BE
et 60US ceux de Rejets et de Gourmands, de petites branches qui, dans certaines plantes herbacées, partent de la touffe commune, s'étalent sur la terre où elles s'enracinent de dislance en dislance , et poussent de chacun des points où elles se sont fixées une nouvelle touffe de feuilles. Le Fraisier en offre un exemple. Les Drageons sont un des moyens de multiplication les plus faciles pour certains végétaux.
DRAGOiV. ois. Espèce du genre Troupiale. DRAGON. Draco. rept. Aucun mot peut être ne se rattache à des idées plus extraordinaires et plus anciennes que celui de Dragon. Dans tous les temps, dans tous les pays, l'imagination effrayée de certains hommes timides, les idées bizarres émanées de quelques cerveaux malades, ou les efforts intéressés du charlatanisme, ont fait croire à l'existence d'êtres fabuleux, d'une figure fantastique, d'une méchanceté redoutable, d'une force et d'uneadresse surnaturelles, qui désolaient des provinces entières et y portaient le trouble et la dévastation, qui défendaient l'entrée de certains lieux consacrés, ou qui veillaient à la sûreté de trésors cachés dont la garde leur était confiée. Si nous ouvrons les livres où sont conservées les traditions des premiers âges du monde, si nous parcourons l'histoire héroïque de la Grèce ou les fastes de Rome, si nous consultons celle des peuples qui jusqu'au moyen âge couvraient le sol de la Germanie et des Gaules, si nous écoutons les récits des voyageurs, voilà ce que nous rencontrons à chaque page, pour ainsi dire, ce que nous entendons répéter à cha(|ue instant.
Nous y voyons le Dragon, consacré par la religion des premiers peuples, devenir l'objet de leur mythologie. Rendu célèbre par les chants des poëtes grecs et latins, et, dit Lacépède, « principal ornement des fables .' pieuses imaginées dans des temps plus récents, dompté » par les héros et même par les jeunes héroïnes qui « combattaient pour une loi divine, adopté par une se- » conde mythologie qui plaça les fées sur le trône des .. anciennes enchanteresses, devenu l'emblème des ac- .1 fions éclatantes de vaillants chevaliers, il a vivifié la .- poésie moderne , ainsi qu'il avait animé l'ancienne. » Proclamé par la loi sévère de l'histoire, partout dé- .< crit, partout célébré, partout redouté; montré sous r, toutes les formes, toujours revêtu de la plus grande t. puissance, immolant ses victimes par son seul regard; .) se transportant au milieu des nues avec la ra|)iditéde <• l'éclair, frappant comme la foudre, dissipant l'obscun rite des nuits par l'éclat de ses yeux étincelants; ré- " unissant l'agilité de l'aigle, la force du lion, la gran- .1 deur du serpent géant; présentant même quelquefois » une figure humaine, doué d'une intelligence presque « divine, et adoré de nos jours dans les grands empires 11 de l'Orient, le Dragon a été tout et s'est trouvé par- 1 tout, hors dans la nature. »
Voilà donc ces Dragons, dont les uns sont ailés et vomissent la flamme, dont les autres sont même dépourvus de pieds; que Pline dit exister en Ethiopie et dans les environs de l'Atlas; que Strabon indique en Espagne ; qu'Hérodote fait s'accoupler par la tète; qu'Élien donne comme les ennemis jurés de l'aigle; qu'Aristote assure empoisonner l'air par leur haleine, et
rix
sur lesquels Gesner , Nicandre, Aldrovande, Mereniberg, Jonslon, Charles Owen, et une foule d'autres ont débité tant de fables mensongères. Nous sommes obligés de nier la réalité de leur existence, et de les abandonner à l'embellissement des images d'une poésie enchanteresse, puis(iue de nos jours nous ne voyons rien de semblable, sans autre raison apparente que les progrès des lumières, qui, en écartant les fantômes, en dissipant les nuages qui tourmentent l'imagination, en détruisant sans ressource les innombrables erreurs qui se trouvent liées à des absurdités physiques, ont fait fuir les Dragons et les ont relégués dans les contrées non encore civilisées.
Si nous voulions débrouiller le chaos qui enveloppe tout ce qui concerne les Dragons, nous aurions trop à faire, et rien n'en serait encore éclairci. Rappelons néanmoins que, jus(|u'à ces derniers temps, les cabinets des curieux, les officines des pharmaciens, les laboratoires des alchimistes, et les tréteaux ambulants des charlatans, ont offert des animaux de ce genre, parfaitement bien conservés en apparence, et des formes les plus singulières et les plus hideuses. Nous-mêmes en avons vu plusieurs fois, et nous avouons que l'illusion est complète. Mais ces représentations sont un pnr elîet de l'art : tous ces Dragons sont fabri(|ués avec des Raies, dont on enlève certaines parties; dont on façonne la tête, dont on fend la bouche ; dont on met bien en évidence les lèvres couvertes d'un pavé en mosaïque ; dont on étend les appendices génitaux, chez les mâles, en forme de pattes ; dont on relève les vastes nageoires pectorales en manière d'ailes, et qu'on fait dessécher. C'est ainsi encore qu'on peut expliquer, jusqu'à un certain point, les figures d'Hydres à sept têtes, de Basilics couronnés, etc., qu'on trouve dans les auteurs des siècles précédents. Conrad Gesner, par exemple, a représenté un de ces animaux monstrueux, apporté de la Turquie à Venise en loôO, et envoyé de là au roi de France. Aldrovande et Jonston ont aussi publié des gravures analogues. Seba (T. i, tab. Cil, fig. 1) a donné celle d'une Hydre heplacéphale, qui a longtemps été à Hambourg, et qu'il a regardée comme n'étant pas un produit de l'art, ce qui a cependant été reconnu depuis d'une manière évidente, ainsi que le dit Linnœus dans son Système de la nature. (A'. Hydre.)
