JAUNE
Toucan Pignancoin. Ramphaslos f^itellinus, lllig. Plumage noir; devant du cou blanc, teinté d'orangé au milieu et bordé de rouge; tectrices anales rouges; tour des yeux et du bec bleu ; celui-ci noir, marqué de blanc à sa base. Taille, dix-huit pouces. De la Guiane.
Toucan piscivore. Ramphaslos piscinorus, L. Plumage noir; devant du cou blanc, bordé de rouge au bas; croupion rouge; bec très-grand, à arête très-comprimée, jaune; côtés teints de verdàtre, à extrémité rouge; mandibule inférieure d'un bleu plus pâle vers sa base. Taille, dix-sept pouces. Du Brésil.
Toucan de Swainson. Ramphaslos Swainsonii, Gould. Plumage noir; sommet de la tête varié de roux; devant du cou jaune; deux bandes, l'une jaune et l'autre muge, entourent le ventre; tectrices caudales supérieures blanches, les inférieures rouges; bec trèsgrand, jaune, rayé de noir sur l'arête et terminé de celte couleur. Taille, dix-huit pouces. Mexique.
Toucan de Temminck. Ramphaslos Temminckii, Wagl. Parties supérieures noires; devant de la gorge orangé, encadré de jaune; poitrine, ventre, croupion et région anale ronges; bec grand, rouge en dedans, d un gris noirâtre ou verdàtre en dehors. Taille, dixhuit pouces. Brésil.
Toucan Tocan. /'. Toucan a gorge blanche de Cavenne.
Toucan Tocard. Ramphaslos Tocaid, Vieill., Levaill., pi. 9. Parties supérieures d'un noir mat, qui prend un certain brillant sur les ailes et la queue; devant du cou blanc; un large collier sur la poitrine, et tectrices caudales d'un rouge cramoisi; bec arqué comme une faux, arrondi sur les côtés et sur l'arête; mandibule supérieure jaune et d'un brun verdàtre, les deux nuances séparées diagonalement par une ligne noire; mandibule inférieure entièrement d'un brun verdàtre; pieds d'un cendré olivâtre. Taille, vingt pouces. Du Paraguay.
Toucan Togo. Ramphaslos Toco, Wagl., Buff., pi. enl. 82. Plumage noir; lourdes yeux d'un rouge carné; devant du cou blanc, bordé en bas d'un léger liséré rosé; région anale rouge; bec jaune, cerclé de noir à sa base, marqué d'une très-large tache noire à l'extrémité de la mandibule supérieure. Taille, dix-neuf pouces, y compris le bec qui en a sept. Du Paraguay.
Toucan Tucai. Ramphaslos Tucanus, Lalli., Buff., pi. enl. 507. Parties supérieures noires, à rellets bronzés; joues, gorge et devant du cou d'un jaune orangé; tectrices caudales d'un jaune de soufre; bec très-long; mandibule supérieure verte, avec trois grandes taches triangulaires d'un jaune orangé sur les côtés, une raie jaune en dessus et l'extrémité bleue; mandibule inférieure bleue, nuancée de vert au milieu; pieds d'un cendré bleuâtre. Taille, vingt pouces. Du Brésil.
Toucan a ventre rouge. Z^. Toucan a gorge rodge.
TOllCANS-Al]LACOKHYlNOUES.^M/ato/7i/-/i6/i!.oiS. Le genre intermédraire des Toucans et des Aracaris, créé par Gould sous le nom de Toucans-Aulacorhynques, repose sur des caractères peu différents de ceux
lits Aracaiis. Ces caineliTes consislent piiiicipalcineiit clans le bec qui esl, lelalivetnenl aux deux aulres (;roupes, moins Iiaut, plus aminci sur l'arèle et creusé d'un sillon sur le côlé. Goulil admet dans ce groupe cinq espèces : Pleroglos^un prasinus, Pteroglossus paronintis, Pteroglossus Deihianus, Pleroglossus hœiiiatopxgus el Pteroglossus sulcatus. Ce dernier ayant déjà élé donné par Temminck comme Aracari (/'. tome \", p. 282 de ce Dicl.), il ne reste plus qu'à décrire les suivanls ;
ToDCAiy-AuLACORHYUQUE UE Derbia. Aulacorhyiichus Derbiaiius, Gould. l'arlies supérieures d'un vert doré, les inférieures jaiinàires; sommet de la tête nuancé de bleu ; nienlon blanc, reclrices intermédiaires terminées de brun. Bec grand, brun, nuancé de noir, cerclé d'une ligne blanclie. Taille, quatorze pouces. Brésil.
ToDCAN-AoLAcoRHYriQOE Pavonin. Aulacorhxnchus Pavoninus, GoxxW; liamphaslos lorquatus, La tr. Parties supérieures d'un vert de pré, plus pâle aux inférieures; abdomen et poinle des reclrices brunâtres. Bec noir, teint à sa base d'une ligne orangée : mandibule supérieure jaune, se nuançant de bleu vers l'extrémité. Taille, treize pouces et demi. Du Mexique.
TorCAS-AïLACORHY^QCE PRASiN. Aulacorhyuchits prasinus, Gould ; Pteroglossus prasinus, Licbst. Parlies supérieures d'un vert duré, les inférieures d'un vert mal; abdomen et sommet des reclrices roux; joues et gorge blancliâlres. Bec Jaune, à arête noire el deux laclies de même couleur en avant des narines. Taille, treize pouces. Mexique.
Toccan-Adiacordynque uouge-crudpion. Aulacorhynchus hœmatopygus, Gould. Parties supérieures d'un vert olivâtre, les inférieures d'un vert bleuâtre, avec une teinte plus foncée sur la poilrine; croupion louge; reclrices intermédiaires terminées de brun; bec cbalain, cerclé de blanc à la base: lour des yeux rouge. Taille, quatorze pouces. De l'Amérique méridionale.
TOUCHIREA. eût. (AuUel.) F. Apalat.
TUUCHIKOUA. DOT. Le genre établi sous ce nom par Aublel,ilans sa Flore delà Cuiane,a élé réuni au genre Crudya de Willdenow, qui fait partie de la famille des Légumineuses.
TOUCiNA JI COUIWI. ois. Espèce du genre Tisserin.
TOUDRt;. OIS. iNom vulgaire de la Grive commune. ^. Merie.
TOCl-ÉTÉ. ois. Espèce du genre Perroquet.
TOUIS. OIS. Kom donné par BufFon à une pelile famille de Perrucbes à queue courte; elles sont toutes de l'Amérique méridionale, y. Perroquet.
TOUIT. Pipilo. OIS. Genre de la mélbode de Vieillot, qui doit élre (ilacé dans l'ordre des Insectivores. Caractères : bec robnsle, épais à la base, convexe en dessus; mandibule su|)érieure couvrant à son origine les bords de l'inférieure, recourbée et échancrée vers le bout; l'inférieure plus courte, entière, avec les bords repliés en dedans ; narines rondes, ouvertes et glabres; base du bec garnie de quelques soies à la commissure ; quatre doigts : liois en avant et un en arrière, les extérieurs réunis à leur base; ailes courtes; les quatre
premières rémiges égales et dépassant toutes les aulres. Sa patrie est l'Amérique septentrionale, où celle espèce se trouve abondamment répandue en élé; pendant l'biver clic se relire vers les bords tempérés du Mississipi. Elle place son nid â lerre,au milieu des broussailles; il esl construit d'un ample et épais matelas d'iieibes fines et molles, qui entourent des feuilles et des tiges de gramen entrelacées avec d'autres parties de différents végétaux. La poule est de cinq œufs rougeâlrcs. tachetés de rouge foncé. Pendant l'Incubation, le mâle fait entendre un citant vif et presque non continu.
TociT Atix GRANDS oi^GiES. PipUo macrotiix, Sw. Il est d'un vert olivâtre en dessus, avec la tête el la gorge noires; le corps est blanc, avec les Bancs et la région anale d'un brun ferrugineux; rémiges et reclrices noires, tachetées de jaune. Taille, huit pouces quatre lignes. Du Mexique.
TouiT BRUN. Pipilo fusca, Sw. Parties supérieures d'un gris brunâtre, les inférieures d'un gris clair; gorge d'un lirun fauve, tachetée de noiràlre; région anale d'un brun ferrugineux. Taille, huit pouces. Du Mexique.
TouiT NOIR. Pipilo aler, Vieill.; Emberizn erylhrophtalma, Lalh., Wils., Am. ornil., 2, p. 10; Fringilla erythrophtalma, L.; Fringilla Carolinensis, Briss. Parties supérieures d'un noir luisant; exlrémilé des reclrices latérales, poilrine et ventre blancs; flancs d'un brun jaunâtre; parties inférieures brunâtres; une tache blanche sur les cinq premières rémiges; un anneau noir aux jambes ; bec et pieds bruns. Taille, six pouces et demi. La femelle a les parties supérieures d'un brun olivâUe, les rémiges et les reclrices d'un jaune foncé, les parties inférieures jaunâtres.
