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montés d'aigreltes élégamment plumeiises, un peu plus courtes que le corps du fruit. Dans ce genre, l'invo- Iticre dont les folioles sont hérissées d'aiguillons courts et coniques, à peu près comme les fruits de certaines Luzernes; Tinvolucpe, disons-nous, tombe spontanément à la maturité. Après avoir donné comme type du genre, le Gortetia cernua de Thunberg et Linné fils, dont l'organisation du fruit est figurée sous le nom iVAspidalis araneosa (que l'on ne doit pas conserver, puisque celui de Cuspidia accompagne la description), Oaertner indique avec doute et comme congénère le Gorteria spinosa; mais cette dernière plante appartient au genre Berckhexa de Willdenow. H. Cassini a fait aussi entrer dans ce genre le Gortetia echinala d'Aiton ou Ayiiphyllum echinatum de Desfonlaines, sous la nouvelle dénomination de Cuspidia caslrata.

CUSSAMBIUM. BOT. Synonyme de Pistuchia oleosa de Loureiro. /''. Pistachier. Uumphius a figuré (Herb. vol. 1, p. 134, t. 57), sous le nom de Cussambium, un arbre d'Amboine, dont Gœrtner (de Fruct. 2, p. 48G) paraît avoir décrit le fruit dans son genre Koon. Le !)■■ Hamilton, dans ses Commentaires sur V Het barium .Imboinense (Trans. soc. Lin., vol. 13 et 16), rétablit le genre Cussambium de Rumpbiu's, et en décrit trois espèces qu'il nomme spinosum, glabrum et pubescens.

CDSSAREA. EOT. f^. CODSSARÉE.

CUSSO. BOT. r. Hagénie.

CUSSON. rois. Synon. vulgaire de Squale-Acanthie.

CUSSON ou COSSON. iKs. Syn. vulgaire de Calandre du Blé.

CUSSOMIE. Cussonia. bot. Genre de la famille des Araliacées, Pentandrie Bigynie, établi par Linné fils. Caractères ; bords du calice distants du réceptacle, à cinq dents; cinq pétales trigones, aigus et sessiles; cinq étamines et deux styles , d'abord dressés , puis écartés, à stigmates simples; fruit presqu'arrondi, à deux coques, à deux loges, couronné par un rebord. Les Cussonies sont des arbustes à feuilles digitées, à fleurs disposées en épis ou en ombelles, à rayons peu nombreux et sans collerette. Le nombre de leurs espèces est encore réduit à deux seulement, savoir : la Cussonie à fleurs en thyrse, Cussonia thyrsiflora, L. fils, et la Cussonie à fleurs en épi, Cussonia spicala, L. fils. Toiiles les deux habitent le cap de Bonne-Espérance.

CUSSU. MAM. Même chose que Cusos. F. ce mot.

CUSSUTA. BOT. Synon. de Cassylha. F. Cassytbe.

CUSTIGLIONIA. bot. V. Ccrcas.

CUSTINIE. Ciistinia. bot. Kecker appelle ainsi le Tontelea d'Aublet, ou Tonsella de Schreber. F. Ton-

TELÉE.

eUTERÈBRE. Cuterebra. ins. Genre de l'ordre des Diptères, fondé par Clarck, et rangé par Latreille dans la famille des Athéricères. Caractères : soie des antennes plumeuse; une trompe, sans palpes apparentes, reçue dans une cavité triangulaire, étroite, prolongée jusque près de la fossette située sous le front; dernier article des antennes le plus grand de tous, presqu'ovoide; articles des tarses et pelotes du dernier projiorlionnellement plus larges que dans les autres espèces de la même famille. Les Cuterèbres diffèrent des Cépha-

lémyies et des œstres par une cavité buccale apparente, par l'écartement des ailes dont les deux nervures longitudinales qui viennent immédiatement après celles du bord extérieur sont fermées par une autre nervure transverse, près du limbe postérieur; ils diffèrent encore par des cuillerons toujours grands, recouvrant les balanciers, et par un corps très-velu; leurs larves, dépourvues de crochets écailleux à la bouche, vivent sous la peau de divers Quadrupèdes herbivores. La plupart de ces caractères leur sont communs avec les Céphénémyies; mais ils s'en éloignent par la soie plumeuse des antennes, par une trompe sans palpes apparentes, et par tous les autres signes qui sont propres au genre Cuterèbre. Les espèces qui appartiennent à ce genre sont peu nombreuses, et ont été observées dans l'Amérique septentrionale. Les mieux connues sont : Ceterèbre jodfloe, Cuterebra buccata; OEslrus buccatus de Fabricius et d'Olivier. Bosc l'a recueillie à la Caroline ; sa larve vit sous la peau d'une espèce de Lièvre du pays. Cuterèbre ÉPOipriER, Cuterebra Ephippium de Latreille etLeach. Cette belle espèce, qui ressemble à un gros Taon, est originaire de Cayenne. Cuterèbre DU Lièvre, Cuterebra Cuniculi, de Clark ; elle a la grosseur du Bourdon terrestre de notre pays. On rencontre sa larve sous la peau du dos des Lièvres et des Lapins. Clarck fait encore connaître deux autres espèces, également de l'Amérique septentrionale.

CUTICULE. Cuticula. bot. F. Épiderbe.

CUTSCHULA. BOT. Synonyme de Noix vomique.

CUTTERA. BOT. Genre proposé par Ralfinesque, aux dépens des Gentianes, et qui doit renfermer, selon cet auteur, les Gentiana saponaria et ocliroleuca.

CUVE DE VÊ^'US. BOT. Syn. vulgaire des Dipsacus rulgaris el fullonum. y. Cardère.

CUVIÈRE. Cuviera. bot. La botanique aussi a rendu son hommage au nom illustre de Cuvier, en l'appliquant à l'un des genres de la famille des Ruliiacées. De CandoUe est le créateur de ce genre, et il lui assigne pour caractères : calice à tube court, adhérent à l'ovaire; son limbe est divisé en cinq parties linéaires, aiguës, foliacées, étalées et trois fois plus longues que le tube; corolle campanulée, quinquéfide,à lobes linéaires, trèsacuminés, à sommet assez dur et semblable à une épine; cinq anthères renfermées dans la gorge du tube et portées sur des filaments très-courts; ovaire non orabiliqué supérieurement, mais surmonté d'un style filiforme, et d'un grand stigmate en forme d'éteignoir pelté ou plutôt d'une cloche renversée et soutenue au centre par un pivot; péricarpe à cinq loges, chacune de celles-ci monosperme. L'auteur de ce genre le place entre le Vanguiera et le Nonatelia. Ses caractères sont tellement tranchés qu'on ne peut le confondre avec aucun autre genre; sa corolle, formée de pétales épineux, est peut-être le premier exemple qu'on ait observé d'une pareille dégénérescence dans ces organes. La forme si particulière de son stigmate, et le nombre quinaire de toutes les parties du système floral sont encore des signes distinctifs très- faciles à saisir au premier coup d'oeil. Le nom de Cuviera a été proposé par De CandoUe, malgré l'existence antérieure d'un genre de même nom , établi par Koeler dans la famille des

Graiiiiiiées, mats qui ne diffère en aiiciiiie manière de VElymus. On ne connaît encore (|triine seule espèce de ce genre ; c'est un arbuste indigène de Sierra-Léona, rapporté par Smeatlunan, et que DeCandolle a noinmè Curiera aculiflora; il en a donné une figure (Annal, du Mus., Tom.ix, pi. I.i), et l'a accompagnée d'une description de laquelle il résulte que cet arbuste a des brandies divariquées et dures, des feuilles portées sur de courts pétioles, ovales, oblongues, acuminées et coriaces, des fleurs nombreuses, disposées en panicules terminales.

CUVIÉRIE. Ctivieria. MoiL. Rang a proposé, sous ce nom, l'établissement d'un genre nouveau dans la classe (les Pléropodes, dont les caractères seraient : animal ;illoiigé, formé de deux parties distinctes : l'antérieure comprenant la tète, les deux nageoires et un lobe intermédiaire, et la postérieure toujours enveloppée d'un test renfermant toute la masse allongée des viscères; les branchies extérieures, situées à la partie ventrale, à la base du lobe intermédiaire; la bouche munie de pièces propres à la mastication. Co<iuille en forme d'étui cylindrique, un peu aplatie près de son ouverture et dont les bords sont tranchants, arrondie postérieurement oij elle porte une cavité opposée à celle qu'occupe l'animal, solide, vitrée, brillante et polie du moins dans la Cucieria cnliimella, la seule espèce connue jusqu'ici et qui a été trouvée dans la mer des Indes.

COMÉRIE. Cuvieria. acai. Pérou et Lesueur ont donné ce nom à un petit groupe de Méduses, qu'ils ont considéré comme un genre particulier de la classe des Échinodermes ou Radiaires, et auquel le Dr .\gassiz a douné pour caractères : corps mou, contractile, muni de tentacules semblables à ceux des ambulacres des Oursins; face inférieure plate et molle, garnie d'une intinité de pieds; face supérieure bombée, soutenue même par des écailles osseuses, percées sur l'avant, d'un orifice étoile qui est la bouche , et d'où sortent les tentacules; sur l'arrière on aperçoit un trou rond, qui est l'anus. Le type de ce genre est le Cuvieria squaiumala; Hololhuria squammata , MuUer; Cuvieria Cuvieri, Jœg. Lamaick n'a point adopté ce genre et en a réuni les espèces à son genre Équorée.

CUYOETE.BOT. Syn. ancien d'œillet des Chartreux, Dianlhus cartliusianonim. F. Œillet.

CYAME. Cyamiis. crlst. Genre établi par Latreille, et classé par lui dans l'ordre des Isopodes, section des Cyslibranches. Caractères : quatre antennes dont les deux supérieures plus longues, de quatre articles, le dernier simple ou sans divisions; deux yeux lisses, outre les yeux composés; corps ovale, formé de segments transversaux , dont le second et le troisième n'ayant que des pieds rudimentaires; cinq paires de pieds à crochets, courts ou de longueur moyenne et robustes. Les Cyames ont quelque analogie avec les Leptomères, les Protons et lesChevrolles; mais ils diffèrent essentiellement de ces trois genres, par la forme de leur corps, par la longueur moyenne de leurs pattes, par le dernier article des antennes supérieuremerrt simple, enfin par la présence de deux yeux lisses sur le sommet de la tête, indépendamment des yeux composés. Ce genre se compose de deux espèces dont une est inédite. L'es-

pèce connue, et qui a été rangée par Linné dans le genre Oniscus, par Degéer dans celui des Squilles, et iiar Fabriciusavec les Pycnogonons, porte le nom de Cyaine de la Baleirre, Cyamus Ccli de Latreille; elle est la même que le Panope Ceti de Leach (Edinb. Encycl. T. VII, p. 404) qui la désigne aussi (Traits, of the Linn. Sociel. T. xi, p. 304) sous le nom de Larunda Ceti. Un grand nombre d'auteurs . parmi les(|uels on dislingue Pallas {Spic. ZooL, fasc.9, I. 4, f. 14) et MUIIer {Zool. Dan., l. 119, f. 13-17), en ont donné d'assez bonnes figures; mais, parmi les entomologistes qui ont le mieux fait connaître ce singulier Crustacé, on doit sirrtout distinguer Savigny(Mém. sur les Anim. sans vert., 1'» partie, prem. fasc, p. 54), Latreille (^.ses divers ouvrages) et Treviranus (yerm. sdirift. Jnat. unit Phys. in/talls, '' Mém., p. 1, f. 1).

Le corps des Cyames est large, orbiculaire, déprimé, solide et coriace ; on peut le diviser en tète, en thorax et en abdomen; la tète est petite, allongée, en forme de cône tronqué; elle supporte des yeux composés, peu saillants, placés sur les cotés de la tète, et en outre deux petits yeux lisses, qui occupent son somme^et sont situés srrr une ligne trarrsversale. Entr-e la paire d'yeux composés on remarque quatre antenires placées les unes au-dessrrsdes autres, et pouvant par cela même être distinguées en supérieures et en irrférieures; celles-ci sont très petites et formées de quatre articles; les autres pi'ésentent un nombre égal de divisions, et ont la longueur de la tète et du pi'cmicr segment du thorax réunis; en dessous et en arrière des antenrres on observe la bouche composée de parties très-petites, mais dans laquelle Savigiry a distingué un labre assez grand, émarginé, deux mandibules à sommet bifide et dont les divisions soirtdenticulées; on voit ensuite trois pièces en forme de lèvi'es, disposées sur trois plans, ou qui se succèdent graduellement. Savigny et Latreille les ont observées avec soin; ce dernier entomologiste les décrit de la manière suivante : la première pièce ou la supérieure, celle qui est immédiatement en arrière des mandibules, forme un ferrillet presque demi-circulaire, et composé de trois parties: uire inter'rnédiair'e presque triangulair'e, profondément bifide à son sommet, ets'élargissant sur les côtés de sa base, pour servir de support aux deux autres pièces qui, sous la figure d'un demi -croissant formé par chacune d'elles, constituent par leur réunion, un cintre au-dessus de la précédente. Savigny représente cette pièce {toc. cit., pi. v, f. 1, e), et la considère comme une langue. La pièce qui vient ensuite ou l'inteiinédiaire ressemble, sous plusieurs r'apports, à la précédente, et peut être également divisée en trois parties (toc. cit., pi. V, f. 1, u). La pièce simple ou celle du milieu présente à son extrémité, deux languettes pointues, ayant chacuire près du côté extérieur de la saillie qu'elles forment, un petit corps conique de deux articles, et semblable à une palpe. Les deux languettes, soudées entre elles, sur la ligne moyenne du corps, et laissant encore une trace de leur divisiorr première, sont articulées à l'extrémité d'une sorte de support qui se divise h sa base en deux branches lesquelles, en se contournant de dedans en dehors et d'ai-rière en avant , se prolongent Jusqu'au-dessous des deux pièces latérales.

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Celles-ci ont, indépendamment d'une arliculalion qui se soude avec la partie moyenne du support et avec ses branches, une autre pièce en forme de lame, supportant près de son extrémité dorsale un petit appendice semblable à une palpe. LalreiUe a cru distinguera cet appendice deux articulations qui ne sont pas indiquées dans la figure de Savigny. Ce dernier observateur admet que les pièces latérales représentent la première paire de mâchoires des Crustacés, et que la pièce moyenne est l'analogue de la seconde paire. Enfin la troisième et dernière partie de la bouche du Cyame est formée de deux petits pieds ou palpes terminés par un onglet, et composés de six articles dont le premier, très-grand et soudé à celui du côté opposé, constitue une sorte de base en carré transversal, évasé en angle au milieu du bord antérieur, et simule la lèvre proprement dite. Savigny représente cette partie {loc. cit., pi. y, f. 1, b), et reconnaît en elle la première paire de mâchoires auxiliaires ou de pieds -mâchoires des Crustacés. En arrière de la tète on remarque une paire d'appendices qui, à proprement parler, est intermédiaire à la tèleet au thorax ; elle s'articule à un segment rudimentaire, qui n'est pas visible en dessus, et qu'on pourrait considérer comme l'ébauche du premier anneau du thorax. Ces deux pieds sont eux-mêmes plus courts et plus grêles que les suivants, de six articles dont le premier, ou la hanche, est cylindrique et proportionnellement plus long que ne l'est le même article aux pieds qui sont placés en arrière; l'avanl-dernier article est i)lus grand, en forme de main, avec un sinus et une dent obtuse en dessous; le dernier consiste, ainsi que dans les autres pieds, en une griffe très-dure, crochue et très-pointue; celte paire de pieds correspond aux seconds pieds-mâchoires. Le thorax est composé de six anneaux séparés l)ar de profondes incisions; les côtés prolongés de ces anneaux donnent naissance latéralement à six membres articulés que la variété de leur forme et du nombre de leurs articles a fait distinguer en pattes proprement dites et en pattes fausses. Fabricius a même considéré comme des palpes la paire de pattes antérieures que nous venons de décrire. La première paire de pieds, celle qui tient au segment antérieur du thorax, est courte, mais robuste, comprimée et large; on compte six articles inégaux dont le radical , ou la hanche, est gros, arrondi, presque en forme de rotule, et dont le pénultième, plus grand et ovoïde, compose, avec le dernier, une serre terminée par une griffe mobile ou monodactyle. Deux dents assez fortes se remarquent dans une échancrure de l'avant-dernier article; les second et troisième anneaux du thorax supportent , au lieu de pattes, des appendices grêles dont un très-long et l'autre fort court , cachés à la partie inférieure du corps; à leur base sont, dans les deux sexes, les vésicules branchiales, et, dans la femelle, des écailles valvulaires disposées par paires, et destinées à recouvrir les œufs. Le troisième, le quatrième et le cin<|uième segment du Ihoiax donnent insertion à de véritables pattes assez semblables à la première paire. L'abdomen consiste eu une sorte de petit tubercule ou mamelon qui porte l'anus. Selon Treviranus, le canal intestinal des Cyames va droit de la bouche à l'anus en s'élargissantau milieu.

Le cerveau se compose de quatre masses dont deux supérieures et deux inférieures; il donne des nerfs aux yeux, aux antennes, à la bouche; le cordon nerveux qui en part, est composé de sept ganglions fort distincts ; on ne voit ni trachées, ni trous respiratoires; les pattes de la tioisième et de la quatrième paires si singulières par leur forme, et les plaques ventrales chez la femelle, ont, suivant lui, pour fonctions, de servir à la respiration. Les ovaires ont une forme irrégulière, les organes mâles se composent de deux tubes ou appendices, se rendant à la verge qui est accompagnée de deux petits organes copulateurs, et se trouve située entre la dernière paire de pattes.

Le Cyame de la Baleine, connu vulgairement sous le nom de Pou de Baleine, se trouve sur le corps des Baleines, il s'y accroche à l'aide de ses pattes; on en trouve aussi, mais plus rarement, sur le corps des Scombres et des Maquereaux.

CYAME. Cyamus. bot. Synonyme de Nelumbo.

CYAMÉE, CYAMITE. min. Pline paraît désigner sous ce nom la Pierre d'Aigle, OElite, dont le Callimus était le noyau.

CYAMOPSIDE. Cyamopsis. bot. Genre de la famille des Légumineuses, Wonadclphie Décandrie, institué par De Candolle qui lui donne pour caractères : calice turbinato-tubuleux, quinquéfide, à lobes lancéolatosubulés, aigus : les deux supérieurs un peu écartés; pétales presque égaux; l'étendard arrondi, les ailes oblongues, la carène dressée, aiguë; ovaire cylindricolinéaire, style droit; stigmate en tète; légume comprimé, bivalve, linéaire, avec les vestiges du style qui forment une sorte de bec pointu qui prolonge la suture supérieure; sept à huit semences ovalaires, comprimées et tronquées sur un de leurs côtés. La Cyamopside SPORALOÏUE est une plante herbacée, droite, à stipules suhulées, à feuilles pinnato-trifoliées, dont les folioles sont ovales, dentelées et glauques. Les fleurs sont rougeàlres, petites, dressées et réunies en grappes axillaires très-courtes. La plante est originaire de l'Inde.

CYAMOS ET CYAMtJS. F. Cyame.

CYANASTRE. Cravaslrum. bot. Même chose que Cyanopside. F. ce mot.

CYAiNÉE. Cyanea. acai. Genre établi par Péron et Lesueur, dans la famille des Méduses, adopté et classé par Lamarck, dans ses Kadiaires Médusaires, et parmi les Acalèphes libres, par Cuvier. 11 offre pour caractères ; un corps orbiculaire transparent ayant en dessous un pédoncule à son centre; quatre bras plus ou moins distincts et plus ou moins chevelus; une ou plusieurs cavités aériennes et centrales; quatre estomacs et quatre bouches au moins ou disque inférieur. Lamarck a réuni les Chrysaores de Péron aux Cyanées. Cuvier a ajouté à ce genre les Callirhoés, les Obélies, les Océanies et les Évagores.— Les Cyanées présentent un assez grand nombre d'espèces, presque toutes originaires des mers tempérées; elles sont rares dans les mers polaires. Les auteurs n'en indiquent aucune des mers équatoriales. La plus grande partie de celles que l'on connaît se trouvent dans les mers d'Europe; leui' grandeur est moyenne; leur largeur ne parvient jamais à plus de trois décimètres.

Cyanée de Lamabck. Qattea Lamnrchi, Lamk. Ariim. sans vert., 2, p. 518, ii" 1. — Diciiuemare a décrit et figuré celte espèce sous le nom d'Orlie de mer dans le Journal de l'hysique du mois de décembre 1784, p. 451. Elle est commune sur les côtes qui bordent la Manche. Son ombrelle est aplatie, avec le bord Garni de seize échancrures, dont huit superficielles; elle a de plus, huit faisceau.x de tentacules, huit auricules marginales, des vésicules aériennes au centre de l'ombrelle, avec un orbicule intérieur à seize pointes; sa couleur est le plus beau bleu d"outre-mer.

Cyanée de Lesbedr. Cyanea Lesueiiri, Lamk. 2, p. 519, n" 7. Son ombrelle est entièrement rousse, avec lin cercle blanc au centre; trente-deux lignes blanches, très-étroites, forment seize angles aigus à sommet dirigé vers l'anneau central. Elle habite les côtes du Calvados et de la Seine-Inférieure.

CYAJiÉE POiNTiLiÉE. Cj-cinea punctulala, Lamk. 2, p. 520, n» 10. — Ckiysaora Spilhœmigoim et Chrrsaora Spilogona, Pérou et Lesueur, Ann. 14, p. 3G5, 11»' 115 et 114. Lamarck a réuni ces deux espèces de Pérou, malgré les différences qu'elles présentent. Dans la première, de moitié plus petite que la seconde, l'on observe trente-deux lignes rousses, formantau pourtour de l'ombrelle seize angles aigus, à sommet brun trèsi once. Dans la Cyanée Spilogone, de moitié plus grande, les lignes sont rem]ilacécs par seize grandes taches fauves, triangulaires, situées au pourtour de l'ombrelle. l>'àge plus ou moins avancé de ces animaux peut |)roduire ces différences. Ils habitent la Manche.

Cyanée de la Méditerranée. Cfaiica Mediterranea, Lamk. 2, p. 520, n» \2. — Putmo maiiiius. lîelon , y4quat. lib. 2, p. 458. — Son ombrelle est hémisphérique, glabre, blanche, marquée de stries fauves, rayonnantes, avec quatre bras disposés en forme de croix ou d'éloile, d'une belle couleur de vermillon. Elle habite la Méditerranée.

A ces espèces, Lamarck ajoute la Cyanée britannique; — Cyanée lusitanique; — Cyanée Aspilonate, Chijsaoïa yUfiilonala, Péron et Les.; delà Manche.— Cyanée Cyclonate, Chtysaora Cxcloiiata, Pér. et Les.; même lieu. — Cyanéede la Baltique, 71/e(/«saco/;(V/a/a, L.;— Cyanée Boréale, Meilusa capillain, Baster; de la mer du Nord. —Cyanée Arctique, McUiisa capillala, Fabr.; des mers du Groenland. —Cyanée Pleurophore, Chtysaora Plcuiophora , Pér. et Les.; des côtes de Normandie.— Cyanée Pentaslome, Chrysaora Penlastoma, Pér. et Les.; de la Nouvelle-Hollande. — Cyanée astier; Cyanea rosca; Gaymard et Quoy; de la mer du Sud.— Cyanea hexastoma; de la terre de Diémen. — Cyanée Ileplamène; des mers du Nord— Cyanée Macrogène; d'Angleterre. Ces trois dernières sont regardées comme douteuses et pouvant appartenir au genre Chrysaore.

CYAKÉE. Cyanœa. bot. Reneaulme avait établi, sous ce nom, aux dépens des Gentianes, un genre qui n'a pas été adopté, et dont le type était le Gentiana Pneumonanlhe; Adanson avait aussi formé le même genre, sous le nom de Ciminalis. Plus récemment encore Gaudichaud, dans la partie botanique de la relation du voyage de l'Uranie, a rétabli le genre Cyanée, pour une

plante qu'il a observée dans la Polynésie, cl qui appartient à la famille des Lobeliacées. Caractères : calice adhérent à l'ovaire, marqué de dix sillons, avec son limbe foliacé, fort allongé et divisé en cinq segments «iblongs, dont les bords sont crispés, ondulés, et réfléchis; corolle lubuloso-cylindrique, arquée, ayant son limbe partagé comme celui du calice, et presque bilabié; cinq étamines formant, par l'union des filaments, uu tube libre; anthères coniiées et barbues; capsule en forme de baie, avec dix sillons et dix côtes élevées, indéhiscente, à deux loges, couronnée par les vestiges du calice persistant; graines à surface criblée. I.e Cyanœa Griinesiana est un arbre lactescent, à rameaux armés de tubercules et d'aiguillons, à feuilles alternes, pinnaliparlites et dentées; les grappes sont axillaires et les Heurs qui les forment, sont bleues, portées sur des pédicellcs garnis de bradées ù leur base.

CYANÉE. MIN. Syn. de Lazulite et de Pierre d'Arménie.

CYANELLE. Cyanella. bot. Genre de la famille des Asphodélées. Caractères : un calice pétaloïde, à six divisions profondes et inégales; six étamines rapprociiées, conniventes et monadelphes par leurs filets; ces étamines sont un peu déclinées ainsi que les Heurs; leurs anthères sont disposées de la manière suivante : trois supérieures sont recourbées, rapprochées les unes contre les autres latéralement, égales et semblal)les entre elles; deux placées sur les côtés sont semblables aux précédentes; enfin la troisième est plus large et pendante; toutes sont introrses, allongées, obtuses, à deux loges s'ouvrant à leur sommet, par un petit trou commua pour les deux loges, dans les cinq anlhèressupérieures, tandis que l'inférieure otfre une petite ouverture pour chacune de ses deux loges; l'ovaire est globuleux, à trois côtes arrondies et très-obtuses, déprimé à son centre, pour l'insertion du style qui est un peu plus long que les étamines, décliné et recourbé en S, terminé par un très petit stigmate à trois divisions aiguCs; le fruit est une capsule globuleuse, déprimée ù son centre, ù trois côtes arrondies, obtuses, à trois loges contenant de six à dix graines chacune, et s'ouvrant en trois valves à l'époque de sa maturité. Les caractères de ce genre n'avaient point encore été donnés d'une manière complète et exacte ; en effet aucun auteur n'a fait mention de la soudure des étamines par leurs filets, ni de la manière dont les anthères s'ouvrent par le moyen d'un trou qui se pratique à leur sommet.

On ne connaît que quatre espèces qui toutes sont originaires du cap de Bonne-Espérance. Leur racine est surmontée d'un bulbe arrondi, d'où naissent des feuilles radicales étroites, et une hampe simple, qui se termine par des fleurs d'un aspect agréable, disposées en épis ou en graiipes ; les fleurs, qui sont en général munies de petites bractées sur les pédoncules qui les supportent, sont plus ou moins penchées.

Cyanelle du Cap. Cyanella Capensis, L., Lamk.. 111. 239. Son bulbe, que mangent les Uottenlots après l'avoir fait griller, est arrondi, déprimé; ses feuilles étroites, linéaires, lancéolées, aiguës, d'un vert clair; la hampe se termine par une grappe ou panicule de Heurs violacées, poitécs sur des pédoncules presque horizontaux ; leurs étamines sont monadelphes par toute la

loiiiïueur de leurs filets. Les autres espèces sont les Cyanella alba, Tliuiib., et Cyanella lutea, Thunb. , CyatieUa orchidiflora, Jacq.

CYANITE. MIK. r. DlSTDÈWE.

CY'ANOGÈNE. Principe particulier, contenu, à l'état de combinaison , dans quelques-unes des productions des règnes végétal et animal. Sa découverte est assez récente; on la doit à GayLussac qui a obtenu ce corps en examinant les propriétés du Prussiate de mercure, lequel, après la découverte de Gay-Lussac, a dû prendre le nom de Cyanure de mercure. Le Cyanogène est un fluide élastique, permanent, inflammable; son odeur est extrêmement vive et pénétrante ; sa densité est de 1,81 ; il rougit sensiblement la teinture de tournesol, mais en faisant chauffer la dissolution, le gaz se dégage uni à un peu d'acide carbonique, et la couleur bleue reparaît. Soumis à une forte pression ou à un abaissement convenable de température, il se convertit en un liquide incolore; il récupère sa fluidité élastique, dès que la compression cesse. Il résiste à un très-baut degré de chaleur; son affinité i)Our l'oxigène est très-faible; si l'on fait un mélange de ces deux corps gazeux, à la température de l'atmosphère, ils ne réagissent pas, mais si l'on y plonge une bougie allumée, ils détonent, brillent avec une flamme bleue, produisent du gaz acide carbonique, et de l'azote est mis en liberté. Le Cyanogène est formé de deux volumes de vapeur de Carbone, et d'un volume d'Azote condensés en un seul.

CYANOPIDE. Cfanoph. bot. Le professeur De Candolle a substitué ce nom à celui de CxantUiUinm, qu'a donné primitivement au genre le docteur Blume qui en est le créateur; jusqu'à ce que les motifs de De Candolle nous soient connus, nous croyons devoir laisser au genre son nom primitif, et nous renvoyons au mot Cyantuillier.

CYANOPSIDE. Cyanopsis. bot. La Cenlaurea piibigera de Persoon est devenue pour H. Cassini le type d'un genre nouveau, qui se dislingue du f^olutaretta par l'appendice des squames, qui est subulé, spiniforme ; par la corolle obringente ; par l'ovaire glabriuscule, muni de dix à douze côtes régulières, séparées par des sillons ridés transversalement. De Candolle, dans le sixième volume, p. 338, de son Prodromus, en a fait le type d'une section de son genre Ambciboa.

CYAKOUCHIS. BOT. Dénomination employée par Du Petit-Thouars ( Histoire des Orchidées des îles australes d'Afrique) pour un genre d'Orchidées de la section des Helléborines. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce, VEpùlendnim telragoniim des auteurs, ou le Tetragocxanis de Du Petit-Thouars; plante indigène des îles de France et de Mascareigne, ayant une tige carrée, haute de six à sept décimètres, portant des feuilles ovales, aigués, très-grandes, et des fleurs pourprées, disposées en épi, le long d'un axe latéral. Elle fleurit dans sa patrie, au mois d'avril. Du Petit-Thouars en a fait graver une figure (loc. cit., t. 34) qui donne une idée exacte de l'espèce.

CYANOSE. MIN. Beudant appelle ainsi le Cuivre sulfuré, dans sa méthode de classification des minéraux.

CYAKOTIDE. Cyanolis. bot. Genre de la famille des Commelinacées, institué par Don qui lui assigne pour

caractères ; périgonc ou périanlhe formé de six folioles dont les trois externes, tenant lieu de sépales, sont soudées à leur base, persistantes, et même conniventes; les trois internes sont pétaloïdes, caduques, avec leurs onglets soudés en forme de tube; à l'intérieur sont fixées les six étamines; leurs filaments sont barbus, dilatés et arrondis en forme de rein à leur sommet; toutes les anthères sont fertiles, à loges divariquées et unies par leurs bords ; l'ovaire est Iriloculairc, avec deux ovules dans chaque loge : l'un dressé et l'autre pendant, tous deux inséiés collatéralement; le style est plus épais à la partie antérieure et pileux; le stigmate est creusé ou évasé; la capsule est à trois loges, à trois valves septifèresau milieu. 11 y a dans chaque loge deux graines dont une avorte assez fréquemment ; elles sont anguleuses, presque peltées. Les plantes de ce genre, voisines du genre Tradescaulie, sont herbacées, ordinairement pubescenles, rarement velues ou laineuses; les tiges, d'abord couchées, se redressent ensuite et se terminent par une inflorescence bracléifère; elles sont entourées à leur base, de feuilles ovales-lancéolées, munies de gaines assez amples. Ces plantes habitent l'Asie tropicale.

CYANOTRIDE. Cyanotris. bot. Genre de la famille des Liliacées, Hexandrie Monogynie, institué par Raffinesque qui lui donne pour caractères : périanlhe corolloïde, à six divisions égales, dont cinq ascendantes et la sixième fléchissante; six étamines hypogynes, égales, à filaments minces et droits; ovaire à trois loges renfermant plusieurs ovules; style filiforme, décliné; stigmate faiblement tridenté; capsule membraneuse, triloculaire, tiivalve et polysperme; semences subglobuleuses. La seule espèce connue appartient à l'Amérique septentrionale; c'est une plante bulbeuse, herbacée, à feuilles linéaires, algues, à hampe dressée, terminée par une grappe de fleurs d'un bleu pourpré.

CYANTHILLIER. Qanthillium. bot. Genre de la famille des Synanthiiées, Syngénésie Polygamie, formé par Blume (Bydr. Flor. ind. 889) qui lui donne pour caraclères : involucre hémisphérique, polyphylle, imbriqué, écailleux, à folioles terminées |)ar une soie; réceptacle alvéolé; fleurons tubuleux, quinquéfides; akènes anguleux; aigrettes poilues, décidues. Ce genre se compose de plantes herbacées, à tiges peu élevées, à feuilles pétiolées, oblongues, velues; ses fleurs sont bleuâtres et les capitules réunis en corymbes au sommet des rameaux. Trois espèces, Cxaiilhilliiim rMlosa, C. puhescens et C. Moluccensis , sont décrites par Blume qui les a observées dans l'Archipel de l'Inde ; une quatrième a été envoyée de Madagascar par le professeur Bojer.

CYANUS. BOT. 1^. Blïet.

CYATIIA ET CYATIIE. BOT. f^. Nidelaire.

CYATHANTHÈRE. Cyathanthera. bot. Genre de la famille des Mélastomacées de Jussieu , Décandrie Monogynie, Linn., institué par Pohl pour un petit aibuste qu'il a découvert dans la province de Minas Geraes, au Brésil, et qu'il a tenté inutilement de placer dans le genre Mélastome, dont il s'éloigne particulièrement à cause de la forme des anthères. Le calice est persistant, à cinq dents ou divisions; les pétales, au nombre de cinq, sont insérés sur l'orifice du calice; ils sont obo-

vales, presque cordés et tronqués à leur base; les élainiiies ont leurs filninenls à peine plus longs que les pétales, dressés et dilatés à leur base; lesanllièrcs sont liiforées, obovales, bilubuleuses, avec les tubes ou cylindres tronqués et atténués à leur base; elles s'élèvent au-dessus des pétales. Cette conformation singulière donne ù la fleur, (|uoique très petite, un aspect remarquable. La Cyatlianthère lancéolée a les tiges partagées dans toute leur longueur, en rameaux opposés et relevés, garnis de feuilles décidues, membraneuses, opposées, simples, lancéolées, pétiolées, planes et trinervées. L'intlorescence présente des tbyrsespaniculés, composés de fleurs brunâtres et brillantes.

CYATHIi.i. DOT. Ce genre, fondé par Smith, dans sa lîévision de la famille des Fougères, a subi depuis plusieurs divisions; et si on adopte les nouveaux genres formés aux dépens du genre Cyathea de Smitb, on devra un jour les réunir en un petit groupe particulier dans cette belle famille. Les Cyatliées de Smitb étaient calactérisécs par leurs capsules semblables à celles de toutes les Polypodiacées, insérées sur une partie saillante de la fronde, et enveloppées de toutes parts, d'un tégument sphérique, naissant de la base du réceptacle qui les supporte. La plupart des espèces (pii composaient ce genre, sont remarquables par leur lige aiborescente; mais elles varient assez par la forme de leurs frondes plus ou moins divisées. A son tour Brown a introduit plusieurs divisions nouvelles dans ce genre. Les caractères déduits de la fructification s'accordent assez bien avec ceux que fournit le port des différentes espèces qu'on y range; ces genres sont fondés particulièiemeut sur la position des groupes de ca|)sules, par rapport aux nervures, et sur le mode de déliiscence du tégument qui les enveloppe. Ces caractères ont donné lieu aux trois genres Cyathea, yilsophila et lleiniteiia de Brown. Le premier se reconnaît ù ses groupes de capsules insérées D l'angle de division des nervures, et entourées par un tégument qui y divise tiansversalemenl comme une sorte d'opercule. Les espèces (|ui appartiennent à ce genre, et par conséquent les véritables (y-alhea, sont les Q-alhea arhorea (Polypoiliiim arboreum, L.), Cxalhea dealbata, Cxalhea vteduliaris et Cyathea af/inis.

Gaudicbaud a rapporté des îles de la mer du Sud une nouvelle espèce voisine des Cyathea, qui devra former un genre de plus dans cette division des Fougères si l'on adopte les genres précédents proposés par R. Brown. Le genre Sphœiopteris de Bernbardi, et probablement le Dennslaeiltia du même auteur se rapportent aux Cyatliées; mais la description du dernier est trop imparfaite pour ([u'on puisse l'affirmer. Toutes les espèces qui composent le genre Cyathea et les aulres genres formés à ses dépens, sont remarquables par leur tige arborescente, simple, dioite, marquée d'impressions très-régulières, formées par la chute des feuilles, et surmontée d'un chapiteau de larges feuilles, profondément découpées, qui réunissent au port majestueux des Palmiers l'élégance des formes des autres Fougères; aussi ces plantes, (pii sont particulières aux parties humides des régions tropicales, sont-elles, d'après tous les voyageurs, un des principaux ornements de

ces pays. Leurs troncs et ceux de quelques autres Fougères arborescentes, sont les seuls, parmi les plantes vivantes que l'on connaît, dont l'organisation soit comparable à celle de quelques-unes de ces tiges si nombreuses dans les formations houillères, et dont l'écorce présente des impressions d'une régularité admirable, qu'on ne retrouve dans aucune lige de plantes Dicotylédones, ni même parmi les Monocotylédunes phanérogames. On doit remar(|ucr cependant à cet égard <|ue les espèces fossiles paraissent toutes différer beaucoup, du moins spécifîquenieni, des espèces vivantes.

CYATIIIDIER Cyathiilinm. eot. Ce genre, de la famille des Synanthérées, institué par Uoyle, est le même que le genre Saiissurea de De CandoUe. F. Savssi'Rée.

CYATHIFOUME. Cyathiformis. BOT. Qui a la forme d'un gobelet; par exemple, la corolle du Symphytum lubeiosum, etc. Plusieurs Lichens et des Champignons sont Cyatliiformes.

CYATHOCLINE. bot. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Inulées-Buplilalmées, établi récemment par U. Cassini qui lui donne pour caractères : calathide subglobuleuse, discoïde : disque mascuUQcre; couronne multisériée , feminiflore; clinanthe élevé, large, très-concave, évasé, cyathiforme, nu, portant les Heurs du disque au centre, et celles de la couronne extérieurement. Fleurs du disque ou màles, privées de faux ovaire qui est peut être confondu avec la base de la corolle qui est infundibulée, à cinq divisions; anthères demi-exsertes; style inclus. Fleurs de la couronne ou femelles, munies d'un ovaire ou fruit très -petit, ovoïde-oblong, à peine comprimé, glabre, lisse ; corolle aiticulée sur l'ovaire, longue, grêle, tubuleusc, ayant la base très-renflée, globuleuse et le sommet tridenté. l.a seule espèce connue, Cyathocline Lyrata, est une petite plante herbacée, annuelle, à feuilles alternes, lyrées, à calathides petites, d'une ligne de diamètre, peu nombreuses, rapprochées au sommet de la tige qui est à peine ramifiée. Celte plante a été rapportée de Pégu, par M. Keynaud.

CYATHOCRIN OD CYATHOCRINITE. Cyalhociiniis ou Cyalhocriuites. échin. Genre de la famille desCrinoïdes ou Encrines, établi par Muller, dans son Histoire de ces animaux appartenant à la division des inarticulés. Caractères : animal Crinoïde, avec une colonne cylindri(iue ou pentagonale, composée de nombreuses articulations ayant des bras ([ui partent irrégulièrement des côtés. Au sommet adhère un bassin composé de cinq pièces , sur lequel sont placées à la suite les unes des autres, cinq plaques costales et cinq bosses, avec une écaille intermédiaire; de chaque bosse part un bras armé de deux mains. Ce genre est composé de quatre espèces : le Cyathocrin plan, MUU., llist. Crinoid., p. 85, pi. 2. — Le Cyathocrin tuberculeux, MUll.. p. 88, pi. ô. — Le Cyathocrin rugueux, Mull., p. 8U, pi. 4 ; et le Cyathocrin à cinq angles , MUll., p. 02, pi. 5. Tous ces Fossiles se trouvent en Angleterre.

CYATUODE. Cyathodes. bot. Genre de la famille des Épacridées, et de la Pentandrie Monogynie, établi par Labillardière (Nov.-Hoil., 1, p. 57) sur deux plantes qui présentent entre elles assez de différences dans leurs organes reproducteurs, pour qu'on ne doive pas les con -

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sidéicr comme absolument congénères. C'élail d'ailleurs l'avis de Labillardière lui-même , qui , malgré la différence de leurs fruits, ne les a réunis que pour ne pas multiplier les genres plus qu'il n'est convenable. Cette considération n'a pas arrêté Brown ; il sépare de ce genre les plantes de Labillardière et assigne au genre Cyatbode les caractères suivants : calice soutenu par plusieurs bractées écailleuses et imbriquées; corolle infundibuliforme. dont le tube, à peine plus long que le calice, est intérieurement glanduleux, le limbe étalé, un peu ou nullement barbu; cinq étamines, dont les anthères seulement sont saillantes; ovaire à cinq ou dix loges, se changeant en un drupe pulpeux ou une sorte de baie polysperme; le disque hypogynecyalhifornie et à cinq dents, qui entoure l'ovaire, a servi d'étymologie au nom du genre. Dans l'Encyclopédie méthodique, Poiret a francisé ou iilutôt traduit ce nom par celui d'Urcéolaire, que l'on ne saurait adopter, puisque c'est déjà la dénomination d'un genre de Lichens, ainsi que d'un genre de la Diandrie Monogynie, proposé par Molina, dans la Flore du Chili.

Brown ( Pioilr. NocHolL, p. 539) a décrit six espèces de Cyatbodes, distribuées en deux sections, d'après la villosilé ou la nudité de l'intérieur des lobes de la corolle. La première en contient trois, dont une est le Cyathodes glauca, décrit et liguré par Labillardière (loc. cit., 1, p. 57, t. 81); dans la seconde section, Brown fait entrer deux plantes que Labillardière avait décrites et figurées {loc. cit., T. 1, p. 48 et 49, t. GS et C9) sous les noms de Slyphelia abietiiia et Styphelia oxycedrus. Le Sljplielia acerosa de Banks et Solander. que Gœrtner avait transporté dans le genre Ardisia, est une plante très-voisine de cette dernière, et, comme elle, qui doit faire partie du même genre et de la même section. A celle-ci Brown réunit encore trois espèces trouvées dans l'Herbier de Banks, et indigènes des iles de la mer du Sud, mais dont il ne donne point de description. Chamisso en a trouvé une autre dans l'ile de 0-Wahu, qu'il a nommée Cyathodes Tameiavteia. Enfin le Cyathodes disticha de Labillardière, plante sur la place de laquelle son auteur était fort incertain, est devenu le type du genre Dccaspora. Tontes les espèces du genre Cyatbode sont particulières à la terre de Diémen, dans la Nouvelle-Hollande. Ce sont des arbustes ou des arbrisseaux dressés et rameux. à feuilles striées en dessous, à fleurs axillaires, dressées ou légèrement penchées.

CYATHODIER. Cyathodium. bot. Genre d'Hépatiques de la famille des Antbocérotées, établi par Lehman qui lui assigne pour caractères : Heurs femelles disposées dans le sinus de la fronde; involucre coriace, cyathiforme et bilabié; sporangion globuleux, subsessile, s'ouvrant par six dents au sommet ; sporules se détachant avec élasticité de l'apotbécion. Les Cyathodiers ont leurs frondes lobées, très-tendres, presque diaphanes. On n'en connaît jusqu'ici qu'une seule espèce ; elle habite aux Antilles.

CYATHOGLOTTIDE. Cyathoglottis. bot. Genre delà I famille des Orchidées, Gyuandrie Monandrie, institué par Poppig et Endlicher qui lui ont assigné pour caractères ; sépales et pétales égaux et connivenis; labelle '

(rès-petit , soudé vers la base, à la face interne du gynoslème et embrassant ses bords : les lamelles sont indivises et planes; gynostème en massue, membraneux sur les bords; anthère terminale, operculairc. Le genre Cyathoglntlc, dont on ne connaît encore ((u'une espèce, appartient au Pérou; c'est une plante des Andes que l'on trouve parasite sur les vieux troncs; ses racines s'insinuent dans les fissures et produisent des feuilles oblongues, lancéolées, roides, nervurées ; de leur centre s'élève \tne tige d'une consistance presque ligneuse, terminée i>ar une grappe ou un épi de Heurs jaunes ou blanches et d'une odeur suave, mais très-fugace.

CYATHOPIIORE. Cyulhophorum. botan. Palisot-de- Beauvois avait nommé ainsi le genrequeSmif h désigna, à peu près à la même époque, sous le nom do Hookeria. CYATHOPHYLLE. Cyalhophyllum. polyp. Polypier pierreux, libre ou fixé, érigé en genre par Lamarck; il consiste en cylindres turbines, solitaires ou agrégés, striés longitudinalement, et marqués d'annelures rugueuses sur leur face externe, composés de cellules évasées et lamelleuses, qui naissent les unes au-dessus des autres, tantôt du centre, tantôt du bord supérieur delà cellule précédente; les lamelles sont rayonnantes. La plupart des Cyathophylles présentent un caractère remarquable dans la manière dont les loges évasées des polypes se superposent comme des cornets emboîtés les uns dans les autres. Ordinairement el même chez tous les autres Polypiers, la colonne pierreuse s'élève par l'addition de nouvelle matière calcaire à son sommet , et dans les interstices des parties déjà formées; ce ipri fait supposer que chacune d'elles est le produit d'un même animal, el qu'elles ont été sécrétées d'une manière continue. Ici, au contraire, la séparation entre les divers étages d'une même colonne est si nette qu'on est en droit de présumer que chacun de ces étages est sécrété par un Polype nouveau, qui aura pris naissance et se sera développé sur le disque de celui qui, à son tour, avait formé la loge située au-dessous. Les Cyathophylles sont assez nombreux, Lamarck en décrit une vingtaine d'espèces parmi lesquelles un certain nombre que Goldfuss avait rangées parmi les Aslrées et les Astéries; celles-ci se distinguent des autres Cyathophylles en ce que les cônes dont elles se composent, au lieu de se terminer par une grande loge multiradiée, régulièrement conique et à bords minces, ont, à l'extrémité, une large surface stelliforme, à peu près plane, dont le centre seulement est déprimé d'une manière abrupte, et constitue ainsi une petite loge circulaire. Toutes ces espèces sont fossiles, et la plupart ont été trouvées dans l'Eifel.

CY'ATHOSPHÈRE. Cyalhosphwra. botan. Genre de plantes Cryptogames, éta.bli par Dumortier, dans la famille des Sphériacées, et présentant pour caractères ; sphérules dépourvues d'ouverture, agrégées et insérées sur un stroma de manière à former des sphéries composées. Les principales espèces sont : Cyathosphœra cupularis, vennicutaria , varia, berberidis, cticurbittila,fiiliginosa, etc., qui sont toutes des Sp/iœria suivant Persoon, Nées, Tode et les autres botanistes qui se sont occupés le plus particulièrement de la Cryptogamie.

OYATirrLE. Cyathula. bot. Le cenre liéciit sous ce nom, par Loureiro, appartient à la famille des Amaranthaci-es; peu distinct de VÀchyianlhes, il a pour caractères principaux : un calice persistant, ù cinq divisions ; cinq étaniinPs soudées à leur hase en forme d'urne très-petite, séparées par un semblable nombre d'écailles; anthères à deux loges; style filiforme; stigmate capité; capsule entourée du calice peisistant, monDspenne. Le Cyathula prosirata est une plante berhacéc que l'on trouve dans les (jnerêts ; sa tige offre quelquefois une consistance sous-ligneuse; ses feuilles sont opposées, ovales, un peu rhomboïdes; les fleurs sont rassemblées en épis solitaires. On la trouve à Java.

CYATHUS. BOT. y. NlDCLAIRE.

CYDB.4NTHÈRE. Cyhbanthera. bot. Genre de la famille des Scrophularinées, institué par llamilton et dont l'unique espèce, Cybba lit liera connata, originaire du Né|)aul, a été réunie au genre Herpestis.

CYBÈLE. BOT. Genre formé aux dépens des Embothrium, et correspondant au Sténocarpe de Brown.

CYBELION. BOT. Synon. ancien de Violette odorante. Sprengel a donné ce nom à un genre de la Gynandric Monogynift, qui est absolument identique avec le genre lonopside de Kunth.

