‹ Dictionnaire classique des sciences naturellesChapitre 43 sur 65 · COCCINELLE dix- neuf pomU · texte numérisé non relu

COCCINELLE dix- neuf pomU

arbuste haut de six pieds environ, à feuilles portées sur des pétioles rouges et alternes, molles, ovales -acuminées, dentées, tomenteuses à leur surface inférieure, à fleurs blanches disposées en grappes axillaires longues et grêles. Il croît dans la Cochinehine ainsi qu'à Amboine où l'a observé Rumph qui le décrit et le tîgure {Herb. Amb., iv, tome 37) sous le nom de Peiiaritts.

DARWINIE. Darwini'a. eût. Genre de la Décandrie Monogynie, L., fondé par Rudge en l'honneur de Darwin qui, dans un poème élégant, a célébré les amours des plantes. Caractères ; calice nul; corolle raonopétale, infundibuliforme; tube élargi au-dessous de sa partie supérieure et un peu resserré vers l'entrée; limbe à cinq divisions ovales, algues et se reoouvratit par un de leurs bords; dix étamines à filets trùs-couris, insérés presque au sommet du tube, et disposés sur deux rangs ; anthères réniformes; ovaire siipère, comprimé et comme unilatéral, surmonté d'un style du double plus long que la corolle; stigmate simple. Le Danciiiia fasciculaiis est un arbrisseau de la Nouvelle-Hollande, dont la tige porte des rameaux rudes et nombreux , ainsi qu'un grand nombre de feuilles linéaires, disposées en faisceaux épais et parsemés de points glanduleux; les fleurs sont terminales, glabres et réunies en capitules au sommet des tiges.

DASAN. MOLL. Synonyme de Patetla nimbosa, L.

y. FiSSCRELlE.

DASCILLE. i?ascz'WM«. iks. Genre de Coléoptères pen- (amères, établi par Lalreille, dans la famille des Serricornes, tribu des Cébrionites. Ses caractères sont: antennes simples; mandibules peu saillantes, presque triangulaires, entièrement découvertes; dernier article des palpes tronqué ou très-obtus ; cor|)s ovale. Le genre Dascille que PaykuU, et depuis lui Fabricius, ont désigné sous le nom à'Alopa, a beaucoup d'analogie avec les Cébrions et les Élodes; mais il diflfère des premiers par les antennes, les mandibules et les tarses, et des autres par la forme du corps et les palpes. On n'en connaît encore qu'un petit nombre d'espèces ; la plus commune est le Dascille Cerf, Dascilltis Cerrus, Latr., ou la Chiysomela Cervina, L., qui est la même que VJlopa Cervina de PaykuU. Cet Insecte est propre au nord de l'Europe.

DASE. Dasus. bot. Loureiro,sous le nom de Dasus verticillatus, décrit un arbre de la Cochinehine, à feuilles lancéolées, entières, ondulées, tomenteuses sur leur surface inférieure; à fleurs blanches, disposées en verticilles axillaires; elles présentent un calice tubuleux, court, coloré, divisé en cinq lobes obtus et peu profonds; une corolle monopétale, supère, campanulée, revêtue de toutes parts de poils nombreux, et dont le limbe se partage en cinq parties deux fois plus longues que le calice. Vers sa base sont insérés cinq tîlels courts, portant des anthères biloculaires et dressées; l'ovaire, arrondi, fait corps avec le calice; il est surmonté d'un style filiforme, qui égale la longueur de la corolle et se termine par un stigmate quinquétide; il devient une baie dont la forme est celle d'un sphéroïde comprimé, et qui renferme une seule graine globuleuse. Tels sont les caractères que rapporte Loureiro, et qui sont insuf- I

lisants pour faire reconnaître la famille à laquelle cette plante doit être rapportée.

DASYATIS. POIS. /-'. Raie.

DASYBATE.Pois. ;^'. Raie.

DASYCÈRE. Dasfcerus. iNS. Genre de Coléoptères trimères, établi par Alex. Brongniart, dans la famille des Fungicoles. Caractères : antennes grêles, de la longueur de la moitié du corps, remarquables par deux gros articles à leur base, et quatre articles globuleux , hérissés de poils à leur extrémité; chaperon avancé, couvrant la bouche; corps ovale, convexe; corselet hexagone; tarses filiformes. Le Dasycère sillonné, Z)asxfc/'«s siilcatiis, a été trouvé en 1799 dans un Bolet de la forêt de Montmorency, près Paris; il a deux millimètres de long; il est d'un marron fauve; les anleimes sont placées devant les yeux; elles sont composées de onze articles; les deux premiers gros et globuleux; les cinq intermédiaires sont si grêles qu'on ne pourrait les distinguer, si chacun n'était un peu renflé à l'une de ses extrémités; les quatre derniers, globuleux, très-distincts, vont en grossissant vers l'extrémité de l'antenne; ils sont garnis de poils très-longs, un peu divergents; les yeux, peu visibles, sont placés sous deux saillies latérales de la tête, en forme de sourcil; le corselet, transverse, plus large que la tête, plus étroit que les élytres, est distinctement hexagone; il présente deux côtes élevées, inégales; les élytres convexes embrassent l'abdomen ; elles ont chacune un rebord relevé et trois côtes aiguës, très-distinctes; l'espace intermédiaire est masqué de deux rangées de points enfoncés, un peu confondus, qui le font paraître chagriné ; il n'y a point d'ailes dessous; les pattes sont courtes et simples; il est trèsdifficile de compter les articles des tarses, même au microscope; il paraît ceiiendant qu'il y en a trois, deux fort petits dont le premier est même presque caché dans l'articulation, et un troisième beaucoup plus long, qui porte les ongles.

DASYCLADE. Dasj'clacltis. bot. Genre de plantes Hydroi)liytes de la famille des Trimelloïdes, tribu des Characées, établi par Agardh aux dépens du genre Coccochloris, dont il se distingue par des filaments articulés et d'un jaune brunâtre, qui composent sa masse; ces filaments sont garnis aux articulations, de rameaux verticillés horizontaux; ils présentent à leur extrémité un tubercule renflé, contenant une poussière noire, qui constitue vraisemblablement les éléments de la reproduction. Ce sont des plantes marines que l'on retrouve à presque toutes les latitudes DASYCLONON. BOT. S.yn. d'Jspidium FUix-Mas. DASYE. Dasya. bot. Agardh a formé, sous ce nom, un genre d'Hydrophiles dont le type est le Chondiia pedicellala que l'on trouve dans les mers Atlantique et Adriatique. Ces plantes se composent de filaments rameux, purpurins, continus, qui se ramifient en pinceaux articulés et dichotomes. Les conceptacles sont en bec, pédicellés et oblongs, contenant des globules distincts, à bords transparents.

DASYE. Dasyus. ms. Coléoptères pentamères; genre institué par Lepelletier et Serville, dans la famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides,avec les caractères suivants : antennes de neuf articles : le premier

conique, renflé ant(!iieuiemcn(, le second conrl et Globuleux, les trois suivants cylindriques et égaux, le sixième petit et cupulaire, les trois derniers formant une massue ovale-allongée et velue; labre et mandibules cachés; dernier article des palpes maxillaires assez gros et ovale; palpes labiales peu apparentes; télé presque carrée, avec ses angles un peu arrondis; chaperon tronqué antérieurement et rebordé; corps un peu déprimé en dessus; bords latéraux et postérieur du corselet arrondis; écusson grand, plus large que long; élylres recouvrant des ailes, et laissant ù nu l'extrémité de l'abdomen; pattes de longueur moyenne; jambes assez courtes : les antérieures n'ayant qu'une petite dent au côté extérieur; les quatre postérieures cylindriques, renflées; crochets des tarses égaux ; les antérieurs bifides, les intermédiaires et les postérieurs entiers. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre, c'est :

Dasye a collier. Dasyus collaris, Lep. et Serv. Il est long de quatre lignes environ, noir, luisant, velu, ponctué, avec les deux premiers articles des antennes ferrugineux, ainsi que le dessus du corselet et les crochets des tarses. On le trouve au Brésil.

D.\SYGA.STRES. ins. F. Apiaires.

DASYLOME. Dasyloma. bot. Genre de la famille des Omhcllifércs, PentandricDigynie, institué par De Can- (lolle qui le caractérise ainsi : ombelles dépourvues d'involuere; bords du calice découpés; slylopodes déprimés; styles courts; fruit ovale, cylindrique, marqué de cinq côtes celluleuses, dont trois dorsales plus petites et deux latérales plus grandes , et d'autant de vallécules rétrécies; semences presque triangulaires, un peu convexes vers le dos, anguleuses à la commissure. Les lieux espèces connues sont des herbes à tiges fisluleuses, à feuilles décomposées en lanières étroites, presque filiformes ; les ombelles sont opposées, à cinq ou six rayons. Elles sont originaires de l'Inde.

DASYNÈME. Vasyncma. bot. Genre de la famille des Dilleniacées, établi par Schott qui le caractérise ainsi : calice de quatre à huit sépales; corolle nulle; étamines nombreuses, velues, insérées sur un réceptacle également velu; anthères s'ouvrant longitudinalement; Irois ou quatre styles; capsule garnie de poils roides, à quatre valves monospermes; semence arillée. Ce genre, voisin du Teliacera, se compose de deux espèces de l'Amérique du Sud, qui forment des arbustes à feuilles lancéolées plus ou moins longuement pétiolées.

DASYORNE. Dusyornis. ois. Vigors et Horsfield ont érigé ce genre pour un Oiseau qui habite les environs de Paramalta, ù la Nouvelle-Galles du Sud, et qui a les plus grands rapports avec ceux dont Horsfield a formé son genre Timalia. Caractères • bec fort, un peu arqué, surmonté d'une arête carénée; mandibule supérieure à peine échancrée; narines basales, ovales, longitudinales, en partie recouvertes par une membrane; ailes courtes, arrondies; première rémige assez courte; ileuxième, troisième et quatrième progressivement plus longues; cinquième, sixième et septième très-longues et presque égales, les autres graduellement plus courtes; (pieue allongée, élagée, pieds assez robustes, médiocres; pouce fort, muni d'un ongle assez long et arqué; tarses scutellés en avant, lisses en arrière; bouche garnie de

soies prononcées et retomba mes. Le Dusorke austral, Diasornis australis, est d'un brun fauve en dessus, d'un brun plus pâle en dessous, avec la gorge et le milieu du ventre blancs; rémiges et reclrices d'un brun roHssâtre; tectrices inférieures d'un brun fauve; bec et pieds grisâtres. Taille, onze pouces. Vigors pense que le Flùteur, des Oiseauxd' Afrique de Levaillant, doit faire partie du genre flasyorne.

DASYPIIYLLE. Dasyphyllnm. bot. Genre établi par Kunth (/« Ilumb. Nov. Gen. 4. p. 17), faisant partie de la famille des Synanthérées. section des Barnadésiées. Il ne se compose que d'une espèce, Dasyphyllnm argenleiim, Kunlh, loc. cit., t. 308. C'est un arbuste qui croît aux environs de la ville de Quito au Pérou; ses rameaux sont blancs, argentés, hérissés d'épines géminées; ils portent des feuilles alternes trèsrapprochées, presque sessiles, elliptiques, oblongues, terminées en pointe épineuse à leur sommet; les capitules sont presque globuleux, groupés et rapprochés au sommet des ramifications de la tige; l'involucre est composé d'écaillés imbriquées, coriaces, aiguës, roides, disposées sur plusieurs rangées; les extérieures sont plus courtes et plus larges que les intérieures; le réceptacle est plan et couvert d'une très-grande quantité de poils dorés ; toutes les Heurs sont flosculeuses, hermaphrodites et fertiles; la corolle, qui est légèrement pubescente en dehors, a son tube court et cylindrique, son limbe à cinq lanières égales, linéaires et étalées ; le tube anlhérifère est nu à sa base ; l'ovaire est oblong, comprimé, velu ; le style saillant, terminé par un stigmate simple; le fruit est oblong. comprimé, velu, couronné par une aigrette sessile, composée de poils pluineux.

Ce genre est voisin du genre Baniadesia, dont il diffère seulement par le limbe de sa corolle à cinq lanières égales entre elles, par ses étamines dont les filets sont libres, et par son stigmate indivis. Il a également des rapports avec le genre Liatris; mais son port et son stigmate simple l'en distinguent facilement.

DASYPIIYLLE. Dasyphylla. bot. ( Jlydropliytes.) Genre proposé par Stackhouse dans la seconde édition de la Néréide Britanni(|ue. Il se compose du Gigartina Dasyphylta , qu'il nomme Dasyphylla If'oodwardii, des Gigartina articulatu, ocalis, sedoidcs et tenuissiiua. Il lui donne pour caractères : fronde gélatinosocarlilagineuse, presque diaphane, à rameaux comprimés, avec des feuilles oblongues, renflées, éparses; fructification innée et terminale. Ce caractère ne convenant point aux espèces citées, et quelques-unes de ces espèces n'ayant que peu de rapports avec les autres, nous n'avons pas cru devoir adopter ce genre de l'algologiie anglais.

DASYPOUE. Dasypoda. iNs. Genre d'Hyménoptères, établi par Latreillc, aux dépens des Andrènes de Fabiicius, et rangé (Règne Anim. de Cuv.) dans la section des Porte-Aiguillons, famille des Mellifères, tribu des Andrenètes. Caractères : mâchoires allongées et fléchies ù leur extrémité; lèvre inférieure allongée, renfermée à sa base dans une gaine cylindrique, terminée en une sorte de languette longue, souvent en partie pluineuse, finissant insensiblement en pointe, repliée en dessus dans le repos ; deux divisions laté-

raies très-pelites; palpes maxillaires filiformes, coiirles, de six articles; les labiales de quatre et allongées; mandibules arquées , pointues ; antennes filiformes ou grossissant un peu et insensiblement, courtes, de douze à treize articles. Les Dasypodes diffèrent des CoUèles et des Hylées, par la division intermédiaire de leur lèvre en forme de lance, elles partagent ce caractère avec les genres Andrène, Spliécode, Halicte et Komic ; mais elles diffèrent de cbacun d'eux par des caractères assez tranchés. Leur têle est verticale, comprimée, moins haute et moins large que !e thorax; les mandibules sont simples ou n'ont qu'une dent au ]p1us; la division intermédiaire de la lèvre paraît recourbée; les mâchoires sont fléchies au milieu de leur longueur ou plus bas, avec le lobe terminal aussi long ou plus long que leurs palpes. On remarque des yeux ovales, distants l'un de l'autre, et trois petits yeux lisses situés sur une ligne presque droite occupant le vertex ; le thorax, presque rond, obtus aux deux extrémités, supporte quatre ailes dont les supérieures présentent deux cellules sousraarginales; les pattes antérieures sont courtes et les postérieures grandes, écartées, avec le premier article des tarses aussi long ou plus long que la jambe; ces jambes et ces tarses sont garnis de poils longs et épais, formant dans les femelles une sorte de plumasseau. Ce caractère remarquable leur a valu le nom de Dasypode, c'est-à-dire pattes très-velues. Les Insectes propres à ce genre ont un vol plus rajiide que celui des Andrènes ; ils prati(iuent comme elles des trous en terre, pour y déposer leurs œufs, et placent à côté de ceux-ci une quantité de pollen , suffisante pour nourrir la larve. L'insecte parfait se trouve habituellement vers la fin de l'été sur les fleurs semi-flosculeuses. On peut considérer comme type du genre : La Dasypode Hibtipèiie, Dasxpoda Hirtipes , Fabr. , qui ne diffère pas de Dasypoda hirta ; la première étant la femelle , et la seconde le mâle. Panzer a donné une figure de chacun des sexes ( Fann. Ins. Gerni. Fasc. 5o, t. 14 (le mâle), Fasc. 7, tab. 10, et Fasc. 49, tab. 16 (la femelle). On la trouve, en automne, sur les fleurs qui croissent dans les lieux sablonneux. On cite encore quelques espèces : Dasypoda pltimipes de Panzer ( loc. cit., Fasc. 99, tab. 15 (femelle), Dasypoda visnaga, jindrenavisnaga, Rossi, etc.

DASYPOGON. Dasypogon. itis. Genre de Diptères, établi par Meigen et Latreille aux dépens des Asiles, dans la famille des Tanystomes. Caractères : antennes de trois articles séparés jusqu'à la base, les deux premiers presque égaux, le dernier presque cylindrique, avec un petit stylet en forme d'article; tarses terminés par deux crochets et deux pelotes. Les Dasypogons diffèrent des Gonypes par les deux crochets et les deux pelotes de leurs tarses; ils partagent ce caractère avec les genres Dioctrie, Laphrie et Asile; mais ils s'éloignent du premier par leurs antennes séparées jusqu'à la base, et des deux autres par la longueur égale des deux premiers articles des antennes, ainsi que par la forme du dernier. Ces Insectes volent avec rapidité; leurs habitudes sont carnassières.

Dasypogoji Teuton. Dasypogon l^eulonus ; Âsila Teutonus de Linné et Fabricius. On le trouve aux envi-

rons de Paris et dans le midi de la France. 11 fait la chasse à plusieurs Insectes, et les emporte vivants dans ses pattes.

Parmi le grand nombre d'espèces mentionnées par Meigen, on distingue le Dasypogon piinclaliis, Fab. Cet auteur a décrit le mâle sous le nom de Dasypogon Diadema^Pant.erA confondu cette espèce sous les noms d'ÂsUus Diadema, punctatiis et nervosus; le Dasypogon Sabaudus ou VAsilus Sabaudus de Fabricius (Entom. Syst. T. iv, p. 385), qui est le même que la Dioctria Sabauda du même (Syst. Antl. , pag. 150); le Dasypogon tiifnutus; Asilus minutits, Fab. {Eut. Syst. T. iv, p. 390), ou son Dioctria minuta (Syst. Antl., p. 152). Meigen (tab. 20, fig 13) en a figuré le mâle.

DASYPOGON. BOT. Genre de la famille des Joncées, que Brown caractérise ainsi : calice composé de six sépales : trois extérieurs soudés en tube dans leur plus grande partie, trois intérieurs demi pétaloïdes, légèrement concaves; six étamines insérées au bas du calice dont les filets, épaissis à leur sommet, portent des anthères oscillantes; ovaire uniloculaire, contenant trois ovules dressés; style subulé, stigmate unique; capsule monosperme, renfermée dans le tube endurci du calice. La seule espèce, Dasypogon bromeliifolius, est un sousarbrisseau de la Nouvelle-Hollande, qui se rapproche par son port des Xérotes ; sa tige, simple et cylindrique, est garnie de feuilles et couverte de poils roides, denticulés et renversés. De ces feuilles graminiformes, les radicales sont rapprochées en toulîes; celles de la tige sont éparses, plus courtes, sessiles et toutes terminées par une pointe, glabres et dentées sur leur bord; les fleurs forment des capitules terminaux, solitaires, globuleux, qu'entourent des bractées subulées et étalées; elles sont sessiles, séparées par des paillettes lancéolées, entremêlées d'autres plus étroites.

DASYTOGONÉES. Dasypogoneœ. bot. Dumortier, dans son analyse des familles des plantes, a institué celle dont nous traitons, et lui a donné pour caractères : système ligneux sans écorce; enveloppe florale double : l'intérieure polypétale, insérée sur le calice qui est tubulaire; pétales étalés; stigmate simple; ovaire supère , triqvulé; utricule monosperrae ; fruit déhiscent. Cette famille se compose des genres Dasypogon et Caleclasia.

DASYPP.OCTA. MAM. ^. Cbidromyde.

DASYPROCTE. Dasyproctus. iivs. Hyménoptères; genre de la famille des Fouisseurs, tribu des Crabronites, institué par Lepelletier et Brûlé pour un insecte nouveau apporté du Sénégal. Caractères : antennes grossissant un peu vers l'extrémité; lèvre allongée, dilatée à l'extrémité; palpes plus courtes que les mâchoires; mandibules allongées, étroites; tête grosse, presque carrée; yeux très-grands; ocelles en ligne courbe; corselet ovale; prothorax mutique; abdomen plus long que le corselet, avec son premier segment pyriforme, aminci en pédicule à sa base, et fortement rétréci à son extrémité; anus creusé en gouttière en dessus, un peu acuminé, avec les côtés poilus; hanches des pattes postérieures plus courtes que les cuisses; jambes épineuses; appendice de la cellule radiale des ailes, à peine mar-

<liié, mais paraissant recourbé en dedans à son cxtréinilé.

Dastpbocte a decxpoihts. Dasfproctus bipunctatus, Brulc. Il est noir avec la base des antennes, une ligne sur le prolhorax, une antre sur l'écusson, un point calleux et une tache de chaque côté du deuxième segment de l'abdomen, les quatre jambes antérieures et tous les tarses d'un roux ferrugineux. La base des tarses postérieurs est rousse dans la femelle.

DASYPUS. MAM. ^. Tatous.

D.\SY.SPERME./)a«/s;jcrmw;«. BOT. Genre fondé par Necker, dans la famille des Ombellifères, et caractérisé liar les pélales des fleurs centrales égaux et ceux des fleurs marginales plus grands que les autres, ainsi que par le fruit hispide ou muriqué. De tels caractères se présentent dans un grand nombre de genres de la même famille, ce qui rend peu naturel celui donné par Necker, et tend à rapprocher des plantes fort différentes; en effet, il se compose de plusieurs espèces de Conium, de Tordxlium, d'Jmmi et de Scandix, L.

DASYSTACIIYÉ. Dasystach/s. bot. Se dit de toute inflorescence en épis velus.

DASYSTEMON. Dasystemon. bot. Genre de la famille des Crassulacées, établi par De Candolle qui lui assigne pour caractères : calice composé de trois à sept sépales foliformes, inégaux, à peine réunis à leur base; trois à sept pétales dressés, un peu roulés à l'extrémité; trois à sept élamines alternes avec les pétales et plus courtes qu'eux; filaments épais; anthères droites; trois à cinq carpelles. Le Dasystemon calycinum est une plante herbacée de trois à cinq pouces de hauteur; la lige est un peu rameuse au sommet; elle est garnie de feuilles épaisses, planes ou un peu convexes, linéaires, opposées, connées; les fleurs sont d'un vert blanchâtre. Toute la plante est couverte de papilles écailleuses.

DASYSTEPILANE. Dasyslephana. bot. C'est-à-dire Couronne de poils. Sous ce nom Rcneaulme avait décrit et figuré anciennement une espèce de Gentiane. Les coupes formées par cet auteur, à une époque où on ne savait pas ce que c'était qu'un genre, n'ayant pas été admises par Linné, le genre Dasystephane avait disparu, lorsqii'Adansîon et ensuite Borckausen {in Rœmer Âi-chiv.fiir die Botanik. T. 1, p. 2")) le rétablirent en lui donnant pour caractères : un calice à autant d'angles et de dents que de segments à la corolle; une corolle campanulée, à cinq ou sept divisions; des étamines à anthères libres et un stigmate bifide. Il y faisait entrer les Gentianapunctata,Gentianaasclepiadea,h\n..Gentiana glauca, Gentiana Iriflora, Gentiana adsvendens, Gentiana algida et Gentiana aun'ciilala de i Pallas. Mais, outre que le caractère d'anthères libres n'est pas réel dans les Gentiana pnnctata et asclepiadca, ces espèces, nonobstant leur calice isopérimétriipie, sont trop rapprochées de la Gentiana purpurea pour qu'on puisse les en éloigner, et conséquemment toutes les divisions du grand genre Gentiane, fondées sur des différences qui s'évanouissent dans certaines espèces, ne sauraient être adoptées.

DASYTE. Dasyles. iiss. Genre de Coléoptères pentamères, établi par PaykuU aux dépens des Mélyres d'Olivier et des Lagries de Kabricius; Latreille le place dans

la Famille des Serricornes. tribu des Mélyrides, et lui assigne pour caractères : premier article des tarses trèsapparent et plus long que le suivant, les crochets du dernier ayant inférieurement un appendice membraneux ou une dent très-comprimée ; corselet presque carré; antennes de la longueur de la tête et du corselet , Irès-écarlées à leur base et insérées au-devant des yeux. Point de vésicules rétracliles sur les côtés inférieurs du corps. Les Dasyles ont des mâchoires qui offrent une division intérieure, avec des palpes filiformes; la tête se rétrécit cl s'avance un peu en devant, sous la figure d'un petit museau; le pénultième article des tarses est en forme de cône. On remarque parmi les trente-cinq espèces citées par Dejean :

Le Dasyte BLEUATRE, Dosylcs cœrnleus de Fabricius; Olivier, Coléopt. T. ii, n» 21, pi. 2. fig. 9; Panzer, Ins. Germ. Fasc, 96, fig. 10. Europe.

Le Dastte plombé. Da.sytes plumbeus, Olivier, pi. 2, fig. 12; Cicindèle plombée, Geoffroy. Europe.

DASYTRICHIE. Dasytrichia. bot. Genre de la famille des Hydrophyles, institué par Lamouroux qui lui assigne pour caractères : fronde ronde, coriace, pleine, épidirmée, obscurément cloisonnée, garnie de filets verticillés, distinctement cloisonnés; des capsules pour fructification. Ce genre, assez naturel, comprend un petit nombre d'espèces dont les rapports ont la plus grande analogie avec les Gigartina. Lne fronde coriace, due à une tige pleine, colorée par un épiderme continu, commence à être ceinte, à des intervalles réguliers, de cercles linéaires, obscurs, fixes, c'est-à-dire point susceptibles de s'entr'ouvrir. qui indiquent des cloisons; mais l'organisation di-luhulaire devient tout à fait décidée dans les ramules ou filets verticillaires dont les cloisons sont, ainsi que la locule, très-caraclérisées. La fructification, qui se rencontre sur peu d'espèces, consiste en capsules uniloculées. Toutes les espèces sont marines.

Dasytrjchie spongieuse. Dasytrichia spongiosa; Conferva spongiosa, Huds.; Fucus lûrsutus, Linn. Fronde cartilagineuse, filiforme, comme tressée, rameuse; rameaux alternes, recouverts ainsi que la fronde, de ramules serrés, appliqués, plus longs que les segments.

DASYTRicniE EN MASSUE. Dasylricliia clavœformis; Con ferra clacœformis, Roth ; Spongia vermicularis, Scop. Fronde simple, cartilagineuse, en forme de massue, résultant de la réunion de ramules très-serrés, verticillés, trifurqués, obtus.

DASYUUE. Dasyurus. mam. C'est-à-dire queue velue. Genre de Mammifères carnassiers de la famille des Marsupiaux, caractérisé par six màchelières à chaque mâchoire de chaque côté, dont les deux premières sont comprimées, tranchantes, et les quatre autres à couronne hérissée de pointes; huit, petites incisives à la mâchoire supérieure et six à l'inférieure. Il y a quatre canines : en tout quarante-deux dents; cinq doigts à tous les pieds; ils sont tous longs, séparés et armés d'ongles crochus aux pieds de devant; le pouce des pieds de derrière est rudimenlaire, sans ongle, très-élevé audessus des autres doigts, et n'est qu'un simple tubercule. Une touffe de longs poils recouvre la dernière

phalange aux pieds de derrière, et se prolonge au delà des ongles; le scrotum est pendant, la verge est dirigée en arrière, le gland partagé en deux dans les mâles; la portée des femelles est de quatre ou cinq petits. — Ce défaut de pouce aux pieds de derrière, contrastant avec le pouce si complet, si facilement opposable des Didelphes, annonce d'abord une différence très-grande dans les habiludes de ces deux genres. Les Dasyures aussi ne peuvent rien saisir d'une seule palte; ils ne peuvent non plus monter aux arbres dont les cimes font l'babilation des Didelphes. En outre leur queue est lâche, couverte de longs poils comme celle des Mouffettes, tandis que celle des Sarigues est nue et préhensile presque sur toute la longueur. Les deux incisives qu'ils ont de moins à chaque mâchoire, raccourcissent un peu le museau, et leur donnent une physionomie moins disgracieuse et moins stupide qu'aux Sarigues. Enfin les oreilles qui sont larges, nues et membraneuses dans ces derniers, sont courtes et velues dans les Dasyures, et surmonlent bien plus agréablement leur tête. En général, dit Geoffroy qui a établi ce genre (Ann. du iMus. T. m), c'est moins aux Didelphes qu'aux Genetles et aux Fossanes que ressemblent les Dasyures pour la physionomie ; leur poil est doux et laineux, et non parsemé de soies comme celui de la plupart des Didelphes. D'après la structure de leurs pieds, les Dasyures ne peuvent donc monter aux arbres : ils vivent à la manière des Fouines et des Renards, se tiennent cachés pendant le jour dans le creux des rochers, chassant la nuit les petits animaux et les insectes. Comme le gibier est peu nombreux dans l'Australasie, et comme ils ne peuvent guère attaquer que les Échidnés, l'Ornilhorinque et de petits Kanguroos, les deux premiers assez rares, les derniers très-rapides à la course, les Dasyures doivent se rabattre sur les cadavres, principalement sur ceux que leur apporte la mer.. Ils sont tous très-voraces, s'introduisent dans les habilalions où ils font le même dégât que les Fouines.

Des huit espèces connues, cinq sont particulières à la Nouvelle-Hollande; les trois autres sont de la terre de Diémen.

Dastdre Cynocéphale. Dasyums Cynocephahis , Geoff., Annal, du Wus., t. ô; Didelphis Cynocejihala, Harris (Transact. of tire Linnean Societ., t. 9, lab. 29). Long de trois pieds dix pouces; queue de deux pieds ; un pied dix pouces au garrot ; un pied onze pouces à la croupe. Queue remarquable par sa forme comprimée sur les côtés; pelage doux et court, tirant sur le brun jaunâtre obscur, plus pâle en dessous et d'un gris foncé sur le dos; croupe couverte par seize bandes transversales, d'un noir de jais, desiiuelles deux se prolongent sur les cuisses. Ce Dasyure habile les cavernes et les fenles des rochers à des profondeurs impénétrables, de la terre de Diémen; l'individu décrit par Harris, pris au piège, y était resté sans mouvement, avec un air stupide, et poussait avec peine un cri court et guttural. On lui trouva un Échidnédans l'estomac.

Dastcre Ursin. Dasytints Uisintis, Geoff., ihid., et Harris, ibîd., lab. 19. D'après Harris, il aurait huit incisives en haut et dix en bas ; la queue serait légèrement prenante et nue en dessus ; il est couvert de longs

poils noirs, grossiers, qui lui ont valu le nom à'Ursinus; il est irrégulièrement marqué d'une ou deux taches blanches, éparses sur la gorge, les épaules et la croupe. Harris en a longtemps conservé un couple. Ils se battaient presque continuellement, s'asseyaient sur le derrière, portaient à la bouche avec les deux mains ensemble. Leurs traces sur les bords de la mer firent penser qu'ils vivent autant de pêche que de chasse. La longueur du corps est de dix-huit pouces; celle de la queue de huit. Du nord-est de la terre de Diémen.

Dasyure Naiiv. Dasyunis minimus, Geoff., ibid. Tout au plus de quatre pouces de long; sa queue n'a que le tiers de cette longueur; elle est couverte de poils ras; son museau est assez exactement conique, ce qui le fait plus ressembler aux Didelphes que les autres Dasyures. Il a aussi le pouce de derrière plus long que chez ses congénères; son poil, fort épais, est doux au toucher, roux à la pointe.— Trouvé par Péron à la côte sud-ouest de la terre de Van-Diémen qui nourrit ainsi, dans deux contrées opposées, les deux espèces extrêmes du genre pour les dimensions.

Dasyure a longue quebe. Dasyums macrourus, Geoff., Annales du Jlusée, T. m; l^iverva maculata, Shaw, Voy. de Péron ; Allas, pi. ôô. Long d'un pied et demi ; sa queue en a presque autant ; les deux incisives, intermédiaires sont un peu plus espacées que dans les autres espèces; le poil, serré et bien moins doux au loucher que dans les autres Dasyures, est de la même teinte marron que la Loutre ; le fond en est relevé par des taches d'un blanc pur, si petites sur le dos qu'on les dislingue à peine, puis un peu plus grandes, et larges enfin, sur les flancs, de près d'un pouce; le ventre est d'un blanc sale; la léle d'un roux marron plus clair que le dos ; les pattes de devant jaunâtres; la queue a les mêmes mouchetures que les côlés du corps; elle n'est pas non plus aussi touffue. Des environs de Bolany-Bay.

Dasydre Macgé. Dasyums Maugei, Geoff., Quoy et Gaymard, Voy. de Freycinel, autour' du monde; Zool., pi. 4. Dédié à Maugé qui l'a découvert dans l'expédition de Baudin. Ce Dasyure est plus petit de quatre pouces que le précédent; d'un fond olivâtre en dessus, et cendré en dessous; il est moucheté de blanc, mais les mouchetures sont de grandeur uniforme et également réparties sur tout le corps ; la queue est de la nuance du dos, quoique tirant plus sur le roux; les poils des mouchclures blanches y sont entièrement de celte couleur.

Gaymard en a conservé un vivant à bord de l'Uranie, pendant l'espace de cinq mois. Cet élégant pelit animal, dit-il, était très- franc, et ne cherchait point à mor'dre, quelques tracasseries qu'on lui fit. Fuyant la lumière un peu trop vive et recherchant l'obscurité , il se plaisait beaucoup dans la niche étroite qu'on lui avait prépar'ée. Lorsque, en doublant le cap Horn, on voulut la lui rendre plus chaude pour le préserver du froid , il arracha et rejeta au dehors les fourrures qui la tapissaient. Il n'était pas méchant; mais on ne remarquait point qu'il filt susceptible d'allachemenl pour la personne qui le nourrissait et le car-essait. Chaque fois qu'on le prenait, il paraissait effrayé et se cramponnait partout à l'aide de ses ongles assez aigus. L'in-

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siant de ses repas élail une scène tonjoiirs curieuse pour nous; ne vivant que de viande crue ou cuite, il en saisissait les lambeaux avec voracité, et lorsqu'il en tenait un dans sa gueule, il le faisait quelquefois sauter en l'air et l'attrapait adroitement, apparemment pour lui donner une direction plus convenable. Il s'aidait aussi avec ses pattes de devant; et quand il avait achevé son repas, il s'asseyait sur le train de derrière et frottait longuement et avec prestesse ses deux pattes l'une contre l'autre (absolument comme lorsque nous nous frôlions les mains), les passant sans cesse sur l'cxtrémilé de son museau, toujours très -lisse, Irèshumecté et couleur de laque; quelquefois sur les oreilles et le sommet de la tête, comme pour en enlever les parcelles d'aliments qui auraient pu s'y attacher. Ces soins d'une excessive propreté, ne manquaient jamais d'avoir lieu après qu'il avait fini de manger.

