparses, coriaces, très-entières ou légèrement dentées, dénuées de stipules, articulées au point de leur insertion. Les Heurs sont solitaires et naissent à l'aisselle des feuilles. Le calice est muni de deux bractées à sa base, composé de cinq folioles disposées sur deux rangs; deux d'entre elles sont extérieures et plus petites. Les pétales, au nombre de cinq, sont plus ou moins soudés à leur base en une corolle monopétale. Les élamines, glabres et en nombre indéfini, adhèrent légèrement à la base des pétales : les filets sont courts; les anthères sont longues, soudées dans toute leur longueur avec les filets, biloculaires, et s'ouvrent longitudinalement par leur face interne. Le style est iini(iue, terminé par le stigmate : l'ovaire est divisé en deux ou cinq loges renfermant chacune de deux à cinq ovules suspendus dans l'angle interne. Le fruit est coriace ou légèrement charnu, globuleux, terminé par les restes du style, enveloppé à la base par les folioles du calice qui persistent; à sa maturité, il se déchire irrégulièrement en plusieurs valves. Les graines sont oblongues, dépourvues d'aile membraneuse; le tégument est double: l'extérieur crusiacé, l'intérieur membraneux; le périsperme est charnu; l'embryon est recourbé sur luimême, de sorte que la radicule et le sommet des cotylédons sont dirigés vers le bile. Cambessède croit que l'on doit réunir à ce genre le Taoïiabo d'Aublet (/"oî/a- 6e», Juss-, Gen.) Le Ternstrœmia, ainsi constitué, se distinguerait du Cleyera, Thunb., par ses pétales soudés entre eux et par ses anthères glabres. 11 différerait A» Freziera, .Swariz, par la disposition des folioles calicinales, par ses pétales soudés entre eux, par ses ovules peu nombreux dans chaque loge de l'ovaire, et par son embryon recourbé sur lui-même et non presque droit. Ses tleurs hermaphrodites, ses étamines plus nombreuses, ses anthères adnées, l'éloignent de VEurya de Thunberg, avec lequel on l'a quehiiiefois confondu.

Ter!\stroemie MÉRiDiOiVAiE. Ternstrœmia vierilUonalis, Vahl. C'est un arbre assez élevé, à rameaux glabres, cylindriques et roides; les feuilles sont éparses, médiocrement pétiolées, alternes, coriaces, persistantes, glabres, ovales ou oblongues, obtuses, échancrées, très-entières, cunéiformes à leur base; les pédoncules sont axillaires portant une seule fleur blanche. Des Antilles.

TERPIIIDE. Terphis. iNS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes, tribu des Vésiculeux, institué par Érichson avec les caractères suivants : antennes de deux articles, glabres, insérées à la partie

inférieure du front; yeux glabres, eontigus à la base des antennes; deux ocelles; lobes dorsaux du corselet eontigus. Érichson ne décrit qu'une seule espèce qu'il a nommée :

Terpuide noueuse. Terphis voilosa. Sa tète est noire, avec une tache blanche de chaque côté, près des yeux; corselet blanc; mésolborax brun; dos noir, avec une tache blanche, presque carrée, de chaque côlé et quelques points de la même couleur ; abdomen brun, avec trois rangées de points blancs, et deux raies blanches de chaque côlé; segments de l'abdomen variés de blanc; pieds testacés, variés de blanc; ailes transparentes, avec les nervures blanches. Taille, deux à trois lignes. Du Brésil.

TERPNANTIIUS. dot. Le genre décrit sous ce nom par Nées et Martius, est le même que le Spironlliera d'Auguste Saint-Hilaire. F. ce mot.

TERRA MERITA, bot. ^. Cdrccma long.

TERRAIN. GÊOL. Les mois Terrain et Formation fréquemment employés dans tous les écrits qui traitent de l'histoire naturelle de la Terre, ont reçu des acceptions tellement variées, qu'il devient presque impossible aujourd'hui de donner une définilion claire et précise de chacun d'eux, et surtout de bien faire sentir, sans entrer dans quelcpies explications préliminaires, en quoi les idées attachées à l'une de ces expressions doivent différer de celles rendues par l'autre : ce qu'on Iieut dire d'une manière très-générale, c'est que par Terrain on a jusqu'à présent entendu désigner en géologie une fraction quelconque de la masse solide de l'épiderme terrestre, un ensemble de substances minérales ou de Roches considérées, soit sous le rapport de leur nature {Terrain calcaire, granitique, scliisteux, etc.), soit sous celui de leur origine présumée ou des circonstances de leur production (Terrain uepliinien, volcanique; marin, d'eau douce), soit enlin sous celui de leur âge ou ancienneté relative (Terrain primitif, secondaire, teitiaire, etc.)

On se sert très-souvent du mot Formation exactement de la même manière (Formation granitique, F. marine, F. primitive), bien i|ue la plupart des auteurs s'accordent maintenant pour considérer les Terrains comme des groupes d'un ordre supérieur, (|ui comprennent plusieurs formations. Ainsi la portion extérieure de la Terre, la seule dont on puisse étudier la structure, est composée de substances minérales (Minéraux). Lorsque celles-ci se rencontrent en amas considérables ou en assises épaisses et étendues, qu'elles soient seules comme dans le Calcaire, le Gypse, le Sel Gemme, etc.; qu'elles soient mélangées plusieurs ensemble, comme dans le Granit, le Gneiss, etc., ou bien même encoie qu'elles soient des agrégations de fragments de différents mélanges préexislanls (Poudingue polygènique, Brèclie universelle), elles sont appelées Roches. Les Roches qui semblent avoir été formées dans une même période, sous une suite de circonstances liées entre elles et non interrompues, constituent une Formation, et la lénnion d'un plus ou moins grand nombre de Formations est un Terrain; de sorte (|ue, comme on le voit dans cette classificalion des matéiiaux dont est composée l'enve-

loppede noire plaiièle, les Formations sont des groupes d'un ordre inférieur à ceux que représentent les Terrains, et elles sont établies sur une considération de même ordre, c'est-à dire sur l'âge relatif des substances ([u'clles comprennent, quelle que soil l'origine ou la nature de celles-ci. Les Terrains embrassent de grandes époques que les formations partagent en périodes plus ou moins longues. Cependant les masses minérales qui entrent dans la composilion du sol, peuvent èlrc étudiées sous Irois points de vue très-dislincls.

