‹ Dictionnaire classique des sciences naturellesChapitre 34 sur 65 · C RU · texte numérisé non relu

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menaria ilecttmbens (Mail. Pt. Bras. 1, C'J), seule ospèce connue jusqu'à ce jour, est une planle rameuse, (le quatre à cinq pouces, à feuilles ovalaires, un peu cordiformes, glabres ; à stipules ciliées, à Irès-pelites fleurs axillaires d'un blanc sale ou jaunâtre.

CRUMÉNOPUTIIALME. pois. Espèce du genre Scoinbre.

CRU.MINIER. Crumininm. bot. Genre de la famille des Légumineuses, proposé par Desvau.x qui lui assigne pour caractères: calice cupulaire, tronqué; légume comprimé, plan, polysperrae, entièiement bordé. I,a seule espèce de ce genre, el que Desvaux nomme Cruminium girjanteina, est originaire du Pérou.

CRUPINE. Crupina. bot. Genre de la famille des Carduacées, Syngénésie Polygamie frustranéc, établi par Henri Cassini. Caractères ; capitules ayant les Heurs du centre en très-petit nombre, Hosculeuses el hermaphrodites, tandis que celles de la circonférence sont neutres, plus grandes et irrégulières; fruits attachés immédiatement par leur base, et non latéralement comme dans toutes les autres Centauriées; aigrette double : l'extérieure plus grande, composée d'écaillés imbriquées, minces, très-étroites et plumeuses, l'intérieure formée de dix autres écailles plus courtes et tronquées. Cassini ne rapporte à ce genre qu'une seule espèce, Centaurea Crupina, L., jolie petite plante annuelle, qui croît spontanément dans les provinces méridionales de la France. Sa lige, haute d'un pied et plus, porte des feuilles dont les inférieures sont presque entières, tandis que les supérieures sont profondément pinnatilides, à lobes très-étroits. Les capitules sont groupés au sommet des ramifications de la tige et composés de Heurs purpurines.

CRUSÉE. Crusea. bot. Genre de la famille des Rubiacécs , Tétrandrie Monogynie , établi par Chamisso aux dépens d'un démembrement des Spermacoces, auquel il a joint quelques nouvelles espèces mexicaines. Caractères : tube du calice ovato-didyme ; le liml)e resserré à sa base, au-dessus de l'ovaire, profondément séparé, sans néanmoins être réellement divisé en quatre lobes linéaires, subulés, allongés, velus , plus quatre dents beaucoup plus petites; corolle hypocratérimorplie, avec son tube allongé et presque conique à l'extrémité , sa gorge glabre et son limbe divisé en quatre lobes; étamines moins longues que le style dont l'extrémité est faiblement bifide; fruit consistant en deux coques indéhiscentes, monospermes. Les espèces décrites par Chamisso sont des plantes herbacées, dont la tige est quelquefois suffrutescenle à sa base; les feuilles sont opi)osées, ovalaires, ù stipules engainantes, ciliées ; les Heurs sont réunies en ombelle terminale, involucrée ; elles sont ordinairement rouges. Les Spennacoce hirta cl coccinea , Pavon, strigosa, Sims, font partie de ce genre nouveau, qu'il ne faut pas confondre avec celui que Richard a également appelé Cruseu et auquel De Candolle, pour éviter toute confusion, a substitué celui de Chione.

CRUSTACÉS. Crusiacca. Grande classe du règne animal, qui comprend tous les animaux articulés, à pieds articulés cl respirant par des branchies. Leur circulation est double; le sang qui a éprouvé l'efiFel de la

respiration se rend dans un grand vaisseau ventral, qui le distribue à tout le corps, d'où il revient à un vaisseau ou môme à un vrai ventricule situé dans le dos, lequel le renvoie aux branchies. Leurs branchies sont des pyramides composées de lames ou hérissées de filets, de panaches ou de lames simples, et tiennent en général aux bases d'une partie des pieds. Ceux-ci ne sont jamais en nombre moindre de cinq paires, et prennent des formes variées selon le genre de mouvement des animaux. 11 y a presque généralement quatre antennes et au moins six màclioircs ; mais jamais il n'existe de lèvre inférieure proprement dite. Tels sont les signes essentiels, qui caractérisent celte classe importante.

