C. Terrains oolithiqbes ou jurassiques
Ce (îroiipe coriiineiice par le Lias et se termine aux couches arénacées du système crélaci^. Comparés d'une manière générale aux Terrains murialifères, les Terrains jurassiques en diffèrent par la prédominence des assises calcaires entre lesquelles des Argiles viennent s'intercaller d'une manière assez peu constante et comme secondaire. Les Calcaires sont généralement compactes ou oolilhiques et d'une teinte jaunâtre, au lieu que ceux du groupe précédent sont plus fréquemment gris et verdâtres; les Argiles sont presque toujours grises ou bleuâtres, tandis que la couleur dominante des précédentes est le rouge, le violâtre; les Ammonites, dont plusieurs espèces caractérisent déjà les Calcaires plus anciens, abondent dans toutes les parties du système oolithique, ainsi que les Bélemnites, les Trigonies, les Ostrées, les Térébralules, etc.; c'est là aussi le gisement principal des Icbthyosaures, des Plésiosaures et de grands Reptiles Sauriens {Geoiaiirns, Megalosaurus) dont les espèces paraissent perdues.
Les Terrains oolithiques ayant été étudiés avec beaucoup de soin en Angleterre, les géologues de ce pays ont été conduits, par leurs recherches spéciales, à y reconnaître un assez grand nombre d'associations constantes de Roches et de Fossiles auxquelles ils ont donné (les noms particuliers aujourd'hui assez généralement adoptés; car en étudiant les mêmes Terrains en France, sur les côtes qui bordent le canal de la lUanche et au pourtour du bassin au centre du'|uel est placé Paris, les mêmes subdivisions ont pu être établies; cette identité résulte sans doute de ce que les Terrains anglais el ceux de la France seplentrionale font réellement partie d'une même enceinte géologi(|ue, et il ne faut pas plus s'en étonner que de la difficulté que l'on éprouve à subdiviser de la même manière le même grand système lorsqu'on le rencontre hors de ces limites; il faut même se garder de ressemblances que l'on croit pouvoir trouver entre de minces dépots formés dans des contrées éloignées ; car rien n'est si facile que de faire que deux formations de Terrains finissent par se ressembler au moyen de retranchements, d'interprétations, etc.
Le Terrain oolithique est nettement stratifié; les Calcaires souvent compactes et évidemment formés par voie de sédiment, sont rarement employés comme Marbre ; les oolilbes sont de petites particules plus ou moins régulièiemeut arrondies que l'on a compai ées à des oeufs de Poissons et dont certains grands dépôts de ce système sont entièrement composés; qnelquefoisles grains oolithiques sont de grosseur inégale et de forme irrégulière. Ils paraissent être dus à un mode particulier de dépôt de la Roche; on trouve souvent à leur centre un petit fragment de Co(|uille ou de tout autre corps qui semble avoir été encroûté de Carbonate calcaire; non-seulement tous les bancs du système oolilhii|ue ne renferment pas d'oolithes, mais ce caractère appartient à des Calcaires plus anciens et au Grès bigarré. Les Fossiles marins très-nombreux en espèces et individus sont accumulés et souvent brisés dans les
bancs calcaires, tandis que dans les Argiles ils sont plus entiers et aussi plus fréquemment associés à des débris de corps organisés fluviatiles et terrestres. * Lias.
Synonymie. Calcaire à Grypbées arquées; Mergelkalk, Gryphiten Kalkstein. G. La dénomination anglaise de Lias est celle généralement adoptée.
I Foniialioii. Essentiellement fluvio-marine, dans la- I quelle sont associés les débris généralement entiers ! d'Animaux marins et d'Animaux fluviatiles, ainsi que , de Plantes terrestres. Dépôts faits probablement dans une mer très-profonde, sous le trajet d'un courant venant des continents.
Roches. Arénacées, mais plus souvent marneuses et calcaires; le Calcaire rarement i)ur et cristallin; mais â grains fins et argileux ; couches peu é|>aisses, nombreuses, iirésenlanl de fréi|uentes allernances. Lignite, Houille, Anthracite, Gypse et Sel gemme en bancs ou amas subordonnés.
Fossiles. Très-nombreux, marins, fluviatiles et terrestres, parmi lesquels plusieurs espèces d'Ichtbyosaures et de Plésiosaures. Plus de vingt Ammonites dont quelques-unes ne se trouvent pas dans les couches supérieures; des Bélemnites, Trochus, Mélanies, Patelles, Pernes, Modioles, des Cérites, des Pentacrinites, etc.
La Gryphée ar(|uée, Gryiihœa aicuala ou incurva; V Ammonites Bucklandi, le Piagiostoma giyanlea, sont les coquilles données comme caractéristiques. Les Charbons de terre du Lias, qui paraissent provenir de Végétaux très-analogues à ceux des véritables Houilles, sont en général de qualité inférieure, et ils ne constituent pas des dépôts étendus.
Grés (lu Lias. — Les Roches arénacées de ce Terrain prennent localement un assez grand développement; elles renferment des empreintes de Végétaux et des lits subordonnés d'Argile; confondues avec le Grès de la Craie inférieure et même avec des Grès tertiaires, sous le nom de Quailer Sandstein , elles sont en général placées immédiatement sur les Marnes irisées et sous le Lias argileux, de manière que les divers géologues peuvent par des motifs aussi valables, les rapporter les uns aux Marnes irisées, les autres au Lias.
Les falaises de Lime-Regis en Dorset Sbire, le Sol de la Bourgogne, les environs de Bayeux près Caen, présentent des exemples du Lias que l'on rencontre dans un grand nombre d'autres localités autour du bassin central de l'Europe.
** Oolithe inférieure.
Synonymie. Inferior Oolithe, A.; Risenchljssige Oolithe, G. C'est à cette subdivision qu'appartient l'Oolithe ferrugineuse, des environs de Bayeux; la liste des Fossiles que celte Roche renferme, comparée à celle des Fossiles du Lias, concourt avec quelques superpositions non conirasianles que l'on a observées, à établir qu'il s'est écoulé un assez long temps avant (|ue les Argiles du Lias aient été recouverles par les premiers Calcaires oolithiques. Le Giypliœa arcuata si commun dans le Lias est ici remplacé par le Gryphœa Cimbium.
L'Oolithe inférieure renferme de la Houille exploitable (Wbitby) avec des empreintes de Fougères à'Eqiii-
.vi7mwj el (le Cycadées; des Sables argileux, micacés, jaunâtres, commencenl assez géiiéraleraenl cel étage oolithique qui est séparé du second ou moyen, par des bancs argileux.
'"' Calcaire marneux.
Synonymie. Fullers'Earth.
Les environs de Bath en Angleterre et les falaises d'Arromancbes à Port-en-Dessin (Normandie) fournissent des exemples d'un dépôt raarno-calcaire qui, dans cette dernière localité surtout, a pris un grand développement ; sa couleur dominante est le gris jaunâtre ; il se compose de coucbes nombreuses d'Argile et de Calcaire argileux, qui alternent entre elles et qui renferment les Fossiles marins moins nombreux cl mieux conservés que dans l'Oolitbe ferrugineuse. '*■'* Oolitbe moyenne.
La pierre à bâtir de Caen, celle des environs de Batb, désignées par les géologues anglais par l'expression de Great Oo/(7/ie. appartiennent aux assises inférieures; c'est une Rocbe à grains oolithiqups, très-fins, trèségaux, donnant des Pierres de grandes dimensions et faciles à tailler, d'une couleur blancbe ou d'un jaune clair, et renfermant quelques Fossiles marins entiers au milieu de débris très-finement triturés; des Poissons, des Crocodiles el plusieurs espèces de Plésiosaures et Icbthyosaures sont les animaux vertébrés qui y ont été observés. Au-dessus de celte Roche dont les exploitations importantes ressemblent beaucoup à celles du Calcaire grossier des environs de Paris, les géologues anglais ont établi plusieurs groupes qui n'appartiennent qu'à quelques localités; tels sont le Foiest-marhle dont feraient partie les Roches de Calcaire fissile exploitées à Slonesfield, près Oxford {S/oiieiifieldSIate), au milieu desquelles on a trouvé avec des Coquilles marines (Trigonies, Ammonites, Nautiles, Bélemnites), avec des Végétaux terrestres (Fougères, Cycadées et Conifères), des débiis d'Insectes et jusqu'à des ossements d'un pelit Mammifère insectivore de la famille des Didelplies; ce fait unique jusqu'à présent et qui annoncerait l'existence ou du moins la présence des Mammifères sur les terres dont sont venus les végétaux trouvés dans les mêmes couches, a besoin, pour être admis dans la science d'une manière définitive, qu'il ne reste aucun doute sur le gisement des Calcaires fissiles de Slonesfield qui n'ont point été retrouvés même à quelques lieues de la petite vallée dans laquelle on les exploite par des puits, tandis que les dépôts que l'on regarde comme leur étant inférieurs et supérieurs se voient en contact immédiat el se présentent avec des caractères constants à de grandes distances; d'une autre part les grains oolilhiques que renferment les Schistes calcaiies de Slonesfield et les Roches arénacées qui les accompagnent, sont comme disséminés dans ime pâte étrangère, dans laquelle on trouve des fragments et des galets roulés de véritable Calcaire oolithique; enfin, tout en regardant théoriquement comme probable l'existence des Mammifères à celte époque reculée, on peut jusqu'à démonstration du contraire, supposer que les matériaux remaniés d'un Terrain iiolithique auraient pu être postérieurement entraînés avec des Fossiles de ce même Terrain dans des cavités
préexistantes, de la même manière que les cavernes à ossements ont été remplies.
Le véritable inléièl de la science veut qu'on laisse subsister les doutes tant que l'on n'a pas réellenienl les moyens de les lever, quelles que soient les théories que les faits douteux appuient ou contrarient. C'est au Forest-marble des Anglais que sur le continent on rapporte le Calcaire à Polypiers de Caen, les Schistes calcaires de Solenhofen (Pierre lithographique) et d'Eichslœdt, célèbres par les nombreux Fossiles qu'ils renferment, parmi lesquels on cite aussi des Insectes et les ossements de deux espèces perdues de Reptiles volants (Ptérodacliles) dont les Schistes de Slonesfield renfermeraient également des débris, si, comme le pense le célèbre Buckland. les ossements regardés jusqu'à présent comme des os d'Oiseaux devaient être plutôt rapportés à ces Reptiles singuliers. Le Cronbrash, l'Oolitbe filicifère de Mamers. (J. Desnoyers) appartiennent à l'étage supérieur de l'Oolilhe moyenne. **"* Argile de Dives.
Synoiiyniie. Oxford-Clay. A.; Marne oxfordienne.
Foimalion. Très-analogue à celle du Lias et par conséquent Buïio-marine, composée de bancs épais d'une Argile bleue violàtre, avec des lits minces ou des nodules de Calcaire marneux à grains fins. Les Fossiles entiers sont très-nombreux; des débris d'Animaux fluvialiles (Crocodiles, Icbthyosaures) et de Végétaux teirestres, sont mêlés aux Coquilles marines parmi lesquelles des Ammonites, des Trigonies, des Pernes, des Térébratules, etc., el le Grx/'hœa dilatata, dominent. Les environs d'Oxford et les côtes du Calvados, de Villers-sur- Mer, Dives (Vaches-Noires), Mamers, Boulonais,elc. Le Gypse que l'on rencontre dans les Argiles de Dives et d'Oxford ne peut pas être considéré comme de formation contemporaine; ce sont des Cristaux disséminés, produits après coup l)ar le jeu des affinités, à la suite de la décomposition des Pyritesque ces Marnes renferment abondamment.
»..».. Oolitbe supérieure.
La grande quantité de Polypiers qui caractérisent les principaux bancs de celte série supérieure de l'Argile de Dives el d'Oxford les a fait désigner par les géologues anglais sous le nom de Coral-Faii, qu'il ne faul pas confondre avec le Calcaire à Polypiers de Caen qui est plutôt le Forest-marble. Le Calcaire à Dicérates (Mortagne, Boulonais), celui de Villers à Trouville (Calvados), d'Heddington près d'Oxford, etc., sonl des exemples de ce Terrain dont quelques assises supérieures semblent presque uniquement composées d'une petite Gryphée, Gryphœa viiyula (Lumachelle du Havre, du Boulonais, des environs de Beauvais, de la Rochelle, etc.).
,,,„,, ^fjjjjp (l'Honlleur.
Synonymie. Kimmeridge-Clay, Marne argileuse ha-
Fonnation. Très-analogue à celles des Argiles de Dives et du Lias; Huvio-marine, Argile bleue, lits fissiles. Fossiles marins nombreux (Oxlrea tteltoidea, caractéristique). Bois, Crocodiles, Icbthyosaures, etc.; cap la Hève, Villcrs-Vllle, Oxford, Kimmeridge, Boulonais, etc.
»«»»♦»»» oolitlie de l'oilland.
Synonymie. Poilland Sloiie.
Formation. Marine, Calcaire oolilhique à {{laiiis lîiis, fournissanl de très-belles pierres à bàlir : Silex c:oriiés en lits interrompus. Le Peclen lamellosus ou y Ammonites triplicatiis sont donnés comme Fossiles caractéristiques de ce dépôt oolilhique supérieur à l'Argile d'Honfleiir. L'ilc de Portiand est le ly|)e de ce Terrain dont on ne peut citer des exemples bien positifs sur le continent, quoique dans le Boulonais on en retrouve des traces.
D. Terrains Weldiens.
On peut réunir sous ce nom cl comme un exemple bien caraclériséd'une grande formation due aux altcr- I issements produits dans la mer par des eaux douces iifflucnles qui, aUernativemenl, ont déposé à peu de (lislancedel'embouchured'un Heuve, des Calcaires, des sables et des vases avec de nombreux débris de Végélaux terrestres, d'Animaux fluviatiles, qui se sont trouvés accidentellement mêlés à quelques Fossiles marins.
Comme cela doit être, celle formation est locale et liés-circonscrite; les différenls étages que l'on a reconnus dans sa composition, 1° le Calcaire de Purbeck, 2" le Sable fcri ugineux d'Hasting, 3" l'Argile de Weald, ne sont pas également développés dans les mêmes lieux; ils le sont même plus souvent en raison inverse l'un de l'autre. La liaison intime de ces Terrains avec le Calcaire oolilhique inférieur et avec les Roches arénacées de la Craie qui, l'un et l'autre, sont sans contredit des sédiments formés dans la mer, l'association des Fossiles marins avec les Fossiles terrestres et fluviatiles plus nombreux, il est vrai, fournissent des caractères et des inductions qui suffisent poui' empêcher de regarder ces dépôts comme lacustres. * Le Calcaire de Purbeck.
Synonymie. Purbeck Limeslone; Lumachelle de l'urbeck.
Formation. Fluviatile. Calcaire compacte, concréllonné ou fissile, en bancs quelquefois très -durs et .susceptibles de recevoir un poli brillant. Coquilles univalves analogues au Paiudina vivipara, Coquille fluviatile.
Fossiles. Empreintes de Poissons dans les lits argileux fissiles, Crocodiles, Tortues, Huîtres.
Exemple. L'île de Purbeck, la partie supérieure de l'île de Poitland, au-dessus du Calcaire oolitbi(|ue de ce nom, le même Calcaire en bancs subordonnés dans les Argiles de Sussex.
" Sable ferrugineux d'Hasting.
Synonymie. Iron-Sand, Hasling's-Sand , Tilgate- Ceds, Aisen-Sandstein.
Formation. Atterrissement fluviatile. Sable et Grès presque toujours colorés en rouge et en noir par le Fer bydroxydé. Bancs très-puissants intercalés d'Argile plastique marbrée de rouge, de jaune et de brun, comme l'Argile plastique tertiaire (Savigny).
Fossiles. Terrestres et fluviatiles; Lignite en bancs ou en fragments disséminés dans les Sables et les Grès; os de Mégalosaure, d'Iguanodon, de Plésiosaures, de Cnicodiles, de Tortues, de Poissons, d'Oiseaux; Cyrènes, l'aludines, llnio, Potamides, Oursins.
10 DICT. DES SCIENCES ?iA1 .
Exemple. Sussex, Hasting, environs de Beauvais (Savigny). cap la Uève, etc.
"'''' Argile VVeldienne.
Synonymie. Weald-Clay, TetsvortliClay, Oaktree- Clay.
Formation. Fluviatile. Argile souvent plaslique contenant des bancs de Calcaire compacte et de Sable ferrugineux subordonnés.
Fossiles. La plupart de ceux des Sables ferrugineux (Cypris faba, vicipara?). Ce dépôt bien caractérisé dans les vallées de Kent et de Sussex se voit, moins développé, sur la côte française, auprès du cap la Hève et dans le pays de Bray, au nord-ouest de Beauvais. E. Terrains crétacés.
Si l'on fait abstraction des formations d'eau douce accidentelles et locales, dont il vient d'être question, les Terrains crétacés d'origine marine succèdent aux Terrains jurassiques ou oolilhiques,dont ils se distinguent par un grand nombre de corps organisés qui leur sont particuliers; cependant ils renferment encore la plupart des genres des systèmes antérieurs, dont on ne retrouve plus d'indices dans les Terrains tertiaires, tels que les Ammonites, les Trigonies,les Plagiostomes, les Bélemnites.
Parmi les Fossiles caractéristiques des Terrains crétacés, on cite des Hamites, Turrilites, Scapbites et Baculites, ainsi que Vlnoceramus sulcatus, le Calillns Cuvieri et le Gryphcea Colnmba. On peut, dans ces Terrains, distinguer l'étage inférieur ou arénacé qui par ses Grès, ses Argiles et ses Lignites, se lie aux Terrains Weldiens, et l'étage supérieur ou calcaire dans lequel existe la Craie proprement dite : c'est-àdire cette Roche calcaire blanche, tendre, tachante, qui compose la plus grande partie des falaises des deux rives du canal de la Manche, enlre le Havre et Calais.
La quantité de sable disséminé, qui entre dans la composition de la Craie supérieure, est très-variable, et les proportions généralement croissantes des étages supérieurs aux inférieurs ont conduit les géologues à distinguer trois grandes assises crayeuses, auxquelles ils ont donné des dénominations particulières -. 1" l'inférieure ou Craie cblorilée; 2" la moyenne ou Craie TufFau; 3" la supérieure ou Craie blanche.
11 est cependant essentiel de faire observei' que ces divisions distinctes, qu'il est possible d'établir dans les Terrains du centre de l'Europe, et paiticulièrement sur les deux rives du canal de la Manche, s'effacent déjà dans les terrains crétacés qui s'appuient sur les hautes montagnes des Alpes et des Pyrénées, dont ils forment en partie les contre-forts et même les crêtes les plus élevées dans certains poinis. Dans ces dernières localités, les terrains crétacés ne sont plus reconnaissables pour les géologues habitués à les étudier autour du bassin parisien. Les Roches, par leur dureté, par leurs couleurs, peuvent être et ont été confondues avec celles de Terrains plus anciens. Ce sont spécialement les Fossiles qui, dans ces derniers temps, ont conduit avec les inductions tirées des superpositions, à reconnaître la présence des terrains crétacés dans la composition des grandes chaînes européennes.
* Craie inférieure ou chloiilée.
Sx non)' mie. S. Sable et Grès verts; Inferior Green Saiid, A.
^'o»«(a//o)/. AUerrissement marin; Sable ferrugineux ou coloriS en verl, plus ou moins foncé, par les ({rains souvent Irès-fjros de Fer silicalé; nodules de fer pbospliaté; bancs de Grfs IrÈs-durs subordonnés. Fossiles. Marins très -nombreux, parmi lesquels on trouve beaucoup de débris, (juelques Fossiles terrestres (bois) subordonnés.
Ces Fossiles appartiennent à un tiiis-nrand nombre des genres (|ui caractérisent les Terrains secondaires précédents, et qui manquent dans les Terrains tertiaires, tels que les Ammonites, Plagioslonies, Podopsides, Inocérames, Trigonies, etc. Les plus caractéristiques sont les Gervilia aviciiloides , Thelis iiiinor, Tiitjonla aliformis.
'" Craie moyenne ou Tuffau.
Cette variété, disliiicle dans la ceinture sud-esl du bassin central de la France, se confond, soit avec la Craie inférieure sableuse, soit avec la Craie supérieure tendre; elle ne diffère réellement de celle-ci que par une proportion plus sensible de sable; elle est plus dure, moins blancbe, et fournit de 1res bonnes pierres à bàlir. Les assises distincles sont souvent séparées par des bandes irrégulières plus siliceuses, et même par des rognons de Silex ordinairement blonds.
Les Fossiles, moins abondants que dans la Craie sableuse inférieure, sont à peu près les mêmes; cependant les dépouilles des Animaux pélagiens l'emportent sur celles des Mollusques littoraux.
Entre la Craie inférieure et la Craie Tuffau ou moyenne, on rencontre fréquemment des lils argileux (Gaull) qui contiennent beaucoup de Fossiles marins bien conservés.
•*• Craie blanche.
C'est un précipité formé probablement loin des côles, et après que les particules grossières, suspendues dans les mêmes eaux, avaient été déjà déposées. La Craie blanche, dont celle de Meiidon el des côles de Normandie (Dieppe, Calais) offre des exemples, se voil également sur les côles de l'Angleterre (Albion). La slralificatiiin y est peu apparente ; la masse, i|ui a quelquefois plusieurs centaines de pieds d'épaisseur, est coupée borizonlalement et de six, huit à quinze pieds de dislance par des lignes de rognons siliceux (Silex pyroniaque), et même par des lils minces el continus. La (lisposilion el la forme de ces Silex annoncent que ces corps n'ont pas piéexislé à la masse (|ui les enveloppe, mais plutôt que ce sont le résultat de la congloméralion sur certains points de la malière siliceuse d'abord disséminée dans la pâle calcaire.
Toute la Craie blancbe ne contient pas de Silex, la partie inférieure en est souvent dépourvue.
Les Fossiles sont plutôt rares (|u'al)ondanls; cependant quelques lils en renferment en grand nombre: ils sont lous marins el accompagnés rarement de Bois terrestres. Plusieurs grands Reptiles inconnus (Mososauius) ont été trouvés dans la Craie supérieure de Maeslrichl. On cite avec raison le Ca/illits Ciirieii comme un des Fossiles les plus caractéiisli(|ues.
111° Classe. — Tekr\i.\s tertiaires.
Tous les Terrains supérieurs à la Craie doivent être compris sous celte dénomination générale; il s'en faut cependant qu'ils soient lous du même âge, et parmi eux il est possible de reconnaître des dépôts très-dislincls formés soit en même temps .sous des inlluences très-différentes, tantôt sous des intlnences semblables dans des temps différents. Jusqu'à présent on peut dire (|ue la limite qui sé|)are la Craie des Terrains (|ui lui sont superposés, est suffisamment tranchée; mais il ne s'ensuit pas que ce que l'on voil soit de même parloul. 11 est même probable (ju'entre les produils de deux épo(iues très-différentes, il s'est fait des dépôts (jui participent, par leurs caractères zoologiqucs, et des Terrains secondaires et des Terrains tertiaires; aussi ne faul-il,dans l'élat actuel de la science, regarder l'opposition que l'on icmarque dans deux séries de Terrains immédiatement superposés que comme un fait local.
Dans les Terrains tertiaires on ne voil plus ni Ammonites, ni Bélemniles, ni Plagiostomes, Calillus, elc, et l'on voil, au contraire, un grand nombre de genres inconnus et d'espèces nouvelles. Presque lous les Terrains tertiaires sont ou des dépôts littoraux, ou des dépôts isolés, faits dans des localilés circonscrites; de sorte que l'on conçoit facilement les différences qui les <listinguent entre eux.
Tous les Terrains terliaires actuellement soumis à l'inspection des géologues, n'ont pas été émergés en même temps, et les uns étaient peut-être déjà depuis longtemps abandonnés par les eaux, que les aulres n'élaient pas encore déposés; aussi parvient-on chaque jour à séparer et à rapporter à des âges Irès-différents des dépôts que l'on avait confondus et que l'on regardait comme contemporains. Desnoyers est l'un des géologues (|ui a, dans ces derniers temps, fourni les meilleures |)reuves de celle succession dans les formations tertiaires, et qui a classé une grande partie des dépôts connus dans l'ordre relatif de leur ancienneté. Ses observations, d'accord avec celles d'Êlie de Beaumont, de Boue, de Lyell et d'un grand nombre d'observateurs, ont même démontré <|ue, pendant la formation de la série des Terrains tertiaires, la surface de la terre a élé agitée par de violentes commotions, à la suite desquelles les plus hautes montagnes alpines ont été soulevées, el la forme, ainsi que la relation des bassins marins, ont changé. Un des accidents que présentent fréquenimenl les divers dépôts tertiaires, c'est l'alternance d'assises qui ne renferment que des dépouilles d'Animaux ou de Végétaux Huvialiles et terrestres avec d'autres assises entièrement remplies de Fossiles marins ; c'est encore le mélange de Fossiles des eaux douces avec les débris des êtres qui ont habité la mer. Ces faits, déjà observés dans les Terrains plus anciens (Charbon de Terre, Calcaire de Purbcck, Argile de WeaUl), s'expli(|uerit également, pour presqrre tous les cas, par les affluents d'eau douce dans les bassins marins ; affluents d'autairt plus rrombreux, que la surface des Terres découvertes a élé plus étendue. Dans un petit rrombre de circonstances, on peut, il l'sl vrai, aliribuer les allernarrces à des cliarigerneiits relatils de
niveau de divers points du sol, à la suite des grands lioiileversemenls qnl ont été signalés plus haut. Par exemple, il senil>le démontré que les Faluns marins de la Touraine sont superposés aux Meulières, lacustres des Terrains parisiens ; mais on peut moins expliquer cette alternance par un soulèvement des mers au-dessus de leur niveau précédent, que par l'affaissement du sol déjà émergé.
Entrer dans de plus grands détails à ce sujet, ce serait revenir sur les généralilés, trop longues peut-être, qui sont en tétc de cet article.
.Ius(|u'à ce ipie l'on soit parvenu à élaldir une série chronologique continue des déiiôts tertiaires connus, si toutefois cette tentative peut être couronnée desuclés, on les divise assez naturellement eu deux grands groupes dont on peut tiouver les types dans les Terrains des environs de Paris d'une part, et dans les collines subapennines de l'autre : 1» les Terrains tertiaires parisiens; a» les Terrains tertiaires subapennins. A. Terraiivs tertiaires parisiens.
* Argile plastii|ue.
Syiiouyinie. Plastic-CIay.
Foimatinn. Fluvio-marine.
Fossiles. Marins et tluviatiles, selon les localités.
Dans les anfractuosilés de la Craie déjà consolidée et comme ravinée, on trouve des dépôts puissants, mais non continus, d'Argile blanche ou colorée en rouge, jaune et gris, (|ul est propre à la fabrication des poteries fines. Souvent ces dépôts reposent sur des galets ou cailloux roulés siliceux; ils alternent avec des lianes de Sable et de Grès qui le plus souvent les recouvrent; des amas de Lignite plus ou moins puissants, et dans lesquels on reconnaît la présence de Végétaux dicotylédones. Des débris de Reptiles (Crocodiles) et des Mollusques fluviatiles caractérisent l'Argile plastique des environs de Paris, tandis qu'autour de Londres et dans l'île de Wigbt, le même Terrain ne renferme que des Fossiles marins. Au surplus, l'Argile plastique proprement dite, qui, dans ces différentes localités, offre les mêmes caractères minéralogiques. ne contient pas lie Fossiles; ceu.x-ci se voient plutôt dans les Sables et Grès supérieurs.