CYBIANTHE. Cyhianthe. bot. Genre de la famille des Myrsinées , établi par Martius qui lui assigne pour caractères : calice profondément partagé en quatre découpures; corolle quadrifiile, en roue, plane, coupée un peu carrément dans son contour; ses lobes sont, ainsi que le calice , marqués de stries, de lignes et de points glanduleux bien sensibles ; quatre élamines à filaments très-courts; anthères presque sessiles, oblongues, dressées, avec deux pores au sommet; l'ovaire estsupère, petit, globuleux et un peu déprimé, surmonté d'un stigmate sessile, presque en tête; le fruit est un drupe monosperme. Ce genre renferme quatre espèces dont deux, Cybianlhe penditliiiiis etcuneifoliiis, ont été décrites sous ces noms par Martius; une troisième, Cybianlhe piincipis, est le ff^allenia anguslifolia du même auteur; enfin la dernière, Cybianlhe HamboUllli , a été publiée primitivement par Kunth (Nov. Gen., m, p. 243), sous le nom de Ardisia tetrandra.

CYBISTRE. Cyblster. iNS. Coléoptères pentamèrcs, genre de la famille des Carnassiers, tribu des Dytisciens, établi par Curtis qui lui assigne pour caractères : dernier article des palpes entier et simplement obtus; antennes filiformes, aussi longues que la lête; pieds ciliés; un seul ongle avancé et fixé aux postérieurs; mandibules fortes, arciuécs, terminées par deux dents inégales; mâchoires cornées, pointues et ciliées; corselet transversal, échancré antérieurement; sternum prolongé en pointe. Le type de ce genre nouveau est le Cybislerlioeselil, Dytique de Roesel de tous les anciens auteurs, et que l'on trouve en Europe, dans pres(|ue toutes les mares ; il a la tête d'un noir verdâtre, avec le front, les bords latéraux du corselet et des ély très jaunes sur un fond noirâtre; le dessous du corps est d'un jaune obscur ; les élytres du mâle ont chacune deux rangées de petits points enfoncés, peu apparents; celles de la

femelle sont striées, irrégulières et peu marquées. L'Insecte a quinze lignes de longueur.

CYBIUM. POIS. Synonyme de Tassard.

CYCADÉES. Cycadeœ. bot. Entraîné par quelques ressemblances extérieures dans le port et l'enroulement des feuilles, Jussieu avait placé les genres Cycas et I Zaniia parmi les plantes Acotylédonées, dans la famille 1 des Fougères. Mais les observationsde Du Pelit-Thouars I et celles de Richard, en faisant connaître la structure du fruit et de l'embryon, dans ces deux genres, ont fait voir combien ils s'éloignaient des plantes Acotylédonées j ou Cryptogames auxquelles on les avait associés. En effet, ces végétaux, qui, par leur port, rappellent absolument les Palmiers, offrent, dans la structure de leurs fleurs et de leurs fruits, les rapports les plus intimes avec les plantes Dicotylédones, et en particulier avec les Conifères. Aussi Richard en a-t-il formé une famille sous le nom de Cycadées, famille qu'il place immédiatement à côté des Conifères.

Les Cycadées , qui ne se composent que des genres Cycas cl Zaïnla, sont des végétaux exotiques ayant T port des Palmiers. Leur tronc cylindrique est quelquefois très-court et à peine marqué ; d'autres fois il s'élève j à trente ou <iuarante pieds ou même au delà, en conj servant à peu près un diamètre égal et sans présenter de ramifications, si ce n'est quel(|uefois tout à fait à son sommet. Un bouquet de feuilles étalées en tout sens couronne la tige et ses ramifications; ces feuilles sont très-grandes, pinnées, et avant leur développement les pinnules ou folioles qui les composent, sont roulées sur j elles-mêmes, à peu près comme dans les Fougères, circmislance qui n'a pas peu contribué au rapprochement qui a été établi entre les Cycadées et les Fougères. Les [ fleurs sont constamment dioïques et naissent au milieu des feuilles qui terminent la tige. Les fleurs mâles constituent des espèces de chatons en forme de cônes, ayant quelquefois deux pieds et plus de longueur, composés d'écailles spatiuilées, renflées à leur sommet qui en est la seule partie visible à l'extérieur, recouvertes à leur face inférieure, d'un très-grand ùombre d'étaniines qui doivent être considérées comme formant chacune une Heur mâle. Chaque élamine ne consiste qu'en une anthère plus ou moins globuleuse ou ovoïde, à une seule loge s'ouvrant par un sillon longitudinal; ces anthères sont solitaires ou réunies base à base, par deux, par trois ou même par quatre. L'inflorescence des Heurs femelles varie dans les deux genres Cycas et Zamia; dans le premier, un long spadice comprimé, spathuliforme, aigu, denté sur ses deux côtés, porte I vers le milieu de chacun d'eux quatre ou cinq fleurs fe- I melles, logées chacune dans une petite fossette longitudinale, au-dessus de laquelle elles sont saillantes. Le Zamia, au contraire, a ses fleurs femelles disposées comme ses fleurs mâles, en une sorte de cône ou de I chaton ovoïde, composé d'écailles peltées, très-épaisses j à leur sommet, se terminant par un pédicule qui s'insère au milieu de leur face inférieure; à celle-ci sont ; attachées deux fleurs femelles renversées. Ces Heurs offrent la même structure dans ces deux genres; elles ! sont plus ou moins globuleuses : leur calice, qui détcr- ! termine leur forme, est immédiatement appliqué sur

l'ovaire; il est globuleux, percé d'une Irès-pelile ouverture k son sommet, se prolongeant en un tube court. L'ovaire est semi-infère, c'est-à-dire que sa moitié supérieure seulement est saillante et libre dans l'intérieur du calice, tandis que sa moitié inférieure est intimement adliérente avec les parois de ce dernier : supérieurement cet ovaire se termine par un petit mamelon allongé, que l'on doit considérer à la fois comme le style et le stigmate. Le fruit se compose du calice qui est nécessairement persistant, s'épaissit, devient même légèrement osseux à sa partie interne et recouvre le véritable fruit. Celui-ci est uniloculaire, monosperme et indéhiscent. Son péricarpe est mince; il adhère intimement avec le tégument propre de la graine, dont il ne peut être séparé. Celle-ci contient une amande qui se compose d'un gros endosperme charnu , devenant dur et corné par la dessiccation, formant toute la masse de l'amande, et renfermant à sa partie supérieure , un embryon renversé, axillaire , allongé, placé dans une cavité qui occupe les deux tiers de la longueur de l'endosperme. L'embryon est allongé; son extrémité colylédonaire, qui est inférieure, est partagée en deux lobes ou cotylédons inégaux, plus ou moins intimement soudés ensemble, mais toujours distincts à leur base où ils sont séparés l'un de l'autre, par une fente longitudinale, qui traverse toute la masse de l'embryon. Dans cette fente, représentant la base des deux cotylédons, on trouve la gemmule formée de petites feuilles coniques, emboîtées les unes dans les autres. La radicule est à peine distincte de la base du corps cotylédonaire; elle se termine par une sorte de petite bandelette mince, roulée et tordue sur elle-même, plus ou moins intimement adhérente avec l'enveloppe ou tégument propre de la graine.

Si l'on compare l'organisation des fleurs dans les Cycadées, avec celle des Conifères, il sera bien facile de démontrer l'extrême analogie qui existe entre ces deux groupes. Dans l'un et dans l'autre, les fleurs mâles forment généralement des sortes de cônes ou de chatons. Chaque anthère peut être considérée comme une fleur mâle, et ces anthères, le plus souvent uniloculaires, sont attachées à la face inférieure des écailles qui forment les chatons. Dans les Cycadées comme dans les Conifères, les fleurs femelles sont tantôt dressées, tantôt renversées, quelquefois solitaires, quelquefois géminées. Toujours leur ovaire est semi-infère; leur calice est immédiatement appliqué sur le pistil qu'il recouvre en totalité et qu'il accompagne jusqu'à son étal de fruit parfait. Celui-ci contient une seule graine dont le tégument est peu distinct de la paroi interne du péricarpe. Celte graine se compose d'un embryon renfeimé dans l'intérieur d'un gros endosperme charnu. Certes il serait difiîcile de trouver deux familles qui offrissent plus d'analogie dans l'organisation de leurs fleurs. 11 est vrai que le port est différent, que tandis que les Conifères ont un hnbitus si particulier, les Cycadées rappellent tout à fait les Palmiers, et que leur tige offre à peu près la même organisation que dans ces derniers. Mais dans une classification fondée sur la structure de l'embryon, l'organisation de la tige doit-elle avoir plus de valeur que celle de toutes les parties de la fleur et du fruit? 11 est bien plus rationnel déplacer les Cyca-

dées immédiatement à côté des Conifères que de les rapprocher des Palmiers.

Après avoir parlé des caractères qui rapprochent les Cycadées des Conifères, il devient indis|)ensable d'indiquer ceux qui les en distinguent. Ces caractères consistent : 1" dans le port, qui, comme on vient de le dire, est tout à fait différent; "i» dans la structure de l'embryon, dont les deux cotylédons sont inégaux et soudés dans les Cycadées, tandis qu'ils sont égaux, distincts et fréquemment au nombre de plus de deux dans les Conifères.

CYCADITES. BOT. Nom donné par Brongniard à des végétaux fossiles, trouvés dans la Craie inférieure, et qui ont de grands rapports avec les Cycas.

CYCAS. Cycas. bot. Genre qui, avec le Zamia, couslitue la famille des Cycadées. Caractères : des fleurs dioïques; les mâles formant une sorte de cône ovoïde, allongé, composé d'écaillés comprimées, dont la face inférieure est couverte d'anthères globuleuses, sessiles, constituant autant de fleurs mâles; les fleurs femelles consistent en de longs spadices comprimés, aigus, subspalhulés, portant sur leurs bords, quelques fleurs à demi enfoncées dans de petites fossettes longitudinales; ces fleurs sont globuleuses ; leur calice est percé d'une petite ouverture à son sommet. Les fruits sont des drupes globuleux. Le tronc est simple, écailleux , couronné par un bouquet de feuilles terminales, trèsgrandes, pinnées et semblables à celles du Dattier. Ce genre se compose de sept à huit espèces qui croissent sous les tropiques , particulièrement dans l'Inde. On voit assez fréquemment dans les serres, les Cycas ciicinah's et Cycas reroluta de Thunberg.

CYCHLE. Cychla. pois. Ce genre de la classe des Poissons Acanthoptérygiens, appartient à la famille des Labroïdes ; il a été créé par Bloch et se trouve caractérisé par des dents toutes en velours sur une large bande; lèvres doubles et charnues dont l'une tient immédiatement aux mâchoires et l'autre aux sous-orbitaires; nageoires verticales, filamenteuses; corps allongé ; estomac en cul-de-sac, sans cœcunis. Le genre se compose, suivant Cuvier, des Cychla saxatilis, Bloch.; ocellaris, Bl.; argus, Valenc; Brasiliensis, Bl.; et de quelques autres espèces entièrement nouvelles.

CYCHRAME. iNS. Kugelan a désigné sous ce nom, une division dans le genre Nitidule. Ce sont des Slrongylus pour Herbst, et des Bylurus pour Latreille.

CYCURE. Cychrus. iNS. Genre de Coléoptères penlamères, établi par Paykull et Fab., placé dans la famille des Carnassiers, tribu des Carabiques. Caractères : jambes antérieures sans échancrure à leur bord interne ; ély très soudées, enveloppant la majeure partie de l'abdomen; labre profondément écbancré; mandibules longues, étroites,avancées, ayant sous leur extrémité deux dents ; le dernier article des palpes labiales et des maxillaires extérieures fort grand, très-comprimé, concave et presque en forme de cuiller; languette très-petite, divisée en trois pièces, dont la mitoyenne en forme de tubercule, presque triangulaire, soyeuse au bout, et dont les deux latérales membraneuses, étroites, en languette; échancrure du menton sans dentelures; tête et prothorax fort étroits; élytres dilatées sur les côtés et prolongées

inférieurement pour embrasser le ventre. Les Cyclires sonlparliciilièreinent originaires des contrées froides : on les trouve dans les forêts, sous les mousses, aux pieds des troncs d'arbres et sous les pierres. On peut considérer comme espèces principales : le Cycore Mcse- I.IEB, Cychrus roslratiis, Fa!)r., figuré par f.lairville (Enlom. Helvet. T. ii, pi. 19). On le trouve quebiuefois sous les pierres, aux environs de Paris, dans la forêt de Bondy près du Raincy. Il est moins rare en Allemagne ; on le rencontre aussi en Russie dans les régions du Caucase; et le Cychre d'Itxiie, Cychrus Ilalicus, Ronelli. confondu par quelques auteurs avec l'espèce précédente. Knoch (Nette Beytrage sur Inseclenhiinile, p. 187 et pi. 8) a décrit et représenté sous les noms d'iniirolor, A'elei-atiis et de Stcnoslovius, des espèces propres à l'Amérique du nord. Les deux premières étaient connues de Fabricius; la troisième parait nouvelle. Fischer (Entomogr. de la Russie, T. i, p. 79) décrit, sous le nom de Cychrus margiiiatiis, une espèce rare, qui se trouve sous les pierres ou entre les mousses, dans l'ile d'Ounalaschlka.

CYCLADE. Cyclas. moll. Linné et les concbyliologues qui le précédèrent, confondirent ce genre, les uns avec les Tellines , les autres avec les Vénus; et dans certains auteurs, dans Linné lui-même, on voit des espèces du même genre parmi les Tellines et les Vénus tout à la fois. C'est à Bruguière que l'on en doit la séparation bien nette, quoique depuis on y ait trouvé les éléments d'un autre genre que Bruguière établit dans les Planches de l'Encyclopédie, qui fut admis par Lamarck en 1801 , et ensuite par Draparnaud, Schweiguer, Ocken, Cuvier, etc. Quoique ce genre fût très-bien connu, Megerle le proposa de nouveau, en 1811, sous le nom de Cornea, qui n'a pas été admis par les conchyliologues français; mais on sentit, et Megerle le sentit le premier, que le genre Cyclade de Bruguière, renfermait des Coquilles qui ne présentaient pas toutes les mêmes caractères : Megerle les sépara donc sous le nom générique de Corbicule , Lamarck sous celui de Cyrène, et Férussac proposa pour le genre de ces deux auteurs, un sous-genre nommé CyanoCyclos. Blainville s'en servit dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, comme d'un moyen facile, pour distinguer des Coquillages qui peuvent se confondre dans leurs caractères, par les passages des espèces; Férussac sentit que la division de Lamarck était préférable à la sienne; car, après la publication du travail de Blainville, il admit, dans ses Tableaux systématiques, en 1821, les genres Cyrène et Cyclade, tels que Lamarck les avait faits dans son grand ouvrage sur les .Animaux sans vertèbres (T. V, p. 55G). Le |)lus grand nombre des conchyliologues , depuis Bruguière, avaient bien senti la nécessité de faire une coupe : aussi presque tous l'admirent dès qu'elle leur fut présentée; et on en verra d'autant mieux la solidité qu'on en examinera avec plus de soin et comparativement les caractères distinclifs. Voici ceux que Lamarck a donnés aux Cyclades : coquille ovale-bombée, transverse, équivalve, ù crochets protubérants; dents cardinales très-petites, quelquefois presque nulles; tantôt deux sur chaque valve, dont une pliée en deux ; tantôt une seule pliée ou lobée

sur une valve, et deux sur l'autre; dents latérales allongées transversalement, comprimées, lamelliformes; ligament extérieur. Il faut ajouter que l'animal fait saillir d'un côté deux tubes ou siphons, et de l'autre un pied mince, allongé et linguiforme. D'Argenville, dans sa Zoomorpbose (pi. 8. fig. 9 et 10). a fait figurer l'animal d'une Cyclade. Sans savoir précisément à quelle espèce la figure peut se rapporter, il est pourtant probable qu'elle appartient à ce genre de Coquilles; il serait peut-être possible de la retrouver et avantageux pour en préciser l'espèce, puisque c'est dans la Marne qu'elle a été pèchée. On a été longtemps sans connaître de Cyclades à l'état fossile. Lamarck, le premier, dans les Annales du Muséum, en a décrit une seule espèce. La ténuité, la délicatesse de ces Coquillages donnaient assez de motifs pour penser ((u'ils avaient été détruits; il faut ajouter qu'à cette époque, quoi(|ue peu reculée, on ne connaissait encore les terrains d'eau douce que d'une manière superficielle et imparfaite. Depuis, les travaux de Brongniart sur les terrains tertiaires des environs de Paris, ont particulièrement fixé l'attention et du géologue et du conchyliologue : l'un y a trouvé une nouvelle source de méditations sur les alternances et sur les mélanges que présentent leurs couches; l'autre un trésor encore fécond en espèces intéressantes. Les Cyclades habitent toutes les eaux douces des deux continents. Elles sont généralement petites, diaphanes, recouvertes d'un épiderme vert ou brun; jamais leurs crochets ne sont écorchés.

Cyclade DES RIVIÈRES. Cyclas rivicola, tamV., \n\m. sans vert. T. v, pag. 5S8, n<" 1. C'est peut-être le Cyclas cornea de Draparnaud (Hist. des Moll., p. 128, pi. 10, fig. 1, 2, 5). La figure qu'en donne Draparnaud la représente très-épaisse avec trois dents bien distinctes à la charnière, tandis que l'espèce dont il est question n'en offre que deux, et quoique plus épaisse que les autres espèces, elle ne l'est pourtant pas autant (juc dans la figure citée. Ce sont ces différences qui font penser que ce pourrait bien ne pas être la même : c'est le Cyclas rinicola de Leach, figuré dans Lister (Conchyl. tab. 159. fig. 14) et dans l'Encyclopédie (pi. 302, fig. 5, A, B, c). Cette Coquille est subglobuleusc, assez solide, élégamment striée, subdiapbane. d'une couleur cornée, verdûtre ou brunâtre; elle présente aussi le plus souvent deux ou trois zones plus pâles. Elle a vingt millimètres de largeur. Europe.

Cyciade coRitÉE. Cyclas cornea , Lamarck , Anim. sans vert., loc. cit. n" 2; Tellina cornea, L.. Sysl. Nat., p. 1120; Cyclas ricalis, Draparnaud, Hist. de.'! Moll., pag. 129, pi. 10, f. 4. 5. Elle se distingue par ses stries qui sont très-fines, par sa couleur de corne peu foncée; elle est également subglobuleuse, mais toujours plus mince que la première; elle ne présente vers son milieu, qu'une seule zone pâle ; son bord est jaunâtre ; elle est plus petite de moitié (pie la précédente. Elle présente deux variétés que Lamarck a fait connaître; la première est plus globuleuse, la seconde plus transverse; et ce qui les rend toutes deux remarquables, c'est qu'elles viennent l'une et l'autre de l'Amérique septentrionale.

CYCi.ADECALicm.ÉE. Cycltts calicultttn . Draparnaud,

. CYCL\I)£ com,-e. 2 CYCL/UJE de Covlan 3.GALATHÉE k rayons. ^ CRA-SSATELLE siUc b.MACTRE lisor. 6 CWGULINE trrmsvers -.ERYCIN]' carcUoïae.

CYCI.AME A FEUILIjKS DK LIBFIRF,.

Hist. des Moll., p. 130, pi. 10, fig. 14 cl 13; Lamarck, Anim. sans vert., loc. cit. n" 5; elle est d'une forme rlioinboïdale, orbiculaire, déprimée, très-mince, transparente, d'un blanc sale, ou jaune-verdâlre peu foncé; ce qui la dislingue le mieux, sont ses crochets proéminents et tuberculeux, ainsi que les stries très-fines, qiii se voient à sa surface. Elle est large de huit millimètres. Europe.

Cyclade lisse. Cyclas lœvigata, Desh. Cette petite espèce fossile a la forme de la Cyclade des fontaines, et n'est pourtant pas son analogue; elle est inéqnilalérale, déprimée, très-mince, très-fragile, subquadrangulaire; les crochets sont petits, peu proéminents ; les dents cardinales sont à peine visibles à une forte loupe ; les dents latérales sont bien marquées, l'antérieure est la pins grande et la plus forte; les plus grands individus n'ont pas plus de cinq millimètres de largeur. Trouvée dans les Marnes calcaires, qui accompagnent les Lignites, à la montagne de Bernon, près d'Épernay.

CYCLAME. C/clamen. bot. Genre de la famille des Primulacées et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Tournefort qui le nomma ainsi du mot grec xuzio,-, cercle, à cause de la disposition particulière des pétales dont le brusque renversement fait décrire à l'onglet un cercle parfait. Les caractères de ce genre sont : calice à cinq divisions; corolle presque rotacée, dont le tube est très-court, et le limbe à cinq lobes tellement réfléchis qu'ils sont rejetés en arrière; cinq étamiiies ù anthères conniventes; capsule charnue, globuleuse et à cinq valves. Ce genre se compose de plantes dont les fleurs sont penchées et solitaires aux sommets de hampes quelquefois nombreuses. Cette disposition des Heurs , jointe à la réflexion des lobes de la corolle, en fait un genre très-distinct. Parmi les espèces dont le nombre s'élève à une dizaine environ, voici les plus remarquables par leur élégance.

CvcLAME u'EcROPE. Cxcluiiien Europœum,1. Racines tuberculées, grosses, arrondies, charnues, noirâtres et garnies de fibres menues; plusieurs hampes , d'abord contournées en spirales, grêles, nues et hautes d'un centimètre, s'élèvent de ces racines et supportent chacune une seule fleur ordinairement rose, dont le fond de la corolle est tourné vers la terre, tandis que les lobes, repliés, regardent le ciel. Des feuilles arrondies, cordiformes, vertes et tachées de blanc en dessus, rougeâtres en dessous et longuement pétiolées, achèvent de donner à celle plante l'aspect le plus agréable. L'àcrelé des racines du Cyclamen décèle des propriétés médicales extrêmement actives : aussi sont-elles fortement purgatives, errhines et vermifuges.

Cyclahe de Perse. Cyclamen Persiciim , H, K. Espèce cultivée à cause de la beauté de ses Heurs dont les pétales sont ordinairement d'un blanc lacté, teints en rose vers leur extrémité, et d'une forme allongée qui augmente leur élégance. Ces fleurs sont portées sur de longs pélioles qui s'élèvent du milieu de plusieurs feuilles radicales, oblongues, ovales et crénelées. Celle espèce est la seule qui exige Porangerie. En général il faut à ces planles une situation à l'abri du froid et de l'humidité (quoiqu'elles soient originaires de climats assez tempérés), une terre légère, sablonneuse et pas

trop substantielle, de peur qu'elle ne retienne l'eau. Comme la multiplication par graines est toujours un moyen très-long, il est plus convenable de couper les tubercules de manière à laisser un œillet à chaque segment, et de les planter à peu près de même que la Pomme de terre.

Cyclajie recourbé. Cyclamen repandum, Loddig. Bolan. Cab. t. 1942. Cette espèce a été découverte assez récemment, dans les ravins rocailleux de la Calabre et de l'Archipel de la Grèce; elle fleurit au mois de mai, et sa floraison dure longtemps. C'est une jolie petite plante dont les racines consistent en des tubercules arrondis, gros, charnus, recouverts d'une pellicule noirâtre d'où s'échappent des filets radicaux fort menus. Les feuilles sont arrondies, ondulées en leur bord, presque cordiformes, d'un vert très-foncé, veloutées en dessus , rougeâtres en dessous et portées sur un pétiole radical d'un rouge pourpré très-vif; du sein de ces feuilles s'élèvent des hampes beaucoup plus longues, qui supportent une fleur chacune; ces hampes sont de la même couleur que les pétioles, grêles, nues et inclinées au sommet, de sorte que la partie anlérieure de la fleur se trouve tournée vers la terre. Celle fleur est composée d'un calice à cinq divisions, d'un brun rougeàlre; la corolle, d'un brun rouge pourpré, est presque rotacée, à tube trèscourt, à cinq lobes lancéolés, tellement réfléchis qu'ils sont rejetés en arrière; les cinq étamines ont leurs anthères rouges et conniventes. L'ovaire est globuleux, surmonté d'un style filiforme , plus long ([ue les étamines, à stigmate aigu. La capsule a cinq valves polyspermes.

CYCLAMINOS. bot. Synonyme de Cyclame. CYCLANTHE. Cyclantlius. bot. Genre de plantes monocotylédonées, originaires de la Guiane et de la lUarlinique, et dont Poiteau a publié la description et la figure dans le neuvième volume des Mémoires du Muséum, p. ô4, pi. 2; ce genre, l'un des plus singuliers que l'on connaisse, offre une oiganisation qui n'a point d'analogue dans le règne végétal. Les fleurs forment un spadice ovoïde-allongé, porté sur un pédoncule ou hampe simple, environné d'une spathe de plusieurs folioles. Ce spadice se compose de fleurs mâles et de fleurs femelles disposées circulairement. Si l'on se figure, dit l'auteur de ce genre, deux rubans creux, roulés en cercle ou en spirale autour d'un cylindre, l'un plein d'étamines et l'autre |)lein d'ovules, on aura une idée assez exacte de ces fleurs et de leur disposition; et si on supposait ces rubans coupés d'espace en espace par des cloisons transversales, qui en fissent autant de fleurs distinctes, toule la singularité cesserait, et la plante qui forme le genre Cyclantlius entrerait naturellement dans la famille des Aroïdées. Dans les fleurs mâles, le calice est adhérent dans presque toute son étendue avec le calice des fleurs femelles; il est ouvert à son sommet, et s'étend circulairement ou en spirale continue autour de l'axe du spadice. Les étamines sont fort nombreuses, insérées au fond du calice; leur filet est très-court, leur anthère fort allongée et à deux loges. Le calice des fleurs femelles est plus grand que celui des fleurs mâles avec lequel il est uni par son côté externe, tandis que par tout son côté interne, il est 2!)

ÔOfi

soudé avec la paroi externe de l'ovaire qui est infère. Au-dessus de l'ovaire, le calice se montre sous l'aspect de deux lanies divergentes et réHécliies. roulées en spirale autour du spadice, comme le calice des ileurs mâles. L'ovaire a la même forme et la même disposition que le calice des tleurs femelles; il offre une loge qui se roule autour du spadice, et contient une quantité innombrable d'ovules très petits, qui occupent presque toute la paroi interne de l'ovaire. Celui ci se termine à son sommet par un stigmate bifide, qui s'étend de chaque côté sous la forme d'une lame dentée. Deu.x espèces composent ce genre; ce sont des plantes herbacées qui, par leur port, rappellent tout à fait un l'othos. Leur racine est vivaee et fibreuse; les feuilles très-grandes, pétiolées, idlides ou profondément biparties; les fleurs disposées en spadice porté sur une bampe simple. L'une de ces espèces, Cyclantlius Plumierii, Poil., loc. cit., p. 37, t. 3, a été découverte par Plumier qui l'a figurée pi. 36, 37 et 38 de ses manuscrits. Ses feuilles sont marquées de nervures et simplement bifides à leur sommet. Elle croit à la Martinique. L'autre, Cyclantlms bipartitiis, Poiteau, /oc. cil, p. 3G, t. 2, a été décrite et figurée, pour la première fois, parce voyageur. Elle se distingue de la précédente par ses feuilles qui sont partagées jusqu'à la base, en deuxiobes lancéolés, aigus. Cette plante est commune au bord des savannes humides et sous les bois frais, en terre basse de la Guiane, aux environs de la Gabrielle où on la désigne vulgairement sous le nom d'Arouma-Diable.

La structure de ce genre est tellement différente de celle des autres geni'es de plantes monocolylédonées que Poiteau a pensé qu'il formait le type d'un nouvel ordre naturel, intermédiaire entre les Aroïdées et les Pandanées. En effet, l'organisation des fleurs femelles n'a d'analogue dans aucun autre genre connu. Cependant cette singularité est peut-être plus apparente que réelle; eu effet, l'on ne connaît point encore le fruit des Cyclanthes. Ne pourrait-on pas considérer ce que l'on a décrit pour des ovules, comme étant plutôt des pistils très-nombreux attachés aux parois d'un involucre? Dès lors ce genre rentrerait dans l'organisation commune aux Aroïdées, dont il se rapproche tant par son port. C'est ce que l'analyse du fruit mùr pourrait décider. Cette opinion acquiert encore quelque probabilité de plus, lorsque l'on songe que, dans toutes les Aroïdées, l'ovaire est supère, tandis que dans les Cyclanthées, telles qu'elles ontélé décrites, il serait infère.

CYCLANTHÉES. Cfclanlhece. eot. Dans le Mémoire cité à l'article Cyciantbe, l'auteur propose d'établir une famille, qu'il nomme Cyclantheœ , avec le genre ilont il est question dans cet article.

CYCLAS. BOT. Le genre nommé ainsi par Schreber parait, selon Jussieu, devoir être réuni au genre Apatatoa.

CYCLEMYDE. Cyclemys. rept. Genre de la famille des Chélonicns, formé récemment par Bell, pour une Tortue de l'Inde, qu'il y a découverte. Caractères : partie inférieure de la carapace ou plastron, large, égalant en longueur la partie supérieure ou le test proprement dit, entière, solide ; les deux boucliers unis par un ligament écailleux; Jambes en apparence tronquées ; doigts

fort courts et unisjusqu'aux ongles, par une seule mcni brane; cinq ongles aux extrémités supérieures et quatre aux inférieures. La Cyclemyde orbiculée, Cxclemyn orbiiulata, est longue de huit pouces, sursept de large et trois de hauteur; son test est caréné, dentelé postérieurement, et de couleur brune; la plaque sternalc est jaunâtre, bordée de stries brunes disposées en rayons.

CYCLIDE. Cxclidiuin. ikf. Genre établi par Muller. et qui appartient à la première division de la classe des Microscopiques, c'est-à-dire à celle où l'on ne reconnaît aucun membre, poil, cirrlie, ou organes rolatoircs, ni cavité intestinale. Les caractères qui lui ont été assignés, consistent dans la forme ovoïde, postérieurement atténuée en pointe, du corps qui est comprimé et presque membraneux. C'est principalement dans cette compression qu'existe la véritable distinction, et c'est par elle que les Cyclides diffèrent surtout des Enchelis avec lesquelles on pourrait les confondre au premier coup d'œil.

CvcLiDE TRANSPARENTE, CxcliiUum hyalinuiii, MUll. Inf., p. 84, pi. li ; Encycl. III., p. IG, pi. 5, f. 14; Lamk., Anim. sans vert. T. 1, p. 426. Cette espèce est fort petite, d'une transparence parfaite, ovale, aplatie, fort aiguë et presque terminée en queue. On la trouve dans diverses infusions, particulièrement dans celles des Céréales : c'est celle que GIciehen a fort bien connue, et qu'on trouve en plusieurs de ses planches, particulièremenlaux figuresii.A. m, E.dela quatorzième. Elle est fort commune et l'une des plus faciles à créer. Elle nage en vacillant ou comme par un tremblement continuel.

Cyclide Pepih, Cyclidium Nucleus, MUll. Inf., p. 11, f. 13; Encycl. III., p. 16, pi. 5, f. 16. On trouve encore quelques individus de cette espèce dans Gleichen (pi. XVII, I, B. m, E. pl. XXIII , m, s.). Sa forme est parfaitement celle du pépin d'une Pomme, et sa couleur un peu brunâtre, plus foncée par derrière. On la rencontre quelquefois mêlée à la suivante; mais elle s'en distingue aisément, étant un peu plus épaisse, et variant moins du pointu à l'obtus, dans les mouvements rotatoires.

Cyclide Cercarioïde, Cyclidium Cercarioitles. Glei chen a aussi fort bien vu cette espèce (pl. 16, fig. m, F) qu'il a rencontrée dans une infusion de Maïs. Bory l'a vue dans plusieurs autres infusions de graines nourricières. Sa forme est celle d'une Poire fort amincie, et sa partie postérieure s'allonge tellement, que, sinueuse dans la natation, elle forme un passage aux Cercaircs. Elle est totalement transparente.

Cyclide Eivchéhoïde. Cj-clitlium Enchelioidcs, B.; Enchelistremula,}HM.\\\f.,\>.'ôO.'ï. iv,f. 13;Encycl. Inf., p. 7, t. 2, f. 12. C'est l'une des espèces que MUller avait rapportées à un genre auquel elles ne convenaient pas. La compression de son corps la sépare des Enchélides. Sa figure rappelle assez celle du Nucleus; mais elle est beaucoup plus courte et conséquemment comparativement plus renflée. On observe fréquemment sur elle la faculté qu'ont les animaux Infusoires de se multiplier par sections.

Cyclide NOIRATRE, Cyclidiumnigricans, MUll. Inf.; p. 82, T. XI, f. 9-10 ; Encycl. 111., p. IC, pl. 5, f. 9-10;

I.amck. An. p. 5. T. i, p. 425; le pelil-Trait, Gleichfin, |il. 19, II c. Cette espèce est allongée, fort pointue d'un côté; obscure, agile, s'allongeant souvent beaucoup (juand elle nage, et rie façon à paraître obtuse par les deuxextrémilés.Fortconimune dans toutes les infusions. Cyclide obtcsante. CyclicUum obtusans, B., Gleichen, pi. 18, m d. Celte espèce, parfaitement byaline et assez grosse, par rapport à ses congénères, est pyriforme, très-aigue par sa pointe quand elle s'allonge; mais souvent se contractant de façon à se rendre trèsobtuse, tout en gardant son aspect pyriforme. Son mouvement, toujours par le coté aminci, est prompt mais flexueux. Dans les infusions de Céréales.

Cyclide variadi.e. Crclklium inutabile, B. Cette espèce est l'une des plus vulgaires; toutes les infusions la produisent, souvent en immense ipianlité, se pressant sur le porte-objet du microscope avec une célérité peu commune. Les plancbes xx et xxii de Gleiclien en sont toules remplies; elle est transparente, agile, ovale, oblongue, quelquefois obtuse ou aiguë des deux côtés, changeant de forme sous l'œil de Tobservaleur.

CYCLIOPLEURE. Cxcliopleurus. iNS. Coléoplères tétramères. Genre de la famille des Longicornes, tribu des Lepturètes, instiiué par Hope qui lui assigne pour caractères : antennes épineuses , composées de onze articles, inséiées dans une échancrure des yeux; tête pencbéeeu avant; palpes petites, avec le dernier article un peu plus gros : les labiales sont plus courtes que les maxillaires; corselet un peu aplati, avec les côtés arrondis; extrémité des élytres armée de deux épines. Les espèces qui composent ce genre, appartiennent toutes à l'Améiique méridionale, el ont été séparées pour la plupart du genre Stencore de Fabricius.

CYCLIQUES. Ciclicœ. ipis. Lalreille, dans le Règne animal (vol. 5, p. 159), donne ce nom à la sixième fa mi Ile des Insectes Tétramères, et il la caractérise de la manière suivante : les trois premiers articles des tarses spongieux ou garnis de peloltes en dessous, avec le pénultième article partagé en deux lobes, et les antennes filiformes ou un peu plus grosses vers le bout; corps ordinairement arrondi, avec la base du corselet de la largeur des élytres, dans ceux, en petit nombre, où ce corps est oblong; division extérieure des mâchoires ayant, par sa forme étroite, presque cylindrique, l'apparence d'une palpe; la division intérieure est plus large et sans onglet écaiUeux; languette presque carrée ou ovale, entière ou légèrement échancrée. D'après les recherches anatomiques de Dufour, il paraîtrait que, chez les Insectes de cette famille, le tube alimentaire est trois fois au moins plus long que le corps; que l'œsophage se renfle le plus souvent en arrière du jabot, et que le ventricule cbyllfique ou l'estomac est ordinairement lisse. L'appareil de la sécrétion biliaire ressemble à celui des Insectes de la famille des Longicornes, sous le rai)port du nombre et de la double insertion des vaisseaux qui les constituent; ce nombre est de six, et deux d'entre eux sont ordinairement plus grêles et moins longs. Chaque testicule est formé par un seul sachet.

Toutes les larves connues sont pourvues de six pieds; elles ont le corps mou el se nourrissent de feuilles sur

lesquelles une humeur gluante les colle lorsqu'elles doivent se changer en chrysalide. Les Cycliques sont en général d'assez petits insectes, ornés de couleurs métalliques brillantes. Us sonttimides, replient leurs pattes et leurs antennes contre le corps, et se laissent tomber quand on veut les saisir.

Lalreille divise la famille des Cycliques en trois tribus : les Cassidaires, les Chrysomélines et les Gaiérccites.

CYCLOBOTHRE. Cycloholhra. bot. Genre de la famille des Tulipacées, Hexandrie Trigynic, L. En 1828, le docteur Benlham remit à la Société d'horticulture de Londres, des bulbes recueillis par Douglas, en Californie, et qui avaient la plus grande ressemblance avec ceux de nos tulipes sauvages ; plus taid, Douglas, dans sa correspondance, crut pouvoir indiquer la plante qui nait de ces bulbes, comme appartenant au genre Calocliortus de Pursh, sous le nom de Calochortiis Jlbiis. Mais, vers la même époque, des plantes semblables ayant été cultivées dans le jardin de la Société d'horticulture, ont bientôt fait apercevoir des caractères qui ne se rapportent à aucun de ceux des dilîérents genres connus, et qui déterniinèient Sweet à en constituer un nouveau, qu'il plaça immédiatement auprès du Calochortus, enlre celui-ci et le FritiUaria, dans la famille des Tulipacées (Liliacées, Juss.). 11 lui a donné le nom de Cyclobothra, formé de xuzios, cercle, et de poOf>oç, cieux, à cause d'une dépression circulaire, en forme de fosse ou de sac, que l'on observe vers la base des pétales, et dans laquelle se rassemble en assez grande abondance, le suc mielleux, sécrété par les glandes neclarifères. Les autres caractères consistent dans les dimensions des six divisions du périanlhe campanule, dont les trois externes sont de moilié plus courtes que les trois internes ; dans six étaniines insérées à la base du périanlhe : elles ont leurs filaments aplatis; l'ovaire est trigone, à trois sillons, surmonté de trois stigmates canaliculés en dedans et réfléchis au sommet; la capsule est oblongue, triangulaire, à angles obtus et polysperme. Sweet, dans la seconde édition de VHoilus Biilannicus, comprend deux Cxclobothra, le Barbata et le Piiipurea; Douglas vient d'augmenter le genre des espèces suivantes, auxquelles nous joignons la description du Barbata.

Cyclobotbre a fleurs blanches. Cyclobothra alba, Benth. Sa tige est haute de neuf à dix pouces, cylindricjue, dressée, glabre, rameuse vers l'extrémité qui se couronne de trois ou quatre fleurs. Les feuilles sont glauques : les inférieures linéaires-lancéolées, dépassant presque toujours la hauteur de la tige; les supérieures beaucoup plus courtes, quoique excédant la longueur des pédoncules; et toutes très-aigués, engainantes à leur base. Les fleurs, solitaires ou au nombre de deux ou trois, sont oblongues, renflées, de la grosseur d'un œuf de pigeon, composées de trois sépales ovales-lancéolés, pointus, glabres et d'un jaune verdàlre, d'un nombre égal de pétales plus longs du double, blancs, concaves, oblongs, obtus, entièrement recouverts de poils épars, et ciliés sur les bords : vers la base se trouve une fosse ncctarifère assez profonde, cachée par des poils jaunâtres; celte fosse n'est sen-

sil)lc sur la face externe que par une ffibbosilé bien prononcée. Les six étamines sont hypogynes les anthères linéaires et introrses. L'ovaire est oblongjù trois ailés, garni de trois stigmates recourbés.

Cyclodotiire gestille. Cj'clobolhra pulcliella, Ben- Iham, in Hort. traus. N. S. vol. 1, p. 415, t. 14, f. 1. — Botan. reg., t. 1G02. L'élévation île sa tige ne surpasse pas dix pouces; elle est cylindrique, droite, glabre, terminée par un'corymbe résultant de la réunion des rameaux qui portent cbacun deux ou trois fleurs inclinées. Les feuilles sont planes, acuminées et en tout semblables à celles de l'espèce précédente, si ce n'est que la teinte glauque est moins prononcée. Les pédoncules sont accompagnés de bractées foliacées, très-courtes. Les fleurs sont un peu moins grandes que celles de la Cyclobolhre à fleurs blanches, plus globuleuses et d'un jaune doré brillant; les sépales sont verdâtres, striés de vert, très-aigus et un peu plus courts (pie les pétales, sur la face interne desquels on aperçoit encore des poils épars et de plus des cils fort épais sur les bords; l'espace qui forme la fosse nectarifère est entièrement caché par des poils plus rapprochés.

Cyclobotdre a Fi.Ei'RS jADnES. Cyclobolliia lutea, Botan. reg., t. 1005; Cxclobollira baibata, Sweet, FI. Gard., t. 273. — Id. Hoit. Brit., 550. Celte espèce, originaire du Mexiipie et que M. Tate introduisit, le premier, en Angleterre, dans le courant de 1827, reçut d'abord le nom spécifique de Barbala; mais comme ce nom était également convenable à toutes les espèces du genre nouveau, on a jugé à propos de le changer et de lui en substituer un autre, moins susceptible d'induire en erreur. La lige de la Cyclobolhre à fleurs jaunes a environ douze pouces de longueur; elle est cylindrique, glabre, d'un vert gai, tirant fort peu sur le glauque, terminée par une seule fleur, enveloppée à sa base par la gaine d'une feuille lancéolée, Irès-aigue, striée dans toute sa longueur <pii dépasse celle de la tige, sa largeur estdecinqlignes; les feuilles caulinaires sont moins longues, moins engainantes et cachent dans leurs aisselles des bulbiles verdâtres. Les fleurs sont solitaires, penchées, portées sur un pédicule plus long que les bractées qui ont beaucoup de ressemblance, mais en petit, avec les feuilles; les sépales sont jaunes, ovales, acuminés, entièrement glabres sur leurs deux faces et sur les bords; les pétales sont jaunes, ovalaires, presque rhomboïdaux, pointus au sommet qui est presque glabre comme la face extérieure, barbus intérieurement surtout vers la fosse médiane et nectarifère, avec une dépression proéminente, opposée à cette fosse, sur la face externe.

CYCLOBRANCHES. Moii. Blainville a proposé, sous ce nom. une coupe parmi les Malacozoaircs céphalophores (Mollusques céphalés, Cuvier); c'est la quatrième division du premier ordre qui renferme lui-roéme tous les iUollusqnes dont les organes de la respiration ainsi que la coi|uille sont symétriques. 11 l'a démembrée des Gastéropodes nudihrancbes de Cuvier, et il lui a donné les caractères suivants : organes de la respiration symélii(|ues, branchiaux, en forme d'arbuscules rangés en ricmi -cercles à la partie postérieure du dos; corps nu, tuberculeux, bombé; pied large, propre à ramper,

occupant tout l'abdomen ; ilssont tous hermaphrodites. Celtecoupe, ainsi caractérisée, ne renferme queles trois genres Unchidore, Doris et l'eronium.

CYCLOCÉPUALE. Cyclocephala. iks. Genre de Coléoptères penlamères, dont les caractères sont encore inédits. Il est formé aux dépens des Hannetons de Fabricius, et comprend plusieurs espèces parmi lesquelles on dislingue celles désignées par cet auteur, sous les noms de Melolonthaf/eiiiinala, baibata, signala, etc. Elles sont toutes originaires de l'Amérique septentrionale ou du Brésil.

CYCLOCOTYLE. Cxclocotxlus. intest. Genre de Zoophytes parencliymaleux, de la famille des Acanthocéphalcs, institué par le professeur Otto, de Berlin. <|Hi lui assigne pour caraclères : corps oblong, pourvu d'une proéminence en forme de trompe et armée de crochets; huit ventouses formant un cercle presque complet sous l'arrière du corps (|ui est large. Otto n'en décrit qu'une espèce, Cyclocotyle de l'orphie, Cyclocolxlns bellones, qu'il a prise sur le dos de ce Poisson.

CYCLODEUME. Crclotleima. bot. Klolsch a établi ce genre de plantes Cryptogames dans la famille des Gastéromycètes, en lui assignant les caractères suivants : péridion globuleux et double : l'externe coriace, mou et bien distinct, l'interne très-mince etpapyracé; sporidies globuleux, disséminés et attachés sur le péridion interne en forme de rayons. Les Cyclodermes sont des fungules terrestres delà grosseur d'une noix ordinaire, portés sur un stipe radiciforme, court et spongieux. On les trouve dans I Inde.

CYCLOGASTRE. Cyclogastenis. pois. Genre formé d'abord par Gronou, cité par Duméril, et conservé par Cuvier, comme sous-genre, sous le nom de Liparis, dans le genre Cycloptère. /'. ce mot.

CYCLOGLÈNE. Cycloglena. infos. Genre de la famille des Euchlanidates, de la section des Polytroques cuirassés, ordre des Ratifères, selon la nouvelle méthode de classification des Infusoires, publiée par Ehrenbeig. Caraclères : point de cœur ni de branchies; un vaisseau dorsal et des vaisseaux transversaux bien distincts; un anneau cervical et un nerf abdominal visibles; des organes sexuels distincts et hermaphrodites; plusieurs petites couronnes de cils; plusieurs yeux colorés en rouge et disposés en un cercle unique sur le cou.

CYCLOIDES. roiYP. Blainville propose ce nom, pouiremplacer celui de Cylindroïdes, donné à des Radiaircs et à des Échinodermes.

CYCLOLÉPIUE. Cfclotepis. bot. On doit à Moquin- Tanilon la formation de ce genre nouveau de la famille des Chénopodiées, pour une plante qui fut considérée successivement comme devant appartenir aux genres Salsola , Korhia et Chenopodium. Déjà Michaux et Persoon avaient reconnu que cette plante ne pouvait point rester parmi les Soudes, et Robert Brown avait démontré qu'elle différait considérablement des Kocbies; or, BIoquin-Tandon s'étant assuré qu'elle pouvait encore moins faire partie du groupe des Ansérines, il s'est décidé à en faire le type d'un genre distinct, dont il a tiré le nom des deux mots xu/.Jo,-, cercle, et iî^ii,-, écaille, exprimant la couronne de son calice. Caiac-

tères : fleurs hermaphrodites , quelquefois polygames par avortemenl de l'ovaire ; calice urcéolé, persistant, à cinq divisions oibiculari-ovales, concaves, carénées, à bords membraneux, marquées sur le dos d'une excroissance ou appendice scarieux qui les traverse : ces appendices soudés entre eux forment un cercle écailleux ou une sorte de couronne ; cinq élamines fort longues et opposées aux divisions du calice ; anthères biloculaires et ovales; ovaire suborbiculaire, déprimé, surmonté de trois styles filiformes , aigus, à peine divergents. Le fruit est entouré du calice qui le renferme; son péricarpe est membraneux, pubescent ; la semence est horizontale, orbiculaire, émarginée, comprimée, revêtue d'un double tégument dont l'extérieur cruslacé et punctulalo-rugueux. Les fleurs mâles diffèrent des hermaphrodites en ce qu'elles n'ont qu'un pistil imparfait. La seule espèce connue jusqu'ici est le Cyclvlepis platiphylla; c'est une plante herbacée, pubescentc, à tige striée, à feuilles alternes, sinuées et dentées, à fleurs terminales ou axillaires, solitaires ou groupées deux ou trois en une sorte de panicule. Cette plante diffère surtout des Ansérines par ses fleurs polygames, par la couronne membraneuse du calice, l)ar son ovaire velu , ses styles au nombre de trois, l'aplatissement de sa semence et enfin par une physionomie qui lui est toute particulière. Elle est originaire de l'Amérique septentrionale.

CYCLOLITE. Q'cloliles. poitp. Genre de l'ordre des Caryophyllaires dans la division des Polypiers entièrement pierreux, offrant une ou plusieurs étoiles lamelleuses. Caractères : une masse pierreuse, orbiculaire ou elliptique, convexe et lamelleuse en dessus, sublamelleuse au centre, aplatie en dessous, avec des lignes circulaires concentriques; une seule étoile à lames très-fînes, entières et non hérissées, occupe la surface supérieure. Lamarck, d'après des auteurs anciens, dit qu'il existe une Cyclolite vivante dans l'océan Indien et la mer Rouge; ce fait semble douteux, d'autant que ces productions animales ne se trouvent fossiles que dans les terrains de seconde formation. Elles se rapprochent beaucoup des Fongies, dont elles diffèrent par les lignes circulaires et concentriques de leur surface inférieure, et par les lames glabres de leur étoile. Tout porte à croire que chaque Polypier est formé par un seul animal, même ceux où il y a deux lacunes. Le nombre des espèces est peu considérable, et les quatre de Lamarck devraient peut-être se réduire à deux. Cyclolite hémispdériqbe, Cyclolites hemisphœrica, Lanik., T. ii, p. 235, n» 2. Orbiculaire, très-convexe, à lacune oblongue, avec des lames nombreuses et trèsminces; son diamètre dépasse quelquefois deux pouces. On la trouve fossile dans le Dauphiné. Cyclolite ellip- TiQtE, Cyclolites elliplica, Lamk., p. 2ô4, n» 4, Guett., Mém. 3, p. 432, tab. 21, fig. 17-18. Cette espèce, vulgairement nommée la Cunolite, est la plus grande de toutes celles que l'on connaît, et facile à distinguer par sa forme ovale ou elliptique ; la lacune centrale n'est pas toujours unique. Fossile en France. La Cyclolite NumsiiALE, Lamarck, p. 253, n» 1, que l'on dit vivante dans l'océan Indien ainsi que dans la mer Rouge, se trouve fossile en France; et la Cyclolite a crêtes.

