‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 2)Chapitre 101 sur 117 · MO · texte numérisé non relu

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affronter sur l'Océan la violence des tempêtes, dirige arec sûreté leurs voiles sur les mers les plus étendues, t'n nouveau monde est conquis; un fameux promontoire doublé; l'Afrique enveloppée dans une navigation hardie ; la grande Asie atteinte par une route que l'audace et la constance tracent au milieu des flots en courroux ; son immense archipel parcouru ; la Chine reconnue; le Japon abordé, malgré la fureur des trombes et des ouragans conjurés autour de cette extrémité orientale de l’ancien monde. L’imprimerie fait circuler avec célérité, jusque sous les humbles toits des contrées les plus reculées, des milliers d’exemplaires d’ouvrages utiles à l’avancement des sciences ou des lettres. La lumière de la raison jaillit de toutes parts; les esprits reçoivent et communiquent un mouvement rapide ; l’imagination s’anime, le génie s'élève : on veut tout dévoiler, tout voir, tout examiner, tout connaître. L’opinion parait en souveraine sur la scène du monde : les merveillesde la nature la charment; elle en favorise l’élude. Le courage entreprend de surmonter tous les obstacles : ni les distances . ni les monts , ni les forêts . ni les déserts. ni les fleuves, ni les mers, rien ne l’arrête. L'élude d'un phénomène conduit à la recherche d’un autre; le besoin d'observer s'empare de toutes les têtes. Le hasard, l'expérience et le calcul donnent au i?erre les qualités et la forme qui agrandissent dans le fond de l'œil l'image des objets que leur distance trop grande ou leurs dimensions trop petites auraient dérobés à la vue. L’active curiosité pénètre da ns les profondeurs des cieux et dans l'intérieur des productions de la nature. On ne se contente plus de copier, de répéter, de commenter les leçons des grands maîtres : ce n'est pas assez de conserver; il faut acquérir, il faut conquérir, il faut créer. Le génie s'avance, pour ainsi dire, comme un géant, suivi d'une légion d'hommes illustres : il enflamme celte troupe immortelle, ce bataillon sacré qui combat pour accroître le domaine de la science. Quels trophées élèvent ces hommes si favorisés de la nature, dont les rangs se multiplient cl s'étendent sans cesse ! Les uns s'avancent précédés de la trompette héroïque : on voit sur leurs fronts les brillantes couronnes dont les ont ornés les muses de l'épopée, de l’ode, de la tragédie, de la comédie et de l’histoire. Les grands peintres. les grands statuaires, les musiciens créateurs marchent au milieu d’eux. Le même souffle inspirateur les anime ; les mêmes rayons les environnent.

Les sublimes mathématiciens inventent cette langue admirable dont les signes, représentant à volonté toutes les quantités, peuvent se combiner de manière à montrer tous les rapports, à résoudre tous les problèmes. Les lois éternelles, auxquelles obéissent tous les corps célestes répandus dans l’immensité de l’univers, qui dirigent tous les mouvements, règlent tous les équilibres, déterminent tous les repos, sont reconnues et promulguées. On en découvre l'empire dans tous les phénomènes; on le voit et dans le poids de l’atmosphère qui environne la terre, et dans les soulèvements réguliers des mers qui la divisent en continents, et dans les pluies qui l’arrosent, et dans les orages qui la fécondent. L’art, heureux rival de la nature, s'empare de tous ses agents; maîtrise l'eau, l’air, le feu. les vapeurs

les plus subtiles; soumet toutes les substances à leur action ; en sépare les éléments, les examine, les réunit à son gré; décompose, analyse et recompose jusques aux rayons de la lumière. De hardis voyageurs étalent les richesses de tout genre qu’ils ont rapportées dans leur patrie à travers de tant de périls; d’autres amis des sciences, et particulièrement des sciences naturelles, nous rappellent quels objets ils ont les premiers reconnus, décrits et comparés : ceux-ci sont entourés de ces tables sur lesquelles ils ont inscrit les êtres vivants et les êtres inanimés; ceux-là ont gravé, sur de vastes monuments, l'histoire des antiques révolutions auxquelles la nature a soumis les globes qui roulent dans l’espace.