Les Argiles de Vanvres, de Gentilly, de Dreux, sonl lies exemples du Terrain d'Argile plastique. Nulle part ce dépôt ne paraît contenir les Fossiles de la Craie. '* Calcaire grossier.
Synonrmie. Calcaire à Cérithes, London-Clay; Calcaire tritonien (Brongniart).
Fonnalion. Marine de rivage.
Le Terrain de Calcaire grossier est composé d'assises distinctes de sédiinenls i)lus ou moins tins, et dans lesquels on voit distinctement les débris triturés de Coquilles et d'autres corps marins avec les(iuels on en trouve qui ont conservé leur intégrité, surtout dans certaines localités, comme Grignon, Courlagnnn, Parues. Magny. etc. Ces Fossiles, qui ont été l'objet de rccbercbes et de travaux particuliers, sonl en trèsgrand nombre (plus de douze cents espèces), et tous jusqu'à présent paraissent différer de ceux des Terrains ]diis anciens; ils diffèrent également. qiioi(|ue d'une manière nniiii,'; Iraiichéc, des Fossiles des Terrains su-
péiieurs ou subapennins. Le Calcaire grossier, exploité autour de Paris, fournit les pierres d'appareils et les moellons employés dans les conslrnctlons de cette grande cité.
•'" Gypse palœntbérien.
Synonymie. Gypseous l'resb-waler.
Formation. Fluvialile, sous-niarine.
Au milieu des Calcaires grossiers, on aperçoit déjà localement (Nanterre, Vaugirard ) des dépôts plus ou moins puissants d'Argile ou de Marne calcaire, qui renferment des Co(|uilles d'eau douce, des ossements de grands Mammifères perdus, et du Gypse, ainsi ipie des nodules de Strontiane. Ces dépôts accidentels annoncent que dans la baie marine, sous les eaux de laquelle se déposait le Calcaire grossier marin, il déboucbait quelipie cours d'eau douce. qui de temps en temps apportait son tribut à la mer. Des circonstances <|u'il n'est pas possible de développer ici. ont fait prédominer, pendant un temps plus ou moins long, l'arrivée des matériaux fluviatiles et du Gypse qui ont donné lieu à un Terrain d'eau douce qui s'est trouvé Intercalé dans les dépôts marins; aussi le Terrain gypseux neformelil réellement qu'un grand amas ovoïde, dont la plus forte épaisseur correspond aux buttes de Montmartre. On peut observer que cet amas n'a cependant été formé que successivement, puisqu'il est stratifié. Les ouviiers qui l'exploitent distinguent trois masses gypseuses ; 1° la supérieure ou haute masse; 2" la moyenne ou seconde masse; 3» l'inférieure ou basse masse. Elles sonl séparées les unes des autres par des lits plus ou moins nombreux et épais de Marnes qui ne sont pas ! employées.
1 La Roche gypseuse est un véritable Sel qui semble I avoir été précipité d'une dissolulion, soil que le Gypse I soil arrivé réellement dissout dans les eaux courantes t qui affluaient dans ce Heu, soit que ces eaux fussent \ chargées d'une certaine quantité d'Acide sulfurique qui. rencontrant de la Chaux carbonatée en suspension, l'aurait transformée en Sulfate.
La présence dans le Gypse parisien des grands Mammifères de genres inconnus, auxquels Cuvier a donné 1 les noms de Piilœotlieniim, A' Anoploleriiim. de Dicliohiines, Chano/iolaHits, etc., est trop connue, et il j reste trop peu de place pour en traiter ici; il faut i donc renvoyer aux ouvrages spéciaux de Cuvier et ! Brongniart sur ce sujet, les plus importants de la
géologie moderne.
; Avec les Mammifères cités ci-dessus, le Gypse renferme encore les débris de nombreux Reptiles (Crocodiles. Tortues), de Poissons, etc. Les plâtrières d'Aix en Provence, qui paraissent devoir êlre comparées à celles de Paris, renferment en outre une très-grande quantité d'Insectes terrestres de tous les ordres. De même que dans le Calcaire grossier, on a observé des dépôts d'eau douce intercalés, on voit dans le grand amas gyjiseux ses lits alterner avec d'autres lils qui renferment des Coquilles marines (Hutte aux Gardes, Montmartre. Soisy, etc.); de sorte que les conséiiiiences extraordinaires auxquelles avait d'abord donné lieu l'observation des Terrains parisiens, ne paraissent réellement pas fondées, et personne ne croit plus que des
irruptions el des retraites alternalivestles mers soient nécessaires pour expliquer la formation îles Terrains parisiens.
Le Gypse proprement dit est recouvert par des Marnes, parmi lesquelles une Marne argileuse, verte, se fait remarquer par sa constance. Cette Marne, assez liomoj;ène, et qui est employée, aux environs de Paris, à la fabrication des tuiles, carreaux, bri<|nes et poteries grossières, ne contient pas de Fossiles, mais elle est au milieu d'autres lils de diverses couleurs, (|ui renferment les unes des Coquilles d'eau douce, telles que Lymnées et Planorbes (Pantin) ; les autres des Huîtres, des Cérites, des débris de Poissons marins, etc. '*'* Sables et Grès marins supérieurs.
Synonymie. Upper marine.
Formation. Atterrissement marin.
Sable stratifié en lits distincts et ferrugineux, micacé, quelquefois très-blanc, remplacé par des bancs de Grès très-dur qui ne sont pas continus, et sont visiblement le résultat de l'agglutination du Sable par place. Ce grand dépôt sableux, qui couronne les hauteurs de toutes les collines des environs de Paris, renferme des Coquilles marines très-analogues à celles du Calcaire grossier; mais comme elles ont presque partout été détruites, leurs moules, très-difficiles à bien caractériser spécifiquement, ne se voient que dans les bancs de Grès qui, généralement, occupent les parties supérieures du dépôt.
"'"'♦ Calcaire d'eau douce supérieur el Meulières.
Synonymie. Upper marine.
Formation. Un grand dépôt, qui semble avoir eu réellement lieu sous des eaux douces fluviatiles et lacustres, recouvre les Sables marins, el il diffère par place quant à la nature des Roches dont il est composé : tantôt ce sont des Calcaires à grains lins, tantôt ce sont des Silex caverneux, propres à faire des meules, et qui contiennent, avec des Lymnées, des Planorbes, des Hélices, etc., des débris de Végétaux aquatiques (Chara, Gyrogonites).
Les Meulières des plateaux parisiens et le Calcaire des environs d'Orléans appartiendraient à ce dépôt lacustre supérieur; mais il faut remarquer qu'à la partie sud el sud-est du bassin parisien , la formation d'eau douce la plus superficielle se lie sans interruption avec l'Argile plastique, qui recouvre la Craie, et qu'une grande partie de cette formation peut être considérée comme contemporaine, et du Gypse, et du Calcaire grossier lui-même. Cette observation .s'aiiplique ù ce qu'il reste à dire en quelques mots sur les Terrains tertiaires subapennins.
B. Terkains tertiaires sdbapennins.
Quoique d'une manière générale ils puissent être considérés comme plus récents que le Calcaire grossier parisien , on ne peut établir, entre les différents membres dont ils se composent et les formations i)arisiennes, des rapports exacts; ils se composent de grands amas argileux, bleuâtres, qui renferment des Lignites et de nombreux débris de Mollusques marins, presque tous différents de ceux du Calcaire grossier parisien, et ayant beaucoup plus d'analogie avec le test des Mollusques qui vivent encore dans les mers environnantes.
Les Argiles sont surmontées par des dépôts de Sables ferrugineux et de Cailloux roulés, au milieu desquels on trouve non-seulement des Coquilles marines, mais aussi des ossements de grands Mammifères terrestres. Ces derniers dépôts se confondent avec ce que l'on a appelé le Diluvium. Depuis les côtes d'Espagne jusqu'aux environs de Vienne en Autriche, en suivant le littoral de la Méditerranée et remontant le Danube, on rencontre des Terrains appartenant à cette division et dont les caractères sont identiques. Le Craq des Anglais, les Faluns du Colentin et de la Loire, une partie de la Molase coquillaire de la grande vallée de la Suisse, sont également regardés comme analogues aux Terrains des collines subapenniues.
Il n'a pas dépendu de la volonté de l'auteur de cet article. Constant Prévost, de le réduire à une moindre étendue; l'immense quantité de matériaux qu'il avait à exploiter ne lui ont pas permis de rester dans les limites tracées pour ce Dictionnaire, et qui ont été généralement respectées.
TERRAPÈRE. rept. chel. Sous- genre de Tortues ainsi nommé par Merrem et comprenant les Tortues à boîte.
TERRASSON. OIS. Synonyme vulgaire de Motteux. A'. Traqoet.
TERRE. MIN. Dénomination commune d'un grand nombre de substances minérales amorphes, très-variées dans leur nature intime et leurs dilîérenls caractères, et qui néanmoins se présentent toutes sous un aspect terne. On a donc appelé :
Terre adamiqce, le Fer oxydé rouge.
Terre n'A ljiagra, une Terre rouge, ocreuse,donton se sert dans la peinture à fresque, el qui ressemble beaucoup à la Sanguine.
Terre ahminedse, une variété du Lignite terreux. Le même nom s'applique également aux terres dont on cxtiait l'Alun ou Sulfate d'Alumine et de Potasse.
Terre ampélite, un Schiste pyriteux susceptible de s'etîleurir, et ayant de l'analogie avec le Lignite pyriteux. Les anciens le nommaient aussi Terre de Vigne.
Terre anglaise, une Argile plastique, avec laquelle on tait les faïences à couverte transparente.
Terre argileuse, celle qui contienl une quantité notable d'Argile.
Terre d'Arménie, une Argile ocreuse, rouge, employée dans la peinture à fresque.
Terre arsenicale, un mélange naturel d'Arsenic noir, pulvérulent, et de Chaux arséniatée.
Terre bitumineuse, des substances minérales, terreuses, qui contiennent du lîitume.
Terre bitumineuse feuilletée, la Diisodyle.
Terre de Buccabos, la Sanguine.
Terre bleue, le Fer |)hosphaté pulvérulent et certaines Lithomarges, qui doivent cette couleur au Cuivre carbonate azuré.
Terre bleue de montagne ou simplement Bleu de MONTAGNE, le Cuivrc carbonate pulvérulent.
Terre de bruyère, nn mélange de Sable (in el de Terreau ou Humus. Elle est en général noirâtre et légère, très-perméable à l'eau. Celle Terre est indispensable pour la culture d'une foule d'Arbustes ou d'Ar-
lirisseaux; li-Is siiiil siirlmil ceux dv rAinéi'iiini' du Nord el du Cap.
Terre calaminaire, le Zinc oxydé Calamine.
Terre calcaire, I;i Chaux carbonalée, en général.
Terre de i.a Chiive, le Feldspath kaolin.
Terre de Chypre, la Clilorlle pulvérulente.
Terre cumulée ou de Cibolis, une espèce d'Argile qui, selon Théophraste, servait non-seulement en médecine, mais encore pour dégraisser les étoffes de laine.
Terre ue Cologne, le Lignite terreux noirâtre, des environs de Cologne, qui sert à la peinture grossière, et que les fabricants peu délicats emploient à la sophistication du tabac à priser.
Terre Cordndi, l'Éméril de l'Inde ou le Corindon lamelleux.
Terre cuivrecse, certains Minerais de Cuivre devenus ternes et pulvérulents par suite de la décomposition lente qu'ils ont éprouvée.
Terre de Damas, une des Terres argileuses dont les anciens faisaient usage, et qui était une espèce d'Ocre rouge.
Terre décoiorante, un Lignite d'Auvergne, qui a la propriété de décolorer beaucoup de liquides, et entre autres le vinaigre rouge.
Terre éccmedse, la Chaux carbonatée magnésienne nacrée.
Terre a roiiioti, différentes variétés d'Argile douce au toucher,qui sont employées pour enlever aux étoffes de laine l'huile dont on s'est servi pour carder et filer la laine.
Terre a four, une Argile plastique, mêlée de Sable, qui est susceptible de se cuire sans se fondre, et que l'on emploie de préférence pour la confection des fours.
Terre galatienne , une des Terres argileuses employées par les anciens.
Terre glaise, l'Argile plastique.
TERREUOPPiEPt\E, la Magnésie carboualée.
Terre du Japon, le Cachou.
Terre de Lemnos, une Argile blanche, dont on formait des espèces de Pastilles, el sur lesquelles on imprimait l'empreinte d'un cachet. De là le nom de Terre sigillée, qu'on lui donnait aussi.
Terre magnésienne, la Magnésie carbonatée pulvérulente.
Terre de Manganèse ferrugineuse, le Manganèse oxydé noir.
Terre de Marmaroscb, une variété de Chaux phosphatée terreuse.
Terre martiale blebe, le Fer phosphaté pulvéru-
Terre bélienne ou de Mélos, une Argile rouge, que les anciens employaient fréquemment en médecine.
Terre miracdiecse, une Chaux carbonatée farineuse. Celle substance porte également le nom de Farine fossile.
Terre noire, un produit qui appartient au Terrain tertiaire du bassin de Paris. Les Terres noires sont supérieures a l'Argile plastique du Soissonnais; on les exploite en grande quantité dans plusieurs localités; on les répand sur les prairies artificielles dont elles augmentent singulièrement la végétalion, quoique l'on
, ne puisse raisonnableiuenl expliquer leur actiou. Ces j Terres sont en petits grumeaux noirs, mélangés de I quelques grains terreux, d'un blanc sale, que l'on a rc- ! connus pour être du sous-sulfate d'Alumine; on y dislingue aussi de petites aiguilles de sulfate de Chaux; leur saveur est stiplique. Elles ont donné à l'analyse chimique : Eau, 55; sulfate de Fer, 5; sulfate de Chaux, 4; sous-sulfate d'Alumine, 8; Alumine, 12; Silice, 16.
Terre ociiroïte, le Cerium terreux.
Terre d'Omgre, un Lignite d'un beau brun foncé, el qu'on emploie dans la peinture. Elle vient, dit-on, de rOmbrie. piovince des États romains. Mais il en existe aussi dans d'autres parties de l'Italie. Elle doit sa couleur à l'Oxyde de Fer qu'elle contient en abondance.
Terre de Patna, une Argile qu'on trouve sur les bords du Gange, et dont on fait des vases réfrigérants.
Terre de Perse, une espèce d'Ocre rouge, analogue à celle ((u'on nomme Rouge indien.
Terre pesante, la Baryte sulfatée compacte.
Terre de pipe, une variété d'Argile plastique d'un gris foncé, qui devient blanche par la cuisson, et avec laquelle on fait non-seulementdespipes,niais des plats, des assiettes, etc.
Terre a pisé, une Terre forte, mélangée de pierres et de cailloux d'une grosseur moyenne, el dont on se sert pour faire le pisé, sorte de bâtisse économique très- «silée dans plusieurs provinces de la France.
Terre a porcelaine, le Kaolin ou Feldspath décomposé.
Terre a potier, l'Argile plastique.
Terre pocrrie, l'Argile tripoléenne.
Terre PïRiTEiiSE,des Lignites contenant une grande quantité de Fer sulfuré en décomposition, et qu'on lave pour leur enlever le sulfate de Fer produit par cette décomposition, et dont on accélère en même temps la formation.
Terre samienne ou de Samos, l'une des Terres que les anciens employaient en médecine.
Terre savonneuse, l'Argile à foulon.
Terre sidnetenne, une Argile rapportée par Sidney, de la JNouvelle-Galles.
Terre de Sienne, une espèce d'Ocre brunâtre, (|ue l'on tire des environs de Sienne en Italie.
Terre sigillée, la Terre de Lemnos.
Terre de Sinope, une espèce d'Ocre rouge employée I autrefois en médecine et dans la peinture. I Terre de Smyrne, le Natron du Levant. t Terre a sccre, l'Argile dont on se sert dans les raffineries pour purifier le sucre.
Terre talcaire ou talqceose, la Chlorite ou le Talc pulvérulent.
Terre tcfiére ou tcfacée, un Tuf friable, qui sert de castine dans beaucoup de forges.
Terre végétale, toute Terre qui est propre à la végétation. Elle forme â la surface du globe une couche dont l'épaisseur est extrêmement variable, mais qui, en général, est plus considérable dans les vallées, les plaines déclives, que sur les montagnes qui en sont souvent tout à fait dépourvues. Les substances qui entrent dans la composition de toule Terre végétale, sont l'Argile, la Silice, le Calcaire et l'Humus. C'est du nié-
lange de ces quatre siilislances, iKins des proportions diverses, que résulte la Terre propre à la végétation, et cependant, à l'exception de rilumiis, ces matières isolées sont impropres à la végétation. On distingiie différents types de Terre végétale.
1" La 7>/Te argileuse ou Terre forte. Elle se compose d'Argile et de Silice, mais la première de ces substances y prédomine ; on y trouve de plus une certaine quantité d'Humus, quelquefois de l'0.\yde de Fer et linéiques autres coips étrangers, mais dans de faibles proportions. lille est onctueuse et douce au toucber, se pétrit facilement entre les doigts en retenant les formes qu'on lui a données; elle se laisse très -difficilement pénélrei- par l'eau, et retient fortement ce liquide quand une fois il s'est interposé entre ses molécules.
2" Terre franche ou Terre uornmie. Celte Terre, que les cultivateurs considèrent comme le type de la bonne Terre végétale, est, comme la précédente, composée d'Argile et de Sable, mais dans des proportions beaucoup plus convenables à la végétation, l.e Sable y prédomine. Sa couleur est grisâtre ou brune; elle est douce au toucber, se divise avec une grande facilité, se laisse facilement pénétrer par l'eau.
•ï» Terre calcaire. Celle qui a pour base le Carbonate de Chaux, mêlé avec de l'Argile et du Sable, en différentes proportions. Elle est assez douceau toucher, retient l'eau facilement, a une couleur plus ou moins blanchâtre.
4° Terre siliceuse ou sableuse, celle qui est formée de Sable ou Silice en excès; elle est rude au toucher, légère, se laisse rapidement pénétrer par l'eau.
On nomme Huvnisoa Terreau le produit de la décomposition des substances animales et végétales à l'air libic. Par suite de la fermentation qui s'est établie dans ces substances, de nouveaux produits sont formés; tel est entre autres PUlmine ou Acide ulmique, résultat de la décomposition des tissus végétaux, et qui paraît jouer un rôle important dans les phénomènes de la nutrition des Végétaux. L'Humus est de toutes les Terres végétales la plus propre aux phénomènes de la végétation.
Terre de Vérone, la Chlorite.
Terre verte, la Chlorite terreuse. On la relire du Monte-Bretonico . dépendant du iWonte-Baldo. Faujas de Saint-Fond la considère comme un Feldspath décomposé. Elle est employée dans la peinture à fresque.
Terre vitrifiabie, la Silice.
Terre vitrioliqoe, le Lignite terreux contenant abondamment du sulfate de Fer, appelé autrefois Vitriol vert.
Le mot Terre est souvent employé pour présenter l'idée de l'ensemble du globe terrestre, appliquée à l'Histoire naturelle, idée «lui s'attache également à la Géographie physique. Sous ce point de vue la terre est considérée comme un corps opaque, à peu près sphéri(iue, lancé dans le système solaire dont elle est une planète, sa distance à l'astre qui l'éclairé est de 34,503,422 lieues; elle tourne autour de cet astre en 36S jours 5 heures 43 minutes 4-5 secondes, et cette révolution est l'année; tournant en outre sur ellemême dans vingt-quatre heures, cette révolution
secondaire est le jour. Un axe sur lequel est censé .s'exercer ce dernier mouvement, traversant le globe, y passe par deux points opposés appelés pôles; l'un se nomme arctique et marque le nord; l'autre s'appelle antarctique, c'est celui du sud. Vers ces deux points, la terre est légèrement aplatie; le diamètre dont les pôles sont les deux extrémités, est de 2,800 lieues; celui qui le coupant ù angle droit se conçoit d'un point de l'équateur à un point opposé est de 10 lieues environ l)lus grand. Véqiiatciir est le cercle du globe qui, à une dislance égale des deux pôles, le coupe précisément par le milieu, et dont la circonférence est d'environ 8.380 lieues. Comme la rotalion diurne n'a pas lieu dans un plan parallèle à celui de la coupe du globe par ré<iuatcur, mais que Taxe qui passe par les pôles est incliné de 2ô» 28' sur ce plan, on a imaginé deux parallèles appelés tropiques, limites apparentes delà marche du soleil; le sepicnirional est le tropique du Cancer, le méridional celui du Capricorne. Ces noms viennent de ce que pour les Hommes de l'hémisphère où fut inventée l'astronomie, le soleil, parvenu au solstice d'été, semble redescendre vers le sud, ou recule vers le ti<q)ique opposé, d'oii il remonte vers le septenirion aussitôt (|u'il y est parvenu. La marche du soleil entre les tropi(|U('s détermine les saisons (|ui sont opposées pour les deux bémis|ihères, c'est-à-dire dont l'un se trouve en hiver quand l'autre est en été, et au prinlemiis quand celui-ci est en automne. On appelle solstice le point de chacun des tropi(|ues (|u"atteinl la plus grande élévation ou le plus ijraud ahaisscmeiil du soleil dans Vécliptiqiie, qui est le ceicle cou|iaiit obiiqiM'ment l'équateur dans le(|uel le soleil parait tourner autour de la terre. Le solstice d'été est pour nous celui où le soleil, parvenu au tropique septentrional ou du cancer, doit redescendre; il détermine le plus long jour de l'année pour l'hémisphère boréal, et conséquemment le plus court pour l'hémisphère austral. Le solstice d'hiver, qui marque le jour le plus court de.s hivers, et consé(|uemment le plus long pour l'autre côté de la ligne, est celui où le soleil, arrivant au trnpiijue du Capricorne, l'abandonne aussitôt pour remonter vers le tropique du cancer. Les ileuK points opposés où récliptique coupe l'équateur, s'appellent équinoxes, parce que les nuits sont égales aux jours en durée, quand le soleil y passe dans sa révolution annuelle. Cette élévation et cet abaissement alternatif et régulier du soleil sur le plan de l'équateur terrestre, produisant les saisons et conséquemment l'inégalité de la durée des jours et des nuits, a non-seulement servi de moyen pour mesurer le temps, mais encore pour déterminer sur le globe une division de climats que les astronomes et les géographes ont évaluée en heures, mais que le naturaliste considère sous le point de vue de l'influence qu'ils exercent sur la répartition â la face du globe des êtres organisés. La circonscription de ces climats, considérés ainsi physiquement, ne dépend pas uniquement de la distance à l'équateur; elle se modifie par une multitude de causes locales, ainsi que De Candolle l'a fort savamment expli(iué quand il a porté la lumière dans la Géographie bolanii|ue, jusqu'à lui seulement indiquée et déjà surchargée de consi-
(IcM'nlions sproiil:ilives qui. snns l'csjirit jndiciciiNi <lii lirofrsseiii' jjpiievois, eiissenl délourni! cède science de la marche qu'elle doit tenir.
Les principaux climats sont ceux qui dès longtemps uni été Indiqués sous le nom de zones. Ils sont au nombre de trois :
1" La Zo\E TORUIOE ; unique, cenirale, conleniie entre les deux tropiques, de plus de 1,100 lieues de largeur, coupée en deux parties presque égales par l'équateur; ainsi nommée de la chaleur perpétuelle qui ne cesse d'y régner, chaleur plus grande, à cir- ( onslances égales île localité, qu'elle ne l'est jamais en dehors des tropiques. Ici. quand le sol n'est point abandonné à l'ardeur dévorante d'un soleil rarement éloigné de la perpendiculaire, et que les eaux, fécondées par l'influence de ce grand foyer, ne s'évaporent pas sans pro6t pour la végétation, la nature produit avec complaisance et même avec luxe, les plus pom- |)euses de ses merveilles et le plus de ces créatures auxquelles ses lois imposèrent des formes prodigieusement variées. La végétation n'y cesse point, la vie dans toute son intensité ne s'y use <iue par l'exercice continuel de ses propres forces; et quand une mort hâtive y vient atteindre des êtres qui vécurent trop vite, ces êtres sont aussitôt remplacés sans efforts par l'effet d'une puissance productrice infatigable.
2o La Za-HE TEMPÉRÉE : doul)le, dont une moitié est au nord de la zone torride, et l'autre au sud, s'éten- (lanl des deux tropi(|ues aux deux cercles polaires. La largeur de chacune de ses parties est <le mille lieues au moins. Dans leurs limites tropicales, elles sont souvent plus chaudes que certaines parties de la torride, tandis que d'autres points de leur surface éprouvent déjà les rigueurs d'un éternel hiver.
ô" La Zo:\E glaciale : également double, dont les deux |)arties opposées, limitées d'un côté par le cercle polaire, ont les pôles pour centre et non pour extrémité. Région déshéritée, où la nature semble expirer dans les longueurs alternatives de jours sans éclat ou dans la profondeur de ténèbres humides. Des neiges éternelles y réfléchissent une lumière égarée au bruit confus du déchirement des montagnes de glace contre lesquelles brisent en mugissant des Uols qui deviennent aussitôt solides.
Outre les parallèles à l'équateur, par lesquels sont circonscrites les zones, les astronomes imaginèrent d'autres cercles qui les coupent perpendiculairement et iiu'on nomme méridiens. Ces cercles indi(|uenl qu'il est simultanément midi ou minuit sous tous les points de leur étendue qui va d'un iiôle à l'autre. On leur avait supposé quelqu'intluence dans la Géographie naturelle, mais cette inQuence paraît être nulle ou à peu près nulle.
La surface du globe se compose de terre et d'eau ; cette eau doit, antérieurement à l'existence de la plupart des créatures actuelles, avoir couvert la terre. Il n'entre pas dans le cadre de cet article de rechercher les causes qui ont pu faire surgir les continents et les iles, ou par quelles révolutions physiques les îles et les continents furent soustraits à l'empire de l'Océan. Il suffit ici de dire que les mers, maintenant restreintes
<lans leur bassin où des lois qui régissent les Ikiukh'.s enchaînent leurs Hols, occupent les trois quarts au moins de la surface du globe. Un mouvement de flux et de reflux leur est imprimé par l'action ([n'exerce sur notre atmosphère la lune. 4<.) fois plus petite que la planète à la marche de laquelle ce satellite se trouve attaché, et (|ue 85,000 lieues séparent de la terre. Ce mouvement de Hux et de retlux a son importance en Géographie naturelle puisqu'il procure la facilité d'étudier les productions océani(|ues qui prospèrent ou décroissent en nombre, selon qu'elles vivent alternativement couvertes ou découvertes par les eaux de la mer, ou qu'elles demeurent éternellement plongées dans ses profondeurs. Il influe encore sur la Géographie physique, en ce que, imprimant, par réaction, des mouvements dans l'atmosphère, il n'est pas étranger à l'action des vents dont le rôle est important à la surface de la terre pour disséminer, favoriser ou contenir ta végétation. La mer influe encore sur les productions terrestres en modifiant la température lic ses rivages. Ceux-ci n'éianl, ton tes cil conslnncen lie loculitééyules d'ailleurs, ni aussi froids en hiver, ni aussi chauds en été que l'intérieur des terres, jouissent d'une sorte d'égalité atmosphériijue par l'effet de laquelle la propagation d'une quantité d'êtres de la Torride s'étend dans les deux moitiés de la zone tempérée, et des créatures de cette dernière jus(iue dans quelques haies de la zone glaciale. Aussi les îles, d'autant plus assujetties à l'influence de cette égalité qu'elles sont moins considérables, présentent-elles souvent dans leur végétation, et dans les animaux qu'elles nourrissent, des particularités qui paraissent renverser l'idée qu'on se forme de l'inlluence des climats jusqu'ici trop servile^ ment considérés dans leur parallélisme.