N'oublions point non jilus que chez les Grecs le mot o^azrav désignait en général un grand Serpent; que quelques anciens ont fait mention de Dragons qui portaient une crête et une barbe, ce qui, suivant Cuvier, ne peut guère s'appliquer qu'à l'Iguane; que Lucain a parlé le premier de Dragons volants, faisant sans doute allusion aux prétendus Serpents volants dont Hérodote raconte l'histoire; que saint Augustin et d'autres auteurs postérieurs ont ensuite attribué constamment des ailes aux Dragons. [F. Serpent.)
C'est, au reste, d'après les idées qu'on se forme généralement de ces êtres fabuleux, que les naturalistes modernes ont donné le nom de Dragon, Draco, à un genre de reptiles Sauriens, de la famille des Eumérodes de Duméril, et de celle des Iguaniens de Cuvier. Les animaux qui le composent se distinguent en effet au premier coup d'œil de tous les autres Sauriens, parce
an
que leurs six premières côtes, au lieu de se conlourner autour de l'abdomen, s'étendent en lifine droite, et soutiennent une production de la peau qui forme une sorte d'aile, comparable à celle des Chauves- Souris, mais indépendante des quatre pieds.
Les caractères de ce cenre de Reptiles peuvent être exprimés ainsi : deux ailes membraneuses, soutenues par les cotes étendues; corps couvert de petites écailles imbriquées ; celles de la queue et des membres carénées; langue charnue, peu extensible et légèrement échancrée; sous la gorge un long fanon pointu, soutenu par la queue de l'os hyoïde; sur les cotés de celuici, deux autres plus petits, soutenus par les cornes du même os; queue longue; cuisses dépourvues de grains poreux; une petite dentelure sur la nuque; à chaque mâchoire quatre petites incisives, et de chaque côté une canine longue et pointue, et une douzaine de mâchelières grandes et trilobées; doigts libres et inégaux, au nombre de cinq.
Les ailes sont plicatiles et se développent comme un éventail, au gré de l'animal ; dans le moment du repos, elles sont horizontales. Elles le soutiennent, comme un parachute, lorsqu'il saute de branche en branche; mais elles n'ont pas assez de force pour frapper l'air au point de faire élever le Dragon comme un Oiseau. Le goitre, placé sous la gorge, est une sorte de sac dilatable, étroit, qui peut se replier en rides circulaires et concentriques.
Tous les Dragons sont des animaux innocents, d'une petite taille, vivant au sein des forêts qui recouvrent quelques contrées brûlantes de l'Afrique et une partie des grandes iles de l'océan Indien, surtout à Java et à Sumatra. C'est dans ces lieux déserts qu'ils poursuivent les Insectes avec adresse et, pour ainsi dire, au vol. Us descendent rarement à terre, parce qu'ils rampent avec peine; ils s'accouplent toujours sur les branches, et les femelles déposent leurs œufs dans des creux d'arbres exposés au midi. Voilà au moins ce que Van Ernest, naturaliste hollandais, qui a pendant longtemps habité les Indes-Orientales, a rapporté à Daudin.
H semblerait, d'après une observation de Palisot de Beauvois, que les Dragons sont des Reptiles amphibies. Ce savant en a observé, dans le royaume de Bénin, un cnlre autres, qu'il n'a pu se procurer, parce que l'animal nageait dans une rivière.
Ces Reptiles appartiennent exclusivement à I'.*sie et à l'Afrique : Seba a induit les naturalistes en erreur, en disant qu'on en trouve dans l'Amérique méridionale. Le contraire est maintenant prouvé.
En 1811, Tiedemann a publié à Nuremberg une dissertation allemande, in-4», sur l'anatomie et l'histoire naturelle du Dragon.
Dbagoji rayé. Diaco Umatus, Daudin. Tète grosse, arrondie; yeux petits; orbites saillantes en dessus; écailles des ailes, du dessous de la gorge et des cotés du cou, 1res -petites; celles du ventre et des membres rhomboidales , carénées et disposées en réseau. Dessus de la tête, du cou et du corps, varié de gris et •le brunâtre, avec plusieurs marbrures transversales d'un bleu d'azur, découpées en festons arrondis; plusieurs points blancs ocellés sur les côlés du cou; ailes
brunâtres, avec neuf ou dix lignes longitudinales blanches, dont plusieurs sont doubles à leur extrémité; des bandes alternativement brunâtres et blanchâtres sur les membres et sur la queue; celle-ci très-déliée, et deux fois et demie aussi longue que le corps; partie inférieure de la tète et du con d'une couleur bleuâtre pâle, qui se prolonge sous le ventre et les membres en une teinte blanchâtre. Les deux doigis extérieurs des pieds de devant plus courts; pouce des pieds de derrière écarté des autres doigts, qui sont réunis entre eux à leur base.
