‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 2)Chapitre 19 sur 117 · G K II · texte numérisé non relu

G K II

GERFAUT. 018. Espèce du genre Faucon, que Cuvier a fait le type d'un sous-genre sous la dénomination laline de Hierofalco. y. Faucon.

GÉR1LLE. bot. L'un des noms vulgaires de la Chauterelle. y. Mêrili.

GÉR1M. ois. Espèce du genre Perroquet. V. ce mot. On a aussi donné ce nom à un autre Oiseau dont l’existence est très-douteuse et dont ou a Tait successivement, et d'après une description incertaine, un Pic et un Barbu.

GERLE. rois. Synonyme de Maudole , à Nice où l'on nomme Gerle Biavie le Sparus Alcedo.

GERMAINE. Oermanea. bot. Sous ce nOm, Lamarck (Dict. encyclopéd.. 1. 1 n), a établi en 1786, un genre qui est identique avec le Piectranthus fondé par l'Héritier (Stirpea nocœ) en 1784. Tous les botanistes, cl notamment R. Brown qui a décrit plusieurs espèces nouvelles de ce genre , ont adopté le nom imposé par l'Héritier.

y. Pl.ECTR \^THE.

GERMA.N DRÉE. Teucrium. bot. Genre de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnospermie, L., établi par Tournefort. et adopté par Linné qui y a réuni les genres Chamœdrye et Polium de cet auteur. Mœnch, fidèle à son système de subdivision, a séparé en outre, sous le nom de Scorodonia , un genre qui u'esl pas réellement distinct du Teucrium. Voici les caractères de celui-ci : calice tubuleux ou rarement campanulé, à cinq lobes; corolle dont le tube est court et le limbe à deux lèvres, quoique ne paraissant en posséder qu'une seule : la supérieure très-petite, profondément fendue en deux dents, entre lesquelles sortent les étamines; l'inférieure étalée, grande, à trois lobes dont celui du milieu est très-grand ; caryopses unis et non réticulés. Ce dernier et si faible caractère est le seul qui puisse distinguer, dans une description, les Germandrées des Bugles. quoique ces plantes aient un faciès assez different , et qui prouve qu'elles doivent former deux genres distincts. Schreber et De Candolle ont réuni aux Bugles quelques Germandrées de Linné, tels que le Teucrium Chatnœpj tis et le Teucrium Ica. Ces plantes sont donc maintenant nommées Ajuga Chamœpylie et Ajuga Ica. y. Bcgle.

Les espèces de Germandrées sont très-nombreuses ; on en compte maintenant au moins quatre-vingts, dont quelques-unes sont des plantes ligneuses et d'uu port assez élégant; la plupart sont indigènes de la région méditerranéenne, et surtout de l’Espagne, de la France méridionale, des iles de la Grèce et de la Barbarie. Le nord de l’Amérique e( le Japon en fournissent aussi quelques-unes. Parmi les espèces françaises, dont le nombre s'élève à près de vingt, on peut citer comme les plus remarquables, et parce qu’elles ont été employées dans la médecine :

GerxandrRe petit Cbèpie. Teucrium Chamædry »f L. Cette plante a les liges hautes d'environ deux décimètres, nombreuses, un peu couchées, ligneuses à la base. grêles, velues.el presque cylindriques; ses feuilles sont ovales, fortement crénelées, lisses et d’un vert gai en dessus, plus pâles en dessous; ses Heurs sont ordinairement purpurines et disposées deux ou trois de chaque côté dans les aisselles supérieures des feuilles. Cette

plante est fort abondante dans les bois montagneux et sur les coteaux secs et arides. On la connaît vulgairement sous le simple nom deGermandrée ou sous celui de Petit Chêne; son amertume est très-intense, d'où résultent des propriétés toniques et stomachiques, qui peuvent avoir de bons effets dans certaines fièvres intermittentes.

GernaxdrEe AQrATiQt'E. Teucrium Scordium , L. Ses tiges, hautes d’environ trois décimètres, un peu velues et souvent couchées à terre, sont munies de feuilles molles, ovale*-oblongues, dentées, obtuses et pubesccntes; scs Heurs, axillaires et peu nombreuses à chaque nœud, sont portées sur de courts pédoncules, et ont une couleur rougeâtre et quelquefois blanchâtre. Elle croit dans les lieux humides, et on lui donne les noms vulgaires de Scordiumeide Chamaraaa. Comme l'espèce précédente, elle est amère et tonique; de plus son odeuralliacée doit augmenter encore ses propriétés stimulantes; celle odeur est sans doute le principe an- (hclmintique reconnu dans la plante dont il est question.

Nous ne ferons que mentionner ici le Teucrium Marum, joliecspècc à fleurs rouges et à petites feuilles blanches, qui croit en Provence et en Espagne. On l'employait autrefois beaucoup en médecine sous les noms de Marum ou d’Herbe aux Chats, nom qu'elle partageait avec la Cliala ire [ftepela) , probablement à cause de leur odeur agréable à ces animaux. Le 'Teucrium Scorodonia est une plante assez élégante, qui abonde, en été, dans les bois de toute l’Europc/On lui donne les noms de Sauge des bois, de Germandrée sauvage et de Baume sauvage, quoique son odeur soit assez désagréable.

GERMANK.V. bot. y. Germaine et Plectrantiie.

GERMA RIE. Germaria. ns. Hémiptères ; section des Homoptères, famille des Cicadaires; ce genre a été institué par Delaporte , avec les caractères suivants : antennes insérées sur les côtés de la tète, à l'angle antérieur des yeux, composées de trois articles : les deux premiers très-courts, renflés, surtout le deuxième, le troisième filiforme et très-long; rostre court, de deux articles, ne dépassant pas la base des pattes antérieures ; tête presque carrée, arrondie et un peu sinueuse en avant ; ocelles assez rapprochées, placées sur le front entre les yeux; corps allongé, à côtés presque parallèles; corselet formant un angle latéral, prolongé en arrière, écbancré postérieurement, élevé au milieu en une carène arrondie et dirigée en avant en forme de capuchon; écusson un peu transversal, triangulaire; pseudélylrcs longues, parallèles, dépassant sensiblement l'abdomen ; pattes moyennes assez grêles,- les postérieures longues avec les jambes épineuses; tarses garnis d'épines en dessous, de trois articles : le premier long, le second le plus court; crochets courts, larges et munis de membranes.

Germarie a caeucbon. Germaria cucul/ala. D'un brun noir; pseudélylres tirant sur le grisâtre et parsemées de quelques taches rougeâtres; ailes noirâtres. Taille, neuf ligues de longueur sur deux de largeur. De Cayenne.

GERMINALES (feulies). Ce sont celles qui se développent accidentellement, en place des ovaires.

GERMINATION. Gcrininalio. bot. I.urjqu'uiie graine a élé fécondée, et quVIle est parvenue à son état de maturité, elle renferme, dans son intérieur, le germe d’uu nouvel individu. On nomme Germination le développement ou révolution de ce germe. On peut doue définir la Germination la série de phénomènes que présente une graine, lorsque, placée dans des circonstances favorables, le germe ou embryon qu'elle renferme se développe et donne naissance à un nouvel être. Pour que la Germination puisse avoir lieu, il faut la réunion d'un certain nombre de circonstances qui dépendent de la graine elle-même , ou qui , bien que lui étant étrangères, n'en sont. pas moins indispensables à son développement. Ainsi parmi les premières de ces causes, nous placerons : 1° l'état de parfaite maturité de la graine qui ne saurait germer avant d'y être entièrement parvenue, car c'est alors seulement que l’embryon qui est la partie essentielle de la graine, puisque c'est la seule qui soit susceptible d'accroissement, a acquis les qualités nécessaires pour se développer; 2® la graine doit être bien conservée, c'esl-à dire n'avoir pas élé altérée par une trop'grande humidité ou rongée par les- insectes; 3® elle ne doit pas être trop ancienne, car un très grand nombre de graines perdent avec le temps la faculté de germer. Ainsi il y a certaines graines qui demandent en quelque sorte à être semées aussitôt qu’elles sont parvenues à leur maturité. Pour peu qu'on les conserve, elles s'altèrent et deviennent incapables d'évolution. En général, les graines dont l’rndosperme est huileux ne peuvent pas se conserver longtemps, parce que l'huile qu'elles renferment se rancit et détruit dans le germe la faculté germinative. Au contraire, les graines farineuses peuvent se conserver pendant un graud nombre d'années ': telles sont par exemple les graines des Légumineuses, des Céréales, etc. Ainsi il y a peu d'années, on est parvenu à faire germer des graines de I|aricol conservées depuis près de cent ans dans les herbiers de Tournefort; mais néanmoins ces graines doivent avoir élé préservées de l'humidité et de l’action de la lumière.

On compte comme agents extérieure indispensables de la Germination, l'eau, la chaleur et l'air.

1°. L’Eau est une des conditions essentielles aux différents phénomènes de la végétation. Ce n’est pas seulement comme substance décomposahie que l'eau agis dans la Germination, mais c'est aussi par sa faculté dissolvante et sa fluidité; elle sert alors de menstrue et de véhicule aux substances vraiment alihiles du végétal. C'est elle qui, pénétrant dans la substance de la graine, en ramollit les enveloppes, fait gonfler l'embryon cl l'endosperme quand ce dernier existe, y détermine de» changements chimiques qui les rendent solubles d'itisnluhles qu'ils étaient, et propres à fournir au jeune végétal les premiers matériaux de son accroissement. L'eau, par sa fluidité. se charge* aussi des substances gazeuses ou solides qui peuvent servir d'aliment à la jeune plante. Elle concourt encore à son développement par la décomposition qu'elle éprouve dans l’intérieur du tissu végétal : ses éléments désunis, savoir l’Hydrogène et l'Oxygène, s'unissent en diverses proportions avec le carbone, et donnent naissance aux différents principes

immédiats des végétaux. Néanmoins, pour qu’unegraine puisse germer, l’eau ne doit pas être en quantité trop considérable, car alors elle subirait une sorte de macération qui détruirait leur faculté germinative. Il n'est question ici que des graines appartenant aux plantes terrestres; car celles des végétaux aquatiques germent, bien qu’elles soient entièrement plongées dans l'eau. Quelques-unes cependant montent à sa surface pour commencer à germer, et n'éprouvent aucun mouvement d'accroissement quand elles restent submergées. D'après ce que l’on vient de dire de l’eau dans la -Germination, on voit qu'elle a deux modes d’action : 1° elle pénètre la graine, la gonfle, ramollit ses enveloppes et en facilite la rupture; 2° elle sert de dissolvant et de véhicule aux substances qui doivent servir d'aliments au jeune végétal.-

2°. Le CxLoitiqi'E est également nécessaire à la Germination des graines. En effet, placée dans un milieu dont la température resterait constamment au-dessous de zéro, une graine ne germerait pas : elle y resterait en quelque sorte engourdie, jusqu’à ce qu'une température plus douce vienne la tirer de cet état. IJne chaleur modérée, au contraire, accélère singulièrement les phénomènes de la Germination ; mais cependant la température ne doit point passer certaines limites, sans quoi, loin de favoriser le dévclop|>emenl des germe», elle les dessécherait et y détruirait le principe de la vie. Ainsi une chaleur de 45 à 50» -s- 0 s'oppose à la Germination. tandis que celle qui n'excède pas 25 à 30°. surtout si elle est jointe à une certaine humidité, accélère l'évolution des différentes parties de l’embryon.

3». L'Ata. Tout le monde sait combien l'air est nécessaire aux animaux pour respirer et vivre; il n'est pas moins indispensable aux plantes pour germer et s'accroître. Que l’on enfonce des graines trop profondément dans la terre, de manière à les soustraire à l’action de l’air, elles n'éprouveront aucun accroissement, jusqu'à ce que. ramenées vers la surface par une cause quelconque, elles se développeront rapidement. C’est même un moyen employé pour conserver pendant un grand nombre d'années les Céréales. On fait de grands trous dans la terre, on en garnit les parois avec de la paille, et on les remplit de grain que l’on recouvre ensuite d’une couche de paille el de terre plus ou moins épaisse. Ilomberg cependant prétend avoir vu germer de» graines sous le vide de la machine pneumatique, mais cette assertion parait dénuée de fondement, el tous les essais qui ont été faits pour répéter cette expérience ont donné un résultat opposé. L^air, comme on sait, n’est pas un corps simple; il se compose d’Oxygène et d'Azote. Ici se présentent naturellement deux questions : l’air, dans l’acte de la Germination, agit-il par le mélange de scs deux éléments, ou bien est-ce l’un des déux seulement qui favorise l’évolution de la graine? L’action de l’air sur les végétaux , à cette première période de leur développement . présente les mêmes particularités que pour la respiration dans les animaux. C’est l’Oxygène de l’air qui. dans l’acte de la respiration, agit principalement pour donner au sang les qualités qui doivent le rendre propre à la nutrition des organes.

! De même c’est encore l'Oxygène qui aide el Favorise la

Germination des végétaux. Si l'on place des graines sous des cloches pleines de Gaz azote ou de Gaz acide carbonique, elles ne peuvent s’y développer, et ne lardent pas à y périr. On sait qu'il en serait absolument de même pour des animaux que l'on soumettrait à de pareiHesépreuves. Mais, néanmoins, il ne faut pas croire que ce soit l'Oxygène à l'état de pureté et d'isolement, qui exerce une action aussi favorable sur l'évolution des germes. Il est vrai qu'il l'accélère d'abord , mais il la détruit par l'activité trop grande qu'il lui communique. Aussi les graines, les plantes et les animaux ne peuvent-ils ni se développer, ni respirer, ni vivre dans du Gaz oxygène pur. Il faut qu'une autre substance, mélangée avec lui, tempère sa trop grande activité popr qu’il devienne propre à la végétation et à la respiration. On a remarqué que son mélange avec l'Hydrogène ou l'Azote, le rendait plus propre â remplir ces fonctions, et que les. proportions les plus convenables pour opérer ce mélange, étaient une partie d’Oxygène pour trois parties d'Azote ou d’Uydrogène. L'Oxygène absorbé pendant la Germination, et qui provient en grande partie de la décomposition de l'eau , se combine avec l’excès de Carbone que contient le jeune végétal, et forme de l'Acide carbonique qui est rejeté au dehors. C'est par suite de cette combinaison nouvelle que les éléments constitutifs de l’endosperine et des cotylédons éprouvent des changements notables dans leur nature, et que, par exemple, la fécule qui les compose en grande partie, d'insoluble qu'elle était avant cette époque, devient soluble , et est en grande partie absorbée pour servir de première nourriture à l'embryon, jusqu'à l’époque où sa racine et ses feuilles rempliront leurs fonctions.

N'ignorant pas que la chaleur modérée jointe à l'humidité, accélère la Germination des graines, lorsque les cultivateurs veulent hâter l'évolution de cer taines graines, ils les placent dans une couche chaude, et par ce procédé la Germination se fait beaucoup plus rapidement. Certaines substances paraissent avoir une influence bien manifeste pour accélérer la Germination des graines. Humboldt a prouvé que les graines de Cresson alénois (Lepidiun i saliruvi), mises dans une dissolution de Chlore, germent en cinq ou six heures, tandis que dans de l'eau pure, les mêmes graines exigent au moins trente-six heures pour arriver au même résultat. Celte découverte a eu d'heureux résultats pour l'horticulture. En effet certaines graines exotiques, qui jusqu'alors avaient résisté à tous les moyens employés pour les faire germer, ont cédé à ce procédé. Le même auteur a de plus fait remarquer qu’en général , toutes les substances qui pouvaient céder facilement une partie de leur Oxygène à l’eau, tels que beaucoup d'Oxydes métalliques , les Acides nitrique et sulfurique suffisamment étendus, hâtaient le développement des graines, mais produisaient en même temps l'effet qui vient d'étre signalé pour le Gaz oxygène pur, c'est-à-dire qu'ils les épuisaient rapidement cl ne lardaient pas à y tarir les sources de la vie. La terre dans laquelle on place les graines pour déterminer leur Germination n'esl pas une condition indispensable de leur développement, puisque tous lesjourson voit des graines germer surdes éponges

ou d'autres corps que l'on a soin d’imbiber d'eau; mais il ne faut pas croire cependant qu'elle soit tout â fait inutile à la végétation; la plante y puise par ses racines, des substances terreuses, des Sels, des Gaz, qui entrent dans sa composition. La lumière, loin de favoriser la Germination, la ralentit d'une manière manifeste. Il est constant en effet que les graines germent beaucoup plus rapidement à l'obscurité que quand elles sont exposées â la lumière du soleil. Les graines de tous les végétaux n’emploient pas le même espace de temps pour que leur embryon développe les différents organes qui le composent. On trouve même à cet égard des différences extrêmement grandes. Ainsi, tandis qu’un grand nombre germent en quelques jours, il en est d’autres qui emploient plusieurs mois. Le Cresson alénois germe en deux jours ; l'Épinard, le Navet, les Haricots eu trois jours; la Laitue en quatre; les Melons et les Courges en cinq; la plupart des Céréales en line semaine; l'Hysopeau bout d’un mois; l’Oignon commun gn cinquante à soixante jours. D'autres graines restent un temps fort long avant de donner aucun signe de développement; ce sont principalement les graines à noyau osseux, ou celles qui ont leur endocarpe dur et corné. Ainsi , le Pêcher, l’Amandier ne germent guère qu’au fioul d’une année; et les graines du Noisetier, du Rosier, du Cornouiller, ne se développent que deux ans après avoir été placées en (erre.

