I. Étendue de continuité des Couches
On remarque que certaines Couches ont été :
A. Généralement étendues, lorsqu'elles se présentent sans interruption, sur une étendue de plusieurs milles, dans toutes les parties du globe : le Gneiss, le Micaschiste, le Calcaire compacte, etc.;
B. Purtiellement déposées, lorsqu'elles ne sont déposées que par cantons isolés et d'une étendue peu considérable, telle cependant que l'œil ne puisse pas en apercevoir les limites : le Grès, le Porphyre, l'Ampelite, etc.;
C. Morcelées. Elles ont quelquefois si peu d'étendue «pi'on peut ou qu'on pourrait en voir en même temps la circonscription ; le Gypse, le Calcaire grossier, le Basalte, etc.
Les Couches morcelées offrent en outre des formes particulières, qui ont reçu des noms différents :
A. // so«twe<o/î/fl<(; les Basaltes de Saxe, d'Auvergne; les Calcaires grossiers des environs de Paris ;
B. yl sommet arrondi :]es montagnes gypseuses des environs de Paris, Montmartre, le mont Valérien, quelques Basaltes du Vivarais, etc.;
0. Concave : les Couches de Houille et de Psammite de la montagne de Saint-Gilles, près de Liège, et de beaucoup d'autres lieu.x;
u. Peltiforme : ce sont des Couches convexes appli- <|uécs sur le penchant d'une montagne; le Gypse de Taconaz, vallée de Chamouny.
U. Situation respective des Couches.
On examine ici de quelle manière les Couches sont disposées les unes par rapport aux autres, sans cependant qu'il soit encore question de leur ordre de superposition ou de succession.
Quand on considère deux Couches, ou systèmes de Couches, de différentes natures, on nomme Couche ou roche fondamentale celle qui est dessous, et Couche ou roche superposée celle qui est dessus.
On nomme /îssMres de stralilication, celles qui séparent les assises d'une même Couche ou des Couches de même nalure, et fissures de superposition, celles (|ui séparent des Couches de diverses natures.
Les fissures de stratification sont généralement parallèles entre elles, ou du moins, quand le parallélisme n'existe plus entre les fissures très-éloignécs, cette divergence n'a ordinairement lieu que peu à peu.
Les fissures de superposition préscnteni plus de
variétés dans leurs rapports avec les/î«»Mre« de stratification.
On dit qu'elles sont concordantes , uniformes ou parallèles, lorsqu'elles sont parallèles aux fissures de stratification de la roche fondamentale et de la roche superposée.
Contrastantes ou différentes, lorsque les fissures ne sont point parallèles aux deux roches : elles peuvent être, dans ce cas,
Parallèles à la stratification de la roche fondamentale, mais contrastantes avec celle de la roche superposée; parallèles à la stratification de la roche superposée, et conlrastanles avec celle de la roche fondamentale.
Quand on considère la manière dont la roche superposée est placée sur la roche fondamentale, on dit que la superposition est
Totale, lorsque les Couches superposées enveloppent totalement et cachent la roche fondamentale. Ordinairement ces Couches semblent se diriger toutes, plus ou moins régulièrement, vers Taxe de la montagne ;
Enrironnante , lorsque les Couches superposées entourent seulement la base de la roche ou montagne fondamentale ; alors le sommet de cette dernière semble percer la roche superposée ;
Latérale, lorsque les Couches superposées ne sont appliquées que d'un seul côté sur la roche fondamentale.
m. Niveau relatif des Couches.
Cette considération, très-importante, n'est pas aussi facile à saisir et à développer que son énoncé semble l'indiquer.
Elle a pour objet les niveaux ou hauteurs relatives des Couches de diverses natures, soit sur toute la surface de la terre, soit dans différents cantons.
En considérant le niveau des Couches en général, on doit déterminer ce <pie nous appellerons
Le plus haut niveau de chaque roche, c'està-dire, la plus haute élévation que chaque sorle de roche ait atteinte au-dessus du niveau actuel de la mer.
Une Couche ou une roche est située îi un niveau inférieur à une autre, lorsque, dans sa plus grande élévation au-îlessus de la mer, elle n'a jamais dépassé la plus grande élévation de l'autre roche.
Ainsi le Calcaire est ù un niveau inférieur au Granité, quoiqu'il y ait des Calcaires à une très-grande élévation, et des granités qui leur sont de beaucoup inférieurs.
