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il VALIDE. Hyalis. bot. Genre de la famille de* Synanlhérées, tribu des Mutisiacées, institué par De Candolle pour une plante nouvellement observée au Chili. Caractères : capitule composé de quatre ou six fleurs homogatnes; involucrc imbriqué; réceptacle dépourvu de paillettes, garni de petites fimbrilles calleuses sous les akènes; corolles bilahiée* : lèvre extérieure à trois dents très -grandes : l'intérieure profondément bipartite, h lobes linéaires et roulés; filaments glabres; anthères h deux queues à leur base, garnies de soies longues et plumeuses; styles glabres, rameux, épais, obtus et connivenls; akènes ovato-oblongs . ventrus, sans bec, marqués de dix côtes; aigrette persistante, â trois rangées de soies velues, denticulées et soudées par leur base. L'IIyalidk uuü.vrtE, Hyalis argenloa. De Cand., est une plante herbacée, vivace, multicaulc cl garnie d'un duvet blanchâtre; ses tiges sont dressées, anguleuses et simples; ses feuilles sont sessilcs, lancéolées linéaires, acuminées, très-entières et nervurées; les capitules sont oblongs, réunis en corymbc ou en panicule, avec les Heurs blanches.
HYALIN. Hyalinu*. Synonyme de Transparent.
HYALITIIE. lia. Quartz Hyalin concrélionné. perlé, llauy. Variété de Quartz résinile ou d'Opale, en stalactites ou mamelonnée, présentant, d’après une analyse de Itucholz, quatre-vingt-douze parties de Silice et huit parties d'eau. Tantôt elle est limpide ou translucide et d’un blanc grisâtre, quelquefois elle est opaque et d’un blanc nacré. Cette dernière a été décrite par Santi sous le nom d’Amiatite, cl par Thomson sous celui de Fiorile, parce qu'on l’a trouvée à Santa -Fiura, au mont Amiata en Toscane. L'Hyalithe ne se rencontre que dans les terrains d'origine volcanique : en Auvergne. dans les Laves rouges anciennes cl les Domiles; à Francfort-sur-le-Mcin, dans le Mandelslein; au Mexique, en Géorgie et en Hongrie, dans les Porphyres qui servent de gangue à l'Opale, y. Qiartz-REmxite.
U Y A LOI DK. h 15. Valmont de Romarc donne ce nom â des cailloux roulés de la rivière des Amazones, qui ne sont que du Quartz transparent.
HYALOLÉPIDE. Hyalolepis. bot. C’est encore au professeur De Candolic qu’est due la création de ce genre dans la famille des Synanlhérées, tribu des Sénécionides; il offre pour caractères : des capitules uniflores, réunis en gloinérules serrés; involucrc général formé de plusieurs rangées d’écailles ovato-lancéolées entières ou bifides au sommet, les unes hyalines, les autres rendues opaques par de fortes nervures; réceptacle général nu; iuvolucres partiels sessilcs, cylindriques, endurcis â leur base, monophylles ou formés de trois fortes écailles concrètes; corolle filiforme, un peu en massue à l'extrémité qui est divisée en trois ou cinq dents; styles rameux, suhbarbellés au sommet; akène cylindrique, allongé, sericco pubescenl ; aigrette garnie d'une soie filiforme, un peu plus courte que la corolle. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre: UyalolEnde rihzocepiiale. Hyalolepis rhisocephala, De Cand. C'est une très-petite plante de la Nouvelle- Hollande, à liges extrêmement courtes, â feuilles presque radicales, linéari - subulées , très-entières, dilatato-amplexicaule* â leur base ; le glomérule
est blanchâtre, sessile entre les feuilles qui garnissent l’extrémité des tiges.