1» Elles n'ont point été produites toutes en même temps.

2" Elles n'ont pas élé formées de la même manière.

5° Elles ne sont pas de la même nature.

Comme il n'y a pas de rapports constants et nécessaires entre la nature intime des Roches et leur âge, de même qu'il n'y en a pas entre celui-ci et leur mode de formation, les groupes établis sur chacune de ces considérations ne peuvent nullement se rassembler, et dans un arrangement méthodique ils ne peuvent être opposés les uns aux autres, leurs caractères n'étant pas comparables ; c'est exactement pour prendre un exemple, comme si, voulant écrire l'histoire des hommes célèbres, on les classait, 1» suivant l'époque de leur naissance; 2" selon la nation à laquelle ils ont appartenu; ô» enfin d'après le genre de talent qui les a illustrés : il est certain que des associations qui ont si peu d'analogie entre elles ne devraient pas être désignées par un même nom, ainsi qu'on le fait habituellement, en employant les mots Terrain et Formation comme synonymes. Il serait sans doute plus utile et plus philosophique de ne pas user d'un seul terme |;our exprimer des idées différentes, tout comme il faudrait ne pas se servir indistinctement, pour rendre chacune de ses idées, de plusieurs expressions qui ont dans le langage ordinaire des significations diverses : ne pourrait-on pas éviter ce double inconvénient en attachant définitivement aux mots consacrés et jusqu'à présent si variablement employés. Terrain, Formation, Dépôt, Sol, des valeurs déterminées et invariables? C'est ce que l'on a tenté de faire depuis assez longtemps; mais le choix du mot à appli<iuer à telle idée plutôt qu'à telle autre, pouvant être considéré comme fait d'une manière jusqu'à un certain point arbitraire, on a très -bien senti qu'une résolution quelconque prise à ce sujet ne saurait prévaloir qu'autant qu'elle serait présentée comme le fruit de l'accord des géologues influents de divers pays et de plusieurs écoles, et qui auraient consenti, dans l'intérêt de la science, à s'entendre, après avoir mis de côté toute opinion antérieurement adoptée par chacun d'eux : quoi qu'il en soit et en attendant que les décisions d'un tel congrès viennent fixer les idées, on peut se livrer avec confiance à l'examen, à la critique et au jugement des observateurs, on interprèteia comme l'on voudra celte tentative pour répondre à ce qui semble être un besoin dans l'état actuel de la science.

Persuadé que la nécessité des distinctions que l'on propose d'établir est déjà reconnue et comprise, ou bien qu'elle le sera facilement, on se bornera à faire

précéder les définitions que l'on a adoptées, de quelques réflexions générales qu'il est indispensable de se rappeler.

La surface solide du globle n'est pas dans un étal l)ernianent, et l'on est chaque jour témoins des modiBcatiiins qu'elle éprouve. En effet, certains points de celle surface reçoivent de l'accroissement, soit aux dépens d'autres points qui se dégradent, soit au moyen de matières nouvelles qui, sous différents états, sontrejelées du sein de la terre; car tandis que les particules de Roches décomposées et atténuées par l'action des inlluences atmosphériques sont entraînées sans cesse par les eaux courantes des sommités qui s'abaissent vers les cavités ipii se remplissent, les sources thermales, les volcans, viennent couvrir de leurs précipités et de leurs déjections une partie des dépôts précédemment formés. Par intervalle encore des secousses violentes en écartant les parties continues de cette surface,en soulevant ou abaissant des portions de sol, plus ou moins étendues, produisent de nouvelles anfractuosités et par suite souvent le déplacement rapide et local des eaux.

Aussi avant que l'on puisse pénétrer dans le sein de la terre, quelle que soit l'élévation des montagnes ou la profondeur des précipices dont les flancs et les bords escarpés s'offrent à l'observation, partout on retrouve dans l'épaisseur du sol l'indication d'une succession d'effets comparables à ceux que l'on vient de signaler et dont on voit les causes agir autour de soi; l'analogie porte donc à reconnaître (|u'au moins cette mince épidémie dont il est permis d'étudier la composition , n'a pas été formée d'un seul jet et instantanément.

La présence dans certaines Roches de fragments itsés et arrondis par un long frottement et qui proviennent de Roches nécessairement plus anciennes, celle au milieu de masses pierreuses, dures et épaisses, de nombreux vestiges de corps organisés qui ont dû vivre libres au sein des eaux ou sur le sol découvert avant leur enfouissement; les différences que présentent les fossiles de couches ou feuillets superposés, différences qui généralement sont d'autant plus grandes (si l'on compare ces débris des êtres détruits aux Animaux et aux Plantes qui existent maintenant) qu'on rencontre les premiers dans des dépôts formés à des époques relativement plus éloignées de l'époque actuelle, sont autant de faits qui concourent à prouver que non-seulement les périodes successives ont élé très-multi|)liées, mais encore qu'il s'est écoulé un temps inappréciable, et certainement bien long, depuis que les phénomènes qui se lient à ceux qui se produisent chaque jour, ont commencé à avoir lieu.