Lorsqu'une graine est placée dans des circonstances favorables et qu’elle commence â germer, le prepiier . phénomène qui se manifeste, c'est son gonflement. Placée au milieu d'une terre bien humectée, elle en aspire l’humidité, se gonfle et se ramollit. Bientôt les enveloppes qui la reoouvrent se déchirent, et la radicule se montre sous la forme d’un petit mamelon conique. Généralement la rupture de l’épisperme se fait d'une manière tout â fait irrégulière; quelquefois cependant elle offre une régularité remarquable, qui est la même dans tous les individus d'espèce semblable. C’est ce que l’on observe dans toutes les gsaines pourvues d’un emhryoslège. sorte d'opercule qui se détache de l’épispermc, pour livrer passage à l'embryon. L’Éphémère de Virginie, la Comméline, le Dattier, et plusieurs autres Monocotylédones en offrent des exemples. Dès le moment où l'embryon commence à se développer et à s'isoler des parties de la graine dont il était revêtu,

H prend le nom de Plantule. On lui distingue deux éxlrémités : l'une inférieure., l'autre supérieure, qui croissent constamment en sens inverse, c'est-à-dire que l’une tend à s'enfoncer perpendiculairement vers le centre de la terre, tandis que l'autre s'élève vers le ciel. Dans le plus grand nombre des cas e’esl l'extrémité inférieure ou la rpdicule*qui éprouve la première le mouvement de la Germination. On la voit faire une saülie sous l'épisperme, le déchirer, s'allonger et tendre à s'enfoncer dans la terre. Bientôt les autres parties de l'embryon obéissent au méine mouvement : elles se dégagent des enveloppes séminales qui les recouvraient , et se montrent, à nu. Les cotylédons une fois dégagés, l'évolution des autres parties se fait rapidement. Si l’embryon est dicolylédoné, les deux cotylédons s'écartent, la gemmule, qu’ils recouvraient se déroule, les petites

feuilles qui la composent s’épanouissent, la tigelle s'al- | longe, et bientôt la Germination est achevée. — Si l’embryon est à un seul cotylédon , on voit ce cotylédon j s’allonger, s'amincir en pointe. Bientôt la gemmule qu'il renferme et recouvre à la manière d’une gaine, prend un accroissement plus rapide, le perce dans sa partie supérieure et latérale, et ses folioles se déroulent. Quand le caudex ascendant commence à se développer au-dessous du point d'insertion des cotylédons, il les soulève et les porte hors de la terre. On dit alors que les cotylédons sont èpigès, tandis qu'on les nomme hypoges lorsqu'ils restent sous terre. Ainsi les colylé- ! dons sont épigés dans le Haricot , et liypogés dans le i Marronnier d Inde.

11 reste à examiner quels peuvent être les usages des parties accessoires de la graine, c’est-à-dire de l'épisperine ou tégument propre et de l'endosperme.— L’épisperme ou tégument propre de la graine a pour usage d'empêcher l’eau ou les autres matières dans lesquelles une graine est soumise à la Germination, d'agir trop directement sur la substance même de l’embryon. Il remplit en quelque sorte l'office d'un crible à travers lequel ne peuvent passer que des molécules fines et Irès-di visées. Duhamel en effet a vu- que les graines que l'on dépouille de leur tégument propre se développent rarement ou donnent naissance à des individus grêles et mal conformés. L’endosperme, qui n'existe pas toujours, n'est que le résidu de l'eau contenue dans la cavité de l'ovule où s'est, développé l'embryon. Celle j liqueur que Malpighi a comparée à l'eau de l’amnios dans les animaux, est quelquefois absorbée en entier | pour servir à la formation de l’euihryou. C’est alors que l'endosperme manque. Quand, au contraire, une ! partie seulement a été employée pour l'accroissement j du germe, ce qui en reste prend peu à peu de la con- j sistanoe et se change en un corps qui accompagne l'embryon et dont la naluie varie beaucoup.. C’est à ce corps qui est en quelque sorte inorganique que l’on a donné le nom d’endosperme. Quelquefois tout le liquide qui n’a pas servi à la nutrition de l’embryon ne se solidifie pas; une partie reste encore Huide. ainsi qu'un le re- j marque dans le Cocotier. Chacun sait en effet qu'au ! milieu de son amande il existe une cavité remplie d’un I liquide blanchâtre, d’une saveur douce et agréable, qu'on désigne sous le nom de lait de Cocos. L’endosperme, d'après ce qui vient d'être dit, doit donc être considéré comme le véritable aliment de l’cmbrvoif. Dans la première période de la vie, c’est-à-dire aussitôt après la fécondation, c’est lui qui fournit au germe les premiers matériaux de 6a nutrition. Plus tard, au moment de la Germination, c’est encore l’endosperme qui, après avoir éprouvé des changements dans sa composition chimique, aide l’embryon à sortir de ses enveloppes; et favorise l’évolution de ses diverses parties. Si l'on prive un embryon de son endosperme . et qu'on le soumette à la Germination, il né se développera pas. Donc l'endosperme. quand il existe, est indispensable à la Gertnimflion. Mais quand cet organe manque, les cotylédons suppléent à ses fonctions dans l’acte de la Germination. Kii effet , ils sont alors gros, épais, charnus, et remplis d'une substance amilacéc,

analogue à celle que forme l'endosperme. Lorsqu'au contraire ce dernier existe, les cotylédons sont minces et foliacés. On peut donc les considérer comme remplissant les mêmes fondions que l'endosperme. Aussi est-ce pour cette raison que le célèbre physicien Charles Bonnet les appelait Mamelles végétales. Si l'on retranche les deux cotylédons sur un embryon de Haricot, il ne sera plus susceptible d'aucun développement. Si l'on n'en ôte qu'un seul , il se développera, mais d'une manière faible et languissante et comme un être maladif et mutilé. Mais un fait des plus remarquables, c’est que l'on peut impunément fendre et séparer en deux parties latérales un embryon dicotylédoné. Si chaque moitié contient un embryon bien entier, elle se développera aussi bien qu’un embryon avec ses deux cotylédons, et donnera naissance à un végétal aussi fort et aussi parfait. Enfin, d'après les expériences de Desfontaines, Tliouin. Labillardière, il suffit d’arroser les cotylédons pour qu’un embryon germe et s'accroisse. La grande différence qui existe, sous le rapport de la structure, entre l'embryon monocotylédoné et l’embryon à deux cotylédons, doit en entraîner une non moins grande dans leur mode de Germination. Les différences les plus remarquables à cet égard, tiennent à ce que, dans le premier, la radicule et la gemmule sont d'abord renfermées chacune dans une sorte de gaine ou d’étui qu'elles doivent percer pour pouvoir se développer librement.

La tendance pour ainsi dire invincible par laquelle le caudex ascendant se dirige vers le ciel et la lumière, et le caudex descendant vers le centre terrestre, est telle que l'embryon, quelque faible qu'il soit, surmonte constamment les obstacles par lesquels on tend à les contrarier. Si l’on place une graine germante de manière que sa radicule soit tournée vers le ciel et sa gemmule enfoncée dans la terre, on les verra bientôt l'une et l'autre se recourber simultanément; la première pour s'enfoncer dans la terre, la seconde pour se redresser vers le ciel. On a cherché .à expliquer de bien des manières différentes, celte tendance de la radicule vers le centre de la terre. Les uns ont dit qu'elle provenait de ce que les sucs qui circulent dans la radicule, étant beaucoup moins élaborés, leur poids doit être plus considérable et l'entraîner vers le centre de la terre. Mais celte assertion est détruite par ce qui a lieu dans certains végétaux, tels que le Clusia rosea, par exemple, qui ont la propriété de développer des racines de différents points de leurs branches. On voit ces racines descendre perpendiculairement vers la terre, souvent d’une hauteur considérable, et s’y enfoncer. Le même phénomène s'observe aussi assez souvent dans le Mais et dans les Yaquois. Or, dans ce cas, les racines naissant des liges, con lien rien l des fluides également élaborés, et néanmoins elles tendent vers le centre de la terre. Ce n’est donc pas la différence de pesanteur des fluides qui circulent dans la radicule et la pluniulc, qui ?5l la cause du mouvement opposé auquel, elles obéissent. D'autres l'ont attribuée à l’avidité des racines pour l'humidité, qui est phis grande dans la terre que dans l'atmosphère. Duhamel a fait line expérience bien simple <|ui est contraire à celte assertion : il a mis

des graine* germer entre deux Éponge* bien imbibées d'eiu et suspendues en l'air ail moyen de (icelles. Si les rad, eûtes tendaient à se diriger vers l'humidité, il était naturel de penser qu'elle! se seraient enfoncées dans les trous et les porosités des Éponges, ce qui n’eut pas lieu. Toutes filèrent entre les deux Éponges et vinrent pendre perpendiculairement vers la terre. Ce n'est donc pas l'humidité qpi attire les racines vers le centre de la terre; mais c'est peut-être la terre par sa nature, sa composition ou sa masse? Uneautreexpérience contredit encore celle explication : l'ingénieux expérimentateur Dulrochel. auquel on doit des otoervalions fort intéressantes sur l'accroissement des végétaux, ayant rempli de terre line caisse dont la Coud était percé d'un grand nombre de trous, plaça dans ces trous des graines germantes, et suspendit la caisse en plein air à une hauteur de plusieurs mètres. De cette manière, les graines placées dans les trous pratiqués ù la face inférieure de la caisse, recevaient de bas en haut l'influence de l'atmosphère et de la lumière. La terre humide se trouvait placée au-dessus d'elles. Si la cause de la direction de la radicule existait dans sa tendance pour la terre humide, on devait voir la radicule monter dans la terre placée au-dessus d'elle, et la tige, au contraire, descendre dans l'atmosphère placée au-dessous. Le contraire eut lieu; les radicules descendirent dans l'atmosphère et les ligclles montèrent dans la terre.

knighl, célèbre physicien anglais, a voulu reconnaître par des expériences directes, si cette tendance ne serait pas détruite par un mouvement rapidç et circulaire imprimé à des graines germantes. Il fixa des graines de Haricots dans les augels d'une roue- mue continuellement par un filet d'eau dans un plan vertical. Cette roue faisait cent cinquante révolutions en une minute. Placées dans de la Mousse sans cesse humectée, ces graines ne lardèrent pas à germer. Toutes les radicules se dirigèrent vers la circonférence de la roue, et foules les gemmules vers son centre. En suivant chacune de ces directions, les radicules et les gemmules obéissaient à leurs tendances naturelles et opposées. Le même physicien fit une expérience analogue avec une roue mue horizontalement et faisant deux cent cinquante révolutions par minute; les résultats furent semblables, c'est-à-dire que toutes les radicules se portèrent vers la circonférence et les gemmules vers le centre, mais avec une inclinaison de dix degrés des premières vers la terre, et des secondes vers le ciel. Ces expériences, répétées par Dutrocliel*. ont eu les mêmes résultats; à l'exception toutefois que ce dernier a obtenu une inclinaison beaucoup plus considérable, et que les radicules et les gemmules sont devenues presque horizontales, quoique le nombre des rotations de sa roue mue horizontalement fût moins considérable.

Des diverses expériences rapportées ci-dessus, il résulte évidemment que les radicules se dirigent vers le centre de ia terre, non parce qu'elles contiennent un fluide moins élaboré, ni parce qu'elles y sont attirées par l'humidité ou la nature de la terre, mais par un mouvement spontané, par une sorte de soumission aux lois générales de U gravitation.

Quelques végétaux présentent dans leur Germination des particularités dignes d'étre notées. Ainsi en général les plantes parasites ne peuvent germer dans la terre. C’est ce qui résulte des observations de Vaucher de Genève sur la Germination des Orobanches. On sait que ces plantes singulières sont des parasites qui vivent et loin implantées sur la racine d’autres végétaux. Si l’on sème leurs graines, elles ne prendront aucun développement jusqu'à ce qu'elles soient rencontrées par quelque ramification de la racine d'une des planles sur lesquelles elles végètent. On voit alors ces graines qui, jusque-là. étaient restées dans un état stationnaire, se cramponner en quelque sorte sur celte racine et présenter tous les phénomènes de la Germination. Bien que la loi de la tendance des radicules vers le centre de la terre soit générale, on voit néanmoins quelques végétaux s’y soustraire. Nous citerons en particulier le Gui < f'isrum album , L.),qui est une plante parasite, que l’on trouve en abondance sur les Pommiers, les Peupliers, etc. Lorsque sa graine germe, elle pousse sa radicule dans quelque position que le hasard la dirige. Ainsi quand la graine qui est enveloppée d’une glo épaisse et tenace, vient à se coller sur la partie supérieure d'une branche, sa radicule qui est une sorte de tubercule évasé en forme de cor de chasse, se trouve alors perpendiculaire à l’horizon. Si, au contraire. la graine est placée à la partie inférieure de la branche, la radicule se dirige vers le ciel. La graine est-elle située sur les parties latérales de la branche, la radicule se dirige latéralement. En un mol. dans quelque ]>osition que le hasard placé la graine, la radicule se dirige toujours vers l'axe de la branche. Mais ce n'est pas senleVneiit sur le bois que cette graine peut germer. Elle se développe également bien sur des pierres, sur du fer. des carreaux de vitre, etc., parce qu'elle trouve dans la substance visqueuse qui l'enveloppe, les éléments nécessaires à son évolution. Mais dans tous les cas, la radicule se dirige toujours vers le cenltif de ces corps, et obéit à l’attraction qu'ils exercent sur elle. Celle attraction n’est qu'une cause éloignée’de la tendance de la radicule du Gui vers les corps. Sa véritable cause est un mouvement intérieur spontané, exécuté par l’embryon, à l'occasion de l'attraction exercée sur sa radicule. Dulrochet, qui a fait plusieurs expériences fort ingénieuses sur In Germination de ce singulier végétal, ayant collé une graine de Gui germante à l'une des extrémités d’une aiguille de cuivre, semblable à une aiguille de boussole et placée de même sur un pivot, fit à l'autre extrémité le contre poids avec une petite boulette df cire. Les choses ainsi disposées, il approcha latéralement de la radicule line petite planchette de bois qu'il plaça à environ un millimètre de distance. Cet appareil fut ensuite recouvert d'une cloche de verre , afin de le bien préserver de l’action des agents extérieurs. Au bout de cinq jours, la tige de l'embryon s'est fléchie et a dirigé la radicule vers la petite planche qui l’avoisinait, sans que l'aiguille ait changé de position. malgré son extrême mobilité sur le pivot. Deux jours après, la radicule était dirigée perpendiculairci meut sur la plancheavec laquelle elle s'était mise eu j contact. La radicule du Gui présente encore une autre

tendance constante, c’est celle de fuir la lumière. Si I l’on fait germer des graines de Gui sur la face interne des vitres d'une croisée d’appartement, on verra toutes les radicules se porter vers l’intérieur de l’appartement et fuir la lumière. Prenez une de ces graines germées, appliquez la sur la vitre en dehors de l’appartement, cl sa radicule, d’abord dirigée en dehors, s'appliquer* contre la vitre, comme si elle tendait à se porter vers l’intérieur de l’appartement pour y trouver l’obscurité.