Le corps des Crustacés ne saurait être constamment divisé en tête, thorax et abdomen ; à cet égard les différences sont énormes, mais peuvent être ramenées à deux types principaux. Tantôt la tête est bien séparée, et les anneaux qui suivent sont aussi distincts les uns des autres, et ne constituent un thorax qu'autant qu'ils supportent chacun une paire de pattes ; du reste ils sont également développés, et leur diamètre pris transversalement ou dans le sens de la longueur ne dépasse guère celui de l'abdomen; tantôt la tèle est confondue avec les anneaux qui suivent, et ceux ci, au nombre de cinq, sont plus ou moins confondus entre eux et développés outre mesure, de telle sorte que la partie qui suit, ou l'abdomen, a toujours une dimension moindre. Que la tête se confonde avec le corps ou qu'elle s'en distingue, elle supporte ordinairement des yeux, des antennes et une bouche. Les yeux sont ordinairement au nombre de deux; quelquefois on en aperçoit quatre, et dans quelques cas rares, ils paraissent manquer. On en distingue de deux genres: les uns lisses et les autres composés; ces derniers ont un caractère assez cons!,'.:.t et qui leur est propre; ils sont pédoncules, c'est-à-dire situés à l'extrémité ou dans le trajet d'une tige de même nature que le test, très-mobile à sa ! base et située quelquefois dans une fossette particu- [ lière. Ces yeux lisses sont toujours scssiles, peu saillants, ronds et ovales.

Les antennes sont très-variables quant à leur nom- I bre, leur composition, leurdéveloppement et leur forme. ! 11 y en a tantôt quatre, tantôt deux seulement, ou bien elles disparaissent complètement ; chaque antenne est formée de deux parties : le pédoncule et le filet; le pé- ' doncule, qui constitue la base proprement dite, est ; formé d'un petit nombre de pièces inégalement déve- I loppées et de figures variables; le filet, (|ui est triple, double ou simple, se compose au contraire d'une mul- ! tilude de petits anneaux ajoutés à la suite les uns des I autres et ne différant entre eux que par leur dimension qui va en diminuant de la base au sommet. La bouche est de toutes les parties de la tête la plus variable, quant au nombre, à la forme, au développement et aux usages des diverses pièces qui entrent dans sa composition. Savigny (Méin. sur les Anim. sans vert. 1™ part., 1"^ fasc, 2" Mém., p. 39) a le premier fixé l'attention des zoologistes sur cette partie importante, en déterminant, avec une sagacité rare et selon une méthode toute nouvelle dans la science, la nature des pièces qui concouraient à la former. Latreille a depuis abordé ce

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genre d'étude, et a]irès avoir rappelé au mot BotcnE les travaux de Savigny, il a présciilé avec clarté le résultai de ses propres observations.

Le thorax offre des caractères très-différents suivant qu'il est distinct de la tcte ou confondu avec elle; dans le premier cas il se compose d'une série d'anneauxéga- Icment développés, et supportant chacun une paire de pattes; dans le second celte uniformité dans le développement n'est plus aussi sensible, surtout à la partie supérieure, qui ne paraît composée que d'une vaste pièce, laquelle a reçu le nom de test ou de carapace. Examinant avec soin les carapaces d'un très-grand ■ nombre de Crabes de divers genres que Fabricius et i des entomologistes ont distingués, Desmarest a reconnu que le hasard ne présidait point à la distribution des parties saillantes de ces carapaces, quel(|ues formes irrégulières ou bizarres qu'elles semblent affecter, et qu'au contraire, dans tous les genres de Crustacés, la disposition de ces inégalités était constante et soumise à quelques lois qui n'étaient jamais coillrariées. RéHéchissant d'ailleurs que les Crustacés ont leurs principaux organes intérieurs situés immédiatement sous le test ou la carapace, il a été conduit à rechercher s'il existait des rapports marqués entre la place qu'occupent ces viscères et la distribution des inégalités extérieures du lest. 11 était d'autant plus fondé à admettre ces rapports, qu'on sait qu'à une certaine époque de l'année tous les Crustacés, après avoir perdu leur vieille enveloppe solide, se trouvent revêtus d'une peau tendre, qui durcit à son tour, et se change, au bout de quelques jours, en une croûte aussi résistante (jue celle qu'elle remplace ; et il pouvait présumer que, dans les premieis moments, la nouvelle peau se moulait jus- (iu'à un certain point sur les organes intérieurs, et que son ossification était ensuite influencée par les mouvements pro|)res à ces organes , ou par le plus ou le moins de développement de chacun d'eux. Parlant de cette idée, Desmarest a fait en quelque sorte, sur une carapace de Crustacé, l'application du système du docteur Gall sur le ciàne humain; et il s'est cru d'autant plus autorisé à faire celle application, que les organes mous qui, chez les Crustacés, peuvent modifier les formes extérieures, sont parfaitement distincts les uns des autres , et ont des fonctions bien reconnues. Il est facile de s'assurer, en effet, que ces rapports existent; car, si l'on enlève, avec quelques précautions, le test d'un Crabe de l'espèce la plus commune (Cancer Mœnas, L.), on observe deriière le bord inleroculaire un estomac membraneux vésiculeux, ayant deux grandslobes en avant et deux petits en arrière , soutenu dans son milieu par un mince osselet transversal, en forme d'arc, et ayant en dessus , entre les deux grands lobes et sur la ligne moyenne, deux muscles longitudinaux, qui s'attachent d'une part au bord antérieur du test, et de l'autre à l'osselet transversal. Si l'on examine comparalivement la carapace que l'on a détachée, on reconnaît sur celle-ci l'indication des deux lobes antérieurs de l'estomac avec une ligne enfoncée, moyenne, correspondant ù l'intervalle qui sépare les deux muscles dont il a été fait mention; derrière l'estomac se voient des corps blanchâtres, sinueux, en forme d'intestins, et fai-