Daudin le premier a décrit ce Reptile fort rare, qui vit dans les grands bois de l'ile de Java.
Drago!! vert. Draco vindis, Daudin ; Diaco colons, Linn.; Draco major, Laurenti; Seba, Thés. II, tab. 86, fig. 3, et tab. 102, lig. 2. Ailes membraneuses, adhérentes à la base des cuisses, très-larges el remarquables chacune par six grandes échancrures; écailles de dessous le corps, de la face inférieure des membres et de la queue, carénées; teinte verdàtre uniforme; ailes seulement d'un brun très-pàle, et marquées chacune de quatre bandes transversales, brunes et garnies en dessus à leur base, ou frangées à leur bord, de petils points blancs.
Cette espèce est un peu plus petite et plus mince que la précédente, mais ses ailes sont plus larges. Seba l'a d'abord décrite sous le nom de Dragon ailé d'ylmériqiie, et l'a ensuite figurée en l'appelant Dragon volant d'Afrique. Bontius en a publié une esquisse assez exacte, et cet ancien voyageur nous apprend que ce joli Reptile, assez commun dans l'ile de Java, enQe ses goitres jaunâtres lorsqu'il vole, afin d'être plus léger dans l'air, sans cependant pouvoir parcourir de grands espaces; car il ne s'élance que d'un arbre à l'autre, à trente pas environ de dislance, et en produisant, par l'agitation de ses ailes, un léger bruissement. Mais, ajoute-t-il, il n'est ni venimeux, ni méchant; les habitants de Java le manient sans crainte comme sans danger, et il devient souvent la proie des Serpents.
Shaw, dans ses Mélanges dUistoirc naturelle, n" III, pi. Vin, a donné la figure d'un Dragon volant qui parait être le même que le Dragon vert que nous venons de décrire, si ce n'est qu'il porte plusieurs piquants sur le cou. Il dit qu'il habite en Afrique, et qu'il se promène d'arbre en arbre, en sautant ou plutôt en volant de la même manière que les Polatouches. 11 croit aussi que cet animal remplit son goitre d'Insectes, pour les y conserver pendant quelques heures, afin de s'en nourrir plus tard.
Dragon bruh. Draco fusciis, Daudin. Teinte générale d'un brun presque uniforme, excepté sur les côtés du cou, qui sont grisâtres; ailes marquées çà et lù de quelques taches plus foncées, apparentes surtout vers les bords; peau presque enlièreuient lisse, et à peine recouverte de très-petites écailles rhomboidales, carénées sur le dos et la queue; aUes adhérentes à la base des cuisses.
Le Dragon brun est un peu plus long et plus gros que le vert; ses ailes sont plus larges, et sa queue est moins allongée, puisqu'elle égale à peine le reste de l'animal en longueur.
On est redevable au docleiirA. Sébastian, d'Ulreclit, d'excellentes observations sur l'anatomie du Dracofiiscus (Bydragen toi de Piatuur wclenslv., T. v, 1'" part., |). 103). L'établissement de cette espèce de Lézard volant, ayant donné lieu à des contestations, parce que ses caractères n'ont pas été présentés partout identiquement, l'auteur a cru devoir décrire l'individu sur lequel il opéra et qui provenait de Java. Le devant de l'animal est d'un brun clair, le derrière plus foncé ; au pourtour externe des ailes sont de grandes tacbes d'un brun foncé; à l'interne, et sur le dos de petites taches de la même couleur; sur la tête une grande tache ronde, foncée; sur ses côtés, une ligne brune, qui s'étend transversalement presque au-dessus des yeux; les plus grandes écailles sont sur le devant de la tête, sur les côtés du cou, sur le milieu du dos et sur les côtés de la queue et des membres ; les plus petites sur la surface antérieure des ailes et sur la partie étendue entre leurs nervures ; sur la face postérieure des mêmes organes, ces écailles semblent même manquer tout à fait, du moins à l'œil nu ; la poche gutturale a un peu plus d'un pouce et demi d'étendue; les ailes sont attachées à la face antérieure des parties supérieures, qui se lie à la jambe par un repli de la peau, lequel s'étend plus bas que ne l'avait figuré Tiedemann sur le Dragon vert; la queue est sillonnée par neuf rangées d'écailles, qui la rendent anguleuse : tels sont les caractères qui complètent la description de l'individu qui avait six pouces de longueur totale. Pour son anatomie, nousne ferons mention que des différences trouvées entre l'observation et ce que disent les auteurs. Les ailes sont formées par les six premières fausses côtes qui se prolongent latéralement et se couvrent de la peau; les côtes