Pour terminer cet article il faudrait parler ici de la Germination des plantes A gaines, mais comme cette Germination, vraie ou prétendue, est fort différente de celle des végétaux Phanérogames, en ce qu'au lieu d’étre une évolution de parties déjà existantes dans un embryon, c'est en quelque sorte la création d’organes qui n'existaient pas dans le germe , il vaut mieux n'en rien dire ici. D’ailleurs , comme elle est fort différente dans chacune des familles qui composent le groupe des Agames, on peut recourir à ces familles pour les particularités qu’elles présentent dans chacune d'elles, F. Acare», Cryptogame». Focgéres, Hydropuytks, Mocsses, Prèles , Zoocarpes , etc.

GERMON, mam. L’un des noms vulgaires du Delphinus Delphi s. F. Dauprix.

GERMON. Onynus. pois. Espèce de Scombre devenu type d'un sous-genre.

ÇERNOTTE. bot. On donne vulgairement ce nom au Millet, dont, en certains pays, on fait une grande consommation comme graitlr alimentaire.

GÉROFLE. bot. F. Gf.rofi.ier.

GÉKOFLÉE. ist. Pour Giroflée. F. ce mot.

GEROFLIER oc GIROFLIER. Caryophyl/ut. bot. Ce genre, de la famille des MyrthacécsTt de l’Icosandrie Aionogynie, 1., établi par Tourueforl et Linné, est ainsi caractérisé : calice adhérent à l'ovaire, infundihulifonne, ayant le Iqhe allongé, étroit, et le limbe à quatre divisions épaisses, ovales, aigues; corolle à quatre pétales arrondis, sessiles, un peu concaves; étamines nombreuses, insérées, ainsi que la corolle, sur un bourrelet quadrangulaire, entourant le sommet de l’ovaire; Celui ci infère, surmonté d’une sorte de disque au centre duquel est implanté un style court, épais, et qui supporte un stigmate petit et capitulé ; drupe ovotde, couronné par les divisions du calice persistant.

La seule espèce qui compose ce genre, exige quelques détails sur son histoire, en raison de l’importance de tes produits.

GEroplier arohatiqub, Caryoph/llus aromalicus, L. C’est un grand arbrisseau fort élégant;. sa forme générale est celle d'une pyramide ovale ; il est toujours vert et orné d’une multitude de jolies fleurs roses, disposées en corymbcs terminaux, et trichotomes.

Il porte des feuilles opposées, obovales, entières, lisses, à nervures latérales, nombreuses, acuminées, |>orlé«s sur un long pétiole canaliculé, articulé, et renflé inférieurement. Le Géroflier est indigène des Iles Moluques, d’où il a été transporté dans les autres parties de l'Inde, dans les Iles Maurice, .Mascareigne, et jusqu'à la Guiane, et aux Antilles où il parait prospérer. Pour le répandre dans ces colonies, U a fallu essayer plusieurs

tentatives infructueuses et braver de nombreux obstacles. Quand les Portugais furent chassés par les Hollandais de leurs possessions dans les lies de la mer des Indes, ces derniers, aussi égoïstes qu'industrieux, for cèrent tous les peuples qu'ils soumirent, à détruire leurs Gérofliers, et ils en concentrèrent la culture dans les iles d’Amboine et de Tcrnale. C’est au zèle ardent de Poivre, alors intendant des lies de France et de Mascareigne, que les colonies françaises sont redevables de ce précieux arbrisseau. Cet administrateur-philosophe fil partir en 17(19 deux vaisseaux commandés par les lieutenants de Trémjgon et d’Elcheverry, qui parvinrent, non sans peine, à se procurer près des rois de Guehy et de Patany une grande quantité d’arbres d’épiceries, au nombre desquels étajt le Géroflier. Cet arbre se plaît dans les terrains fertiles que des vapeurs rafraîchissent souvent; il doit être abrité des vents, car son bois est des plus fragiles. Près des habitations, on le plante en bordure et en allées, mais dans les véritables gérofleries, les arbres sont disposés en quinconce. C’est aux soins de Géré, homme qui possédait des connaissances très-étendues sur la culture, que la plantation des Gérofliers dut sa prospérité. Ce fut lui qui en fil de nombreux envois à Cayenne, à Saint-Domingue et à la Martinique.

Les clous de Gérofle ou de Girofle, sont les boutons des fleurs recueillis avant leur entier épanouissement. Leur partie supérieure, formée par les pétales dans leur estivation, est renflée; mais souvent cette sorte de petite tète tombe pendant le transport, et il ne reste que leur fût, c’est -à dire la portion formée par le tube dn calice, soudé à l'ovaire. Leur récolte se fait, sort en les enlevant à la drain, soit en les faisant loml>er snr des toiles à l'aide de longs roseaux, et on les fait tout simplement sécher ail soleil. Les Hollandais passent à la fumée ceux que l’on récolte dans les Moluques, ce qui leur donne une couleur extérieure d’un noir huileux que n’ont point les clous des colonies françaises. Ceuxci sont d’ailleurs inférieurs aux premiers, tant par le volume que par les (plantés. Ils sont éminemment aromatiques, ainsi que presque toutes les parties de la plante. Leur odeur et leur saveur âcre et brûlante, sont dues à une huile volatile très-abondante , plus pesante que l'eau, d’abord incolore, puis brunâtre, que l’on emploie , soit comme parfum , soit pour apaiser, par une sorte de cautérisation, les douleurs produites par les dents cariées. L’analyse des Clous de Gérofle a fourni à Tromsdorff sur 100 parties : huile volatile, 18; matière extractive astringente, 17; gomme, 13; résine, G; fibre végétale, 98 ; eau, 18.

Les fruits du Géroflier sont des baies ou drupes presque secs, remplis d'une sorte de gomme, dont le goût est fort aromatique. On leur donne les noms de Cloua- Matrices, Anthofles , et de Mères des fruits. Lorsqu'ils sont récents, on les confit avec du sucre, et on eu mange après les repas pour faciliter la digestion.

Quelques auteurs prétendent que la Cannelle Giroflée est l’écorce du Géroflier; mais d’autres l'attribuent au Myrlus caryoplty/lata.

GÉRON. Geron. ms. Genre de l’ordre des Diptères et de la famille des Tanystomes de Latreille (Règne Anim.

de Cuvier) , mentionné par Meigen (Descripl. Systemdes Diptères d'Europe, t. il, p. 993) qui lui assigne pour caractères : antennes étendues, rapprdchées, de trois articles : le premier allongé et cylindrique, le second conoide. le troisième cylindrique etlubulé; Irompe dirigée en avant < horizontale et allongée. Ce genre peut trouver place entre celui des Phithiries et des Usies de Latreille , dont il ne diffère que par de légers caractères tirés de la forme plus ou moins aigue du dernier article. Meigen a décrit deux espèces auxquelles il donne les noms de Gibboau $ et d ' Halteralia; il figure la première (lab. 18, fig. 18 cl 1U).

GËRONTOGÉE. Geronlogea. bot. Le genre créé sous ce nom par Chamisso et Schlechtendael, pour quelques plantes des contrées les plus chaudes des deux continents, a été réuni au genre Oldenlandia par le professeur De Candolle.

GÉRO.NTOPOGON. bot. C’est-à-dire barbe de vieillard, dont par contraction Linné fil Géropogon, nom par lequel les anciens désignaient la plante qui sert de type au genre ainsi appelé, y. Gérobocon.

GÉROPOGON. bot. Genre de la famille des Synanthérées, Chicoracées de Jussieu, et de la Syngénésie égale, établi par Linné, et caractérisé ainsi : involucre pyramidal, composé de plusieurs folioles égales, disposées sur un seul rang. appliquées, oblongties, stibulées et étalées supérieurement; calalhide formée de fleurs nombreuses, ligulées et hermaphrodites; réceptacle plan, nu selon Gartner, pourvu d'écailles longues, membraneuses, étroites et filiformes, selon Cassini; akènes sillonnés horizontalement par des côtes hérissées d'aspérités, prolongés supérieurement en un col qui soutient l'aigrette; celle-ci est plumeuse dans les -akènes du centre, et à cinq ou six poils légèrement roides et inégaux dans ceux de la circonférence. Ce dernier caractère est celui qui distingue le genre en question du Tragopogon dans lequel il était confondu par Tournefort. Linné et la plupart des botanistes qui ont copié ses descriptions, ont admis trois espèces de Géropogon; mais l'une d'elles ( Géropogon hirsulum f L.) doit rentrer, selon De Candolle, dans le genre Tragopogon, et l’autre (Géropogon caij culalum , L.) doit former, d’après Cassini, un genre particulier.

Le Gêropogor cl abbe , Géropogon glabrum , L-, est une plante herbacée, qui ressemble tellement au.7Vagopogon porrifoUum , type sauvage du Salsifis des jardins , qu'on a peine à l'en distinguer avant la floraison. Ses fleurs sont d'un rose-violet très-fugace, car elles blanchissent de suite par la dessiccation. Celle plante croit dans les environs de Nice et eu Italie sur le littoral de la Méditerranée.

GÉROUSSE oc JEKOUSSE. bot. Même chose qu’Arousse. y, ce mot.

GERRES. rois. Synon. vulgaire de Sparue Smdris. y. Sr ARE.

GERR1IONOTE. Gerrhonolus. sept. Genre de la famille des Scinques, établi par Wiegman qui en a indiqué les caractères de la manière suivante . corps couvert d'écailles carénées sur le dos ; non carénées, verticillées et homogènes ou dissemblables, sur les autres parties; un sillon latéral; corps allongé, lacer-

r. eu io5

tiforme; tête pyramidale, régulièrement stelléc. cou assez étroit; tronc assez long, déprimé , avec un sillon latéral, profond, depuis le tympan juiqu'à l'anus; queue fort longue , comprimée à l’extrémité ; membres fort grêles, assez petits et distants, pourvus chacun de cinq doigts grêles et assez inégaux. Dans son Erpétologie du Mexique, Wiegman a décrit deux espèces de ce genre qu’il a nommées Gerrhonolus lœniatus et Gerrhottotus imbricatua ; Blainville y a ajouté l'espèce suivante trouvée par Botta en Californie.

GEBBMONOTE A PLUSIEURS CABtftES. Gefl hOHOtUS

multi-carinatua, Bl. Écailles dorsales toutes carénées et disposées sur le corps et la queue de manière à former quatre paires de lignes carénées sur toute la longueur; écailles ventrales larges et imbriquées, parfaitement lisses, formant six paires de rangées longitudinales. La couleur générale est d'un gris-brun verdâtre, traversé par des bandes plus foncées sur le dos et sur la queue. Taille, huit pouces environ.

GERRIJOSAURE. Gerrhosaurus. bept. Genre de la famille des Seincoïdiens , établi par W iegemann ( /sis, t. 91, p. 501) pour quelques Reptiles nouveaux, découverts à Madagascar et dans la partie méridionale de l’Afrique. Caractères :4ète pyramidale, quadrangulairc, obtuse, à côtés presque égaux ; museau tnousso. arrondi, légèrement saillant au devant de l’ouverture de la bouche; narines assez grandes, latérales, à orifice simple, libre, dirigé en arrière; bouche. fortement fendue, curviligne, prolongée au delà des yeux; lympau enfoncé, avec l’ouverture extérieure ovalaire, le grand diamètre vertical garni en avant d’une lèvre en forme d'opercule incomplet; langue large, plate, mince, légèrement extensible, ün peu incisée à sa pointe,* recouverte en dessus de petites écaillés molles, arrondies à leur bord libre, qui est dirigé eu arrière, et imbriquées alternativement ; dents maxillaires au nombre de vingtdeux à vingt-huit de chaque côté, petites, peu inégafes, les antérieures simples, coniques, à peine recourbées eu arrière, les postérieures légèrement comprimées de dehors en dedans, peut-être denliculées à leur base; sept à huit dents palatines, petites, coniques, discrètes, simples, de chaque côté de l’ouverture plérygoïdienne de la mâchoire supérieure; cou légèrement marqué, sans collier ni repli guttural ; tronc allongé, arrondi, un peu comprimé en dessus et sur les côtés, plus plat en dessous et presque quadrilatère; pieds développés ; doigts dans une proportion à peu près égale, tous terminés par des ongles égaux, Courts, comprimés, latéralement recourbés en crochets, libres ét non rétractiles.

- Gerrbosaure ocellé. Gerrhosaurus orellalusf Cocteau. Il est de la taille.du Lézard vert de nos contrées; le dessus du corps est d'un brun olivâtre, assez uniforme, avec une raie jaunâtre longitudinale de- choque côté du tronc; le côté interné de celle ligne est semé de taches noirâtres carrées, irrégulières , souvent réunies entre elles; de semblables taches entourées d’un trait blanc se trouvent disséminées sur les écailles dorsales et les flancs; les parties inférieures sont d’un blanc argenté mal. Du cap de Bonne Espérance.

Gebbuosacbr urée. Gerrhosaurus lineatus , Cocl. 11 ressemble au précédent ; la couleur générale des par-

lie* supérieures est également d'un brun verdâtre; de chaque côté régne aussi la ligne jaune; les flancs et la partie supérieure des membres sont marbrés d'ondulations assez semblables à celles de l'autre espèce; mais ici, l'on voit dans l'intervalle des deux lignes dorsales jaunes, naître à la nuque et par des taches allongées, plus ou moins confondues, une ligne noire qui se divise bientôt en deux branches; au-dessous de la ligne jaune on trouve encore une autre ligne noire. De Madagascar.

GKRKIDK. Gtrrit. 15S. Genre de l’ordre des Hémiptères, section des Hétéroptères, famille des Géocorises ( Règne Anim. de Cuv. ). établi par Fahricius, et singulièrement restreint depuis par Lalreille. qui comprend sous ce nom le petit nombre d'espèces offrant pour caractères : les quatre pattes postérieures insérées sur les côtés de la poitrine, très-écartées transversalement à leur naissance, longues, grêles, avec les deux crochets de l'extrémité des tarses très-petits cl situés dans une fente latérale; seconde paire de pattes très-éloignée de la première; celle-ci petite et faisant l’office de pinces; antennes filiformes; gaine du suçoir de trois articles. Le nom de Gtrrit appartient à Fahricius; mais il a tellement bouleversé lui-mème le genre auquel il l'appliquait d’abord, qu’il ne saurait plus en être considéré comme l'auteur. Ses Gerrides comprenaient des Hémiptères de mœurs cl d'organisation très -différentes; Lalreille en fil le premier la remarque, et il précisa davantage ce genre, en créant à ses dépens (Précis des caract. génér. des Ins., p. MG) celui des Uydromètres; peu d'années après Schellenberg ( Cimicum in f/ctrclim tuf ms et terris de gentium genus , p. 20) établit sous le nom il'rfquariua , un nouveau genre, dans lequel il plaçait le Gerride des marais, espèce appartenant aux Gerrides proprement dits, et qu’il distinguait ainsi trèsclaireraent des autres Gerrides de Fahricius. Ce dernier auteur n’osant pas rejeter en entier les nouveaux changements parce qu'ils étaient judicieusement établis, et ne voulant pas non plus les adopter, crut sans doute utile de remplacer le nopi d' Aquarius par celui d’Ilydromètre; mais H ne fit par là que jeter de la confusion sur les modifications proposées. Plus tard, Lalreille a créé aux dépens des Gerrides U* genre Velie; et Fabricius lui-mème a établi ceux de Béryle et d'fcmèse. Le genre Gerride, tel qu'il est adopté ici, ne se compose donc plus que de fort peu d’espèces , et il correspond en partie au genre Aquarius de Schellenberg. Les Gerrides diffèrent essentiellement des Uydromètres par leurs pattes antérieures, et des Yélics parla gaine du suçoir; ce sont des insectes à corps allongé, de couleur noirâtre . et que l’on rencontre très-fréquemment à la surface des eaox dormantes. Ils y nagent ou plutôt ils y courent avec agilité , en se servant des pattes postérieures. Leur progression a lieu par secousse et comme par autant de sauts. Ils ne s’enfoncent pas dans le liquide, et leur corjw n’est pas même mouillé. Il est couvert inférieurement d’un enduit noir ou argenté , suivant qu’on le regarde par réflexion dans un sens ou dans lin autre; celte sorte de vernis peut s’enlever par le frottement. Les Gerrides sont carnassiers; leur nourriture habituelle consiste en petits insectes qui tombent sur les eaux, et qu'ils saisissent précipitamment avec

leurs pal tes antérieures. Drgéer (Mém. sur les Ins , t. m, p. 311) a décrit avec soin ces insectes curieux; et tout en rapportant à une seule espèce les observations qu'il a eu occasion de faire, il en distingue trois variétés qui constituent réellement deux espèces qu’il est bon de faire connaître, ainsi que Thistoire des mœurs de chacune d'elles, donnée par cet auteur.