Après l'inlluence du voisinage des mers, celle de l'élévation du sol a le plus d'empire sur la répartition des corps organisés à la surface du globe. Quant aux corps bruts, aux roches, aux substances minérales, éléments et supports de tous coi\iS organisés, la nature, en les prenant pour base de ses enfantements, ne leur donna point de limites géographiques. Partout les mêmes, ces corps bruis ne sont sujets (pi'à des circonstances locales, qui peuvent partiellement les bouleverser et rompre leurs rapports de juxta-position. mais non leur fournir les moyens de se propager de proche en proche à la surface de ce globe dont ils sont les fondements éternels, mais inertes par euxmêmes.
Cependant si ces corps bruts ne sont point soumis aux luis qui président à la distribution des plantes et des animaux à la surface des terres ou dans les profondeurs des mers, ils exercent une grande action sur cette distribution. Les pluies abaissant les monts qu'elles dépouillent, et nivelant, à la longue, le globe dont elles étendent insensiblement les plaines aux dépens des sommités; les volcans à leur tour soulevant des plaines pour les transformer en montagnes, sont, en Géographie physii|ue, ce que les guerres et les conquêtes sont relativement à la Géographie politique. Ces causes vieuueiit bouleverser les limites dans lesquelles se renfermaient certaines créatures, ([u'eilis
conlraigneiU à la dispersion lorsqu'elles ne les i\l:cruisent pas.
C'est donc au milien de mille aberrations et de lant de causes de changement que le naluralisle doit étudier les lois, en vertu desquelles la dissémination des êtres a lien à la surface de la planète qu'il habite, et rechercher les lois qui présidèrent à l'élablissement de ces èlres sur tel ou tel point de la terre, ainsi qu'à leur colonisation hors des circonscriplions nalurelles entre lesquelles ils avaient été originairement formés.
DlSTRIBlITIOiV GÉOGRAPHIQDE DES PRODDCTIONS AQUATIQUES.
Hythopliytes.
Moins une plante est compliquée dans son organisalion, plus elle semble avoir de force pour résister aux influences des milieux qui l'environnent; d'après ce principe, l'on ne doit pas être élonné de trouver les mêmes plantes agames à Inutes les latitudes ; elles semblent braver les chaleurs de la zone torride et les frimais des régions glacées. Il en est de même de quelques llydrophytes, principalement des Olvacées, dimt quelques espèces vivent indifféremment dans les mers équaloriales et sur les rochers marins du Groenland. Il est reconnu que le nombre des genres comparé à celui des espèces est pins grand dans les régions tempérées que dans les pays très-chauds ou très-froids, ainsi que sur le sommet des hautes monlagnes. Ce principe ne peut s'appliquer qu'en partie aux Hydrophytes, à moins que l'on ne veuille considérer les profondeurs ou les abîmes de la mer comme les pics qui dominent les chaînes des montagnes; il est possible que leur effet soit le même ; mais c'est une chose qu'il sera peut-être toujours impossible de vérifier. On verra que, dans plusieurs familles d'èhes organisés, le nombre des espèces semble partir d'un point commun et central, et diminuer dans tous les sens à mesure qu'on s'en éloigne. Il n'en est pas ainsi des Hydrophytes; soumises, en général, à l'influence de la couche d'eau qui les couvre, ces plantes suivent les courbures des côtes, et la quantité des espèces peut diminuer en partant d'un point déterminé el suivant la direction des (erres, mais cette diminution ne rayonne jamais. On ne peut pas considérer comme une diminulion rayonnante celle que présentent quelques genres et qui a lieu d'une mer profonde vers la côte ou des côles vers la mer. Pour les Hydrophytes de même que pour les Phanérogames, il y a des localités centrales où des formes parliculières semblent dominer, soit dans des groupes de plusieurs genres, soit dans des groupes de plusieurs espèces. A mesure que l'on s'éloigne du point où elles se montrent dans lOLite leur beauté et dans toute leur profusion, ces formes perdent quelques-uns de leurs caractères; elles se dégradent, se confondent avec d'autres, et finissent par disparaître pour faire place à de nouveaux caraclères, à de nouvelles formes entièrement différentes des premières. L'on peut assurer que les plantes marines de l'Amérique méridionale ne sont pas les mêmes que celles de l'Afrique et de l'Europe, et que les exceptions, s'il en existe, sont infiniment rares. On verra que, parmi les Phanérogames, quelques espèces se trouvent dans des pays séparés par l'immense intervalle de la
zone équaloriale ou torride e( d'une parlie des zones tempérées, et qu'elles n'y ont pas élé liansportées par les voyageurs. Le même phénomène se présente dans quelques Hydrophylrs que, bien cerlainement, aucun navigateur n'a entraînées des côtes de France à celles de Van-Diémen. Les Phanérogames présenteront plusieurs grands systèmes de végétation, el l'on reconnaîtra bienlôt des différences marquées entre les plantes de l'Amérique, de rAfri(|ue, de l'Asie, de l'Australie et de l'Europe; on verra que le bassin atlantique, du pôle au quarantième degré de latitude nord, offre une végétation particulière, qu'il en est de même de la mer des Antilles, y compris le golfe du Mexique, de la côte orientale de l'Amérique du Sud, de l'océan Indien et de ses golfes, des mers de la Nouvelle-Hollande. La Méditerranée a un système de végétation particulier qui se prolonge jus(|u'au fond de la mer Koire, et cependant les plantes marines du port d'Alexandrie ou des côles de Syrie, diffèrent prescpie entièrement de celles de Suez et du fond de la mer Rouge, malgré le voisinage. La lumière, dit-on, ne pénètre point dans les abîmes de l'Océan ; elle semble s'arrêter à une petite distance sous la surface des eaux, el cependant l'on trouve à mille pieds de profondeur des Hydrophytes aussi fortement colorées . d'un (issu aussi dense que sur le rivage; le fluide lumineux n'est donc pas aussi nécessaire aux Hydrophytes qu'aux Aérophytes; elles se parent de couleurs brillantes sans l'action de la lumière, au moins de celle qui est sensible pour nos organes, car au fond de la mer, (|uelque profomie qu'on la suppose, il ne peut point exister d'obscuiilé absolue; le peu de rayons qui pénètrent dans ces |)rofondeurs, ou bien des particules de lumière, ou ses molécules élémentaires combinées avec l'eau, suffisent pour animer et colorer les êtres destinés à vivre dans ce monde. Que la croissance de ces êtres doit être longue, que leurs mouvements doivent être lents, que les fondions vitales doivent être peu actives, sous l'énorme couche d'eau qui les couvre! Il leur faut plusieurs années pour ac<|uérir la grandeur à laquelle ils parviennent dans quelques mois à une profondeur de Irois à quatre brasses.
DlSTRlBDTIon GÉOGRAPHIQUE DES PRODUCTIONS TERRESTRES.
Géographie holaniqtte.
Après la connaissance des substances minérales et fossiles, distribuées par couches plus ou moins profondes, les plantes sont les objets natunls (|u'il importe le plus d'étudier, à l'effet de caractériser les différentes régions du globe. L'influence que les agents physiques exercent sur les productions de la nature, leur fait revêtir des formes extrêmement diversifiées, et dont chacune semble particulière à telle étendue de pays. Si l'on reconnaît que la plupart des végétaux ont une i)alrie resserrée entre certaines limites, on sera obligé d'admettre que, malgré leurs nombreux moyens d'émigration, ces végétaux ne pourront jamais devenir cosmopolites. La fixité des individus au sol qui les a vu naître, ainsi qu'une foule de conditions indispensables à leur existence, seront toujours des obstacles qui les empêcheront de franchir leurs barrières natu-
relies. El si l'on considère ctlte classe il'èlres sous le poiiil (le vue de leur existence dans telle région, exclu- .slveinenl à toute autre., on pourra réunir une masse de Oills assez positifs pour en constituer une science particulière, qui aura ses lois elses théories. Cette science existe, et plus complète que les antres parties de la Géoitrapliie naturelle, elle a reçu le nom de Géogra-
pniE BOTANIQCE.
Par ses préceptes comme par ses exemples , Linné, toujours créateur, en posa les premiers fondements; il eut soin d'indiquer, dans les ouvrages généraux et dans les Flores, la patrie de chaque Plante, circonstance à laquelle les anciens naluralisles ne donnaient qu'une importance très-faihie. L'attention des holanlstes ne s'est néanmoins portée que longtemps après Linné sur celte partie intéressante de la science; mais en peu de temps, les progrès de celle-ci ont été si rapides, qu'elle s'est presque mise au niveau des autres sciences naturelles, et qu'elle a depuis attiré les remarques de plusieurs savants. Il est vrai que l'on compte parmi ses historiens, quelques-uns de ces hommes aussi distingués par itne vaste érudition que par un esprit judicieux, de ces hommes (|ui commencent par constater et rassemhler des faits, les enchaînent ensuite avec sagacité, sans pourtant omettre d'exposer ceux qui, dans l'imperfection de la science, semblent faire exception aux lois qu'ils élaienl parvenus à étahlir. Les travaux des Humboldt, des De Candolle, des Robert Brown, seront donc ici les meilleurs guides dans l'exposition concise, et, autant que possible, suffisante de toutes les données acquises sur la Géographie botanique, et des résultats généraux qu'on en a déduits. On mettra aussi à profit les ouvrages publiés plus récemment sur cet objet, parmi lesquels se distinguent éminemment les travaux et Mémoires de Scliouw, Boue, De Buch , Winch, etc. Avant de parler des limites qui captivent les Végétaux dans certaines zones, ou de ceux propres à telles contrées et à telles localités, il faut passer rapidement en revue les causes physiques dont l'inHuence est si marquée sur la végétation ; cet examen sera suivi de quelques considérations sur la profusion et la rareté des Plantes, sur leur acclimalation en des régions exotiques, et sur l'im|iossibilité du transport, ou du moins de l'existence durables de certaines d'entre elles hors de leur climat naturel. La végétation de chaque pays est soumise à l'influence constante et perpétuelle des agents physiques qui, nonseulement, modifient les formes des espèces, mais encore s'opposent lout à fait à l'existence de plusieurs d'entre elles. Si l'on cherche à classer ces agents en raison de leur importance, on doit placer en première ligne la température; puis étudier l'action de la lumière, de l'eau, du sol, de l'air atmosphérique et des phénomènes météoriques qui s'opèrent dans ce vaste laboratoire.
En examinant l'action de la température sur les Plantes, on ne doit pas perdre de vue qu'elles sont des êtres organisés, doués d'une vie iiilérieuie et, par conséquent, soumis à des causes physiologiques ilont on ne peut se rendre compte avec précision. L'inHuence de la chaleur sur les Végétaux ne petit donc être assimilée
à celle qu'elle exerce sur tous les corps de la nalure; elle est ici subordonnée à l'organisation qui fait que telle Plante, placée dans les conditions les moins favorables à l'existence, résiste cependant avec vigueur à l'empire destructeur des éléments. Mais il faut faire abstraction de cette action physiologiipic de la chaleur sur la force vitale des Végélanx. et voir seulement quelle sera son action purement physique sur leurs liquides et leurs solides. En ce sens, elle ne peut agir assez activement que sur les premiers, car les bois à l'état parfait et les graines bien mûres, c'est-à-dire, dont loules les parties sont presque entièrement solidifiées, paraissent insensibles aux extrêmes dn froid et du chaud. Quant aux liquides, ils sont dilatés ou condensés, selon les diverses températures. Si le froid est assez intense pour solidifier l'eau qui doit être le véhicule des sucs alimentaires de la Plante, celle-ci ne peut exister faule d'aliments; un même effet est produit par la cause opposée, c'est-à-dire par une haute température, carie terrain se dessèche et devient entièrement stérile; aussi, de vastes pays (les régions polaires et les climats arénacés de l'Afri(iue) où ces deux causes agissent d'une manière continue, sont presque tout à fait dépourvus de Végétaux. Les seuls que l'on y rencontre, possèdent une constitution qui les fait triompher des effets destructeurs de la température, et chez eux la force vilale, unie à des circonstances visibles et susceptibles d'explicalion, suffit pour conserver dans leurs orgajies essentiels la chaleur ou l'humidité nécessaire à l'exislence.
Comme il est démonlré qnela chaleur intérieure des Arbres est toujours plus élevée que la lempéralure de l'atmosphère. puisi|u'on l'a assimilée à celle qu'indiquerait un thermomètre placé à la profondeur moyenne de leurs racines, la température de l'air ambiant ne peut donc agir que sur les parties extérieures des Végélanx, et la faculté de résister au froid, augmentera dans ceuxci, en raison, 1" dn nombre et de la densité des couches ligneuses. 2o de la quantité des feuillets de l'écorce ou des écailles des bourgeons qui retiennent captives plusieurs zones d'air, dont la conductibililé du calorique presque absolument nulle, préserve la sève en circulation ; ô" de la nature résineuse des sucs propres contenus dans les bourgeons et dans l'écorce , ou de la nalure charbonneuse de celle-ci. Pour peu qu'on ait porté son attention sur les Plantes du Nord, on y aura vu. en effet, parmi les Arbres, des Bouleaux munis d'une multitude d'épidermes, et des Conifères remplis de sucs résineux. H est remarquable en nuire que les Piaules succulentes sont infiniment plus sujettes à la gelée, que celles dont le lissu est serré et charbonneux, et qu'un Arbre des pays chauds est d'autant plus susceptible de culture dans les climats tempérés, qu'il est plus avancé en âge,ou, en d'autres termes, que le nombre de ses couches ligneuses s'est augmenté. Ainsi, on voit au Jardin des Plantes de Paris, entre autres Piaules des contrées chaudes, un superbe individii A'Acacia Jiilibiisin, qui vit en pleine terre et ne redoute aucunement la rigueur des hivers. Une lempéralure qui ne varie, dans les deux saisons extrêmes de l'année, qu'entre des degrés peu éloignés, est favorable à l'existence des Plantes vivares
niixi|iiclk>s lin froid ri;;oiiieux devient nior(el; tandis «Iu'hu condaiie, \os Planles annuelles, dont Ips graines restent endormies pendant l'hiver, s'aecnmmodenl mieux d'un climat où la température est trùs-éievée <lans certains jours de l'élé.
On sait que la lumifire est en grande partie la cause délerniinanle de l'absorption de la sève, de l'émanation a<|iieuse des parties vertes, de la décomposition de l'Acide carl)onii|ue. et conséi|iieriiment de la fixation du cailione; on sait qu'elle produit la coloralion des parties vertes, le degré de consistance et la direclion des organes; enfin, qu'elle donne naissance ù plusieurs phénomènes, dont le plus saillant est celui du sinnineil des feuilles et des Heurs. Ces intliiences s'exercent liu-n cerlainement sur tous les Végétaux, mais elles ne délermiiu;ul (|ueli|ue chosede particulier dans les Plantes, que par leur durée ou l'intensité de leur action. C'est dans les climals équinoxiaux seulement, où une lumière vive et à peu près égale pendant toute l'année, envoie ses rayons perpendiculairement sur ces régions du globe; c'est là i|ue vivent les espèces qui sont remar- <|ual)les par le sommeil et le réveil alternatifs de leurs organes; tandis qu'on ne trouve dans les contrées raj)procliées des pôles, que des Plantes dont les Heurs et les feuilles, peu sensibles au faible éclat d'une lumière obli(|ue, conservent habituellement la même position. La coloration des organes des Planles, leur lissii compacte, et leur nature cliarbonneuse ou résineuse, ayant pour cause efficiente la lumièie, il est naturel de chercher ceux i|ui présenlciil au plus haut degré ces liualilé.i dans les p.iys eh;iu(ls il exposés à une grande
li'iiils et liia;;és, que des Piaules blanches, comme
.sans évaiKirer eu piopi.iliiui, souvent même de vénlaliles liydiopiqnis c|ui, pour leiu- guérison, ont besoin di: r.iclioii vniliaiile des rayons luiiiiueux. Il y a sans doiilc (le iioiiilireuses ex(e|jlioiis à ces rè.",les; ainsi.
es tri
rt p.
ri'Siiieux, occupei' des iiiièie il de la chaleur; on voit des les Fougères, les Mousses, conserver 'obseurilé qui décolore tous les aiili
Végétaux. Mais
: fa-
milles diverses réclanieul des doses diverses de liluiii le, et il est possible d'en tirer celte conséquence pialique, que, dans la culture des espèces exotii|ues, c'est non-seulement la ([uantilé de chaleur du climat doiil il faut tenir compte et qu'il convient de leur approprier, que celle de la lumière de ces mêmes climats. Celte (|uantilé est, il est vrai, souvent difficile à évaluer, et la preuve en est dans les Fiantes alpines que l'on n'élève qu'avec tant de peines dans les jardins holani(iues; mais ne pourrait-on pas en approcher d'une manière suffisante, en donnant une lumière artificielle aux Planles des serres, durant un espace de temps égal à celui où le soleil éclaire l'horizon de leur patrie? Il est hors de doute que les Plantes ont une organisaliou eu rapp(ut avec les circonstances de leurs climals respcclils, et qu'on ne peut activer ou ralentir leurs foiKiions sans les modifier, sans porler alleiiile à
leur organisalum, et coiisei|uemmenl à leur exi.slcnce. Lorsque, dans cet ouvrage, on a traité de l'Eau (^. ce mot) dans ses rapports avec les corps organisés, il a été question de ses fonctions comme menstrue des aliments des Planles et même comme élément de certains tissus organiques. Il règne à cet égard la plus grande diversité entre les Végétaux. Les uns en absorbent une grande quantité; les autres, au contraire, n'ont besoin pour leur existence que d'une faible portion de ce li(|uide, et semblent même le redouter comme un élément destructeur. Les premiers vivent dans des localités humides, ont un tissu lAche et spongieux, des feuilles molles présenlant de grandes surfaces, munies de beaucoup de pores corticaux, et sont très-peu velus; leur végétation est rapide, et ils ne sonl guère susceptibles d'êlre altérés par l'humidité. Les seconds n'habitent que les lieux les plus secs, et ofifrent une organisation en harmonie avec leur stalion. .4insi Ils sont très-denses; leurs feuilles sonl petites, velues, «t ne présenleut que peu de pores corticaux; leur végétation est lente; ils abondent en sucs propres, gommeux, résineux ou huileux; enfin ils n'ont que peu de racines et sont proniptement altérés par l'humidilé.
Puis(|ue les Végétaux se présenlenl avec des qualités si opposées, ils sembleraient, sous ce point de vue, susceptibles d'être partagés en deux classes, aux(|uelles lesexpressionsd'Hydrophiles et d'Ilydrophobes seraient convenablement appli(|uées. Mais, ainsi (|ue leurs stations, les Plantes n'offrent pas toujours le maximum ou le minimum d'humidité. Il y en a de tellement intermédiaires, qu'elles vivent dans plusieurs localilés. suivant lesquelles ces Plantes, il est vrai, varient extrêmement, et ont un aspect semblable à celui des Végélaux qui croissent exclusivement dans une régiiui humide ou sèche.
L'iiiHueiice de l'eau sur la distribulion lopographi(|ue des Végétaux, est liée intimement avec celle des causes éuumérées plus haut. On a vu i|ue son absorption était considérablement modifiée par la lumière et la lempéralure. Dans les paragraphes suivants, on dira en peu de mots comment rintlurnce de l'eau se trouve augmentée ou diminuée par les différents états du sol et de l'atmosphère.
Selon la consistance du leriain et la nalure chimique des terres et des pierres (|ui le cimiposent, les Végétaux varient aussi plus on moins dans leurs formes. Il est inutilede rappeler au lecteur les différences que présentent, dans leur végétation, les localités sablonneuses ou argileuses, pierreuses ou conlenanl beaucoup d'humus végétal sous les mêmes climats ou des endroits très-rappiochés. Telles Plantes néanmoins prospèrent malgré la consistance désavantageuse du sol, pourvu que celui-ci ait une bonne exposition, tandis qu'un terrain semblable, mais mal exposé, est complètement stérile. Ainsi les contrées ballues par les vents, exposées au Nord ou au Midi, dénuées de forêts ou de montagnes, n'offrent cerlainement pas la même végélaliou (|ue celles qui sont suffisamment abrilées, quoique ces dernières possèdent la même constituliou géognobtique. Ainsi un sol dont les molécules sont iiiobiles les unes sur les autres, el ne contient i|ii'iin peut
nombre de parties soluliles dans l'eau, ne pont servir <|ne d'excipient pour les Planles. Il ne les nonrrit pas, cl peut Kiiil au plus soutenir la vie de celles <|ni puisent dans l'airalmospliérique leurs subslancesalimentalres. Le nombre de ces dernières doit être fort limité, et (Iles ont un aspect aussi particulier que leur mode .l'existence. Si une foule de Planles ne peuvent vivre que sur les bords de la mer; si d'autres, telles que les Crucifères et les Cbampignons, croissent de préférence dans les terrains qui renferment beaucoup de matières animales en décomposition; s'il en est qui se plaisent dansun sol siliceux, «ypseux ou contenant des matières salines, il devient évident que la nature cliimiquc des terres doit iiiBuer puissamment sur le développement des Végétaux propres à cliaque réfiion. Celte action de la nature des terres sur les Végétaux, augmente d'énergie lorsque la localité est soumise en même temps à l'aclion de l'eau qui dissout les matières alimenta
l à celles de la tempérât
!qui
olution.
et de la lumière qui produit une répétition plus fré- <|uente(lu phénomène de l'absorption.
On a beaucoup parlé de l'influence que les roches, c'est-à-dire lesuiassescompactesde matières minérales qui constituent lesmontagnes,cxercentsur l'habitation des Plantes, soit qu'on considère leur couleur, leur surface plus ou moins lisse et enfin leurs autres i|ualilés physiques, soit qu'on envisage seulement leur natuie chimique. Quant à la première considération, il est certain que la chaleur réfléchie par les rochers modifie la température de certains lieux, et y fait prospérer plusieurs Végétaux qui n'habitent ordinairement que des contrées beaucoup plus méridionales. C'est ainsi i|ue les parties basses de quelques vallées étroites et enclavées au milieu des Hautes-Alpes offrent au voyageur étonné des Plantes qui se retrouvent seulement à plusieurs degrés de latitude plus au midi. Mais cette influence ne s'exerce que dans un très-petit nombre de localités, et doit agir légèrement sur le choix des Plantes susceptibles d'y prospérer. En ce qui concerne l'action delà nature chimique des roches sur les Végétaux, action que plusieurs observateurs ont singulièrement exagérée, elle a été réduite à sa juste valeur par le professeur De Candolle. Le sol dans lequel croissent les Plantes des roches calcaires, graniti(iues, schisteuses, etc., se compose bien plus de l'humus formé par les corps organisés qui ont vécu à sa suiface et de molécules terreuses étrangères aux roches, que du propre détritus de celle-ci, et c'est une b(mne raison pour croire que leur nature n'est qu'une cause purement accessoire à la naissance et à l'habitation des Plantes. Aussi telles Plantes, comme le Buis, qu'on croyait particulier aux terrains calcaires , le Châtaignier <[ui paraissait eu être exclu, etc., etc., ont-elles été rencontrées dans presi|ue tous les terrains minéralogiques. On ne peut nier toutefois que ces Végétaux marquent une sorte de préférence pour telle espèce de terrain; mais il n'est pas facile d'expliiiuer cette piéférence, car l'influence du sol dans lecpiel plongent leurs racines, parait devoir l'emporter sur celle des roches (|ui lui servent de simple support, et d'après ce qui a été dit plus haut, ce sol est composé, dans les divers terrains,
de matériaux presqu'identiques par leur nature. C'est ainsi que les terrains calaminaires, par exemple, présentent parfois une végétation tellement particulière, qu'il est des pays où l'apparition de certaines Plantes a déterminé des exploitations du Zinc. K. CAi.AsiinE. Les seuls Végétaux immédiatement appliqués contre les roches en reçoivent incontestablement une action marquée. Ces Végétaux ne consistent qu'en Cryptogames des classes les plus inférieures. Pour ne pas abuser des citations, on se bornera à mentionner ici la station du Rliizocnipon geo'jraphicum. Ce Lichen ne se trouve (|ue sur les roches syénitiiiues ou primitives où il forme des croûtes verdàlres, faciles à distinguer de très-loin. En certaines localités de montagnes calcaires (sur le mont Salève et le revers oriental du Jura ). gissent d'énormes débris de rochers, témoins irréfragables de grandes catastrophes qui les ont transportés à une grande distance de leur position primitive. On les distingue aisément d'avec les rochers environnants, aux taches vertes et confluentesdii Rhizocarpon. Il a déjà été question d'un Stéréocanlon qui ne vient que sur les scories des volcans, et d'une Lécanore qu'on ne retrouve jamais ailleurs que sur des briques.
C'est peut-être à tort que l'on attribue aux seules influences de la température et de la lumière la végétation si particulière des montagnes. La nature de celles-ci y est bien pour (pielque chose, et cette assertion ne détruit pas ce qui a été avancé sur la nullité d'influence des roches. (|uant à leur composition minéralogique, par exemple, deux montagnes se trouvent dans des circonstances semblables, c'esl-ii-dire «(u'elles ont la même hauteur, une exposition pareille, qu'elles sont sous le même climat, et cependant leur végétation est totalement différente t dans l'une, le roc est pres- «pi'à nu, ou bien il est recouvert par une légère couche de terreau pur, formé par le déirilus d<^s corps (uganisés; dans l'auln-, le terrain csl ai('ri:ii;é orr ;ii;;ili'rr\, plus ou moins nioliile. cl srrscfplihli' ili' rioririir' île grandes Plantes durit li's riirliics pcirvi'rrl pénéircr à truc profonderri' cnrisicléralile. Les différences (|ue présentent les sommets des Ir.iules chaînes de montagnes en sont des exemples frappants. Sur les unes, on ire voit que des Plantes Iwibacées, apjiartenanl à des genres tout à fait étrangers à ceux de la plaine, tels cpre des Saxifrages, des Gentianes, des Primevères, tandis qu'ailleurs les Sapins, les Rhododendrons, etc., ainsi que plusieurs Arbtrstes des plaines, croissent en aborrdance. Il suit delà que certaines Plantes préfèrent irn teri'ain à cause de la dureté des roches ipri le supportent, et qui n'étant pas faciles à désagréger, resteirl totalement étrangères à la composition du sol dans lequel les Plantes puisent leur nourriture. Les terrains mous, au contraire, influent drrectement sur la végétation, et facilitent par errx-mêmes le développement des Arbres et des Arbrrstes.