deviennent donc des organes locomoteurs : déjà dans les Serpents on voit qu'elles passent à cette fonction ; ce changement d'usage est d'autant moins étrange que, vice-rersà, les pièces des membres peuvent remplacer les côtes en tant que celles-ci servent à protéger les organes pectoraux comme chez les Poissons et les Grenouilles. Malgré que ce mode de locomotion rapproche ainsi les Dragons des Oiseaux, il ne faut pas les placer plus près de ceux-ci que certains autres Reptiles, de même que les Mammifères volants n'ont pas plus de droit que d'autres à ce rapprochement. Les côtes alaires des Dragons vont en diminuant d'avant en arrière, hormis la seconde qui est un peu plus longue que la première, etc. Leur moitié vertébrale est osseuse, l'autre cartilagineuse, celle-ci ne s'étend pas, comme dans le Dragon vert, jusqu'au bord externe des ailes, mais s'épaissit et se courbe contre la côte immédiatement postérieure; cette partie peut être considérée comme représentant les cartilages costaux ordinaires, etc.; outre les muscles qui vont des vertèbres aux fausses côtes, il y en a d'autres plus petits dans l'Intervalle de deux côtes alaires. L'auteur i)asse à leur description et entre dans beaucoup de détails. Il examine le mécanisme du vol dans ce singulier animal ; les muscles du ventre sont fort simples, il y en a deux : un superficiel, longitudinal; un profond, transverse. Quant à l'appareil de la nutrition, on remarque d'abord la poche gutturale qui se perd dans l'œsophage, et dont la membrane muqueuse forme beaucoup de plis qui ne
se terminent que dans l'estomac. Dette poche a été trouvée remplie de Mouches et de Fourmis; elle offre ainsi les plus grands rapports avec les sacs buccaux des Singes, comme l'avait déjà dit Tiedemann, et n'est point destinée, comme le croit Carus, à recevoir simplement de l'air. Sébastian la compare plus particulièrement au gosier des Oiseaux de proie diurnes ou au sac guttural de VOtis tarda. Ce qu'il y a surtout de remarquable à cette poche, c'est le pigmentum noir qui revêt la surface externe de son enveloppe musculeuse, et dont l'analogue a été trouvée par Temmlnck et Rudolphi sur la Poule nègre, et par Vrolik sur le Caméléon. Il faut remarquer, dit l'auteur, que le Dragon disséqué renfermait trois œufs dans chaque oviducte, circonstance qui peut avoir des rapports avec l'existence du pigmentum particulier dont nous parlons. Il parait qu'il y a une différence entre le Draco fus eus et le viridis pour la terminaison du canal intestinal, et surtout pour les particularités d'un cœcum qui se trouve un peu avant d'arriver à l'anus. Ces considérations mènent l'auteur à mieux limiter les divisions en intestins gros et grêles. Enfin Sébastian termine en signalant la découverte d'un prolongement libre, qui existe dans l'articulation du coude, et celle d'un anneau formé de plaques cartilagineuses dans l'appareil ocu laire.
DRAGON DE MER. pois. Synonyme vulgaire de la Vive. V. ce mot.
DRAGONE. BOT. Synonyme vulgaire d'une espèce d'Armoise, Aitemisia dracunculus.
DRAGONE. REPT. Espèce du genre Monitor.
DRAGONIER. Dracœna. bot. Genre de la famille des Asparaginées, Hexandrie Monogynie, caractérisé par des fleurs disposées en une vaste panicule rameuse. Leur calice est lubuleux, composé de six sépales adhérents entre eux par leur base ; les étamines, au nombre de six, ont leurs filels placés en face de chaque sépale; ils sont quelquefois soudés ensemble par leur partie inférieure, et un peu renflés dans leur partie moyenne ; l'ovaire est libre, à trois angles obtus, à trois loges contenant chacune un seul ovule; le style et le stigmate sont simples. Le fruit est une baie globuleuse, ordinairement à trois loges et à trois graines dont une ou deux avortent quelquefois.
On compte environ vingt à vingt-cinq espèces de ce genre. Quelques-unes sont originaires de l'Inde; la plupart croissent aux îles australes d'Afrique et au cap de Bonne -Espérance; quelques autres dans les îles de l'océan Pacifique. Presque tous les Dragoniers ont le port des Palmiers; leur tige est simple, et acquiert quelquefois d'énormes dimensions. Elle est couronnée par une touffe de feuilles simples, engainantes à leur hase, du milieu desquelles naissent les panicules de fleurs. Celte tige est semblable à celle des Palmiers et pour le port et pour l'organisation intérieure.