Dasviire VivERRiN. Dasfuius f^iveriinus f Geoff., Ann. du Mus., T. m. 11 n'a que douze pouces de long; le fond est noir, parsemé de taches blanches; le ventre est gris; ses oreilles plus courtes et plus ovales qu'au précédent; la queue plus étranglée à la base et plus touffue à la pointe.

Dasvure Taffa. Dasyurus Taffa, Geoff.; Tapoa Taffa, John White, Voyag., tab. 281; f^ivenine Opossum, Shaw, Gen. Zool., t. 1, 2" part., pi. 3. Les deux noms donnés par White sont indigènes; il n'en fait qu'une variété du précédent ; elle est plus petite ; son pelage est uniformément brun, ainsi que la queue cpii est formée de longs poils. Cette espèce et la iirécédente se rencontrent aux environs de Port-Jackson.

Dasybre a PI5CEAB. Dasynvus peiiiciUalus, Geoff., ibid.; Didelpliis penicillata de Shaw, pi. 113, publié par Shaw qui le décrit trop vaguement pour que l'on soit autorisé à en faire délinilivement un Dasyure; car si l'on s'en rapportait plus au texte qu'à la planche du naturaliste anglais, l'animal aurait, comme les Plialangers, un repli de la peau, tendu de la cuisse au bras. D'après la figure de Shaw, cette espèce, qui est longue de huit pouces, a la tête plus ronde, le front plus élevé, les oreilles plus grandes et plus nues à proportion que les précédentes ; aux deux mâchoires les deux incisives intermédiaires surpassent en grandeur leurs collatérales ; enfin la queue est couverte de poils qui deviennent plus gros, plus longs et plus roides vers la pointe. Le corps est couveit d'un poil touffu, laineux, gris cendré en dessus, et blanc sous le ventre; les soies de la queue sont au contraire d'un noir foncé. Cette espèce est des environs de Port-Jackson.

DVTUOLITE. MIN. K. Datolithe.

DATIN. sioLi.. r. Serpble.

DATLSCA. Dalisva. bot. Genre que l'on n'a pu encore rapporter à une des familles naturelles établies; les fleurs sont unisexuées et dioï(iues; les Heurs mâles ont un calice composé de cinq ou six sépales linéaires, pointus, inégaux, d'environ une quinzaine d'étamines, dont les anthères sont sessilcs et plus longues que le calice; les tleurs femelles ont l'ovaire infère , couronné par le limbe du calice qui offre six dents inégales; cet ovaire est Irigone et a une seule loge qui renferme un trèsgrand nombre d'ovules attachés à trois trophospcrmes

pariétaux, situés dans les angles de l'ovaire; les styles sont au nombre de trois; chacun d'eux est bifide, terminé par deux stigmates subulés; )c fruit est une capsule oblongue, triangulaire, terminée par les dents du calice qui forment trois cornes. Cette capsule est uniloculaire et s'ouvre en trois valves; les graines sont petites, ovoïdes, allongées, un peu chagrinées; elles renferment un petit embryon cylindrique, dressé au centre d'un cndosperme charnu. Le nom de Datisca, emprunté des anciens, désignait chez Dioscoridc le Calananche cœrttlea.

Ce genre se compose de deux espèces : l'une, Datisca cannahina, L., G.-crtn., Fnict. 1, t. 30, est une plante vivace. originaire de l'Ile de Crète, qui, par son port, ressemble absolument au Chanvre dont elle diffère beaucoup par la structure de ses fleurs; ses tiges sont dressées, hautes de deux à trois pieds, glabres, portant des feuilles alternes imparipinnées, composées de neuf à onze folioles , glabres, lancéolées, aiguës, dentées en scie, et dont la terminale est souvent trifide.Les fleurs sont petites, dioïques. disposées en grappes terminales. La seconde esi)èce, Datisca liirta, L., est originaire de l'Amérique septentrionale. Elle diffère de la première, parce qu'elle est plus grande, et que sa tige est hérissée de i)oils.

DATISCACÉES. Datiscaceœ. bot. Dumorliera établi, sous ce nom, une famille <|u'il place dans la classe des Gynosépalécs (Analyse des Familles des plantes) avec les caractères suivants : système ligneux recouvert par le système corlical ; enveloppe florale unique, sépalolde; sépales insérés sur l'ovaire; fruit polysperme, uniloculaire; trois styles bifides; placentaires pariétaux. Les genres Datisca et Tremales composent cette famille.

DATOLITHE. min. Silico-borate de Chaux, y. Cuabx

BORATÉE SII.ICECSE.

DATTE. BOT. Fruit du Dattier.

DATTES. «OLL. Ce nom vulgaire s'applique indistinctement à un assez grand nombre de Coquilles, soit univalves, soit bivalves; il suffit qu'elles aient, dans leur forme générale, quelque ressemblance avec le fruit du Dattier, pour qu'on le leur donne; c'est ainsi que les Olives, des Moules, des Modioles, des Cardites et des Cypricardes sont nommées par le vulgaire. On donne plus particulièrement le nom de Datte à une espèce remaiiiuable de ce dernier genre. /'. Cypricarde.

DATTIER OB MOINEAU DES DATTES, ois. K. GroS- I!ec de Datte.

DATTIER. Phcenix. bot. Genre de la famille des Palmiers et de la DiœcieHexandrie,L., qui ne se compose que d'un très-petit nombre d'espèces dont une seule mérite un grand intérêt. On reconnaît les Dattiers ù leurs fleurs dioïques. à leur calice double; dans les fleurs mâles, le calice extérieur est plus court, monosépale, en forme de soucoupe, à trois dents et à trois angles; l'intérieur est formé de trois sépales distincts, concaves, coriaces, terminés en pointe recourbée à leur sommet ; les élamines sont au nombre de six, ayant les filets courts et les anthères très-longues; dans les Heurs femelles, les trois sépales du calice intérieur sont plus minces, plus larges, arrondis et très obtus; les pistils, au nombre de trois, sont sessiles, iinraédialcment aiqdi-

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qués les uns contre les autres par leur côté Interne où ils sont plans, tandis qu'ils sont très -convexes en deliors; chacun d'eux est uniloculaire et contient un seul ovule; le style est sous forme d'une petite pointe recourbée en dehors. En général, il n'y a qu'un seul des trois pistils qui soit fécondé, les deux autres avortent; cependant on peut toujours en retrouver les traces à la base du fruit mûr; celui-ci est ovoïde, allongé, charnu, contenant une seule graine enveloppée d'un tégument mince et membraneux; son amande est extrêmement dure, marquée d'un sillon longitudinal très-profond, et contenant un embryon extrêmement petit, placé vers le milieu et du côté opposé à la rainure. Les fleurs forment de longues grappes ou des régimes d'abord contenus dans des spathes monophylles, qui se fendent latéralement pour les laisser sortir au dehors.

Dattier commun. Phœnix Dactylifeia, L., Lamk., Ill.,t. 893, f. 1; Del., Égypl., p. 1G9, t. 62. Le Palmier- Dattier réunit l'élégance à la majesté. De sa racine, qui est fibreuse, s'élève une tige en colonne cylindrique, d'un pied à un pied et demi de diamètre, sur une hauteur de cinquante à soixante pieds , sans donner naissance à aucune ramification latérale; le tronc ou stipe est aussi gros à son sommet qu'à sa base; dans sa partie supérieure il offre des aspérités nombreuses, formées par la base des feuilles qui se sont successivement détachées de son sommet, ou que l'on en a enlevées. Les inégalités diminuent à mesure que Ion observe le tronc plus près de sa base où il est presque lisse. A son sommet, le Dattier est terminé par une vaste couronne de feuilles sous la forme de palmes, qui n'ont pas moins de huit à douze pieds de longueur ; la base de chaciue feuille est élargie en une gouttière dont les bords sont minces, membraneux et engainants; les feuilles sont pinnées et composées d'un très-grand nombre de folioles étroites, lancéolées, aiguës, roides, d'un vert clair, et plissées en deux dans le sens de leur largeur ; la base du pétiole est garnie sur ses bords d'épines acérées qui ne paraissent être autre chose que des folioles avortées et rudimentaires. C'est au milieu de ces feuilles étalées en tout sens, dont les plus intérieures sont dressées, tandis que les autres sont diversement infléchies, que naissent les fleurs; celles-ci sont dioïques, ainsi que nous l'avons dit précédemment, et avant leur épanouissement, de vastes spathes dures, coriaces, presque ligneuses, les renferment exactement et se fendent par un de leurs côtés pour les laisser s'échapper au dehors; ces fleurs forment de grandes panicules très-rameuses, que l'on désigne sous le nom de régimes; les fleurs mâles sont sessiles, plus grandes que les fleurs femelles, munies d'un double calice et de six étaraines à filets courts et à anthères linéaires, allongées; les Heurs femelles portées sur d'autres pieds offrent la même disposition : elles sont globuleuses et de la grosseur d'un petit pois; leur calice intérieur est formé de trois sépales plus larges et plus minces; leurs pistils sont au nombre de trois, dont en général un seul est fécondé; cependant quelquefois deux et même tous les trois se convertissent en fruits; ceux-ci sont des espèces de baies ovoïdes, allongées de la grosseur du pouce, environnées à leur base par le calice , d'une couleur jaune

dorée, quelquefois un peu rougeâtre; le péricarpe est charnu, mielleux, aune seule loge contenant une graine allongée, recouverte par un tégument propre, mince et sec; son amande est dure, cornée, terminée en pointe à ses deux extrémités , et creusée d'une rainure profonde sur l'une de ses faces.

Le Dattier est originaire d'Orient et du nord de l'Afrique. 11 est extrêmement commun en Egypte, en Arabie, et surtout en Barbarie où il est l'objet d'une culture fort étendue et très-soignéc. Cet arbre a été successivement introduit dans toutes les contrées chaudes du globe. On le trouve dans les îles de l'archipel de la Grèce et dans celles de l'archipel Indien. 11 existe aussi aux îles de France et de Mascareigne, aux Antilles et dans l'Amérique méridionale. L'Europe n'est pas entièrement privée de ce magnitique végétal ; il est en quelque sorte naturalisé dans le midi de l'Espagne, où ses fruits acquièrent une maturité parfaite. La ville de Elche particulièrement, dans la partie méridionale du royaume de Valence , s'élève au milieu d'un si grand nombre de ces beaux arbres, qu'on s'y croirait transporté sur l'autre rive de la Méditerranée. Le Dattier croit même dans certains jardins de la Galice, et jusqu'à la Corogne et au Ferrol, entre les 42"' et 43'= degrés nord, seulement au voisinage des côtes; mais les fruits n'y mûrissent pas. Ce Palmier orne encore les jardins de INaples et de Palerme; il s'avance en Italie jusque dans les États de Gênes, et enfin on en voit ((uelques pieds dans les provinces méridionales de la France.

De même que la plupart des autres arbres que nous cultivons aujourd'hui pour l'excellence de leurs fruits, le Dattier, dans l'état sauvage, ne donne que des baies d'un goût âpre et détestable. C'est par les soins de l'homme et par suite d'une longue culture, que ses fruits ont acquis un goût si agréable et des qualités si nourrissantes. Cette culture est facile et peu pénible. Lorsqu'on veut se procurer une plantation de Dattiers, deux moyens se présentent ; le premier consiste à semer les graines et à repiquer les jeunes plants à une distance convenable; mais ce procédé est rarement mis en usage; en effet, comme il est important d'obtenir un nomlire beaucoup plus considérable d'individus femelles, puisque ce sont les seuls qui donnent des fruits, on ne peut les reconnaître, en suivant cette pratique, qu'à l'époque où Ils commencent à fleurir; et pour cela. Il faut attendre douze à quinze ans. On préfère donc généralement enlever les œilletons qui se développent au pied des individus déjà en plein rapport ou qui se forment à l'aisselle des feuilles; on est sûr alors du sexe des individus que l'on plante, et ils deviennent féconds au bout de huit à dix ans. Les jeunes pieds sont en général placés en quinconce, à douze pieds environ de distance les uns des autres; ils ne sont pas fort délicats sur la nature du terrain. On en trouve quelques-uns qui végètent parfaitement dans du sable presque pur; mais en général ils préfèrent les lieux un peu bas et humides, les vallons ou le voisinage des fleuves et des ruisseaux. Les soins à donner aux Dattiers lorsqu'ils sont développés , consistent simplement à bêcher la terre à deux ou trois pieds autour de leur tronc, et surtout à les arroser convenablement. Cette dernière

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partie de la culture du Dattier est la plus iiii]iortante; en effet, comme ces arbres vtSfîùtenl sous un ciel brûlant et dans des contrées où la pluie tombe rarement, il est nécessaire de suppléera ce manque d'humidité naturelle par des arrosements réguliers. Pour cela on pratique, au pied de chaque arbre, une sorte de petit bassin de trois à quatre pieds de diamètre et de six pouces environ de piofondeur; tous ces bassins communiquent les uns avec les autres, au moyen de petites riyoles; en sorte (|u"on peut, par des irrigations régulières, les arroser avec promptitude et facilité. En général , l'eau saumàtre de la mer est peu favorable à la végétation de cet arbre. Cependant en ligypte, en Barbarie, on en trouve des plantations au voisinage de la mer et des sources d'eau salée ; mais elles végètent en grande partie aux dépens de l'eau douce dont le sable est imbibé. Dans l'état sauvage, les Dattiers qui croissent çù et là se fécondent réciproquement et sans aucune difficulté. La poussière légère qui forme leur pollen est facilement transportée par les vents , des individus mâles sur les individus femelles, et la fécondation a ainsi lieu à dislance. Il n'en est pas de même pour les Dattiers cultivés. Us ne peuvent se féconder eux-mêmes; il faut que l'homme vienne au secours de la nature et supplée à son impuissance.Quoiquau milieu d'une plantation de Dalliei s femelles il y ait un assez grand nombre de pieds mâles, qui chaque année se couvrent de fleurs innombrables, les individus femelles ne noueraient point leurs fruits, si la fécondation avait été abandonnée aux chances du hasard. Ce fait est connu dès la plus haute. antiquité. Théophraste et Pline en parlent dans des termes non équivoques; ce qui semble annoncer que ces philoso|)lies avaient déjà quelques connaissances des sexes et de la fécondation des végétaux. On pense bien que cette pratique importante n'est point négligée dans les contrées où l'on cultive en grand le Palmier-Dattier. En Orient, dans l'Egypte et la Uarbarie, quand ces Palmiers commencent à fleurir, les habitants recueillent avec soin les régimes de Heurs mâles avant qu'elles n'aient laissé échapper leur pollen, lis montent jusqu'au sommet des pieds femelles, et là ils secouent'les Heurs mâles sur les régimes de ceux-ci, et attachent ensuite des grappes des premières au milieu des fleurs femelles. Par ce procédé, on féconde successivement les diverses grappes d'un Dattier, qui fleuiissent les unes après les autres. Les Dattiers, dit Delile dans sa Flore d'Egypte, ne donnèrent pas de fruits aux environs du Kaiie, en l'année 1800. parce qu'ils ne purent être fécondés comme de coutume. Les troupes françaises et musulmanes avaient été en guerre au printemps, et s'étaient répandues dans la campagne où les travaux de l'agriculture avaient manqué. Les grappes des Dattiers ayant fleuri, ne furent point artificiellement fécondées et restèrent sans fruits sur les arbres. La poussiéie des Heurs de quelques Dattiers mâles épars çà et là, chassée par les venis, n'avait rendu féconde aucune grappe de Heurs femelles. Cependant cette poussière légère, en volant fort loin, suffit pour féconder [ les Dattiers sauvages, dont les fruits, petits et acerbes, ' ne sont pas bons à manger. Cette fécondation peut même i avoir lieu entre des individus fort éloignés les uns des I

autres. Le potîte Ponianus a orné des couleurs d'une poésie brillante l'histoire de deux Palmiers dont un, femelle, était cultivé à Otrante, et l'autre, mâle, à Brindes, c'est-à-dire à quinze lieues plus loin. Ce dernier parvint à féconder le Dattier d'Otrantc qui se couvrit de fruits délicieux. La fécondation avait eu lieu malgré cet énorme éloignenient. Les vents s'étaient chargés de transporter la poussière fécondante de l'individu mâle, qui avait fait pénétrer la vie et la fécondité dans les jeunes ovaires de l'arbre femelle. On possède plusieurs autres exemples analogues.

Quatre nu cinq mois après que la fécondation a été opérée, les Dattiers commencent à fléchir sous le poids des grappes de fruits mûrs. Le nombre de ces grappes varie beaucoup. On en compte généralement trois ou quatre sur un même pied. Quelques individus en présentent même jusqu'à dix et douze. Chacune de ces grappes pèse depuis vingt jus(|u'à cinquante livres. Avant que les fruits n'aient acquis tout leur volume, on a soin de relever les régimes et de les attacher à la base des feuilles, pour empêcher qu'elles ne soient meurtries et froissées par la violence des vents. Les Dattes doivent toujours être cueillies un peu avant leur parfaite maturité, afin de pouvoir se conserver. En effet, celles que l'on destine à être mangées fraîches et que l'on cueille lorsqu'elles sont bien mûres, ne peuvent se conserver longtemps; elles finissent par fermenter. Lorsqu'on veut conserver les Dattes, on les fait sécher au soleil en les étendant sur des nattes. Ce sont ces Dattes qu'on apporte en Europe du Levant et des Étals barbaresiiues. Mais ces fruits, ainsi desséchés, ne donnent qu'une idée bien imparfaite de la saveur douce et agréable des Dattes fraîches et cueillies à leur parfaite maturité. On fait aussi avec ces fruits, une sorte de pâte que l'on presse fortement et que l'on conserve dans des paniers faits avec des feuilles de l'arbre. Cette pâte csl suitout utile pour l'usage des caravanes.

Les Dattes forment la base de la nourriture des peuples où le Dattier est l'objet d'une grande culture. Aussi est-ce le seul arbie que les Égyptiens soignent et cultivent. En Europe et surtout dans la partie tempérée et seplentriona le, elles ne son t guère employées que comme médicament. Rangées parmi les fruits mucoso- sucrés, on les a prescrites en forme de décoction, dans les maladies de poitrine, la dyssenlerie et toutes les maladies où l'usage des adoucissants est utile. On leur associe, en général, les Raisins secs, les Jujubes et l»s Figues, qui peuvent fort bien les remplacer. Mais dans les contrées brûlantes, que le Dattier décore et rafraîchit de son ombrage, toutes les parties de cet arbre rendent des services aussi importants que variés. Non-seulement ses fruits sont employés à la nourriture de l'homme, mais lors(prils sont bien mûrs, on en extrait, par le moyen d'une forte pression , une sorte de sirop ou de miel épais qui sert soit à conserver les Dattes fraîches ou d'autres fruits, soit à préparer des gelées ou des pâtisseries d'un goût fort agréable. Les amandes contenues dans ces fruits, et qui sont d'une excessive dureté, peuvent être ramollies lorsqu'on les fait bouillir dans l'eau; on les emploie, dans cet état, à la nourriture des Bœufs. On fait avec les Dattes de fort bonne eau de-vie, en les

laissant fermenler avec une cerlaine quantité d'eau. Celte eau-de-vie remplace parfaitement celle que l'on prépare avec le vin ou les graines des Céréales. Quant au vin de Dattier, qu'on nomme Lakhhy en Egypte, il se prépare avec la sève de l'arbre que l'on fait convenablement fermenter. Pour oblenir celte sève en abondance, on pratique au sommet du slipe une entaille circulaire, profonde, à laquelle on adapte un vase où se rend la sève qui s'en écoule. On recouvre le tout de feuilles de Palmier pour garantir la plaie des ardeurs du soleil qui dessécherait promptement la source de la liqueur. lUais, pour faire celte opération, on ne doit choisir que les vieux pieds qui sont devenus inféconds, puisqu'alors on ne tarde pas à les épuiser et à les faire périr. En Egypte, on n'emploie pas d'aulre vinaigre que celui qu'on prépare avec les Dattes fermentées.

De même que la plupart des autres Palmiers, le slipe du Dattier présente au centre du faisceau qui le termine, un bourgeon conique, formé des rudiments des feuilles, et qu'on désigne sous le nom de Chou palmiste. Cette partie est charnue; elle offre à peu près la même saveur que la Châtaigne crue. On la mange rarement, parce qu'on ne peut l'enlever sans faire périr l'arbre. Les autres parties du Dattier servent à différents usages économiques. Ainsi on fait des cordages, des tissus grossiers, des corbeilles, etc., avec les fibres qui existent à la base des feuilles et avec les grappes dont on a détaché les fruits. Le bois du Dattier, ainsi que l'observe Delile, sert aux construclions, mais n'est pas propre à faire des planches; il est composé de fibres longitudinales, réunies par l'interposition de la moelle, plus abondante dans le cœur du tronc qu'à sa circonférence. 11 en résulte que le slipe est dur extérieurement où ses fibres sont serrées, el qu'il est mou intérieurement où la moelle se poiirrit facilement. La meilleure manière d'emi)loyer ce bois est de fendre le tronc dans sa longueur en deux morceaux, et de s'en servir lorsqu'ils sont secs et légers, pour <|u'ils se conservent et ne fléchissent pas; ils sont usités pour les planchers et les terrasses des maisons.

DATURA. Dattira. lOT. Genre de la famille des Solanées et de la Pentandrie Monogynie. Le nom Datura, conservé par Linné qui l'a même imposé génériquement au groupe dont nous décrivons l'une des principales espèces, paraît avoir élé fort anciennement appliqué à divers membres de la famille des Solanèes; C. Bauhin, dans son Pinax, en désigne, sous ce nom, plusieurs qui, vraisemblablement, étaient déjà connues bien longtemps avant lui, et Touruefort en a formé son genre Stiamoniiiin. Ce nom Daltira, suivant Adansoa et Venlenat, serait d'origine turque ou arabe; il exprimerait une propriété aphrodisiaque que les femmes indiennes auraient reconnues dans les graines deplusieurs espèces du genre. Nous ignorons jusqu'à quel point est fondée la croyance ou l'expéiience des Indiennes, et quoique l'on admette généralement dans les Daluras une action vive et prompte sur l'économie animale, nous avons toujours observé que celle action, loin d'être stimulante, était plulôt narcotique et assoupissante. On sait que, dans les repaires où le voyageur est

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artificieusement attiré par des dehors d'hospitalité, les brigands dissolvent dans le vin les principes actifs des Daluras pour assoupir leurs victimes, les dépouiller impunément et les transporlerloindu théâtre du crime, avant qu'elles soient sorties de l'état de stupeur où les auraient plongées le principe morbifique. Quelques auteurs ont traduit le mot dahira par stramoine, de slramonivm ou (îT(5ux-"!v/;.avizov,quiexprime un état violent de malaise ; et, en effet, les Daluras contiennent lous des principes délétères susceptibles d'amener cet élat, et même d'occasionner la mort. Le nombre des Daluras actuellement connus, forme une vingtaine; la plupart exhalent une odeur désagréable et nauséabonde qui est un premier indice de leurs propriétés; mais, par une opposition singulière, les fleurs de quelques espèces répandent un parfum des plus suaves. Ils offrent pour caractères : un calice Uibuleux, allongé, anguleux, à cinq lobes peu profonds, caduc à l'exception de sa partie inférieure qui persiste et forme un petit bourrelet saillant; la corolle est monopétale, longuement lubnleuse, évasée supérieurement et formant cinq plis longitudinaux, terminés chacun par un lobe acuminé; les étamines sont au nombre de cinq, leurs filets sont très-longs; leurs anthères terminales, oblongues et à deux loges, s'ouvrantpar une fente longitudinale ; l'ovaire est libre, sessile, à quatre loges multiovulées ; il est surmonté d'un long style que termine un stigmate un peu lobé ; le fruit esl une capsule globuleuse ou ovoïde, tantôt lisse, tantôt hérissée de pointes roides ; elle est à quatre loges, communiquant ensemble deux à deux, ce qui semble annoncer que dans la réalité cette capsule ne doit en avoii^que deux, ainsi que cela s'observe dans lous les autres genres de la famille des Solanèes. Cette capsule s'ouvre en quatre valves, quelquefois en deux seulement, ou même elle se rompt irrégulièrement ; les graines sont très-nombreuses, réniformes, noirâtres, chagrinées, attachées à quatre gros trophospermes saillants dans chaque loge. On i)eut diviser les espèces de ce genre en deux sections, dont l'une comprend celles dont le fruit est lisse, el l'autre toutes celles dont le fruit est épineux.

t Espèces à capsules lisses.

Datdra en arbre. Datura aiborea, L. Cette espèce, originaire du Pérou , en a été rapportée par Dombey ; elle s'élève à huit' ou dix pieds; sa lige est ligneuse, grisâtre et lisse extérieurement, rameuse, portant des feuilles alternes ou quelquefois géminées dans la partie supérieure des rameaux; ces feuilles sont pétiolées, obovales, lancéolées, glabres supérieurement, un peu pubescentes à leur face inférieure; les Heurs sont blanches, très-grandes, pédonculées, pendantes et placées à l'aisselle des feuilles supérieures ; la forme tubuleuse et évasée de leur corolle a fait donner à ces fleurs le nom de Trompette du jugement. Elles répandent, surtout vers le soir, une odeur forte et agréable, mais qui cependant peut être dangereuse si on la respire longtemps; aussi doit-on éviter de laisser ces fleurs dans un appartement fermé, surtout dans une chambre à coucher. Cette belle plante n'exige que fort peu de soins ; elle doit être mise en pot ou eu caisse, dans une terre légère, mais substantielle; il faut la ren-

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ti'er pendant l'hiver dans l'orangei-ie. En effet, elle ne pourrait résister à la gelée. Au retour du printemps, on doit couper presque jusqu'à la tige tous les rameaux de l'année précédente. Par ce moyen, on fait nailre de nouvelles ramifications herbacées, sur lesquelles les fleurs se développenl plus facilement.

Datera lisse. Dutura lœvis, L. Cette espèce est herbacée, annuelle; elle vient de r.\liyssinie ; sa tige est glabre , rameuse ; ses feuilles profondément dentées, glabres; ses Heurs sont blanches, axillaircs; sa capsule est globuleuse et lisse.

Datura cornu. Datura ceralocaula, Jacq. Schœn., 3, 48, t. 539; Lindl., Bot. Rcgisl. 1031. La plante est annuelle; ses tiges sont droites, étalées, épaisses, cylindriques , rameuses, dichotomes, à deux cornes, glabres , purpurines , couvertes d'une poussière glauque, nues inférieurement; les rameaux supérieurs sont grêles et flexueux. Les feuilles sont alternes, longuement péliolées , ovales-lancéolées, veinées, tomenteuscs en dessous : les inférieures ovales, les supérieures ovales-lancéolées. Les fleurs prennent naissance entre les feuilles et les rameaux; elles sont solitaires, portées sur de courts pédoncules épaissis à leur partie supérieure, droits lors de l'épanouissement des fleurs, inclinés après. Le calice est monophylle, tubulé, nervure, un peu courbé, et fendu latéralement. La corolle est trois fois plus longue que le calice; son tube est courbé, impressionné de cinq sillons et de cinq angles saillants, verdâlre à sa base; son limbe a cinq ponces au moins d'étendue; il est étalé, blanchàlre, relevé par cinq angles rayonnants, purpurins, et marqué d'un semblable nombre de sillons ayant la même nuance et la même disposition; les boids sont ondulés et garnis de dix dents aiguës. Les cinq élamines ont leurs filaments un peu plus courts que la corolle, supportant des anthères à quatre angles et à quatre sillons. L'ovaire est supérieur, ovale, surmonté d'un style droit, filiforme, un l)eu plus long que les élamines, terminé par un stigmate obtus, ù deux lames. La capsule est glabre, ovale, lisse, obtuse, pendante, de la grosseur d'une forte noix, à quatre loges polyspermes. On sème le Datura ceralocaula de bonne heure, sur couche, et on repique les jeunes plantes lorsqu'elles sont susceptibles de supporter, sans danger, la transplantation. Toute nature de terrain lui convient.

•j-f- Espèces à capsules hérissées.

Datera Stramoine. Datura Slramonium, L. On désigne cette espèce sous les noms de Pomme épineuse, de Slramoine, etc. Elle est commune dans les lieux incultes; sa tige, haute de trois à cinq i)ieds, est rameuse, dichotome ; ses feuilles sont alteiiiesou géminées, grandes, ovales, aigués, péliolées, sinuées et anguleuses sur les bords, un jieu pubescenles; les Heurs blanches ou violacées sont très-grandes, extra-axillaires, solitaires, dressées cl poitées sur un court pédoncule pubescent; leur calice est tubuleux, allongé, marqué de cinq cotes très-saillantes , qui aboutissent supérieurement à cinq dents inégales et aiguës; la corolle a environ trois pouces de longueur; elle est infundibuliforme et anguleuse; les élamines sont incluses; le fruit est une capsule ovoïde, presque pyramidale, environnée à sa base par

la partie inférieure du calice; elle est hérissée de pointes roides, offre quatre loges incomplètes, et s'ouvre en quatre valves; les graines sont brunes, réniformes et chagrinées. Cette plante est fort utile à bien connaître; en effet, c'est un violent poison ; ses feuilles répandent une odeur nauséabonde et vireuse; leur saveur est ûcre et amère; elles développent les accidents des poisons narcolico-icres. On y remédie en faisant immédiatement vomir le malade, et en administrant ensuite des boissons acidulées, avec le citron, avec le vinaigre, etc.; s'il se développe quelques symptômes particuliers, on les combal par des moyens appropriés. De même que beaiicoup d'autres végétaux vénéneux, la Pomme épineuse a été introduite dans la matière médicale; son mode d'action sur l'économie animale, est analogue ù celui de la lielladone et de la Jusi|uianie, qui appartiennent aussi à la famille des Solanées. C'est surtout contre les maladies du système nerveux, les spasmes, les convulsions, etc., que certains médecins disent avoir employé la Pomme épineuse avec succès; mais cependant on y a rarement recours aujourd'hui. L'extrait qui est la préparation dont on fait usage, s'administre à des doses très-faibles , que l'on augmente graduellement. Ainsi on commencera par un ù deux grains, et l'on arrivera jusqu'à un scrupule, et même au delà progressivement. Les graines de cette plante possèdent de semblables propriétés narcotiques; on sait même qu'à plusieurs reprises des malfaiteurs s'en sont servis, en les mêlant aux aliments, aux boissons, ou au tabac, pour plonger leurs victimes dans un état de stupeurdonlils profitaient pour les dépouiller.

Datura fastueux. Datura fastuosa, L. Cette espèce herbacée et annuelle, est originaire d'Egypte. Quoiqu'elle soit aussi vénéneuse que la précédente, on la cultive dans les jardins où elle produit un très bel effet; sa lige est haute de trois à quatre pieds, très-rameuse, glabre, et souvent d'une couleur pourpre foncée; ses feuilles sont péliolées, ovales, aiguts, sinueuses sur les bords, géminées dans la partie supérieure des ramitications de la tige; ses fleurs sont très-grandes, violacées en dehors, odorantes; elles doublent assez facilement; il leur succède des capsules presque globuleuses, légèrement épineuses.

Datura fëroce. Daliira ferox, Lin. Il ressemble beaucoup au Datura Stramonium par son port; mais ses feuilles sont bien moins profondément sinueuses, plus velues ; ses fleurs plus petites, et ses fruits hérissés de pointes plus fortes, dont les supérieures sont les plus longues , et convergent les unes vers les autres. On dit cette espèce originaire de la Chine. Elle est annuelle.

Datura Tatuia. Datura Talula, L. Cette espèce est originaire de l'Inde. On la cultive dans les jardins, d'où elle est sortie pour se répandre dans les campagnes, et s'y est, en quelque sorte, naturalisée. Ainsi, Requien, botaniste qui a fait une étude spéciale des plantes des environs d'Avignon , sa patrie, l'a trouvée près du pont du Gard. On l'a également observée sur plusieurs autres points de l'Europe méridionale. Celle plante tient en quelque sorte le milieu entre le Datura fastueux, dont elle a les grandes fleurs, et le Datura

Slramoine, par sa capsule ovoïde, hérissée de pointes plus longues et plus grêles.

Le Datcra-Métel, si commun dans l'Inde, et remarquable par l'odeur infecte de ses feuilles, appartient encore à celle section.

Dans le magnitiiiue ouvrage de Humboldt, intitulé Nova Gênera el Species Plantanim , le professeur Kunth a décrit plusieurs espèces nouvelles appartenant à cette section; tels sont, 1° le Daiura de Giiwaqbh, Datura Gua/aquilensis, dont la tige rameuse et rougeâtre porte des feuilles ovales, aiguës, pubescenles, sinueuses, de grandes fleurs rougeâtres, pédonculées, dont le calice est fendu latéralement. Elle croît au Pérou. — 2" Le Datdra a feuilles de Chêne, Daii/,ra quercifolia, qui a été trouvé au Mexique.

DAUBENTONIA. MAM. Geoffroy de Saint-Hilaire a proposé de donner ce nom à l'Aye-Aye.

DACBEiNTONlE. Danbentonia. bot. Genre de la famille des Légumineuses, Décandrie Diadelphie, établi par Dec. pour deux plantes que Willd. et Cavan. ont tour à tour placées dans les genres Piscidia et /Eschinoniene. Caractères : calice campanule, un peu tronqué, à cinq dents très-peliles; corolle papilionacée; carène très-obtuse; étendard presque rond, stipité; élamines diadelpbes; un filament libre, les neuf autres réunis en gaine et coudés vers la base; style filiforme, glabre; légume grandement pédicellé, oblong, comprimé, coriace; semences ovales. Le Baubentonia piinicea est un arbrisseau à feuilles brusquement pinnées sur deux rangs composés de huit ou neuf paires de folioles trèscourtes; les Heurs, d'un rouge ponceau, sont réunies en grappes simples. Le Daubentonia longifotia a onze ou douze rangs de folioles à chaque feuille, et les fleurs jaunes. Les deux espèces sont du Mexique.