Ce serait toutefois commettre une grave erreur que de vouloir appliquer a l'histoire du globe entier ce qui n'est réellement relatif (|u'à ce qu'avec raison les géologues appellent son eiireloppe, son épiderme , %on écorce, et de chercher à expliquer, comme on l'a fait souvent, l'origine et la formation delà planète,"par ce (|ue l'on a pu apprendre de positif sur l'origine et sur la formation de l'espèce d'encroûtement, pour ainsi dire insignifiant, qui la recouvre; ce sont deux choses pro-

babicmpnl aussi «traiiffères l'une à l'aulre que l'habit l'est au corps <|u'il revêt, et autant vaudrait croire qu'il est possible de prendre une idée exacte de l'orfjanisalion physique de l'Homme par l'examen que l'on ferait du tissu de ses vêlements.

Lorsque partant des temps présents on pénétre graduellement dans le passé, l'analogie peut bien servir de jîuide jusi|u'au moment où l'enveloppe terrestre a commencé à se former ; mais au delà on n'aperçoit plus rien, tout est conjecture, et l'on peut à peine , d'après certaines démonstrations de physique jjénérale, d'après des documents fournis par l'astronomie et par le calcul, faire quel(|ues hypothèses plus ou moins probables, non pas encore sur la nature du noyau primitif et sur son origine, mais seulement sur la cause du peu de consistance qu'il a dû avoir pour prendre la forme particulière qui lui est propre et sur la cause des modifications que sa surface a dû éprouver pour devenir habitable.

En prenant l'iiisloire de la Terre au moment où le fil de l'analogie échappe, c'est-à-dire lorsqu'une première pellicule solide, existant déjà autour de sa masse supposée Buideou molle par l'effet d'une chaleur propre, les anfractuosités de sa surface étaient déjà remplies d'un liquide aqueux, il est possible de rapporter à deux agents principaux, à l'eau et au calorique, la série des phénomènes et des opérations successifs qui ont contribué simultanément, isolément ou concurremment, à augmenter l'épaisseur, à faire varier la composition et à modifier la forme de celte première pellicule.

Ce sont ces causes générales, distinctes, que l'on a voulu personnilîer en appelant Neptuniens les effets produits par l'intermédiaire des eaux et en désignant par opposition, sous la dénomination de Piiitonieiis nu /^M/(;aH/ews,ceux qui peuvent être attribués à une force inconnue, dont le siège est dans l'intérieur du globe, et qui semble avoir (luelques rapports avec le principe de la chaleur et du feu, si toutefois ceux-ci ne sont pas seulement des effets de cette puissance interne.

Cette première distinction très-importante, qui peut servir à envisager sous deux points de vue différents louteslesassociationsde substances minérales, ne suffit plus à la scicncej il est une foule de circonstances secondaires, qui ont présidé à la formation des Minéraux et des Roches, et qui ont produit des effets appréciables; il est donc nécessaire de trouver le moyen d'indic|uer ces circonstances dans les descriptions géologiques; ainsi les produits neptiiniens doivent être distingués suivant qu'ils ont été formés sous la mer ou sous les eaux douces, sur les rivages ou dans les profondeurs, à remboiichure ou sur le trajet des fleuves, dans les lacs, dans les marécages, par des sources froides ou thermales, pures ou minérales, etc. D'un autre côté, les produits phitoniens poussés dehors par une force interne, soit à l'état solide, soit à celui de masses pâteuses, ceux rejetés sous forme de coulée, de poussièi'e ou de vapeur; les déjections des solfatares , des salses, des volcans, etc., ne peuvent être non plus confondus.

Il est évident, d'apiès ce qui se passe maintenant,

qu'un grand nombje de causes ont dû aijir djns le même moment, et que les effets variés qui en sont résultés, ont été contemporains. Ainsi tous les modes possibles de formation peuvent se trouver à une même époque, et à toutes les époques délerminables, des circonstances semblables se sont reproduites. On voit en second lieu que, sauf quel(|ues exceptions, la même soric de matière n'appartient exclusivement à aucujie période, ni à aucune formation.

Malgré ces généialités, il n'est pas moins vrai que l'expérience et l'habitude peuvent faire apercevoir à l'observateur qu'il existe certaines relations assez constantes entre la nature, l'âge et l'origine de telle variété de Minéral, de telle Roche ou de telle association de ces substances, pour qu'à la seule inspection il puisse reconnaître qu'un Calcaire, par exemple, dont il ne possède que des échantillons, a été formé plutôt dans l'eau douce que dans la mer, pour (|u'il puisse présumer que ce Calcaire accompagnait telle autre matière, cl (|u'enfin il a été formé plutôt avant qu'après tel autre dépôt, etc.

Cela suppose qu'un assez grand nombre de substances minérales ont été précéderamentvues dansune position constante, qui leur est particulière, et qu'elles ont été étudiées comme type, dans l'ordre de leur ancienneté; c'est aussi là le but principal des travaux des géologues, et ce qu'ils appellent une classification géologique des Terrains n'est auti'e chose ijue l'établissement de cet ordre d'ancienneté des dépôts qui entrent dans la composilion très-compliquée de l'épiderme terrestre.

U serait facile de reconnaître le rang de chacun d'eux si la Terre s'était successivement enveloppée de couches concentriques non inlerrompues, et si chacune de celles-ci recouvrait en tous points celle qui l'a précédée, car des superpositions directes seraient toujours visibles; mais il n'en est pas ainsi : l'enveloppe terrestre ne se divise pas en feuillets complets, et dont le nombre par conséquent soit égal sur tous les points; il faut la considérer plutôt comme composée de lambeaux de formes irrégulières, de nature et d'origine différentes, et qui ont été placés à côté ou au-dessus les uns des autres, pendant un laps de temps plus ou moins long, de manière que les plus anciens dépôts, n'ayant jamais été recouverts par d'autres dans certaines de leurs parties, ou ayant été dénudés après coup, peuvent, aussi bien (|ue les plus modernes, paraître à la surface du sol, tout comme entre deux bancs de Roches que l'on voit immédiatement superposées dans une localité, il peut s'en trouver beaucoup d'autres intermédiaires dans un autre lieu.