IIY'ALOMICTE. ni5. Nom donné par Drongniart an Greiseniie Wcrner, Roche composée de grainsde Quartz mélangés confusément avec des lames de Mica. Cette Roche, peu abondante dans la nature, se rencontre en amas subordonnés dans les terrains granitiques. S.i masse a beaucoup de ténacité. Le Mica surabonde dans certaines parties, où sont fréquemment disséminées différentes matières accidentelles, telles que l’Étain oxydé (à Zinnwalden Rohéine), le Wolfram, la Topaze pvenite (à Allemberg en Saxe), le sulfure de Molybdène, etc. Quelquefois il est groupé par masses connues sous le nom de Lépidoliles. y. Terrais» et Roches crahitiqoks.
HYAI.OM VIE. Hralutnyia. iss. Diptères; genre de la famille des Muscides, établi par Robineau-Desvoidy qui le caractérise de la manière suivante : face et périslomc bordés de soies ; antennes atteignant la moitié de la longueur de la face; yeux contigus; abdomen muni de deux pointes en dessous; jambes postérieures garnies de soies; crochets des tarses petits, arqués; ailes ordinairement larges : première cellule postérieure large à l'extrémité, â long pétiole, â nervure exlerno médiairc arrondie; cellule discotdale à nervure transversale droite.
Uyaloiyie pourprEe. Hyalomyia aho-purjmrctt ;
lia sia purpurea , Meig. Face et front à reflets blancs; antennes noires; thorax d'un noir velouté, â lignes blanchâtres; abdomen d'un noir pourpré, luisant; pieds noirs; cuillerons blancs; bord extérieur des ailes et demi bande noirâtres. Taille, trois lignes. On trouve encore une dizaine d'autres espèces en Belgique.
UYALOPTÈRE. Hyaloptcrut. ixs. On donne cette épithète aux insectes qui ont les ailes trausparentes comme du verre.
UYALOS. mis. L'un des noms anciens du Succin.
UYALOSIDEltlTE. 115. (Journal des Sc. d'Edimbourg, u° 1, juillet 1824.) Substance vitreuse, à cassure couctiolde, de couleur rouge ou brunâtre, translucide sur les bords, pesant spécifiquement 2,875. Elle se présente en cristaux prismatiques ou en grains, comme le Péridol avec lequel elle a beaucoup d'analogie. Elle contient sur cent parties : Silice, 51,031; protoxyde de Fer, 20,711; Magnésie, 32,40?; Alumine, 2.311; Oxyde de Manganèse, 0,480; Potasse, 2,744; Chrôme, une trace. Le docteur Walchncr compare celte analyse avec celles de différentes Scories de forge, et trouve entre elles un rapport assez remarquable : elles se rapprochent en effet , si l’on admet que, dans la première, le Fer ait été remplacé en partie par de la Magnésie. C'est de celte analogie qu’est dérivé le nom A'iiyalosidirite , donné à cette substance. Elle se trouve dans les cavités d'un Amygdaloldc basaltique, au Kaiserstahl . près du village appelé Sasbach. Elle y est accompagnée de Pyroxène augile et de carhouate de Magnésie.
HYAS. CRC8T. Synonyme de Uyale.
HYATELLE. moll. y. Uiatelle.