Lamk., p. 234, n" 3, fossile dont on ignore la localité, complètent jusqu'à ce moment le genre.

CYCLOME. Çyclomus. livs. Coléoptères létramères; genre de la famille des Rhynchophores , établi par Schoonherr qui lui assigne pour caractères ; museautrompe court, assez épais, d'égale largeur sur tous ses points, arrondis la pointe; corps court, ovoïde, privé d'ailes; épaules arrondies, obtuses; jambes antérieures plus longues. Toutes les espèces que Schoonherr a placées dans ce genre appartiennent au cap de Bonne- Espérance.

CYCLOMYCE. Cyclomyces. bot. Genre de plantes Cryptogames , établi par Kunze dans la famille des Champignons, pour une espèce madécasse, qui en constitue le type. Caractères : membrane fructifère, ou hyménion, composée de feuillets sinueux, Iransverses, fort saillants et anastomosés de manière à former des sortes de pores ou de cavités irrégulières et de dimensions variées. L'espèce décrite par Kunze, Cyclomyces fusca, a son chapeau sessile, imbriqué, coriace, demicirculaire et fixé sur le tronc des arbres où il végète avec une élégance remarquable. 11 a été successivement examiné par Hooker, Telfair et Bojer, qui n'ont point hésité à l'admettre comme genre nouveau.

CYCLONOTE. Cyclonotum. iss. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Carnassiers, tribu des Hydrophilins, inslilué par Dejcan qui lui assigne pour caractères : mâchoires et mandibules coriaces ; palpes allongées, avec le dernier article plus mince; antennes composées de neuf articles; corselet rétréci antérieurement; corps orbiculaire; premier article libre et allongé. Le Cyclonotum seminulum, le seul du genre, est un très-petit Insecte, il surpasse à peine le volume d'une graine de pavot; il a les antennes ferrugineuses, le corselet très-court, arrondi sur les côtés et postérieurement; l'éeusson triangulaire; les élylres d'un noir brillant avec une seule strie vers la suture, mais qui ne se prolonge pas jusqu'à l'extrémité; le corps d'un brun luisant ; les pieds d'un brun de poix, avec les jambes comprimées et ciliées. En Europe.

CYCLOPE. Cyclopns. iNS. Genre de l'ordre des Coléoptères tétramères, de la famille des Charansons. Il comprend une seule espèce, Cyclopus tereticollis, Dej., originaire de l'Ile-de-France.

CYCLOPE. Cyclops. moi.l. Genre établi par Denys Montfort (Conchyl. Syst. T. ii, p. 370) pour le fiwcci'num neiiteum, L., Coquille qui présente, à la vérité, un port assez particulier, mais qui n'offre point un caractère suffisant pour établir des différences génériques.

CYCLOPE. Cyclops. CRCST. Genre de l'ordre des Branchiopodes, section des Lophyropes, établi par MuUer aux dépens des Monocles de Linné. Caractères : corps allongé, diminuant insensiblement pour former une queue; deux à quatre antennes; six à dix pattes soyeuses; un seul œil. — Le corps des Cyclopes est de forme ovale, allongé, gélatineux et renfermé dans un test fort mince, divisé en dessus par des intersections transversales, constituant des anneaux dont le nombre varie de cinq à huit. La partie antérieure de cette sorte de carapace se prolonge en dessous comme un

îlO

(Icmi-casque; on ne voit aucune apparence de têle; c'est un tout conlinii avec le reste du corps; à l'extréniilé brille un point noircpii est l'œil; à côté sont les antennes, ordinairement au nombre de deux, toujours simples et diminuant insensiblement de grosseur de la base au sommet, garnies de poils partant pour la plupart des divers points de jonction des articles, et très-mobiles; les antennes des mâles, que MliUcr a considérc-cs comme le siège des organes sexuels, ne jouent pas, dans l'accouplement, un rôle aussi important; les observations qui relèvent celte erreur el qui fixent d'une manière positive leurs véritables fonctions sont dues à Jurine qui les a consignées dans un ouvrage important (Histoire des Monocles, p. ô) d'où nous les extrairons. Les antennes du mâle du Cyclops quadiicornis , sont plus giosses et plus courtes que celles de la femelle. Elles ont deux étranglements, ce qui permet de les diviser en trois parties. La première s'étend depuis la base de l'anfenne jusqu'à son premier étranglement, el comprend quinze anneaux, souvent Irès-peu distincts; la seconde a une étendue moindre, limitée aux six anneaux suivants qui portent tous un rcnUemenl à leur partie antérieure, ce qui fait paraître l'antenne bossue en cet endroit; la troisième partie commence au second étranglement, c'est-à dire immédiatement après le sixième anneau renUé, et se compose de cinq anneaux dont le premier diffère essentiellement de tous les autres par sa structure, étant grêle, long et un peu contourné à son origine; dans cet endroit il s'articule comme par charnière avec celui qui précède. Ouelles que soient les variations apparentes dans le nombre des articles des antennes, les renflements existent toujours dans l'une et l'autre antenne, et l'anneau qui suit ces renflements est articulé d'une manière toute particulière. Dans cet anneau réside une irritabilité extrême, ce que Jurine a démontré par des expériences directes. Les antennes des femelles sont bien moins Irritables que celles du mâle. Dans l'un et l'autre sexe, ces parties servent de balancierauCycIope,pourle tenir en équilibre dans le liquide; lorsqu'il veut se donner un grand élan, elles agissent de concert avec les pattes ; elles lui servent aussi de bras pour se soutenir contre les Conferves, ce qui a lieu à l'aide des poils dont ces organes sont hérissés. Dans les mâles, leur singulière structure est en rapport avec des usages fort importants; elles servent à retenir la femelle jus(|u'au moment de l'accouplement. Les antennules sont situées derrière les antennes et placées transversalement au corps de l'animal. Elles sont composées de quatre articles ornés de plusieurs filets. Jurine donne aussi des détails très-circonstanciés et nouveaux sur les parties de la bouche, dont l'élude avait été avant lui négligée. H distingue des mandibules internes, des mandibules externes et des mains. Les mandibules internes, placées au-dessous des antennules, sont opposées l'une à l'autre et dans une situation trans>ersale au corps de l'individu. Elles peuvent être divisées en trois parties : le corps de la mandibule, son prolongement et son barbillon. Le corps présente une figure ovoïde, de laquelle naît intérieurement une sorte de pétiole ou prolongement contourné sur lui-même, et terminé par plu-

sieurs inégalités qui sont les dents. Du milieu de la portion ovoide sort un petit barbillon composé d'un article el de deux longs filets. Si l'on tourne la mandibule, on reconnaît alors que le corps est convexe en dehors el concave en dedans; que dans celte cavité est logé un muscle destiné à en opérer les mouvements, et que le pétiole, formé par un prolongement du corps lui-même, est dilaté à l'exlrémilé où sont implantées six dents longues et fortes. Les mandibules internes sont en partie recouvertes par les mandibules externes ; elles sont situées un peu plus en arrière que les précédentes, et susceptibles de s'écarter ou de se rapprocher l'une de l'autre à volonté. Ces mandibules sont Irès-fortes, convexes extérieurement et concaves intérieurement; elles donnent naissance à plusieurs filets, et se terminent par deux fortes dents cornées, dont l'une est plus longue que l'autre ; ces mandibules externes, étant plus saillantes que les internes, sont considérées par Jurine comme deux fortes pinces destinées à saisir tout ce qui sera amené dans leur sphère d'action et à le transmettre ensuiteaux mandibules internes, quiréduisenllescorps, s'ils sont trop gros, en fragments proportionnés ù l'ouverture delà bouche située immédiatement au-dessous. En arrière des mandibules externes, on remarque les mains, organes assez semblables à des pattes et offrant deux parties; l'interne, qu'on peut considérer comme un pouce, est beaucoup plus petite que l'externe sur le tronçon de laquelle elle parait entée; elle est formée de trois anneaux ; le premier a dans sa face intérieure une tubérosilé qui fournit un long filet composé, et deux petits d'une structure très-simple ; le second anneau cylindrique, comme le précédent, ne donne qu'un seul filet vers sa partie supérieure; tandis que le troisième se divise, dès sa naissance, en deux doigts d'où sortent deux longs filets crochus, très-penniformes, et une longue épine. La partie externe de la main admet aussi dans sa composition trois articles; le premier, trèslarge , offre un prolongement sur le<iuel repose le pouce; de ce prolongement naissent deux grands filets; le second article a une étendue considérable, et de son côté interne sort une forte épine; le troisième est partagé depuis son orig'ine en cinq digitations terminées par de longs crochets mobiles et penniformes, La forme et la position des mains en annoncent la destination; elles servent â établir un courant et à lui donner une direction telle qu'il passe entre les mandibules sans cesse occupées ù broyer tous les corps qui se présentent. Les Cyclopes sont carnivores el paraissent cependant pouvoir se nourrir aussi de substances végétales. Les pattes ou uageoires sont situées derrière les mains; elles sont au nombre de six à dix. La figure de ces pattes a été bien vue par Degéer; chacune d'elles a un article commun, qui fournil deux liges subdivisées en quatre autres articles, d'où sortent surtout à l'extrémité, une grande (|uantité de filets penniformes. Elles sont disposées de manière que, quand le Cyclope se tient en repos, elles sont toutes inclinées en avant, et quand il veut nager, il les pousse en arrière avec force el frappe l'eau avec d'autant plus d'efficacité, que ses nageoires parcourent un plus grand espace. Ces petits animaux se meuvent sans uniformité ; ils s'élancent par bonds

et par saccades lorsqu'ils veulent se porter quelque part.

L'abdomen , qui sert d'aviron au Cyclope quand il nage, est composé de six anneaux entiers, et d'un septième bifurqué, qui supporte des tilels assez déliés; il varie dans chaque sexe : dans la femelle, le premier anneau, qui est très-court comparativement au second, et toujours plus apparent, porte en dessous deux appendices en forme de petites pattes, composées chacune de deux anneaux , dont le dernier se termine par trois filets. Jurine nomme ces appendices fiUcra ou supports, parce qu'ils soutiennent les oviductes qui fournissent l'enveloppe des ovaires externes. Le second anneau, moins grand que le troisième, porte en dessous et sur le bord inférieur, une papille transversale et oblongue; on voit en outre de chaque côté, à l'endroit de la réunion avec le troisième anneau, une ouverture qui est l'orifice du canal déférent des œufs, et dont la coramunicalion avec l'ovaire est directe : dans le mâle, le second anneau est le plus grand; on distingue en dessous deux corps ovales, assez éloignés l'un de l'autre, qui donnent naissance à deux petits organes que Jurine présume être ceux de la génération. Chacun d'eux est composé de trois articles qui diminuent de grosseur; le second fournit deux à trois petits filets, et le troisième se termine en pointe. Le troisième anneau de la femelle est remarquable par sa grandeur et par deux autres papilles oblongues, écartées l'une de l'autre en haut, et rapprochées en bas au point de se toucher; Jurine ignore l'usage de ces parties. Les anneaux suivants sont simples et n'offrent rien de remarquable; le dernier est séparé en deux tiges cylindriques; chacune d'elles jette près de son extrémité un petit filet latéral, et se termine par quatre autres également pennés, et dont les intermédiaires sont plus longs; ces deux grands filets portent à la base un très-petit article avec lequel ils s'articulent, ce qui en augmente la souplesse.

L'ovaire externe consiste en un sac ovale, rempli d'œufs sortant du second anneau et adhérent de chaque côté à l'abdomen par un pédicule très-délié, presque imperceptible; cet ovaire externe ne se développe que successivement et à mesure que les œufs, situés à l'intérieur du corps dans un moule particulier que Jurine nomme l'ovaire interne, passent de ce moule dans les enveloppes extérieures; chacune de celles-ci contient de trente à quarante œufs. Les œufs étant arrivés à leur point de maturité , la membrane de l'ovaire externe s'ouvre, et la mère ne peut se mouvoir sans les disséminer; en abandonnant l'ovaire, ils ont déjà perdu la forme sphérique qu'ils avaient; la coquille qui les couvre, ne tarde pas à se fendre longiludinalement, et le jeune Cyclope paraît sous forme de Têtard. Il difîère d'abord de ce qu'il doit être ensuite; au sortir de l'œuf il est presque sphérique, et on ne distingue d'abord que l'œil; tout à coup on voit paraître ses anteiuies qui se séparent du corps contre lequel elles étaient auparavant fixées, comme si un ressort, en cessant d'agir sur elles, leur permettait de s'étendre; peu de temps après, les pattes de devant se détachent de même, puis celles de derrière. Ce nouveau-né, qui jusqu'alors avait été immobile, agite plusieurs fois ses membres comme s'il

voulait apprendre à en connaître l'usage, puis il s'élance par sauts et par bonds, dans son élément, pour y chercher sa nourriture. Il subit plusieurs mues, et change encore bien des fois de forme avant d'arriver à son entier développement. —Les organes des mâles ne paraissent pas situés dans les antennes, ainsi que Muller le pensait, et comme on l'a cru depuis lui, ces antennes n'ayanl d'autre usage que de retenir la femelle pendant l'acte de la copulation. De tous les faits observés, Jurine a été amené à conclure : 1» que cette phrase de Muller, Mas médium antennaiumad viilvas feminœ adplicat, ne présente pas un fait exact, puisque ce n'est pas dans la partie où le mâle fixe ses antennes que se trouvent les vulves; elles sont situées dans le second anneau de la queue, et forment l'extrémitéde l'oviducle; 2» que le mâle ne peut introduire ses antennes dans le corps de la femelle, puisqu'il n'y a là aucune séparation entre la chair et la coquille, ni aucune ouverture; il se borne à la saisir par la dernière paire de pattes, en l'enveloppant avec ses deux antennes ; o" que la force qui s'oppose à la séparation de ce couple amoureux, réside dans la construction de l'anneau à charnière du mâle, lequel, comme il a été dit plus haut, est très-irritable. Aussi longtemps que le mâle est agité par des désirs, le bout de ses antennes l'ait un ressort autour des paltes de la femelle, contre lequel les efforts de celle-ci sont impuissants; ce n'est qu'après la jouissance que ce ressort se délend et que l'embrassement cesse; 4» enfin que cet embrassement n'est que le prélude de l'accouplement, qui avait échappé à la perspicacité de Muller. La femelle, ainsi liée par le mâle, le charrie et l'emporte avec elle aussi longtemps qu'elle veut lui résister; mais lorsque fatiguée de ses importunités et de l'élat de gène dans lequel il l'a réduite , ou peut-être excitée elle-même à la jouissance, elle se rend à ses désirs et devient immobile, le m.âle, prompt à saisir ce moment, approche sa queue de celle de sa femelle qui paraît en faire autant; il s'opère alors, à ce qu'on peut croire, une double conjonction par les deux parties sexuelles du mâle, qui pénètrent dans les deux vulves de la femelle. Cette conjonction, qui n'est que l'affaire d'un clin d'œil, se répète plusieurs fois de suite.

On connaît idusieurs espèces, parmi lesquelles la suivante peutélre considérée comme le type de ce genre, Cyclope qcadricorime, Cydops quadricornis, MUlIer. Eiitoin. lus. Test. pi. 18, fig. 1-14; Monoculusquadricornis rubens, Jurine, Zoc. cit., pi. 1, fig. 1-11; et pi. 2, fig. 1-9, et les variétés qu'il désigne sous les noms d'albidiis (|il. 2, fig. 10 et 11), viridis (pi. 3, fig. 1), fiisciis (pi. 5, fig. 2) et Prasinus (pi. 3, fig. 5). On la trouve dans les eaux stagnantes.

CYCLOPEPTIDE. Cyclopeptis. bot. Genre de la famille des Chénopodées, formé récemment par Moquin- Tandon, aux dépens du genre Chenopodiuin dont il diffère surtout par ses Heurs polygames, par la couronne monophylle, que présente son calice, parle double tégument qui enveloppe la semence, par un albumen copieux et par un embryon blanc, qui n'est ni tordu en spirale comme celui des Soudes, ni fortement courbé en fer à cheval comme celui des Kochies, mais cyclique ou annulaire. Il s'en distingue encore par son inflores-

cence corymljiforme , son ovaire velu, ses styles au nombre de trois et l'aplatissement de sa semence. Le Crclopeptisplaliphxlla; Salsola platiphylla, Michaux, Flore Am. mér. 1, p. 174; Salsota radiata, Desf.; Salsola atriplic.ifolia, Spreng.; Kachea dcntata, Willd. Ilort. Berol. 1, p. 18, a sa tige anguleuse et striée, de la grosseur du petit doigt, et divisée en plusieurs rameaux; les feuilles sont alternes, glabres, lancéolées, plates, portées sur un pétiole court, bordées de dents inégales, aiguës, terminées par un petit poil roide. Les Heurs sont polygames, sessiles : dans les mâles, le calice est persistant à cinq divisions profondes; la corolle est nulle, les élamines opposées aux cinq divisions du calice; les hermaphrodites ont en outre trois styles blancs, sétiformes, plus longs que le calice; une seule graine brune, orbiculaire, aplatie, écbancrée d'un côté, entourée d'une pellicule mince, recouverte par le calice. Elle est annuelle, et de l'Amérique septentrionale. CYCLOPHORE. MOLi. A'. Ciclopiiore.

CYCI.OPllOKE. Cyclophorus. bot. Genrede la famille des Fougères, établi par Desvaux. Caractères : capsules entourées d'un anneau élastique, insérées sur un seul rang, et en forme d'anneau, autour d'un réceptacle plus saillant; ces groupes de capsules arrondies sont enfoncés dans des dépressions de la fronde; celle-ci est simple, sans nervures visibles, portée sur une tige rampante,écailleuse; les groupes de capsules sont rapprochés vers l'extrémité de la fronde. A ce genre appartiennent les espèces suivantes : Cyclophorus adnascens, Desv. ( Polfpodivm adnascens, Swariz). — Cyclophorus heterophyllus, Desv. — Cyclo/horus spissiis, Desv. (Polyp. spissum, Bory, in 'Cilld. Spec.) — Cyclophorus lonrjifolius, Desv. (Jcrostichum longifolium, liurm. ) — Cyclophorus stigmosus, Desv. (Polyp. sligmosum , Swartz ). — Cyclophorus glaber { Polyp. acrostichoides? Swartz, non Linn).

CYCLOPIDÉES. Cyclopidœ. cbust. Famille de l'ordre des Branchiopodes, établie par Leach qui lui donne pour caractère distinctif : tét d'une seule pièce. Elle comprend les genres Cyclope, Calane et Polyphème.

CYCLOPIE. Cyclopia. bot. Venlenat a nommé Cyclopia genistoides (Decad. A'or. Gen., p. 5) ujie plante désignée par WiUdenow sous le nom de Podalyria genistoides, et figurée dans le Botanical Magasin, t. 1250, sous le nom d'JFJellsunia genistoides, et dans Andrews Botanical Repository, t. 427, sous celui de Gompholobium muculatum. C'est un arbrisseau originaire du cap de Bonne-Espérance. Ses Jeunes rameaux sont anguleux, et portent des feuilles éparses, sessiles, composées de trois folioles petites, subulées, longues d'un pouce et plus, ayant les bords roulés en dessous; les fleurs, qui sont jaunes, naissent seule à seule à l'aisselle des feuilles; elles sont accompagnées de bractées; le calice est tubuleux, a cinc] divisions inégales disposées en deux lèvres : quatre supérieurement et une seule inférieurement; la corolle est papilionacée; l'étendard marqué de stries longitudinales; les dix élamines sont libres; le stigmate est barbu d'un seul côté, et le fruit se compose d'une gousse comprimée et polysperme. t;el arbuste élégant est cultivé dans les serres. CYCLOPITE. MIN. Synonyme d'Analcime. y. ce mot.

CYCLOPOGON. Cyclopogon. bot. Genre de la famille des Orchidées, Gynandrie Monandrie, Lin., établi par T. Haenke qui lui donne pour caractères : périanthe ringent. composé de trois sépales dont deux inférieurs linéaires et repliés, un supérieur dressé, terminé par trois dents; labelle étalé, oblong. concave, stipé, trilobé et prolongé à sa base, atténué vers l'extrémité en une sorte de lame plane, dilatée, arrondie en spatule; gynostèmc stipité; anthère terminale, persistante, à loges rapprochées; masses polliniques pulvérulentes. Le Cyclopogon ovali/olium est une plante herbacée, parasite, originaire du Pérou; elle y a été observée dans les environs de Huanocco.

CYCLOPTÈliE. Cyclopterus. pois. Genre de l'ordre des Branchiostèges, L., famille des Discoboles, Cuv. Ce genre a un caractère très-marqué, dans les ventrales dont les rayons, suspendus tout autour du bassin et réunis par une seule membrane, forment un disque ovale et concave (|ue le Poisson emploie comme un suçoir pour se fixer contre les rochers. La bouche est large, garnie aux mâchoires et aux os pharyngiens de petites dents pointues; les nageoires sont impaires et distinctes, et les pectorales fort amples, s'unissanl presque sous la gorge, comme pour y embrasser le disque formé j)ar les ventrales; l'opercule est petit; les ouïes sont fermées , vers le bas et munies de six rayons. Le squelette des Cycloplères est presque entièrement cartilagineux; il durcit peu; la peau est visqueuse et sans écailles ; l'estomac est assez grand ; on y trouve beaucoup de cœcnm, un intestin six à sept fois plus long que le corps, et une vessie natatoire médiocre. Le nom de Cycloptère, tiré du grec, signifiant nageoire en cercle, indique le caractère saillant du genre. Deux groupes ou sous-genres existent parmi les Cycloplères. t LiiMPS ou Boucliers, qui ont une première dorsale quelquefois obsolète, mais à rayons simples, et une seconde à rayons branchus, située vis-à-vis l'anale. Leur corps est épais.

Cycloptère Lump ou Lompe. Cyclopterus Lumpus, L., Bloch, p. 90; Encycl. Pois., p. 20, pi. 20, f. 63. Gros Poisson des mers du iVord ; on le sale sur les côtes d'Irlande, quoique sa chair soit un fort mauvais manger. Ses cartilages sont verdâtrcs; sa démarche est lourde; sa taille dé|)asse rarement trois pieds de longueur; sa première dorsale est plutôt une bosse qu'une nageoire; des boucliers durs, disposés sur plusieurs rangs, garnissent sa surface; il varie avec l'âge pour les couleurs; mais plus communément celles-ci sont distribuées assez vaguement en teintes brunes ou noirâtres sur le dos, blanchâtres sur les côtés, orangées sous le ventre, jaunes tirant sur le rouge aux nageoires. Le Lompe se fixe avec une telle force contre les rochers, au moyen de sa nageoire en ventouse, qu'il est difficile de l'en arracher. On prétend que celte nageoire donne au tact de l'animal une certaine perfection, et que chez lui les organes de l'ouïe et de la vision sont fort développés. De lu sans doute cette réputation d'Intelligence supérieure , de constance dans ses amours monogames, et de tendresse pour des |)etlts soigneusement élevés et courageusement défendus, qu'on a prétendu établir au Lompe; perfections morales, qui ont puissamment excité l'éloquente

CYCLOPTÈRE LOMPE .

sensibilité du continuateur de Buffon; celui-ci, de même ([ue son illustre prédécesseur, aimait à rechercher chez les animaux les traces vraies ou supposées de l'homme civilisé. Le Lompe, cependant, n'est qu'un Poisson stupide et maladroit, que sa pesanteur et son inertie rendent la proie hahituelle des Phoques et des Squales. On l'appelle vulgairement Gras-Mollet, ce qui indique la mauvaise consistance de sa chair insipide. Les Cycloplères Pa on e t bossu , Cyclopterus Pu no n iiis et f/ibbosus, paraissent être des variétés du Lompe. d. 0, 21, p. 20, V. 6, A. 10, 12, c. 9, 12. Cycloptèbe épipieox, Cyclopterus spinosus, Schn. 46; Cxcloptenis Lumpiis, /3 , Gmel. ; Cycloptère Meisd . Cxcloptenis minulus , Pall., Spic. ZooL, 7, pi. 2, f. 7-9; Gmel., loc. cit., p. 1473; Encycl. Pois., pi. 20, f. 6o ; Cycloptère ventru, Pall., loc. cit., f. 1-5; Encyci; Pois., pi. 20, f. 06; — enfin le Gobius minutiis de la Zoologie Danoise, pi. 44, f. B, sont les autres espèces constatées du sous- {jenre dont il est question.

f-f Cyclogastres. Ils n'ont qu'une dorsale assez longue ainsi que l'anale ; leur corps, lisse et allongé par derrière, y est sensiblement comprimé. Ces Poissons sont généralement plus agiles que ceux du sous-genre précédent.

Cycloptère Souris de mer. Çycloptenis Musculus, Lacép., Pois. T. iv, pi. 13, f. ô, 4. Ce Poisson, le plus petit de son genre et qui n'acquiert guère que sept à huit pouces de longueur, se trouve sur les côtes de Dieppe où Noël l'observa le premier. Sa couleur sombre et son agilité lui ont mérité de la part des pécheurs le nom qu'il porte. Il est sensiblement distinct de l'espèce suivante dont on a cependant soupçonné qu'il pouvait n'être qu'une variété, en ce que la dorsale et l'anale qui, fort prolongées, atteignent l'insertion de la caudale, ne se confondent cependant pas avec celle-ci. D. 40, p. 33, A. 19, c. 5.

Cycloptère Liparis. Cyclopterus Liparis, L., Bloch, pi. 123, f. 3, 4; Encycl. Pois., pi. 20, f. 07. Probablement le même animal que le Gobioïde smyrnéen, de Lacépède. Ce Poisson, dont la taille ne dépasse jamais dix-huit pouces, habite les mers glaciales du Groenland, de l'Europe et de l'Asie septentrionale. Il se plaît à Pembouchure des rivières qui roulent des glaces avec leurs eaux; il descend cependant vers nos côtes; on l'a péché quelquefois en Hollande, en Angleterre et jusqu'en Normandie. La ligne latérale est très-marquée, le museau arrondi, la tête large et aplatie, la bouche grande, avec deux pelits barbillons à la lèvre supérieure; le ventre est blanc, les Hancs sont jaunâtres, le dos et les nageoires bi uns; les impaires ne sont pas positivement toutes réunies en une seule; mais la dorsale et l'anale, se prolongeant jusque sur la caudale, ont l'air de se confondre avec elle sans cesser cependant de demeurer distinctes. Le Liparis se mange en quelques endroils, mais sa chair est médiocre, b. 7, D. 41, p. 54, V. 0, A. 33, c. 19.

Cycloptère rayé. Cyclopterus lineatus, L., Encycl. Pois., p. 28, pi. 80, f. 354 (d'après Lepechin). Ce Poisson, qui se pèche dans la mer Blanche, est bien certainement très-différent du Liparis. Sa longue dorsale, d'abord relevée de manière à paraître double, s'unit

entièrement avec la caudale et l'anale, sans qu'on puisse distinguer de différence dans la direction des rayons. Sa bouche est grande et sa tète aplatie; le corps, épais par le milieu, s'amincit en pointe postérieurement; il est varié dans loule son étendue, ainsi que les nageoires, de lignes parallèles, longitudinales, alternativement blanches et brunâtres. Le nombre des rayons n'a pas été compté. Le Rayé pourra être par la suite le type d'un genre que caractériseraient un seul rayon branchial, et les papilles rougeâtres d'une nature particulière qui entourent le bouclier formé par les nageoires inférieures. Les Gobies de la Zoologie danoise, pi. 134 et 156, f. a; — le Gélatineux, Cycloplerus getatinosus, Pall., Spic. ZooL, 9, pi. 3 , f. 1-6, et le Montagui, sont les autres espèces du sous-genre Cyclogastre.

CYCLOPTÈRE. Cxcloptenis. bot. Le genre établi par Brown sous cette dénomination, parait devoir rentrer dans celui qu'a établi le même auteur sous le nom de Grevillea.

CÏCLOPTERIS. Foss. Dans son Histoire des végétaux fossiles, Adolphe Brongniart a établi, sous ce nom, un genre de Filicides dont les analogues vivants ont tout à fait disparu. II a ainsi caractérisé ce genre : feuilles simples, entières, presque orbiculées,à nervures nombreuses, rayonnantes dès la base, dicholomes et égales. Les feuilles de ces Fougères ressemblent beaucoup, par leur forme et la disposition de leurs nervures, à celles des Tiichomanes renifonne, et des Jdianlhum renifonne et asanjolium.

CYCLORYTE. Cxcloiytes. polyp. Genre de la division des Polypiers sarcoïdes, établi par Raffinesque (Journ. de Phys., 1819, t. 88, p. 428) (|ui lui donne les caractères suivants : corps polymorphe, à plusieurs grandes ouvertures nues, entourées de rides concentriques. Les Cyclorytes se trouvent aux États-Unis d'Amérique.

CYCLOSOJIE. Cxclosovius. iivs. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Carnassiers, tribu des Harpaliens, formé par Lalreille, aux dépens du genre Sco/xliis de Fabricius. Caractères : dernier article des palpes allongé, faiblement ovalaire, presque cylindrique et tronqué à l'extrémité; antennes filiformes; lèvre supérieure presque transversale et échancrée antérieurement; mandibules peu avancées, assez arquées et aiguËs; une forte dent bifide au milieu de l'échancrure du'menlon; tète presque triangulaire; corselet court, trapézoïdal et fortement échancré antérieurement; élytres en demi-ovale; corps plat en dessus, arrondi en dessous ; les quatre premiers articles des tarses antérieurs, très-légèrement dilatés dans les mâles, triangulaires ou cordiformes; le premier des antérieurs plus grand que les autres et plus saillant en dehors qu'en dedans.

CvcLosoME rLEXDEDX. Cyclosoiiius /lexiiosus, Lat. ; Scolxiusflexitosus, Fab. La tète est d'un brun noirâtre, impressionnée d'une ligne longitudinale de chaque côté ; antennes et palpes d'un jaune ferrugineux; mandibules noirâtres; corselet brun; écusson triangulaire, moins long que large; élytres d'un jaune roussâtre, avec neuf stries lisses, assez fortement marquées, et le commencement d'une dixième à la base près de l'ccusson ; six taches sur chaque élytre et une commune, noirâtres; pattes jaunes. Taille, quatre lignes. De l'Inde.

CYCLOSTÉGIE. Cj'clostegia. dot. Genre de la famille (les Labiées, DidyriamieGymnospermie, établi par Ben- Iham qui le caraclérise ainsi : fleurs réunies en épi stroitiliforme; bractées membraneuses, veinées, ciliées sur leurs bords, imbriquées, cyathiformes el opposées dcu.t ;"! deux; calice à cinc] dents é|;alcs; corolle quadrifide, ;1 lobes pres(|ue égaux : le supérieur échancré, les inféricitrs presque ouverts; anthères ovales, à loges con- Huentes. Le Cyclosteijia strobilifera, décrit par Ben- Iham d'après Wallicli, est originaire de l'Inde.

CYCLOSTEMON. BOT. Genre de la famille des Euphorbiacées, Diœcie Monogynie, formé par Blume(B>'''''''!/- /V. ind. 597). Caractères : calice divisé en (piatre ou cinq parties à deux lobes; pétales nuls. Fleurs mâles : étamines nombreuses, dont les filaments sont insérés ù la base d'un petit anneau ; anthères ohlongues. Fleurs l'emelles : ovaire ceint d'un dis(|ue urcéolaire, à deux loges renfermant chacune deux ovules ; style très-court; deux stigmates larges, échancrés; fruit charnu, à deux loges contenant une ou deux graines. Les Cyclostemons, dont Blume décrit cinq espèces, sont des arbres de moyenne élévation, à feuilles alternes, accompagnées de deux petites stipules, pres(|ue entières ou faiblement dentelées. Les Heurs sont axillaires, fasciculées, bractéolées ; quelquefois les fleurs femelles sont solitaires.

CYCLOSTOME. Cyclosloma. moll. Ces Mollusques restèrent confondus chez les anciens conchyliologues, parmi les Turhos que d'Argenville appelait Limaçons à bouronde. Linné en plaça une partie dans son genre Turbo, et une autre partie dans le genre Hélix, ce que les conchyliologistPs qui l'ont suivi ont répété. Bruguière, auquel on doit tant d'utiles réformes, ne fit pas celle-ci : Lamarck la proposa dans la première édition des Animaux sans vertèbres, el ce qui est à remarquei', c'est que ce fut pour les Dauphinules, Turbo Delphinttliis, L., et pour des Coquilles terrestres qui présentent les mêmes caractères, quant à la forme de l'ouverture, que ce genre fut institué. Il ne pouvait donc présenter des caractères satisfaisants, comprenant dans le même cadre les êtres les plus différents, ce que Lamarck ne tarda pas à sentir; aussi, dans les Ann. du Mus. (vol. IV, p. 109), il proposa son genre Dauphinule pour séparer toutes les Coquilles marines de son premier genre Cyclostome qui resta par cela même composé des seules Coquilles terrestres. Depuis cet utile changement, l'observation de l'animal des Cycloslomes terrestres a fait Voir combien il était nécessaire : aussi tous les conchyliologues l'ont admis, Draparnaud le premier, ensuite Férussac, puis Montfort, qui, sur un caractère de nulle valeur, en a séparé son genre Cyclophore. Enfin Lamarck (Anim. sans vertèbres, 2» édition, T. VI, 20 partie, p. 37 et 142) a placé les Cycloslomes dans la famille des Colimacés, dans la seconde division qui renferme les Coquilles terrestres, dont les Animaux n'ont que deux tentacules. Cuvier a encore réuni les Cycloslomes aux Sabots, dans les Pectinihranchcs Trochol'des ; mais forcé de man(|ucr à ses principes de classification, puisqu'il place parmi les animaux à branchies ceux-ci qui sont terrestres et pulmonés, il a soin d'avertir qu'ils doivent être distingués des autres Tur-

hos, parce qu'ils sont terrestres cl pourvus d'une cavité pectorale garnie d'un réseau capillaire sur lequel l'air a un conlact immédiat. Férussac. dans ses Tableaux systématiques, en a fait plus raisonnablement, avec les Hélicines, unordre particulier.sous le nom de Pulmonés operculés; mais cette famille a le défaut de réunir des animaux à deux et à quatre tentacules; ils n'ont de commun que l'opercule qui ferme leur coquille, ce qui ne paraît pas être un caractère d'assez d'importance; la présence de deux tentacules de plus étant une condition d'organisation bien plus importante que celle de l'opercule . ce motif conduit donc à laisser le genre Cyclostome dans l'ordre des rapports où Lamarck l'a placé. Caractères : coquille de forme variable, à tours de spire arrondis; ouverture ronde, régulière; péristome continu, ouvert ou réfléchi avec l'âge; animal ayant deux tentacules émoussés, oculés à la base ; cavité respiratoire ouverte au-dessus de la tête, recevant immédiatement le contact de l'air; pied petit, placé sous le col et muni postérieurement d'un opercule corné, fermant exactement l'ouverture de la coquille.

Tous les Cycloslomes sont terrestres el dépourvus de la nacre intérieure ainsi que des épines ou des écailles plus ou moins grandes, qui arment la surface des Dauphinules, auxquelles il n'est plus permis désormais de les réunir; mais il est certaines Coquilles fluviatiles, desquelles il serait difficile de les distinguer, et avec lesquelles même on les a longtemps confondus. Les Paludines en effet ont aussi le périslome continu, l'ouverture ronde; mais parvenues à l'âge adulte, elles ne présentenl point de bourrelet autour de celte ouverture, ou elle ne se réfléchit point; elle reste tranchante comme dans le jeune âge. Ce caractère, outre ceux qu'on a tirés de l'organisation, |iourrait servir dans le plus grand nombre des circonstances à séparer les Coquilles qui appartiennent à l'un et à l'autre des genres Cyclostomes et Paludine. Les Co<|uilles des cycloslomes varient beaucoup quant à la forme; (luelques-unes ont presque celle des Planorbes, tandis que d'autres sont turriculées el subcylindriques, et depuis ces deux extrêmes on trouve, dans le même genre, presque toutes les modifications intermédiaires. Le nombre des espèces vivantes est assez considérable; celui des fossiles est restreint à quel(|ues-unes.

Cyclostome trochiforme. Cyclostoma yolculus , Lamk. Anim. sans vert. T. vi, 2" part., p. 145, n» 2; Hélix l'olvulus, L., Lister, Conchyl., lab. 50, fig. 48; Cyclostoma Folvulus, Encycl. (pi. 461, fig. 5, a, b). Ce Cyclostome présente, surtout à la partie supérieure, des tours de spire, des fascies brunes variables; on le reconnaît par sa forme qui est presque celle d'un Turbo, par sou ombilic profond, et par ses stries transverses, qui se montrent plus grosses à la partie supérieure des tours despire et surtout du dernier; le sommet est aigu; l'ouverture est blanche ou jaunâtre à l'inlérieur; elle est réfléchie et munie d'un bourrelet. Quoique cette Coquille soit assez commune dans les collections cl (|u'elle y soit connue depuis plus de cent cinquante ans, on ne sait pas encore le lieu où elle habile. Elle acquiert quelquefois un pouce et demi de diamètre à la base.

Ctclostome variable. Cfclostoma variabi'le, Deshayes. Celle espèce, découverte il y a quelques années, par Delalande qui l'a rapporlée d'Afrique, est trocliiforme, médiocrement ombiliquée, composée de cinq tours arrondis, lisses, qui présentent sur un fond blanc grisâtre un nombre variable de zones brunes; celle du milieu est ordinaiiemenl la plus foncée; les autres sont d'autant plus muUipliées qu'elles sont plus fines, et elles peuvent se rapprocher tellement que la spire de la coquille semble toute brune dans quelques individus; dans d'autres, presque toutes les bandes palissent ou disparaissent, et alors ils sont blancs avec une zone médiane Irès-pâle; entre ces deu.\ exlrémes on trouve un grand nombre de variétés, les individus ne présentant jamais une simililude parfaite; l'ouverlure est peu réOéchie et n'a i)Oint de bourrelet; son bord est blanc, mais à l'intérieur elle est fauve et laisse apercevoir le même nombre de bandes brunes qu'à l'extérieur. Des individus ont près de six lignes de diamètre et sept de longueur.

Cyciostome Momie. Cyclostoma Mumia, Lamk. Ann. du Mus. T. iv, p. 115, n" 3, et T. viii, pi. 57, tîg. 1, A, l; Anim. sans vert. T. vu, p. 541, n" 5. Celte Coquille est turriculée, conique, subcylindrique inférieuremcnt, composée de huit à neuf tours arrondis, ornés dans toute leur surface d'un grand nombre de stries très -fines, croisées par d'autres longitudinales, moins apparentes. Les individus qui ont conservé leurs couleurs présentent, sur un fond lie de vin obscur, deux bandes d'un rouge brun, qui occupent la partie moyenne de chaque lour de spire; le dernier, en outre, offre une troisième bande , i)lus large , qui entoure l'ombilic; l'ouverture est petite, ovale, à bords réfléchis sur un petit bourrelet marginal subintérieur. Ce Cyciostome, qui n'a ordinairement que neuf à dix lignes de longueur, peut prendre plus de volume. Une particularité remarquable dans son gisement, c'est que, quoiqu'on regarde généralement cette espèce comme terrestre, elle ne se trouve le plus souvent que dans des terrains marins. C'est ainsi qu'on l'observe à Grignon, à Parnes, mais rarement; à la Chapelle près Sentis, dans les grès marins supérieurs, ainsi qu'à Valmondois où elle est commune; au petit village de Chambord entre Parnes etChaumont, oti ont été trouvés les individus qui présentent encore des couleurs, dans les dernières assises du calcaire grossier. Ce Cyciostome se trouve aussi abondamment dans les terrains de mélanges, ofi les Coquilles marines prédominent, ce qui fait penser que le mélange a eu lieu dans les eaux salées.

Quelques autres espèces se Irouvenl fossiles aux environs de Paris. L'étendue de cet ouvrage ne nous permettant pas d'en donner la description, nous renvoyons au iv» vol. des Ann. du Mus., p. 114, où Lamarck les a fait connailre; mais un fait très-intéressant pour la géologie , et que nous a dévoilé Brongniait (Ann. du Mus. tab. 13, pi. 22, fig. 1), c'est l'analogie parfaite qu'il a reconnue enire un Cyciostome fossile et notre Cyciostome élégant si commun dans les Mousses, dans les Herbes qui croissent sur le penchant de nos collines, et même des fossés qui bordent les routes. Cette analogie ne pouvait être plus exacte, même en comparant les

objets à la loupe; aussi Brongniarl, pour ne point les confondre, a donné au Fossile une seconde épithète; il l'a nommé :

CvcLOSTOME ÉLÉGANT ANCIEN, Cyclostoma elegotis anliguum. Nous n'en ferons point la description; quiconque a vu un Cyciostome élégant à l'état frais, se fera une idée très -juste du Fossile qui vient des grès de Fontainebleau.

CYCLOSTOMES. Cxclostomi. pois. Première famille établie par Duméril dans l'ordre des Trématopnés, de sa sous-classe des Cartilagineux, et dont les caractères généraux consistent dans l'absence totale d'opercules, de membranes branchioslèges et de nageoires paires; leur bouche est arrondie et dépourvue de mâchoires horizontales, située à l'exlrémilé d'un corps cylindrique, nu et visqueux. Elle renferme les genres Lamproie, Ammocelte, Gaslrobranche et Eplatièmes. Cuvier a conservé celte division parmi ses Chondroptérygiens à branchies fixes, en lui donnant le nom de Suceurs. Les Cyclostomes ont une forme qui les rapproche des Poissons anguifornies; mais une organisation particulière les singularise et les distingue de tous les autres animaux de leur classe, comme pour les rapprocher des Annélides auxquels ils forment un passage très-naturel. Ce passage est si étroit qu'on a même balancé pour la place qu'il fallait leur assigner à la suite des uns ou à la tète des autres. Toutes les espèces de cette famille ambiguë sont privées de vessie natatoire; aussi tombent elles au fond de l'eau dès qu'elles cessent de s'y agiter; leur bouche centrale et privée de mâchoires leur sert pour ainsi dire à jeter l'ancre au milieu des eaux ; toutes vivent par la succion de substances animales mortes ou vivantes; quel(|ues-unes sont aveugles; leur squelette est tellement imparfait, qu'on y distingue à peine des vertèbres, représentées par un seul cordon tendineux, rempli d'une substance mucilagineuse, et formé extérieurement d'anneaux cartilagineux, à peine distincts les uns des autres. Duméril, dans une savante dissertation sur les Cycloslomes, a établi d'une manière frappante, leurs rapports avec des èlres déjà bien imparfaits. Leur système circulatoire rappelle celui des Sangsues; leur peau, dépourvue d'écaillés, est visqueuse et molle, el marquée de plis ou de rides latérales et contractiles, plus ou moins sensibles; les organes de la génération ont, chez eux, la plus grande analogie avec ceux des Lombrics , chez lesquels les œufs tombent de même dans la cavité du ventre sans être conduits au dehors par des oviductes. Ces œufs, dans les Cycloslomes, s'échappent du cloaque par de petites ouvertures particulières, ainsi que l'a vu Cuvier dans l'Arénicole et dans l'Aphrodite. Il n'est pas constaté que les Cycloslomes soient doués de sexe.

CYCLURE. exclura, rept. Genre formé par R. Harlan , aux dépens de deux Sauriens qui n'avaient point encore été décrits; caractères : palais privé de dents; langue charnue el extensible, fourchue à son extrémité; peau de la gorge pliée transversalement ; dos garni d'une crête d'épines llexibles; queue de la moitié de la longueur totale; anneaux supérieurs de la ([ueuc séparés par deux rangées, ou plus, de petites écailles déprimées. Le Cyclcre caréné, Cyciura caiiiiala, d'un

l)!'un sale el loiif; de |>liis de deux pieds, a été trouvé dans l'île Turk. Le Ctclbre cylindrique, Cyclura teres, d'un vert sombre à lâches plus claires, et long de vingt pouces, est originaire du Mexique.

CYCNOCHE. Cychnoches. bot. Dans son système de dislrihulion des genres de Vandées, l'une des divisions de l'énorme famille des Orchidées, le professeur Lindicy a proposé rétablissement du genre Cxchnocites, pour une espèce de Surinam, qui lui a offert entr'autres caractères particuliers : labelle libre, nullement prolongé en éperon ou en une autre sorte d'appendice, plan et ouvert; sépales latéraux soudés à la base du gynosième qu'ils entourent; deux masses polliniques plus larges que les pétales et courbées en faux.

CVCNODÈRE. Çrcnoderus.im. Coléoptère tétramère; genre de la famille des Longicornes, établi parServille pour un Insecte nouveau du Brésil, qui offre pour caractères : tête plus large que la partie antérieure du corselet, un peu avancée; mandibules courtes; palpes l>resque égales, terminées par un article presque cylindrique; antennes velues, de la longueur du corps dans les femelles, plus longues (|ue lui dans les mâles, composées de onze articles : les trois premiers entièrement velus, les suivants munis en dessous de quelques poils; les trois derniers glabres; le premier court , conique , le second très-court, tous les autres cylindriques, le terminal plus gros que le dixième; corselet étroit, allongé,cylindrique,mutique, au moins quatre fois plus long que la tête; sa partie antérieure plus étroite; deux sillons transversaux aux deux extrémités; élylres linéaires, très-déprimées, avec une épine à l'angle suturai; écusson presque aussi long que large, arrondi postérieurement; pattes grêles, munies de quelques ))oils ; cuisses subitement en massue globuleuse ; jambes un peu comprimées. Le Cfcnodeius teiiualus a de sept à dix lignes, la tête et le corselet d'un rouge brun, liointillés; les élytres également pointillées, d'un bronzé obscur avec la suture brune; la poitrine et l'abdomen d'un brun rougeàlre; les antennes et les pattes brunes.

CYDALISIE. Cfilalisia. acal. Genre de Zoophyles, formé par Lesson et placé dans la famille des Béroïdes, d'après les caractères suivants ; corps tronqué et largement ouvert à une extrémité, finissant en pointe au pôle opposé, qui est percé de deux jietiles ouvertures cillées sur leur pourtour; huit rangées verticales de cils simples. L'espèce unique, Cydalisie mitre, que dans la Zoologie du voyage de la Coquille, pi. 15, iig. 5, Lesson avait considérée simplement comme une Béroé, a le corps conique, à large ouverture, bordée d'un cercle rose, blanc avec vacuoles roses, les cils éminemment irisateurs. Elle a été trouvée dans les mers qui baignent les côtes équatoriales du Pérou.

CYDIPPE. Crdippe. ACAi.. Genre de la famille des Béroïdes, établi par Eschschollz, aux dépens du genre JCucharis de Pérou, pour quelques espèces de l'Océan et de l'Atlantique, auxquelles il a reconnu pour caractères distinctifs : un corps globuleux ou ové, laissant traîner derrière lui deux longs tentacules filiformes, ciliés sur un <les côtés, parlant de la base du pôle inférieur. Le Cydippc globuleux, type du genre nouveau, a le corps sphéroïdal, huit côtes et les tentacules du blanc

le plus pur; la seconde espèce, Cydippe dense, a le corps snbovalaire, à tentacules écartâtes.

CYDNE. Cydinis. ins. Genre d'Hémiptères hétéroplères, famille des Géocorises, établi par Fabricius aux dépens du genre Cimex de Linné el Penlaloma d'Olivier; il comprend les espèces désignées -sous les noms de Morio, flaviconiis, tn'slis, et est réuni par Latieille au genre Pentatome.

CYDOMA. BOT. y. COIGÎÎASSIER.

CYDOMUM. POLYP. Nom scientifique d'un Alcyon, avec lequel on a confondu quelques espèces de Polypiers.

CYGNE. Crains, ois. Espèce du genre Canard qui sert de type à un sous-genre du même nom. y. Canard.

CYGOGNE. OIS. F. Cigogne.

CYKAS. bot. f . CiCAS.

CYLACTYDE. Q'iactts. noT. Genre de la famille des Rosacées, établi par Raffinesquequi le caractérise ainsi : calice campanule, ù cinq ou dix divisions un peu inégales; quatre à six pétales; huit ù dix carpelles sessiles, ovales, portant un style allongé, terminé en tète. La seule espèce qui constitue jus(|u'ici ce genre fort douteux, a été observée par Rafiinesque dans les montagnes qui avoisinent le Niagara dans l'Amérique septentrionale. Elle a reçu le nom de Cxlaclis Lyncemontana; ses feuilles sont quinées, ses fleurs blanches, réunies en corymbes.