DATUKINE. BOT. Alcaloïde particulier, obtenu par Brandes de l'analyse du Datura Stramonium, ou plutôt de ses graines. C'est une substance cristalline, limpide ou blanchâtre, presque insoluble dans l'eau et dans l'alcool froid, susceptible de s'unir aux acides et de former des sels très-solubles, d'où l'on peut précipiter la Daturine par les alcalis; ses propriétés sont extrêmement actives et analogues à celles de la Slramoine.

DAUBENYE. Daubenya. bot. Genre de la famille des Asphodélées, de l'Ilexandrie Monogynie, établi par le professeur Lindley qui lui assigne pour caractères : inflorescence ombellée, sessile, épigée; périanthe tubuleux, avec son limbe bilabié; lèvre supérieure petite et tridentée, Pinférieure plus grande et tripartite; fleurs de la circonférence plus grandes que celles du centre de l'ombelle; six étamines inégales, adhérentes à la base des segments de la corolle, déclines et souvent presque monadelphes dans les fleurs du centre; ovaire allongé, presque triangulaire, avec les angles arrondis, à trois loges polyspermes; style rétréci; stigmate simple. Une plante singulière, envoyée du cap de Bonne-Espérance, où elle est indigène, à MM. Young d'Epsom, sous le nom de Massonia lutea, a donné naissance à ce genre. Par un examen plus approfondi des organes caractéristiques qu'en a fait Lindley, il s'est convaincu que l'on avait prononcé un peu légèrement en donnant à cette plante le nom d'un genre dans lequel on ne pouvait

pas rigoureusement l'admettre, et en conséquence il en a fait le type d'un genre distinct, qu'il a dédié au V' Ch. Daubeny, professeur de botanique à Oxford.

Dadbente a fledrs dorées. Daubenya aurata, Bot. regist., 1813. Ses racines naissent d'un bulbe arrondi d'où sortent deux feuilles épaisses, opposées, engainantes, lancéolées, ondulées, plissées, presque acuminées, d'un vert intense et brillant, longues de quatre pouces environ et larges de deux. Les fleurs sont sessiles, épygines, réunies en une sorte d'ombelle très-serrée. Le périanthe est lubuleux, avec le limbe partagé en deux lèvres, dont la supérieure très-courle et tridentée, l'inférieure est beaucoup plus grande, divisée en trois lobes arrondis, les latéraux un peu plus courts; toutes ces fleurs sont disposées de manière que la lèvre inférieure étale ses longues découpures à Pextérieur, tandis que le centre de l'ombelle est occupé par l'autre lèvre et les organes de la reproduction, ainsi que par des fleurs dont les deux lèvres sont presque égales en longueur, l'inférieure paraissant n'avoir pu accomplir son entier déveloiiperaent. Les étamines, au nombre de six, sont insérées à la base des divisions du périanthe et opposées à ces mêmes divisions; elles sont inégales, déclinées, avec les filaments ariondis, de la longueur de la moitié des grandes divisions , d'un jaune doré et surmontées par des anthères à deux loges, ovales, de la même couleur et fixées par le dos. L'ovaire est oblong, presque triangulaire, rétréci supérieurement où il est surmonté par un style fiUforme, moins long que les étamines et couronné par un stigmate capité ; chacune des trois loges renferme cinq ovules arrondis, attachés à la courte cloison du placenta, et qui deviennent des graines lors de la transformation de cet ovaire en capsule. On cultive cette plante bulbeuse en orangerie, dans le terreau de bruyère, uni à une terre très-substantielle; elle se propage au moyen des cayeux qui naissent à côté du bulbe.

DADCUS. BOT. y. Carotte.

DAULIN. OIS. Synonyme vulgaire de Bécassine.

DAULLONTAS. bot. Syn. de yUexovata. ^. Vitex.

DAUMA. OIS. (Latham.) Espèce du genre Merle.

DAUN. BOT. Dans l'Inde, ce nom est donné à un grand nombre de plantes , et diverses épithètes l'accompagnent, selon les espèces que ces épithètes doivent caractériser. Ainsi DAUN-AssAPi est une Bégone; Daln-Boeïa, un Sainfoin; Dadiv-Colidabas, Dacn-Gorita, deux espèces de Jujubiers ; Daïk-Packou, un Polypode, etc.

HWPHm.Delphinus. mam. Genre de Cétacés, caractérisé par l'existence de dents aux deux mâchoires, en quelque nombre que ces dents soient à l'une des deux; car le nombre total peut varier de huit à cent soixante. Leur taille est moyenne ou même petite, relativement aux Baleines, animaux les plus voisins par leur organisation. C'est pour avoir compris dans ce genre des espèces qui lui sont étrangères, ou pour avoir confondu l'état édenté par l'âge, avec Pétat adulte de certaines espèces, qu'on a dit que certains Dauphins n'avaient pas de dents; car c'est surtout chez les Dauphins, parmi les Mammifères, que l'on observe peut être le plus, après l'Homme, la chute spontauée des dents par l'effet de l'âge.

On a déjà vu aux mois Baleine et Cachaiot quelle élail la siluation relative de l'ouverture des évenls dans ces deux genres; chez les Dauphins, comme on l'a déjà observé, révent, dirigé verticalement par la construction de ses parois osseuses (ce qui fournit un caractère distinctif d'avec les Baleines) , s'ouvre par un plan vertical, tangent au bord postérieur des yeux. Cet évent est en forme de croissant dans quelques espèces; il est en ligne droite dans plusieurs autres. — Le dos est, dans la plupart, pourvu d'une nageoire triangulaire, et même de deux, suivant Ilaffinesque ; mais cette nageoire, formée par un simple repli de la peau et ne renfermant que de la graisse, est susceptible de manquer par un très-grand nombre de causes, même aux espèces à qui elle est naturelle. Les mamelles sont inguinales, c'est-à-dire situées aux côtés des ouvertures anale et génitale; le bord de l'ouverture génitale est d'un rose vif dans les mâles et dans les femelles, car la verge des mâles, quoique pourvue d'un os qui en forme l'axe, est rétractile au fond d'une véritable vulve formée de deux bourrclels longitudinaux; de sorte qu'au premier coup d'œil il est assez difficile de distinguer des mâles les jeunes femelles. Nous avons, au mot Cétacé, exposé les modifications d'organisation qui, mécaniquement parlant, ont fait réellement un Poisson de tout Cétacé. Nous avons fait voir en quoi le mécanisme de leur natation diffère de celui de tous les Poissons, excepté celui des Plagioslomes el des Pleuronectes, qui s'en rapproche un peu. Nous n'ajouterons qu'une seule observation pour rectifier ce que nous avons dit de leur peau. .Ayant tout récemnrent observé celle du Marsouin, nous pouvons affirmer qu'il n'y a pas de corps mui|ueux appareirt. L'épiderme, d'une épaisseur uniforme sur tout le corps et transparent, adhère immédiatement à la face lisse ou exlérieure du derme, dont l'épaisseur est d'une ligne et demie à deux lignes. La face interne du derme est découpée , comme le serait du velours à cannelures Irès-minces et très-profondes pour l'épaisseur de l'étoffe; de sorte qu'en retournant sur sa face externe un lambeau de peau, tous ces feuillets s'écartent l'uir de l'autre. La hauteur de ces feuillets est d'environ la moitié ou même les deux tiei's de l'épaisseur du derme; leur direction n'est pas rectiligne; elle est ondulée par des courbes variables, qui rappellent celles qui se dessinent à la paume de nos doigts. La couleur de la peau des Dauphins est partout uniformément noire ou d'un brun foncé à la face feuilletée du derme. Là où la peau est blanche extérieurement, c'est que la couleur s'arrête à une certaine épaisseur suffisamment distante de la surface épidermique. Et, comme ce derme est un peu trans|)arent quand on en coupe de petites lames, on voit que suivant que la couleur s'approche plus ou moins de la surface, dans une région du corps, celte région est susceptible de mai'brures eldc nuances plus ou moins blarrches ou opaques. Sous le ventre, où la peau est blanche, la couleur noire s'arrête au fond des sillons qui séparent les feuillets du derme. On voit donc que la cause de la couleur des Dau|)hins et probablement des autres Cétacés r-ésidc dans un autre tissu qu'à la peau de l'Homme. Le derme adhère à la couche adipeuse, sous-jacente, par des lamelles de cette couche,

qui pénètrent dans les intervalles des feuillels. Cette partie de la couche adipeuse est beaucoup plus consistante que les parties plus intérieures; et comme sa tranche est assez compacte, on l'aura confondue avec le derme. Celui-ci s'en sépare avec une grande facilité, et sans retenir, même entre ses feuillets, aucun vestige de tissu adipeux ni de vaisseaux. Il se sépare du tissu adipeux aussi nettement que l'épiderme se détache de sa face externe.

Plusieur's espèces de Dauphins sont remarquables, non-seulemerrt|)ar la proportion avantageuse de l'air-c de la cavité cérébrale à celle de la face, ainsi que par la pr'oportion du volume hydrostatique du cerveau au volume du corps; mais aussi par la proportion du nombre et delà profondeur des circonvolutions cérébr-ales. Les enthousiasles des r-écits antiques, qui attr-ibuent aux Dauphins tant de sociabilité envers l'homme, et même de civilisation, auraient pu se prévaloir de la mesure assignée par Ebel et Sœmmering à l'intelligence des animaux. D'après cette mesure, déduite de l'excès du diarnètredu cerveau dans sa plus grande largeur sur le diamètre de la moelle allongée à sa base, le Dauphin aurait moitié plus d'intelligence que l'Homme. Ine pareille exagération aurait du suffire pour montrer la fausseté de la mesure dont elle est la conséquence. Or, malgré le nombre et la profondeur des circonvolutions cérébrales du Dauphin, son cerveau étant relativemenl à la masse totale moitié plus petit envir-on que celui de l'Homme, la part d'intelligence qui lui est assignée par le calcul des surfaces de son cerveau, relativement à la masse de son corps, est beaucoup plus près de la réalité que celle que lui assignaient les autres rapports proposés, rapports d'où résultaient les contradictions les plus choquantes avec la réalité. Voici ce qui a donné lieu à tous les contes anciens et modernes sur la sociabilité envers l'homme, la civilisation et même le goût délicat des Dauphins pour ceux des beaux-arts qui sont le plus intellectuels, la poésie et la musique. — Des troupes de Poissons pélagiens, d'autant plus nombreuses que les vaisseaux ont eux-mêmes des équipages plus nombreux, ou que les convois, les escadres et les Hottes le sont eu.x-raêmes davantage, escortent constamment les vaisseaux el les flottes err mai-che. Ces légions de Poissons sont attir-ées par les débris de cuisine el les vidanges des vaisseaux, où elles trouvent une pâture abondante. Les Dauphins, attachés sans cesse à la poursuite de ces Poissons , en même temps que les Squales, se rassemblent et se tiennent autour des vaisseaux pour avoir continuellement une proie prèle à prendr-e, el vivre ainsi plus commodément et plus sùr'ernent. L'homme n'est évidemment pour rien dans les motifs qui leur font escorter ou précéder les navires. Us ont pour compagnons de celte escorte les Squales si voraces, dont certes on ne sera pas lenlé de faii'e des amis de Ihomme; et cependant les motifs des Squales sotrl les mêmes que ceux des Dauphins. Mais comme, parla nécessité de leur organisation, les Dauphins n'attaquent que des proies d'un petit volume, l'homme, dupe de sa reconnaissance, leur a fait une vertu de celle nécessité, sans plus de fondement qu'il lui arrive quelquefois de le faire pour les individus de sa propre espèce. Enfin c'est

aussi par pur amusement entre eux que les Dauphins s'attachent à la route des vaisseaux. Quoy les a vus souvent, dans le voyage de l'Uranie, précéder la frégate filant de neuf à onze nœuds par heure, comme on voit les Chiens danois précéder les éqiiipaijes dans les rues et les promenades pul)Iiques. On voit ainsi deux, trois ou quatre Dauphins, quelquefois un tout seul s'exercer à lutter de vitesse, et par leurs zigzags entre-croisés sous la pointe du beaupré ( et cela pendant des journées entières), faire quatre ou cinq fois plus de route que le vaisseau qui file de quatre à cinq lieues par heure. Ce fait suflSl pour donner une idée de l'infatigable vitesse decesanimaux, de leurs prompts mouvemenls, de leurs sauts hors de la mer, de leur manière de nager en fendant l'eau avec la rapidité d'une flèche, etc.; mais après avoir suivi pendant plus ou moins longtemps le navire, après avoir for mé mille cercles alentour, il est rare que tous les Dauphins ne disparaissent point à la fois, en prenant une autre direction. Les marins croient qu'ils sont les précurseurs du mauvais temps, et qu'ils ont pour habitude de se diriger du côté d'où vient le vent.

Telle est la source de toutes les fables qui ont couru et courent encore sur les Dauphins, avec cette différence qu'aujourd'hui de tels contes n'ont de crédit que chez les gens qui u'ont point vu la mer. Cette assiduité des Dauphins à suivre les vaisseaux, pour y trouver plus commodément à vivre ou bien à les précéder par amusement, a donné lieu à Moreau de Jonnès de faire une observation importante en zoologie : c'est que dans la même troupe de Dauphins de la même espèce , tous les individus n'ont pas la même répartition de taches ou de couleurs sur le corps; de sorte qu'il ne faut pas faire un caractère spécifique de ces différences purement individuelles et toutes superficielles. Et comme les caractères spécifiques extérieurs sont encore plus incertains dans les Cétacés que dans les autres Mammifères, il s'ensuit la nécessité de trouver des moyens de détermination, entièrement positifs et indépendants de ces accidents individuels.

C'est ce qu'a fait Cuvier dans le tome viir, 1"= partie de ses Ossements fossiles. Nous allons extraire de son ouvrage d'abord les caractères génériques; nous donnerons les caractères spécifiques en traitant de chaque espèce. Le squelette seul , comme nous l'avons dit ailleurs, offre ces caractères positifs et permanents. Et comme les traits les plus personnels de l'espèce se prononcent toujours davantage dans le crâne qu'ailleurs, c'est principalement de la considération des crânes que se tirent les motifs de détermination.

Dans les Dauphins, le crâne est, dit-Il (p. 290), trèsélevé, très-court, très-bombé en arrière; la crête occipitale entoure le haut de la tête, et descend de chaque coté sur le milieu des crêtes temporales qui se portent beaucoup plus en arrière qu'elle. Cette face occipitale, si grande et si bombée, est formée par l'os du même nom, par l'inlerpariétal et les pariélaux, tous réunis de bonne heure en une seule pièce. Les pariétaux descendent de chaque côlé, dans la tempe entre le temporal et le frontal, et ils y atteignent au sphénoïde postérieur. Eu avant et en dessus, ces pariétaux se terminent der-

rière la crête occipitale, et les maxillaires s'en rapprochent beaucoup de leur côté. Il s'ensuit que le frontal, à l'extérieur, ne décrit qu'un bandeau transversal, fort étroit, qui se dilate à chaque extrémité pour former le plafond de l'orbite. Mais après l'enlèvement du maxillaire qui double en dessus et ce plafond et presque toute la face antérieure du crâne, on volt que le frontal est en réalité beaucoup plus large qu'il ne semble à l'extérieur. Comme dans les autres Cétacés, les deux os du nez, plus ou moins cubiques, sont enchâssés dans deux trous au milieu du bandeau du frontal. Les narines plongent verticalement au-devant de ces os; leur paroi postérieure est formée par le corps de l'ethmoide, le plus souvent tout à fait imperforé, et qui n'a jamais que des trous vasculaires. Le vomer, cloison des narines, tient à l'ethmoide comme à l'ordinaire. En arrière du museau, les maxillaires s'élargissent en une lame dilatée, qui recouvre toute la partie orbltaire et cérébrale du frontal, moins le bandeau qui les sépare de l'occipital. Ils contournent ainsi l'ouverture supérieure des narines jusqu'aux os du nez; les intermaxillaires bordent l'ouverture nasale en avant, et vont jusqu'au bout du museau sur et entre les maxillaires. Le jugal ferme l'orbite en dessous; articulé en avant sous le maxillaire et le frontal , il se prolonge en arrière sous forme de stylet articulé sur l'apophyse zygomatique du temporal. Celte apophyse est unie à l'apophyse postorbilaire du frontal; d'où il suit que toute l'arcade zygomatique proprement dite, appartient au temporal; le jugal n'y entre pas ; le rocher et la caisse, soudés de bonne heure en une seule pièce, sont suspendus par des ligaments à une voûte que forment des lames saillantes de l'occipital latéral, du basilaire, de l'aile ptérygoïde et du temporal ; le pariétal lui-même prend part à celte voûte ; le temporal se trouve donc presque exclu des parois cérébrales (^. Crane). — Les dents finissant bien en avant de l'orbite, le maxillaire ne fait que plafonner l'orbile. Il ne lui donne pas de paroi inférieure ou latérale; les palatins et les apophyses ptérygoïdes internes développent, de chaque côté des airière-narines, de vastes cellules tapissées par des sacs de membranes muqueuses comme les sinus maxillaires, frontaux, etc., dans les autres Mammifères. Chaque palatin se replie sur lui-même en un anneau Irrégulier pour former la base de cette grande caverne que le maxillaire plafonne en haut. C'est dans cette caverne osseuse qu'on a placé le sens suppléinenlaire de l'odorat des Dauphins; mais on ne l'a fait qu'arbitrairement, n'ayant pas décrit la structure analomique de cette partie, surtout sous le rapport des nerfs qu'on suppose s'y distribuer. Le trou par où passe la deuxième branche de la cinquième jiaire, n'est pas sous-orbilaire, mais ouvert au-dessus de la voûte de l'orbite. H n'y a ni os ni trou lacrymal. Le trou optique est médiocre, et dans le sphénoïde, comme à l'ordinaire. La hauteur de la cavité cérébrale surpasse sa longueur; la selle turcique est presque effacée ; les fosses cérébelleuses sont les plus creuses. Il y a souvent une tente cérébelleuse très-saillante dans son milieu ; la faux est toujours osseuse en arrière; il n'y a pas de crête de coq à l'ethmoide; à peine aperçoit-on quelques petits trous à la lame cri-

û'JO

lik'usc qui est dans quelques espèces tout à fait imperforée. Nous avons déjà dit que jamais les deux côtés de la tête ne sont parfaitement symétriques dans les Cétacés proprement dits.

Nous avons, au mot Cétacés, donné un aperçu de la distribution ([éograpliique des espèces de cet ordre. Nous avons dit qu'il n'y avait aucune raison de croire que cette distribution fùl aujourd'hui différente ((u'ellc n'était autrefois; que ce qui avait jeté tant de confusion sur celte question, c'est que le mot de If^all et ses synonymes, chez les peuples germains et Scandinaves, étaient em))loyés comme Cetus chez les Romains, et Cctè chez les Grecs, pour désigner tous les grands animaux marins, Poissons ou Mammifères indistinctement. Noël de La Morinière (Hist. des pèches) a le premier signalé celte confusion, et entrepris de la débrouiller; mais il a trop restreint, en ne l'appliquant qu'au seul Marsouin, la pêche que faisait des Cétacés, durant le moyen âge, sur les côtes de Normandie et d'Angleterre, la société dite des Wallmans. Cuvier pense que même la Baleine franche habitait autrefois nos parages, et que des chasses trop meurtrières l'ont reléguée sous le pôle. Nous avons dit en substance aux mots Baleine et Cétacés quelles raisons empêchent d'adopter celte opinion. Nous développerons ces raisons dans un Mémoire particulier dont on peut se figurer les motifs et les preuves par notre Mémoire sur la patrie du Chameau ( Mémoires du Muséum, T. x). Ainsi donc, le Dauphin à bec, le Marsouin, l'Orque, l'Épaulard ou Grampus, et le Souffleur, les plus communs sur nos côtes, qu'ils n'ont pas quittées, quoique bien évidemment, d'après tous les texles des chroniiiues et Charles du moyen âge, ils fussent rol)jet de la pêche des Wallmans, sout les espèces dont il est seulement question dans ces chroni([ues et dans ces chartes à l'exclusion des Baleines franches. Et la rareté des fanons dans les arts industiiels, à cette époque, prouve bien que même les autres Baleines ne se péchaient pas sur nos côtes, au moins régulièrement.

Les sens des Dauphins paraissent aussi obtus que ceux des Baleines et des Cachalots. La cavité de l'oreille creusée dans la masse épaisse de leur rocher n'annonce qu'une ouïe très-imparfaite. L'odorat est nul, et le goût n'est guère plus développé, à en juger par la fixité de la langue. Le loucher n'y a pas d'appareil spécial. La vue seul parait devoir une certaine perfection au miroir choroidien, qui garnit l'intérieur de l'œil. Cuvier a trouvé dans le Dauphin, que la surface concave de la choroïde est d'un gris de nacre. Il en est probablement de même dans les autres espèces. Celte même couleur peint aussi la choroïde de la Baleine qu'il est si difficile d'approcher dans l'eau diaphane, et qu'on approche au contraire très-aisément dans l'eau verte. Or, il n'y a pas de raison pour qu'elle entende mieux daus l'uue de ces eaux que dans l'autre.

Avant la révision que Cuvier a faite des espèces de ce genre, d'après une comparaison de têtes bien conservées, révision qui n'eût été que conjecturale sans les collections dont il dispose, Blaiuville comi)tait, non compris les sept espèces de son sous-genre Hétérodou, dont la seule espèce authentique forme le type du genre

Hypéroodon de Cuvier, vingt-cinq espèces de Dauphins, réparties en cinq sous genres : Delpliinorbinque, Dauphin proprement dit, Oxypière, Marsouin et Delphinaptère. On va voir que ces vingl-cinq espèces se réduisent à dix-sept ou dix-huit authentiques. Il eût été bien facile, dit Cuvier, en profitant de figures grossières, faites d'imagination ou de souvenir, et de descriptions confuses et tronquées, et en accumulant des synonymes qui ne sont que des copies les uns des autres, de faire paraître de longues listes d'espèces qui n'auraient aucune réalité, et que le moindre souffle de la critique renverserait ou mettrait en désordre. Mais c'est précisément la conduite conti'aire qu'il est, selon nous, nécessaire de tenir si l'on veut tirer l'histoire naturelle du chaos ofi elle est encore. Nous avons cru devoir citer ces réflexions qui s'adaptent si bien aussi à la physiologie et à l'anatomie , pour prévenir le soupçon que notre article serait incomplet sous le rapport zoologique parce qu'il contient presque moitié moins d'espèces (|ue ceux des autres Dictionnaires, bien que nous en ayons mentionné qui ne s'y trouvaient point.

La tête osseuse des Dauphins, dit encore Cuvier, varie par le plus ou moins de longueur et de largeur du museau. Ceux ù museau large ont la tète ronde, ou, comme on a dit. en forme de chaloupe, c'est-à-dire que la ligne du profil descend par une convexité uniforme jusqu'au bout du museau; ceux à museau grêle ont au contraire au bas de cette convexité, une partie plane, qui forme comme une sorte de bec. On a tiré de celte conformation des caractères propres à diviser ce genre en deux petites tribus ou sous-genres.

DAUPHin VULGAIRE. Delphtiius Dclphis, L., Cuvier, Ossem. foss.,2"édit., l'opart.; le crâne, pi. 21, fig. 9 et 10, T. V. Il est long de six ou sept pieds; son museau, à compter du front, égale en longueur le reste de sa tête; il porte à chaque mâchoire quarante-deux à quarantesept dents de chaque côté, et en a, par coniîéquent, cent soixante-huit à cent quatre-vingt-huit; ses pectorales sont médiocres, taillées en faux ; sa dorsale est poinlue, assez élevée ; sa caudale, en forme de croissant, est échancrée dans son milieu , à cornes peu aiguës et peu prolongées ; la queue, avant sa base, est un peu comprimée latéralement et carénée en dessus et en dessous; son dos est noirâtre, et ce noir fait un angle descendant vers le flanc; les flancs sont grisâtres et le ventre blanchâtre; sa tête osseuse se reconnaît parce que le museau est étroit, allongé, un peu moins long que la mâchoire inférieure, un peu convexe en dessus, plat en dessous; l'occiput esta peu près hémisphérique; la tempe se porte en arrière, par un angle saillant et arrondi; les os du nez sont un peu plus larges que longs; le milieu du palais forme une saillie longitudinale, étendue depuis sa pointe jusqu'à la pyramide des arrièrenarines; celte saillie est Hanquée de chaque côté d'un enfoncement longitudinal; le plafond du palais ne devient plan que vers la pointe. Cette espèce, nommée Oie de mer par les matelots à cause de la forme déprimée et aplatie de son museau , est la plus commune le long de nos côtes. Elle se trouve également dans l'Océan et la Méditerranée ; mais on est loin de savoir la limite des parages qu'elle habite. C'est elle que les uatura-

lisles supposent être le Daupliin des anciens, et cette supposition n'a d'autre fondement que l'aplatissement que présente le museau dans des figures de cet animal qui nous ont été conservées sur les monuments de la sculpture et de la peinture antiques. Il faut qu'une superstition particulière ou une singulière confusion ait porté les anciens à défigurer cet animal dans les représentations qu'ils en ont faites , car nulle part, soit sur les marbres, soit sur les médailles, soit même dans les peintures d'Herculanum où de nombreuses espèces de Poissons sont représentées avec une fidélité que l'on n'observe que depuis peu en histoire naturelle, le Dauphin n'est reconnaissable que comme animal symbolique. Tantôt on lui donne des écailles, tantôt une gueule de Squale, tantôt une queue verticale, etc. Ce qui aura donné lieu à ces disparates ne peut venir que de récits contradictoires sur des animaux très-différents, et cette conjecture est appuyée par cette observation de Cuvier, que Pline (lih. 9, cap. 7, 8 et 11) applique le nom de Dauphin à des animaux dont il cite des caractères qui n'appartiennent qu'à des Squales. Sénèque (i\V(<. Qiiest., lib. 9, cap. 2) et Athénée (lib. 7] font le même emploi du mot Dauphin. Ces passages corroborent les principes de critique que nous avons le premier établis au mot Cétacés sur la manière dont il faut entendre les récits des anciens sur les noms génériques de Cétè, de Cetus, et de /f'alt chez les auteurs du moyen âge, puisqu'ils ont pu appliquer si faussement les noms spécifiques.

Cuvier {loc. cil.) demande si l'on doit distinguer de cette espèce le Dauphin de Pernetly (Voyage aux Malouines, T. i, pi. Il,t5g. 1), vu près des îles du Cap- Vert, et dont le ventre paraît avoir été tacheté. — Blainville fait du Dauphin de Pernetly la quatrième espèce de son premier sous-genre.

DAtPBiN Souffleur des Norm.vnds. Delphinus Tursio, Fabricius, Faun. Groenl., p. 49; Lacép., Cet. Séparé en deux espèces dans le Dictionn. d'Hist. nat., où il figure comme huitième et neuvième espèces sous les noms de Grand Dauphin ou Souffleur, et de Dauphin Kesarnak. Il est long de neuf à dix pieds; il porte de chaque côté, à chaque mâchoire, vingt et une à vingttrois dents coniques, émoussées par le bout. Le crâne est représenté pU 21, fig. 5 et 4, des Oss. foss. ; il est à peu près au Bieclanensis ce qu'est le Dnbiits au Delphis. Son museau est plus large, plus court, plus déprimé, mais les tempes ont la même grandeur relative. Les os du nez sont plus petits et ne touchent pas aux intermaxillaires; le vomer s'y montre à deux endroits de la face inférieure, une fois entre les maxillaires et les palatins, et plus en avant entre les intermaxillaires et les maxillaires. Les vertèbres cervicales, quoique minces, sont toujours distinctes; il y a treize dorsales et trente-huit vertèbres terminales; il n'y a point de trou au premier os du sternum, et ses angles latéraux sont moins aigus que dans le précédent.

Dacphin de Geoffroy, Blainv., Delphinus frontatus, Cuv. 11 est moins connu que les deux précédents. La chute de sa convexité frontale est plus rapide ; le bec plus prononcé et plus comprimé. Geoffroy Saint-Hilaire en a rapporté de Lisbonne un individu entier qui a

I vingt-quatre ou vingt-cinq dents partout. Il est long de ' sept pieds, et son bec de huit ou dix pouces; son dos I est gris; le ventre et le tour des yeux blancs; les nageoires pectorales sont taillées en faux. Blainville a rapporté à cette espèce un Dauphin vu par Fréminville sur la côte du Brésil. Ce voyageur lui donne quinze pieds de long, une convexité très -forte sur la gueule dont la mâchoire formait un museau Irès-avancé. Il était de couleur cendrée, avec une raie blanche de chaque côté de la tête, laquelle raie s'étendait pour dessiner une grande tache de la même couleur sur le dos , sous la gorge et sous le ventre. Si le rapprochement est exact, cette espèce serait donc des mers du Brésil.

DACPum DE JjREDii.. Delphinus Bredanensis. Cuvier (loc. cit., p. 218 à 296) avait rapporté, par conjecture, à l'espèce précédente dont on ne connaît pas le crâne, des têtes (représentées, ibid., pi. 21, fig. 7 et 8) dont le museau est plus comprimé vers le bout que dans le Dauphin vulgaire, et un peu plus élargi vers son quart supérieur, le lobe du devant de l'orbite plus marqué et séparé du museau par une grande échancrure, les os du nez plus larges, moins saillants et touchant aux intermaxillaires, la crête occipitale plus effacée, la tempe beaucoup plus grande et l'occiput plus élroit. 11 n'a (lue vingt et une, vingt-deux ou vingt-trois dents de chaque côté à chaque mâchoire, de quatre-vingt-quatre à quatre-vingt-douze en tout, mais plus grosses qu'au Dauphin vulgaire. Van Breda vient de communiquer à Cuvier la véritable espèce dont proviennent ces têtes : ce dessin est accompagné de la figure même de la tète de l'individu d'après lequel il est fait. U en résulte que ce Dauphin n'a pas le front relevé, mais que le profil de son crâne se perd insensiblement dans celui de son museau. La dorsale est élevée en demi -croissant, à peu près sur le milieu de la longueur du corps. Dans le Delphinus frontatus , la dorsale est presque aussi en arrière que dans le Dauphin du Gange. L'individu dessiné par Breda avait huit pieds de long. Le dessin d'un animal très-semblable a aussi été envoyé de Brest.

DACpnm COURONNÉ. Delphinus coronatus , Fréminville, Nouveau Bull, de la Soc. phil., noSG, I. 5, pi. ), fig. 2. — Cuvier admet cette espèce à bec grêle, à mâchoire supérieure plus courte que l'autre, entièrement noire et ma rquée de deux cercles jaunes et concentriques sur le front, d'après une note rédigée dans la mer Glaciale, en 1806, par Fréminville, oflicierde marine. Le plus grand de ces cercles a deux pieds neuf pouces de diamètre, et l'intérieur à peu près deux pieds un pouce. La mâchoire supérieure a quinze dents de chaque côté, et Pinférieure vingt-quatre, toutes très-aigues. La dorsale , en forme de demi - croissant , est plus près de la queue que de la tête; la caudale est en croissant. Il y en a des individus de trente à trente- six pieds de longueur. On ne connaît point la tête osseuse. Fréminville a commencé à rencontrer cette espèce vers le soixantequatorzième degré. Mais c'est surtout entre les îles de glace, voisines du Spitzberg qu'il l'a vue en troupes nombreuses.

Daupuin du Gange. Delphinus gangeticus, Lebeck, Nouv. Mém. de la Soc. des Nat. de Berlin , t. m, pi. 2 ; Roxburgh, Mém. de la Soc. Asiat. de Calcutta, T. vu,

iei-S", 11» 4 et pi. ô; son orAne, Oss. foss. , loc. cit. , pi. 8, Oet 10. —De tons les Dauphins à bec, c'est celui qui l'a le plus long. Cette longueur forme plus des trois cinquièmes de la lOte. Ce bec est mince, comprimé latéralement et plus gros au bout qu'au milieu. La nageoire dorsale est extrêmement courte et peu saillante; les pectorales, élargies et tronquées au bout, ont à peu près la forme d'éventails. Il porte environ trente dents de chaque coté, en tout cent vingt. Durant la jeunesse, elles sont toutes longues, droites, comprimées, très-aiguBs, et les antérieures plus longues que les postérieures. Avec l'âge elles s'usent par la pointe et s'élargissent par la base où elles prennent une forme striée et des sortes de très-petites racines, étant ainsi préparées à tomber lorsque leur cavité est remplie. L'évent forme une ligne droite et longitudinale. Le plus grand individu, récemment envoyé par Duvaucel , est long de sept pieds trois pouces. Le museau a quatorze pouces jusqu'à la chute du front et dix-sept jusqu'à la commissure. La pectorale est longue d'un pied et large au bout de sept à huit pouces. Le caractère le plus frappant du crâne de celte espèce, c'est que les maxillaires, après avoir recouvert, comme dans les autres Dauphins, les frontaux jusqu'aux crêtes temporales, produisent chacun une grande paroi osseuse qui se redresse, s'incline vers la paroi ojjposée et forme avec elle une grande voûte sur le dessus de l'appareil éjac:ulateur des vents. Ces deux lames osseuses sont presque en contact sur les deux tiers antérieurs de leur bord interne, mais en arrière elles s'écartent pour laisser passage à l'évent. C'est la ligne de réunion de ces deux parois osseuses qui soutient la carène que le front de cet animal montre à l'extérieur. La plus grande partie de l'espace qu'elles recouvrent, est remplie d'unesubstance fibreuse, serrée et assez dure. Cette tèle se dislingue en outre de toutes les autres du même genre par la grandeur de l'apophyse zygomatique du temporal, proportionnée à la grandeur de la lem|)e. Celle apophyse va aussi se joindre à l'apophyse post-orbitaire du frontal. Celle apophyse est au moins double de celle des Dauphins où elle a le plus de grandeur. La masse de la caisse et du rocher est ici enchâssée à demeure entre le temporal et les parties voisines de l'occipital. La symphise s'étend jusqu'à la dernière dent, comme chez les Cachalots. La longueur de celte symphise égale la moitié de la longueur totale de la tête. Les vertèbres cervicales sont aussi distinctes que dans les Quadrupèdes, et assez fortes, bien que courtes. A la quatrième, à la cinquième et à la sixième de ces vertèbres, il y a un second rang d'apophyses Iransverses partant du corps, et plus longues que leurs analogues normales. Il y a onze et peut-être douze vertèbres dorsales. Les vertèbres terminales sont au nombre de vingt-huit. H n'y a qu'une articulation an premier doigt , quatre aux trois suivants, deux au dernier. Pline, lib. 9, cap. 15, a indiqué cet animal sous le nom de Platanista. Il remonte en troupes dans le Gange, aussi haut que ce fleuve est navigable; mais il se lient principalement dans les nombieuses branches de ce Heuve, qui arrosent le Delta du Bengale; les Bengalis le nomment Soiisou.