L'objet de toute classification géologique est en définitive de conduire à faire connaître l'âge relatif d'une portion quelconque du sol, lorsque l'on a pu étiulier sa structure et sa composition. Sa plus grande utilité est d'apprendre à rechercher d'une manière rationnelle et à trouver les variétés de substances minérales précieuses pour l'industrie, les arts et l'agriculture, que la Terre renferme dans son sein, et qui, loin d'y être disséminées au hasard, ont au contraire des gisements déterminés.

Les classifications géologi(|ues diffèrent essentielle-

nieiil de celles qui ont pour fin de disposer d'une manière mélhodique les corps de la nature, elles mêmes principes ne peuvent diriger dans l'établissement des unes et des airlres. En histoire natmelle proprement dite, on rapproche les animaux, les plantes et les minéraux mêmes, d'après les caractères physiques qui leur sont communs et inhérents; on les réuniten genres el familles, en raison delà somme des rapports que présente leur organisation; en géologie on n'opère plus sur des corps ni sur des espèces, mais sur des groupes que l'on établit presque arbitrairement, et que l'on cherche à disposer dans un ordre chronologique suivant l'époque relative à laquelle ont été produites les matières dont ils se composent; aussi les mots genre et famille ne pourraient-ils être employés dans une pareille méthode sans que le sens de leur acception ne soit changé.

Les travaux du géologue ressemblent beaucoup plus à ceux de l'historien et de l'archéologue qu'à ceux du naturaliste, puisque, à l'exemple des premiers, il essaye de combiner la connaissance de faits dont il est témoin, avec les traces d'événements passés, pour en conclure quelle a été la nature et la série de ces événements; seulement l'un cherche à faire l'histoire de la Terre sur les renseignements qu'il puise dans les phénomènes nalurels, tandis que les autres écrivent l'histoire de l'homme, celle de la civilisation et des arts sur les documents que leur fournissent les livres, les Iradilions «t les monuments.

Après ces prolégomènes, qui auront fait au moins sentir l'urgence d'avoir à employer dans le langage géologi(|ue des expressions propres pour exprimer celles des idées i\u] se présentent le plus fréquemment, on peut tenter de définir comparativement les mots Terrain, Formation, Dépôt et Sot.

Par Terrain, on entend tout groupe ou sousi;roupe établi parmi les matériaux qui composent l'épi- (lerme terrestre, sur la seule considération du rang et (le la place qu'il occupe relativement aux autres groupes, quelle que soit l'origine présumée ou la nature des substances qu'il comprend. On dit alors un Ter- \ rain primaire, un Terrain secondaire, les Terrains primaires, les Terrains tertiaires, etc.; on peut (lire aussi les Terrains parisiens, \e Terrain jurassique, etc., comme indiquant des termes de comparaison dont la place est bien déterminée dans la série des terrains, et auxquels on peut rapporter, comme ayant été formés dans le même temps, tels ou tels matériaux déposés plus ou moins loin des points où se trouvent Paris et le Jura. On dira encore Terrain liouillier, Terrain salifère. Terrain oolilliique, non pas pour indiquer tous les dépôts qui renferment de la Houille, du Sel gemme ou des Oolilhes; non pas même pour dire que les dépots ainsi dénommés renferment toujours les substances et les corps dont ils ont reçu leur nom, mais pour désigner, d'après l'usage presque généralement adopté, certains systèmes de couches dont la position relative est bien déterminée, et au milieu des(|uels la Houille, le Sel ou les Oolilhes ont été fréquemment, mais non toujours et exclusivement rencontrés.

On doit réserver le mot Formation pour préciser les différents modes de production des substances minérales, et l'on rendra ainsi à ce mot l'acception qui lui convient le mieux dans le génie de la langue française , acception dont il a été détourné par le célèbre Werner et par ses élèves, à une époque où les idées théoriques et les observations ne faisaient pas sentir la nécessité de lui laisser sa valeui' radicale; en elïel, les premiers géologues Wernériens, qui avaient principalement étudié les Teri'ains anciens, regardaient toutes les Roches comme formées également dans le sein d'un li(|uide, et le peu d'attention qu'ils donnaient à la détermination précise des corps organisés que renferment les dépôts les plus récents, ne leui' permit pas d'apercevoir la variété des circonstances qui ont présidé ù la formation de ces derniers; aussi ils ont rapporté à la même formation, non pas les choses formées de la même manière, mais celles formées dans le même temps.

Non -seulement, comme on l'a vu précédemment, des formations dues à des causes très-variées peuvent appartenir à la même époque, mais encore elles se trouvent quelquefois liées ensemble d'une manière si intime, soit par des mélanges, soit pai' des allernances, soit par des enchevêtrements, (|u'il est impossible de ne pas les laisser réunies dans un même groupe, c'est-à-dire dans un même Terrain, de sorte enfin qu'un Terrain bien limité, peut réellement comprendre des formations marines, des formations d'eau douce, des formations volcaniques qui se seront succédé à plusieurs reprises, ou qui auront eu lieu simultanément. C'est ainsi que le Terrain carbonifère ou Terrain houillier proprement dit, qui comprend le groupe de substances minérales placé entre le Grès rouge ancien et le Grès rouge nouveau, a, dans certaines localilés, les caractères d'une formation 0uviatile unique, lors(|ue dans d'autres il est représenté par des formations Buviatiles, alternant avec des formations marines, qui sont les unes et les autres accompagnées ou traversées par des masses ou strates trappéens et porphyriliques dont l'origine est ignée.