TouiTROBSSATRE. Pipilo nifcsceiis, Sw. Parties supérieures d'un brun roussàlre, les inférieures blanches; têle surmontée d'une couronne rousse; oreilles grises; menton rayé de noir sur les côlés. Taille, sept pouces. Mexique.
TouiT TACHETÉ. Pipilo mactilota, Sw. 11 esl d'un brun olivâlre, tacheté de blanc, avec la tèleet la gorge noires; le corps est blanc; les Hancs et l'abdomen sont roux. Taille, huit pouces. Mexique.
T0131TE. OIS. Espèce du genre Gros-Bec.
TOUKAN. ois. /'. TOBCAN.
TOULICIE. Toulicia. bot. Aublel décrit sous ce nom un genre de piaules de la Guiaiie qui appartient à roclandrie Monogynie, L., et ([ui a élé réuni par Jussieu à la famille des Sapindacées. Le Toulicie est un arbre qui a, selon Poileau, quelque chose du port des Palmiers. Ses feuilles sont grandes, pennées sans impaire. Ses Heurs sont disposées en grandes panicules terminales. Le calice est divisé jusqu'à la base en cinq folioles, presqu'égales entre elles, et dont deux sonl extérieures. Les pétales, au nombre de cinq, sont munis sur leur face interne d'un appendice assez long, bipartite et couvert de poils. Le dis(|ue occupe le fond du calice et se prolonge, entre les pétales et les étaniines, en un bord à peu près régulier, et divisé en cinq lobes oblus. Les élamines, au nombre de hiiil, sont insérées sur le disque : les anthères sont biUicu-
laires. Le slylc est court, Irifide; ses l(il)es portent sur leur face inlerne les papilles stigmatiques. L'ovaire est triloculaire et contient dans chaque loge un ovule ascendant. Le fruit est composé de trois samares accolées par leur bord interne à un axe central triangulaire, et qui renferment chacune à leur sommet une seule graine ascendante. Les graines sont dépourvues d'arille; le tégument exierne est crustacé ; l'embryon est courbé; la radicule est petite, appliquée sur le dos d'un des cotylédons ; ceux-ci sont assez grands, aplatis ; l'extérieur, eu forme de hameçon, embrasse l'intérieur qui est replié transversalement sur lui-même. Le Toulicia a de grands rapports, par la structure de son fruit, avec les Serjania; mais il en diffère suflRsamment par ses fleurs presque régulières et par ses feuilles pennées sans impaire. Sclireber a changé le nom de ce genre en celui de Ponœa qui n'a point été admis par la majorité des botanistes.
TOULOU. ois. Espèce du genre Coucal. Cette dénomination a été adoptée par Vieillot pour celle du genre.
y. CODCAI.
TOUMANA. OIS. Nom vulgaire de la Chouette Harfang.
TOUNATEA. BOT. Le genre nommé ainsi par Aublet, rentre dans le Swartzia dont il ne forme plus qu'une section, y. SwARTZiE.
TOUININ. MAM. Nom vulgaire du Marsouin, espèce du genre Dauphin, y. ce mot.
TOUNZI. OIS. Espèce du genre Marlin-Pccheur.
TOUPIE. jioLL. Quelques zoologistes ont conservé cette dénomination française pour le genre Trochus, de Linné, l^. Troqce.
Adanson a donné le nom de Toupie à un genre composé de quelques-uns des Turbos de Linné, et entre autres du Turbo littoreus et de quelques autres analogues. Aujourd'hui ces Coquilles font partie du genre Littorine de Férussac.
TOUPIE. INF. Espèce du genre Turbinelle.
TOUR DE BABEL. coivCH. Ce nom vulgaire a été donné à plusieurs Coquilles du genre Pleurotome, et entre autres au Pletirotoma tunis et au Plewotoma habflonica de Lamarck.
TOURACO. Musophaga. ois. Genre de la première famille de l'ordre des Zygodaclyles. Caractères : bec court, large et fort; arèle ordinairement très-élevée, toujours arquée, échancréc à la pointe; extrémité de la mandibule formant un angle; narines placées de chaque côté du bec, à la base et près de l'arête, fermées en partie par la substance cornée, souvent couvertes et cachées par les plumes du front; pieds robustes; quatre doigts : deux en avant et deux en arrière; quelquefois l'un de ces derniers se reporte en avant, et l'Oiseau paraît momenlanément avoir trois doigts en avant; ailes courtes; troisième et quatrième rémiges les plus longues; dix rectrices. L'Afrique est la patrie des Touracos, mais on les y observe rarement, ce qui parait dit à la chasse incessante qu'on leur fait. Leur chair est pour les Africains un mets très-agréable, et il peut l'être en effet, car ces Oiseaux ne se nourrissent que de fruits succulents, tels <|ue ceux des diverses espèces de Musa. Ces fruits, que plusieurs Touracos
recherchent de préférence à toute aulre nourriture, leur ont valu le surnom de Musoplmges. Les forêts ombragées, que traversent les fleuves, sont la résidence liabituelle des Touracos; ils y voltigent débranche en liranche et ne s'en écartent guère, par la raison sans doute (jue leurs ailes, extrêmement courtes, leur interdisent les longues excursions. Les soins de la nidification se bornent, chez eux, au choix d'un trou assez grand et assez profond dans le tronc carié ou vermoulu de l'un de ces arbres sur lesquels plusieurs siècles ont passé; la femelle y dépose quatre œufs blancs et arrondis, qui sont couvés avec beaucoup d'assiduité par elle et par le mâle. La jeune famille qui en résulte reste souvent unie aux parenis jusqu'à ce que le besoin de la reproduction vienne soumettre chacun des membres qui la composent, à l'immuabilité de la loi qui assure la conservation des races. § Bec emplumé à la base.
ToDRACO DE BuFFON. iMiisophagu fluffonii, Levaill., pi. 17. Parties supérieures d'un beau vert, avec les rémiges et les rectrices d'un bleu violet; tête ornée d'une huppe relevée, qui s'insère sur la nuque; premières rémiges rouges; petites tectrices alaires vertes : les moyennes d'un vert bleuâtre, les grandes se confondant insensiblement par la dégradation des nuances avec le bleu-violâlre des rémiges et du croupion; une tache noire et blanche au-dessous de l'œil; parties inférieures d'un vert un peu plus pâle ([ue celui des supérieures; bec d'un rouge de carmin; pieds noirs. Taille, dix-sept pouces.
ToDRACO A DOS POCRPRE. CoiyUittix purpuieus, Cuv. C'est la même espèce que le Tocraco de Burros.
TODRACO GRIS. F. TODRACO VARIÉ.
ToDRACO de GDIISÉE. y. TODRACO LORI.
ToDRACO A BIIPPE ROUGE. Musopliaga erylhiolopha, Temm., Ois. color., pi. 23; Opœlhus erythroloplms , Vieill. Parties supérieures d'un vert cuivreux foncé très-luisant; tête garnie d'une huppe ou sorte de casque formé par la réunion de deux plans latéraux de plumes fines, serrées, longues et très-douces au loucher; ces plumes, qui sont fort déliées, se réunissent au sommet : c'est en quelque sorte une crête rouge, qui s'étend sur le haut du cou pour se confondre insensiblement avec les plumes d'un vert foncé, qui recouvrent celte partie; rémiges primaires cl intermédiaires d'un beau rouge vif, qui pâlit sur les barbes internes; les petites sont vertes à reflets bleuâtres, de même que les tectrices alaires; rectrices et tectricescaudalesd'un vert bronzé obscur et brillant en dessus, d'un vert olivâtre en dessous ; de chaque côté de la tête une grande plaque blanche qui remonte sur le front et y prend une teinte rougeâtre; paupières et membranes papillaircs des yeux d'un rouge pourpré; parties inférieures d'un vert cuivreux, un peu terne, à reflets bleuâtres; bec jaune; pieds cendrés. Taille, di.x-sepl pouces. Du sud de l'Afrique.
ToïRACo A HUPPE sPLEivDiDE. Coijlhai'x pofph/reoloplia, Vig. Cou, poitrine, milieu de l'abdomen et région scapulaire d'un vert de pré, avec les plumes de cette dernière partie terminées de brunâtre; front et strie oculaire d'un veit très-brillani ; sommet de la tête,
TELESCOPE vulgaire , A. SABOT nijarox TOUPIE pagode ' s SC.ilAIRE précieuse
CADRAN perspective I G .UIPPELAIRE de la gu
7 NATICE glaiicme
luippe, ailes cl queue d'un pourpre splendide; une large bande d'un pourpre écarlate sur les rémiges; bas du dos, extrémité de l'abdomen el couvertures des cuisses d'un brun noirâtre; bec et pieds noirs. Taille, dix-huit pouces. Al'rique méridionale.