Gerrides des lacs. Gerris lacustris , Lalr., ou //rdromeUa lacustris de Fab. Il offre une particularité remarquable, en ce qu’étant ailé ou bien aptère, il s’accouple dans ce dernier état. Degéer (loc. cit t. ni, p. 313. pi. 10, fig. 8-12) distingue les individus.d’après ce caractère. Il nomme les uns Punaises aquatiques très-allongées, ailées, etc., et les autres. Punaises aquatiques très-allongées, non ailées : ces deux variétés d'une même espèce, méritent de fixer l'attention. Les Gerrides qui paraissent au printemps, et qui ont sans doute passé l’hiver sous la glace, sont tous aptères; mais à part le défaut d'ailes, ils offrent dans les autres parties de leur corps une conformation apalogue à celle des insectes parfaits; déplus, ils s'accouplent, et ce dernier caractère suffit pour renverser l'opinion de Geoffroy, qui pensait que ces insectes faisaient line exception à la règle générale, et qu'ils se fécondaient à l’étal de larve ou de nymphe. Degéer, en combattant le sentiment de Geoffroy, a peut-être été trop loin, en avançant que ce Gerride. privé d’ailes, constituait une espèce distincte cl constante. We se pourrait-il point que les Gerrides aptères ne soient autre chose que des larves de l’année précédente, dont le développement a été arrêté, pour certains organes, par la saison froide? Si l’on réfléchit que les ailes sont fort peu importantes et très sujettes à disparaître, on concevra très-bien que l'influence des causes environnantes devait principalement agir sur elles, et qu'elles pouvaient rester rudimentaires, tandis que toutes les parties du corps et l’appareil générateur en particulier atteignaient le maxiwmn d'accroissement. Voilà comment il est permis d'expliquer la faculté qu'ont ces insectes aptères d'opérer un accouplement, et la chose n'est pas plus impossible à admettre pour eux . que pour les femelles de plusieurs espèces, par exemple celle* du Lampyre et du Drile , chez lesquelles le développement des parties extérieures du corps s'est évidemment arrêté à l'étal de larve, tandis que les organes intérieurs, ceux de la génération entre autres, ont continué à croître et à se développer. Les individus aptères du Gerride des lacs, sont donc des larves, en ce sens seulement que leurs ailes ne sont pas développées. Du reste, iis offrent tous les caractères des insectes parfaits, et ils ne diffèrent pas spécifiquement des individus ailés. L’ardeur des mâles à rechercher les femfclle* est très-grande. Voici ce qu'en rapporte Degéer : • Pour connaître plus particulièrement leurs façons d'agir, je plaçai plusieurs de ces Punaises lion ailées, dans un grand poudrier à demi plein d'eau; et la première chose que je remarquai, fut qu’elles s'accouplèrent continuellement; je n'ai même jamais vu de mâles plus ardents que ceux de cette espèce : car sitôt qu'ils rencontraient quelques femelles, ils ne finissaient pas de s’y attacher, en sorte que toute la journée il y eut des accouplements, comme

•'ils n'eussent été occupés que du soin de la propagation de leur espèce. Le mâle, dans l'accouplement, sc fixe sur le dos de la Xeinelle avec ses pattes antérieures, dont il embrasse le corselet, et la lient ainsi assurée. Il fait ensuite sortir de son derrière un petit corps noueux qu’il coule vers celui du venlre de la femelle, laquelle paraissant quelquefois lasse de ses caresses, parce qu’il ne lui laissait presque point de relâche, faisait alors toule sorte d'efforts pour s'en débarrasser, soit en élevant le devant de son corps, ou en se servant de ses pattes de devant pour le renverser, au moyen de quoi elle parvenait quelquefois à le chasser; mais le plus souvent il tenait bon et se laissait cdlbuter avec elle, sans pour cela lâcher prise. • 0»ant aux Gerrides ailés des lacs, qui sont nés aux premiers jours du printemps, et qui ont achevé leur développement dans le courant de la saison chaude, leur accouplement n'a lieu qu’à la fin de l'été; et les œufs qu'ils pondent n'éclosent que l'année suivante.

Gerride des rouis. Gcrris paludum, ou Hydromel ra paludum de Fabricius. 11 avait été distingué-de l’espèce précédente par Degéer (loc. cil., p. 320 et pl. 16, fig. 7 et 13-lU) qui lui assignait |>our caractères : espèce très-allongée, à corps et â pattes noirs, dont les antérieures sont courtes et le derrière garni de deux pointes. Cet observateur décrit avec soin les métamorphoses des Gerrides, et les représente â leurs divers étals de larves, de nymphes et d’insectes parfaits. Celle espèce se trouve, ainsi que la précédente, à la surface de nos lacs, de nos étangs et de nos marais. On en conuail une espèce des Indes-Orientales, qui a reçu le nom de Gerris /os su ru m. Elle a été décrite comme un Hydromèlre par Fabricius.

Thomas llardwicke (Trans. Linn. Societ., t. xtv, p. 134, pl. 6, fig. 1-4) a décrit récemment une espèce nouvelle, originaire du royaume de Népaul, il la noirtme Gerriê lalicaudata ; il figure la larve, l'insecte parfait, la tête, les antennes et le bec grossis, ainsi que l'extréibité de l'abdomen remarquable par les dents et onglets qu'il présente.

GÉKUMA. bot. Genre établi dans la Pentandrie Monogynie, L., par Forskahl qui lui donne pour caractères : un calice à cinq dents, aplati, petit, persistant; cinq pétales étalés, lancéolés et tronqués; cinq étamines dont les filets se soudent inférieurement en un anneau épais, et portent des anthères Irigones; un style ; trois stigmates ; une capsule ovoïde qui s'ouvre en quatre ou cinq valves, et contient autant de loges, dans chacune desquelles sont une ou deux graines fixées à un réceptacle pulpeux et trigone. La seule espèce de ce genre, 1 1 Gemma alba, est originaire d.’ Arabie, où elle porte le nom de Djerrum. Ses feuilles sont alternes, ovalesoblongues, légèrement dentées. Ce n'est qu'avec doute qu'on rapproche des Aléliacées le Geruma, aussi incomplètement connu.

GERVILIE. Gcrcilia. ioll. Defrancea créé ce genre dédié ù De Gerville, pour des Coquilles fossiles dont ou a d’abord trouvé les moules à Valognes. C'est avec ces moules, assez bien conservés, que Defrance a fait le genre. 11 est facile de sentir que des matériaux si difficiles â bien caractériser, sont insuffisants pour fixer

t invariablement les caractères génériques. Deslong- ! champs qui. dans le dernier volume des Recueils de la Société Linnéennc du Calvados, a traité, d'après des | Coquilles entières, le genre de Defrance, a rectifié quelques erreurs, et y a ajouté plusieurs espèces. Voici les caractères exposés par Defrance : coquille bivalve, inéquilalérale, très allongée longitudinalement, un peu courbe et aplatie, bâillante très- probablement â l’extré- I mité antérieure où sc trouve située la charnière et où chaque valve est un peu retroussée dans la place de la courbure de la coquille; trois fossettes obliques qui ont dû contenir autant de ligaments, dont deux vis-à-vis les crochets et l'autre un peu plus éloignée; cinq ou six peliles dents obliquesau dessous des deux premières, deux longues, parallèles, et quelques autres plus petites au delù de la troisième fossette; une impression musculaire vis-à-vis de la charnière. On peut opposer ces caractères à ceux donnés par Deslongchnmps, exprimés de la manière suivante : coquille bivalve, inéquivalve, inéquilalérale, allongée, un peu arquée, sublrans- I verse, très-oblique sur sa base, non bâillante; cbar- ; nièce doüble : l'extérieure formée de sillons larges, peu l profonds, plus ou moins nombreux, opposés sur cha- ; que valve , destinés â recevoir des ligaments comme | dans les Pernes, l'intérieure à dents très-obliques, alternes sur chaque valve, et se relevant mutuellement. En comparant les caractères donnés'el par Defrance et par Deslongchamps, on voit que les principales différences viennent de ce que le premier de ces observateurs a manqué de matériaux nécessaires. Il convient donc d'adopter ceux du dernier qui a eu l'avantage d'ajouter quatre espèces nouvelles à celle déjà connue. D'après ce que l'on sait de ce genre , il parait avoir les plus grands rapports avec les Pernes, les Crénalule* et les Catillus, et doit conséquemment faire partie de la famille des Malléacées de Lamarck; il eu diffère principalement par la double charnière ou le second rang de dents articulées , dont sont dépourvus les au- Ires genres.

Gervilib perkoIde. Gercilia pernoide» , Desl., Recueil de la Société Linnéenne. I; i. Coquille grande, épaisse, très-large, à oreilles entières; les sillons extérieurs de la charnière spnl grands, nombreux, parallèles; leurs dents cardinales intérieures sont de forme variable, Irès-obliquek. Caen et les Vaches-Noires.

Gervilib Siliqoe. Gervilia Siliqua , Desl. (loc. cil.) Coquille allongée, subcomprimée, à oreilles entières; les sillons cardinaux extérieurs au nombre de trois ou de quatre seulement; les dents cardinales internes sont ! simples et obliques. Caen et les Vaches-Noires.

Gervilib soléxoIde. Gerci iasotenoides. Def., Desl. (foc. cil.) Coquille très-allongée, étroite, à oreilles entières; les sillons cardinaux extérieur» au nombre de ; trois ou quatre; dents cardinales internes, variables,

! nombreuses et inégales. Des environs de Valognes où ' on n'en trouve que les moules.

Gervilie cri -AURiCDLtE. Gercilia monolis. Des!.

1 (loc. cil.) Coquille petite et large, ayant une de ses ! oreilles très-petite; l'autre, au contraire, fort longue et j émarginéc. De Caen.

1 Gervilie a côtes. Gercilia costalula , Desl. (loc. cil.)

Coquille petite, large . submulique , présentant quatre ou einq côtes longitudinales étroites; l'oreille la plus longue étant émarginée. De Caen.

GERYOMA. bot. Genre établi par Schrank aux dépens du genre Saxifrage, et dont le Saxifraga nassifoliu serait le type. Ce genre n’a pas été adopté.

GÉRYONIE. Getyvnia. acal. Genre de l’ordre des Acalèphes libres de Cuvier, proposé par Péron et Lesueur; il appartient aux Méduses agaslriques, pédonculées et lenlaculées, et offre pour caractères : des Blets ou des lames au pourtour de l'ombrelle; une trompe inférieure et centrale; point de bras. Ce genre, adopté par Cuvier, ne renferme que deux espèces décrites par Pérou et Lesueur sous les noms de Geryonia dinetna et de Geryonia hexnphylla. Celle dernière est le Médusa proboscidalis de Forskalil. I.amarck réunit ces deux Méduses ;iu genre Dianée. y. ce mot.

GERZEAU. bot. L'un des noms vulgaires de Y Agroslemma Githago. A\ AgrostEvk.

GKRZERIE. bot. L'un des synonymes vulgaires d'ivraie. y. ce mol.

GÉSIER, ois. Organe de la digestion, véritable esloina.c où les aliments, qui n'ont été que ramollis dans le jabot, viennent éprouver une sorte de trituration, et conséquemment de décomposition complété, par l’effet de la contraction dont les deux principaux muscles composant le Gésier, sont susceptibles. On trouve souvent dans le Gésier des Gallinacés surtout, de petites pierres que ces Oiseaux paraissent avaler à dessein pour faciliter le broiement des graines. Celle habitude leur devient- quelquefois funeste en certains endroits métallifères. y. Calamine.

GÉSIER, moll. Les marchands donnent ce nom à une Porcelaine très-rare des mers de la Nodvelle-Hollande. Latnhrck, dans son grand ouvrage, Anim. sans vert., t. vu, p. 381, ainsi que dans les Annales., lui a conservé le nom de Cypraa yentriculu 4.

GESMÉHIK. Gesneria. bot. Genre établi par Plumier, placé par Linné dans la Didyuamie Angiospermie, et par Jussieu dans la. famille. des Campanulacées , mais dont le professeur Richard a fait le type d'un nouvel ordre naturel, sous le* nom de Gesnériées. Conrad Gesner, surnommé le Pline de i'AjIemagne, fut sans contredit le naturaliste le plus distingué du seizième siècle; scs travaux sur la botanique surtout, sont vraiment admirables; ils ont frayé la route qu'ont parcourue avec tant de bonheur et de succès, les botanistes bontemporains et successeurs de ce grand homme que la peste enleva, au milieu de ta noble carrière, en 1505. C. Gesner, professeur de médecine et de philosophie à Zuriçh, sa patrie, est mort comme la plupart des véritables savauls, dans un état voisin de l'indigence; mais son mérite, plus grand que toutes les fortunes, valut à sa famille des distinctions honorifiques, qui lui furent accordées par l'empereur Ferdinand 1er. La science qui lui fut si chère, honora également sa .mémoire en lui consacrant un genre qui est devenu le type d’un ordre naturel établi par Richard. Ee genre Gesnérie, qui n’était composé que de trois espèces au temps où Plumier { l'institua, en compte aujourd'hui près du trente. Ce sont des plantes herbacées ou des arbustes propres à l’Amé-

1 rique méridionale; ils ont les feuilles opposées ou verlicillécs; les fleurs sont souvent très grande* et peinte*

I de riches couleurs; leur calice, adhérent avec l'ovaire j infère, se termine supérieurement par un limbe à cinq divisions égales; la corolle est tubuleuse, évasée dans sa partie supérieure qui est bilahi.ee; la lèvre supérieure est bilobée , l'inférieure a trois loties presque égaux et arrondis. Les étamines sont didynames et placées sous la lèvre supérieure. L'ovaire est infère, à une seule loge contenant deux trophospermes formés d’une lame courte et perpendiculaire aux parois de l’ovaire et d’une autre lame plus épaisse placée parallèlement à ces parois. Cette dernière est toute couverte d'une multitude de petits ovules. Le sommet de l'ovaire est couronné parun disque épigyne,qui forme une sorte de bourrelet à cinq angles arrondis. Le style est à peu près de la même longueur que les étamines; il se termine par un stigmate simple, évasé et légèrement concave. Le fruit est une capsule couronnée par les lobes du calice, à une seule loge s'ouvrant en deux valves.

Les Gesnéries se cultivent en serre chaude et sont presque constamment en végétation; on leur donne une terre substantielle et forte, des arrosements copieux en été , fort modérés en hiver : elles poussent vigoureusement des racines ; aussi est on . pour ces plantes, obligé de réitérer le dépolemenl dans l'année, afin d’éviter que les racines ne débordent, ce qui nécessiterait des mutilations nuisibles. La multiplication s'opère par le moyen de boutures, sur couche chaude et vprs le milieu du printemps; on les lient ombragées jusqu'à parfaite reprise. Les jeunes tiges produites par la végétation de l'année précédente s'enracinent beaucoup plus promptement et plus aisément que les rameaux plus avancés en âge.

