SPERME
DUFODRÉE. Dufourea. bot. Genre de la famille des Licliens, établi par Acharius, et qui a pour type le Lichen flammeus , L. Caractères : Lichen rameux, membraneux; ramifications presque cylindriques, libres, fistuleuses et cotonneuses à l'intérieur, terminées chacune par un conceptacle orbiculaire, gonflé, vide en dessous, et dont la membrane proligère ou séminifère, qui forme le disque, est un peu épaisse, pianoconvexe, colorée, adhérente par le bord à la substance des rameaux; celle ci recouvre en partie le bas du conceptacle, sous la forme d'une pellicule mince. Cinq espèces composent ce genre :
DcFOERÉE cotJiETiR DE PLAMME. Dufoureo flaimitea, Ach., Lich. tiniv., p. 524; Lichenoides flammeum , Iloffm., Lich., lab. 3, fig. 1 ; Lich. flammeus, h., Jet. meil. Stiec, 1, tab. 13, fig. -5. Flavescent, ramifications marquées de creux lacuniformes ; conceptacle d'un jaune orange. Se trouve sur l'écorce des arbres, au cap de Bonne-Espérance.
DtFODRÉE MADRÉPORiFORME. Diifouvea madfeporiformis, Ach., Lich. univ., p. 523; Lich. madreporiformis, Wulf., apud Jacq., Coll. ô, tab. 5, fig. 2. D'un blanc légèrement jaunâtre; rameaux courts, renflés, fascicules, à peine fistuleux. Se rencontre sur les rochers, en Autriche , en Suisse et, dit-on, en Dauphiné.
Ces deux espèces ont au plus deux à cinq lignes de hauteur ; elles forment des plaques assez étendues , dures et fragiles dans la sécheresse. Les autres espèces sont : le Dufourea molliisca, qui se trouve sur les pierres à Saldanha-bay en Afrique; le Dufourea ryssolea, qui habite la Sibérie ; et le Dufourea obtusala, espèce douteuse, des rochers maritimes de la Norwège.
Il y a dans la Phanérogamie, un autre genre qui a reçu le nom de Dufourea; il appartient à la famille des Convolvulacées, de la Pentandrie Monogynie de Linné, et offre pour caractère essentiel : un calice à cinq divisions, les deux extérieures plus grandes, membraneuses, en forme de rein, quelquefois colorées, enveloppant les trois autres; une corolle en entonnoir; le limbe plissé; cinq élamines ; les anthères à deux lobes, l'ovaire supérieur; un style profondément bifide; les stigmates globuleux. Le fruit est une capsule enveloppée par le calice
persistant, à deux loges; une ou deux semences dans chaque loge.
Ce genre a été consacré par Kunth à Léon Dufour, médecin très-distingué, à qui les sciences naturelles doivent de brillantes découvertes, des travaux anatomiques de la plus haute importance; il a, pendant plusieurs années, parcouru l'Espagne, et y a recueilli et dessiné un grand nombre de plantes et d'insectes. Bory de Saint-Vincent lui avait déjà adressé un genre, mais qui a été depuis reconnu pour être le même que le Tristicha d'Aubert du Petit-Tliouars.
Le genre Dufourée de Kunth est composé des deux espèces suivantes :
Defocrée a feuilles glabres. Dufourea glabra, Kunth in Humb. et Bonpl., Nov. Gen., vol. 3, p. 114. Arbrisseau grimpant, très-rameux, garni de feuilles alternes, pétiolées, en ovale renversé, obtuses, mucronées, en cœur à leur base, membraneuses, veinées, réticulées, glabres àleurs deux faces, parsemées de points brillants, longues de deux pouces et demi, larges d'un pouce et demi; les pétioles très-courts; les pédoncules axillaires, chargés de plusieurs fleurs pédicellées; les calices glabres, à cinq divisions, dont les deux extérieures très-grandes, droites, verdàtres, presque longues d'un pouce, et les trois intérieures oblongues, un peu obtuses, concaves, longues de deux lignes; la corolle est blanche, plus longue que le calice; le tube court; la capsule à deux loges monospermes. Cette plante croit dans l'Amérique méridionale, proche San- Francisco-Solano.