ToERACO LORi. Cuculiis persa , Lalli.; Opœthus /;ersn, Vieill., Buff., pi. enl. 601. Parties supérieures d'un vert foncé brillant, à retlets violets; deux traits blancs dans la région des yeux; un trait violet intermédiaire des deux blancs; yeux entourés d'une membrane papillaire rouge; tête ornée d'une huppe de plumes nombreuses, longues et effilées, disposées sur deux rangs qui se réunissent en crête au sommet; ces plumes sont du même vert que celles du corps, mais terminées de blanc; croupion d'un vert noirâtre; tectrices caudales d'un vert Irùs-foncé; grandes rémiges d'un rouge foncé el chatoyant, les moyennes rouges, bordées extérieurement de brun; rectrices d'un vert foncé en dessus, noirâtres en dessous; terminées de noir; parties inférieures vertes; plumes des cuisses effilées et noirâtres; bec blanchâtre; pieds noirâtres. Taille, dix-huit pouces. La femelle a les couleuis beaucoup moins vives. De l'Afrique méridionale.
TOBRACO A OREILLES BLANCHES. CoiythaiX leuCOllS,
Ruppel, Faun. Abyssin., p. 8, pi. 3. Tête verte, ornée d'une huppe en forme de casque, d'un vert changeant en bleu noir; nuque, cou, gorge et haut de la poitrine d'un vert gai; bec rouge; une tache blanche à l'angle des mandibules; une bande de même couleur derrière les oreilles, auréole des yeux d'un ronge de rose; rémiges d'un gris lilas, bordées extérieurement de rouge ponceau vif; tectrices alaires et caudales d'un bleu noir, changeant en vert; rectrices de la même nuance; abdomen gris-de-lin; pieds d'un brun verdàtre. Taille, dix-huit pouces. Abyssinie.
ToERACu Pauline, f^. Tooraco a hdppe rouge.
TocRACo y kR\t. Musophaga vaiiegata, Vieill.; Pliasianiis afn'cauus, Lath., Levaill. Parties supérieures d'im gris cendré, avec une tache longitudinale noirâtre sur le milieu de chaque plume; une huppe de plumes fort allongées, effilées et couchées sur la nuque qui est, ainsi que le sommet de la tête, les joues, la gorge et le devant du cou, d'un brun marron; rémiges noires, variées de blanc; rectrices d'un gris ardoisé, terminées de noir; parties inférieures blanches, avec un trait longitudinal noir au milieu de chaque plume; bec et pieds noiis. Taille, dix-huit pouces. Du Sénégal. 5§ Bec nu et large à sa base; mandibule supérieure se
prolongeant quelquefois en pla(iues arrondies sur le
front.
Tocraco-Mcsophage géant. Musojiliafja gigantea, Vieill., Levaill., pi. 19. Parties supérieures d'un bleu éclatant; lèle garnie d'une huppe noire, irisée de bleu; rémiges bleues, terminées de noir; rectrices noires, avec une bande transversale rousse; un plastron vert sur la poilrine; parties inférieures d'un brun vif tirant sur le loux; bec d'un jaune orangé; pieds noirs. Taille, vingtcinq pouces. De l'Afrique méridionale.
TOCRACO-MCSUPUAGE CRIS. A'. TolIRACO-VARIÉ.
ToïRACO MusoPBAGE VIOLET. Musophaga violacea, Lalh., Levaill., pi. 18. Parties supérieures d'un louge
pourpré à reflets violets; un large trait blanc derrière l'œil; rémiges d'un rouge cramoisi; rectrices inégales, les intermédiaires plus longues; parties inférieuresd'un violet tirant sur le cendré; bec jaune avec la base des mandibules recouverte par une peau nue, caronculée et rouge, qui s'étend jusqu'aux yeux; pieds bruns. Taille, dix-huit pouces. Du sud de l'Afrique.
TOURAT. OIS. Nom vulgaire de la Draine, f^oy- Merle.
TOURBE. MIN. Malièrebruneou noirâtre, spongieuse, plus ou moins combustible, formée par l'accumulation de certaines plantes qui croissent en abondance dans les marais. C'est un composé de parties végétales, entrelacées, comprimées, pénétrées de limon, et souvent faciles à reconnaître, malgré l'alléralion (|ii'elles ont subie; elle renferme même presque toujours des débris d'herbes sèches, qui ont conservé leur premièie forme cl leur structure. Celte matière briile avec une flamme plus ou moins vive, en répandant une fumée el une odeur analogues à celles des herbes sèches; elle se charbonne à la manière du bois, et donne pour résidu des cendres légères, susceptibles d'être employées à l'amendement des sols. On en distingue deux variétés principales.
TocRBE BES MARAIS. Cette Variété est brune, spongieuse et tendre. C'est la plus commune et celle qui est généralement connue par son emploi dans l'économie domestique. Elle est tanlôl filamenteuse dans sa cassure, par suite des végétaux non altérés qu'elle renferme, et tantôt compacte el terreuse, sans végétaux apparents (Tourbelimoneuse). Soumise à la disiillation, elle donne du Gaz acide carbonique, du Gaz hydrogène carboné, de l'Acide pyro-ligneux, et environ quarante pour cent de matière charbonneuse. On n'y a trouvé ni Bitume, ni Résine, ni substances alcalines ou pyri teuses. Celle Tourbe se rencontre en amas considérables dans les terrains marécageux et humides, qui sont encore ou qui ont été le fond d'étangs ou de lacs d'eau douce. Elle s'y présente immédiatement au-dessous de la terre végétale, ou seulement recouverte d'une couche de sable el de limon. Elle couvre quelcpiefois des espaces immenses dans les parties basses de nos continents, et forme aussi de petits dépôts dans les hautes vallées, dans les gorges des montagnes, et dans des bassins qui se trouvent aux plus grandes hauteurs que la végétation puisse alleindre aujourd'hui. Les amas de Tourbe ou les Tourbières sont souvent d'une grande épaisseur; ils sont quelquefois divisés en couches séparées par des lils minces de limon et de sable. La plupart sont encore sous l'eau; mais il en est qui sont à sec et recouverts par des alluvions qui ont donné naissance ù de belles prairies. Lorsque les Tourbières sont ainsi masquées par la végétation, leur présence se manifeste par ^éla^ticilé du terrain, qui tremble sous les pieds, surtout lorsqu'il est humide. La Tourbe exerce en outre une sorte de pression dans tous les sens, à la manière des liquides; et lorsqu'on y creuse des fosses, il arrive qu'elles se trouvent comblées au bout d'un cerlaiii temps, ce qui a donné lieu à l'opinion que la Tourbe se régénérait assez promplement, même dans les endroits secs. Les Tourbièies sont quelquefois flotlanles
à la siirf.ico de certains lacs, et foiment des ilols qui se meuvent au gré des vents, et qui supportent et nourrissent des liesliaux. Les diverses parties d'une même masse présentent des Tourbes de qualité diiïérente. La Tourbe la plus superficielle est lâche et trèsspongieuse : elle porte le nom de Bousin ou de Tourbe fibreuse. A mesure que l'on s'enfonce au-dessous, on trouve une Tourbe de plus en plus compacte el noire : l'on finit même par ne plus avoirqu'une niasse homogène dans laquelle les végétaux sont réduits en une sorte de bouillie. Ce sont les Tourbes compactes et limoneuses qui passent pour les meilleures. On trouve au milieu des Tourbières des substances de nature assez variée. D'abord quelques substances minérales, et entre autres le phospbale de Fer pulvérulent, qui enveloppe les racines et les tiges des végétaux qui entrent dans la composition de ce combustible; on prétend y avoir observé aussi du sulfate de Fer et des Pyrites; mais, suivant Brongniart, la plupart des Tourbes nommées Pyriteuses sont de véritables Lignites. On rencontre encore dans les Tourbières une grande quantité de coquilles, toutes d'eau douce, et dont les animaux se sont décomposés en même temps que les matières végétales; on y trouve aussi des débris de Mammifères, qui appartiennent en général aux espèces qui vivent encore sur les lieux; des troncs d'arbres, qui ont conservé leur solidité, el qui portent souvent l'empreinte de la hache qui les a abattus; enfin différents monuments de l'in- (lustiie humaine, des armes, des outils, des bois de construction, des cluiussées entiôies qui se sont enfoncées dans la Tourbe et ont été en quelque sorte submergées par celte substance molle. Ces observations tendent à prouver que la Tourbe est de formation moderne; et in\ effel il s'en produit encore de nos jours en assez grande quantité, dans certains lieux. Ou n'a cependant aucune donnée bien certaine sur le mode de formation de ce combustible, ni sur les causes qui font <|ue certains marais en renferment, tandis que d'aulres laissent pourrir les végétaux qu'ils nourrissent, sans pouvoir les transformer en Tourbe. Il paraît seulement <pril ne se piodull de la Tourbe que lorsque le terrain est couvert d'une eau peu profonde, privée de sels el lentement renouvelée, el qu'il n'est jamais complètement desséché par les chaleurs de l'été. Après ces conditions, la nature de la végétation qui s'établit dans celte eau, exerce une grande inlluence sur la formation de la Tourbe. Les plantes qui paraissent lui être les plus favorables sont, parmi les Cryptogames, les Conferves, leSphaynum des nuirais, les Prêles et les C/inra, et parmi les autres végétaux, les Roseaux, les Scirpes, les Carex, elc. Les principales Tourbières connues existent en Hollande, dans le Hanovre et la Weslphalie, el en Ecosse. La France en possède d'assez considérables dans la vallée de la Somme, entre Amiens et Abbeville; dans les environs de Beauvais, el même auprès de Paris, dans la vallée <l'Essonne. La Tourbe est em|)loyée principalement comme combustible partout où elle est aboudanle, et où le bois et la houille manquent; aussi les Hollandais en font-ils une immense consommation. On la carbonise en vases clos, et le charbon que l'on obtient, est employé aux mêmes usages
que le charbon de bois. On s'en sert aussi en agriculture pour amender les terres sableuses et crayeuses. Ses cendres ont la propriété de fertiliser singulièrement les prairies.