Dauphin douteux. Detphiiius dtibius, Cuv. Celle espèce est établie seulement sur des têtes osseuses con-

servées au Muséum d'Analomie. Ces tètes ont beaucoup de ressemblance avec celle du Dauphin vulgaire. Elles sont seulement en général plus petites; leur museau est lilus fin, plus pointu, avec la mâchoire supérieure conique et non rcnllée dans son milieu, comme celle du Dauphin vulgaire. Les dents ont la même forme, mais il n'y en a jamais plus de cent cinquante-deux.

DAipnn deRor\. Delphiiuis Borxi, Desm. Bec assez long, très -déprimé et fort large près de la tête qui est peu élevée; nageoire dorsale à égale distance de l'exlrémilé du museau et du milieu du croissant de la nageoire caudale; dessus du corps d'un gris de Souris fort tendre; dessous d'un gris très-clair, avec des taches peu tranchées, d'un gris bleuâtre; côtés de la tête d'un blanc d'ivoire , nettement séparé par une ligne droite de la couleur du dessus. Longueur, six à sept pieds. Bory l'a observé entre Madagascar et l'Ilede-France.

Daipuin Mabsouis. Delphiniis Phocœna , L. ; vulgairement Cochon de mer. 11 a partout vingt et une, vingt-deux ou vingt-trois dents droites, comprimées, arrondies, quelquefois striées, quelquefois lisses. Il n'a guère plus de quatre à cinq pieds; la dorsale est plus reculée qu'au Dauphin vulgaire; excepté sa tête ronde, et même un peu plate, ses formes sont semblables et ses couleurs aussi. De tous les Dauphins à tête ronde, c'est celui qui est le plus commun sur nos côtes.

DAUPUifc Gladiateur ouÉtWL.KKO. DelphiniisOrca, Fabricius, Bonnaterre et Lacépède; Grampus des Anglais ( de grand Poisson, altéré en Graspois par les Normands établis en Angleterre lors de la conquête); le Sweidtfisih d'Egède, figuré à la page 48, où se lit pour texte la description du Squale Scie, l'Épée de mer d'Anderson; enfin Cuvier croit que c'est le Bélier de merde Pline, lib. 9, cap. 5, d'Elien, lib. 15, cap. 2. — Il a la nageoire dorsale pointue et élevée; le corps noir en dessus, blanc en dessous; une pointe noire dirigée en avant dans le blanc vers la base de la queue ; il y a une tache blanche et arquée au sourcil et derrière l'œil. On en prit dans la Tamise, en 1787, un individu de vingt-quatre pieds de long, figuré par Hunter (Trans. Phil., même année, pi. IG); un autre de trente pieds, en 1793 ; un de dix-huit dans la Loire, décrit dans Lacépède, sous le nom de Dauphin Duhamel.— Sa tête est représentée, Ossem. foss., pi. 22, fig. 3 et 4; museau large et court comme au Marsouin et au suivant, mais la région antérieure aux narines est concave au lieu d'être renflée. Les os du nez sont petits. Le vomer ne parait pas au palais. Les tempes, profondes et concaves, sont séparées de l'occiput par des crêtes plus saillantes même que la crête temporale.

Dauphin gms. Delpliiniisgriseus, Cuv. Tète mousse et bombée comme au Marsouin; dorsale pointue et arquée, élevée de (juatorze pouces sur une base de quinze. — Deux individus, sur quatre échoués sur les côtes de la Vendée en 1822, avaient cette nageoire détruite en tout ou en partie. Tous quatre manquaient de dents à la mâchoire supérieure. Un, long de sept pieds, en avait huit à la mâchoire inférieure; les autres, longs d'environ dix pieds, n'en avaient que six ou sept émoussées ou cariées; un autre, pris à Brest et mal représenté

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(Ann. du Mus., t. 19, pi. 1, fig. 1), n'en avait que qna- (re fort usées, et, non plus, aucune en haut. Les pectorales sont pointues, longues de trois pieds sur un pied de large à leur base; le dos et les nageoires sont d'un noir bleuâtre; le dessous du corps, blanchâtre, se fond sur les côtés avec le noir du dos. 11 n'y a pas de taches sur l'œil. Le crâne est figuré par Cuvier, Ossem. foss., pi. 22. fig. 1 et 2. Les plafonds des orbites s'écartent plus qu'au Marsouin; le vomer ne se montre point au palais comme chez ce dernier. Risso envoya de Nice, en 1811, sous le nom de Delphinns Aries, le dessin, la description et l'extrémité de la mâchoire inférieure d'un Dauphin pris dans la mendrague de cette ville, et long de neuf pieds, qui ressemble fort à cette espèce; il manquait aussi de dents en haut, et n'en avait que cinq en bas (Ami. du Mus., t. 19, pi. 1, lig. A), il était en dessus d'un giis de plomb , traversé par des raies inégales, droites et flexueuses, blanchâtres ; le dessous était d'un blanc mat.

Dacpbin a bandes. Delphïnus bivittalus, Lesson et Garnot, Zool. de la Coq., pi. 9, fig. 3. Moitié supérieure du corps d'un noir lustré et foncé; mâchoire inférieure et ventre blancs; une large barjde d'un blanc satiné, disposée longitudinaicment sur chaque côté du corps, et interrompue au milieu, vis-à-vis la nageoire dorsale, où les deux portions de cette bande ainsi séparée s'élargissent; museau court et conique; nageoire dorsale médiocrement élevée, noire, placée au milieu du corps ; caudale échancrée au milieu et brune ; pectorales minces, blanches, noirâtres seulement sur leur bord antérieur. Taille, deux pieds et demi environ de longueur, sur dix pouces d'épaisseur. Des mers du cap Horn.

Dai'phw a sorRciis biancs. Delphinus siiperciliosus, Lesson et Garnot, Zool. de la Coq., pi. 9, fig. 2. Tout le dos ainsi que la tète noirs; côtés et ventre d'un blanc satiné ; une bande blanche passant au-dessus de l'œil et se rendant au front; une tache blanche trèsallongée de chaque côté de la queue; dorsale noirâtre, placée un peu au delà du milieu du corps ; pectorale et caudale brunes; museau conique; trente dents de chaque côté de la mâchoire supérieure et vingt-neuf à l'inférieure. Taille, quatre pieds deux pouces. Dans les

DArpHiPi Funenas. Delphinus lunalus , Lesson et Garnot, Zool. de la Coq., pi. 9, fig. 4. Museau effilé; dorsale arrondie vers le sommet ; dos d'un brun fauve clair, qui se fond insensiblement avec le blanc des parties inférieures; un croissant brun occupe le dos, visà-vis les nageoires pectorales, en avant de la dorsale. Taille, trois pieds environ. De la baie de la Conception.

Dauphin tacheté. Delphinus maculalus, Lesson et Garnot, Zool. de la Coq., p. 183. Parties supérieures d'un vert foncé, glauque ou bleuâtre; parties inférieures grises, parsemées de taches blanches, arrondies, légèrement bordées de roussâtre; nageoire dorsale placée au milieu du corps, échancrée au sommet; la caudale forte et prononcée; tête effilée, terminée par un long museau; corps assez mince. Taille, six pieds. Des mers du Sud.

Dacphin Malais. Delphinus Malayanus, Lesson et Garnot, Zool. do la Coq., pi. 9, fig. 5. Télé grosse

et arrondie, très-convexe sur le front qui s'abaisse sid)itenicnt; une forte rainure à la base du museau; celui-ci, mince et allongé, garni de dents nombreuses ; couleur uniformément cendrée ; nageoire dorsale placée au milieu du corps, échancrée au sommet, longue de huit pouces; pectorale, treize pouces; caudale, vingttrois pouces; une forte carène occupant les parties latérales et postérieures du corps. Taille, six pieds.

Dauphiiv Globiceps. Delphinus Globiceps, Cuvier, loc. cit., pag. 285 et 297 ; Delphinus melùs, Traill. ; Delphinus dediiclor, Scoresby. La tête gravée dans Bonnaterre, Cetol., pi. 6, fig. 2; dans Lacépède, pi. 9, fig. 2, sous le nom de Cachalot Swinewal, et dans Camper, Cétac, pi. 32, 53 et 54, sous le nom de Narwal édenté, est d'un Globiceps. Il atteint vingt pieds et plus ; la saillie excessive de son front représente un casque antique; sa peau est noire, excepté un ruban blanchâtre régnant sous le corps, depuis la gorge jusqu'à l'anus, et élargi quelquefois sous la gorge en une bande transverse. — Les jeunes ne montrent pas de dents. Un peu plus âgés, ils eu ont dix à chaque mâchoire; les plus adultes n'en ont pas plus de vingt. Néanmoins des observateurs qui en ont vu des troupes, ont compté sur quelques individus vingt-quatre à vingthuit dents à chaque mâchoire. Ce qui est certain, c'est qu'elles finissent par tomber; les vieux n'en ont plus du tout en haut, et en conservent à peine huit ou dix en bas. Cuvier représente sa tête, Oss. foss., pi. 21, f. 11, 12 et 13; les intermaxillaires prennent presque les deux tiers de la largeur du museau. Le vomer ne parait pas au palais.

Dauphin blanc. Delphinus Leucas , Pall. La convexité de sa tête est aussi courte et aussi arnmdie qu'au Globice|)S; du reste elle est petite à proportion ; le milieu du tronc est assez gros; les nageoires pectorales sont courtes et ovales; la caudale légèrement échancrée a ses lobes effilés en pointe. Dans l'âge adulte, il y a neuf dents partout, droites, légèrement comprimées en coin et à pointe obtuse. L'espèce figurée par Scoresby avait treize pieds de long. Cuvier représente son crâne, Oss. foss., pi. 22, fig. 5 et 6, qui diffère beaucoup de celui des autres Dauphins par son profil rectiligne, au-dessus duquel le crâne se relève fort peu; le museau va en se rétrécissant presque uniformément: le vomer ne parait pas au palais.

Dadpbin be Péron- Delphinus Peronii, Lacép.; Delphinus leucoramphus, Péron, Voyag. 1. 1, p. 217. Caudale grande, pointue aux deux bouts, échancrée au milieu, d'un noir bleuâtre sur le dos; le dessus du museau, tout le dessus du corps et les pectorales d'un blanc éclatant, excepté le bord tranchant des pectorales qui est noir comme le dos; partout le noir et le blanc nettement séparés l'un de l'autre; son crâne , représenté pi. 21, f. 5 et 6, ressemble assez à celui du Dauphin vulgaire, et encore plus à celui du Delphinus duhius; mais le museau est un peu plus plat et plus large. Il porte partout trente-huit ou quarante dents aussi grêles qu'à ces deux espèces. Il est long de cinq pieds et demi. De la partie australe de la mer des Indes. Quoy et Gaymard ont observé dans l'océan Pacifique trois espèces différentes entre elles par les couleurs, et que la

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situation même dft leurs paraf;es ne permet ffuère de supposer identiques à aucun des Dauphins précédents. Mallieureusemenl, ces Dauphins n'ont été vus qu'à la mer, et comme, en nageant, le devant de la tête reste au-dessous de l'eau, on n'en a pu reconnaître la forme. On ne peut donc les classer dans aucune des sections précédentes.

Dauphin UnirsocÉRos, Atlas de Zoolog., Voy. de Freycinet, pi. U, (îg. 1, par 5,28 de latitude nord. Ces Dauphins, caractérisés par une corne ou nageoire recourbée sur le front, faisaient de rapides évolutions autour de rUranie. Leur taille est à peu près double de celle du Marsouin. Le dessus du corps jusqu'à la dorsale est tacheté de noir et de blanc.

Dacpuin crccigèue, î'6/V/.^pl. 2, fîg. 3. Dans la traversée de la Nouvelle -Hollande au cap Horn, par 49 degrés de latitude sud, l'Uranie rencontra des Dauphins ayant de chaque côté du corps, dans presque toute sa longueur, deux bandes blanches, coupées à angle droit par une bande noire. La nageoire dorsale était assez aiguë.

Dacpbin albigère, ibid., pi. 11, fig. 2. Par les mêmes latitudes, mais plus à l'est que pour le précédent, l'Uranie rencontra une autre espèce remarquable par une bandelette blanche de chaque coté de la tête. Dauphins fossiles.

DArruis de Cortési, Cuv. {loc. cit., p. 309 et suiv.). Dans la colline de Torrazza a été trouvé, par Cortési, le squelette presi|ue entier d'un Dauphin dont voici les caractères : chaque mâchoire a vingt-huit dents, c'està-dire quatorze de chaque côté, toutes coniques, légèrement arquées en dedans , allant en diminuant vers le devant ; les plus grandes sont longues de deux pouces ; leur émail est teint en bleu par l'argile de leur gisement. Ce nombre de quatorze dents se retrouve aussi dans le Gloliiceps; mais le fossile n'en diffère pas moins essentiellement par sa tête beaucoup plus étroite à proportion de sa longueur. Ces deux dimensions sont dans ce Fossile de 0,G20 et 0,243, en prenant la largeur d'une orbite à l'autre ; cl dans une tète de Globiceps, justement de la même longueur, la largeur est de 430. On voit aussi, par la figure de Cortési, que le museau est bien plus long à proportion du crâne; que l'orbite est plus petite; que l'enfoncement au-devant des narines est plus étroit et plus creux. La mâchoire inférieure est moins haute à proportion que dans l'Épaulard et le Globiceps; la tête est longue d'un pied dix pouces neuf lignes. Ce qui reste de l'épine fait environ trois fois et demie la longueurde la tête; mais il y manque beaucoup de vertèbres de la queue. 11 ne reste que trente -trois vertèbres et treize côtes d'un côté; il y a donc au moins treize vertèbres dorsales , puis treize autres vertèbres , soit lombaires, soit caudales. D'après les dimensions indiquées, il est vraisemblable que si l'épine était entière, le squelette aurait à peu près douze pieds; et qu'en tenant compte des lobes de la queue, l'animal entier pourrait en avoir treize. Ce Dauphin fossile n'est donc pas identi(|ue avec aucune espèce connue.

Dauphin a iongde symphise, Cuv. 11 existe au cabinet de Dax une mâchoire inférieure assez complète de ce Dauphin , représentée, Cuvier, pi. 23, fig. 4 et 5; et au

Muséum de Paris, un fragment de mâchoire supérieure (ihiil. fig. 0, 10 et 11), trouvé à deux lieues de Dax, dans les couches de falun riclie en toute sorte de Coquilles. Les dents solides et sans dents de remplacement dans leur cavité, prouvent d'abord que ce n'est point un Gavial comme la longueur de la symphise l'avait fait croire, et ce ne peut être la mâchoire d'aucun Heptile, puisque les branches n'en sont pas divisées en plusieurs os. Ce qui subsiste de la partie sympliisée est long de 0,24; et la plus entière des branches l'est encore de 2,3 au delà de la symphise. C'est une longueur de seize pouces qui annonce plus de deux pieds de longueur totale. U y a huit dents de chaque côté dans ce ipii reste de la symphise, et dix autres en arrière dans la plus entière des deux branches. Ces dents coniques ont en arrière de leur base un petit talon mousse. Le fragment de la mâchoire supérieure montre encore que c'est un Dauphin, par ses dents pleines, avec un vestige de talon ù leur base, et dont les racines vont en s'élargissant jusqu'à l'cndrôil où elles entrent dans l'os. Celte mâchoire supérieure prouve enfin que ce n'est pas un Cachalot, doute qu'aurait laissé la mâchoire inférieure seule, d'abord à cause de ses dents, et ensuite parce que, dans sa forme et dans l'agencement de ses os, elle a tous les caractèies des Dauphins. Ce n'est non plus aucun des Dauphins connus. Le Delphiniis Gangeticus et celui de Van Breda, qui ont aussi une longue symphise à la mâchoire inférieure, sont tous deux plus petits. La symphise du premier est très -comprimée; celle du fossile est plus large que haute, et les dents sont d'une autre forme; celui de Breda a les dents plus petites. plusserrées et beaucoup plus nombreuses qu'elles n'ont pu l'être sur le fossile. Cette espèce, qui devait être d'un quart plus grande que le Dauphin de Breda, est donc distincte de toutes les autres.

Dans le même gisement que le précédent, a été trouvé un fragment de mâchoire inférieure contenant huit dents et l'alvéole d'une neuvième. Les dimensions de ce morceau , la grandeur de ses dents, sont aussi semblables que possible à celles du Dauphin vulgaire ; mais la courbure des dents est un peu différente, et il n'y a pas ce sillon profond, où sont creusés les alvéoles, dans le Dauphin vulgaire.

Dans le calcaire grossier du département de l'Orne, où sont des os de Phoque et de Lamantin, encore encroûté de débris de Coquilles, a été trouvée une portion de mâchoire supérieure, consistant en une grande partie de l'intermaxillaire et du maxillaire droit ; le long du bord externe sont conservés les alvéoles de dix-sept dents. Ce qui est très-remarquable, c'est que le bord du maxillaire, derrière les alvéoles, est uni en continuation avec le reste du palais, et seulement un peu convexe sans enfoncement ni inégalité. Par ce seul caractère , on peut encore déterminer une espèce nouvelle pour les naturalistes.

DAUPHIN. MOLL. F. Dauphinule.

D.VUPIIINE. BOT. Variété de Laitue cultivée.

DAUPIIINELLE. Di'li>hiniuiit. bot. Genre de plantes

de la famille des Rcnonculacées et de la Polyandrie

Pentagynie. Caractères : calice coloré , formé de cinq

I sépales inégaux, caducs; le supérieur se prolongeant

a sa base en un éperon creux dont la longueur varie beaucoup; les quatre autres sépales prcsqu'égaux entre eux. Corolle tétrapétale, irrégulièrc ; les quatre pétales fort inégaux; les deux supérieurs, très-rapprochés, se prolongeant à leur base en un appendice en forme de corne droite, qui s'enfonce dans l'éperon du calice; quelquefois les quatre pétales sont tellement rapprochés et soudés entre eux, qu'ils semblent n'en constituer qu'un seul d'une forme très -irrégulière. Les étamines sont fort nombreuses et hypogynes. Le nombre des pistils varie d'un à cinq qui se cbangent en autant de capsules allongées, terminées en pointes à leur sommet, à une seule loge contenant plusieurs graines insérées à un tropbosperme longitudinal et intérieur; ces capsules s'ouvrent par une fente longitudinale.

Les Daupbinelles sont des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, ayant la tige dressée, simple ou rameuse; les feuilles alternes, pétiolées, divisées en un très-grand nombre de lobes digités. Les fleurs, généralement bleues, blanches ou roses dans quelques variétés cultivées , forment des épis simples ou des sortes de panicules dressées et terminales. On trouve trois bractées pour chaque fleur, une à la base du pédicelle et deux vers sa partie supérieure. Ces plantes croissent dans les champs ou les forets de l'hémisphère boréal. Dans le premier volume de son Syst. Nat. Feget., le professeur De Candolle en a décrit quarante-quatre espèces dont onze croissent en Europe, cinq dans l'Afrique septentrionale, treize en Orient, dix en Sibérie, et six dans l'Amérique du Nord. Dans le premier volume de son Prodr. Syst., le nombre des espèces est porté à cinquante-hnil. Plusieurs étant cultivées dans les jardins, nous les mentionnerons ici après avoir indiqué les coupes ou sections qui ont été établies dans ce genre.

De Candolle forme quatre sections dans ce genre et leur donne à chacune un nom particulier en leur assignant les caractères suivants :

l'" Section. — Consolida :

Un seul pistil; pétales soudés en un seul, de manière que l'éperon interne est d'une seule pièce; plantes annuelles.

11° Section. — DELPHiNEiLta :

Trois pistils; pétales non soudés; éperon interne double; espèces annuelles.

111= Section. — Delphipcastrum :

De trois à cinq pistils; pétales non soudés : les deux inférieurs bifides et barbus; éperon interne double; espèces à racine vivace.

VI' Section. — Staphysagria :

De trois à cinq pistils; pétales libres; éperon court; l'intérieur double ; capsules renflées ; graines trèsgrandes et en petit nombre; espèces bisannuelles.

Nous allons décrire les espèces les plus remarquables en suivant cette classification.

1" Consolida :

Dalphinelle d'Ajax. Delphinium Jjacis , L.; DC, Sxst.Nal., l,p. 341. Cette espèce, connue vulgairement sous le nom de Pied d'Alouette, et qui , selon Pallas, est originaire de la Tauride, est maintenant cultivée dans tous nos jardins, d'où elle s'est répandue, et en quelque sorte naturalisée dans les cliamps. Sa tige est

toujours simple inférieuremenf, divisée seulement vers sa partie supérieure en quelques rameaux dressés. Elle est glabre ou légèrement pubescente, haute d'un pied et plus; ses feuilles sont profondément découpées en une multitude de lanières étroites. Ses Ueurs forment des épis ou grappes simples, longues de quatre à huit pouces à la partie supérieure de la tige et de ses ramifications. Ses pétales, soudés en un seul, présentent quelques lignes qui simulent, en quelque sorte, les premières lettres du mot Ajax écrit en caractères grecs. De là le nom spécifique qui lui a été donné par Linné. 11 parait que cette plante est r/O'acw/Ae de Théocrite et d'Ovide. On la cultive aujourd'hui dans tous les parterres où elle forme de magnifiques bordures, au commencement de l'été. Ses fleurs doublent très-facilement et présentent une infinité de nuances. Elles sont blanclies, roses, pourpres, bleues ou panacliées. La culture du Pied d'Alouette est très-facile. On le sème en place, au printemps , et on éclaircit les pieds lorsqu'ils ont poussé trop dru.

Dauphineile Consodde. Delphinium Consolida, L.; DC, Syst., 1, p. 34-5 ; Lamk., 111., lab. 482, fîg. 1. On connaît cette espèce sous le nom de Pied d'Alouette vulgaire. Elle est extrêmement commune dans nos champs et se dislingue facilement de la précédente par sa tige rameuse, dont les rameaux sont divariqués; par ses fleurs plus petites, portées sur des pédoncules plus longs; par ses capsules glabres, tandis qu'elles sont pubescentes dans le Pied d'Alouette des jardins. On la cultive quelquefois dans les parterres. Ses fleurs varient de couleurs, et doublent facilement.

2" Delphineildu.

Dalphinelle étrangère. Delphinium peregn'num, L.; Sibth., FI. Grœca, t. 306; Delphinium juncetim, DC, FI. fr. On trouve cette espèce en Orient, en Barbarie, en Italie, et jusque dans le midi de la France. Sa tige est dressée, très-rameuse; ses feuilles sont glabres, roides : les inférieures sont multifides, les supérieures sont linéaires et entières. Les fleurs sont bleues et forment des grappes lâches. Elles sont quelquefois blanches. Cette espèce est cultivée dans les jardins.

3" Delpbinastrcii :

Dadpbinelle hybride. Delphinium hybridum, DC, Syst., 1, p. 333. Cette belle espèce, qui est vivace, est cultivée dans les jardins. Elle offre une tige haute de quatre à cinq pieds, cylindrique, rameuse supérieurement, glabre dans sa partie inférieure, pubescente vers son sommet. Ses feuilles sont glabres, divisées en un très-grand nombre de lobes linéaires, divariqués. Leurs pétioles sont très-longs, cylindriques, dilatés à leur base. Les fleurs sont grandes et forment des grappes terminales longues de plus d'un pied. Ces fleurs, légèrement velues en dehors, ont un éperon très-long, sont portées sur des pédoncules de plus d'un pouce de longueur et poilus. Les capsules sont au nombre de trois. Cette plante est originaire de la Tauride, du Mont-Caucase et de la Sibérie. On la trouve aussi en Italie et dans les provinces méridionales de la France, où peut-être elle n'est que naturalisée, après s'être échappée des jardins.

A cette troisième section appartiennent encore plu-

sieurs autres belles espèces, telles que le Dclphinmm f/raiuli/tonim qui croit en Sibérie; le Detphinium jJHuiceiim, au Caucase; le Detphinium azureum, dans l'Amérique septentrionale; le Delphinium intermedium, dans les Pyrénées et les Alpes, etc.

4» Stapbysagria :

Dabphinei.i-e Staphysaigre. Delphinium Staphysafjria, L.; De Cand , Syst., 1, p. 302; S,\h\.h.,Fl.Grœca, tab. 308. Cette espèce est connue sous le nom de Staphysaigre. Elle est annuelle ou bisannuelle. Sa tijje est ! cylindrique, d'un à deux pieds de hauteur, cendrée, re- ' couverte de longs poils mous. Ses feuilles sont trèsgrandes, longuement pétiolées, divisées en cinq ou neuf lobes digilés, entiers, aigus. Les fleurs, d'un gris bleuâtre, forment des grappes lâches et courtes. L'éperon est extrêmement court, à peine marqué. Les capsules sont au nombre de trois, grosses, renflées et velues; elles contiennent un petit nombre de graines qui sont très-grosses. Cette espèce croît dans les contrées méridionales de l'Europe. Les graines de la Staphysaigre sont d'une excessive âcreté et forment un poison violent j)Our l'homme et les animaux lorsqu'elles sont données à l'intérieur : aussi ne les emploie-t-on guère qu'à l'extérieur. On incorjjore leur poudre avec de l'A.xonge, et l'on en fait une pommade que l'on emploie pour détruire la vermine.

Dans le premier volume des Icônes Selectœ, publiés par le baron Benjamin Delesserl, on trouve un assez grand nombre des espèces les plus rares; nous allons ici les indiquer : Delphinium axiUiflorum , Deless., Icon. Sel., tab. 50; Delphinium Olivieranum , id., tab. 51; Detphinium rigiclum, id., tab. 52; Delphinium exsertum, id., tab., 53; Delphinium flavum, id., tab. 54; Detphinium virgatum, id., tab. 55; De/phiniutn macropelalum , id., tab. 50; Detphinium ohcordatum, id., tab. 57; Delphinium albiflorum, id., tab. 58; Delphinium tricorne, id., tab. 59; Delphinium azureum, id., tab. CO; Delphinium cuneatum, id., tab. 61 ; Detphinium speciosum, id., tab. 62; Delphinium Rcquienii, id., tab. 63.

DAUPUINULE. Delphinula. MOLi. Genre formé par Lamarck, aux dépens desCyclostonies. Caractères: coquille subdiscoïde ou conique, ombiliquée, solide, à tours de s|)ire rudes ou anguleux; ouverture entière, ronde, quelquefois trigone, à bords continus, le plus souvent frangés ou munis d'un bourrelet; ouverture fermée par un opercule. Les Dauphinules sont généralement hérissées ou armées de longues épines ; leur ombilic est large, et comme elles ont le périslorae continu et souvent entièrement libre, séparé du reste de la co(|uille, la columelle n'existe pas. On connaît un assez grand nombre d'espèces vivantes ou fossiles, parmi lesquelles :

La Daupuinïle iacikiée. Delphinula laciniala , Lamk.; Turbo Delphinus, L., Lister, Concb., t. 608, f. 45; Encycl., p. 451, f. 1 à 0. Subdiscoïde, épaisse, chargée de sillons écailleux ou granuleux dont quelques-uns, plus gros, portent des appendices laciniés plus ou moins longs; élégamment colorée de rouge et de fauve. De la mer des Indes.

Dadpuinble distorte. Delphinula distorta, Lamk.;

Turbo dislortus, L., Chenniitz, Concb.,!. v. t. 175, f. 1737 à 1739. Subdiscoïde et épaisse ; elle est colorée en rouge pourpre; ses tours de spire supérieurement sont anguleux et plissés longitudinalement; elle est sillonnée, et les sillons sont tuberculeux; le dernier tour est constamment séparé des autres, comme dans quelques Scalaires; elle est d'ailleurs dépourvue des appendices laciniés qui se voient dans l'espèce précédente.

Dacpdiwole Râpe. Delphinula Lima, Lamk., Ann. du Mus., vol. 4, p. 1 10, n» 2. Fossile, orbiculaire, convexe, épaisse, ayant conservé sa nacre; elle est sillonnée transversalement, et les sillons portent de petites écailles concaves; les tours de spire sont subanguleux, le sillon de l'angle étant plus gros et chargé d'écaillés plus grandes. Trouvée aux environs de Senlis, dans les grès marins supérieurs.

Dauphinole a bourrelet. Delphinula marginala , Lamk., Ann. du Mus., T. iv, p. 3, n» 5. Fossile orbiculaire, convexe, à tours de spire lisses; ombilic marqué par un petit bourrelet granuleux. On trouve souvent celte petite Coquille avec des restes de sa coloration , à Grignon, à Parues et dans presque toutes les localités à calcaire grossier.

DAUKADE. Aurata. pois. Nom d'un sous-genre établi par Cuvier dans le grand genre des Spares de LinufEus, et quia pour type la Daurade ordinaire, 6>a/-Ms aurata. Ce sous -genre appartient à la famille des Léiopomes de Duméril, et à la troisième tribu de la quatrième famille des Acantboplérygiens de Cuvier. H est reconnaissable aux caractères suivants : Mâchoires peu extensibles, garnies, sur les côtés, de molaires rondes, semblables à des pavés, et, en avant, de quatre à six dents coniques sur une seule rangée ; une seule nageoire dorsale, mais très-étendue; point de piquants ni de dentelures aux opercules : hauteur du corps supérieure ou égale à sa longueur.

On distinguera facilement les Daurades de la plupart des genres de la famille des Léiopomes ( F. ce mot ), en ce que ceux-ci ont les mâchoires garnies de dents disposées en général sur un seul rang et d'une même espèce. On les séparera particulièrement des Picarels, dont les mâchoires sont extensibles; des Bouues, qui n'ont point de molaires en pavé; des Sargues, qui ont en avant des incisives comparables à celles de l'Homme; des Pagres, qui ont antérieurement un grand nombre de petites dents en brosse; des Dektés, dont les mâchoires sont armées en devant de quelques gros et longs crochels, et, sur les côtés, de dents coniques; des Can- THÈRES, qui n'ont que des dents en velours. (A', ces différents mots.)

Pour nom latin du sous-genre dont il s'agit nous adoptons le mot Aurata, qui était dans Linnoeus le nom spécifique d'iui Si)are que nous appellerons Aurata vulgaris, nous conformant au principe adopté par les botanistes, qui donnent l'épilliète de vulgaris aux espèces qui deviennent types de nouveaux genres, après avoir fait jiai lie d'un grand genre primitif.

Daurade vulgaire. Aurata vulgaris, Aldrov.; Spams aurata, Lin. Six dunts incisives à chaque mâchoire; queue fourchue; un croissant doré au-dessus

des yeux ; deux ou trois rangs de molaires ; lèvres charnues; bouche élroite; têle comprimée, Irès-rclevée au niveau des yeux, et dénuée de petites écailles sur le devant; langue épaisse, courte et lisse; opercules arrondies et écailleuses ; corps élevé; dos caréné; ventre convexe; anus plus voisin de la queue que de la têle; écailles tendres et lisses ; base de la dorsale et de l'anale écailleuse. Teinte générale d'un bleu argentin ; nageoire dorsale noire, les autres nageoires grises; des raies longitudinales brunes sur le corps ; une tache noire sur l'opercule et sur la nageoire caudale; une tache d'un beau rouge au-dessus de la pectorale.

L'estomac de la Daurade est long, et a un pylore garni de trois cœcums; le canal intestinal décrit trois sinuosités; le péritoine est noir, et la vessie natatoire placée au-dessous du dos immédiatement.

La Daurade est célèbre, de toute ancienneté, à cause de sa beauté et de la délicatesse de sa chair. Son nom de DoAirade, et celui à'Jourade, en latin Aurata ou Orala, lui ont été donnés en raison de son éclat.

Ce Poisson a ordinairement de grandes dimensions. Sur les côtes de France il pèse communément dix ou douze livres; mais sur celles de Sardaigne il n'est point du tout rare de lui voir acquérir le poids de vingt livres. Hasselquist en a vu des individus de près de quatre pieds de longueur dans la mer de l'Archipel, et notamment auprès de Smyrue. Au reste, suivant son âge et sa grandeur, la Daurade reçoit, des pécheurs de quelques côtes maritimes, des noms différents, et qui seuls prouveraient combien l'on s'est occupé de ce Poisson.

Ou la pêche dans toutes les mers, mais spécialement dans la Méditerranée, sur les côtes de la Campagne-de- Rome, de Kaples, de Sardaigne, de Barbarie, à Malte; elle est abondante dans toute la partie de la mer Atlantique qui sépare l'Amérique de l'Europe , au cap de Bonne-Espérance, dans les mers du Japon, dans celles ' des Indes. Cetti nous apprend qu'il y en a dans les lacs d'eau douce de la Sardaigne. Toutes les eaux paraissent lui convenir; leur diversité, celle de la température des climats, n'altèrent ni ses qualités, ni ses formes : elle supporte le froid des mers glaciales du Nord, et elle résiste à la chaleur de celles des tropiques.

Elle nage avec une grande légèreté et une rapidité étonnante. Elle se nourrit de Crustacés et de Mollusques à coquilles, dont elle brise facilement renvel«i>pe calcaire, avec ses fortes mâchoires qui peuvent plier ou casser les hameçons de fer. On prétend aussi quelle a l'industrie de découvrir , en agitant vivement sa queue, les coquillages enfouis dans le sable ou dans la vase.

C'est par suite de la nature des animaux dont elle se nourrit qu'elle fréquente habituellement les rivages, et, qu'elle change souvent d'habitation selon les saisons. En hiver, elle se retire dans les eaux profondes, où elle échappe à rinlluence des plus fortes gelées.