Le Basalte est à un niveau inférieur au Calcaire; car le Basalte le plus élevé est encore plus bas que le Calcaire le plus élevé.
Cette considération n'a pas encore été portée trèsloin, et on n'a encore qu'un très-petit nombre d'observations propres à asseoir les niveaux des différentes roches qui oomposeiit la surface du globe.
On peut considérer les niveaux des diverses sortes de Couches dans un même canton, et on remarque ;
A . Que les tètes de Couches sont à un même niveau, lorsipie. parmi deux ou |dusicurs Couches de différentes
cou
cou
natures, il n'y en a aucune qui soit conslamment placée à un niveau supérieur aux autres;
B. Que les têtes des Couches sont en échelons descendants, lorsque les têtes d'une Couche sont constamment plus basses que les têtes d'une Couche d'une autre nature.
Dans le premier cas, les Couches déposées à des époques différentes sont au même niveau ; dans le second cas, les Couches les plus anciennes sont à un niveau plus élevé que les Couches déposées postérieure-
En suivant celle considération sur l'ordre de succession des dépôts, déterminé par le niveau relatif des Couches , on peut observer deux nouveaux modes de superposition ou gisement :
A. Le gisement, ou la superposition en recouvrement, désigne des Couches qui sont venues se déposer horizontalement, ou à peu près, sur des Couches plus anciennes qu'elles, et les recouvrir en se tenant toujours à un niveau supérieur;
B. Le gisement, ou la superposition transgressive, se dit de Couches qui sont venues se déposer sur des Couches de différentes natures et à différents niveaux, en remontant par-dessus ces Couches ; elles sont nécessairement plus ou moins inclinées.
COUCHES A CHAMPIGNONS. BOT. Quelle volupté Irouve-l-on à faire usage d'un aliment équivoque! s'écrie Pline, au sujet des Champignons, et à propos de la fin malheureuse de Pempereur Claude et de celle de plusieurs familles consulaires. Le goût pour les Champignons était, en effet, porté ù l'excès chez les anciens. Un empereur romain les appelait le manger des dieux. On a voulu qu'ils fussent la manne du désert, et le diidaim des Hébreux. On ne servait certaines espèces de Champignons quedansdes bassins d'argentet qu'avec des couteaux du succin. On n'épargnait rien pour s'en procurer ou pour favoriser leur multiplication. Les habitants de la Bithynie ramassaient les Champignons et les faisaient dessécher après les avoir enfilés; ils étaient un objet de commerce : on pouvait se procurer ainsi des Champignons dans les saisons où on n'en trouvait plus dans les prés et les bois. Pline assure qu'on peut semer en quelque sorte des Truffes, en arrosant les terres avec les eaux des ruisseaux qui ont traversé d'autres terrains abondants en Truffes. Les terres des environs de Mitylène n'en produisaient qu'autant qu'elles avaient reçu les eaux pluviales de Thiar, pays abondant en truffes ; ce fait est rapporté par Athénée.