Tourbe marine. C'est celle qui est composée en tout ou en partie de vég'étaux marins, et notamment de Fucus. Les Hollandais la pèchent dans certains lacs salés, et la nomment Dany. De Candolle en a observé, sur les dunes des environs de La Haye, qui élail pi es(iue enlièrenienl formée par une espèce de Varec, le Fucus (lùjUaliis. CkUr variété de Tourbe ne s'est point encore présentée en masses assez étendues pour devenir l'objet d'aucune exploitation.
TGUliBE PAPYRACÉE. jim. ^. DcsoDYLE.
TOURlîETTE. bot. L'un des noms vulgaires duSphaguum palustre, L., qui croît abondamment dans les terrains maiécageux. l^. Sphaigne.
TOURBIÈRES. siiN. C'est le imm que l'on donne aux terrains tourbeux ou formés par la Tourbe, y. ce dernier mot.
TODRDE. OIS. Nom que l'on donne vulgairement à la Orive. /'. IMerle.
TOURDELLE. OTS. ^'. Merle Litorse.
TOURDOU. OIS. L'un des noms vulgaires de la Grive. A'. Merle.
TOURET. OIS. On iiomiue vulgaireraenl ainsi le Mauvis. A'. Merle.
TOURETTE. EOT. f^. Turritis.
TOURLOUROU. CRUsr. r. Gécarcin.
^0URMAL1^E. MIN. Espèce de la famille des Silicates dont l'histoire chimique n'est point encore complète, el que les analyses les jilus récentes tendent ù faire considérer comme un de ces genres, tels que ceux du Pyroxène et du Grenat, qui comprennent un certain nombre de substances de même formule, dans lesquelles les mêmes princii)es électro-négatifs sont unis ù des bases différentes, mais isomorphes entre elles. Guidé par de puissantes analogies, HaUy a cnnfoiidu, sous la dénomination commune de Tourmaline, des minéraux que la diversité de leurs caractères extérieurs avait fait séparer les uns des autres et qui ont porté beaucoup de noms dilïérents, comme ceux de Schorl commun ou électrique, d'Aplirizite, de Daourile, de Rnbellile, de Sibérite,d'Indicolile, etc. Celui de ces minéraux qui a élé le plus anciennement connu, est la Tourmaline brune de l'ile de Ceyian, apportée en Europe vers le milieu i\» seizième siècle, et qui frappa l'attention par la pro|)riélé singulière d'attirer les corps légers lorsqu'elle avait élé soumise à l'action de la chaleur, ce qui la fit appeler Tire -Cendres. Il paraîl que le nom de Tourmaline, sous lequel elle fut connue des savants, n'est qu'une corruption de celui qu'on lui donne à Ceyian. Dans la suite, on apporta du Brésil en Europe des Tourmalines vertes en prismes striés longitudinalement, que l'on rapi>rocha de celles de Ceyian, par cela seul qu'elles partageaient leur vertu attractive, et bientôt on en découvrit en Tyrol, en Espagne el dans une multitude d'aulres pays. Réunies d'abord par Rinmann elWallérius à l'ancienne famille des Zéolithes, puis à celle des Schorls par Rome de l'Isle, les Tourmalines furent ensuite partagées par les minéralogistes modernes en
quatie {{l'oiipes pi incipaiix, considérL^ par vwk comme autant d'espèces distinctes. Le premier groupe, composé de lonles les Tourmalines noires et opaques, fut désigné par le nom de Scliorl commun; le deuxième, formé de toutes les variétés vertes ou brunes, douées d'un certain degré de transparence, conserva le nom de Tourmaline ; le troisième ou l'indicolite comprit les variétés d'un bleu indigo, de Suède, et le quatrième ou la Rubellile, les variétés roses ou violettes de Sibérie. Depuis lors, on s'est accordé généralement il réunir toutes les Tourmalines en une seule espèce, à l'exemple d'Hauy; seulement la plupart des auteurs la partagent en plusieurs sons-espèces ou variétés principales, dans la vue de conserver quelques traces des anciennes distinctions, ou de préparer celles que semblent devoir nécessiter un jour les résultats de l'analyse. Les Tourmalines sont des substances à cassure vitreuse, dures, fusibles avec plus ou moins de difficulté, très-électriques par la cbaleur. Elles se présentent toujours cristallisées, et le plus souvent disséminées en cristaux prismatiques ou cylindri(|ues très-allongés, dans les Roches des terrains primordiaux. Ces cristaux se réunissent quelquefois pour former des groupes plus ou moins réguliers, des parties isolées au milieu de la Roche. Us dérivent d'un rhomboïde obtus de 133" 26'. Les clivages parallèles aux faces de ce rhomboïde sont peu sensibles, et ne se montrent que dans certains cristaux opaques. On aperçoit dans quel(|ues autres des joints surnuméraires parallèles à l'axe et passant par les arêtes culminantes de la forme primitive. La cassure est généralement raboteuse ou vitreuse et inégale, quelquefois articulée. Leur dureté est supérieure à celle du Quartz et inféiieure â celle de la Topaze. Leur [lesanleur spécitiiiue varie de ô à 3,23. Les Tourmalines sont tantôt opaques ou translucides, tantôt transparentes. Dans ce dernier cas, la transparence n'a souvent lieu que dans le sens perpendiculaire à l'axe des prismes, et elles paraissent opaques dans le sens parallèle à l'axe. Lorsqu'elles sont transparentes, elles possèdent à un faible degré la double réfraction, laquelle est toujours répulsive, d'après les expériences de Biot. Les Tourmalines qui sont transparentes dans tous les sens, présentent fréquemment le phénomène du dichroïsme; elles sont ordinairement d'une teinte presque noire, parallèlement à l'axe, et vertes, brunâtres ou rouges perpendiculairement à ce même axe. Les Tourmalines s'élec- Irisent vitreusement par le frottement et quel(|uefois par la simple pression entre les doigts ; mais elles sont surtout remarquables par la propriété qu'elles ont de s'électriser par l'action de la chaleur et de manifester l'une ou l'autre électricité ou toutes les deux à la fois, suivant la manière dont le calorique se meut et se distribue dans leur intérieur. Celte vertu pyroélectrique dépend uniquement du changement de température de la Pierre ; elle ne se manitesle (|ue pendant tout le temps que la température de la Tourmaline s'élève ou s'abaisse; si celle-ci demeure stationnaire, l'action électri<|ne finit bientôt par disparaître. Quand une Tourmaline a été chauffée également dans toutes ses parties et qu'elle est devenue électrique, elle présente toujours, vers les extrémités de son axe, deux pôles
contraires : l'un vitre et raiilr(! résineux. Les cenlres d'action de ces pôles sont situés à une petite dislance des sommets, et la partie moyenne est sensiblement dans l'état naturel. Les fluides électri(|ues qui sedéveloppi^nt dans la Tourmaline, sont distribués à peu près comme lesont lesfluides magnétiques dans une aiguille aimantée. La Tourmaline étant un mauvais conducteur de l'électricité, ne prend ni ne cède, en s'électrisant, aucune particule de fluide aux corps environnants. La séparation des deux électricités a lien dans chaque molécule; aussi lorsqu'on casse une Tourmaline pendant qu'elle manifeste la vertu polaire, chainie fragment, quelque petit ([u'il soit, a ses deux moitiés dans deux états opposés comme la Tourmaline entière. Si l'action électrique se développe par élévation de température, le pôle vitré se montre toujours ù un même sommet dans chaque Tourmaline, et le résineux à l'autre. Si an contraire elle est développée par abaissement de température, les pôles se renversent, c'est-à-dire que l'extrémité qui est vitrée dans le premier cas devient résineuse, et vice versa. Les prismes de Tourmaline, dans lesquels se développent aussi des électricités contraires, dérogent à la loi de symétrie par une différence de configuration dans leurs sommets qui n'offrent pas le même nombre de facettes, et en général le sommet qui en a le plus est celui dans lequel réside le pôle vitié, lorsque la Tourmaline est électrisée par refroidissement. Si au lieu de chauffer et de refroidir celle-ci également dans toutes ses parties, comme on l'a supposé précédemment, on la chauffe ou on la refroidit par une de ses extrémités seulement, alors la Tourmaline ne manifeste, au moins pendant quelques instants, qu'une seule électricité dans toute sa longueur, et c'est toujours celle qui est propre au côté le plus chaud, c'est-à-dire celle que l'on y développerait en échauffant la Tourmaline uniformément : celle-ci reprend ses deux pôles aussitôt que la cbaleur y est régulièrement répartie.