sant plusieurs circonvolutions : ce sont les organes préparateurs de la génération, les vésicules spermaticiues chez les mâles, et les ovaires chez les femelles; ils aboutissent en dessous dans des lieux différents; chez les mâles à la base de la queue à droite et à gauche, et chez les femelles vers le milieu de la seconde pièce sternale de chaque côté : mais en dessus ils occupent la même place dans les deux sexes; rapprochés de la carapace, ces organes nous ont paru occuper l'espace qui se trouve circonscrit par des lignes enfoncées, et que l'on voit derrière celui qui répond à l'estomac. En arrière encore, dans un enfoncement assez marqué, on trouve le cœur qui est déprimé en dessus, et qui en remplit toute l'étendue; les battenienis font facilement reconnaître cet organe; chaque bord latéral de la cavité où il est placé est solide, très-relevé, et fermé par une cloison verticale, qui se rend du sternum à la carapace, et qui eoulribue à donner de la solidité à celle-ci, en étant fixée entre ces deux surfaces, à peu près comme l'est l'âme d'un violon entre ses deux tables. Cette même cloison sert de support à d'autres cloisons transversales, qui sont en nombre égal à celui des séparations des pièces slernales, et dans l'intervalle desquelles sont situés les muscles moteurs des pattes. A droite et à gauche des organes préparateurs de la génération et du cœur, sont deux grands espaces où les branchies sont rangées et étendues sur deux labiés osseuses, obliques, qui ferment en dessus toutes les loges où sont fixés les muscles des pattes. Ces branchies sont au nombre de cinq de chaque côté, et chacune présente un double rang de petites lames branchiales transverses; leur point d'attache est en dehors, et toutes leurs sommités sont dirigées vers la ligne qui sépare du cœur les organes préparateurs de la génération. Le test présente au-dessus de ces parties, de chaque côté du corps , un espace bombé ([ui , par son étendue, se rapporte parfaitement avec la place qu'elles occupent en dessous; enfin des deux côtés de l'eslomac, et en avant des branchies, se montre le foie qui est trôsvohimineux ; sa consistance est molle, sa couleur est jaunâtre, et sa surface présente une multitude de i)etites parties vermiculées. Ce foie plonge en dessous des viscères médiants, que nous avons décrits, et se prolonge fort en arrière, jusqu'à la base de la queue, de telle façon qu'on le voit encore de derrière le cœur; il a, dans ce point, le même aspect et la même structure qu'en avant du corps, et il est divisé en deux lobes qui, d'ailleurs , se touchent assez exactement. Dans la caiapace les parties qui recouvrent les endroits où le foie est visible, lorsqu'on l'a enlevé , sont moins bombées que les autres, et sont distinctes à cause même de ce manque de saillie, surtout les antérieures.