HYBANTHE. Hybanthus. bot. Genre de la famille des Violacées et de la Penlandrie Digynie, L., établi par Jacquin (Amer., 77, lab. 175) et adopté par Kunth (Aor. Gêner. Amer., t. v, p. 585) avec les caractères
suivants : calice dont les sépales sont inégaux, lion nppcndiculé* et décurrenls parleur base sur le pédicelle; pétales inégaux : l'inférieur plu6 long que les autres en forme de sac à la base, l'intermédiaire canaliculé, dilaté ail sommet en un limbe bilobé, les autres plus courts et à trois nervures; étamines réunies par la base, les deux inférieures ayant leurs anthères avortées et à leur base une grosse glande en forme de conque et placée dans la concavité du cinquième pétale; capsule obovée, renfermant un petit nombre de graines. Ce genre a été rejeté par Auguste Saint- Hilaire (Histoire des Plantes usuelles des Brasiliens, troisième livraison, p. 5), parce que ses caractères essentiels reposent uniquement sur l'avortement de deux étamines, la présence d’une glande et la forme concave du pétale inférieur se retrouvant dans les lonidiutn de Venlenat. Cependant la plante sur laquelle est formé le genre Hybanlhus a un port particulier. C'est un arbrisseau k tige droite, rameuse, rouverte d'aiguillons, à feuilles obiongues, dentées en scie, cl à fleurs blanchâtres, portées sur des pédoncules réunis en grappes. Cette plante, décrite et figurée par Kunlh (foc. cit (ah. 404) sous le nom A' Hybanlhus Havane nais, croit dans les montagnes de l'ile de Cuba, près de la Havane. Rœmer et Schultes, Payant réunie au genre lonidiutn, Pont nommée lonidiutn Jacquinianum.
HYBANTHÉRE. Hybanthera. bot. Genre de la famille des Asclépiadées. établi par Endlicher qui lui assigne les caractères suivants : calice à cinq divisions ; corolle en roue, à cinq lobes, à tube très- court, privé d'écailles ainsi que son orifke; point de couronne staminale; anthères gihheuses sur le dos, terminées par un appendice membraneux ; masses polliniques renflées, pendantes et attachées par leur sommet qui est atténué; stigmate mutique. La seule espèce connue est originaire de Pile de Norfolk; elle forme un arbrisseau grimpant et glabre, à feuilles opposées, pétiolées,ovatoobiongues, un peu coriaces, biglanduleuses à leur base; les fleurs sont réunies en grappes qui forment de petites ombelles entre les pétioles.
HYBF.MACË. bot. Pour Hybernncle. f'. ce mol.
HYBERNACLE. Hybcrnaçulum. bot. C'est ainsi que Linné a désigné, en général, toutes les parties des plantes qui enveloppent les jeunes pousses pour les mettre à l’abri de l'influence des agents extérieurs; telles sont les écailles qui forment les bourgeons.
HYBLÈE. Hyblœa. ns. Genre de l’ordre des Lépidoptères, établi par Fabricius et que Latreille rapporte k celui des Herminies. V. ce mot.
HYBOME. Hyboma. ns. Coléoptères pentamères; ce genre de la famille des Lamellicornes a été fondé par Lepellelier et Servillc; il est très-voisin des genres AteuchuSf Cytnnopieurus et Sisyphus ; il offre pour caractères : antennes de neuf articles, le premier plus épais tant à sa base qu’à son extrémité, le deuxième petit, les trois suivants plus longs, le sixième trèscourt, les trois derniers formant une massue libre, lamellée; labre à peine visible et presque carré; mai^iibules membraneuses, tricuspidées à leur base, s'avançant eu une lame concave et trigone, frangées k l’extrémité; mâchoires se prolongeant en un lobe fort :
grand, presque carré; palpes maxillaires de quaire articles, les labiales de trois, et insérées aux angles supérieurs du menton; elles sont très-velues; lèvre membraneuse, cachée par le menton qui est presque carré; tète mutique; abdomen carré; une sinuosité aux élytres. mais qui ne laisse pas à nu Ie6 côtés du corps; les quatre jambes postérieures très longues et arquées.
Hybomk bossu. Hyboma gibbosa, Lep. et Serv.; Copris gibbosus, Oliv. Il est noir et peu luisant ; le chaperon est un peu relevé de chaque côté; il a quatre dentelures dont deux au milieu, plus pointues que les latérales; le corselet est largement échancré en avant pour recevoir la télé; il est un peu anguleux sur les côtés, lisse et convexe en dessus, avec un point élevé de chaque côté; il est arrondi postérieurement; les élytres ont des stries peu marquées, formées par des points alternativement élevés et enfoncés; on remarque dans l'un des sexes une élévation en bosse de chaque côté de la suture. De Cayenne.
