‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 5)Chapitre 91 sur 119 · CU · texte numérisé non relu

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pressions de malières fluides el de substances fondues ou simplement ramollies par la chaleur, qui ébranlent les couches solides, dont elles sont recouvertes, et parviennent quelquefois à les soulever en masses, ou bien à les percer pour faire éruption au dehors. Lorsque ces pressions ne sont point assez fortes pour vaincre la résistance que leur oppose l'écorce minérale, elles ne peuvent se manifester que par les secousses et les oscillations qu'elles impriment à cette écorce flexible, c'està-dire par les tremblements de terre; mais si les pressions sont assez fortes pour triompher de la résistance dont il s'agit, il peut se faire alors ou que la croûte minérale cède en quelques points seulement à l'effort des malières fluides et leur livre passage à travers des ouvertures ou des crevasses, ce qui est le phénomène des éruptions volcaniques; ou bien il se peut que le terrain, présentant une résistance plus égale dans toutes ses parties, soit soulevé en masse, et dans ce cas il y aura seulement exhaussement du sol, élévation de rochers, formation de pics, de dômes ou de cônes, de plateaux ou de chaînes de montagnes. On est ainsi conduit à la distinction établie par le célèbre géologue de Buch, entre les différentes montagnes volcaniques, sous le rapport du mode de leur formation. Les unes ont été soulevées par les forces volcaniques, accumulées pendant un temps plus ou moins considérable au-dessous d'une partie de l'écorce terrestre, au point de pouvoir vaincre la résistance des masses qui lui étaient superposées; elles les ont élevées à la surface du sol ou transportées du fond des mers, sous la forme de pics ou de cônes; ces cônes peuvent ne présenter aucune ouverture à leur sommet, et par conséquent ne point vomir de laves, parce que la masse soulevée sera retombée dans l'ouverture par laquelle elle était sortie, et l'aura bouchée ; ou bien, ils peuvent être entiers vers leur sommet et creux dans leur intérieur, comme le serait un dôme; ces sortes de montagnes volcaniques, qui ont presque toujours pour roches fondamentales des trachites ou des basaltes, sont appelées par de Buch des Cratères de soulèvement. Quebiuefois l'action volcanique qui s'y exerce, ne se manifeste au dehors que par l'ébranlement des terrains d'alentour, le bouleversement et la rupture de leurs couches ; mais comme elles offrent une communication facile et perpétuelle entre l'intérieur de la terre et l'atmosphère, il en sort fréquemment des vapeurs, et lorS(iue celles-ci rencontrent des substances qui leur font obstacle, elles les chassent souvent sous la forme de coulée de laves, et déterminent ainsi la formation d'un cratère d'éruption au milieu du cratère de soulèvement.

Il est arrivé souvent que des cratères d'éruption se sont ouverts ainsi au sommet de cônes de soulèvement, à des époques de beaucoup postérieures à celles de leur élévation; mais lorsqu'il n'y a point d'ouverture au sommet, les laves se l'ont jour, soit sur les flancs de la montagne, par des crevasses d'où elles s'échappent sous forme de bandes étroites ou de nappes plus ou moins larges, ainsi que cela s'est observé à l'éruption de l'Etna le 17 novembre 1840, où le torrent incandescent s'est ensuite divisé en trois fleuves de feu, qui ont [U'is chacun une direction différente, soit par le pied

du cône, soit enfin par une autre ouverture plus éloignée. A chaque éruption, il peut y avoir production de nouvelles bouches et de nouveaux cratères qui s'élèvent par l'accumulation des matières rejetées de l'intérieur; mais ces nouveauxVolcansnesont que des phénomènes secondaires, dont la cause principale peut être trèséloignéc, et réside dans le Volcan central ou cratère de soulèvement, sorte de foyer d'où émanent les éruptions successives qui oscillent tout autour, en s'étendantquelquefois jusqu'à de très-grandes dislances.

Les coulées de laves ne sortent pas toujours du somme!, ni du pied d'une montagne volcanique; on a vu de longues fentes se former dans une plaine et la lave jaillir tout le long de ces crevasses, en se répandant sur le sol, sous forme de couche ou de nappe d'une grande étendue. Quelquefois aussi les matières soulevées auxquelles ces fentes livrent passage, sortent plus ou moins ramollies, et çà et là en plus grande abondance, de manière à former une suite de buttes ou de cônes volcaniques, disposés sur une même ligne. On peut donc, comme le fait de Buch, diviser les Volcans en deux classes bien distinctes : l'une comprend les Volcans centraux, qui sont toujours situés au milieu d'une grande quantité d'éruptions partielles, qui oui lieu presque régulièrement tout autour et (|ui sont produites par autant de foyers qui communiquent avec une même ouverture; l'autre renferme les Volcans en série qui sont placés les uns à côté des autres, souvent à peu de distance, comme des foyers élevés au-dessus d'une grande fente. On en compte ainsi quelquefois vingt, trente et même un plus grand nombre, qui s'étendent sur des parties considérables du globe. Sous le rapport de leur position, ces derniers se partagent en deux genres : ou bien ils s'élèvent du sein de la mer, comme de petites îles coniques; alors ils sont toujours accompagnés d'une chaîne de montagnes primitives dont la direction est absolument la même (jue la leur; ou bien ces Volcans se trouvent sur le continent et sur les points les plus élevés de la chaîne dont ils couronnent le faîte (Volcans de l'Amérique).

On voit que pour se faire une juste idée de l'effet des agents volcaniques, qui, sans aucun doute, étaient anciennement beaucoup plus puissants et plus actifs qu'ils ne le sont aujourd'hui, pour bien se re|)résenter tous les changements qu'ils ont pu produire à la surface du globe, et toute la part qu'ils ont eue dans la formation des terrains, il ne faut pas borner leur action aux effets des Volcans à cratère de l'époque actuelle, et aux simples éruptioiis de laves accompagnées de scories. Les phénomènes d'éruption, produits par ces agents, ont dû varier beaucoup, nou-seulement dans leur mode d'apparition à la surface de la terre, mais encore par la nature des matières qu'ils ont soulevées ou rejetées : eji effet ces matières, au moment de leur sortie, se sont trouvées tantôt à l'état fluide et tantôt plus ou moins ramollies ou même complètement solides, et elles ont donné par leur refroidissement des roches tantôt cristallines ou comiiacles, comme les trachytes el les basaltes, tantôt poreuses et scoriacées, comme la plupart des laves modiines. Les éruptions volcaniques, envisagées ainsi d'une manière générale, se rattachent

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