Ayant disséqué dans les mêmes vues, plusieurs autres Crustacés d'espèces variées, qu'il est possible de se procurer vivants à Paris, lels que le Crabe Tourteau (Cancer Paganis), l'Étrille (Portunus puber), l'Araignée de mer (/««c/ii/s sç)/(«0(/o), Desmarest a reconnu les mêmes rapports entre la distribution des organes internes et la configuration extérieure du test. Dès lors pouvant s'étayer de l'analogie, il a recherché et il a trouvé dans presque la totalité des Crustacés

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brachyures on des Cancers de Linné, les lignes enfoncées qui séparent les espaces qui répondent aux parties internes dont nous venons d'indiquer les dispositions relatives. Dans quelques-uns néanmoins plusieurs de ces indications manquent presque tout à fait comme dans certaines Leucosies, par exemple; mais, dans ce , cas, la carapace est toute lisse, et aucun sillon n'in- ; dique de divisions qui ne seraient pas correspondantes à celles que nous avons annoncées. Dans queli|ues au- j très la surface de la carapace est, au contraire , mar- [ quée d'une infinilé de lignes enfoncées et de nombreuses aspérités {Cancer variolosiis et Cancer incisiis); mais les divisions principales se retrouvent toujours dans la même disposition.

ûesmarest a cru devoir donner le nom de Régions au.x divers espaces de la caparace, qui recouvrent les organes intérieurs, et distinguer ces régions par des désignations spéciales, qui rappellent le rapport qu'elles ont avec ces mêmes organes; ainsi la région stomacale ou celle qui recouvre l'estomac est médiane ou antérieure; la région génitale est médiane et située immédiatement en arrière de la stomacale; la région cordiale est médiane et placée en arrière de la génitale; les régions hépatiques sont au nombre de trois : deux antérieures, situées une de chaque côlé de la stomacale et en avant des branchiales, une postérieure, médiane, qui vient entre la cordiale et le bord postérieur de la caparace ; les régions branchiales, au nombre de deux, une de chaque côlé, sont placées entre les régions cordiale et génitale d'une part, et les bords latéraux de la caparace de l'autre. Ces régions varient en étendue dans les divers genres de Crustacés brachyures, et sont plus ou moins fortement tracées. Ainsi les Leucosies, les Dromies, les Pinnothêres et les Corystes les ont pour la plupart à peine distinctes, tandis que les Inachus, les Dorippes et les Mictyris surtout les ont au contraire très-prononcées. Les Crabes proprement dits, les Fortunes, les Gonoplaces tiennent à peu près le milieu entre tous, sous ce rapport. La région stomacale est ordinairement trés-développée dans la plupart de ces Crustacés, et située sur la même ligne transversale que les régions hépatiques antérieures ; mais dans quelques genres, comme les Inachus, les Macropodes et autres Crustacés oxyrhynques, et dans les Dorippes, elle fait saillie en avant et contribue à donner à la forme du corps une figure triangulaire. La région génitale est en général assez distincte et se prolonge pres<|ue toujours sur le centre de la stomacale, en formant une sorte de pointe qui paraît diviser celle-ci en deux. La région du cœur est constamment apparente et toujours située à la même place, c'est-à-dire un peu en arrière du centre de la carapace, si ce n'est dans les Dorippes où elle confine au bord postérieur de cette même carapace, en faisant disparaître la région hépatique postérieure. Les régions branchiales, au contraire, varient beaucoup; elles n'ont rien de bien remarquable dans les Crabes et les Fortunes, tandis qu'elles sont très-saillantes et bombées dans les Dorippes et les Inachus. Dans le dernier de ces genres, elles sont même tellement renflées qu'elles se touchent en arrière et prennent à leur tour la place de la région hépatique postérieure. Dans les

Ocy podes ou Crabes de terre, elles sont planes en dessus, et indiquent sur les côtés une partie de la forme carrée de ces Crustacés. Affectant la même figure dans les Grapses ou Crabes d'eau douce, elles présentent chez ceux-ci, à la surface, des lignes saillantes obli(|ues, qui paraissent correspondre aux paquets de branchies qui sont au-dessous. Dans la plupart des espèces dont les angles latéraux de la carapace sont très-nianiués , il en part une ligne Iransversc, saillante, qui dessine le bord antérieur de ces régions branchiales; c'est surtout ce qu'on remarque dans la plupart des Fortunes et dans les Podophlhalmes. Les Cécarcins ou Tourlonroux, dont le test est en cœur et largement tronipié en arrière, ont les régions branchiales si bombées en avant, qu'elles envahissent la place des régions hépatiques. Quant aux régions hépatiques recouvrant des organes inertes de leur nature, elles ne forment jamais de saillies très-marquées; elles se distinguent même des autres régions par leur aplatissement. Les deux antérieures sont le plus ordinairement bien apparentes dans les Crusiacés brachyures dont la carapace est carrée ou demi-circulaire, tandis qu'elles sont prescjue effacées chez ceux dont la forme est triangulaire. La postérieure suit à peu près les mêmes lois.