Gesnérie bclbecse. Gesneria bulbosa, Ker.. in Bot. Bégist., 543; Sprcng.,^*/. yeget., 2, 839. Sa racine est un tubercule dont la chair est jaunâtre et la tunique brune ; il est ordinairement de la grosseur d'un œuf de poule, et garni de fibres déliées; il s'en élève une tige droite, cylindrique, pubesceiite, haute de deux pieds environ; le* feuilles sont ovales, elliptiques, échancrées en cœur à leur base, ridées en dessus, cotonneuses , opposées et portées sur des pétioles assez courts. Les fleurs sont d'un rouge écarlate, disposées, dans les aisselles des feuilles supérieures , sur des pédoncules triflores ou en corymbe.

GrsnéEié DF. Docglas. Gesneria Douglasii , Lindl., in iiort. trous. t vu; Bot. Begist.f 1110. Gesneria verticiUata , Bol. Mag., 2770. Cette belle et gracieuse .Gesnérie, qu’il ne faut pas confondre avec la Gesnérie verticilléede Cavanilles, a sa tige élevée d'un pied environ, presque cylindrique, simple, verte et pubescente. Les feuiHes sont opposées et souvent verticillées, distantes, étalées, ovalaires, presque cordi formes, pétiolées, d'un vert obscur, veinées et pubescenles la nervure médiane est entièrement rouge, les veines le sont en partie , de même que les pétioles. Les fleurs sont portées sur de longs pédoncules; la corolle est presque globuleuse à sa base, ensuite resserrée, puis prolongée en un tube à peu près cylindrique, presque insensiblement renflé de la base à son orifice qui se

fi E S

termine par un limbe à deux lèvres très -irrégulières.

Grsjiêrir éclatante. Gesneria rutila ; Bot. Regist., 1 1JS8 et 1370. La Gesnérie éclatante, qui, sous tous les rapports, mérite sa désignation spécifique, est originaire du I résil; elle fleurit depuis le mois de juin jusqu’en octobre. C'est une plante herbacée, haute de trois pieds environ; ses tiges sont cylindriques, d’un pourpre bleuâtre et velues; les feuilles sont opposées, oblongues, péliolées, crénelées en leurs bords, velues, d’un vert foncé brillant , relevées d’une côte intermédiaire, fort épaisse, de veines latérales et de réticulations d’un vert un peu plus pâle. Les fleurs sont axillaire», solitaires, dressées, portées sur un pédoncule cylindrique, assez épais, plus court que les feuilles ; la corolle est d’un rouge écarlate à l’extérieur, jaunâtre vers la base du tube qui a plus de deux pouces de longueur; l’intérieur est presque glabre, d’un jaûne orangé avec le limbe d'un rouge éclatant, tirant sur le pourpre; ce limbe est oblique, avec les cinq divisions qui composent les deux lèvres, presque droites, arrondies.

GesxErik a grandis FLAIRS. Gesneria grandis , Swartz, Fl. Ind. occid 3, 1018; Spreng., Syst. Feg., 3. 838; Willd.. Sp. pl.f 3, 331. Celte espèce a été observée sur les hautes montagnes de la Jamaïque; elle a Iteaucoup de rapports avec la Gesnérie cotonneuse dont elle n'est peut-être qu’une variété complètement favorisée dans son développement. C’est un arbrisseau qui s’élève assez ordinairement à quinze pieds de hauteur; sa tige, de même que toutes les autres parties, est couverte d’un duvet assez épais ; ses feuilles sont grandes, obtongues, lancéolées, crénelées en leurs bords, garnies en dessus de poils courts et rudes, plus longs et plus moelleux en dessous, veinées et même ridées, pois tées sur des pétioles d'une médiocre longueur; les pédoncules sont très-longs, velus, axillaires, ordinairement chargés de trois à six grandes fleurs , d'un vert jaunâtre; le tube de la corolle est dilaté à sa base, puis resserré, ventru vers son orifice qui est d’un rouge purpurin; la lèvre supérieure du limbe est très-grande, bifide et réfléchie ; les lobes de la lèvre inférieure sont ovales et égaux.

Gesxérie tokextecss- Gesneria tomentosa , Lino., Sp. pl., 851 ; Jacq., sitner., 170, t. 175, f. 04; Lam., Jll.gen., I. 550, f. Z;Gesneria folio iomentoso, Pium., Gen., 37, ic. 134; Gesneria erecta , Br., Jatn., 261. Ellé a pour patrie les Antilles. Ses liges sont hautes de quatre à six pieds, frutescentes et couvertes d’un duvet épais; ses feuilles sont grandes, lancéolées, fcrénelées sur les bords, veinées et ridées, âpres en dessus, cotonneuses en dessous, légèrement glutineuses et portées sur des pétioles fort courts ; elles ont dix.â douze pouce» de longueur sur le quart de largeur. Les pédoncules sont axillaires, longs de huit à dix pouces, solitaires dans chaque aisselle, velus, rougeâtres et divisés à leur sommet, en ramifications dichotomes, un peu courtes, formant une cime en corymbe. Les fleurs sont d’un rouge obscur à l’extérieur, avec des poils courts et blanchâtres; à l’intérieur elles sont jaunes.

Gr&nérib a longue corollk. Gesneria tubiflora , Cavan., Ic., 0, t. 584; Spreng., Veget., 2, 839; Poir., Dict. Encycl., Supp ., 3, 774. Ses tiges sont her-

bacées, létragoncs et cotonneuses. Les feuilles sont opposées, péliolées, ovales, acuminées, longues d’environ deux pouces, crénelées, vertes en dessus, blanchâtres et cotonneuses en dessous. Les fleurs sont axillaires , d'un rôuge écarlate, un peu jaunâtres â leur hase, avec les étamines d’un rouge très-vif; elles sont réunies au nombre de deux ou trois et portées sur de longs pédoncules. Ou Mexique.

Gesnérie a gros épis. Gesneria macrostachya : Bot. Regist ., 1303. Sa racine tubéreuse ou caudex est ordinairement d'un volume supérieur à celui du poing ; il s’en élève une tige herbacée, qui n’a qu*une période annuelle d’existence; elle est cylindrique, haute de deux pieds environ , d’un vert blanchâtre et entièrement couverte d’un duvet court, épais et cotonneux. Les feuilles sont opposées, munies d’un court pétiole, ovales, cordiformes, crénelées, planes, un peu rudes et d’un vert assez pâle. Les fleurs, très-nombreuses, forment au spmmel de la tige une longue et belle grappe resplendissante. La corolle est tubuleuse , un peu arquée, six ou huit fois plus longue que le calice, cylindrique, renflée à sa base et d’un rouge de rose, tirant un peu sur la nuance écarlate ; son limbe est irrégulier, faiblement partagé en deux lèvres : l’inférieure divisée en trois lobes arrondis, marqués intérieurement de plusieurs points distincts et d’un pourpre obscur ; la lèvre supérieure n’a que deux lobes, qui souvent paraissent n’en former qu’un avec Une simple échancrure au sommet. Elle est du Brésil.

Gesnérie aggrkgee. Gesneria aggreyaia; Bot. Reg., 339; Bot. Mayas., 3735; Gesneria pendulina, Bot. Regist., 1032. Sa lige est herbacée, droite et faiblement pubescenle. Les feuilles sont opposées , ovales-oblongues, crénelées, rugueuses et d’un vert intense en dessus, recouvertes en dessous d’un duvet blanchâtre; le pétiole est beaucoup plus court que.la feuille et presque nul dans celles du sommet. Les pédoncules sont filiformes, flexibles. un peu penchés et plus longs que les fleûrs. La corolle est d’un rouge écarlate, presque droite, velue, irrégulièrement boursouflée à sa base, rétrécie immédiatement au-dessus, puis renflée jusqu’au limbe qui se partage en deux lèvres très -peu profondes : la supérieure étalée, à trois lobes arrondis, l’inférieure à deux lobes inégaux, un peu moins grands que ceux de la lèvre supérieure. Du Brésil.

Gesxèrir CTXoctriALi. Gesneria cynocephala , Drap., Encycl. Végét., 1836. Cette espèce, récemment observée au Brésil , n’en a été rapportée que dans le courant de l’année dernière. Sa tige s’élève un peu latéralement du sommet du tubercule; elle est de la grosseur d’une forte plume â écrire et même du petit doigt . vers son origine où elle est recouverte d’un duvet épais, court et brun; elle est d’un vert blanchâtre, et pubescenle dans toute sa longueur. Les feuilles sont opposées, cordiformes à la partie inférieure de la tige, mais s’arrondissant davantage à mesure qu'elles se rapprochent de son extrémité ; elles sont péliolées, inférieurement sessiles, supérieurement épaisses, veinées, réticulées , cotonneuses, Xl'un vert jaunâtre eu dessus, blanchâtres en dessous, surtout sur les veines et les côtes ; les bords sont finement et irrégulièrement cré-

ne lès et ciliés. Les fleuri , portées sur un pédoncule .usez court, sont réunies huit ou dix ensemble en pameules axillaires, partielles, dicholoraiquenienl opposées pour former une grappe pyramidale. La corolle est d'un beau rouge écarlate, tubuleuse, évasée supérieurement. rétrécie, comme étranglée à sa baie qui se dilaté immédiatement et s'ar rondit, en dessinant cinq protubérances qui paraissent subordonnées à la division générale de la corolle en deux lèvres, dont la supérieure a Ifrns lobtsqui semblent n’en former qu’un seul j deux échancrures latérales; celle lèvre, à laquelle adhèrent les étamines, est repliée et emboîtée par l'inférieure, avant l'entier épanouissement de la fleur.,

(iEsxliiiE se ffction. GtênerigüitUoni; Bot. Hegist., 1037. Sa lige est herbacée, cylindrique, pubescenle, liante de deux pieds environ, garnie de feuilles opposées, ovalaires, conliformes à la base, crénelées, fortement veinées, pélinléri, Recouvertes dUm léger duvet qui leur donne une sorte de reflet blanchâtre. Les fleurs sont grandes de deux pouces et d'une belle couleur rouge écarlate ; le pédoncule n*est pas moins long que la Heur, arrondi et pubescenl; la corolle est tubuleuse,

i enflée, partagée vers le limbe en deux lèvres très-inégales la supérieure beauroupplus longue, plus large,

ii bprds ondulés cl un peu bilobés au sommet , l'inférieure trèi-courlc et presque entière. Du Brésil.

GküXËfUt a FR u u, es CBAHOEAÜTXS. Ges noria allayo phyliu , tyfrtius, Sot . yen. et sp. , 3 , 30. Celle Ges- -nérie a été 'découverte par M.irtius, au Brésil. Elle s'élève .'i la bailleur de trois pieds environ; sa lige est cylindrique, souvent un peu trigonc vers la base, d’un vert pâle cl parsemée de poils longs et nombreux; ses feuilles sont velues, presque sessiles, leruées, opposées ou éparses, hnéaire*, ob longues, spalulées et crénelées. Les fleurs v d'un jaune orangé, sont sessiles, presque verticiUéi-s et réunies en un long épi terminal.

G e* aime tFiltt. G en noria faucialis; Bol. Hegist. , 1785. Scs liges sont herbacées, cylindriques, vertes et velues, garnies de feuilles sessiles, presque opposées, cordiformes, ohlongucs, aigues, crénelées, rugueuses, fortement ne rv urées el pubescentes. Les fleurs présentent au sommet de la lige, un épi ou plutôt une grappe d’un fort bd effet; elles «oui d’une nuauce écarlate, très -vive , portées sur des pédoncules cylindriques , velus, contournés et terminés en massue vers le calice; la corolle est tubuleuse, fortement renflée, rétrécie, étranglée vers la base, très-dilalée à la gorge, avec sou limbe partagé en deux lèvres. Celle corolle a au delà de deux pouces de longueur. Du Brésil.

GESAÉIUÉES. Gesnereœ. rot. Famille de piaules Dicotylédones, mouopélales, hypogynes, proposée par le professeur Hiehard, et adoptée par Kunth ( A’oc. Gener. et Species Plant, œquinoct., vol. 2, p. 3 512). Ces auteurs n’en ayant pa$ exposé les caractères, on ne doit pas les donner ici, quoique du reste personne u’ignore, qu’indépindaminent des genres Gis ne lia et Besleria qui sont décrits dans le grand ouvrage de Kunth, la famille des Gesnériées doive se composer du Gtoxinia , l'Uérit.; de Y Achimene$y Yahl, ou Trecirana, Willd.; de YOrobanche , L.,etdu Columnca, L. En combinant avec sagacité leurs caractères, on par-

viendra à asseoir ceux de la famille, el c'est pour faciliter un (el résultat aux botanistes qu'il a semblé utile de leur rappeler l’indication de ces genres.

GESNOUIME. Gesnouinia. dot. Genre de la famille des Lrlicêcs, établi par Gaudiclmud, dans la botanique du voyage de ('lira nie. Caractères : une ou deux fleurs mâles el une femelle dans le même involucre qui est campanule, à six divisions, dont Irais alternativement plus étroites ; dans les mâles le calice est à quatre divisions, velu el glabre intérieurement; il y a quatre ou cinq étamines et un rudiment d’ovaire, qui est ovale el glabre; dans les fleurs femelles le calice est ovale et à quatre lobes, le stigmate sessde, allongé el velu.

Gesnoiixik arborescente. Gesnouinia arborea t Parielaria arborea, Ait. ; U ri ica arborea , L. Sa lige s'élève à ta hauteur de cinq ou six pieds , elle est droite, cylindrique, frutescente, à écorce cendrée; divisée en rameaux alternes, velus, chargés de feuilles alternes, pétiolées, ovales, presque elliptiques, aigues, entières, sinueuses à leurs bords, velues, portées sur des pétioles cylindriques el rougeâtres; les Heurs sont disposées en panicule droite, terminale, foliacée, duveteuse; elles sont réunies Ch petits paquets sessiles, écartés, sortant de l'aisselle d'une bractée linéaire, étroite, algue, plus longue que les fleurs. On la trouve aux Iles Canaries.

GESSE. La thyms, bot. Genre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie, établi ou plutôt circonscrit seulement par Linné qui l'a ainsi caractérisé : calice campanule à cinq découpures, les deux supérieures plus courtes; corolle papiliouacée, dont rélcndard est cordi forme et relevé ; les ailes oblongues et lunulées; la carène semi-orbiculaire montante un peu plus courte que les ailes ; style plan, élargi vers le sommet, velu el pubescenl dans sa partie antérieure; légume oblung, renfermant plusieurs graines globuleuses ou quelquefois anguleuses. Tournefort avait restreint ce genre à un petit nombre d'espèces; et plusieurs autres genres qui rentrent évidemment dans celui-ci avaient été consumés par ce père de la botanique sous lesuouis A'Aphaca, Ctymenum f Ochrus el Sissolia. Munich, longtemps après, rétablit tous ces genres et y en ajouta un nouveau sous le nom de Cicercula. Mais le Lalhynss, tel que Linné l’a présenté, a des affinités si grandes avec les genres Vicia et Pisunt, qu’il est bien difficile de les distinguer autrement que par un port particulier. Toutes les plantes qui composent les divisions formées aux dépens des Lalhyrus présentant le même faciès, sauf quelques espèces dont les organes de la végétation offrent une constante anomalie, le Lat/y rus Aphaca, par exemple, il ne parait donc pas convenable d'adopter ces divisions. Les Gesses sont des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, à liges souvent ailées et grimpantes, à pétioles terminés en vrilles, |H)rtant deux à six folioles, à stipules demi sagiltées, el à fleurs portées sur des pédoncules axillaires, et d'un usjiect agréable. Leur nombre s’élève à plus de quarante dont la moitié croit naturellement en France. En général, ce sont des plantes de la régiou méditerranéenne ; on en trouve pourtant quelques espèces dans le nord de l'Amérique, en Sibérie, et même au Japon,

Celle* qui habitent Monte -Video et le* partie* les plus australes de l’Amérique, démontrent l'analogie de la végétation de ces contrées avec celles de l'Europe.

On a distribué les Gesse* en deux groupes : le premier se compose des espèces annuelles, et dont les pédoncules supportent une, deux ou trois fleurs.