A mesure que les temps se succèdent, les difficultés diminuent, les obstacles disparaissent, les ressources s'accroissent; chaque découverte, chaque perfectionnement . chaque succès en enfante de nouveaux. L'art de la navigation s’agrandit; la mécanique lui fournit ; des vaisseaux plus agiles. Les rivalités des peuples, les jalousies du commerce, les fureurs même de la guerre | n'élèvent plus de barrières au-devant des hommes éclairés qui cherchent de nouvelles sources d'instruction. La physique et l'hydraulique aident à descendre sans j périls dans les profondeurs de la terre. Des canaux, élevés au-dessus des chaînes de montagnes, lient les bassins des fleuves. La vapeur comprimée fournit des moyens de voyages et de transports d’une rapidité qui tient du prodige; elle ouvre un immense réseau de roules et de communications faciles. Les observations faites dans les contrées les plus éloignées les unes des autres, peuvent être comparées avec précision. La chimie ne cesse de découvrir ou de former de nouvelles substances. La cristallographie dévoile la structure des minéraux : un métal, longtemps inconnu sur une terre lointaine, sert à perfectionner le système des mesures par l'invariabilité des modèles, les arts chimiques par l'inaltérabilité des creusets, l'astronomie cl l’art nautique par la pureté des miroirs de télescope. Un transporte ail delà des mers les végétaux les plus délicats sans leur ôter la vie; le café, le tabac, le thé, le sucre, les épiceries, portés avec soin et cultivés avec assiduité dans des pays analogues à leurs propriétés, donnent aux échanges une direction plus régulière, affranchissent les nations d'une dépendance ruineuse, distribuent avec plus d'égalité les fruits du travail parmi les peuples civilisés. L'attention , l'adresse et le temps domptent les animaux les plus impatients du joug, par l'abondance de l’aliment, la convenance de la température et les commodités de l'habitation : des animaux nouvellement connus , tels que la Vigogne du Chili et la Chèvre de Cachemire, fournissent un poil doux, soyeux, léger, très-brillant et salubre, à des ateliers que des machines ingénieuses rendent, chaque jour plus avantageux.

La science n'indique-l-elle pas à l'agriculture et les propriétés des divers terrains, et les qualités des semences qui varient les récoltes en multipliant les produits, par leur convenance avec le sol; et les herbes destinées à former les prairies les plus nourricières ; et les animaux dont l'adresse, la force, la tempérance et la doci-

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lilé, peuvent le plus alléger ses travaux; et les arbres que les vergers réclament, et jusqu'aux fleurs qui doivent embellir les jardins et couronner les heureuses tentatives?

I.a médecine acquiert des remèdes plus adaptés aux divers maux qu’elle doit guérir, et de nombreuses observations dont la comparaison multiplie ses succès. La chirurgie étonne par la hardiesse de ses heureuses opérations, dont les anciens n’avaient pas même conçu l'idée. L'anatomie, en soumettant à ses examens nonseulement l’Homme mais tous les animaux, devient une science nouvelle, dont les faits, comparés avec habileté, dirigent la chirurgie et la médecine, et les conduisent à de nouveaux triomphes.

L’art militaire, qui défend les États, et le commerce qui en ferme les plaies, obtiennent des chars plus solides, des bêtes de somme plus fortes, des coursiers plus rapides. Cet art de la guerre, sous le nom de stratégie, embrasse des espaces immenses dans ses sublimes conceptions; coordonne, meut et dirige, par ses combinaisons savantes, de grandes masses séparées par de grandes distances; et la science des Vauban lui donne des points d'appui et des asiles dans des places dont elle perfectionne de plus en plus les fortifications.

Les arts dont le dessin est la hase, trouvent dans les exemples des anciens et dans l'admirable variété des productions de la nature rassemblées devant eux. une source inépuisable de sujets de leur imitation, d'accessoires pour les faire ressortir et d'ornements pour les embellir.

Quelles images, quels tableaux, quel spectacle, celte nature dévoilée n’offre-t-elle pas à l'éloquence et à la l>oésie!

Quelle puissance à chanter pour les Homères et les Virgiles modernes, que celle de celle même nature combattant contre le temps! Quel secours pour l'historien des sociétés humaines, incertain sur l'origine, la durée ou la succession des événements, que l'étude de ces sublimes annales que la nature a gravées elle-même sur le sommet des monts, dans les profondeurs des mers et dans les entrailles de la terre !