CYLAS. Cylas. iNS. Genre de Coléoptères tétramères, fondé par Latreille qui le place dans la famille des Rhincbophores, tribu des Cbaransoniles, et lui assigne pourcaraclères ; antennes droites, insérées sur un avancement antérieur de la tète et en manière de trompe, terminées par une massue ovale ou cylindrique, formée par le dixième et dernier article. Les Cylas ont le corps proportionnellement plus court que celui des Brentes, avec l'abdomen ovale. Olivier en a décrit et représenté deux espèces.

Cylas brun. Cylas bninneus, Oliv. (Coléopt.,T. v, n» 84 bis, Brentc, pi. 1, f. 3, a, b). Originaire du Sénégal.

Cyias Fodrmi. Cylas Formicarius, Oliv. (loc.cit., T. v, n» 84 bis, Brente, pi. 2, fig. 10). Trouvé à l'Ilede-France. Dejean (Catal. des Coléoptères, p. 82) porte au nombre de dix les espèces propres à ce genre , en y comprenant les Brcnlits apterus, scalaris , obesus, niidatus, etc., de Fabricius. 11 y joint avec doute quelques Brentes d'Olivier, et mentionne, sous le nom d'Aispanicus, une espèce nouvelle, du midi de l'Europe.

CYLIDKE. Cytidnis. iNS. Genre de Coléoptères penlaraèrcs, famille des Clavicornes, tribu des Clairons, extrait par Latreille du genre Tricliodc de Fabricius, et ayant , suivant lui , pour caractères : tarses de cinq articles distincts; antennes fortement en scie, depuis le cinquième article inclusivement; le dernier des palpes très-long ; celui des maxillaires de la grosseur des précédents, cylindrique ; le même dans les labiales, en forme de cône renversé et allongé; mandibules longues et croisées; tète allongée; corps long et cylindrique. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce ; Cylidrc bleu azuré, Cylidius cyanetis, Latr.; Trichodes cyanetis, Fabricius; de l'Ile-de-France.

CYLIGUAMME. Cyligramma. ins. Lépidoptères noc- i turnes; genre institué par Boisduval, dans la famille ; des Noctuellides. Caractères : tête presque aussi large ! que le corselet, avec les yeux gros et saillants; antennes grêles et filiformes; palpes ascendantes, de longueur médiocre, écartées, comprimées, très-velues; le dernier article nu et aciculaire; corselet velu ; abdomen conique; les quatre ailes presque étalées dans le repos, et sans dentelures sensibles; les inférieures offrant la même teinte en grande partie, et le même dessin que les supérieures; celles-ci ayant, en place de la tacbe réniforme, un grand œil irisé, formé par une tacbe contournée en spirale ou en limaçon, plus ou moins prononcée. La clienille est demiarpenteuse. Les Insectes de ce genre, dont la Noctuelle troglodyte de Fahricius peut être considérée comme le type, habitent les régions les plus chaudes de l'Asie et de l'Afrique.

CYLINDRACÉ. Cxlindiaceus. bot. On surnomnrfe ainsi les organes dont la forme se rapproche de celle d'un cylindre.

CYLINDRANTHÉRÉES. bot. Syn. de Synanthérées, selon le prol'esseur Wachendorff.

CYLINDRE. Cylindrus. moll. Montfort ( Conch. Syst. T. ir, p. 590) avait composé ce genre d'un certain nombre de Cônes qui ont assez généralement la forme d'un cylindre ; mais la manière insensible dont se perdentces espèces avec d'autres qui n'ontplus la même forme permet à peined'admettre cetledistinclion comme coupe dans le genre, à plus forte raison d'en faire un genre distinct. Les anciens conchyliologues donnaient le nom de Cylindres indistinctement aux Cônes et aux Olives; tels furent Lister, Bonanni, etc., et même plus tard d'Argenville et Favanne.

CYLINDRIE. Cylindria. bot. Genre de ia Tétrandrie Monogynie, L., établi par Loureiro (FI. Cochinchin. 1, p. 8G), qui lui donne pour caractères : calice infère, tubuleux, court, persistant, à quatre segments aigus, colorés et étalés; corolle à quatre divisions linéaires aiguës, réunies en un tube cylindrique (d'où le nom générique) et marquées d'une fossette au sommet ; étamines à filets presque nuls, à quatre anthères biloculaires, comprimées et renfermées dans les fossettes de la corolle; ovaire ovoïde, supportant un style trèscourt et un stigmate quadrifide. Le frîiit est une petite baie sèche, presque ronde, ne renfermant qu'une seule graine globuleuse et lanugineuse. Ce genre est extrêmement voisin des Banksia, dont il ne dilîère que par le fruit, et encore dans la figure du Blimbinigum sylvestre de Rumph {Jmh., 1 6, t. 73), que Loureiro cite comme synonyme de sa plante, le fruit est-il le même que celui des Banksia. Cependant Jussieu (Annales du Muséum, 7, p. 480) parle encore de ce genre, et le place parmi les Protéacées, tandis que Brown. qui s'est occupé spécialement de celte famille, n'en fait aucune mention. Une seule espèce constitue ce genre: c'est le Cylindria rubra , arbre de grandeur médiocre, à rameaux ascendants, à feuilles lancéolées, glabres et opposées, et à fleurs rouges, petites et nombreuses. Cet arbre est indigène des forêts de la Cochinchine.

CYLINDRIFORMES ou CYLINDROIDES. iNS. Famille de Coléoptères létramères,étal(lie par Duméril, etoffrant,

suivant lui, pour caractères dislinctifs : corps cylindrique; antennes en massue, non portées sur un bec. Cette famille comprend les genres Clairon, Corynète, Apate, Bostriche et Scolyte.

CYLlNDRiQDE. En forme de cylindre. Ce n'est point que l'on entende par là qu'il soit indispensable que l'organe présente un cylindre parfait, d'un diamètre égal dans toute sa longueur ; il suffit seulement que la coujic transversale offre partout un cercle.

CYLINDRITE. moll. ross. Nom que les anciens donnaient indistinctement aux Olives ou aux Cônes fossiles.

CYLINDROCÈRE. Cylindrocertis. iNS. Coléoptères tétramères; genre de l'a famille des Rhynchophores, établi par Schoonherr qui lui assigne pour caractères : antennes insérées vers le milieu de la trompe, coudées, composées de douze articles, dont le premier assez gros, le second plus allongé et obconique, le troisième presque conique, les quatre suivants plus courts et lenticulaires ou comprimés, enfin les autres formant une massue beaucoup plus longue dans les mâles que dans les femelles chez qui elle est presque cylindrique; trompe assez souvent de la longueur du corps, mince, cylindrique, fortement arquée et ordinairement repliée ou appliquée contre le corps; yeux grands, latéraux, ovales et déprimés; corselet profondément bisinué à sa base, brusquement rétréci à sa partie antérieure, qui est comme tubulée; corps subelliptique, pourvu d'ailes recouvertes par des élytres subtriangulaires , avec les angles huméraux obUis ; elles se rétrécissent fortement de la base à l'extrémité et sont, chez la plupart, presque planes en dessus; pieds antérieurs fort distants à la base; cuisses mutiques, renflées au milieu; jambes droites; tarses spongieux en dessous et ordinairement ciliés dans les mâles : le pénultième article est dilaté, le dernier porte deux crochets. Ce genre se compose de tontes espèces propres à l'Amérique méridionale; il comprend le Calandra signum de Fab., les Baris fucata et bidens, Dej., etc., etc.

CYLINDROCLINE. Cylindrocline. bot. Genre établi par H. Cassini, dans la famille des Synanthérées, tribu des Inulées, pour une espèce de Conyze, recueillie par Commerson à l'Ile-de-France. Cassini lui donne pour caractères : calathide couronnée, discoïde, oblongue, cylindracée, un peu ovoïde, composée d'un disque pauciQore, régulariflore, musculitlore, et d'une couronne multisériée, multiflore, tubulillore et feminiflore ; péricline formé d'écaillés imbriquées, appliquées, ovales, coriaces, frangées -ciliées sur les bords; clinanthe axiforme, cylindrique, ligneux, garni d'écaillés imbriquées, étagées, périclinoïdes, aiguës, égales aux Heurs ; cypsèles longues, grêles, cylindracées, atténuées inférieuremenl, un peu arquées, munies de huit grosses côtes demi -cylindriques et hérissées de poils roides; aigrette composée de squamellules subunisériées, laminées, cornées, barbellées sur les deux bords, comme pectinées; Heurs de la couronne entièrement cachées entre les écailles du clinanthe, ayant la corolle grêle, tubuleuse, terminée par un limbe demi-avorté, court, unilatéral, trilobé ; Heurs du disque au nombre de six environ, reposant sur la sommité du clinanthe, et chacune d'elles protégée au dehors par une squamelle;

liords des lobes de la corolle repliés en dedans ; filament des élaïuines larjfe, laminé, membraneux, grefFé seulement à la partie basilaire de la corolle, avec l'anlliére cxserlc, l'appendice apicilaire aiiju, les appendices basilaires longs et subulés; ovaire et aigrette à peu prés semblables à ceux des Heurs de la couronne ou du rayon. Le Cylindiocline Commersonii a la tige ligneuse, épaisse cl revêtue d'une écorce rude ; ses rameaux sont couverts de longs poils laineux; les feuilles rassemblées en rosette ù l'cxlrémilé des rameaux, sont alternes, oblongues, ovales-spalliulées, étrécies inférieurement en une sorte de pétiole, à surface ridée, hérissée de poils courts, gros et roides. Les calathides sont réunies en petits corymbes serrés, à l'extrémité de pédoncules simples et nus.

CYLINDUODE. Cytindrodes. ins. Orthoptères ; genre de la famille des Grylliens, institué par Gray. pour un Insecte de la Nouvelle-Hollande, que sa forme allongée et tout à fait cylindri(iuc empêche de placer parmi les Taupes-Gryllons. Il ressemble à un tube, privé qu'il est des organes du vol, et se lient dans les liges des végétaux; ses tarses antérieurs sont filiformes , et les divisions de sa lèvre inférieure sont obluses et nullement acérées comme dans notre Courtillière commune.

CYLINDRODÈRE. Cylindrodeius. ins. Coléoptères pentamères ; genre de la famille des Serralicornes , tribu des Cébrioniles, qu'a créé Eschschollz, pour un Insecle nouveau, du Brésil, auquel il donne pour caractères : antennes des màlcs de la longueur du corps, en scie; la plupart des articles, le dernier surtout, peu allongés, le troisième un peu plus court seulement que le suivant; palpes maxillaires peu avancées au delà des mandibules, avec le dernier article ovalaire; corselet plus long que large; corps long, étroit, de la même largeur partout, ou presque linéaire et droit, avec le corselet carré; préslernnm terminé par une pointe saillante ; point de brosses serrées ni de palettes en dessous des tarses.

CYLINDROIDES. iTis. F. Cylindriformes.

CYLINDROLOBE. Cflindiolobus. bot. Genre de la famille des Orchidées, institué par le docteur Blume, pour une plante des forêts de Java, à laquelle il a reconnu pour caractères génériques : folioles extérieures du périgone ou sépales, subringentes • les latérales insérées obliquement au pédicule du gynoslème et en partie étalées; les intérieures ou pétales, plus courtes, dressées et conniventes; labelle ascendant, concave, crété intérieurement, articulé au gynoslème par un pied ou pédoncule -. le limbe est demi-trilobé, ondulé et voûté ; gynoslème dressé, demi-cylindrique ; anihère à quatre loges; huit niasses poUiniques, allernalivemenl plus grandes et plus petites, unies à des caudicules élastiques.

CYLINDROSOMES. pois. Famille établie par Duméril, dans laquelle il renferme les genres Anableps, Amie, Misgurne, Pœcille, Lebias, Cyprinodon, Cobile, Bulyrin, Fondule, Tripléronote, Colubrine et Ompolk. Les caractères généraux de celle famille consistent en un corps arrondi, cylindrique; une bouche non prolongée; des lèvres extensibles, etc.

CYLINDROSORE. Cxliiidrosonis. bot. Genre de la

famille des Synanthérées, tribu des Senécionides. établi par Bentham, pour une plante récemment observée dans la Nouvelle-Hollande. Caractères : capitules biflores, aggrégés et formant par leur réuni(m un glomérule serré, oblongo-cylindrique; chacun d'eux est revèlu d'un involucre général, petit et oligophylle; l'involucre partiel se compose d'écaillés scarieuses, oblongo-cunéifornies; réceptacle nu; fleurs hermaphrodites; ovaiie linéaire et glabre; paillettes peu nombreuses à la base de l'aigrette, ovales, terminées par une soie en plumet, (|ui égale en longueur la moitié de la corolle. Le Cylindrosore jaunâtre, Cj'lindrosonis flarescens, est une plante herbacée, droite, rameuse, couverte d'un duvet flexible, à feuilles alternes, linéaires, semi-embrassanles. Les écailles de l'involucre partiel ont leur sommité jaune.

CYLINDROSPORIER. Cylindrosporium.WT. Le docteur Greville a décrit sous ce nom, dans sa Flore cryptogamique d'Ecosse, un petit genre voisin des Fusidhiiii, donlil nediffèrequeparsessporidies oblongues, cylindriques, obtuses aux deux bouts, non cloisonnées. — Ces sporidies sont réunies en petits groupes sur l'épiderme des feuilles vivantes.

CYLISTE. Cj'tisla. bot. Genre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décaudrie, L., établi par Roxburgh (Flor. Coromand. v, I, p. G4, t. 92) et ainsi caractérisé : calice à quatre divisions plus allongées que la corolle, la supérieure bifide au sommet, l'inférieure plus grande; corolle persistante; légume disperme. Ce genre ne renfermait d'abord qu'une espèce, le Cylista sca n'osa , Koxb.. plante indigène des pays montueux de la cote de Coromandel, dont les tiges sont voUibiles, les feuilles lernées, les fleurs en grappes axillaires, comme dans les Dolichos et les Phaseolus. L'auteur du Jardin de Kevv y a réuni le Dolichos hirtiis d'Andrews (lieposil. 44C) sous le nom de Cylisla viltosa, plante du cap de Bonne-Espérance, et que l'on cultive en Angleterre. Sims a aussi décrit, dans le Botatiical Magazine, une troisième espèce qu'il a nommée Cylisla albiflora.

CYLIZOMA. BOT. Synonyme de Deguelia d'Aublet.

CYLLÉME. Cyllenia. iNS. Genre de Diptères, famille des Tanistomes, établi par Latreillc, et ayant pour caractères : antennes guère plus longues que la moitié de la lêle, rapprochées, de trois pièces principales; la première grande, cylindrique, la seconde la plus courte, en forme de coupe, la dernière ovoïde-conique, avec un petit article au bout; la trompe peu saillante, avancée et renflée à son exirémilé, renfermant un suçoir de quatre soies; point de palpes apparentes; de gros yeux, et point d'ocelles bien apparents; ailes étroites; pâlies longues avec les cuisses assez fortes, principalement les postérieures; on observe deux pelotes aux tarses, lesquels sont allongés; l'abdomen est conicocylindri(|ue. La seule espèce connue est la Cyllénie tachetée, Cyllenia maculala, Latrcille (Gênera Crust. et Ins. T. IV, p. 312 el pi. 15, f. ô); SJeigen ( Descript. sysl. des Diptères d'Europe, t. 19, f. 10 cl 11) représente les deux sexes. Latreille a le premier observé cette espèce, au mois de juillet, sur les fleurs de Millefeuilles, dans les environs de Bordeaux.

ôin

CYLLESTIS. BOT. Pain que faisaient les anciens Égyp- (iens avec une sorte de Blé que Hosl a nommé Trilicum Zca. r. Froment.

CYLLIDIER. Cxllidium.ijis. Coléoplères penlamères; (jenie de la famille des Carnassiers, tribu des Hydropliiliens, institué par le docteur Ericlison, dans sa Faune du Brandenbourg. Caractères : antennes composées de neuf articles, dont le second globuleux, et insérées en avant des yeux, sous un rebord des côtés de la tête; labre crustacé, transversal; mandibules cornées et bidentées àleure.xtrémité; palpes filiformes, plus longues ((ue les antennes ; corselet transversal ; écusson à peine visible; sternum simple; élytres convexes; tarses postérieurs à articles arrondis. La seule espèce connue est le Cyilidium seminuliim ; H/drophilus scminutum, Payk. Gillenh.; il est presque globuleux, noir, brillant, avec une strie chargée de points, sur chaque élytre, près de la suture. Sa longueur est d'une demi-ligne environ. On le trouve en Europe dans les eaux dormantes.

CYLLO. CyHo. vus. Lépidoptères ; genre de la famille des Satyrides, institué par Boisduval qui lui donne pour caractères essentiels : palpes inférieures comprimées, velues, avec le dernier article qui s'élève notablement au delà du chaperon; antennes terminées par un boulon court, presque fusiforme; ailes antérieures falquées, les postérieures armées d'une sorte de dent saillante, formant une petite queue oblique en dehors. Le Cylio Betsimène, Cxllo Betsimena, est le type du genre; ses ailes antérieures sont brunâtres en dessus, traversées au delà du milieu par une bande d'un blanc .jaunâtre ; il y a une grosse tache arrondie, noirâtre sur le milieu, entre la nervure médiane et le bord interne; les ailes postérieures ont la tranche du bord blanche, un peu roussâtre, le dessous est olivâlre, avec le même dessin qu'en dessus, plus une rangée de points blanchâtres, peu apparents, près de l'extrémité. De Madagascar.

Ctlio Leda. Capilio Leda, Fab. Cram., pi. 196, c, d. Ailes d'un brun roussâtre en dessus, avec une tache noire, pourvue de deux yeux blancs, vers l'angle du sommet, une tache noire, cerclée de brun, avec un point central blanc à l'angle des ailes postérieures et un autre petit point blanc au côté externe. Le dessous est d'un brun fauve, réticulé de brun, avec une bande circulaire et deux demi-bandes plus obscures, ainsi que douze taches ou points ocellés de diverses grandeurs, vers le bord. De Madagascar et autres îles des mers d'Afrique.

CYLODIE. ixs. /'. CoiTDiE.

CYMATION. BOT. Genre de l'Hexandrie Trigynie, établi par Sprengel dans son Systenia, et qui ne paraît l)as différer essentiellement du genre Lichstenstenia de Willd., publié précédemment, dans le premier volume du Magasin des curieux de la nature.

CYMATITES. POLTP. Bertrand a donné ce nom à des Astraires fossiles.

CYMBACHNE. Cymbachiie. bot. Le genre de Graminées décrit sous ce nom par Retz et Loureiro, ne diffère nullement du Rollboellie.

CYMBAIRE. Cymbaria. bot. Genre de la famille des Scrophularinées et de la Didynamie Angiospermie, éta-

bli par Linné et ainsi caractérisé : calice partagé profondément en cinq divisions inégales et linéaires; corolle dont le tube est ventru, le limbe à deux lèvres : la supérieure bilobée, réfléchie, l'inférieure trilobée, obtuse, munie d'un rebord un peu proéminent, qui correspond au renflement vulgairement nommé palais, que l'on observe dans la corolle des Muffliers; quatre élamines didynames; un stigmate; capsule à deux valves, ayant un placenta central, à quatre angles ailés et membraneux, qui partagent le fruit en deux ou quatre loges. C'était donc à torique Linné décrivait cette capsule comme uniloculaire. La Cymdaire de Daoïrie, Cymbaria Daourica , L., est encore l'unique espèce de ce genre. Cette plante, figurée dans les Illustrations de Lamarck, t. 550, habite les endroits montueux et pierreux de la Daourie. Elle a, dans son aspect extérieur, quelques rapports avec les Jntirrhinum; cependant ses tiges blanchâtres, à rameaux opposés, dénués de feuilles , et ne possédant qu'un petit nombre de fleurs, lui donnent un air assez particulier. On la cultive comme plante de collection, dans les jardins de botanique.

CYMBALAIRE. BOT. F. Cimbalaire.

CYMBALE. MOLL. Nom marchand, donné à quelques Pintadinesd'un grand volume. F. Pintadine.

CYMBALION. bot. Syn. de Cotylédon Umbilicus. V. Cotylet. Selon Daléchamp, c'est le Saxifraga Cotylédon, y . Saxifrage.

CYMBÈCE ET CYMBEX. iNS. V. Cimbex.

CYMBIDIER. Cymbidium. bot. Genre de la famille des Orchidées, établi par Swariz, et qui comprend un nombre considérable d'espèces toutes exotiques; plusieurs en ont été retirées pour former des genres à part. Ainsi le Cymbidium Corallorhiza et le Cymbidium Odontorhizon forment le genre Corallorhiza; les Cymbidium lineare et Cymbidium proUl'erum, le genre Isochilus; le Cymbidium coccineum, le genre Urnithidium; le Cymbidium cucullalum ,\e s''-m'^ Brassavola, etc. On peut caractériser de la manière suivante le véritable genre Cymbidium : folioles ou sépales du calice étalées, égales entre elles, quelquefois presque dressées; les deux intérieures sont généralement plus petites; le labelle est concave, dépourvu d'éperon, articulé avec le gynostéme; celui-ci est dressé, demi-cylindrique et concave antérieurement; il se termine par une anthère operculaire hémisphérique, à deux loges s'ouvrant par une sorte d'opercule caduc, et contenant deux masses polliniques solides, bilobées dans leur partie postérieure ; le stigmate est placé antérieurement, un peu au-dessous de l'anthère. La plupart des espèces sont parasites et croissent sur le tronc des arbres; mais il en est d'autres, au contraire, qui implantent leurs racines dans la terre. Elles sont originaires des Indes et de PAmérique méridionale. Brown en a décrit quatre espèces nouvelles dans son Prodrome de la Nouvelle-Hollande.

§ I. Espèces terrestres.

CvMBiDiER A FEBiLi.ES DE xiPBioN. Cymbidium xiphiîfolium, Lindley, in Botan. regist. 529. Celte jolie Orchidée a été découverte à la Chine, il y a un quart de siècle environ, et bientôt après introduite en Europe

parles soins désir Abraliam Hume; sa lige, dont la liauleiir ne surpasse guère celle des feuilles, (|ui mesure environ dix pouces, esl ordinairement couronnée de quatre grandes Heurs vcrdàtres, disposées en épi; les feuilles sont assez épaisses, linéaires-subulées, canaliculées, nervurées, striées, crénelées et d'un vert jaunâtre; le périanllie est composée de cinq pièces, dont les trois extérieures ovales-lancéolées et étalées, les deux intérieures sont plus larges, conformes et parallèles au gynostèmc; le lahelle est plus court que ce dernier, auquel il s'articule par sa base et y demeure appliqué jusque vers la moitié de sa hauteur; il a deux éperons internes vers le milieu et la partie supérieure, en forme de lame recourbée extérieurement; le gynostème est libre, faiblement découpé antérieurement; l'anthère est terminale, operculaire et persistante. Elle fleurit, en serre, à diverses époques de l'année.

Cymbidieu a PEBiLLES TRANCHANTES. CymbiiUmn ensifolium, Willd. Celte jolie espèce est également originaire de la Chine et du Japon ; elle a été décrite et figurée dans le magnifique ouvrage des Liliacées de Redouté (pi. 1 13), sous le nom de Cxmbidium sinense. Ses feuilles sont toutes radicales , ensiformes et marquées de nervures très-apparentes. De leur centre naît une hampe simple portant un petit nombre de fleurs odorantes; leur labelle est ovale, un peu recourbé et maculé.

§ II. Espèces parasites.

CYMBiDiER A FEUii.LES d'aioès. Cymbidium aloifotiiim, Swartz. On trouve cette espèce décrite et figurée dans les Liliacées de Redouté (t. 114), sous le nom iVEpidenUium aloifoliiim. Elle est originaire des Indes, et en particulier de la côte du Malabar. Sa racine, <|ui se compose de grosses fibres cylindriques, s'insinue dansl'écorce des arbres; ses feuilles sont oblongues, pliées en gouttière, élargies vers leur sommet, d'un vert obscur; les fleurs sont jaunes, mélangées de rouge, et disposées plusieurs ensemble au sommet d'une hampe nue et un peu recourbée.

CvMBiDiER ÉCRIT. Cymbidium sciiptuin, Swartz. Cette plante, qui orne le slipe des Cocotiers, sur lesquels elle végète en parasite, dans l'archipel de l'Inde et de Mascareigne, est une des plus remarquables du genre l)ar la beauté de ses fleurs ; elles sont d'un beau jaune, et forment un long épi, au sommet d'une hampe nue ; leurs sépales sont veinés de lignes pourpres, qui ressemblent en quebpie sorte à des caractères hébraïques; leurs feuilles forment une touffe peu fournie, qui naît du sommet d'un renflement bulbifornie, existant à la base de la hampe.

CYMDIER. Cymbium. moll. Blainville avait proposé de renouveler ce genre fait par Montfort ( Conchyl. Sysl. T. II, p. 5S4) pour riet d'Adanson, et quelques autres Volutes à ample ouverture; mais les caractères génériques étant de peu de valeur lorsqu'on les compare à ceux des autres Volutes, il semble que les Cymbiers doivent rentrer dans ce dernier genre, f. Volute.

CYMBIKOKME. Cymbifonnis. bot. En forme de nacelle.

CYMIilUM. MOIL. r. CVMBIER.

CYMBONOTE. Cymbonotus. bot. Genre de la famille

des Synanthérées, division des Arctolidécs, établi par' Il.Cassini, pour une plante découverte parGaudicbaud, l'un (les naturalistes qui faisaient partie du voyage de Il ranie, au delà des montagnes bleues de la Nouvelle- Hollande. Caractères : involucre hémisphérique, polypbylle, iml>ri(|ué; réceptacle criblé; fleurons du disque hermaphrodites et lubuleux : ceux du rayon ligules et femelles; fruit hémisphérique, nu an sommet, avec les bords latéraux extérieurs légèrement roulés, formant ujie sorte de loge vide. Le Cymbonotus Lawsonianus est une plante herbacée, privée de tige, ù feuilles spathulées, dont les bords sont garnis de dents écartées, et la face inférieure revêtue d'un duvet laineux, blanchâtre; pédoncules nombreux, scapiformes, portant chacun une fleur jaune.

CYMBOPOGON. bot. Sprengel, dans son Systema, propose, sous ce nom. la formation d'un nouveau genre de Graminées, dont V^ndropogon cymbaiius, Linné, serait le type.

CYIUBULIE. Cymbulia. uoiL. C'est à Pérou cl Lesucur que l'on doit la connaissance de ce genre, que Blainville a placé dans ses Ptérodibranches. Cuvier le range parmi les Ptéropodes à tête distincte. Quoique l'animal ne soit qu'imparfaitement connu quant à son organisation intérieure, sa forme et surtout la disposition de ses branchies sufiîsent pour le mettre dans cette famille, dont il oR're tous les caractères. Voici ceux de ce genre, tels que Lamarck les a donnés : corps oblong, gélatineux, transparent, renfermé dans une coquille; tète sessile; deux yeux; deux tentacules rétractiles; bouche munie d'une trompe aussi rétraclile ; deux ailes ou nageoires opposées, branchifères, connées à leur base postérieure par un appendice intermédiaire en forme de lobe; coquille gélatinoso-cartilagineuse, très-transpa renie, cristalline, oblongue, en forme de sabot, tronquée au sommet, ù ouverture latérale et antérieure. La disposition seule des branchies, ainsi que la forme des nageoires, suffiraient pour faire placer ce genre singulier à côté des Cléodores et des llyales; mais ces caractères prennent plus de poids, si on y joint les considérations d'un corps gélatineux, de tentacules rétractiles, qui se trouvent dans presque tous les genres de la même famille, et de la coquille qui a tant de rapports avec celle des Hyales. Blainville n'admet une trompe rétraclile qu'avec beaucoup de doute, car le peu de solidité qu'elle offre lui a fait penser que ce pourrait bien être un corps étranger que l'animal avalait lorsqu'il a été retiré de la mer, et qui lui serait resté à moitié sorti de la bouche; quoi qu'il en soit, l'existence d'une trompe ne peut entrer comme caractère essentiel, pour la délerminalion du genre et de la famille à laquelle il apparlienl. Une seule espèce de ce genre esl connue, c'est la CvBBULiE DE PtRON, CyiiibuHa Pcronii (Lamarck, Anim. sans vert. T. v, U» part., p. 293), à laquelle Pérou lui-même avait donné le nom de Proboscidca (Ann. du Mus., t. 15, p. 06, pi. 3, fig. 10, 11 et 12). Elle se reconnaît par sa coquille en nacelle oblongue, en forme de sabot, hispide en dehors, et par les autres caractères pris comme génériques; elle habile la Méditerranée, près de Nice. Elle a environ deux pouces de longueur.

CYMBUBUS. EOT. V. SlACDYTARrHETV.

CYME. BOT. y. Cime.

CYME. Cfnms. ins. Hi-niiplères. Genre de la famille des Lygéens , qui renferme plusieurs petites espèces analogues aux Lygées ; par la consistance des élytres, mais dont le dernier article des antennes est renflé, formant un bouton ovalaire. Le Cyme fauve, Cymiis glandicolor , Halin, est le type du genre ; il est d'un jaune pâle, avec le dernier article des antennes obscur; la membrane de ses élytres est parfaitement transparente. On le trouve en Europe; il n'a guère plus de deux lignes de longueur.

CYMINDE. Cymindis. iNS. Genre de Coléoptères penlamères, fondé par Latreille aux dépens des Carabes de Fabricius, dans la famille des Carnassiers , tribu des Carabiques. Ses caractères sont : palpes maxillaires extérieures filiformes : les labiales terminées par un article en forme de hache; corps très-aplati; corselet presqu'aussi long ou plus long que large; élytres tronquées à leur extrémité ; jambes antérieures médiocrement échancrées au côté interne; pénultième article des tarses entier; les crochets dentelés en dessous. Latreille considère comme desCymindes les Carabus humeralis, crassicoHis, axiUaris et miiiaiis de Fab., ainsi que le Carabus lineatus de Schoonherr.

CYMINDIS. OIS. L'une des divisions de noire genre Faucon, que différents ornithologistes ont érigée en genre ou sous-genre. F. Fatgow.

CYMINDOIDE. Cyminiioidea. iNS. Coléoptères pentamères. Genre de la famille des Carnassiers, proposé par Delaporte, pour être placé immédiatement après les Cymindis. 11 lui assigne pour caractères : antennes de onze articles : le premier long, grand, cylindrique, les autres à peu près égaux; palpes labiales à dernier article comprimé et très-fortement sécuriforme ; labre presque carré, court et transversal; mandibules fortes, arquées et pointues; tête ovale; corselet élargi, trèsfortement rebordé, faiblement rétréci enarrière;élytres larges et planes; pattes assez fortes; tarses longs, grêles , ù premier article long , à crochets simples. Ce genre, établi aux dépens des Cymindes, en diffère surtout par ses tarses dont les crochets ne sont pas dentelés en dessous. On ne connaît encore qu'un seul Cymindoïde, Cymindoidea bisignatU; que Dejean avait confondu parmi ses Cymindes; il est du Sénégal.

CYMINOSME. Cyminosma. eot. Sous ce nom, Gserlner (de Fruct., 1 , p. 280, t. 58) a établi un genre qu'il a caractérisé ainsi : calice adhérent à l'ovaire, à quatre divisions ; corolle formée de huit pétales oblongs et légèrement pubescents en dehors ; étamines et styles inconnus; baie quadriloculaire, globuleuse, charnue, exhalant une forte odeur de cumin; chaque loge ne renfermant qu'une graine renversée. Celte description n'était pas assez complète pour que l'on pût prononcer avec certitude sur la place de ce genre; De CandoUe (Prodr. Syst. Nat. Feget. 1, p. 722) a tout récemment, d'après Kœnig et Dryander, ajouté aux caractères donnés par Gaerlner, ceux que présentent le disque charnu qui entoure l'ovaire, et les huit étamines velues à leur base, insérées sur les pétales et alternes avec eux. Ce genre est le même que le Jambolifera de

Linné. Wahl et Loureiro ; il se place naturellement dans la famille des Rulacées. L'unique espèce qui le constituait dans roiigine a été nommée Cyminosma Ankœnda par Gaertner, qui lui a donné pour synonyme une plante mentionnée par Hermann et Burmann ( Thezaur.Zeylan., pag.27)sous Xnnom A' Ankœnda. C'est aussi celui qu'elle porte à Ceyian où elle croit naturellement. Gaîrtner observe que V Ankœnda , rapportée par Linné aux Myrtes , est une plante très-différente de celle qui forme le type du genre en question. Indépendamment de l'espèce précédente. De CandoUe a donné les descriptions abrégées du Cyminosma pedimculata ou Jambolifera pedunculata, Wahl (Symbol, ô, p. 32, tab. 61), qu'il faut distinguer de la plante décrite, sous ce dernier nom, par Loureiro (Coc/tinch. 1, p. 283). Elle est aussi indigène de Ceyian. Les Jambolifera odorala et Jambolifera resinosa de Loureiro , arbrisseaux de la Cochinchine, à feuilles oppcsées et entières , et à fleurs en corymbes , complètent avec la suivante, le genre Cyminosme.

Cybinosme AFEUiLiESOBLONGCES. Cyminosma oblongifolia, S\ms, Bolanical Magaz. 3322. C'est un aibrisseau qui a été découvert à la Nouvelle -Hollande, en 1824,parAllan Cuningham, et envoyé au Jardin royal de Kew. Cette espèce fait donc la cinquième connue par les botanistes. Elle s'élève à la hauteur de trois à quatre pieds; ses rameaux, quiïorment la couronne, sont, ainsi que la lige, recouverts d'une écorce d'un brun rougeâtre et garnis de feuilles alternes ou opposées, oblongues, obtuses, simples, marquées de points transparents, et portées sur un pétiole renflé ou articulé aux deux extrémités. Les fleurs sont réunies en corymbe terminal ou axillaire; le pédoncule est court, cylindrique, une fois plus long que le pétiole; le calice est adhérent à l'ovaire, partagé en quatre divisions petites et persistantes ; la corolle est composée de quatre pétales étendus et légèrement pubescents à l'extérieur. Les étamines sont au nombre de huit, dont quatre alternativement plus longues : toutes sont velues à leur base et insérées sur les pétales. L'ovaire est entouré d'un disque charnu, large et ù peu près aussi long que le style qui le surmonte ; le stigmate est à quatre lobes. Le fruit consiste en une baie sèche, globuleuse, charnue à quatre loges et à quatre valves, renfermant un même nombre de semences calleuses et cruslacées.

On cultive cette espèce dans le terreau de bruyère mêlé de terre sablonneuse et légère. On parvient sans peine à la propager par le moyen des boutures étouffées.

CYMODICE. Cymodice, oc CYMODOCÉE, Cymodocea. crdst. Genre de l'ordre des Isopodes, fondé par Lcach dans la famille des Cymothoadées ; il a , suivant lui, pour caractères distinclifs : appendices postérieurs du ventre ayant la petite lame intérieure et extérieure saillante; corps ne pouvant se ramasser en boule; abdomen dont le dernier article est échancré à son extrémité, avec une petite lame dans l'échancrure. Ces animaux , que nous préférons nommer Cymodice plutôt que Cymodocée, nom générique employé dans une autre classe (F. l'art, suivant), ces animaux, disonsnous , ont des yeux s'étendant en arrière jusqu'au bord

antérieur du premier serment du corps ; la pclile lame postérieure du ventre est légèrement aplatie , non foliacée, mais garnie de lonjjs poils sur chaque côté; la petite lame externe est presque droite extérieurement, élargie intérieurement et pointue vers son extrémité, et la petite lame ventrale postérieure et externe est très-dilatée extérieurement et brusquement acuminéc. Ce genre est très-voisin des Dynamènes dont il ne diffère <iue ))ar la manière dont se termine le dernier article de l'abdomen; il ressemble aussi beaucoup aux Sphéromcs; mais le corps n'est pas susceptible de se contracter en boule.

Lcach (Dictionn. des Scienc. natur. T. xii, p. 542) décrit (|uatre espèces. La Cymodice écoancrée , Cymodice emaigi'nala, Leacb, dont il existe deux variétés, habite les côtes occidentales de l'Angleterre; la Cymodice tronquée, Cymodice truncata, Leacli; ou la Cyiiiodocea truncata de Leacb (Edimb. Eticycl. T. VII, p. 433), qui est la même espèce que VOniscus truncatus de Montagu, des mêmes localités; la Cvao- DiCE FENDUE, CymodicB bifida, Leacli, et la Cybodicë DE Laharck, Cymodice Lamarckii, Leach, des côtes de Sicile. Ce sont les seules espèces connues.

CYMODOCÉE. Cymodocea. crust. K. Cyhodice.

CYMODOCÉE. Cymodocea. polyp. Genre de l'ordre des Sertulariées, dans la division des Polypiers Hexibles à cellules non irritables, établi par Lamouroux pour des Polypiers pbytoïdes, à cellules cylindriques, plus ou moins longues, filiformes, alternes ou opposées, portées sur une tigefistuleuse, annelée inférieurement, ordinairement unie dans la partie supérieure, et sans cloison intérieure. Ces Polypiers ont les plus grands rapports avec ceux de l'ordre suivant ; on serait même tenté de les y réunir sans le caractère que présente la situation des Polypes des Tubulaiiées ; dans ce groupe nombreux, mais encore peu connu, ils sont toujours placés au sommet des laraeux, tandis que dans les Cymodocées, ils sont situés sur ces rameaux ou surleurs divisions. La tige de celles-ci est un tube continu, corné ou cartilagineux, simple ou rameaux, et qui doit être rempli, dans l'état de vie, d'une matière animale irritable, à laquelle viennent aboutir les nombreux Polypes placés sur la surface des tiges. C'est ce dernier caractère qui les sépare d'une manière bien trancbée de l'ordre des Tubulariées. Quoique ce genre ait plus de ressemblance avec les Nais qu'avec les Amathies et les Agiaopbénies, on peut le regarder comme réellement intermédiaire entre les Sertulariées et les Tubulariées. La forme des Cymodocées est simple ou peu rameuse; leur substance est cornée, légèrement transparente et fragile; leur grandeur varie ainsi que leur couleur, dont la nuance est quelquefois d'un fauve rougeâlre, et d'autres fois d'un fauve blond et vif; elles adhèrent aux corps solides par une base mince et étendue, de laquelle sortent les tiges, ou sur laquelle ces tiges rampent et se contournent avant de s'élever. Ce genre est encore peu nombreux en espèces, quoiqu'il en existe dans des localités très-différentes sous tous les rapports.

CYMODOCÉE CBEVELCE. Cymodocca comata, Lamx., Gen. Polyp., p. 15, tab. 67, fig. 12, 13, 14. Elle est

remarquable par ses liges droiles, cylindriques , couvertes de petites ramifications capitlacées, nombreuses, verticillées , flexueuses, articulées et polypifères; à chai|ue articulation l'on observe une cellule courte, annelée à sa base et presque invisible à l'œil nu. Elle habite les côtes d'Angleterre.

CYMODOCÉE RAMEUSE. Cymodoceo ramosa, Lamx., Hist. Polyp., p. 200, n" 338, pi. 7, fig. 1, a, b. Dans celte espèce, les tiges s'élèvent d'un empâtement commun ; elles sont un peu rameuses et annelées, dans presque toute leur longueur, avec des cellules opposées à chaipie anneau, et alternes d'un anneau à l'autre. Kicbard l'a trouvée dans la mer des Antilles.

La CYMODOCÉE ANNELÉE, Lamk.,Gen., tab. 07, fig. 10 et 11, du cap de Bonne Espérance, et la Cymodocéb SIMPLE, Lamx., Hist., pi. 7, fig. 2, A, B, des côtes d'Angleterre et d'Irlande, appartiennent également à ce genre.

CY.MODOCÉE. Cymodocea. bot. Synonyme de Phucagrostis. V. Zostère.

CYMOLITE. y. CiMOLiTBE.

CYMOPHANE. min. C'est-à-dire Lumière flottante. Chiysoberyl , W. ; Chrysolite orientale des lapidaires. Substance minérale, d'un jaune verdAtre et d'un éclat vitreux dans la cassure ; plus dure que la Topaze, présentant souvent des reflets d'un blanc laiteux, mêlé de bleuâtre, et possédant la double réfraction à un haut degré. Sa pesanteur spécifique est de 3,8; elle est infusible au chalumeau. Berzélius la regarde comme étant un sous-silicate d'Alumine; elle renferme, suivant Klaproth, 79,5 d'Alumine, 18 de Silice, 6 de Chaux et 1,5 d'Oxide de Fer. On ne l'a encore trouvée, jusqu'à présent, ([u'à l'état de Cristaux ou de grains cristallins qui sont toujours transparents ou au moins translucides. Sa forme primitive est un prisme droit, rectangulaire, dans lequel les trois côtés sont entre eux comme les racines carrées des nombres 2, 3 et C. On dislingue parmi les foimes secondaires, décrites par HaUy,laCymophane anamorphique, qui offre l'aspect d'un prisme droit, hexaèdre , et qui dérive de la primitive dont les bases sont remplacées par des sommets dièdres; la Cymophane dioclaèdre, en prisme octogone terminé par des sommets à quatre faces , et l'annulaire, que l'on prendrait pour un prisme hexaèdre dont les arêtes au contour des bases seraient remplacées par des facettes disposées en anneau. La Cymophane a été trouvée au Brésil, à Pile de Ceylan et dans le Conneclicut. Celle des États-Unis a pour gangue une roche composée de Feldsi)atli blanc, de Quartz gris et d'e Talc blanchâtre. Cette roche renferme en outre des Grenats émarginés.

CYMOPIIORE. Cymophorus. ins. Kirby a proposé, sous ce nom, l'établissement d'un nouveau genre d'Insectes, voisin du Cremastocheile dont le type serait une espèce fort rare de PAmérique septentrionale. Ce genre, de la famille des Lamellicornes, tribu des Rutélides. a pour caractères : chaperon arrondi au sommet, réfléchi ; antennes composées de dix articles : le premier épais et triangulaire, le suivant plus allongé et cylindrique, les autres très-courts et arrondis; massue allongée et triphylle ; dernier article des palpes oblong

et obtus; labre couvert; lèvre presque carrée, verticale; menton horizontal, caché sous la lèvre; yeux ronds, avec un trait enfoncé dans l'angle postérieur de chacun d'eux ; corselet presque carré, rétréci en avant ; écusson triangulaire, équilatéral; mésosternum vertical, tronqué antérieurement et canaliculé en dessus; surface des élytres présentant des enfoncements et des élévations longitudinales , avec des sinuosités sur les côtés; épaules presque lobées; jambes antérieures garnies d'un éperon ; il y en a deux à chacune des intermédiaires et des postérieures ;crochets simples et égaux; trois pointes à l'anus.

CYMOPOLIE. Cymopolia. poltp. Genrede l'ordre des Corallinées, division des Polypiers flexibles, à substance calcaire, mêlée avec la substance cornée ou la recouvrant. Caractères : Polypier phytoïde, dichotome, moniliforme, avec des articulations cylindriques, distantes les unes des autres, et couvertes de cellules nombreuses presque visibles à l'œil nu. Deux Polypiers, les Corallina barbata et Rosarium, ont servi à établir ce genre qui diffère de celui des Corallines par la ramification dichotome , des celui de Galaxaures par l'épaisseur de l'écorce crétacée et la petitesse de l'axe tubuleux intérieur ; et des Amphiroës par la régularité des divisions. Il était impossible de placer les Cymopolles dans aucun de ces genres ; il a donc fallu en foimer un groupe particulier, facile à reconnaître à la forme des articulations et à la division des rameaux. C'est ce qu'a fait Lamouroux. Aucune Corallinée n'offre des pores aussi visibles que les Cymopolles , et tout fait présumer que ces pores renferment des Polypes, caractère qui les éloigne des Galaxaures dont les animalcules sont constamment placés aux sommets des ramifications. L'organisation et la couleur paraissent semblables à celles des Corallines. La grandeur ne semble pas dépasserun décimètre. Ce genre est composé de deux espèces, l'une et l'autre de la mer des Antilles. La première, la Cymopolie Rosaire, Lamx. (Gen. Polyp., p. 25, lab. 21, fig. o, b, n, 1-5), offre des articulations cylindriques dans la partie inférieure , et de subglobuleuses dans les rameaux. La deuxième, nommée Cymopolie barbue, Ellls (Corail., p. 68, tab. 23, fig. c, c), se distingue par l'organisation de l'axe, et surtout par la touffe de petits tubes capillacés, qui forme une petite houppe à l'extrémité des rameaux.

CYMOPTÈRE. Cymopterus. bot. Genre de la famille des Ombelllfères, Pentandrie Digynie, formé par Raffinesque qui lui donne pour caractères : calice divisé en cinq petites dents; pétales ovalalres, presque ronds, recourbés au sommet; fruit presque elliptique, strié, composé de deux akènes oblongs comprimés, l'un muni de quatre, et l'autre ordinairement de trois ailes membraneuses, ondulées. La seule espèce connue, Cy- Moptenis g/omeralus, est une petite plante lisse, à tige presque couchée, presque nue; les feuilles sont i)étiolées, bitridivisées, à lobes très-courts, obtus; l'ombelle est petite, formée de cinq ou six rayons. Elle est originaire des bords du Missouri.

CYMOSAIRE. Cymosaria. poiYP. Genre de la famille des Isidées, établi par Lamarck qui le caractérise ainsi : Polypier presque pierreux, cauleseent, terminé en cime

ombelliforme; tige simple, articulée, nue, striée longitudinalement; ù articulations inégales, alternativement pierreuses et cornées ; cime terminale , en ombelle concave ; à rameaux un peu aplatis, découpés et comme rongés à leur surface supérieure. Ce Polypier est un des plus singuliers et en même temps un des plus rares que l'on connaisse; il appartient évidemment à la famille des Isis et se trouve comme eux revêtu, à l'état vivant, d'un encroûtement gélatineux, très-fugace puisqu'il ne se conserve pas lorsque le Polypier a été retiré de l'eau. On n'en connaît encore qu'une seule espèce, Cymosaria lacininta, qui habite les mers de la Nouvelle-Hollande. Sa tige est terminée par une cime ombelliforme, très-basse, à divisions lacinlées, semi-pinnées, dont les articulations sont Inégales et irrégulières. CYMOTHOA ET CYAIOTHOE. Cymothoa. crdst. Genre de l'ordre des Isopodes, fondé par Fabricius, et rangé par Latreille (Règn. Anim. de Cuv.) dans la section des Ptérygibranches, avec ces caractères : branchies libres, membraneuses, vésiculaires, disposées sur deux rang.s sous la queue; quatre antennes apparentes; queue composée de six anneaux avec un appendice de chaque côté, formé de deux lames portées sur un pédicule commun et mobile; pieds insérés près des bords latéraux du tronc , courts et terminés par un crochet fort, Irès-algu et non divisé à sa pointe. Les Cymotboës ont le corps essentiellement composé ù la manière des autres Isopodes, et le plus souvent bombé ou convexe, et uni en dessus; la tète est triangulaire, obtuse en devant et souvent reçue à sa base, dans une échancrure du premier segment du tronc; elle porte latéralement des yeux peu saillants et à réseaux très-dIstIncts; les antennes, au nombre de quatre, s'observent à son extrémité antérieure et quelquefois sous le chaperon; elles sont ordinairement courtes, presque égales, sétacées, ù articles peu nombreux, et situées par paires sur deux rangs les unes au-dessus des autres ; la bouche présente les mêmes parties que celle des autres Crustacés Isopodes ; le tronc se compose de segments portant chacun une paire de pieds, et les bords latéraux de plusieurs d'entre eux semblent être augmentés d'un appendice en forme d'article, au-dessus de la naissance des pattes. Celles-ci, au nombre de quatorze, sont courtes, également développées et attachées de chaque côté sur le bord même du segment ; elles se composent d'une cuisse épaisse et courbée en S, d'une jambe plus mince; enfin d'un ongle très-crochu, très-aigu, et presque aussi long que la jambe ; l'abdomen , ou improprement la queue , a six segments dont les cinq premiers courts, larges, et le dernier grand, et plus ou moins ovale ou arrondi; il n'est point voûté en dessous, tandis que la même pièce l'est beaucoup dans les Sphéromes. A chaque côté du bout de l'abdomen, est articulée une sorte de nageoire, pareille à celles que l'on observe en cette partie danslesDécapodesmacronres; les branchies, au nombre de dix à douze environ , forment des vessies ou bourses d'une couleur blanche, et qui sont susceptibles de se renfler; elles sont situées sur deux rangs, le long du dessous de l'abdomen; la poitrine, dans la femelle, a plusieurs écailles en recouvrement, placées au-dessus des œufs ; elles s'écartent pour donner une libre issue aux

petils qui écloscnl Jans ces matrices extérieures. Chaque ponte est composée, suivant Risso, de trente jusqu'à six cents petits, et elle se renouvelle deux ou trots fois dans l'année.