Tels sont les faits principaux qui servent de base à la théorie des propriétés électri(|ues des Tourmalines. Lémery passe pour être le premier physicien qui ait fait mention de la vertu pyro-électrique des Tourmalines. 11 crut reconnaître que la chaleur communiquait à ces Pierres le pouvoir d'attirer et même de repousser dans certains cas les corps légers qu'on leur présentait, tels que des cendres, de la limaille de fer, etc. jîpinus, en 1736, publia dans les Mémoires de Berlin une Dissertation dans laquelle il exposa, le premier, le phénomène de la polarité électriiiue des Tourmalines, et chercha à établir la parfaite analogie de ces corps avec ceux qui possèdent le magnétisme polaiie. Bientôt après Wilson, physicien anglais, reconnut à l'aide d'expériences trèsprécises, que ce phénomène, observé et décrit par JEpinus, n'avait lieu que dans le cas où la Tourmaline était également échauffée dans toute sa longueur, et que lorsqu'on la chauffait inégalement, elle ne montrait qu'une sorte d'électricité. Enfin Canton a trouvé que la Tourmaline n'est électrique ([u'autanl que sa température s'élève ou s'abaisse et que la polarité a lieu en sens contraire dans ces deux cas. Ces faits importants, dont la plupart avaient été mal saisis, ou exposés par
les physiciens el les minéraloîjisles d'une manière peu exacte, ont été constatés par les travaux récents de Becquerel, qui a répété toutes les expériences et observé la loi du pliénoméne ù l'aide de procédés nouveaux el susceptibles d'une grande précision.
Quant aux propriétés chimiques des Tourmalines, elles sont sujettes à varier en raison des bases ditîérentes qui peuvent se remplacer mutuellement dans leur composition. On peut dire en (jénéral que les Tourmalines sont fusibles au chalumeau, mais quelquefois avec difficulté, en une scorie grise ou noirâtre, et qu'elles se dissolvent dans le Borax en donnant un verre incolore. Celles qui renferment de la Litbine se boursoufflent beaucoup et éprouvent la plus grande difficulté à se fondre. On les avait même regardées comme tout à fait infusibles, et de là le nom de Tourmaline Apyre qu'on leur donnait anciennement; mais lorsqu'on opère sur de légères esquilles, sur des aiguilles très-minces, on parvient, quoiqu'avec peine, à les fondre sur leurs bords. Les Tourmalines qui renferment de la Chaux se boursoufflent considérablement aussi; mais elles fondent assez facilement en une scorie jaunâtre et huileuse. On reconnaît dans les Tourmalines la présence de l'Acide borique à l'aide d'un procédé fort simple qui a été mis en usage par Turner. U consiste à mêler à peu près à parties égales la poudre du minéral avec un flux composé d'une partie de Chaux fluatée et de quatre et demie de bi-sulfale de Potasse, et à la fondre au chalumeau sur le fil de Platine. Au moment de la fusion , la flamme prend une belle couleur verte, qu'elle perd aussitôt.
H est peu d'espèces minérales qui aient donné lieu à un plus grand nombre de recherches chimi(|ues que la Tourmaline; et néanmoins il reste encore de nombreuses incertitudes sur la véritable nature de cette substance. Un travail récent de Gmelin de Tubingue a cependant avancé nos connaissances sur ce sujet en nous mettant sur la voie de reconnaître les différents principes qui entrent essentiellement dans sa composition. 11 résulte de ce travail qu'une grande partie des anciennes analyses qu'on a faites de ce minéral sont fautives; que dans plusieurs de ses variétés, les rouges et les vertes par exemple, la Litbine a échappé aux chimistes en même temps que l'Acide boriquequeOmelin a rencontré dans toutes les Tourmalines en quantité notable. En comparant les nouvelles analyses que l'on doit à ce savant, soit entre elles, soit avec les analyses anciennes, (|ui paraissent mériter le plus de confiance, on est conduit à regarder la Silice, l'Acide borique, l'Alumine, comme les principes les plus essentiels des Tourmalines, et à considérer celles-ci comme des borosilicates d'Alumine et d'une base alcaline , qui est tantôt la Potasse ou la Soude, tantôt la Litbine, quelquefois la Magnésie ou la Chaux. Quant aux Oxydes de Fer ou de Mangapèse, ils font la fonction de principes coloranls el entrent dans la composition de la substance en remplacement d'une certaine portion d'Alumine. Sous le rapport des différences que présentent les Tourmalines dans la nature de leurs bases alcalines, et par suite dans leurs propriétés chimiques, on a partagé l'ensemble de leurs variétés en deux groupes
principaux ou en deux sous-espèces ; l'une comprend les Tourmalines à base de Potasse ou de Soude, sans Litbine, qui sont de couleur noire el opaques, el qui fondent avec assez de facilité au chalumeau en une scorie grise ou noirâtre. Ce sont les Tourmalines communes des minéralogistes allemands; on les a réunies ici sous la dénomination de Tourmaline Schorl, qui a été adoptée par Alex. Brongniart. La seconde sous-espèce est composée des Tourmalines à base de Litbine qui sont plus ou moins transparentes, trèsdifficilemenl fusibles, et dont les couleurs les plus ordinaires sont le vert, le bleu et le rouge; elle sera décrite ici sous le nom de Tourmaline Apyrite, qui avait été donné à l'une de ses variétés, à raison de son infusihilité très-marquée. Mais avant de passer à l'examen plus détaillé des caractères et propriétés de chacune de ces sous-espèces, il convient de faire connaître l'histoire des propriétés qui leur sont communes ou de les considérer sous le rapport des variétés de formes et de structure.
f'ariélés de formes. — Les formes cristallines de la Tourmaline sont assez nombreuses. HaUy en a décrit dix-huit qui, toutes, manifestent d'une manière sensible dans la disposition de leurs facettes autour du noyau rhomboïdal, ce défaut de symétrie qui se trouve en rapport avec les propriétés électriques que possède le minéral. Parmi ces formes, les unes que l'on a pu observer en cristaux isolés et terminés des deux côtés, dérogent doublement à la symétrie, tant à cause de la différence de configuration que présentent leurs sommets, que par la tendance qu'ont les angles latéraux du rhomboïde à produire le prisme triangulaire au lieu du piisme hexaèdre régulier; trois de ces angles étant constamment modifiés, tandis que les trois autres ne subissent aucun décroissement. D'autres variétés, dont les cristaux se présentent groupés ou implantés dans les Roches, n'ont été observées qu'avec un seul sommet, et par conséquent on ignore quelle aurait été la configuration du second sommet, s'il avait pu se produire librement. Voici queli|ues-unes des piincipales formes qui appartiennent à ces deux séries.
■* Cristaux observés avec les deux sommets.
1° TocRMALiriE TRÉDÉciMALE , HaUy. Prismc à neuf pans, terminé d'un côté par un sommet à trois faces surbaissées, parallèles à celles du noyau, et de l'autre par un plan perpendiculaire à l'axe. En Sibérie, au Groenland (variété noire), au Saint-Gothard, dans la Dolomic grenue (variété d'un vert clair).
2" TocRMALiNE SEXDÉciMAiE. Prisme hexaèdre régulier, terminé d'un côté par un sommet à dix faces obliques, el de l'autre par un sommet à quatre faces dont une perpendiculaire à l'axe. Au Saint-Gotliard dans le Micaschite (variété verte).
ô" Tourmaline isogone. Prisme à neuf pans terminé liar un sommet à trois faces et un autre à six faces. A Madagascar, au Groenland, à Bowdoinham, dans le Maine aux États-Unis d'Amérique, ù Iladdam en Connecticut, à Bovey dans le Devonshire en Angleterre, au Saint-Gothard. C'est une des variétés les plus communes.
4» TotlRMALIUE ÉQCIDIFFÉRENTE. PliSIUC à ncuf pans,
Icrmiiié d'un coté par un sommet à six faces, plus surbaissé que celui de l'Isigone, et de l'aulre pai- un sommet à trois faces, plus surbaissé que le sommet correspondant de celte même variété. Souvent le prisme se raccourcit exlrcmemenl, et le cristal prend la forme lenticulaire. ACeylan.
50T0DRMAIINE r(0NODÊciMAi,E. Le prismeaneuf pans, terminé d'un côté parun sommet à neuf faces dont six disposées en anneau, et de l'autre par un plan perpendiculaire à l'axe. En Sibérie (variété violette). " Cristaux avec un seul sommet.
C ToDRMALii^E PR0SE"<!«ÊAÈDRE. Prisme à neuf pans, terminé par un sommet à neuf faces.