Le métaphysicien s'éclaire, en comptant avec le naturaliste les degrés de l'industrie, de la sensibilité, de l'intelligence des animaux, et en les rapprochant des nuances de leurs autres attributs.

L’homme d'Élat, environné pour ainsi dire d’une multitude d'objets comparés avec sagacité, et de productions de tout genre apportées, accrues, accumulées par la science , résout le grand problème de la conciliation des richesses avec les vertus, du luxe avec les mœurs, de la force qui résiste au dehors, avec celle qui conserve et vivifie au dedans. La politique lui montre la tyrannie étrangère qui menace les empires moins enrichis que leurs voisins par un commerce prospère. La philosophie lui découvre la corruption, le vice et le despotisme, asservissant sans obstacles ceux où le luxe a déployé sesbrillanls étendards. La science de la nature ne repousse pas les objets de ce luxe et si heureux et si funeste : elle les accroît au contraire, elle les multiplie, elle les met à la portée des citoyens les moins fortunés, et en ne diminuant aucune des ressources d'une

politique prévoyante et tutélaire, en ajoutant même à ses moyens de résistance, et en augmentant la supério rité de sa force défensive et protectrice, elle satisfait la sagesse par une distribution moins inégale de dons trop enviés. Elle calme l'inquiétude civique par une répartition plusconvenable d'avantages réels ou imaginaires, qui ne corrompent les corps sociaux que par le délire de la vanité du petit nombre qui les possède exclusivement et par les désirs immodérés du graud nombre qui les convoite. Chez les anciens, où les lumières de la science étaient réservées à quelques sages, le luxe fut mortel pour les États; parce que. né de la violence qui enlève sans sciner, qui détruit sans reproduire, qui bouleverse sans fertiliser, il porta le caractère de son origine dévastatrice, et parce que, n’étant la propriété que de quelques familles, il régna à côté de la misère qu’il rendit encore plus affreuse. Mais, à l'époque où est parvenue la civilisation européenne, fils de la science créatrice et de l'industrie fécondante, il appartient pour ainsi dire à tous, perd le nom sous lequel il a tant de fois effrayé la vertu, et se montre sous la dénomination constante de l'heureuse abondance.

Et comment l’élude florissante et généralement répandue des facultés de l’Homme, de ses pensées, de ses sentiments, de ses œuvres, de» produits admirables de l’art et de toutes les merveilles de la création, n’influerail-ellc pas, d’ailleurs, sur les mœurs des peuples? Destructive d'erreurs dangereuses et de préjugés décourageants, elle est la source du développement de l'intelligence qui aperçoit et montre ce qui est bon, de la sensibilité douce et paisible qui le fait chérir et le récompense, et de l'industrie active dont le plus noble effet est de conserver, par la constance de l’occupation, la vertu, celle fille céleste de l’intelligence et de la «en- ' sibilité !

Offerte à l'enfance avec les tendres précautions qu'inspire cet âge; présentée avec le charme que donnent des objets à manier, des images à regarder, des courses à renouveler, des instructions mutuelles à répéter, des concours à établir; diversifiant ses yeux au lieu de les troubler, elle remplit son jeune cœur d'affections louchantes, agréables et pures, et façonne son esprit flexible aux idées vraies, grandes et élevées. Les arts, devenus alliés fidèles de la science, ne présentant sur les étoffes les plus communes, sur les meubles les plus simples, ou parmi les ornements les plus élégants et les décorations les plus magnifiques des palais les plus somptueux, que des copies exactes des êtres sortis des mains de la puissance créatrice, et ne montrant plus les produits monstrueux d'une convention ridicule, d'un hasard bizarre, ou d'une imagination délirante; celle enfance si précieuse échappe au danger, plus grand qu'on ne le pense, d'imprimer dans sa tète encore molle des images fantastiques, des idées fausses, des objets disparates, des réunions absurdes, et de s'accoutumer ainsi à voir comme réel ce qui ne peut pas exister; à substituer de vaines sensations aux résultats de l'expérience; à mettre en opposition les sens avec la raison, la mémoire avec la vérité, et à donner à ses pensées, et par conséquent à ses sentiments, la direction la plus funeste.