LesCyniotlioiis, vulgairement nommées Poxix de mer, OEstres ou Asiles de Poissons, sont des Crustacés voraces et païasites. Elles se fixent sur divers Poissons, et semblent affecter de préférence certaines espèces. On les rencontre près des ouïes, aux lèvres, à l'anus et dans l'intérieur même de la bouche.

Leach, dans sa Classification des Malacostracés (Trans. of Ihe Linn. Societ. T. xi ), a établi plusieurs petits genres aux dépens des Cymotlioës; plus tard (Dict. des Scien. natur. T. xii), il en a augmenté de beaucoup le nombre. Latreille a réuni aux Cymôlhoes proprement dits, ceux que l'entomologiste anglais désigne sous les noms d\Ega, de Liinnoria et à^Eutydice. Les iEgas ont des yeux distincts, grenus, et le pédoncule de leurs antennes supérieures très-ample; ce petit genre comprend trois espèces désignées par les noms suivants : yïga entaillée, /Ega emartjinata, Leach (Encycl. Drit., .Suppl. 1, p. 428, T. xxii), localité inconnue; M^di à trois dents, /Ega tridens, Leach (Trans.of the Linn. Societ. T. xi), elle habite les mers d'Ecosse ; yEga bicarinéc, /Ega bicarinala, Leach, localité inconnue. Le dernier caractère assigné aux JEsSlS les distingue des Eurydices et des Limnories. Les premières ont en outre les yeux distincts, mais point grenus, et les antennes inférieures de la longueur du corps : les secondes ont encore des yeux distincts, mais formés de petits grains, et la tête est aussi large que le premier segment du tronc. Enfin, les Cymothoes de Leach n'ont plus d'yeux bien distincts; leur tête est petite, étroite, et elles ont pour caractères propres : articles du thorax presque anguleux sur les côtés et postérieurement, les angles arrondis; les côtes des articles de l'abdomen parallèles, épaisses en dessons; la dernière jointure transverse et presque coriacéc; la dernière petite lame ventrale presque en forme de stylet, et à peu près égale aux autres. Ainsi restreint, ce genre comprend encore six espèces : Cytnotlwa OEslrum, ïahr.; Cymolhoa Leschenaultii, Leach; Cymothoa Diifresni , heach; Cymothoa Matthicui, Cy}nothoaDanksii,Cyinothoatrigonocephala,Leacli. Le genre Cymothoë de Latreille comprend nécessairement les espèces précédentes et toutes celles contenues dans les petils genres de Leach, qui en sont un démembrement; il a pour type la Cymothoe asile, Cymolhoa asilus, Fabr., ou VOniscus asiliis de Linné, figuré par Pallas {Spic. Zool. Fasc. 9, tab. 4, fig. 12). On la trouve dans les mers d'Europe. Il comprend aussi les Idotées tipora et Phy sodés de Fabricius, ainsi que les Cymotliol's OEslrum, paradoxa, falcata, imbricata, Guadelupensis, Americana.

CYMOTHOADÉES. Cymolhoadœ. crcst. Famille établie par Leach et qui embrasse le genre Cymolhoa de Fabricius, et tous ceux qui en ont été extraits depuis. Ses caractères sont: quatre antennes ; deux supérieures, deux inférieures; corps aplati; abdomen formé de quatre, cinq ou six pièces, dont chacune est pourvue, sur ses côtés, de deux appendices foliacés, fixés à un pédon-

cule commun; les dernières de ces pièces sont surajoutées , et toujours plus épaissies par la matière crustacéc ; tous les appendices du ventre sont nus ou à découvert. Leach divise cette famille de la manière suivante :

I. Corps peu convexe; abdomen composé de quatre anneaux distincts, dont le dernier est plus grand que les autres ; yeux placés sur le sommet de la tète, écartés l'un de l'autre ; antennes inférieures les plus longues. Genre : Seroi.e.

II. Corps convexe; abdomen composé de cinq anneaux; les quatre premiers soudés l'un à l'autre, au moins dans leur milieu, le cinquième étant le plus grand; yeux placés entre le côté et le sommet de la tête , touchant presque au bord antérieur du thorax , et reçus dans une écbancrure de chaque côté de son premier anneau; antennes inférieures les plus longues. Genres ; Campecopée, Nesée, Cilicée, Cïmodice, Dtna-

MÈNE, ZcZARE, SpUËROUE.

m. Corps convexe; abdomen composé de cinq ou six anneaux distincts, dont le dernier est plus grand; yeux placés latéralement; antennes inférieures plus longues que la moitié du corps; ongles tous semblables, légèrement courbés. Genres : Edrydice, Nelocire, Cirolane.

IV. Corps convexe ; abdomen composé de six anneaux distincts; le dernier plus grand que les autres; yeux placés sur les côtés ; antennes inférieures n'étant jamais plus longues que la moitié du corps; les ongles de la deuxième, troisième et quatrième paires de pattes très-arqués, les autres légèrement courbés. Genres;

CONILÈRE, ROCINÈLE, JÏGA, CaNOLIRE, ANILOCRE, OiEN- CIRE.

V. Corps convexe; abdomen ayant six anneaux distincts, le dernier plus grand; yeux peu apparents; antennes presque égales en longueur. Genres ; Nérocile, LivosÈCE, Cymothoe.

VI. Corps convexe; six anneaux distincts ù l'abdomen, le dernier plus grand; yeux placés latéralement, écartés l'un de l'autre et composés de grains distincts; antennes presque égales en longueur. Genre :

LiNINIRËE.

CYKAÈDE. pois.Bosc dit qu'on a établi, souscenom, un nouveau genre dont le Sargue serait le type. K. Spare.

CYNANCIIIQUE. Cynanchica. bot. Espèce du genre Aspérule.

CYNANQUE. Cynanchum. bot. Genre de la famille des Asclépiadécs, Pentandrie Digynie, L., caractérisé ainsi qu'il suit : calice à cinq divisions profondes et étroites; corolle monopétale, rotacée et à cinq divisions égales et profondes; les appendices staminaux sont, en général, au nombre de cinq et opposés aux lobes de la corolle; quelquefois leur nombre est beaucoup plus considérable; ils sont toujours réunis et soudés par leur base; les anthères sont terminées par une membrane, et contiennent chacune une masse de pollen solide, renflée et pendante. Les deux pistils sont accolés, et se terminent par un stigmate apicnlé; les fruits sont des follicules ovoïdes-allongés, simples, rarement doubles, s'ouvrant par une fente longitudinale.

et conlenant des graines imbriquées, dressées, surmontées d'une aigrette de poils blancs et soyeux, et contenant dans leur intérieur un embryon renversé, dont la radicule est courte et conique , les deux cotylédons ovales-obtus.

Les Cynanques sont des plantes herbacées, ou des arbustes le plus souvent volubiles ; leurs tiges sont grêles et rameuses; elles portent des feuilles opposées, simples et entières ; les fleurs, en général assez petites, forment des ombelles simples ou sertules ordinairement placées entre les pétioles. Brown réunit à ce genre plusieurs espèces d'abord placées dans d'autres genres, tels que les Periploca tunicata de Retz j Periploca A f ricana, L.; lei Jsclepias Vinceloxicum, L.; Asclepias nigra, L.; Asclepias sibiiica, L. ; Asclepias Daourica, AVilld. Voici les plus intéressantes:

Ctnakqïe dressé. Cynanclmm erectum, L., Jacq. Ilort., t. 38. Espèce vivace et poussant chaque année des tiges grêles, dressées, cylindriques, glabres, hautes de deux à trois pieds, portant des feuilles opposées, pétiolécs, cordiformes, aiguës, entières, glabres et d'un vert blanchâtre ; les fleurs sont blanches, petites, et forment des sertules ou ombelles simples latérales. D'Orient.

Ctnanqce de lUoisTPEiLiER. Cfiianchum Monspeliavum, L., Cavan. Icon. rar., 1, t. GO. Tiges herbacées, sarmenteuses, longues de deux à trois pieds, glabres; feuilles opposées, pétiolées, cordiformes, obtuses, glabres et d'un vert blanchâtre ; fleurs blanches, en petites ombelles simples et latérales. Il parait que le Cynanchiim actitum de Linné n'en est qu'une simple variété, dont les feuilles sont plus allongées et aiguës. Cette espèce croît dans les lieux maritimes et sablonneux de la Provence ; son suc concrète porte le nom de ScamiHonée de Montpellier : il est , comme la Scammonée d'Alep, violemment purgatif.

Cyranqde Dompte-Venin. Cynanchum Finceloxicum, Rich., Bot. méd. 1, p. 319; Asclepias Fincetoxicnm, L. C'est une petite plante vivace, commune dans les bois sablonneux; sa racine se compose d'une souche horizontale, tuberculeuse, d'oîi partent un grand nombre de fibres blanchâtres, allongées et cylindriques ; elle pousse une tige presque simple, d'un pied à un pied et demi de hauteur, cylindrique, très-glabre, ainsi que les autres parties de la plante; ses feuilles sont opposées, cordiformes, aiguës, entières; ses fleurs, jaunâtres et petites, forment des ombelles simples; la corolle est rotacée et à cinq lobes aigus; les fruits, ordinairement géminés, sont ovoïdes-allongés, glabres, lisses et terminés en pointes. La racine du Dompte-Venin, encore fraîche, a une odeur un peu nauséabonde et une saveur acre, amère et désagréable, qui se perdent en partie par la dessiccation. C'est un médicament énergique, qu'autrefois on considérait comme très-eflicace dans le traitement de la morsure des Serpents; de là son nom de Dompte-Venin.

Ctnanqde Akgcei. Cynanchum Argiiel , Delile , Égypt. L'Arguel est un arbuste qui croît dans les différentes contrées du nord de l'Afrique, en Nubie, en Egypte, et surtout dans les environs de Syène ; ses tiges dressées, grêles, cylindriques et tout à fait glabres, s'élèvent à une hauteur de deux pieds et portent des ra-

meaux opposés; ses feuilles, également opposées, sont presque sessilcs, petites, ovales, lancéolées, entières, aiguës, un peu coriaces et d'un vert glauque; les fleurs, qui sont blanches, forment des sortes de bouquets ou d'ombelles simples et pédoncules; les follicules, tantôt simples , tantôt géminés, sont épais, renflés dans leur partie inférieure, terminés en pointe allongée supérieurement; ils sont glabres et souvent maculés de taches pourpres. Les feuilles de l'A rguel sont fréquemment mélangées avec celles des Casses, dans les différentes sortes de Séné qui sont apportées d'Egypte, et en particulier dans le Séné dit de la Faite. Ce mélange, qu'il est toujours facile de reconnaître, n'offre pas de graves inconvénients; car l'Arguel possède à peu près les mêmes propriétés que les feuilles des Casses; cependant Delile prétend que ce médicament purge avec trop de violence et cause souvent des coliques. On reconnaît facilement les feuilles d'Arguel, qui sont mélangées dans le Séné, et on ne pourrait les confondre qu'avec celles de la Casse à feuilles aiguës, Cassia acutifolia, Delile; mais ces dernières sont plus minces, d'un vert plus prononcé, inéquilalérales à leur base, et légèrement pubescentcs à leur face inférieure, tandis que dans l'Arguel elles sont un peu épaisses et coriaces, d'un vert cendré, équilatérales à leur base, et parfaitement glabres.

CvnanqueIpécaceanha. Cynanchum Ipecacuanha, Rich., Bot. méd. l,p. 318; Cynanchum vomitorium, Lamk. Originaire des îles de France et de Bourbon, ce petit arbuste a sa racine composée d'une touffe de fibres longues et blanches. Ses tiges sont grêles , sarmenteuses, cylindriques, glabres ou pubesccntes ainsi que les feuilles , ce qui forme deux variétés distinctes ; ses feuilles sont opposées, courtement pétiolées, cordiformes, aiguës, entières, tantôt glabres et tantôt pubescentcs; les fleurs, petites et blanchâtres, forment des petites grappes axillaires, plus longues que les feuilles et composées d'un petit nombre de fleurs. Sa racine est connue et employée aux îles Maurice sous le nom d'Ipécacuanha; elle y remplace l'Ipécacuanha du Brésil; elle se compose de longues fibres grêles et blanches, d'une saveur acre et amère. Elle est beaucoup moins énergique et moins efficace que celle du Cephœlis Ipecacuanha.

CYNANTHE. Çynanthus. ois. Genre proposé par Swainson, dans l'ordre des Anisodaclyles, pour quelques espèces reléguées parmi les Colobris. Les caractères distinctifs du genre nouveau seraient ; le bec droit ou peu courbé, la queue très-longue et fourchue.

CYNAPIUM. DOT. Espèce du genre jEthuse.

CYNARA. BOT. F. ClNARE.

CYNARHODE. Cynarhodon. bot. Desvaux appelle ainsi un fruit particulier, dont le Rosier offre l'exemple. Ce fruit est charnu, composé d'un nombre plus ou moins considérable d'ovaires pariétaux et osseux, renfermés dans l'intérieur d'un calice, resserré à son orifice, devenant pulpeux. Ce fruit, ainsi qu'il est facile de le voir, n'est qu'une modification de celui que Richard a nommé Mélonide.

CYNARICE. BOT. La plante désignée sous ce nom dans Dioscoride est un Apocyn, selon Adanson.

CYNAROCÉPHALE. bot. F. CmAROcÉPiiALES.

CYrsAROIDE. liOT. y. CiNAROÏUE.

CYNICTIDE. Cynictis. mam. Genre de Carnassiers digitigrades, établi par Ogilbi, pour un petit quadrujpède , observé par Sleedmann dans le voisinage de liytenhaye, sur les confins de la CafFrerie, et qui forme, à plusieurs égards, le jiassage entre les tribus des Chiens et des Civettes. Le système dentaire du Cynictide se compose de la manière suivante : à la mâchoire supérieure vingt dénis, savoir : six incisives, deux canines, six fausses molaires, deux carnassières et deux tuberculeuses; à la mâchoire inférieure dix-huit dents, les tuberculeuses n'étant qu'au nombre de deux , une de cha<|ue côté. La disposition de ce système diffère peu de celle jiropre ri la femelle des Civettes, et surtout au genre Mangouste; on remarque seulement que la première fausse molaire d'en bas, rudimentaire chez ces derniers, manque chez les Cynictidcs comme chez les Suricates, tandis que celle d'en haut, qui manque aussi chez ces derniers, existe dans ce nouveau genre, qui, sous ce rapport, établit par conséquent le passage entre les Mangoustes et les Suricales. La conformation des pattes est également caraclérislique, et présente de l'analogie entre les Cynictides et les Pratèles. Les pieds sont complètement digitigrades comme ceux des Chiens; ils sont pourvus de cinq doigts en avant et de quatre eu arrière; les ongles sont propres à fouir. La tête est courte et brusquement rétrécie au-devant des yeux; son corps est long et mince ; sa queue longue et touffue. Ogilby a consacré par le nom qu'il a imposé à l'unique espèce connue, Cyniclis Sleedmannii, celui du naturaliste auquel on est redevable delà découverte de l'animal.

CYNIPS. Cynips. ws. Genre d'Hyménoptères de la famille des Pupivores, tribu des Gallicoles, ayant pour caractères : antennes ordinairement de treize à quinze articles, droites, filiformes, ou à peine plus grosses vers leur extrémité; lèvre et mâchoires très-distinctes ; palpes très-courtes; ailes supérieures offrant une cellule radiale complète, longue, presque triangulaire, et trois cellules cubitales, la première petite, la deuxième trèspetite, et la troisième très-grande, atteignant ordinairement le bout de l'aile ; point de nervures aux ailes inférieures; tarière des femelles logée soit entièrement, soit du moins vers sa naissance, dans une fente ou coulisse extérieure, pratiquée le long du ventre. Le groupe des Cynips fondé par Linné a depuis été subdivisé de manière que le genre Cynips, tel qu'il vient d'être décrit, ne représente pas en entier les Cynips de cet auteur. Geoffroy avait substitué mal à propos le nom de Diplolèpe ù celui de Cynips, et il s'était servi de ce dernier nom pour désigner certains Ichneumons. Les entomologistes ont réiabli les choses (elles qu'elles étaient d'abord, les Diplolèpes de Geoffroy ont repris le nom de Cyni|)s, et son genre Cynips a été converti en celui de Chalcides. Les Cynips proprement dits diffèrent des Chalcidiles, des Oxyures et des Chrysides par leurs antennes droites et filiformes, par l'absence des nervures aux ailes inférieures, et par leur tarière cachée dans une coulisse pratiquée le long du ventre. Ce caractère empêche de les confondre avec les Ichneumons; ils s'éloignent encore des Figites par les antennes et par le nombre des

cellules cubitales des ailes; enfin on pourrait aussi les distinguer des Ibalies en prenant en considération la figure de la cellule radiale et la grandeur du point de l'aile.

L'organisation extérieure des Cynips a été décriteavec soin par les auteurs. Le corps est couit et voûlé ; la tête est beaucoup plus basse que le thorax; clic supporte des antennes lilifoimes assez longues, de quatorze articles dans les femelles, et de quinze dans les mâles; le troisième est grand et arqué; des yeux ovales et entiers; trois pelils yeux lisses; une bouche formée de mandibules Iridentées, de quatre palpes un peu plus grosses ù leur exlrémilé, les maxillaires de quatre articles, et les labiales de trois et d'une languette presque cordiforme, arrondie ou un peu échancrée sur son bord supérieur. Le thorax est élevé et comme bossu , avec l'écusson quelquefois proéminent; il supporte quatre ailes; les supérieures qui ont seules des nervures dépassent l'abdomen en longueur; ces nervures sont disposées d'une manière si particulière, qu'il suffit, dit Jurine, de les avoir vues une fois pour les reconnaître à l'instant. Le cubitus, dès son origine, s'écarte du radius de manière à laisser entre eux un assez grand intervalle; le point de l'aile n'a pas la même forme que celui des autres Hyménoptères, et il n'occupe pas tout à fait la même place. Une nervure très-forte et très-apparente descend du cubitus avant son insertion au point, et se porte en arrière un peu obliquement pour former la première cellule cubitale, et soutenir la seule nervure buméralc qui existe; les pattes ont une grosseur moyenne, les cuisses sont fortes; les jambes antérieures se terminent par une pointe assez longue, et ne présentent point d'échancrure au côté interne; les autres jambes sont biépincusesau bout, et les tarses entre lesquels on voit une pelote, se terminent par deux crochets unidentés; l'abdomen est court, ovalaire, comprimé, caréné, Iranchant inférieurement, et tronqué obliquement ou Irèsobtus à l'anus dans les femelles; il est surtout remarquable par la tarière. Celle tarière, dont l'usage est de percer certaines plantes pour introduire un œuf dans la plaie, offre un mécanisme admirable, et (pii a trèsbien été décrit par Réaumur (Mém. sur les 1ns. T. m, p. 483 et pi. 45 et 40). 11 ne faut, dit cet observateur, que presser entre deux doigts le ventre de la Mouche, et augmenter doucement le degré de pression, pour obliger ces parties (une sorte de tarière en forme d'aiguillon et deux pièces beaucoup plus grosses qui lui servent d'étui) de se mettre à découvert, et de montrer d'où leur jeu dépend. Le premier degré de pression force seulement les deux pièces qui composent l'étui à s'écarter l'une de l'autre, et assez pour permelire de distinguer l'aiguillon qui est entre elles deux, et contre lequel elles ne sont plus alors aussi exactement appliquées qu'elles l'étaient auparavant. Le contour de l'anus parait alors : il est circulaire et bordé de poils. Si on presse ensuile davantage, on oblige l'aiguillon ù sortir de son étui, à s'élever; on reconnaît qu'il est d'une substance analogue à la corne, et d'un brun châtain, comme le sont les aiguillons ou les instruments équivalents de beaucoup de Mouches plus grosses. On voit qu'il vient de l'endroit où l'arête de celui-ci coin-

mence à être abattue; que là est une pièce écailleuse qui avance un peu sur la coulisse, et que c'est dessous celte pièce que passe l'aiguillon. Mais on ne le voit pas encore dans toute sa longueur; il parait bientôt plus long; si on presse le ventre davantage, on l'oblige de sortir de celui-ci dans lequel il est logé en grande partie; la pression augmentée contraint aussi l'anus à devenir plus éloigné qu'il ne l'est dans l'état naturel, de l'endroit où l'arête commence à manquer, et où est l'origine de la coulisse. Les bouts de cbacune des pièces qui composent l'étui, se trouvent cependant toujours à même distance de l'anus, d'où il semblerait que ces pièces s'allongent; mais, ce qui est plus vrai et plus remarquable, c'est que la tige pour ainsi dire de cbacune de ces pièces était dans le corps, et que la pression l'en a fait sortir. Qu'on pousse plus loin la pression et jusqu'au dernier point où elle peut être portée, tout cela devient plus sensible; l'aiguillon parait plus du double et près du triple plus long qu'il ne l'était d'abord ; l'anus s'éloigne davantage de l'origine de la coulisse; mais ce n'est pas en ligne droite qu'il s'en éloigne; il passe du côté du dos, et la partie de cbacuue de ces pièces delà coulisse qui est sortie du ventre, se recourbe en arc. On voit par là que, dans l'état naturel, ou, pour parler plus exactement, dans l'état le plus ordinaire, il n'y a qu'une partie de l'aiguillon , un peu plus du tiers de sa longueur, qui soit hors du corps; cette dernière partie de l'aiguillon est cependant très-bien cachée ; elle est logée dans un étui formé par deux pièces dont chacune l'égale en longueur, et dont chacune est creusée en gouttière. Ces deux gouttières composent le tuyau creux où cette partie de l'aiguillon est à l'aise et bien renfermée; le reste et la plus longue partie de ce même aiguillon, est dans le corps de la Mouche, et elle y a aussi son étui, mais un étui formé par deux lames plates. Chacune de ces lames, qui fait moitié de l'étui intérieur, est la tige de chaque moitié de l'étui extérieur; les parties qui composent celui-ci, sont à peu près rondes, aussi larges qu'épaisses; ces dimensions ne les empêchent pas de se placer commodément en dehors du corps; mais les parties des mêmes pièces qui forment l'étui intérieur, sont larges et minces, l'endroit où elles sont logées demande qu'elles aient cette forme; la portion de l'aiguillon qui reste constamment en dehors du corps, est donc petite en comparaison de celle qui est logée dans ce corps même. Comment celle-ci s'y loge-t-elle? Non-seulement elle est plus longue que la distance qui est depuis l'endroit où elle y entre jusqu'au corselet; elle est beaucoup plus longue même que le corps entier; cette paitie, d'ailleurs, est incapable d'allongement et d'accourcissement; elle est d'une espèce de corne ou d'écaiUe, et n'est point musculeuse. U est donc évident ([u'elle doit être contournée dans le corps, d'une façon qui lui fasse trouver un espace suffisant pour se loger dans une étendue trop courte pour qu'elle y puisse être placée en ligne droite. La nature a employé ici une mécanique dont on trouve déjà un exemple dans un plus grand animal; c'est l'allongement apparent de la langue du Pivert : on sait que le Pivert peut porter loin sa langue en dehors de son bec; sa langue cependant est courte, et très-incapable d'être allongée si cou-

C Y N Z-li

sidérablement ; mais son os hyoïde est une iame osseuse roulée en quelque sorte comme un ressort de montre. Ainsi, dès que l'os hyoïde se déroule, la langue est portée hors du bec, et y est portée d'autant plus loin qu'il se déroule davantage. Ce qui a été fait pour la langue du Pivert, ou plutôt pour son os hyoïde, l'a été pour l'aiguillon des Cynips; l'allongement de l'un et celui de l'autre dépendent de la même mécanique, appliquée pourtant un peu différemment. L'aiguillon de la Mouche, après être entré dans le corps, se courbe pour suivre la convexité du ventre, il va ainsi jusqu'assez près du corselet; là, en continuant de se courber, ou même en se courbant davantage, il retourne sur ses pas; il revient du côté du derrière, en se tenant au-dessous de la ligne qui marque la longueur de la partie supérieure du corps. 11 va ainsi jusqu'assez près de l'anus; c'est là qu'il se termine et qu'est son attache. Ce bout de l'aiguillon, qui en doit être regardé comme la base, est donc fixé dans le corps, presque vis-à-vis et au-dessus de l'endroit où est l'autre bout du même aiguillon, où est sa pointe; ainsi, au cas que l'aiguillon n'eût point de courbure, il aurait une longueur double de celle du corps, puisqu'il va de l'anus jusqu'au corselet, en suivant la concavité intérieure du dos ; et que du corselet il se rend à l'anus, en suivant moitié en dehors et moitié en dedans le contour du ventre. Si cependant l'appui de la base de l'aiguillon était fixe, l'aiguillon, malgré toute sa longueur, ne pourrait sortir du corps sensiblement plus qu'il n'en sort dans les temps ordinaires; mais si la base de l'aiguillon peut s'approcher, et s'approcher beaucoup du corselet, alors l'aiguillon pourra sortir et jiourra être forcé de sortir beaucoup; aussi, tout a été disposé pour que sa base fût mobile; elle est attachée près de l'anus, et à mesure que la pression des doigts force l'aiguillon à paraître plus long en dehors du corps, l'anus s'éloigne du dessous du ventre, il passe du côté du dos, et il s'approche ainsi de plus en plus du corselet.

Aussitôt qu'une feuille, qu'un rameau ou toute autre partie d'un végétal a été piquée et que l'œuf a été introduit dans la plaie, les sucs nourriciers affluent vers ce point, et, en très-peu de temps, on voit s'élever des excroissances de formes variées; elles ont reçu généralement le nom de Gf(«e«. Les unes sont nommées GaHes en Pomme, en Groseille, en pépin, en forme de Trèfle; les autres portent le nom de Galle chevelue, Bedeguar, en Artichaut. 11 en est plusieurs que l'on désigne d'après la plante sur laquelle elles croissent, ou bien parl'usage que l'on en fait : c'est ainsi par exemple qu'on nomme Galle de Chêne, à teinture ou du commerce , celle employée spécialement dans les arts, et qui entre dans la composition de l'encre à écrire. Ces excroissances présentent tantôt une cavité unique, habitée par une seule larve, ou par un grand nombre; tantôt plusieurs cavités communiquant entre elles ou séparées en autant de loges complètes qu'il y a de larves. Suivant Valisnieri, l'œuf déposé dans la piqûre du végétal, augmente d'abord de volume, puis il en sort une larve apode. Celle-ci fait usage des sucs nourriciers et fort abondants de la Galle. Elle augmente ainsi successivement la cavité qui l'entoure; au

bout de plusieurs mois elle se Iransforme en nymphe el ne paraît à l'état d'Insecte parfait qu'au retour de la belle saison. Pour sortir de sa demeure, elle perce, dans son enveloppe, un trou du diamètre de son corps; la présence de ce trou, qui s'observe fréquemment à la surface des Galles, est donc un indice certain qu'on ne trouvera rien à son intérieur.

Cynips de la Galie a TEiivTliRE. Cytiips Gallœ tinctoiiœ, L., ou Diplolèpe de la Galle à teinture, d'Olivier qui a donné des détads Irés-curieux sur cette espèce (Voyage dans l'Emp. Ottoman, pi. 13). Cet insecte a trois ou quatre lignes de long; le corps est d'une couleur fauve pile, couvert d'un duvet blanchâtre et soyeux; les yeux sont noirs; les nervures des ailes supérieures sont brunes; le dessous de l'abdomen est noirâtre et biillant. On observe â sa partie supérieure une tache d'un brun noirâtre, très-polie et luisante. Il n'est pas rare de trouver cet Insecte desséché dans les Galles qui se vendent dans le commerce. I.a idupartde ces Galles, elles plus estimées, viennent de l'Asie-Miiieure et des environs d'Alep. Elles croissent sur une espèce de Chêne. Les meilleures sont celles qui ont été récoltées après la naissance de l'Insecte; elles sont plus légères et d'une couleur moins foncée qu'un grand nombre d'autres qu'on rencontre aussi dans le commerce et qui out été évidemment recueillies avant l'entier développement de l'Insecte.

Cynips do Figuier commun. Cynips Ficus Caricœ, Latr.; Cynips Psenes, Fab. La larve de cette espèce se nourrit dans l'intérieur des graines de la Figue. Ce sont ces mêmes Insectes qui étaient employés autrefois chez les anciens pour la capritication (/^. ce mot) et qui, encore aujourd'hui, servent au même usage dans le Levant. Ils se trouvent en Asie et au midi de l'Europe, dans les graines des Figuiers sauvages.

CvNiPS nu Catyt. Tozm. Cynips Quercûs Tosœ, Fabr.; Diplolepis Quercûs Tozœ, Bosc ( Journ. d'Hist. nat.). On rencontre sa larve dans la Galle du Chêne Tozin. L'insecle parfait a été représenté par Antoine Coquebert ( IHustr. Icon. Insect. Dec. 1 , tab. 1 , fis- 9).

Cynips ienticblaire. Cynips lenticularis , Latr.; Diplolepis lenticularis , OWv.; Cynips longipennis, Fab. Cet Insecte produit l'excroissance nommée par Uéaumur Galle en Champignon du Chêne : un pédicule très-court la fixe aux revers des feuilles du Chêne; elles s'obscrvetit communément en automme, et sont quelquefois si abondantes, qu'en secouant les arbres elles tombent comme de la pluie. Chaque Galle ne renferme ordinairement qu'une seule larve. L'Insecte qui en sort a été figuré par Antoine Coquebert (lac. cit., t. 1, f. 10).

Cynips du Rosier. Cynips Rosœ; Diplolepis Roscc , Oliv. 11 est très-commun en Europe, et produit sur les Uosiers les excroissances chevelues nommées Bedeijuar. Les larves vivent en famille dans leur intérieur; on en voit aussi (pielquefois sortir des Ichncumonides et des Chalcidites dont les larves ont vécu aux dépens de celles des Cynips.

Cynips des fedilies du Chène, Cynips QuercAs folii. Les Galles que cette espèce produit se rencontrent très-

fréi|uemmcnt sur les feuilles des Chênes. Elles «ont lisses et arrondies.

CYNIPSÈRES. Cynipsera. ins. Famille d'Hyménoptères, établie par Latreillc (Gencr. Crnst. et Ins., et Considér. génér., p. 282), el ayant, suivant lui, pour caractères : abdomen implanté sur le inélathorax par une portion de son diamètre transversal; ailes inférieures sans nervures distinctes; corps ne se contractant point en boule; abdomen comprimé ou déprimé , mais caréné en dessous, du moins dans les femelles; tarière filiforme; palpes très-courtes; antennes en massue ou grossissant vers le bout, brisées, de six à douze articles. Cette famille comprend les genres Leucospis, Chalcis, Eurytome, Cynips, Eulophe, Cléonyme, Sphalangie, Périlampe, Ptéromale, Encyrtc, Platigastre, Scélion et Téléas.

CYNOCÉPHALE. Cynoccphalus. bam. Genre de Singes, caractérisé par les cinq tubercules de la dernière molaire d'en bas, caractère qui se retrouve chez les Macaques; mais ceux-ci, outre qu'ils sont de taille inférieure, n'ont pas les narines terminales et tout ù fait antérieures. Cette disposition terminale des narines projetées même un peu au-devant et au-dessus des lèvres, de manière iiue le museau est tronqué par un plan oblique en bas, comme dans les Cochons, caractérise suffisamment à elle seule toutes les espèces de ce genre. Ce museau n'est point glanduleux; ce n'est pas un mufle comme dans les Makis. Chez les Grecs, le nom de Cynocéphale, employé génériqucment dans Diodore, lib. 2, Elien et Strabon, parait s'être appliqué à trois espèces, le Sphinx, le Cebus el le Cynoccphalus proprement dit. D'après les pays où les auteurs cités indiquent l'existence de ces animaux, el d'après la Mosaïque de Paleslrine oCi deux de ces Singes sont représentés avec les noms de Sphingia et de Cepus, il est très-probable que le Cynocephalus est le Babouin, le S|)liinxrUamadryas, elle Cepus ou Cebus le Chacma ou Cynocéphale noir, Singe- Cochon d'Aristole.

Ce genre a été désigné par Buffon sons le nom de Babouin ; mais en adoptant rigoureusement les caractères d'admission dans ce genre, tels que les détermine cet éloquent naturaliste, il faudrait en exclure l'espèce qui précisément en est le type, et dont le nom est appliqué au Magot ; en quoi CufFon fait un double emploi du Magot, l'ayant déjà qualifié du nom de Pithèque sous lequel il était réellement connu des Grecs et des Romains. La considération des patries assignées, par les anciens même, au Pithèque et au Cynocéphale, aurait dû prévenir cette erreur de Buffon. Il est vrai de dire que, d'après les écrits des anciens, on aurait pu croire que leurs Cynocéphales n'avaient pas de queue. Néanmoins Agatharchides, copié par Diodore, avait donné sur les espèces dites Cynocéphales un renseignement décisif, c'est, dit-il, que les femelles ont leur matrice à l'extérieur durant toute leur vie. L'erreur dans la détermination anatomique de l'organe, n'a pas moins pour sujet un caractère particulier aux Cynocéphales, savoir l'énorme développement du tissu érectile de l'entrée de la vulve. Il n'y avait donc pas lieu, en y donnant un peu plus d'attention, de confondre le Cynocéphale avec le Pithèque. En outre, il n'est pics-

que pas de monuments d'Égyple et de NuMe où ne soient figurées avec beaucoup d'exactitude deux ou trois espèces de Cynocéphales. Le Magot n'y est pas représenté une seule fois, non plus qu'aucun autre Singe sans queue. Quant au Magot, celte absence est de nécessité , puisqu'élant indigène des hauteurs de l'Atlas, il dut être inconnu aux Kgyptiens.

Les Cynocéphales sont en général de la taille de nos plus grands Chiens; si même on en croyait ce que des voyageurs rapportent de la taille du Mandrill , cet animal surpasserait le Pongo, le plus grand de tous les Singes autheiitiquemcnt connus. Ils se distinguent de tous les autres Singes par la brièveté de leurs membres antérieurs, et cependant leurs membres postérieurs sont encore à proportion plus courts. Us ont tout à fait le port d'un Quadrupède, ce qui leur donne plus d'aisance à marcher ù quatre pattes, et leui- rend moins indispensable l'habitation des arbres. Aussi verronsnous que plusieurs Cynocéphales n'habitent pas les forêts. Leurs doigts, réunis par une bride lâche de la peau jusque près de la seconde phalange, sont encore plus courts que dans les Guenons; les phalanges sont aussi moins arquées, quoique la face palmaire en soit légèrement concave, de sorte que leur main est à proportion plus courte que celle de l'homme. Elle est donc loin de représenter cet immense crochet articulé, auquel les Orangs, les Gibbons, les Atèles doivent cette incroyable facilité de grimper aux arbres, de se suspendre à leurs branches. Leur corps, épais et trapu, u'a pas non plus la souplesse, la flexibilité de celui de ces animaux et des Guenons; et quoi(iu'incomparablement plus agiles que les Chiens et même que les Chats, ils sont incapables de cette immensité d'élan, de cette agilité de saut des Singes dont nous venons de pailer. Quoiqu'accoutumés à marcher à terre sur leurs doigts, leurs pouces, plus écartés aux quatre pieds que celui de la main de l'homme, et opposables en proportion, leur donnent , pour saisir et empoigner des objets même plus volumineux, une adresse et une facilité au moins égale à celle des autres Singes pourvus de plus longs doigts. Le pouce de derrière est constamment plus long que celui de devant; les ongles sont allongés et ployés en gouttière, ce qui en fait des armes puissantes et des crochets propres à déchirer et même à déterrer les racines dont ils se nourrissent. La queue, variable d'ime espèce à l'autre pour la longueur, mais invariable dans la même espèce , a cela de commun dans toutes qu'elle est toujours relevée en arc dans l'étendue de trois ou quatre pouces. De là cette attitude particulière de la queue des Mandrills et Drills, qui l'ont courte et tout entière redressée, et de celle des Babouins proprement dits, laquelle, n'étant pas moindre que les deux tiers de la longueur du corps, retombe droite et sans mouvement au delà de la partie recourbée.

La tête des Cynocéphales, d'ofi est venu leur nom, est la partie caractérisliciue de leur physionomie , même sur le squelette; elle manque de front. Le frontal, coudé à angle presque droit sur le plan de l'orbite, forme la voiite de cette cavité, et se projette brusquement en arrière, presque dans le même plan que le

pariétal. Celui-ci arrive presque sans courbure à l'occipital qui, n'ayant pas de partie horizontale, coupe aussi brusquement le vertex en arrière , que le frontal en avant. Il en résulte que le vertex est presque plat dans cet intervalle, et entre les deux lignes temporales. Ces deux lignes sont en général plus écartées l'une de l'autre dans les Cynocéphales que dans les autres Singes adultes. Dans l'Hamadryas surtout, elles restent parallèles, depuis les crêtes sourcilières jusqu'à la crête occipitale, de sorte que le vertex de cette espèce adulte représente un plan régulièrement quadrilatère, dont la longueur et la largeur sont à peu près celles de tout le crâne; dans les autres Cynocéphales, ce plan représente un triangle dont le sommet est plus ou moins tronqué en arrière à l'occipital ; il résulte de cet élargissement des pariétaux que, nonobstant la petitesse de l'angle facial et l'énorme développement de la face, l'aire du crâne (F. ce mot) est encore supérieure quelquefois d'un quart à l'aire de la face. Cette aire du crâne a même une proportion encore plus avantageuse, si on la compare au volume de l'animal. Les crêtes sourcilières, plus avancées que dans aucun autre animal, donnent à ces Singes un air de férocité tout particulier. La projection de la face en avant, dépend surtout de l'agrandissement des palatins et de l'énorme renflement des os maxillaires en deux côtes proéminentes tout le long du nez. Ce renflement agrandit l'espace du sinus nasal et du cornet correspondant. Car nonobstant Tassez petit développement de la partie ethmoïdale de l'organe de l'odorat, la partie maxillaire est plus prédominante que chez la plupart des Mammifères. Le devant de cette énorme côte reçoit l'alvéole de la canine supérieure. L'ouverture des narines est trèsdilatée; dans quelques espèces, elles sont séparées en dessus par une échancrure. La langue est douce, trèsextensible ; le goût paraît très-actif chez ces animaux. Le palais, par ses nombreuses rugosités et le volume de ses nerfs et de ses vaisseaux que représente la grandeur des trous palatins et incisifs, doit aussi en être le siège. Les lèvres sont peu proéminentes, mais fort mobiles. On a vu des Babouins, buvant avec un verre, l'appuyer sur la lèvre inférieure projetée en cuiller pour le recevoir. Les paupières ressemblent à celles de l'homme; la pupille est ronde et l'iris brun. La conque de l'oreille diffère de celle de l'homme par le grand développement du lobule et par l'allongement en pointe de la partie supérieure. Les mains, comme celles de tous les Singes, jouissent de la même organisation et vraisemblablement d'une extrême sensibilité tactile.

L'appareil de la génération, par l'excessif développement des organes de la volupté et surtout par le dévelo))pement du tissu dans lequel paraît résider la cause mécanique et sensitive du plaisir, mérite une considération particulière. Ces organes, dont le but définitif est la reproduction , ont cependant en réalité dans l'existence des animaux supérieurs, des Mammifères surtout, un effet plus immédiat, qui mérite toute l'attention du physiologiste et du philosophe. Des métaphysiciens moroses ont tonné coutre l'usage continu que l'homme fait de la volupté; ils ont opposé à celte coulinuité, comme un exemple à suivre, la longue con-

tiiicncc (le la plupart des animaux qui ne se livrent à l'amour qu'à des époques dont la durée n'occupe qu'un espace de quelques jours dans l'année; et dont les femelles, le but de la génération atteint, c'est-à dire une fois fécondées, repoussent les approches des miles, lis ontattril)uéà une dépravation de l'esprit les jouissances continuées de l'homnie dont la compagne partage encore les plaisirs, tout en portant dans son sein les fruits de leur amour. Et des médecins ont considéré, par rapport à la femme enceinte , cette continuation des jouissances à peu prés de la même manière.

Trois sortes d'organes concourent à la génération, comme Cuvicr l'a surtout fait remarquer le premier. L'ordre successif de leur exercice, indépendamment de toute instruction prématurée, met en jeu d'abord les organes du plaisir, qui sont léellement les excitateurs de tous les autres. Or, entre les organes de la volupté cl les organes essentiellement reproducteurs (c'est-à-dire sécréteurs), il existe une loi de balancement qui, dans le plus grand nombre des animaux, est à l'avantage des derniers. Chose même extraordinaire, la production est d'autant plus abondante dans la nature que la conscience de son acte et du plaisir qui l'amène, est moindre. Au contraire, à mesure que la conscience de la vie s'anime et se personnalise pour ainsi dire davantage dans les animaux, à mesure la faculté reproductrice diminue, et celle du plaisir augmente avec ses organes; l'animal vil davantage pour lui-même; ses actes, dans leurs motifs et leurs effets, leur deviennent plus personnels; il se comptait même dans beaucoup de ces actes, sans autre résultat que l'émotion inléricure qu'il en éprouve. Néanmoins il n'est pas libre dans l'exercice de ces actes. La sollicitation toujours pressante de ses besoins le force à les satisfaire. Et certes cette existence de lubricité, le plus souvent stérile pour la multiplication de l'espèce, était dans les lois de la nature, puisque le Créateur a, dans les Singes en général et surtout dans les Cynocéphales, donné aux organes du plaisir le même excès de prédominance qu'il a donné ailleurs à ceux de la production. Tout le monde sait que chez l'homme, le sens de la volupté réside surtout au gland, et dans la femme au clitoris, organes d'une structure particulière, dont le tissu, connu sous le nom d'Érectile (K. ce mot), se retrouve partout où la sensibilité tactile doit être plus exaltée. Ce tissu, dans l'homme, développe pourtant beaucoup moins de surfaces que dans la femme ; et l'expérience prouve assez que l'étendue de ces surfaces mesure assez bien l'énergie du plaisir. Or, chez les Cynocéphales, la peau des fesses et de presque tout le pubis, par l'excès de développement de ses papilles nerveuses et de son réseau vasculaire, qu'alimentent d'innombrables vaisseaux sanguins, est tout enlière transformée en tissu érectile dans toute la perfection de la structure de ce tissu. Et comme dans l'espèce humaine ce même tissu s'est développé autour de la bouche, où les lèvres peuvent aussi frémir sous l'impression de volupté qu'elles propagent, qu'on juge de la susceptibilité lascive des Cynocéphales dont toute la peau de la face est transformée en ce tissu, (|ui n'existe chez nous qu'au pourtour des lèvres et encore à un moindre degré. Chez eux, le tissu éreclile des joues ne

I diffirc pas de celui de la région génitale; cl comme sous ce tissu érectile des joues, dont l'intensité de cou- ! leur surpasse celle qui existe au gland de l'homme ou ' de la vulve de la femme, se développent ces immenses narines dont l'aclivité est pour ainsi dire la sentinelle du plaisir, que l'on juge par quels emportements de lascivité doivent être sans cesse entraînées toutes ces , espèces! Que l'on en juge parce plus vif aiguillonnement au plaisir qu'excite chez l'homme la sensibilité accrue de la peau voisine des organes génitaux ou de ces organes mêmes, lorsqu'elle est atteinte de dartres i|ui n'en développent néanmoins que médiocrement le tissu vasculaire! Quand on a vu des salles de dartreux dans un hôpital, on sait que la décence y est presque aussi difficile à maintenir que dans une ménagerie de Singes en présence d'une femme. Or, dans ces salles les deux sexes sont séparés; et comme l'exercice même des organes les rend plus propres à agir, que l'on pense combien, par la satisfaction toujours libre et facile de leurs désirs, les besoins doivent prendre plus d'empire chez les Cynocéphales, par l'effet même de cet exercice! Aussi les femelles recherchent et provoquent les mâles après la conception comme avant. Chez elles, le développement du tissu érectile excède par rapport à leurs mâles la proportion de ce même tissu dans la femme par rapport à l'homme. Les deux paires de lèvres sont tout j à fait déplissées par l'accumulation du tissu érectile. et '• saillent des deux côtés de la vulve comme deux hourrelels dont le volume va en diminuant du côté du clitoris. Chaque mois la turgescence du tissu éreclile, j par un périodisrae de fluxion qui ne diffère de la men- I sirualion delà femme que par son excès, développe ces ' bourrelets en énormes protubérances animées alors, ! selon les espèces, d'un rouge pourpré ou d'un bleu foncé. Ces couleurs subsistent toujours dans les deux sexes, mais à un plus haut degré chez les femelles durant la menstruation, à la peau des fesses, du pubis; et chez les Mandrills, à celle des joues. Ce tissu érectile et les couleurs qui l'animent, ne se développent qu'à l'approche de la puberté. On conçoit quel changement dans la physionomie, celte révolution amène pour les espèces à visage peint, indépendamment des changements de la charpente osseuse de la tête. Avant celte époque, toutes ces espèces sont à peu près également dociles et susceptibles d'affection pour leurs gardiens; leurs agitations ne sont alors que de la turbulence, sans empreinte de méchanceté. Mais une fois pubères, les Cynocéj)hales paraissent ne plus vivre que pour exercer sans cesse leur lubricité el leur méchanceté. Désormais ils font le mal sans nécessité, sans avoir à le prévenir et sans le but d'en profiter. Haïssant par instinct tout ce <iui est vivant, leur cruauté sans objet est un nouveau démenti des causes finales, puisqu'elle n'a pas sa raison, comme pour les Carnivores, dans la nécessité de se nourrir du sang ou de la chair de ses victimes. Mais ce qui n'est pas moins étonnant, ce besoin de mal faire se suspend par la plus légère cause. Des transports de la colère ou de la jalousie la plus brutale contre vous, un Cynocéphale va passer brusquement à l'expression d'un sentiment affectueux, bientôt remplacé par un accès de haine. Celte mobilité d'éraolions, cette

démence d'idées leur est commune avec les Guenons et surtout les Macaques. Mais leur excès de lubricité n'appartient qu'à eux. A l'aspect d'une femme que par l'odorat ils savent même reconnaître sous un voile où elle est invisible, tout leur devient étranger. Du geste, du regard , de la voix, il semble qu'ils la possèdent, qu'ils en jouissent. Et si un homme, par l'apparence d'une caresse, excite leur jalousie, leur emportement n'a plus de mesure. — Au défaut de femelles, et si leur cage est assez grande pour qu'ils se meltent hors de la portée du châtiment, ils s'abandonnent sans frein à la masturbation. Celte provocation au plaisir ne vient, pas plus chez eux que dans l'homme, d'un excès de semence accumulée. L'impression excitante réside seulement dans le tissu érectile.On a vu des Macaques saillir leurs femelles plus de vingt fois en une heure, et quelquefois avec assez peu de précaution et d'adresse pour que l'on ait pu s'assurer qu'il n'y avait pas d'éjaculalion. Il est donc évident que dans leurs jouissances réitérées, les chances de fécondation doivent être rares pour les femelles. Néanmoins, nonobslant l'abus auquel le degré d'intelligence qu'ils possèdent pourrait les entraîner, il n'est pas certain qu'on ait observé entre les mâles celle dépravation dont il a été parlé au sujet des Cobaïes (F. ce mol), el qu'on avait jusqu'ici allribuée uniquement à l'homme. Avec cette violence d'appétit vénérien et cette inépuisable faculté de le satisfaire sans cesse, on conçoit quels risques courenWes femmes dans les contrées habitées pai' ces Singes, et où ils acquièrent en liberté le complet de leur développement. Sous les ardeurs du Tropique qui embrase leurs sens, et au milieu d'une végétation qui leur fournit la nourriture de leur choix, que ne peuvent-ils pas oser et faire d'après les exemples qu'ils donnent quoique captifs dans nos clinials où presque tous meurent de phlhisie ? II y a des exemples assez nombreux de femmes, qu'ils ont enlevées et conservées plusieurs années parmi eux, en les nourrissant avec le plus grand soin.