Comme il a été bien constaté que les proportions d'Oxygène et d'Azote i|ui composent l'atmosphère, ne varient pas sensiblement dans quelque partie que ce soit du globe, et à (juelqire hauteur que l'on s'élève, ri n'est pas naturel d'attr ibuer à sa composition chimiqrre une action sur la distribution géographiiiue des Végi-
TER
(aux. Mais la nature des substances que l'air almospliérique lient en dissolution ou en suspension, et surtout la (|uantil(i d'eau qu'elle peut contenir, son agitation «pii produit les vents, sa staj^nation, les phénomènes méléori(|ues que déterminent le Huide électrique ou toute autre cause physi(|ue; sa densité, sa rareté ou son inégale pression : toutes ces circonstances sont autant de causes réellement agissantes sur le dévelopl)ement des Plantes. Les substances gazeuses, étrangères à la composition habituelle de l'atmosphère, n'existent que dans quelques groltes et dans certaines mines où elles y sont coërcées par les terrains que forment les parois de celles-ci. Il est bon d'observer que l'absence de la lumière et d'autres agents puissants doit, aussi bien que la nature des Gaz mélangés avec l'air, prévenir la naissance de toute espèce de Plantes, à l'exception de quelques Cryptogames. Dans Patraospère libre de toutes entraves, l'eau est le corps répandu en plus grande abondance et qui a une influence très-considérable sur la production des Plantes. Sa quantité varie dans chaque pays suivant les saisons, les vents ou toute autre cause météorique, ce qui favorise ou empêche le développement de ses propres Végétaux. Les forêts vierges de toutes les contrées inlcrtropicales doivent la vigueur et le luxe de leur végétation autant à l'humidité qu'ù la haute température qui règne constamment dans ces climats.
Lorsque des contrées sont exposées aux effets d'une trop grande agilalion de l'air, elles ne présentent que des Plantes peu élevées, ù moins que la compacité du sol ne s'(q)pose au déracinement des Arbres qui y prennent naissance. Un effet non moins fâcheux pour les Végétaux, c'est celui produit par la stagnation de l'air, car Knight a prouvé que, dans des lieux où l'air estexlrêmement calme, les Arbres croissent miiinsdans un temps donné que ceux qui sont soumis à l'aclion
Les autres phénomènes météori<iues sont des causes irop accidentelles porrr qu'on doive leur allribuer quelqu'importance relativement à l'habitation des \ égétaux. Ils n'agissent d'ailleurs que sur' les individrrs, maisneportentjamaisatteinteàl'existencede l'espèce. Ainsi une gelée extraordinaire aura bien pu faire périr une quantité immense d'Orangers et d'Oliviers dans le midi de la France, mais un nombre suffisant aura survécu à cel accident pour conserver ces Plantes dans une contrée où depuis bien des siècles elles sont acclimatées.
On ne peut placer la pression atmosphérique au nombre des causes qui induent sur la végétation. Ce serait s'engager dans le dédale des théories; et d'ailleurs, pourquoi rechercher une cause réellement trèsfaible, quand on en trouve une si marquée dans les différences de tempér-ature qu'offrent les régions plus ou moins élevées? On doit tout au plus tenir compte de cette pression dans l'histoire des Hydrophytes marines, parce que son effet sur l'Océan facilite leur recherche. Les Végétaux sont modifiés sur les hautes sommités par' le concoui's de toutes les influences qui, ci-dessirs, orri été passées en revue, et la rareté de l'air III' doit leur' être ajoutée que comme une faible cause
accessoire. La théorie indique que celte rareté de l'air a par elle-même une action directe sur la végétation, en ce que les parties vertes et colerées des Plantes absorbant une quantité plus ou moins grande d'Oxyi;ène, quelques-unes n'en trouvent point assez poui' leur existence. On a dit aussi que la diminrriion de la pression atmosphérique agit en augmentait l'évaporation. Mais il est nécessaire d'ajouter que ces effets ontbesoin d'être constatés par des expériences directes et peut-être impossibles dans l'état actuel des sciences, pour (pi'on puisse apprécier leur influence réelle.
C'est une observation bien vulgaire (lue celle qui consiste à reconnaître la nature spéciale de la localité dans laquelle chaque espèce a coutume de croître. On sait que telle Plante habite les marais, telle autre les montagnes, une troisième les forêts, etc., etc., et l'on dit alors que les marais, les montagnes, les forêts, etc., sont les Stations habituelles et respectives de ces Plantes. D'un autre côté, il n'est personne (pii, ayant voyagé en divers climats, n'ait vu les formes de la végétation changer ou plutôt être remplacées par d'autres formes entièrement différentes. Chaque espèce a un centre où elle est très-commune, et diminue à mesure qu'on s'en éloigne; cnBn elle ne dépasse pas certaines limites. JLa partie du globe que celles-ci circonscrivent est ce qu'on ajipelle l'Habitation de l'espèce, terme dont la signification est loin d'être semblable à celle de station avec laquelle néanmoins on l'a souvent confondue.
Lorsque le terrain d'une même région se trouve dans plusieurs circonstances entièrement dissemblables, les stations des plantes se multiplient d'après les influences qu'exercent sur celles-ci la chaleur, la lumière, l'eau, le terrain et l'atmosphère. Si une Plante est douée d'une constitution robuste, si elle est facile à cultiver dans un terrain quelconque, elle se répandra sur une grande étendue de la contrée, et n'affectera de préférence aucune localité. Sa station restera indécise, et on la verra seulement varier considérablement d'après l'action que les agents extérieurs exerceront sur elle. Mais si, air contraire, un Végétal offre une organisation telle qu'il ait besoin d'une plus ou moins forte dose de chaleur, de lumière et d'humidité, il ne se trouvera que dans les teirainsdontles circonstances seront en harmonie avec sa structure; il croîtra donc seulement dans une station déterminée. Jouissant alors de tout ce ipii peut assurer sa prospérité, il abondera dans celte station particulière, et finira même par en chasser toutes les Plantes étrangères qui tenteraient de s'y établir. C'est ainsi que se sont développées ces masses d'individus de la même espèce, qui couvrent toute la superficie d'un marais, d'une lande sablonneuse, d'un terrain argileux, etc., et si à la vigueur de leur végétation ces Plantes joignent de puissants moyens reproducteurs, on conçoit qu'elles pourront se rencontrer dans foules les localités de la région, appropriées à leur existence. Quand, au contraire, les Plantes sont munies de graines peu nombreuses, légères et susceptibles d'être transportées au loin par les vents, quand, d'ailleurs, elles reqiiièrentdes conditions particulières parleur accrois sèment, non-seulement elles ne forment jamais des agglomérations d'individus propres à telles coiil rées, ma is
ciicoïc elles soiil ce qu'on api)elle des Plantes épuises, cijrenées ou rares dans le lieu même de leur slalioii. Par opposllion à celles-ci, Ilumboldl a nommé Planles sociales celles d(inl les individus se trouvent rapprochés et vivant en nombreuses sociétés. Ce sont les Plan- - (es de celte nalure qu'il est le plus utile de considéicr sous le point de vue de la Géographie botanique. En pffel, comme elles exigent pour leur existence, des terrains spéciaux, et des doses de chaleur, de lumière et d'humidité déterminées, leur connaissance se lie à celle (les êtres naturels et des circonstances qui caractérisent invariablement les régions. Ne sait-on pas, par exemple, que le Calamagrostis arenaria ( A', ce mot et Dunes), le Cares arenaria, envahissent de grandes régions sablonneuses, que les Rhododendrons, les Gentianes rougissent ou bleuissent les pentes élevées des Alpes et des Pyrénées, que les Eriophorum blanchissent d'immenses marais à moitié desséchés, etc.? Quelques Plantes, douées d'une constitution robuste, qui peuvent occuper plusieurs stations différentes, et sont par conséquent destinées par leur nature à vivreéparses et égrenées, deviennent cependant sociales, lorsqu'elles rencontrent un sol aride dont elles s'accommodent trêsliien, tandis que tous les Végétaux y périssent. Si, dans celle occurrence, deux espèces différentes viennent se disputer le terrain, celle qui a le plus de vigueur dans tous ses organes étouffe les individus de l'autre, et quelquefois l'en chasse entièrement. Mais lorsque des avantages ù peu près égaux rendent leur lutte incertaine, alors, tout en se partageant la contrée, elles semblent y vivre dans un état de guerre et d'inimitié perpétuelles. Ainsi le savant R. Brown a fait remarquer que VErynfjiiiin canipeslrc et le Ceitlaurea calcilrapa, qui couvrent simultanément certains lieux incultes , n'y sont jamais mélangés indistinctement, mais que l'une et l'autre de ces espèces forment des séries de masses partielles, dont chacune est placée à une certaine distance de son ennemi.
Une région vaste et fertile doit nourrir et nourrit en effet une grande variété de Végétaux. Voilà pourquoi la végétation des immenses forêts vierges des tropii|ues, si favorisée par la nature de son terrain, la chaleur et l'humidité, présente des Végétaux de toutes les formes et de toutes les grandeurs. Dans les climats lempérés, il y a plus d'uniformité; certaines plantes dominent dans diverses localités, et on remarque assez généralement que plusieurs espèces en accompagnent toujours d'autres, de sorte que la vue d'une seule d'enue elles annonce constamment la rencontre de celles <|ui composent ordinairement sa société. Au résumé, la sl.ilion d'une Plante est une sorte de résultat moyen produit par la combinaison variée de toutes les in- Ihrences des agents physiques. Telle Plante aquatique, par exemple, qui habite les marais des plaines basses, ne pourra se développer dans les marais des montagnes; telle autre, qui croît sur une pente élevée et dans un sol argileux, ne se trouvera pas dans une localité semblable, mais o£r le sol sera de sable, etc.
Il suit de là que les stations des Plantes ne se réduisent pas à un petit nombre, comme on l'exprimait autrefois par les mots de Planlœ cuiupestres, sylvestres
tel tiinbrosœ, paliKlosœ, aquaticce, niarinœ, siibal- /)>nœ et alpinœ. Le professeur De Candolle a établi seize classes de stations (|u'on ne doit pas considérer' d'une manière rigoureuse, parce que l'auteur a été forcé de fair'e prédominer une cause influente, de s'err servir comme base de chaque division, et faisant, pour ainsi dire, abstraction de toutes les autres. Les inUuerrces des autres éléments sont rréanmoins appréciées, et sont employées pour tracer des sous-divisions dans chaque classe. Les noms de ces classes étant assez expressifs poirr n'avoir pas besoin d'en développer les définitions, il suffira seulement de les mentionner ici. D'après les statiorrs qu'elles occupent, les Plantes sont :
1" Maritimes ou salines; il ne faut pas les confondre avec cellesde la classe suivante : on veut seulement parler ici des plantes terrestres, qui ont besoin de vivre près des eaux salées pour en absorber une portion nécessaire à leur existence. Exemple ; les Salicornes, les Soudes, la plujiart des Staticés, V lister Tripoliutn, etc.
2» Plantes marines ( Thalassiopliytes, de Lamouroux), plongées dans la mer ou flottant à sa surface. A', plus haut ce qui a été dit sur les Hydrophytes.
ô" Plantes aquatiques, plongées dans les eaux douces, immergées ou Bottantes. Cette classe serait srrsceplible <le pirrsieurs soirs-divisions, d'après la nature et les circonstances physiques des eaux. Ainsi les Plantes des eaux mortes diffèrent de celles des eaux courairles; celles qui nagent dans les rivières lentes ne sont pas les mêmes que celles des fleuves impétueux, etc.
A" Plantes des marais d'eau douce; le sol où elles croissent est souvent à sec, ce qui leur fait prendre des formes hétéroclites. Cette classe ne devrait former qu'une sous-divisiorr de la pi'écédente.
o» Plantes des prairies et des pâturages secs.
C Planles des terrains cultirés, dont le développement est dû à l'action de l'Homme, soit que leurs grairres aient été transportées d'un pays étranger avec celles des Plantes cultivées, soit que la terre ait été converrablement disposée pour favoriser la naissance fortuile de celles qui aiment un terrain substantiel cl léger.
7» Plantes des rochers, que l'on pourrait subdiviser eu Plantes des murailles, des lieux rocailleux ou pierreux, et des graviers, selon que la masse des fragments va en diminuant. On observera cependant que les Plantes des murailles ne sont peut-être pas aussi indépendantes de la nature chimique de leurs supports que celles des rochers. Plusieurs espèces des premières enfoncent leurs racines dans les fentes des murs, et contiennent des sels qui ne sont pas absolument étrangers à la composition de ceux-ci.
8" Plantes des sables ou des terrains très-meublés et peu substantiels.
9" Plantes des lieux stériles; classe hétér-ogène, car les terrairrs sont siériles par l'effet d'une foule de causes qui influent de diverses manières sur la végétation.
10" Planles des décombres. Elles choisissent les habitations des animaux, par le besoin qu'elles éprouvent de sels et de substances azotées.
Il" Plantes des (oiêls. Il faut distinguer' parmi
celles ci les Arbres (|ui coiistilirent la forêt et les Plantes auxquelles ils prêlcnt leur abri.
12o Piailles lien buissons ou des haies. Outre les petits Arbustes qui en sont l'ornement essentiel, on y rencontre un certain nombre de Végétaux herbacés et pour la i)Uipart Hi'impan's.
13» Plantes suiitenaiiies. Elles peuvent se passer de la lumière, et quelques-unes d'entre elles ne peuvent même la supporter. La plupart vivent dans les cavernes obscures; d'autres dans le sein de la terre.
14» Plantes des montagnes. Toutes les stations précédentes pourraient entrer comme sous-divisions dans celle-ci. Le professeur De Candolle propose d'établir parmi les Plantes monlaf;nardes une division importante, c'est-à-dire celles des espèces qui croissent dans les montagnes alpines, dont les sommités sont couvertes de neiges perpétuelles et où l'arrosement est continu et abondant pendant les chaleurs de l'été ; et celles des espèces qui babitenl les montagnes d'où la neige se retire avant l'été , et qui sont privées d'une irrigation
15" Plantes parasites, qui pompent leurnourriture sur tous les autres végétaux. Elles se trouvent dans toutes les stations précédentes.
16» Piailles fausses parasites. Elles vivent sur des Végétaux morts ou sur des Végétaux vivants, mais sans eu absorber la sève. Un grand nombre de Lichens, de Mousses, et même de Piaules phanérogames (les Épidendres) forment celte classe.
Plusieurs de ces divisions sont très-générales et n'offrent pas de caractères bien tranchés. Si l'on voulait obtenir une classification qui n'olîrît pas cet inconvénienl, il f;iudrail augmenler encore le nombre des divisions, surlout pour les Plantes sablonneuses, a(|uatiques, sylvestres et inonlagnardes. 11 serait facile, par exemple, de former aux dépens des premières, une classe qui renfermerait un nombre immense de Végétaux, puisque la nature du sol (|ul en ferait le caractère essentiel , est celui (|ui convient à la majorité des Plantes. Telles sont celles (|Ui \ivenl dans le terrain arénacé et rempli d'humus végétal, connu sous le nom de terre de Druyère. Mais après avoir établi ces nombreuses divisions, on les verrait encore se nuancer les unes dans les autres, et offrir beaucoup d'ambiguités pniii' leur disliiiclion.
On a défini plus liant ce que l'on enlend par le mot habilalions des Piaules; on a vu en <|noi il diffère de celui de slatimis dont on vient d'analyser rapidement les phénomènes. Il semblerait (ju'en réunissant toutes les données ac(|uises par l'étude de ces deiiiièrcs, on devrait arriver à la connaissance des habitations, puisqu'on a dit que l'élude des stations est, en quelque sorte, la topographie, et (|ue celle des habitations constitue la géographie botanique. Mais il n'en est pas ainsi; les causes climatéri(|ucs et essentielles au sol, qui déterminent une Plante d'un pays donné à vivre dans telle localité spéciale, n'ont pas seules présidé à sa production originelle, et l'influence absolument semblable des mêmes agents physiques en des contrées fort éloignées ne donne pas toujours naissance aux mêmes espèces. Les causes réelles ([ui ont ri légué les Piaules
dans chaque région du globe sont encore si peu connues, qu'elles ouvrent rrn vaste champ de dispute aux édificateurs de théories et d'hypothèses. Loin d'aborder ce poirrt obscur de la philosophie natirrelle, il faut se contenter d'exposer quelques observairons qiri découlent du rapprochement de faits bien avérés, et qui ren- ' versent à perr près toirtes les idées que les ancierrs naluralisles, qire les philosophes s'étaient formées srrr le centre originaire du monde végétal.
Ouoitpr'en thèse générale il soit vrai de dire que les mêmes inflrrences physiques doivent produire les mêmes résultats, l'application de ce principe rre saurait être faite avec rigueur air sujet dont il est ici qrrestion. Peut-on, en effet, apprécier exactement toirtce (|rri, dans les climats étrangers, doit intluer sirr la végétation, et alors comment prononcer sirr lerrr identité avec d'autres climats que l'on voudrait leur comparer? La surface du globe est modifiée dans une multitude de points, en sorte que ses productions doivent varier comme les circorrstanccs physiques dans lesqrrelles chacun des points se trouve. Ces variations sont d'abord irrscnsibles et peu importantes; mais à mesure que l'on s'éloigne de chaqrre poirrt central, l'analogie des formes disparaît, et, par des tiansiliorrs qui ne sont jamais brusques (ù moins que de gr-ands obstacles géologiques ne viennent s'y opposer), la végétation prend un aspect tout à fait différenl. Ainsi les zones glaciales, tempéi'écs et équinoxiales. offrent de grandes diver'sités, non-senleriient de l'une de ces zones à l'atrtre, mais aussi dans les parties qui composent chacrrne d'elles. Quelques contrées très-éloignées. et qui ne peuvent être comparées entre elles (|ue sous le rapport des mêmes causes physiqrres auxquelles elles sont soumises, ont errtre elles des ressemblances qui ont frappé les voyageur'S, mais cependant elles rr'offrent qrr'rrn petit irombre d'espèces végétales parfaitement semblables; ces espèces appartierrnent à la classe de celles dont l'organisalion est peir compliquée; telles sont les Plantes cellulaires ou acotylédones, ainsi que les Végélarrx qrrr sont exlrémement robustes, parce qtr'ils s'accommodent facilement de divers degrés de température et de froid. En admettant qu'il y ait un certain nombre d'espèces communes à derrx régions à la fois, en admettant même qu'il y en ait de cosmopoliles, on devrait toujours considérer la majeure partie des Végétaux comme distribués par groupes géogi'apbiques, et localisés dans des espaces déterminés de la terre.
Plusieirrs genres, et même des familles entières, ne se rencontrent (|u'en certains llerrx spéciaux : ainsi le cap de Bonne-Espérance est runi(|ue patrie des nombreuses espèces de Borboiiies, d'AntIrolises, d'Hermanrries, de Stapelies, etc. Dans la Norrvelle-Ilollairde croissent exclusivement les Banksies. Styplielies. Gooderries, lesÉpacridées, elc. C'est darrs l'Inde et la Chine seulement qu'on rencontre les Hespéridées et les Caméliées; enfin, pour ne pas dorrner une trop longue liste d'exemples, les nombreuses espèces de M rrtisies.de Qirinquinas, de Fuschies, de Cierges, sont réparties et concentr-écs en diverses régions de l'Ainériqire éi|ualoriale.
Onelques-nns de ces genres confinés dans certains coins de la terre, groupes auxi|uels le piofesseiir De
Caiidolle a doiiiK', par miHapliore, le nom de genres ciidéuiiques, laissent échapper des espèces qui se répandent an loin, cl ponrraient élre comparés à des déserlenrs éloignés de leurs régimcnls. Toutes les espèces en nombre si considéralile de Ficoïdes, ri'Ixies et lie Glayeuls, sont aborigènes du cap de Ronne-Espérance. à l'exceplion, pour chacun de ces genres, de deux ou trois espèces <|ui croissent jusque sur les côles méridionales de l'Europe.
Ailleurs, ce sont les espèces des mêmes genres qui se liouvenl partagées cnire les deux contrées éloignées. De Candolle a même fait celle remarque curieuse, (|ue dans certains genres, formés de deux espèces seulement, l'une habile un hémisphère, tandis que l'autre croît dans l'hémisphère opposé ; ainsi, le Platanus orienliilis croît sur l'ancien continent, et \e Platanus occi- (leiilalis dans le nouveau monde, etc. Sons les tropiques, les Plantes de l'Améri(|ue, de l'Afrique et de l'Asie appartiennent le pins souvent aux mêmes genres, mais rarement elles sont spéci(î(iuement semblables. Il y a toutefois plusieurs exceptions à cette sorte de loi i|ue le célèbre Humboldt avait cru constante. Une certaine quantité d'espèces recueillies sur la cote d'Afri(|ue,lant au Congo qu'an Sénégal, sont .uissi indigènes de l'Améri(|iie, et Auguste Saint-Ililaire, dans un mémoire récemiTicnt publié sur le genre Saurtu/esia, a prouvé (|u'une de ses espèces (S. e/ec/n, 'Willd.), avait pour communes patries l'Amérique. l'Afrique et les Indts orientales. Entre les Plantes des climats tempérés, celles surtout i|ui habitent l'hémisphère boréal, il y a encore moins de différence. Peut-être cela tient-il à ce que les continents sont à peine séparés, et que l'inOuence des éléments semble uniforme sur toute celte partie du globe. Si l'on compare les Plantes qui habitent les climats froids et tempérés des deux hémisphères opposés, on observe aussi de singuliers rapports. Les terres magellaniqiies, les environs de Monte Video, présentent plusieurs espèces des genres européens, et les Plantes iiue l'on y a transportées s'y sont naturalisées avec la plus grande facilité.
Entin, on voit certains genres très-nombreux en espèces ne croître qu'en deux contrées de la terre fort <iistanles l'une de l'antre, mais placées aux extrémités de deux grands continents. Tels sont les Pelaigonium et les Piotea dont les espèces sont partagées entre le (•;ip de Bonne-Espérance et celui de Van-Diémen, telles .s(inl encore les Mimosa à pétiole développé en feuilles, qui croissent dans la Nouvelle- Hollande et dans l'île Mascareigne.
On ne poussera pas plus loin ces observations sur les rapports et les différences que les climats offrent entre eux dans leur végétation. Il paraît suffisamment démontré que le plus grand nombre des espèces ont pris naissance dans le pays même où on les trouve plus abondamment, sans pour cela recourir à des explications par des moyens de transmigrations que ne prouvent aucunes observations exactes, ni même le raisonnement ou l'analogie qui souvent suppléent si facilement à l'observation. Les principaux obstacles qui s'opposent à ces transmigrations sont :
1" Les mers dont l'immense élendue n'est pas la seule
cause de la non-propagation des Plantes végétant au delù de leurs limites, mais qui, par l'action de leurs eaux salées, détruisent la faculté génératrice de la plupart des graines. Plusien'rs naturalistes adjnettenl, il est vrai, que l'eau salée n'agissant pas au même degré sur toutes celles-ci, les mers ont dû être la route et le véhicule an moyen des(|ucls les espèces se sont disséminées. Cet effet aurait eu lieu surtout dans les plages parsemées d'iles que l'on a ingénieusement comparées à des points d'étape où les Plantes se sont fixées dans leur voyage maritime. Mais celte supposition gratuite de l'inthience des courants pélagiques semble devoir céder à cette idée très-vraisemblable (|ue chaque Plante a pour origine primordiale le lien même où on la trouve, on bieii (|ue sa dissémination est antérieure à l'époiiue où les iles et les continents furent séparés par (|uelque grande inuption de l'Océan. L'identité de la plupart des Plantes qui se trouvent sur les côtes de la Méditerranée, en Barbarie, en Espagne, en Italie et dans la France méridionale, est une forte induction en faveur de cette dernière liypulhèse.
2" Les déserts arides, malgré leurs Oasis (qui pourraient être assimilés aux lies de l'Océan), s'opposent puissamment au tianspoit des graines : aussi les parties de l'Afri(|ue séparées par les sables brûlants du Sahara, présirileril mic ;;iaiule difféience dans leur végct.ilioM. Les l'I.iiil.-s df Maroc et de l'Atriiiue septenliioïKilc n'uni |Mr..^i|iu' l'Oint de rapports .ivec celles du Sénégal, tandis (pie la similitude de plusieurs végétaux rappoités de la haute Egypte par l'intrépide Cailliaud avec ceux que Palisot-Bcauvois a figurés dans sa Flore d'Oware et de Bénin, fait présumer qu'il n'y a pas de déserts vastes et continus entre ces contrées éloignées. Si les découvertes de Beaufort, lieutenant de la marine française, et des voyageurs anglais qui ont parcouru assez récemment l'intérieur de l'Africpie, ne confirment pas cette supposition, on pourrait admettre que l'existence des esjièces semblables soit dans les royaumes d Oware et de Bcnin . soit dans la haute Egypte, est antérieure à l'irruption des déserts, c'està-dire des amas arénacés qui, an dire des voyageurs, empiètent continuellement sur les terrains fertiles.
5° Les hautes chaînes de montagnes. L'obstacle qu'elles offrent à la propagation des graines en raison de leurs hautes sommités le plus souvent neigeuses, serait insurmontable, si les montagnes n'étaient pas coupées par des fissures, des gorges, par où les Plantes peuvent se glisser dans les pays adjacents. On voit d'ailleurs la végétation d'un pays être biusqnement arrêtée par des collines on des élévations que l'on ose a peine décorer du nom de montagnes.
On vient d'énumérer les obstacles qui luttejit contre la transmigiation des Végétaux; parmi les causes qui facilitent celte transmigration à de petites distances seulement, et dont on a trop exagéré l'importance, on peut citer :
1" Les mouvements des eaux douces. Ainsi les fleuves et rivières apportent, aitisi qu'on le verra ci-après, des lieux voisins de leurs sources plusieurs Plantes qui se naturalisent sur leurs bords, et se propagent souvent Jns^in'ii leur embouchuie.
2" L'aclioli des vents. Personne n'iynoie la facililé avec laquelle quelques Plantes dont les graines sont aigrettées ou inunies d'ailes, voyagent et se disséminent souvent à de grandes distances.
3» La vie errante de certains Animaux dont les toisons emportent des graines accrochantes.
4" L'appétit de certains Oiseaux qui disséminent autour de leurs liabilations les graines contenues dans les haies dont ils se nourrissent.
S» La culture des Plantes utiles à l'Homme. On ne conteste pas l'origine américaine du Maïs et de la Pomme de terre, l'origine asiatique du Café et du Froment, maintenant répandus en tant de régions diverses ; mais tout en s'accordant sur le fait du transport de certaines Piaules, il est bien difficile de déterminer si le nouveau continent en est redevable à l'ancien, ou vice versa; tel est le Bananier.
L'Homme a semé, sans s'en douter, un certain nombre (IcVégétaux dont plusieurs se sont assez bien acclimatés dans quelques lieux. C'est à la culture des filés de Barbarie ainsi qu'à celle des Riz de l'Inde, au transport des laines et cotons de l'Orient, à la culture des Plantes dans les jardins botani(|ues qui deviennent autant de centres de naluralisalion, et quelquefois à des accidents, comme le naufrage du vaisseau qui répandit les bulbes d'une Amaryllis sur lesc(Mes de Guernesey, que l'Europe doit plusieurs Piaules, inuliles pour la plupart, et qui y sont mainlfriaiit liùs-communes. VElyc/uysiim fœtiihiiii, Plante du Cap, a tellement pullulé sur la côte de Brest, qu'elle y couvre une grande étendue de terrain, au détriment des Végétaux indigènes qu'elle a chassés de leur pays. Réciproquement, d'autres régions du globe ont reçu de l'Europe un certain nombre de Plantes qui paraissent y prospérer aussi bien que dans leur patrie.
Cependant il est important de ne point exagérer l'influence qu'exerce le transport des graines par l'Homme sur la végétation d'un pays. Le nombre des Plantes ainsi disséminées au loin n'est pas fort considérable, parce que tous les terrains et les climats ne sont point aptes à la peipélualion de la plupart des espèces, ifuebiues efforts qu'aient tentés plusieurs agriculteurs, pour acclimaler des végétaux imporlanls. Malgré les nombreux semis de Plantes exotiques. (|ue des amateurs ont essayés dans les environs des grandes villes, bien peu de Plantes ont répondu à leurs espérances. Les unes ont traîné sans fructification une vie languissante, qui a fini par s'éteindre sans retour; les autres, après avoir prospéré pendant deux ou trois années, ont été dé- (ruites par le simple effet d'une grande variation dans la température.