Dufourée a feuilles soteuses. Dufourea sericea, Kunth in Humb., lac. cit., tab. 214. Arbrisseau de la Nouvelle-Grenade, grimpant, très-rameux, muni de feuilles alternes, pétiolées, ovales-elliptiques, un peu rétrécies vers leur sommet, obtuses et mucronées, entières, en cœur à leur base, glabres, luisantes et ponctuées en dessus, soyeuses et jaunâtres en dessous, longues de trois ou quatre pouces, larges de deux. Les fleurs sont disposées en panicules terminales, feuillées, presque dichotomes; les pédicelles soyeux, accompagnés de petites bractées linéaires-lancéolées; les deux grandes folioles du calice couleur de rose ou de cbair; la corolle blanche, soyeuse en dehors, plus longue que le calice; l'ovaire soyeux, à deux loges; deux ovules dans chaque loge.
DUFRESNIE. Dufresnia. bot. Genre de la famille des Valérianées, établi par De CandoUe qui le caractérise ainsi : limbe du calice divisé en trois lobes ovales, aigus, persistants, réticulés, dentelés; tube de la corolle presque conique, à cinq lobes arrondis; fruit membraneux, indéhiscent, couronné par les lobes du calice, velu extérieurement, à trois loges dont deux stériles. La Du- FRESNiE ORIENTALE est Une petite plante herbacée, à tige presque simple ; à feuilles opposées, oblongues, obtuses, très-entières; les fleurs sont très- petites, rougeàtres, réunies en bouquets. Elle est originaire de la Perse.
DUGAGÉLIE. Dugayelia. bot. Gaudichaud a établi, sous ce nom, dans la famille des Pipéracées, un genre dont les caractères paraissent encore imparfaitement tracés ; ils consistent principalement dans des fleurs hermaphrodites, distinctes, ayant à leur base des écailles
dùciirrenlcs, foliacées; le stigmalc csl en lêlc globuleuse et poilu. Les DugaGélles connues sont des arhusles A rameaux presque cylindriques, à feuilles opposées et entières ou presque entières.
Dl'GALDlE./?HgraW/a. BOT. Ce genre delà familledes Synantliérécs, proposé par Cassini pour deux plantes que Kunlli a placées provisoirement dans le genre ^/ctinea, en diffère par sa couronne mulliflore; par son péricline à peu près égal aux Heurs du dis(iue, et formé de squammes nombreuses, bitrisériées; par son clinantlieplaniuscule;parles squammellulcs de son aigrette, entièrement membraneuses, c'est-à-dire qui n'offrent point, comme dans VJclinca, une forte nervure médiane, prolongée supérieurement en une longue arête filiforme, barbellulée; par les corolles du disque ù tube long; par celles de la couronne à languette jaune. Cassini place les Durjaldia chrysanlhcmoiites et ititegiifolia, dans ce genre, que De CandoUe n'admet que comme une section de son genre Cepholophora.
DUG.\NEOU. OIS. Synonyme vulgaire de Hibou. F.
CnOCETTE.
DUGONG. MAM. Genre de Cétacés , établi par Lacépèdc, caractérisé par des màchelières composées de deux cônes adossés parallèlement dans les pénultièmes molaires, et d'un seul cône seulement pour les autres; par deux défenses ou grandes dents incisives dirigées en bas et saillant sous le mufle; par des lèvres hérissées de moustaches et une queue divisée en deux lobes.
Jus(|u'aux laborieuses et courageuses expéditions de Diard etDuvaucel, voyageurs français chargés par leur gouvernement d'explorer l'histoire naturelle du continent Indien et de son Archipel, on n'avait eu sur le Dugong que des informations fort inexactes, et la plupart mêlées de fables. Il ne faut en excepter que la note et les dessins donnés par Camper, t. 2 , fig. 2 et 3 de la pi. 7, où il a donné aussi le trait de la figure autrefois publiée dans la collection de planches du libraire Renard, pi. 34, n" 180. 11 résulte, dit Camper, après avoir comparé avec les récits antérieurs, une description et les croquis d'un jeune Dugong envoyés de Batavia par Vandcrsteege, qu'il y a longtemps qu'on connaît sous le nom de Doii-Joiing, Vache marine, un certain Poisson qui respire par les poumons, a des mamelles placées devant la poitrine entre les nageoires, avec une barbe autour des lèvres. Cuvier (Oss. foss., t. v) ayant donné la description du squelette du Dugong, et Frédéric Cuvier (Mam.lith., 3» douzaine) celle de l'animal entier et vivant, d'après les notes sur lesquelles Diard et Duvaucel avaient composé un Mémoire inédit, adressé par eux à Uanks; enfin, Stamford Raffles ayant, d'après leurs observations, écrit le petit Mémoire inséré dans les Transactions Phil. de 1820; et Everard Home, d'après les pièces également recueillies par nos compatriotes, ayant rédigé un supplément à ce Mémoire (/è(V/., p. 315), où il décrit et représente l'animal, son squelette et diverses parties de sa sphenchnologie; on a aujourd'hui sur le Dugong plus d'informations exactes que sur la plupart des autres Cétacés.