En 1766, au rapport de Cetti, les Daurades des lacs d'eau douce de Sardaigne sont cependant mortes de froid. On assure que, dans la Méditerranée, elles passent une grande partie du jour dans les trous des rochers, pour se livrer au sommeil qui est quelquefois si

profond chez elles, dit Rondelet, qu'avant la nuit on peut les prendre facilement au harpon.

Au printemps, époque du frai, les Daurades se rapprochent des embouchures des fleuves, et s'engagent fréquemment dans les étangs salés, qui communiquent avec la mer. Là, elles trouvent une nourriture si abondante qu'en un seul été elles triplent de poids et de volume; elles y acquièrent d'ailleurs des qualités qui rendent leur chair beaucoup plus savoureuse. C'est pourquoi, dans les provinces méridionales de la France, on préfère celles qui vivent dans les étangs d'Hyèrcs, de Martigues et de Lattes, près du cap de Cette. Chez les Romains, si connus à certaines époques pour leur sensualité, on les payait très-cher, et un certain Sergius attachait une sorte d'honneur à se faire surnommer Aurata, à cause de son goût pour les Daurades. Chez eux aussi , on estimait les Daurades des étangs beaucoup plus que celles de la mer proprement dite ; voilà pourquoi ils en faisaient transporter dans les lacs intérieurs, et en particulier dans le fameux lac Lucrin.

Il paraît donc qu'on pouvait les habituer à l'eau douce, puisque Columelle conseille d'en peupler les étangs. Duhamel , d'après des observations particulières, est porté à penser de même, et Bloch espère les voir un jour acclimatées dans les eaux douces, qui perfectionnent, dit -on, leurs qualités; malgré cela nous ne pensons pas qu'on l'ait tenté de nos jours. 11 est vraisemblable qu'on les y amènerait insensiblement en les mettant d'abord à quelque dislance de la côte, là où des eaux légèrement saumâtres forment des sortes de mares.

L'automne est la meilleure saison pour manger ces Poissons. Ceux d'entre eux qui sont très-grands, sont ordinairement durs, à raison de leur âge avancé.

Lorsque la pêche en est abondante, on en sale une partie pour les envoyer au loin.

Quand on les veut manger frais, on les fait préparer d'une foule de manières différentes, que Rondelet a décrites avec une grande exactitude.

Du temps d'Elien, on les prenait en formant, sur la grève que la haute mer devait couvrir, une sorte d'enceinte composée de rameaux plantés dans la vase ou dans le sable. Les Daurades arrivaient avec le flux; et, arrêtées par les rameaux lorsque la mer baissait et qu'elles voulaient suivre le reflux, elles étaient retenues dans l'enceinte , où on les saisissait avec facilité. Rondelet rapporte que de son temps la même méthode était encore suivie dans l'élang de Laites, et que pour cela on employait des branches de lamaiix. Aujourd'hui on les pêche habituellement au filet, avec le bregin, le verveux, le Irémail ou des hameçons garnis de chair de Scombre et de Crustacés, ou d'animaux à coquilles.

Chez les anciens Grecs, la Daurade était consacrée à Vénus, comme emblème de la beauté féconde. Il paraît que, chez eux, elle portait parfois le nom de xpù^î^fi'» ou sourcil il'or, nom qu'on a aussi attribué à une espèce de Coryphène et au Pompile qui parait être un Centroloiihe, et qui a amené un peu de confusion au sujet de ce que les anciens ont dit de la Daurade. K.

CORTPHÈNE et CeNTROIOPHE.

Au reste, les Grecs modernes conservent encore le

mf me nom à ces deux Poissons. Chez leurs nncêlrcs, on leur donnait l'épilliOle de sacrés; xp«ïo» i-' ôfpitsiv ûpovixOu», disait Calliinaquc.

On trouve dans le sein de la terre de nombreux restes de Daurades fossiles, ou au moins de Poissons trèsvoisins de celui que nous venons d'examiner. Ce sont, en général, des portions de mâchoires, ou des mâchoires entières, garnies de leurs dents incisives et de leurs nombreuses molaires. Le premier rang de ces molaires, dans l'espèce vivante, en contient dix; le second et le troisième n'en renferment point un aussi grand nomltre; mais celles du troisième, et parliculièremcnl les plus éloignées du bout du museau, sont plus grandes et plus fortes que les autres; leur volume augmente beaucoup encore avec l'Age de l'animal; mais elles conservent constamment leur figure hémisphérique ou ovoïde.

Ce sont ces plus grandes molaires fossiles, quel- ((ucfois même arrachées ù une Daurade nouvellement morte, qu'on a nommées ciapaiidines ou bufonites, de même que celles de l'Anarbique-Lonp et de quelques autres Poissons, parce qu'on les a crues, comme ces dernières, des pierres produites dans la tète d'un crapaud. » On les a recherchées, achetées assez cher, enn chassées dans des métaux précieux , et conservées « avec soin, dit Lacépède, soit comme de petits objets « d'un luxe particulier, soit comme douées de qualités » médicinales utiles. " A certaines époques, on a attaché un grand prix à celles qui, étant fossiles, offraient différentes nuances de gris, de brun ou de rouge. On les estimait encore davantage lorsque leurs teintes, distribuées par zones, formaient dans te centre une tache presque ronde et noirâtre : on les comparait alors à un ccil, et on les nommait Yeux de serpents pétrifiés. On leur attribuait une foule de vertus imaginaires; on en l)réparait des amulettes sous la forme de pendants d'oreilles on de bagues ; aussi, à Malte, avait-on appris à les contrefaire avec des dents de Daurades fraîches, qu'on teignait avec du nitrate d'argent ou de l'acide nilreux. K. CRAPAtniNES et Giossopètres.

Schneider, d'après LœBing, dit que les Espagnols donnent le nom de Cochicalo à une variété de la Daurade qui a une tache bleue entre les yeux, et les catopes couleur de rose.

D\UR\DE PORTE-ÉPINES. AtiTuta spitiifera ; Spams spinifer, Forskahl, Linn. Quatre dents incisives a chaque mâchoire; molaires hémisphériques et trèsserrées les unes contre les autres. Teinte générale d'un rouge argenté; le dos et des raies d'un rouge obscur; lèvre supérieure protractile; écailles larges et striées; caudale bordée de ronge, en croissant.

Forskahl a observé ce Poisson dans les endroits vaseux et p[ofonds de la mer d'Arabie, où il ne s'approche que très-rarement des rivages. Les pécheurs arabes le prennent à la ligne. Sa chair est succulente et de fort bon goût.

Daurade Mylio. Atirala Mylio; Spams Mylio, Lacépède. Tout le palais pavé de dents molaires arrondies; six incisives ù chaque mâchoire; lèvre supérieure extensible; teinte générale argentée; les pectorales, une portion de la dorsale et la caudale, jaunes; catopes,

partie de l'anale, bord de la dorsale et de la caudale, noirâtres; une tache dorée sur chaque joue; plusieurs raies longitudinales brunes et interrompues; deux bandes transversales noires : l'une sur le devant de la léte, et l'autre sur l'opercule. Écailles larges, lisses et brillantes; cinq rayons à la membrane branchiale. Taille d'une Carpe moyenne.

Des mers voisines de l'Ile-de-France. Découverte par Commerson.

Cuvier pense que ce Poisson est le même que le Labre chapelet, Labrns calenula, de Lacépède.

Daurade avi.osTOJiE. Aurata mylosloma; Spams inylostonius , Lacépède. Nageoire caudale en croissant; sommet de la tète et dos très-relevés; fond du palais pavé de dents molaires; sept rayons à la membrane des branchies; mâchoires également avancées; langue courte, large, pointue et cartilagineuse; deux orifices à chaque narine; yeux très-gros et saillants; écailles rayonnées et un peu crénelées dans leur bord postérieur. Teinte générale d'un jaune foncé, plus clair sur les pectorales, mêlé. avec du vert sur une grande partie de la dorsale et de la caudale, et qui s'étend jus qu'au bord intérieur de la mâchoire inférieure, au palais, à la langue et au gosier; deux taches noirâtres placées sur l'extrémité de la queue, de manière à se réunir et à représenter, suivant l'expression de Commerson, une paire de lunettes; plusieurs raies longitudinales, interrompues et alternativement bleues et dorées.

Ce Poisson a été observé par le voyageur-naturaliste Commerson, dans le voisinage des îles Praslin. La saveur de sa chair est fort agréable.

Dadrade Perroquet. Aurata Psitlacus; Spams Psiltacus, Lacépède. Caudale en croissant; occiput et dos arqués et très-élevés; tète et opercules dénuées de petites écailles; museau semblable au bec d'un Perroquet; palais pavé de dents molaires; onze ou douze raies longitudinales de cliaque coté; pectorales pointues ; dorsale basse et allongée.

Découverte par Commerson dans le grand Océan équâtorial.

Dadrade Bcfoivite. ^/M»a/a Bufonites; Spams Bufonites, Lacép. Caudale en croissant; une partie de cette nageoire et des opercules couverte d'écaillés; dos élevé; six dents incisives, grosses et émoussées, audevant de la mâchoire supérieure ; quatre dents semblables seulement à l'inférieure; intérieur de la bouche pavé de molaires hémisphériques et très- inégales en volume; onze ou douze raies longitudinales; pectorales pointues; deux orifices inégaux en grandeur à chaque narine.

Ce Poisson a été découvert par Commerson dans les mêmes eaux que le précédent. Cuvier croit qu'il ne diffère en rien de la Daurade ordinaire.

Dauradk bii.océe. Aurata bilohata; Sparus bilobatus, Lacép. Caudale fourchue, à lobes arrondis; tête et opercules écailleux; une bosse entre les yeux; yeux très-gros; (|uatre ou six dents longues, pointues et crochues, au l)out de la mâchoire supérieure, audevant d'une rangée de molaires hémispliéri(|ues; base de la nageoire caudale garnie de petites écailles; corps

im

aplali, argenlé, traversé par de légères bandes bleuâtres et dorées. Taille, dix pouces.

Celle Daurade a élé observée par Commerson dans le grand Océan équinoxial. Quelques navigateurs l'appellent Capitaine blanc. Risso dit que, dans les mois de mars et de décembre , on la prend dans les rochers delà mer de Nice.

Daurade de Forster. Jurata Forsleri; Spams Forsteri, Schueid.; Sparus striatus, Forsl. Teinte générale rouge; queue entière, sans taclies; vingt raies de chaque côlé du corps; une bande sur les lombes, et une ligue sur l'abdomen, noires; quatre dents incisives forlcs et en crochet : museau oblus ; cinq rayons à la membrane des branchies. Taille de neuf à dix pouces.

Ce Poisson a été découvert par Foisler, dans l'océan Pacifique, près de l'île de Tonga-Tabou.

Daurade rocgie. Aurala miniala; Sparus miniatus, Forst. et Schneid. Corps ovale, jaunâtre, réticulé; lèvres épaisses, cliarnues, doubles et rouges; museau allongé, aigu; quatre dénis incisives, aiguës, coniques, courbées; molaires larges, courtes, serrées, un peu aiguijs dans le voisinage des incisives; narines lubulées; yeux gros; six rayons à la membrane branchiale. Nageoires dorsale el anale séparées, en arrière du dos et de l'abdomen, par une membrane charnue el lâche; dorsale jaune, à sommet rouge; pectorales triangulaires , rougeâtres , marquées d'une lâche de sang à leur base; calopes appendiculés, avec une tache rouge à la base ; caudale rouge, presque bifide, obscure à la base.

De l'océan Pacifique. Chair savoureuse.

Dacrade Berda. Jurata Berda; Sparus Berda, Forsk., L. Quatre longues dents incisives ù chaque mâchoire; molaires nombreuses, hémisphériques; les plus éloignées du museau plus grandes que les autres; lèvre supérieure avancée; écailles grandes el arrondies. Teinte générale blanchâtre ; une petite bande transversale brune sur le milieu de chacune des écailles latérales. Une sorte de barbillon très-court au-devant de chaque narine ; pectorales transparentes ; toutes les autres nageoires brunes. Taille, environ deux pieds.

Ce Poisson se nourrit de végétaux, dans la mer Rouge; il fréquente ^)rincipalement les côtes des petites îles où croît l'arbre appelé Schoura, et dont Forskahl a fait im nouveau genre sous le nom de Sceura. Les feuilles de cet arbre, qui tombent à la surface des eaux, sont la nourriture que le Berda préfère. Risso dit qu'on le prend dans la mer de Nice , où 11 se nourrit de petites Clupées.

Indépendamment du nom de Berda , les Arabes lui donnent encore celui iWlboa basai, ou de Père aux Oignons, probablement parce qu'il porte des petits bulbes a la base des aiguillons du dos.

Daurade grand-oeil. Aurata grandoculis; Spams tjrandociili s, Lac; Sciœna grandoculis, Forsk., L. Six incisives à chaque mâchoire; molaires larges, plaies et courtes; lèvre inférieure renflée; un tubercule entre les yeux; nageoire caudale écailleusc; yeux très-grands; teinte générale bleuâlre : nageoires dorsale et anale lobées postérieurement; nageoires violettes ou d'un rouge pâle ; corps rayé.

Ce Poisson, de la mer d'Arabie, a été décrit d'abord par Forskahl.

Daurade IIarak. Aurata Harak ; Sparus Ilarak, Lacép.; Sciœna Harak, Forsk. et Linn. Quatre incisives à chaque mâchoire; molaires émoussées sur un seul rang , les antérieures larges , les postérieures hémisphériques ; des dents sélacées et nombreuses auprès de ces dernières ; première pièce des opercules écailleusc. Teinle générale verdâlre ; une tache noire et souvent bordée de brun de chaque côté ; nageoires rougcàlres.

Ce Poisson a aussi été vu par Forskahl dans la mer Rouge.

Daurade Sarbe. Aurata Sarba; Sparus Sarba, Lacép., Linn. Incisives serrées, coniques; molaires nombreuses et hémisphériques; seize à dix-sept raies longitudinales brunes, de chaque côlé du coips ; pectorales blancliàlres, lancéolées et beaucoup plus courtes que les calopes, qui sont d'un beau jaune, de même que l'anale el la partie inférieure de la caudale.

Cette Daurade, dont la chair est fort agréable, se prend, au rapport de Forskahl, sur les côtes de la mer Rouge, dans les endroits vaseux, sur les bancs de corail.

Daurade Udrta. Aurata Hurla; Sparus Hurla, L. ; Spare rubellion, Daubent. Corps et queue comprimés ; dorsale reçue daus un sillon longitudinal ; quatre incisives en haut , el trois seulement eu bas ; molaires globuleuses; des bandes rouges transversales. Taille, dix pouces. Delà mer Méditerranée.

Daurade annulaire. Aurata annularis; Sparus amiularis, Bloch, 271. Six incisives à chaque mâchoire; deux rangs de molaires en bas, quatre en haul. Cinq stries noires, transversales; une tache noire sur la queue; bord de la nageoire caudale noir. De la mer Méditerranée.

DAURADE. C'est aussi le nom d'une espèce de Cory- PHBNE. f. ce mot.

DAURADE. BOT. Synonyme vulgaire de Célérach.

DAURAT. l'Ois. Syn. vulgaire de Cyprin de la Chine.

D.AUW. MAM. Espèce du genre Cheval, Equus montanus, Burcliell.

DAVALLIE. Davallia. bot. Genre de Fougères, caractérisé par sa frucliticalion en forme de points presque ronds ou un peu allongés, situés presque sur les bords de la fronde el à sa partie supérieure, munis chacun d'une membrane ou tégument (indusium) en forme de cornet tronqué, et s'ouvrant verticalement par le côté cxtéiieur.

Ce genre comprend environ quarante espèces exotiques, qui faisaient presque toutes partie des genres Adiantum el Trichomanes de Linnœus. C'est à Smith que l'on doit son établissement.

Cavanilles l'avait également créé sous le nom de Humala ; mais les botanistes ont préféré celui de Davallia, comme plus ancien. R. Brovvn fait observer que les espèces forment quatre groupes assez naturels. Le premier renferme les espèces qui ont le [lOi t des Lindsea; le deuxième contient les espèces qui ont le port des Dicksonia; et le troisième offie les espèces qui ont le porl des Nephrodinm. Quant au quatrième groupe ,

il s'éloigne des piécédenis par le port et par quelques considéralions sur l'involucre : c'est le If'ibelia de Bernhardi. Voici l'indication de quelques-unes des espèces les plus intéressantes, ou les plus propres à donner l'idée de l'ensemble des Fougères de ce genre et des régions qu'elles habitent.

§ I. Frondes sinuées ou pinnatifides.

Davallie HÉTÉROi'iiYi.iE. Dovallkt lielerophylla , Smith, S\v., W. ; Uumata ophioglossa, Cav. Frondes, les unes stériles, simples, ovales, pointues, entières; les autres fertiles, lancéolées, linéaires, sinuées, ù lobes dentés en scie ; slipe rampant , hispide. On trouve cette Fougère à Sumatra, et dans les îles Nicobar et Marianes.

DwALLiE FÉDiAiRE. DovalHa pedata, Smith, W. ; Adlantum repens , L., Suppl. Fronde en cœur à la base, à cinq angles dans son pourtour, mais ovalepinnalifîde, à découpures oblongo-linéaires, dentées en scie à l'extrémité, et fructifères; découpures du bas jilus grandes , sinueuses sur le côté supérieur, pinnatilides sur le côté inférieur; stipe ou racine rampante, écailleuse. Cette jolie Fougère, qui n'a que deux ou trois pouces de haut, croît sur les vieux arbres, à l'ile Bourbon.

§ II. Frondes ternées.

Davallie dentée. Davallia serrafa, AV.; Uiimala trifoliata, Cav. Frondes ternées; chaque division pinnatitîde; découpures des frondes stériles, linéaires, oblougues, obtuses, dentées en scie; découpures des frondes fertiles plus étroites, profondément dentées en scie; stipe rampant, écailleux. Cette espèce, voisine de la précédente et de la même grandeur, croît aux îles Marianes.

§ m. Frondes ailées.

Davallie en ter de faux. Davallia falcata, S\v., W. Frondes ailées, lancéolées; frondules lancéolées, presque en forme de fer de faux, tronquées à la base, et munies d'une oreillette dirigée en haut; points fructifères, ovales, tomenteux. Cette Fougère, qui a deux pieds de haut, est portée par un stipe cylindrique. Elle croit dans les Indes orientales.

§ IV. Frondes deux ou trois fois ailées.

Davallie élégante. Davallia elegans , Sw., W. Frondes deux fois ailées ; frondules inférieures deux fois ailées, à subdivisions cunéiformes à la base, oblongues-lancéolées, incisées, dentées, et à dentelures ellesmêmes bidentées. Cette grande et belle Fougère se trouve à Java, à Tranquebar et à la Nouvelle-Hollande.

Davallie allongée. Davallia elata, Sw., Willd.; mbelia elata, Bernh., Schrad., Journ. 1801, 1, tab. 1, f. 2. Fronde trois fois ailée; frondules primaires, longuement acuminées ; les petites frondules toutes oblongues, lancéolées, pointues, incisées-dentées, à dentelures des frondes fertiles, bidentées. Cette espèce croît dans les îles de la mer PaciOque. R. Brown présume qu'on pourra probablement en faire un genre distinct.

Davallie glauque. Davallia glauca, Cav., Sw. Fronde glauque, trois fois ailée; frondules alternes, à folioles linéaires, pinnatifides, pointues; fructification en points globuleux. Celle espèce croît dans les Andes du Pérou.

Davallie des Canaries. Davallia Canariensis, Sw., W.; Trichomanes Canariense, l. Fronde triparlite; chaque rameau trois fois ailé, à frondules pinnatifides; laciniures stériles, lancéolées, presque Iridentées ; les fertiles presque tronquées et cunéiformes. Celte Fougère, qui s'élève à sept et huit pouces, croit en touffes aux Canaries et en Portugal. C'est la seule espèce européenne de ce genre; on la cultive dans nos jardins botani<|ues, où elle se fait remarquer par le vert sombre et la multitude des découpures de son feuillage.

Davallie aigdiilonisee. Davallia aculeala, Sw., Willd.; Adiantum aciilealum , L. Fronde trois fois ailée ; premières frondules du bas elles-mème» trois fois ailées; petites frondules cunéiformes, 3-3 fides, à découpures lancéolées , dentées au sommet ; rachis flexueux et aiguillonné. Cette Fougère, dont le feuillage lappelle celui du cerfeuil, croît à la Jamaïque et à Saint-Domingue, dans les lieux secs et exposés au soleil.

DAVIE. Davia. bot. Genre de la famille des Mélaslomacées, établi par De Candolle. Caractères : calice campanule, le tube ovalaire-oblong; dix ou douze dents au limbe qui est presque membraneux; cinq à six pétales; anthères en forme de bec à l'extrémité, se prolongeant en éperon ù la base; ovaire libre, globuleux ou oblong, déprimé et glabre; style filifoime; capsule à cinq loges. Les Davies, dont quatre espèces sont maintenant connues, forment des arbrisseaux élevés ou des arbres; ils sont originaires du Brésil, du Pérou et de la Guiane; leurs feuilles sont pétiolées, ovales, nervurées, presque glabres ; les Heurs, réunies en corymbes ou en panicule, sont d'un jaune assez pâle. Le Davia paniculala a\ait été placé par Martius dans le genre lihexia.

DAVIÉSIE. Daviesia. bot. Genre de la famille des* Légumineuses, DécandrieMonogy nie, constitué parSmith. Caractères : calice anguleux, simple et quinquéfide; corolle papilionacée; dix étamines libres; stigmate simple, aigu ; légume comprimé et monosperme. En décrivant une belle espèce de ce genre, que Willdenow avait rapportée au genre Piiltenœa , également établi par Smith, Ventenat observe que la Daviesia a la plus grande affinité avec ce dernier genre et qu'il n'en diffère que par son calice nu ou sans appendice et par son fruit comprimé et à une seule graine. Les Daviésies sont des arbustes à rameaux roides, à feuilles simples, terminées en pointe, et à peliles fleurs jaunâtres. Elles ont pour patrie la Nouvelle-Hollande, d'où quelquesunes ont été transportées dans les jaidins d'Europe, telles que les Daviesia deniulata, Vent.; Daviesia latifolia et Daviesia mimosoides, Brown. Smitli a donné, dans le neuvième volume des Transactions de la Société Linnéenne de Londres, les descriptions fort détaillées de dix espèces, sous les noms de Daviesia aciciilaris, Daviesia incrassata, Daviesia ulicina {Daviesia ulicifolia, Andr.), Daviesia relictilala, Daviesia squarrosa, Daviesia uinhelliilata, Daviesia corymbosa, Daviesia cordata, Daviesia alata, et Daviesia juncea. Cette dernière est une toute autre plante que celle nommée ainsi par Persoun, et qui doit se rapporter à la Daviesia deniidata décrite et figurée par Ventenal (Choix des Plantes, p. et t. 7). Smith (.Innals of Bot.,

vol. l.p. 507) distingue même celle-ci d'avec les Daviésies el en forme le genre Viminaria:

Daviésie OMDEiLÉE. Duvicsla umbellata, espèce postérieurement décrite par Smith, sous le nom de Davfesia umbellulata, et représentée dans la Flore de la Nouvelle-Hollande de Labillardière, t. 107, avec l'analyse des organes fructificateurs, qui donne une juste idée du caractère générique.

DAVILLE. Dai-illa. bot. Genre de la famille des Dilléniacées, constitué par Vandelli ( Flor. Lnsit. et Brasit. Prodr. 115, tab. 2, fig. 14). Caractères : étamines en nombre indéfini; carpelle unique, testacé, renfermé dans les deux sépales intérieurs du calice, qui se sont accrus el sont devenus concaves, opposés et semblables aux valves d'un fruit; une ou deux graines à peu près globuleuses. On n'en connaît encore qu'une seule espèce, Daviiie Brésilienne, Davilla Brasiliana. DC, arbre dont les feuilles sont alternes, oblongues et décurrentes, les Heurs vertes ou roussàlres. Par son port, il se rapproche beaucoup et il est pour ainsi dire intermédiaire entre le Telracera et le Delima, genres de la même famille.

On trouvait dans le Supplément de l'Encyclopédie Méthodique la description de celte plante sons le nom de Davilla rugosa. Il est fâcheux que De CandoUe n'ait pas adopté ce nom , on n'aurait pas un synonyme de plus; mais il ne serait guère convenable de préférer maintenant celui-ci, puisque le nom de Davilla Brasiliana accompagne non-seulement une bonne description générique et spécilîque, mais encore une excellente figure publiée par M. Benjamin Delessert (Icônes Selectœ, \ol. 1, t. 72).

Le genre Davilla diffère du Tetracera en ce que ses Heurs sont hermaphrodites, son ovaire unique, son stigmate capité et non aigu, enfin par la forme remarquable de ses deux sépales intérieurs.

DAVITE. MIN. Ce minéral se trouve à Chiwachi, dans l'Amérique méridionale, près d'une source d'eau thermale, contenant de l'acide sulfurique en liberté. H est en masses amorphes, blanches, vertes ou jaunâtres, d'une saveur nauséabonde, astringente et désagréable; exposé à l'action du chalumeau il commence par donner de l'eau, puis de l'acide sulfureux et sulfurique, et finit par se réduire en poudre blanche. La variété blanche donne à l'analyse : acide sulfurique 50; alumine 15; eau 57. La Davite n'est donc que de l'alumine sulfatée, colorée accidentellement par de l'oxide de fer lorsqu'elle est jaune , par de l'oxide de cuivre lorsqu'elle est verte ou bleuâtie.

DAVYNE. MIN. Monticelli, dans sa Minéralogie du Vésuve, a donné le nom de Da\'j'ne à une substance minérale volcanique, qui lui a présenté pour caractères : forme primitive, l'hexaèdre régulier : les facettes qui remplacent les facettes du prisme hexagonal conduisent à un dodécaèdre bipyramidal , dont les angles dièdres terminaux sont de 154», 46' et les angles latéraux de 51», 47. La forme fondamentale est un rhomboèdre de 1 12», 10'. Le clivage est très-net, parallèle aux faces principales du prisme. Les plans qu'il met a nu ont un éclat vif et perlé. Les cristaux sont blancs et transparents; ils sont fragiles; leur dureté est de 5,5; leur

pesanteur spécifique 2,4; ils sont souvent associés à du grenat brun dodécaèdre. La Davyne forme gelée avec l'acide nitrique; elle se boursoufle au chalumeau; son analyse chimique donne : silice 45; alumine 55; chaux 12, fer 01; eau 07; perte 04. Cette substance a été découverte au Vésuve.

D.iWAN. BOT. Rumph décrit sous ce nom trois arbres des Moluques, qui, selon Jussieu, paraissent avoir beaucoup d'affinité avec le genre Spondias de la famille des Térébinthacées. Leurs feuilles sont pinnées, à folioles alternes ou opposées ; leurs fleurs, disposées en grappes terminales, sont très-petites, et il leur succède des fruits de la forme et de la grosseur d'une balle de fusil, dont le brou contient un principe huileux.

D.WVSONIE. Dawsonia. bot. Genre de la famille des Mousses, observé à la Nouvelle-Hollande par Biownqui l'a décrit dans les Transact. Liun. T. x, p. 516. Il ne renferme qu'une seule espèce qui a complètement le port d'un Polytric ; sa tige est simple, roide ; ses feuilles aniplexicaules sont longues, subulées, dentées, et présentent supérieurement, comme celles des Polytrics, plusieurs crêtes saillantes, parallèles à la nervure principale. Le pédicelle est terminal et unique ; la capsule est oblique, plane supérieurement, et convexe inférieurement; elle ressemble beaucoup, pour la forme, à celle du Buxbatimia aphylla; l'opercule est en forme de cloche; la coiffe est double; l'extérieure n'est composée que de poils entrecroisés; l'intérieure est fendue latéralement et tuberculeuse au sommet ; le périslome est formé de poils très-nombreux, longs, droits et simples, naissant également des parois de la capsule et de la columelle. Ce dernier caractère, unique dans la famille des Mousses, pourrait laisser quelque doute s'il n'avait élé remarqué par un observateur aussi habile. Hooker a donné depuis une excellente figure de la même plante dans les iilusci exotici, et il a de nouveau observé ce caractère. C'est la première fois qu'on voit un péristome naître de la columelle; mais cette columelle, représentée comme très-grosse et renflée, est-elle bien la même chose que ce qu'on a décrit, sous ce nom, dans les autres Mousses? Ne serait-ce pas plutôt la membrane interne de la capsule séparée des parois de cette capsule? L'examen de la plante fraîche pourrait seuléclaircir ce faiï.

D.AWSONIE. Dawsonia. bot. Genre d'Hydrophytes consacré à Dawson Turner par Palisot de Beauvois . mais dont il n'a fait connaître ni les caractères ni les espèces. Lamouroux a donné ce nom à un groupe de Délesseries qui foimaient la seconde section de ce genre si nombreux; il offre pour caractères : des feuilles planes, parcourues par une ou plusieurs nervures longitudinales, simples ou rameuses, et ne se prolongeant jamais jusqu'aux extrémités ni sur les bords; fructification double : la tuberculeuse comprimée, gigartiue, située dans le voisinage des nervures ou sur le bord des feuilles ; la capsulaire éparse sur les feuilles et souvent presque invisible. Ce genre est composé de dixhuit à vingt espèces, la plupart nouvelles; Dawson Turner en a figuré plusieurs sous les noms de Fucus platicarpos, pristoides, caulescens, ruhens, ncnosus et venosus; les Deless. lobata et Gmelini lui appartiennent également. La grandeur, la couleur el

DEC

DEC

riiahilalion des Dawsonics n'ofFrenl rien de particulier.

DAYENA ou DAYENIA. noT. Synonyme d'Ayénic.

DAYONOT. BOT. Suivant Jussieii, le petit arbre qui porte aux Philippines le nom de Dayonol (Tiigus), parait avoir des caractères qui le rapprochent d'une pari du Bochmaria dans la famille des Urticées, de l'autre du Tragia dans les Euphorbiacées.

DÉ A COUDRE, bot. Synonyme vulgaire d'Agaric campanule.

DEUASSAIRE. OIS. Syn. vulgaire de Mésange Rcmiz. " DÉIIORDANT. Maifiinans. bot. On qualifie ainsi le nectaire quand il est sensiblement plus large que la base de l'ovaire.

DEBRyTiA. BOT. Rœmer et Schultcs ont substitué ce nom à celui ù'Erisma; mais comme rien ne justifiait l'opportunité de cette substitution, les botanistes ne se sont pas empressés de l'accueillir, f^. Ehisha.

DECACANTIIE. POIS. Espèces des genres Lutjan et Bodian, qui se distinguent par dix épines aux nageoires.

DÉCACÈRES. Decacerœ. moil. Céphalophores cryplodibranches,qui ont cinq paires d'appendices tentaculaiies, attachés sur la tète.

DECACHETE. Decachœla. bot. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Eupatoriées, établi par De Candolle qui en a posé les caractères de la manière suivante : capitule niulliflore; involucre ovale, imbriqué, formé de trois ou quatre rangs d'écaillés substriées et caduques : les externes ovales, entières, oblongues et un peu obtuses; réceptacle presque coiivexe,à paillettes linéaires; corolles glabres; antnères incluses; styles ranieux, allongés, exsertes; akène aigu, pentagone et glabre; aréole terminale, convexe; aigrette consistant en une rangée de dix soies persistantes, un |)('u scabres à leur base, terminées en massue. La seule espèce connue, Decachœla Hcenkeana, est un sousaibrisseau dressé, glabre, à rameaux cylindriques, à feuilles alternes, subpétiolulées, oblongues-lancéolées, acuminées, dentées, penninervées et mollement réticulées. Les Heurs sont rassemblées en un Ihyrse terminal. Cette plante est originaire du Mexique.

DECACTIS. ÉciiiN. L'on a donné ce nom aux Astéries fossiles; Knorr les a figurées pi. 1, lab. 11, fig. 4. Elles ont dix rayons. Lamarck n'en parle point dans son Uisloire des Animaux sans vertèbres.

DÉCADVCTYLE. pois. Espèce du genre Polynème.

DÉCADIE. Decatlia. bot. Genre de l'Icosandrie Monogynie, L., fondé par Loureiro, et ainsi caractérisé: calice inférieur ù trois divisions persistantes, étalées et inégales; corolle ù dix pétales dressés el plus longs que le calice; environ trente étamines presque égales aux pétales, et insérées à la base de ceux-ci, d'après Loureiro; un style liliforme et un stigmate épaissi; drupe ové el triloculaire. Le nom de Décadie vient de ses trois décades d'étamines, nombre toujours constant selon l'auteur cité. De Candolle place ce genre à la suite des ÉUeocarpées; mais il ajoute que si l'insertion des étamines est calicinale, et non telle que l'a décrite Loureiro, le Decadia doit être rapporté aux Rosacées. L'unique espèce dont ce genre se compose, Decatlia aluminosa, est un arbre d'une médiocre grandeur, dont le tronc est couvert d'une écorce lisse, les rameaux écartés, les

feuilles lancéolées, dentées en scie, alternes, péliolées, glabres el verdoyantes. Les fleurs sont blanches, petites et disposées en grappes peu allongées, presque simples el terminales. Il croit darts les forêts de la Cochinchine où il est nommé Ciiy-Deungse, et probablcmenl dans plusieurs iles de l'archipel Indien, car Loureiro lui donne pour synonyme V^rbor aluminosa de Rumph (Heib. Âmb., liv. v, lab. 100), el VArbor Bobit dicta de Burmann (ZeyL pi. 26). Cet arbre esl employé, par les habitants d'Auiboine, selon Rumph, pour teindre en rouge.

DÉCAFIDE. Organe quelconque découpé ou divisé au delù de moitié, en dix parties ou segments.

DÉCAFIDE. Decafidus. bot. Organe divisé en cinq dents ou partagé en cinq découpures.

DÉCAGONE. POIS. Espèce du genre Colle.

DÉC.\GYNE. Decagynus. bot. Fleur pourvue de dix pistils.

DÉCAGYME. Dccagynia. bot. Dans le Système sexuel de Linné, où les caractères des premières classes sont fondés sur le nombre des étamines, ceux des ordres sont tirés du nombre des styles ou des stigmates distincts. La Décagynie est l'ordre qui renferme les végétaux ayant dix styles; tel est, par exemple, le Phytolacca Decandra.