Il est apparent que le Bousier Icare, Copris I car us, doit appartenir aussi à ce genre.
HYBOS. Hybos. 159. Genre de l’ordre des Diptères, famille des Tanystoines, tribu des Hybostins, établi par Meigen et adopté par Fabricius et tous les entomologistes. Les caractères de ce genre sont : antennes insérées sur le devant de la tête, beaucoup plus courtes qu'elle , et composées de deux articles ovoïdes ou coniques, avec une soie longue à leur extrémité; palpes courbées au-dessus de la trompe qui est dirigée en avant; dernière paire de pattes ayant la cuisse renflée. Ce genre est très -voisin de celui que Meigen appelle Tachydromie et que Latreille avait déjà établi sous le nom de Sique, Siens (*\ ce mot); mais il en diffère par des caractères tirés de la forme des palpes et par les pattes dont deux paires ont les cuisses renflées dans les Siques. Ces insectes sont propres à l’Europe; l’espèce suivante se trouve en France et en Belgique:
L'HYBosASiLiroiHB. Hybos asilifonnis. Lalr.; Acromyia asilifonnis , Bonelli; Stoinoxys asilifonnis , Fabr. Son corps est noirâtre, avec les ailes tachetées de celte couleur. Latreille l'a pris dans des prés humides aux environs de Montmorency. Meigen cite deux autres espèces de ce genre : ce sont les Hybos funebris et flacipes, que Fabricius a rapportés aussi au même genre. Quelques Dioclria de cet auteur appartiennent encore à ce genre.
HYBOSORE. Hybosorus. ibs. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarahéides, division des Arénicoles, Lalr. (Fam. nat. du Règne Anim.), établi par Mac-Leay fils et adopté par Latreille. Les caractères de ce genre sont peu connus. Dejean (Cal. des Col., p. 5(1) en mentionne une espèce, V Hybosorus aralor, qui sc trouve en Espagne.
HYBOTINS. Hybotii. las. Tribu de l’ordre des Diptères, famille des Tanystomes, établie par Latreille (Fam. nat. du Règne Anim.) et ayant pour caractères : trompe avancée; épislome toujours imberbe; tète globuleuse, entièrement occupée par les yeux dans les ! in0 les ; dernier article des antennes lenticulaire, avec une soie longue en forme de scie. Celte tribu comprend
le* genres Hyhos, Ocydromye et Damalis? P. ce* mot*.
HYBRIDELLE. HybrideUa. bot. Genre de la famille des Synanthérécs, Corymhifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., établi par II. Cassini (Bullet. de la Société Philom., janvier 1817) qui Ta ainsi caractérisé : involucre orbieulaire , composé de deux rangs de folioles égales, étalées, ohlongues et aigues; réceptacle globuleux, muni de paillettes linéaires et foliacées; calathide dont les fleurs centrales, nombreuses, régulières et hermaphrodites, forment un disque hémisphérique, les fleurs de la circonférence sont sur un seul rang, en languettes et femelles; ovaires des fleurs centrales, lisses, munis d’un bourrelet basilaire, continus par leur sommet avec la base de la corolle, qui est garnie d’une zone circulaire de soies courtes, grosses, aigufis et articulées. Cassini , en décrivant ce dernier organe, ne le regarde point comme une aigrette, car il dit que les ovaires en sont dépourvus. Ce genre a été fondé sur une plante indigène du Mexique, et qui est cultivée dans les jardins de botanique. C'est V Anthémis globosa d'Ortéga, que Cassini a nommée Hybri délia globosa , et qu'il a placée dans la tribu des Hélianlhées. quoiqu'elle ait beaucoup de rapports avec les Anlhémidées.