DRAGOiVIEB A FEUILLES d'YdCCA, OU DRAGONIER PRO- PREMENT DIT, Dracœna Draco, L., Lamk., III., t. 249, f. 1. 11 est originaire des îles Canaries où il acquiert parfois des dimensions énormes, tandis que dans nos jardins, c'est un arbrisseau qui s'élève au plus à une douzaine de pieds, et dont la croissance est extrême-
ment lente. On en voit nn pied piès de la ville de roiatava, à la base du pic de Ténériffe, dnnl la lif;c a seize pieds de diamètre, mesurée im peu an dessus de la racine. Voici à ce sujet ce que, dans ses Tableau.v de la nature, le célèbre voyageur de llimiboldt rapporte de ce Dracœna. « Cet arbre gisantesquc est aujourd'hui <Ians le jardin de M. Franchi, l'un des citoyens les plus recommandables de la petite ville d'Oratava, appelée jadis Taoro, et que l'on citait comme le point le plus délicieu.x du monde cultivé. En juin 179!), lorsque nous gravimes le pic de Ténéiiffe, dit toujours de llumboldt, nous trouvâmes que ce végétal énorme avait quarantecinq pieds de circonférence. G. Slaunton prétend qu'à dix pieds de hauteur, il a encore douze pieds de diamètre. La tradition rapporte que ce Dragonier a été révéré par les Guanches, comme l'orme d'Éphèse le fut par les Grecs... Le Dragonier gigantesque que j'ai vu dans les îles Canaries, jouissant d'une jeunesse éternelle, porte encore des fleurs et des fruits. Lorsque Belhencourt, aventurier français, fit, vers 1402, la conquête des îles Fortunées, le Dragonier d'Oratava, aussi sacré pour les naturels de ces îles, que l'Olivier de la citadelle d'Athènes, était d'une dimension colossale, tel qu'on le voit encore... En se rappelant que le Dragonier a partout une croissance très-lente, on peut conclure que celui d'Oratava est extrêmement âgé. C'est sans contredit, avec le Baobab, un des plus anciens habitants de notre planète. » Quehiuefois le tronc du Dragonier se divise vers son sommet en plusieurs ramifications; ses courtes feuilles sont réunies en toulîe au sommet de la lige ou de ses ramifications. Elles sont planes, ensiformes, longues d'un à deux pieds, aiguKs, entières, rougeàtres inférieurcment, où elles se terminent par une sorte de gaine; les fleurs sont blanchâtres, très -petites, formant une paniculc dressée, rameuse, pyramidale ; le fruit est une baie d'un jaune rougeàtre, de la grosseur d'une petite Cerise.
Dragonier TERal^AL. Dracœna tenninalis, L., Red. Lil., Il, t. 90. Cette espèce, que Linné fils avait réunie au genre Asperge et Lamarck au genre Aleliin, sous le nom iVÂlelris Chinensis, est un arbrisseau qui, dans la Chine sa patrie, s'élève à dix ou douze pieds, tandis que, dans nos serres, il dépasse rarement trois à quatre pieds; son feuillage est d'abord d'un vert assez foncé, mais il prend une teinte pourpre peu de temps après son développement; les feuillessont comme distiques, c'eslà dire déjetees des deux côtés de la tige ; elles sont pétiolées, dilatées et embrassantes à leur base, lancéolées, aigués, entières ; les fleurs sont purpurines et forment une panicule dressée, rameuse, plus courte que les feuilles, du milieu desquelles elle s'élève. Cette espèce de Dragonier est originaire des Woluques, des Indes et de la Chine. On la cultive à Amboine, sur les bords des jardins et des propriétés. De là vient le nom de tenninalis qui lui a été donné, et qui indique qu'il sert de terme ou de limite.
DRAGONITE ou DRACONITE. JIIN. L'un des synonymes du Quartz.
DRAGO^NEAU. pois. Espèce du genre Callionyme.
DRAGOiVNEAU. mou. Syn. vulgaire de Cjpiea sto-
lida. y. PORCEIAIKE.
DRAGONNE.\U. Gordius. aknéi.? Petits animaux filiformes qui abondent dans les eaux douces, dans la vase cl dans les terres inondées, qu'ils percent en tout sens. Linné et Bruguière les ont rangés, ainsi que le Ver de Médine, dans le genre Filaire, et la majorité des zoologistes ont suivi cet exemple.
DRAINE. OIS. Espèce du genre Merle.
DRAKENSTEMA. BUT. Synonyme d'Acouroa.
DRAKOENA. BOT. .Syn. de Dorstène Contrayerva.
DRAP. MOLi. Ce mot, avec une épithète spécifique, s'emploie pour désigner (|uelques Coquilles, particulièrement du genre Cône, qui ofl^rent dans leurs lignes colorées une contexture ou un entre -croisement qui rappelle plus ou moins l'arFangemenl des fils dont se compose une étoffe. Ainsi l'on a nommé Drap d'argert, le Conus Stercus-Miiscanim , L.; Drap flambé, le Conus auricoiniis, Lamk. ; Drap d'or, le Conus texlilis, L.; Drap d'or a dentelles, le Conus Abbas, Brug.; Drap d'or violet, le Conus Arcliicpiscopus, Brug. ; Drap orangé, le Conus aurutus, Brug.; Drap piqueté, le Conus Nussatella, Brug., et petit Drap, le Conus Panniculus , Lamk. On a encore donné le nom de Drap mortuaire, à une espèce d'Olive, Olira lugubris, Lamk.