Outre que chaque espèce paraît circonscrite dans des régions distinctes, sous un même climat chaque troupe est établie dans un canton où elle ne tolère l'établissement d'aucune autre ; elle en défend même le territoire contre les hommes; s'il en paraîl quelques-uns, l'alarme est jetée ; les Cynocéphales s'appellent, se réunissent, et par leurs cris, leurs démonstrations, essayent de leur faire rebrousser chemin. Si ces manœuvres sont inutiles, l'ennemi est assailli de pierres, de branches d'arbres, et même d'excréments. Les armes à feu seules les effrayent, et ils ne fuient qu'après avoir laissé plusieurs des leurs sur le terrain; mais s'ils sont en nombre, ils n'hésitent pas d'altaquer malgré le feu. Delalandea dit avoir, avec ses Hottentots, cerné des Papions sur des rampes de précipices d'où la retraite leur était impossible. Plutôt que de se laisser prendre, il les a vus se jeter en bas de près de cent mètres, et se briser dans la chute. Pendant son séjour au Cap, un Anglais , entraîné à la poursuite des Papions, sur la montagne de la Table, fut cerné par une troupe de ces animaux sur un rocher d'où il aima mieux se précipiter que de tomber entre leurs mains; il se tua dans la chute. Corps à corps un grand Papion a bientôt terrassé un homme;

ses énormes canines percent et déchirent comme celles du Tigre. Un Chacma, jeune encore, échapjjé de sa cage à la Ménagerie, et imprudemment menacé d'un bâton par le gardien, lui fit en un clin d'oeil à la cuisse trois blessures qui pénétrèrent jusqu'au fémur. On n'aurait pu s'en rendre maître qu'en le tuant, mais on mit adroitement à profit sa convoitise pour les femmes. H était affectionné à la fille du gardien qui lui donnait ordinaiiement à manger : elle se plaça devant la grille de la cage à l'opposile de la porle restée ouverte, et feignit de recevoir les caresses d'un homme. A cette vue le Singe oublie son adversaire, jelte un cri, et s'élance dans la cage vers l'objet de sa jalousie. Exemple remarquable du passage instantané chez ces animaux de la fureur de la haine à la jalousie de l'amour.

Dans toute l'Afrique , depuis le tropique du Cancer jusqu'au cap de Bonne-Esiiérance, ces animaux ravagent les cullures de leur voisinage. L'on sait avec quelle précision d'évolutions et de manœuvres ils dévastent un jardin : échelonnés à distance convenable pour se jeter de main en main les fruits du pillage, ils s'étendent, s'il est possible, depuis l'endroit à piller jusqu'à leur relraile; ou bien, si la colonne ainsi échelonnée est trop courte, ils font à l'autre bout un entrepôt, d'où ils recommencent la manœuvre. C'est la nuit qu'ils maraudent : des sentinelles veillent à leur sûreté. On va jusqu'à dire que ces sentinelles payent de leur vie la surprise dont elles n'ont pas averti.

Une seule espèce de Cynocéphale ne se trouve pas en Afrique; c'est le Cynocéphale noir de Dussumier. Toutes les autres sont africaines. Mais il paraît que l'Hamadryas se trouve aussi en Arabie. Voici à peu près leur répartition sur ce continent : le Drill et surtout le Mandrill paraissent propies aux deux Cuinées; on n'en a pas trouvé au sud du tropique du Capricorne; le Babouin parait indigène de toute l'Afrique entre les deux tropiques; l'Hamadryas habite l'est de la même zone; le Singe noir ou Chacma parait propre à toute la côte orienlale ; enfin le Papion , certainement inconnu des anciens, habite le cap de Bonne-Espérance et les contrées voisines.

Les sites préférés par les Cynocéphales que l'on connaît le mieux ne sont pas les forêts; ce sont les montagnes et les rochers parsemés seulement de quelques buissons. Aujourd'hui comme au temps de la fondation de la colonie, de nombreuses troupes de Papions habitent les rochers de la monlagne de la Table, où il n'y a pas de buisson qui ait plus de cinq pieds de haut. Les Papions n'habitent pas même dans ces buissons , mais dans des creux de rochers accessibles seulement par des rampes ou des ressauts si étroits qu'on ne peut les y poursuivre. Il faut, pour les cerner, une tactique calculée sur la connaissance des lieux et sur l'habitude qu'ont ces animaux de faire de fréquentes haltes dans leurs retraités. D'après plusieurs récils des anciens sur les Troglodytes , il paraît probable qu'ils ont souvent entendu parler des Cynocéphales. C'est à une de ces espèces, qui semble devoir êlre l'Hamadryas , et qui est nommée Sphynx dans Diodore, qu'auront fait allusion plusieurs de leurs fables.

Les femelles, dans ce genre comme chez tes autres

Siiiij'cUjSoulcoiislamineiilpliis petites et plus douces que les inÂlcs. Cette remarque est importante, puisque chez les Carnassiers, les femelles, aussi Grandes que les mules, sont plus féroces qu'eux quand elles ont des petits. Elles sont réglées tous les mois. Chez elles le mamelon est très -saillant; elles font ordinairement deux petits , dont l'un au moins est toujours accroché à elles dans les marches ou dans la fuite. Chez toutes les espèces, le poil, plus long au cou, y forme une sorte de crinière : l'excès de longueur de cette crinière forme dans le Tartarin sur les épaules une sorte de camail, et sur la tète une véritable chevelure qui retombe à droite et à gauche sur les oreilles. Le poil est constamment moins fourni aux parties inférieures du corps; ses couleurs sont aussi plus vives aux parties supérieures. Dans toutes les espèces, moins le Cynocéphale de Solo, les poils sont annelés d'un jaune plus ou moins pâle et de noir; la différence des nuances dépend de la prédominance de l'une des deux couleurs ; la couleur de la peau même varie avec les espèces ; les fesses sont toujours rouges ; la voix dans le contentement est une sorte de grognement assez doux; dans la colère elle est aiguë et retentissante. Ils saisissent la nourriture avec leurs lèvres (c'est ainsi, par exemple, qu'ils cueillent les fruits peu volumineux), ou bien ils la portent à la bouche avec leurs mains. Leur appétit est médiocre eu égard à leur taille ; en mangeant ils commencent toujours par remjdir leurs abajoues, grands sacs formés par des prolongements de la muqueuse de la bouche, et qui s'étendent entre le peaucicr et les muscles sous-jaceuts jusqu'au-devant du larynx, où les deux sacs se touchent par leur fond.

Geoffroy Saint-Hilaire ( Tabl. des Quadrum., Ann. du Mus.) a fait deux divisions des Cynocéphales, qu'il nomme Babouins comme Buffon : la première a la queue plus longue que le corps, les contours du maxillaire arrondis, le museau triangulaire, l'angle facial de 33»; il y place le vrai Babouin; la deuxième division où les maxillaires renflés en dessus forment deux plans verticaux , a le museau carré long , l'angle facial de 30» , la queue plus courte que le corps d'une quantité variable.

Cv>ocÉPU\LE Babouw. Siiiiia Cynocephalus , L. lieoffroy et F. Cuvier, Mam., 4» liv. Face couleur de chair : cette couleur est un peu plus claire autour des yeux ; la partie supérieure du corps est d'un jaune-verdàtrc assez uniforme; tout le dessous d'un jaune plus paie; de larges favoris blanchâtres réunis sous le cou; la queue relevée ù son origine se reploie bientôt , et descend jusqu'au jarret. Chez les jeunes la couleur des fesses, au lieu de rouge, est d'un noir tanné. Dans cette espèce, les narines ne dépassent pas le museau qui est lionqué perpendiculairement, et les cartilages latéraux, un peu échancrés dans leur milieu, restent , dans cette partie, en arrière de la cloison moyenne. Le Babouin, jusqu'ici confondu avec le Papion, a du museau aux callosités, deux pieds trois pouces ; de l'occiput au museau, neuf pouces; au train de devant, un pied dix pouces; à celui de derrière, un pied neuf pouces. Le Babouin est fréquemment figuré sur les monuments de l'Egypte et de la Nubie ( Ant. d'Égyplc, vol. ii, pi. 83, n" 1 ); l'on voit des Babouins tenant des Cochons par la queue sur

les bas-reliefs des tombeaux des rois, à Thébes (f'ftiW., pi. 58, no' 10 cl 8, pi. 81 ; une tète de Babouin, n" 14 ). Le Babouin avait un temple et un culte fameux à celle des trois Hcrmopolis, dont les ruines sont près d'Achmouneïn. Il habile l'Afrique en dedans du Tropique; c'est lui que les anciens désignaient sous le nom de Cynocéphale.

Cynocépoai.e Tartarw. Simxa Hamadryas. L.. Encycl., pi. 10, fig. 3 ; Mam. lith., liv. 5"^. Schreber, t. 10 : Cynocephalus, Gesner, fig. Quadr., p. 253; Lowando, BufTon, t. 14, et .Suppl. 7. Pelage gris-verdStre; parties postérieures plus pûtes que les antérieures; jambes de devant presque noires; favoris et ventre blancliftires ainsi que le beau mantclet qui lui enveloppe les épaules ; face, oreilles et mains de couleur tannée, laquelle est un peu plus foncée au bout du museau. Un sillon très-marqué sépare en dessus les narines qui , par là, ressemblent plus à celles du Babouin qu'à celles du Papion. Les fesses sont rouges; il y a très-peu de poils au ventre et à la face interne des membres ; une mèche terminale à la queue qui avait un pied trois pouces de long, sur un individu où les autres proportions étaient de l'occiput au museau, huit pouces; de l'occiput aux fesses, un pied trois pouces six lignes; hauteur au train de derrière, un pied trois i)ouces six lignes ; au train de devant, un pied quatre pouces six lignes. L'Uamadryas a treize cotes et cinq vertèbres lombaires. 11 venait autrefois fréquemment en Europe lors des communications avec l'Abyssinie : il est figuré sur les niches et les bas-reliefs du sanctuaire du temple d'Essaboua (Monum. de la Nubie par Gau, pi. 45, fig. a ; et ibid.^ pi. 3, Mon. de Dequet, en face d'un Lion). Marmol, Description de l'Afrique, p. 1, lib. 1, cap. 23; Ludolf , Hist. Elliiop., lib. 1, cap. 10; Alvarez, Itin., chap. 17, mentionnent cet animal que Nieburh a vu aussi en Arabie.

CYNOCÉPnALE CflACHA , CYNOCÉPHALE KOIR , BabOUiu

Porc, Simia Porcaria, Boddaert, Schreb., Suppl. 7, b; ibid. C, B, sous le nom de Simia Sphyngiola, Hermann ; Mam. lith. de F. Cuv., 7" liv. — D'un noir verdàti-e, avec prédominance du vert sur la tête; face et oreilles nues et d'un noir violàtre, ainsi que la paume des quatre mains ; peu de poils à la face interne des membres. Une forte mèche noire termine la queue qui avait un pied huit pouces de long sur un individu âgé de quinze ans, dont voici les autres proportions : hauteur aux épaules, deux pieds quatre lignes; aux hanches, un pied neuf pouces quatre lignes; longueur de la tête, un pied. Le Chacma a une sorte de crinière au cou, des favoris grisâtres, dirigés en arrière ; la paupière supérieure blanche comme au Mangabcy ; le ventre tout à fait plat, des callosités très- petites. Une femelle, apportée du Cap par Pérou, n'avait pas de crinière comme son mâle, et était en général moins velue. Le Chacma est nommé par les Hottentots Choak Cama; Dclalande l'a vu se tenir par troupes de trois ou quatre seulement, sur les montagnes, dans le voisinage des bois où ils n'entrent que pour fuir les chasseurs. Quoiqu'on ait dit que les Cynocéphales ne souffrent aucun Singe dans leur voisinage, Dclalande a toujours rencontré, sur la lisière des bois, près desquels habitent les Chacnias, la Guenon naine. 11 n'a rencontré le Chacma qu'au

delà de Groote-Vis-Uiver, au Keiskama. Il n'a pas vu de Papions, très-communs aux environs du Cap, au delà do Plata-Monts-Bay, plus de cent lieues en deçà de Groote-Vis-Kiver. Cette espèce, qui semble se propager en remontant la côte orientale, est peut- être le Cehus ou Cepus adore à Babylone, près Mempliis, selon Strabon. Le Chacma a treize côtes et cinq vertèbres lombaires. Cynocéphale Papion. Simia Sphynx, L.; Papio, Gesner et Jonston ; Buffon, T. xiT, Encycl., pi. 6, fig. 4, et pi. 9, fis. 1 ; Schreber, pi. 6; Suppl. 15, B; Mam. lith. de F. Cuv., C" et 7= liv. — Caractérisé par la proéminence des narines au delà du museau; face, oreilles et mains toutes noires, avec les paupières supérieures blanclies ; pelage brun-jaunâtre ; joues brunes ; les poils des favoris dirigés en arrière. Le poil est plus rare sous le corps et à la face interne des membres. L'individu décrit et figuré par F. Cuvier, à peine adulte, avait déjà deux pieds du museau à l'anus; tète, neuf pouces et demi; queue, vingt pouces; bauteur du train de derrière, vingt pouces; de devant, vingt- deu.K pouces; paume des mains, quatre pouces et demi; plante des pieds, cinq pouces neuf lignes. Les femelles et les jeunes ne diffèrent pas des mâles pour les couleurs, mais seulement pour les proportions ; leur museau est moins allongé, leur corps moins trapu : ils n'babitent que les rochers; sont très-nombreux dans ceux de la montagne de la Table. Delalande les a rencontrés jusqu'à trois cents lieues du Cap, vivant par troupes de trente à quarante. Dans cet espace il n'a pas vu un seul Cbacma. Le Papion a douze côtes et sept vertèbres lombaires.

Cynocémiaie Driil. Simia Leucophœa , F. Cuvier, Ann. du Mus. pi. 37, très-jeune femelle; et Mam. litb. l", 14" et Sôe liv. Distinct du Mandril au premier coup d'oeil parce qu'il n'a que du noir à la face. Ce nom de Leucophœa , donné d'après la couleur d'un très-jeune individu qui fut le premier décrit, ne convient pas à l'adulte dont le pelage ne diffèie de celui du Mandrill que par plus de verdàtre dans les parties supérieures, et de blanc dans les inférieures. Les poils des joues, assez rares , moins foncés que les autres et couchés en arrière, sont jaunes et forment une sorte de barbe ; les poils du vertex convergentsur la ligne médiane, en une sorte de crête. La queue a un pinceau de poils gris. La peau de toutes les parties nues, excepté la région anale et génitale, est noire : elle est bleue partout où il y a du poil à travers lequel cette couleur se voit un peu. Les deux côtes saillantes à côté du nez, ne sont pas plisséescomme au Mandrill ; les testicules et les fesses sont d'un rouge vif. La femelle a la tête moins allongée; les tons du pelage moins verdâtres ne sont bien marqués qu'à la têle et aux membres. Le gris domine au dos et aux Hancs. Voici les proportions d'un Drill qui n'avait pas encore toute sa croissance : deux pieds deux ponces du sommet de la tèteaux callosités; hauteur, vingt-deux pouces au train de derrière; tête, de l'occiput au museau, huit pouces huit lignes; queue, à peine trois pouces. C'est le /A oo</-Ba6oo>j de Pennant. Son Yellow- Baboon et ses autres Babouins à courte queue n'ayant été décrits et figurés que d'après des empaillés, et les couleurs disparaissant avec la vie, restent nécessairement indéterminés.

CTNocÉpnAtE Manurili.. Simia Maimon, L.- Mormon, Alslroem, Act. Holm.; Papio Mormon, Geoff., Ann. du Mus., le mâle sous le nom de Clioras, Schreb.' t. 8 ; la femelle, ibicl., lab. 7, sous celui de Maimon MontCf/ar, Trans. Phil. n» 290; Buff., T. xiv, pi. 16 et 17 ; Mammif. lith., 29" et 41" liv. Les adultes de cette espèce, comme dans le Drill, ont toutes les parties supérieures des cuisses teintes d'un mélange éclatant de rouge et de bleu qui ne le cède en vivacité au brillant du plumage d'aucun Oiseau : ces couleurs, qui ne se manifestent qu'avec la puberté, se flétrissent et même s'effacent quand l'animal est malade. Les deux côtes qui bordent le nez dans tous les Cynocéphales , sont ici colorées du plus beau bleu auquel le plissement oblique de la peau donne des reflets très-vifs. Tout le nez, depuis les yeux jusqu'au museau, devient avec l'âge d'un rouge brillant; mais l'éclat de ces couleurs de la face est moindre que celui des cuisses. Chez les Macaques, si voisins des Cynocéphales, les testicules sont aussi d'un beau bleu lapis dans le Malbronk, et d'un beau vert dans le Grivet. Avant le développement des canines, la tête est large et courte, la face noire, avec les deux côtes maxillaires bleues et ridées; les fesses n'ont pas encore de couleur et les testicules sont de couleur tannée ; le corps est fort trapu ; avec l'éruption des canines, le corps et les membres s'allongent et surtout le museau ; alors le bout du nez rougit, les fesses et les testicules se colorent. A trois ans, l'accroissement des canines est presque terminé; le corps se muscle et devient épais presque comme à un Ours; alors le nez rougit sur toute sa longueur, les couleurs s'avivent aux testicules, aux cuisses et autour de l'anus. Le pelage change peu ; le dessus du corps est d'un brun verdàtre assez uniforme, le dessous est blanchâtre; il y a derrière chaque oreille une tache d'un blanc grisâtre : les côtés de la bouche sont d'un blanc sale; une barbe jaunâtre au menton, déjà bien développée chez les jeunes, ainsi que les plissements des côtes maxillaires. Dans les vieux Mandrills, les poils du vertex se relèvent en aigrette : le nez des femelles n'est jamais entièrement rouge; mais chaque mois les bourrelets de la vulve se gonflent en une protubérance sphérique, qui dure cinq jours, pendant lesquels se fait l'écoulement menstruel. — Les différences qu'entraînent les âges et le sexe avaient fait multiplier mal à propos les espèces ou variétés du Mandrill : on en peut juger par la synonymie que nous avons donnée. Cette espèce habite l'Afrique dans le voisinage du golfe de Guinée; elle ne s'étend guère au delà du royaume de Cortgo.

Cynocéphale cheveld. Babouin chevelu, Papio comattts, Geoffroy Saint-Hilaire, Tabl. des Quadrum. , Ann. du Mus. — Pelage brun noir; deux touffes de poils descendant de l'occiput; joues striées et noires. C'est le Simia Sphywjiola d'Hermann, dans Schreber, pi. 6, b. CïNocÉpnALE Malais. Ç/nocephalus Malafanus, D. — Pelage tout à fait noir et dur, formant une aigrette élargie sur la tête; face et mains noires; la tête est plus carrée que dans toutes les autres espèces; le museau moins allongé, mais la face a beaucoup plus de largeur; le maxillaire ne se relève pas en côte le long du nez, mais s'aplatit parallèlement au nez en un plan

qui s'élarRil vers l'orbite, au bord externe duquel il commence. Il en résulte que la face, à partir du front, est bornée en dehors par une ligne droite, sans aucune courbure ou rétrécissement; et comme le museau a encore à proportion plus de largeur que dans les autres Cynocéphales, le visage carré de ce Singe le fera toujours reconnaître aisément, indépendamment de son beau noir et de sa petite taille qui n'excède pas quinze ou seize pouces de la tèle au derrière. 11 est des îles Philippines. Dussumier l'a apporté de Solo. CYNocÉrnAiE NOIR. l^. Cynocéphale Chacma. Cynocéphale de Wagler. Cfiiocephalus If'agleri, Agassiz. Cette espèce a été établie d'après un individu femelle, conservé dans le musée de Munich et que Wagler avait acheté vivant à Londres. Il a environ trois pieds depuis le nez jusqu'à l'extrémité de la queue; celle-ci a quinze pouces et demi. La face est très-saillante, nue; elle présente seulement quelques poils rares au pourtour de la bouche; les oreilles, légèrement ovales, sont nues et sans rebord; la partie antérieure du cou ainsi que la poitrine sont à moitié nues; le pelage est d'un gris olivâtre, avec l'extrémité de chaque poil noirâtre. Cette espèce parait être d'un caractère assez doux; ses mouvements sont lents; elle marche toujours sur les quatre extrémités; sa voix est rauque. On ignore la patrie dont elle est originaire.

Cynocéphale Nègre. Cynocephalus Niger, Desm. Ouoy et Gaym., Zool. du Voy. de l'Astrol., pi. G et 7. Gray-, Spicit. Zool., pi. 1, f. 2. Simia nigra, Cuv., Règ. an. Alacacus matinis, F. Cuv., Mam. pi. 40. Ce Singe, qui a des abajoues de moyenne grandeur, se distingue par un museau allongé; sa face se rapproche de la forme d'un ovale régulier, plus élargi en haut par la saillie des os malaires; le front est avancé; le nez forme entre les yeux une arête arrondie, qui s'efface bientôt complètement en devenant plus large; elle se termine à quatre lignes de la lèvre, par une pointe de cœur, et de chaque côté paraissent les ouvertures des narines, subovalaires, avec un indice de séparation pour chacune d'elles, formé par le cartilage du nez; la bouche est médiocrement grande avec les lèvres pourvues de soies très-noires et rares; le reste de la face est lisse et luisant; les membres ne sont point disproportionnés dans leur longueur; le pouce de la main dépasse un peu la moitié de la longueur de la première phalange de l'index. Tout le pelage est d'un noir assez pur et terne, les poils sont ondulés; les callosités sont rouges; la queue est excessivement courte. Le Cynocéphale nègre habite queliiues mers des îles Malaques.

CYNOCÉPHALE, pois. Klein a donné ce nom à plusieurs espèces du genre Squale.

CYNOCEPHALIA. bot. Synonyme de Mufflier à grandes Heurs.

CYNOCRAMBE. bot. F. Thelicone.

CYKOCTONUM. bot. Gmelin (Syst. Nat. xiii, T. ii, 44Ô) fit, sous le nom de Cynoctonum sessilifotium, un double emploi de YOphyorihiz-a Mitieola, L., et décrivit, comme seconde espèce de ce genre nouveau, une variété de la plante précédente, à laquelle il donna le nom de Cynocloiium petiolattim. Ce qui l'avait induit en erreur, c'était la description de deux plantes par

Walter qui, dans sa Flore de la Caroline, n'ayant pu les rapporter à un genre connu, les avait désignées, ainsi que beaucoup d'autres , sous la dénomination impropre d'Jnonymus; et Gmelin voulut donner un nom générique à ces plantes. Il ne serait nullement convenable de l'admettre, quoique le genre Ophyorrliisa de Linné soit maintenant partagé et que VOphyorrhiza Mitreolaen ait été distrait. Ach. Richaril, qui a opéré ce retranchement (Méni. de la Société d'Hist. nat. de Paris, vol. !<■■■), en fixant avec exactitude les caractères des deux genres, et leur assignant une place certaine, a donné le nom de Milreola à ce genre nouveau, qui reste dans la famille des Gentianées. Dioscoride donnait le nom de CtsocxoitoN à l'Aconit Tue-Loup.

CYNODE. Cynoclon. dot. C'est-à-dire Dent de Chien. Le Chien-dent ou Pied de-Pouie, Panicum itactylon, L., placé tour à tour dans les genres Paspalum et Digital ia, est devenu, pour Richard, le type d'un genre distinct, qu'il a nommé Cynodon, et qui a été généralement adopté par les agrostographes. On peut le caractériser ainsi ; sa lépicène est uniQore, formée de deux valves lancéolées, un peu Inégales et ouvertes; la gluine est plus grande, également formée de deux valves dont l'extérieure est très-renflée, naviculaire et apiculée à son sommet; la gluinelle est tronquée. Les fleurs sont disposées en épis unilatéraux, partant plusieurs ensemble du sommet de la tige. Le Cynode PieddePoule, Cynodon daclyloii, Rich., est une petite plante vivace, dont la lige est rampante, la racine tibieuse, les rameaux redressés, peu élevés, garnis de feuilles distiques, et terminés par quatre à cinq épis. Elle est commune dans les lieux incultes et sablonneux.

CYNODON. POIS. Espèce du genre Dénier.

CYNODONTE. Cynodontium. dot. Ce genre, de la famille des Mousses, a été fondé par Hedwig et adopté par Schwœgrichen; mais il a été réuni par Hooker au Didymodon dont il diffère en effet très-peu; depuis, liridel l'a limité aux trois espèces suivantes, qui n'ont que seize dents aux péristoraes, rapprochées par paire, comme dans les Didymodons : Cynodontium inctinattiin, Cynodontium lalifolium, Cynodontium cernntim. Ce genrene diffère par conséquent des Didymodons que par les cils de son péristome, au nombre de seize au lieu de trente-deux; son port parait cependant assez différent pour que le genre mérite d'être conservé; la tige de ces Mousses est peu rameuse, les feuilles sont insérées tout autour; la capsule est pédicellée et inclinée, ce qui donne à ces plantes l'aspect de quel- (|ue Brys.

CYNODONTIER. Cynodontium. BOT.f. Cynodomte. CYNOGLOSSE. Cynoglossum. bot. Vulg. Languede Chien. Genre de la famille des Borraginées; Pentandrie Monogynie. Linné a réuni en un seul genre le Cynoglossum et VOmplialodes fondés par Tournefort; il lui donne les caractères suivants : calice à cinq divisions profondes; corolle infundibuliforme, courte et à cinq lobes, l'entrée du tube munie d'écaillés convexes et rapprochées ; stigmate éinarginé ; fruits déprimés, attachés latéralement au style. Le genre Omphalodes de

Toiirnefort diffère de son Cyiwglossum par ses noix en forme de corbeille, lisses, dentées et courbées sur les bords, tandis que celles des vraies Cynoylosses sont planes et rudes; en outre les feuilles de celles-ci sont ordinairement cotonneuses, et celles des Omphalodes sont entièrement glabres. Les corolles de ces dernières présentent un tube court et un limbe plan. Ces caractères ont paru suffisants à plusieurs auteurs pour en autoriser la distinction. Lehmann {Berlin Gcsellscliaft. naturf. freund. viii, 2, p. 97) a adopté VOmphaloiles de Tournefort; Rœmer et Scbulles l'ont également décrit comme genre distinct, mais sous le nouveau nom de Picolia, trouvant l'ancien contraire aux préceptes de Linné, quoique dans sa Pbilosopbie botani([ue ce législateur n'ait proscrit que les noms finissant en ailles, et que d'autres terminés en odes aient été depuis construits ou adoptés par des botanistes célèbres : tel est le Cyathodes de Labillardière, etc. Les Picotia décrits par les auteurs susdits , sont au nombre de neuf, indigènes de l'Espagne, du Portugal, de l'Italie, de la France méridionale et de l'Asie voisine de la Méditerranée. Un second genre a été formé aux dépens des Cynoglosses, parPallas {Itin. vol. 1, Append., p. 48C) qui lui a donné le nom de Rindera. Il diffère du Cynoglossum par la gorge ou l'entrée du tube de la corolle sans écailles et par ses noix comprimées. Le Cyno'jlossmn lœvigatiim, L., sous le nom de Rindera Tetraspis, composait seul, dans l'origine, ce nouveau genre. Rœmer et Schultes y ont joint le Cynoglossum glastifoiiuin, Willd., et Cyiioglossum emarginatiiiii, Lamk. Enfin, Scbultes (OEstr. Flor. édit. 2, 1, p. ôGô) a séparé des Cynoglosses une espèce de Hongrie, et lui a donné le nom générique de Mattia. Dans leur Species, Rœmer et Schultes, outre le Cyiioglossum umbellatum de Waldstein et Kitaibel, ont rapporté à ce nouveau genre les CynoglossHVi lanatuiii , Lamk., et Cyiioglossum, stamineum , Desf. La distinction des genres Rindera et Mattia d'avec le Cynoglossum n'est pas admise par divers auteurs et notamment par Lebmann. Brown pense néanmoins que le premier de ces genres offre des différences assez trancbées, et selon Rœmer et Schultes, peu de genres formés avec des espèces déjà connues sont aussi naturels.

Si d'après le caractère générique exposé plus haut, on ne considère tous ces démembrements que comme des sections du genre, et si par conséquent on conserve le Cynoglossum de Linné dans toute son intégrité, en faisant le recensement du nombre des espèces, on trouve qu'il se monte à près de cinquante. 11 est peu de ces espèces qui n'aient reçu chacune plusieurs noms spécifiques, ou qui, dans certains auteurs, n'aient été réunies à d'autres genres voisins des Boriaginées, tels que VJnchusa, le Lilhospeiimim, le Symphitiim, etc. Le même nom générique et spécifique a été donné à plusieurs plantes à la fois; ainsi, par exemple, Fortis, Miller, Brotero , Vahl et Willdenow, ayant méconnu le Cynoglossum Lusitanicum,L., ont chacun donné ce même nom à des plantes diverses, ce qui ne laisse pas que d'augmenter la confusion. Les Cynoglosses sont en général des plantes herbacées, à tiges rameuses et garnies de Qeurs, le plus souvent d'une couleur rouge

vineuse. Elles habitent les contrées méridionales des zones tempérées. L'Europe et l'Orient en nourrissent le plus grand nombre, l'Amérique du Nord quelques espèces ; enfin, Thunherg en a fait connaître quelquesunes du Cap : Bory a rapporté de l'ile de Mascareigne le Cynoglossum Borboiiicum, et trois nouvelles espèces se trouvent décrites dans le Prodrome de la Flore de la Nouvelle-Hollande par Brown. Parmi celles qui croissent naturellement en France, la plus belle et en même temps la plus remarquable par ses usages médicaux, est la Ctisoglosse OFFICINALE, Cynoglossum officinale, L.; elle croit dans les lieux incultes et pierreux de toute l'Europe. Sa tige herbacée, droite, velue, haute de dixhuil pouces, très- rameuse et paniculée à sa partie supérieure, porte des feuilles sessiles, alternes, ovales, lancéolées, molles, d'un vert blanchâtre et couvertes de poils courts et soyeux; les radicales sont pétiolées, plus grandes et plus larges que les caulinaires. Au sommet de la plante, les fleurs sont disposées en épis allongés et un peu roulés en crosse à leur extrémité. Ces fleurs sont petites, d'une couleur rouge foncée ou violette, blanche dans une variété; elles sont portées sur de courts pédoncules. Les feuilles de cette plante, cuites dans l'eau et appliquées à l'extérieur, passent pour émoUientes et anodines.

La Cynogiosse ombiliqijée, Cynoglossum Omphalodes, L., a des tiges qui ne s'élèvent pas au delà de trois pouces, des feuilles glabres dont les inférieures sont en forme de cœur et longuement pétiolées; les supérieures sont ovales et n'ont que de courts pétioles. Ses Heurs, d'un bleu vif intérieurement, veinées de quelques raies blanches, ont l'entrée du tube assez ouverte et le limbe plus étalé que dans les autres Cynoglosses. L'apparence de ces Heurs a fait donner le nom de Petite Bourrache à celte plante que l'on cultive dans les jardins et qu'elle contribue à décorer, au printemps, par son élégance et sa profusion. Elle croît naturellement en Piémont et dans le nord de l'Italie.

La CY?iOGLOSSE A FEUILLES DE LiN, Cynoglossum linifolium , est indigène du Portugal, et cultivée comme la précédente, mais moins fréquemment, dans les jardins. Ses fleurs blanches, longuement pédonculées le long de plusieurs axes qui s'élèvent des aisselles des feuilles, donnent à cette plante l'aspect des vraies Cynoglosses, mais ses caractères floraux la rapprochent des Omphalodes. Elle a des feuilles sessiles, glabres, lancéolées, un peu obtuses et s'élargissant en raison de leur situation élevée sur la tige ; au sommet elles deviennent cordées et amplexicaules. La description du Cynoglossum Lusitanicum de Vahl {'fymbol. 2, p. 34) convient parfaitement à cette plante, et cet auteur fait une autre espèce du Cynoglossum linifolium ; cependant c'est sous ce dernier nom que la plante dont il est question, est généralement connue. D'ailleurs, le nom spécifique de Lusitanicum a été appliqué à plusieurs espèces différentes de celle nommée ainsi par Linné.

CYNOGLOSSOIDES. bot. Le genre décrit par Danty d'isnard sous ce nom (Mém. Acad. Scienc, 1718), a été depuis réuni au genre Borrago par Linné. V. Bourrache.

CYNOMÈTRE. Cynomctru. bot. Genre de la famille des Légumineuses et de la Décandrie Monogynic, fondé par Linné, et présenlaiil les caractères suivants : calice à quatre divisions réHécbies; cinq pétales égaux entre eux; dix étamines distinctes, à anthères bifides au sommet; légume en forme de croissant on hémisphérique sans échancrure, de consistance presque charnue, extérieurement tubercule, intérieurement uniloculaire et ne contenant qu'une seule graine grande, solide et ayant une forme courbée, analogue à celle du fruit. Les espèces, au nombre de trois, sont indigènes des Indes-Orieiilales. Ce sont des arbres à feuilles conjuguées comme celles des Bauhinia, ou pinnées dans une espèce, à fleurs nombreuses, portées sur des pédoncules insérés sur le tronc ou les rameaux.

Dans son Herbier d'Amboine, Bumph a donné de bonnes figures ( t. G2 et Cô) des Cxiiomelra cauli/lora et ramifloia de Linné, ligures qui ont été reproduites par Laniarck (lllustr. t. 33 1). Les descriptions qui, dans Uumph, accompagnent les figures, sont, à sa manière ordinaire, très-délaiUées et très-soignées eu égard à leur épo(iue ; il ne dit presque rien sur les usages de ces plantes, l'amertume et l'astringence de leurs fruits les rendant inutiles aux peuples d'Amboine. Ces deux plantes ont reçu le nom malais de Nam-nam, qui répond à celui de Cynomorium sylvestre que lui a donné Uumph, ou plutôt à celui de Cynometra imposé par Linné, à cause de la ressemblance que l'on a cru trouver entre leur fruit et certaines parties de la génération du Chien. — L'espèce que Loureiro (FI. Cochinch., p. 329) a ajoutée à ce genre, sous le nom de Cynometra pinnata , est un grand arbre des forets de la Cochinchine, où on le nomme Cay-rang; ses feuilles sont imparipinnées, et ses fleurs disposées en grappes terminales.

CYNO.MOIR. BOT. Synonyme de Cynomorion.

CYKOMOUION ou CYNOMORIUM. polvp. Nom spécifique d'une Pcnnatule d'Ellis , nommée Alcyonium Epipetrum par Gmelin , et qui sert de type au genre Vérétille de Cuvier. F. Vérétille.

CYNOMORION. Cynomorium. bot. Linné a conservé le nom de Cynomorion à une plante fort singulière, ayant le port des Orobanchcs, qui avait été décrite et figurée par Micheli, et dont la structure a été depuis si exactement rendue par le professeur Richard, dans son mémoire sur la nouvelle famille des Balanophorées. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce, le Cynomorium coccineiim , L., Rich. (Ralan., p. 17, t. 21, Mém. du Mus.); celles qui ont été décrites par Swartz sous les noms de Cynomorium Cayennense et de Cynomorium Jamaicense, appartiennent au genre Heiosis de Richard.

Cynojiorioji ÉCAUiATE, Cynomon'um coccineum. Racine tuberculeuse , donnant naissance à une lige de six à huit pouces de longueur, simple, épaisse, cylindrique et presque claviforme, d'une teinte rougebrunâtre, Irès-foncéc; elle est épaisse et chargée inférieurcment d'écaillés charnues, discoïdes, unies à la tige par presque toute la largeur de leur face inféreure; supérieurement elle est recouverte de fleurs (|ui forment un capitule ovoïde, allongé, obtus, composé

de Heurs mâles et femelles entremêlées; ces fleurs sont portées sur un réceptacle cylindracé, charnu, couvert d'écaillés épaisses, discoïdes, et de petites paléoles trèsnombreuses accompagnant les fleurs ; les fleurs mâles ont au lieu d'un calice une sorte d'écaillé épaisse el tronquée à son sommet, de manière ù représenter un cône renversé; cette écaille est creusée d'un coté d'une fossette ou gouttière longitudinale dans laquelle est reçu le filet de l'étamine ; elle est environnée à sa base de plusieurs bractées allongées, obtuses et comme spatliulées; le filet de l'étamine est subulé, dressé; il se termine par une anthère arrondie, un peu oblongue, obtuse, à deux loges s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal ; dans les fleurs femelles l'ovaire est pédicellé, adhérent avec le calice, dont le limbe ofl^re trois à quatre lanières lancéolées ; coupé longitudinalement il offre une seule loge qui contient un ovule renversé; le style est terminal, cylindrique, trois fois plus long que l'ovaire, portant à son sommet un stigmate simple el hémisphérique; le fruil est unecariopsc globuleuse, couronnée par les lobes du calice. Celle espèce croit dans les lieux sablonneux et maritimes des îles de Malle, de Crète, en Egypte , el même en Espagne, oïl on lui donne vulgairement le nom impropre de Champignon.

CY'NOMYA. BOT. Synonyme de Plantain Cynops.

CYSOMYIE. Cynomyia. iss. Genre de Diptères, de la famille des Muscides, institué par RobineauDesvoidy qui lui donne pour caractères : troisième article des antennes quadruple du deuxième; point de soies aux premiers segments de l'abdomen; anus terminé par deux longs crochets dirigés en dessous; ongles des larses crochus; nervure transversale de la cellule discoïdale des ailes, fort arquée. Ce genre a été formé aux dépens des Sarcophages de Meigen , pour une espèce qui se distingue de toutes les autres par plusieurs modifications organiques , par des couleurs brillantes et par ses habitudes.

Cynomyie des morts. Cynomyia morluorum, Sarcophaga morluorum, Meig. Tête d'un jaune doré; partie postérieure du front noirâtre ; palpes el antennes fauves; thorax d'un bleu noirâtre; abdomen d'un bleu violet; anus et pieds noirs; ailerons blanchâtres; ailes faiblement nuancées de brunâtre. Commune au printemps sur les matières animales en putréfaction.

CYNONTODIE. Cynontodium. bot. Genre d'iiedwig, qui a été réuni au genre Cynodonle du même auteur, parce que les difl^érences caractéristiques étaient trop peu sensibles.

CYNOiSTODIER. Cynontodium. bot. Synonyme de Cynodon.

CYNOPITHÈQUES. Cynopithecœ. mam. L'une des trois divisions du genre Cynocéphales; elle comprend les Singes connus vulgairement sous le nom de Magols sans queue. On n'en cite jusqu'ici qu'une seule espèce. A'. Cynocéphale nègre.

CYNOPSOLE. Cynopsole. bot. Ce genre, fondé par Endlicher dans la nouvelle famille des Balanophorécs de Richard, ofl^re pour caractères : fleurs dioïques; les mâles sont sessiles , accompagnées chacune d'une bractée canelée ; périgone tubuleux, avec son limbe divisé

en quatre parties un peu inégales, iinliiiquées avant leur complet épanouissement; quatre étamines soudées parleurs filaments en im corps cylindrique ou synema; anthères connées, extrorses, à deux loges un peu inégales et déhiscentes longitudinalemenl. Les fleurs femelles sont brièvement pédicellées, avec l'ovaire infère et oblong. Ces plantes sont encore peu connues; elles croissent aux Moluques.

CYNOPTÈRE. Pteropus. mam. Genre de la famille des Chéiroptères, groupe des Frugivores, établi par Cuvier qui lui donne pour caractères : quatre incisives à chaque mâchoire; trois vraies molaires supérieures et quatre inférieures, les unes et les autres précédées d'une petite fausse molaire; une petite queue ; un ongle à l'index de l'aile.

CTNorTÈRE ATX OREiLiES BORDÉES. Pleioptis viorginatus, Geoff., Ann. du Mus., toni. 15, pi. S; Temm., Monogr., page 202, pi. 14. Celle première espèce a environ trois pouces sept lignes de longueur totale, et treize pouces d'envergure. Sa queue est absolument rudimentaire. Ses proportions générales sont à peu près semblables à celles du Vespertilion noctule. Sa tête est renQée vers le chanfrein, ce qui la raccourcit en apparence. Ses dents sont très-lînes, symétriquement disposées, mais comme serrées entre les canines ; les oreilles, médiocrement grandes et un peu arrondies au bout , sont bordées par un liséré blanchâtre; son pelage, formé de poils ras et courts, est généralement d'un brun olivâtre; les deux lobes de la membrane inlerfémorale se réunissent au coccyx, et entourent la base delà petite «lueue qui le termine.

Cette espèce, rapportée du Bengale par feu Macé, a les oreilles bordées de blanc, comme le Cynoplère mammilèvre; mais ses lèvres ne présentent pas les verrues qu'on voit sur celles de cette Chauve-Souris.

Cthoptère mammilèvre. Pteropus tilthœcheilus , Temm., Monogr., pag. 198. La taille de cette nouvelle espèce est égale à celle de la précédente, ou un peu plus forle; une partie du devant du cou est nue; le museau est court et les yeux sont plus près des narines que des oreilles; celles-ci sont petites, échancrécs vers la pointe du bord postérieur, couvertes de rides transversales à la base, et plus ou moins bordées par un liséré blanchâtre; les narines sont écartées et tabulaires; il y a deux grosses verrues séparées par un sillon à la lèvre supérieure, et le bord interne de la même lèvre est couvert de petits mamelons; la queue est courte et à peu près enveloppée en entier par la membrane interfémorale, laquelle est velue en dessus; les incisives inférieures sont un peu entassées; il y a une petite dent anomale ou fausse molaire antérieure, de chaque côté en haut et en bas, et point d'arrière-molaire, ce qui porte le nombre total des dents à seize pour la mâchoire inférieure et à quatorze pour la supérieure.

Le pelage est fin, lisse, très-court, à l'exception de celui des côtés du cou, surtout chez le mâle, où il est plus long, et au milieu duquel se trouvent quelques poils divergents, qui paraissent recouvrir une glande odoriférante, analogue à celle qui est sur les flancs des Musaraignes mâles.

Dans le mâle, le cou et les parties latérales de la poi-

3 niCT. DES SCIEIVCES KAT.

Irine sont d'une belle teinte rousse plus ou moins vive, et de couleur d'orange dans les vieux; les aulres parties supérieures sont d'un brun roussàlre, et la teinte du ventre est grise. La femelle, plus grosse que le mâle, est d'un brun cendré, légèrement nuancé d'olivâtre en dessus, d'un gris olivâtre en dessous, avec les côlés du cou d'un roux olivâtre; la région des mamelles et le devant du cou sont nus. Longueur totale, cinq pouces à cinq pouces un quart; de la queue, sept lignes; envergure, dix-sept à vingt pouces. Les jeunes de l'année sont d'un gris brun très-clair, et les poils touffus de leur cou sont blanchâtres.

On trouve cette espèce à Java et à Sumatra, ainsi que dans la Cochinchine; il est possible qu'elle existe également dans d'autres parties de l'Inde. Lorsqu'elle est vivante, elle exhale une odeur très-forte.

CYNORjïTES. ARAcnn. T. Cynoru/este.

CYNORCHIS. BOT. F. CïNOSORCBIS.

CYNORH^STE. Crnorhœstes. aracdpj. Ilermann ( Mém. Aptérol., p. Gô) désigne sous ce nom, un genre d'Arachnides trachéennes, qui correspond au genre Ixode de Latreille. V. Ixoue.

CYNORHODON. bot. C'est-à-dire Rose de Chien. Les anciens désignaient, sous ce nom, le fruit des Rosiers sauvages. Ce fruit, d'une belle couleur rouge-écarlate, et dont la partie charnue est formée par le tube du calice épaissi . a une saveur un peu acerbe et agréable. On en prépare, dans les pharmacies, une conserve qui est légèrement tonique et asiringenle. Les Allemands en font un grand usage pour la table, et en composent des sauces pour le gibier.

CYNORYNCHIUM. bot. C'est-à-dire Museau de Chien. Syn. ancien de Glayeul, et que Plukenet a employé pour désigner le Chelone Penslemon, L.

CYNOSBATE. Cynosbatos. bot. Même chose que Cynorrhodon.

CYNOSCIADIER. Cynosciadium. bot. Genre de la famille des Ombellifères, institué par De Candolle qui le caractérise ainsi : calice à cinq dents subulées, persistantes; pétales ovalaires, presque elliptiques, obtus, plans , entiers; fruit ovale-oblong, souvent trèsaminci au sommet; styles très-courts, rélléchis. Les deux espèces dont se compose ce genre, Cynosciadium digitatum et Cynosciadum pinnatum, appartiennent à l'Amérique septentrionale ; le premier avait été considéré par Nuttal, comme une espèce du genreŒnanlhe et l'autre comme du genre /EIhuse.

CYNOSORCUIS. bot. C'estainsiqueDu Petit-Thouars (Histoire des Orchidées des îles australes d'Afrique; 2" tableau), remettant en usage un nom appliqué par les anciens botanistes à diverses Orchidées, et par Crantz au même genre, désigne un groupe d'Orchidées de la section des Satyrions. H correspond au genre Orchis de Linné, et les espèces dont il se compose étaient les Orchis fastigiala, Orchis triphylla et Orchis purpurea, noms que Du Petit-Thouars propose de remplacer par ceux d'Isocynis, Triphyllocynis et Erythrocynis. Ces plantes habitent les îles de France, de Mascareigne et de Madagascar; elles se distinguent des autres de la section, par leurs feuilles ovales ou oblongues , leurs fleurs peu nombreuses ou en épi, mul-

liples dniis une csi>f'ce. Dnns le !<"• (ahleaii lie l'ouvrage l'récilé.ce (jcnre esl aussi désiuiié, sans doute parcrleur lypof;ra|)Iiiquc, sous le nom de Cynorchis.

CYNOSURIIS. BOT. /'. Cketei.ies.

CYNOTIDE. Cynotis. noT. Le (jenre créé par Hoffman , sous ce nom , dans la famille des Synanlhérées, Irihu des Cinarées, a été reconnu comme identique avec le senrc Cryplostemnia de Rob. Bi'own.

CYNOXYLON.DOT. Synonyme de Nysse l)iflore,et de Cardopat.

CYNTHIK.Cr/i//iia. moil. Savigny, dans sa mélliode de classification des Mollusques hermaphrodites et acé])hales, a formé pour la famille des Tétliyes, un (jenre nouveau, qu'il a nommé Cynthie, quoi(|ue ce nom ait déjà reçu de trop nombreuses applications ailleurs. Caractères : corps sessiles , à test coriace; orifice branchial s'ouvrant en quatre rayons; l'anal de même ou fendu en travers. Sac branchial plissé longiludinalement, surmonté d'un ccrclede filets tenlaculaires, ordinairement composés; mailles du tissu respiratoire dépourvues de papilles; abdomen latéral; foie distinct dans la plupart des espèces ; ovaire généralement multiple. Savigny a divisé son genre en trois tribus, parmi lesquelles il place quatorze espèces qu'il décrit après les avoir observées vivantes dans la Méditerranée, la mer Rouge et le golfe de Suez; à ces quatorze csi)èces l.esson en a ajouté deux qu'il a rapportées des îles Malouines et du port Louis.

CYNTHIE. Cynthia. bot. Dans son essai d'une nouvelle classification des Chicoracées, Don a proposé d'ériger sous ce nom, en genre particulier, le Troximon f'^irginims de G.nertner.

CYNTHIE. Cynthia. crdst. Genre de Schizopodes lumineuxqui a beaucoup de ressemblance avec le genre Myscs. Thompson lui donne pour caractères ; abdomen de sept segments; queue de cinq écailles; yeux trèsgrands; deux paires d'antennes, huit paires de pattes Ihoracbiques, et cinq paires abdominales. Ce Cruslacé a été pris dans la traversée de l'île de Madère aux Barbades. Il est douteux que ce genre soit conservé; le nom du moins devra être changé pour éviter qu'il ne leparaisse dans quatre classes différentes du système des êlies organisés.

CYNTHIE. Cynthia. iNS. Fabricius (Syst.deGlossata) a donné ce nom à un genre de Lépidoptères diurnes , (|ui n'a pas été adopté par les entomologistes qui lui ont succédé. ^. Vanesse. Latrcille s'est ensuite emparé de re nom resté vacant, pour l'appliquer à un groupe de Coléoptères pentamères, de la famille des Carnassiers, Iribu des Carabiques, auquel il assigne pour caractères iïénériques : dernier article des palpes extérieures en forme débâche; languette courte ; antennes composées de onze articles grenus, dont les derniers très-courts; tète rétrécie brus.(|ueinent derrière les yeux, séparée du corselet par une sorte de cou; corselet trapézoïdal, plus large postérieurement , plan , rebordé, sillonné longitudinalement ; corps ovale; premiers articles des tarses antérieurs en triangles renversés, formant la palette et garnis de brosses en dessous ; le quatrième bifide. Toutesles espèces de ce genre sontassez grandes t't apparlleiment au Grésil.

CYNURE. Cynura. bot. Genre de la famille des Synanlhérées, établi par H. Cassini qui lui reconnaît pour caractères : calalhide incouronnée, ù Heurons nombreux et égaux; involucre cylindrique, beaucoup plus court que les Heurs, formé d'environ douze squames libres, égale.?, coriaces-foliacées; base de l'involucre entourée d'environ six squammules surnuméraires, linéaires-lancéolées; réceptacle large, plan, garni de petites lames charnues ; ovaires cylindracés , striés longitudinalemenl et munis de plusieurs rangées de poils; bourrelet basilaire peu distinct; nectaire trèsélcvé; aigrette très-longue, composée de squammules filiformes, très-fines, à peine barbulées; corolle gla-

j bre, à tube long, à limbe court, large et bien distinct;

' étamines à filaments libres au sommet du tube de la corolle; anthères exserles; styles à deux branches, surmontés chacun d'un appendice non stigmatifèrc. La Cynure auriculéc, que l'on cultive dans les jardins de l'ile Maurice, paraît originaire de Madagascar; c'est une plante herbacée, à tige dressée, nue, ainsi que ses rameaux, à la partie supérieure; les feuilles sont alternes, ovales-lancéolées, inégalement et faiblement dentés; le pétiole est court, muni à sa base de deux stipules en forme d'oreillettes ; les calathides sont composées de Meurs i)urpurines.