DECAISNÉE. De.caisnea. bot. Genre de la famille des Orchidées, et de la Gynandrie Monandric de Linné, institué par Bi'ongniard qui le caractérise ainsi : folioles du périgone presque égales, et soudées entre elles par la base : les extérieures, posées sur le labelle avec lequel elles adhèrent , sont renflées inférieurement; les intérieures sont plus larges et semblables au sépale intermédiaire; le labelle ressemble beaucoup aux sépales comme aux pétales, aux latéraux desquels il est soudé par sa base; son limbe est libre, inclus, entier et concave; le gynoslème est court, comprimé, avec le clinandre membraneux postérieurement, et prolongé de chaque côté par un appendice oreilliforme; anthère terminale, operculaire, avec ses loges fermées, contenant deux masses poUiniques, attachées au sommet du stigmate. Les Decaisnées sont des plantes herbacées, originaires du Brésil; leurs racines sonl fibreuses, d'inégale épaisseur; il en nait des feuilles ovales, membraneuses et nervurées, qui sont en fourreau à leur hase; celles de la tige sonl lancéolées, squammiformes ; l'épi qui termine la lige est cylindrique, serré, composé de fleurs petites, rassemblées quelquefois en plusieurs bouquets et garnies de bradées.

DÉCAMERIE. Decameria. ins. Hyménoptères; genre proposé dans la famille des Tenthrédines, par Lepelletier et Serville qui lui donnent pour caractères principaux: antennes de dix articles; ailes supérieures offrant une cellule radiale el quatre cellules cubitales, dont la quatrième atteint l'extrémité de l'aile. Ce genre se composerait de deux espèces exotiques, dont la patrie n'est pas exactement constatée.

DECANDOLLIE. bot. F. CAWDOltÉE.

DËCANDRE. bot. Fleur qui a dix élamines.

DÉCANDRIE. Decandiia. bot. Dixième classe du Système sexuel de Linné, qui conlicnl tous les végétaux ayant dix étamines. Celte classe offre cinq ordres,

DEC

savoir: 1" Mono(;ynie;2oDisynic;5oTryiïinie; '{''Pentagynie; 5" Décagynie.

DECANËURE. Decaneuriim. lot. Genre de la famille des Synanihérécs , tribu des Vcrnoniées , établi par De Candolle qui lui assigne pour caractères : capitule multiMore, homogame, à fleurs tubuleuses, hermaphrodites etquinquétides; réceptacle plan, alvéolé; involucre imbriqué, formé de plusieurs rangées d'écailles, ordinairement enveloppé de bractées foliacées, mais quelquefois nu : les écailles externes sont plus courtes, aristato-cuspidées; les internes n'ont point d'arêtes et sont scarieuscs au sommet; akène glabre, relevé de dix côtes ou nervures saillantes; aigrette consistant en une rangée de soies épaisses, roides et barbelées, disposées en anneau autour de la base, dans la jeunesse, puis décidues à mesure que la plante vieillit. Ce genre, voisin du Vcrnonia, s'en distingue très-bien, par son fruit à dix eûtes saillantes, son aigrette sur un seul rang, et dépourvue de la petite rangée accessoire, propre aux Vernonies; il se compose de quatorze espèces de l'Inde, presque toutes inédites. Du reste ce genre n'est pas entièrement nouveau, mais il était peu connu et mal circonscrit; il se divise en deux sections qui ont l'une et l'autre été considérées comme genres, savoir : les espèces à grandes bractées foliacées, qui forment le genre PlixUocephalitm de Blume, et celles à involucre nu, qui peuvent garder le nom de Gfiiinanlhemum, sous lequel Cassini en a désigné une ou deux espèces, mais qu'il considère sous un tout autre rapport.

Decaneore frdtescent. Decaneurum frutescens , DeCand.; Phyllocephalum frutescens , Blume. Tige un peu ligneuse, dressée, laineuse, garnie de feuilles courtemcnt pétiolées, oblongues-lancéolées, cusi)idées, dentées en scie, rugueuses, couvertes de poils laineux sur les deux faces; fleurs pédonculées, axillaires et terminales. Cette plante croit dans les localités humides des montagnes de la province de Krawang, à Java.

Decanecre fiubrilmfère. Decaneurum fimbrilliferum, De Cand. ; Gymnanihemum fimbrilliferum, Cassini. Tige pubcscentc, presque lomenteuse, striée; feuilles alternes, ovales-lancéolées, acuminées,étrécies à la base, en forme de pétiole, bordées autour de leur partie supérieure de quelques petites dents inégales et irrégulières , glabres en dessus , parsemées en dessous de points glanduleux et pubescents sur les nervures qui sont pennées; calalhides nombreuses, disposées en une grande panicule corymbiforme, terminale, trèsramifiée, dépourvue de feuilles et de bractées ; chaque calatbide est coni))osée de trois ou quatre Heurs. Elle se trouve à l'île de Bourbon.

DECAPÉTALE. bot. Périanthe composé de dis pétales.

DÉCAPODES. Decapoda. crust. Premier ordre de la classe des Crustacés, ayant pour caractères : branchies cachées sous les côtés du test; deux yeux portés sur un pédicule mobile ; quatre antennes généralement sétacées, dont les intermédiaires ont leur tige partagée en deux ou trois filets ou soies articulées; organe extérieur de l'ouïe situé A la base des autres; bouche composée

d'un labre, de deux mandibules palpigères, d'une languette, de deux paires de mâchoires muUifides, de trois paires de pieds-mâchoires, accompagnés extérieurement d'un appendice en forme de palpe (/;o</r««i ), les deux dernières paires munies de branchies; dessus du corps recouvert, à l'exception de son extrémité postérieure ou du post-abdomen, d'une écaille ou test généralement dure, en grande partie calcaire; post-abdomcu en forme de queue ; dix pieds proprement dits, dont les deux antérieurs au moins terminés ordinairement en pince; organes sexuels doubles; ceux du mâle situés à l'article radical des deux derniers; ceux de la femelle s'ouvrant soit au même article des pieds de la troisième paire, soit sur l'espace pectoral compris entre eux; œufs portés par des appendices pédiformes et bifides, disposés par paires sous le post-abdomen; forme des premiers différant souvent selon les sexes. Un seul de ces caractères, la situation des branchies, distingue suffisamment cet ordre de Crustacés. Quoique ces organes soient réellement extérieurs ou situés à la surface du corps , ils sont néanmoins cachés par les côtés du test qui se replient en dessous ; l'eau qui les abreuve et leur fournit le fluide respirable pénètre sous le repli du lest, au moyen d'un vide ou canal antérieur formésur les côtés des pieds-màchoires. Ainsi ces Crustacés sont, eiiquelque manière, des Cryplobranches, tandis queceux des autres ordres sont Gymnobranches. Dans ceux-ci encore les quatre derniers pieds-màchoires, ou même quelquefois les six, sont devenus des organes propres à la locomotion, et le nombre des pieds s'est accru en proportion. 4Iais dans les Décapodes, si l'on en excepte les derniers genres, ces pieds-mùchoires, appliqués sur les organes de la manducation, sembleut être uniiiuemenl destinés à leur service, et coopèrent même quelquefois directement à leurs fonctions. Le nombre de leurs pieds n'est donc que de dix. Cet ordre d'animaux se compose du genre Cancer de Linné, moins quelques espèces à branchies découvertes, de ceux que Fabricius comprend dans ses classes de Kleistagnatbes et d'Exochnates, sauf ceux de Limule, de Squille et de Gammarus, et des Malacostracés podopblhalmcs de Leach. Ce sont ces mêmes animaux que les anciens désignèrent plus particulièrement sous la dénomination de Crustacés, Cruslata. Leur corps est en effet recouvert à moitié ou en majeure partie par une sorte de bouclier ou test d'une seule pièce, et garanti inférieurement au moyeu d'une sorte de plastron, divisé par des sutures en autant de segments transverses qu'il y a de paires de pieds propres et de pieds-mâchoires. L'extrémité postérieure ou la queue [post-abdomen ou urogastre), est ellemême défendue supérieurement par une suite d'écaillés Iransverses ou de tablettes , réunies inférieurement avec une membrane soutenue par un demi-anneau Iransverse et de la consistance des téguments supérieurs. Chacune de ces tablettes forme avec ces parties inférieures un segment complet, dont le nombre est toujours de sept dans les Décapodes à longue queue ou Macroures, mais un peu moindre dans plusieurs de ceux où cette queue est courte ou les Brachyures, et variant même selon les sexes. Cette différence provient de la réunion de quelques-uns de ces anneaux; souvent

4iO

ntc

les vestiges des Biilures l'annoncent. Leach s'est servi avec avanlajje de celle disparité numérique pour diviser la famille des Brachyures; mais celte méthode est très-arlificiellc.

La substance des téguments est un mélange de GélatineetdeSulfaledeChaux: uueliqueurd'un beau rouge, qui passe par les pores d'une membrane Iréstnince, recouvrant le dessous du lest, lui communique, lorsqu'on l'expose au feu ou à l'action du soleil, une teinte analogue , mais ordinairement plus faible et un peu modifiée.

Quoique tous les Crustacés soient généralement carnassiers, il semble cependant que les Décapodes l'emportent à cet égard sur tous les autres, et, sans parler de la complication et de la force de leur a|)pareil masticateur, les pièces osseuses et dentées , et au nombre de cinq, dont leur gésier est armé inlérieuiemenl, décèlent éminemment cette habitude. Celui des Squilles et des Limules offre bien des pièces destinées aux mêmes usages, mais beaucoup plus faibles et ne consistant même que dans un assemblage de cils ou de spinules.

Les yeux sont ordinairement situés à l'extrémité d'un pédicule divisé en deux articles, inséré sur le test , et se logeant chacun dans une cavité particulière, pratiquée transversalement à son bord antérieur. Dans plusieurs, nolaninient dans les Macroures, l'intervalle de ce lest compris entre eux se prolonge en une pointe souvent dentée , qu'on a nommée bec ou rostre ; dans les autres, ce même espace qui répond au front ou à une portion du vertex, forme une sorte de chaperon. La longueur des antennes se divise naturellement en deux parties, le pédoncule et la tige. Le pédoncule est plus ou moins cylindrique, composé de trois articles. La tige a la forme d'une soie ou d'un fil, et se compose d'une quantité souvent considérable de très-petits articles. Celle des antennes latérales ou extérieures est toujours simple; mais à l'égard des intermédiaires, leur pédoncule se termine par deux ou trois filets; ce n'est cependant que dans les derniers genres de la famille des Macroures, où ce nombre s'élève à trois. Dans tous les Brachyures, ces deux tiges terminales sont courtes ou peu allongées et représentent une sorte de pince. Dans divers Branchiopodes, elles en font réellement les fonctions , et l'analogie nous montre que les mandibules des Aranéides sont leurs analogues. L'on aperçoit sous la base des antennes latérales un petit corps en forme de tubercule, logé dans un enfoncement du test, tantôt membraneux en devant, à l'exception de son pourtour (Brachyures), tantôt entièrement pierreux (Macroures), et que l'on considère comme l'organe extérieur de l'ouïe ; l'espace intermédiaire est Vépisto/ite. Le premier article des mêmes antennes est quelquefois soudé avec le test et se confond même avec lui; c'est ce qui a lieu dans plusieurs de ces Brachyures que l'on nomme vulgairement Araignées de mer. Les antennes intermédiaires sont presque toujours soudées et repliées sur elles-mêmes dans les Brachyures ; mais au delà elles s'allongent ainsi que les deux autres, se redressent et s'avancent aussi en avant. Ces modifications s'opèrent conjointement avec celles qu'éprouvent les proportions du test et s'étendent aussi aux pieds et aux

autres pièces analogues. Aussi les derniers pieds-màchoires finissent-ils par ressembler à des palpes, à des antennes, et sont-ils même transformés en pieds dans la dernière tribu, celle des Schizopodes. C'est à ce rétrécissement progressif delà partie antérieure du corps (|u'il faut attribuer d'une part le changement qui a lieu dans la situation relative des deux vulves de la femelle, et cette série de loges qui. dans la plupart des Macroures, partage le milieu de la cavité intérieure lhoracii|ue, et recevant les cordons médullaires. Cela n'a pas lieu dans les Brachyures; leurs cavités cotyloïdes étant moins rapprochées longlliidinalement entre elles, le milieu de la surface intérieure du plastron est uni.

D'après Savigny, qui a fait une étude trèsapprofondie, générale et comparative des parties de la bouche de ces animaux, une pièce, en forme de cœur.vésiculeuse, comprimée sur les côtés, carénée dans le milieu de sa longueur et située entre les mandibules, représente le labre. Elle existe aussi dans les Aranéides (languette sternale, Sav.). Les mandibules sont osseuses, fortes, Iransverses, élargies triangulairement ou en cuiller, tranchantes vers le côté interne, réirécieseten forme de cône allongé à l'autre bout; la manière dont elles sont situées ne leur permet point de s'écarter beaucoup l'une de l'autre. Dans les derniers genres de l'ordre, elles se rétrécissent, s'allongent, prennent une forme arquéeetse bifurquent même à leurextrémité intérieure.Sur leur dos est insérée une palpe de trois articles, couchée ordinairement sur lui, mais qui. dans quelques-uns de ces derniers genres encore , est relevée. Le pharynx est situé entre elles et la languette {labiiim, Fab.). Cette partie se compose de deux feuillets ovales, divergents et appliqués sur la face antérieure et inférieure des mandibules. Les mâchoires ressemblent aussi à des feuillets, mais divisés en lanières ciliées ou velues sur leurs bords; celle de la paire supérieure [maxilla quarta, Fabr.) en offre trois, et celle de la paire suivante (maxilla terlia, Fabr.) cinq, mais qu'on pourrait réduire essentiellement à trois, en considérant les deux intérieures comme bifides. Les pièces, au nombre de trois paires qui succèdent, en descendant, aux précédentes et les recouvrent graduellement, sontles piedsmàchoircs, ou les mâchoires auxiliaires, dans la nomenclature de Savigny. La forme des deux supérieures (maxilla secuiida, Fabr.), lient le milieu entre celle des mâchoires et celle des pieds-mâchoires suivants : ce sont en quelque sorte des mâchoires - pieds , qui , dans les Crustacés amphipodes et isopodes, forment une sorte de lèvre inférieure. Elles sont divisées en trois lobes, mais dont l'extérieur ressemble à une petite antenne sétacée, pluriarticulée, portée sur un pédoncule et faisant un angle avec elle. Fabricius l'a comparé à un fouet (palpus flagellifonnis); c'est le Hagrc de Savigny. Les quatre autres pieds-mâchoires se partagent dès leur base en deux liges, dont l'extérieure forme aussi un flagre, et dont l'interne ressemble à un petit pied, composé de six articles et courbé à son extrémité supérieure. Ceux de la seconde paire ou les deux supérieurs de ces quatre, sont pour Fabricius, lantôt des palpes intermaxillaires (Brachyures), tantôt des secondes palpes (Macroures), et, ù l'égard des deux inférieurs ou

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derniers, là (Brachyures) , il les prend pour une mâchoire exlérieure, terminée par une palpe, ici (Macroures), pour des palpes extérieures. Tous ces pieds -mâchoires sonl insérés sur les côtés de Textrémilé antérieure et allant en pointe du plastron sternal , mais dont les divisions ou sutures segmentaires ne sont pas toujours bien distinctes.

D'après les modifications progressives de toutes ces parties, les mâchoires ne sont elles-mêmes que des pieds -mâchoires ayant changé de forme et s'étendant en largeur (f . les tarses postérieurs des Gyrius). Celles de la seconde paire, dans les Arachnides et les Scolopendres, les deux paires, dans les Iules, sont même transformées en pieds. On pourrait aussi citer à cet égard divers Branchiopodes. Les six pieds suivants de ces animaux, ainsi que ceux des Insectes hexapodes, ne seraient, dans cetleopi»ion,que les analogues des piedsmâchoires des Crustacés décapodes, de manière que le thorax des premiers ne répond qu'à l'extrémité antérieure de la partie du corps désignée ainsi dans les derniers. Ces considérations ramènent l'organisation extérieure de ces divers animaux à un type unique, mais ayant subi des modifications.

Les deux pieds antérieurs, et quelquefois les deux ou quatre suivants, se terminent le plus souvent en manière de tenaille ou de main à deux doigts , dont le supérieur mobile et analogue au dernier article des pieds simples, et dont l'inférieur fixe est formé par un prolongement de l'angle correspondant de la main ou de l'avant-dernier article. Ce doigt recevra le nom d'index, et l'autre, ou le mobile, celui de pouce. L'article donnant naissance à la main est le carpe, et celui qui le précède est appelé bras. Les deux pieds antérieurs sont souvent désignés par l'expression de chelw ou de serres; mais Linné ne paraît l'appliquer qu'à la pince proprement dite. Dans les Décapodes nageurs ou pélagiens. le dernier article des deux pieds postérieurs et quelquefois même des précédents , à l'exception des serres , est élargi, comprimé en manière de lame ovale ou de nageoire. Quelquefois aussi ces deux pieds postérieurs, ou les quatre derniers, sont beaucoup plus petits. Les longueurs et les situations respectives de ces organes du mouvement présentent d'autres différences.

Les organes fécondateurs des mâles ne se montrent en dehors que sous l'apparence d'un mamelon percé d'un trou et situé au premier article des deux pieds postérieurs. Le post-abdomen ou la queue est repliée sous la poitrine (Brachyures et quelques Macroures), ou simplement courbée en dessous (presque tous les Jlacroures), et ordinairement (du moins dans les Brachyures) plus large et plus airondie dans les femelles, quelquefois même (Fortunes) autrement terminée dans les deux sexes. Quelquefois encore le nombre des segments dont elle est composée, et qui est ordinairement de sept, varie aussi dans ces deux sortes d'individus. Le dessous de celle partie du corps présente dans toutes les femelles quatre ou cinq paires d'appendices, disposés sur deux rangs longitudinaux, et que l'on peut considérer comme des pieds abdomiuaux. Ils se composent, en général, d'un article radical, servant de support à deux pièces en forme de filets barbus ou de lames fo-

Racées, et dans ce dernier cas ils servent de nageoires. Les œufs sont attachés à ces appendices, en agglomérations plus ou moins volumineuses et toujours à nu. Dans les Brachyures mâles et quelques Macroures, ces pieds abdominaux sont, à l'exception des premiers, beaucoup plus petits proportionnellement ou même peu visibles. Les deux premiers ont la forme de cornes, mais ne sont point l'organe sexuel. L'anus est placé sous le dernier segment. L'avant-dernier, dans les Macroures, porte une petite nageoire composée de deux feuillets insérés à l'extrémité d'un article commun etbasilaire; ces deux nageoires forment avec le dernier segment une nageoire . commune, s'épanouissant en façon d'éventail (y. l'article Macrobkes).

Le système nerveux des Décapodes ne paraît différer essentiellement de celui des Insectes que par l'encéphale composé de quatre ganglions ou tubercules, au lieu de deux, ou d'un seul et bilobé, non compris une partie centrale servant de foint de réunion. L'estomac, ou plutôt le gésier, est soutenu par une sorte de squelette cartilagineux, armé à l'intérieur de ces pièces osseuses et dentées dont nous avons parlé plus haut et destinées à la trituration des aliments. On y voit aussi, dans le temps de la mue, qui arrive vers la tin du printemps , deux corps calcaires, arrondis, convexes d'un côté et plans de l'autre, qu'on nomme vulgairement yeux d'Écrevisses, et disparaissant lorsque la mue est achevée. Us semblent fournir la matière propre au nouveau test ou contribuer à l'augmenter. Nous n'exposerons point ici la manière dont s'opère cette mue, ni les moyens que la nature emploie pour réparer les pertes que ces animaux sont sujets à faire de quelques-uns de leurs membres. Ces détails, ainsi que tous ceux qui ont pour objet les autres organes intérieurs, doivent trouver place soit à l'article Crustacés, soit plus spécialement a celui d'ÉcREVissE, deux espèces de ce genre, l'Écrevisse ordinaire et le Homard, ayant fourni presque exclusivement ces diverses observations. Les Crustacés décapodes et les Mollusques céphalopodes sont certainement à la tête de cette grande division zoologique, que l'on distingue communément sous le nom d'Animaux invertébrés. De quelle manière se rattachent -ils aux derniers animaux vertébrés? C'est une question qui, à raison de sa généralité et de son importance, mérite une attention spéciale, d'autant plus que cette distinction a été combattue par Geoffroy Saint-Hilaire, et défendue par Meekel. Ce sont aussi les animaux de la même série les plus remarquables sous le rapport de la grandeur et de la longévité. La plupart sont marins et littoraux. QueUiuesuns vivent dans les eaux douces et se tiennent même à une distance assez grande de la mer et dans des lieux élevés, comme dans les lacs situés au sommet des montagnes (K. Ocvpode, ToDRLOiiRon, Grapse, THEipncsE). U'autr-es, pour se procurer leur nourriture ou pour échapper à leurs ennemis, ont des habitudes particulières (F. Drosie, Dorippe, Pinroteère). Ces Crustacés peuvent, selon les circonstances, marcher de côté ou aller à reculons. Il en est(Ocy|iodes) dont la vitesse égale presque celle de nos meilleurs coursiers.

L'on trouve de ces animaux sous toutes les latitudes;

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mais, en séiiiiral, ils sont plus aboiulanU sons les (ropiqucs, et la plupart des espèces fossiles de nos contrées n'ont d'analogjie qu'avec celles qui habitent aujourd'hui exclusivement ces dernières localités. II en est cependant quelques-unes qui paraissent être bien moins anciennes et se rapprocher de celles qui vivent actuellement dans nos mers. La chair des Cuslacés décapodes, quoique d'une digestion difficile, est cependant généralement recherchée. Mais, pour éviter la corruption et les désagréments qui en résulteraient, il faut avoir la précaution de faire cuire vivants ces animaux. Pour conserver ces Crustacés dans les collections, il faut, après avoir enlevé les chairs, les priver, autant que possi!)le, des sels dont ils sont imprégnés, en les mettant à cet effet dans de l'eau douce, et employer ensuite, comme dessiccatif, une lessive d'eau de Chaux.

Les uns ont la queue courte, appliquée sur la poitrine, sans nageoires ou appendices analogues à son extrémité, les branchies solitaires, et l'issue extérieure des organes sexuels féminins , située entre les pieds de la troisième paire. Us constituent la famille des Décapodes ù courte queue ou celle des Brachyures.

Dans les autres, cette queue est généralement aussi longue ou plus longue que le test, simplement cour!)ée, munie latéralement à son extrémité de deux petites nageoires, en formant une générale et en éventail avec le dernier segment, les branchies rapprochées ù leur base par faisceaux, et les vulves situées au premier article de ces mêmes pieds ou de la troisième paire. Us composeront la fajnille des Décapodes ù longue queue ou celle des Macroures.

DÉCAPTÉRYGIENS. pois. Seconde classe de la Méthode icblhyologique de Schneider, caractérisée par le nombre des nageoires. Elle est divisée en trois ordres : les Apodes, les Thorachiques et les Abdominaux.

DÉCASPEPiME. Vecaspermum. bot. Genre de la famille des Myrtaeées, Icosandrie Monogynie, établi par l'orsler (Gênera, 37) et adopté par Gaîrtner qui en a changé le nom en celui de A'elitiis. Linné fils, dans son Supplément , avait fait du genre de Forster une csi)èce de Goyavier sous le nom de Psidium Vecasperiiiiim. Ce genre, qui doit conserver le nom qui lui a été primitivement imposé par Forster, a pour caractères : un calice globuleux, adhérent avec l'ovaire infère, et dont le limbe est partagé en quatre ou cinq divisions; une corolle formée de quatre à cinq pétales; des élamines très -nombreuses, ayant leurs filets libres et leurs anthères ovoïdes et didyraes. L'ovaire estù dix loges monospermes et surmonté d'un style çld'un stigmate simples. Le fruit est un nuculaine globuleux, couronné par le limbe du calice, et marqué de dix sillons i>cu |)rofonds; il renferme dix nucules osseux, comprimés latéralement. Gœrtner décrit ce genre comme ayant un fruit ù une seule loge, renfermant dix graines osseuses; mais d'après la figure et surtout le caractère, tracés par Forster, ce fruit est évidemment à dix loges qui se ciiangent chacune en un noyau nionosperme.

Le Decaspeimum frutuosum, Forstei', ou Ncliliis Jitmbosella , Ga;rtner, 1, p. 155, lab. 27, fig. 5, est un aibuste originaire de Ccylan , qui a des feuilles ovales, acuminées et plaues, des fleurs solitaires, pédonculécs

et munies de deux petites bractées vers le sommet de leur pédoncule, des fruits charnus de la grosseur d'une Cerise.

DÉCASPORE. Decaspora. bot. Genre de la famille des Épacridées, fondé par Brown (Pioiirom. Flor. Xov.-Holland., p. 548) qui le caractérise ainsi : calice soutenu par deux bractées; corolle campanulée, dont le limbe est orné de poils épars; étamines saillantes; cinq squammulcs hypogyncs, réunies par leur base; ovaire à dix loges , se convertissant en une baie à dix graines osseuses. Deux espèces constituent ce genre : l'une avait été placée par Labillardière {Nor.-Hollanil. 1, p. 58, tab.82) dans son genre Cyathodes, avec le nom spécifique de disticlia ; mais il est juste de dire que ce botaniste en avait indiqué la séparation. L'autre a été nommée Decaspora thymifolia par Brown qui l'a trouvée dans la terre de Diémen. Labillardière assigne la même patrie ù l'espèce précédente. Ce sont de beaux arbrisseaux dont les feuilles sont éjiarses et pétiolées, les fleurs rouges, disposées en épis terminaux et penchées, et les baies violettes.

DÉCEMFIDE. Decemfidus. bot. On dit d'un calice ou d'une corolle qu'ils sont Décenifules lorsqu'ils sont partagés en dix lobes peu profonds, par des incisions qui n'atteignent pas jusqu'au milieu de la hauteur de cec organes.

DÉOEMLOCULAIRE. Decemlocularis. bot. A dix loges ou cavités séminifères.

DÉCIDl'. Deciduus. bot. Cette expression s'emploie pour exprimer d'une manière comparative, l'époque à laquelle certains organes des végétaux se détachent et tombent. Ainsi caduc se dit d'un organe qui tombe peu de temps après son développement, et Dccidii de celui qui ne se détache que plus ou moins longtemps après son développement.

DECKÈRE. Deckera. bot. Genre de la famille des Synanlhérées, établi par le docteur Sehultz, et dédié au botaniste allemand Decker que la mort vient tout récemment de ravir à ses amis et à la science, dans une exploration botanique du centre de la Sicile. Les caractères du genre nouveau sont : réceptacle alvéolé-réticulé ; cavité des akènes continue ; ceux-ci égaux, insérés sur un bec médiocre, non fragile; aigrette persistante, garnie de plumules disposées en rayons dressés. Le genre Dcckère renferme trois espèces bien constatées par l'auteur : 1" Deckera nilotica, qui est le Picris nilolica deSieber; 2" Deckera aculeala ; 5» Deckera asplenioi'des. Les Picris su/phtirca, Poir., et scabra, Forsk., pourraient bien encore rentrer dans le genre Deckera.

DECLIEUXIE. Declieuxia. bot. Genre de la famille des Rubiacées, Tétrandrie Monogynie, établi par Kunth. Caractères : calice adhérent ù l'ovaire dont le limbe est libre et à quatre dents; corolle infuiidibuliforme, quadrifide et régulière : découpures du limbe étalées, réfléchies; gorge ornée de villosités; quatre étamines insérées à l'entrée de la corolle et saillantes, à filets capillaires et à anthères linéaires, inlrorses et biloculaircs; ovaire infère, presque rond el comprimé; un seul style et un stigmate bifide. Le fruit est une sorte de drupe à deux uoyaux didymes, comprimés, couronnés

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par le limLc du calice persislant. Les noyaux sont monospermes el d'une consistance de paicliemin.

Ce genre a été dédié ù la mémoire de l'honorable Declieux, officier de la marine française, qui enricliit les Antilles de la plante la plus précieuse entre toutes les Rubiacées. On sait que ce navigateur, transportant quelques pieds de Cafeyers du Jardin des Plantes de Paris à la Martinique, manqua d'eau pendant la traversée, et qu'il partagea constamment avec ses chères plantes, sa ration à peine suffisante pour éteindre la soif ardente qui le dévorait pendant un aussi long voyage dans les climats équatorlaux. Le genre Declieuxia a de l'affinité d'un côté avec le Canlhium et le Chiococctt, et de l'autre avec le Psychotria. 11 s'en distingue cependant par la structure du fruit et le nombre des parties; en outre son stigmate bifide, ses étamines saillantes et un port particulier le différencient suffisamment. La seule espèce qui le constitue croît sur les bords de l'Orénoque. Kunlh l'a nommée Declieuxia Chiococcoiiles et a accompagné sa description d'une bonne figure (in Humboldt et Bonpl. Nov. Gêner, et >'<'pecies Plant, œquinoct., 3, p. 276, tab. 281). Willdcnow l'ayant considérée comme une Iloustonia, lui donna le nom de Houstonia fnilicosa. C'est un arbrisseau élevé, à rameaux quadrangulaires , à feuilles opposées, très -entières, coriaces et munies de stipules entre leurs pétioles. Les tîeurs sont blanches, disjiosées en coryrabes terminaux , sessiles , et à pédoncules dichotomes.

BÉCLIKÉ. Declinatus. bot. On dit que les étamines ou le style sont Déclinés quand ils se portent tous vers la partie inférieure de la fleur qui, dans ce cas, n'est jamais dressée, mais placée horizontalement.

DÉCO0ON. BOT. Due plante que Walter [Flot: Carolin., p. 157) avait déciile sous le nom provisoire A'Anonynms aqtiaticus, était devenue pour Gmelin, [Sysl. II, p. (577) le type du nouveau genre Decodon. Richard (m Mich. Flor. Boréal. Amer. ),Vevioon et Willdenow se sont accordés à regarder celte plante comme identique avec le Lythrum verticillatiim, L. y. Salicaire.

DÉC0.MB.4NT. Decumbens. bot. Une tige qui s'élève d'abord directement, puis se replie vers la terre sur laquelle elle s'étale en partie, est Décombanle.

DÉCOMPOSÉ. Decompositus. bot. Les feuilles peuvent être composées à différents degrés. Lorsque le pétiole commun est simple, et qu'il porte immédiatement les folioles, la feuille est simplement composée. Elle est au contraire Décomposée quand le pétiole commun se divise en pétioles secondaires qui portent les folioles. On dit aussi d'une tige qu'elle est Décomposée quand, dès sa base, elle se divise en un grand nombre de ramifications.

DECOSTÉE. Decosfea. bot. Les auteurs de la Flore du Pérou et du Chili ont établi ce genre pour une plante indigène de ce dernier pays, et lui ont assigné les caractères suivants : fleurs dioïques; les mâles ont un calice à cin(| dents, une corolle à cinq pétales et cinq étamines; les femelles n'ont point de corolle; il y a trois styles; un drupe monosperme, couronné par le calice cl les styles persistants. La Decostée grimpante, Decos-

tea scandens, Ruiz et Pavon ( }<yst. f-'eget. F/or. Pente., p. 239), est un arbrisseau dont les tiges, volubiles, sout garnies de feuilles cordées, épineuses et dentées ù leur base.

DÉCOUPÉ. Incisus. bot. Un calice monosépale ou une corolle monopétale, une feuille, sont Découpés quand leur limbe est partagé en un certain nombre de lobes par des incisions plus ou moins profondes. Suivant le nombre et la profondeur de ces incisions on dit de ces organes qu'ils sont bifides, trifides, quadrifides, multifides, si les découpures, au nombre de deux, trois, quatre, etc., n'atteignent au plus que jusqu'au milieu du limbe; si au contraire elles sont plus profondes, on dit alors biparti, triparti, quadriparti, inulliparti, etc. Cette distinction est importante, et fournit souvent de très-bons caractères.

DÉCOUPURE. INS. Espèce du genre Noctuelle. C'est aussi le terme que l'on emploie en bolani(iuc pour exprimer une division quelconque dans les bords d'un organe mince et flexible.

DÉCRÉPITATION. Mouvement particulier, accompagné de bruit, que l'on observe, dans certaines substances que l'on dessèche promptemeut ù l'aide du feu.

DÉCRESCEiXTE-PlNNÉE. bot. Nom donné à la feuille pinnée, dont les folioles diminuent graduellement de grandeur de la base du pétiole commun ù son sommet.

DÉCROISSEMENTS. min. Les cristallographes se servent de ce mot pour exprimer les variations d'étendue que subissent les lames cristallines, à partir du noyau sur lequel elles se superposent, et qui consistent dans la soustraction régulière et uniforme d'une ou de plusieurs rangées de molécules, f^. Cristaliograpiiie.

DÉCUMAIRE. Deciimaria. bot. Genre de la famille des Myrtinées , Dodécandrie Monogynie , établi par Linné. Caractères : calice supère, partagé en un nombre de divisions qui varie de huit à douze ; ces divisions sont très-courtes, épaisses à la base, blanchâtres ou colorées; corolle formée de huit à dix pétales; seize à vingt-cinq étamines insérées à la base du calice sur le bord du réceptacle, à filets plus longs que la corolle, et ayant des anthères didymes, presque globuleuses; l'ovaire infère et turbiné supporte un style persistant, que surmonte un stigmate globuleux, légèrement sillonné de huit à dix rainures; il se convertit en une capsule de même forme, couronnée par les dents du calice el par le style persistant, à huit ou dis loges, s'ouvrant par des fentes à sa partie inférieure, marquée de stries longitudinales et saillantes; les loges sont séparées par de minces cloisons qui se déchirent à la maturité; elles contiennent chacune deux rangs de graines allongées, terminées par des membranes obluses et attachées sur un réceptacle central, angulaire et fusiforme. Ce genre est particulier aux contrées méridionales des États-Unis d'Amérique. La seule espèce que Linné ait fait connaître et nommée Decumaria barbara, fut postérieurement décrite par Walter {Flora Caroliniana,\t. 154) sous le nouveau nom générique de Forsythia, qui n'a pas été adopté. Bosc (lac. cit., t. 1.3) donna une description détaillée et une bonne figure de la Decumaria sarmenlosa, qu'il a regardée comme distincte de la juécédenlc, mais que Richard (in Michaux Flor. Boreali

Americana, p. 282) et Persoon ont considérée tout simplement comme une variété. Le premier de ces deux auteurs a cru devoir sul)sliluer au nom spécifique imposé par Linné, celui de Foisylliia que portait le genre de Waller; cependant celle innovation n'a pas été admise. Quoi qu'il en soit de Ki réunion ou de la distinction de ces plantes, il suffira, pour s'en donner une idée exacte, de jeter les yeux sur la figure de la Decumaria sanneiitosa de Bosc : c'est un arbuste ù tige ligneuse, sarmenlcuse, genouillée, grêle, et dont les jeunes pousses portent seules des feuilles opposées, pétiolées, dentées dans leurs parties supérieures, glabres et marquées de nervures; les inférieures sont cordées, tandis que les supérieures sont lancéolées.