Un exemple achèvera de rendre plus sensible l'utilité des distinctions que l'on vient d'indiquer. Dans les Terrains tertiaires du bassin de la Tamise, qui sont de même âge que ceux du bassin de la Seine, on ne rencontre ni le même nombre ni les mêmes sortes de formations distinctes. C'est ainsi que le Gypse et les Marnes à à coquilles d'eau douce ne se retrouvent pas aux environs de Londres, el (|u'aulour de cette ville un dépôt argileux {London Clay) remplace le dépôt calcaire de Pierre à bâtir (Calcaire grossier parisien).

D'après ce qui vient d'être dit, on voit qu'indiquant des périodes, des âges, et comprenant un plus ou moins grand nombre de dépôts formés simultanément ou successivement, quelle que soit d'ailleurs l'origine présumée ou la nature de ces dépôts, les Terrains doivent avoir des limites tranchées, et pour ainsi dire de convention; d'un autre côté, on sent la nécessité de donner à chacun des Terrains que l'usage général aura fait établir un nom insignifiant et tout à fait étranger au mode de formation ou à la nature des Roches dont il se compose; chaque nom de Terrain devrait porter avec

lui cuinine un numéro d'ordre, qui indiquai le rang d'anciennelé du groupe qu'il désigne par rapport à lous les autres groupes. Au contraire, les formations de même sorte peuvent être de même âge, tout comme elles peuvent être d'âge très-différent; en effet, depuis les Terrains primaires jusqu'au moment actuel, il y a eu des formations marines, d'eau douce, volcaniques, et ces trois sortes de formations qui ont pu être produites dans le même moment physi(|ue, appartiennent souvent à une même époque, et par conséquent au même Terrain; il en est exactement de même des dépôts, puisque les Terrains primaires, comme ceux de formation récente, renferment des Calcaires, des Grès, des Argiles, et que l'on rencontre des Calcaires, des Sahles, des Silex marins, et des Calcaires, des Sables et des Silex formés par les eaux douces. Pour compléter celte nomenclature générale, on pourrait se servir exclusivement du mot Sol pour désigner, soit le Terrain, soit la formation, soit la nature de la Roche, qui dominent à la surface d'une contrée, et dire, par exemple, le sol de telle contrée est calcaire et il appartient aux formations marines des Terrains secondaires; le sol de ce bassin est de formation lacuslre; celui de ces collines est granitique, schisteux, calcaire, etc.

Sans entrer dans aucune discussion relativement aux idées plus ou moins hypolhétiques, assez généralement adoptées aujourd'hui sur la formation et la composition de la pallie extérieure du globe que l'im peut appeler épidémie, écorce, enveloppe, pour la distinguer du noyau planétaire qu'elle revêt, il convient de considérer comme démontré ou au moins comme admis par un assez grand nombre de géologues, que l'on peut rapporter à deux causes la production des masses dont il im|)orle de connaître l'arrangement. Les unes ne sont : 1° que la substance même de la planète qui, en perdant à sa surface exlérieure la chaleur qui est propre à sa masse, et tient encore celle-ci, selon un grand nombre de probabilités, dans un état de fusion et de liquidité, ont formé une pellicule solide que l'on peut regarder comme le sol vraiment primilif (Granit massif?); 2o ou bien que celte même matière, partie de points plus ou moins distants de la surface, qui, après avoir, à toutes les époques et momentanément, percé la première croûte durcie, l'avoir traversée et s'être répandue et épanchée partout où elle a pu se faire jour à la manière des laves, s'est également refroidie et solidifiée (Granit, Syénile, Porphyre, Trachyte. Basalte, Lave). Les Roches, ainsi produites, constituent d'une manière générale les formations ignées, pluloniennesnu vulcaniennes des auteurs; elles appartiennent aux Terrains de tous les âges, et renferment des dépôts très-variés.

Les autres Roches paraissent par analogie avoir été formées sous un liquide aqueux qui tenait en dissolution ou en suspension les molécules dont elles se composent; ce sont des précipités cristallins (Marbre statuaire. Gypse, elc.) ou des sédiments proprement dits (Calcaire grossier. Grès, Marne). Elles sont comprises dans une seule classe opposée à la première sous la désignation de formations aqueuses ou nepl Leur existence su|)pose celle d'un liquide qui r

vrait la place qu'elles occupent; souvent elles sont évidemment composées de débris reconnaissables des formations préexistantes, et, dans un grand nombre de cas, elles renferment les vestiges de plantes et d'animaux que cette manière d'être a fait appeler Fossiles. r. ce mot.