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Les nuages du préjugé el de Terreur, en se dissipant devant le souffle de la science, laissent paraître el briller de tout leur éclat ces principes sacrés, d'après lesquels des lois dictées par la sagesse, garantissent la stabilité des gouvernements, les droits imprescriptibles des peuples, et celte sainte tolérance civile et religieuse qui, réunissant tous les coeurs par le lien d'une affection mutuelle et d'une bienveillance indulgente, devient un culte solennel et universel d’amour et de reconnaissance envers l'Être des êtres , et le gage le plus assuré de la paix el du bonheur du monde.

IIOMOCARPE. Homocarpus. bot. Cassini donne cette épithète à la ralatbide. quand les ovaires ou les fruits de toutes les Heurs qui la composent sont semblables.

110.M0CUÈLES. H omocheles . carsT. Nom donné aux Crustacés qui ont les serres semblables dans les deux sexes.

HOMOCHROME. Homochrotna. bot. Genre de la famille des Synanlbérées, tribu des Astérol'dées , établi parle professeur De Candolle qui lui assigne pour caractères : capitule mulliflore; fleurs de la couronne ligulées, homochromes, disposées sur un seul rang; fleurs du disque tubuleuses, quinquéfides, disposées sur deux rangs, mais stériles; involucre formé de deux ou trois rangées d'écailles linéaires, acuminées et serrées les unes contre les autres; réceptacle un peu convexe, à facettes; anthères sans queue à leur base; akènes de la couronne piano comprimées, obovales et velus, ceux du disque glabres et filiformes ; aigrettes de la couronne garnies de quinze soies disposées sur une rangée : celles du disque n’en offrent que dix; toutes sont plumeuses au sommet. L’UoaocaiiosE d'Ecklob, Homochrotna Kcklonis, est un sous-arbrisseau originaire du Cap, à rameaux velus et glanduleux; ses feuilles sont alternes, scssiles, oblongo-linéaires, très-entières, velues et ciliées; les capitules sont pourvus de fleurs jaunes, à languettes très-grandes.

HOMODERMES. blpt. Première famille établie par Duinéril (Zool. An., p. 87) parmi les Ophidiens, dont les caractères généraux consistent dans l’homogénéité des téguments, c'est à dire dont la peau est dépourvue d'écailles, ou recouverte d'écailles pareilles, ce qui est le contraire des Uétérodermes. ce mol. Les Serpents de celte famille n’ont jamais de crochets à venin, et se rangent dans les genres Cœcilie, Amphisbène, Acrochorde, Hydrophide, Orvet el Ophisaure. Ces deux derniers ont depuis été extraits d'entre les Homodermes pour être rapportés parmi les Sauriens Urobènes, et l’Acrochorde a été reconnu appartenir aux Hétérodermes.

IIOMOGAME. Homogamu bot. On appelle ainsi la calalhide quand elle ne renferme que des fleurs d'un même sexe.

HOMOGÈNE. Homogenu». us. Une Roche est dite Homogène, quand elle est d'une nature uniforme dans toutes ses parties.

HOMOGÉNÉES. bot. {Lichens.) Ordre premier de la première classe de la méthode d'Achar, ou Idiothalamées. Il est ainsi caractérisé : apothécies simples, formées en entier d'une substance pulvérulente ou cartilagineuse, sous-similaire. Les genres Spiloma , Ar-

thonia , Solo ri na , Gy a tecta , Lecidea , Calycium, Gyrophora , Opegrapha appartiennent aux Idiothalaines Homngénées, qui renferment des genres à thalle crustacé, amorphe, et des Lichens foliacés, ce qui détruit Tordre des affinités naturelles.

UOMOGÉNÉOCARPES. bot. Première tribu des Céramiaires. ce mot.