On a aussi appelé Drap marin la croûte épidermoïde qui revêt le plus grand nombre des Coquilles, lorsqu'on les retire de la mer. On avait pensé autrefois que c'était un véritable épidémie ou périoste, lorsque l'on admettait que la Coquille prenait de laccroissemenl comme les os des Vertébrés ; mais il est prouvé que les Coquilles ne s'augmentent que par superposition de couches, ce qui rend inadmissible l'hypothèse de l'épiderme ou du périoste des Mollusques. J\ .'iloi.msQCES. Ce Drap-Marin tel qu'on l'observe le plus ordinairement, ressemble à une sorte de pluche ou de laine feutrée, d'un gris verdâtre ; il recouvre la plupart des Co<iuilles et dérobe ainsi à la vue les brillantes couleurs dont elles sont ornées. On enlève assez aisément cet épidémie velouté, en laissant les Coquilles macérer dans l'eau tiède, puis en les frottant avec une brosse plus ou moins rude suivant l'adhérence de l'enveloppe; quelquefois on est obligé de recourir à quel(|ues mordants ou aux grattoirs pour enlever quel(|ues restes de crolites; mais alors il faut procéder avec beaucoup de prudence pour ne point entamer la Coquille.
DRAP-MOUTUAIRE. iNS. (Geoffroy. ) Syn. de Cétoine stictique.
DRAPARNALDIE.Z);a;»o;HoW/n. Genre de la famille des Chaodinées, institué par Bory, en mémoire de Draparnaud, savant botaniste de Montpellier, ravi aux sciences à la fleur de son âge. Ses caractères consistent dans les articulations transverses de ses rameaux et de ses ramules que terminent des prolongemenlsciliformes et qu'accompagne une mucosité qui donne aux Draparnaldies la souplesse et le brillant d'où résulte leur extrême élégance. Toutes celles connues habitent les eaux douces. La Draparnaldia laxa, B., est du plus beau vert , et remarquable par son aspect soyeux et sa grande mucosité; elle s'allonge au point que ses ramules disparaissent sur l'étendue des filaments principaux. Ces filaments rappellent ceux de certaines Con-
ferves, ce qui a déleiminé l'opinion d'Agaidh sur les métamoi'phoses des Algues ; il a cru voir des Draparnaldies devenir des Conferves, el celles-ci devenir des Draparnaldies. — DiaparnaUlia iiiutubilis , B. , Ann. BIus. T. XII, pi. 33, f. 1 ; Conferva mutabilis, Rolh; Balrachosperme à houpe. De Caudolle, l'une des plus communes el des plus élégantes de nos marais. — Draparnaldia hypnosu, B., Annal. Mus. T. xir, p. 53, fig. 2; Batrachosperme en plume, Vauch., pi. 11, f. 2, dont l'aspect est celui d'une jolie Mousse pinnée, flottant mollement dans l'eau pure et tranquille. — Draparnaldia dendroidea, B., Annal. Mus. T. xii, pi. 55, lig. 5, des rivières de l'ile Mascareigiie. — X)/-a/?a/'naldia pygmœa, B , Ann. Mus. T. xii, pi. 33, fig. A, très-petite espèce presque microscopique, parasite sur les autres Conferves d'eau douce des iles de France et de Mascareigne.
DRAPARNALDINES. BOT. F. Batrachospermes.
DRAPÈTE. Dnipeles. bot. Genre de la famille des Thymélées et <le la Tétrandrie Monogynie, L., établi par Lamarck (Journ. d'Hist. natur. 1, p. 186, t. 10, fig. 1) pour une petite plante, Drapetes muscoides, l'apportée par Commerson du détroit de Magellan. Elle a le port d'une Passerine et l'inflorescence des Dais; ses tiges forment des l-oufîes serrées de trois à quatre ponces de hauteur; ses feuilles sont sessiles, opposées en croix, ovales, obtuses, entières, poilues, longues seulement d'une à deux lignes; les fleurs sont très- | petites, et forment au sommet des liges, un petit hou- j quetsessile autour duciuel les feuilles supérieures con- j slituent une sorte d'involucre; le calice est coloré, infundihuliforme, à (|uatre lohes; les étaminessont au nombre de quatre; le fruit est une baie sèche contenant une seule graine enveloppée par le calice qui persiste. j
DRAPÉTITE. Drapetis. ws. Diptères; genre de la j famille des Tanistomes, tribu des Empides, qui a été créé par Meigen pour ceux de ces Insectes qui offrent les caractères suivants : dernier article des antennes presque globuleux ; trompe à peine saillante, avec les palpes couchées sur elle; tète arrondie, presque globuleuse; yeux grands; corps oblong; thorax rétréci en avant; ailes couchées sur le corps. Le petit nombre d'espèces qui composent ce genre, est en général d'une taille courle; elles vivent de proie el font aussi leur nourriture du suc des plantes. On les trouve dans toute l'Europe.
DRAPIER ou GARE-BOUTIQDE. ois. Syn. vulgaire de Martin-Pêcheur d'Europe.
DRAPIEZIE. Diapiezia. bot. Genre de la famille des Colchicacées, He.\andrie Monogynie, institué par Blume (Enum. PI. Javœ, 8) qui lui assigne pour caractères : périanlhe campanule, composé de six sépales pétaloïdes, éperonnés à leur base ; six étamines insérées à la base des sépales ; ovaire ii trois loges renfermant chacune deux ovules ; style couronné par trois stigmates recourbés; baie à trois loges nionospermes.