Après les Crustacés brachyures, les Macroures doivent attirer l'attention, et l'on doit y chercher les régions qui ont été reconnues dans les premiers. Si on prend l'Écrevisse (^Istacun fliiviatilis) pour type de celte famille, on remarque que le test de ce Crustacé présente une ligne transversale, enfoncée, arquée en arrière, qui se partage en deux portions à peu près égales et qui semble indiquer la séparation d'une tête el d'un corselet; mais lorsqu'on enlève le test, on reconnaît que ce qui est en avant de celte ligne, recouvre non-seulement les parties qui appartiennent à la tête, mais encore l'estomac et le foie. L'estomac est situé dans la ligne moyenne, et le foie se trouve placé sur les côtés et en arrière de celui-ci; deux forts muscles attachés contre la paroi interne de la carapace, servent à mouvoir les mâchoires. La trace de leur insertion est indiquée au dehors par un espace ovalaire, plus finement ponctué et rugueux que ce qui l'environne; sur la seconde partie de la carapace, celle qui est placée derrière le sillon transversal, dont nous avons parlé plus haut, se voit en dessus deux lignes enfoncées, longitudinales, tout à fait analogues à celles qu'on observe dans les Crabes ù droite el à gauche du cœur, et qui , chez ceux-ci, séparent la région cordiale des branchiales. L'inspection du dessous montre la même disposition, c'est-à-dire le cœur au milieu placé dans une cavité formée par la carapace en dessus, et par les cloisons qui donnent attache aux muscles des pattes de chaque côté, et les branchies sur les parties latérales, dans la portion la plus large du test. Les organes préparateurs de la génération sont situés auprès et en avant du cœur, à peu près comme dans les Crustacés brachyures, mais derrière le foie. En dehors, leur place n'est marquée que par quelques rides. Le foie se montre de nouveau en arrière du cœur, mais se trouve tout à fait sous le bord postérieur de la carapace.

Il est donc possible de distinguer dans la carapace

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de l'Écrevisse plusieurs régions , savoir, en avant du sillon transversal : 1" une région stomacale fort vaste , avec laquelle les régions hépatiques antérieures sont confondues de manière à ne pouvoir être séparées; en arrière de ce sillon, a» une région cordiale moyenne avec laquelle se trouve aussi confondue la région génitale; S» deux régions branchiales situées latéralement. Le Homard (^stoCMSWian'wMs) présente les mêmes détails. D'autres Crustacés macroures ont cependant les régions hépatiques antérieures et génitales assez bien marquées. Les Galathées ont une région stomacale, une cordiale, deux branchiales, et de plus deux hépatiques tout à fait latérales, comme chez les Crabes. Les Scyllares ont la région stomacale triangulaire et très-large en avant, deux petites hépatiques latérales, une génitale trèsbombée et épineuse, une cordiale encore plus relevée, également épineuse, et deux branchiales étroites tout à fait latérales. La Langouste (Palinurus quadricornis) a son test plus compliqué; la région génilale y est plus indiquée, et dans quelques espèces du même genre, les branchiales forment, de chaque côté, une saillie liès-remarquable. Dans les Bernard l'Ermiles ou Pagures, ce tesl mou, tout déformé et modifié qu'il est par la coquille dans laquelle il est enfoncé, n'en présente pas moins les régions stomacales et hépatiques séparées des cordiales et des branchiales par le sillon transverse qu'on trouve dans les Écrevisses et les Homards. Ces diverses réglons ne sont plus distinctes dans les Cruslacés macroures dont le test Irèsmince et flexible conserve l'apparence cornée, tels que les Palœmons, les Pénées, les Alphées, les Crangons, etc. Quant aux Squilles ou Crustacés stomapodes, leur carapace n'offre plus que la région stomacale dans son milieu, avec deux ailes ou appendiceslibres, un de chaque côté. La position du cœur dans la partie caudale et celle des branchies, changées en sorte de pattes, sous celle même partie, ne laisse aucune trace, sur le test proprement dit, des régions deslinées à recouvrir les viscères.