HOMOGYNE. bot. Genre de la famille des Synanlhérées, Coryinbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L.. établi par H. Cassini (Bullet. de la Soc. Philom., décembre 181 G) qui Ta ainsi caractérisé : involucre rylindracé, composé de folioles sur un seul rang, à peu près égales, oblongues el aiguës; réceptacle nu el plan ; calalhide dont le disque est formé de fleurons nombreux, réguliers, hermaphrodites, et la circonférence d'un seul rang de fleurons femelles, pourvus d'une corolle tubuleuse dont le limbe est presque toujours complètement avorté; styles des fleurs de la circonférence absolument semblables à ceux des fleurs du disque; ovaires ohlongs, cylind racés, cannelés, glabres, munisd'un bourrelet basilaire; aigrette composée de poils légèrement plumeux. H. Cassini a formé ce genre aux dépens du Tuttilago de Linné, el Ta placé dans la tribu des Adénostylées où ce dernier genre n'entre pas. Les considérations fournies par la structure du style, très différente dans l’un et l’autre genres, lui ont paru des motifs suffisants pour les séparer quoique les botanistes les aient toujours regardés comme étroitement unis. Trois espèces constituent le genre Homogyne ; ces plantes portaient les noms de Tussilago Alpina , L., T assit ago discolor et Tustilago *ylr estris. La première est assez commune sur le Jura, les Cévennes, les Alpes el les Pyrénées.

UOMOlANTHE. Homoianthus. bot. Sous ce nom. De Candolle (Ann. du Mus., I. xix) a établi un genre de la famille des Synanthérées, qui a beaucoup d'affinités avec le Chœtanthera de Ruiz et Pavon. Les plantes dont il se compose ont même été rapportées à ce dernier genre par Humboldl et Bonpland (Plantes équinoxiales, t. h, p. 1 4(5 et 170), mais leur étude a fourni à Kunlh (A or. Gener. et Spec. Plant, œquinoct. , t. iv, p. 14) l’occasion de rectifier les caractères génériques, et de changer le nom en celui d'Homanthis. Loin d'adopter celte rectification, H. Cassini a prétendu que YHomanthis, tel qu'il est caractérisé par Kunlh, ne différait point du Perexia ou Clarionea de Lagasca, et que le Chœtanthera multiflora , BonpL, une des trois espèces d'Homanthis, était bien certainement un Perexia. Au surplus, il a déclaré que l’ Homoianthus ne sc distinguait de celui-ci que par le faible caractère d'avoir les écailles extérieures de Tinvolucre bordées de dents spinescenles. S'il n'y avait que cette seule différence, nous pensons, avec la majeure partie des botanistes, qu'aucun genre ne serait moins solidement établi, car les folioles de Tinvolucre doivent être assimilées aux feuilles, et une légère différence dans leur forme ne pourrait être donnée comme un caractère essentiel. Cassini, attachant une grande importance à la structure du style, dans les Synanthérées, a placé le genre Homoianthus dans la tribu des Nassauviées, tandis que le genre Chœtanthera appartient aux Mulisiées.

HOMOIDE. Homoideus. bot. Parce surnom. Richard désigne une ressembla nce de forme entre un tégument (|iielconquc el la partie qu'il recouvre.