Gdsse odorante. Lathyrus odoratus, L., vulgairement Pois de senteur, Pois musqué. Elle est herbacée, grimpante; sa tige est ailée, et ses feuilles sont pétiolées, terminées en vrilles rameuses, et composées de deux folioles ovales; elle produit de grandes fleurs de couleur de cliairou d'un violet purpurin, et des gousses longues, hérissées de poils. La beauté, l’odeur suave des fleurs, et la façililé avec laquelle cette plante se cultive, l’ont multipliée étonnamment dans toute l’Europe, où l'on en garnit surtout les murs et les treillages. La variété violette passe pour originaire de Sicile, tandis que celle qui est incarnate est, dit-on, indigène de Ceylan. Celte distinction semble arbitraire „ puisque l’on obtient souvent sur le même pied des fleurs qui sont affectées de l'une et de l'autre de ces couleurs.

Gesse cultivée. Lathyrus saticus, L. Ses liges sont faibles, glabres et ailées; ses feuilles $onl composées de folioles pointues; ses légumes sont ovales, larges, comprimés, glabres, et chargés sur leur dos de deux rebords. On la cultive dans les jardins potagers, sous les noms de Gesse â large gousse et de Pois de Brebis.

Gesse Chu ue. Lathyrus Cicera, L. Elle ne diffère de la précédente espèce que par ses légumes qui ne sont pas ornés d’un rebord sur le dos, mais simplement sillonnés; ses fleurs sont rouges. Cultivée comme fourrage dans plusieurs départements, elle y est connue sous des noms particuliers : ainsi, prés de Montpellier, on la nomme Gairoutte, et aux environs d'Angers elle s'appelle Jarosse, etc.

Le Lalhyrut Aphaca, si commun parmi nos moissons, et si remarquable par l’amplitude des stipules formées aux dépens des folioles qui avortent en totalité, appartient encore à la première section.

Dans le second groupe, les espèces sont vivaces, et les pédoncules portent plqs de trois fleurs. C'est ici que l’on a placé le Lathyrus tuberosus. Celle plante, si élégante par set belles fleurs de couleur rose, est assez commune en plusieurs lieux sur le bord des champs. Le peuple mange les tubercules de ses racines après les avoir fait cuire sous la cendre, et leur donne les noms d'Anole et de Marcusson.

Les Lathyrus sylcestris, pra tenais et polustris , sont des plantes qui abondent en diverses localités des environs de Paris.

GBSSETTE. dot. L’un des noms vulgaires du La thyrus Cicera , L. y. Gesse.

GESTATION» xool. Ce nom est employé par les physiologistes pour désigner l’état d'une femelle qui a conçu et qui nourrit ou porte dans son sein le produit de la conception. Cousidérée dans le genre Homme, la Gestation se nomme grossesse.

GËTA. ois. Vieux synonyme de Cortus glandarius , L. y. Corbeao.

GETH1A. bot. Synonyme de Jacée.

GÉTU10IDES. bot. Synonyme A'Allium pollens. Ce

nom vient de ( itlliyon , que Dodœns dit avoir désigné l’Oignon et le Poireau chez les Grecs.

GETHYLLIDK. Gethyllis. bot. Genre de la famille des Narcissées de Jussieu, ou Amarillidées de Brown, et de l'Hexanilrie Monogyuie, établi par Linné, et ainsi caractérisé : périanthe lubuleux, filiforme , très long, à limbe court et composé de six divisions égales; étamines au nombre de six selon Linné (Ils, ayant les filets divisés et portant des anthères en spirale; ovaire recouvert par le calice, surmonté d'un style filiforme et d’un stigmate trifide. Le fruit est capsulaire, haccifonne, renfermant des graines enveloppées d’une pulpe. Bans ce genre, la fieur est radicale et solitaire; un périanthe simple persiste après la floraison et recouvre la capsule. Celle inflorescence rappelle celle des Hypoxis; par leur grandeur, ainsi que par la forme de la fleur, les Gélhyllides out quelques rapports avec le Safran ou avec le Colchique. Une plante placée dans le genre Hypoxis par Linné fils qui l'avait nommée Hypoxis plicata, en a été retirée par Jacquin (Mort. Schœnbruttn., J. tah. 80) et nommée Gethyllis plicata.

La Gethyllis afra, L . a été reproduite sous le nouveau nom générique de Papiria par Thunberg (Aci. Lu ml., 1, sect. 2. p. 3). Linné fils, en la replaçant dans le genre formé par son père, lui a laissé le nom spécifique de spiralis que lui avait donné Thunberg. Celle piaule est indigène du cap de l'.onne-Espérance, ainsi que toutes ses congénères qui sont au nombre de cinq , et dont les feuilles ne paraissent qu'après la fructification.

GËTHYON. bot. y. Gkthioides.

GÊTUYRA. bot. Synonyme d 'Alpinia occidenlalis. y. Alnnie.

GÉTONIË.Ge/o/iJrt. bot. Roxburgh (Plantes de Coromandel, lab. 87) établit sous ce nom le genre que Lamarck figure sous celui de Calycopteris ( 111., lab. 357). Il appartient à la Bécandrie Monogyuie, L., et quoiqu'apétale, est rapporté à la famille des Combrélacées. Le calice, adbéraut à l’ovaire, s'évase au-dessus de lui, et plus haut se découpe en cinq parties; vers cette bailleur, dix étamines s'insèrent à lui, sur un double rang; un style plus long qu'elles surmonte l’ovaire uniloculaire au sommet duquel pendent quatre ou cinq ovules. Le fruit, au-dessus duquel persiste le calice agrandi et qui est marqué de cinq stries longitudinales, renferme une graine unique, dépourvue de périsperme, dont la radicule est supérieure et dont un cotylédon embrasse légèrement l'autre par ses bords.

Le Geloniu floribunda est un arbrisseau grimpant, qui croit dans l'Inde. Ses feuilles sont opposées, ses fleurs disposées en panicu(es axillaires ou terminales.

GEUM. bot. y. BenoIte.

GELNSIA et GEUNZIA. bot. Neckçr donne, avec ces deux orthographes, ce nom à une division qu’il établit dans le genre Justifia, et au Samyda de Linné.

GEUSABKA. bot. Synonyme de Châtaigne. D’autres écrivent Geusadoa.

GEVUINE.-Gerwiwa. bot. Molina (Chili, p. 198, et 2* édit., p. 279) a établi sous ce nom un genre de fa Télrandrie Monogyuie, L. , qui a été placé par Jussieu dans ses genres incertic sedis. Les auteurs de la Flore

I ÏO

r. i it

du Pérou et du Chili ont reproduit, sous le nom de Quad ria heterophyl/a (Fl. Peruc ., 1, p. 03, tab. 99), la plante sur laquelle il a été formé; mais Persoon lui a restitué son ancien nom, à un léger changement près ; il l'a nommé Guecina , et c'est aussi sous celte dénomination que R. Brown (Transact. of Linn. Soc ici., I. x, p. 105) en a exposé les caractères. Sa place dans la famille des Proléacées avait, pour ainsi dire, été indiquée par les auteurs systématiques qui l'avaient mis près de9 genres Embolhrium , Per»oonia, etc. R. Brown (loc. cil.), dans sou beau Mémoire sur les Proléacées, l’a compris effectivement au nombre des genres de celte famille, et il l’a caractérisé ainsi : périanthe tétraphylle, irrégulier, composé de trois folioles réfléchies et d'une quatrième dressée; anthères cachées dans les concavités des sommets des folioles calicinales; deux glandes hypogynes et placées à la partie antérieure; ovaire disperme; stigmate oblique; drupe ayant un noyau osseux et ne contenant qu'une graine.

Gevcixe or Chili. Gccuina Ar ellana, Mol. C’est un arbredont les feuilles sont alternes et pinnées, les fleurs, géminées snr chaque pédicelle, et disposées en grappes axillaires; chacune des paires de fleurs est accompagnée d'une bractée. L’amande du fruit a le goût de celui de notre Noisette (Corylut Acellatia)] d'où le nom spécifique. Cet arbre croit dans les forêts et au pied des montagnes du Chili.

GEYSER1TE ou TUF DU GEYSER. xi*. Concrétion siliceuse, qui se forme sur les bords de la source volcanique d'eau bouillanledu Geyser, en Islande. F.Qc artx- Agate Tüerxogêne.

GHAN A M. rois. Espèce du genre Holocentre.

GHANDIROBE. bot. Même chose que Nhandirobe. F. Fecili.Ee.

GHASDAMIM. bot. Synonyme de Cassia A b su» , L.

GHA-TOITOI. ois. Espèce du genre Merle. F. ce mot.

GUINIA. bot. Synonyme de 7’amonea d'Aublet. F. ce mot.

GI10BBAN. rois. Espèce du genre Scare.

GHODAPARA. bot. Hermann a cité sous ce nom un arbre que De Candolle rapporte au Dillenia speciosu, et qui serait le Dillenia dcnlata de Tiiunberg, suivant Willdenow. Rotlboll en a fait son genre tformia.

GIAROI.E. ois. F. Glaréole.

G] ARRET, rois. L'un des noms vulgaires du Smaris, sur les bords de la Méditerranée.

G1BBAIRE. Gibbaria. bot. Genre de la famille des Synantbérées. Corymbifères de Jussieu et de la Syngénésie nécessaire, de L., établi par Cassini (Bullel. de la Société Philom.. septembre 1817) qui l'a ainsi caractérisé : calathide radiée, dont le disque est composé de fleurons nombreux, réguliers et mâles, et la circonférence de demi-fleurons femelles, à tube court et à languette tridenlée ; involucre hémisphérique , formé de folioles lancéolées, imbriquées, -spinescentes et étalées A leur sommet; réceptacle plan et sans appendices; ovaires des fleurs de la circonférence courts, lisses et bossus sur leur face extérieure ; faux ovaires des fleurs centrales comprimés , striés et surmontés d’un rebord irrégulièrement découpé. Ce genre est placé par son auteur dans la tribu des Calendulées, près des genrès

Calendula et Osteospermum. Il ne se compose que d'une seule espèce, Gibbaria bicolor , Cass., dont les fleurs sont d’une belle couleur de feu dans le centre et sur la partie inférieure des demi-fleurons, tandis que la partie supérieure de ceux-ci est blanche. La description en a été faite sur un échantillon recueilli au cap de Bonne-Espérance par Thunberg , et conservé-dans l'herbier de Jussieu où cette plante est placée parmi les A rctoti».

GIBBAR. hax. Syn. de Baleinoptère à ventre lisse. F. Bai eive.

GIBBE. Gibbus. XOLL. C'est à tort que Monlfort, dans sa Conchyliologie systématique (t. il, p. 309), a établi ce genre. Il en a pris le type parmi les Maillots, et pour celui de ce genre qui offre une bosse ou une déviation latérale du dernier tour, ce qui le rend largement ombiliqué ; son ouverture est subquadrilatère. C’est le Bulimu» Lyonetianus de Bruguière, et un véritable Maillot pour Lamarck et les auteurs qui le suivent. Férussac a placé celle Coquille parmi les Cochlodontes. dans le premier groupe (les Maillots), sous le n° 472. Elle vient de l'Ue-dc-Erance.

GIBBÉRE. Gibbera. bot. Ce genre de Champignons a été formé par Fries, aux dépens du grand genre Sphœria de Haller, et comprend les espèces qui offrent pour caractères : périlhécion arrondi, dépourvu de pu* bescence, s'ouvrant par un pore dont le bord est proéminent , un peu tubuleux et irrégulièrement ridé ; thèques dressés, convergents, longtemps persistants. Ces Cryptogames se développent sous l'épiderme des feuillet malades, sur lesquelles ils forment des taches colorées plus ou moins étendues.

GIBBEUX. Gibbosus. Organe couvert de protubérances plus ou moins nombreuses, rapprochées et saillantes.

GIBBIE. Gibbium. ms. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Serricornes, tribu des Plinicns. établi parScopoli, aux dépens du genre P/inus de Fabricius et d'Olivier. Ses caractères sont : antennes insérées audevant des yeux, plus velues à leur extrémité, sélacées et composées d'articles cylindriques, dont le second et les deux suivants un peu plus épais; yeux très-petits et aplatis; corps assez court; prothorax cylindrique* trèscourt, plus étroit que l'abdomen, et dilaté en manière d'angle au milieu de son bord postérieur; point d’écusson visible â l’extérieur; élylres embrassant l'abdomen; celui-ci très grand, renflé, presque demi-globuleux. Les Gibbies diffèrent essentiellement des Ptines par l’insertion des antennes, et ils s'éloignent des Plilins, des üorcatomes et des Vrilleltes, par la forme générale du corps, et par celle des antennes. Les habitudes de ces insectes sont assez analogues à celles des Ptines ; on les I rencontre ordinairement dans les collections d’animaux | et de plantes.

I Gibbie des lieux obscurs. Gibbium tcolias, Fuesly.

I Cet insecte n'a guère plus d’une ligne de longueur; il est d'un brun rougeâtre, avec les élytres transparentes; le corselet est lisse, très court, sans aucun luberculc; les pattes et les antennes sont entièrement revêtues d'un duvet soyeux et jaunâtre. On le trouve, mais rarement, en Europe. II faut placer dans ce genre une seconde

espèce dont on a' fait à tort un genre particulier sous le nom de Mesium ; c’est le Ptinus sulcahts de Fabrioius, qui n'a d'autre caraclèredifférentiel que les inégalités de son corselet sur lequel on remarque des côtes élevées et longitudinales, qui forment trois sillons profonds; cet organe, ainsi que la tête, est d'ailleurs cou rert de poils comme les antennes et les pattes. Il parait se trouver sur les deux continents. On connaît encore quelques autres espèces; l’une dalles porte le nom û'hirlicolliB . Une autre a été appelée bicolor par De jean (Calai, des Coléopt. , p. 41); elle est originaire du Pérou.

G1BBIFÈRE. Gibbifer. bot. Selon Mirbel, la gorge de la corolle est Gibbifère, quand elle est dilatée en bosse, ainsi qu’on le voit dans plusieurs Borraginées.