D'après tous ces faits, il est certain que dans chaque zone, le plus grand nombre des individus est produit par un petit nombre d'espèces; et c'est de là que dépend le caractère du paysage. Si ces espèces, au lieu (le vivre en sociélés d'individus semblables, offrent entre elles de légères différences, alors la prépondérance des familles qu'elles constituent, imprime à la nature un aspect riant, varié et majestueux. Ainsi, dans une région boréale où le nombre total des Biuyères est beaucoup moins considérable ijue celui des Com-
posées, les premières influeront davantage sui' l'aspeet général de la contrée que les secondes, parce qu'une ou deux de leurs espèces pourront occuper un espace dix fois plus grand que celui de toutes les Composées ensemble : ce qui fait voir que certaines familles de Plantes sont dominantes par la niasse, tandis que d'autres le sont par la singularité et la diversité de leurs formes; et c'est dans ce dernier cas seulement, que la nature paraîtra plus gracieuse et plus riche. Mais, de ce que plusieurs familles paraissent dominantes dans certaines contrées, il n'en faut pourtant pas conclure que c'est le lieu de la terre où elles prospèrent davantage. Certaines espèces de Fougères, telles que le Ptéris aquilin par exemple, croissent dans le Nord où le Iroid est mortel pour d'antres plantes; elles y semblent abondanles à l'œil du voyageur qui n'aperçoit autour d'elles qu'une chélive végétation ; mais cette abondance n'est qu'une illusion, car les Fougères sont d'autant plus nombreuses, et elles ont des formes d'autant plus variées, qu'on s'avance plus vers les zones éciuatoriales.
Après avoir reconnu que les espèces sont beaucoup plus diversifiées, à mesure qu'on s'éloigne des pays froids, les naturalistes auxquels la Géographie botanique doit la rapidité de ses progrès, ont cherché à délerminer si le nombre des genres de Plantes est aussi augmenté dans les pays chauds; ils ont comparé les classes et les familles dans les différentes zones, et voici quelques-uns des résultats auxquels ils sont arrivés. Et d'abord en ce qui concerne les genres, comme leur valeur est liès-inégale, vu la tendance plus ou moins glande des auteurs à distinguer un plus grand nombre d'espèces, il n'a été possible d'arriver à aucune donnée satisfaisanle. On ne connaît donc pas le rapport des es|)èces aux genres, pour les divers climats; mais une observation assez remarquable, et que l'on doit au professeur De Candolle, c'est que dans les îles isolées, le nombre des espèces de chaque genre est généralement moindre (|ue sur les continents.
On a dit que le nombre des Plantes acolylédones ou cellulaires allait en augmentant vers le pôle, et en diminuant vers l'équateur. Celte loi avait élé fondée d'après le peu d'observations qu'on avait faites sur les plantes cryptogamiques. Le Lichen scriptus de Linné, par exemi)le, qui passait pour restreint aux écorces des pays tempérés, examiné depuis atlenlivement par Fée, sur les écorces des arbres des |)ays équinoxiaux, y constitue la vaste famille des Gra|)hidées, dont on connaît aujourd'hui près de cent espèces. Cette assertion devient encore plus vraie, si l'on sépare de cette classe les Fougères, en les réunissant aux Monocolylédones, comme l'a fait De Candolle. Proportionnellement à la totalité des Plantes qui croissent avec les Acolylédones, cette classe, considérée en masse, est en général moins nombreuse dans les climats tropiques que dans les régions voisines des pôles; et on observe une progression régulière dans ce nombre, en se dirigeant de l'équateur vers ceux-ci.
La vaste familledes Fougères suit une loi inverse de la précédente, c'est-à dire que le nombre de ces plantes est plus considérable dans les contrées intratropicales, que par tout ailleurs. Mais, ainsi que l'observe le célèbre
TER
IlumIiolJI, leur disiribiilion géograpliique dépend de la réunion de circonslances locales d'ombre, d'humidité et de chaleur tempérée; en sorle (jue leur maximum se trouve dans les parties montagneuses des tr(ipi(|iies. En certaines îles de peu d'étendue, le nombre des Fougères s'élève à un tiers environ de la totalité des Végétaux qu'on y a rencontrés. L'humidité qui règne dans ces localités spéciales, est sans doute la cause de l'augmonlalion du nombre des Fougères, comme elle contribue aussi à élever celui des Monocotylédones, dont la rareté est d'autant plus remarquable, que le climat est |ilus sec. C'est ici que l'étude des stations peut jeter quelque jour sur les causes qui déterminent les hahitatinns des Plantes.
Enfin , le nombre proportionnel des Dicotylédones va en augmentant, à mesure que l'on approche de l'équateur. et en diminuant, vers les pôles. Parmi ces Dicotylédones, les espèces arborescentes se rencontrent en plus grande proportion dans les climats chauds que dans les climats tempérés, et dans ceux-ci, plus que dans les régions froides. C'est même un fait très- remarquable, que la nature ligneuse des espèces méridionales, qui appartiennent cependant ù des génies ou à des famillesdont toutes les Plantes sont herbacées dans les autres climats. Les Végétaux des Canaries qui offrent des formes évidemment analogues à celles des Plantes européennes, les Composées et les Malvacées arborescentes des tropiques, sont des exemples frappants delà vigueur qui caractérise les productions végétales des climats équatoriaux.
Relativement à la distribution géographique des familles, un ne reviendra pas sur ce qui a été dit de la circonscription de plusieurs d'entre elles, entre des limites très-resserrées, ou de celles qui habitent exclusivement, soit la zone torride, soit les zones tempérées et byperboréennes. Ce serait s'exposer à des reproches fondés de trivialité, (|ue de reproduire comme exemples les Palmiers, les Cactées, les Conifères, les Ombellifères, les Protéacées, les BJyrtbées, les Mélastomées, etc. Mais il faut s'arrêter un moment à la considération des grandes familles qui ne sont, à proprement parler, que des embranchements des grandes classes, ou bien des abstractions plus ou moins graduées de la méthode naturelle. La répartition de leurs espèces sur les différentes parties du globe, offrirait un sujet d'études qui pourrait entraîner la comparaison des climats et l'application théori(|ue de toutes les causes dont on a examiné rînQuence sur les productions naturelles. Parmi les Monocotylédones, les trois familles des Graminées, des Cypéracées et des Joncées, offrent des disparates Irès-marciuées. Le rapport approximatif des Graminées avec la totalité des Phanérogames, ne varie pas beaucoup dans chacune des zones, tandis que les deux autres familles diminuent près de l'équateur et augmentent vers le Nord. Il y a toutefois plusieurs exceptions; les Graminées,parexemple,sont Irès-raressur les côtes du Groenland. Comme il n'est ici question que des espèces sauvages, on doit faire abstraction de toute autre considération sur la profusion ou la rareté des Graminées. Ainsi, lors même que ces Plantes, éminemment miles à l'Homme, domineraient par leurs masses dans
10 DICT. UF.S SCIEXCIS ^^T.
les contrées civilisées, on dirait également qu'elles n'y sont pas plus abondantes qu'ailleurs.
Parmi les grandes familles de Dicotylédones, lesSynanthérées, réparties sur presque toute la surface de la terre, abondent surtout dans les climats tempérés et sous les trnpi(|ues. 11 y en a moins dans les stations chaudes del'Amérique équinoxiale quedans les stations tempérées des mêmes régions. Le Congo et Sierra- Lcone en Afrique, les Indes orientales et la Nouvelle- Hollande en nourrissent un nombre très petit, relativement à celui d'autres contrées situées entre les mêmes parallèles, mais qui offrent des stations plus appropriées à l'existence de ces Végétaux ; enlîn dans la zone glaciale, soil au Kamtschatka, soit en Laponie, le nombre relatif des Plantes de cette vaste famille est à peu près moitié moins considérable que dans les climals tempérés.
C'est surtout dans les contrées équinoxiales que les Légumineuses dominent; elles s'efïacent peu ù peu dans chaque hémisphère en s'éloignant de l'équateur, à l'exception toutefois de quelques régions où certains genres, par la multiplicité de leurs espèces, donnent quelque chose de particulier à la végétation; telle est la Sibérie et les vastes provinces de la Russie asiati(iue où se trouvent une si grande quantité d'Astragales.
R. Brown a partagé, sous le point de vue géographique, les Uubiacées en deux groupes. Le premier se compose de toutes les Plantes sans stipules interposées {Slellalœ}; il appartient à la zone tempérée. Le second, composé des Kubiacées à feuilles opposées et accompagnées de stipules, est presque exclusif aux régions équinoxiales.
Les Crucifères et les Ombellifères manquent presque totalement sous les tropiques, abstraction faite des montagnes élevées de deux mille quatre cents à trois mille mètres au-dessus du niveau de l'Océan. Les Plantes de ces deux familles paraissent affectionner le bassin de la Méditerranée.
Maintenant qu'il est reconnu que les Plantes ont des habitations dont elles ne peuvent sortir qu'en vertu de causes fortuites , et que de nombreux obstacles s'opposent à leurs transmigrations; maintenant que l'on sait que telles formes générales sont incompatibles avec certains climats, et qu'elles s'évanouissent à mesure qu'on s'éloigne de celui (jui est favorable ù la nature des Plantes qu'elles caractérisent; qu'il y en a même dont l'existence exclusive en telle contrée i)articulière ne peut être expliquée par les causes qui ont été analysées; il sera possible de diviser le globe d'après l'ensemble des Plantes qui sont resserrées entre certaines limites, et d'obtenir par là le complément de la Géographie botanique.
Déjà le professeur De Candolle avait indiqué les /ferrions botaniques qui divisent la surface de la terre, et il avait imposé à la plupart d'entre elles des noms empruntés à la Géographie physique. Ainsi, il avait établi les régions hypeiboiéenne , européenne , sibérienne, niéiUterranéenne, orientale, etc.; et il avait défini les espaces de la terre que chacune de ces régions comprenait. En indiquant seulement ces régions, le professeur De Candolle ne les a pas caractérisées par
T E fl
les productions végûlales . qui dominenl dans chacune d'elles, car c'est la réunion de beaucoup de familles, plus que telle famille on même tels genres particuliers qui doivent servir à les distinguer. Le docteur Sclioiiw ne paraît pas avoir élé frappé par celle dernière considération. L'important ouvrage qu'il a publié contient, ainsi que son .\tlas géographique, les régions botaniques, sous les noms des familles et des genres qui se trouvent plus particulièrement dans chacune d'elles. Ainsi, par exemple, la région hyperboréennedcDeCandolle est appelée région des Mousses; les régions européenne, sibérienne et méditerranéenne, sont réunies en une seule que Schouw nomme Région des Omhellifères et des Crucifères ; la région du cap de Bonne- Espérance a élé désignée arbitrairement, ce semble, par le mot de Région des Mésemhixunthèmes ou des Slapélies, et ainsi de suite. Mais peu importe le nom donné à chacune de ces divisions territoriales, pourvu qu'il soit reçu unanimement et qu'il indique des espaces déterminés avec e.xactilude sous le rapport de la végétation. Ce résultat avantageux sera obtenu par la comparaison du plus grand nombre de Végétaux qu'on pourra se procurer, et par la connaissance de toutes les circonstances physi(iues à l'empire desquelles les diverses contrées de la terre sont assujetties. Dans les Flores des contrées peu étendues, on observe déjà des régions partielles subordonnées aux circonstances géologiques, c'est-à dire que les Plantes répandues dans le même bassin, forment une végétation déterminée et homogène , quelle que soit l'étendue et la direction de chaque bassin. Ce sont comme d'immenses vases de fleurs et remplis d'une terre dont la nature varie, exposés à des degrés différents de chaleur, de lumière, d'humidité, etc., et dans lesquels germent une multitude de graines d'espèces particulières. De même les grandes régions botaniques sont circonscrites par de hautes montagnes ou d'immenses plateaux qui étaient jadis les barrières des eaux dont l'écoulement a produit les fleuves et les rivières. Elles ne sont donc pas toujours comprises entre les latitudes parallèles à l'équaleur; mais, au contraire, elles tracent sur le globe des figures qui ont leurs contours marqués par de hautes chaînes dont les versants opposés appartiennent à des régions botaniques différentes. Il faut ajouter à ces causes géologiques celles qui sont produites par l'influence des puissants agents de la nature, et l'on aura une idée assez juste des régions bolani(|ues, ou, en d'autres termes, des habitations générales des Plantes.
En adoptant les idées qui viennent d'être émises, on se rend compte de l'analogie des plantes qui croissent dans les contrées situées ù d'énormes distances, mais qui forment les versants ou les bords d'immenses réservoirs dont le fond est encore rempli par les gouffres de l'Océan. D'un autre coté, en examinant l'action de la température, de la lumière, etc., sur la végétation, on peut s'expliquer les ressemblances des végétaux qui habitent les zones diverses, mais qui se trouvent sous les influences semblables des agents physiques, comme par exemple l'identité des Plantes du Groenland al des Alpes européennes, et la ressemblance générique des Végétaux qui habitent les hautes chaînes du Caucase,
du Népaul, des Pyrénées, des Andes, etc. C'est ainsi que l'on parviendra à asseoir sur des bases fixes l'établissement des divisions territoriales botanicpies, et à rapprocher celles dont les rapports intimes, d'obscurs qu'ils étaient autrefois, sont aujourd'hui facilement appréciables.
Les cartes dressées pour la Géographie botanique servent ù fixer les idées sur cette partie des sciences naturelles; c'est au moyen de ces cartes que l'on peut examiner soigneusement les bassins généraux dans lesquels circulent les eaux douces, les seules dont l'action ne soit pas mortelle aux germes des Plantes. Si la mer frappe de mort ces germes, qu'on la dit cependant apte à propager, les torrents, les rivières et les fleuves, au contraire, doivent être comptés an rang des plus puissants moyens de propagation végétale. C'est par leur action que l'on voit descendre du sommet des montagnes, dans les vallons, et jusque dans les plaines, des semences de Végétaux alpins, dont le grand nombre, comme exilé, ne saurait s'acclimater sur le sol inférieur, mais dont quelques-uns se développant, prospérant et s'acclimatant, prennent un faciès tout nouveau et fort différent de celui des types originaires. C'est ainsi que des Plantes de montagnes ont reçu par la culture, dans les jardins de botanique, un aspect qui les ferait totalement méconnaître au naturaliste le plus exercé, si depuis qu'on étudie la Géographie physique, on ne s'était familiarisé avec de pareilles métamorphoses. Par des causes dont l'effet opposé fit remonter vers le faîte des montagnes, des graines des champs qui purent résisler à la température des sommets, y croître et s'y propager, les Plantes, provenues de ce genre d'émigration, ont aussi pris une figure nouvelle, et de tels échanges de formes qui ont sufiî, ù beaucoup d'auteurs peu scrupuleux, pour établir des espèces, résulte encore l'un des grands inconvénients qui s'opposent à l'introduction dans la science, de l'arithmétique botanique.
Les fleuves cl généralement les grands amas d'eau douce, sont encore un moyen de perturbation dans la distribution des Plantes, par la propriété qu'ils partagent avec les eaux de la mer, de conserver dans leur profondeur, une certaine égalité de tempéraluie. Les Végétaux alpins, qui, vers la base des glaciers, triomphent, en quelque sorte, du froid des hivers rigoureux, sous une épaisse croûte de neige, qui les tient entre le sol et la couche inférieure toujours fondante, comme dans une orangerie humide, gèlent lorsqu'on les cultive dans les régions inférieures sans les abriter. Celles de ces Plantes dont les graines entraînées par les torrents et par les rivières jusque dans les plaines, viennent à s'y développer, y succombent le plus souvent aux approches de décembre. VAntirrhinum ulpinvm, descendu dans la plaine de Taibes, du faîte des Pyrénées, est l'une des plus palpables exceptions qu'on puisse opposer à l'exécution de cette loi de la nature. Mais qu'un Meuve coule du nord au sud, que vers la partie supérieure de son lit dans une contrée méridionale, croissent, par exemple, des Souchets, dont le feuillage redoute le trop grand froid, et ne se développe que dans les régions au moins tempérées, et que
(les graines de ces Piaules abandonnées au courant de l'eau, viennent ù s'arrêter vers l'emboucliure du fleuve, dans une région déjà froide, elles s'y développeront durant l'été, et leur progéniture pourra se perpétuera jamais, parce que le débordement des eaux de l'hiver qui ne gèleront pas jusque dans leur profondeur, tiendra la racine et Its bourgeons du Végétal dépaysés dans une sorte d'orangerie humide, comme les Arélies, des Saxifrages et des Draves y sont tenues par l'épaisseur des neiges sur les grands sommets alpins.
Aux Plantes des fleuves et de la terre succédèrent les ciéatures qui se nourrissent des unes et des autres; après avoir parlé de la Géographie de ces Plantes, il est conséquemment indispensable de s'occuper de celle des êtres qui parurent ensuite et selon l'ordre de leur complication.
Géographie zoologique.
ANIMACX ARTICCLÉS.
S'il existe pour les Plantes une circonscription géographique, elle doit aussi avoir lieu pour les Insectes qui s'en nourrissent; et dès lors encore à l'égard des Insectes carnassiers, puisque la plupart de ceux-ci font leur proie des précédents, et n'ont pas tous les mêmes gnitts. La température qui convient au développement d'une espèce, ne convient pas toujours à celui d'une autre; il faut donc que l'étendue des pays occupés par certaines espèces ait des bornes qu'elles ne puissent franchir, du moins instantanément, sans perdre la vie. Là où se terminera l'empire de Flore, là aussi cessera le domaine de la zoologie; et par opposition, les contrées dont le sol très-varié éprouve à la fois une chaleur forte et accompagnée d'une humidité modérée, seront les plus favorables à la végétation et à la propagation ainsi qu'à la multiplicité des espèces du Règne animal. L'observation vient à l'appui de ces idées. Othon Fabricius qui a publié une très-bonne Faune du Groenland, n'y mentionne que quatre cent soixantehuit espèces d'Animaux, sur lesquelles cent dix appartiennent à la classe des Insectes de Lniné. Dès qu'on aborde les régions que l'hiver obsède sans cesse, les êtres vivants ont disparu et la nature n'a plus la force de reproduiie. Quelle pourrait être en effet son énergie dans un climat tel que celui du Cap-Nord, oCi la température moyenne de l'année est au point de congélation, et à plus forte raison dans celui du lieu nommé Nain, où cette température moyenne est inférieure de trois degrés? Et sans s'avancer juscju'aux régions polaires, ne sait-on pas que lorsque l'on s'élève, sur les hautes montagnes, sous la zone torride même, à la région des neiges perpétuelles, on ne trouve presque j)Ius de traces de Végétaux? Les plaines qui avoisincnt les pôles sont, à cet égard, dans le même étal d'inertie. Aussi, les montagnes, envisagées sous le rapport des Végétaux et des Animaux qui leur sont propres, forment graduellement et par superposition des climats particuliers, dont la température et les productions sont semblables ou analogues à celles des plaines des contrées plus septentrionales. C'est pour cette raison que l'on est parvenu à acclimater dans quelques montagnes de la zone torride, des Plantes céréales et des fruits des zones tempérées. Plusieurs Insectes des envi-
rons de Paris n'habitent, dans le midi de la Fiance, que des montagnes sous-alpines. Ainsi, encore les Alpes et les Pyrénées offrent-ils des espèces propres à la Suède et aux autres contrées du nord de l'Europe. Le naturaliste attentif tiendra compte de ces circonstances Incales, ainsi que de la constitution minéralogique du teirain où il rencontre ces espèces; car la nature du sol influe sur celle des Végétaux, et par corrélation sur celle des Insectes qui s'en nourrissent. Les Insectes du Levant, de la Barbarie, et des contrées maritimes de l'extrémité la plus méridionale de l'Europe, ont une grande analogie entre eux, ce qui doit tenir ù l'identité du sol, des Végétaux et de la température. On voit aussi que, sansallerlrès-loin, soit que le terrain offre des ondulations ou un plan presque hoiizontal, soit qu'il s'élève considérablement, des espèces affectent certaines localités : ce sont autant de topographies entomologiques qui doivent exercer la patience et la sagacité.
La plupart des Arachnides et des Insectes ayant pour patrie des conliées dont la température est isotherme, et dont le sol et la latitude sont les mêmes, mais qui sont séparées par de grands intervalles, ne se ressemblent point spécifî(|uement. Ceux de ces Animaux qui ont été apportés de la Chine et des pays les plus orientaux de l'Asie, sont évidemment distincts de ceux d'Europe et d'Afrique.
Des barrières naturelles et insurmontables, comme des chaînes de hautes montagnes, des mers, de vastes déserts, produisent, sans que les distances soient aussi grandes, des différences semblables. Les Insectes des États-Unis, quoique souvent très-analogues à ceux d'Europe, présentent néanmoins des caractères particuliers. Quelques Lépidoptères, cependant, et quelcjucs autres Insectes, mais dont l'habitation s'étend jusqu'au nord de la Suède et probablement à des pays situés entre elle et ceux de l'extrémité septentrionale de l'Amérique, se trouvent aussi dans les possessions angloaméricaines. D'autres espèces paraissent avoir pris une route opposée, ou avoir gagné du côté du Levant ou vers le Sud. Queliiues Sphinx, tels que l'Alropos, celui du Neriuni, le Celerio, etc., sont dans ce cas. Le Papillon du Chardon est presque cosmopolite pour l'ancien continent; et il paraît même n'avoir été arrêté dans le nouveau, ipie par le golfe et les montagnes du Mexique. Beaucoup de genres d'Insectes, et particulièrement ceux qui vivent de Végétaux, sont répandus sur un grand nombre de points du globe. Quelques autres sont exclusivement propres à de certaines régions de l'ancien et du nouveau monde.
Fabricius, sous le nom de climat, comprend l'universalité des habitations des Insectes. Il divise le climat en huit stations ou sous-climats, savoir : Vltulien, Vy^ustrul, le Méditenanéen, le Boréal, VOrienlat, VOccidcnlcil et VJlpin. Le Boréal s'étend depuis Paris jusqu'à la Laponie, l'Oriental est composé du nord de l'Asie, de la Sibérie, et de la portion fj oide ou montagneuse de la Syrie; l'Occidental renferme le Canada, les Élats-Unis, le Japon et la Chine; le Méditerranéen comprend les pays adjacents à la mer Méditerranée, la Blédie et l'Arménie. On voit par ces définitions <|u'il y a ici beaucoup d'arbitraiie; que plusieurs de ces coji-
5(iO
TER
liées peuvent avoir, et ont réellement une température isotherme ; et que, par exemple, les Insectes de la Chine et du Japon ne peuvent être associés, dans la même division, avec cenx des Élals-Onis et du Canada. Les diverses élévalions du sol au-dessus du niveau de la mer, sa constilulion minéralogi(|ue, la quantité plus ou moins considérable des eaux qui l'arrosent, les montagnes, les forêls, l'intluence réciproque de la température des contrées adjacentes, les vents, etc., compliquent et rendent les calculs incertains. — Les extrémités septentrionales du Groenland et du SpUzberg peuvent être considérées comme le dernier terme de la végétation de l'hémisphère boréal ; la terre de Sandwich, le «ec/^<MS iillrà des découvertes, dans l'hémisphère opposé, deviendra l'autre extrême. Le (luatre-vingt-qualriéme degré de latitude nord et le soixantième de latitude sud, seront ainsi les deux bouts de la poitiou productive du globe. — L'entomologie du nouveau cDiilinenl diffère du moins à commencer aux États-Unis et en allant vers le sud de celle de l'ancien continent. — La partie du Groenland, qui a été le théâtre des observations d'Otbnn Fabiicius, offre beaucoup d'espèces communes aux contrées les plus septenlriiinales et les plus occidentales de l'Europe. Le Groenland peut donc, sous
ce point de vue, servir au i
I de limite entre les deu
noiides. — Les Insectes de l'Asie orientale, à partir des contrées dont la longitude est d'environ soixante deux degrés plus orientale que Paris, les Insectes de la Nouvelle-Hollande et ceux de l'Afrique transatlantique s'éloignent aussi et toujours au moins spéciliqueinent des Animaux de la même classe, qui habitent les autres pays de l'ancien continent. — Un espace ou latitude, mesuré par un arc de cercle de douze degrés, produit, abstraction faite de quelques variations locales, un changement très-sensible dans la masse des espèces. Il est même presque total, si cet arc est double ou de vingt-quatre degrés, comme du nord de la Suède au nord de l'Espagne. — Les îles Canaries, celles du Cap- Vert et Madère sont afi'icaines sous le rapport de l'entomologie et de la botanique. L'ilc Sainte-Hélène l'est aussi en partie; donc, un méridien (|ui, partant du Groenland, se dirigera entre ces iles et le cap Saiut- Roch, et aboutira à la terre de Sandwich, séparera naturellement, à l'ouest, l'ancien monde du nouveau. Sa longitude sera de vingt-quatre degrés à l'ouest du méridien de Paris. — Un autre méridien, plus oriental de soixante-deux degrés, détachera la jiarlie orientale de l'Asie, de l'occidentale, ainsi que de l'Europe et de l'Afriiiue. — Enfin, un troisième méridien, plus oriental de cette même quantité, passant à peu de distance du détroit de Bering, et traversant le grand Océan austral, formera, à l'est, l'autre ligne de démarcation des deux continents. Les autres cent qiiaraule-quaire degrés compléteront le cercle de ré<|uateur, et seront, en longitude, l'étendue de la grande zone propre aux Insectes de l'Amérique. On pourra la partager, au moyen d'un quatrième méridien, en deux portions égales, ayant chacune soixante et douze degrés, en longitude.
Ces quatre grandes zones seront arctiques ou antarctiques selon leur situation en deçà ou au delà de l'équateur. On divise chacune d'elles en climats, ayant
une étendue, en latitude, de douze degrés. Celui qui est compris entre le quatre-vingt-quatrième degré de latitude nord et le soixante et douzième degré, portera le nom de polaire; continuant de suivre la division duodécimale, et en allant vers l'équateur, on aura les climats suivants : sous-polaire , supérieur, intermédiaire, sur-tropiial, tropical, cqiialorial. Les zones antarcli(|ues, se terminant au soixantième degré de latitude sud, auront deux climats de moins, ]e polaire et le sous-polaire. Ces zones seront dislingnées pour chaque hémisphère, en occiilentales cl en orientales. Le méridien passant au soixantième degré à l'est de celui de Paris, détermine |iour l'ancien conlinenl ces limites; celui qui partage la grande zone américaine en deiix. portions de soixante et douze degrés chacune, forme, (lour l'anli e hémisphère, des limites analogues. La piogrcssioii croissante de l'intensité cl de la durée du caloiiciue parait exercer une grande influence sur le volume el le développement du tissu miii|ueiix des Araclinidrset des Insectes. Plus, en général, on s'aviiuce vers les régions é(|uinoxiales, plus on trouve d'espèces remaniualiles par leur taille, les inégalités et les éminences de leur corps, et la variété <les couleurs.