HOMOLE. f/ontola. cri’ST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Notopodes, établi par Leach et adopté par Latreille (Fam. ualiir. du Règne Anim.). Se* caractères sont : dernière paire de pattes peu relevée, terminée par un crochet simple; test rectangulaire, plus long que large, tronqué carrément et fort épineux en avant ; antennes insérées sous les pédicules des yeux qui sont rapprochés à leur base et assez longs pour atteindre les angles du lest. Ce genre a été établi presque en même temps par Raffinesque (Précis des Découv. Somiolog. el Bot.), qui l'a nommé Thelxiope , par l.each (Açl. de la Soc. Linn., onzième vol.), sous le nom d'/Joniole, el par Latreille qui l'appele Hippocarcin dans un mémoire lu à l'Académie des Sciences en 1815. Ce dernier, qui avait formé ce genre à la même époque que les deux premiers, el qui aurait pu lui conserver le nom qu'il lui avait assigné, ne l'a pas fait, el a adopté la dénomination A' Homale que Lcarh lui a donnée dans les Actes de la Société Linnéenne, publiés avant l'ouvrage de Raffinesque. Risso (llist. nalur. des Oust, de Nice) a décrit une espèce de ce genre (Hontola spini fions) sous le nom de Dorippe : c'esl celte espèce dont Rondelet (llist. des Pois*., liv 18, chap. 17) a parlé le premier, sous les noms de Crabe jaune ou ondé. Fabricius l’a décrite sous celui de Cancer barba tu s, dans son Entomologie systématique, et elle est figurée grossièrement par llerhst. Il parait qu'Aldrovande a connu une espèce d'Homole, celle qu'il nomme Hippoca rein us hispidu s. Les Homoles, tels qu’ils sont adopter par latreille, différent des Dromics Dorippcs, el des Ranines par des caractères tirés de la forme du corps el des pattes. Leur test est presque cubique, comme tronqué nu émoussé obliquement de chaque côté, à sa partie antérieure, avec le milieu du front avancé en pointe. A chaque côté de celle saillie, sont insérés les pédicules oculaires qui s'étendent latéralement en ligne droite, jusqu'un peu au delà des côtés du test. Ils sont divisés en deux articles de même que ceux des yeux des autres Décapodes et des Stommopodes ; mais le premier est plus long et plus grêle; il s'unit avec le suivant, presque en manière de gynglime; celui-ci est un peu plus gros, offre près de sa base une impression annulaire, et porte à son extrémité l'œil dont la cornée est hémisphérique. Ces pédicules sonl attachés au test par un muscle assez fort el doivent exécuter divers mouvements. Les quatre antennes sont insérées sur une ligne transverse, immédiatement au-dessous; elles sonl portées, surtout les mitoyennes, sur un pédicule beaucoup plus long que celui des antennes des autres Brachiures. Les latérales, à partir de ce pédicule avec lequel elles fônl un angle, sont sétacées, très-menues, glabres el aussi longues que le corps; les intermédiaires, quoique repliées sur elles mêmes et terminées par deux petites pièces coniques, articulées et inégales comme à l'ordinaire, sonl néanmoins saillantes, faute de cavité propre à les loger. La ravilé buccale est presque carrée et l’Hypostome a aussi la même figure, mais s’étend da-

vantage dans le sens de la largeur. Les pieds mâchoires extérieurs sont semblables à de petits pieds ou à de grandes palpes, écartés l’un de l'autre, très-velus, et vont en se rétrécissant, pour finir graduellement en pointe : ils se dirigent d’abord en avant cl se courbent ensuite, à prendre de l'articulation du second article avec le troisième. Les quatre autres pieds-màchoires. ainsi que ceux dont nous venons de parler, sont accorn pagnés d'une palpe en forme de fouet. Le bord supérieur el interne des mandibules est tranchant et anguleux; les serres sont longues surtout dans les mâles, mais d'épaisseur moyenne, presque cylindriques, avec les carpes et les pinces allongés. Les six pieds suivants sont fort longs, grêles, comprimés et terminés par un tarse armé en dessous d’une rangée de petites épines disposées parallèlement en manière de peigne; le crochet du bout de ces tarses est petit, mais très-aigu : les pieds des troisième et quatrième paires sonl plus longs que ceux de la seconde et presque égaux; mais la longueur des deux derniers excède à peine celle des deux précédents; ils naissent de l'extrémité postérieure du ; dos, el se dirigent sur les côtés ainsi que les précédents, j Le derme de l'Homole barbu qui a fourni ces observa - ; lions à Latreille, est presque membraneux, un peu mou el garni çà el là de petites épines ; la queue est ovale, recourbée et rétrécie à sa base , terminée en pointe et de sept tablettes dans les deux sexes. Celle du mâle est plus oblongue, et son dernier segment se rétrécit brusquement à son extrémité. Les filets ovifères sonl longs el velus comme ceux des femelles des Matas. Les organes sexuels du mâle se présentent sous la forme de deux cornes assez longues, grêles, cylindriques, réunies à leur hase eu forme de fourche et tronquées obliquement à leur bout supérieur. Les Homoles habitent les régions coralligèncs, à des profondeurs de deux ou trois cents mètres; on ne sait pas si ces Crustacés, qui, par la position de leurs dernières pattes, ont quelque analogie avec les Dromics, participent aux mêmes habitudes et couvrent leur dos de débris d'Alcyons et d'autres corps marins. Tous les individus que Latreille a vus, n'avaient sur eux aucun corps étranger; et Risso, à en juger par son silence, ne leur en a pas trouvé non plus. Jusqu'ici on n'a observé ces Crustacés que dans la Méditerranée.