Drapieiie multiflore, D/apiezia muUiflora , B. C'est une plante vivace, herbacée, à racines fibreuses, à liges garnies de rameaux dichotomes. Les feuilles sont alternes, oblongues, nervurées et pointues. Les fleurs
sont grandes, d'un rouge pourpré, portées chacune sur un pédicelle, dont la léunion forme une sorte d'ombelle partant d'un pédoncule opposé aux feuilles. Celte plante est originaire des forêts monlueuses de l'île de .lava.
DRASSE. Drassiis. arachn. Genre de l'ordre des Pulmonaires, famille des Aranéides, section des Tubilèles ou des Tapissières, établi par Walckenaer, et adopté par Latreille qui lui assigne pour caractères : les quatre filières extérieures presque égales; mâchoires arquées au côté extérieur, formant un ceinlre autour de la lèvre qui est allongée et presque ovale ; huit yeux placés très -près du bord antérieur du corselet, disséminés quatre par quatre, sur deux lignes transverses ; la quatrième paire de pieds, ensuite la première, plus longues. Les Drasses sont des Araignées qui se tiennent à l'afîûl des Insectes, et les entraînent dans leur demeiu'e aussitôt qu'ils les ont saisis. Ces demeures consistent en des cellules de soie tiès-blanches, placées dans l'intérieur des feuilles, sous les pierres et dans les cavités des murs. Walckenaer distribue dans deux sections ou familles les Arachnides propres à ce genre.
Les LiTHOpniLES, Lithophilœ.
fYeux sur deux lignes courbes, opposées par leur côté convexe; mâchoires très-dilatées dans leur milieu; Arachnides se tenant derrière les pierres et les cavités des murs. Drasse lucifuge, Diassiis luci/'iigus, AValck. A en juger par la figure de Schœffer {Icon. Ins., pi. 101 , fig. 7), citée par Walckenaer, cette espèce est la même que le Drasse ventre-noir, Diassiis melanogaster de Latreille. On le trouve en France et en Espagne.
ft Yeux sur deux lignes courbes, parallèles; mâchoires peu dilatées dans leur milieu; Arachnides se renfermant dans les feuilles des plantes qu'elles plient el rapprochent. — Drasse nocturne, Drassits nocliirniis, L. II parait différer d'une espèce voisine, trèscommune aux environs de Paris, eldécrile par Latreille sous le nom de Drasse très-noir, Drassus ater. La femelle de celui-ci construit un cocon roiigeâlre, orbiculaire, Irès-aplati, se divisant en deux valves papyracées pour la sortie des petits. On le trouve Irèscommunémenl aux environs de Paris.
•j-ff Yeux sur deux lignes courbes, parallèles ; les latéraux rapprochés entre eux; mâchoires peu dilatées dans leur milieu; Arachnides construisant sur la surface des feuilles une toile fine et blanche, transparente, à tissu serré, sous laquelle elles se tiennent. Drasse VERT, Drassus viridissimus, Walck. (Faun. Paris. T. Il, p. 212). On le trouve aux environs de Paris.
DRAVE. Draba. but. Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliculeuse, établi par Linné et adopté par De Candolle (Syst. Veget. 2, p. 331 ), qui en a séparé quelques espèces pour former de nouveaux genres, et a fixé ainsi ses caractères : calice dont la base n'est pas gibbeuse; pétales entiers, obtus ou à peine échancrés; étamines libres et non denticulées; silicule ovale ou oblongue, entière, à valves planiuscules , contenant plusieurs semences non bordées et disposées sur deux rangs; cotylédons accombanis. Ce genre fait partie de la tribu des Alyssinées ou Pleurorliizées latiseplées, el se place près des genres Àlysstim,
I) Il A
1) Il K
Cochleaiia, Clypeola et Peltaria. Browii oii a dt-laclic le Dialm Pyrenaica, doiil il a constiliié le gs'I'c fetiocallin. Ce clianfiemcnt a été adopté par De Caiidolle (|iii, de son côté, a formé !o genre Eropinla avec le Oraba venia , L. Dans plusieurs espèces, le fruit est réellement siliqueux . ce qui est une grave objection à la division des Crucifères établie par Linné; dans ce cas, les Draves sont très-voisines des Arabidées, et surtout du genre Tunilis. Ce sont des plantes vivaces ou annuelles, tantôt courtes et en gazons, tantôt allongées, le plus souvent couvertes de poils mous et veloiilés. La plupart se trouvent dans les montagnes froides de Tbémisphère boréal, et principalement dans l'empire de Russie; quelques-unes seulement ont été rencontrées en Amérique. Le Prodromus Systematis Vegetabilitim renferme les descriptions abrégées de cinquantehuit espèces de Draves, dont cinquante sont distribuées en quatre sections. La picmière, que De Candolle a nommée Jizopsis , et qui, selon Andrzjoski, doit former un genre particulier, se compose de onze esj)èces qui sont des plantes vivaces dont la bampe est nue, les { feuilles roides et ciliées, les fleurs jaunes et le style filiforme, de grandeur variable. Presque toutes sont indigènes des montagnes de la Sibérie et de l'Orient. On trouve sur les rochers de plusieurs chaînes de l'Europe l'espèce la plus remarquable, Diaha aizoiUes, L. Cette jolie plante fleurit de très-bonne heure, et forme des touffes élégantes, par ses feuilles ciliées, d'un vert sombre, et ses nombreuses Heurs d'un jaune d'or éclatant. La Draba ciliaris , L., et une autre plante décrite autrefois sous le même nom, par De Candolle (Flore française, 4, p. 097), ne sont que des variétés de la précédente.