On peut dire que le goût pour les Champignons est universel. Ces végétaux sont la nourriture habituelle de certains peuples qui, par l'expérience, sont parvenus à distinguer les bonnes et les mauvaises espèces qui croissent chez eux. Pour d'autres nations ils sont des aliments de luxe, auxquels on s'est habitué, parce qu'on ne s'est fixé qu'à quelques espèces dont les bonnes qualités sont bien constatées. Les accidents qui arrivent alors sont les suites de l'imprudence de ceux qui, sans connaissance, emploient des espèces qui ne sont point du nombre de celles que l'usage a fait reconnaître pour n'être point malfaisantes. C'est à la constance de ce goût pour les Champignons qu'on doit l'invention de
divers procédés pour multiplier, par des moyens artificiels, les bonnes espèces qui ne se refusent pas à une sorte de culture. Les anciens en connaissaient plusieurs : nous en avons parlé aux articles jIgerita et Champignons artificiels: mais ils nous sont très-imparfaitement connus. Dioscoride d'Anazarbe en Cilicie (la Caramanie des modernes) indi(|ue un procédé pour avoir de bons Champignons pendant toute l'année : il consiste à répandre sur une Couche de terre bien fumée, de Pécorce des peupliers noir et blanc, réduite en poudre. Les anciens estimaient beaucoup les Champignons qui croissaient au pied du peuplier. On sait qu'ils croyaient que les Champignons étaient produits par la putréfaction des matières végétales ou animales ; voilà pourquoi ils construisaient ainsi leurs Couches à Champignons. Peut-être celte construction était -elle fondée sur un autre raisonnement : c'est ce que nous ne pouvons savoir, le peu que les anciens auteurs ont écrit à ce sujet ne donnant aucun éclaircissement. Ce qu'il y a de certain, c'est que de temps immémorial on s'est servi de Couches à Champignons, et que maintenant on s'en sert plus que jamais. Tous les Champignons qu'on mange dans certaines villes, à Paris, par exemple, proviennent de Couches à Champignons. La construction de ces Couches est la même partout, mais à quelques modifications près, dues à la nature du climat. Chez les modernes elle est plus raisonnée que chez les anciens, et les Couches n'y produisent des Champignons que lorsqu'on y a répandu de la graine, ou ce que nous avons dit qu'on peut regarder comme la graine de Champignons, et que l'on nomme vulgairement Blanc de Champignons. Nos Couches ont encore cela de particulier, qu'elles ne servent que pour une seule espèce de Champignons, V Agaric comestible ((^. Fokge), qui, jiour cette raison, porte le nom vulgaire de Champignon de couches. Toute autre espèce de Champignons se prête difficilement ou se refuse à cette culture.
L'art de construire les Couches à Champignons présente ses difficultés, et il n'est pas aussi aisé qu'on le croit d'établir de bonnes couches à Champignons: c'est le chefd'cêuvre du jardinier. Voici comment on s'y prend à Paris et dans les environs, où Pou voit des Couches à Champignons dans presque tous ces jardins et potagers qu'on nomme marais.
En décembre, dans un terrain sec et sablonneux, exposé au midi ou au levant, on fait une tranchée ou fosse de longueur à volonté, large de deux pieds à deux pieds et demi, profonde de six pouces, bordée des terres delà fouille. Dans un terrain humide on fait la tranchée plus profonde, en remplissant l'excédant des six pouces de profondeur d'un lit de plâtre ou de pierrailles, recouvert d'un peu de terre et de sable. On y fait une couche de fumier, couverte avec beaucoup de ciotin qui ne soit pas trop gras. On préfère, pour cela, celui des chevaux qui ne mangent pas de son. On la dresse bien, c'est-à-dire, qu'on y met le Blanc de Champignon pris dans une bonne couche; on la foule aux pieds; ou l'élève en dos d'âne ou de cône à la hauteur de deux pieds; on la couvre d'environ un pouce de terre, mêlée de sable et de terreau si elle est compacte. Au commencement d'avril on la couvre de deux pouces, ou plus,
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COU
(le grande litière secouée : c'est ce qu'on nomme chemise. A la lin lie mai elle doit commencer à produire. On peut se dispenser à la rigueur de creuser une fosse, et on peut faire la couche dans tous les mois du prinlemi)s et au commencement de l'été. On suppose ici que le jardinier n'a point de fumier préparé. Comme le développement du Blanc de Champignon n'a lieu qu'à une chaleur et une humidité convenablement combinées, le jardinier ne saurait trop y mettre d'attention. La chaleur convenable est celle de 17 à 18 degrés du thermomètre de Réaumur (ou 21 à 22j degrés centigrade ), et il est aisé de maintenir une Couche à ce degré de chaleur : il suffit d'augmenter ou de diminuer l'épaisseur de la chemise, c'est-à-dire, de la litière. Il faut observer encore qu'on peut élever sans inconvénient la chaleur jusqu'à 22" R. ou 27° centigr. En été il faut humecter souvent la Couche, et entretenir l'humidité à la même température. L'atmosphère étant à 15» R. ou 19" centigr., la couche n'a pas besoin de chemise; le Chauii)iguon pousse naturellement.