DÉCURRENT./>ecMr/e«s. BOT. Lorsquele limbe d'une feuille, au lieu de s'arrêter au point même d'insertion de cet organe sur la tige, se prolonge sur celle-ci, de manière à former deux appendices saillants et en forme d'ailes longitudinales, cette feuille est appelée Décurrente.

DÉCURSIVE-PINNÉE. bot. On le dit d'une feuille pinnée, dont les folioles sont décurrentes sur le pétiole commun.

DÉCUSSATIF. Decussalivus. bot. Se dit d'un organe à paires croisées, comme les feuilles, par exemple; elles sont Décussatives lorsque les paires se croisent à angles droils.

DÉDALE. Dcdalœa. zooph. Genre de la famille des Médusaires, institué par Ouoy et Gaymard, dans la relation de leur voyage sur la corvette l'Astrolabe, pour un Zoopliyte qu'ils ont trouvé fort abondamment dans le trou Fanfaron de l'Ile-de-France. Caractères : corps ovoïde, glandiforme, pourvu de tentacules simples, assez longs, disposés subradiairement, contenu dans des cellules de même forme, transparentes, fixées et réunies en groupes plus ou moins considérables, sur les côtés d'un axe commun, cylindrique, membraneux, anastomosé de manière à former une sorte de grand réseau irrégulier, fixé.

Dédale de M xv^ici. Dedalœa Mauritiana, Ouoy et Gaym. Dans la mer, ce Dédale forme une masse de petits tubes cylindriques, longs de plusieurs pouces, de la grosseur d'une plimie de Pigeon, embrouillés les uns dans les autres, anastomosés entre eux, composant des nœuds d'où partent des groui)es de quatre à cinq tuyaux, allant former avec d'autres une sorte de labyrinlbe. Le long des tiges, mais le plus souvent aux extrémités des rameaux, et de cliaque côté, sont des Polypes plus ou moins nombreux, contenus dans des ampoules en forme de gland, ridées à leur base, à ouverture rétrécie. L'animal a de buit ù dix tentacules blancs, en plumet, recourbésvers la pointe; on y reconnaît, comme dans les Eschares, un œsopliage, un estomac entouré d'un foie, et un viscère en communication avec lui, qui paraît être l'ovaire. Les Polypes sont très-irritables, mais les branches ne donnent aucun signe de vie. Elles ont un canal central, avec lequel communiquent probablement les ampoules; au point de leur anastomose elles forment comme des nœuds qui paraissent articulés. La couleur du Polypier est un mélange de blauc et de l'oussàtre.

DÉDALÉE. BOT. r. Dof.i)\lÉE.

DEERINGIE. Deerinijia. bot. Genre de la Famille des Amarantbacées, Pentandrie Monogynie, Lin., fondé par Brown {Prod. Noc.-Hollaiul. , p. 413) qui lui donne pour caractères : un périantbe à cinq divisions profondes; cinq étamines réunies à leur base en un urcéole édenlé, et munies d'anthères hiloculaires; style tripartile; péricarpe renflé, bacciforme et polysperme. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce, la Deeringia celosioides, à laquelle Brown donne pour synonyme la Celosia haccata, Retz (Observ. 5, p. 23); cependant il observe que la plante de la Nouvelle-Hollande diffère de celle décrite par Retz, et qui croit dans l'Inde, par ses lleurs plus grandes et la pluralité de ses graines. Du reste, c'est un arbrisseau glabre, dont les tiges faibles s'appuient sur les autres arbres de.Ia contrée. Il a des feuilles alternes et des Qeurs soutenues par trois bractées, et disposées en épis terminaux ou axillaires.

DÉFENSES. zooL. On désigne généralement par ce mot celles des dents de l'Éléphant, du Sanglier, du Babiroussa, etc., qui saillent hors de la bouche.

DÉFEUILLAISON, bot. Mot qui exprime vulgairement la période annuelle où la plupart di's végétaux ligneux se dépouillent de leur parure. L'époque de la Défeuillaisoii ou de la chute des feuilles varie pour le même végétal suivant les climats sous l'influence desquels il vit.

DEFFORGIE. bot. Dcffoigia. V. Forgésie.

DÉFINIES (ÉTAMiMs). Staminadefinila. bot. Cette expression n'est employée que par opposition à celle d'étamines indéfinies. Le nombre des étamines est défini jusqu'à douze; passé ce nombre, elles n'ont plus rien de fixe ; elles sont indéfinies. /^. Système sexuel de Linné.

DÉGÉNÉRATION. Ce mol peut-il être admis dans l'histoire de la nature, où rien ne dégénère dans le sens véritable qu'on doit attribuer à ce mot? Les changements que subissent les êtres, soit qu'ils ac(|uiërent de nouvelles parties par un développement plus ou moins favorisé , soit qu'au contraire ils s'appauvrissent par des piivations quelconques, ne sont ni des perfectionnements ni des dégéuérations. y. DÉGËNÉRESCE^CES des

ORGARES.

DÉGÉNÉRESCENCES DES ORGANES, bot. Ce mot, pris dans son sens strictement littéral, exprimerait une altération dans les tissus des organes, et par suite une lésion de leurs fonctions physiologiques capable de produire des accidents toujours graves dans les diverses l)arties de l'individu affecté. Ce n'est pas ainsi qu'on doit l'entendre en histoire naturelle, car les conséquences du phénomène dont il s'agit, loin d'être constamment fâcheuses , comme celles des Dégénérescences morbides pour l'être organisé, lui sont le plus souvent profitables. L'expression de Dégénérescences signifiera donc toute modificalion dans la structure des organes, Iai|uelle entraînant un changement notable dans leurs fonctions, peut faire illusion sur leur véritable nature et masquer la symétrie de leurs rapports. Le Règne animal fournit un grand nombre d'exemples de dégénérescences, qui, naturellement, devraient trouver leur place ici ; mais il faudrait les isoler des généralités, des théo-

ries auxquelles ils apparlicnnent, et alors leur citation inopportune ferait perdre de vne le but d'utilité de ce Dictionnaire. On est donc forcé de renvoyer, pour tout ce qui concerne les Dégénérescences animales, aux mois ANALOGCES, MoiysTRES, etc. Il n'en est pas tout à fait de même quant à la Dégénérescence des organes végétaux; on peut, ainsi que l'a fait le professeur De Candolle, définir par ce mot les phénomènes de végétation, soit constants, soit accidentels, et toujours caractérisés par l'aspect insolite ou diiïérent de celui que présentent naturellement les organes des plantes.

Si l'on réBéchit à la simplicité de l'organisation végégétale et à l'unité presque absolue de composition des tissus élémentaires, on ne sera pas étonné d'en trouver des exemples extrêmement nombreux et très-variés, car les plus légers changements dans la nature intime d'un organe sont capables de lui faire prendre l'apparence et les fonctions d'une autre partie. Les moindres variations des milieux dans lesquels il vit ont une influence marquée sur son développement ainsi que sur ses formes; et il peut arriver que sa transformation soit complète lorsque la nature des agents extérieurs est totalement intervertie. Ainsi, par exemple, rien n'est plus facile que de faire produire sur une tige des racines au lieu de branches, et réciproquement des rameaux caulinaires sur des racines ; et pourtant ce sera le même bourgeon , c'est-à-dire un abrégé de parties similaires, qui donnera, dans ces deux cas opposés, des organes aussi différents en apparence que la tige et la racine I

C'est encore au changement de milieux qu'il faut attribuer les métamorphoses que subissent un grand nombre de plantes amphibies, et qui sont tellement extraordinaires qu'elles ont donné lieu à de graves erreurs spécifiques. Si on observe, dans nn marais desséché, la Renoncule aquatique, Ranunculus aquatilis, L., d'abondantes feuilles dont le limbe est plan et bien développé couvrent sa tige, la longueur de celle-ci est peu considérable; en un mot elle offre des caractères précis que l'on peut définir aussi bien que ceux des autres espèces du même genre. Mais si on suit les développements de la même plante lorsque, par une cause quelconque, la surface du sol aura changé, on la verra bientôt s'allonger en raison de la moindre densité du terrain qui, en fournissant plus de sucs aux racines et opposant moins d'obstacles à leurs progrès, activera aussi l'augmentation des tiges. Çue l'eau vienne à s'élever au-dessus du sol, alors le parenchyme des feuilles se détruira, et les nervures s'accroîtront de manière ù devenir filiformes et désagrégées. Ainsi, au lieu de feuilles, on ne trouvera plus que des faisceaux de fibres dont les fonctions seront d'une toute autre nature, puisqu'elles n'auront ni leurs formes, ni leurs couleurs, ni leur consistance, puisque, vivant dans le fond des eaux, elles ne serviront pas, du moins comme les feuilles, à la décomposition de l'acide carbonique et à la production de l'oxigène.

Cette Dégénérescence complète de tous les organes de la végétation, dans la Renoncule aquatique, par suite de la différence des milieux qu'elle habite, se représente dans la plupart des plantes amphibies. On sait que

la Fléchière, Sagillan'a sagil/œfolia, est singularisée par ses feuilles presque cylindriques ou cannelées intérieurement et terminées en fer de Uèche; c'est ainsi qu'elle se présente sur le bord des rivières ou au milieu des eaux stagnantes. Mais lorsqu'elle se trouve dans des courants rapides, ses feuilles, entraînées par les eaux, couchées et submergées, s'allongent considérablement et ne forment que des rubans très-étroits dont les bords sont parallèlesjusque vers leurs extrémités. En cet étal, il serait impossible de reconnaître à quelle plante elles appartiennent, et il est probable qu'elles exécutent des fonctions toutes différentes de celles des feuilles ordinaires de Sagittaria.

La nature du sol exerce une grande influence sur les organes de certains végétaux. Ceux-ci, transplantés d'un terrain dans un autre, indépendamment des mutations survenues dans leurs dimensions, éprouvent des déformations réelles dans leurs diverses parties. Les épines dont la nature a armé plusieurs plantes sauvages s'évanouissent souvent par la culture; à leur place, on voit paraître des branches en tout semblables à celles qui sont habituelles à l'arbre. Ces mélamorjihoses que l'on voit s'opérer fréquemment dans les Genêts, le Prunier épineux, les Orangers, etc., indiquent assez qu'un terrain maigre et ingrat a transformé, dans la nature sauvage, en épines prolectrices de Tindividu, les branches qui, mieux nourries dans un sol fertile, auraient conservé leur organisation primordiale. Enfin, on doit compter au nombre des causes extérieures des Dégénérescences accidentelles, les grands phénomènes météoriques de l'atmosphère. Lorsque des pluies ou des brouillards épais font avorter les grappes de la Vigne, celles-ci se métamorphosent en vrilles qui servent alors au végétal de points d'attache, mais qui, trop souvent, se multiplient au delà de ses besoins, et trompent l'espoir de l'agriculteur.

Une cause, plus importante que la précédente, puisqu'elle produit des transformations plus variées et qu'elle semble inhérente à l'organisation intime des plantes, c'est l'avortement des organes voisins qui force, pour ainsi dire, l'organe dégénérescent à revêtir des formes et à remplir des fonctions qui lui sont étrangères. Le propre avorteraent de l'organe lui même peut encore être tel qu'il en change les fonctions et occasionne une véritable Dégénérescence. Celle question a été en partie traitée au mol Avortement de ce Dictionnaire ; mais c'est ici le lieu de la considérer spécialement et d'en développer les applications. 11 est convenable de l'examiner dans les diverses parties des plantes, en commençant par les organes de la végétation.

La tige, cette partie centrale, base de tout le système épigé, est moins sujette que toute autre aux métamorphoses. Cependant, soit qu'elle subisse un avortement complet par l'accroissement des organes circonvoisins, soit qu'elle se développe outre mesure par l'annihila lion de ceux-ci, ou enfin par toute autre cause, on la voit tellement transformée que, sans la voie de l'analogie, il serait impossible de la reconnaître. Les liges des plantes bulbeuses, réduites à un mince plaleau , offrent l'exemple d'une Dégénérescence complète par avorte-

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inciil (le l'organe lui-même. On observe un pliénomîne analogue dans les liges de |iliisieiirs planles alpines. On est, en ffinéral, frappé de l'exii;uïlé de celles-ci relalivemcnt ù rénorinitcî des dimensions de leurs fleurs ; mais on n'a jamais ohsorvi! qu'une grande quantité d'cslièces ne sont multicaules et lierhacées que par suite de rol)litéralion de leur tige principale. Ainsi, le Genliana glaciulis , que l'on décrit toujours comme mullicaulc, n'est réellement qu'unicaule, puisque chacune de ses prétendues tiges est un long pédoncule naissant des aisselles de plusieurs paires de feuilles extrêmement rapprochées et dont les entre-nœuds, réduits ;■! leur minimum, constituent la lige dégénérée. Ces pédoncules, il est vrai, sont foliacés et ne semblent être que de simples rameaux; mais il paraît évident, par la jiosition de chacun d'eux, qu'ils doivent être assimilés aux pédoncules si minimes des autres espèces et que leur développement est dû à l'avortemenl de la souche ou tige principale.

Il arrive assez fréquemment que les tiges prennent un accroissement plus considérable que celui qui leur est habituel; alors elles peuvent aussi changer de fonctions, et l'épitliiHe de Dégénércscenles doit, à plus juste titre , leur êlrc appliquée. Ces phénomènes sont tantôt produits par des causes accidentelles on dépendantes de la volonté des hommes, tantôt ils résultent de l'organisation particulière de certaines planles. Les liges fasciées de la Chicorée , de l'Asperge , du Cclosia cristata, sont des Dégénérescences accidentelles, tandis que les liges des Xylophylla , des Cactus, etc., sont constamment aplalies et foliformes, quelle que soit la nature du terrain oii croissent ces végétaux. Ce qui vient d'être dit des tiges, est applicable aux branches (|ui n'en sont que des subdivisions, ainsi qu'aux pétioles que l'on doit regarder comme des organes formés, de même que le» liges, de fibres longitudinalemenl appli- ((uées; ainsi, l'histoire des Acacies hétérophylles, celle des feuilles de Biiplevium et de certaines Renoncules, s'expliquent facilement par les Dégénérescences des l)étioles en lames foliacées. Dégénérescences occasionnées par l'avortcnient des folioles, lorsque les feuilles sont composées, et par celui du limbe, lorsque ce sont des feuilles simples. On a, selon De CandoUe, un sûr moyen de reconnaître si les feuilles simples de ces planles sont dues à l'accroissement des pétioles, c'est que leurs nervures sont toutes longitudinales, lors même qu'elles appartiennent à des familles de planles où les nervures sont divergentes et ramifiées. Ce diagnostic est précieux; car si l'on rétléchitque les feuilles, proprement dites, ne sont autre chose que des fibres écartées cl entremêlées de tissu cellulaire et de matière verte, on pourrait se demander si, lorsque les pétioles, dont la nature est la même ( puisciu'ils n'en diffèrent que par l'appllcalion des fibres et l'absence du parenchyme vert), viennent à étaler leurs fibres et à se colorer en vert, si alors ces pétioles ne sont pas les feuilles naturelles de la plante ; et si l'on arrivait à une conclusion affirmative, ne serait-on pas porté à signaler ce cas comme une exception à l'analogie de structure entre les organes de la végétation dans le petit nombre de familles naturelles qui, sous ce rapport, ont fixé l'at-

lenlion des observateurs? L'exemple que nous venons de citer est plus que suffisant pour démontrer combien l'élude des Dégénérescences est importante pour la classification.

Les Dégénérescences des feuilles sont peu fré<|uenles. Pulsqu'en effet, on n'entend par ce mot que le changement simultané de formes et de fonctions, il est clair que, dans un organe qui revêt toutes les formes imaginables, la bizarrerie de celles-ci ne doit pas caractériser la Dégénérescence; et quant aux fonctions, elles ne peuvent guère être interverlies par une cause inhérente à l'organisation. Il arrive seulement que les extrémités de leurs parties ou lobes, sont susceptibles de s'endurcir et de se transformer en épines, comme on en voit des exemples dans le Houx, le Jiuscus aculeatns, les Utex, etc. Les bractées sèches et scaricuses du Tilleul, les enveloppes Qorales glumacées des Graminées, celles dont les belles couleurs font l'ornement de V Hortensia, des Gomphrena, etc., ou qui forment des houppes élégantes au sommet de l'épi du Salcia Itormininn et du Lavandula StœcUas, sont des exemples de Dégénérescences foliaires. 11 serait permis peut-être d'étendre l'acception du mot /Jéyénérescences à certains organes de la Heur même , à ceux que l'on regarde comme les plus importants (les valves de l'ovaire), parce qu'ils ne sont que des transformations constantes de la feuille ; mais ce serait engager des discussions théoriques que ne comportent pas les bornes de ce Dictionnaire.

Les stipules ainsi que les folioles de l'involucre des Composées et des Ombellifères, ne diffèrent des feuilles que par leurs moindres dimensions. Aussi présententelles souvent les mêmes phénomènes : si elles avorleni, les organes voisins prennentun accroissement plus considérable; si, au contraire, ce sont les feuilles qui s'annihilent, comme dans le yicia Jpliaca, par exemple, alors les stipules deviennent de véritables feuilles. Dans plusieurs espèces d'Acacias, les stipules sont converties en épines; elles le sont également dans quelques Berbeiis; enfin tous les accidents qui arrivent aux feuilles ou à leurs pétioles, peuvent survenir aux organes dont il s'agit.

Avant de considérer les organes de la reproduction sous le rapport des Dégénérescences, il faut parler de leurs enveloppes. Le calice, par la forme de chacune de ses pièces, par leur couleur, par leur position sur la tige et en dehors de la fleur, a la plus grande analogie avec les feuilles ; ce n'est le plus souvent qu'un verlicille de celles-ci, dont les formes sont à peine altérées. Ainsi, toutes les Dégénérescences propres aux feuilles, peuvent aussi bien modifier les calices; mais quelquefois ils changent tellement de couleur, de forme et de de consistance qu'on s'imaginerait voir de véritables pétales.

La corolle, cet assemblage si gracieux des parties les plus brillantes de la fleur, subit quelques Dégénérescences dans ses formes; elle en affecte alors de tellement bizarres que, sans la position relative de ses pièces, on ne reconnaîtrait pas que ce sont des pétales; c'est ce qui arrive dans les planles de la famille des Renonculacées. Un grand nombre de fleurs sont munies

de pélales, dont l'éfal rudimentaire masque, pour ainsi dire, l'exislence. Telles sont celles de plusieurs Salicarîées. Les pélales eux-mêmes ne sont que des élamines dégénérées, ainsi que le prouvent les fleurs doubles où la transformation de ces organes est si visible, ainsi que le présentent naturellement le rang intérieur des pélales des Nénuphars, les cornels des Ancolies, etc.

Ceci peut donner une idée exacte, quoique sommaire, de plusieurs phénomènes que, naguère, l'on confondait dans la série des faits désignés sous la dénomination insignifiante de monstruosités. Aujourd'hui qu'il est reconnu que la plupart de ces monstruosités sont plutôt des retours vers la nature primitive des organes, que des écarts de celte nature, on doit étudier les Dégénérescences comme moyens de distinguer les rappoils des plantes, déguisés par ceux qui s'en tiennent seulement aux apparences exléiieurcs. Voici l'exposé des diverses sortes de Dégénérescences admises par De Candolie. Il les a considérées sous cinq points de vue différents, selon que les organes sont transformés, dans des circonstances données, en épines, en filets ou en vrilles, en membranes foliacée ou scarieuse, et en corps charnu.

Les Dégénérescences épineuses, protectrices de l'individu, affectent toutes les parties des plantes, excepté celles qui, comme les racines, sont cachées sous terre, ou enveloppées par d'autres, comme les graines. Les organes d'une consistance fibreuse ou ligneuse y sont plus sujets que ceux dont la texture est molle ou membraneuse. Ainsi les branches de certains Pruniers, les pétioles des Astragales Adraganls, les stipules de plusieurs Acacies, les folioles de l'involucre des Carduacées dégénèrent en épines presque constamment, tandis qu'il est rare de voiries pétales s'endurcir. On en trouve cependant un exemple dans le genre Cuvicra.

Les Dégénérescences fiiamestecses , supports et points d'attache des plantes, surviennent aux organes exposés à l'air et formés de fibres longitudinales et serrées. Les pétioles des feuilles pinnées des Légumineuses, les pédoncules de la Vigne, les stipules des Smilax, s'allongent ou naturellement ou accidentellement en un filament flexible, contourné en spirale et connu sous le nom de vrille; les feuilles elles-mêmes peuvent se terminer en vrilles, comme on le voit dans les Flagellaria, et surtout dans les Nepenthes, où la vrille a de plus la singularité de s'épanouir en un godet plein d'une liqueur rafraîchissante. Enfin, ce sont encore de vérilables Dégénérescences filamenteuses, que les tiges volnbiles des Liserons, celles désignées par les voyageurs sous le nom collectif de Lianes, etc., puisqu'en s'endurcissant ces tiges perdent souvent leur aspect cirrhiforme, et deviennent semblables aux tiges ordinaires.

Quant aux Dégénérescences membraneuses ou eolia- CÉES, il n'est pas nécessaire de revenir sur l'explication de ce phénomène. Ses résultats sont des modifications dans l'aspect et les usages des organes, sans que leur rôle, dans la symétrie organique, soit changé.

Les Dégénérescences scariecses et charivbes, inverses les unes des autres, n'attaquent que les pailies naturellement membraneuses. Par l'effet des premières, les organes prennent l'apparence d'une membrane

5 DICT. DES sciences N.\T.

sèche, transparente, bygroscopique, et qui semble être leur squelette membraneux, dépouillé de ses sucs. Telles sont les tuniques fines et membraneuses des feuilles radicales de certaines Liliacées; tels sont aussi les calices dégénérés en aigrettes des Synanihérées. Ces Dégénérescences sont le plus souvent produites par la pression des organes voisins. Enfin les parties membraneuses des plantes peuvent devenir charnues, quand, par des causes particulières, elles reçoivent une plus grande quantité de sucs qu'elles n'en exhalent, ou qu'elles en laissent évaporer une moindre qu'elles n'en absorbent. C'est le cas naturel des plantes grasses, c'est le cas accidentel des végétaux qui croissent dans les lieux maritimes.

DÉGLUTITIO.N. zoOL. r. Digestion et Niitrition.

DÉGON. jioLi. Nom donné par Adanson à une petite espèce de Cérithe, qui pourrait bien n'être qu'une variété du Cérithe ponctué de Bruguière, dont elle ne dififère que par un rang de plus de petits tubercules.

DEGRÉS BORDÉS, moll. Syn. vulgaire de Murex Ciitaceiim, L. F. Triton.

DÉGUÉLIE. Deguelia. bot. Aublet a décrit et figuré (Guian. 4, p. 730, t. ôOO), sous le nom de Deguelia Guianiiensis, un arbrisseau grimpant, qui croît sur le bord des fleuves, et forme un genre pailiculier dans la famille des Légumineuses, et dans la Diadelphie Décandrie. Son Ironc est élevé de trois à quatre pieds, et se divise en un grand nombre de rameaux sarmenteux, qui s'enroulent autour des aibres voisins; les feuilles sont alternes, imparipinnées, munies de deux stipules à leur base; les folioles, au nombre de cinq, sont opposées, ovales, acuminées, aiguës, entières; le pédoncule commun est un peu pubescentà sa base; les fleurs sont blanches, papilionacées, formant de longs épis qui naissent plusieurs ensemble de l'aisselle des feuilles, et sont plus courts que ces dernières; le pédoncule commun de ces épis est pubescentet ferrugineux; le calice est court, évasé, à quatre dents peu marquées, formant deux lèvres : l'une supérieure et unidentée, l'autre inférieure et tridentée; le pétale supérieurou étendard est le plus grand, et embrasse les quatre autres ; il est obcordé et redressé; les ailes sont étroites, plus longues que la carène qui se compose des deux pétales inféiieurs soudés ; les dix élamines sont diadelphes et renfermées dans l'intérieurdela carène; l'ovaiie est globuleux, arrondi, surmonté d'un style redressé ; le fruit est, selon Aublet, une gousse roussàtre, épaisse, sphérique, s'ouvrant en deux valves et contenant une seule graine globuleuse, enveloppée d'une substance amilacée.

Richard a recueilli à la Guiane une plante absolument semblable pour le port, la figure des feuilles, et la structure des fleurs, à celle décrite et figurée par Aublet; mais elle en diffère par un point essentiel : son ovaire est falciforme, allongé, étroit, et renferme plusieurs ovules. Peut-élre pourrait-on soupçonner que le fruit assigné par Aublet à son Deguelia Guianneiisis, appartenait à une autre plante. Cet auteur a, comme on le sait, commis plus d'une erreur de ce genre.

DEHAASIE. Dehaasia. bot. Genre de la famille des Tliymélées, établi par le docteur Blume dans son Rumphia, 161, t. 44 à 47. Caractères : fleurs liermaphro-

(liles ou monoïques par avortcment; périgoiie à six divisions inégales : les Irois extérieures plus pelilcs ; neuf à douze élamines disposées sur trois ou quatre rangs: neuf extérieures fertiles, et lorsqu'il y en a plus elles sont intérieures et stériles; ces dernières ont à leur base des glandes géminées, sessiles, placées de chaque côté, un peu extérieurement; anthères arrondies, hiocellées, déhiscentes un peu latéralement par des valvules qui s'enlèvent de bas en haut : celles du picmier et du second rang sont introrses, celles du troisième rang sont cxtrorses : les anthères stériles sont triangulaires et sessiles; ovaire uniloculaire, uniovulé; stigmate discoïdeo-triangulaire. Le fruit consiste en une baie monosperme, portée sur un pédieelle épais. Les Dehaasies sont des arbres de l'Archipel de l'Inde, à feuilles alternes, penninervées et réticulées ; les fleurs sont groupées en panicule terminale, et d'une couleur verdàtre. DÉIIISCENCE. Dehiscentia. dot. On appelle ainsi le mode d'après lequel s'efFeclue l'ouverture des anthères, au moment où elles répandent leur pollen, ou celle des fruits, quand leurs graines sont mises à nu. C'est ordinairement par toute la longueur du sillon longitudinal qui règne sur chacune des deux loges qui forment une anthère, que la Déhiscence a lieu, ainsi qu'on l'observe dans la Tulipe, l'Œillet, etc. D'autres fois, c'est par des trous ou des sortes de valvules, que le pollen s'échappe. Ainsi, dans les Erica, les Sotanum, les Cyanella, etc., c'est par le moyen de deux petits trous placés au sommet de chaque loge; dans le genre P/rola, au contraire, ces trous occupent la partie inférieure de chaque loge. Dans le genre P/xidanthera, la moitié supérieure de l'anthère s'enlève comme un couvercle, au moyen d'une scissure circulaire ; enfin, dans le genre Laurius et les genres qui forment la famille des Berbéridées , la Déhiscence s'opère par de petites valvules qui se soulèvent de la partie inférieure vers la supérieure.

La Déhiscence des fruits n'est pas moins variable. Remarquons d'abord <iu'il est certains péricarpes qui restent constamment clos, et que, pour cette raison, on nomme indéhiscents. Ainsi , presque tous les fruits charnus ne s'ouvrent pas. Il en est de même de quelques fruits secs. En général, tous les péricarpes secs, qui n'ont qu'une seule loge et qu'une seule graine, restent indéhiscents. Parmi les péricarpes qui s'ouvrent naturellement à l'époque de leur maturité, on remarque des différences qu'il est essentiel de signaler; ainsi, 1° certains péricarpes se rompent d'une manière irrégulière en un nombre de pièces, qui n'est ni bien déterminé ni constant. Ces péricarpes sont appelés péricarpes rtiptiles, pour les distinguer de ceux qui sont véritablement déhiscents; 2° dans quelcpies genres, tel que V Antirrhhium, par exemple, la Déhiscence a lieu par des trous qui se forment au sommet du péricarpe, et par lesquels les graines sortent au dehors; 5° les fruits d'un grand nombre de Caryophyllées, de l'Œillet, des Silènes, s'ouvrent par de petites dents placées à leur sommet, et ([ui, d'abord rapprochées, s'écartent les unes des autres et forment une petite ouverture terminale; 4» enfin, le fruit peut s'ouvrir en un certain nombre de pièces ou panneaux qu'on nomme

valves. En général, ces valves sont placées longiludinalement : dans un petit nombre de genres, elles sont superposées ; ainsi, dans le Pourpier, le Mouron-Rouge, les différentes espèces de Lecylhis, le fruit s'ouvre eu deux valves superposées, de manière à représenter en quelque sorte une boîte s'ouvrant au moyen d'un opercule. Ce fruit porte le nom de Pyxide ou de Boîte à savonnette. La Déhiscence valvaire peut se faire de trois manières différentes, relativement à la position respective des valves et des cloisons. 1" Celle Déhiscence peut avoir lieu par le milieu des loges, c'est-à-dire entre les cloisons , de manière que chaque valve emporte avec elle une cloison sur le milieu de sa face interne. C'est la Déhiscence lociiliciile. On l'observe dans la famille des Éricinées. 2» D'autres fois la Déhiscence se fait visà-vis les cloisons qu'elle partage le plus souvent en deux lames; on la nomme alors Déhiscence seplicide, comme, par exemple, dans les Scropliularinées,Ies Rhodoracées, etc. ô» Enfin on lui donne le nom de Déhiscence septifrage, quand elle a lieu vers les cloisons qui restent libres et entières au centre du fruit, quand les valves s'en sont séparées. On observe ce mode de Déhiscence dans les genres Bignonia, Cullunu, etc.

Le nombre des valves d'un péricarpe est fort variable; il est en généial annoncé d'avance parle nombre des sutures que l'on remarque sur sa face extérieure. Ainsi, il y a des péricarpes à deux, ù trois, à quaire, à cinq, ou à un grand nombre de valves; de là les noms de bivalve, trivalve, quadrivalve, quinquévalve, multivalve , etc. Pour ne pas se tromper sur le véritable nombre des valves, et en tirer des caractères utiles de classificalion, il est important de savoir que celles de certains fruits sont spontanément biparlibles par suite de l'exsiccalion, et qu'ainsi le nombre des valves se trouve accidentellement doublé. Un péricarpe unilocnlaiie ne peut avoir plus de vraies valves qu'il n'a de stigmates ou de lobes sligmatiques; dans un péricarpe mulliloculaire, le nombre des loges détermine exactement celui des valves. F. Fruit.

DÉIDAMIE. Deidamia. bot. Genre fondé par Du Petit-Thouars (Histoire des Végétaux des îles australes d'Afrique, p. 01), el ainsi caractérisé : calice à cinq ou six divisions profondes, ovales et pétaloïdcs; corolle nulle, à moins qu'on ne regarde comme telle ce que Linné prenait pour un nectaire, et qui se compose d'un rang de filets minces ; cinq étamines dont les filets sont réunis à leur base en une colonne très courte, et les anthères attachées par le dos et s'ouvrant latéralement; ovaire simple, surmonté de trois ou quatre styles. Le fruit est une capsule pédicellée, ovale, lisse, à quatre valves déhiscentes et contenant autant de loges; dans chacune de celles-ci et sur le milieu des valves existe un placenta proéminent et donnant attache à un rang longitudinal de graines comprimées, ovales, un peu déchirées à leur sommet, munies d'un arille qui les recouvre en partie, et composées d'un test crustacé, fragile, d'un périspcrme peu développé, et d'un embryon centrifuge à cotylédons foliacés. Ces caractères, tracés sur le vivant |)our le fruit, et sur des échantillons secs, rapportés par Noronha et trouvés à Paris dans l'Herbier de Lcmonuier, pour la fleur, ont permis à Du Petit-

Thoiiars de rapprocher le genre Denlamia des Passiflores dont il avait d'ailleurs loiit le port, mais dont il différait surtout par ses fruits qiiadrivalves.Cettegrande affinité, si même elle ne se convertit pas en identité, aurait dû empêcher l'auteur du Supplément de l'Encyclopédie de fixer la place de ce nouveau genre dans la famille des Câpriers, sur la foi de Noronha, voyageur estimable sans doute, mais qui n'avait point d'idées sur la théorie des aflfinilés. î

Déidamie ailée. Deidamia alala, Pet. -Th., loc. cit., 1. XX. Arbuste de Madagascar où les habitants le nomment yalniig-f^iloma, c'est-à-dire Liane bonne à manger. Il est, en effet, grimpant; ses liges sont anguleuses, comprimées, garnies de feuilles alternes, un peu écartées et ailées ou composées de cinq folioles, légèrement inégales, ovales et échancrées au sommet. Les pétioles et péliolules sont parsemés de glandes urcéolées; à l'aisselle des premiers on trouve un pédoncule qui, souvent, dégénère en vrille. Le fruit est un peu plus petit qu'un œuf commun, ovale, marqué de quatre sillons par lesquels s'opère sa déhiscrnce; quoique d'une substance sèche, il paraît servir d'aliments auxMadécasses, mais c'est probablement les graines et leur arille qui en forment la partie comestible.