En adoptant avec plusieurs géologues deux classes principales de formations, 1° les Formations plutoniennes, 2" les Formations nepluniennes , que l'on placera dans deux colonnes parallèles, on ne considérera, ainsi qu'il a été dit précédemment, cette division que comme une considération générale qui, ayant seulement pour objet l'origine présumée des substances minérales que chaque colonne renferme, doit être mise en dehors de la classiticalion chronologique des Terrains. Il est même très -important de dire qu'il faudrait, pour être conséquent, établir une ou deux classes mixtes dans lesquelles on placerail les dépôts dont les particules sorties de l'intérieur de la Terre à l'état pulvérulent, à celui de liquide ou de vapeur, ont élé déposées comme de véritables sédiments par les eaux au sein desquelles elles ont été jetées ou répandues par l'action plulonienne (Vakite, Hépérine, Tufa, Moya , etc.); ce seraient là, si l'on voulait créer un nom nouveau, des formations plutoneptuniennes, de même que l'on pourrait appeler formations neptuno-plutonieiincs, les dépôs formés par les eaux et modifiés après par l'action du feu (Tripoli, Jaspe? Schistes lalqueux? bolomie?); mais jutant il semble nécessaire de faire ces remarques , autant il paraîtrait impossible et inutile d'en faire la base d'une classificalion réelle. Il n'est peut-être pas superflu d'expli<|uer ici que, par âge des Teriains et des diverses formations, on doit entendre l'époque où les matériaux qui les composent ont été associés et réunis dans les lieux où on les voit aujourd'hui (à l'exceplion cependant du cas de brisement et de soulèvement (|ui a pu, dans plusieurs points, produire des déplacements), et non l'époque de la production primitive de ces matériaux. Ainsi, par exemple, un poudding ou une brèche de Granit peut ai)partenir à un Terrain très- récent, tandis que le Granit de chaque galet ou fragment sera très-ancien; de même encure les matières qui sortent chaque jour de la bouche des volcans peuvent être réellement, au moins en partie, aussi anciennes que lous les autres matériaux de la terie, etc.; l'âge enfin se rapporte au moment delà formation et du dépôt. Il est facile de concevoir d'après cela que la position relalive de deux dépôts qui n'ont point été bouleversés après coup, (|ui sont ce que l'on appelle eu place, doit indiquer l'âge respectif de chacun, lorsque ceux-ci ont été également formés au sein des eaux par voie de sédiment et de précipitation de haut en bas ; car dans ce cas le sédiment qui est dessous aura toujours été déposé avant celui qui est dessus. Mais au contraire dans les masses sorties à diverses époques du sein de la Terre, leur position peut n'avoir aucun rapport avec leur âge. En effet, la même lave qui s'épanche sur les Terrains les plus modernes et vient les recouvrir, si (comme on le cioit) elle prend sa source sous la première croûte solide du globe, peut s'être

Iiileicalée erilie chacun des dépôts iiu'elle a Iraveisés, de manière à être vue également au-dessus et au-dessous de la même Roche de sédiment, sans que l'on puisse déduire de ces diverses positions l'époque à laquelle elle est venue se placer où elle est. La superposition, le meilleur moyen pour déterminer d'une manière directe l'âge des Terrains, ne peut donc être employée que pour les formations nephiniennes; quant à l'âge des formations /î/'/toM/ew«es, il ne saurait être indiqué que par la manière dont celles-ci se coupent entre elles (les nouvelles devant couper les plus anciennes), et que par la connaissance du dernier des Terrains de foimation neptunienne que chacune recouvre ou traverse, résultat en partie négatif, auquel on ne peut arriver que par une suite d'observations difiSciles à faire.

H faut donc, pour cette raison, établir la série desTerrains d'après leur superposition, en ne faisant attenlion (|u'aux formations nepluniennes et de sédiment, comme étant les seules ([ui puissent fournir le moyen d'étudier, dans l'ordre de leur ancienneté, les nombreux feuillets dont se compose l'épiderme terrestre. Quant aux formations d'origine ignée, on ne peut que chercher à rapporter chacune d'elles aux divers groupes formés d'après ces premières observations directes, en réunissant les faits propres à indiquer la période pendant laquelle les matériaux dont elle se compose sont sortis de l'intérieur du globe. Les formations plutoniennes ne doivent, d'après ces considérations, être pour ainsi dire considérées que comme accessoires dans une classification des Teirains; il en sera exactement de mêmedes formations caractérisées par des débris d'animaux ou de végétaux, soit marins, soitdeseauxdouces, soit terrestres, et si la présence de tellesou telles espèces de Fossiles peut conduire à la détermination de l'âge de la Formation et par conséquent du Terrain qui les renferme, il n'en est pas de même de l'absence ou de l'existence des fossiles en général , de la présence de fossiles marins ou de fossiles d'eau douce, en prenant ces caractères dans des termes vagues; car ces caractères ne sont que le résultat de circonstances qui se sont produites dans toutes les périodes, et ils ne peuvent servir de base à une classification chronologique des Terrains, comme plusieurs auleurs ont essayé de le faire, en divisant ceux-ci : 1° en épizoïgucs ou wiélazoïqiies supérieurs ou postérieurs à la présence, ou même, selon quelques-uns, à l'existence des corps organisésjet 2oen hfpozoïqiiesou piozoïques inférieurs ou antérieurs aux corps organisés.

On ne peut se dispenser d'entrer dans quelques explications relativement aux caractères tirés des Fossiles, pour faire sentir combien ces distinctions proposées sont peu en harmonie avec l'esprit d'observation qui commence à s'introduire dans l'élude de la géologie , depuis qu'abandonnant ces anciennes idées que le monde ancien était tout différent du monde actuel , on cherche à éclairer l'histoire du passé par l'étude des phénomènes qui ont lieu à l'époque actuelle.

Les Fossiles sont pour tout le monde aujourd'hui les débris, les vestiges et même les empreintes de corps (iiganisés qui ont vécu, soit sur la terre, soit dans les