CYPARISSIAS. bot. Espèce du genre Euphorbe. CYP.ARISSUS. BOT. Synonyme ancien de Cyprès. CYPELLE. Cypella. bot. Genre de la famille des Iridécs, tribu des Ensatées, institué par Herbert pour une plante qui a d'abord été décrite, sous le nom de Tigridia herhcrtiana , dans le Bot. Magaz. n^aSOU, puis sous celui de Morœ lierherti, dans le liot. Regist. n» 949, et dont Ker a fait un Marica, dans sa monographie des Iridées. Du reste, voici les caractères du genre de Herbert : périgone corolloïde, supère, partagé profondément en six pétales concaves à leur base, dont les trois extérieurs sont beaucoup plus grands, roulés et réfléchis au sommet; trois étamines insérées à la base des pétales extérieurs, à filaments soudés entre eux par un seul point et subulés, à anthères oblongues, fixées par leur base , et dont le connectif porte les loges à chacun de ses bords; ovaire infère, oblong-prismatiquc, et triloculairc; plusieurs ovules disposés sur plusieurs rangs à l'angle central des loges; style court, filiforme; stigmate dilaté, trilobé, à lobes diessés, trifides, appcndiculéstranversalcment à leur base; capsule membraneuse, oblongue, prismatique, triloculaire cl trivalve ; semences anguleuses. Le Cypella herberli est une plante herbacée, à feuilles linéaires, acuminées , plissécs , plus courtes que la hampe qui se tcrmiiie par de belles et grandes fleurs d'un jaune doré, avec les pétales intérieurs et la base des extérieurs d'un pourpre de lilas. Elle est originaire du Pérou.

CYPÉR.VCÉES. Cypcraccœ. bot. Famille naturelle de |)lantcs Monocolylédoncs hypogynes, très-voisine des Graminées, dont les genres Soucbet et Scirpe offrent en France des exemples , cl qui se compose de végétaux herbacés , croissant en général dans les lieux humides et sur le bord des ruisseaux et des étangs. Leur racine est annuelle ou vivacc, fibreuse ou composée d'une souche ou rhizome s'élcndant horizontale-

ment , et présentant parfois de dislance en distance des liiherculescliarnus, plusou moins volumineux, remplis d'une sui)slance blanche et amilac^e. Leur tige est un véritaljle cliaume cylindrique ou à trois angles fri^saigus; quelquefois elle n'offre pas de nœuds, d'autres fois elle en présente plusieurs. Dans quelques espèces , le chaume est nu , toutes les feuilles sont radicales. Celles qui naissent des tiges sont alternes, en général linéaires, étroites, aiguës, terminées à leur base par une longue gaine entière, c'est-à-dire qui n'est pas fendue dans toute sa longueur, ainsi que cela a lieu dans les Graminées. Assez souvent l'entrée de la gaine est garnie d'une ligule membraneuse et circulaire, qui manque dans beaucoup de genres. Les fleurs sont tantôt hermaphrodites, tantôt unisexuées. Généralement elles forment des épis ovoïdes, gIobuleu.\ ou cylindriques, qui, en se réunissant ou se groupant diveisement , constituent des panicules ou des corymbes, qui sont en général enveloppés dans les gaines des feuilles supérieures. Lorsque les fleurs sont unisexuées, les fleiu's mâles et les fleuis femelles sont placées dans des épis différents; quelquefois elles y sont confusément mélangées dans un même épi. Chaque fleur hermaphrodite offre l'organisation générale suivante : une simple écaille, de forme très-variée, lient lieu d'enveloppe florale. Lesliboudois propose de lui donner le nom de Gamophylle. Celle écaille est une véritable bractée analogue à celles qui existent dans les fleurs des Graminées. 11 n'y en ajamais qu'une seule pour chaque fleur; quand on en trouve plusieurs , c'est qu'elles appartiennent à des fleurs avortées , ce que prouvent leur alternité et les plans différents sur lesquels elles sont placées. Le nombre des étamines est en général de trois; on n'en compte qu'une ou deux dans quelques espèces de Scirpus et de Cyperus; les genres Gahnia et Lmnpocarya en ont six; le Tetraria en a huit; r£'r««(//fl!; douze. Dans tous . le tîlet est très-grêle et capillaire, et se termine par une anthère cordiforme ou sagiltée, échancrée à sa base, mais terminée en pointe à son sommet, tandis que dans toutes les Graminées, l'anthère est également échancrée à ses deux extrémités ; le pistil se compose d'un ovaire globuleux, comprimé ou triangulaire, contenant un seul ovule. Il se termine supérieurement par un style en général assez court , continu ou simplement articulé avec l'ovaire, portan à son sommet deux ou trois stigmates linéaires et glan duleux. En dehors et à la base de l'ovaire, et quelque fois en dehors des étamines , on trouve un organe par ticulier dont la forme et la structure sont extrémenien variables; ainsi tantôt ce sont de petites soies simples, au nombre de trois à six ; tanlôt elles sont beaucoup plus nombreuses et plus longues que l'ovaire et que les écailles, comme dans les genres Trkhophonim et Eriophorum ; d'autres fois ces soies sont barbues et comme plumeuses latéralement {Carpha)-, dans certains genres , ce sont de véritables écailles dont le nombre et la disposition varient beaucoup ; enfin dans les genres Care^ et Unciiiia, c'est un utriculemonophylle recouvrant l'ovaire en totalité, et lui formant comme une sorte de péricarpe accessoire. Robert Brown et Lestiboudois considèrent ces écailles , ces soies et cet

ulrlcule comme un véritable périanthe ; mais il est dif- . ficile de considérer comme un périanthe un organe qui, fréquemment, est situé en dedans des étamines; Richard les regarde comme analogues aux paléoles qui constituent la glumelle dans les Graminées. Le fruit est un akène globuleux, comprimé ou triangulaire, forme qui dépend en général du nombre des stigmates. 11 est triangulaire quand il a trois stigmates, comprimé lorsqu'il n'en existe que deux. La partie interne du péricarpe estcrustacée et contient une seule graine, qui se compose d'un tégument propre, très-mince, dans lequel est un endosperme qui forme toute la masse de l'amande. Dans l'intérieur de cet endosperme et tout près de sa base, on trouve un petit embryon monocotylédon, qui n'est recouvert inférieurement que par une lame mince de l'endosperme. Brown et la plupart des autres botanistes décrivent cet embryon comme extraire, tandis qu'il est constamment recouvert par une petite lame de l'endosperme. Le tubercule radicellaire est toujours simple, et la gemmule renfermée dans l'intérieur du cotylédon qu'elle perce latéralement lors de la germination. La famille des Cypéracées a beaucoup d'affinité d'une part avec les Graminées, et d'une autre part avec les Joncées Mais elle se distingue des premières ; 1» par le nombre et la disposition des écailles florales; en effet, toute fleur de Graminée se compose au moins de deux écailles florales, qui en forment la glume, et lorsque les épillets sont uniflores, on trouve quatre écailles florales , c'est-à-dire la glume et la lépicène en dehors des organes sexuels. 2» Dans les Graminées, la gaine des feuilles est généralement fendue, et ce caractère, qui souffre à peine quelques exceptions, les distingue fort bien des Cypéracées dont la gaine est toujours entière. .5° Dans les Graminées, le fruit est une cariopse, tandis que c'est Un akène dans les Cypéracées. 4» Enfin , l'embryon est fort différent dans ces deux familles. Dans les Graminées, il est extraire, macrorhize ou blastifère, c'est-à-dire que le corps radiculaire forme une masse considérable, qui n'est pas susceptible d'accroissement, et qui porte un autie corps nommé blasle, lequel prend seul du développement lors de la germination; celui des Cypéracées. au contraire , est intraire, c'est-à-dire entièrement caché par l'endosperme; il est de plus dépourvu dhypoblaste ou de ce corps charnu, nommé vitellns par Gœrtner et hfpoblaste par Richard.

Celte famille a été, depuis la publication du Gênera Planlarum, l'objet des travaux de plusieurs botanistes, qui, chacun, en ont éclairé quelques points obscurs : on doit particulièrement citer Vahl, Richard, Brown, Kunth et Lestiboudois. Ce dernier a publié en 1819 un Essai sur la famille des Cypéracées, dans le(|uel il trace les caractères de tous les genres connus alors , et d'un grand nombre de nouveaux qu'il avait cru devoir établir. 11 est à regretter qu'il n'ait pas cité, au moins pour les genres nouveaux qu'il proposait, quelques-unes des espèces qu'il faisait entrer dans ces genres. Dans son Gênera, Jussieu ne décrivit que onze genres de Cypéracées. Mais ce nombre s'est considérablement augmenté. Lestiboudois a donné les caractères de soixante et un genres formant cette famille. Jusqu'en ces der-

îiO

• niers temps on avait divisé les genres de Cypéracécs d'une manière artificielle, en deux sections dont l'une comprenait ceux à Heurs iinisexuécs, et l'autre ceux, en plus grand nombre , qui ont les fleurs hermaphrodites. Mais on a préféré dans ces derniers temps former, dans celle famille, un certain nombre de groupes naturels ou de petites familles. Kunth, dans son Çyperograpliia synoptica, a proposé six sections naturelles, qui sont :

X'" section. — Ctpéhées. Écailles distiques; fleurs hermaphrodites. Genres : Cyperus , L.; Mariscus, Vahl; Courloisia, Nées; Kyllinga, Rottb.

Il» section. — Scirpées. Écailles imbriquées en tout sens; fleurs herniaplirodiles. Genres : Eleochaiis, Br.; Eriophorum, L.; Àmliolrichiim, Brong.; Scirpus, Brown; Isolcpis, Brown; Fimhrislylis, 'V'ahl; Abild- «yanrrff'a, Vahl ; Fuirena, Rottb.; Me/aMcram's, Vahl; Ficinia, Schrad.

III» section. — Hypoiytrées. Elle comprend les genres : Lypocarpha, Br.; Hemicarpha, Nées; Plalylepis, Knnth; Ilypolytrum, Rich.; Diplasia, Rich.; Mapania, Aub.

IVe section. RnvivcnospoRÉES. Elle est formée des genres : Dichromcna, Vahl; ytrthrostylis, Br.; Pleurostachys, Brongn.; Ecklonia, SIend.; Rhynchospora, Vahl; Cludium, Br.; Catistis, Br.; Lepisia, Presl.; Elinanthiis, Leslib.; Buekia, Nées; Ideleria, Kunth; Àsterochœta, Nées, etc., etc.

V section. — Sclérikées. Fleurs diclines; fruit plus ou moins dur et osseux. Genres : Scleria, L.; Diplacruvi, R. Brown; Cylindropns, Nées; Becqiie relia, Brongn.; Finkelmannia , Kunth; Calyptrocarya , Nées; Chrysitrix, L.; Choryzandia, Br.; Lepironia, Rich.; Ecandra, Br.; Oreobolus, Br.

VIo section. — Caricées. Écailles imbriquées en tout sens; fleurs unisexuées; akène renfermé dans un utricule. Genres : Caiex, L.; Uncinia , Pcrs.; Elyna, Schrad.; Trilepis, Schrad.; Julacorhynchus , Nées; Scliœno.riphium, Nées.

CYPERELLA. bot. Syn. de Schœnus compressiis, L., espèce du genre Choin.

CYPÉROIDES, CYPÉROIDÉES. Cyperoideœ. bot.

Même chose que Cypéracées.

CYPERUS. bot. F. SoucnET.

CYPII E. Cyphus. if«s. Coléoptères télramères; Schoonlierra fondé ce genre, dans la famille des Rliynophorcs, pour un assez grand nombre de Charansoniles nouveaux du Brésil; il le caractérise ainsi qu'il suit : museau-trompe court, parallélipipédique, sensiblement plus long que la tête; antennes de moyenne longueur, composées de sept articles non compris la massue qui commence au huitième et en admet quatre ; yeux saillants, globuleux; corselet entier en dessous, plus long que large, bisinué postérieurement; élytres prolongées ù leur base, oblongues, gibbeuses, recouvrant (les ailes; pieds allongés, robustes; les antérieurs les |)lus longs, avec les cuisses médiocrement dilatées; les jambes mutiques et un peu comprimées; les tarses ont les premiers articles trigoncs, presque égaux, le pénultième élargi, bilobé ; crochets bionguiculés. Le type de ce genre est le Citrculio gibher de Fabricius.

CYPIIÉLIER. Cyphelium. dot. Ce nom avait été proposé par Pries, comme générique, pour un Lichen : Lecidca ahielina, et par Achar pour un Champignon : Phacidium calyciforme ; aucun des deux genres nonveaux n'a été admis.

CYPHELLE. Cyphella. rot. On appelle ainsi les fossettes arrondies et bordées, qu'on remarque A la face inférieure de la thalle dans les espèces du genre Sticte.

— Fries a donné ce même nom à un genre de Champignons de la famille des Pézizoïdées ou Hyménomycètes qui lui a offert pour caractères : réceptacle presque membraneux. concave, oblique, incliné; membrane fructifère ou hyménion à peine visible, séparée, portant en dessous les organes de la fructification; sporidies globuleux, assez grands, non réunis et assez semblables à des grains de poussière. Les Cypiielles ont ordinairement l'aspect ligneux; ils diffèrent peu, en apparence du tissu, des vieux troncs sur lesquels on les trouve.

CYPHICÈRE. Cyphicerus. ins. Coléoptères tétramères; genre institué par Scboonherr, dans la famille des Rhynchophores, et dont les principaux caractères consistent dans les sillons où sont logées les antennes, qui sont droits au lieu d'être courbes ou semi- circulaires comme dans la plupart des autres genres de la famille, dans le corselet qui n'est point lobé antérieurement, etc. — Les élytres recouvrent des ailes et cachent entièrement le corps qui est oblong. Les pieds sont de moyenne' longueur, avec les cuisses renflées et les jambes arquées. Ce genre se compose d'espèces toutes exotiques; les deux Indes lui ont fourni chacune leur contingent.

CYPHIE. Cyphia. bot. Genre de la famille des Lobéliacées, Pentandrie Monogynie, L., établi par Bergius (FI. Cap., p. 172), et que l'on a ensuite caractérisé de la manière suivante : calice quinquéfide, turbiné; pétales linéaires, connivents par leur base, élargis, réfléchis au sommet; filets des étamines poilus, adhérents entre eux ; anthères libres; stigmate penché, creux et bossu. Ce genre ne diffère pas réellement des Lobélies, selon Thunberg, malgré la liberté de ses anthères et la régularité ainsi que la profondeur des divisions de sa corolle. Néanmoins Jussicu (Ann. du Muséum, v. 18, p. 2 ) pense que le Cyphia de Bergius, si les descriptions données par cet auteur sont exactes, doit même être écarté de la famille des Lobéliacées. Les plantes rapportées à ce genre douteux, sont au nombre de huit ou neuf, la plupart indigènes des environs de la ville du cap de Bonne-Espérance. Le Cyphia bulbosa, Berg., type du genre, a été transporté de nouveau dans les Lobélies, et a été nommé Lobelia Cyphia par Gmelin (Syst. Feg., 1, p. 357) qui, dans le même ouvrage, p. 370, a commis un double emploi en produisant cette planle sous le nom de Cyphium capense. Lamarck (Encyclopédie méthodique, t. 3, p. 590) avait le premier indi<iué les relations des Lobelia nudicaulis et Lobelia volubilis, L., avec le genre Cyphia; Willdenow en a constitué les espèces Cyphia Phyteuma et Cyphia volubilis. Rœmer et Schultcs y ont de plus ajouté, sans motif connu, le Lobelia pinnaia de l'Encyclopédie. L'auteur de ce dernier ouvrage n'avait pu regarder

celle piaille comme congéuèrc du genre en question, puisque la fructificalion lui était inconnue. Nous ne pensons pas que Rœmer et Scliultes aient été, mieux que Lamarck, à portée de constater ce point important.

CYPHIDM. BOT. V. Cyphie.

CYPHOCRANE. Cyphocrana. tns. Orthoptères. Genre de la famille des Spectres, établi par Audinet-Serville, qui lui donne pour caractères : tête fort grosse, au moins dans les femelles, toujours arrondie et bombée posléiieurement, à bords latéraux arrondis; yeux petits; point d'ocelles distincts; antennes insérées devant les yeux, plus près de la bouche que du milieu de la tête : premier article cylindrique, un peu plus long que le deuxième; labre échancré, avec son bord postérieur droit; corselet assez large, presque plat en dessous, peu convexe en dessus ; métathorax plus petit que le méso- Ihorax et que le prothorax, qui est très-court; corps assez large et ailé; élytres courtes, égalant en longueurs peu près le tiers des ailes; abdomen plus large qu'épais, presque plan en dessous; anus des femelles ayant sa partie inférieure creusée en gouttière; celle-ci dépassant notablement rexlrémité de l'abdomen ; pattes au- (éiieures presque aussi longues que les autres ; les intermédiaires ayant leur insertion beaucoup plus près des postérieures que des antérieures; cuisses et jambes linéaires, un peu épineuses en dessous, le Pluisina rjirjas de Fabr. est le type de ce genre, auquel il faut ajouter le Phasma giijas de Pallisot de Beauvois, ou Cy/j/iocrana Bavvoisi; le Manlis viriiliuna, Oliv.; le Mantis maculata, Oliv.; les Phasma angulata, Fab.; microplera , StoU., cl quelques autres espèces nouvelles appartenant pour la plupart à l'archipel des Indes.

CYPHOGÉNIE. Cxpho(jenia. tns. Coléoptères lélramères. Ce genre de la famille des Mélasomes, a été formé par SoUier, aux dépens des Akides de Lalreille, pour un insecte de la Russie méridionale ; Cyphogeni'a aurita, que Pallas avait placé parmi les Ténébrions et Linné dans le genre Pimélie. Ce genre se distingue des Akides par son menton qui n'est ni plan ni cordiforrae, mais irrégulier, bosselé en dessous, échancré et bilobé; par le crochet corné des mâchoires; par les parties amincies de la languette, non latérales, mais formant deux lobes antérieurs, en forme de paraglosses; enfin, par la base du prolhorax s'appliquant contre les élytres, de manière que le corps n'offre pas cet étranglement notable et cette sorte d'interruption, entre l'arrière-corps et la partie antérieure.

CYPIIOMYIE. Cyphomyia. tns. Genre de Diptères de la famille des Kotacanthes, institué par Wiedmann, qui lui assigne pour caractères : antennes Irès-allongées, avec le premier article plus long que le second, et le Iroisième linéaire, comprimé ; palpes très-apparentes, cylindriques, finissant en pointe, composées de deux articles égaux ; écusson à deux épines ; ailes couchées sur le corps; trois pelotes aux tarses. Wiedmann ne cite encore qu'une espèce de ce genre; il l'a décrite et figurée dans les Annales enlomologiques, 13, fig. 4.

CYPHON. Cyphon. iNS. y. Élode.

CYPHONIE. Cyphoiiia. iivs. Hémiptères. Genre delà seconde section de cet ordre, dite Homoptères, proposé

par Delaporte avec les caractères suivants : léte large; yeux gros, entre lesquels se trouvent deux petits ocelles; les deux premiers articles des antennes très -courts : l'un carré, l'autre ovalaire, le troisième terminé par une longue soie; corselet élevé postérieurement et dirigé en arrière, en formant une fourche trilidc; pseudélytres longues ; pattes moyennes ; les postérieures longues et garnies de plusieurs séries longitudinales de poils épineux; tarses de trois articles : le premier le plus long, le deuxième très-court et le troisième assez long; crochets larges. Il faut rapporter à ce genre, outre quelques espèces nouvelles envoyées récemment de Cayenne, les Cenirotus clavalvs, clavfger et trifidus de Fabricius, qui sont originaires des mêmes contrées.

CYPRA. Cypra. ins. Lépidoptères nocturnes. On lit dans la partie entomologique de la Zoologie du voyage de l'Astrolabe, la définition du genre Cypra ainsi qu'il suit : u Ce genre a des rapports marqués avec le Leptosoma. Cypra délicate, Cypra delicatnla, Boisd. Ailes d'une texture délicate, blanches, demi-transparentes ; les supérieures avec quatre petits points obscurs vers la base. Celle espèce, par l'ensemble de ses caractères, paraîtrait presque appartenir au genre Z.e/J/oso»i«. Cependant je crois qu'elle doit former un nouveau genre entre les Hazis et les Leptosoma. Elle est de la taille du Chelonia villica; mais son corps est grêle comme celui des Leptosoma. Ses quatre ailes sont blanches, minces, délicates, demi-transparentes : les supérieures ont, vers la base, quatre on cinq points obscurs , le dessous est semblable au dessus; l'abdomen parait être blanchâtre. La femelle a les antennes noires, moins pectinées que les mâles. i>fouvelle-Guinée. » Une seconde espèce du même genre, Cypra crocipède, Cypra crocipes, Boisd., a les quaire ailes blanches, un peu transparentes, d'une texture délicate; le corselet et l'abdomen blancs; les antennes noirâtres; la tête blanche avec le front jaune; les pattes de la même couleur; le dessous des quatre ailes est luisant, et paraît presque dépourvu d'écaillés. De Madagascar.

Une multitude d'autres genres du docteur Boisduval sont tracés avec la même concision; aussi nous sommesnous vus dans la dure nécessité de les passer sous silence.

CYPR.'EA. MOLi. r. Porcelaine.

CYPRÈS. Ctipressus. bot. Genre de la famille des Conifères. Caractères : fleurs unisexuées et monoïques, formant de petits chalons très-nombreux et terminaux ; les chatons mâles sont ovoïdes-allongés, presque cylindriques , composés d'écaillés imbriquées et peltées , à peu près disposées sur quatre rangs; chacune d'elles porte à sa face inférieure quatre étainines sessiles, dont l'anthère est uniloculaire et membraneuse. Ces quatre élamines constituent autant de fleurs mâles; les chalons femelles sont globuleux, un peu plus gros que les mâles; ils se composent d'écaillés d'abord imbriquées, puis écartées et distinctes, épaissies et renflées à leur base interne. Sur cette partie renflée, on trouve un nombre considérable de très-petites fleurs femelles dressées , dont le calice est ovoïde-allongé, tronqué à son sommet qui est percé d'une petite ouverture; le chaton fructifère est

5iâ

un ijalbule globuleux ou ovoïde, formé d'un pellt noral)ie d'écaillés forl dures, comme ligneuses, réunies i)ar un axe court, formé par la confluence de leur base; les fruits, forts petits, nombreux et dressés, sont étroitement resserrés entre les onglets des écailles; ce sont de petites noix d'une forme irrégulière, quelquefois bordées d'une membrane en forme d'aile sur leur contour; leur jiéricarpe est sec et osseux, d'une épaisseur et d'une dureté médiocres; il contient une graine oblongue, dressée, dont l'épisperme est membraneux et très-mince; l'endosperme est cliarnu, blanc et peu épais ; il renferme un embryon renversé, qui offre deux cotylédons.

Le genre Cyprès se compose d'environ une douzaine d'espèces : ce sont généralement de grands arbies ou arbiisseaux , ayant les feuilles extrêmement petites et étroitement imbriquées les unes sur les autres.

Le Cyprès commun, Cupressns semperviiens, L., Ricb. Conif., t. 9, est originaire d'Orient et de l'ile de Crète. Cet arbre, qui peut s'élever à une hauteur considérable, présente deux variétés princi|>ales : dans l'une il plîre une forme pyramidale, semblable à celle du Peuplier d'Italie ; ses rameaux sont dressés et appliqués contre la tige; c'est le Cupressns pyramulalis de quelques auteurs. Dans l'autre, au contraire, les rameaux sont étalés et souvent même pendants, surtout lors(iu'ils sont cbargés de fruits, qui sont assez lourds; c'est le Cupressns horizontalis. Le Cyprès pyramidal, par sa forme élégante et son feuillage toujours vert, est un arbre d'un très-bel effet dans les parcs elles jardins paysagers. Dans le midi de la France et une partie de l'Italie, on le cultive avec soin autour des habitations. En effet, il conserve sa verdure quand tous les autres arbres ont eu leurs feuilles desséchées par les ardeurs du soleil ; son bois est dur, compacte, agréablement veiné de ronge, et, comme celui de la plupart des autres Conifères, il est assez résistant. Le Cyprès ne se multiplie que de graines. A Paris et dans le nord de la France, elles doivent être semées sur couche; elles s'y développent beaucoup plus promptement; cependant elles germent aussi très-bien en pleine terre. Au bout de deux ans, on doit repiquer les jeunes plants en pépinière et les y laisser jusqu'à ce qu'on les mette en place. Il n'est personne qui ne connaisse l'origine my- Ihologiipie du Cyprès. Les Grecs nous apprennent, dans leur ingénieuse mythologie, que la nymphe Cyparisse ayant été rebelle aux vœux d'Apollon , ce dieu s'en vengea en la métamorphosant en Cyprès. Dès lors cet arbre devint l'emblème du deuil et de la stérilité, parce que, dit Théophraste, sa tige, une fois coupée, ne repousse jamais. Chez les modernes, le Cyprès est encore consacré à la douleur. On le plante autour des monuments funéraires, et son feuillage sombre est en liaimonie avec les souvenirs douloureux que rappelle l'aspect des tombeaux.

Le Cyprès de PoRiroAi, Cupressns Lusitanica, Willd.; Cupressns pendilla, l'Héritier, Slirpes, 15, t. 8. Celte espèce est très-facile à reconnaître à son feuillage glauque et argenté; ses feuilles, petites et imbriquées sur quatre rangs, recouvrent des rameaux Hexibles et pendants; ses fruits sont globuleux, de la

grosseur d'une noisette et bleuAtres. Elle est originaire de l'Inde et naturalisée en Portugal. On la cultive dans les jardins d'agrément; mais elle doit être rentrée l'hiver dans la serre tempérée.

Le Cyprès facx Tuiya , Ciipressns Thuyoides, L. Cet arbre, qui croît spontanément dans les lieux humides de l'Amérique septentrionale, a été figuré par Michaux fils dans son Histoire des arbres forestiers, vol. ô. p. 20, t. 2. Il est vulgairement connu sous le nom de Cèdre blanc; sa tige peut s'élever à «ne hauteur de soixante ;> quatre-vingts pieds; elle est très-élancée et contient une résine peu abondante; ses feuilles sont imbriquées, aiguës et munies d'une glande placée sur le dos ; les galbulcs sont globuleux, Irès-petils et bleuâtres. Cet arbre végète avec une extrême lenteur; cependant son bois est blanc, tendre, léger, mais d'un grain très-serré. Dans les États-Unis, on l'emploie pour la construction des édifices et aux ouvrages de boissellerie. Il se travaille avec la plus grande facilité.

Des douze espèces qui composent ce genre, deux croissent en Orient et dans les îles de l'Archipel, une à la Nouvelle-Hollande, une en Afrique, trois dans l'Amérique seiitentrionale, trois au Japon et dans les Indes, et deux dans l'Amérique méridionale. Ces dernières ont été trouvées par Humboldt et Bonpiand dans le cours de leurs voyages, et décrites dans les yova Gênera, sous les noms de Cupressns Sahiiioides et Cupressns thurifera. Le Cupressns disticlia forme aujourd'hui le genre Taxodie de Richard.

CYPRÈS CHAUVE, CYPRÈS DE LA LOUISIANE, bot.

F. SCHCBERTIE.

CYPRÈS (petit), bot. Synonyme vulgaire de Santolina Clianiœ Cyparissus.

CYPRÈS DE MER. polyp. Des Antipalhes et des Serlulariées portent vulgairement ce nom.

CYPRICARDE. Cypricardia. moll. Quelques Coquilles de ce genre furent connues de Linné ; mais probablement embarrassé de les rapporter ;( un genre bien déterminé, il les plaça dans son genre Came où il avait rangé d'ailleurs beaucoup de Coquilles de genres différents, telles que les Cama Hippopns, cayculata, Cor, oblonga, etc. Bruguière, le premier, sépara des Cames des auteurs, sous le nom de Cardile, toutes les Coquilles qui, avec des dents cardinales variables, présentent constamment une dent latérale sous le corselet. Alors les Isocardes, les Hyatelles, les Cypricardes et quelques Vénéricardes furent renfermées dans le même genre. Lamarck, dès 1801 (Syst. des Anim. sans vert.), commença à réformer le genre de Bruguière; il en sépara alors les Isocardes et proposa les Vénéricardes. Ensuite, en 1812 (Extrait du Cours, p. 100), il en sépara encore le genre Hyatelle proposé par Daudin, et enfin, en 1819 (Anim. sans vert., T. vi, 1" part., p. 27), il trouva encore son genre Cypricarde parmi les Cardites. Ce dernier genre resta encore nombreux en espèces, mais toutes furent bien circonscrites par des caractères tranchés et faciles à saisir. Ceux des Cypricardes sont les suivants ; coquille libre, équivalve, inéquilatérale, allongée obliquement ou transversalement; trois dents cardinales sous les crochets, et une dent latérale se prolongeant sous le corselet. Quoique très-voisines des

Cardites, les Cypricardes s'en distinguent au premier aspect. Toutes celles connues jusqu'aujourd'hui n'ont jamais présenté les côtes longitudinales si habituelles des Bucardes et des Cardites. Si leur surface, le puis souvent lisse, présente des lames ou des sillons, ils sont toujours transversaux, c'est-à-dire dans la direction des bords. La charnière, d'ailleurs, est différenle, puisqu'elle présente constamment trois dents cardinales au lieu d'une ou de deux, comme cela a lieu dans les Cardites. Le nombre des espèces est encore peu considérable : quatre vivantes et trois fossiles ont été décrites par Lamarck. On peut en ajouter deux autres, découvertes aux environs de Paris par Deshaies.

Ctpric\rde de Guinée. Cypricardia Guinaica, Lamarck, Anim. sans vert. T. v, Ir^ part., pag. 28, n» 1 ; Chaîna oblonga, L.,Sô02, n" 10; nommée Chama Guinaica par Martini (T. vu, p. 137, l. 50, f. 304 et 503); très-bien figurée dans l'Encyclopédie sous le nom de Cardite (p. 234, fig. 2). C'est celle que Bruguière avait nommée Cardite carénée, Cardita cari- Ho/a(Encycl. méthodique, p. 409, wQ). Elle est oblongue, et ressemble à une Modiole obliquement anguleuse; elle est treillisée par des stries fines; son côté antérieur est aminci, comprimé; les crochets sont arrondis et peu proéminents; elle est blanche à l'intérieur, et jaunâtre à l'extérieur; son diamètre transversal est de deux pouces environ.

CYtRickJiDt.T)/LTTZ. Cypricardia coralliojihaga. Ce[te espèce est remarquable par la faculté qu'elle a, comme quelques Modioles, de se creuser une loge dans la base des Polypiers ou dans les masses madréporiques. Quoiqu'elle habite aujourd'hui les mers de Saint-Domingue, on la trouve néanmoins fossile en Italie. Elle est figurée dans le bel ouvrage de Brocchi (Conch. suhappenina, T. H, t. 15, f. 10, A, b). Linné l'a nommée Chaîna voralliojihaga. Martini l'a indiquée sous le même nom (Conchyl. T. x, p. 339, t. 172, f. 1G73, 1G74); Bruguière (Encycl. n" 15, pi. 234, fig. 3) l'a décrite sous le nom de Cardite Datte. Cardila Ikiclylus. Quoique cette espèce ait l'aspect d'une Modiole, elle s'en distingue cependant en ce qu'elle est plus cylindrique, plus étroite, plus mince; ses stries sont fines; les transversales, surtout celles qui sont vers les bords, se relèvent en lames; les crochets sont moins arrondis, plus proéminents, terminés par des taches pourprées.

CYPRIDÉES. Cypridœ. crist. Famille de l'ordre des Branchiopodes, section des Lophyropes (Règn. Anim. de Cuv.), élablie par Leach qui lui donne pour caractère distinctif : tête de deux pièces. Elle renferme les genres Daphnie, Chydose, Lyncée, Cypris, Cythérée.

CYPlîlN. Cyprinus. pois. Genre qui sert de type à la famille du même nom. Il ne se compose guère que d'espèces d'eau douce, la plupart bonnes à manger, et généralement fort difficiles à distinguer les unes des autres, ce qui rendit longtemps leur histoire fort obscure. Les caractères des Cyprins consistent : dans la pctilesse de la bouche, dont les mâchoires sont dépourvues de dents; le palais qui est lisse, tandis que le pharynx offre de puissants moyens de mastication, consistant en grosses dents adhérentes aux os pharyngiens inférieurs et pouvant presser les aliments entre elles et

un bourrelet gélatineux, qui lient à une plaque osseuse soudée sous la première vertèbre; bourrelet vulgairement appelé langue dans la Carpe. Trois rayons plats se voient aux ouïes; de grandes écailles couvrent le corps que surmonte une seule dorsale. Ce dernier caractère, constant dans toutes les espèces, semblerait néanmoins devoir être fugace, puis(|u'il disparaît entièrement par la domesticité, chez la Dorade de la Chine. L'estomac se termine en inlestin court et sans cœcum. La vessie est divisée en deux par un étranglement. Les Cyprins ont presque tous la même forme ovoïdeoblongue, plus ou moins aplatie latéralement, amincie vers la queue dont la nageoire est communément fourchue. Ce sont des Poissons essenlicUemeut herbivores et les plus inoffensifs de tous. Cuvier les a divisés ainsi qu'il suit :

t Cyprins proprement dits, Cyprinus. Leur dorsale est plus longue que dans les autres, avec une épine dentée pour deuxième rayon ainsi qu'à la caudale. Des barbillons aux angles de la mâchoire supérieure.

Cyprin Carpe, Encycl., pi. a et b; Cypiinns Carpio, L., liloch, pi. XVI. Ce Poisson est trop connu pour qu'il soit nécessaire de le décrire. Tout le monde sait aussi combien il a la vie dure ; de tous les^ habitants des eaux, c'est celui qu'on peut conserverie plus longtemps hors de son élément sans qu'il expire. On en transporte de Bruxelles à Paris qu'on empêche de mourir durant ce trajet en prenant la précaution de leur mettre un peu de mousse humide entre les ouïes. Les étangs, les fossés des vieux châteaux, les rivières tranquilles sont la patrie de prédilection des Carpes; ell«s parviennent à une grande vieillesse; on en cite qui ont vécu plus d'un siècle, que l'âge avait rendues toutes blanches, et sur le dos desquelles s'était. accumulé assez de limon pour que des Conferves s'y fussent développées. Elles sont susceptibles d'une certaine éducation; celles qu'on nourrit dans les viviers autour des habitations et auxquelles les mêmes personnes donnent à manger aux mêmes heures, finissent par connaître la main nourricière, accourent à son approche et sortent de leurs obscures retraites quand elles entendent le bruit qui l'annonce. On les fait surtout apparaître en sifflant. On pêche des Carpes dans toute l'Europe, et jusqu'en Perse. On assure en avoir vu de quatre pieds de long. Elles se plaisent dans les lieux herbeux, et l'on prétend qu'elles peuvent pondre jusqu'à six cent mille œufs; ce qu'il y a de moins incertain, c'est que la ponte a lieu vers les mois de mai et de juin. d. 20, 24, p. 10, 17, v. 8, 9, a. 8, 9, c. 19.

Cyprin Reine des Carpes, Encycl. pi. 7G, f. 318; Cyprinus Rex Cyprinorum, Bloch, pi. 17; Cyprinus Carpio, /3, Gmel., vulgairement Carpe à miroirs et Carpe à cuir. Ce Poisson paraît être une véritable espèce, la grandeur des écailles qui parviennent souvent à plus d'un pouce, et qui se voient sur le dos, le long de la ligne latérale ou sous le ventre, se faisant déjà remarquer dans les jeunes individus. Il a d'ailleurs constamment quatre barbillons à la bouche, tandis que la Carpe vulgaire n'en présente souvent que deux. On trouve cette espèce dans certains lacs de l'Europe septentrionale. D. 20, p. 18, v. 9, A. 7, c. 20.

ôii

CvpRiN Aivine-Caroline, Cfprinus Anna Caroliiia, Lacép., Pois. T. v, p. 544, pi. 18, f. 1. Sa chair est savoureuse; ses couleurs brillantes relèvent la grûce de ses formes. Elle a été décrite d'après des peintures chinoises où le nombre des rayons n'a pas été compté.

CvpRiiv Vert -Violet, Lacép. , Pois. T. v, p. 347, pi. IG, f. 3; — le Mordoré, ibid., pi. IG, f. 2, — et le RoufiE-IiRUN, ihid., 1 1, ont aussi été décrits, comme l'espèce pi'écédente, d'après des peintures chinoises. Point de barbillons au voisinage des mâchoires.

Cyprin Dor\de de la CnrriE, Encycl. pi. 78, f. 326; Cfprintis aiiraliis, L., Gniel., Bloch, pi. 93. Ce bel animal doit il l'éclat de sa couleur l'attention que lui accordèrent les hommes; ils l'ont dès longtemps réduit à l'état de domesticité qui, altérant ses teintes et ses formes, a dénaturéjusqu'aux caractères qui le placent dans le genre Cyprin. Chacun connaît le Poisson doré, qui de la Chine passa dans le reste du monde peu après l'époque où les Hollandais eurent étendu leurs relations au delà du cap de Bonne-Espérance; ces navigateurs, tirant parti de tout ce qui pouvait avoir une valeur, en ai)portèrent les premiers quelques individus en Europe où ils les vendirent fort cher. Ceux-ci sont tellement midtlpliés qu'on pourrait regarder la Dorade de la Chine comme naturalisée dans nos climats, où elle résiste aux plus rigoureux hivers pourvu qu'elle trouve assez d'eau dans les bassins qui la nourrissent pour se retirer dans leur profondeur à l'abri de la gelée. On n'a pu cependant en peupler les marais et les étangs, parce que, trop apparentes et dénuées de tous moyens de se défendre, elles deviennent bientôt la proie des moindres Carnassiers aquatiques. Ces animaux craignent si peu le froid, que Host, naturaliste de Vienne, nous en a montré un qu'il élevait dans uiiglobe de verre, et qui ayant été oublié sur une croisée durant l'une des nuits de l'hiver d'Austerlitz, se trouva environné de glace sans pouvoir bouger. On le croyait mort, et on le laissa engagé dans l'eau gelée. Cependant le dégel étant venu naturellement dans la journée, le Poisson reprit le mouvement qu'il avait perdu et continua de vivre. Cette observation détermina une nouvelle expérience sur un autre individu qu'on fit geler de la même façon; mais le matin, Uost ayant voulu hâter la fusion de la glace, l'animal mourut. Il parait que, pour voir réussir l'expérience, il faut qu'on en abandonne le soin à la nature. — La Dorade de la Chine atteint jusqu'à dix pouces de longueur; mais elle ne parvient communément qu'à six. .Sa taille est d'autant plus grande et ses couleurs d'autant plus vives qu'on la tient dans des eaux plus pures i;t plus profondes. Elle est dans sa jeunesse d'un brun glau(iLie brillant, et ne prend que par degrés la belle couleur orangée qui lui est la plus commune. Elle blanchit avec l'âge; cependant il est des individus blancs de bonne heure , et d'autres qui demeurent toujours vivement colorés. Beaucoup sont nuancés et toujours marqués de brun et de rouge, d'autres de rouge et de blanc ; il en est même des trois couleurs. Ce Poisson vit longtemps; on ne prend guère la peine de les nourrir; les Vermisseaux, les petits larves, les Infusoires peut-être leur suffisent. Dans les bocaux où on les place pour orner des appar)emcnts, il faut avoir soin de

leur donner quelques miettes de pain; on peut leur jeter des Mouches qu'elles s'accoutument à venir prendre presque dans les doigts. On a l'habitude de changer l'eau des vases de deux jours Pun en été, et toutes les semaines en hiver. Quand ces vases sont petits, les Dorades ne grandissent jamais. On en a vu qui, mises dans un globe de près d'un pied de diamètre , à l'âge d'un an, et ayant un pouce et demi de longueur tout au plus, restèrent onze ans sans s'accroître d'une ligne; mises ensuite dans un bassin, elles avaient acquis près de quatre pouces au bout de dix mois. On assure que leur chair est exquise. — L'effet qu'a produit la domesticité sur la Dorade de la Chine n'est pas moins grand que celui qu'elle a eu sur tant d'autres races, telles que celles du Chien, du Pigeon ou de la Poule; il est tel que plusieurs des variétés qu'elle a produites pourraient, au premier coup d'œil, être regardées comme des esi)èces différentes et présentant jusqu'à des caractères de genre, tels que Pabsence d'une dorsale et l'addition d'une caudale , chose unique parmi tous les Poissons. Le grand nombre et la variété des modifications de la Dorade ont fourni à Sauvigny et au peintre Martinet le sujet d'une sorte de monographie de ce bel animal. Cet ouvrage est accompagné de riches figures en couleur. On distingue entre les variétés les plus saillantes parmi celles dont le dos manque de nageoire et don t la queue est divisée en trois lobes, les individus dont le reste des formes et des teintes est pareil à la Dorade la plus commune, ceux dont le dos porte une grosse bosse près de l'insertion de la tète, ceux enfin dont tout le corpsest noirâtre. Les figures de ces singulières variétés ont été reproduites dans l'Encyclopédie (pi. 78, fig. 324, 323, et pi. 79, fig. 527). Bloch a aussi tenu compte de plusieurs de ces curieuses variétés. Cuvier pense que le Cfiïiinus Macrophlhaimus, les Gros-Yeux de Lacépède (Pois. T. v, pi. 18, f. 2), et le Cyprin à quatre lobes du même auteur, ne sont encore que des variétés du Poisson dont nous venons de parler, d. 1/8, 2/18, p. 11-lG, v. 7,9, A. 8,9, c.20-44.

Cyprin ARGENTÉ, Cyprinus argenteus, Kœlreuter. Cette espèce, très-voisine de la précédente, mais qui, vue comparativement, en diffère par sa forme générale, et jiar sa couleur constamment argentée, parvient à vingt-six pouces. On ignore dans quelles eaux elle se trouve, et le nombre des rayons de ses nageoires n'a pas été compté.

tt Les Barbeaux, Barbus. Leur dorsale etleur anale sont courtes; le second ou le troisième rayon de la première de ces nageoires est un fort aiguillon; ils ont quatre barbillons à la bouche, dont deux sont situés à la commissure et les deux autres insérés aux deux bouts de la mâchoire supérieure. Leur forme est un peu plus allongée que celle des Cyprins proprement dits.

Cyprin Barbeau, Cxprintis Barbus, L., Bloch, pi. 18, Eneycl., pi. 7G, fig. 317. Cette espèce est encore l'une de celles qui sont trop communes pour mériter une description étendue. On la trouve répandue jusqu'en Perse. Sa forme, un peu plus allongée que celle des autres Cyprins, est à peu près celle du Brochet. Le Barbeau, dont la chair est assez estimée, se nourrit de petites Coquilles, déjeunes Poissons, de Vermisseaux, et

sui'toul de cadavres, quand il peut trouver des animaux noyés. Sa croissance est rapide. On en pèche assez communément de dix-Iiuit pouces de long, quelquefois de deux et trois pieds. Il a la vie fort dure, et ses couleurs sont assez tristes, si ce n'est celles du ventre qui jettent quelques reflets argentés brillants, d. 2/12, p. 10, 17, T. 9, A. 7,8, c. 16, 19.

Cyprin Capoet, Cyprinus Capœta, Gmel. , Sjst. Nat., xiiT, T. i,pars 5, p. 1415; Encycl. Pois., p. 191, pi. 100, f. 411. De la mer Caspienne, d. 12, 13, p. 17, 19, V. 10, A. 9, c. 19,20.

CvpRm MuRSE, Cyprinus Rlursa, Gmel., loc. cit., p. 1415; Encycl. Pois., p. 189, pi. 100, fig. 412; de la mer Caspienne, d. 1 1, 12, p. 16, 17, v. 8, a. 7, c. 19.

Cyprin Cilatmai, Cyprinus Biilatmai, Gmel., loc. vit., p. 1414. Poisson dont la chair est très-blanche et délicieuse. Fort rare dans la mer Caspienne, d. 10, t. 19, V. 9, A. 8, c. 21.

Cyprin Cabot, Cyprinus Capito, Gmel., loc. cit., p. 1410. Le troisième rayon de la dorsale est denté. Habite la mer Caspienne, d. 12, r. 17, v. 9, a. 9, c. 19.

f-j-f Les GocjoNs, Gobio. Leur dorsale et leur anale, qui sont entièrement dépourvues de rayons épineux, sont fort courtes. Us ont aussi des barbillons à la bouche. Ce sont les plus petits des Cyprins, surtout depuis que les Ables en ont été séparés.

Ctprii» Goujon commun, Cyprinus Gobio, t., Bloch, pi. 8, f. 2; Encycl. pi. 77, f. 319. Ce petit Poisson, dont les nageoires sont tachetées de noir, et qui atteint tout au plus huit pouces de longueur, est extrêmement répandu, et se mange en friture sur toutes les tables. Ses couleurs varient beaucoup, mais ne sont jamais brillantes. Il vit en troupes fort nombreuses, d. 1-12, p. 14, 17,v.9, 11, A. 7-11, c. 19.

tttt Les Tancdes, Tinca. Leurs écailles sont plus lietites que celles de tous les autres Cyprins, ainsi que leurs barbillons qui sont au nombre de deux seulement; leur dos est aussi plus bombé.

Cyprin Tancre vulgaire, Cyprinus Tinca, L. , Cloch, pi. 14; Encycl. pi. 77, f. 320. Cette espèce, à ce que l'on assure, est répandue dans les étangs de toutes les parties du globe. Selon que le fond des eaux qu'elle habite est de sable ou de vase, sa chair est exquise ou prend un goût désagréable. On en pèche qui pèsent jusqu'à huit et neuf livres. Ses couleurs, pour être sombres, ne sont pas sans un certain éclat doré qu'elles doivent au mucus abondant, qui lubrétie tout le corps. Elle a la vie extrêmement dure, résiste aux plus giands froids, se jouant même, durant l'hiver, aux limites de la glace (|ui pénètre dans ses humides asiles. Elle vit de Vermisseaux et de plantes aquatiques entre lesquelles elle dépose, en juin, une immense quantité d'œufsqui, de même que les petits, deviennent presque tous, peu après leur naissance, la proie des autres Poissons, n. 10, 12, p. 16, 18, V. 9, 11, a. 11, 25, c. 19, 24.

Cyprin Tanche dorée, Tinca atirala, Lloch, pi. 13; Encycl. pi. 77, f. 521; Cyprinus Tinca, ji , Gmel., Cyprin Tanchor, Lacép., Pois. T. v, p. 542. Cette belle espèce semble trop différente de la Tanche vulgaire pour qu'on la puisse considérer comme une simple variété. Elle habite quelques étangs de la Silésie ; pins

petite et plus svelte que l'espèce précédente, elle dépasse rarement seize pouces de long, et n'en a communément que dix à douze. Sa tête est amincie, ses lèvres assez grosses et d'un rouge vif. Le dos est noirâtre ou bronzé; mais les flancs sont de l'orangé le plus brillant avec des reflets dorés qui deviennent argentés sous le ventre; les nageoires inférieures, qui sont ù peu près de la même teinte d'or, sont parsemées de taches rembrunies. Tandis que la Tanche vulgaire vit assez généralement isolée, celle-ci, dont la chair est d'ailleurs médiocre, se réunit en lrou|>es, oii les individus, pressés les uns contre les autres, nageant à la suite d'un chef de file, font volte-face tous à la fois quand il est question de fuir ou de changer de direction, comme si un signal, parlant de la tête, se communiquait tout à coup à la queue de la colonne; on distingue à peine l'intervalle qui doit exister entre l'évolution du premier Poisson et celle des derniers. Pendant ce mouvement, on croirait, pour peu que le jour soit serein, que des éclairs partent du fond de l'étang habité par ces charmants Cyprins, d. 12, p. 16, v. 10, a. 9, c. 19.

tittt Les CiRRHiNES. Leur dorsale est beaucoup plus grande que celle des Cyprins précédents, et leurs barbillons situés au milieu de la mâchoire supérieure. On n'en compte encore qu'une seule espèce, le Cyprinus cirrhosus, Bloch, pi. 411.

tttttt Les Brèmes, Jbramis. Ils n'ont ni épines aux nageoires, ni barbillons à la bouche. Leur dorsale est courte et placée en arrière des ventrales, tandis que l'anale est assez longue. Le dos est un peu gibbeux.