DEILE. Deilus. iNs. Coléoptères tétramères, genre de la famille des Longicornes, tribu des Cérambycins, établi par Audinet-Serville qui le caractérise ainsi : antennes un peu plus épaisses vers leur extrémité, plus courtes que le corps, n'atteignant pas l'extrémité des élylres, composées de onze articles cylindrico-coniques et mutiques; palpes presque égales; tête aussi large que la partie antérieure du corselet; celui-ci arrondi latéralement, mutique, étroit, presque cylindrique, plus long que large, déprimé en dessus; élytres étroites, linéaires, sensiblement déprimées, un peu échancrées à l'extrémité; angle suturai armé dune petite épine; éCHsson (rès-pelit, arrondi au bout; corps étroit, presque linéaire ; pattes assez courtes et grêles ; cuisses renflées en massue. Ce genre nouveau a pour type le Deile PCGACE, Callnlium fugax, Fab. ; il est d'un brun cendré, pubescent, avec l'écusson blanc et les jambes ferrugineuses. On le trouve au midi de l'Europe.

DEILEPHILE. Deilephila. iNS. Lépidoptères; genre de la famille des Crépusculaires, tiibn des Sphingiles, institué par Ochsenheimer, qui lui assigne pour caractères : palpes inférieures larges, très-fournies d'écaillés, composées de trois articles contigus et paraissant épais à cause des écailles très-denses, qui les recouvrent, le troisième très-petit, à peine visible; massue des antennes commençant près de leur milieu, simplement ciliée ou striée transversalement, en manière de râpe sur un côté; une langue distincte; cellule discoidale des secondes ailes n'embrassant point leur centre et ferméepostérieuremenlparune nervure en angle aigu, et doCi part un rameau longitudinal. Chenilles terminées antérieurement en forme de groin, susceptibles de se retirer sous le troisième anneau du corps. Outre les trois espèces européennes que nous allons décrire, ce genre en contient beaucoup d'autres répandues sur tous les points du globe.

Deuephile uu Laiirter-Rose. Deilephila Nerii;

Sphinx Nerii, t.; God., ihid., m, 12, pi. 13. Vert ; des bandes ou des lignes angulaires les unes plus foncées, les autres blanchâtres, sur le dessus des supérieures ; leur base ayant une tache de cette dernière couleur, avec un gros point verdàlre; leur milieu traversé obliquement par une bande rougeâlre; dessus des ailes inférieures noirâtre depuis leur base jusque vers le railieu, ensuite verdâtre; une raie blanchâtre séparant les deux teintes; vert du dessus de l'abdomen entrecoupé de jaunâtre. Chenille verte, pointillée de blanc, avec les premiers anneaux d'un jaune pâle, et une tache oculaire bleue, bordée de blanc, avec du noir au centre, de chaque côté; une bande d'un blanc bleuâtre, s'étendant depuis le quatrième anneau jusqu'à l'origine de la corne qui est jaunâtre. Sur le Laurier-Rose. De l'Ilede-France, de l'Italie, du département de Waine-el- Loire, et même, mais tr^s-rarement, dans celui de la Seine.

Deiiepdiie delaVigwe. Deilephila Elpenoz; Sphinx Elpenoz, L.; God., ibid., m, 4C, pi. 18, fig. 5. Dessus du corps d'un vert olive, rayé longitudinalement de rouge; celui des supérieures mélangé de ces deux couleurs; les inférieures rouges, bordées postérieurement de blanc, avec une bande noire et transverse près de la base. Chenille de couleur brune, entrecoupée de noir, avec six raies obliques, grisâtres et deux taches oculaires noires, offi'ant chacune une lunule d'un brun olivâtre, bordée de blanc-violâtre, sur les quatrième et cinquième anneaux; corne noire, avec le sommet blanchâtre. Sur diverses sortes d'Épilobes, la Salicaii-e à épis, la Vigne, le Caille-lait jaune et le Gratteron.

DEiLEPniiE PETIT PocRCEAD. Deilephila Porcella ; Sphinx Porcellus, L. ; God., ibid., m, 30, pi. 10, f. 1. Dessus du corps rosé, avec quelques lignes blanches, transverses, près de l'extrémité de l'abdomen; dessus des ailes d'un jaune verdâtre, avec une bande sur le limbe postérieur, une autre le long de la côte des ailes supérieures se dilatant et les traversant à son origine, roses; base des inférieures noirâtre. Chenille ordinairement brune, ayant antérieurement de chaque côté trois taches oculaires noires, à prunelle blanche et à iris roussàlre; corne très-courte. Sur l'Épilobe à feuilles étroites et le Caille-lait.

Boisduval, dans la zoologie du Voyage de l'Astrolabe, en décrit quatre espèces nouvelles , prises les unes , Deilephila ardenia et Deilephila oldenlandiœ , au Cap; les autres, Deilephila scrofaet Deilephila Eras, à la Nouvelle-Hollande et aux îles des Amis.

DEILOSME. CeiVoswia. bot. Andrzejoski avait formé, sous celte dénomination, un genre dans la famille des Crucifères; mais ce genre n'ayant pas été adopté, le professeur De Candolle en a appliqué le nom à l'une des sections du genre Hesperis, qui fait partie de cette famille.

DEINBOLLIE. Deinbollia. bot. Dans la description des plantes recueillies dans leur voyage sur la côte de Guinée, les botanistes danois, conseiller d'État Thonaing et professeur Schumacher, ont institué ce genre nouveau, pour une plante de la Polyandrie Monogynie, qu'ils ont caractérisée de la manière suivante : calice à cinq divisions; corolle à cinq pétales; baies coriaces.

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siil)géminées , arrondies, remplies d'une pulpe mu- (|ueuse, et ne renfermant qu'une graine chacune ; fleurs polygames. Les auteurs n'indiquent qu'une seule espèce, et ils l'ont nommée Deinbollia pinnata.

DEINOSMOS. EOT. Syn. ancien de Conyza squarrosa, L.

DEIKOTHÉRION. Deinotherium. mam. foss. Genre antédiluvien de l'ordre des Pacliydermes, établi par J. Kaup, d'après une mâchoire inférieure, trouvée à Eppelslieim, dans la Hesse. Cuvier connaissait déjà des restes fossiles de cet animal; il en avait une série de molaires, plusieurs molaires isolées, un radius, et il pensait que ces pièces pouvaient se rapporter à une antique espèce du genre Tapir, qui devait avoir la taille des plus grands Éléphants, d'où il a formé son Tapir gigantesque (Ossem. foss., vol. 11, p. 163-177). Toutefois il a ajouté : » Il ne resterait maintenant qu'à découvrir les canines et les incisives, pour èlre en état de juger si la ressemblance de ces animaux avec le Tapir est complète, ce qui serait nécessaire pour décider avec certitude sur leurs affinités. Eu effet, le Tapir n'est pas le seul animal qui ait des collines transverses aux couronnes de ses molaires ; le Lamantin et le Kanguroo sont dans le même cas. " Cuvier avait raison de dire que la ressemblance des molaires n'entraînait pas nécessairement l'identité du genre, puisque l'individu dont ils'oecupail, devait un jour justifier sa remarque.

La pièce que Kaup décrit, consiste dans la moitié gauche de la mâchoire inférieure, dont il ne manque que l'apophyse coronoïde, et dans la partie antérieure de la moitié droite. Dans la moitié gauche se trouvent les deux dernières molaires et la canine qui est brisée dans le milieu ; dans le fragment du côté droit se trouve une canine entière. La forme de la mâchoire diffère notablement de celle des Tapirs cL de tous les autres Pachydermes; cette mâchoire est presque toute droite dans sa partie postérieure , et au-devant des molaires elle forme une courbure dont la convexité est en bas; l'extrémité antérieure, où l'on ne remarque point de .synchondrose, est extrêmement forte en proportion de la partie postérieure, qifon pourrait appeler faible. Les canines, qui offrent ici un caractère si tranché, sont implantées dans l'extrémité interne de la mâchoire, et ont acquis un tel développement aux dépens des incisives qui ont disparu, que près de leur racine elles laissent à peine entre elles une dislance de neuf lignes, espace dans lequel il ne peut pas même y avoir, dans le jeune âge, de rudiments d'incisives. Ces canines sont déprimées latéralement; leur section présente un ovale; près de la racine elles sont presque droites, puis elles éprouvent une légère courbure en haut, et se terminent par un sommet arrondi ; leur surface parfaitement égale et arrondie, montre clairement qu'aucune dent de la mâchoire supérieure n'agissait sur elles. 11 est vraisemblable que les incisives supérieures ont aussi manqué, et que l'animal a été dépourvu de trompe, puisque l'écarlement des deux canines n'aurait pas été suffisamment grand pour le passage de cet organe. ^ La longueur de toute la mâchoire est de quarantedeux pouces, et sa circonférence à la partie antérieure de vingt-sept pouces; la longueur de la canine dix-

sept pouces, sa circonférence trei/e pouces ; longueur de la dernière molaire, trois pouces et demi.

Cette espèce ne peut donc plus appartenir au genre dans lequel Cuvier l'avait provisoirement placée; les caractères de ses canines en font un genre nouveau; mais en changeant de nom générique, elle peut conserver le nom spécifique que lui a imposé Cuvier, et ce sera alors DEitoTiiERiisi gigaistech.

DEJ.\>'1RE. Dejanira. botan. Genre proposé par Schlechtendal,dans la famille des Genlianées, Tétrandrie Monogynie, qu'il formerait aux dépens du genre Exacum ou Gcntianelle, pour trois espèces brésiliennes, parmi lesquelles est VExacttm tetragonum de Roxburgh.

DEKl.\lE.Z)eA:ï«m. ijtf. Ce genre de Microscopiques, proposé parIeprofesseurMorren(|uilc forme aux dépens des Cercaires à bouche armée d'appendices Icntaculaires rie MUlIer, a déjà été produit par Bory de S'-Vincent, sous le nom de Leioilina; mais il paraît que ce dernier naturaliste a confondu sous le même nom générique des animalcules qui, selon IMorren, présentent les caractères de deux genres distincts. On sent qu'il est difficile de tout observer avec une rigoureuse exactitude, lorsque l'on décrit des espèces d'un vingt-cinquième de millimètre (et même beaucoup moins), que l'on n'aperçoit que l'œil armé des plus fortes loupes. Nous nous dispenserons de nous prononcer sur les opinions émises par Bory et Morren, et nous nous contenterons de rapporter textuellement les caractères imposés par celui-ci à son genre Dckinia, et qui sont : auimalculummicroscopicum,musculosum,subannulosum,elongatum vel conicum vel cylindricum, s.nepius capitatum, sœpiusanticè truncalum, contractile; apertura buccali variabili, proboscidem binis forcipihus fciiualibus, elongatis, acutis, mobilibus constitutum, retractilem emitlenle; organo interno vibralili vel nullo, vel vis oonspicuo; si existai, quasi valvulis binis musculosis interne separalitibus (effecto trans cutem conspicuo ) versus partem anleriorem munilum; posticè cauda retraclili bicuspidata perforalum et lerminalum. iUorren admet comme espèces du genre Dekinia : \° le Cercaria forcipala de Muller, Leiodhia forciputa, Bory ; 2» le Ccnaiia ventiiciilatis, Millier, Leioilhia rermicitlaiis, Bory, et trois espèces nouvelles, Dekinia calopodaiia, minutula et compta, auxquelles on en ajoutera vraisemblablement beaucoup d'autres. Ces trois dernières vivent en très-grande abondance dans les étangs ([ui avoisinent Bruxelles.

DELA. BOT. Adanson a séparé sous ce nom, du genre yllhamaniha, les espèces à fruits velus et sillonnés. Ce genre correspond au i(6ano</« de llaller et de Mœnch.

DELARIE. Delaiia. bot. Genre de la famille des Légumineuses, institué par Desvaux, qui le caractérise ainsi: calice à cinq dents, spathacé; corolle papilionacée, avec son étendard grand et presque ouvert; dix étamines fertiles, persistantes, distinctes à leur base; ovaire scssile ou stipilé; stigmate aigu ; légume allongé, oligosperme. Les Oelaries sont des arbustes à feuilles alternes et simples. Desvaux en décrit deux espèces :

Dei.arie a FECULES OVALES. Dclaria oralifolia,

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Cassia simplicifolia , DC, ProU., 2, 505. Rameaux pubesceiits, d'un roux brunâtre ; feuilles subdistiques, cnurtemenl pétiolées, obovales, obtuses, penninervées, pubescenles ; fleurs axillaires, au nombre de une à trois, portées sur des pédoncules velus, qui atteignent la moitié de la longueur des feuilles; carène caduque; légumes sessiles, courbés en faux et terminés par une sorti' de bec. Elle se trouve au Brésil.

Delarie a FEOiLLES DE POIRIER. Delaria pyn'folia. Rameaux glabres, bruns; feuilles portées sur de longs pétioles, largement ovales, mucronées et niucronulées, coriaces, très-glabres et réticulées; fleurs axillaires, presque solitaires, plus courtes que le pétiole des feuilles, à deux bractées petites; ovaire pédoncule. De la côte de Guinée,

DîiLESSERIE. Delesseria. bot. Genre de la famille des Floridées, établi par Lamouroux qui l'a dédié à M. Benjamin Delessert. Ce genre offre pour caractères : des tubercules ronds, ordinairement comprimés, un peu gigartins, innés, sessiles ou pédoncules, situés sur les nervures, les rameaux et le bord des feuilles, ou épars sur leur surface. Le genre Delesserie est un des plus nombreux dans la classe des Ilydropliyles, et Stackliouse, Agardb et Lyngbye y ont fait plusieurs coupes dont les unes sont bonnes à adopter, et les autres doivent être rejetées. Les genres Sarcophylla, Polymoiplta, HymenopliyUa, Atomaria, Epiphylla de Slackhouse ne peuvent être maintenus. Les genres Hydrophylla, Uypophylla du même auteur n'en forment qu'un seul. — Agardli a adopté la première section de ce genre, et des deux autres il a fait son genre Sphœrococcus auquel il a réuni les Gigaitina, Gelidum, Hypnea, Halyinenia, etc.— Lyngbye, comme Agardh, a conseivé en partie le ^eme Delesseria, mais de l'autre partie, il en a fait ses genres OdonUialia et Sphœrococcus, et a iilacé le Delesseria paimata parmi ses rives. On pourrait en définitive le diviser de la manière suivante :

Delesseria, Lamx. Ce genre renferme six espèces connues, savoir : les Delesseria sanguinea, sinuosa, rusci/'otia, alata, liypoglossa, coiiferta.

Odontualia, Lyngb. Cinq espèces connues : Odonthalia dentata, cirrhosa, axillaris, dorycarpa et iiiarchalocarpa; ces deux dernières avec un point de doute.

Delisea, Lamx. Trois espèces : Delisea fimbriala , elegans, galica.

ViDALiA, Lamx. Une espèce : yidalia spiralis.

Dawsoivia, Lamx. Neuf espèces : Dawsonia lobata, platicarpa, Gmelini, prisloides, caulescens, rubens, nerrosa, lacerata, veiiosa.

Halymenia, Lyngb. Vingt et une espèces : Halymetiia ocellata, ciliaris, bifida, patmetta, membranifolia, Brodiœi, reniformis, lacera, paimata, edulis, cordata, flaccida, ciliata, spermophora, crislata, filicina, striata, hracteata, corallorhiza, Lambertii, bolrycarpa.

VoiCDiLARiA, Lamx. Due espèce : yolubilaria Mediterranea.

Erinacea, Lamx. Trois espèces ; Erinacea Capensis, crinila, vcrruculosa.

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I Telle est la distribution du genre Delesserie. En considérant les espèces en masse et sans distinct nouveaux genres, leur organisation n'offre point de différence ; les tiges sont formées cellulaire, présentant trois modifications bi tes : une centrale, qui se borne quelquefois à une large lacune; une extérieure, très -mince, que l'on pourrait comparer à Tépiderme; et la troisième intermédiaire, presque égale et composant le corps principal des tiges. Dans les feuilles, la première modification manque toutes les fois que les feuilles sont dépourvues de nervures. Les tubercules vaiient dans leuç grandeur et leur situation beaucoup plus que dans leur forme; dans beaucoup d'espèces , l'on trouve la double fructification; quelques-unes n'ont jamais de tubercules, et les capsules sont éparses sous l'épiderme. Plusieurs offrent des excroissances tuberculifères , très-nombreuses et couvrant quelquefois les deux surfaces des feuilles; plus l'organisation des feuilles est uniforme, plus les tubercules sont rares sur leur surface; ils semblent relégués sur les bords, ou bien la fructification tuberculeuse manque et l'on ne trouve que la fructification capsulaire. — La couleur des Délesseries varie beaucoup : plus l'organisation est délicate, plus cette couleur est brillante, et |)Ius elle multiplie ses nuances ou s'altère avec facilité. Dans les espèces d'une substance épaisse et charnue, les couleurs sont ternes et résistent longtemps à l'action des fluides atmosphériques. En général, elles offrent toutes les nuances, depuis le rosectl'écarlate le plus vif jusqu'au brun foncé, en passant par le jaune, le vert, le violet et le pourpre. Jamais ces plantes ne sont olivâtres, jamais elles ne deviennent noires par leur exposition à l'air ou à la lumière. Elles s'altèrent promptemenl lorsqu'elles sont en contact avec certaines Fucacées, principalement avec les Desmaresties; cette altération varie encore avec l'âge et l'état de ces plantes.

La plus grande partie des Délesseries habile les lieux que les marées ne découvrent jamais; souvent parasites, elles ornent les tiges des grandes Laminaires; d'autres se cachent sous les touffes épaisses du Fucus serratus ou vesiculosus, et de ses innombrables variétés; quelques-unes se plaisent dans les lieux les plus exposés à la fureur des vagues, tandis que d'autres sont arrachées et deviennent le jouet des tlots aussitôt qu'elles perdent leur abri ordinaire. Elles varient suivant la nature du corps auquel elles sont fixées; le climat, l'exposition , la profondeur, le voisinage des eaux douces, celui même de certaines Thalassio|jliytes, influent sur elles, et occasionne cette prodigieuse quantité de variétés que l'on observe dans quelques Délesseries ainsi que dans plusieurs autres Floridées. Elles sont très-rares et peu nombreuses en espèces dans les mers polaires; leur quanlilé augmente graduellement jusque vers le trentecinquième degré de latitude nord; elle semble diminuer jusqu'à l'équaleur; elles suivent le même ordre dans rhémisphère austral beaucoup moins riche que le premier, à cause du peu de largeur de la zone tempérée dans celte partie du monde.

DELICRANlA.EOT.Synonymede Cornouiller Sanguin.

DELILIE. Delilia. bot. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie , Lin. , formé p.ir Sprcngel

DEL

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et dans lequel il n'admet <iii'mie seule espèce, le Delilia herlerii, qui n'est atilie que le Milleria bifiora de Linné, qui fait partie du genre Elvire de Cassini. f^. ce mot.

DÉLIME. Delima. bot. Genre de la famille des Dilléniacées. Caractères ; un calice persistant formé de cinq sépales ; une corolle composée de quatre à cinq pétales arrondis; des étamines très-nomhreuscs et liyi)0- Synes; un ovaire arrondi, terminé par un style et par un stigmate simples. Le fruit est une capsule membraneuse, ù une seule loge, contenant une ou deux graines arillées qui sont formées d'un endosperme cartilagineux et d'un embryon renversé. Ce genre se compose de six espèces dont trois croissent en .4sie et trois en Améri(iue. Ce sont des arbustes grimpants, à feuilles alternes, entières, dépourvues de stipules ; à fleurs quelquefois dioi<ines par avorlement et disposées en une panicule terminale. L'espèce la plus commune est la Dèlime SARMEiSTEDSE, Delima saniieiUosa, L. ,Sp., Lamk., 111., t. 473; Tetraceia sarmenlosa, Vabl et Willd. Cet arbuste croit à Ceylan. Ses feuilles sont alternes, pétiolées, ovales, aiguës, profondément dentées en scie, coriaces et rudes au touclier. Les fleurs forment une panicule étalée, au sommet des ramifications de la tige.

DÉLIQUESCENCE. Z)e//^HesceH^'a. Passage spontané d'un corps solide à l'état liquide par sa seule exposition au contact d'un air bumide. Ce changement d'état du corps dissous est dû à sa grande affinité pour la vapeur d'eau qu'il absorbe et condense jusqu'ù ce qu'il en soit complètement saturé.

DÉL1QUESCE^'T. BOT. Syn. d'Agaric alramenlaire; espèce dont le chapeau se résout promptement en eau gélatineuse et communément noirâtre.

DÉLISÉE. Delisea. bot. Genre de Floridées que Lamouroux a établi aux dépens des Délesseries, et dédié à Delise, ancien militaire, botaniste zélé (pii s'occupe d'un vaste travail sur l^ famille des Lichens. Ce genre a pour caractères ; feuille frondiforme, linéaire ou presque lîliforme, dichotome ou rameuse, plane, profondément dentée, ou comme ciliée sur les bords; fructification double; la tuberculeuse comprimée, gigartine, située en général au sommet des divisions de la feuille. La fructification s'observe sur les dentelures de la partie supérieure de la fronde cl de ses divisions. Les Delisécs diffèrent de toutes les autres Floridées par la situation et la forme des fructifications, ainsi que par la forme des feuilles; elles présentent une régularité dans leurs divisions qui les ra|)proche beaucoup des Plucamits, et que l'on trouve raiement dans le groupe nombreux des Délesseries. Leur couleur est en général aussi brillante que celle des Céramies les plus élégantes ; elle éprouve les mêmes changements par l'action des fluides atmosphériques. Leur grandeur varie de cinq à dix pouces. Une esi]èce habite les bords de la Méditerranée; et les autres se trouvent sur les cotes de l'Auslralasie : et parmi elles nous citerons la Dêmsée élégaiste , Delisea elegans, Lamx. Sa fronde est rouge ou brunâtre, dichotome , très-rameuse ; épines latérales plus longues que le diamètre de la fronde.

DELISELLE. Delisella. bot. Genre de la famille des

Confervées. dont les caractères consistent dans des filaments cylindriques, articulés par sections, ayant leurs entre-nœuds marqués de deux taches longitudinales de matière colorante bien distincte, et produisant extérieurement des capsules opaijues, ovoïdes, subpédicellées, sans involucre et enveloppées d'une membrane transparente, qui les fait paraître comme entourées d'un anneau diaphane. Ce sont de petites plantes marines, d'un port fort élégant, dont les espèces principales sont le Delisella pennata , Bory; Sphacelaria pennata, Lyngb., TeiU., p. 105. pi. 51; Conferva pennata des auteurs, et l'une des deux plantes (|uc Lyngbye a reçues de Féroij, qu'il a figurée comme l'étal sec de son Hulchinsia stricla etque liory appelle Delisella viltata.

DELISLEA. BOT. Même chose <iue Delilia. T. Deiuie.

DELISSÉE. Delissea. bot. Genre de la famille des Lobéliacées, formé aux dépens des Lobélies, par Gaudichaud qui l'a dédié à Delisse de l'IledeFrance, l'un des naturalistes qui faisaient partie de l'expédition française aux terres Australes. Caractères: calice persistant, étroitement uni à l'ovaire, avec son limbe libre, divisé en cin(| dents; corolle lubuleuse, arquée, décidue, avec son lube cylindracé, indivise, sou limbe subbilabié, divisé en cinq segments; cinq étamines dont les filaments sont soudés et forment un tube libre; anthères cohérentes, dont deux inférieures et barbues ; stigmate bilobé, entouré de poils; capsule en forme de baie, couronnée par le calice persistant, biloculaiie, non déhiscente. Les espèces, au nombre de trois, décrites et figurées par Gaudichaud, dans la bulaniquedu voyage de Freycinel, sous les noms de Delissea subcordala, pl.77, Delissea undiitata, pi. 78, el Delissea acuminata, pi. 76, sont des plantes à tiges ligneuses et lactescentes, à feuilles éparses, sans stipules, entières, â fleurs d'un blanc rosé, disposées en grappes axillaires, portées sur des pédicelles munis d'une bractée à leur base. Toutes trois appartiennent aux lies de la mer du Sud.

DELIVAIRE. BOT. Même chose que Dilivaire.

DÉLIVRE. zooL. V. Arrière FAIX.

DELPHACE ou 0ELPlUx9Delphax. irîs. Genre d'Hémiptères, famille desCIcadaires, ayant pour caractères propres : antennes insérées dans une échancrure inférieure des yeux, à peu près de la longueur de la léle, avec le premier article plus court que le second. Ainsi caractérisé, le genre Delphace ne correspond pas à celui de Fabricius; mais il comprend seulement quelquesunes de ses espèces. Les Delphaces de cet auteur avaient été précédemment désignés par Latreille (Précis des caract. génér. des Ins., additions) sous le nom d'Asiraque. Les Delphaces de Latreille ont beaucoup d'analogie avec les Fulgores; plusieurs ont des élytres fort courtes. Parmi les espèces mentionnées par Latreille sont le Delphace iauuàlre;:D(;//'/iaa; /lavesceiis, el le Delphace bordé, X)e//)/ta.r tiiaiginata. On les trouve aux environs de Paris. Leurs mœurs sont peu coimues.

DELPHINAPTÈRE. MAM. K. Dabpdin.

DELfUINE. BOT. Alcaloïde obtenu par Lassaigne et Feneuille,de l'analyse desgrainesdu Delphinium Staphysayiia. Cette substance est blanche, pulvérulente ,

ciislalline, inodore, amèrc et acre, se ramollissant par la chaleur et acquérant une plus grande dureté après le refroidissement; elle est un peu soUible dans l'eau froide, très-soluhle dans l'alcool ; elle se combine avec les acides pour former des sels dont les alkalis séparent la Delphine sous foinie de gelée.

DELl'UlMON. BOT. Les platites que les Grecs et Dioscoride parliculii'rcment désignèrent sous ce nom, semblent avoir été des Épilobes. Quelques commentateurs y ayant vu le Del/ilihiiiim Consolida des botanistes modernes , ceux-ci en ont fait dériver le nom scientifique du genre Uauphinelle.

DELPHINITE. jiiiv. Nom donné par Saussure (Voyage dans les Alpes, n" 1918) à l'Épidole du Dauphiné, en cristaux ou en masses grenues d'un jaune vcrdàtre.

/^. ÉPIDOTE.

DELPIIINIUM. BOT. Synonyme de Dauphinelle.

DEl.PHlNORYi\yUE. MAM. F. Dauphiiv.

DELPHINULA. MOLL. Synonyme de Dauphinule.

DELPHIINUS. MAM. Synonyme de Dauphin.

DELPHIS. MAM. Nom scienlitî(|ue de l'espèce de Dauidiin la plus anciennement connue, et qui a servi de type au genre Delpliiniis. y. DACpnm.

DELTASPlDE.i>eHns/)/s. INS. Coléoptères télramères; geru'e de la famille des Longicornes, tribu des Cérambycins, institué par Audinet-Serville pour un insecte récemment apporlé du Mexique, et qui offre pour caractères distinctifs : anlennes velues, de onze articles, plus courtes que le corps dans les femelles, et le dépassant dans les mâles, où les six derniers articles sont plus allongés et plus grêles que les autres; palpes égales : toutes ont le dernier article ovale, tronqué à l'extrémité; corselet presque cylindrique, unituherculé latéralement, un peu plus long que la tête, avec son disque un peu inégal; écusson petit, triangulaire et pointu; élylres pubescentes, parallèles, arrondies et mutiques à leur extrémité; corps pubescent; pattes fortes, ù peu près égales; cuisses égales; dernier article des tarses presque aussi long que tous les autres réunis.

Deltaspide a bokds dorés. Deltaspis auromarginala, Dupont. Antennes d'un noir violet; léle d'un vert métallique; corselet d'un vert sombre, plus clair eu dessous; élytres chagrinées, d'un vert brillant, avec les bords d'un cuivreux doré; pattes d'un vert iri.sé en violet. Taille, neuf lignes.

DELTHYRITE.De/i/f^m.jioLL.FOSS.Dalmanaformé ce genre aux dépens des Anomiles, et lui a donné pour caractères : Coquille à valves inégales, l'une et l'autre convexes , le plus souvent unies par le milieu ou canaliculées; bord cardinal transverse; talon de la plus grande valve imperforé et recourbé; un orifice triangulaire près de sa base. Dalman admet dans ce genre six espèces bien distinctes, qu'il a observées dans le calcaire à Arthocéiitcs et dans la craie de la Scanie.

DELTOÏDE. Deltoideus. bot. Épilbète par laquelle on désigne la forme de cerlains organes qui, amincis aux deux extrémités, présentent trois faces et imitent, dans la coupe transversale, le delta A de.s Orecs. Quelques Ficoïdes , tel que le Mesevibiyanlliemum Deltoideum, présentent cette forme dans leurs feuilles ; il en est de même de différents fruits.

DELTOÏDES. Deltoïdes, ins. Tribu de Lépidoptères, établie par Latreille dans la grande famille des Nocturnes. Caractères ; antennes sélacées ou simples; quatre palpes apparentes; ailes formant avec le corps, sur les côtés duquel elles s'étendent presque horizontalement, une sorte de Delta ou de triangle, dont le côlé poslérieur, c'est-à-dire la base, a dans son milieu un angle rentrant. Cette tribu comprend des espèces très-analogues aux Phalènes proprement dites; leurs Chenilles ont seize pattes, et appartiennent à la division que quelques observateurs ont désignée sous le nom de Fausses-Teignes. La plupart se construisent des fourreaux ou des galeries avec des feuilles qu'elles entortillent et avec le résidu des matières dont elles se sont nourries. Les genres Botis et Aglosse composent celle tribu.

DELUCIE. Delucia. bot. Genre de la famille des Synanthérées, institué par De Candolle pour une plante nouvelle, originaire des montagnes du Mexique, et récemment découverte par Berlandier. Caractèies ; capitule muUiflore, radié; fleurs du rayon femelles, ligulées et disposées sur un seul rang; fleurs du disque hermaphrodites, lubuleuses et à cinq dénis; involucre double, presque égal, à écailles externes droites, foliacées, linéaires-lancéolées; celles de l'involucre inlcrne sont colorées; réceptacle plan, garni de paillelles linéaires; anthères noirâtres; slyles des fleurs hermaphrodites rameux; akènes comprimés, linéaires, couronnés par trois arêtes hispides et renversées. La seule espèce counue, Delucia ostruthioides, est une petite plante qui ne s'élève à guère plus d'un pied; elle est glabre; ses feuilles sont opposées, pétiolées, divisées en trois segments ovales, étrécis aux deux extrémités et grossièrement dentés ; les capitules sont solitaires, portés sur ds longs pédoncules et composés de fleurs jaunes.

DÉLUGE OD CATACLYSME. GÉoi. Inondation générale dont tous les premiers peuples connus dans l'histoire conservèrent la tradilion. Les Grecs en citaient jusqu'à quatre, bien que les prêtres de Sais aient dit à Solon : Vous autres Grecs, ne connaissez qu'un Déluge que beaucoup d'autres ont précédé. — Cette croyance à plusieurs Déluges acquiert un certain degré de probabililé par les belles observations qu'ont faites dans les environs de Paris Cuvier et Brongniart. On a vu à l'article Craie que de grandes inondations alternatives avaient dû se succéder à de longs intervalles de temps les unes des autres, dans le bassin qu'occupe celte capitale. Les Chinois, les Persans, les Chaldéens conservèrent le souvenir d'un Déluge, et les livres sacrés le consacrent. On attribua longtemps à ce terrible événement l'existence des couches coquillères et les grands dépôts marins où sont entremêlés des débris d'animaux fossiles. D'autres voulurent expliquer le Cataclysme universel par des causes simplement physiques, et l'altribuèrent à des engloutissements de grandes îles ou bien à l'élévation subite de vastes archipels qui, causant une perturbation générale dans la masse des mers, eussent fait refluer leur masse sur la terre. L'examen de tels systèmes serait déplacé dans un ouvrage consacré au simple exposé des faits. Il sufiSra de dire ici que les traces dans lesquelles on croit reconnaître un Déluge universel ne permettent guère de supposer d'irruption vio-

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lenle, mais démonireiit,- au coiilraire, une action lenle et régulière dans l'effet des depuis de la mer.

DEMATIER. Dematium. eot. Le genre désigné sous ce nom par Persoon est très- différent de celui auquel Link l'a appliqué. Le genre Deiiialium de Persoon correspond aux genres Clailosporiuiii, Cliloililiiim. llelmisporium, et à une partie du genre Sporoiikhum de Link; il appartient à la section des Mucédlnées à sporules nombreuses, éparses à la surface des filaments; le genre auquel Link a donné le nom de Dcmutium est, au contraire, très-voisin du Byssus, et se range parmi les Mucédinées dans lesquelles on n'a pas encore pu découvrir de sporules. Cet auteur le caractérise ainsi : filaments rameux, entre- croisés, décomhants, non cloisonnés, persistants, dépourvus des pornies. Son aspect le rapproche des SporoliUhiim dont il diffère non-seulement par l'absence des sporules, mais aussi par ses filaments plus solides, opaques et non cloisonm's. La persistance et la solidité de ces filaments les distinguent des vrais Bysstis de Link ou Hypha de Persoon. Ou connaît deux espèces de ce genre, l'une est le Racodium nipestre de Pejsoon, l'autre le Demaliiim nigium de Link. Quant aux espèces de Dematium de Persoon, elles sont, assez nombreuses et seront traitées aux mois Cladosporium , Chloridium, Helmispo n'uni et Spondjlocladiian.

DEM.4ZÉI;1E. Dcmozeria. bot. Duraorlier (Comtiientai/oiies Bolanicw, 2G) propose d'établir sons ce nom un genre de Graminées qu'il dédie à son ami Desmazières de Lille. Ce genre se composerait d'une seule espèce, \e Demazeria sicula; Cynosonis sicultis, Jacq, , Obs. 2-22. — Poa sicula, Beauv. Agr. 17a. — Tiiticum brizoldcs, Lam., Dict.,2, SCI.

DÉ.METRIA. BUT. Sous ce nom , Lagasca établit un nouveau genre pour une plante qui avait reçu les diverses dénominations suivantes ; Aster spathiilatus du Jardin de Madrid; Aster spathiilaiis de Broussonnet; Aster serraliis de Lagasca lui-même; el Imita serrata de Persoon. Mais ce genre parait rentrer dans le Grindelia de Willdenow, qui avait nommé Grindetia Intiloides, le Demetria spatliulata de Lagasca. f^. Gri:<-

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