Les variétés de formes indéterminables se bornent aux deux suivantes :
La Tourmaline cylindroïde. En prismes ordinairement très-allongés et déformés par des arrondissements et de nombreuses cannelures; ils segroupent fréquemment et composent des masses bacillaires ou des agrégats de cristaux entrelacés, dont les intervalles sont remplis par la matière de la Rocbe environnanle. Ces cristaux cylindroïdes ont généralement une faible épaisseur, mais il en est qui atteignent deux ou trois pouces de diamètre. Us se divisent quelquefois avec assez de facilité dans le sens perpendiculaire à l'axe. Dans certains cas ils sont naturellement partagés, suivant cette direction, en tronçons fort minces et séparés les uns des autres par une substance ordinairement quartzeuse (la Tourmaline verte de Massachusets) ; cette circonstance entraîne presque toujours la courbure de l'axe du cristal. Cette variété de forme de la Tourmaline est l'une des plus communes et se rencontre dans une multitude de lieux.
La Tourmaline aciculaire, en aiguilles plus ou moins déliées, fasciculées ou radiées; quelquefois en filets capillaires.
Les cristaux de Tourmaline montrent fréquemment dans leur cassure des indices de leur accroissement par coucbes ou enveloppes successives, ces couches ou enveloppes sont rendues sensibles, comme on le verra plus bas, par les teintes qui les diversifient et les séparent nettement les unes des autres. Tantôt cette structure d'accroissement se manifeste principalement dans le sens perpendiculaire à l'axe, et le cristal parait composé de couches planes parallèles, différemment colorées (Tourmaline de Sibérie, de l'île d'Elbe) ; tantôt elle se manifeste parallèlement à l'axe jiar des coucbes cylindriques de couleurs variées qui s'emboitent les unes dans les autres (Tourmaline de Goshen et de Cheslerfield aux États-Unis). Certains cristaux de Tourmaline semblent n'être formés que d'un faisceau régulier d'aiguilles très-déliées, fortement serrées et disposées autour d'un axe commun ( Tourmaline de Bovey en Devonsbire ). Cette structure composée ne nuit pas à la transparence ni même au poli et à l'éclat des surfaces extérieures; elle n'est sensible que lorsqu'on vient à briser le cristal. Quebiuefois les prismes ou cylindres de Tourmaline sont comme articulés, c'est-à-dire qu'ils présentent, lorsqu'on les casse transversalement, une surface concave sur l'un des fragmentset une surface convexe sur l'autre.
Soiis-espèce-i.
1. ToiiRMAi.inE SCBORL, Brongn. ; Schorl, Wern.; aussi nommée Schorl noir, Scborl électrique et Schorl de Madagascar, Aimant électrique de Ceyian, Aphrizile. Elle comprend toutes les Tourmalines communes, le plus souvent de couleur noire, opaques ou légèrement translucides, à basede Potasse ou de Soude et quelquefois de Manganèse; facilement fusibles au chalumeau en une scorie grise ou noirâtre. Elle se présente sous toutes les formes cristallines décrites ci-dessus, et fréquemment aussi en masses bacillaires et en aiguilles fasciculées ou radiées; elle est colorée principalement par l'Oxyde de Fer. Ces cristaux noirs sont faciles à confondre avec quelques Pyroxènes des volcans et de l'Amphibole hornblende. On les distingue, soit par leurs propriétés électriques, soit par leur forme et leur structure. Les cristaux de Tourmaline ont une tendance remarquable à produire des prismes composés d'un nombre impair de pans; les joints longitudinaux sont rarement apparents, beaucoup moins sensibles que que dans les deux autres espèces et toujours inclinés entre eux de 120"; enfin les pans sont ordinairement sillonnés de stries parallèles à l'axe. Les Tourmalines Schorls n'ont pas d'autre usage que d'èlre employées dans les expériences relatives à l'éleclricilé produite par la chaleur. Celles qui ont obtenu à juste titre la préférence à cet égard, sont les Tourmalines cylindroïdes de la Nouvelle-Caslille en Espagne. La Tourmaline Schorl appartient aux terrains primordiaux crislallisés, et se montre à presque tous les élages de ces terrains, en cristaux disséminés au milieu des Roches, plus rarement implantés dans leurs cavités drusiques, et quelquefois pénétrant les veines quartzeuses qui les traversent. Les substances qui l'accompagnent le plus ordinairement sont le Quartz hyalin, le Feldspath, le Mica , le Grenat, l'Élain oxydé, le Béril, la Chaux phosphatée : on la trouve moins fréquemment associée au Tripbane, au Sphène, au Cuivre pyrileux, au Graphite, au Fer oxydulé, au Fer arsenical, etc. Elle existe dans le Granité des environs de [S'autes, et dans celui de -Saint-Honorine, près de Cherbourg; dans le Granité porphyroidc de Bovey et de Chudbigh, près d'Exeter en Devonsbire, en cristaux remarquables par leur volume et leur couleur d'un noir de velours. Ces cristaux, dont le prisme est assez court eu égard à sa grosseur, ont tantôt toutes leurs faces lisses et brillantes et tantôt leur sommet hérissé de pointes capillaires. Leur forme est celle de la variété isogone; ils sont associés à de gros prismes hexaèdres de Phospborite violàtre et à des cristaux de Feldspath. Leur surface est souvent revêtue d'une couche de Fer hydroxydé jaune-brunâtre. La Tourmaline se rencontre dans le Gneiss en beaucoup d'endroits. Elle est assez commune dans la Pegmalite, où elle se présente ordinairement en cristaux assez gros, à surface terne et d'un noir grisâtre. Mais la Roche dans laquelle elle abonde principalement est le Micaschiste; elle y est quelquefois en si grande quantité qu'elle paraît faire partie constituante de la Roche, et forme alors ce qu'on a désigné en Allemagne sous le nom de Schiste à Tourmaline. Telle <'St la Tourmaline d'Auersberg en Saxe : on la
lioiivc dans ini Micascliisle noiràlre, en gros cristaux à faces lisses et brillantes, à Karosulik. sur la côte occidentale du Groenland. Les Tourmalines d'un brun sombre, en prismes grêles et cylindriques, d'Espagne, de Madagascar el de Ceylan, appartiennent à la même Roche. On rencontre aussi la Tourmaline Scliorl dans les Calcaires lamellaires, el dans les Dolomles grenues subordonnées au Micaschiste aux environs de New- York, à London-Grow en Pensylvanie(variétt5 orangée, avec SphÈne); à Campo-Longo; au Saint-Gotliard (variété d'un brun foncé et d'un vert clair). On la trouve dans les Rocbes atéatileuses de Greiner en Tyrol; dans la Chlorilescliistoïde,a Windisch-Kappel en Carinthie; dans le Porphyre argileux, à Menât en Auvergne (variété globuliforme, radiée). Enfin la Tourmaline se rencontre aussi eu morceaux roulés dans les sables des rivières et dans les terrains de transport ; c'est ainsi qu'on la trouve au Brésil et à Ceylan. Lescbenault a rapporté de celte île un échantillon de la Roche argiloferrugineuse qui lui sert de gangue et qui renferme aussi des cristaux roulés de Quartz et de Spinelle pléonaste.
2. Tourmaline ApyuiTE; aussi nommée Tourmaline Apyre, HaUy ; Apyrite, Hausmann; Indicolllhe, Rubcllite, Sibérite, Daouiite, Tourmaline brésilienne. Cette soiis-espéce comprend toutes les Tourmalines transparentes, vertes, bleues, rouges et incolores, ordinairement à base de Lithine et quebiucfois de Soude, et qui sont très-difficilement fusibles au chalumeau. Plusieurs variétés se bouisoulïlent considérablement par l'aclion du feu, d'autres se décolorent et répandent une lumière phosphorique des plus vives. Cette sous-espèce présente des couleurs extrêmement variées; souvent même plusieurs teintes différentes sont associées dans le même échantillon. Ces couleurs sont «pielquefois très-vives, ce (|ui, joint au degré de dureté dont jouit la Tourmaline, la rend digne d'être admise au nombre des pierres précieuses. Ce sont principalement les variétés vertes et rouges qui sont employées par les lapidaires; elles sont en général peu estimées; mais on a cherché souvent à les faire passer dans le commerce pour d'autres pierres d'une plus grande valeur. Les Tourmalines Apyrites ne diffèrent pas , ([uaut à leur manière d'être dans la nature, des Tourmalines noires et opaques; elles sont toujours disséminées comme celles-ci dans les Roches des terrains primordiaux ; mais seulement elles y sont moins abondantes. Sous le rapport des couleurs, elles se divisent en un grand nombre de vaiiétés.
Couleurs simj.iles.