Les Crustacés des genres Lithode.Galathée, Homore et Phronyme sont propres aux mers d'Europe. Le premier n'habite que celles du Nord, et ne descend point au-dessous de la mer d'Ecosse. Les Homoles habitent la Méditerranée. Là aussi se trouvent les Dorippes. Le genre Ilépate n'a encore été trouvé <(ue dans l'océan Américain, qui offre aussi une espèce d'Hippe; dès lors, ces derniers Crustacés ne sont point exclusivement propres aux mers des Indes orientales. Mais c'est là (|ue les Miirsies, les Orithyes, les Maintes, les lîanines, les Albunées, les Fèthres, les Podophthalmes et les Tlialassines, paraissent avoir uni(|uemenl leur domicile. Les Rémipèdes sont particuliers aux parages de la Nnuvelle-Hcdlande. Les Leucosies, les Calappes, les Plagusies et les Uromies viennent de la Méditerranée et des mers des deux Indes. Les Limules sont propres aux rivages de l'Amérii|ue, de la Chine et des Molu<|ues. Considérés dans leur primitive étendue, la plupart des autres genres sont communs à toutes les mers; mais les espèces de plusieurs de leurs divisions ou de divers genres établis par le docteur Leach affectent certaines localités. Les Ocypodes ne se trouvent que dans les pays chauds et sablonneux. C'est encore des contrées équatoriales ou tropicales que viennent les plus gramles espèces de Crapses. Parmi les Teljihuses (ui Crabes Huviatiles, les espèces d'Amérique forment un groupe particulier. T(uis les Crustacés fossiles trouvés eu Europe, à l'exception d'un petit nombre d'espèces, qui paraissent appartenir aux couches formées les dernières, ont exclusivement pour analogues des espèces éi|uatoiiales ou voisines des lropi(|ues.
Avant de parler des Ciruipèdes, il est indispensable de prévenir que la dénomination de cette classe provenant des mots cirrus et pes, celle de Cirrhipèdes employée par Lamarck qui l'a établie, ainsi que celle de Cirrhopodes de Cuvier, doivent, grammaticalement, être rejelées. Cirrhos, en grec, signifie une couleur fauve, et Cyrrha ou Cirrhn est le nom d'une ville. I os
Tiiljicinelles el les Coroniilcs i't;iiU lixts sur le corps (les Baleines, ont dès lors les mêmes hal)ilalions cl se Irouvenl ainsi plus particuliOrement dans les mers des deux pôles. Les Acastcs sont propres à celles qui baignent les côles de la Nouvelle-Hollande et des contrées voisines. Les Olions et les Cineras ne se rencontrent que dans les mers septentrionales. Les autres Anatifes seraient, en général, répandus parlout.
Parmi les Anjiéi.ides, les unes, telles que les Annélides anlennées et sédentaires de Lamarck. sont toutes marines. Parmi elles, les Galéonaires sont propres aux mers de la Nouvelle-Hollande, el les Euplirosines, les OEnones, les Afilaiires el les Syllis aux côles de la mer liouge; les Spios lialiilent l'océan Allanlique septentrional j et les Palmyres les parages de l'Ile de-France. Parmi les Annélides apodes, de Lamarck, les unes comme la plupart des Lombrics, sont lerreslres; les aulres vivent, soil dans les eaux douces, soit dans la mer ou sur ses rivages.
ASIMADX VERTÉBRÉS.
On remarque combien les Reptiles augmentent en nombre vers l'équalenr. Tandis que la Faune suédoise ne possède guère qu'une douzaine de Serpents ou de Sauriens, trois ou ([ualre Grenouilles ou Crapauds, el pas une Tortue, l'Europe tempérée nourrit déjà une quaraniaine d'Opbidiens ou de Lézards el quelques Chéloniens. A partir de l'Espagne méridionale, nonseulement le nombre des espèces de celle classe animale s'accroil, mais l'apparition du Caméléon vient lompléter l'aspect africain de la chaude Andalousie. En augmentant numériquement vers les tropiques, les Reptiles y augmentent aussi dans les proportions de leur taille; c'est vers le tropique septentrional, et jusqu'au delà de la ligne, que se voient ces Crocodiles et ces Boas, véritables géants entre les races rampantes. C'est aussi dans la zone chaude, soil à la surface des terrains arides, soit dans la bourbe des marécages, soil enfin dans l'étendue des mers, qu'on rencontre les plus grandes Tortues.
Les Reptiles lerreslres sont peut-être parmi les Animaux, ceux qui se déplacent le plus difficilement et ilont conséquemment les espèces demeurent le plus restreintes entre les limites des régions dont elles sont auloohlones. Ainsi, les Sirènes sont américaines; le Prolée anguillard est propre à l'Autriche, le Basilic aux Mnluquos. et le Crapaud commun n'a jamais été retrouvé hors de l'Europe occidentale. Les Caméléons, tous sans exception propres à l'ancien monde, ne franchissent jamais les déserts qui séparent la pairie des espèces dont se compose leur singulière famille. Les trois Dragons connus, quoique munis d'ailes, ne se sont jamais réiiandus hors des cantons propres à chacun deux. On pourrait multiplier de telles citalions, mais la distribulion géographique des Reptiles étant soigneusement indiquée dans ceux des articles qui les concernent, on se bornera à y renvoyer le lecleur pour éviter toutes répélilions sans utilité. Il doit suffire ici de faire remarquer combieu, sur de fausses indications puisées dans Séba ou données par des voyageurs su|)erficiels, il existe d'erreurs sur la patrie des Reptiles et notamment des Serpents dans les collections et dans les
ouvrages des erpélologisles. Il est certain qu'on trouvera beaucoup moins d'espèces communes aux deux mondes qu'on suppose en exister, quand l'histoire des Reptiles sera mieux connue.
Les Oiseaux piscivores purent vivre dès qu'un roc vint leur offrir le point de repos sur lequel leur progéniture se trouvait à l'abri des vagues. Il était cependant impossible aux Granivores de naître avant les Végétaux; enfin ceux qui vivent de proie complétant la cohorle des régions de l'air parurent les derniers. La dislribution géographique des èlres qui composent celle grande classe a élé établie à l'article Orkituoi.oGîE. Il suffit ici de remarquer que dans cette classe les esi)èces douées d'une voix mélodieuse habitent généralement les zones tempérées, tandis que celles dont les chants ne sont point harmonieux, mais dont les couleurs sont les plus vives, semblent recevoir leur éclat de la zone lorride d'où ne s'éloignent point les nombreuses tribus de Perroquets, de Calaos, de Toucans, et aulres non moins singulières par leur forme que par les reHets de leur plumage. Quelques genres sont confinés en diverses régions dont ils ne sortent point, mais qu'ils parcourent d'une extrémité à l'autre. Telle est l'Autruche qu'on retrouve depuis le cap de Bonne- Espérance jusque dans la Cyrénaïque, du Cap- Vert au délroit de Babel-Mandel. Sous les mêmes latitudes que cet Oiseau terrestre, la Frégate au contraire ne se tient que suspendue entre les cieux et les mers; il ne paraît point qu'elle ait tenté de franchir l'Amérique méridionale, puisqu'on ne la retrouve pas dans l'océan Pacifique. L'Albatros, malgré la puissance de ses ailes, s'éloigne peu des parages du Cap des lempèles. Les Oiseaux de Paradis sont propres aux archipels de l'Asie. Les Colibris et les Oiseaux-Mouches brillent dans les lies de l'Amérique et vers le nord de la partie méridionale de ce vaste continent oii le Nandou représente l'Aulruche africaine et le Casoar indien. On pourrait citer beaucoup d'autres Oiseaux qui. malgré la facilité qu'ils auraient de s'éloigner des lieux où on les rencontre, semblent s'y être imprescriptihiement confinés. Il en est au contraire qui sont répandus, comme les Pigeons, à la surface entière du globe, et comme les Hirondelles ou les Cailles, qui semblent se complaire <lans leurs émigrations périodiques el régulières. Les Oiseaux de proie, c'est-à-dire ceux qui vivent de la chair des Animaux à sang chaud, car les tyrans allés de l'Océan ne sont |)as mis au nombre de ces coui- |)agnons de l'ancienne noblesse féodale; les Oiseaux de proie |)araissunl se tenir de préférence dans les hautes régions de l'atmosphère, d'où leur vue perçante peut, au loin, discerner des victimes. Ils s'élèvent plus que tous les autres vers les cimes glaciales des montagnes, au-dessus desquelles on voit encore planer le Condor. L'habitation à peu près continuelle de ces régions où la chaleur parait être presque sans influence, rend raison de ce que les Oiseaux de proie des pays équinoxiaux mêmes, ne se diaprent point des nuances brillantes dont resplendit, aux pays chauds, le plumage des espèces moins vagabondes. Le Roi des Vautours dans le nouveau monde fait peut-èlreseul exception à cette règle; mais ce prétendu roi, dans ses mœurs
abjectes et sanguinaires, ne quitte guère la surface du sol; l'effet (l'une chaleur colorante déguise ses ignobles nudités en les peignant de teintes vives, qui semblent prodiguées sur sa tête comme l'or et les pierreries le sont sur ces couronnes dont l'Homme fit l'emblème de la domination.
les Mammifères, moins nombreux que les Oiseaux, sont aussi moins qu'eux disséminés génériqueraent; ils manquent de moyens de déplacement favorables, tels que les nageoires ou les ailes; la plupart de leurs races sont demeurées dans les environs de leur berceau, ou se sont tout au plus étendues de procbe en proche, à la surface de quelques bassins pailiculiers. Ceux même que pousse un instinct voyageur vers des terres lointaines, et que n'arrêtent point dans leurs émigrations, les montagnes, les Heuves ou des bras de mer, reviennent aux lieux qui les virent naître ; tels sont ces Campagnols Économes et ces Lemmings qu'on voit souvent descendre des régions glaciales vers des climats plus doux, pour retourner, après avoir affronté mille dangers, dans leur triste patrie.
C'est particulièrement dans la distribution géographique des Mammifères que l'Homme a produit de grandes perturbations; on l'a déjà vu repousser ceux de l'Océan de certains parages où d'abord ils s'étaient établis; il répandit ses domestiques partout où il pénétra, et des croisements notables sont provenus de ces dépaysements parmi les espèces asservies, particulièrement chez les Chiens, et peut-être chez les Bœufs. l/ÎIommc restreignit au contraire d'autres races dans des limites beaucoup plus étroites que celles entre lesquelles la nature les avait établies. Ainsi le Casior cessa de bâtir sur les livages du Danube et du Rhône; et le Lion, dont l'ancienne existence en Grèce, et même dans le reste du midi de l'Europe paraît un point historique constaté, fut relégué dans les régions brûlantes de l'Afrique. On sait que nul des Mammifères terrestres de l'Amérique du Sud, n'a été identiquement retrouvé dans le midi de l'ancien monde. Il n'en est pas de même pour ceux de l'Amérique du Nord, dont plusieurs sont communs aux deux continents. On n'a pas trouvé un seul Cœuf dans le nouveau monde méridional, tandis que le Cabiai, les Tatous, et tant d'autres genres lui sont propres. Les Éléphants, les Rhinocéros, les Hippopotames, les Giraffes, eu un mot les plus grands Animaux, sont ù peu près des mêmes latitudes.
TERREAU, am. On donne vulgairement ce nom au produit de la décomposition lente des matières végétales, qui s'araasscnldans lespeliles cavités formées par les irrégularités du sol, dans les forêts montueuscs. Ce Terreau favorise exclusivement la croissance de certains végétaux.
TERRENOIX. bot. Synonyme vulgaire de Buniutii. V. ce mot.
TERUÈTE. BOT. Un des noms vulgaires du Lierre terrestre, Glechoma liedcracca. l^. Glechome.
TERRIER. MAM. On nomme ainsi les retraites souterraines d'un grand nombre d'espèces de Mammifères, telles que le Lapin, etc., etc.
TERRIER. OIS. L'un des noms vulgaires du Grimpereaii de muraille. /'. Ticiiodrome.
TERRITELES. ARAcas. Lalreille a établi sous ce nom une section parmi les Araignées Rieuses ; elle renferme quel(|ue3 genres qui ont l'habitude de tendre sur la terre leurs toiles. Tels sont les Mygales, les Alypes et les Ériodons.
TER.SEX. BOT. Sorte de Truffe blanche.
TERSINE. OIS. Espèce du genre Procné,que Vieillot a érigée en genre distinct.
TERTRÉE. Terlrea. bot. Genre de la famille des Rubiacécs, institué par le professeur De Candolle qui lui donne pour caractères : tube du calice ovale et soudé avec l'ovaire ; sou limbe est supère et persistant, à cinq divisions dressées, ovales, obtuses et ciliées; corolle supère, courte, iiifundibuliforme, avec l'orifice garni de longs poils; son limbe est partagé en quatre lobes courts, assez étalés et oblus; i|ualre étaraines exsertes, insérées au sommet du tube de la corolle; filaments courts ; anllières oblonguea, dressées ; ovaire înfC-re, à deux loges, à discjue épi{;yne et charnu ; dans cha(|ue loge un ovule anatrope et suspendu au sommet delà cloison; style simple, inclus; stigmate à deux lobes courts et obtus. Le fruit est une baie oblongocomprimée, bisillonnée, couronnée par le limbe du calice, ù deux pyrènes charlacées, comprimées et monnspermes; semences inverses, remplissant toute la cavité dont elles ont la forme.
Tertrke de lA Martinique. Terlrea Martlnicensis, De Cand. Arbuste dont les rameaux sont ordinairement s|)inescenls vers l'extrémité; les feuilles sont opposées, ovales, aiguës, courlement péliolées, membraneuses et glabres; les stipules sont interpéliolaîres et acuminées; les Heurs sont petites, disposées en grappe terminale, opposée à l'origine des rameaux.
TESAN. MOLL. C'est le nom qu'Adanson (Voyage au Sénégal, pi. 7) donne au Doliuiii Perdix , Laink. A'. Tonne.
TESSALITE. min. Même chose que Apophyllite. F. ce mot.
TESSARATOME. Tessaraloma. ins. Genre de l'ordre des Hémiptères hétéromères, famille des Scutellères, établi par Lepellelier et Servîlle aux dépens du genre Edessa, Fab., et voisin de celui des Penlatomes par la forme générale du corps, mais dont les antennes n'ont que quatre articles et dont le prolhorax se prolonge postérieurement en forme de lobe tronqué. Les espèces connues sont des Indes orientales et de son archipel.
Tessaratome canaliculée. Tessaraloma caniciihila, Lep. Son corps est d'un brun luisant et ses élytres d'un brun ferrugineux; son cor.selet est chagriné et pointillé surtout vers ses bords; ses côtés sont prolongés en un lobe allongé, tronqué ù l'extrémité, convexe en dessus, caiialiciilé inférieuri'ment et formant une sorte de gouttière, avec son bord postérieur un peu échancré; lohedu .slciuum allongé, s'élevanl ù sa partie antérieure cl (h'pass.inl un peu la léle ; abdomen dentelé sur les boids, |iar les angles postérieurs des segments supérieurs, qui dépassent ceux qui les suivent, terminé par six pointes bidenlées; cuisses mutiques. De Java.
! Tessaratome papilieux. Tessiiralonia papillosa : : Edessa papillosa, Fab. Ce grand et bel insecte est en-
li('M'emerit jaiiiie,à l'exception îles pâlies el des anieiiiies <Hii sont brunes; le dessous du corps est plus brun que jaune, cl son corselel s'avance au dessous de l'écusson; cbacunc de ses cuisses esl armée de deux épines vers l'exlrémilé. Taille, dix-liuil lignes. On le Irouve dans l'Inde.
TESSARIE. Tessan'a. bot. Genre de la famille des Synanlhérées, Iribu des Vernoniées, établi par Ruiz et Pavon {Flor. Peiuv. et Cliil. Proilr.) et offrant les caractères suivants : involucre turbiné ou presque campanule, composé de folioles régulièrement imbriquées: les extérieures et intermédiaires persistantes, appli- (luées, larges, concaves, coriaces, un peu pubesceules, fiangées ou longuement ciliées sur les bords; les intérieures caduques, étroites, oblongues, aiguës et un peu réfléchies au sommel, scarieuses et Irés-glabres. liéceplacle légèrement plan, bérissé de paillettes lililormes, longues et nombreuses. Calathide ayant au centre une Heur mâle, unique, dont la corolle est purpurine, grande, tubuleuse, régulière, à cinq lobes; les autres fleurs sont femelles, nombreuses, formant plusieurs rangées, ayant la corolle plus petile que celle (le la fleur mâle, tubuleuse, très-gréle, terminée au sommet par des dents irrégulières. La Heur mâle est [lourvue d'un ovaire presque entièrement avorté, mais .surmonté d'une aigrette pileuse, Irès-développée. L'ovaire (les fleurs femelles est petit, oblong, muni d'un bourielel basilaire et d'une aigrette de poils non pluineux. Le genre Tessaria a élé de nouveau publié par Willdenow dans les Mémoiies des Curieux de la nature (le Berlin pour 1807, sous le nom de Gynlieleria. 11 se rapi)roche des genres Monairhcniis, Moncntdes, Pluchea, Clilœiwlobus, et d'autres qui, pour la plupari, sont des démembrements de l'ancien genre Coiiyza des auteurs. Kunth a décrit sous le nom de Coiiyza riparia, une plante qu'il a soupçonnée être le Tessaria iiileyiifolia de Ruiz et Pavon; mais Cassini pense qu'on peut la distinguer génériquemenl, parce ([ue la Heur centrale mâle csl privée d'aigrelle. Les Tessaries sont des arbrisseaux du Pérou, qui croissent sur le bord des rivières. L'un (7'. integiifolia) a des feuilles oblongues, obovales, entières; l'autre (7'. ilentala) se distingue par ses feuilles oblongues et dentées.
TESSAROPS. Tessarops. arach. Genre d'Arachnides pulmonaires, de la famille des Pileuses ou du genre Jiiiiiea, de Linné, établi par Raffincsque, et qui s'éloignerait de tous les autres de celte famille par le nombre des yeux qui ne serait que de qualre. D'après les autres caractères et les habitudes de la seule espèce connue, et ([ui est propre aux ÉlalsUnis de l'Amérique, ce genre semble avoir de grands rapports avec les Aranéides de la division des Sauteuses, y. les Annales des Sciences physiques, publiées à Bruxelles, t. vm, p. 88.
TESSARTUONIE. Tessarlhonia. DOT.Tnrpinadonné le nom de Tejsarthonie moniliforme à un cire végétal, Miicroscopiiiue, entièrement dénué de mouvcmeni, composé de qualre globules verts, développés bout à bout, et dans lesquels on ne renconlre aucune granulation reproductrice. Sa longueur totale est d'un cinquantième de millimètre, et le diamètre d'un de ses globules d'un deux-centième. 11 se renconlre dans les
croûtes vertes, fixées aux surfaces des corps plongés dans les eaux douces et tran(|uilles.
TESSELINIA. bot. Genre de plantes hépatiques, de la famille des Ricciacées, composé de quelques espèces tirées des genres Oxyinitra, de BischofF, et Corsinia, de Raddi.
TESSÊLITE. MIN. Variété d'Apophyllite des iles Feroë. l^. ApopnYLLiTE.
TESSEROCÈRE. Tesseroceins. iNS. Coléoptères lé- (ramères; genre de la famille des Xylophages, établi par Saunder et auquel Spinola, qui l'avait aussi établi de son côté peu après, avait donné le nom de Dainicerus. Caractères : premier arlicle des antennes accompagné d'un grand prolongement arqué et frangé, dépassant de beaucoup le deuxième et les suivants, dont les derniers forment une massue comprimée ; corps cylindri(|ue et linéaire; tète prolongée antérieurement; labre étroit, peu avancé, corné, faiblement échancré; mandibules cornées, pointues; palpes coniques; corselet allongé; élytres tronquées postérieurcmenl; pattes comprimées cl anguleuses; tarses longs, de cinq articles, ayant une rangée d'épines sur l'arèlc sui)érieure du premier article.
TESSEROCÈRE REBARQDABLE. Tesseioceius insignis, Saund.; Damicerus agilis, Spiu. Corps fauve, velu; pattes plus pâles; télé, deux taches sur le corselet, extrémité des élytres cl genoux noirs; prolongemenl du premier article des antennes plus long que leur base, un peu épaissi au bout; élytres ayant trois côles arrondies et peu élevées, partant de leur base, se prolongeant au delà de l'exlrémilé i|ui est brusquement tronquée et garnie de six épines. Taille, quatre lignes environ. Du Brésil.
Guérin ajoute à cette description celle de quatre autres espèces également de l'Amérique du Sud, el qu'il a nommées Ttsseiocerus bihamalus , T. ineiuiis, T. relnsus et T. affiuis.
TESSIÈRE. Tessiera. bot. Genre de la famille des Rubiacées, tribu des Spermacocées, établi par le professeur De Caudolle qui lui assigne pour caractères : tube du calice ovale et soudé avec l'ovaire; son liml)e est supère, à quatre lobes presciue égaux, persistauls cl sans accessoires; corolle sui)ère, infundibuliforme, avec l'orifice glabre et le limbe quadrilobé; quatre étamines insérées à l'orifice de la corolle, très-brièvement exsertes, dont les filaments sont filiformes et les anthères linéaires et penchées ; ovaire infère, biloculaire, à dis(|ue é|)igyue et peu apparent ; ovule solitaire, pelté et amphilrope dans chaque loge; style simple; stigmate peu apparent cl bilobé. Le fruil consiste en une capsule membraneuse, biloculaire, bivalve avec cloisons; valves concaves, couronnées par les dents du calice, séparément décidues et laissant à nu la cloison séminigère qui esl ovale; chaque loge ne renferme qu'une semence qui est convexe d'un côté, plane de l'autre, fixée au milieu du diaphragme.
Tessière LiTBOSPERaoïDE. Tessieia lithospennoi- (les, De Cand. Sous -arbrisseau presque droit, à rameaux couverts d'une pubescence cendrée, serrée, courte el veloutée; feuilles opposées, sessiles, stipulées, traversées longiludinalemenl par une nervure
médiane; fleurs axillaires, sessilcs, un peu verticillées et bracléolées; fruits glabres à leur maturité. Du Mexique.
TESSON ou TAISSON. m^m. Nom donné par quelques auteurs anciens au Blaireau. P''. ce mot.
TEST. Testa, jioll. Synonyme de Coquille. K. ce mot, et les articles Moilusqdes et Concuvltoi.ogie. En botani(|ue on considère comme Test la pellicule la plus extérieure des jçraines que Mirbel nomme aussi Loriqiie. C'est à proprement parler l'enveloppe de la graine. A', ce mot.
TESTAGELLE. Testacella. Moti,. Ce genre, Irés-voisiii des Limaces, a été institué par Draparnaud dans son ouvrage sur les Mollusques terrestres et Huvialiles de France. La Teslacelle est un animal allongé, limaciforme, plus étroit antérieurement que poslérieiiremenl, nu dans presque toute son étendue, pourvu ù son extrémité postérieure d'une fort petite co(|uille rudimentaire, à ouverture très-large et revêtue en deilans d'un manteau mince et extensible; la tête est beaucoup plus petite proportionnellement que dans les Limaces; elle présente, comme dans celles-ci, quatre tentacules, dont une paire buccale, plus courts que les autres cépbaliques et oculifères au sommet. De l'origine de ces tentacules parlent deux petits sillons qui parcourent le dos et gagnent le bord de la coquille. On voit dans ce genre, comme on peut également le remarquer dans l)Iusieurs antres, que la coquille a véritablement pour usage primitif de protéger les organes de la respiralion. Ici la cavité pulmonaire est postérieure; la coquille l'est également; le cœur, organe de circulation et de respiration tout à la fois, ne s'écarte pas de la cavité pulmonaire, tandis que les organes de la génération n'ont point changé deplace;lcur orifice commun est, comme dans les Limaces, à la base du tubercule droit. A l'exception de ces différences (|ui dépendent, comme on le voit, de la place relative des organes et non de leur modification profonde, tout le reste de l'organisation des Testacelles est semblable à celle des Limaces. Voici de quelle manière les caractères de ce genre sont exprimés : corps ellipsoïde, allongé, gastéioi)ode; le pied non séparé par un sillon latéral; derme épais, couvrant également tout le corps, si ce n'est à sa partie postérieure où il est protégé par une petite coquille extérieure; manteau fort mince et pouvant prendre dans quelques occasions une extension telle qu'il couvre tout le corps; trou pulmonaire arrondi, postérieur, à droite et au-dessous du sommet de la coquille; anus tout près de l'orilice; quatre tentacules complètement rétractiles : les postérieurs plus grands, <iculifères au sommet; orifice des organes de la génération à la base du grand tentacule droit. Coquille très-petite, externe, presque auriforme , légèrement spirale à son sommet, à ouverture fort grande, ovale, obli(iuement évasée, ayant le bord gauche roulé en dedans. Les Testacelles s'enfoncent assez profondément dans la terre pour y rechercher les Vers Lombrics ([u'elles attaquent et dont elles font leur nourriture habituelle, elles en sortent le soir, et alors on les trouve en très-grand nombre là où pendant le jour on n'en apercevait aucune; aussi doil-on les chercher à la lumière.
Testacelie ORiiiER. Tesfacetla lialioliilea, Lamk., Anim. sans vert., t. vi, 2e part., p. 32, n" !; l'biJ., Faure Big. , Bull, des Scienc, n» fll; Drap. , Ilist. nat. des SJoll. de Fr., pi. 8. lig. Aô à 48, et pi. 9, fig. 12, 15; Cuv., Ann. du Mus., I. v, p. 440, pi. 20, fig. C, 7; Féruss., Ilisl. nat. des Moll. terr. et fluv., pi. S, fig. 5 à 9; Blarnv., Slalac., pi. 41, fig. -2. Longue d'un ponce et demi, ou un peu plus, cette espèce porte une coquille à peine de cinq ou six lignes, à ouverture très-ample, faiblement spiréeau sommet. L'Animal est grisâtre ou fauve, quelquefois rougeàtre, tantôt maculé de brun, tantôt de couleur imiforme. 11 se trouve dans toute la France méridionale.
Testacelie de Maucé. Testacella Maugei, Féruss., loc. cit., n»2, pi. 8, fig. 10, 12. Espèce bien distincte de la première : son Animal est rougeàtre, parsemé de taches bruoes ; ses tentacules sont beaucoup plus grêles que dans l'espèce de France; ils sont filiformes, et le pourtour du corps est de couleur orangée. La coquille fort mince, allongée, ovalaire, est fauve, cornée et légèrement striée. La s|)ire est plus saillante que dans l'autre espèce. Celle-ci se trouve à Ténériffe.
TESTACÉS. MOLL. y. MoLLUSQCES et Coquilles.
TESTACITES. MOLL.FOSS. Dénomination sous laquelle difï'érents auteurs ont compris toutes les coquilles fossiles.
TESTAR. POIS. Espèce du genre Gobiesoce.
TESTICULAUIA.DOT. CegenredeChampignons, delà famille des Gastéromycètes et proposé par Klotscb, n'a point paru différer suffisamment du jjenre Aiachnion, de Schweinilz, pour en être séparé. A'. Araciimoîv.
TESTICULE. ZOOL. r. Géivératio.^.
TESTRIS. OIS. /-'. Stercoraire.
TESTUDINAIRE. Testmliiuiiia. bot. Genre de la famille des Dioscorées et de la Diœcie Hexandrie, L., établi par Burchell et Salisbury, adopté par J. Lindiey (Bot. liegist., n^Oai) avec les caractères suivants : périanthe à six segments étalés, linéaires, presque égaux. Les Ueurs mâles ont six étamines insérées à la base des segments du périantbe. Les fleurs femelles offrent trois styles soudés entre eux; une capsule membraneuse et des graines ailées. La plante, sur laquelle ce genre a été constitué , avait été d'abord placée dans le genic Tamus; et, en elîet, les individus mâles ressemblent beaucoup à ceux du Tamus coinmunis. Le voyageur Burchell, ayant découvert en abondance cette i)laute à l'époque où elle portait du fruit, pensa qu'on devait en former un genre plus voisin du Dioscoreu que du Tamus, et auquel il imposa le nom de Testiludiiiaria, à cause de la ressemblance de son caudex avec la carapace d'une Tortue.