eaux, et que les masses pierreuses enveloppent; les conditions essentielles pour qu'un corps devienne fossile, sont qu'il soit placé sous les eaux, et que celles-ci déposent autour de lui une matière minérale qui l'empêche de se détruire entièrement. Mais ces conditions qui se rencontrent fréquemment pendant la formation des dépôts qui ont lieu dans les mers, dans les lacs ou sur le Irajet des Ueuves. n'existent pas pendant la formation des Roches qui sortent ou sont poussées de l'intérieur du globe, à un état de liquidité et d'incandescence plus ou moins grand, qui suffirait même pour détruire les corps qui y auraient été enveloppés; el aujourd'hui, comme aux épo(iues précédentes, les laves qui s'écoulent du Vésuve, de l'Etna, etc., et même celles que rejettent les volcans sous-marins, ne renferment très-probablement que peu de corps organisés, tandis qu'à l'embouchure des fleuves, sur les rivages, il se dépose des vases, des sables qui enveloppent de nombreux débris. Si l'on n'envisage que les Formations nepluniennes et de sédiment, il n'est pas moins évident que tandis que loin des côtes, les dépôts formés dans la mer pourront n'envelopper aucun animal ou végétal, ceux qui auront lieu sur les rivages en seront remplis qui ne seront pas semblables, aux embouchures des fleuves, dans les golfes, sur les plages ouvertes, etc., et qui différeront également de ceux des sédiments du fond des lacs, des étangs, des marécages, etc., bien que tous ces dépôts dussent appartenir à la même période et qu'ils seront en un mot du même âge. 11 est donc vrai de dire que la présence ou l'absence des Fossiles, comme l'existence de telle ou telle sorte de Fossiles, ne peuvent fournir des caractères d'époque, el que ces faits peuvent indiquer seulement des modes différents de Formation, à chaque époque. Par les mêmes motifs, on voit que les Fossiles, contenus dans les sédiments d'un même âge, ne sauraient donner qu'ime idée approximative et très-peu exacte de l'ensemble des êtres qui peuplaient le sol au moment où ces sédiments ont été formés; car, tandis que certains animaux ou végétaux sont exposés fréquemment, par suite de leurs habitudes et de leur habitation, à être entraînés dans les bassins marins ou lacustres dans lesquels les sédiments se forment, les individus d'autres espèces, peut-être plus multipliées, vivant dans des circonstances toutes différentes, périssent sans laisser aucun témoignage de leur existence, parce que leurs dépouilles restent après leur mort exposées au contact immédiat de l'air ou de l'eau. Qui peut douter en effet que, dans le moment aciuel, des cadavres d'animaux qui habilent les rives et l'embouchure des fleuves, comme sont les Loutres, les Castors, les Hippopotames et la plupart des Pachydermes, les Tortues, les Crocodiles, etc., ne soient journellement portés dans la mer par les eaux douces affluentes qui charrient en même temps des sédiments vaseux et arénacés propres à les envelopper et à les conserver; lorsque, au contraire, les nombreuses tribus de Singes qui habitent les forêts, les Antilopes des déserts, les Chamois des hautes montagnes, sont presque tous â l'abri des causes qui pourraient les placer sous les eaux chargées de troubles; il en est de même des plantes marécageuses

cl lie rivage, comparées à celles des contrées sèches et (les hautes montagnes : les premières seront très-abondantes dans les sédiments, et les secondes ne s'y rencontreront que très-rarement.

Mais, pourvue ces conséquences soient justes, il ne faut pas considérer tous les Fossiles comme ayant été enfouis à la place nù les corps organisés qu'ils représentent ont vécu; il faut croire que presciue toujours ils ont été apportés dans le lieu où on les trouve de points plus ou moins éloignés j c'est ce que l'on ne saurait se refuser à admettre pour presque tous les débris d'animaux et de végétaux qui ont habité le sol découvert, pour presque tous ceux qui existaient dans les eaux douces courantes et même pour une grande partie des êtres marins; les premiers sont souvent dans des dépôts cristallins ou sédimenteux, stratifiés sur une grande épaisseur formée successivement et lentement {Gypse de Montmartre, Houillères), lis occupent tous les étages de ces sédiments; ils y sont associés plus fréquemment avec des habitants des eaux douces ou avec des débris marins qui, quelquefois, sont mêlés aux uns et aux autres.

Si des inondations subites avaient noyé et fait périr sur le sol qu'ils habitaient les animaux et les végétaux terrestres, leurs débris seraient entassés pêle-mêle sous les sédiments marins i|ui les auraient conservés jusqu'à ce jour, les végétaux adhéreraient par leurs racines dans la couche terrestre qui les nourrissait; cet ancien terreau n'aurait point partout disparu, il n'aurait pas été délayé et entraîné par les eaux envahissantes plus facilement que les sédiments marneux et meubles sur lesquels ces corps reposent aujourd'hui; on retrouverait au moins sur les roches solides des témoignages de l'action précédemment exercée par les influences atmosphériques, etc.; les squelettes des Mammifères, de ces grands Herbivores dont on rencontre tant de débris épars dans les derniers sédiments des continents actuels, devraient s'y voir réunis aux restes encore en place des pâturages des forêts, qui leur donnaient et la nourriture et un abri; car comment supposer qu'une inondation, qui aurait noyé des animaux en laissant leurs cadavres sur le lieu même qu'ils parcouraient quelques moments auparavant, aurait en même temps arraché, déraciné toutes les plantes et détruit le terreau qui alimentait celles-ci? Comment cette cause impuissante pour détruire les squelettes de petits animaux que l'on trouve intacts dans le Plâtre, dans des Marnes, aurait- elle arraché et brisé les arbres, etc.? On trouve bien dans quelques mines de Charbon de terre des tiges qui ont conservé une position verticale, mais ce cas est tout à fait exceptionnel; la plupart des plantes caractéristiques des mêmes terrains sont couchées dans le sens des strates, étendues et comprimées entre leurs feuillets; à Saint-Étienne, où le fait de la verticalité des tiges de grands végétaux raonocotylédones a été le mieux observé, celles-ci sont dans un banc de Grès supérieur à la Houille; pour quelques-unes qui laissent voir à leur base des divisions qui rappellent l'origine et la bifurcation des racines, presque toutes au contraire sont comme tronquées ou rompues; bien plus, le pied des liges rameuses, sou-