On établit les Couches en plein air ou dans les caves : celles qu'on forme dans les caves dont l'air est à peu près à la température de 15» R., réussissent en général beaucoup mieux et exigent moins de soins. Si la cheiiiise prend trop de chaleur ou d'humidité, elle se pourrit, et peut nuire encore à la Couche et au Champignon, dont la tête se trouve alors dans la pourriture, l'onr prévenir cet inconvénient, on donne de temps en temps un peu d'airà la couche, et dans les jours doux on renouvelle la chemise et on écarte un peu le fumier. On cueille les Champignons tous les trois, quatre ou cinq jours, selon qu'ils paraissent avec plus ou moins d'abondance et qu'ils ont acquis une certaine grosseur. On doit laisser les pieds qui ont pris tout leur développement. Une Couche à Champignons, faite au commencement d'août, jieut produire deux mois après, et une Couche établie ù la fin de l'été produit en hiver. On couserve une Couche , en laissant quelques Champignons sécher sur pied, en renouvelant le fumier, et en arrosant avec l'eau qui a servi à laver les Champignons dont on a fait usage. Voici comment on larde de blanc de Champignon la Couche de fumier. Lorsque celui-ci n'a plus qu'une légère tiédeur, ce qui arrive sept à huit jours après sa mise en place, on met des morceaux de blanc de Champignon de six pouces de long sur deux de large, en échiquier, à la distance d'un pied l'un de l'autre, et dans les trois quarts de la Couche à un demipied de terre. On recouvre de litière, et, huit jours après, on examine si le blanc a rougi, s'il est devenu pins odorant et s'il a jeté des filets. S'il a travaillé, on l'arrose un peu , et on le couvre d'un demi-i)ouce de terreau, qu'on foule dessus, et puis on couvre le tout de litière fraîche. Une Couche à Champignons peut durer plusieurs années ; mais il faut renouveler le fumier, car on a remarqué que, sans cela, le Champignon dégénère. H faut apissi, lorsqu'on choisit du blanc de Champignon, piendre celui d'une Couche de bonne ([ualité. On conserve le blanc aisément, à l'ombre et dans une cave.
Nous avons dit que le Champignon de Couches ne se rapporte qu'à une seule espèce , l'Agaric comestible. Le même Champignon sauvage est plus agréable, d'une
odeur plus musquée et dune saveur plus délicate. On observe aussi de la différence dans le Champignon produit par une Couche faite à l'air libre, ou par une Couche faite dans une cave.
Il y a encore plusieurs manières de préparer les Couches on meules à Champignons; mais, comme elles ne diffèrent que très-peu de celle que nous avons indi(|uée, nous n'en parlerons pas. Dans tous les cas il faut un fumier qui ne soit pas consommé, et qui renferme ainsi beaucoup de principes végétaux et animalisés.
Malgré la boulé et l'abondance avec laquelle on obtient les Champignons de Couches, plusieurs personnes préfèrent ceux i|ui viennent naturellement et sans soin. Dans le cas de méprise, elles ne doivent s'en prendre qu'à elles-mêmes, si elles viennent à éprouver le malheureux sort de l'empereur Jovien, du pape Clément VII, de Charles VI, de la veuve du czar Alexis, de la fenune et des enfants du poète Euripide, qui périrent tous pour avoir mangé imprudemment des Champignons sauvages, dont les qualités vénéneuses n'étaient pas connues. F. Cbampigivoms.
COOCHliS CORTICALES, bot. K. Écobce.
COUCHES LIGNEUSES, bot. y. Bois.
COUCIIILLE. BOT. Syn. ancien de Chêne Kermès.
COUCUOCHA. OIS. Syn. vulgaire de Merle Lilorne.
COUCLA. OIS. Syn. de Pigeon Pompadotir, Columba Pompadora, Lath. F. Pigeon.
COUCOIDE. OIS. Espèce du genre Faucon, Falco cucnloides, Temm. pi. color. 110. K. Faucon, division des Autours.
COUCOU. Ciiciilus. ois. Genre de l'ordre des Zygodactyles. Caractères : bec médiocre, de la longueur de la tête, légèrement arqué, comprimé; mandibules non échancrées ; narines placées à la base du bec et près des bords de la mandibule, entourées d'une membrane saillante ; pieds emplumés au-dessous des genoux , assez courts ; deux doigts devant soudés à leur base, et deux derrière entièrement divisés, dont l'extérieur réversible; queue longue, ordinairement étagée; dix rectrices; ailes médiocres ; la première rémige de moyenne longueur, la deuxième un peu plus courte que la troisième qui est la plus longue.