D'après la diversité des récits pinson moins fabuleux des voyageurs sur le Dugong, et surtout d'après le défaut al>solu de figure de cetanimal (car celle de
citée plus haut, était restée ignorée, et ne fut découverte par Camper qu'A l'occasion des notes et des dessins qu'il reçut de Batavia), les zoologistes, même ceux qui écrivirent postérieurement à la publication de la figure et de la description que Daubenton donna d'un crAne entier très-bien conservé, placèrent le Dugong avec le Morse, en y réunissant le Lamantin. Il existait bien, comme l'observe Cuvier, une figure et une description, antérieures encore, du Dugong dans le Voyage de Léguât (t. 1 , p. 93), mais c'était sous le nom de Lamantin. Et ù cette époque, la grande distance des patries des animaux n'était pas susceptible de faire même soupçonner de différence spécifique entre des animaux présumés identiques. Aussi, même après Camper et jusqu'à Cuvier, tous les naturalistes, en parlant du Lamantin, lui assignaient pour patrie, outre les rivages intertropicaux de l'Atlantique, tous les rivages de l'océan Indien, où, sous ce même nom, il était question du Dugong. Buffon {T. xiii, p. 37G) avait pourtant reconnu l'existence du Dugong, comme espèce différente du Lamantin , d'après la description du crâne faite par Daubenton; et d'après une citation du Voyage de Barchewilz (en allemand, Erfurt, 1731 ), il avait su que le Dugong se trouvait aux Philippines. Mais nonobstant la figure du crâne dans Buffon, laquelle montre les défenses du Dugong implantées dans les intermaxillaires, comme on connaissait aussi des défenses au Morse, on ne fit pas attention à la différence de leur situation, et l'on fit toujours un Morse du Dugong. Ce qui ne doit pas étonner, puisqu'on rattachait aussi au même genre le Lamantin qui n'a pas du tout de défenses. Ainsi, Shaw (Gen. Zool., 1. 1, part. 1), même après que Camper eut indiqué ces différences et donné la figure entière de l'animal, fit-il encore un Morse du Dugong.
Le rapprochement des Lamantins et des Dugongs était beaucoup plus naturel, d'après leur physionomie, que celui de ces deux genres avec les Morses qui sont tout autant quadrupèdes que les Phoques, tandis que les Dugongs et les Lamantins n'ont pas plus de membres postérieurs que les autres Cétacés.
Si même dans les tètes osseuses, on fait abstraction des dents et du renflement arciué des intermaxillaires, on est frappé de la ressemblance de la construction de ces têtes , et même de la proportion de leurs parties. « Les connexions des os, dit Cuvier {loc. cit.), leur coupe générale, etc., sont à peu près les mêmes, et l'on voit que pour changer une tête de Lamantin en une tête de Dugong , il suffirait de renfler et d'allonger ses os intermaxillaires, pour y placer les défenses, et de courber vers le bas la symphise de la mâchoire inférieure, pour la conformer ù l'inflexion de la supérieure ; le museau alors prendrait la forme qu'il a dans le Dugong, et les narines se relèveraient comme elles le sont dans cet animal; en un mot, on dirait que le Lamantin n'est qu'un Dugong dont les défenses ne sont pas développées. » Les dents sont en forme de cônes, dont les sommets sont d'abord irrégulièrement divisés en petits mamelons; mais en s'usant, elles ne montrent qu'une couronne plate et lisse; et la plus grande, qui est la quatrième dans le jeune, est seule formée de deux
1 DFGOIN^G. TricLccus Puo-ono;.
2 X.\R\A1.. Mo.u.Jon Mono.^ei-o".
3 BALI'llXl-; I''R.VJ\'C 1 IK . J^alceua Mvsticetus .
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