Testldinaire pied d'éléphant. Testitudinaria eleplianlipes, Burcb.; Tamus clephantipes, L. C'est une plante de la pointe australe d'Afrique, poussant chaque année de sa souche des tiges ou rameaux volubiles, garnis de feuilles vertes, réniformes, apiculées, portant des fleurs mâles en grappes et des fleurs femelles presque solitaires. La souche, qui est la partie la plus remarquable de cette plante, a des dimensions considérables (quelquefois trois pieds de diamètre et de hauteur). Elle est subéreuse ou charnue, marquée de lignes
(|iii s'anastomosent de manière à simuler l'écaillé des Toi lues. Sa substance intérieure peut être comparée, pour la consistance et la couleur, aux Turneps. Les Uollentols la mangent après l'avoir fait cuire sur les charbons.
TESTUDO. REPT. CHÉL. V. TORTDE.
TETA. BOT. Roxbiirgli avait applit|ué ce nom d'origine bengalaise à une plante qui a été décrite sous le nom générique de Peliosanthcs. f^. ce mot.
TIÎTANOCÈRE. Tetaiioceia. ins. Ce genre de Diptères, de la famille des Atliéricères, a été établi depuis longtemps par Duméril. H fait partie de sa famille des Latéralisètcs ou Cliéloloxes , qui se compose des Syrphides et des Muscides, de Latreille. Il s'éloigne, ainsi que celui d'Échinomyie, des autres genres de cette famille par la longueur du second article des antennes ou l'intermédiaire, qui est plus grande que celle du suivant ou de la palette. Ces organes sont dressés, dirigés en avant dans le repos, tandis que ceux des Écliinomyies dont le corps est d'ailleurs bérissé, sont cacliés dans une fossette. Aucune espèce n'est mentionnée. Dans les notes relatives à cbaque genre il est dit que les Tétanocères ont la télé grosse, bémispliéiique, tronquée en arrière, avec la bouche renflée et vésiculeuse. On trouve ces Insectes sL'r les plantes qui se décomposent cl sur les matières animales. Leurs larves s'y développent aussi. Tout fait présumer que Duméril a eu en vue les Sépédons, de Latreille, et i)lusieurs espèces de Scatoi)hages, de Fabricius, ou cette division des Muscides qui, dans la seconde édition du Règne Animal, a été nommée Dolichocères. Les antennes peuvent avoir leur second article plus grand que le troisième, et différer cependant par d'autres considérations, de manière à pouvoir fournir divers caractères génériques. Latreille ne comprend dans le genre Tétanocèrc que les Dolichocères dont les antennes, aussi longues environ que la tête, ont leur second article en carré long et étroit, aussi long ou un peu plus long que le troisième; tels sont les Scatophaga reticulata et (jiamiutim, de Fabricius; son Oscinis )ilauifrons, etc. Au surplus la tribu des Muscides, nonohstant les améliorations importantes que lui ont fait éprouver les recherches de Meigen et de Fallen , est encore Irès-embrouillée.
TÉTANOCÉRITES. iris. Groupe d'Insectes diptères, formé dans la famille des Musciens, et qui comprend les genres Sepeilon. Thecoinyiu et Telanocera, lesquels genres se distinguent de tous les autres de la tril)u des Muscides, parla réunion des caractères suivants : antennes horizontales, allongées, ayant leur second article velu et au moins aussi long que le troisième; abdomen long.
TÉTAKOl^S. Telanops. iNS. Genre de Diptères, de la famille des Athéricères, établi par Fallen et adopté par Meigen. Dans la seconde édition du Règne Animal, Latreille l'a placé dans la division des Car|)omyzes, de la tribu des Muscides. Il se distingue des autres genres de cette tribu par la forme de la tête qui, vue en dessus, parait être presque triangulaire et aussi longue que large, par les antennes qui sont écartées, avancées, petites, de trois articles dont le troisième ovale, com-
primé, obtus et muni d'une soie simple ; enfin, par son corps assez allongé. Le Diptère, servant de type générique, semble se rapprocher des Oseines de Latreille et de plusienis Scalophages, de Fabricius. La partie antérieure de la tèle, située immédiatement au-dessous des antennes, que Fabricius nomme hypostome, et que Latreille considère comme la face, va en pente, est nue et carénée. Les ailes sont un peu relevées. L'abdomen est conique, composé extérieurement de cin(| anneaux, et terminé, dans les femelles, par un stylet recourbé en dessous et articulé.
Tétanops jiïopiNE. Telanops myopina, Meig., Dipt. T. V. p. 33Ô, lab. 51 , fig. 1-3. Elle est blanchâtre, avec les pieds |)àles, et des taches sur les ailes et l'abdomen; celles des ailes sont noiràlres et les ahdominales noires et opposées. Taille, deux lignes. En Suède.
TETANOSIA. bot. (Richard). V. Ximénte.
TÉTANURE. Tela uni a. tas. Genre de Diptères de la famille des Athéricères, tribu des Muscides, établi par Fallen, caractérisé ainsi : corps et pattesassez allongés; tète plane et soyeuse; yeux ronds, écartés; face perpendicidaire, carénée et presque nue; antennes, beaucoup plus courtes (|ue la tête, s'avançant obliquement, et formées de trois articles dont le dernier clli))tique, comprimé, obtus, avec une soie velue, insérée au milieu de son côté supérieur ou dorsal ; ailes couchées horizontalement sur le corps, avec leur première nervure longitudinale simple; abdomen simple, allongé, cylindrique, de cinq anneaux.
Tétandre a VEiiTREPAi.E. Tetatiuia palUdiventiis, Meig., V, tab. 32, lig. 3-S. Elle est noire, luisante, avec les antennes, le front et les pieds pâles; l'abdomeji est presque fauve. De Suède.
TETARD. REPT. On sait que les jeunes Batraciens, principalement ceux de la famille des Anoures, comme les Grenouilles, les Rainctics, les Crapauds, les Pipas, naissent avec dis l'ormi'S très-différentes de celles de leurs parents, et iiLi'ils suliissent des métamorphoses très-reinarqual)les. Ce sont les jeunes dans leur premier état, que l'on désigne sous le nom de Têtard, nom auquel on a quelquefois substitué celui de larve, dont on se sert absolument dans le même sens en enlomologie. /^. Génération, GREfiouiLLES, Métamorphose, OEiJF, etc.
TÉTARTIN. MIN. Nom donné par Breilhaupt à l'espèce de Feldspath à base de Soude, plus généralement connue sous ceux d'Albite et de Cléavelandite. F. Felu-
SPATU.
TÊTE. zooL. F. Squelette.
On a employé le nom de Tête en y joignant une autre dénomination pour désigner plusieurs objets trèsdifférents. Ainsi, dans les Oiseaux on nomme : Têteb'azdr, une espèce de Gros-Bec.
Tête DE fayence, une Mésange.
Dans les Reptiles :
Tète fodrchde, une espèce d'Agame.
Dans les Poissons :
TÈTE d'Ane, une espèce de Chabot.
Tète de Lièvre, une espèce de Gohic.
Parmi les Concliifères :
Tète d'Araignée et de Bécasse, deux esi)èces ditïércntes de Rochers.
TÊTE DE Bardet, uiie cspècc (le Céiile. Tête de Dragon, une espèce de Porcelaine. TÊTE d'Isis, une, Pytule.
Tête de Boeuf oii Mâchoire de Boeuf, un Casque. Tête de Requin, une aulrc espèce de ce dernier genre.
Tète de Serpent, une espèce de Porcelaine.
Dans les Insectes :
Tête armée, une espèce d'Apodie.
Tète bleue, une espèce de Bombyx, désignée sous te nom vulffaire par Geoffroy.
Têteécorcbée, une espèce de Coléoplèrcs,dn genre Allelabe. Tête de mort, une espèce de Sphinx.
Parmi les Zoopliyles :
Tête de Méduse, des espèces du genre Euryale. TÉTEMA. OIS. Espèce du genre Fourmilier. f-\ ce mot.
TÉTIIÉE. Telliea. ms.Lépidoplèresnoclurnes. Genre de la famille des Nocluélides, institué par Oclisenlieimer qui le caractérise ainsi : antennes un peu épaisses dans les mâles ; palpes dépassant la tête, un peu ascendantes, légèrement écartées, avec le dernier article Irès-court, nu, lionqué au sommet; spiritrompe de longueur orpinaire ; corselet uni et lisse ; collier relevé et suivi d'une petite carène aiguë; abdomen lisse dans les mâles, légèrement crêtée dans les femelles; ailes supérieures lisses et luisantes, ayant le bord terminal écliancré au sommet el l'angle apical très-aigii; les deux lignes discoïdales cl les taches distinctes.
Tétiiêe rétuse. Telhea letiisa; Oclisenh.; Noctiia relusa, L. Dessus des ailes supérieures d'un gris brun, coupé transversalement par deux lignes presque droites et parallèles entre elles, jaunâtres et brunes; deux taches jaunâtres entre ces lignes; frange séparée du fond par un liseré jaune; dessus des ailes inférieures gris, avec la frange plus pâle. Taille, treize lignes. Europe.
TÉTUIE, TÉTHYE, THÉTYE ou THÉTHYE, polyp. Il semble que les auteurs se soient entendus pour varier de toutes les manières possibles l'orthographe de ce malheureux nom qui a reçu de plus deux applications différentes. Lamarck (Anim. sans vert., t. ii, p. 584) a formé le genre Télhie aux dépens des Alcyons; il le place dans la section de ses Polypiers empâtés, entre les Éponges et les Géodies. Pour lui les Télhies sont des Polypiers tubéreux, snbglobuleux, très-fibreux intérieurement, à libres subfasciculées, divergentes ou rayonnantes de l'inlérieiir à la circonférence, et agglutinées entre elles par un peu de pu!|)e; à cellules dans un encroûtementcorlii'al,(|uel(iuer(iis caduc; les oscules sont rarement perceptibles. Ainsi le cal'actère essentiel des Tétliies seiait d'avoir à l'intérieur des fibres divergentes ou rayonnantes. L'auLeui' ne parle point des Animaux constructeurs. Cuvier{ Règne Anim., t. iv, p. 88 ) considère les Théthyes à peu près de la même manière que Lamarck; il les place entre les Alcyons et les Éponges, dans sa quatrième tribu des Polypiers, où l'écorce animale ne renCeruie qu'une substance charnue, sans axe osseux ni corné, et réunit sous ce nom divers corps marins de li-sus variés, mais
toujours sans Polypes visibles, et dont l'intérieur, plus ou moins fibreux, est entouré d'une croûte de consistance variable suivant les espèces. Il avertit (en note) qu'une grande partie des Alcyons de Lamarck apparlirnneiit réellement à ses Télhies. Savigny (Mém. sur les Anim. sans vert., Il"- part.) emploie le nom de Télliye comme nom d'ordre ou de famille d'Animaux, soit simples, soit agrégés, que leur organisation fait rapprocher des Mollusques acéphales sans coquilles ou ascidiens. Il est ù remarquer que les Téthyes agrégées ou composées de Savigny avaient été confondues avec les Alcyons dont elles ont l'aspect, surtout quand elles sont desséchées, et qu'il est très-probable qu'il reste encore dans le genre Alcyon beaucoup de productions marines, connues seulement à l'état de dessiccation, qu'il faudra rapprocher de ses Téthyes quand leurs Animaux seront connus. Ainsi le nom de Télhies , de quelque manière qu'on le considère el qu'on l'écrive, a servi à désigner des espèces dégagées du genre Alcyon. Lamouroux, qui écrit Téthyes et Thétycs, n'a poinl adopté ce genre tel que l'entendent Ciivier et Lamarck; il en a réuni les espèces à son genre Alcyon ( A', ce mot); il n'a point non plus conservé le nom de Téthyes composées aux genres établis par Savigny, et qu'il adopte, mais il les réunit à ses Polypiers sarcoïdes.
TÉTIIYS. Tethys. jioll. Comme tous les autres Mollusques nus, Linné plaça ceu.x-ci dans sa classe des Mollusca qui comprenait aussi bien des Mollusques véritablesque des Radiaires et des Zoophytes. Placé par Cuvier dans l'ordre des Nudibranches, entre les Tritonies et les Scyllées, ce genre fut admis par Lamarck dans la famille des Tritoniens. Blainville, en donnant le nom de Polybranclies aux Nudibranches de Cuvier, les a partagés en deux familles d'après le nombre de tentacules; il a nommé Dicères les Mollusques de la seconde, parce qu'ils n'en ont que deux; el les Téthys furent mises à la fin, après les Tritonies. Les caractères génériques sont les suivants; corps ovale, déprimé, bombé en dessus, plan en dessous et pourvu d'un large pied dépassant de toute pari le dos étroit cl sans rebord ; deux tentacules supérieurs fort longs, à la partie antérieure desquels est un tube contractile; bouche à l'extrémité d'un petit tube sans dents ni langue hérissée? au milieu d'un large voile frontal, demi-circulaire, frangé dans tout son bord; branchies alternativement inégales et disposées sur une seule ligne, de chaque côté du dos. Ce qui frapiie d'abord dans les Tétiiys, c'est le grand voile froiUal, demi-circulaire, qu'elles portent sur la tète. Ce voile, membraneux et cilié sur ses bords, ne se voit dans aucun autre Mollusque; il est séparé du corps jiar un étranglement profonil ; ce corps ovalaire, plan en dessous, convexe eu dessus, ne diffère pas d'une manière notable de celui des anlies Gastéropodes nus. La tète, dont le voile fait parlie, est séparée du corps par un étranglement; elle porte eu dessus une paire de tentacules en cornet évasé, mais dépourvus de points oculaires ; en dessous, et dans la parlie médiane et inférieure, se voit l'ouverture buccale, qui est simple, el d'où sort une petite trompe; cette bouche est dépourvue de plaques ou de crochets cornés et même de langue; on y remarque seulement (iiielqnes papilles
ÔC7
charnues. Le linrd anlérieur s'élalc en ime large plaque rliarnue, forl mince, et dont le bord est terminé par un nombre considérable de franges tentaculaires, probablement extensibles durant la vie de rAnimal. Le corps, plus ('Iroit que la tète, est ovale-oblong; le pied est aussi large que toute la face inférieure, et il n'est séparé ni par un sillon ni par un manteau membraneux même rudimenlaire. On trouve sur le dos, deux lignes longiludinales et latérales formées de rangées de tubercules charnus, allernativement gros et petits; ils sont terminés par des cils, et ils constituent les branchies. A la partie antérieure, dans l'étranglement qui sépare la lèle du corps, on remarque à droile et postérieurement l'anus; un peu en avant est un orifice double pour les organes de la génération.
TÈTa\iLteûR[!iE.Tellixslepoiina,h.,Gme\.,p.ô]ô&, n" IjTétbys, Cuv., Ann. du Mus., t.xii, pi. 24; Encycl., pi. 81, fig. 1,2? Blainv., Malac, pi. 4G Wi, fig. 9. Elle a jusqu'à huit pouces de longueur. Elle habile la Méditerranée.
TÉTIGOJIÈTRE. ins. F. Tettigomètre.
TÉTILLE. TetHla. bot. Genre de la famille des Crassulacées établi par le professeur De Candolle qui le caractérise de la manière suivante : calice à quatre divisions, dont la postérieure un peu plus grande; corolle composée de quatre pétales insérés tout au bas du calice : les deux postérieures sont beaucoup plus grandes; élamines insérées avec les pétales : huit d'entre elles sont fertiles, les autres sont stériles; filaments filiforme-snbulés; anthères biloculaires, insérées par le dos, subcordées, longiludinalement déhiscentes; ovaire libre, oblongo-téiragone, Irès-cnurlemeut quadrilobé au sommet et i)uadriloculaire ; ovules nombreux, analropes, pendants, insérés sur deux rangs ù l'angle central des loges; stigmate sessile, à quatre lobes obtus. Le fruit consiste en une capsule à quatre loges, se séparant en quatre valves par le sommet. Les semences sont ovato-oblongues et striées; l'embryon est court, cylindrique, celluloso-charnu; la radicule est centripète, rapprochée de l'ombilic.
TÉTILLE A TEciMES d'hydrocotyi.e. TetUlu hydrocotylefolia. De Cand. C'est une petite plante herbacée, à feuilles radicales longuement péliolées, orbiculées, )irofondément cordées par un sinus très-apparent, à trois nervures disposées en palme ; la tige est nue, simple et dressée, terminée par une grappe oblongue, composée de Heurs rouges, lavées de brunâtre, portées chacune sur un pédicelle pourvu de bractées. Du Chili.
TÉTRABOTHRYDES. iivtest. /'. Botryocépuale.
TÉTRACANTHE. Tetiacanlhus. ins. Coléoptères létramères. Genre de la famille des Longicornes, tiibu des Lepturètes, établi par Hopes qui lui assigne pour caractères : antennes plus ou moins pubescenles, mais jamais épineuses, composées de onze articles, insérées dans une écbancrure des yeux; tèle penchée en avant; palpes très-petites, avec le dernier article plus gros : les labiales plus courtes que les maxillaires; corselet armé de quatre épines, et l'extrémité des ély très de deux. Ce genre se compose d'espèces de l'Amérique du Sud.
TÉTRACANTHE. pois. Espèce du genre Chœtodon. y. ce mot.
TETRACARPUM. dot. (Mœnch.) Synonyme deScbkuhrie. F. ce mot.
TÉTRACELLION. BOT. Ce genre, institué par Turckzaninowdans la famille des Crucifères, pour une plante de la Sibérie , a été reconnu identique avec le genre Tetrapoma, déjà publié par le même botaniste.
TETRACERATIUM. bot. L'une des sections du genre Notoceras, créé par Rob. Brown dans la famille des Crucifères.
TÉTRACÈRE. 2'ei/aceca. BOT. Ce genre,de Linné, est le même que le Tigarea, d'Aublet, et que VEniyandra, de Forster. Il appartient à la famille des Dilléniacées et peut être caractérisé de la manière suivante : Heurs unisexuées, dloïques ou polygames, disposées en panicules ou en grappes. Calice de quatre à six sépales arrondis, persistants et prenant même de l'accroissement après la fécondation pour former une sorte d'involucre à la base du fruit. Les étamiues sont très-nombreuses, insérées sous les pistils; leurs filets sont dilatés au sommet. Les pistils varient de trois à cinq, qui se terminent chacun par un slyle simple et aigu, et deviennent autant de capsules uniloculaires, contenant une ou deux graines ovoïdes, luisantes, enveloppées d'un arille à leur base, et attachées à l'angle interne de chacune d'elles ; elles s'ouvrent comme en deux valves.
Têiracère grimpant. Teliacera volubilis. Arbuste sarmenteux, à feuilles alternes, rudes, d'un vert cendré à leur face supérieure; fleurs purpurines, réunies en grappes courtes, simples et formant une panicule terminale. Des régions intertropicales de l'Amérique méridionale.
TÉTRACÈRES. Tetniccratii. mu.. Première famille des Polybranclies, de Blainville, correspondant aux Nudil)ranches,de Cuvier. Cet ordre fut partagé en deux groupes, d'après le nombre des tentacules. La famille desTétracères renferme les Polybranches à (jualre tentacules. Ce sont les genres Glauque, Laniogère, Tergipède, Cavoline et Énlide. F. ces mots.
TÉTRACÈRES. crust. Nom employé par Latreille, pour désigner un ordre de Crustacés. F. Isopodes.
TÉTRACHILES. mah. Klein a formé, sous ce nom, un ordre particulier de Mammifères, qui renferme ceux qui, comme l'Hippopotame, ont les pieds divisés eu quatre doigts terminés par des sabots.
TÉTRACHIRES. MASi. (Duméril.) Même chose que Quadrumanes.
TÉTRACIINE. Tcliacline. bot. Genre de la famille des Graminées, établi par Nées qui lui donne pour caractères ; épillets multiflores; glumes carénées, uninervées; Heureltes imbriquées, dont deux inférieures, stériles, portant des glumes semblables aux autres qui sont fertiles et bivalves; paillettes herbaceo-chartacées : l'inférieure a la carène aiguë, trois ou cinq nervures et très-souvent sommet mucroné; la supérieiue est presque égale, bicarénée , avec les côtés comprimés, infléchis et un peu aigus; trois élamines; squamules tronquées, largement obcnniques, glabres et assez épaisses; ovaire stipilé, déprimé et glabre; styles courts et rapprochés ; stigmates rétrécis , pUimeux. couverts de poils simples et pâles.
TÉTRAcniSE AGGLOMÉRÉE. Tetmcltiie gloiiierata, N., l'oaglomeraUi, Thiinb. Ses feuilles sont niarcescciUes: ses épis sont compnsés d'épillels distiques, imbiiqnés, si'ssiles. Cette plante croit en î;azon, au cap de Bonne- Espérance.
TÉTRACIIOTOME. Tetiarhotùmus. coT. Épillièle donnée à la cime, lorsque son axe est accompagné de quatre bractées.
TETRACMIS. BOT. (il/oi/sses.) Nom donné par Dridel a la section du genre Telra/ihis, qui comprejid le Telraphis pelluciila.
T1';TRAC01,1UM. bot. {Mucéilinéos.) Genre établi par Link, et ayant poui- type le Tonila Inherculariœ, (le i\ées. 11 a élé réuni de nouveau au Torula par Pries. Il n'était en effet caractérisé que par ses filaments dont les articulations sont constamuieut au nombre de quatre, caraclère propre tout au plus à établir une espèce. La petite plante micioscopique, qui a été l'objet de cette distinction, croit parasite à la surface d'un autre Champignon : le J'ubeiculaiia vulijaiis; et l'on peut se demander, d'après sa description, s'il ne fait pas partie de ce Cliauipignon, et si c'est bien une Plante parasite et non de simples poils articulés.
TÉTRACTIDE. bot. Telractis.S\nenseHNeu. EntdecU.,ô, p. 55) a établi sous ce nom un genre qu'il a rapporté à la famille des Renonculacées, et qu'il a ainsi caractérisé : point d'involucre sous la Heur; calice à quatre sépales obtus; corolle nulle; quatre étamines ii anthères oblongues, attachées par la base ; quatre caryopses aigus.
TÉTRACTIDE DU Cap. TetracUn capensis , Sprcng. Pelite plante ligneuse, à feuilles alternes, oblongues, entières; à Heurs portées sur des pédoncules capillaires, groupés au sommet des branches.
TÉTRADACTYLES. iiau. Famille établie par Klein, et comprenant les Rougeurs pourvus de quatre doigts à leurs pieds antérieurs; tels sont les Agoutis et les Édentés. A'. Tatous.
Vieillot a, dans sa Méthode ornilbologique, appli<iué le nom de Tétradactyles à une tribu d'Oiseaux écbassiers, pourvus de (juatre doigts aux pieds.
TÉTR.VDÉCAPODES. CRUST. Dénomination appliquée par Clainville aux Crustacés isopodes, qui ont sept paires de pattes ou quatorze pieds, et qu'il a étendue aux Caliges, aux Chevrolles et aux Lernées, dont les pattes n'atteignent pas ce nombre.
TËTRADÉiME. Tetiadenia. bot. Genre de la famille des Labiatées, institué par Bentbam qui lui donne pour caractères : calice cam|)anulé, à cinq dents dont la supérieure plus large; son orifice est nu; lulie de la corolle fermé, son limbe est campanule, marquant cinq lobes égaux; quatre étamines égales et dislanles; filaments nus; loges des anthères conUuenles; valvules réIléchiLS; lobes de l'ovaire au nombre de (juatre, repaitis éiialement sous les glandules du disque; style briisi|iicmi'Ut bifide au sommet.
Tetradesie rRBTESCENTE. Teliadeiiia fnilicosa, Bentli. Mentliii fruticosa, Bajer. C'est un sous-arbrisseau cotonneux, à feuilles pétiolées, ovales et crénelées ; les épis sont disposés au-dessus des verticilles
lie l'eullles et se composent d'un assi'Z grandi; nombre de Heurs. On trouve celle plante à Madagascar.
Un autre genre Tetradenia, proposé par Nées, dans la famille des Laurinées, a été réuni au genre Lilsœa, de .lussicu.
TliTRADICLIDE. Tetrndiclift. bot. Genre de la famille des Kutacées, établi par Steven, avec les caractères suivants : calice persistant, à quatre divisions imbriquées avant l'épanouissement; corolle composée de quatre pétales ovales ou obovales, courlcment onguiculés, imbriifués et insérés sous le disque bypogyne; quatre étamines insérées comme les pétales et allernant avec eux; leurs filaments sont un peu comprimés et leurs anthères introrses, biloculaires, subglobuleuses, attachées par le dos et longitudinalement déhiscentes; ovaire placé sur le disque, oblusément quadrangulaire, déprimé par le milieu, ù quatre loges renfermant de quatre à six ovules anatropcs, pendants de l'angle du placenta; style simple, central et persistant; sligmate en massue, ù quatre sillons; capsule subglobuleuse, télragone, déprimée, ombiliquée au milieu, ù quatre loges s'ouvrant par les angles; endocarpe soluble et bivalve; valvules cruslacées, à bords membraneux, roulés, renfermant chacune une semence oblongue, recouverte d'un test mince, lisse et d'un roux jaunâtre. Embryon presque droit, dai:s un albumen charnu; colylédons épais; radicule supère. Ce genre a été fondé pour une plante des bords de la mer Caspienne; les feuilles iiremières, ainsi que les rameaux, sont opposés; celles de la tige sont alternes, et les plus inférieures sont découpées inégalement en lanières profondes et minces, les supérieures sont entières et les médianes à trois découpures. Les Heurs, assez semblables à celles de l'Héliotrope, sont roulées en épi terminal.
TETRADIOSPYROS. BOT. L'une des sections du genre Diospynis. y. Plaquemikier.
TëTRADIUM. BOT. Loureiro a élabli, d'après un arbre de la Cochinchine, ce genre ainsi caractérisé ; fleurs hermaphrodites; calice court, quadripaiti ; pétales plus longs que les sépales et au nombre de quatre; quatre étamines égales aux pétales, à filets épais, subulés et velus; ovaire quadrilobé; style nul; quatre stigmates subulés et dressés. Le fruit est formé de quatre capsules arrondies, s'ouvrant par le sommet, renfermant chacune une graine de même forme, luisante, arillée. Les feuilles sontpennées avec impaire, à folioles glabres et très-entières; les fleurs sont blanchâtres, disposées en grappes vastes , trichotomes , presque terminales. Ce genre appartient très-vraisemblablement au groupe des Zanlhoxylées, dans les Kutacées. Suivant Smith, il devrait même être rapporté au genre Zaullwx/lum. II a aussi des rapports fort grands avec le Briicea.
TETRADONTIUM. but. {Mousses.) Schvvœgrichen a séparé, sous ce nom générique, les trois espèces de Tetrapliis confondues autrefois sous le nom de Teliaphis ovata, mais qui diffèrent plus du Tetrapliis peltuckla par leur port que par des caractères réellement génériques. Le genre J'elradonlium n'a été admis par la plupart des botanistes, que comme sousgenre du /ehaphis. f^. ce mot.