GIBBON. Hylobaies. ma*, (llliger.) Quels que soient les rapports d'aspect et de conformation qui rattachent les animaux de ce genre à la famille des Bimanes, ils ne peuvent demeurer confondus avec les Orangs dans un même genre; les callosités dè leurs fesses les en distingueraient suffisamment quand l’angle facial ne serait pas diminué chez eux et quand leurs bras difformes ne seraient point allongés au point que sans s'accroupir ni même se baisser , les Gibbons peuvent poser leurs mains sur le sol, et marcher en quelque sorte à quatre pattes tout en se tenant debout. Les extrémités inférieures sont au contraire courtes et surtout grêles, mais ce ne serait point cette maigreur des jambes et des cuisses avec la disproportion des bras qui éloignerait le plus les Gibbons de la famille où nous comprc: nons les espèces humaines , puisqu’en passant de ces Gibbons à l'Orang roux où les bras sont raccourcis, et de celui-ci au Champanzée chez qui nous les voyons encore plus courts , nous arrivons i ces Hommes de l'Australasie chez qui les bras sont plus longs que chez nous, tandis que les cuisses et les jambes n'y sont pas moins grêles que chez les Orangs. Partout la nature nous montre, au moyen des passages qui lient ses productions, combien sont téméraires et vains ces systèmes de classification où certains naturalistes prononcent de toute leur hauteur, quelle créature doit nécessairement être éloignée de celles qui lui sont voisines parte qu’on lui trouve un point de connexion avec le groupe dans lequel on les veut rejeter sous prétexte, s’il est permis d'employer celle expression dans un ouvrage sérieux, qu'il ne faut pas casser les vifres.'Quoi qfi’il en soit, comme c’est des formes corporelles et des subordinations organiques que résultent les facultés des animaux sans exception , et qu’en raison du plus grand nombre de telles ressemblances ces êtres ont de plus grands rapports dans ce qu’il est temps d'appeler le moral indistinctement chez tous, les ressemblances des Gibbons avec les Hommes diminuant à peu près dans la proportion où leurs ressemblances avec les Singes augmentent, ces Gibbons devaient être les derniers des Bimanes sous le rapport de l'intelligence, et ils le sont en effet. Généralement plus petits que les autres et conséquemment moins forts; indolents, parce que la bizarre contexture de leurs bras les condamne à une sorte de maladresse; ordinairement sédentaires, parce que la disproportion de leur ensemble rend leurs al-

lures pénibles, ils vivent cantonnés dans les sauvages et vastes forêts des parties les plus orientales et méridionales de l'Asie, ainsi que des grandes Iles de la Polynésie. Ils ne pourraient courir et ne grimpent point non plus aux arbres avec autant de facilité que les Orangs; aussi se défient-ils de leurs ressources pour échapper au danger, et ils sortent rarement de leurs fourrés où ils vivent en sociétés assez nombreuses, et commodément assis au moyen des callosités de leurs fesses sur les grosses branches; d’autres fois ils se tiennent debout à l'extrémité des rameaux même les plus agités par le vent, où l'on prétend qu'ils se dressent aisément, non en cherchant à s'accrocher aux branchages voisins à l’aide de leurs longs bras, mais en étendant horizontalement ces bras qui forment balancier; de sorte que l'idée de faire des tours de force sur la corde, étant originaire de l'Inde avec tant d'autres jongleries, il est probable que les Gibbons furent les premiers modèles que se proposèrent les acrobates. Ainsi que leurs élèves, ces animaux peuvent avoir une excellente tête pour résister au genre d'étourdissement qu’éprouvent ordinairement les hommes lorsqu'ils se voient comme suspendus dans les airs, exposés à tomber d'une grande hauteur; mais on peut dire que dans toute autre circonstance ils ont l'esprit faible. Le peu d'individus qu'on a étudiés dans la domesticité, s'y sont montrés timides, défiants, polirons, taciturnes, en tout temps comme embarrassés de leur maintien. Ils mangeaient de tout ce que nous mangeons, mais en préférant les légumes et les œufs; ils imitaient bien quelques-unes des actions humaines, mais avec gaucherie, et nul doute qu'un Orang noir ou Champanzée ne soit beaucoup plus audessus d'un Siamang ou d’un Wouwou, qu'un Hottentot, un Mélanien, ou même plus d'un de nos concitoyens, ne sont au-dessus de ces Champanzées on Orangs noirs dans lesquels certains raisonneurs ne verraient une bêle que parce que certains docteurs leur auraient dit qu'il est fort dangereux de voir autrement. Les Gibbons ont dn reste, à quelques modifications de formes près, le système dentaire qui caractérise les autres Bimanes; le poil de l’avant bras s'y dirige également du bas en haut, c'est à-dire en venant du poignet au coude, mais plus obscurément parce qu’il est tant soit peu laineux; le bassin y est plus allongé et déjà beaucoup plus oblique.

Espèces constatées du genre Gibbon.

!• l.eSuiAWc, Hylobates syndacty lus, Cuv.,fignré dans les Mammifères du Mus. (54* livr. , n° 1831), est l'un des plus grandsGibbons. quoiqu'il atteigne jusqu'à (mis pieds et demi de hauteur. Assez commun à Sumatra, où le découvrit Alfred Duvaucel, il est étonnant qu'on n'en ail point eu plus tôt de notions en Europe. Une poche gutturale comme dans les Orangs lui interdit un langage articulé, mais coopère à rendre ses cris forts et lugubres. Son pelage est extrêmement noir, si ce n'est aux sourcils et sous le menton , où les poils , toujours doux, épais et brillants, sont roussàtres. Le mâle porte un pinceau de semblables poils à chaque testicule, tandis que la femelle a le tour des parties correspondantes et des mamelles totalement nu. Le I caractère principal qui ne permet de confondre le Sia -

mang avec aucune autre espèce, consiste dans la membrane qui, très-étroite, unit le doigt index au médius , en s'étendant jusqu'à la première phalange. Selon les observations de Duvaiicel, ces animaux se tiennent en troupes fort nombreuses oû semblent exercer une certaine autorité quelques individus plus forts et plus agiles que les autres. Ces troupes font retentir les forêts de cris épouvantables pendant le coucher et le lever du soleil ; dans l'obscurité profonde ils gardent lé silence, et le jour, blottis à l’ombre du feuillage, on ne les entend pas plus que s'ils n'existaient pas. Génés dans leurs mouvements, ils ne grimpent même pas avec légèreté, aussi sont-ils attentifs au moindre bruit et très-vigilants ; ils placent des sentinelles pour observer au loin ce qui pourrait menacer lenr repos. On s’empare aisément des individus qu’on surprend à terre; il est au reste peu d'animaux plus bétes et plus maussades; d'une patience stupide, supportant les plus mauvais traitements avec une imperturbable résignation, ils peuvent être réputés un modèle de l'esclave et mériteraient plus que le Chien même le litre de fidèle, dans le sens où beaucoup de personnes comprennent j la fidélité. On n'a pas manqué conséquemment d’arguer de l'idiotisme du Siamang pour dégrader les Orangs qui ne sont pourtant ni des Gibbons, ni des Idiots. Cependant qu'une femelle de l'espèce dont il est question devienne mère, un nouveau sentiment l’élève aussitôt au-dessus de 'ses semblables ; l’amour maternel | développe en elle et au plus haut degré l’intelligence nécessaire pour veiller à l’éducation de son petit en subvenant à tous ses besoins; prévoyante, active, elle devine et sait écarler les moindres dangers à l’aspect desquels son courage s’aHutne. Des squelettes de Sianiangs des deux sexes, ayant été adressés au Muséum avec diverses peaux, on remarqua que dans le crâne des femelles adultes une saillie terminale et bien plus considérable que chez tous les Orangs et les Singes , est située au-dessous de la place correspondante au cervelet qu'elle déborde de beaucoup; cette saillie correspond à l’extrémité prolongée en arrière des hémisphères cérébraux. I.e docteur Gall regarde ces extrémités comme la source des attachements de famille. Leur grandeur, chez le Siamang, expliquerait donc celte tendresse des mères pour leur progéniture, portée au plus haut degré; mais il faudrait vérifier si celle prépondérance n’est pas aussi considérable dans les mâles, pères assez indifférents et â peu prés stupides | en tout temps , et si les femelles demeurent toujours I intelligentes, actives et courageuses, lorsque l'amour maternel n'exalte plus leurs facultés.

2® Le Woüwoc, Encycl., Mara., Suppl., pl. 1, flg. I, et de Camper, Hy lobâtes leuciscus; le Gibbon cendré de Cuvier, figuré sous ce nom dans l’Atlas'du Dictionnaire deLevraull; Moloch, d’Audebert, Fam. 1,sec. Il, fig. 11 ; Pithecus leuciscus, GeofF., Mém. Mus., t. n, p. 80, n° 4; Simia leucisca, Schreb., tab. 5, b. Ce Gibbon atteint jusqu’à quatre pieds de hauteur; son pelage est d’un gris cendré clair, tirant sur le brun et le bleu sur les reins; doux, laineux et touffu. Ses callosités sont très-fortes; tous ses doigts sont libres, et les bras sont encore plus longs que dans l'espèce précédente.

La face nue est d’un bleu noirâtre, légèrement teint en brun dans les femelles; un cercle de poils particuliers, qui entoure cette face, les pieds, les mains , les oreilles et le sommet de la tète tirent sur le noir. Les jeunes sont d'un blond uniforme. Les vieux se diaprent de quelques nuances plus ou moins variées et foncées. Les Wouwous ne vivent point en troupes autant que les autres Bimanes; on les trouve presque toujours par couple, et leur agilité est surprenante. On les voit souvent grimper rapidement sur les Bambous les plus élevés et les plus mobiles â l'extrémité desquels ils se soutiennent hors de toute portée, debout et en équilibre dans l'air, à l'aide de leurs grands bras étendus en croix; d'autres fois, saisissant l’extrémité agitée des branchages flexibles, ils s’y laissent pendre, et s’y balancent pour se lanaer au loin quand ils se sont donné l'impulsion convenable; on assure qu'ils peuvent ainsi sauter plusieurs fois de. suite jusqu’à trente et même jusqu'à quarante pieds de distance. Leurs passions sont vives, leurs appétits ressemblent à ceux des enfants; dans la domesticité, ils deviennent mélancoliques et fort peu divertissants , ne se montrant plus aussi agiles qu'ils l'étaient dans leurs bois. On trouve assez commuhément ce Gibbon aux Moluques et dans les Iles de la Sonde.

3° L'Ocivco. HyL obates Lar, Gibbon de Buffon, t. xtv, pl. 3, copiée sous le nom impropre de grand Gibbon, dans l’Encyclopédie méthodique , Quadrupèdes, pl. 5, fig. 3;-Audehert, Fam. 1, sec. il, fig. 1, où les bras et les jambes, dessinés d’après des peaux rembourrées, sont beaucoup trop gros et trop régulièrement cylindriques; Pithecus Lar , Geoff., Mém. Mus., t. un. p. 88, n° 2; Simia Lar, L., Ginel., Syst. Aat., xm, t. 1, p/27; Simia tongitnanus , Schreb., tab. 3. Cette espèce, la première du genre que fit connaître Buffon, d’après une petite femelle que Daubenton étudia et qui ne pesait guèroque dix-buil livres; cette espèce qu'on a quelquefois et si mal à propos appelée grand Gibbon, puisque l’Ounco n’est pas aussi grand que le Wouwou et le Siamang, n'atteint guère que trois pieds de hauteur. Elle a été trouvée à Sumatra ; on l’a aussi rapportée des environs de Pondichéry. Sa couleur «t d'un noir brunâtre, son poil épais et lisse forme sous le cou comme une sorte de crinière. Ses pieds, ses mains et sa face sont d'une couleur noire foncée; celte dernière partie est comme encadrée par un bandeau de poils blancs, qui passe sur les sourcils et forme des favoris épais.

4° Le Petit Gibbon de Buffon , t. xiv, pl. 3, copiée dans l'Encyclopédie, pl. 5, f.4; Hylobates oariegatus; Simia rariegata, car., Schreb., tab. 3; Pithecus rari égalas, Geoff., Mém. Mus., t. xix, p. 88, n® 3; Desmaresl, Encycl. mélh.. Nam., p. 51, n* 5. Cuvier n’a point adopté celte espèce qu'il présume avec Schreber n'élre qu'une variété de la précédente. L’individu femelle sur lequel on la fonda , était d'un tiers moins grand que le Ounco , mais offrait d'ailleurs les mêmes proportions dans toutes scs parties ; il ne différait guère que par la couleur du dessus et des côtés du cou, du dos cl de la face externe, et parcelle des bras qui était brune et non pas noire; les régions internes, ainsi que

la croupe, étaient grises, mêlées de brunâtre. On n’a pas retrouvé dans les collections du Muséum l’animal observé par le collaborateur de Bu$on, et qui servit à établir cette espèce ; il venait de la presqu'île de Malacca.

On a cru reconnaître un Gibbon dans le grand Singe de la Chine, dont certains voyageurs ont fait mention sous le nom de F tri , et dont les dents, très-fortes, ont fait supposer qu'il était carnivore et même anthropophage. L’existence de cet animal n'est rien moins que constatée.

GIBBCS. aoLL. y ■ Gibbe.

GIBECIÈRE, ion. On donne vulgairement ce nom à tous les Peignes dont les valves sont également creuses. Lamarck l’a particulièrement appliqué â VOstrea Pesl'élis de Linné. Blainville croit au contraire que c’est VOstrea varia de Linné qui répond au Peigne bigarré, Peclen varia 8 de Lamarck. Le Pecten opercularis , Lamk., porte aussi ce nom, qui, comme on le voit, s'applique indistinctement à plusieurs espèces. On en fait des bourses à Naples.

GIBEL oo GIBÈLE. rois. Cette espèce, encore qu’elle ait été figurée par Bloch, pl. 12, sous le nom de Çyprinus Gibelio, n’est pas assez exactement connue pour pouvoir être placée dans, l’un des sous-genres établis chez les Cyprins, y. ce mot.

G1CLET. bot. L'un des noms vulgaires du Moniordica Elateriu m, L.

G1ESECK1TE. il*. Substance grisâtre ou verdâtre, cristallisée en prismes rbomhoïdaux ou à six pans; elle est tendre et se laisse facilement rayer par une pointe d'acier; sa pesanteur spécifique est de 2,8; son analyse chimique a donné à Stromeyer : silice 51; alumine 57; potasse 0; magnésie 1; oxyde de fer 4; oxyde de manganèse 1. Celte substance a été découverte au Groenland, par Giebecke, dans les roches porphyriques d’Akulliarasiarsuk. Elle a beaucoup de ressemblance avec la Pinile d’Auvergne, mais les résultats de l’analyse chimique ne permettent pas de réunir les deux substances. .

GIFOLE. Gifola. bot. Ce nom, qui est un anagramme insignifiant du mot Filago, a été donné par H. Cassini ! (Bullet. delà Société Philomatique, septembre 1810) à un des genres qu’il a établis aux dépens de ce dernier.

Il appartient à la famille des Synanlhérées, Corymbifères de Jussieu, tribu des Inulées de Cassini, et à la | Syngénésie superflue, L. Ses différences d’avec le Vrai ■ Filago, consistent seulement dans les fleurons du disque qui sont hermaphrodites au lieu d’étre mâles; leurs ovaires sont aigrellés, tandis que ceux des Filages sont dépourvus d'aigrettes.

L’auteurde ce genre, ou plutôt de ce sous-genre, n’y rapporte avec certitude que le Filago germanica , L., plante herbacée, annuelle, à tige ramifiée, dichotome, laineuse, et à capitules solitaires, terminaux ou axillaires. Elle est commune en Europe dans les champs, et on la connaît vulgairement sous les. noms d’Herbe à Coton et Cotonnière.

Le Filago pyramidata , L., appartient encore â ce sous -genre, selon Cassini qui, cependant , ne donne i pas ce rapprochement comme certain.

GIGALOBIl'M. bot. Syn. de Mimosa scandent, L.

G1GANTÉE. Gigantea. bot. ( Hydrophyles .) Genre proposé par Slackbouse, dans la deuxième édition de sa ISéréide Britannique, qui l’a caractérisé ainsi : fronde simple ou découpée, cartilagineuse, épaisse, très-glabre, remplie intérieurement d’une mucosité diaphane, rétiforme, dans laquelle sont des graines étroites, allongées, formant de petites taches éparses ou dispersées en séries. Ce genre, dont le nom est celui que C. Bauhin donnait au Topinambour, ce qui ne le rend pas meilleur puisqu'il pèche contre toutes les règles de la nomenclature, ne diffère en aucune manière de celui que nous avons nommé Latninaria, adopté sous ce nom par les naturalistes. Slackbouse ne l’avait composé que de (rois espèces, qui sont nos Laminaires sacchariue, bulbeuse et digitée. F. Laminaire.

GIGARTINE (fructification). bot. ( Hydrophyles .) Du mot qui, en grtc, signifie grain de Raisin. Les fructifications des Hydrophyles. auxquelles nous donnons cette épithète, ont la demi transparence nébuleuse des grains de raisin et leur centre opaque par la réunion des capsules, comme les pépins dans le fruit de la Vigne; ce caractère s'observe dans toutes les plantes marines que nous avons réunies dans un seul groupe, sous le nom de Gigartine. F. ce mot.