La deuxième section, nommée Cluysodraba , renferme douze espèces qui croissent toutes dans le nord de l'Europe et sur les hautes montagnes de l'Asie, à l'exception des Draba Jonillensis et Draba Tolucccnsis, Kunth, indigènes du Mexique. Ce sont des plantes vivaces, dont les feuilles ne sont ni roides ni carénées; leurs fleurs sont jaunes, leur style presque nul ou trèscourt; et la silicule ovale -oblongue. Les Draba incompta et Draba mollissima, Steven, charmantes petites plantes qui appartiennent à cette section, ont été récemment figurées (Delessert, Icônes seleclœ, vol. 2, t. 44 cl 45).
Dans la troisième section, qui a reçu le nom de Leiicodraba, se trouvent quinze espèces, dont plusieurs habitent les Alpes et les Pyrénées. Ce sont des plantes vivaces, caractérisées par leurs feuilles molles, leurs Heurs blanches et leurs pétales obtus ou légèrement échancrés. Les Draba nivalis, Draba slellata et Draba lœiiipes, croissent dans les Pyrénées et les Alpes, près de la limite des neiges. Ces deux dernières viennent d'être figurées (Delessert, Icônes seleclœ, vol. 2, t. 46, f.AetB).
Les espèces de la quatrième section ( Holarges, DC), au nombre de huit, et qui croissent pour la plupart dans les contrées les plus septentrionales, se distinguent par leur style court, et leurs Heurs blanches ou trèsrarement jaunes.
Enfin, la cinquième section {Prabella, DC.) se com-
po.sc de plantes annuelles ou vivaces, dont les fleurs sont très -petites, jaunes ou blanches, et sans stylo. Elles sont au nombre de quatre, dont deux sont indigènes de France, c'est-à-dire les Draba nemoratis elDraba muralis; les deux autres appartiennent à la Russie orientale et à l'Amérique du Nord.
DRÈCHE. BOT. Résidu des graines céréales que l'on a employées soit à la production de liqueurs alcooliques, soit à la préparation de la bière. La Drèchc retenant encore intactes ou peu altérées, diverses parties nutritives, forme un très-bon aliment pour engraisser les bestiaux ; c'est à ce titre qu'il en est parlé ici.
DREISSENE. Dreissena. moil. Genre de Mollusques Acéphales testacés, de la famille des Mytilacées, formé par Van Beneden pour une Moule que Pallas observa le premier, dans différentes rivières de la Russie, dans la mer Caspienne, et que l'on a retrouvée depuis dans la plupart des fleuves de l'Europe. Ce Mollusque habitant à la fois l'eau douce et la mer, parut à Lamarck une chose si extraordinaire qu'il n'hésita pas à l'attribuer à une erreur de Pallas; aussi dans les notes qu'il inséra à la suite de l'appendice du Voyage de ce savant, Lamarck révoque en doute si ces Moules de rivière et de mer sont bien du même genre, et il y ajoute que toutes les véritables Moules sont marines. Les Driessenes habitent au fond de l'eau par bancs, comme les Moules marines, agglomérées en groupes et attachées, au moyen de leur byssus, à tous les corps environnants. Le système nerveux consiste en trois paires de ganglions; mais il diffère de celui des Moules en ce que la paire postérieure ou celle qui est placée sur le muscle Iransverse postérieur, est réunie en un seul ganglion placé au milieu. Ce système n'est ni supérieur ni inférieur à l'œsophage; il conserve à peu près la même hauteur; et les deux ganglions antérieurs, qui représentent le cerveau, sont placés à la commissure des lèvres. Le système musculaire diffère encore de celui des Moules en ce qu'il n'y a point une seconde attache sous le ligament d'une portion du muscle rétracteur. Ce qu'il présente de plus remar(|uable, c'est la réunion complète du bord de son manteau dans tout le pourtour, et la présence de trois ouvertures pour l'exercice des différentes fonctions de l'animal. L'orifice (|ui donne entrée à l'eau de la respiration, se prolonge en un siphon, garni dans son intérieur de nombreuses papilles. Le canal intestinal offre un cœcum qui plonge jusqu'au bout de l'ovaire, et qui offre des parois extrêmement minces. On peut l'apercevoir ù l'œil ou à travers la peau qui recouvre le ventre. L'ovaire ne va pas se loger entre les feuillets du manteau. La coquille est régulière, équivalve, inéquilatérale; le crochet est terminal, garni dans son intérieur d'une cloison. Il y a trois impressions musculaires, dont celle du milieu est unique et linéaire.
Van Beneden a établi son genre Dreissena sur le Mytilus polymorphus , auquel il ajouta une espèce nouvelle, découverte par t'uoy, au Sénégal, et qu'il nomma Dreissena Africana. Depuis une troisième espèce s'est offerte à ses investigations, et il lui a donné le nom de Dreissena cyanea. Celle-ci a la Coquille oblongue, plus haute qu'épaisse, finement striée à l'ex-