Cyprin Brème COMMUNE, Cyprinus Brama, L., Bloch, pi. 13; Encycl. pi. 87, f. 340. Ce Poisson, fort commun dans les lacs vaseux et argileux de l'Europe, dans toutes les rivières dont le cours est tranquille, et qui descend, dit-on, dans la mer Caspienne, acquiert jusqu'à deux pieds et demi de longueur, mais n'a communément que dix à quinze pouces. Il se nourrit de Vermisseaux, de Conferves, d'herbes aquatiques et de limon, ce qui donne à sa chair une qualité assez médiocre. La Brème croit promptement, et pond au mois de mai jusqu'à treize ou quatorze mille œufs. D. 11, 12, p. 17, v. 9, 10, a. 27, 29, c. 19.

Cyprin Bordeiière ou petite Brème, Cuv. , Règn. Anim. T. ii, p, 194 ; Cyprinus latus, Gmel., Cyprinus Blicca, Bloch, pi. 10 ; la Plestie, Encycl. pi. f*ô, f. 345. Cette espèce habite les eaux pures et tranquilles de l'Europe , où elle est fort commune sur les fonds de sable; sa chair est médiocre ; elle pèse raiement plus d'une livre, a la vie dure, se nourrit d'herbes aquatiques et de Vermisseaux, et se fait remarquer par la promptitude avec laquelle elle répand ses œufs dont on a compté jusqu'à cent huit mille chez une seule femelle. D. 12, p. 15, V. 10, A. 25, c. 22.

Cyprin Sope, Cyprinus Ballerus, L. ; Bloch, pi. 9; la Bordeiière, Encycl. pi. 84, f. 348. Elle habite la Baltique et la Caspienne d'où elle remonte dans les fleuves, et semble s'y plaire encore plus que dans les mers. On en trouve des individus qui pèsent jusqu'à trois livres, et parviennent à un pied de longueur. Sa croissance est lente. On a compté soi.xante-sept mille cinq cents œufs dans une femelle, d. 1), p. 17. v. 10, a. 41. c. 19.

CYPnin Serte, Cj/ji-inus yimba, L., Bloch, pi. 4; la Vimbc, Encycl. pi. 83, f. 544. Ce Poisson habile les lacs de la Suède et quelques-uns de ses fleuves; on la retrouve en Russie et en Prusse ; sa chair est excellente. La Seilc se plaît en bandes nombreuses. La femelle puiid jusqu'à vingt-huit mille huit cents œufs, d. Il, p. 16, V. 10, A. 24, c. 19.

Les Cypriivs Bierciva, Cyprinus Bjorkna, L , d. 11, I". 15, V. 9, A. 25, c. 19, elFARÈisE, Crpriniis Farcniis, L., D. 11, p. 18, V. 10, A. 37, c. 19, qui se trouvent dans les lacs de Suùde, appartiennent encore à ce sousyenrc.

ttttttt Les Labéons ont la dorsale longue comme les Cyprins proprement dits; mais cette nageoire est dépourvue d'épines, et la mâchoire manque de barbillons. Le nom de Labéon vient de ce que les lèvres sont charnues et d'une grosseur remarquable. Les espèces que l'on a jusqu'ici constatées dans ce sous-genre sont toutes exotiques.

Ctpris Labe, Cyprinus Labeo, Gmel. Ce Poisson, ijuc Pallas a fait connaître, est commun dans les parlies caillouteuses des fleuves rapides de la Daourie; il y nage avec vélocilé : sa forme presque cylindrique et son museau lui donnent quelques airs d'un Esturgeon. Il ne parvient pas tout à fait à trois pieds de longueur, et sa chair est d'une délicatesse extrême, d. 8, p. 19, V. 9, A. 7,0....

Ctprin RocssARDE, Cr/>n'«Ksni7o/ic«s, L., Geoffr. S'.-Hyl., Pois, du Nil, pi. 9, f. 2, qu'il ne faut pas confondre avec le Poisson qu'Hasselquilz avait mentionné sous le même nom , et qui, ayant un rayon épineux aux nageoires, ne saurait être un Labéon. La Roussarde est un Poisson remarquable par la situation de sa gueule, i|ui parait s'ouvrir en dessus de la Icle ù cause du prolongement de la mâchoire inférieure; surl'une et l'autre mâchoires, les lèvres forment trois plis bien caractérisés, dont le mitoyen est comme crénelé, d. 18, r. 17, v.9, A. 7, c. 19.

tttttttt Les GoNORHTSQBES, Gonorhynchus, ont le corps ainsi que la tête allongés et couverts de petites écailles qui régnent sur les opercules et sur la membi'ane des ouïes; le museau est saillant au-dessus d'une petite bouche sans dents ni barbillons. La dorsale, qui est petite, est siluée au-dessus des ventrales.

CïPRiN Sacteur. Cxprinus Gonorhynchus, Gmel., Oronou, Zooph. T. x, f. 2. Celte espèce a élé observée ilans les rivières del'Afiique méridionale, aux environs i\u Cap. La dorsale est de forme triangulaire; les nageoires de la poitrine sont lancéolées, u. 12, p. 10,

On trouve dans les auteurs beaucoup d'autres espèces de Cyprins, même d'Europe, qu'il est prudent de ne l>oint classer avant qu'on n'ait examiné de nouveau leurs caractères. Tels sont l'ilamburge ou Carassin, Cyprinus Carassius , L.; le Soyeux, Cyprinus Sericeus, L.; la Gibèle , Cyprinus Gebilio, L.; le Cylindrique, Cyprinus Ccphalus, L.. etc., qui pour se trouver communément jusque dans le Danube et dans le Rhin, et qui, pour avoir élé figurés, n'en sont guère plus exaclement connus.

CYI'UINE. Cyprina. moil. En établissant ce genre,

Lamarck a rempli deux indications ; la première, d'avoir séparé dans une coupe particulière quelques individus du genre immense des Vénus de Linné, dont les espèces sont si difiîciles à bien déterminer à cause de leur grand nombre; la seconde, d'avoir saisi des caractères jusqu'alors inaperçus, et de les avoir employés à la formation d'un genre nouveau. Tous les conchyliologues savent qu'il n'est guère possible d'établir des coupes dans le genre Vénus, de Linné, lors<|n'on veut les former uniquement sur des caractères organiques, mais tous savent très-bien aussi que le grand nombre des espèces rendrait l'étude du genre impossible, si on ne l'avait divisé en plusieurs groupes. 11 était essenliel pour chacun d'eux d'avoir des caractères propres et bien tranchés qui, sans être d'une grande valeur, zoologiquemenl parlant, pussent pourtant servir à réunir des Coquilles ayant les mêmes caractères. Ce motif, ainsi que l'existence constante d'un épiderme ou drap marin dont les Vénus et les Cylhérées sont constamment dépourvues, et l'babitude des Cyprines de vivre à l'embouchure des fleuves, dans des eaux peu salées, quoiqu'élant des caractères peu importants pris isolément , deviennent néanmoins d'une certaine valeur lorsqu'on les considère dans leur ensemble; et, si l'on y joint celui particulier dune dent latérale, éloignée de la charnière, il n'y aura plus de doute qu'on ne doive conserver ce genre comme un des plus voisins des Cyrènes, et comme servant de lien ou de passage de la famille des Conques fluviatilcs à celle des Conques marines. D'après ce qui vient d'être exposé, on comprendra facilement les caractères suivants : coquille équivalve, inéquilatérale, en cœur oblique, à crochets obliquement courbés; trois dents cardinales inégales, rapprochées à leur base, un peu divergentes supérieurement; une dent latérale écartée de la charnière, disposée sur le coté antérieur, quelquefois peu prononcée; callosités nymphales grandes, arquées, terminées près des crocbels et par une fossette; ligament extérieur s'enfonçant en partie sous les crochets.

Les Coquilles du genre Cyprine sont généralement grandes, épaisses, revêtues d'un drap marin persistant; on en rencontre un plus grand nombre d'espèces à l'état fossile qu'à l'élat vivant; celle que l'on voit le plus souvent dans les collections est la Cyprine d'Islande, Cyprina Istandica, Lamk., f^enus Islandica, L.; nous ne l'admellons pas avec ta même synonymie, car la figure de Lister (t. 272, f. 108) est loin d'être faite avec la précision désirable pour la citer avec cerlitudc. Il en est de même de la fig. b, t. 58, de Gualliéri. Nous ne pouvons également admettre la variété y, ou Pitar d'Adanson (l^. ce mot), qui doit évidemment se rapporter à une autre espèce, et qui offre tous les caractères des Cy thérées. C'est encore avec le plus grand doute que nous citerons la figure de l'Encyclopédie (pi. 301, f. 1. A, b) indiquée par Lamarck, dans sa synonymie; outre qu'elle ne présente pas la forme générale des Cyprines, elle n'en offre pas non plus la charnière, puisque la figure représente deux dents latérales bien exprimées et striées, ce qui n'a jamais lieu dans les Cyprines. et se voit au contraire dans un certain nombre de Cyrèncs. Ce défaut de bonnes figures se fait malheureuse-

nieiil trop souvent sentir, dans la plupart des ouvrages, et mérite l'attention des naturalistes.

Cyprine Islakdicoïde. Cyprina Islandicoides , Lanik., Anim. sans vert. T. v, p. 558, n» 7; Venus mqualis, Sowerby, Conch. min., n" 4, p. 59, t. 21, figurée dans Brocchi {Concliyl. foss., pi. 14, fig. 5). Nous citons cette espèce après la première pour qu'on puisse plus facilement les comparer, et juger de leur différence, si réellement il est possible d'en trouver. Nous ne doutons pas que ces deux Coquilles ne soient parfaitement analogues. Nous les avons l'une cl l'autre sous les yeux , et nous ne prononçons qu'après un examen comparatif des plus minutieux. 11 est si rare et en même temps si important de reconnaître de vrais analogues, que nous mettrons tous nos soins à les faire reconnaître. Cette espèce se trouve fossile à Bordeaux, à Dax, en Italie et en Angleterre.

Cyprine scctellmhe. Cyprina scufellatia , N. Il est généralement si difficile d'avoir entiers les Fossiles de Bracheux , et de les dégager du sable qui les enveloppe sans les mutiler, qu'il n'est pas étonnant que Lamarck et Defrance n'aient pas reconnu cette espèce, et l'aient laissée parmi les Cythérées. La Cythérée scutellaire, Lamarck (Ann. du Mus. T. vu, p. l-3ô, n" 1, et Anim. sans vert. T. v, p. 581 , n» 5), est donc pour nous une véritable Cypriiie qui a même une très-grande analogie avec la Cyprine d'Islande ; elle s'en distingue néanmoins par ses crochets très-proéminents, par sa forme plus transverse, par ses rides plus écartées et disparaissant sur les crochets , enfin par sa dent latérale, toujours grande et bien exprimée , tandis que la fossette qui termine les nymphes, est toujours plus petite. Ces différences nous ont paru suffisantes pour conserver cette espèce, et pour n'en pas faire une variété de la Cyprine d'Islande. Il serait possible pourtant, si on jiouvait en étudier un grand nombre d'individus, qu'on trouvât, par des nuances, une véritable analogie ; mais leur rareté jointe à leur fiiabililé sera longtemps un obstacle à l'élude comparative des deux espèces.

CYPRINE. MIN. Nom donné à une Idocrase cuprifère, trouvée à Tellemarken, en Norwège.

CYPRINIER. MOLL. On a ainsi désigné l'animal des Porcelaines.

CYPRINODON. POIS. Genre formé par Lacépède, dans la famille des Cyprins. Caractères : quatre rayons aux branchies; dents en velours, avec une rangée antérieure en crochets; d'autres dents coniques assez fortes au pharynx. C'est dans la baie de Charles - Town , aux États-Unis d'Amérique, que Bosc a découvert la seule espèce connue de ce genre, le Cyprinodon varié; Lacép., Pois. T. ii,pl. 15, f. 1.

CYPRINOIDE. PUIS. Nom donné à des Poissons dont le faciès rappelle celui des vrais Cyprins.

CYPRINS. POIS. Quatrième famille de l'ordre des Malacoptérygiens abdominaux, de la méthode de Cuvier (Règn. Anim. T. ii, p. 190), et que caractérise le manque d'adipeuse; une bouche peu fendue; des mâchoires faibles, souvent dépourvues de dents, et dont le bord est formé par l'inlermaxillaire. Des pharyngiens fortement dentés composent la faible armure des mâchoires;

les rayons branchiaux sont peu nombreux. Les Cyprins sont les moins carnassiers de tous les Poissons. Les genres Cyprin, Cobite, Anablepse, Pœcilie, Lebias et Cyprinodon composent cette famille.

CYPRIPÈDE. Cxpripedium. bot. C'est un des genres les plus distincts de toute la famille des Orchidées. En effet, on sait que, dans ces plantes singulières, des trois étamines qu'elles devraient primitivement avoir, les deux latérales avortent complètement, et celle du centre est la seule qui soit anthérifère et fertile. Dans le genre Cypiipedium que l'on désigne quelquefois sous le nom vulgaire de Sabot, à cause de la forme concave de son labelle, le contraire a lieu, c'est-à dire que l'étamine centrale avorte, tandis que les deux étamines latérales se développent. Ce genre est donc par ce seul caractère, extrêmement facile à distinguer. En outre , son ovaire est brièvement pédicellé et non contourné; son calice est étalé ; les trois divisions extérieures sont lancéolées, les deux intérieures réunies et placées sous le labelle; celui-ci est très-grand, concave et dépourvu d'éperon; le gynostème est court, trifide à son sommet; la division moyenne, qui est la plus grande, porte antérieurement le stigmate; les deux latérales offrent aussi à leur face antérieure chacune une anthère arrondie, contenant une masse de pollen comme pultacé. D'une quinzaine d'espèces connues, une seule croit en Europe, une au Japon, les autres en Sibérie et en Amérique.

Cypripède Saoot de Véncs. Cypripedium Calceo- Itis, L. Sa tige haute de huit à dix pouces porte deux ou trois feuilles ovales, lancéolées, aiguës, entières, engainantes à leur base, fortement striées et comme plissées longitudinalement, glabres, ainsi que la tige qui se termine à son sommet par une grande fleur, quelquefois par deux ou même par trois; les divisions externes sont d'un pourpre verdâtre; le labelle est jaune. On parvient quelquefois à conserver cette belle Orchidée des Alpes dans les jardins; elle demande un lieu frais et le sable de bruyère.

Cypripède velu. Cypripedium spectabile, t. Originaire du Canada, cette espèce est toute velue. Ses feuilles sont ovales, allongées, aiguës, striées; ses fleurs sont solitaires, ou quelquefois au nombre de deux au sommet de la tige. Les trois divisions externes du calice sont oblongues, obtuses et blanchâtres; le labelle est très-grand et d'une couleur purpurine.

Cypripède k grandes fleurs. Cypripedium macranthum, Willd. Cette espèce croit en Sibérie. Elle ressemble beaucoup au Cypripedium Calceolus, mais elle est plus grande. La partie supérieure de son gynostème est en cœur; sou labelle est crénelé sur les bords.

Cypripède remarqcarie. Cypripedium insigne, Lindl. , Coll. bot. t. 52; Hook, ex. fi. t. 34; Lodd., Bot. Cab. 1521; Spreng, Syst. vegel. 5, 746. Cette belle et grande espèce a été trouvée par le docteur Wallich , dans les forêts du Népaul, et introduite au jardin botanique de Calcutta, d'où elle est parvenue en Angleterre, en 1819. Ses fleurs ou plutôt sa fleur commence à paraître au mois de juillet et se maintient épanouie pendant fort longtemps. La tige est nulle; il s'élève de la racine un petit nombre de feuilles engainantes, allon-

ijécs, liiiéaires-laiicéolées, coriaces, distiques, glabres, d'un verl pur en dessus, d'un vert jaunâtre en dessous. La Qeur est solitaire , portée sur une hampe d'un brun rougcàtre, cylindrique, velue et longue de quatre pouces environ ; la fleur a la même étendue linéaire; les divisions extérieures du périantlic sont ovales, i)resque rondes, ondulées, d'un verl jaunâtre à la base et parsemé de taches Irrégulières, d'un brun pourpré, plus abondantes au centre inférieur, d'un blanc assez pur au sommet; les divjsioiis intérieures sont oblongues , étroites , d'un vert jaunàtie, rayées longiludinalement de pourpre obscur et maniuées de quelques petites lignes transversales de la mfnic couleur; le sommet et la base sont blancs. Le labelle est grand, concave, en forme de sabot, trilobé et jaune à sa base interne, verdâtre, nuancé et rayé de pourpre foncé à l'extérieur. Le gynostème est court, tiilide à son sommet; la division moyenne, qui est la plus grande, porte antérieurement le stigmate; les deux latérales offrent aussi, à leur face antérieure, chacune une anthère arrondie, contenant une masse de pollen comme pultacé.

CYPRIS. Cypris. crbst. Genre établi par MUUer et rangé parLatreille dans l'ordre desBrancliiopodes. Caractères : lest de deux pièces réunies en forme de valves de Coquilles, pouvant s'ouvrir ou se fermer, renfermant entièrement le corps et cachant ainsi les yeux et les antennes, ou du moins leur portion inférieure; yeux réunis ou si rapprochés qu'ils paraissent se confondre; antennes au nombre de deux, terminées par une aigrette de poils ou en pinceau; quatre pieds apparents. Latreille avait ainsi caractérisé ce genre, d'après les données tournies par les auteurs. Baker, Linné, Joblot, Geoffroy, Muller, Ledermuller, Degéer, Fabricius, Bosc, Jurine en avaient décrit un grand nombre ; mais ils s'étaient attachés en général aux différences de couleurs et de forme que présente le test, et n'avaient étudié l'organisation de ces petits animaux que d'une manière accessoire ou superficielle. Dans ces derniers temps, Straus a publié (Mém. du Mus. d'Uisl. nat. T. vu, p. 33 et pi. 1) un travail très-détaillé sur le genre dont il est question; il établit pour les Cythérées cl les Cypris un nouvel ordre sous le nom d'Ostrapodes, et il caractérise particulièrement les Cypris de la manière suivante : trois paires de pieds; deux antennes sétifères; un seul œil. Ce genre a beaucoup d'analogie avec les Cythérées; mais il en diffère parle nombre des pieds. Si on le compare aux ordres déjà établis, on voit : 1" qu'il avoisine principalement les Décapodes et les Ami)hipodes d'une part, et les Branchiopodes de l'autre, en se rapprochant cependant beaucoup plus du premier de ces ordres; 2» qu'il s'éloigne des deux premiers par la présence de deux valves mobiles, par la forme et l'insertion des branchies, et par les ovaires placés à l'extérieur; ils s'éloignent de plus des Amphipodes par leur tronc non articulé et leur tète confondue avec le reste (lu corps; 3" qu'ils diffèrent essentiellement des Branchiopodes par la forme et l'usage de leurs pieds, par l'insertion de leurs branchies et par les parties de la bouche.

Les Cypris se trouvent souvent en abondance dans les eaux tranquilles nu dont le cours est très-lent. Mul-

ler (Enlomoslraca seu Insecta Tvslacea, p. 18 et pi. 3 et suiv.) et Jurine (Hist. des Monocles, p. 159 et pi. 17 et suiv.) en décrivent et représentent un grand nombre. Nous renvoyons à ces ouvrages importants, et nous nous attacherons ici à l'espèce sur laquelle Straus nous a donné des détails nombreux et circonstanciés. Ces observations d'organisation et de mœurs curieuses peuvent être considérées comme le développement des caractères du genre, et sont, à n'en pas douter, applicables à la généralité des espèces qu'il comprend.

Cyprks brune. Cypris f'usca, Straus (Mém. du Mus. T. vu, pi. l,fig. 10), représentée par Joblot (Obs. d'Ilist. nat. T. 1, part. 2, p. 104, pi. 13, fig. 0), et par Ledermuller (Amusements Microscop. , p. 38, pi. 73). Les valves sont longues de quatre tiers de millimètre, brunes, réniformes, plus étroites et comprimées en avant, couvertes de poils épars à peine sensibles; les antennes ont quinze soies. La couleur de cette jespèce varie considérablement à cause de la transparence des valves , qui laisse voir les couleurs du corps et les ovaires différents à certaines époques. Le corps du Cypris fusca ne présente aucune trace de segments, il est contenu dans deux valves parfaitement lisses à l'extérieur, et adhérant, par toute leur face interne, à une membrane, laquelle aboutit à un muscle qui les unit au corps de chaque côté du dos; l'abdomen est terminé par deux stylets, portant à leur extrémité trois ongles en forme d'épine, dirigés en arrière et servant à l'animal ù se débarrasser des corps étrangers qui peuvent s'introduire dans les valves; ces deux stylets forment par leur réunion un tube légèrement conique, qui a prcfbablement pour usage de déposer les œufs. Straus décrit toutes les autres parties du corps de l'animal dans les termes suivants : à la partie supérieure de la face antérieure du corps on aperçoit un gros œil unique, sous la forme d'un tubercule noir, sessile, brillant d'une lueur phosphorique d'un jaune rougcàtre. Cet œil est entièrement immobile, et on n'y distingue pas la moindre trace de cristallin; l'intérieur de cet œil est rempli d'une substance filamenteuse, d'un noir rougcàtre. — Les antennes, au nombre de deux seulement, sont insérées immédiatement au-dessous de l'œil ; elles sont assez longues, sétacées, composées de sept articles, et se portent en avant, pour s'arquer ensuite en dessus en soitant des valves de deux tiers de leur longueur. Le premier article est très-renflé, les suivants cylindriques, et diminuant graduellement de grandeur; les quatre derniers portent ensemble, au côté interne de leur extrémité, quinze longues soies développées en éventail et distribuées cinq sur chacun des articles terminaux, trois sur le suivant et deux sur le quatrième. Ces antennes, dont la surface est ainsi élargie par ces soies, servent de rames à l'animal en frappant l'eau pardessus sa tète. — Les pieds, au nombre de six et non de quatre, comme on l'a pensé jusqu'à présent, approchent infiniment, pour la forme, de ceux des Crustacés Décapodes, étant composés de plusieurs articles consécutifs, conformés à peu près comme chez eux. Les pieds de la première paire, beaucoup plus forts que les autres, sont insérés immédiatement au-dessous des deux antennes. Leurs deux premiers articles, la hanche et le trochanter {Pre-

heuchiale), sont coiiils, comme cela est ordinaire cliez les Crustacés, et dirigés verticalement en dessous. La cuisse, beaucoup plus longue, se porte au contraire horizontalement en avant jusqu'au bord des valves, et la jambe , ainsi que le tarse , parait en dehors. Celui-ci n'est composé que d'une seule phalange terminée par quatre crochets très-longs, mais peu courbés; c'est par leur moyen que l'animal se soutient et saisit les corps dont il veut se nourrir; exiérieurement au tarse, la jambe porte en outre trois longues soies très-fortes qui augmentent la suiface du membre pour faciliter la natation ; cette paire de pieds étant la seule des trois qui serve de rame à l'animal, concurremment avec les antennes, mais en frappant l'eau en dessous. La seconde paire de pieds, beaucoup plus faible que la première, est fixée au milieu de la face inférieure du corps, immédiatement en arrière des organes de la bouche. La hanche et le trochanter sont, comme dans les pieds antérieurs, fort courts et portes directement en dessous; mais la cuisse prend une direction horizontale d'avant en arriére, et la jambe, ainsi que le tarse, est dirigée en dessous en sortant des valves. Le tarse, composé d'une seule phalange, comme dans les pieds antérieurs, se termine par un crochet unique, très-long, peu arqué et dirigé en avant, et la jambe manque des soies qui accompagnent celles des pieds antérieurs; aussi cette seconde paire de pieds ne sert elle aucunement à la natation, mais exclusivement à la marche, concurremment avec les pieds de devant. Enfin, la troisième paire, qui, jusqu'à présent, n'a point encore été aperçue par les naturalistes, est placée immédiatement en arrière de la seconde paire; mais elle ne paraît jamais au dehors, étant constamment recourbée en arrière et en dessus, en embrassant la partie postérieure du corps, dans une situation qu'affectent souvent les pieds de derrière de plusieurs Crustacés, tels que ceux des Gammarus. La hanche, le trochanter et la cuisse , quoiqu'à peu près conformés et situés comme celles de la paire précédente, ont subi une torsion sur eux-mêmes, de manière que la jambe et le tarse se trouvent dirigés de bas en haut, et ces articles sont en même temps beaucoup plus allongés que dans les autres pattes. Enfin , le tarse se termine par deux crochets très-petits au lieu d'un seul, comme dans les pattes moyennes. Cette troisième paire de pieds ne sert d'aucune manière à la locomotion, et semble exclusivement destinée à soutenir les ovaires, placés extérieurement sur la partie posiérieuredu corps. — La bouche, située vers la partie antérieure de la face inférieure du corps, est composée d'un labre, d'une sorte de sternum faisant les fonctions de lèvre inférieure, d'une paire de mandibules palpifères, et de deux paires de mâchoires. Le labre est une grande pièce écailleuse, en forme du capuchon, qui revêt l'angle antéro-inférieur du corps, en y formant une grosse saillie qui s'avance entre les deux pattes de devant; il est fixé par quatre longues apophyses, deux de chaque côté, qui s'étendent sur les faces latérales du corps avec lequel les deux antérieurs s'articulent , tandis que les postérieurs, donnant attache aux muscles qui meuvent le labre, sont susceptibles de s'abaisser et de se relever avec ce dernier. Le bord postérieur de ce labre, formant

le bord antérieur de la bouche, s'articule par deux angles latéraux, avec deux angles correspondants du bord antérieur de la lèvre qui ferme la bouche en arrière. De celte disposition, il résulte que celte dernière présente une ouverture transversale, ménagée entre deux lèvres articulées l'une sur l'autre. La lèvre inférieure, qu'on pourrait aussi appeler un sternum , est une pièce triangulaire, fort allongée, pliée en carène et s'étendaut sur le milieu de la face inférieure du corps ; elle est mobile comme le labre, et garnie de muscles sur ses bords latéraux. Les mandibules sont très-grandes, placées exiérieurement sur l'animal, en s'étendant depuis le milieu du côlé du corps, obliquement en bas et en avant vers la bouche, dans laquelle elles pénètrent par leurs extrémités incisives. Ces mandibules sont formées de deux pièces dont la plus grande, ou proprement la mandibule, est terminée en pointe à son extrémité supérieure, où elle est fixée au corps par le moyen de la seconde pièce très-grêle, qui forme un angle avec la première, s'articule avec le corps par son autre extrémité, et permet à la mandibule de suivre les mouvements de la bouche. A leurs extrémités inférieures ces mandibules se courbent subitement en dedans, pour aller à la rencontre l'une de l'autre. Leurextrémilé incisive est armée de cinq dents coniques, placées sur un seul rang, et diminuant de grandeur à commencer par la première terminale. Sur le milieu de leur longueur, chacune de ces mandibules porte une grande palpe filiforme, formée de trois articles arrondis, terminés par des touffes de poils; et près de sa base , le premier de ces articles porte en outre une première lame branchiale très-petite , terminée par cinq digilalions. La moitié supérieure de la face interne de la mandibule présente une large fosse dans laquelle viennent se fixer les muscles moteurs qui naissent de la surface latérale du corps. Les deux mâchoires de la première paire ont chacune pour base une large lame carrée, articulée par son angle interne postérieur sur le bord latéral de la lèvre, tandis que le bord postérieur de cette lame donne attache aux muscles qui la meuvent. A son extrémilé antérieure, cette première pièce de la mâchoire est garnie de quatre appendices en forme de longs mamelons mobiles, renflés à leur extrémité, en se terminant chacun par une touffe de poils roides. Le premier de ces ai)pendices externes porte seul un second article terminal très-court. Enfin le bord extérieur de la lame porte une grande branchie en forme de lame allongée et garnie à son bord supérieur d'une rangée de dix neuf aiguilles simples, disposées en dents de peigne. Dans leur attitude naturelle, les deux lames carrées des mâchoires, ainsi que leurs appendices, sont appliquées sur la lèvre inférieure, de manière que les extrémités de ces appendices bordent l'ouverture de la bouche , tandis que les branchies se relèvent librement sur les flancs de l'animal. Les mâchoires de la seconde paire, beaucoup plus petites que les précédentes, sont articulées avec l'angle postérieur de la lèvre, sur deux petites apophyses qui terminent celle dernière; ces mâchoires sont formées chacune de deux articles consécutifs, aplatis, dont le dernier est garni de poils roides à son extrémité, et porte à son bord externe un long mamelon arrondi, que

Slrniis cnnsidi^rtî comme une piilpe el non comme une lirancliic qui serait l'analoj;uc de celle des mâclioires antérieures, et cela à cause de la grosseur cl de la touffe de poils qui le termine; caractère qui se rencontre fort souvent dans les palpes et jamais dans les hrancliies. Celle seconde paire de mâchoires est fixée par l'angle interne postérieur de son premier article, et s'applique également sur la lèvre inférieure. — Le canal intestinal est divisé en trois portions très-distinctes : l'œsopliage, l'estomac et l'intestin. L'estomac occupe toute la région dorsale du corps ; c'est une poclie oblonguc, trés-volumineuse, dans laquelle Slraus n'a pu apercevoir aucune trace de l'appareil de mastication, qui se rencontre assez généralement chez les Crustacés. L'œsophage est un canal élroil et fort allongé, se portant directement de la bouche vers l'extrémité antérieure de l'estomac, dans lequel il s'ouvre en dessous. L'intestin est une seconde poche simple, presque aussi grande que l'estomac luimême, et se rétrécissant vers son extrémité postérieure, où elle s'ouvre par l'anus, entre les deux styles qui terminent l'abdomen. A son extrémité pylorique, cet in- Icslin communique avec l'estomac par une sorte de pédicule que ferme ce dernier.

LedermuUcr prétend avoir observé l'accouplement des Cypris; Straus n'en a jamais été témoin, quoiqu'il ait étudié ces Crustacés à toutes les époques de leur vie. Les ovaires des Cypris sont très-considérables; ce sont deux gros vaisseaux simples, coniques, terminés en cul de sac à leur extrémité, et placés extérieurement sur les côtés de la partie postérieure du corps, en s'ouvrant l'un à côté de l'autre, dans la partie antérieure de l'e.x- Irémité de l'ahdomen, où ils communiquent avec le canal formé par la queue. De là les ovaires se portent en haut sur les côtés de l'abdomen. Arrivés au bord dorsal des valves, ils se replient en dessous, se détachent du corps et redescendent, en se portant un peu en arrière, jusqu'auprès du bord inférieur des valves, et se recourbent ensuite de nouveau en dessus en formant une grande boucle qui se termine sur les côtés de l'abdomen. Cette partie libre des ovaires est reçue dans une gaine que lui présente la membrane qui double les valves, et dans laquelle elle est logée sans aucune adhérence. Les œufs sont parfaitement sphériques, recouverts d'une coque cornée, assez solide, et lenfermant une pulpe homogène, onctueuse, d'un beau i ouge.

Les Cypris ont des habitudes assez curieuses; au sein des eaux tranquilles, ils se nourrissent généralement de substances animales mortes, mais non putréfiées ; ils mangent aussi des Conferves. Au lieu de porter leurs œufs sur le dos ou sous le ventre, après la ponte, comme le font ordinairement les Branchiopodes et les Décapodes, ils les déposent de suite sur quelques corps solides en les réunissant en amas souvent de plusieurs centaines, provenant de difféi enls individus, les y fixent par le moyen d'une substance filamenteuse, verte, semblable à de la mousse, et les abandonnent. Ces œufs restent dans cet état pendant environ quatre jours et demi avant d'éclore; les jeunes qui en sortent naissent avec l'organisation qu'ils doivent toujours conserver, et ne sonl pas sujets à des métamorphoses comme les Apus cl les Cyclops; ils offrent toutefois quelques diffé-

rences dans la couleur el la foi nie des valves . dans le nombre des soies des antennes. — On a lieu d'être surpris de voir souvent que des mares, qui étaient desséchées, se trouvent peuplées de ces petits animaux, lorsqu'une forte pluie est venue de nouveau les remplir. Ce phénomène trouve son explication dans la faculté qu'ont les Cypris de pouvoir s'enfoncer dans la vase humide et d'y rester vivants jusqu'au retour des pluies. Bosc a noté ce fait important, et Straus a eu occasion de le vérifier : il plaça des Cypris dans des bocaux au fond desquels était de la vase; dans les uns, il laissa complètement dessécher la vase, et tous les Cypris disparurent sans retour; dans les autres, il entretint cette vase humide et ils continuèrent de vivre. Ce qui est remarquable, c'est qu'ayant pris les œufs des Cypris morts dans la première expérience, ces œufs éclorent après les avoir mis dans l'eau ; c'est, sans doute, de cette manière que les Cypris se perpétuent dans les mares qui se dessèchent complètement.

Cypris fossiles.

Desmarest (Nouv. Bull, des Se. par la Société Phil., année 1813, p. 259, pi. 4, n<«8, et Ilist. nat. des Crust. foss., p. 141, pi. 11, fig. 8) a rapporté au genre Cypris un petit Fossile d'abord signalé par Cordier comme étant très-abondant près de la montagne de Gergovia, dans le département du Puy-de-Dôme, et qui depuis a été retrouvé par De Drée, en quantité innombrable, dans un calcaire de formation d'eau douce de la Balme d'Allier, entre Vichy-les-Bains et Cusset. Il ne reste de ce Fossile que le test ; il est réniforme et parait appartenir à une espèce distincte, à la(|uellc Desmarest assigne le nom de Cypris Fève, Cfpris Faba.

CYPSAGRA. OIS. Genre établi par Lesson, dans l'ordre des Granivores, avec les caractères suivants ; bec convexe, conique, comprimé, peu haut, pointu, à mandibule supérieure débordant l'inférieure par une pointe légèrement recourbée; ailes pointues; queue ample, delloïdale, presque rectilignc. Le genre Cypsagra ne se compose encore que d'une seule espèce dont les habitudes se rapprochent beaucoup de celles desTangaras.

Cypsagra hirondelle. Cypsagra hinindinacea.Varties supérieures d'un bleu très-foncé, même presque noir ; gorge d'un roux vif; parties inférieures d'un blanc l'oussâtre; bec et pieds noirs. Taille, cinq pouces. Du Brésil.

CYPSÈLE. Cypsella. bot. Mirbel donne ce nom à un fruit carcéculaire, dont le péricarpe, adhérent, contient une graine dressée, sans périsperme, à radicule tournée du côté du bile. Le mot Cypsèle correspond ù celui de Slephanoe de Devaux et à celui d'Akène de Richard.

CYPSÉLÉE. Cypselea. bot. Genre de la famille des Portulacées, et de la Diandrie Monogynie, L., établi par Turpln (Ann. du Mus., vol. vu, p. 219) et caractérisé de la manière suivante : calice monophylle, à cinq divisions profondes et colorées; les deux extérieures plus courtes; corolle nulle ; deux à trois élainlnes à filets insérés à la base du calice et alternes avec ses lobes qu'ils égalent en hauteur; ovaire libre, uniloculaire, marqué de quatre sillons, et surmonté d'un style bifide; capsule polysperme, ayant la forme d'une ruche à miel (d'où le nom générique) s'ouvrant transversalement à

sa base; graines (rès-mmibrcuscs, atlachées à un réceptacle cenlral. Ce senrc ilifFêre essentiellement du Trianlhenia avec lequel il a de grands rapports , par le nombre de ses étamines, par son fruit uniloculaire et polysperme, et par ses fleurs solitaires et pédonculées. Son auteur n'eu a décrit qu'une seule espèce , le Cypselea humifusa, herbe rampante des marais desséchés des environs de la ville du Cap, à Saint-Domingue. L'exiguité de cette plante cl son peu d'intérêt ont retardé la connaissance de ce genre, car la plante existait déjà dans les herbiers sous d'autres noms. Du reste, Turpin en a donné une figure très-exacte et accompagnée de tous les détails de la fructification.

CYPSELUS. OIS. Synonyme de Martinet.

CYPTURE. Cxpturus. iivs Genre de Coléoptères pentamères, établi par le D' Erichson, dans la famille des Clavicornes, pour un Insecte récemment apporté de l'Inde. Caractères : mandibules exsertes, égales et dentelées; antennes filiformes, à articles épais, terminées par un bouton arrondi, logées dans des rainures pectorales profondes ; prosternum profondément échancré en arrière ; corps épais; pénultième anneau de l'abdomen incliné, assez grand, de même que le dernier qui est orbiculairc et entièrement courbé. Le Cj/jtiirns jEnescens est d'un noir bronzé, parsemé de très-petits points enfoncés; il a sur les élylres des stries dorsales, dont hs trois extérieures sont entières , les autres sont en partie effacées. La longueur totale est de trois lignes.

CYIÎÈNE. Cyrena. sion. Ce genre a tant de rapports avec les Vénus quant à la forme, et avec les Cyclades quant i la charnière et à l'habitation, qu'on ne doit pas s'étonner si les auteurs, avant Lamarck, l'ont confondu tantôt avec un genre, tantôt avec un autre. On voit en effet Linné en mettre quelques espèces avec les Tellines, d'autres avec les Vénus; on voit également Cbemnilz commettre la même faute. C'est Bruguièie qui, le premier, a réuni dans un même cadre les Coquillages des deux genres qui, effectivement, ont le plus de rapports soit dans la forme, soit dans l'habitation, soit même dans les caractères tirés de la charnière. Cependant les Cyclades conservent toujours très -peu d'épaisseur, acquièrent rarement le même volume, et offrent des différences notables dans leur charnière, comme d'avoir les dents cardinales au nombre de deux seulement; quelquefois même il n'y en a qu'une, et d'autres fois elles n'existent pas du tout ou ne sont que rudimenlaires. Dans les Cyrènes, au contraire, les dents cardinales sont constantes, bien exprimées dans les plus petites espèces comme dans les plus grandes; il y en a trois à chaque valve, ou au moins deux à l'une et trois à l'autre. 11 existe même de très-petites espèces que l'on confondrait très -facilement avec les Cyclades si l'on n'avait ce caractère constant de la charnière. Il est inutile de dire qu'on ne peut guère les confondre avec les Vénus, les Cythérées ou les Cyprines, d'abord par leur habitation, ensuite par les dents latérales, une de chaque côté des cardinales. Ce qui prouve d'ailleurs la solidité el la nécessité de ce genre , c'est que depuis la connaissance que Lamarck en a donnée, presque tous les auteurs l'ont admis comme genre ou comme sousiîinre. Cependant Cuvier n'en fait pas mention dans le

Règne Animal ; il conserve le genre Cyclade tel que liruguière l'avait fait; c'est ce qu'a fait également Schwcigeer. Mais Férussac (Tabl. Syst.) l'a adopté sans le modifier, tandis qu'Ocken et Hegerle l'ont proposé sous le nom de Corbicule. Quoi qu'il en soit, voici les caractères que Lamarck lui donne : coquille arrondie, trigone, enflée ou ventrue, solide, inéquilatérale, épidermifèrc, à crochets écorchés; charnière ayant trois dents sur chaque valve ; les dents latérales presque toujours au nombre de deux dont une souvent est rapprochée des cardinales; ligament extérieur sur le côté le plus grand. Toutes les Cyrènes habitent les eaux douces et surtout celles des pays chauds. Elles paraissent maintenant étrangères à l'Europe, quoique, dans l'ancienne nature, elles y aient été répandues avec abondance. Il y a quelques années, quelques espèces fossiles étaient à peine connues, encore étaient-elles contestées comme appartenant à ce genre. Férussac en fit connaître le premier quelques espèces des terrains d'eau douce d'Êpernay. Depuis, Deshaies eut occasion d'en recueillir onze dans différentes localités des environs de Paris, où il a observé ce fait remarquable, que toujours elles se sont trouvées mélangées avec des Coquilles marines, quelle que soit d'ailleurs la position des couches. ■f Dents latérales seriulées ou dentelées.

Cyrè!«e remisrdnie. Cxrena fuscata, Lamk., Anim. sans vert. T. v, p. 532, n» 4; Encycl., pi. 302, fig. 2, A, B, c; Chemn., Conch. T. vi, tab. 30, fig. 321. Elle est cordiforme, d'un brun verdàtre, sillonnée transversalement; sillons subimbriqués, Irès-rapprochés en dedans; elle est violette vers les crochets; les dents latérales sont très-longues, finement dentelées; sa largeur est de douze à treize lignes. Elle habite les fleuves de la Chine et du Levant.

Cyrène cerclée. Cyrena fluminea, Lamk., /oc. cil. n" S; Tellina fluminea, L. , Chemn., Conch., T. vi, p. 321, t. 30, fig. 322-323. Elle est cordiforme, globuleuse, d'un vert fauve, élégamment sillonnée; les sillons sont concentriques ; à l'intérieur, elle est marquée de taches blanches el violettes, et quelquefois elle offre une bande demi-circulaire noire ou d'un violet plus foncé, comme dans l'espèce précédente; les dents latérales sont longues et finement dentelées. Son diamètre transversal est de onze lignes. Elle se trouve avec la précédente dans les fleuves de la Chine et du Levant. C'est dans cette section du genre que viennent se ranger quatre ou cinq espèces fossiles des environs de Paris, et, entre autres, les deux suivantes :

Cyrène Donaciale. Cyrena Donacialis, Desh. Elle est oblique, subtriangulaire, très-inéquilatérale, irrégulièrement striée, plutôt par ses accroissements que par des stries constantes; de ses dents latérales, l'antérieure est la plus longue, toutes deux finement dentelées ; il y a trois dents cardinales à chaque valve. On la trouve aux environs de Soissons. Les plus grands individus ont un pouce de large.

Cyrène oblique. Cyrena obliqua , Desh. Celle-ci a

quelques rapports de forme avec la précédente ; elle

s'en dislingue cependant en ce qu'elle est plus petite,

moins inéquilatérale ; elle est transverse, non triangu-

j laire, aplatie, à crochets peu saillants, irrégulièrement

siriéc; slrics Irùs fines; dénis latérales presque i-gMc- , lueril longues, linement suites; trois dénis cardinales, celle du milieu est bifide. Desliaics l'a trouvée à Maule, j non loin de Grignon. I

•ft Dents latérales entières.

CvRÈnE DE Cevian. Cyreiia Ceylanica , Lanik., /oc. cit. p. 534, n" H; Fcntis Ceylonica, Cliemn., Concli., T. VI, pag. ôô-'î, tab. 32, fig. ôôG; yenus coaxans, L. j Encycl. (pi. 302, fig. 4, a,b). Cette Coquille est enflée, subcordiforme, à crocliels écorchés, peu saillants cl souvent rongés, inéqiiilatérale, ayant son côté antérieur subanguleu.x; elle est finement et irrégulièrement striée; [ son épiderme est verdâtre; elle est blanche en dedans, | large quelquefois de deux pouces et demi ; elle habite les rivières de Pile de Ceylan. Lamarck ne cite aucune espèce fossile pour celte seconde division du genre; Deshaies en a décrit pourtant sept dont les principales sont :

CvRÈNE DÊFRIHÊE. Cyrciia (lepressa , Desh. Grande et belle Co(|uille fossile, subinéquilatérale, aidatie, suborbiculairc; son angle antérieur est saillant, son côté antérieur aminci et séparé du reste par une côte arrondie, (lui descend obliquement des crochets; ceu.\-ci sont petits, peu saillants; la Coquille est li.sse à l'extérieur, quel(|uefois rusiiquée par des accroissements assez réguliers. Il y a trois dents cardinales dont la médiane et la postérieure sont bifides; des dents latérales, l'antérieure, courte et entière, est près des cardinales; la postérieure est plus allongée, séparée des dents cardinales par la longueur du ligament; celui-ci est enfoncé, implanté sur des nymphes bien apparentes; la suture est bâillante. El'eest large de près de deux pouces. Elle a été recueillie à Houdan.

Cyrène cordiforme. Cyrena cortliformis, Desh. Elle est ventrue, bombée; ses crochets sont saillants, ce qui la rend cordiforme. Elle estsubiné(iuilalérale,' suborbiculaire, lisse, mince; trois dents cardinales à chaque valve; les dents latérales sont entières, courtes et peu saillantes. Cette espèce varie un peu. Quelques individus deviennent subtransverses, et montrent quelques stries irrégulièics; dans quelques autres, la lunule est peu sensible ; dans d'autres , elle est bien prononcée. Elle a sept à huit lignes de large.

CYRENOIDE. Cyretioida. moli,. Ce genre, établi par Joannis. a les plus grands rapports avec celui qui précède; il en diffère par la conformation toute particulière de la charnière de la Co(iuille, qui manque de dents latérales, par la dent cardinale de la valve droite, qui est l()?igue et laraellcuse, tandis que la postérieure est très-pelite, enfin par l'épaisseur de la Coquille, qui est peu considérable et par la longueur de son ligament. La seule e.<)pèce connue Jusqu'à ce jour a été nommée Cyrenoide de Dupont, Cyrcnoida Dupontii; elle a trente trois millimèlrcs de hauteur et trente-deux de longueur. Sa Coquille est éijuivalve, sirtiéquilatérale, presciue ronde et renlïée, recouverte d'un épiderme d'un brun rougeûlrc. comme certains Unios. Les sommets légèrement courbés en avant sont cariés , et celle carie se prolonge sur les flancs; le ligament extérieur est peu bombé, l'écusson petit, triangulaire, saillant et terminé par un pli brusque. Les stries d'accroissement

sont très -fines cl l'épiderme d'autant plus développé qu'on approche plus des bords. La partie Inférieure et postérieure du limbe présente une saillie qui fait que la Coquille semble rostréc. A l'intérieur la Coquille est bleuâtre, avec des taches d'un brun rouge, correspondantes aux caries extérieures. On la trouve dans la rivière du Sénégal.

CY'RESTE. Cyrestis. ns. Lépidoptères diurnes. Boisduval a formé ce genre aux dépens des Nymphales de Latreille et de Godard; mais les différences sont si peu rationnelles que, si on les admettait, ces genres pourraient se multiplier jusqu'au nombre des espèces.

CYRIE. Cyria. tus. Genre de Coléoptères penlamères, de la famille des Sternoxes, institué par Servillc. Caractères ; antennes de onze articles grêles et peu élargis : le premier assez long, peu en massue, presque linéaire; ledcuxième court, les autres assez allongés el allant en diminuant jusqu'à l'cxlrémilé; palpes maxillaires de trois articles, le dernier séciiriforme, plus long que le pénultième; palpes labiales ayant le dernier article plus long que le premier; menton assez grand, avec sa base cornée; mandibules courtes, épaisses, concaves intérieurement et dentées sur les côtés; yeux grands, ovales, oblongset rapprochés ù la partie supérieure de la tète; corselet déprimé, large, presque carré, trilobé postérieurement; écusson non apparent; corps Ifgèrement convexe en dessus; élytres parallèles, depuis leur base jusqu'au delà du milieu, et se rétrécissant cnsuile vers l'extrémité; tarses grêles, avec le dernier article allongé en massue. Le type de ce genre est le Siipreslis imperialis de Fab., originaire de la Nouvel.e-Hollande.

CYRILLE. Cyritla. bot. Genre de la famille des Éricinées, et de la Pentandrie Monogynie, fondé par Linné et ainsi caractérisé : calice très-petit, subturbiné, à cinq divisions profondes, ovales, lancéolées; corolle marcescente, trois fois plus grande que le calice, formée de cinq pétales étalés, disposés en étoile, consistants cl hypogynes; cinq élamines alternes avec les pétales plus courts que ces derniers, à anthères cordées et bjides inférieurement; ovaire inséré sur un petit disque, surmonté d'un style court et de deux ou trois stigmates; baie très-petite, enveloppée par les organes de la fructification persistants, bivalve, biloculaire el mucronée; graine solitaire dans chaque loge, suspendue au moyen d'un funicule. Ces caractères éloignent ce genre de Vltea, avec lequel L'Héritier, Swartz (FI. Ind.-Occid. 1. p. 300) el Lamarck l'avaient réuni.

Dans la Flore de l'Amérique boréale susmentionnée , l'espèce unique de ce genre, décrite par Linné sous le nom de Cyrilla racemi/lora, a été partagée en deux plantes distinctes, qui ont été nommées Cyrilla Curoliiiiatm el Cyrilla Antilluna, d'apiès leurs patries respectives. Poiret observe, dans le Supplément de l'Encyclopédie, que les différences entre ces deux plantes s'évanouissent tellement, dans les divers échantillons soumis à son examen, que leur distinction ne lui semble pas naturelle. L'Héritier (Slirpes Novœ, p. 137, t. OC) a donné une belle figure du Cyrilla racemiflora de Linné sous le nom d'Ilea; détruisant ainsi le genre Cyrilla, il a donné ce nom à une plante qu'il a décrite

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