L’espèce qui a servi de type à ce genre est I'Hovole barbue. Homal a. barbota, Latr., Ilomola spi ni front, Leach; Cancer ôarôa/us (Herbst. Crab., tab. 42, fig. 8), le mâle; Cancer Maja (Roèm. Gcn. Ins , tab. 31, f. 4). la femelle; Maja barbatu, Bosc, Latr.; Dorippe spinosa, Risso; Cancre jaune ou ondé, Rondelet (Hist. des l’oiss.,liv. 18, chap. 17, p. 405). Cettp espèce habile les grandes profondeurs de la Méditerranée; d'après Risso, les Homoles se réunissent ordinairement sur de petits espaces graveleux où on les pêche en juin et juillet, en jetant des filets serrés pendant le calme de la mer. C’est à celle époque que la femelle pond ses œufs; ils sont d’un rouge laque. Latreille possède une autre espèce de ce genre que Risso a décrite 60us le nom de Dorippe de Cuvier; c’est Y Hippocarcinus liispidus d'Aldrovande qui mentionne dans le même article un autre Crustacé, qu’il dit être semblable au précédent quant 5

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la partie supérieure, et qu’il a figuré vu inférieurement, sous le nom de Cancer tupi nu a Hippocarcino similis. Celui-ci forme probablement une troisième espèce dont les pinces sont proportionnellement plus longues, et dont la queue se termine par nne pièce pentagone. Les individus décrits par Aldrovande étant des femelles, ces différences ne peuvent être sexuelles. Risso dit que celte espèce vit dans les plus grandes profondeurs de la mer. File est très rare, et a été envoyée à Latreillepar Roux de Marseille. Ce magnifique individu a plus de six pouces de long sur quatre à quatre et demi de large.

Guilding ( Trôna . of Linn. Soc. of Lond., vol. 14, deuxième partie, p. 354) décrit une nouvelle espèce de ce genre : c’êst VUomola spinipes; elle a été trouvée une seule fois, dans le gosier d’un grand Poisson pêché dans un endroit profond de la merdes Antilles.

HOMOMALLE. Homomallus. bot. Se dit d'un organe dont toutes les parties sont dirigées du même cédé.

HOMON1ANTHE. bot. Pour Uomolanthe. y. ce mol.

HOMONOIA. bot. Genre de la Diœcie Polyadelphie, L., établi par Loureiro ( Flor . Cochinch., 3, p. 783) qui l’a ainsi caractérisé rieurs dioïques; les mâles ont un calice à trois folioles colorées, entouré de trois écailles; corolle nulle; environ deux cents étamines rassemblées en vingt faisceaux; les fleurs femelles n’ont point de calice ni de corolle ; mais à la place de ces enveloppes florales , elles offrent une écaille à plusieurs découpures, un ovaire supérieur, surmonté de trois stigmates sessiles; une capsule à trois loges monospermes L 'Hontonoiu rijtaria, L., est un arbrisseau qui croit sur le bord des rivières à la Cochinchine. Sa tige est droite, rameuse, garnie de feuilles alternes, linéaireslancéo- Iées et tomenieuses. Les fleurs sont petites et disposées en chalons linéaires, presque terminaux.

HOMOPÉTALE. bot. H. Casslni donne ce nom à la calatbide d’une Synanthérée,qui a toutes ses fleurs semblables entre elles par la forme de la corolle : telle est celle de toutes les Chicoracées, etc.

HOMOPTÈRES. Homoptera. in». Seconde section de l’ordre des Hémiptères, y. ce mot.

HOMOTÈNE. • Homolenua. au a en. Latreille comprend 6ous ce nom les animaux articulés, qui conservent toute leur vie la forme qu’ils avaient en naissant.

HOMOTHALAMES. bot. ( Lichen a .) Sous ce nom, Acharius renferme dans la troisième classe de sa Méthode, les Lichens dont rapothécic est formée en entier, par la substance médullaire et corticale. Celle classe renferme les genres Alectorie, Ramaline, Collèmé, Cor* niculalre et Usnée.