Une habitude que des physiologistes ont prétendu faire dépendre de la position de quelques viscères dans la constitution physique des Coucous, distingue, isole même ces Oiseaux de tous les autres. Cette habitude, en opposition avec les lois naturelles, et qui, d'après divers observateurs dignes de foi, n'est point particulière à certaine espèce, mais commune à toutes celles qui composent le genre, porte les femelles à déposer le fruit de leurs amours dans des nids étrangers, souvent même dans ceux de très-petites espèces de Sylvies Ce fait, unique dans l'histoire des Oiseaux, devait nécessairement ne point échapper à l'observation des premiers temps : aussi a-t-il donné lieu aux conjectures les plus ridicules et les plus erronées sans que l'on soit parvenu encore à en pénétrer la véritable cause. Parmi les probabilités suggérées par l'imagination, on remarque celle du collaborateur de Buffon; elle serait déduite de l'instinct de la femelle du Coucou à dérober sa future famille à la gloutonnerie du mâle qui, dévorant en général, dans
c 0 ir
les nids les œufs qu'il y rencontre, nV'-parftnerait [las même sa progéniture. Cette supposition, l)ii'n hasardée, est néanmoins celle à laquelle il répugne le moins' ilc s'arrêter. Aux conjectures sur ce qui peut condamner la Irislc femelle du Coucou à ignorer les douceurs de l'incuhation, douceurs Ijien grandes sans doute, puisque souvent on les a vues préférées ù la conservation (le roxistcncc , en ont succédé d'autres sur les motifs (|iii font choisir le nid d'un très-petit Oiseau, plutôt que tel autre où le jeune Coucou, au sortir de l'œuf, se trouverait plus à l'aise; on a pensé que le même instinct portait les femelles à démêler, parmi les Oiseaux, l'espfce qui témoigne le plus de tendresse dans l'éducation de ses petits, celle qui se nourrit des mêmes aliments, celle encore peulêire qui ne serait pas douée d'une force suffisante pour se venger sur le jeune Coucou, à l'instant où il viendrait à éclore, de la supercherie de la mère. Ces conjectures ne sont pas moins admissihles que les précédentes; mais qu'elles peuvent être loin encore de la réalité! On a cru longtemps que la femelle du Coucou faisaitsa ponte directement dans le nid c|u'elle avait choisi; mais comment penser qu'un aussi gros Oiseau puisse s'accroupir dans un três-petil nid sans le déformer et le détruire, qu'il puisse se soutenir sur le branchage faible et flexible où se trouve construit un semblable nid? Levaillant, qui assure avoir saisi sur le fait la mérc Irop prudente ou la marâtre insensible, selon que l'on voudra prendre la chose, dit que l'œuf, d'abord déposé par te^rc, est immédiatement avalé par la femelle, de manière qu'il passe intact de l'oviduclc dans l'œsophage avant d'arriver au nid, ce qui est un fait absolument particulier. Les quatre à six œufs, dont se compose la ponte, sont ainsi successivement déposés dans autant de nids différents ; ce seul œuf n'alarme pas la couveuse , dont rattachement pour les siens lui fait surmonter la répugnance de partager ses soins entre eux et un étranger, lequel, presque aussitôt après sa naissance, se trouve forcé d'user d'ingratitude et de rejeter furtivement l'un après l'autre, du lit qui ne pourrait les contenir tous ensemble , ses possesseurs naturels et légitimes.
Le vol des Coucous est en général bas et tortueux; on ne le voit presque jamais se poser ù terre; il est vrai que la conformation de leurs pieds et de leurs cuisses les rend peu propres ù la marche; leur chant, que tout le monde connaît, a beaucoup d'analogie dans les diverses csiièces, et toutes ne le font cntendie que pendatit la saison des amours; ils fréquentent de préférence les bois et y vivent solitaires; quoique peu sauvages, ils se laissent difficilement approcher; bien des fois ils ont, par un mouvement continuel, qui indii|uc chez eux beaucoup d'inquiétude, poussé à bout la patience du chasseur; ils ne se nourrissent que d'insectes, de larves et de vers, ce qui les confine dans les pays chauds et ne les porte à visiter les clitnats tempérés que dans la saison où les Insectes s'y montrent.
Le genre Coucou, que Linné avait rendu très-nombreux, a été partagé, dans les méthodes plus récentes, en divers autres genres ; de là sont nés les genres Coucou proprement dit. Coua, Coucal, Courol, Indicateur, M.ilcoba, Touraco, etc.