HYBRIDES, zool. Ce qui signifie proprement Mtris. On emploie quelquefois ce nom comme synonyme de Mii.rt; il ne devrait cependant pas avoir la même signification; Mulet emportant l'idée de l’infécondité, et Hybride ne présentant pas nécessairement celte condition. Ce qu'on pourrait dire des Hybrides animaux se trouvera analogiquement établi dans l'article Hybridilé. y. ce mot.
HYBRI DITE. Hybriditas. bot. On désigne sous ce nom, ainsi que sous celui de croisement, l'acte par lequel une espère de plante est fécondée par une autre, et qui, pour résultat, donne naissance à des individus intermédiaires. Ceux-ci sont appelés Mulets ou Hybrides végétaux. Avant que les phénomènes de la fécondation fussent, sinon bien dévoilés aux observateurs, du moins entrevus par eux, on nommait indistinctement Hybrides toutes les espèces qui se rapprochaient assez de plantes déjà connues pour qu’il fût facile de les confondre avec elles, mais qui cependant offraient des différences remarquables dans quelques points de leur organisation. Le mot Ilyhride était donc synonyme pour les anciens de celui de bâtard (spurius), qu'ils appliquaient à des espèces aussi légitimes que toutes celles que leurs prédécesseurs avaient décrites. Celle confusion dans le sens attaché à une expression trèsusitée se perpétua longtemps après que les circonstances de la fécondation eurent cessé d'ètre mystérieuses. Ainsi la Pélorie fut considérée par Linné comme le résultat de l’Hybridité. Plusieurs autres monstruosités, ou plusieurs de ces altérations dans les formes habituelles des organes qui sont en réalité les retours des plantes irrégulières au type primitif, ont été attribuées au croisement d'espèces avec lesquelles elles présentaient de la ressemblance. Mais aujourd'hui la définition de l'Hybridité, donnée en tète de cet article, est universellement admise, quoique l’existence des Hybrides soit encore révoquée en doute par quelques
naturalises dont l'incrédulité sur ce point n'a sa source que dan3 les théories qu’ils veulent substituer à celles de leurs devauciers. lin auteur qui nie la fécondation sexuelle se gardera bien, en effet, d'admettre l’Hybridité, et les individus qu'on lui présentera avec des formes parfaitement intermédiaires et dont on lui exposera toutes les circonstances qui ont déterminé leur naissance, ne seront pour lui que des anneaux de la grande chaîne qui lie ensemble à se* yeux tous les corps de la nature. Ne croyant point aux distinctions spécifiques, il regardera les Hybrides comme des êtres dignes d’étre inscrits, dans la classiflcalion.au même rang que les espèces les plus constantes et les plus inaltérables.
Marchand inséra dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, pour 1715, une observation dans laquelle il faisait mention d’une Mercuriale à feuilles laciniées, dont, à la vérité, l’origine lui paraissait étrangère à la Mercuriale commune ; mais la fécondité de celte plante porte à croire qu’il aura pris une variété remarquable pour une espèce nouvelle, provenue d’un croisement. C'est à Linné que l’on doit les premiers renseignements positifs sur les Hybrides; il s'assura que. dans certaine* circonstances, les végétaux pouvaient se féconder le* uns les autres de manière à produire de nouvelles races; mais, se livrant trop à son imagination, il alla jusqu'à penser que, dans l'origine, il pouvait n'avoir existé qu’une espèce de chaque famille naturelle, que les espèces, en se croisant, avaient produit les genres, lesquels. |wr leurs fécondations réciproques, avaient donné naissance aux espèces et aux variété*. «Celte idée, selon le professeur De Candolle (Théor. élém. de la Botan., 2e édit., p. 1D9), est séduisante comme toutes celles qui tendent à ramener des faits nombreux et compliqués â une cause unique et facile à saisir, mais elle ne peut se soutenir, si l'on fait attention à la rareté des Hybrides dans l'état naturel des choses.» Dana sa dissertation sur la Petoria ( Amœn . Acad., vol. i, p. 71). Linné développa sa théorie sur les Hybrides; malheureusement les principaux exemples avancés par ce grand naturaliste étaient mal choisis, puisqu'il est reconnu aujourd'hui que la Pélorie est une simple variété de la Linaire, dont les parties de la fleur ont augmenté en nombre et ont pris une disposition symétrique. y. PfcLORic. En 1751, une thèse fut soutenue sous la présidence de Linné où l'auteur, J. Hartmann, développa les idées de son illustre maître. Celte dissertation , intitulée : Planlœ Hybridas (Amœn. Acad., t. in, éd. Ainsi., p. 28). contient les descriptions d'une foule de plantes considérées comme Hybrides, et disposées en quatre sections, savoir : 1® Bigeneres ; individus nés de genres différents. 