Envisagée sous ce point de vue, la carapace offre certainement des considérations zoologiques très-curieuses; Desmarest en a tiré un excellent parti pour l'élude des Cruslacés fossiles; et il a pu, à l'aide de ses observations ingénieuses, arriver à une détermination exacte du genre et de l'espèce, lorsque les pattes, les parties de la bouche et autres parties caraclérisliques manquaient complètement ou étaient lellement détériorées qu'on ne pouvait en faire aucun usage.

Les membres sont, de toutes les parties, celles qui sont le plus sujettes à varier. Leur nombre, leur disposition, leurs fonctions offrent de très-grandes différences suivant qu'on les examine dans chaque ordre. En général, on distingue deux sortes de pattes, les vraies et les fausses. Les vraies appartiennent au thorax, et sont composées de six pièces ou articles dont le dernier est nommé tarse ou ongle. La première paire de pattes proprement dites a recule nom de pinces, lorsque le pénultième article, développé outre mesure, constitue une sorte de doigt immobile, sur lequel se meut de haut en bas le dernier article ou le tarse, de manière à constituer une véritable pince. On a nommé aussi piedsmâchoires un certain nombre d'appendices locomo-

teurs, qui viennent s'ajouter accessoirement aux parties de la bouche.

Les fausses pattes s'observent sous l'abdomen et à son origine ; elles sont terminées par deux lames ou deux filets. Ces appendices sont lanlot des auxiliaires de l'appareil locomoleur, tantôt des parties accessoires des organes de la respiration; d'autres fois ils réunissent ces deux usages, et dans la plupart des cas, ils servent tous, ou du moins plusieurs d'entre eux, à soutenir les œufs. L'abdomen, qui fait suite au thorax et qui termine le corps, a élé désigné improprement sous le nom de queue; il varie singulièrement par sa forme, ses proportions et ses usages; dans tous les cas, il contient l'extrémité du canal intestinal et est pourvu d'appendices particuliers dont les fonctions ont été Indiquées plus haut.

Le système nerveux a beaucoup d'analogie avec celui des Arachnides et des Insectes : il se compose d'un cerveau plus large que long, et dont la face supérieure est quadrilobée. De cette masse encéphalique, parlent des filets nerveux, pour les yeux et les antennes, et postérieurement deux cordons allongés, embrassant l'œsophage, se réunissant au-dessous de lui en un renflement ou ganglion médian, qui fournit des nerfs aux mandibules, aux mâchoires, etc., et qui, en arrière, donne naissance à la continuation ou au système médullaire proprement dit. Ce système médullaire se compose de ganglions plus ou moins nombreux, qui sont réunis entre eu.x au moyen d'une paire longitudinale de nerfs. Les organes des sens, la vue, le loucher, l'ouïe, l'odorat et le goût existent évidemment ; mais il n'y a que les trois premiers pour lesquels on ail démonlré l'exislence d'appareil propre à remplir ces fonctions; le sens de l'ouïe offre même encore quelques doutes quant à son siège.

Les Crustacés ont une circulation double, qui s'effectue àl'aided'un cœur, sorte de ventricule pulmonaire, silué sur le dos, et d'un vaisseau ventral qui peut être considéré comme le ventricule aortique. Le sang qui a respiré, se rend dans le vaisseau ventral, qui le distribue à toutes les parties du corps, d'où il revient au vaisseau dorsal qui le renvoie aux branchies. Le cœur varie dans sa forme et dans ses proportions. La respiration est une fonction très-développée, et pour laquelle il existe des organes spéciaux, nommés branchies; ce sont des sacs pyramidaux, foliacés ou hérissés de filets et de panaches, dont la position est très-variable, qui, par exemple, sont fixés tantôt à la base des pattes ambulatoires , tantôt aux appendices extérieurs de la bouche, d'autres fois à l'extrémité postérieure et inférieure du corps ; souvent aussi elles remplacent les pattes, et servent en même temps à la locomotion et à la respiralion.

Les Cruslacés sont tous carnassiers ; leur système digestif se compose d'une bouche assez compliquée, à laquelle on voit succéder un canal intestinal, généralement droit et court, et auquel on dislingue l'œsophage qui a peu de longueur, l'estomac qui ofl^re des différences remarquables dans son dévelo|)pement, et qui, dans le plus grand nombre, est muni d'un appareil crustacé, sur le(iuel Geoffroy Saint-Hilaire a fixé d'une

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