C 0 tî
Coiicoc ii'AnDALOiiBiE. CiicuIhh /Inilalusiœ, lîriss. ; Ciiculua (jlanilarius, Cm., Temm., Ois. col., p|. /,\/,. Parties supérieures d'un brun-noIrAtre ; tête garnie de plumes grises, soyeuses, assez longues pour se relever en buppe; une bande noire traversant les yeux; rémiges et tectrices alaires terminées par une tache blanche; reclrices étagées, noirâtres en des.sus, cendrées en dessous; les latérales terminées de blanc; pallies inférieures d'un roux brunâtre; bec et pieds noirs. Taille, seize pouces. Afrique. De passage dans le midi de l'Europe.
Coucou Aravebeva. CuchIus 7'aitensis, Lath. Partics supérieures brunes, rayées et traversées de roux ; deux traits blancs de chaque côté de la tête; rcctriccs longues, étagées, avec de nombreuses raies brunâtres, terminées de blanc; parties inférieures blanchâtres, rayées de brun; bec noirâtre en dessus, blanc en dessous ; irisjaune ; pieds noirâtres. Taille, di.\-buil pouces. Océanique.
Coucou DARIOLË. Cucutus vuriegatus , Vieill. Parties supérieures variées de brun et de blanc ; rémiges brunes, avec des sortes de festons blancs; reclrices brunes, bariolées de blanc, égales; gorge, devant du cou et poitrine bleuâtres ; parties inférieures blancbes. Taille, quatorze pouces. Australasie.
Coucou IIU lÎEUtCAI.E. A'. COUCAI, EERBUGINEUX. Coucou BLEU UE I.A ClIIME. A'. CoUBEAU-PlE BLEUE A BEC ROUGE.
Coucou BLEU BE MaUAGASCAK. F. CoUA TaIT-SoU.
Coucou BLEUATRE. Cuculus cwrulcscetis , Vieillot. Parties supérieures d'un brun cendré; reclrices longues, rayées de noir et de blanc; parties inférieures d'un cendré bleuâtre, blanches sur l'abdomen; bec brun; pieds rougeàlres. Taille, huit pouces. Australasie.
Coucou BouTSALLicK. Cuculus Scolopaccus, Lath,, Buff., pi. cnl. iîSO. Parties supérieures brunes, tachetées de fauve; les inférieures tachetées de blanc, de roux cl de noir; queue étagée; bec et pieds jaunâtres. Taille, quatorze pouces. Bengale. C'est une variété d'âge du Coucou à gros bec, femelle.
Coucou BRUn ET JAUNE A VENTRE RAYÉ. CuCUlUS VU-
diatus, Lath. Parties supérieures d'un brun noirâtre; sommet de la tête cendré; côtés de la tête et gorge rougeâtres; reclrices noires, rayées et terminées de blanc; parties inférieures jaunâtres, rayées de noir; bec noir; iris orangé; pieds roux. Taille, quatorze pouces. Inde.
Coucou BRUN PIQUETÉ BE KOVX. CUCUlUS punCtOtUS,
Lalh., Buff., pi. eiil. 771. Parties supérieures brunes, rayées et tachetées de roux; une bande rousse de chaque côté de la tête; parties inférieures rousses, tinement rayées de noirâtre; queue étagée; bec grisûtrc; pieds bruns. C'esl le Coucou à gros bec, jeune.
Coucou BBUN RAYÉ A CKOCl'ION RUUSSATRE. F. CoUCOU
GRIS u'KuROPE, femelle.
Coucou BRUN ET TACHETÉ DES INDE9. F. COUCOU BOUT- SALLICK.
Coucou BRUN VARIÉ 0E NOIR. F. CoUCOU ARAVEHEVA. Coucou BRUN VARIÉ BE ROUX. f^. CoUA ChOCHI. Coucou nu CAP BE liON^K-KsPfcRAlNCH. Ciicuhis fit-
IK'iisis, L., Buff.. pi. enl.ôOO. Parties supérieures d'un l)iun roussâtrc; reclrices lermiiiiies de blanc; réinices linines; gorge et devant du cou roussàlres; parties inférieures blanclies, rayées transversalement de cendré; bec et pieds noirâtres. Taille, douze pouces. Divers auteurs pensent que c'est une variété du Coucou d'Europe.