2® Congeneres; provenus d'espèces différentes, mais appartenant au même genre. 5® De formater ; plantes qui ont acquis des formes et des qualités physiques , comme des feuilles crénées, de l'odeur, etc., que leurs parents ne possédaient pas. 4® Obscurte, Suspeclœ; toutes les plantes présumées Hybrides à cause de la ressemblance de chacune avec deux espèces connues. Cette dernière section est très-nombreuse, car l'auteur, abandonnant l'observation directe, n'a fait qu'indiquer vaguement aux naturalistes des recherches à exécuter, et dès lors n'a pas
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été bien sobre d’exemples et de citations. On reconnaît aujourd’hui qu'il s'cst également mépris sur l’origine de la plupart des plantes placées dans les autres sections. Ainsi, presque toutes celles de la première, que l'on croyait issues de deux espèces appartenant à des genres distincts, sont de véritables espèces ou des variétés produites par le sol et le climat. On pourrait cependant en excepter celles qui sont censées provenir de deux genres très -rapprochés dans l’ordre naturel, comme le Primvla et le Cortusa , le Delphinium et V Aeonitum, le Brassica et le Sinapis , etc. La section des Congénères nous semble la seule où l’on devrait trouver de véritables Hybrides, mais aucun des exemples cités par l’auteur n’est exact. Ce sont des espèces aussi tranchées que celles qui leur ont été données pour parents, et qui n’ont avec celles-ci que les ressemblances généralement offertes par les plantes congénères. D'après tout ceci, on peut aisément se convaincre que de bonnes observations ont manqué à Linné. On ne trouvera donc pas étonnant qu’il ait outrepassé les bornes de la vérité dans ses aphorismes sur l'Hyhridité. puisqu’ils n'avaient que des hypothèses pour fondement.
Les recherches de Linné et de ses disciples ne furent pourtant pas sans produire une heureuse influence; l'attention qu'elles attirèrent sur ce sujet intéressant en prépara d'autres qui, par leur exactitude et la persévérance admirable avec laquelle leur auteur les a poursuivies, ont jeté un grand jour sur la théorie des Hybrides. Kolhrcuter n'attendit point que la nature lui offrit des exemples de croisements; il la força, pour ainsi dire, à lui en donner selon sa volonté. A la vérité, il ne chercha point à faire naître de ces productions extraordinaires entre des plantes sans affinités ni ressemblance quelconque; mais, au contraire, il obtint facilement des Hybrides entre des espèces congénères et bien distinctes. C'est sur les genres Digitalis et Lobelia qu’il porta principalement son attention. La culture facile des Digitales, leur stature élevée, le petit nombre et la grosseur des organes sexuels les rendaient très -propres à ce genre de recherches. Kolhreutcr multiplia ses expériences en faisant remplir à chaque, espèce les fonctions de mâle à l'égard d’une autre, et vice cersâ. Il eut aussi l'attention de décrire avec des détails très-.rainutieux les produits de la fécondation et de comparer chaque organe avec celui correspondant du père et de la mère. En général, les Hybrides possédaient des caractères parfaitement intermédiaires ; car si quelques-unes avaient une taille plus élevée, l’accroissement des organes de la végétation pouvait dépendre de la meilleure qualité du sol où l'auteur avait cultivé ses nouvelles plantes. Plusieurs expériences ne réussirent point à Kolhreuter, et il exposa dans ses Mémoires ces résultats négatifs avec une franchise qui donne du poids au grand nombre d’expériences couronnées par le succès.