Tourmaline blanche ou incolore : au Saiut-Gotbard, dans la Dolomie; à l'ile d'Elbe, dans un Granile; près du bourg d'Oisans en Daupbiné; en Sibérie. Plusieurs cristaux ont leur partie supérieure limpide el incolore, tandis qu'ils sont opaques et d'un brun noirâtre inférieuiement. — Tourmaline orangée ou couleur hyacinthe : à Ceylan. — Tourmaline vert-jaunâtre : à Ceylan. Péridot de Ceylan des lapidaires. — Tourmaline verte ou brésilienne : d'un vert céladon; en cristaux quelquefois gros comme le pouce, engagés dans le Quartz hyalin (Émeraude du Brésil). En prismes cylindroïdes, avec la Tourmaline violeltc dans le Granité de
Goshen el de Chesterlield , province de Mas.sacliuscis aux États-Unis. Ces prismes sont souvent très-allongés, courbés et interrompus dans leur longueur par des veines de Quartz. — Tourmaline bleue ou indicolithc ded'Aiidrada, d'un bleu indigo, translucide. En aiguilles fasciculées ou radiées, en prismes cylindroïdes. Dans la mine d'Utoë en Suède, où elle est accompagnée de Feldspath albile,de Pétalite,de Triphane,de Quarlz, de Mica, de Lépidolilhe, d'Élain oxydé, etc. A Goshen au Massacbusels, dans un Granité à gros grains de Feldsiialh laminaire et de Mica rose; à Chesterfield, même province, dans un semblable Granile avec la Tourmaline violette; à Norihamplon , rtW. — Tourmaline violette : Rubellite(Kir\van et Karslen), Sibérite, Daourile, Schorl rouge et Rubis de Sibérie, colorée par l'Oxyde de Manganèse; cette variété se présente tantôt en cristaux implantés, transparents ou translucides, ayant depuis quelques lignes jusqu'à un pouce de grosseur, en prismes cylindroïdes; en aiguilles fasciculées ou réunies en gerbes; en cristaux divergents autour d'un centre comnuin et terminés de l'autre bout par des sommets à facettes. La Tourmaline violette, surfout celle d'un beau rouge cramoisi, est employée avec succès par les lapidaires. On la vend souveutsous le nom de Rirliis oriental : elle est d'un grand prix lorsqu'elle est parfaite, mais il est exlrêmemenl rare de la trouver exempte de glaces. Celle qui vient de Sibérie et de l'Inde el qui est composée d'aiguilles divergentes, n'est que translucide ; lorsqu'elle est polie, elle devient chatoyante el d'un assez joli jeu. Ou la taille ordinairement en cabochon. Elle se rencontre en cristaux cylindroïdes violâtres, souvent assez grêles, engagés dans du Quartz ou dans la Lépidolilhe, à Kradisko, près Rosena en Moravie. Elle a été prise pour de la Lépidolilhe cristallisée. En masses radiées d'un rose cramoisi, dans la Pegmatite, à Shaylanska district d'Ekaterinbourg, gouvernement de Perm en Sibérie; à Ceylan; dans le royaume d'Ava. C'est de ce pays que vient le plus beau groupe connu , celui que possède le Muséum britannique, qui est presque de la grosseur de la tête. Il a appartenu au docteur Greville, qui le tenait de la personne à laquelle le roi d'Ava l'avait donné. On l'eslinia 12,500 francs, lorsque le parlement d'Angleterre fit apprécier la collection de Greville. Le Muséum d'histoire naturelle de Paris en possède un morceau moins volumineux, mais aussi très-remarquable; il est gros comme le poing; sa couleur est le rouge foncé. 11 est probable (ju'il vient du même pays que celui du Muséum britannique.
Couleids mélangées. — Les variétés noire, bleue, rouge et verte de Tourmaline, ont pendant quelque temps constitué des espèces à part dans la minéralogie allemande, sous les noms de Schorl, d'indicolithe, de Rubellile el de Tourmaline brésilienne. HaUy a le premier démontré la nécessité de réunir tous ces minéraux en une seule espèce, en se fondant tout à la fois el sur les rapports de foimes et de propriétés physiques, qui semblent déjà les lier étroitement entre elles, el sur les rapports de position que ces mêmes corps ont entre eux dans la nature. Non-seulement ces (|uatre variétés principales de Tourmaline oui la même manière d'êtie
cl se renconlrent dans le mfme lerrain, mais encore elles sont frcquenimenl associées deux à deux ou trois à trois dans le même (iclianlillon , en offrant tantôt la disposllion par couches planes, parallèles et superposées dans le sens de l'axe des prismes, lanlôt la disposillnn par couches cylindriques, emboilées les unes dans les autres. Les Tourmalines bicolores ne sont pas rares en Sibérie; beaucoup de cristaux de Rubellilc ont leur centre d'un roiiye cramoisi, et leur partie extérieure d'un rose tendre. D'autres fois le centre est d'un bleu indigo et le contour brun ou rougeàtre. Dans les Graniles du Massachusets, on voit souvent un cylindre de liubellile entouré paruneTourmaline verte, qui lui sert comme d'étui; dans d'autres échantillons, c'est la Tourmaline ScborI qui fournit l'axe du cylindre, et l'enveloppe est de la Tourmaline violette ou de l'Indicolillie. La Sibérie, l'île d'Elbe, le Saint-Golhard, offrent (ies exemples de plusieurs couleurs disposées dans le même cristal par couches parallèles. 11 arrive souvent (|ue dans les cristaux de Sibérie la partie inférieure est rouge, tandis <iue l'extrémité est jaune et blanchâtre. Quelquefois le cristal est terminé d'un coté par une couche limpide et incolore, tandis que le reste du prisme est louge , bleu ou verdàlre. On trouve à l'île d'Elbe des prismes assez courts, qui offrent trois nuances bien tranchées de rose, de jaune et de vert.
La distinction des Tourmalines en plusieurs espèces, fondée soit sur les couleurs, soit sur la composition, ne se maintient pas, comme on vient de le voir, dans leur ijisement, i)uisqu'elles affectent la même position dans les mêmes terrains et qu'elles offrent les analogies de rencontre les plus remarquables. Toutes les Tourmalines se présentent constamment cristallisées: presque toutes disséminées dans des Roches, plus rarement implantées sur les parois de leurs cavités, ne formant jamais à elles seules de véritables couches ou amas; elles ne se rencontrent que dans les terrains primordiaux cristallisés, et ne paraissent pas lemonter beaucoup plus haut, dans la série, que le lerrain de Micaschiste. On en a cité cependant dans les Schistes argileux, et dans les Roches graniloides des dépôts in- Icimédîaires; mais c'est surtout dans la Pegniatite et ilans le Micaschiste qu'elles abondent, ainsi (|ue dans les Roches qui leur sont subordonnées. On ne connaît point de Tourmalines dans les terrains de sédiment ni dans les terrains pyrugènes ou volcaniques; mais on les trouve en cristaux roulés, avec d'autres débris de Roches primordiales, dans les sables des rivières et les
TOLIRMENTILLE. bot. Pour Tormentille. l'oy. ce mot.
TOURMENTIN. ois. L'un des noms vulgaires du Pétrel Tempête. /'. Pétrel.
TOURNEFORTIE. Tourne fortia. bot. Ce genre, de la famille des Borraginées et de la Pculandrie Monogyiiie, a été anciennement constitué par Plumier sous le nom de Piltonia, cl dédié au célèbre Pilton de Tournefort. Linné changea le nom générique en celui de Tourne/'oitia qui a été généralemenl adopté. Le nombre des espèces de ce genre s'étant énormément accru, plusieurs d'enlre elles, éluiliées avec plus de soin, ont
été reconnues comme appartenant ù d'autres genres. Dun autre côté, le Messerschmidia, de Linné, a été réuni au Tourneforlia par R. Brown (Prodr. FI. Nov.- Holl., p. A'H) qui a ainsi caractérisé ce dernier genre ; calice divisé profondément en cinq lobes; corolle hypocralériformc, presque rolacée, ayant la gorge nue; étamines incluses; stigmate pelté, presque conii|ue; baie à deux noyaux dispermes. Ce genre renferme un grand nombre d'espèces pour la plupart indigènes de l'Amérique méridionale. Ce sont des arbrisseaux ou arbustes, souvent volubiles et grimpants; quelques-uns, en petit nombre, sont des arbres droits.
ToCRnEFORTlE VELUE. Townefoitia hiisutissima, L.; Pitlonia hirstilissimri, Plum., Poir. Ses tiges sont droites, ligneuses, presque létragones, velues, garnies de feuilles alternes, pétiolées, ovales, acuminées. pubescentes en dessus, très-velues en dessous; les fleurs sont disposées en cime terminale, formée d'épis roulés en crosse au sommet, à peu près comme les Heurs des Héliotropes; elles sont unilatérales et dépourvues de bractées.
TOURNE-MOTTE, ois. Synonyme de Molleux. r. Traqdet.