Coucoo ne t* Caroiihe. r. Cooa acx ailes rodsses.
Coccoo DE Cayenne. /^. Coca Piaye.
Coucou CENDRÉ. Ciiculiis cincieus, Vieill. Plumage cendré, plus clair sur le ventre et l'abdomen; rémiges et rectrices bordées inférieurement d'une petite dentelure blanche; queue étagée; bec brun; pieds gris. Taille, onze pouces. Nouvelle-Hollande.
ColiCOU CENDRILLARD. y. COUA AUX AILES ROCSSES,
l'enielle.
CoDCOB Chalcite. ChcuIiis Clialcttes, IUi.(î.,Temra., pi. color. 102, fig. 2. Parties supérieures d'un brun faiblement bronzé, avec le bord des tectrices d'un brun fauve foncé; sommet de la tête et dessus du cou d'un fauve foncé ; rémiges et rectrices bordées de fauve ; ces dernières étagées et terminées de blanc; les latérales coupées de taches blanchâtres ; parties inférieures blanches; bec cendré; pieds bruns. Taille, cinq pouces et ilemi. Nouvelle-Uollande.
Coucou a coliier, Coucou a collier oiAtc. F. Coucou HUPPÉ A COLLIER.
Coucou COMMUN. 1^. ColCOC d'EuROPE.
Coucou CORNU, f^. CoUA CORSU.
Coucou CoUA. f^. CoUA PETIT CoULlCOU.
Coucou CouKEEL. Cuculus oriciitalis, Lath., BufF., pi. enl. 274, fig. 1. Tout le plumage noir, irisé en vert, violet et pourpré; bec et pieds gris. Taille, seize pouces. Ijengale. V. Coucou a Gros-Cec.
Coucou CRIARD. Cuculus clamosus, Latb., Levaill., id. 204 et 205. Plumage d'un noir bleuâtre; rémiges noires vers l'extrémité; reclrices étagées, terminées de blanc; bec noir; pieds jaunâtres. La femelle a les plumes lies parties inférieures bordées de roux, et le jeune mâle n les parues traversées de lignes rousses. Taille, douze pouces. Afrique, où ses cris, presque continuels et diversement répétés, ont valu à cet Oiseau le nom qui lui a été imposé.
Coucou Cuil. Cuculus honoratus, L., Buffon, pi. «■ni. 294. Parties supérieures noirâtres, avec deux taches blanches à l'extrémité de chaque plume ; une seule tache termine les lectrices caudales; rémiges cendrées; reclrices noirâtres; les unes et les autres rayées transversalement de blanc; parties inférieures blanches, layées de cendré; bec et pieds gris; iris orangé. Taille, douze pouces. Inde.
Coucou CUIVRÉ. Cuculus cupreus, L. Parties supérieures vertes, à rcllets cuivreux, brillants; une tache triangulaire blanche à l'extrémité de chaque reclrice latérale; parties inférieures d'un beau jaune; bec et pieds noirs. Taille, huit ponces. Afrique.
Coucou Dionic. Cuculus auratus, L., Buffon, pi. enl. 637; Levaill., Ois. d'Afriq., pi. 210 et21l. Parties supérieures d'un vert doré, avec cinq bandes blanches sur la tète; rémiges d'un brun verdâtre, tachetées de blanc; rectrices peu étagées, terminées de blanc; les
latérales tachetées de blanc; parties inférieures blanches; bec et pieds bruns; iris orangé. Taille, sept polices six lignes. La femelle a les parties supérieures rougeâtrcs et les inférieures roussâtres. Le jeune mâle a ces dernières parties nuancées de gris.
Coucou DE SaINT-DoMISGUE. r. CoUA AUX AILES ROUS- SES, femelle.
Coucou ÉCLATANT. Cuculus lucùlus, Lath., Temm., pi. col. 102, fig. 1. Parties supérieures brunes, à reflets brillants, dorés et verdâlres; chacune des plumes bordée de blanchâtre; parties inférieures blanchâtres, rayées transversalement de brun doré; rectrices inférieures rousses à leur origine ; les latérales entièrement tachetées de blanc et de noir; bec et pieds noirâtres. Taille, six pouces. La femelle a le sommet de la tète d'un brun cendré; les reflets des parties supérieures absolument verts , les parties inférieures d'un blanc sale, rayées de brun.