vent conligulis, est à des niveaux très-différents dans le banc de Grès qui les enveloppe, de soile que celui des unes serait placé plus haut que le sommet des autres, ce qui indiquerait une surface de sol bien extraordinairement contournée; enfin, et cette raison est, à ce qu'il semble, une des plus puissantes, la substance pierreuse est homogène au-dessous, autour et au-dessus des tiges, de telle sorte qu'il faudrait supposer que les plantes ont végété sur une terre sablonneuse, tellement semblable par sa nature, sa composition, sa couleur, etc., au sable qui serait venu enfouir plus tard ce que l'on a appelé une forêt de Fougères pétrifiée en place, qu'on ne pourrait voir aucune ligne de séparation entre le sol nourricier de ces plantes et le sédiment qui est venu les détruire. Comment une fissure suivant une ligne qui passerait entre le collet des racines et les tiges, n'indiquerait -elle pas l'ancien sol terrestre? Comment aussi toutes les ramifications des racines auraient-elles été détruites, elles qui auraient dû être protégées par le Terrain auquel on suppose qu'elles n'ont pas cessé d'adhérer, et lorsque dans les mêmes dépôts les empreintes des feuilles et des ramuscules les plus minces ont été conservées? On peut donc dire d'une manière générale et peut-être absolue que les vestiges de corps organisés terrestres, qui sont devenus fossiles, ont été apportés des terres sèches sur un sol depuis longtemps inondé, et le plus souvent par des eaux douces courantes (|ui, dans beaucoup de cas, ont porté aussi dans le bassin des mers les débris des animaux lacustres et fluviatiles,qui existaient sur leur cours. De cette manière simple s'explique, ainsi qu'on le verra ci -après, et les mélanges et les alternances fréquentes, dans un même lieu, de Fossiles marins, de Fossiles des eaux douces et de Fossiles terrestres, sans iiu'il soit en aucune manière besoin de supposer des envahissements et des retraites plusieurs fois répétées des mers. Quant aux grandes accumulations de coquilles marines qui composent des dépôts puissants divisés en un grand nombre de bancs (Calcaire grossier), celles de ces coquilles qui sont entières, comparées à l'immense quantité de celles dont les débris tjiturés les enveloppent, le mélange sans ordre de Mollusques qui n'ont pu vivre ensemble, la dispersion des valves, le changement subit que l'on remarque dans les espèces de deux lits très-minces immédiatement superposés, le retour des premières espèces dans un nouveau lit, etc., sont autant de raisons qui portent à croire que beaucoup de Fossiles marins ont été réunis hors du lieu de leui' habitation ordinaire parles mouvements constants, périodiques ou irréguliers des eaux au sein des(|uelles les animaux vivaient, phénomènes analogues à ce qni se passe sur les plages et sur le fond des mers.

Des faits bien constatés, et dont les navigateurs sont chaque jour témoins, donnent un grand poids à ces conjectures qui ne sauraient être taxées d'hypothèses: des corps légers et flottants peuvent être transportés à d'immenses distances sans être brisés; on voit les plantes et les graines de l'Amérique méridionale entraînées dans l'Océan par les fleuves des Amazones, de rOrénoiiue et du Mississipi, être portées sur les côtes

(lu Groenland, de l'Islande, du Spilzberg; les Spirules lie la mer des Antilles arrivent quelquefois en grand nombre avec les flots jusque sur nos rivages de l'ouest, etc.

Dans celte manière de voir, un changement dans la direction des courants aura suffi pour faire varier les caractt^res mim-ralogiques et zoologiques des d(5pôls qui se sont formés dans un point délerniiné du bassin des mers. La réunion de plusieurs courants expliquera le mélange d'êtres qui n'ont pu vivre ensemble, et la succession de courants différents rendra comple des alternances de sédiments qui ne contiennent aucuns Fossiles avec d'autres qui en sont enlièrement formés et qui se succèdent d'une manière tranchée, sans avoir recours à des causes générales, à des révolutions qui jiuraient anéanti subilement tous les êtres pour les lemplacer par des espaces différentes, qui auraient fait varier la nature des eaux, elc.

Il ne faul pas cependant déduire de ce qui précède, que la série animale et végétale n'a pas éprouvé des modifications nombreuses, que les espèces ont toujours été les mêmes, et que la création n'a pas été graduée. Ces questions ne sauraient être résolues enlièrement par l'élude des Terrains, bien (|ue celle-ci puisse fournir quelciues éléments pour leur solution. Il en est de même de la question d'un abaissement de température dans l'atmosphère qui entoure le globe, et d'un changement successif dans le climat d'une même lalilude; tout en admetlant la possibilité d'un tel changemenl, (in ne peut en trouver la preuve irrécusable dans la seule comparaison des Fossiles des Terrains anciens avec ceux des Terrains modernes, car dans l'hypothèse de la formation des Terrains de sédiments par suite du transport des matériaux (lui les composent, la présence dans le sol, d'une contrée froide actuellement, de Fossiles analogues aux élres des pays chauds, serait moins une démonstration d'un changement de climat qu'une indication du point de dépari relatif des matériaux apporlés dans ce lieu.

Si le fond de la mer, qui sépare l'Europe de l'Amérique méridionale, et notamment la partie qui s'étend depuis le golfe du Mexi(iue jusqu'au Spilzberg, est continuellement soumis, depuis que les continents ont leur forme actuelle, ft l'action du grand courant équalorial; si le fond de celle mer venait à êlre mis à sec, quel serait le résullat des observations faites par les naturalistes sur un espace six fois plus considérable <|ue celui occupé par toute l'Europe et trente fois plus grand que la France? Le géologue qui trouverait, dejiuis ré(|uateur jusqu'au pôle, des végétaux et des animaux semblables, devrait- il conclure qu'au moment de leur dispersion la température et la végétation étaient uniformes sur tout le globe; que là où l'on trouve des animaux terrestres ou des eaux douces existait un sol découvert ou des lacs? Le zoologiste qui, au milieu des sédiments formés dans ce grand espace, ne trouverait ni des os d'Éléplianl, de Rhinocéros, d'Hippopotames, de Girafes, d'Hyènes, etc., ni d'aucuns des animaux propres à l'ancien conlincnt, devrait-il avancer (ju'alors il n'existait que des Tapirs, des Cerf.s, des Lamantins, des Crocodiles, elc? Le lio-

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