HOMOTROPE. Homotropua. bot. Selon Richard, l'embryon est llomotrope, lorsque, sans être droit, il a la même direction que la graine.

HOMOVALVE. Homovalvua. bot. Fruit dont les valves sont semblables.

HONCKENYE. Honckenya. bot. Genre delà famille des Tiliacées et de l’Octandrie Monogynie, L., établi par Willdenow ( ns Uater. Delcct. Op., 3, p. 201, tab. 4) qui l’a ainsi caractérisé : calice à cinq folioles coriaces, hérissées extérieurement, colorées intérieurement ; corolle â cinq pétales oblongs; huit étamines à anthères oblongues et à filets capillaires; ovaire oblong, surmonté

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d’un seul style et d’un stigmate à six dents; capsule hérissée de pointes, à cinq loges et A cinq valves qui portent les cloisons .sur leur milieu; graines nombreuses, munies d'une arille. Ce genre a des rapports, d’un côté, avec le S/tannannia , et, de l’autre, avec VApeiha. V Honckenya /ici folia. Willd. (toc. rit.), est un arbre indigène de la Guinée; ses feuilles ont la face inférieure couverte d'un duvet fauve; les supérieures sont spalliulées, oblongues et dentées; les inférieures sont à trois ou cinq lobes obtus. Les fleurs sont d'un bleu violet , ternées et terminales.

UONDBESSEN. bot. On ne devine pas la raison qui a pu déterminer Adanson à choisir ce mol hollandais pour désigner un genre que les botanistes appellent

Pœderia.

HONGRE, iam. Cheval que la castration a réduit à l’état d'infécondité.

IIONIGSTEIN. Htff. y. Mellitb.

HONKENYË. Honkenya. bot. Synonyme A'Arenaria peploidea dans Ehrhart.

HOOKEN1A. bot. Pour ltookcra. y. ce mot.

IIOOKERA. bot. Le geure lirodiœa de Smith (Transacl. of the Linn. Soc., vol. 10, p. 3) avait été antérieurement nommé Ilookera par Salisbury ( Parodia . Londin. 98). Cependant, contre les principes reçus en histoire naturelle, le nom de Drodiœa a été adopté, peut-être en raison de l'existence d’un genre Hookeria appartenant à la Cryptogamie, y. Brodie.

HOOKEKIE. Hookeria. bot. ( Mouaaea . ) Ce genre, dédié à l'un des botanistes qui a fait faire le plus de progrès à l’étude des Mousses, a été établi par Smith dans les Transactions Linnéennes, ix, p. 373. Il est ainsi caractérisé : capsule latérale ; périslome double : l'extérieur coin posé de seize dents entières; l'interne formé par une membrane divisée en seize dents entières; coiffe tronquée inférieurement. Ce genre diffère principalement des Hypnum et des Leakeu par sa coiffe qui n’est pas fendue latéralement. Ce genre a été reproduit depuis par Bridel sous les noms de Ckœtophora et de Pie rigophyllum. Les deux genres qu'il a institués sous ces noms différent à peine, et le nom de Hookeria étant antérieur, doit être conservé. L’Europe ne possède que deux espèces de ce genre. Le Hookeria lucena ( Hypnum lucena, L.), l'une des Mousses les plus élégantes de notre pays, remarquable par ses feuilles larges, distiques, minces cl réticulées. Son urne ovale et sou opercule conique sont également couverts de stries en réseau; la coiffe est mince et réticulée. Le Hookeria leelevirena offre, en plus petit, presque les mêmes caractères; mais les feuilles sont étalées, plus pointues et traversées par deux nervures. Ces deux plantes sont assez rares. La première se trouve dans les pays montueux de toute l'Europe; la seconde n’a encore été observée qu'en Angleterre; ce genre est très-riche en espèces exotiques; l'Amérique ÿquinoxiale. les Antilles, le Brésil, les parties élevées des Andes en nourrissent un grand nombre. Il se retrouve également dans l’hémisphère austral, à la Nouvelle-Hollande et à la Nouvelle- Zélande. Le port et les caractères de ce genre le rapprochent des Hypnum et surtout des Leakea. Sa tige est, en général , assez longue, rameuse, rampante; ses

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