Coucou EnoLio. Cuculus aler, Gmel. ; Cuculus cdolius, Cuv. ; Cuculus serralus. Spar., Levaill., Ois. d'Afriq., pi. 207 et 208, Buff., pi. enl. 872. Plumage noir, avec les plumes de la nu<|ue longues et effilées; rémiges et rectrices à reflets verts; une plaque blanche sur les rémiges intermédiaires ; bec noir; pieds bruns. Taille, douze pouces. La femelle, Buff., pi. enl. 872, a les parties inférieures et l'extrémité de la queue blanches. Le jeune mâle a les parties supérieures d'un noir brunâtre et les inférieures d'un blanc grisâtre. Inde.
Coucou A ÊPAUIETTES. f^. COUA lîRUN VARIÉ DE ROUX.
Coucou ÉPERViER. Cuculus SpaiTcnoiiles , Vigors. Parties supérieures d'un brun cendré; tête d'un cendré bleuâtre; parties inférieures blanches; cou strié de roux; abdomen rayé de brun ; poitrine nuancée de fauve ; bord extérieur des rémiges légèrement tacheté de roux; rectrices brunes, bordées de roux et traversées par quatre rayes de la même nuance. Taille, seize pouces. Uymalaya.
Coucou Geai. y. Coucou d'Andalousie.
Coucou Geai. Cuculus glandarius , Tem. Ois. col. pi. 414. L. y. Coucou d'Andalousie.
Coucou Faisan. F. Coucal Faisan.
Coucou (grand) de Madagascar. A'. Courol Vouroi-
DRIOU.
Coucou (grand) tacheté. F. Coucou d'Andalousie.
Coucou GRIS-BRONZÉ. Ckcm/i/scp/cms, Vieill., Lcvaill., Ois. d'Afri(|iie, pi. 215. Parties supérieures d'un vert foncé et brillant; les inférieures grises, avec quelques reflets verts; bec jaunâtre; pieds noirs. Taille, douze pouces. Afrique.
Coucou GRIS d'Europe. Cuculus Canorus, L., Buff., pi. enl. 811. Parties supérieures d'un cendré bleuâtre, plus foncé sur les ailes, plus clair sur la gorge et la poitrine ; des taches blanclies sur les barbes internes des rémiges; reclrices noirâtres, tachées et terminées de blanc; parties inférieures blanchâtres, rayées transversalement de noir; bord du bec, iris et pieds jaunes. Taille, onze pouces. Les jeunes ont les plumes tachées de roux et bordées de blanc ; dans un âge très-avancé , la teinte générale est olivâtre, avec des bandes roussâtres; les parties inférieures sont blanchâtres, rayées transversalement de cendré, de roussâtrc et de noir.
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CoBcor A GROS nEC. Ciiculus crassirosln's, Vieill., Ois. d'Afrique, pi. 214. Ciicidtis oiienlalis, Orne]. , Enl. 274, 277 et 586. Enlièrement noir, avec des reflets bleus sur les ailes et la queue; becverdâtre; pieds d'un brun jaunâtre. Taille, douze pouces. La femelle a les parties inférieures d'un brun noirâtre. Il varie beaucoup suivant l'âge. Afrique.
Coi'cou Gdira-acantara. Cuculiis Guira, Lath.; Gnira acanijatara, Marg.; Ciotophaga piririgua , Yieill. Plumage mélangé de roux, deflammelles longitudinales brunes sur un fond blanc; plumes de la huppe blanchâtres, rousses à la pointe; ailes brunes, variées de brun et de blanc; queue blanche en dessous, traversée par une très-large bande noire; bec rouge; pieds jaunes. Taille, quinze pouces. Brésil.
Coccoti HUPPÉ A COLLIER. Cuculus Cotomandus, L., Buff. , pi. enl. 274, fig. 2; Levaill., Ois. d'Afri(|ue, pi. 213. Parties supérieures noirâtres, avec les plumes bordées de roux ; des plumes longues et larges forment sur la nuque une huppe assez roide; une petite tache grise pris de l'œil; un collier blanc sur le cou; parties inférieures blanches, avec la gorge rousse ou noirâtre; queue noirâtre, longue'etélagée; bec et pieds cendrés; iris jaunâtre. Taille, douze pouces. La femelle a les ailes roussâlres et la gorge blanche. De la côte de Coromandel.