TETRADYMIE. ye^af/r'"?"- BOT. Genre delà famille (les SynanChérées, (ribii des Stm'cionides, élabli parle professeur De Caiidolle (|tii le caraclérisc ainsi : capiliile lininoRame et qiiadrilloie ; involiicre formée de quatre écailles ovales, ohlnnijues, ojiposées en croix sur deux ran^s; réceplacle étroit et nu; corolles liil)uleiises, <iuin(|uefides, à lobes linéaires, antlières privées de queue; slyles ranieux, cylindriuscules, terminés en léle; akènes velus et sans bec; aiiîrelle décidue, formée de plusieurs rauRS de soies ligidules et dentelées.
Tètr\dvmie BLANCHATRE. Tetradymia canescens. De Cand. La plante est herbacée, entièrement couverte d'un duvet blancbâlre; la tifie est simple et cylindri(|up; les feuilles sont alternes, sessiles, linéaires, très-enlières, mucronées au sommet; les fleurs sont assez grandes, fauves, pédicellées, formant un capitule terminal. De l'Amérique seplcnlrional.
TÉTRADYNAJIES. BOT. On dit (|ne les élamines sont Télradynames quand, élant au nombre de six, (|uatre sont cnnslamment plus grandes que les deux autres. Les quatre grandes sont réunies par paires et séparées par les deux plus courtes, qui sont également opposées. Toutes les Crucilères ont les élamines Télradynames.
TliTRADYNAMIE. bot. Quinzième classe du système sexuel de Linné, renfermant les plantes dont les élamines sont télradynames. y. ce mot. Cette classe se divise en deux ordres, d'après la structure du fruit qui est une silique ou une silicule. De là la Tétradyuamie silii|ueuse, et la Tétradyuamie siliculeuse. Z-'. Système
SEXCEL.
TIÎTRAEME. Telnieme. bot. Genre de la famille des Crucifères, instilué par Bunge aux dépens du genre Eijsimuiii, pour une espèce des bords de la mer Caspienne -. Erysiiniim qiiutliicorne, Steph., dont le professeur De Candolle, au t. i,p.l 40 de son /"/orfrOHtî/s, a formé la section Tetraceratiuiu, de son genre Ifotocenis. y. ce mot.
TÉTHAGASTRIS. BOT. Gserlner a décrit et figuré sous le nom de Tetragastiis ossea (vol. 2, p. 150, tab. 109), un fruit charnu, offrant quatre noyaux monospermes, à graines pendantes et dé|)0iu'vues de périsperme. Willdenow le ra|iportait à son Tiewia nudiflora. Maintenant on regarde comme appartenant à une plante tout à fait différente et de la famille des Téréhinlhacées, VHeilwigia balsumifeia, de Swarlz. Cet arbre croit à Saint-Domingue où il porte vulgairement le nom de Bois-Cochon. C'est le même que Bcrtero a confondu, à tort, avec une Sapindacée : VE/jltilis fraxinea, Willd., et qui se trouve citée à l'article Maliiyhn, dans \e Prodromus de De Candolle.
TÉTUAGLOCHIN. Tetraglocliinus. BOT. Genre de la famille des Rosacées, établi par Popping. qui lui donne pour caractères ; Heurs dioïques.Les mâles ont le calice télrapbylle, sans corolle; deux élamines à filaments filiformes; anthères en cœur, hiloculaires et longitudinalement déhiscentes. Les Heurs femelles ont le lulie du calice ovale, pourvu de quatre ailes larges; le limbe est supère, persislanl, divisé en quatre parlies; ovaire uniloculaire, renfermant un seul ovule pendant; trois nu quatre slyles très-courts, couronnés par
des stigmates en pinceau; akène cylindrique, enveloppé par le tube qiiadriculé et persistant du tube du calice; semence renversée; embryon cxalbumineux; radicule supère.
TÉTRAGLOcniJv AiiÉ. Teliatjlochinus o/o/hs, Popp.; Moif/fricar/i^is alalus, Gill. Arbrisseau de deux pieds de hauteur, à rameaux rigides, garnis de stipules engainantes, dont les bords sont barbus ; feuilles axillaires,fasciculées, linéaires, à bords roulés; péiloncules„ axillaires, courts et ne portant qu'une Heur. Du ChiUe-
TETRAGLOTTIS. bot. La piaule produite sous ci.-e nom générique par Puknenel, ne parait pas différer du Sterciilier ù feuilles de Plalane.
TÉTRAGNATHE. Tctragnalha. aracbiv. Genre de la famille des Aranéides ou des Arachnides fileuses, division des Orhitèles o» Tendeuses, dont les yeux, au nombre de huit, sont situés, quatre par (|ualre, sur deux lignes presque parallèles et séparées par des intervalles égaux; dont les mâchoires sont longues, étroites, élargies seulement à leur exirémilé supérieure, et dont les chélicères (mandibules ou griffes de la plupart des naturalistes) sont pareillemenl allongées, surtout dans les mâles, et avancées. Le corps lui-même est généralement étroit et long. La toile de ces Aranéides est verlicale. On n'a encore découvert en Europe <|u'une seule espèce, qui est VAranen exicnsa de Linné, l'Araignée â ventre cylindrique et pattes de devant étendues, de Geoffroy. Le corps est roussàtre, avec l'abdomen d'un vert jaunâtre doré; il a sur le dos une ligne noire et ramifiée, une bande de la même couleur à la partie opposée du ventre, et deux lignes jaunâtres sur les côtés. Les couleurs sont un peu modifiées, suivant les différences d'âge. Les chélicères du mâle sont proportionnellement plus grandes que celles de l'autre sexe, et leur première pièce est armée d'une forte épine. Cette Aranéide forme sur les buissons, les plantes et plus particulièrement près des riiisseairx et des mares, une toile verlicale, à réseau régulier, au cenire de laquelle elle se lient, les ([uatre pattes antéiipiires étendues en avant, les deux postérieures dirigées en un sens opposé, et les deux arrtres rejelées laléralernenl. Lister l'a vue s'accoupler, le 23 de mai, vers le coucher du soleil. Les deux sexes sont suspendus en Pair, et par le moyen d'un fil , sous la toile. Ils appliquent mutuellement leur venlre l'un contre l'autre; le mâle est en dessous, et son abdorrren s'étend en ligne droite; celui de la femelle est courbé, et son exirémilé poslérieure touche la base du ventre de l'autre individu. Leurs pattes et leurs chélicères sont entrelacées. Leur réirniorr s'opère, comme chez les airlres Aranéides, par le jeu alterrralif des palpes. Un tubercule (|ue l'on observe à lerrr dernier article, est le seirl organe fécondateur que ce naturaliste ait bien reconnu. On voil, par la description qir'il fait de cet article, qrre sa structure est assez comiiliqirée. La ponle a lieu vers la fin de juin. Le cocon est de la grandeur d'un grain de poivre, assez fort, et composé de fils lâches. Les plus intérieurs sont d'irn blerr verdâlre ; les exiérieur's sont plus foncés, el pr'ésentent des inégalités produites par de petits globules. Les œufs sont d'un jaune pâle. Le cocon est souvent attaché â des joncs
ou ù des feuilles. Le même obseivaleiii- ayant leuferme dans une boîte deux femelles, l'une d'elles tua l'autre sur-le-clKini|), se mit à la sucer, et une secousse de la hoîle l'ayant forcée d'abandonner sa proie, elle revint la clierclier cl la saisir. Les œufs éclosent en automne. Defféer a trouvé de jeunes Aranéides de celte espèce, adhérentes à plusieurs de ces fils de soie que l'on voit, dans les beaux jours d'automne, voltiger en l'air; et il a même observé (|u'elles les allongeaient. Elles se lais- ^ U emporter et Uotler avec eux par le mouvement de Tair. Il combat l'hypothèse de Lister à l'égard de la faculté qu'auraient ces animaux de seringuer ou d'éjaculej' ces fils. L'Ile-dc-France et l'Amérique produisent qupl(|ues autres espèces de Télragnathes.
TETRAGOCYANIS. bot. Du Pelit-Thouars (Tableau des Orchidées des îles Australes d'Afrique) a ainsi nommé une plante (|u'il a figurée (lab. 55 et 54 du même ouvrage), sous les noms de Cyanorchis et d'^pidenUniin letragoninn. Achille Richard l'a placée dans le genre Limodorum.
TÉTRAGONE. Tetiagonus. ins. K. Agestrate.
TÉTRAGONE. Tetiagonus, Teliagona. bot. Oui offre quatre côtés. Expression principsiement consacrée pour les tiges de certaines plantes, par exemple celle des Labiées.
TÉTRAGONE DE Belzoni. Teliogoiium Belzonii,Q\ioY et Gaym. Voy. de l'Uran., pi. 86, fîg. 11. Corps libre, hyalin, gélatineux, solide, carré, quadridenté à sa parlie antérieure, tronqué postérieurement. Ce Zoophyte a été pris dans l'océan Atlantique dans la traversée des Canaries au Brésil.
TÉTRAGONE. Tetiagonum. acal. Genre établi par Quoy et Gaimard (Ann. des Se. nat., l. vi, p. 82), qui lui assignent pour caractères : animal libre, gélatineux, transparent, très-ferme, quadrilatère allongé, tronqué à une extrémité, et terminé à l'autre, (lui est l'ouverlure unique, par quatre pointes saillantes, dont deux sont ordinairement plus petites.
TÉTRAGONIE. Tetragonia. noT. Genre de la famille des Ficoïdéeselde l'Icosandrie Pcnlagynie, L., offranl les caractères suivants : calice (|uadrifideou rarement trifide, dont le tube est adhérent à l'ovaire, portant quatre ù huit prolongements cornus : les lobes sont colorés à l'intérieur; corolle nulle; élamines en nombre variable; ovaire divisé en loges dont le nombre varie de trois à huit, et surmonté d'autant de styles qu'il y a de loges; noix osseuse, ailée ou cornue, indéhiscente, divisée en trois à huit loges; graines solitaires dans chaque loge. Les espèces qui composent ce genre sont au nombre de dix à douze ; la plupart croissent au cap de Bonne-Espérance; mais on en trouve quelques-unes au Japon, à la Nouvelle-Zélande et au Pérou. Ce sont des herbes ou des plantes un peu ligneuses, à feuilles alternes, planes, charnues, indivises, ordinairement très-entières, à fleurs axillaires, pédicellées ou sessiles. De Candolle (Proilrom. Syst. l^eg., 3, p. -452) a formé deux sections dans le genre Tetragonia, lequel se rapproche du Meseinhiyanlltcmum , mais qui en diffère essentiellement par l'absence de la corolle : la première sous le nom de Tetragonohles, comprend trois esjièces, dont la plus remarquable est
le Tetragonia expansa, Ail., llorl. Kiw., ii. p. I7S; De Cand., Plant, grasses, lab. 114; Demidoria telragonoides, Pallas, Hort. Deinid., lab. 1. Celle plante est herbacée, à feuilles péliolées, ovoïdoi homhoïdales, à fleurs sessiles, à fruits munis de quatre cornes. Elle est originaire du Japon el de la Nouvelle-Zélande, et elle a été transportée dans les jardins des diverses contrées (lu globe, où on la cultive à cause de ses feuilles qui se mangent en guise d'épinards. La seconde section, nommée Tetragonocarpos, se compose de six espèces qui croissent toutes au cap de Bonne-Espérance, et parmi lesquelles on se contenlera de citer les Tetragonocarpos licrbacea el fniticosa, qui sont le plus anciennement connus, et qui ont été figurés par Commelyn {Ilorl. Amstel., ii, lab. 102 cl 103) sous le nom de Tetragonocarpus.
TETRAGONOCARPOS. bot. (Commelyn.) Synonyme de Tetragonia. y. Tëtragome.
TÉTRAGONOUÈRE. Tetragonoderns. iNS. Coléoptères penlamères ; genre de la famille des Carnassiers, tribu des Trichides, établi par Dejean, sur une petite espèce de Cayenne, que Latreille avait d'abord considérée comme devant appartenir au genre Amara de Bonelli; mais les pali)es des Tétragonodères sont terminées par un article tronqué au bout et leur avant-dernier article est plus large à l'extrémité qu'à la hase, ce qui les rapproche des Trèques. Le dernier article des palpes maxillaires est à peine plus long que le précédent; le menton a un lobe intermédiaire ou dent simple, très-distinct, plus court que les latéraux qui sont aigus ; les antennes sont minces et filiformes; elles atteignent au moins la base des élytres; le corps est plat; le corselet en carré moins long que large, plus étroit à la base; les élylres ont la forme d'un carré long, et sont tronquées au bout. Ce [senie a un caractère particulier, dans l'organisation des tarses, chez les mâles : ceux de devant ont les trois premiers articles élargis, et munis en dessous de deux rangées de petites écailles ou lamelles; les intermédiaires ont les quatre premiers articles élargis, moins cependant que ceux de devant, et garnis, à leur face interne, d'une brosse de poils serrés.
Tétragonodère fascié. Telragonoderus fasciatus, Brul. Il est, en dessus, d'un bronzé assez brillant, et d'un brun foncé en dessous ; ses antennes et ses palpes sont noirâtres; son corselet présente en arrière quelques rides longitudinales, très-courtes, et d'autres beaucoup plus faibles et transversales le long de la ligne dorsale; ses élytres ont des stries fines, bien marquées, dont les intervalles sont plats; la deuxième strie offre vers l'extrémité, et la troisième un peu avant le milieu, un trèsgros point enfoncé; une bande transversale arquée, irrégulière et blanchâtre, qui ne touche ni au bord extérieur, ni à la suture, orne la partie postérieure des élytres sans en atteindre l'extrémité. Taille, deux lignes. Egypte.
Dejean , dans son Species général des Coléoptères, tome IV, pages 486 et suiv., décrit seize autres espèces de Tétragonodères parmi lesquels on trouve les Carahus quadrum , Fab.; C. quadrisignatus , Sch.; C. quudrinotutus, Fab.; Bembidinm dilalatuui ,
Wicd.; Dioiiiiiis arcualus, Kliig; Cnrabits bi(jullttliis, Tliiinl).; Elaphcrus répandus, Illig.; Tiechiis hiftiscialus, St.; Beinhidium pxinclatnm, Wicd.; Elaplirus crux, llliiï.,flc.
TÉTRAGONOLOBE. Tetragoiiolobiis. eot. Genre «le la famille des l.«'siiiiiineuses, qui élait réuni au Loliis par Linné ; il en fut séparé par Scopoli et Mœncli, sous le nom qu'il porle aciuellement, et par Kecker, sous celui (le Scanilalkla. Ses caractères essentiels consistent dans un calice tubuleux et quinquéfide; les ailes de la corolle sont plus courtesque l'étendard; la carène est en forme de bec; le style He.xueux; le stigmate infundiliuliforme se terminant en bec oblique; la gousse cylindracéeest bordée de quatre ailes foliacées. Ce genre contient quatre espèces (|ui croissent dans la région méditerranéenne; ce sont des plantes lierbacées, ù stipules larges, foliacées, à feuilles trifoliées ayant les pétioles munis d'une petite bordure, à fleurs solitaires ou géminées portées sur des pédoncules axillaires. Le Telni'joiiolohus siliquosiis est une petite plante à grandes fleurs jaunes, très-commune dans les présliumides de l'Europe méiidlouale et tempérée. Le Tetra- (/o)iolobus piiipureus est remarquable par ses belles Ueurs d'un rouge foncé. On cultive cette plante pour l'ornement des jardins.
TÉTRAGONOPTÈRE. Tetragoiioptenis. pois. Genre qui avait été désigné par Arledi, et qu'en dernier lieu l'on n'a plus considéré que comme l'un des sous-genres de Saumons, parmi les Malacoptérygiens abdominaux, de Cuvier. On peut le caractériser ainsi : corps élevé; nageoire anale longue; dents tranchantes et dentelées sur deux rangs, à la mâchoire supérieure; ventre ni caréné, ni dentelé. Ce genre ne renferme jus(|u'ici <|u'une seule espèce.
TÉTRAGONOPTÈRE ARGENTÉ. Tettagonoplerus arijeiileiis, Artedi; Seba, 5, pi. 34, lig. 3. Il est d'un gris argenté, avec deux bandes longitudinales noirâtres, partant de l'opercule et se prolongeant jusque vers le milieu de la nageoire caudale; l'inférieure se termine avec la nageoire anale. Taille, neuf pouces. De l'Océan méridional.
TÉTRAGONOTHÈQUE. Teliagonolheca. bot. Linné avait d'abord établi, sous ce nom, un genre qu'il a réuni ensuite au Pulymnia et qui en a été de nouveau séparé par l'Héritier. Ce genre appartient à la famille des Synanthérées, tribu des Hélianthées, et à la Syngénésie superflue, L. Il diffère du Polxninia par son involucre simple, tétragoue, à quatre divisions très-larges, ses Heurs radiées, son réceptacle garni de paillettes et ses akènes privés d'aigrette.
Tétragonothèqde HÉLiANTHoïDE. Teliagotiolkeca heliaiitlioiiles, l'Hér., Stiip., tab. 17; Polymnia Tetragonolhccu, L. Cette plante est oiiginaire de la Virginie et de la Caroline; on la cultive comme plante d'ornement dans quebiues jardins d'Europe. Ses tiges sont hautes de deux ou trois pieds, rameuses vers le sommet, garnies de feuilles larges, rudes, spatulées, opposées, un i)eu sinuées ou dentées, et légèrement velues. Chaque rameau est terminé par une belle Heur jaune.
TÉTRAGO^■URE.^OIS.Cegenred'.Acanth^ptérygiens,
placé par Cuvier à la suite des Voniers, ne comprend encore qu'une seule espèce de la Méditerranée, le Tvtragoniinis Ciivicii de Risso, qui paraît être le Mtigil niger de Rondelet, pi. 423, et le Corvus niloticus d'Aïdrovande. Fisc, p. 610. Les caractères du genre Tétragonure offrent près de la queue deux carènes saillantes, qui lui oiil valu le nom qu'il porte. Le corps est allongée; la dorsale est longue, épineuse, mais !/,'„, basse ; la deuxième est molle, plus élevée que l^dg la mière dont elle est rapprochée. L'anale est si^jie. vis-à-vis cette deuxième; les pectorales sont un pei.ace avant des ventrales. Les branches de la mâchoire intc» rieure sont élevées verticalement etgarniesd'une rangée de dents tranchantes, pointues, faisant la scie, et s'eni-^ boitant dans la mâchoire supérieure. La seule espèce connue est nommée Corbeau par les Provençaux. C'est un poisson noii', recouvert d'écaillés striées, et dont la chair est, dit-on, vénéneuse.
TÉTUAGOKURIDES. pois. On a donné ce nom à une petite famille de poissons acanthoptérygiens, ayant pour type le genre Tétragonure de Cuvier. Cette famille n'a point encore été adoptée par les ichthyologistes, et rien d'ailleurs ne semble en faire naître la nécessité.
TÉTRAGULE. Teliagulus. int. Genre établi par Rose (Nouv. Bull, pbil., 1811, n°44, p. 209, tab. 2, fig. 1). lia été réuni parRudolplii aux Pentastomes. f^.ce mot.
TÉTRAGYNIE. Tctragynia. eot. Nom donné par Linné aux subdivisions des classes de son système, qui offrent pour caractère essentiel la présence de quatre pistils.
TÉTRAHIT. BOT. Dillen et Adanson donnaient ce nom générique à une plante que Linné a placée dans le genre Galeopsis. /'. ce mot.
TETRAIIITUM. bot. Genre proposé par Mœnch, qui l'a formé aux dépens du Stachys. y . Stacbide.
TÉTRAKÈNE. BOT. Fruit résultant de la réunion de quatre Akènes.
TÉTRALÉPIDE. BOT. Épithète donnée aux organes qui portent quatre écailles ou qui en sont accompagnés.
TÉTRALIX. BOT. Les anciens botanistes donnaient ce nom à diverses plantes; il a été particulièrement employé par Linné pour une espèce d'Erica. K. Bruyère.
TÉTRALOBE. Tctialobiis. iNS. Genre de la famille des Sternoxes, tribu des Élatérides, groupe des Tétralobites, institué par Serville et Lepelletier, qui lui assignent pour caractères : antennes filiformes, dont le premier article est long, arqué, renflé à son extrémité, les deux suivants très courts, les autres prolongés inférieurement en une sorte de feuillet court et incliné sur l'article suivant; le dernier est allongé, aplati à son extrémité; dans le mâle ces mêmes articles sont prolongés en un long feuillet, formant éventail; palpes couites, épaisses, terminées par un article en forme de hache; tète très-inclinée, avec la partie antérieure du front rebordée; angles postérieurs du corselet prolongés en pointe, embrassant l'angle humerai des élytres; écusson presque cordiforme; élytres presque parallèle.-;, arrondies à l'extrémité, terminées en pointe à la suture, assez bombées; tarses allongés, lîlifornies, conu-s eu dessus : les quatre premiers garnis en dessous de
feiiillels memlirancux, aplalis, ovalaires, avec les crocliPls simples.
Tétraiobe FLABELiicoRNE. Telicilobus flabelUcoinis, Seiv. ; Efnler flabclliconiis, Fab. Il est noir, finemenl poruiiic-cl cciiivcrl li'iiri diivel cendré; lesélylres ont (|iicl.|iii-s sirii-s loni;ilmiinal('s, peu élevées, arrondies à l'cxlrr-milé ; i'll<'S sont terminées en arrière en dari.poiiileaiiîiiË- Taille, vingt-Iiuit lignes sur neuf de a mêi- On le liouve à Java.
ù u-TRALOBE. Tetralobus. bot. Genre de la famille 7aiii^entil)(ilariées, institué par De Candolle, qui lui asfrgne pour caractères : calice à quatre divisions obtuses, dont les latérales pins petites et l'inférieure un peu échancrée ; corolle labiée, éperonnéc sous la lèvre inférieure, qui est trifide et très-ample; la supérieure est bifide, à lobes acuminés; étamines au nombre de denx; filaments ai(|ués; anthères incluses et ovoïdes; ovaire ovoïde; style presque nul; stigmate labié, plan et très-petit; placenta snbcapité, conrtemenl stipité; capsule globuleuse, irrégulièrement déhiscente du sommet; semences nombreuses, anguleuses et très petites.
Tétralobe de Preiss. Tetralobus Pieissii, DC. Petite plante herbacée, dont les racines sont fibreuses et courtes, les feuilles linéari-oblongues et péliolées, la Iiampe mince et droite ; les lobes du calice sont elliptiques : l'inférieur et le supérieur plus grands que les autres; la corolle est bleue ou pourprée. De l'Australie.
TÉTRALOlilTES. Nom donné par Brûlé à un groupe d'insectes de la iribu des lilatérides, famille des Sterno.xes, qui réunit les genres : Tetralobus , Seinfolus, Allotriiis, Esclisclioltzia, Pomachilius, Coiioileriis , Monocrepitlius et Syiiaptits. Ces genres se distinguent par les caractères suivants : chaperon dilaté antérieurement, antennes filiformes; tarses munis de lames à leur surface inférieure. Ces insectes sont en général de grande taille et les plus brillants sont propres à l'Amérique.
TÉTKAMÈLE. Tetrameles. bot. Genre de la famille des Datiscées, établi par Robert lUown, avec les caractères suivants : les Heurs mâles ont le calice à quatre lobes étalés et obtus; point de corolle visible; quatre étamines opposées aux lobes du calice et adnées à leur base ; les filaments sont assez épais, exsertes et allongés; anthères inirorses, à denx loges distinctes, déhiscentes par le sommet et longittidinalenient; l'ovaiie est rudimentaire et discoïde. Les fleurs femelles ont le cilice tuliuleux, subtélragdfic, dilaté vers le sommet, glanduloso-liisi>idule à sa base qui est soudée avec l'ovaire; le limbe est semi-supère, à (|ualie dénis courtes, plus larges que hautes et terminées anguleusement; point de corolle; ovaire infère uniloculaire, à quatre placentas pariétaux, alternant avec les dents du calice; plusieurs ovules disposés sur deux rangs, anatropes, pourvus d'un funicule court et épais; quatre styles couronnés par autant de stigmates épais et obliquement tronqués.
Tétramèle de Java. Tetrameles Javanica, Br. C'est un arbre élevé, à rameaux nus et flexueux ; feuilles développées après l'anthèse, aigués, quelquefois lobées, grossièrement et inégalement dentelées, lisses en dessus , tomentcuscs de même que le pétiole en dessous; fleurs rassemblées en épis: les mâles paniculées et dres-
sées , les femelles allongées et pendantes; toutes lièspetites et dépourvues de bractées.
TÉTRAWÈKIÎS ou TÉTRAMËRÉS. lus, (Duméril.) Seclion de Coléoptères, comprenant ceux dont tous les tarses ont quatre articles. Dans plusieurs, notamment les Longicornes , le dernier a un renBeraent noduleux à sa base, ce ([ui pourrait d'abord faire ranger ces Insectes avec les Pentamères; mais il n'existe point de véritables articulations, et le dessous de cette partie renflée n'offre point les pelottes que l'on observe, dans la plupart des Tétramères, sous les trois premiers articles, ou du moins sous les deux intermédiaires.
TETRAMERIUM. BOT. Gœrtner appelle ainsi un genre de la famille des Rubiacées. qu'il a établi et ayant pour type le Cvffa occideiitnlis, d'Aublet. L'examen attentif qu'a fait Richard des caractères de ce genre, lui a prouvé qu'ils sont absolument les mêmes que ceux du Faramea, d'Aublet, et que par conséquent ils doivent être réunis. Ces caractères sont : un calice à quatre dents; une corolle tuliuleuse, infundibuliforme. à quatre lobes étalés; quatre étamines incluses; un fruit coriace, déprimé, à ime seule loge contenant une seule graine également déprimée, attachée au fond de la loge par une large cicatrice, d'où i)artent deux lignes entrecroisées, y. Faramier.
TÉTRAMICRE. 7'<;/;aH(/cro. eot. Genre delà famille des Orchidées, institué par Lindiey, pour une plante de l'ile d'Haïti, que Willdenow avait placée dans le genre Cxiiibklium. Les caractères assignés au genre nouveau par son fondateur, consistent en un périgone composé de folioles linéaires-oblongues, étalées, presque égales et conformes les unes aux auties; labelle parallèle au gynostène, plan, à trois divisions , dont l'intermédiaire est subonguiculée, avec le disipie marqué de lignes; il est adhérent à l'ovaire et se termine ù sa base par un éperon ; gynostène ailé et courbé vers le labelle; anthère à huit loges, dont quatre plus petites; huit niasses polliniques, alternativement plus petites et plus grandes, attachées par quatre caudicules.
Têtramicre rigide. Tetramicra ligida, Lindl.; Cymbiilium riijiduiii, W'iUd. Sa hampe est allongée, cylindrique, écailleuse, rameuse au sommet; ses feuilles sont courtes, linéaires, épaisses et recourbées.
TÉTRAiMOLOriER. Telramolopium. bot. Ce genre de la famille des Synanth.érées, a été institué par Nées d'Esembeeli et placé par le professeur De Candolle dans sa tribu des Astéroïdées. Caractères : cai)ilule multi- Uore, hétérogame; Deurs de la circonférence en languette, femelles, fertiles et disposées sur un seul rang; celles du disque sont lubuleuses, hermaphrodites ou neutres; involucre formé d'écaillés étroites, imbriquées sur un petit nombre de rangs; réceptacle nu et ponctué; corolles de la circonférence ligulées, étroites et linéaires : celles du disque sont tubuleuses, avec leur limbe découpé en cinq dents; anthères privées de queue; stigmates subulés, papilleux et velus; aliènes à quatre nervures: ceux du rayon comprimés, les autres linéaritétragones ; aigrette formée d'une seule rangée de soies coi)illaires et scabres.
Tétramokipier délicat. 'J'etramolopiiim lenerri-