GIGARTINE. Gigartina. bot. crtft. (Hydrophyles.) Genre de l'ordre des Floridées à feuilles cylindriques ou nulles, ayant pour caractère : des tubercules sphériques vu hémisphériques, sessiles, gigarlins, épars sur des rameaux constamment cylindriques ou sur leurs divisions foliiformes. Presque toutes les Gigarlines ont été classées par Roth dans le genre Ceramtum. De Candolle en a placé plusieurs parmi les llves; .beaucoup d'autres botanistes les ont considérées comme des Fucus. Slackbouse a conservé le genre Gigartina, mais il ne-le compose que d’une seule espèce, le Gigartina pi ut illata, qu'il nomme Gigartina Laflingii. Agardh, dans son Synopsis Algarum Scandinavia , a classé les Gigarlines parmi ses Sphérocoques et ses Chondries; il n’a pas adopté le genre Gigartina . Lynghye l’a conservé dans son l'tidamen, mais a (très en avoir séparé quelques espèces, principalement le Fucus Üigartinus de Linué, qui lui sert de type. Il a cru devoir y placer le Fucus viridis, qui est une Desmarestie, genre de l’ordre des Fucacées, les Fucus lycopodioides et pinastroides de Turner, qui appartiennent aux Céramies; il a décrit deux espèces nouvelles sous le nom de lubrica et de Fabriciana. La première parait être une Duraonlie, et la deuxième ne diffère point du Fucus glandubsus de Turner. D’après ces faits , il n’est pas probable que l’on puisse adopter le genre Gigartina tel que Lyngbye l'a établi. L'organisation des Gigarlines ressemble à celle des autres Floridées. Au centre, un tissu cellulaire grand et régulier, entouré d’une petite couche de tissu cellulaire, à mailles trèspetites, faisant peut-être fonction d'écorce, et dont la surface se change en un épiderme très -mince. Dans quelques espèces, lorsque la plante a fini sa croissance, cet épiderme s'enlève avec la plus grande facilité au moyen de la macération. Roth et quelques autres naturalistes ont, ainsi que Lamouroux, classé dans le

lit

genre Ceramium la plupart des Gigartines e( des Ploi amies, el les ont confondues avec les ilydrophytes articulées. Il est facile cependant de les distinguer. Si l'on coupe longitudinalement une tige, un rameau, une feuille des premières, la substance ou le tissu n'esl pas interrompu, il est toujours homogène. Les contractions ou étranglements varient beaucoup dans les individus de la même espèce ; quelquefois elles sont si fortes, si apparentes, que la plante parait parfaitement articulée; mais aucune Floridéc cylindrique n'est exempte de quelque contraction, principalement aux extrémités; quelques-unes, comme la Gigarliiie articulée et les espèces congénères, en offrent depuis la racine jusqu'au sommet. Nous croyons que les contractions ne commencent à se former que lorsque la plante est parvenue à un certain âge, ou bien au moment où les fructifications se développent. Il semble que la nature forme ces étranglements pour donner de la solidité au tissu de ces plantes, ou pour retarder la marche des fluides, leur faire subir une élaboration plus complète, en les soumettant plus longtemps â l'action vitale, et* par ce moyen, les rendre aptes à former ou à développer les organes destinés à la reproduction. Nous ne séparons point les Floridées contractées des Floridées cloisonnées, parce qu’elles se lient entre elles par une foule de caractères, et que souvent la même espèce offre des contractions ou un tube continu, rempli de quelques filaments qui se dirigent de la circonférence au centre.

Il en est qui paraissent entièrement cloisonnées, d'autres n'ont des cloisons que dans les tiges, ou dans les rameaux, ou dans leur partie supérieure; quelquesunes n'offrent ce caractère que dans leur jeunesse. Enfin la même espèce possède quelquefois ces prétendues cloisons, el d'autres fois elle n’en a pas même l’apparence. Il existe des plantes marines de couleur verte ou olivâtre qui ont également les liges ou les rameaux fortifiés par des cloisons réelles ou apparentes. Les caractères qu'offrent les fructifications de ces végétaux, réunis à ceux de la couleur, les éloignent des genres qui composent la brillante famille des Floridées. Quoique la forme des Gigartines varie beaucoup, leurs fructifications présentent toujours les mêmes caractères; elles ne diffèrent que par la grandeur, quelquefois égale à celle d'une graine de Radis, d'autres fois si petite qu'elle est presque invisible. Plusieurs espèces ont la double fructification particulière à une grande partie des Floridées. La couleur présente les nuances les plus brillantes, lorsque les Gigartines ont été exposées à l'action de l'air, de la lumière, etc. ; vivantes, elles sont d’un rouge purpurin plus ou moins foncé; celte couleur, dans quelques espèces, est extrêmement fugace et s'altère avec la plus grande facilité. Les Gigarlines ne sont pas d'une grandeur considérable; la plupart ont, en général, un ou deux décimètres de hauteur; quelques-unes trois à cinq; el nous n’en connaissons qu'uù très-petit nombre de six à huit décimètres.

Pour aider à déterminer les nombreuses espèces qu’il n réunies dans ce genre, Lamouroux les a divisées en trois sections : la première offre pour carac- i 1ère - feuilles distinctes, éparsès sur les tiges ou les rameaux. La deuxième : tiges et rameaux dépourvus .

de feuilles el sans contractions. La troisième : contractions ou étranglements dans les tiges et les rameaux. Chacune de ces trois sections pourrait former un genre particulier; mais la fructification étant la même dans toutes les espèces. Lamouroux croit devoir conserver le genre Gigartine (el qu'il l'a anciennement établi. Ces Hydrophytes sont toutes annuelles, et bien peu se trouvent dans les régions équatoriales; c'est principalement au centre des zones tempérées des deux hémisphères que les espèces sont le plus nombreuses, et beaucoup d'entre elles ont des rapports singuliers de formes à la même latitude, dans les deux hémisphères. Parmi les espèces les plus remarquables, on peut citer les Gigartina avaria et orata par leur ressemblance : mais l’une se trouve dans la Méditerranée el l'autre sur les côtes de la Nouvelle-Hollande; le Gigartina conferroides des côtes occidentales de France, dont les nombreuses variétés diffèrent toujours de celles que l’on trouve dans la Médi terra née; le Gigartina tenax, dont les Chinois finit une si grande consommation; le Gigartina Helminihochorton , qui devrait former à lui seul la Mousse de Corse des pharmaciens, mais qui souvent ne s'y trouve même pas. Lamouroux a reconnu plus de quatre-vingts espèces d'Hydrophytes dans celle Mousse de Corse, el ses propriétés étaient toutes les mêmes. Il faut mentionner encore les Gigartina capillurin el clarellota, si difficiles à distinguer, surtout le premier qui n’esl peut-être qu'une variété très-singulière du Gigartina purpurascent ; le Gigartina articuiata , qui n’esl pas toujours articulé et dont on a découvert plusieurs congénères dans la Nouvelle-Hollande. Sa lige, presque fistuleuse, est remplie intérieurement de petits filaments articulés, qui se projettent sans ordre de la circonférence au centre. Ce caractère, réuni à celui de la forme que l'on observe dans toutes les Gigartines de la troisième section, indique les rapporls qui existent entre ces plantes ; peut-on s'en servir pour caractère générique? Les Gigartina peduncutata, scorpioidtt el rotunda pourront former par la suite autant de genres, à cause des caractères qu'elles présentent, tant dans leur organisation que dans leur fructification.

GIGARTINITES. vtctT. rosa. Dans son Histoire des Végétaux fossiles, Adolphe Brongniarl admet, dans la famille des Algues. un groupe qu'il a nommé lesGigartinites; il renferme neuf espèces trouvées en divers terrains -

G1GARUM. bot. Synonyme de Gouel. V. ce mot.

GIGEMA. ois. Synonyme de Grive. V. Merle.

GIGERI. bot. y. Jgceouisb.

G1LBE. bot. L'un des synonymes vulgaires de Genêt des teinturiers.

CILIE. Gitia. bot. Ce genre, institué par Ruiz et Pavon dans leur Flore du Pérou, a été dédié à Philippe Sa I va t or Gilio, botaniste espagnol, auteur d'un grand nombre d'observations phytologiques qui ont été réunies et publiées en un volume, et en outre d'une Histoire naturelle du royaume de Terre-Ferme, en Amérique, qui a paru en 1780. Ce genre, que plusieurs botanistes prétendent ne point différer essentiellement du Cantua, se composait de cinq espèces auxquelles Douglas vient d’ajouter, comme sixième, la Gilie k

mille fei i lies , G ilia achilleœ folia , qu'il a découverte en Californie, et qu'il a communiquée à la Société d'horticulture de Londres. C'est une plante annuelle, rameuse, haute d'un pied et plus, Irès-glabre, garnie de feuilles composées de deux ou trois segments linéaires, subulés. poilus à leur base et d’un vert gai. Les fleurs sont nombreuses , réunies en corymbes terminaux. sur de longs pédoncules pubescents. Le calice est membraneux, presque conique, divisé en cinq parties un peu lanugineuses et ciliées. La corolle est infnndihuliforme , d’un pourpre bleuâtre , avec son limbe profondément divisé en cinq loties oblongs, obtus, surpassant du double les divisions calicinales. Les cinq étamines sont insérées â l'origine du limbe, en avant de chacune de ses divisions dont elles n'atteignent pas la hauteur; les filaments sont égaux et simples; les anthères sont oblongues, un peu cordées à la base, biloculaires et d'un bleu azuré. L'ovaire est enlouréd'un cercle d'une nuance obscure et se transforme en capsule à trois loges, à trois valves, renfermant des graines ailées au sommet.

On plante les Gilies en pleine terre où elles contribuent à la décoration des plates-bandes; on les propage parle semis.

GILIBERTIE. Giliberlia. bot. Genre delà famille des Araliacées,el de l'Heplandrie Ueplagynie. L., établi par Ruiz et Pavon (Flor. Perur., 3, p. 75. tab. 312) qui l'ont ainsi caractérisé : calice à sept dents; corolle à sept pétales; sept étamines, et sept stigmates ovés et écartés ; capsule à sept loges disposées en étoiles et renfermant chacune line graine oblongue. Le nombre des parties de la fleur est quelquefois augmenté d'une ou deux. Ce genre est très -rapproché du Polyicia» de Forster; Jussieu pense même qu'il doit lui être réuni. Ln bel arbre le constitue; c'est le Giliberlia umbcllata, qui croit dans les forêts de Munna au Pérou, et dont la hauteur est de dix mètres.

Le nom de Giliberlia a été donné par Gmelin (Sysl., G82) à un genre de la famille des Méliacées qui avait déjà été nommé Quivisia par Commerson et Jussieu. Willdenow en a néanmoins décrit les espèces sous le nom de Giliberlia. y. Qcivisie.

GILLEME. Gil/enia. bot. Sous ce nom, Moench a établi aux dépens du Spirœa de Linné, un genre qui a été adopté par INultal et par d’autres botanistes américains. La diversité du port et quelques caractères dans les organes de la fructification , sembleraient déposer en faveur de ce genre qui renfermerait deux espèces, les Gil/enia tri foliota, Mœnch, et Gil/enia tlipulacea , de Barton et Nultal. Mais Cambessèdes de Montpellier, dans sa Monographie du genre Spirœa, récemment publiée (Ann. des Scienc. nalur., t. i, p. 230), a démontré l'insuffisance de ces caractères, et ne s'est servi du mot Gillenia que pour nommer une section du genre Spirée.

GILLIESIE. Gitliesiu. bot. Genre de la famille des Asphodélées de Jussieu, et de la Triandrie Monogynie de Linné, institué par le professeur Lindley et dédié au docteur Gillies qui a enrichi l’horticulture d'un grand nombre de plantes de l’Amérique méridionale et particulièrement du Chili. Les caractères du genre nouveau

sont : périaul lie irrégulier, charnu, à six sépales étalés, linéaires et inégaux; six écailles bifides en dehors des él amines à filaments larges : ces écailles sont soudées; ovaire fiipère , Iriloculaire, surmonté d'un style 1rescourt, que couronne un stigmate capité, triangulaire. Le fruit consiste en une capsule oblongue. à (rois valves, à trois loges polyspermes; les valves sont septifèresau milieu; semences petites, presque rondes, couvertes d’un test noir et ridé.

Gilliesie a feuilles de Gramixée. Gillicsia Graminea, Lindley. Botan. Regist., 002. C'esl une plante herbacée, à feuilles radicales, linéaires; la hampe est terminée par une ombelle de trois fleurs portées sur de longs pédicelle s contournés et inégaux; elles sont penchées, comme hilahiées, vecdâlres, avec le bord des découpures ou segments de pétales d'un rouge terne; des filets violets recouvrent l'ovaire et le stigmate. Cette plante bulbeuse est originaire du Chili.

G1LL1T. ois. Espèce du genre Moucherolle. y. ce mot.

G1LLON. bot. L'un des noms vulgaires du Gui. y. ce mot.

GILLONIÈRE. ois. C'est-à-dire Mangeuse de Gui. Synonyme vulgaire de Draine, y. Merie.

G1LOCK. ois. Synonyme vulgaire de Courlis cendré. y. COOBLIS.

G1LTSTEIN. mus. Nom vulgaire sous lequel on désigne, dans le haut et bas Valais, une roche serpentineusç, qui résiste très bien à une forte chaleur et sert à construire des poêles et des fourneaux.

GIMBERNATIA. bot. Ruiz et Pavon, dans la Flore du Pérou et du Chili, ont donné ce nom au genre que Jussieu avait antérieurement fait connaître sous celui de Chunchoa. y. ce mot.

G1NANN1A. bot- Nom substitué par Scopoli etSchreber à celui de Palorea , genre de la famille des Légumineuses établi par Aublet, et adopté par Jussieu.

y. Pa LOVÉE.

GINGE. bot. Camerarius nommait ainsi la jolie graine écarlate marquée de noir de l'Abrus. F. ce mot.

GINGEMBRE. Zingiber. dot. Genre de la famille des Amomées ou Scilaminées de Brown, et de la Monandrie Monogynie, L., confondu par Linné, Lamarck et Jussieu, parmi les Amoraes, et séparé de ceux-ci par Roscoè ( Transact . Lin. Soc., t. vin, p. 348) qui l'a ainsi caractérisé : périanlhe extérieur à trois divisions courtes; l’intérieur tubuleux, à trois divisions irrégulières; anthère fendue en deux; processus terminal simple et suluilé; style reçu dans le sillon de l’étamine. Jussieu avait déjà fait remarquer la différence de l'inflorescence des Gingembres d'avec celle des Amollies; les premiers ont des fleurs disposées en épi serré, radical et imbriqué. Comme presque toutes les autres Amomées, les espèces du genre Gingembre sont indigènes des Indes-Orientales.

Le Gixgembre officinal. Zingiber ofpcinale, Rose. (loc. Cil.), Ach. Richard, Bol. inédic., 1. 1, p. 112; Amomum Zingiber, L. Celte plante a une racine tuberculeuse de la grosseur du doigt, irrégulièrement coudée, coriace et blanche à l'intérieur; sa tige, haute de sept à huit décimètres, est cylindrique; elle porte des feuilles

G l Pi

alternes. distiques, lancéolées, aigues, terminées inférieurement par une gaine longue et fendue. La hampe qui porte les fleurs naît à cûlé de la tige; elle est recouverte d’écailles ovales, acuminées, engainantes, analogues à celles de la base des feuilles. Chaque écaille florale renferme deux fleurs jaunâtres, qui paraissent successivement ; leur labellc ou division interne et inférieure du périanlhe est pourpre, varié de brun et de jaune. La culture du Gingembre prospère maintenant à Cayenne et aux Antilles. C’est sur des échantillons provenant de ces lieux et recueillis par le professeur Richard, que son fils, Achille, a fait la description de l'espèce dont les détails précédents ont été extraits.

La racine de Gingembre, quoique séchée, a une odeur piquante, une saveur aromatique et brûlante qu’elle doit à la présence de beaucoup d’huile volatile; elle renferme, en outre, une grande quantité d’Amidon. La violente action de ce médicament sur toutes les parties de la membrane muqueuse, fait qu’-on l’emploie rarement. Ingéré dans l’estomac, il y détermine un sentiment de chaleür très-pénible, et il excite puissamment les forces digestives. Sous ce rapport, on peut l’administrer, soit en poudre et associé avec d’autres médicaments (tour mitiger son énergie, soit en infusion ou en élixir. Si on met en contact la racine de Gingembre avec la membrane pituitaire, ou qu’on en mâche une petite quantité, elle produit à l’instant même de violents éternumenls ou un écoulement abondant de salive. Certains marchands de Chevaux très-rusés ont su profiter de cette activité irritante du Gingembre : avant d’essayer un Cheval, Us lui en mettent une petite quantité à l'entrée de l’anus; el l’irritation produite sur les muscles relevcurs de la queue, donne à la béte une allure factice à. laquelle ou attache assez souvent quelque prix.

On appelle, dans plusieurs colonies, le Balisier Gm-

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