TOURINE-PIERRE. Sirepsilas. ois. Genre de la seconde famille de l'ordre des Gralles. Caractères : bec médiocre, dur à la pointe, allongé, conique, droit, légèrement courbé en haut, assez fort, dont l'arêle est aplatie, la pointe droite et tronquée; narines placées de chaque côté du bec à sa base et longitudinalement, percées de part en part, à moitié fermées par une membrane; pieds médiocres, nus jusque un peu au-dessus du genou; (|uatre doigts: trois devant et un derrière; les antérieurs unis à la base par une membrane très-courte; le postérieur articulé sur le tarse; ailes pointues : la première rémige la plus longue. L'habitude (|u'ont les Oiseaux (|ui composent ce genre, de déplacer avec le bec, les pierres d'un certain volume, pour saisir les vers, les insectes et autres petites proies qui se réfugient ordinairement sous ces pierres, leur a fait donner le nom de Tourne-Pierre. Ces Oiseaux se tiennent ordinairement sur les plages maritimes où abondent les petits Mollusijues qu'ils semblent préférer à toute autre nourriture; ils les attendent fixement avec une grande constance, et dès qu'ils les voient, se jettent sur eux avec tant de précipitation, que ceux-ci n'ont pas le temps ou de regagner l'eau, ou de s'enfoncer dans le sable. Tout porte à croire que les Tourne-Pierres passent vers le Nord pour y faire leur ponte, car on n'en a trouvé de traces nulle part ailleurs; ils l'opèrent dans le sable au milieu d'un enfoncement que la femelle pratique peu d'instants avant d'y déposer ses œufs ; ils y sont au nombre de trois ou quatre; leur couleur est le vert cendré ou olivâtre.
Toi'RNE-PrERRE A COLLIER. StiepsUas collans,Temminck; l^iiiiija inter/irts, Gmel.; Moiinella collaris, Meyer, Coulon Chaud, Buff., pi. enl., 830. Parties supérieures d'un roux marron vif, parsemé irrégulièrement de grandes taches noires ; sommet de la tête d'un blanc roussâtre, strié de noir; front, joues, un large collier, partie du dos, deux bandes sur les tectrices alaires, tectrices caudales, milieu de la poitrine et par-
lies inférieures d'un blanc pur; une bande noire qui part du front, passe devant les yeux, s'y divise en deux brancbes dont l'une va joindre la base de leur mandibule inférieure et l'autre descend en s'élargissant, sur !es côtés du cou , entoure la gorge et forme un large plastron qui s'étend sur les côtés de la poitrine; une large bande brune sur le croupion ; recirices latérales blanches. Bec noir; pieds d'un jaune orangé. Taille, huit pouces et demi. La femelle ne diffère que par des nuances moins vives. Les jeunes de l'année n'ont aucune trace de noir, ni de roux; ils ont les parties supérieures d'un brun foncé, avec le bord des plumes jaunâtre, la tète et la nuque d'un cendré obscur, rayé de noirâtre; les côtés de la tête et du cou gris, tachetés de blanc; la bande uropygiale brune, bordée de roux ; la gorge et le devant du cou blanchâtres; les côtés de la poitrine d'un brun foncé, avec l'extrémité de chaque plume blanchâtre; les parties inférieures d'un blanc pur; le bec noirâtre; les pieds d'un jaune rougeâtre. C'est alors : Tringa morinella, L.; Arenaria cinerea, Briss.; Coulon-Chaud de Cayenne, Buff., pi. enl. 340 ; Coulon-Chaud gris, Buff., pi. enl. 857. Les jeunes à l'âge d'un an ont les plumes qui forment le large plastron ou collier sur le devant du cou et sur les côtés de la poitrine noires, bordées de blanchâtre; les joues et le front blanchâtres, pointillés de noir; le sommet de la tête et la nuque d'un brun foncé, tacheté de noirâtre ; le reste des plumes des parties supérieures noires, entourées de roux ; une grande tache noire sur la rectrice latérale.
TocRNE-PiERRE A TÊTE NOIRE. Sliepsîlas ittelanocephalus, Vig. Plumage noir, avec le milieu du dos, le croupion, deux bandes sur les ailes, les parties inférieures et l'extrémité des rectrices l)lancs. Bec et pieds noirâtres. Taille, six pouces et demi. De l'Amérique du Nord.
TOURNESOL, bot. Espèce du genre Hélianthe. /-'. ce mot. — Les anciens donnaient aussi ce nom à plusieurs plantes dont les fleurs se tournent toujours du côté du soleil. — La matière colorante, connue dans les arts et la chimie sous le nom de Tournesol, s'obtient du Ciotoii tinclon'um , que l'on fait macérer dans l'eau et que l'on traite par les alcalis. — On obtient encoie une sorte de Tournesol en traitant de la même manière la Parelle (Lecanora Parella) et d'autres Lichens tinctoriaux.
TOURNESOLIA. bot. (Scopoli.) f^. Crozopbora.
TOURNIQUET. INS. Nom français donné par Geoffroy aux insectes coléoptères du genre Gyrinus. y. Gyrin.
TOUROCO. ois. Espèce du genre Pigeon.
TOUROULIA. BOT. Aublet (Plantes de la Guiane, vol. 1, p. 492, tab. 194) a décrit, sous le nom de Touroulia Guianensis, un grand arbre de la Guiane formant un genre dont les affinités ne sont pas déterminées, et qui peut être caractérisé ainsi : calice turbiné, à cinq dents; corolle à cinq pétales concaves, arrondis, alternes avec les dents du calice; étamines nombreuses, ayant leurs filets insérés sur le calice, plus courts que la corolle, terminés par des anthères à deux loges écartées; ovaire adhérent au calice, surmonté d'un stig-
mate sessile, oblong et strié; baie charnue, marquée de siries, orbiculaire, comprimée, divisée en plusieurs loges (deux à se|)l) qui, chacune, renferment une graine oblongue, anguleuse, couverte de poils roussâlres. Le nom du genre Touroulia a é(é inutilement changé par Schreber en celui de Bobinsonia. Le T. Guianensis croît dans les forêts voisines de la rivière de Sinamary à la Guiane. C'est un grand arbre, à feuilles imparipinnées, et à Heurs formant une panicule terminale.
TOURRETIE. Tounetia. bot. Ce genre, de la famille des Bignoniacées et de la Didjnamie Angiospermie, L., fut établi par Dombey et adopté sous ce nom par Jussieu dans son Gênera Plantarum. L'Héritier {Slirp. nov-, 1, lab. 17) changea inutilement ce nom en celui de Dombeya qui a été appliqué à d'autres genres et particulièrement à un genre de Butlnériacées. Voici ses caractères essentiels : calice divisé en deux lèvres: la supérieure plus étroite, acuminée, l'inférieure plus large, à quatre crénelures; corolle tubuleuse, resserrée vers le milieu, ayant le limbe à une seule lèvre supérieure prolongée en capuchon ; deux petites dents à la place de la lèvre inférieure; quatre étamines didynames cachées sous le capuchon, à anthères bilobées; un seul stigmate; capsule ovoïde, coriace, ligneuse, hérissée d'aiguillons crochus, à deux loges, àdeux valves qui s'ouvrent par le sommet, ayant une cloison prismatique centrale sérainifère formée par le repli des valves, munies de deux ailes qui avancent dans les loges et les subdivisent chacune en deux fausses loges, renfermant un petit nombre de graines comprimées et bordées.
ToBRRETiE LAPPACÉE. Touitelia loppacea, D. C'est une plante herbacée, rampante ou grimpante, tétragone, dicholome,à feuilles opposées, ternées et munies de vrilles dans les dichotomies des branches. Les fleurs sont disposées en épis terminaux. Cette plante croit au Pérou.
TOURTE. OIS. Espèce du genre Pigeon.
TOURTEAU. CRiisT. Nom vulgaire du Cancer Pa- (juriis, de Linné.
TOURTELETTE. ois. Espèce du genre Pigeon.
TOURTELINE. ois. Espèce du genre Pigeon.
TOURTEREAUX, ois. Nom que l'on donne vulgairement aux jeunes Tourterelles.
TOURTERELLE, ois. Espèce du genre Pigeon.
TOURTERELLE DE MER. ois. Nom vulgaire sous lequel on désigne souvent les Guillemots.
TOURTERELLE. MOLL. Non-seulement ce nom a été donné à une espèce de Colombelle, mais encoie à un assez grand nombre de Slrombes que les conchyliologues du siècle dernier semblent avoir désignés de cette manière.
TOURTIA. GÉOL. Les mineurs appellent ainsi une Roche conglomérée, en stratification discordante entre le terrain crétacé et le terrain houiller. Cette Roche consiste en une pâte composée de sable, d'argile, de calcaire et de limon, renfermant une grande quantité de cailloux roulés ; elle se lie avec les sables et les marnes qui, dans la plupart des terrains liouillers, forment la partie inférieure des masses crétacées, et parait aussi leur appartenir.
TOURTRAC. 018. L'un des noms vulgaires du Traquet l'iUre. r. Traqdet.
TOUT-BEC. OIS. Nom vulgaire des Toucans.
TOUTE-BONNE, bot. Nom appliqué vulgairement à la Sauge orvale et à l'Anserine Bon-Henri.
TOUTE-ÉPICE. bot. Synonyme vulgaire de Myrtus l'imenta. I' . Myrte.
TOUTENAGUE. min. Alliage assez généralement employé par les Chinois, pour remplacer l'Argenl. Il est composé de Cuivre 40,4; Nickel 31,6; Zinc 25,4; Fer 2.6.
TOUTE-VIVE. OIS. Nom vulgaire du Proyer. V.
BilUATiT.
TOUYOUYOU. OIS. Synonyme du Jabiru d'Amérique.