On lit dans le Journal de Physique, (. xiv, p. 343, les expériences de M. S. Cb. E...., de la Société des Amis scrutateurs de la nature de Berlin, sur la fécondation du Mirabilis longiflorn par le Mirabilis Jalappaj Lin. A travers les fautes de traduction de ce
Mémoire , on voit que l’auteur a fécondé l’ovaire de la première espèce par les étamines de la seconde, et qu'il a obtenu des individus intermédiaires, mais dont il n'a pu avoir de graines. Lepellelier Saint Fargeau, qui ne parait pas avoir eu connaissance de ce Mémoire, a publié dans le tome 8 des Annales du Muséum d’tlisloire naturelle, la description d’une Hybride semblable à la précédente; mais il a ajouté que celte plante s’était perpétuée par la graine. On trouve aussi dans le derj nier volume des Annales générales des Sciences physiques (t. vin. p. 532. pl. 219). la description et la figure d'une Renoncule véritablement Hybride , des Banunculus gramineus et p/atinifolius, qui se développa. à Malines, dans les plates-bandes du jardin de Stoffels. en 1820.
Depuis longtemps les jardiniers font de l'Hydridité une de leurs opérations pratiques, soit en plaçant un grand nombre de variétés ou d'espèces congénères dans un endroit très-resserré, et laissant la nature opérer des croisements accidentels, soit en portant immédiatement le pollen sur le stigmate d’un autre. On se sert habituellement de ces moyens pour varier les couleurs des fleurs, et il n'y a pas de doute qu'ils n'aient eu aussi une grande part dans la formation des variétés de fruits ainsi que des légumes. ■ On peut même affirmer. d'après De Candolle (/oc. cil., p. 200), que, relativement aux-végétaux cultivés, le croisement des races est la cause la plus fréquente des variétés qu'ils présentent; aussi les espèces solitaires dans leur genre offrent -elles rarement des variations par la culture; ainsi, par exemple, le Seigle et la Tubéreuse n’offrent que peu ou point de variétés et contrastent par là avec le grand nombre de celles que présentent certains genres analogues, tels que le Froment ou le Narcisse, genres qui sont composés de plusieurs espèces distinctes. •
Dans les plantes sauvages, l'Hyhridilé doit être trèsrare, parce que celles qui sont susceptibles de se croiser se trouvent ordinairement disséminées et ne peuvent aussi facilement influer l'une sur l’autre. Jusqu'à présent, on n'en a observé des exemples bien certains que sur des genres dont les espèces nombreuses vivent rapprochées, parce qu'elles ont besoin d'un terrain et d’un climat particuliers; par exemple, sur des Digitales, des Verhascum et des Gentianes. Ces plantes envahissent souvent tout un espace de terrain , et sont dans la condition des espèces congénères cultivées dans un jardin. On conçoit alors que l'échange des pollens doit s'effectuer avec facilité, et qu’il peut en résulter des croisements très variés, surtout si les stigmates de quelques individus se trouvent dans un étal de développement plus avancé que leurs propres organes mâles. Le phénomène de l'Ilybridité, dans les plantes sauvages, est donc purement accidentel et subordonné à un concours de circonstances assez rares. Il a été remarqué particulièrement dans si peu d'occasions que nous croyons utile de les mentionner ici.
En 1785, Reynier a décrit et figuré (Journal de Physique et d’Histoire naturelle, t. mu, p. 381) une Pédiculaire trouvée aux environs dTTrecht en Hollande parmi plusieurs individus de Pedicularis sylratica.
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